[Neldrick] L'avènement d'un coeur pourri

Cette cité bretonnienne est également connue sous le nom de Cité des Damnés. Au cours des quinze cents dernières années, Moussillon s’est transformée d’un petit hameau en une vaste et sordide cité. Elle est bâtie dans un endroit particulièrement hostile des rives de la rivière Grismerie. Chaque printemps, les crues balayent les bidonvilles et submergent les rues sous plus de trente centimètres d’une eau fangeuse. Le froid et l’humidité envahissent les moindres fissures : le bois pourrit et se rompt, les pierres s’effritent et les champignons recouvrent tout. Plus de la moitié des maisons de la ville sont vides, témoignage de l’épidémie de choléra d’il y a deux siècles. La ville ne s’est jamais remise de cette hécatombe et est réputée pour être la plus miséreuse de toutes les cités bretonniennes.

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[MJ] Le Grand Duc
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[Neldrick] L'avènement d'un coeur pourri

Message par [MJ] Le Grand Duc »

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Un soleil pâle et froid se lève sur le duché de Moussillon. Avec le jour s'évaporent les dernières brumes qui étouffaient la vallée de la Grismerie, recouverte de marécages fétides et d'étendues à peine arables. Peu à peu apparaissent les sentiers mal dessinés qui serpentaient tels des anguilles entre les tourbières et les bosquets torturés, reliant entre eux de misérables villages dominés par des places fortes décrépies. Des miasmes malsains montent des mares d'eau croupie qui stagnent entre les touffes de roseaux et les troncs pourris. Quelque part, un crapaud lâche un croassement gras tandis qu'un héron gris pousse un long cri plaintif en prenant son envol entre les joncs. Tel est le morne paysage du Duché Perdu.

Trois cavaliers progressent dans le marais les uns derrière les autres. Les sabots de leurs chevaux soulèvent des mottes de boue vaseuse à chaque pas alors qu'ils avancent sur la piste bordée de futaies épineuses. Les trois hommes d'armes montés ne sont visiblement pas des chevaliers. Le premier est celui qui s'en rapproche pourtant le plus : il est équipé d'une cotte de maille munie d'une capuche, d'une épée et d'un pavois en bois peint de jaune et de bleu qui tape contre sa cuisse à mesure que son cheval avance. Son torse arbore un tabard certes sale, mais où l'on peut discerner sans problème une tour surmontée d'une fleur de lys bleue marine sur un fond jaune délavé, les armoiries de Sire Rachard. L'homme qui le suit tient déjà plus du mercenaire que du soldat ducal : un simple pourpoint en cuir bouilli lui ceint le torse et un large couteau pend à sa ceinture. Il porte une lance au bout de laquelle pend tristement un linge jaune et un casque en cuir cerclé de fer et visiblement trop petit est posé sur sa tête. Le troisième cavalier complète ce passage en revue dégressif : ses cheveux en bataille tombent sur un regard noir qui scrute les marécages alentours. Il porte une simple armure en peau garnie de fourrure sale au niveau du col, et son épaule est ceinte d'un arc et d'un carquois d'où dépasse l'empennage de ses flèches. Leurs montures, enfin, n'ont rien des fiers destriers de bataille bretonnien, mais ressemblent plus à des carnes sur le point de rendre l'âme après une vie à tirer des carrioles de foin. Elles trébuchent d'ailleurs régulièrement à mesure que leurs cavaliers les obligent à avancer entre les étangs sombres et les arbres morts.

