Rencontre avec un imprévu.

La Sylvanie inspire la peur dans le reste du Stirland. Depuis la sombre ville de Tempelhof, qui n'a pas eu de prêtre de Morr attitré depuis 800 ans, jusqu'aux contreforts des Montagnes du Bord du Monde, entre le bief de l'Aver et le Stir, la plus grande région du Stirland est un lieu de terreur et d'obscurité. On dit que les fantômes y évoluent en toute impunité à la nuit tombée parmi les collines Hantées et que l'épais brouillard des bois sylvaniens emprisonne parfois les âmes, les obligeant à y errer à jamais. La portion orientale de la province est la plus désolée, là où d'anciens châteaux noirs sont juchés sur leurs pics escarpés comme des vautours scrutant les villes en contrebas.

Modérateur : Equipe MJ

Avatar du membre
[MJ] Abhorash
PJ
Messages : 936
Lien fiche wiki : http://www.warforum-jdr.com/wiki-v2/dok ... j_abhorash
Autres comptes : Kiar'sh
Localisation : chez les Yankees

Re: Rencontre avec un imprévu.

Message par [MJ] Abhorash »

Vanish était fier d'Ombeline. Elle avait bondi sans hésitation sur l'humain, prélevant certes un peu trop de sang ( mais c'était excusable ) avant de se retirer, satisfaite. Cependant le plaisir semblait lui être monté à la tête : elle avait proposé de dire que le prisonnier s'était pendu. Perplexe, le vampire l'éclaira à ce propos.
Image« Voyons Ombeline... Crois-tu que les gardes vont de croire? Pendu, cet homme, avec quoi? Et surtout, il a la gorge ouverte. Trouves moi une meilleure excuse. Tout de suite. »
Il se déplaça fluidement jusqu'à la porte, et l'ouvrit, laissant les deux gardes entrer. La jeune vampiresse allait rapidement devoir trouver une excuse plus plausible...
Tu n'as plus vraiment soif. 10 heures avant que la Soif ressurgisse.
L'event a commencé ici.
Pour les combats: MP/quote vos actions, je MJite le tour dès que j'ai le temps. Seulement besoin d'1 poste RP/3 tours.

Avatar du membre
Lucretia Von Shwitzerhaüm
Warfo Award 2018 du meilleur PJ - Élaboration
Warfo Award 2018 du meilleur PJ - Élaboration
Messages : 543
Profil : FOR 16 / END 14 / HAB 17 / CHAR 18 / INT 17 / INI 19* / ATT 17 / PAR 14 / Tir 12 / NA 4 / PV 134/140
Lien fiche wiki : http://www.warforum-jdr.com/wiki-v2/dok ... itzerhauem

Re: Rencontre avec un imprévu.

Message par Lucretia Von Shwitzerhaüm »

Ombeline se sentait vivifiée par son précédent festin, ravigotée par la quantité de sang qu’elle avait absorbé. D’autant plus que le regard de son maitre qui pesait sur elle était empli de fierté, comme si l’acte qu’elle venait de commettre était digne des plus hautes distinctions. En se nourrissant sur le prisonnier, le côté vampirique, bestial, avait pris le dessus sur sa condition d’humaine, accomplissant un fait qu’elle n’aurait jamais exécuté en pleine possession de ses moyens, sans cette soif insatiable qui l’avait écrasé. Elle s’était enivrée de ce sang, mais à présent, l’assurance et la témérité que cela lui avait procuré commençaient à disparaitre, comme les effets d’une drogue après quelques temps, la ramenant à la réalité. Elle prenait conscience du crime qu’elle venait de perpétrer, la réduisant au même niveau que l’assassin qu’elle avait tué. Cela l’emplissait d’horreur, et d’incompréhension. Etait-ce vraiment elle qui avait agit ? Ou avait-elle commit l’acte sous l’influence de Vanish ? Peut être que les vampires possédaient quelques pouvoirs amenant leur victime à faire ce qu’ils voulaient d’elle. Ce qui expliquerait le peu de résistance qu’elle lui avait opposé lorsqu’il l’avait embrassé, avant de…

La jeune femme secoua la tête. Le passé appartient au passé, elle devait cesser de se poser autant de questions, même en ce qui concernait le meurtre qu’elle venait de commettre. D’ailleurs, un autre problème se présentait. Le corps de l’homme gisait au sol, alors qu’un trou béait au niveau de sa gorge. Ombeline se dit qu’elle n’y avait pas été de main morte, et l’excuse qu’elle avait sortit afin de justifier la présence du cadavre était des plus absurdes. Vanish l’avait effectivement bien relevé, l’air indécis, avant de lui intimer l’ordre de trouver une raison plus vraisemblable, juste avant de lui tourner délibérément le dos et de se diriger vers la porte afin de faire entrer les gardes.

A quoi jouait-il ? Ne pouvait-il pas attendre qu’elle ait fini de trouver une justification sensée concernant la mort de l’homme ? A moins qu’il souhaitait à présent sa perte… Ombeline resta un instant figée d’effroi, bouleversée à l’idée que Vanish désirait sa mort. Avait-il mal prit le fait que son élève lui sape son autorité, ordonnant aux gardes de quitter leurs postes sans même l’avoir concerté ?
Non, ça ne pouvait pas être possible. Il s’était donné trop de mal afin de lui inculquer les bases de sa nouvelle nature. D’ailleurs, il avait besoin d’elle pour une mission louche en Sylvanie. A moins que les vampires soient si rancuniers que ça… ?

Le doute s’installant dans son esprit, elle eut du mal à réfléchir à une quelconque justification, alors que ses pensées tourbillonnaient dans son esprit. Elle ne pouvait pas tout simplement refermer la porte, et annoncer qu’elle en avait fini avec le prisonnier. Les gardiens se rendraient vite compte que l’homme était soudainement devenu bien silencieux, un peu trop même. Ou bien, ils constateront que les repas qu’ils lui serviraient resteraient intacts.
La jeune femme avait toujours sa dague sur elle, dague en soi inutile, ne sachant pas vraiment s’en servir. Elle savait juste qu’un coup planté violement dans le ventre, ou dans le cou était susceptible d’apporter la mort. Si un jour elle devait s’abandonner à ce loisir, autant le faire alors que sa victime serait en train de dormir. Cela risquerait d’éviter quelques mauvaises surprises.
En réalité, l’arme servait juste à la dissuasion, ou bien à la rendre plus menaçante. Dans la situation actuelle, elle pensa un instant à l’abandonner dans la main du mort, de manière à laisser croire qu’il s’était suicidé. Elle rejeta rapidement l’idée. Comment aurait-il bien pu cacher la lame ? Les détenus étaient minutieusement fouillés avant d’entrer dans leur geôle.
Attaquer les deux gardes avec sa dague s’ils posaient trop de questions, avant de s’enfuir était hors de questions. Cela ferait trois cadavres au lieu d’un à expliquer, à condition qu’elle s’en sorte vivante. Elle n’était même pas sûre que Vanish vole à son secours. De plus, les gardes étaient probablement bien entrainées, et en armures. Ombeline ne ferait pas long feu, autant les affronter avec un coupe-ongle.

Alors que le vampire ouvrait la porte et s’écartait afin de permettre aux deux geôliers de rentrer, Ombeline se rua dans la cellule. Elle prit sa dague, s’agenouilla et la plongea dans le sang du cadavre.
Juste avant de sortir et de faire face aux gardes, elle fit adopter à son visage une expression froide et impitoyable, endossant son statut d’ambassadrice. Puis elle s’avança, se révélant, sa dague ensanglantée bien en vue.
« Il ne s’est pas montré très coopératif » affirma t’elle en guise d’explication, alors qu’elle essuyait la lame sur la tunique d’un garde médusé. Elle lâcha un petit soupir, faisant la moue, comme si cela avait été une vraie perte de temps. Inutile d’inventer une excuse extravagante. D’ailleurs elle n’en voyait aucune. Autant avouer directement son crime, même s’il ne correspondait pas exactement à la réalité.
De toute façon, la vie d’un prisonnier a bien moins de valeur que celle d’une ambassadrice.
Modifié en dernier par Lucretia Von Shwitzerhaüm le 03 oct. 2010, 22:10, modifié 2 fois.
FOR 16 / END 14 / HAB 17 / CHAR 18 / INT 17 / INI 19* / ATT 17 / PAR 13 / TIR 11 / MAG 17 / NA 4 / PV 134/140
Ma Fiche
Objets particuliers:
- * Anneau Nowelleux (+1 INI)
- Amulette (relance d'un EC: 2/3 utilisations disponibles)

Compétences acquises et Dons du Sang

COMBAT :
Attaque : Coup précis (3), Arme de prédilection ( épée à une main)
Défense : Esquive, Acrobatie de combat, Sang vif (2) (DDS), Coriace,
Autres : Régénération Impie (DDS), Innocence Perdue (DDS), Valse Macabre


MAGIE :
- Sens de la Magie
- Conscience de la Magie
- Maîtrise de l'Aethyr - niveau 3

CHARISME :
- Diplomatie
- Éloquence
- Séduction
- Intimidation
- Comédie
- Etiquette
- Intrigue de cour

INTELLIGENCE :
- Domination (DDS)
- Érudition
- Littérature
- Linguistique
- Histoire
- Administration
- Enseignement
- Connaissance végétale
- Langue étrangère : Kislévarin
- Connaissance des démons

INITIATIVE / HABILETE :
- Sang vif (DDS)
- Réflexes éclairs
- Escalade
- Monte - chevaux
- Sens Accrus
- Vision nocturne

AUTRES :
- Défi de l'Aube (DDS)
- Ame Profane (DDS)
- Forme de Familier : Corneille (DDS)
- Sang argenté (DDS)
- Alphabétisation
- Force accrue
- Chance
- Préparation des poisons

Inventaire :
- Griffe d'Ursun
- Veste de cuir & pèlerine en "voyage" / robe habillée en "réception"
- Anneau de promptitude
- Bague du tumulus
- Sacoche de chanvre
- Lettre de la comtesse
- Gemmes et pépites d'or
- Fleur de salicaire
- Glandes à venin
- Poison (?)

Avatar du membre
[MJ] Abhorash
PJ
Messages : 936
Lien fiche wiki : http://www.warforum-jdr.com/wiki-v2/dok ... j_abhorash
Autres comptes : Kiar'sh
Localisation : chez les Yankees

Re: Rencontre avec un imprévu.

Message par [MJ] Abhorash »

Les deux gardes étaient médusés. Quand Ombeline quitta la salle avec Vanish, ils étaient toujours pantois. Vanish était mi-figue, mi-raisin, et ce ne fut que quand ils arrivèrent aux appartements de celui-ci qu'il lui adressa la parole.
Image« Quand tu devras te mourir à l'extérieur, et si tu te fais prendre, tu devras faire mieux que ça. Je m'attendais à quelque chose de plus... original. Enfin passons. On va rapidement voir l'histoire vampirique, puis on déterminera tes faiblesses. L'histoire vampirique commence quand un homme nommé Nagash met au point un élixir qui rend immortel. Nefereta, la créatrice des Lahmianne, un peu plus tard, reproduit la formule avec une erreur, qui nous force à boire du sang. Elle en donne à diverses personnes, Vashanesh, créateur des Von Carsteins, Abhorash, créateur des Dragons de Sang, W'soran, créateur des Nécrarques, Ushoran ou un truc du genre, créateur des Stryges. Ils créèrent chacun leur lignée. Je suppose que tu connais l'histoire de Vlad et Mannfred Von Carstein, je ne vais donc pas trop m'attarder sur tout cela. Tes faiblesses, nous allons en voir deux, après il faudra aller te préparer. »
Il chercha dans l'une de ses commodes, et en extirpa le signe de Sigmar. Il le mit en face d'Ombeline, qui se sentait mal à l'aise. Elle fit un pas en arrière, mais Vanish la suivit. Elle fit trois autres pas, puis Vanish effleura sa main du signe : sa chair se mit à grésiller et à fumer. Il ne resta pas en contact, et entoura la comète d'un des draps, la laissant sur le lit à baldaquin, tandis qu'Ombeline contemplait stupéfaite sa chair, qui commençait à se calmer, mais qui l'élançait.
Image« Je vois... Tu es vulnérables aux symboles divins et autres représentations de foi. Ce que tu viens de voir ( il désigna sa main ) n'était qu'un avant-gout de ce qui peut t'arriver si la personne a foi dans le dieu. Intéressant, n'est-ce pas? »
L'event a commencé ici.
Pour les combats: MP/quote vos actions, je MJite le tour dès que j'ai le temps. Seulement besoin d'1 poste RP/3 tours.

Avatar du membre
Lucretia Von Shwitzerhaüm
Warfo Award 2018 du meilleur PJ - Élaboration
Warfo Award 2018 du meilleur PJ - Élaboration
Messages : 543
Profil : FOR 16 / END 14 / HAB 17 / CHAR 18 / INT 17 / INI 19* / ATT 17 / PAR 14 / Tir 12 / NA 4 / PV 134/140
Lien fiche wiki : http://www.warforum-jdr.com/wiki-v2/dok ... itzerhauem

Re: Rencontre avec un imprévu.

Message par Lucretia Von Shwitzerhaüm »

Les deux gardes les laissèrent passer, probablement trop décontenancés par la démonstration de cruauté dont venait de faire preuve la jeune ambassadrice. En revanche, Vanish afficha un air circonspect, et garda le silence tout le long du chemin menant aux appartements, comme s’il méditait.
Mais lorsqu’il parla, ce fut pour la sermonner, ou la prévenir que la prochaine fois qu’elle rencontrera ce genre de situation, où elle se ferait découvrir, il lui faudra inventer une meilleure excuse que celle qu’elle venait de sortir. Il semblait déçu de la justification d’Ombeline. En réalité, ça n’en était même pas une, elle avait avoué son crime. Mais qu’aurait-elle pu dire d’autre ? Et à quoi son maitre s’attendait-il ? S’il voulait qu’elle élabore une meilleure raison, il n’avait qu’à lui laisser plus de temps disponible, au lieu de s’empresser d’ouvrir la porte, comme pour la mettre au défi. Elle avait simplement été au plus efficace, usant de son statut diplomatique pour se sortir d’affaire. Et il fallait avouer que cela avait fonctionné à merveille, ils avaient pu sortir de la pièce sans encombre, laissant deux gardes ébahis.
Inventer une excuse, aussi pitoyable soit-elle, n’aurait fait qu’introduire le doute dans l’esprit des deux geôliers. Comment expliquer le fait que le prisonnier ait la gorge ouverte ? Dire qu’il avait tout entendu des échanges entre ses gardiens et la jeune femme, et que sachant qu’elle connaissait la vérité à son sujet, avait tenté de l’attaquer dès qu’elle se serait approcher de lui ? Et qu’elle aurait donc du se défendre, ne trouvant pas d’autre moyen que de lui trancher la gorge ? Cela, ne tenait pas la route. Elle était restée trop longtemps dans la cellule pour prétendre à de pareils arguments. De plus, égorger un homme avec une dague se réalise très souvent alors que la victime à le dos tourné, la prenant par surprise.