L'air ambiant qui règne dans les marais du Moussillon porte quelque chose de funeste. Plus qu'une odeur de putréfaction, plus qu'une brise froide qui donne la chair de poule, cette atmosphère charrie une haleine de mort et de désolation. Les trois chevaux y réagissent en hennissant craintivement par moment, tandis que les trois hommes y répondent de manière plus discrète. Pas un ne parle et leurs regards vont et viennent le long de la piste, avant d'en scruter les abords et de recommencer inlassablement. Eux savent, à la différence des rares voyageurs imprudents, que les marécages renferment bien plus que des sangsues et des moustiques. On parle d'être difformes qui se pavanent lorsque la nuit tombe, de morts qui ne trouvent pas le sommeil et d'esprits tourmenteurs qui déchirent votre esprit comme de la dentelle. Les Moussillannais savent que ces légendes ne sont pas infondées et leur vie n'est par conséquent qu'un long et éprouvant tour de garde où la moindre minute d’inattention peut vous coûter la vie. C'est donc en gardant cette joyeuse perspective à l'esprit que nos cavaliers suivent le sentier sans un mot, vigilants.

Après plusieurs heures à suivre une piste qui longe un immense étang, ils arrivent à la hauteur d'une cabane qui se dresse au milieu d'un bosquet d'arbres sombres et rabougris. Le soldat au tabard tourne la tête vers l'archer, et celui-ci incline la tête sans en dire plus. Il déchausse ses étriers et descend de sa monture sous le regard des deux autres avant de dégainer un poignard et d'avancer vers la cabane. La boue et les joncs le forcent à faire de grandes enjambées, et il s'accroche aux branchages pour maintenir son équilibre, avant de sauter avec agilité sur le morceau de tourbe où se dresse la pitoyable bicoque. La "porte" est ouverte, mais nul bruit, nulle lumière ne proviennent de l'intérieur.

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L'archer jette un regard à ses compagnons, avant de frapper du pied sur les planches moisies de la porte, en brisant une.

- "Que ... qui va-là !" lance alors une voix fébrile depuis l'intérieur.

- "Dis nous où se trouve le village de Sombrelâtre, maraud, ou je te crève le bide." lui répond l'archer, le poing fermé sur sa dague. La voix repris en tremblotant : "Continuez à suivre le sentier et vous y serez en quelques minutes."

L'archer se racla la gorge et cracha un énorme glaviot à l'intérieur de la cabane avant de reprendre ses acrobaties pour atteindre sa monture. Il monta prestement en selle et les cavaliers suivirent à nouveau le chemin, au trot cette fois. L'habitant de la cabane avait dit vrai : le sentier montait légèrement et sortait du marécage et de sa végétation rase et poisseuse. Ils se trouvaient désormais dans un terrain boisé. L'endroit restait lugubre et le sol était tapis de feuilles mortes tandis que les branches des arbres se tordaient vers le ciel comme des bras implorant. Mais bientôt, l'odeur de feu de bois parvint aux cavaliers qui talonnèrent leurs montures. Ils arrivèrent en vue d'un petit hameau qu'ils savaient être Sombrelâtre.

Le village en lui même faisait peine à voir : une dizaine de masures se dressaient de part et d'autre d'une "place" boueuse au centre de laquelle trônait un puits. Les habitations étaient bâties en briques de tourbe mélangée à de la paille, le tout soutenu par une structure de poutres apparentes portant un toit de chaume, de brassées de roseaux et de boue. Ces toits étaient percés d'une cheminée en pierre et une porte en bois fermait l'accès à ces maisons des marais. Ca et là, quelques misérables potagers étalaient le peu de légumes que la terre viciée du duché permettait de cultiver : des choux, des navets et du seigle noir pour la majeure partie. C'était principalement des cultures vivrières comme c'était l'usage dans le Moussillon où il était rare de croiser ces grandes fermes pastorales entourée de champs de blés dorés pourtant si communes en Bretonnie. Ici, on ne vivait pas, on survivait. Quelques unes des masures lugubres étaient bordées d'enclos boueux où s'ébattaient tantôt quelques porcs crottés, tantôt trois ou quatre chèvres à l'air malade.

Les habitants eux aussi n'étaient pas sains. Quand les trois cavaliers engagèrent leurs montures dans le village, ils purent voir quelques ombres se cacher hâtivement derrière les masures, tandis que les portes s’entrouvraient légèrement pour ne laisser voir que des touffes de cheveux hirsutes et des yeux jaunâtres qui les observaient à travers la fente, tapis dans l'obscurité de leurs abris. Les soldats ne semblaient pas s'émouvoir de ce comportement étrange. Sur une terre où la plupart des gens portaient la trace de la corruption et de la maladie, il était courant de voir les manants se terrer dans leurs trous à l'approche d'hommes en arme. Et ils n'avaient sûrement pas tord. Les cavaliers ne s'arrêtèrent pas et traversent le village pour gravir le sentier boueux qui montait jusqu'au Castel Chumba, une place fortifiée, grise et lugubre, ceinte d'une palissade grossière de rondins et qui dominait Sombrelâtre. Le soldat au tabard fît signe aux deux autres de s'arrêter et continua pour ne tirer les rennes de sa monture que quand il arriva face au portail en bois qui fermait la palissade. Le portail était entouré de deux tours en bois et était fermé par une lourde chaîne rouillée. Le soldat scruta la palissade du regard comme s'il cherchait un interlocuteur des yeux. Ne voyant personne, il mit ses mains en porte voix.


- "Sire Neldrick Chumba ! Je porte un message du seigneur Rachard ! Je vous somme d'ouvrir ces portes immédiatement !"

Des chiens se mirent à aboyer férocement depuis l'enceinte de la palissade.

_______________


Frère Albert se pressait dans le couloir mal éclairé, traînant son pieds bot en haletant. Les hautes fenêtres percées à même le mur du château faisaient s'alterner dans le couloir les faisceaux de lumière pâle et les trous d'ombres que traversaient frénétiquement le boiteux en soutane. C'était un ancien pèlerin du Graal qui avait vu son saint chevalier tomber face à un champion des Puissances de la Ruine bien des années auparavant. Plutôt que de veiller sur la dépouille mortelle du preux guerrier qu'il avait suivi pendant tant d'années, il s'était laissé séduire par les bourdonnements et les chuchotements qui se pressaient dans sa tête depuis cet événement et était devenu, au fil des années, un serviteur dévoué du Seigneur des Mouches. Par un coup du sort, il était entré au service de Sire Chumba qu'il servait maintenant comme scribe et conseiller.

Il avait le teint cireux et dégageait d'infecte exhalaisons. Chacune de ses dents était pourrie et son haleine fétide pouvait faire s'évanouir les plus sensibles. Le Grand Père s'était montré généreux avec lui et lui avait accordé une belle panse bien grasse et des membres épais recouverts de magnifiques pustules rougies et gorgées de pus. Étrangement, seul son visage semblait épargné par les divines maladies qui rongeaient le reste de son corps. C'est de son poing couvert de plaques rouges et d’eczéma purulent qu'il frappa la lourde porte qui fermait la chambre de Neldrick Chumba.

- "Maitre. Vous devez venir tout de suite. Il y a des hommes en arme qui vous demandent, dehors." glissa Frère Albert à travers la porte de sa voix profonde. "Ils disent que c'est le seigneur Rachard qui les envoie et ils veulent vous voir sur le champ."
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Bienvenue à bord de ton aventure !

Alors tout d'abord, je vais te lâcher deux cartes assez moches, mais détaillées. La première est celle du duché de Moussillon et la deuxième (faite par mes soins même si tu étais loin de t'en douter) est celle du domaine actuel de Neldrick, à savoir le village de Sombrelâtre et le castel Chumba !

Voici donc le duché (tu débutes approximativement là où se trouve la croix rouge) :
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Et voici le domaine de Sombrelâtre :
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1 = le corps principal du château (chambres, salle de banquet, bureau)
2 = les dépendances (armurerie, cuisines, chambres des serviteurs, mais aussi passage vers oubliettes)
3 = chenil (contient trois chiens dont aucun n'est entraîné au combat)
4 = place du village (puits d'eau potable)
5 = maison de Robert (éleveur de porc/"tavernier"/chef du village)
6 = cabane de Jean (bûcheron/charbonnier/un peu rebelle/non corrompu)
7 = vers le Nord et le Château de Rachard
8 = vers le Sud-Est et le Château Hane
9 = l'étang Noir
10 = cabane de René le rebouteux (soigneur/peureux/non corrompu) - c'est aussi par là que sont arrivés les trois cavaliers, et c'est bien à la cabane de René qu'ils ont frappé.