Quoique... Vanish avait peut être raison, elle n’avait pas assez fait preuve d’esprit. Il aurait suffit de dire qu’elle avait tourné autour du pot, en parlant avec le captif, et ce n’est qu’une fois entrée dans le vif du sujet qu’il l’avait agressé. Cela aurait expliqué le temps passé avec lui. Quant à la blessure qui béait à sa gorge… elle aurait pu penser à planter sa lame dans le cadavre, et à raconter ce qui s’était passé. L’homme avait réussi à l’agripper, et lui avait passé une de ses chaines autours du cou, tentant de l’étrangler. Parvenant à attraper la dague qu’elle portait en permanence, elle l’avait planté dans le ventre de son agresseur, avec de passer derrière lui et de l’égorger. Par la suite, jouer la jeune fille apeurée et traumatisée aurait été un jeu d’enfant, et elle aurait gagné la sympathie des deux hommes.
Oui, cette explication été totalement plausible. Elle s’en voulait de ne pas y avoir pensé plus tôt. Et si Vanish lui avait laissé plus de temps ! A présent, l’histoire de la jeune ambassadrice à la beauté éclatante qui se révélait être aussi froide et sans pitié que belle ferait le tour du fortin !
Tout en maugréant, elle jeta un coup d’œil furieux au vampire, qui lui expliquait désormais la naissance des premiers de sa race. Ha ! Enfin elle savait qu’Abhorash était un dragon de sang. Mais elle ne voyait nullement en quoi le fait de se nourrir sur des prisonniers rappelait à Vanish le comportement de l’ancêtre des Dragons de Sang. D’ailleurs, ne les avait-il pas définit comme étant des consanguins cherchant à montrer qu’ils étaient les plus forts ?

C’est alors que venant de terminer son petit discours, il brandit en direction de la jeune femme un petit objet métallique, un aigle gravé sur un disque de métal, enchâssé dans un autre recouvert de flamme.
Ombeline riva son regard sur l’insigne. Elle se sentait tout d’un coup très mal, oppressée, comme si l’air autour d’elle devenait de plus en plus lourd. Vanish s’approcha d’elle, et dans un mouvement instinctif, elle recula. A mesure qu’il approchait, tenant fermement le morceau de métal devant lui, Ombeline crut percevoir une sensation d’intense chaleur, comme si elle avait passé son doit au dessus d’une bougie. C’était ce morceau de ferraille qui la mettait dans cet état, qui martelait sa tête, lui donnant l’impression qu’elle était sur le point d’exploser. En reculant encore d’un pas, passa une main sous ses yeux et son nez, avant de l’examiner. Elle n’aurait pas été étonnée d’y trouver une ligne de sang maculant sa main. Vanish, en revanche, ne semblait aucunement affecté par l’objet.
Soudainement, il avança si rapidement qu’Ombeline ne put esquisser le moindre geste, effleurant au passage de son symbole la main de son élève.
Cette dernière ne put s’empêcher de lâcher un petit cri de douleur, alors qu’un feu invisible lui mordait ses chair, à l’endroit même où était posé le signe. Elle retira précipitamment sa main, tandis qu’une mince volute de fumée s’élevait dans les airs, provenant de la peau boursoufflée. Vanish cacha l’objet d’un drap, et lui expliqua de quoi en il résultait.
Il trouvait cela intéressant, contrairement à Ombeline, qui, les yeux fixés sur sa peau craquelée dans une expression horrifiée, se demandait ce que son maitre lui réservait d’autre.
Modifié en dernier par [MJ] Abhorash le 01 sept. 2010, 07:45, modifié 1 fois.
Raison : +6 XP ~ 45 XP
FOR 16 / END 14 / HAB 17 / CHAR 18 / INT 17 / INI 19* / ATT 17 / PAR 13 / TIR 11 / MAG 17 / NA 4 / PV 134/140
Ma Fiche
Objets particuliers:
- * Anneau Nowelleux (+1 INI)
- Amulette (relance d'un EC: 2/3 utilisations disponibles)

Compétences acquises et Dons du Sang

COMBAT :
Attaque : Coup précis (3), Arme de prédilection ( épée à une main)
Défense : Esquive, Acrobatie de combat, Sang vif (2) (DDS), Coriace,
Autres : Régénération Impie (DDS), Innocence Perdue (DDS), Valse Macabre


MAGIE :
- Sens de la Magie
- Conscience de la Magie
- Maîtrise de l'Aethyr - niveau 3

CHARISME :
- Diplomatie
- Éloquence
- Séduction
- Intimidation
- Comédie
- Etiquette
- Intrigue de cour

INTELLIGENCE :
- Domination (DDS)
- Érudition
- Littérature
- Linguistique
- Histoire
- Administration
- Enseignement
- Connaissance végétale
- Langue étrangère : Kislévarin
- Connaissance des démons

INITIATIVE / HABILETE :
- Sang vif (DDS)
- Réflexes éclairs
- Escalade
- Monte - chevaux
- Sens Accrus
- Vision nocturne

AUTRES :
- Défi de l'Aube (DDS)
- Ame Profane (DDS)
- Forme de Familier : Corneille (DDS)
- Sang argenté (DDS)
- Alphabétisation
- Force accrue
- Chance
- Préparation des poisons

Inventaire :
- Griffe d'Ursun
- Veste de cuir & pèlerine en "voyage" / robe habillée en "réception"
- Anneau de promptitude
- Bague du tumulus
- Sacoche de chanvre
- Lettre de la comtesse
- Gemmes et pépites d'or
- Fleur de salicaire
- Glandes à venin
- Poison (?)

Avatar du membre
[MJ] Abhorash
PJ
Messages : 936
Lien fiche wiki : http://www.warforum-jdr.com/wiki-v2/dok ... j_abhorash
Autres comptes : Kiar'sh
Localisation : chez les Yankees

Re: Rencontre avec un imprévu.

Message par [MJ] Abhorash »

Vanish hocha la tête plusieurs fois. Enfin, il épousseta son pardessus, puis se dirigea vers la fenêtre. Il y avait là deux rideaux, qu'il tira. La lumière du soleil entra dans la chambre. Ombeline se sentait mal. Mais elle ne bougea pas. Elle sentit sa peau chauffer, et la vit fumer. Elle se retira dans l'ombre.
Image« Et tu n'aimes pas trop le soleil. Des faiblesses courantes. Bien. Je vais m'occuper de ton équipement. Attends ici. »
Sur ce Vanish sortit de la chambre, laissant Ombeline seule avec ses pensées...

Quand il revint, il portait un long manteau noir bordé de fourrure blanche dans ses bras, ainsi qu'une petite dague bien effilée et des gants noirs, eux aussi. Ils les déposa près du lit d'Ombeline.
Image« Voila mon humble contribution à votre voyage : un manteau et des gants pour vous protéger du soleil. La dague est une protection supplémentaire. Comme escorte, vous aurez un chauffeur et quatre gardes. Vous irez dans le Carrosse, et si vous le souhaitez vous pourrez monter le cheval que l'un des gardes tiendra. Des questions ou volontés de dernière minute? »
L'event a commencé ici.
Pour les combats: MP/quote vos actions, je MJite le tour dès que j'ai le temps. Seulement besoin d'1 poste RP/3 tours.

Avatar du membre
Lucretia Von Shwitzerhaüm
Warfo Award 2018 du meilleur PJ - Élaboration
Warfo Award 2018 du meilleur PJ - Élaboration
Messages : 543
Profil : FOR 16 / END 14 / HAB 17 / CHAR 18 / INT 17 / INI 19* / ATT 17 / PAR 14 / Tir 12 / NA 4 / PV 134/140
Lien fiche wiki : http://www.warforum-jdr.com/wiki-v2/dok ... itzerhauem

Re: Rencontre avec un imprévu.

Message par Lucretia Von Shwitzerhaüm »

Alors qu’elle venait à peine de se remettre de la violence brûlure qui lui cuisait la main, Vanish entreprit d’écarter les rideaux de la fenêtre. Un ciel bleu, sans nuage, s’offrit à leurs yeux, où le soleil scintillait, embrassant Ombeline de ses rayons ardents. Cette dernière n’avait encore jamais aperçu l’astre de ses nouveaux yeux vampirique. Elle était juste sortit ce matin, sur le parvis du fortin, là où Vanish lui avait demandé de choisir sa proie, pour y boire son sang. Le ciel était alors couvert de lourds nuages gris, rendant la terre imperméable aux faisceaux flamboyants. Mais en cet après-midi, le soleil irradiait, partageant sa chaleur avec les humains. Et également avec la jeune vampire, qui contemplait la vue s’étendant sous ses yeux, toute la ville illuminée, et encerclée par une terre nue se prolongeant jusqu’à l’horizon. Ombeline ressentit alors le même malaise qui l’avait incommodé il y a de ça quelques minutes, en présence du symbole de Sigmar. Elle se figea sur le coup, les yeux écarquillés, comme si le simple fait de bouger lui ferait subir à nouveau la violente morsure de la pièce métallique. A moins que… Non, ce n’était pas possible ?! Ce ne pouvait pas être la lumière du soleil qui lui donnait la tête qui tourne, cette impression de malaise, de vertige que l’on ressent lors d’une insolation. Soudain, elle entendit un bruit de vapeur, comme si de l’eau était versée dans une fournaise. Horrifiée, elle sentit une vague incandescente lui parcourir toutes les parties de son corps exposées à la fenêtre, tandis que de sa peau émanait de légères volutes de fumée. Elle recula précipitamment dans l’ombre, et la sensation de brûlure reflua. Portant ses mains à son visage, elle vérifia que son joli minois ne se soit pas transformé en un amas de chairs calcinées. A priori, elle n’avait rien, cela dit, le doute s’instaura dans son esprit. Cependant, Vanish ne lui fit rien remarquer, hormis le fait qu’elle ne supportait pas le soleil, faiblesse auxquelles les vampires étaient assez sujets.
Le vampire sortit de la pièce, annonçant qu’il partait chercher l’équipement dont disposerait son élève pour son voyage en Sylvanie.

Ainsi, la jeune femme était sensible à la lueur du jour, et aux symboles divins, et à tout ce qui touchait aux Dieux. Elle ne comprenait pas comment ces grigris pouvaient avoir un tel impact sur elle, lui imposant un mal être, et même allant jusqu’à la brûler en cas de contact. Ses parents n’avaient jamais été très portants sur la religion. Ils faisaient juste le nécessaire afin de bien se fondre dans la société, pour ne pas devenir trop dissidents. Ainsi, lorsque que son frère mort sortit du ventre de sa mère, Albrecht et Alexa pratiquèrent une cérémonie en l’honneur de Morr, de manière à porter le deuil de leur enfant décédé prématurément. Le corps fut inhumé dans l’enceinte du temple dédié à ce Dieu, et si les parents d’Ombeline continuèrent à fréquenter ce lieu, ce fut uniquement en mémoire de leur fils, et non pour vénérer cette divinité. Ombeline n’ayant pas réellement reçu une éducation théologique de la part de ses géniteurs, connaissant juste les principaux Dieux, et vaguement leurs histoires, n’a jamais porté d’intérêt à toutes ces affabulations. Elle suivit plus tard, à l’académie d’Altdorf des cours plus approfondis sur le sujet, qui confirmèrent par l’ennui que ça lui procurait, que toutes ces histoires n’étaient qu’un ramassis de mensonge. Pour elle, la religion se traduit comme étant le refuge des crétins, et le fond de commerce de ceux qui les manipulent. Sigmar par exemple avait certes été le guerrier le plus puissant et redoutable qu’ait connu l’Empire, et malgré son élévation au rang divin, il n’en restait pas pour Ombeline un homme à présent mort, rien de plus.

Mais d’un coup, toutes ses convictions se voyaient balayées par cet insigne, et par la brûlure occasionnée. Le symbole Sigmarien était pourtant un simple bout de métal, mais il avait agit comme si la volonté même de celui qu’il représentait habitait l’objet. De ce fait, si un quelconque symbole religieux était capable de la reconnaitre en tant que vampire, cela signifiait-il qu’une entité maléfique, opposée à ces divinités la hantait ? Ou bien que les Dieux existaient réellement ? Ombeline ne parvenait pas à démêler la vérité, ses pensées tourbillonnant dans son esprit, se posant mille et une questions. De même, comment la foi pouvait-elle lui causer des dommages physiques ? Comme si une simple réflexion – car c’est bien ce qu’était la foi – était susceptible de lui consumer la peau. Quoique en y réfléchissant bien, n’était ce pas comme cela que fonctionner la magie ? La religion serait-elle basée sur cette dernière ? La jeune femme soupira, abandonnée dans sa méditation. Autant de questions la taraudant, qui resteraient sûrement sans réponse. Néanmoins, n’était-elle pas immortelle à présent ? Elle aurait tout le temps d’y réfléchir.

Vanish refit son apparition, apportant un long manteau aussi noir que la nuit, ainsi que des gants de la même couleur, et une dague. Ces vêtements lui seraient extrêmement utiles pour se protéger du soleil. Faiblesse qui poserait problème lors qu’elle se mêlerait aux humains. Pour le moment, elle se rendrait en Sylvanie, parmi ceux de sa nature. Inutile de cacher ce qu’elle était devenue aux yeux de ces derniers. Vanish l’informa sur le voyage. Ombeline se ferait accompagner de quatre gardes, et d’un cocher. Elle s’en réjouit, ainsi sa sécurité serait assurée. Vanish lui proposa un carrosse, et également la possibilité de monter un cheval. Cette dernière option fut tout de suite écartée par la jeune femme. Ses parents étaient assez riches pour lui permettre d’acheter un cheval, mais étant donné que la cour de Nuln mettait à disposition une voiture tirée par deux chevaux, ainsi qu’un chauffeur, ils ne voyaient aucunement l’utilité de l’acquisition d’un tel animal pour la famille. Ombeline n’avait donc aucune notion d’équitation. Voyager à l’intérieur du carrosse serait préférable.
Apparemment, elle partait sur l’heure.

« Il ne me vient qu’une question à l’esprit. Vous m’aviez dit que vous ne tarderiez pas à venir me rejoindre. Dans combien de temps, plus exactement ? »

Elle avait encore de nombreuses choses à apprendre dans ce monde inconnu, où Vanish était son unique point d’ancrage. Malgré le fait que de temps à autre il énervait la jeune femme, ou agissait étrangement, elle ne serait que plus rassurée s’il l’accompagnait dans ce périple.
Modifié en dernier par Lucretia Von Shwitzerhaüm le 03 oct. 2010, 22:11, modifié 2 fois.
FOR 16 / END 14 / HAB 17 / CHAR 18 / INT 17 / INI 19* / ATT 17 / PAR 13 / TIR 11 / MAG 17 / NA 4 / PV 134/140
Ma Fiche
Objets particuliers:
- * Anneau Nowelleux (+1 INI)
- Amulette (relance d'un EC: 2/3 utilisations disponibles)

Compétences acquises et Dons du Sang

COMBAT :
Attaque : Coup précis (3), Arme de prédilection ( épée à une main)
Défense : Esquive, Acrobatie de combat, Sang vif (2) (DDS), Coriace,
Autres : Régénération Impie (DDS), Innocence Perdue (DDS), Valse Macabre


MAGIE :
- Sens de la Magie
- Conscience de la Magie
- Maîtrise de l'Aethyr - niveau 3

CHARISME :
- Diplomatie
- Éloquence
- Séduction
- Intimidation
- Comédie
- Etiquette
- Intrigue de cour

INTELLIGENCE :
- Domination (DDS)
- Érudition
- Littérature
- Linguistique
- Histoire
- Administration
- Enseignement
- Connaissance végétale
- Langue étrangère : Kislévarin
- Connaissance des démons

INITIATIVE / HABILETE :
- Sang vif (DDS)
- Réflexes éclairs
- Escalade
- Monte - chevaux
- Sens Accrus
- Vision nocturne

AUTRES :
- Défi de l'Aube (DDS)
- Ame Profane (DDS)
- Forme de Familier : Corneille (DDS)
- Sang argenté (DDS)
- Alphabétisation
- Force accrue
- Chance
- Préparation des poisons

Inventaire :
- Griffe d'Ursun
- Veste de cuir & pèlerine en "voyage" / robe habillée en "réception"
- Anneau de promptitude
- Bague du tumulus
- Sacoche de chanvre
- Lettre de la comtesse
- Gemmes et pépites d'or
- Fleur de salicaire
- Glandes à venin
- Poison (?)

Avatar du membre
[MJ] Abhorash
PJ
Messages : 936
Lien fiche wiki : http://www.warforum-jdr.com/wiki-v2/dok ... j_abhorash
Autres comptes : Kiar'sh
Localisation : chez les Yankees

Re: Rencontre avec un imprévu.

Message par [MJ] Abhorash »

Image« Dès que possible, ce qui veut dire au pire un mois après votre arrivée. Bien, je suppose qu'il est temps pour toi de partir. Le carrosse t'attends en bas. Bon voyage. »
Vanish la contemplait sans bouger. Puis il pivota sur lui-même et sortit. Quand Ombeline sortit elle aussi, il n'y avait plus aucune trace de lui, comme s'il avait disparu pour de bon. Elle descendit donc les escaliers et sortit sur le palier. Il y avait là un carrosse noir, avec un cocher tout de noir vêtu, dont elle ne voyait pas de visage, et les quatre gardes que Vanish lui avait promis. On lui fit signe de monter, et le voyage débuta alors.
Point de départ dans le Wissenland, arrivée dans le Stirland :
Image

Le trajet sera fait en rp libre ( en gros tu peux raconter ce qui se passe ( attaque de bandit p.ex ) sans intervention de ma part jusqu'à l'arrivée dans le Stirland/Sylvanie ) sauf que tu n'as pas le droit à une rencontre avec un autre vampire.
Dans ce rp libre tu devras aussi te nourrir toutes les 10 heures ( à toi de décrire comment ). Le cocher ne parle pas, ne bouge pas, ect, ect... Les quatre gardes, tu peux les décrire/donner un nom et les faire interagir.
Tu peux découvrir tes trois autres faiblesses si tu le souhaites ( cf Wiki, tout en bas ). En attendant tu as Symboles Divins, Soleil & Larmes.
Bon rp!
L'event a commencé ici.
Pour les combats: MP/quote vos actions, je MJite le tour dès que j'ai le temps. Seulement besoin d'1 poste RP/3 tours.

Avatar du membre
Lucretia Von Shwitzerhaüm
Warfo Award 2018 du meilleur PJ - Élaboration
Warfo Award 2018 du meilleur PJ - Élaboration
Messages : 543
Profil : FOR 16 / END 14 / HAB 17 / CHAR 18 / INT 17 / INI 19* / ATT 17 / PAR 14 / Tir 12 / NA 4 / PV 134/140
Lien fiche wiki : http://www.warforum-jdr.com/wiki-v2/dok ... itzerhauem

Re: Rencontre avec un imprévu.

Message par Lucretia Von Shwitzerhaüm »

Vanish la rejoindrait donc un mois au maximum après son arrivée en Sylvanie. Assez vite au final, si les choses se passaient bien. Elle serait donc lâchée un petit moment toute seule dans ce monde qu’elle ne connaissait pas encore, son maitre ayant été le seul de sa race jamais rencontré. Il lui annonça également que le carrosse devant l’emmener à Stirfahre l’attendait déjà. La jeune vampire pensa qu’il était curieux que des êtres immortels soient ainsi pressés, ayant pourtant l’éternité devant eux. Mais s’il fallait déjà partir, alors soit. Tandis qu’elle était plongée dans ses pensées, Vanish venait de sortir de la pièce. Ombeline entreprit de le rejoindre, mais une fois passée la porte, plus aucune trace de lui. C’était comme s’il s’était évanouit dans l’air. Haussant le pas, elle dévala les escaliers. Peut être donnait-il des derniers ordres au cocher, de dernières instructions afin de savoir par où passer. Mais une fois sur le parvis du fortin, nul signe de « vie ». Cependant, un énorme carrosse aussi sombre que les ténèbres, semblant aspirer toutes sources de lumière l’attendait. Une vaste cabine de bois, percée de trois fenêtres de chaque côté reposait sur quatre roues. Celles situées à l’avant se trouvaient être plus hautes que les arrières ce qui donnait l’impression au véhicule d’avoir été assemblé à l’envers. Quatre chevaux y étaient attelés, permettant à ces braves bêtes d’économiser leurs forces et donc de voyager plus longtemps sans qu’ils se reposent. A l’avant et à l’arrière du carrosse avait été placée une banquette, afin que le cocher ainsi que d’éventuels gardes puissent accompagner le voyageur. En ce qui concernaient ces derniers, et comme Vanish l’avait promis, ils étaient patiemment en train d’attendre le début du voyage. Le conducteur était habillé d’amples vêtements à la teinture aussi noire que celle du carrosse. Une capuche recouvrait son visage, lui donnant une allure fantomatique nimbée de mystère. Les quatre hommes d’arme, quant à eux, étaient bien humains. Equipés d’une lourde cotte de mailles, d’un casque normand protégeant le nez, d’une épée courte et d’un bouclier, ils semblaient assez menaçants pour éviter que l’on s’en prenne à eux.
Toutefois, lorsqu’Ombeline apparut à l’entrebâillement de la porte, l’appréhension et la curiosité se lurent sur leurs visages. Ainsi, c’était l’ambassadrice de Nuln qu’ils se devaient de protéger durant le voyage, la nouvelle protégée de Vanish. Elle portait le long manteau noir, ainsi que les gants de la même couleur que lui avait offert son maitre, lui donnant une apparence presque aussi spectrale que celle du cocher. Apparence mystérieuse renforcée par la pâleur de son visage aussi fascinant que la mort elle même, dissimulé quelque peu par l’ombre de sa capuche sombre rabattue sur ses cheveux. Curieux accoutrement pour une ambassadrice chargée de lever le voile sur les récentes attaques menées sur Steingart. Un peu moins lorsqu’on savait qu’elle n’avait eu aucun remord à égorger un prisonnier quelque peu récalcitrant à répondre à ses questions. Ombeline se doutait bien que l’histoire avait fait le tour des gardes, et que ceux qui l’accompagneraient étaient au courant, d’où leur méfiance. Devait-elle continuer à jouer le rôle d’impitoyable qu’on lui avait probablement attribué, rôle qui au fond, ne lui convenait guère ?

La jeune femme s’avança impérialement, passant de l’ombre à la lumière, uniquement protégée par les vêtements de Vanish. Cependant, alors qu’elle marchait en direction du carrosse, elle prit soin de relever légèrement sa capuche, afin que les gardes distinguent son visage sans qu’il soit éclairé par les rayons solaire. Comment réagiraient-ils s’ils s’apercevaient que sa peau brûlerait au soleil ? Nul doute qu’ils découvriraient alors sa véritable nature. Cependant, malgré la légère méfiance dont ils faisaient preuve, un des gardes s’inclina et lui ouvrit la porte du carrosse. La jeune femme, voulant rompre avec l’histoire désolante du prisonnier, le remercia d’un gracieux sourire.
« Autant leur faire bonne impression » se dit-elle. Prenant appui sur le marche pied, et aidée galamment par ce même garde qui venait de lui ouvrir la porte, elle se hissa dans le carrosse. Les gants, non seulement la protégeaient des faisceaux solaire, mais dissimulaient également la température de ses mains, étrangement froides en comparaison de celle de l’atmosphère.
Deux palefreniers apportèrent chacun un cheval, que montèrent aussitôt deux gardes. Le duo restant grimpa sur la banquette arrière du véhicule, et ce dernier, dirigé par le mystérieux cocher, démarra.
Ombeline passa la tête par la fenêtre, espérant apercevoir Vanish une dernière fois, afin de constater qu’il ne s’était pas réellement évaporé. Mais elle ne vit rien. C’est un autre personnage qui s’offrit à sa vue, un personnage qui lui causa un choque. Le compte Olbricht, dirigeant de la ville de Steingart, qui venait de sortir précipitamment du fortin, voulant sûrement lui souhaiter bon voyage, mais ayant été prévenu trop tard de ce départ anticipé. Elle l’avait complètement oublié. D’ailleurs, à quand remontait la dernière fois qu’elle l’avait vu ? Probablement lors de son arrivée en ville, il y avait trois ou quatre jours. Mais ces derniers temps avaient été si riches en événements qu’elle avait fait impasse sur le seigneur. D’autant plus que son autorité semblait avoir été volée par ce qui était son « premier conseiller ». La jeune femme se sentait honteuse de l’avoir aussi facilement délaissé. Qu’allait-il penser d’elle ? Et surtout, quelle impression venait-elle de donner à la cour de Nuln ?
Ombeline soupira. Tant pis, il fallait qu’elle tourne la page. Son avenir était à présent incertain. Certes, elle était immortelle, mais cela ne signifiait pas qu’elle était devenue invulnérable. Elle n’avait qu’à remonter les manches de son manteau et de tendre un bras par la fenêtre, exposant ainsi sa peau nue au soleil pour s’en apercevoir. Il était même possible que ce soit là un moyen sûr d’exécuter un vampire ayant profané une loi grave instaurée par ses comparses.
Alors qu’elle réfléchissait, le carrosse s’éloignait de Steingart, en partant vers l’ouest. Ils étaient à présent au sommet de la colline que la jeune femme avait aperçu alors qu’elle se tenait en haut du fortin, voyant un paysage désertique s’étalait sous ses yeux. En réalité, juste au bas de ce monticule, de l’autre coté, se trouvait la rivière Oggel. A partir de là, ils s’engagèrent sur un petit pont de bois, qui résista fort heureusement au poids de la voiture et de ses occupants, et rattrapèrent une petite route de terre qui se frayait un passage un travers les collines avoisinantes. Ils traversèrent un petit bourg, ainsi que la rivière Staffel, et arrièrent donc en Averland. Vanish avait fait monter les affaires de sa fille dans le carrosse. Le long de cette partie du voyage, Ombeline avait donc alterné entre lire et regarder le paysage qui défilait sous ses yeux. Un sol aride et désertique laissait soudainement la place à une terre fertile ponctuée de champ irriguée par une rivière en crue. Des forêts aux arbres verdoyants, leurs feuilles frémissant sous le vent se succédaient à des hameaux isolés, où les villageois regardaient le carrosse passer, avec la curiosité habituelle des gens coupés du monde.

Mais au fur et à mesure, la jeune femme ressentie un certain malaise, différent cette fois de celui causé par le soleil ou les symboles divins. Soudain, un énorme frisson l’envahi. La soif. Elle revenait. D’abord doucement, s’insinuant dans son esprit, se faisant discrète, mais n’hésitant pas à se faire sentir de plus en plus perceptiblement, jusqu’à en devenir une obsession. Tout au long du voyage, elle n’y avait plus pensé. Pourtant, elle aurait du se douter que cette malédiction ne tarderait pas à se faire ressentir de nouveau. La nouveau-née s’affala sur la banquette, en soupirant. Il lui fallait trouver un moyen de se nourrir le plus vite possible. Et cela sans avertir les quatre gardes et le cocher qui l’accompagnaient. S’abreuver de leur sang lui semblait inimaginable, et bien trop risqué. Non, il lui faudrait boire le sang d’un inconnu, à la prochaine halte par exemple.
Jetant un regard par la fenêtre, elle remarqua que ses lectures l’avait écarté de toutes notions de temps. Elle venait d’atteindre le stade où, plongée dans ses lectures, elle n’avait pas vu le temps passer, et constatait d’un seul coup que l’obscurité naissante rendait la lecture beaucoup plus difficile. N’était-elle pourtant pas capable de voir dans les ténèbres ? Peut être fallait-il un certain délai d’adaptation une fois dans le noir.
« Dame Ombeline, le soleil se couche. Ne serait-il pas préférable de s’arrêter au prochain village afin d’y passer la nuit ? » lui demanda un des deux gardes postés à l’arrière du carrosse.
Ils semblaient fatigués par le voyage, et peu désireux de le continuer de nuit. De même, s’arrêter dans un village aurait permis à la jeune ambassadrice de rencontrer du monde et de futurs potentiels victimes. Penchant sa tête par la fenêtre, elle demanda au cocher :
« Dites, que pensez vous d’un arrêt ? Les chevaux pourraient en profiter pour manger, se désaltérer et se reposer de ce long voyage, non ? »
Elle n’obtint aucune réponse. Pensant qu’éventuellement le cahot du véhicule, ainsi que le galop des quatre chevaux auraient masqué le son de sa voix, elle reposa la question, plus fort. Pas plus de résultat. Elle était sûre que le conducteur l’avait entendu, et avait également remarqué le froncement de sourcil d’un garde perplexe, qui ne comprenait pas lui non plus l’absence de réponse. Elle resta un instant interdite, la tête penchée au dehors, avant de hausser les épaules, et de donner l’approbation à la question du premier soldat.

Le prochain village était celui d’Hochsleben, une petite bourgade de quelques centaines d’âmes. En traversant ce village, cela leur permettrait de continuer sur l’Ancienne Route Naine, plus large et moins accentuée que les chemins terreux et tortueux qu’ils avaient empruntés jusqu’à présent.
La route était entourée de plus en plus de champs à mesure qu’ils s’approchaient du hameau, dont les vignes y avaient la part belle. Le sud de l’Averland était en effet reconnu pour ses vins de qualités, tel que le « Grenzstadter », ou encore le « Rubis » de Longingbruck. Après avoir traversé ces terres faisant la fierté de la viticulture locale, ils finirent par arriver aux abords d’Hochsleben.
L’enceinte du village était constituée d’une palissade de bois, servant plus à délimiter la ville qu’à la protéger de l’extérieur. D’ailleurs, aucune porte ou protection digne de ce nom barraient l’entrée, de même qu’aucun garde n’était présent afin de repousser certains individus louches. Le carrosse entra donc sans encombre, ses larges roues passant tout juste à travers l’étroite entrée du village.
A l’intérieur, tout témoignait d’une activité agricole. Les maisons étaient espacées, et chaque famille semblait avoir son poulailler. Ce qui donnait un nouveau sens éventuellement à la palissade de bois, empêchant les animaux de trop s’éloigner s’ils parvenaient à s’enfuir de leurs enclos. Des charrues gisaient çà et là aux côtés des habitations, tandis que les ânes et les bœufs demeuraient dans les étables avoisinantes, se trahissant par les beuglements et les braiements de leurs locataires.
Les quelques villageois hantant les rues se retournaient à leurs passage, les regardant de leur méfiance coutumière en se demandant bien les raisons mystérieuses qui pouvaient pousser une riche personne à quitter son monde luxueux pour venir visiter un village perdu au fin fond de l’Averland.
« Je ne veux pas que l’on sache qui je suis. Je voudrais éviter d’attirer plus d’attention que nous venons de provoquer en circulant dans ce carrosse. Trouvons une auberge, et passons-y la nuit. »

Ombeline venait de s’adresser à ses gardiens, qui hochèrent la tête.
Se retrouver d’un seul coup plongée au milieu de plusieurs centaines d’habitants, chaque personne étant susceptible de fournir plusieurs litres de sang manqua de faire saliver la jeune femme. Elle sentait jusqu’au plus profond de son être ce désir qui la rongeait, pouvant la transformer en bête sanguinaire capable de déchiqueter la gorge de n’importe quel passant. Elle se devait de se contrôler, de patienter jusqu’à ce qu’elle saisisse l’opportunité tant souhaitée de se nourrir.
L’unique auberge du village se trouvait sur la route principale du village. C’était un vieux bâtiment fait de pierres et de bois, constitué d’un étage à l’aspect lugubre.
Ombeline descendit du véhicule, et rabattit sa capuche sur son visage, afin que nul ne puisse voir ses traits. Autant jouer l’aspect mystérieux, voir même fantastique jusqu’au bout, se créant une aura énigmatique autour d’elle afin que nul ne la dérange.
« Peut-être l’un de vous quatre devrait rester ici afin de garder le carrosse le temps d’une nuit ? Et de s’occuper des chevaux ? » demanda t’elle au gardes. Ces derniers se concertèrent du regard. Il semblait évidant qu’aucun d’entre eux ne voulut passer la nuit dans le véhicule, seul dans le froid. Ils jetèrent de discrets coups d’œil au cocher, resté sur la banquette avant. Imperturbable, il n’avait esquissé le moindre geste, se tenant toujours aussi droit qu’au début du voyage, son large manteau et son capuchon le camouflant dans les ténèbres.
« Pourquoi priver un de ces hommes d’un logement chaud et d’un lit si cette étrange silhouette s’occupe déjà de la voiture ? » se questionna la jeune femme. Haussant les épaules, elle se détourna et se dirigea vers la porte, encadrée de ses quatre hommes d’arme.