Et j'ai oublié le 11 mais la route en bas à gauche et en direction du Sud-Ouest, vers Moussillon.

Sombrelâtre dispose donc d'une trentaine d'habitant dont une vingtaine d'hommes. Cinq d'entre eux sont des mutants, dix d'entre eux sont déjà des dévots du Chaos et le reste se fait petit et s'occupe de ses oignons en feignant de ne rien remarquer. Trois serviteurs (incluant Frère Albert) vivent au castel et s'occupent de Neldrick. Le castel dispose aussi de trois "gardes" qui ne sont rien de plus que des paysans un peu mieux nourris et équipés de lances et de boucliers. L'un d'eux est un mutant et sa mutation lui sert d'arme (une sorte de crochet en os en guise de main). L'armurerie du château ne contient pour l'instant qu'une dizaine de lances, autant de boucliers en bois, cinq arcs et autant de carquois garnis de flèches, ainsi qu'une épée en mauvais état et sur le point de se fendre.

En ce qui concerne les ressources, juste assez pour survivre : des cultures vivrières, un peu de bétail et du bois de chauffe ainsi que du charbon. Robert l'éleveur de porc produit à petite échelle une sorte d'eau de vie absolument immonde à base de mûres des marais, un petit fruit noir et acide qui assombrit les dents. La monnaie n'a pas vraiment court à Sombrelâtre, comme dans beaucoup de villages du Moussillon. Les paysans ne payent pas d'impôts mais fournissent le castel en nourriture et se contentent de survivre. Les rares échanges commerciaux entre paysans du village se font contre des grenouilles ou des escargots, qui avec les choux et les navets représentent la nourriture de base.

Les cuisines du château sont un peu mieux garnies : quelques jambons et saucissons, des poissons pêchés dans l'étang Noir, quelques pièces de gibier, du pain et du mauvais vin importé.

Pour ce qui est des visiteurs, ils sont pour le moment exceptionnels.

Voilà ! Bon courage et si tu as des questions n'hésite pas.

PS : j'oubliais, le vert pâle sur ma map c'est la zone marécageuse, le vert foncé la zone boisée, les bâtiments en marron clair, les potagers à côté en vert pâle, le marron foncé autour du château c'est donc la palissade avec les deux petites tours en bois qui encadrent la porte
Je suis le Grand Duc, seigneur de ces bois. Je vis avec mes gens, loin de la folie des hommes. La nuit je vole dans les sombres profondeurs de la forêt. Mon regard d'acier partout se pose, et sans bruit, comme le vent, je file entre les branches des arbres séculiers. Je suis le Grand Duc, seigneur de ces bois.

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Neldrick Chumba
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Re: [Neldrick] L'avènement d'un coeur pourri

Message par Neldrick Chumba »

L'aube s'est-elle déjà levée ?
C'est la première pensée qui effleure l'esprit de Chumba... non pas qu'il dorme, mais les heures nocturnes sont passées si vite. Il se trouve là, dans ses appartements ; Une chambre aveugle, coincée au coeur de la construction pour conserver le peu de chaleur que ces vieux murs de pierre sont en mesure d'emmagasiner. Ces derniers sont couverts de tentures miteuses dont les couleurs passées ne dessinent non plus des scènes de chasse ou de bataille, mais un ensemble chaotique de teinte plus ou moins délavée par le temps ou assombries par la crasse. Une odeur que d'aucun qualifierai d'épouvantable règne dans les lieux : un mélange délicat de nourriture avariée, de vin tourné, de sueur et de crasse, le tout mêlé a fumet insistant de l'urine qui remonte d'un pot de chambre quasiment plein.

Neldrick met quelques instants avant de comprendre les paroles de son serviteur, comme si son esprit peinait à assembler les mots. De ses yeux pochés de replis gras par une nuit de veille, leur iris brun perdu dans un jaune injecté de sang il va de sa table à la porte, perdu.
Lentement, il lâche la plume dégarnie qui a taché ses doigts d'une encre brunâtre. Il n'a pas le temps de sabler sa page et il le sait. Il observe le morceau de parchemin que ses pattes de mouches ont presque entièrement noircie. Un rapport sur les croisements de ses chiens, leur taille, leur appétit, leur caractère. Penser à cela lui arrache un sourire jaunis. Mais le temps n'est pas à ses compagnons canins. Avec une hâte toute relative, il descend du tabouret aux jambes sciées pour convenir à sa taille. Parlant de jambes, se dit-il, il faudrait couvrir les siennes. Grommelant contre ceux qui le dérangent ainsi en pleine écriture, le Vicomte fouille dans le fatras de vêtement que contient son coffre.

Après quelques minutes il sort enfin de sa chambre pour faire face au frère Albert.
Ses jambes pâles se sont glissées dans des chausses brunes à crevées jaunes dont le font est à peine trouée. Au-dessus de sa chemise il a enfilée une tunique noire à la propreté douteuse dont les broderies ocres sont souillées par des restes de nourriture semblant presque aussi vielles que le vêtement. Une fraise mal attachée dissimule sous sa dentelle le dessin disgracieux de son cou.
D'un revers de sa manche il essuie les coulures de mucus collées à sa moustache avant de parler... du nez.


« Bon... voyons ce que ces messagers nous veulent. »

Il avait glissé dans ce mot un mépris si profond qu'un roi n'aurait pas osé en user en parlant d'un mendiant. Pourtant, un rictus découvrait déjà son sourire immonde. Puis a voix prend un semblant d'autorité - qui ne convient ni à son timbre, ni à sa taille - quand il continue, plantant son regard brunâtre dans celui de son serviteur.

« Rappelles notre garde le moins... discret. Puis rejoins-moi dans la cour. »

_______________



Le temps que le seigneur de ces lieux, de sa démarche dandinant, arrive jusqu'à la porte de ses murailles, une autre poignée de minutes s’écoule. Non pas que son « Castel » soit grand, mais se faire attendre est le privilège de la Noblesse et, qui plus est, il y a un homme à dissimuler dans l'ombre des murs.
Quand, enfin, Neldrick fait ouvrir les portes, il se tient au milieu de la cour terreuse, un sourire ravi imprimé sur ses lèvres collantes - sans toutefois atteindre ses yeux. Le frère est à ses côté, légèrement en retrait, les deux gardes, eux, ont ouvert la porte. Les lieux sont sales, envahis de mauvaises herbes et de déchets en tous genre, comme partout dans les alentour, l'odeur collante du duché maudit emplit les naseaux, mais ici, la puanteur de l'homme s'y est mêlée, la rendant plus grasse et immonde encore. Pourtant, les habitants des lieux semblent insensible a ces miasmes vomitifs. Le Nabot offre aux trois hommes une très courte inclinaison du buste, ne sachant trop comment se comporter avec ces inconnus.
Le mot d'ordre ? Soyons méfiants mais soyons polis.


« Bienvenue dans mon humble Castel, bonnes gens. J'ai entendu dire que vous me portiez un message de... sir... Sir Rachard ! Comment se porte-il ? »

Leur lance le noble de sa voix nasillarde tandis qu'il tente, en vain, de se souvenir du visage du supposé commanditaire de ces hommes.
Modifié en dernier par [MJ] Le Grand Duc le 26 nov. 2014, 16:34, modifié 1 fois.
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Nelrick Chumba, Noble (Voie de la Cour)
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Arbalète – 34+1D8 – Perforante
Haubert – 11 pts de protection – HAB ATT et PAR -2
Épée courte - 12+1d6 - Rapide

-Compétences:

Combats
-Adresse au tir (Arbalète) : +1 à tous les tests de tir avec des armes de ce type.