Leurs entrées furent suivies d’un lourd silence parcourant la salle. Faiblement éclairée, rustique, où le seul mobilier se résumait à quelques tables de chêne agrémentées de banc de la même matière, la pièce était enfumée par l’âtre situé à l’opposé de la l’entrée. Les buveurs tournèrent la tête vers les nouveaux venus, les détaillants, essayant de voir à qui ils pouvaient bien avoir affaire. Une silhouette toute de noire vêtue, capuchon rabaissé et portant des gants, encadrée par un quatuor de gardes, s’avança vers l’aubergiste. Ce dernier la regarda d’un air peu rassuré, essayant de distinguer son visage à travers l’ouverture formée par la capuche. Mais ce fut une douce voix féminine qui s’adressa à lui, une fois arrivée au comptoir. Une voix qui lui demanda calmement deux chambres contigües. Une avec deux lits, et l’autre avec trois. Lorsqu’elle informa de ce choix les quatre hommes qui l’accompagnaient, ils parurent déconcertés. En effet, cela signifiait bien que l’un d’entre eux allait partager sa chambre. De cette manière, il y aurait toujours un « protecteur » pour veiller sur elle, et cela éviterai les autres d’organiser un tour de garde, qui obligeait chaque surveillant à être parfaitement éveillé lors de son tour. La jeune femme voulait absolument éviter cela. Elle comptait sur leur fatigue afin qu’ils s’endorment au plus vite, lui permettant de se faufiler furtivement en dehors du bâtiment afin d’épancher la soif qui la tiraillait. Les trois occupants de la chambre adjacente sachant leur dame entre les mains de l’un d’entre eux, dormiraient sur leurs deux oreilles. Quant à ce dernier, nul doute qu’il serait le dernier à sombrer dans le sommeil. Il lui incombait en effet la lourde tâche d’assurer la sécurité de la protégée de Vanish. S’il lui arrivait malheur, il serait le premier désigné coupable. Mais Ombeline les sentait accablés de fatigue. Un moment ou un autre, il baiserait sa garde et le sommeil l’emporterait, laissant libre cour à son escapade nocturne. De même, elle désigna le plus jeune, accompagné d’un regard salace, qui était de loin le plus mignon des quatre, pour partager sa chambre. Elle apprit par la suite qu’il se prénommait Axel Hoelz. Si cela donnait des idées aux autres, tant mieux, pourvu qu’ils abandonnent l’espace d’une nuit cette idée de la protéger.
Il lui faudrait un jour apprendre à se défendre seule. Elle se rendait compte combien une escorte pouvait être contraignante.

Toujours dans l’optique de préserver le mystère qui l’entourait, elle envoya un garde demander à ce qu’on lui apporte le repas dans sa chambre, tandis qu’elle se dirigeait vers l’escalier. Les chambres semblaient plus propres que la salle du bas. De simples lits, mais disposant d’un vrai matelas, meublaient les pièces, de même qu’une petite commode afin d’y ranger ses affaires.
Alors que le repas venait d’être monté et que ses gardiens s’apprêtaient à descendre, et leur rappela que la discrétion était de mise sur la mystérieuse personne qu’ils escortaient, qu’elle ne voulait en aucun cas qu’ils se mettent à boire, et qu’ils n’aillent pas vérifier la vertu des jeunes filles du village. En leur adressant ces derniers mots, elle coula un long regard au jeune homme, Axel, qui dormirait à côté d’elle, comme si elle avait déjà quelques intentions le concernant quant à la nuit à venir. Ce qui le mit dans une position fort inconfortable, l’incommodant au plus haut point, le faisant rougir et baisser les yeux. Elle se détourna, alors qu’un énorme sourire naissait sur ses lèvres, et regagna sa chambre. Peut être aurait-il peur de regagner la chambre à présent ? Elle le sentait bien timide. D’autres hommes n’auraient pas hésité à revenir dans la chambre, afin de fricoter avec elle. Avec eux, elle jamais elle n’aurait agit comme elle venait de le faire. Lui, en revanche, semblait peu sûr de lui, et voir qu’une jeune femme de son rang puisse lui lancer des coups d’œil ambigües, insinuants des idées qui le faisait rougir l’embarrassait au plus haut point. Un instant, elle se sentit quelque peu honteuse de jouer comme cela avec lui. Mais bon, le voyage était passablement ennuyeux, il fallait bien qu’elle s’amuse un peu. De même, il fallait à tout prix détourner son esprit de sa soif de sang qui la démangeait.
L’aubergiste lui avait servit un bouillon accompagné de quelques morceaux de viande. Elle avait comprit qu’elle ne pouvait plus suivre un tel régime, à présent uniquement constitué de sang. Tenant son auge dans les mains, elle alla le vider dans les latrines. Elle donnerait ainsi l’impression d’avoir mangé à sa faim. Puis elle se dévêtit, enfila sa chemise de nuit et se glissa dans ses draps, avant d’attendre patiemment.

Les gardes étaient probablement occupés à jouer aux cartes entre eux, ou à discutailler dans la salle d’en bas, ce que le voyage n’avait pas permit de faire. Cela leur permettait de se divertir tout en vérifiant les allées et venues des différents clients de l’auberge. Ombeline espérait qu’ils respecteraient ce qu’elle leur avait interdit. Qu’ils n’aillent pas s’abreuver d’alcool et crier à la première catin qui passait qu’ils étaient en mission officiels afin de protéger l’ambassadrice de Nuln. Au moins la cour de sa ville d’origine en savait sur elle, et sur ce qu’elle était devenue, au mieux ce serait.
Finalement, environ deux heures après, ils revinrent se coucher. Apparemment, ils avaient respecté ce qu’elle leur avait demandé. Elle n’entendait nuls beuglements, et nuls gloussements de jeunes filles dévergondées. Satisfaite, elle ferma les yeux, et simula le sommeil alors qu’Axel se glissait dans la chambre, d’une démarche hésitante.

Qu’avait insinué la jeune femme avec tous ces coups d’œil quelque peu grivois ? Les autres lui avait assuré qu’il avait des possibilités avec elle.
« Y’a qu’à voir la manière dont elle te regarde, et pis, t’as t’elle pas choisit pour « s’occuper » d’elle non ? Et elle aurait très bien pus te faire dormir devant sa porte, comme un vulgaire chien de garde, mais non ! Non seulement elle nous a écarté, mais en plus elle t’a introduit dans sa chambre ! Elle a réussit à s’accoquiner avec Vanish, et à présent elle se sent seule. Vazy’ mon p’tit gars ! J’chrai à ta place, j’foncerais ! Des coups comme ça, t’en aura qu’une fois dans ta vie ! Pis faut avouer qu’elle est fichtrement bien foutue non ?! »
Il ne pouvait dire le contraire. Les autres l’avaient regonflé, mais là, une fois arrivé dans la chambre, tout son courage avait disparu. Et puis, il semblait qu’elle s’était endormie. Il ne se voyait vraiment pas se glisser dans son lit, la réveillant, et elle, abrutie de sommeil, penserait que quelqu’un attentait à sa vie. Non, ça ne serait pas pour cette fois. En soupirant, il retira son haut, et s’allongea sur son lit, en quête de sommeil.

Ombeline avait eu très peur. Il avait hésité, et elle avait cru entendre un début d’inspiration, celui que l’on prend avant de commettre un acte dont on n’est pas sur du résultat, comme pour se convaincre ou se donner du courage.
A vrai dire, il était plutôt beau garçon, et elle devait s’avouer que l’avoir dans son lit ne l’aurait pas dérangé autrefois. Mais à présent, elle redoutait que le désir qui la rongeait depuis qu’elle était vampire, que ce désir de sang prenne le dessus, et qu’elle ne puisse plus le contrôler. Elle devait déjà se maitriser afin de ne pas se jeter sur le corps tout chaud qui venait de s’allonger sur le lit juste à côté, corps dont elle entendait le battement de son cœur, qui ralentissait imperceptiblement alors que ses muscles étaient au repos. Si Axel était venu dans son lit, à un souffle d’elle, la jeune femme savait qu’elle n’aurait eu qu’à glisser sa bouche dans le creux de son cou, et d’y crever la peau pour étancher sa soif. Et le jeune homme, pensant au début à un contact plus intime, ne l’aurait nullement repoussé, avant qu’il ne soit trop tard et que la jeune vampire ait cédé à ses pulsions sanguinaires.
Il lui faudrait méditer sur cette idée. Si un jour elle avait envi de s’abandonner au désir charnel, elle devrait faire attention d’avoir étanché sa soif, de peur de commettre l’irréparable.
Alors que le temps passait, la respiration d’Alex, qui n’avait cessé de se tourner et de se retourner sur son matelas, s’apaisât, devenant régulière. Il venait de s’endormir.
Ombeline attendit encore plusieurs heures, afin d’être sûre que lorsqu’elle descendrait, personne ne se trouverait encore dans la salle. Elle estima que le soleil se lèverait dans une bonne heure, se leva et enfila par-dessus sa chemise de nuit son long manteau noir ainsi que ses gants. Elle quitta la chambre sans faire de bruit, en faisant attention à ne pas faire craquer le plancher. Une fois arrivée dans la salle, elle constata que l’aubergiste était partit se coucher, ainsi que les divers clients qui peuplaient les lieux lors de son entrée dans le bâtiment. Elle ouvrit la porte de ce dernier, et prit bien garde de la refermer sans bruit. En se retournant, elle retint de justesse un cri de stupeur. Assise sur la banquette avant, du carrosse de l’autre coté de la rue, la silhouette spectrale du cocher la dévisageait, le trou de sa capuche béant dans sa direction. A croire qu’il n’avait pas bougé. La jeune femme se demanda un instant s’il était vraiment vivant. D’ailleurs, le cocher l’avait assurément vu, et pourtant, il n’avait pas esquissé le moindre geste, fait le moindre mouvement. Peut être dormait-il…
Ombeline avança, épiant l’ouverture du capuchon. Elle finit par arriver au stade où elle était sûre que son angle de vision ne lui permettait pas de la voir. Rassurée, elle continua son chemin, déambulant à travers les rues étroites et endormies du village d’Hochsleben, tout en longeant les murs.
Lorsque soudain, son ouïe perçut un bruit de pas, de l’autre côté d’une habitation. Elle pivota sur elle-même et s’engagea dans une nouvelle ruelle afin de rattraper la personne qui venait de passer. C’était un fermier, très matinal, qui s’était levé afin de nourrir ses animaux, et de préparer une charrue et son attelage à partir au champ. Ombeline releva le regard, en direction de l’Est, et vit au loin que le ciel commençait à s’éclaircir. Elle n’avait pas le choix. Si elle voulait se nourrir avant de reprendre le voyage, il lui fallait attaquer ce pauvre villageois. Une fois de plus, elle se maudit de ce qu’elle était devenue, de cette soif de sang qui lui ravageait le corps et qui ne demandait qu’à être épanchée. Une fois de plus, elle allait supprimer une vie. Ce pauvre homme ne se doutait de rien, donnait quelques graines à ses poules qui caquetaient, faisait tranquillement les tâche qu’il effectuait quotidiennement, et d’un coup, un monstre sanguinaire allait s’abattre sur lui et le vider de son sang. Son unique crime aura été de se trouver dans les parages. Mais c’était lui ou Ombeline.
Elle s’approcha, pliée en deux. L’homme avait le dos tourné. Un coup de dague entre les omoplates et s’en aurait été fini de lui. Elle avait sortit sa dague, et s’était apprêter à bondir, quand soudainement, ses sens alors focalisés sur l’homme avait repéré un autre bruit, comme un sifflement. Puis une sorte de ronronnement, qui avait pourtant tout l’air d’être humain. Une autre cible potentielle ? Plus facile ? Ou bien un futur témoin du crime qu’elle allait commettre ?
Elle fit demi-tour, et se dirigea vers la nouvelle source sonore. Il s’agissait d’un mendiant, ou un paria du village, dormant sur de la paille au pied de la palissade qui clôturait le village. Sans abri, rachitique, exposé aux intempéries, les lourds ronflements qu’il expirait en disaient long sur sa santé. Il vivrait encore quelques temps, mais les outrages de la maladie s’étaient déjà profondément ancrés au fond de son corps. Son sang devait forcément être de moins bonne qualité que celui du fermier plein de vie. Mais ce genre de qualité là avait un prix. La mort d’un innocent. Son choix était déjà fait. Elle bénit même ses sens d’avoir réussit à la conduire auprès de ce malheureux. Pouvait-elle se considérer comme miséricordieuse ? Epargnant une vie de souffrance à ce malheureux, en lui accordant une mort douce dans son sommeil, le dépossédant de son sang ? Aucunement. Mais c’était pourtant bien ce qu’elle allait faire.
Elle s’accroupit sur la pauvre âme encore endormie, dénuda son cou de ses haillons sales et déchirés, avant de planter ses dents dans la peau crasseuse. Elle avala goulument le sang qui affluait, ayant l’impression de revivre à nouveau, alors que la soif qui la harcelait commençait à s’estomper.
Les paroles de son maitre lui revinrent en mémoire.
« Tu dois juste prendre quelques gorgée, tu ne vas pas la tuer. »
Elle n’était pas obligée de le vider de son sang, rien ne l’obligeait, hormis la soif qui commençait à l’abandonner, et aussi une once de pitié envers le pauvre homme. Et si elle s’abreuvait de ce sang, peut être cela retarderait-il sa prochaine envie de ce liquide rouge. Et cela permettrait peut être de sauver des vies. Alors elle vida le corps de son liquide vital, et abandonna le corps sur sa paillasse.
Elle regagna rapidement l’auberge, alors que la nuit laissait place au jour. Elle eu un instant peur qu’Alex ait découvert sa disparition, mais alors qu’elle rentrait dans la chambre, il dormait toujours. Elle retira son manteau, ainsi que ses gants, s’allongea sur son lit, et attendit que le village se réveille, afin de reprendre la route.
Modifié en dernier par Lucretia Von Shwitzerhaüm le 03 oct. 2010, 22:14, modifié 2 fois.
FOR 16 / END 14 / HAB 17 / CHAR 18 / INT 17 / INI 19* / ATT 17 / PAR 13 / TIR 11 / MAG 17 / NA 4 / PV 134/140
Ma Fiche
Objets particuliers:
- * Anneau Nowelleux (+1 INI)
- Amulette (relance d'un EC: 2/3 utilisations disponibles)

Compétences acquises et Dons du Sang

COMBAT :
Attaque : Coup précis (3), Arme de prédilection ( épée à une main)
Défense : Esquive, Acrobatie de combat, Sang vif (2) (DDS), Coriace,
Autres : Régénération Impie (DDS), Innocence Perdue (DDS), Valse Macabre


MAGIE :
- Sens de la Magie
- Conscience de la Magie
- Maîtrise de l'Aethyr - niveau 3

CHARISME :
- Diplomatie
- Éloquence
- Séduction
- Intimidation
- Comédie
- Etiquette
- Intrigue de cour

INTELLIGENCE :
- Domination (DDS)
- Érudition
- Littérature
- Linguistique
- Histoire
- Administration
- Enseignement
- Connaissance végétale
- Langue étrangère : Kislévarin
- Connaissance des démons

INITIATIVE / HABILETE :
- Sang vif (DDS)
- Réflexes éclairs
- Escalade
- Monte - chevaux
- Sens Accrus
- Vision nocturne

AUTRES :
- Défi de l'Aube (DDS)
- Ame Profane (DDS)
- Forme de Familier : Corneille (DDS)
- Sang argenté (DDS)
- Alphabétisation
- Force accrue
- Chance
- Préparation des poisons

Inventaire :
- Griffe d'Ursun
- Veste de cuir & pèlerine en "voyage" / robe habillée en "réception"
- Anneau de promptitude
- Bague du tumulus
- Sacoche de chanvre
- Lettre de la comtesse
- Gemmes et pépites d'or
- Fleur de salicaire
- Glandes à venin
- Poison (?)