Lettres et Sciences
-Alphabétisation : Sait lire et écrire, tout simplement.
-Confection de Maladies : Capacité de fabriquer maladies et encens maléfiques
-Doctrine du culte (Nurgle) : Connaissances approfondies du fonctionnement de ce culte.

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-Dressage : Possibilité de dresser les animaux (temps relatif au type de dressage)

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[MJ] Le Grand Duc
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Re: [Neldrick] L'avènement d'un coeur pourri

Message par [MJ] Le Grand Duc »

Ton personnage connait sire Rachard comme étant un noble régnant sur le Château Rachard et quelques villages alentours. D'après sa réputation, c'est un homme intègre et droit, fidèle aux valeurs chevaleresques du culte de la Dame. On dit que les paysans sous son autorité sont les rares du duché maudit à être en "bonne santé" ou du moins plutôt normaux. Sire Rachard est aussi connu pour ses battues régulières contre les morts-vivants et les mutants qui infestent les marais. Château Rachard se trouve à deux jours de marche en direction du Nord, près du Cordon Sanitaire et de la frontière avec la Lyonesse.


Les deux gardes prévenus par Frère Albert saisirent leurs lances et leurs pavois à l'armurerie avant de sortir dans la cour boueuse. Comme la plupart des habitants de Sombrelâcre, ils avaient le teint cireux et le visage mangé par la barbe. C'était des hommes costauds et rudes. Le marais ne laissait une chance qu'à ceux qui étaient assez forts pour survivre et ces gaillards là avaient sans doute ce qu'il fallait pour entrer dans cette catégorie : de larges épaules, des mains de bûcheron et un poitrail épais. En revanche, ils étaient eux aussi marqués par les bénédiction du Grand Père. Leurs yeux luisaient d'une lueur jaunâtre et malsaine et leurs avant-bras, leurs mains et leur cou étaient marqués de croûtes humides et de quelques pustules disgracieuses. Ils n'avaient pas fière allure avec leurs chausses trouées et leurs tuniques tâchées, mais Neldrick savait qu'ils avaient assez de force pour percer un sanglier de leurs lances rouillées. Bernard et Eude -c'était semble-t-il leurs noms- étaient des produits typiques du duché maudit : peu ragoutants mais rompus à lutter pour leur survie. Le troisième garde, qu'on appelait Crocher à cause de sa mutation, était resté dans l'armurerie à attendre comme il lui avait été ordonné, épiant par la rencontre par une meurtrière.

Bernard et Eude s'avancèrent donc en direction du portail en bois vermoulu tandis que Neldrick et Frère Albert venaient se camper devant les portes du château. Les gardes déverrouillèrent le cadenas rouillé qui retenait la chaîne et poussèrent l'un des battants du portail qui s'écarta en grinçant pendant que les chiens continuaient d'aboyer comme des forcenés dans le chenil appuyé contre la palissade, tournant en rond comme des bêtes fauves.

Le soldat au tabard talonna sa monture, suivi par les deux autres. Les cavaliers franchirent le portail et s'avancèrent dans la cour en inspectant les alentours du regard. L'atmosphère semblait tendue et les gardes du castel échangeaient des regards sombres avec les nouveaux venus tandis que celui au tabard déchaussa ses étriers et mit pieds à terre avec un "flosh" boueux. Il inspecta Neldrick et le Frère boiteux à ses côtés d'un air hautain et s'avança dans leur direction, la main posée nonchalamment sur le pommeau de son épée. Il avait un air sévère, avec son bouc et ses petits yeux posés sur l'héritier des Chumba. Ce dernier senti que le soldat l'examinait avec minutie, comme s'il essayait de mettre à jour quelque vérité cachée.