Avatar du membre
Lucretia Von Shwitzerhaüm
Warfo Award 2018 du meilleur PJ - Élaboration
Warfo Award 2018 du meilleur PJ - Élaboration
Messages : 543
Profil : FOR 16 / END 14 / HAB 17 / CHAR 18 / INT 17 / INI 19* / ATT 17 / PAR 14 / Tir 12 / NA 4 / PV 134/140
Lien fiche wiki : http://www.warforum-jdr.com/wiki-v2/dok ... itzerhauem

Re: Rencontre avec un imprévu.

Message par Lucretia Von Shwitzerhaüm »

Allongée sur son lit, elle patientait, écoutant les ronflements provenant des autres pièces de l’étage. Elle n’aurait pas fermé les yeux de la nuit. Pouvait-elle au moins encore dormir ? Elle se rappelait avoir somnolé, se coupant du monde, laissant libre court à ses pensées, baignant peu à peu dans une torpeur illusoire. Mais de là à réellement tomber dans ce sommeil réparateur, pas depuis sa transformation. Elle devrait s’y faire, apprendre à subsister sans s’abandonner à cette léthargie, qui l’éloignait durant quelques heures loin de cette terre de souffrance qu’était le monde dans lequel elle vivait.
Peu à peu, elle sentit la douce chaleur du soleil réchauffer peu à peu l’atmosphère, alors qu’il embrassait le monde des vivants de ses rayons étincelants. Le halo ténébreux du ciel laissait place à une lueur dorée naissante à l’horizon. Le temps promettait d’être magnifique. Un peu trop au goût de la jeune femme, qui fit la grimace. Une fois de plus, elle devrait porter ses gants et son manteau. Un coq se mit à chanter, bientôt suivit par d’autres, annonçant au villageois qu’il était temps pour eux de se lever et d’aller travailler. Il en était de même pour Ombeline. Cependant elle feignit de dormir, en dame qui se respecte, exténuée par le voyage et les cahots du carrosse. Elle entendit Alex qui se leva, et qui vint tout doucement lui secouer l’épaule.
« Dame Ombeline, c’est l’heure, il est temps de partir. »
Elle ouvrit les yeux, l’air égaré, comme si le sommeil avait emporté les derniers vestiges de sa mémoire. Finissant par se lever, elle attendit que le jeune soldat quitte la pièce avant de s’habiller.
Elle percevait les trois autres gardes de la chambre d’à côté qui venaient également de s’éveiller, de par leurs bâillements et leur voix encore teintée de sommeil. Alex lui demanda à travers la porte si elle souhaitait manger quelque chose avant le départ, proposition qu’elle déclina en rétorquant qu’elle n’avait pas faim. De toute façon, l’étage était à présent rempli des locataires de l’auberge, et elle se voyait mal aller aux latrines une auge à la main. Avant de quitter la pièce, elle prit soin de bien refermer son manteau, et de rabattre sa capuche sur son visage.

Le couloir était occupé par quelques voyageurs qui sortaient de leur chambre. A l’approche de la silhouette drapée de noir qui s’avançait vers eux, ils s’écartèrent prudemment, comme si le moindre contact aurait annoncé leur mort prématurée. Une fois de plus, tous les regards se tournèrent vers elle alors qu’elle arrivait en bas des escaliers. Certains villageois plus téméraires que les autres osèrent quelques murmures à son égard. Murmures que son ouïe saisit sans difficulté. Apparemment, l’aubergiste, ayant entendu le timbre de sa voix, avait révélé aux à certains badauds que ce qui se cachait sous ce long manteau noir était en réalité une femme. De ces commérages, elle embrassait toutes les professions, passant d’une putain de luxe voulant forniquer avec quelques nobles d’Averheim, à une assassine professionnelle envoyée par Altdorf. De même que selon les dires de ces personnes, le capuchon témoignait d’une grandeur laideur qu’il fallait à tout prix cacher, à cause de la peste ou d’un visage couvert de furoncle, ou pour d’autres, une personnalité trop connue qui aurait ruiné sa réputation si on l’avait découverte en ces lieux.
Ombeline les ignora superbement, marchant d’une démarche condescendante vers le comptoir, avant de payer l’aubergiste. Ce dernier s’empara un peu trop rapidement de la bourse qu’elle lui tendait, comme s’il était heureux de se débarrasser de ces clients un peu trop mystérieux qui venaient perturber la quiétude du village.

Sa troupe l’attendait déjà à l’extérieur du bâtiment, prête à partir. Apparemment, le corps du mendiant n’avait pas encore été découvert, et ce fut sans encombre qu’ils reprirent la route, après que la jeune femme soit montée dans sa cabine sans un regard en arrière.
Les soubresauts de son compartiment reprirent bientôt alors que le véhicule cheminait sur la piste de terre, parcourue de pierres et mal entretenue. Le sentier continuait encore quelques temps avant de rejoindre l’ancienne route naine. Auparavant, cette dernière était une des voies principales de l’Empire, au temps où les relations entre les nains et les humains allaient de bon train et se produisaient souvent. Désormais, elle avait perdu de sa grandeur. Les arbustes, plantes et autres mauvaises herbes rongeaient les bas côté. Certains pavés avaient subit les outrages du temps et des intempéries, créant des enfoncements, ou des trous dans la chaussé. Une légère mousse verdâtre et glissante commençait à recouvrir la route. Toutefois, elle était beaucoup plus large que tous les sentiers empruntés jusqu’à maintenant, et malgré les quelques creux causés par l’absence de pavés, voyager dessus se révélait être plus confortable.

Si durant la première partie du trajet, elle n’avait que peu engagé la conversation avec ses soldats, elle rattrapa le temps perdu sur la route naine.

Jost se montra être le plus bavard. C’était le plus âgé des gardes. Il était né à Steingart, avait passé son enfance dans l’innocence, avant d’avoir eu l’âge requit pour aller travailler aux champs et aider sa famille. Un travail qu’il n’aimait pas du tout. Probablement l’une des pires périodes de sa vie. Et de celle de son père par la même occasion. Détestant l’idée de devoir se lever tous les matins pour atteler les même animaux à la même charrue, effectuer tous les jours le même chemin jusqu’au même champ, la vie de fermier le rendait irascible, n’hésitant pas à protester, à contredire en permanence son père, qui eu vite faite de l’envoyer à la garnison du fortin, afin de ne plus l’avoir dans les pattes et de le calmer quelque peu.
Pourtant, ce fut là qu’il trouva sa vocation. Certes, être soldat n’était pas forcément facile à vivre, au même titre que fermier, mais ce poste avait l’avantage d’avoir des activités diverses. Pas forcément reluisantes, mais qui tranchaient avec le quotidien. Ainsi, il devait entretenir les armes de la garnison, patrouiller sur les remparts, gérer certains conflits entre paysans, effectuer des rondes jusqu’aux fermes voisines de manière à s’assurer que tout allait bien. Il aimait particulièrement ce genre de missions, qui l’emmenaient loin de la ville, et le faisait monter à cheval. C’était d’ailleurs dans cette optique là qu’il s’était engagé à conduire Ombeline saine et sauve en Sylvanie. Le trajet lui permettait de voir du pays et de pratiquer l’équitation.
L’écouter raconter son expérience se montrait agréable, et faisait par la même occasion passer le temps, détournant l’attention de chaque membre de l’équipage de cette long route qui semblait ne jamais se finir.

Le paysage monotone défilait sous leurs yeux. Quelques collines verdoyantes, sur lesquelles ondoyaient plantes et buissons sous la brise du vent. Ce même vent qui faisait frémir les feuilles de vieux chênes encadrant de temps à autre la voie qu’ils empruntaient, prodiguant leurs ombres, les masqua nt du soleil. Une ancienne tour de garde se dressait au loin, vestige d’un passé lointain où la route croulait sous le nombre de pèlerins et de charrettes de commerce. Ce temps était désormais révolu, seuls quelques voyageurs arpentaient cette route, voyageurs s’écartant prudemment à l’approche du carrosse noir filant droit vers eux.
Soudainement, Ombeline se rappela la discussion entre son père et la comtesse électrice Emmanuel Von Liebewitz. Albrecht était partit en mission entre Averheilm et Wörden, là où coulait le fleuve séparant l’Averland du Stirland. Un pont permettait autrefois de joindre les différents comtés. Mais aujourd’hui, après une violente cru de l’Aver, le pont avait été détruit, la jonction entre les deux rives ne pouvait plus se faire qu’au moyen d’un bac, tenu par quelques fripouilles exigeant des sommes pour le moins élevées. D’autant plus qu’un bac ne permettrait sûrement pas le passage du carrosse et des chevaux. La comtesse avait exigé que l’on répare le pont le plus vite possible, et que les crapules profitant de la situation – y comprit les dirigeants de Wörden et d’Arverheilm qui prélevaient leurs taxes sur la traversée – soit emprisonnés et jugés. Seulement, si ce dernier point avait bien été réglé, la construction du pont quant à elle, n’avait pas pu se faire en aussi peu de temps.
Ombeline écarquilla les yeux. Ca ne faisait qu’une semaine tout au plus qu’avait eu lieu cette convocation entre Emmanuel, son père et elle. Une semaine depuis qu’elle avait quitté ses parents, et qu’elle les avait vu pour la dernière fois. Cela semblait remonter à si loin…

Plongée dans ses pensées, elle remarqua avec un peu de retard les fréquentes œillades que lui lançait Alex. Il faudrait vraiment qu’elle y remédie. Jost et les deux autre hommes, qui se prénommaient par ailleurs Roderick et Otto devaient probablement avoir remarqué son petit manège à elle, et en avoir informé le jeune homme qui se sentait pousser des ailes. Elle aurait dû y penser. Que font les hommes lorsqu’ils se retrouvent seuls entre eux ? Encore plus autour d’un verre, dans une taverne, à l’abri du danger et sachant qu’un bon lit les attendait. Ce qui devait expliquer pourquoi la jeune femme avait sentit la forte hésitation du jeune soldat alors qu’il était rentré dans leur chambre. Et pas uniquement de l’hésitation…
Sa cabine la protégeant des rayons du soleil, elle avait rabaissé sa capuche, devenue alors inutile. Capuche qu’elle releva immédiatement, masquant son visage au regard du jeune homme. Elle devrait prendre ses distances. Et éviter de trop le regarder. De même, si prochainement elle devait choisir une de ses quatre gardes pour assurer sa protection, elle ne le choisirait plus. Ce serait mieux pour elle. Et pour lui également.
Elle finit par se pencher par la fenêtre, tenant sa capuche de sa main gantée, et héla l’étrange silhouette qui conduisait le véhicule. Comme elle s’y attendait, il n’eu aucune réaction, se contentant de regarder droit devant lui tout en tenant les rênes. Faisant comme si de rien n’était, elle lui signala que le pont au dessus d’Averheilm avait été détruit, et qu’il faudrait donc passer par le Moot. Sans prendre la peine d’attendre une réponse qui ne viendrait jamais, elle rentra sa tête dans la cabine.
L’ancienne route naine prenait fin à Heideck, petite ville qu’ils traversèrent en milieu de journée. Les soldats en profitèrent pour aller du pain, nourriture facilement mangeable en chevauchant ou lors d’un trajet.
« Avez-vous faim ? » s’enquit Alex, en ouvrant la porte, s’adressant à la jeune femme. Il lui avait posé la même question ce matin, et la réponse fut identique. Le jeune homme, surprit, la dévisagea du regard. Si elle ne mangeait pas maintenant, elle ne prendrait rien jusqu’au soir. Ce qui lui faisait un repas par jour, ce qui était, en somme, très peu. Ses yeux s’arrêtèrent un instant sur le ventre d’Ombeline, alors masqué par son ample manteau noir. De mémoire, il pouvait affirmer qu’elle n’était pas grosse, sans toutefois être maigre non plus. Il réitéra sa question, précisant bien qu’elle n’aurait rien jusqu’au soir, ce à quoi elle répondit en haussant les épaules et en détourant la tête, signe que la conversation était close. Alex resta un instant interdit, avant de refermer la porte et de rejoindre les autres partit en avant.

Une fois leur frugal repas acheté, ils reprirent la route, s’engageant sur un autre chemin terreux toutefois assez large, droit vers le Nord. Si le cocher avait totalement ignoré Ombeline lorsqu’elle lui avait raconté ce qu’avait subit le pont au dessus d’Averheilm, il en tenu tout de même compte. A quelques lieux de la ville, il bifurqua vers l’Est, se dirigeant ainsi vers le Moot.
Soudainement, sans aucun avertissement, le cocher tira sur les rênes, freinant un peu trop brutalement le carrosse. Une patrouille d’une dizaine de soldats leur barrait la route. Ce qui semblait être l’officier s’avança à hauteur du cheval de Jost.
« Pourrait-on savoir la raison de cette obstruction ? demanda ce dernier à l’homme qui lui faisait face.
- Diverses attaques de brigands ont été recensées dans les parages et…
- Etes-vous en train d’insinuer que nous sommes des brigands ?! »

Jost réagissait un peu trop violemment aux dires de l’officier, quoique l’idée qu’ils aient pu être les fameuses crapules que la patrouille recherchait semblait pour le moins saugrenue. De plus, cela représentait pour le vieux soldat une perte de temps.
« En effet, vous ne ressemblez aucunement au bandits que nous recherchons. Cependant, nous nous devons de fouiller votre véhicule, et de vérifier l’identité de chaque personne. »
Là en revanche, c’était assurément une tâche inutile que celle à laquelle se livrait l’officier de la patrouille. Ombeline perdit rapidement patience, et songea un bref instant à faire de cet homme qui les retardait son repas. Depuis quelques temps, elle redoutait que la créature infâme qui se tapissait au fond de son être se manifeste, réclamant son quota de sang. Elle commençait déjà à se trahir, la jeune femme sentant avec plus de discernement les battements de cœur des hommes qui l’escortaient.
Voulant abréger cette halte, elle tendit sans un mot le document attestant de son identité d’ambassadrice, fourni par Emmanuel Von Liebewitz en personne, à Roderick. Ce dernier, assit sur la banquette arrière, s’en empara, sauta à terre et invita l’officier à le lire. L’homme afficha un air surprit, fit le tour du carrosse et ouvrit la porte de la cabine.
« Montrez votre visage. » ordonna t’il à Ombeline, son visage masqué par la capuche noir de son manteau. La jeune femme se tourna vers lui, et rabattit le morceau de tissus sur ses épaules.
« Cela vous sied t-il, soldat ? Ou souhaiteriez-vous que je découvre d’autres parties de mon corps ? »
Le visage de l’homme devient tout rouge. Il avait outrepassé son rang, donnant des ordres à une personne d’un grade supérieur au sien. Et il s’était attendu à tout, mais pas à une femme. Cette dernière avait planté ses yeux dans les siens, son froid mais gracieux visage à présent figé dans une expression impitoyable. Voyant qu’elle semblait attendre une réponse, il balbutia quelques excuses, tout en reculant de quelques pas.
Le visage d’Ombeline s’adoucit légèrement.
« Je présume que vous ne faites qu’exécuter les ordres qui vous ont été donnés. Mais nous désirons passer. Faites place, je vous pris. »
Le « soldat » s’inclina maladroitement, avant de refermer la porte. Ses hommes, voyant l’air troublé de leur chef, s’était quelque peu avancés, prêts à agir si le moindre danger se présentait. Tout en essayant de retrouver une certaine contenance, l’officier leur ordonna de les laisser passer. Le carrosse continua tranquillement son chemin sous le regard perplexe de la patrouille.

Le voyage se déroula alors sans autre encombre, à part que la route était tellement défoncée qu’ils crurent que les roues du véhicule allaient se disloquer à force de heurter toutes les crevasses. La luminosité ambiante commença à décroitre à mesure que d’épais nuages gris venaient masquer le soleil.
Ils finirent par arriver à Bieswang, petit hameau entouré par des collines boisés de chênes et d’ormes, signe qu’ils se rapprochaient du Mootland.
Une atmosphère lourde régnait dans ce village. Les rues étaient désertes, aucun signe de vie, comme si les habitants avaient quitté précipitamment les lieux. Ce n’est qu’en passant devant la place du village qu’ils comprirent ce qui se déroulait.
Un homme se tenait enchainé, sur l’esplanade d’un édifice de pierres légèrement plus imposant que les autres bâtiments de la bourgade. A côté de lui se tenait plusieurs couches de bois et de paille, desquels s’élevait lugubrement vers le ciel un gros rondin de bois. Ce qui devait être le dirigeant de la ville se trouvait à deux pas à sa gauche, tenant entre ses mains un parchemin enroulé. La populace était rassemblée autour de l’estrade, les yeux rivés sur les deux hommes, l’oreille attentive. Nul doute ne planait quant au sort que réservaient les habitants de la ville au prisonnier.

Une idée commença à germer dans l’esprit d’Ombeline. Elle demanda au cocher de stopper de carrosse, qui s’exécuta dans son mutisme coutumier. Jost lui jeta un coup d’œil interrogateur. En guise de réponse, elle ordonna aux quatre soldats de la suivre, alors qu’elle mettait pied à terre. Ils se concertèrent du regard, aucun d’entre eux ne sachant se qui se tramait dans l’esprit de leur protégée. Ombeline se dirigea droit vers l’estrade, sur lequel le maire était occupé à lire l’acte de condamnation.
« … pourtant paria de notre village, et ancien habitant de Bieswang, vous, Valdred Groeger, êtes revenu chez nous, nous apportant une impression encore plus exécrable que lors de votre premier rejet. »
La jeune femme, revêtue de son ample manteau noir, sa capuche couvrant son visage malgré les nuages effaçant les rayons solaires, pourfendait la foule, se frayant un passage à travers cette marée humaine.
« … en état d’ébriété, vous vous êtes faufilé dans notre village, errant dans les rues en quêtes de boissons alcoolisées que vous chérissez tant, détruisant au passage… »
Les gardes tentaient bien tant que mal de la suivre, écartant assez brutalement les badauds qui se trouvaient devant eux, provoquant des cris de protestations et d’énervements.
« … rossant la fille de l’aubergiste avant de la violer et de l’étrangler, sous prétexte qu’elle vous refusait le vin que vous lui avait demandé. Vous avez ruiné une famille par votre soif et vos pulsions, abrutit par l’alcool, administrant à la pauvre enfant un jugement démesuré, altéré par votre ivresse. »
Le prisonnier, un homme ayant la trentaine, les traits creusés, la barde lui mangeant le visage, était totalement impassible, coupé du monde. Il semblait réfléchir aux actes qu’il avait commis, actes irréparables dont il devrait répondre par la mort. Totalement seul, broyé par la foule et par ses remords, il se réfugiait à l’intérieur de sa tête, unique refuge que personne ne viendrait souiller.
« … purifier votre âme impure par le feu. Vous avez appliqué votre propre sentence sur une innocente, nous appliqueront la notre, en l’absence d’autorité supérieure. Préparez-vous à…
- Je pense être en l’état de me considérer comme tel. Cessez immédiatement votre parodie de jugement. »

Ombeline était parvenue à effectuer le tour de l’esplanade, et à monter derrière l’homme qui se disait juge. De la foule surgit un mouvement de mécontentement, alors que le maire se retournait en direction de celle qui l’avait apostrophé.
« Qui êtes-vous, pour oser troubler ce tribunal ? demanda l’homme, tandis que les quatre soldats se postaient aux côtés de la jeune femme.
- Je suis la représentante en ces lieux de la cour de Nuln, sous les ordres de la comtesse électrice Emmanuel Von Liebewitz, déclara t’elle après avoir révélé son visage. Bien que la région de l’Averland ne soit pas tributaire de celle du Wissenland, je peux vous certifier que le sens de la justice y est le même, et que je suis d’un statut bien supérieur aux vôtre. Si mes propos vous semblent quelques peu étrangers, peut être ce document vous permettra de vous faire une idée quant à mes attributions fournies par mon poste. »
Afin d’appuyer ses dires, elle tendit une fois de plus ce fameux document qui lui avait déjà tant servit auparavant, certifiant sa fonction.
L’homme savait apparemment lire, et ayant parcourut du regard ce que lui montrait la jeune femme, il ne put que constater la véracité des faits.
Cependant, la foule gronda, peu enclin de laisser le prisonnier s’en tirer à si bon compte. Les quatre soldats se regardèrent, ne sachant que faire. Ils n’avaient pas du tout imaginé se trouver dans une telle situation. Si jamais la foule en colère chargeait, ils auraient juste le temps d’éliminer deux ou trois personnes avant de succomber sous le nombre.
« Villageois de Bieswang, je sais que vous êtes plein de rancœur à l’égard de cet homme qui a tué l’une d’entre vous. Je sais combien vous souhaitez sa mort, combien vous voudriez lui faire endurer la souffrance qu’il a causée à cette pauvre fille, et à vous. Seulement, je me dois d’intervenir dans le châtiment que vous lui réservez, et dans la manière dont vous procédez. Cet homme doit être jugé par un vrai tribunal, qui lui conférera lui-même une punition. Soyez rassurés, je ferais tout pour que ce violeur finisse sa vie en se balançant au bout d’une corde, et que les corbeaux viennent se repaître de ses chairs. Le bûcher est réservé aux hérétiques, aux sorcières et aux créatures mi humaine, mi-bête que la nature engendre parfois. Ne vous abaissez pas à son niveau en le condamnant à brûler vif, et faites confiance en la justice de l’Empire. »
Elle aurait souhaité mettre d’avantage de conviction dans son discours, mais comment pouvait-elle efficacement protéger un homme dont elle souhaitait ardemment la mort ? N’avait-il pas battu une jeune femme avant d’abuser d’elle et de la tuer ?
Pourtant, la foule parut se calmer. Ou bien la foule de paysans tentait-elle de digérer ses paroles, essayant de comprendre avec un temps de retard où elle voulait en venir.
Elle regarda le « juge ». Ce dernier lui lança un regard mauvais, mais ne pouvait contredire la justesse de la tirade de l’ambassadrice. Il ne pouvait s’accaparer le droit de juger une condamné alors qu’une personne ayant un rang supérieur au siens se trouvait dans les parages. Même la pratique d’instaurer un tribunal de fortune et d’expédier le jugement d’un prisonnier était monnaie courante dans les petits villages isolés, ces derniers devaient en vérité le faire paraître devant un tribunal officiel, qu’il soit civil ou religieux. Procédures qui se révélaient longues et fastidieuses, et dont la peine se montrait souvent être la même que celle attribuée par le village.
Il finit par accepter les propos d’Ombeline, et lui laissa le prisonnier. Les soldats l’emmenèrent avec eux, tout en encadrant leur dame, la protégeant de la foule. Les villageois les regardaient d’un œil mauvais, mais semblaient peu enclin à affronter les quatre hommes armés. De plus, le discours de la jeune femme, ainsi que la non réaction de leur dirigeant les avait calmés.
Arrivés devant le carrosse, Otto, le quatrième garde, fit monter Valdred dans le compartiment, et l’attacha solidement afin qu’il ne puisse en aucun cas attenter à la vie d’Ombeline. Cette dernière grimpa à son tour dans sa cabine, et le véhicule démarra.
La jeune vampire posa son regard sur l’assassin enchainé devant elle, encore sous le choque. Il semblait surprit d’être encore en vie, remerciant sa bonne étoile. A deux doigts de mourir dans les pires souffrances, une ambassadrice qui passait par là l’avait sauvé, l’arrachant à son triste sort, lui offrant un sursis.
Ombeline sourit, se disant qu’elle n’avait encore jamais eu autant de difficulté pour se procurer son prochain repas, assis juste devant ses yeux, alors que le carrosse poursuivait sa route et se rapprochait indéniablement de la Sylvanie.

Je reviens mercredi soir.
Modifié en dernier par Lucretia Von Shwitzerhaüm le 03 oct. 2010, 22:18, modifié 2 fois.
FOR 16 / END 14 / HAB 17 / CHAR 18 / INT 17 / INI 19* / ATT 17 / PAR 13 / TIR 11 / MAG 17 / NA 4 / PV 134/140
Ma Fiche
Objets particuliers:
- * Anneau Nowelleux (+1 INI)
- Amulette (relance d'un EC: 2/3 utilisations disponibles)

Compétences acquises et Dons du Sang

COMBAT :
Attaque : Coup précis (3), Arme de prédilection ( épée à une main)
Défense : Esquive, Acrobatie de combat, Sang vif (2) (DDS), Coriace,
Autres : Régénération Impie (DDS), Innocence Perdue (DDS), Valse Macabre


MAGIE :
- Sens de la Magie
- Conscience de la Magie
- Maîtrise de l'Aethyr - niveau 3

CHARISME :
- Diplomatie
- Éloquence
- Séduction
- Intimidation
- Comédie
- Etiquette
- Intrigue de cour

INTELLIGENCE :
- Domination (DDS)
- Érudition
- Littérature
- Linguistique
- Histoire
- Administration
- Enseignement
- Connaissance végétale
- Langue étrangère : Kislévarin
- Connaissance des démons

INITIATIVE / HABILETE :
- Sang vif (DDS)
- Réflexes éclairs
- Escalade
- Monte - chevaux
- Sens Accrus
- Vision nocturne

AUTRES :
- Défi de l'Aube (DDS)
- Ame Profane (DDS)
- Forme de Familier : Corneille (DDS)
- Sang argenté (DDS)
- Alphabétisation
- Force accrue
- Chance
- Préparation des poisons

Inventaire :
- Griffe d'Ursun
- Veste de cuir & pèlerine en "voyage" / robe habillée en "réception"
- Anneau de promptitude
- Bague du tumulus
- Sacoche de chanvre
- Lettre de la comtesse
- Gemmes et pépites d'or
- Fleur de salicaire
- Glandes à venin
- Poison (?)

Avatar du membre
Lucretia Von Shwitzerhaüm
Warfo Award 2018 du meilleur PJ - Élaboration
Warfo Award 2018 du meilleur PJ - Élaboration
Messages : 543
Profil : FOR 16 / END 14 / HAB 17 / CHAR 18 / INT 17 / INI 19* / ATT 17 / PAR 14 / Tir 12 / NA 4 / PV 134/140
Lien fiche wiki : http://www.warforum-jdr.com/wiki-v2/dok ... itzerhauem

Re: Rencontre avec un imprévu.

Message par Lucretia Von Shwitzerhaüm »

« Pourquoi s’embêter à délivrer un quelconque prisonnier ? Qu’est ce qui lui a prit ? Surtout quand on sait ce que cette ordure à fait ! J’te l’dis, y méritait bien de cramer sur le bûcher.
- Ouais je n’sais pas, moi aussi j’me l’suis demandé t’sais… Depuis quand une dame de son rang se préoccupe du destin des miséreux ? Pis fallait voir un peu la tronche qu’ont tirée les villageois quand elle est intervenue ! y z’étaient vraiment prêts à lui foutre le feu. Je sais même pas si elle s’est rendu compte de ce que tout ça impliquait. Nan mais si tous les villageois nous avaient sauté à la gueule, j’crois qu’on serait plus de ce monde !
- Pour sûr ! On aurait peut être eu le temps d’en étriper un ou deux, mais on aurait croulé sous le nombre. Pis vlà ! On va en faire quoi de ce type là ?
- J’chai pas. Elle a parlé de « justice de l’Empire ». Tsss. Comme s’il en existait vraiment une dans ce bas monde. Bha, peut être que dans un instant de miséricorde, elle l’a prit en pitié…
- Ou bien comme toutes les p’tites dames comme elle, elle a eu un excès de zèle. Et vazy que j’prends la parole et que j’veux que la « justice » soit convenablement appliquée !
- Tu crois vraiment qu’y a des tribunaux ou je ne sais quoi là où on va ?
- Aucune idée. En tout cas je trouve ça pour le moins louche, j’te l’dis. Et pis ça nous fait un gugusse en plus à surveiller. »


Otto et Roderick pensaient sûrement parler assez bas pour ne pas se faire entendre. Les deux gardes étaient assis sur la banquette arrière du carrosse, et dialoguaient en murmurant afin de faire passer le temps. Toutefois, leurs paroles parvenaient aux oreilles d’Ombeline. Apparemment, les deux hommes se méfiaient des subites intentions altruistes de la jeune femme. Malgré leur outrecuidance et le discours pour le moins médisant qu’ils tenaient à son égard, elle devait reconnaitre qu’ils avaient raison. Non elle n’avait pas eu pitié de lui. Si cela ne tenait qu’à elle, elle l’aurait laissé aux mains de cette parodie de juge et aurait continué son chemin. Mais il fallait compter avec l’entité qui se cachait au fond de son être. Cette créature qui réclamait du sang, d’abord imperceptiblement, comme un léger pas feutré marchant sur un sol poussiéreux, puis devenant aussi assourdissant que le passage d’un pachyderme, la piétinant de toute sa puissance. A ce stade là, ce besoin de sang devenait omniprésent, l’obsédant, l’empêchant de penser à autre chose, de se concentrer sur une tâche précise. Il arrivait même qu’elle se focalise sur la jugulaire des personnes l’entourant.
La jeune femme releva les yeux sur le violeur qui se trouvait en face d’elle. Si elle pouvait se concentrer et sentir le sang qui affluait à la base de son cou, elle n’en était pour autant hypnotisée par ce dernier.
Nonobstant, il lui fallait se nourrir. Difficile de se contenir lorsqu’il gisait enchaîné devant soi. Elle n’avait qu’à planter ses dents à la base de son cou, cherchant l’artère principale et cette faim qui la dévorait serait alors apaisée. En vérité, si elle trouvait solution à ce premier problème, elle ne manquerait pas de s’en attirer de nouveau. Elle ne doutait pas de la stupeur qui se lirait sur le visage des quatre hommes lorsqu’ils découvriraient le corps exsangue. Et comment pourrait-elle l’expliquer ?
Et si jamais ils la découvraient en train de se nourrir, il y aurait encore moins d’ambigüité quant à leurs réactions. Cela dit, il pouvait être amusant de voir leur expression à se moment là. Les voir en train de digérer le fait que depuis le début du voyage, leur mission avait été de protéger un vampire. Et la tête de ce pauvre Alex lorsqu’il se rendrait compte qu’il avait dormi dans la même chambre que l’ignoble créature qu’elle était, et même que l’idée de se glisser dans le même lit qu’elle l’avait bien tenté. Mais réflexion faite, elle n’aurait que très peu de temps pour jouir de cette révélation. Elle se ferait abattre sur le champ par ces mêmes protecteurs qui avaient juré de la conduire saine et sauve en Sylvanie.