- "Mon seigneur, Sire Rachard, se porte à merveille par les grâces de la Dame. Il m'envoie ici par des rumeurs rapportent la présence d’aberrations mutantes à Sombrelâtre. Vous n'êtes pas sans savoir le dévouement que montre mon seigneur à chasser ces êtres immondes du Duché de Moussillon. Je suis ici sur son ordre pour vous aider à débusquer ses bêtes et à les mettre aux fers avant de les emmener au château Rachard pour qu'ils soient jugés pour leurs croyances impures." dit-il avec une moue de dégoût en humant l'air, une narine retroussée.
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Neldrick Chumba
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Re: [Neldrick] L'avènement d'un coeur pourri

Message par Neldrick Chumba »

La moue hideuse de Chumba se fige comme la cire sous un vent froid.
Tentant, de toutes ses forces, de ne pas changer son expression il déverse intérieurement une flopée d'insultes - à faire rougir un charretier impérial - à l'intention du Seigneur Rachard. Quelques commentaires s'exprimant, notamment, sur sa parenté avérée avec des porcs. Mais, si cette tempête de mots doux règne en lui ; à l'extérieur, Neldrick fait - ou du moins tente, malgré un léger tic à l'oeil droit - de rester impassible, offrant même un sourire qui se veut ravi à ses interlocuteurs. Réfléchir, vite. Se débarrasser d'eux, vite.
Une voix légèrement crispée sort de sa gorge quand il leur répond.


« Je... Eh bien voilà une nouvelle ! »

Jouant la surprise de tout son petit être puant, il devient de plus en plus mielleux face à ces « répurgateurs » improvisés. Voilà le genre d'attention fanatique qu'on ne s'attend pas à trouver dans un duché maudit de Bretonnie.

« Messieurs vous me prenez de cours mais... c'est merveilleux ! La Dame sait que mon village a besoin de ce genre... d'attention. »

Alors qu'il frotte l'une contre l'autre ses mains collantes de crasse, d'encre et de nourriture son petit esprit tordu tourne à grande vitesse ; cherchant frénétiquement un plan alors que ces paroles doucereuses quittent ses lèvres. Tout pour gagner le temps de réfléchir.
Puis le plan vint : telle une évidence.
Un sourire franc découvre enfin les dents gâtées et jaunies de Chumba. Non pas à l'encontre de ceux à qui il l'offre, mais bien en prévision ce qu'il compte leur faire.


« Mais comme je vous l'ai dit c'est une surprise. Ces seigneurs accepteraient-ils de partager une croute le temps que je m'équipe pour une telle chasse ? Le voyage vous a sans doute creusé l'estomac ! »

En vérité, c'est peu probable : les paysage de Moussillon ne sont pas de ceux qui ouvrent l'appétit. Enfin, pas pour les hommes dont l'allégeance va à la Dame. Toutefois, en « bon » hôte bretonnien, il se doit d'offrir de quoi manger à ces nobles voyageurs, surtout que cela lui donne l'occasion parfaite d'organiser tout son petit monde.
Comme il regrette d'avoir remis à plus tard le dressage de ses chiens.
Sans attendre une éventuelle réponse du trio, Chumba continua de sa voix nasillarde.


« Je vais organiser tout cela, attachez donc vos chevaux... là - il désigna l'un de piliers d'un vieil abri - mes serviteurs les brosseront et leur donneront de l'avoine. Quand à vous, un bon vin et un peu de lard de pain et de fromage ne serait pas de trop n'est-ce pas ? »

Un sourire avenant aux lèvres il fait signe à Frère Albert mais, plutôt que de la laisser s'avancer, il recule lui-même de quelques pas, s'éloignant des oreilles indiscrète. Sa voix se fait murmurante, soufflant son haleine fétide dans l'oreille du serviteur. Dans cette vois là, aucune bonhomie ne subsiste, remplacé par un amusement teinté de rage qu'il dissimule derrière les plis crispés de son expression joyeuse.