Valdred n’avait pas émit la moindre parole. Il restait immobile, et semblait méditer à ce qui l’attendait. Comme l’avait dit sa « sauveuse », le bûcher était réservé aux hérétiques, aux profanateurs et à toutes autres malformations de la nature susceptible de pratiquer la magie noire. Et là, il avait été sauvé de cette mort atroce pour être conduit devant un vrai tribunal. Aux voleurs, on leur coupait la main. Les crimes de lèse majesté, la tête, tandis que les faux monnayeurs pouvaient se voir être ébouillantés. Et aux gens comme lui ? Ce serait la pendaison, et ça aurait le mérite d’être rapide. A moins que dans un excès de sadisme, le bourreau lui mette comme il avait déjà vu, un tonneau ou une caisse sous la potence. Dans une vaine opportunité de sauver sa vie, il se hisserait sur la pointe des pieds, essayant de soulager sa gorge du poids de son propre corps qui l’étouffait. Au bout d’un certain temps, n’y pouvant plus, et l’oxygène lui manquant, il lâcherait prise, s’abandonnant à la mort et à l’asphyxie.
En revanche, si une trappe s’ouvrait violemment sous ses pieds, la corde attachée autour de son cou, sous le poids de son propre corps, briserait sa colonne vertébrale, le plongeant dans l’inconscience. La mort surviendrait alors, lui avait dit un vieux tandis qu’ils assistaient à une exécution publique, que dix à vingt minutes plus tard. Mais le sujet ayant sombré dans les méandres de l’inconscience, il serait incapable de sentir l’expérience. Quoique qu’il en soit, il ne souhaitait en aucun cas vérifier la véracité des dires du vieillard. On lui avait donné une chance de s’en sortir, par le biais de la jeune femme se trouvant en face de lui, et il lui fallait saisir la moindre occasion.
Valdred la regarda. Cela faisait déjà un certain temps qu’elle le fixait du regard, les yeux dans le vague, comme si elle réfléchissait. En tout cas, cette curieuse façon de le regarder le mettait pour le moins mal à l’aise, comme si elle le… convoitait. Malgré le fait que sa capuche soit rabattue sur sa tête, il pouvait dire qu’elle était d’une beauté ensorcelante. Non seulement elle était accaparée d’un capuchon, mais aussi d’un long manteau noir, ainsi que de gants de la même couleur. Un étrange accoutrement, alors qu’il ne faisait pas si froid que cela. On aurait dit un de ces moines fanatiques portant sa longue robe de bure, sauf que le moine en question était une dame d’un rang assez élevé, semblait-il. Il était vraiment regrettable qu’elle soit habillée de ce long manteau, manteau qui cachait tout du corps de sa sauveuse. Elle semblait beaucoup plus appétissante que la pauvre Ilda.

L’homme se remémora les événements. Depuis qu’il s’était battu dans la taverne avec deux autres types, il n’était plus le bienvenu à Bieswang. Ce jour là, il avait une fois de plus trop bu. L’aubergiste l’avait gentiment éconduit jusqu’à la sortie du bâtiment, afin qu’il aille cuver dehors. Chose qui ne lui avait pas plus, voyant la pluie qui tombait dru. Alors qu’il protestait vigoureusement, deux gaillards étaient intervenus afin d’aider le maitre des lieux. Ils l’avaient ceinturé pour ne plus qu’il se débatte, ce qui avait considérablement énervé l’ivrogne. S’en est suivit alors un pugila ou l’un des deux hommes perdit l’usage de ses jambes, et le second, un œil. Les tables étaient renversées, les chaises fracassées contre les murs, tandis qu’ils se battaient et que les clients, apeurés par le carnage qui régnait, s’enfuyaient sans demander leur reste. Constatant les ravages dont il était l’auteur, à travers son ivresse, il s’enfuit du village, vivant désormais d’alcool et de nourriture qu’il chapardait à quelques passants.
Avant-hier, voyant qu’il allait rapidement être à court de boisons fortes, il avait décidé de descendre sur le village. Heureusement pour lui, les rues étaient désertes, sinon, on l’aurait surement chassé à coup de pierres. Une fois devant la porte de la taverne, il constata que celle-ci était fermée. Il ne trouva pas d’autre solution que d’enfoncer la porte. D’une démarche peu assuré, il entra dans l’auberge, en prenant soin de refermer derrière lui ce qui avait autrefois eu le nom de porte. Malgré l’obscurité de la pièce non occupé, il reconnu sans mal les lieux où il s’était battu, et où il avait pris une lourde table et l’avait jeté de toute ses forces sur les genoux de l’homme qu’il venait d’assommer.
Une idée jaillit à l’esprit de Valdred. L’auberge était fermée parce que le tenancier et sa femme avaient quitté les lieux ! Ce qui signifiait donc qu’il pouvait se servir à loisir dans les réserves du bâtiment. Tout heureux de sa révélation, il partit explorer la pièce, ingurgitant toutes les bouteilles qui tombaient entre ses mains. C’est alors qu’une adolescente, peut être de dix-sept ans déboula dans la pièce. L’ivrogne, déconcerté de découvrir une présence dans un lieu qu’il croyait déserté, resta planté là à la regarder en louchant, du vin à la main. Ce devait probablement être la fille de l’aubergiste, Ilda, d’après ce qu’il avait entendu il y a quelques temps déjà. Il lui demanda en bégayant où son père cachait sa bière. La jeune fille s’approcha de lui et lui retira sèchement la bouteille de la main, avant de lui ordonner d’un ton autoritaire, qu’elle devait sûrement tenir de son père, de quitter immédiatement l’établissement. Valdred se mit en colère. Comment cette garce osait-elle lui tenir tête ? C’est alors qu’il note quelques détails.
Ilda avait ses cheveux trempés, qui humidifiaient le haut de sa tunique blanche enfilée à la va vite, à hauteur des épaules. Apparemment, elle venait à peine de sortir de son bain, et ayant entendu un bruit de fracas en bas, elle n’avait pas pris le temps de se sécher, s’était vêtue des premières frusques qu’elle avait trouvé, et était descendue afin de prendre le voleur sur le fait.
Valdred, les yeux pétillants de colère, et abruti par la boisson, l’examina du regard. Ses longs cheveux noirs rejetés en arrière avaient frisé sous l’effet de l’eau, dénudant à hauteur de son cou une peau blanche immaculée sur laquelle quelques gouttelettes ruisselaient encore. Ses traits étaient doux, donnant naissance à un beau visage encore innocent, égayé par deux grands yeux marrons. N’ayant pas eu le temps de se sécher correctement, sa tunique lui collait à la peau, moulant sa poitrine menue, la dévoilant par transparence. C’est ce qui attira le regard de Valdred, et alluma une étincelle de désir au fond de ses yeux. Une chaleur envahit son corps alors qu’il la déshabillait du regard, et cela faisait longtemps qu’il n’avait pas sentit une femme contre lui. Il avança en titubant, et agrippa le bras d’Ilda. Cette dernière le regarda, horrifiée, sentant dans une parcelle de son esprit les intentions malsaines de l’homme à son égard. Elle essaya de s’échapper, mais la poigne de l’homme était trop forte. Se rappelant que dans son autre main, elle tenait la bouteille qu’elle venait de confisquer à l’ivrogne qui l’entravait, elle leva sa main et abattit de toutes ses forces l’objet sur la tête de son agresseur. Malheureusement, Valdred avait déjà liquidé le contenu du récipient dans son manque d’alcool. Ce fut un objet contendant plus léger que prévu qui alla s’écraser en une pluie de verre sur le crâne de l’homme, ne faisant qu’accroître sa colère. Il la frappa violemment au ventre, lui coupant la respiration. Pliée en deux, ses deux mains cramponnées à son ventre, elle chercha à avaler de l’air, à forcer son corps à aspirer de l’oxygène qui lui faisait défaut. Elle ne vit pas la gifle qui lui faucha le visage, l’envoyant à terre en même temps qu’un déluge d’objets auxquels elle tenait de se rattraper. Sa tête heurta durement le sol, faisant miroiter des étoiles devant ses yeux. L’homme se jeta sur elle, la plaquant au sol, l’écrasant de son corps. Ilda gémit, tenta faiblement de se protéger alors qu’une grêle de coups pleuvait sur son visage. Le visage meurtrit par les poings de son agresseur, la bouche en sang, elle finit par abandonner, laissant glisser ses deux mains à terre, alors qu’il lui déchirait sa tunique, et retirait brutalement son pantalon. Qu’avait-elle fait pour mériter ça ? Pourquoi ses parents étaient partis, la laissant seule entre les mains d’un inconnu ? Autant de questions qui resteraient sans réponses, alors qu’elle sentait le souffle de l’homme sur son visage, qu’elle le sentait en elle, la souillant par son simple contact. Et elle restait là, gisant à terre, comme coupée du monde, voulant à tout prix se réfugier autre part que dans son enveloppe charnel, là où son violeur ne pouvait l’atteindre. Il avait détruit la dernière parcelle d’innocence qui restait encore au fond de son âme, saccageant son essence même. Son regard était devenu vitreux, terne, éteint, et la petite étincelle qui faisait pétiller ses yeux de joie venait d’être anéantie.
Valdred se retira en soufflant comme un bœuf une fois son méfait accompli. Il regarda sa victime, allongée sur le sol, son ventre nu qui s’abaissait et remontait à chacune de ses inspirations, maintenant qu’elle était libérée de ce fardeau qui avait été son corps. Elle remua faiblement, et un nouveau gémissement retenti, comme si elle venait de se rendre compte que son calvaire avait prit fin. Cependant, Valdred se dit qu’il ne pouvait pas la laisser comme cela. Sa conscience remonta à la surface, à travers l’épais brouillard qui enveloppait son esprit. Elle pouvait désormais témoigner contre lui, de ce qu’il lui avait fait à elle, et à l’auberge de ses parents. Non, il devait l’éliminer. Il s’approcha d’Ilda, posa ses genoux de chaque côté de la poitrine révélée de la jeune fille, et agrippa son cou de ses mains puissantes. L’air qui affluait dans ses poumons fut soudainement bloqué. L’adolescente laissa échapper un hoquet silencieux alors que ses yeux s’écarquillaient, que ses traits se tiraient, et qu’elle tentait bien tant que mal de fournir de l’oxygène à son corps. Faiblement, brisée par l’épreuve qu’elle venait de traverser, elle cramponna ses mains à celle de son agresseur, et tenta de les éloigner de sa gorge. Mais Valdred tenait bon. Il sentait à peine les ongles lui lacérer désespérément ses mains, alors que ces dernières étaient comme un étau fixé autour du cou d’Ilda, étranglant une jeune fille que seules quelques années séparaient de l’enfance. Soudain, les gestes de la victime devinrent moins frénétiques, perdirent de leur vigueur, avant de s’immobiliser totalement. L’homme resta pétrifié un moment, avant de se rendre compte qu’il avait cessé de respiré en même temps que la jeune fille. Il relâcha dans un grand soupir tout l’air accumulé, en se frottant les mains. Dommage qu’après avoir prit du plaisir, il devait s’exécuter à de si basses tâches. Après cette petite distraction, il allait enfin pouvoir continuer ses fouilles.
Occupé à farfouiller, il n’entendit pas les quelques villageois qui avait remarqué l’état de la porte du bâtiment. Percevant au dernier moment des pas qui fonçaient vers lui, il n’eu pas le temps d’esquiver lorsqu’il vit une masse s’abattre sur le coin de sa tête. Il sombra dans les ténèbres.

Lorsqu’il se réveilla, il se trouvait dans les mêmes chaines qui l’entravaient actuellement. Un affreux mal de crâne l’empêcher de réfléchir correctement. Un de ses gardiens lui expliqua avec un mauvais regard qu’il allait passer un sale quart d’heure, et qu’il aurait tout le loisir de méditer sur ses actions. L’aubergiste, en voyant le corps de sa fille dénudé, gisant à terre, à peine reconnaissable, était entré dans une furie sanguinaire, emplie de fureur et de chagrin, et avait envoyé paitre deux ou trois villageois avant qu’il soit maitrisé. Il voulait à tout prix qu’on l’amène devant l’auteur de ce crime, devant celui qui avait tué sa petite fille adorée, afin de l’achever de ses propres mains. Il fallut beaucoup de persuasion et de patience au maire du village avant de le calmer, lui assurant qu’il connaitrait la mort, et pas de la manière la plus douce qui soit. Peu de temps après, il était emmené devant le bâtiment principale de Bieswang, prêt à être brûlé vif.
Et c’est là qu’était intervenue cette jeune femme enveloppée de son ample manteau noir. Valdred se demandait encore comment elle avait pu convaincre aussi facilement le maire avec son discours. Peut être que ce dernier redoutait-il qu’elle lui envoie un intendant suivit de quelques gardes afin de le remettre à sa place. Ou qu’elle le fasse croupir en prison pour abus de pouvoir sur une personne qui ne devait plus être en ses mains. Enfin, le principal était que pour le moment, il était vivant. Il devrait trouver un moyen, le plus vite possible, de se soustraire de ses chaînes. Et pourquoi ne pas réitérer ce qu’il avait fait avec Ilda, en choisissant sa sauveuse cette fois ci ? Imaginant la scène, il sentait déjà l’excitation venir en lui. C’était vraiment un beau morceau qu’il avait devant lui, il en tirerait beaucoup plus de plaisir qu’avec la fillette.

Sortant de ses pensées, il regarda par la fenêtre. Le carrosse roulait alors en haut d’un plateau, suivant une route qui se révélait être sinueuse, lorsqu’on la voyait se perdre à l’horizon, ondoyant à travers les collines avoisinantes. De grands champs de tabac s’étalaient à perte de vue, emplissant les terres d’une multitude de teintes, allant du jaune safran au vert sapin. Au loin, le Bief de l’Aver coulait paisiblement, à l’ombre de grands ormes séculaires où leurs feuilles couleurs automne venaient s’échouer sur l’onde. Apparemment, ils étaient parvenus dans le Mootland, terre des halefings. Beaucoup de chemin avait dû être parcouru alors qu’il méditait. Il leva le regard sur sa voisine d’en face. Elle n’avait presque pas bougé, son expression était toujours la même, à l’ombre de sa capuche rabattue. Tout comme lui, elle n’avait pas prononcé le moindre mot. Il savait juste qu’elle se prénommait Ombeline, à partir du moment où l’avait appelé un soldat afin de savoir si elle désirait manger quelque chose, ce à quoi elle avait répondu par la négative d’un signe de la tête. Valdred avait surprit un regard de légère incompréhension entre ce garde qui chevauchait à la droite du carrosse, et le second, qui faisait de même de l’autre côté du véhicule. Il semblait bien que ces hommes n’étaient pas vraiment à leurs aises avec la jeune femme, comme s’il y avait quelque chose… de plus, qu’ils ne sauraient expliquer. C’est du moins ce que ressentait l’assassin. Les yeux d’Ombeline erraient çà et là, comme indifférents au temps qui passait, dans une expression parfaitement lisse, indéchiffrable. D’ailleurs Valdred remarqua qu’elle ne cillait des paupières que très rarement, nouvelle réflexion qui l’interpella.

Soudainement, alors qu’ils entamaient un virage à l’ombre des arbres, un sifflement retenti, suivit de peu par un hennissement strident. Le cheval sur leur gauche s’écroula, un carreau d’arbalète fiché dans le poitrail, et mit son cavalier à bas. Aussitôt, les trois autres gardes dégainèrent leurs épées dans un même geste fluide, tandis que leurs chevaux se mettaient à remuer, sentant la tension dans l’air. Valdred se dit qu’il tenait là enfin une occasion de s’échapper. Seulement, il lui fallait d’abord se débarrasser de ses chaines, qui l’empêchaient de courir. Un nouveau trait vint faire éclater la vitre de la portière gauche, et s’enfonça dans le bois de la porte opposée.
« On n’est plus en sécurité ici !!!! Faites moi sortir d’ici !! » cria Valdred, frôlant l’hystérie alors qu’il se démenait avec ses liens.
Curieusement, la jeune femme ne parut guère inquiète par les évènements, et sembla prendre tout son temps afin de décider quelle serait la meilleure option. Finalement, et à la grande surprise de Valdred, elle se pencha vers lui et entreprit de le détacher, tâche qui ne la rendait que plus vulnérable aux éventuels tires. Elle le saisit fermement par la main, avec une force insoupçonnée, et l’entraîna en dehors du véhicule, par la portière droite. A l’extérieur, Jost se relevait péniblement, alors qu’Alex, Roderick et Otto avaient déjà engagé le combat avec leurs adversaires. L’homme à l’arbalète avait eu le malheur de se montrer, et le temps de recharger son arme, n’avait pus se défendre. Il gisait sur les abords de la route, le ventre transpercé, au côté d’un autre bandit armé d’une faux. Ses comparses encore en vie bataillaient dur. Au nombre de cinq, ils se battaient à l’aide de tout un attirail d’armes hétéroclites, allant du marteau à la faux, de versoir de charrue à la hache. Ce devait être de pauvres villageois de l’Averland, qui, dans leurs misères, avait migré clandestinement chez les halfing afin d’en découdre avec eux, les rançonnant tout en pensant qu’ils étaient de faibles adversaires à en juger par leur petitesse. Ces brigands devaient aussi beaucoup compter sur le fait qu’ils possédaient une arbalète, arme capable de donner la mort, et de transpercer n’importe quelle armure. Malheureusement pour eux, ils venaient de perde cet avantage, et semblaient même perdre du terrain malgré leur surnombre. Pourtant, la jeune femme entraina Valdred dans le bois, comme si Khorne était à leur trousse. Ce qui arrangeait beaucoup le prisonnier, il lui serait alors beaucoup plus facile de s’échapper une fois loin des hostilités, lorsqu’il serait seul avec celle qui le tirait par le poignet.
En attendant, les deux fuyards couraient dans les bois. Valdred, entrainé par la jeune femme, avait l’impression de flotter dans l’air, entre les arbustes qui se dressaient sur son chemin, entre les talus formant un dénivelé. Une branche d’arbre lui accrocha sa tunique, une autre lui érafla le visage, alors qu’il courait à en perdre haleine. Les feuilles mortes tombées des arbres crépitaient sous son poids, les pierres roulaient sous ses chausses, alors qu’il essayant tant bien que de mal à suivre les enjambées d’Ombeline. L’homme puisaient dans ses forces, allant il ne savait où, ses pieds frappaient le sol, tandis que ses poumons étaient en feu. Devant lui, Ombeline glissa sur de la mousse humide, tomba, et d’un bond, fut debout, continuant sa couse infernal.

Tout d’un coup, cette dernière arrête de courir, se sentant probablement en sécurité. Combien de mètres avait-ils parcourut, pendant combien de temps avaient-ils courut, Valdred ne le savait pas. Ce qu’il savait, c’est que son corps réclamait de l’oxygène, qu’il était trempé de sueur, et qu’il avait subitement envi de vomir. La jeune femme l’ayant lâché, il se tenait les mains sur les genoux, plié en deux, tentant de récupérer son souffle. Elle, en revanche, ne semblait nullement exténuée. Scrutant les environs, elle se tenait droite, comme si elle tentait de se repérer ou de percevoir un son étranger. Son visage était à présent parfaitement visible, son capuchon s’étant rabattu lors de sa course.
Valdred pouvait désormais s’enfuir, il était libre, ses chaines ôtées. Mais il repensa à ce qu’il avait prévu alors qu’il était encore dans le carrosse. Il se devait de remercier sa bienfaitrice, se dit-il, alors qu’il masquait un sourire pervers. Elle lui tournait le dos, plongée dans une occupation connue d’elle seule. Il n’avait qu’à surgir dans son dos, l’étrangler quelque peu, juste de façon à ce qu’elle soit encore consciente sans pour autant pouvoir se débattre. Et là, elle serait à sa merci.

Alors qu’il s’apprêtait à sauter sur son dos, elle se retourna brusquement. Valdred s’immobilisa dans son mouvement, relâchant tous ses muscles afin qu’elle ne se doute de rien. Mais ce n’était pas lui qu’elle regardait. Non, elle regardait par-dessus son épaule, comme si une présence les menaçait, dans son dos à lui. Il se retourna lentement. S’offrit alors à sa vue un quadragénaire, très mal rasé, crasseux, les vêtements en lambeau. Un de ses yeux était laiteux, boursouflé, l’autre pétillait d’une curiosité malsaine, à l’égard de la proie que convoitait Valdred. Tout en cette homme le rendait misérable, chétif, inoffensif. Tout, sauf l’arbalète qu’il tenait dans ses mains. Il y avait donc deux arbalétriers parmi ces brigands. Ce qui expliquait pourquoi le carreau tiré à travers la fenêtre avait suivit aussi vite le premier ayant frappé le cheval de Jost. Le premier tireur gisait sur la route, mort, et le second se trouvait bien en face d’eux. Il avançait lentement vers Valdred et Ombeline, se délectant de les voir impuissant, les sachant à sa merci.
« Que souhaitez-vous ? De l’or ? »
Valdred faillit sursauter, et se contrôla de justesse. Il ne voulait en aucun cas que l’homme déclenche son arme contre lui sous prétexte d’un quelconque sursaut qui lui aurait paru menaçant. Cela faisait combien de temps qu’il n’avait pas entendu la voix de la jeune femme ? Sûrement depuis qu’elle avait parlé à Bieswang.
« Dans un premier temps, pourquoi pas… Pis après… faire davantage connaissance avec toi… ? »
La voix de l’homme était chevrotante, et grinçait d’une manière fort déplaisante, comme si les outrages de la maladie l’avait considérablement affaiblie, mais pas assez pour l’achever. Tout en disant ces mots, il avait continué d’avancer. Il était parcouru de tics, sa tête tremblait presque imperceptiblement, en saccades agitées, au même rythme que ses pas, tandis qu’il se passait frénétiquement la langue sur ses lèvres. Nul doute quant à ses intentions, et Valdred ne le comprenait que trop bien. Cependant, il n’était pas du genre à partager. Ombeline était pour lui, pour lui tout seul.
« Ecoute… je ne veux pas me mêler à vos histoires, du tout. Je suis comme toi, un pauvre hère condamné par une parodie de tribunal pour des faits que je n’ai pas commis ! Simplement parce que ça arrangeait certaines personnes qui m’en voulaient. Je laisse cette dame à tes bons soins, laisse-moi juste m’en aller. »
Au fur et à mesure qu’il parlait, il s’approchait de l’homme, mais de manière indirect, en diagonal, afin qu’il ne se sente pas menacé. Le bandit le regardait faire, indécis. Valait-il mieux le laisser partir ? Ou bien l’exécuter ? Quoique s’il le tuait sur le champ, son arme ne lui servirait plus à rien pour tenir en joue cette charmante dame, qui aurait tout le loisir de s’enfuir.
« Vazy’ j’te laisse tranquille. Tu peux partir pourvu que tu me lais… »
Valdred, qui était désormais à bonne portée, se jeta sur lui. Le bandit fut surprit de ce revirement d’attitude, et dans un bref instant de flottement, hésita à tirer. Il déclencha cependant son arme, mais trop tard, alors que Valdred avait déjà une prise sur lui. Tiré à bout portant, le carreau s’enfonça jusqu’à l’empennage dans le ventre du criminel. La surprise se lut sur son visage, ce qui ne l’empêcha pas d’étrangler l’arbalétrier, tout en l’écrasant de son propre poids une fois amené à terre. Le brigand, dont la seule force était l’arme qu’il avait tenu, se retrouva sans défense, et tenta vainement d’agripper les mains de son agresseur afin de les y déloger de son cou. Plusieurs jours à dormir dehors, à ne manger que de maigres rations qu’une fois par jour avait eu raison de son ancienne vitalité. Valdred, malgré sa blessure fatale au ventre, lui donna la mort.

Le blessé s’allongea alors sur le dos, comme pour soulager sa douleur. Il en aurait plus pour très longtemps, il le savait. Quelle stupidité que de risquer sa vie pour quelques minutes de plaisir. Et pourtant il l’avait fait. Et voilà ou cela l’avait mené. Il vit celle qu’il convoitait s’approcher de lui, puis s’agenouiller à ses côtés, gracieusement. Elle semblait déroutée, perdue, dans l’incompréhension total comme s’il elle n’avait pas saisit le véritable sens du combat qui venait de se dérouler sous ses yeux, les véritables intentions de chacun. Valdred la regarda. Il était vrai qu’elle était très jeune, plongée peut être un peu trop tôt dans un monde de violence, un monde qui n’était par pour une jeune fille comme elle. De même que pour la pauvre Ilda. Comment elle et Ombeline auraient-elles pu se douter de ses véritables intentions envers elles ? Comment Ombeline, dans son ignorance et sa naïveté enfantine, aurait-elle pu imaginer qu’il avait voulut abuser d’elle ? Et elle était là, près de lui, comme pour l’accompagner vers son dernier voyage, qui le conduirait vers le néant, vers la mort. Elle contemplait sa blessure au ventre, la hampe du carreau couvert de sang, ce sang qui inondait sa tunique et teintait de rouge les feuilles mortes autour de lui.
Soudainement, il perçu un changement au sein même de la jeune femme alors qu’elle examinait sa lésion, comme si son hésitation venait de se rompre. Son doux visage sembla se figer en une résolution inébranlable, ses yeux rencontrèrent les siens. Les yeux sont des portes ouvertes sur l’âme, avait-il entendu dire un jour. Mais à travers le regard de la jeune femme, ce n’était plus l’âme d’une petite fille innocente et naïve vivant dans un monde cruel qu’il voyait. Non, c’était quelque chose bien plus sombre, d’une noirceur absolue, qui le fit frissonner jusqu’aux tréfonds de son être, qui le glaça alors même que les portes de la mort étaient sur le point de s’ouvrir pour l’accueillir. Il comprit alors d’où venait ce malaise qu’il avait quelque fois ressenti, ainsi que ce même malaise qu’éprouvaient les gardes. Une terreur sans nom l’envahie. Il voulut crier, mais aucun son ne sortit de sa gorge, devenue trop sèche. Il sentait que la plaie qui béait à son ventre avait accomplit son œuvre. Peut être mourrait-il avant que la créature qui se tenait près de lui ne commence sa tâche macabre ?
Sa dernière vision fut celle du visage angélique d’Ombeline qui se penchait lentement vers lui, un doux sourire aux lèvres, sourire pourtant défiguré par de longues canines qui surgissaient de sa bouche.

Enfin posté!! J'espère que dans le prochain post, j'arriverais enfin à faire entrer Ombeline en Sylvanie.
Sorry for the delay, mais avec l'entrée à la fac et tout.. Ça devrait bientôt se calmer je crois.
En attendant, j'espère que tu ne t'ennuies pas trop Abho ^^
.
Modifié en dernier par Lucretia Von Shwitzerhaüm le 03 oct. 2010, 22:27, modifié 4 fois.
FOR 16 / END 14 / HAB 17 / CHAR 18 / INT 17 / INI 19* / ATT 17 / PAR 13 / TIR 11 / MAG 17 / NA 4 / PV 134/140
Ma Fiche
Objets particuliers:
- * Anneau Nowelleux (+1 INI)
- Amulette (relance d'un EC: 2/3 utilisations disponibles)

Compétences acquises et Dons du Sang

COMBAT :
Attaque : Coup précis (3), Arme de prédilection ( épée à une main)
Défense : Esquive, Acrobatie de combat, Sang vif (2) (DDS), Coriace,
Autres : Régénération Impie (DDS), Innocence Perdue (DDS), Valse Macabre


MAGIE :
- Sens de la Magie
- Conscience de la Magie
- Maîtrise de l'Aethyr - niveau 3

CHARISME :
- Diplomatie
- Éloquence
- Séduction
- Intimidation
- Comédie
- Etiquette
- Intrigue de cour

INTELLIGENCE :
- Domination (DDS)
- Érudition
- Littérature
- Linguistique
- Histoire
- Administration
- Enseignement
- Connaissance végétale
- Langue étrangère : Kislévarin
- Connaissance des démons

INITIATIVE / HABILETE :
- Sang vif (DDS)
- Réflexes éclairs
- Escalade
- Monte - chevaux
- Sens Accrus
- Vision nocturne

AUTRES :
- Défi de l'Aube (DDS)
- Ame Profane (DDS)
- Forme de Familier : Corneille (DDS)
- Sang argenté (DDS)
- Alphabétisation
- Force accrue
- Chance
- Préparation des poisons

Inventaire :
- Griffe d'Ursun
- Veste de cuir & pèlerine en "voyage" / robe habillée en "réception"
- Anneau de promptitude
- Bague du tumulus
- Sacoche de chanvre
- Lettre de la comtesse
- Gemmes et pépites d'or
- Fleur de salicaire
- Glandes à venin
- Poison (?)

Répondre

Retourner vers « Sylvanie »