« Préviens le crochet, dis-lui d'armer les deux serviteurs. Qu'ils prennent des lances et des boucliers et m'attendent à l'armurerie. Toi, accompagnes ces... sir... à la cuisine et sers ce que l'on a de plus infect ou de plus infecté. Vide un ou deux furoncles dans le vin s'il le faut. »

De nouveau, il se tourne vers les trois nobles, son rictus n'a, de tout ce murmure, pas quitté son visage. Ouvrant grand les mains il leur lance d'une voix de nouveau joyeuse et pleine d'une bonhomie sirupeuse.

« Voilà qui est arrangé ! Sustentez-vous, nous allons nous équiper, moi et mes hommes - avant même que l'ombre d'une objection ne soit levée, il tue celle-ci dans l'oeuf d'un geste de la main - et ne comptez pas refuser ! Ma réputation pâtira si je ne me montre pas hôte digne de ce nom ! »

Il désigne ensuite la forme drapée de son serviteur. Qui s'inclina légèrement.

« Suivez donc mon fidèle Albert, il pourvoira de vos besoins ! »
Modifié en dernier par [MJ] Le Grand Duc le 27 nov. 2014, 00:52, modifié 1 fois.
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Re: [Neldrick] L'avènement d'un coeur pourri

Message par [MJ] Le Grand Duc »

Test de persuasion basé sur la caractéristique Charisme
- Le soldat au tabard (malus de +2) : 5+2 = 7, réussi de justesse.
- Le lancier : 3, réussi.
- L'archer : 12, raté.
Frère Albert hocha vivement la tête à l'adresse des trois soldats en leur offrant un sourire édenté, comme pour confirmer la générosité de son seigneur. Celui au tabard plissa les yeux en fronçant les sourcils, jetant un coup d’œil vers ses compagnons. L'archer secoua la tête.

- "J'pense pas que ce soit une bonne idée. Prenons les mutants et repartons sur le champ."

Celui à la lance, en revanche, avait déjà déchaussé ses étriers et attachait la bride de son cheval à l'un des piquets du chenil alors que de l'autre côté du grillage les chiens continuaient d'aboyer comme des forcenés.

- "T'as peur de quoi ? T'as vu la fosse à purin dans laquelle on est ? Allez viens, ça fait trois jours qu'on patauge dans ces maudits marais, c'pas une bonne rasade de pinard qui va nous faire du mal." lança-t-il à l'archer récalcitrant en rigolant, gras.

Ce dernier maugréa en fixant Neldrick et son serviteur. Il jeta un coup d'oeil aux à Eude et Bernard qui lui rendirent un regard noir et mit finalement pied à terre, attachant sa monture à côté de celle du lancier. Le soldat au tabard fît de même.

- "Soit. Mais soyez prompt. Nous avons ordre de ramener ces immondices mutantes à château Rachard au plus vite." dit-il en revenant vers Neldrick et Frère Albert. "Sire Rachard est un homme juste mais sévère, et il n'aime pas qu'on le fasse attendre." lâcha-t-il avec un air dégoûté en posant les yeux sur le noble et son acolyte encapuchonné.

Sur ce, les trois soldats suivirent le frère boiteux jusqu'aux cuisines. Cependant l'archer ne détachait par son regard des gardes, et Neldrick nota qu'il gardait la main sur le long couteau passé à sa ceinture.

Le suppôt de Nurgle s'en vint dans ses appartements et quand il en ressorti, Bernard, Eude et le Crochet l'attendaient dans le couloir. Derrière eux se tenaient les deux serviteurs, des villageois pâles et chétifs à qui on avait donné une lance et un bouclier, et qui ne savait visiblement pas comment s'y prendre avec. Ils avaient un air craintif sur leurs visages grêlés par les traces de la maladie. Le Crochet, lui, était de la trempe des deux autres gardes. Il portait un gilet en peau et des braies trouées, ainsi qu'une barbe en collier irrégulières et une touffe de cheveux hirsutes et sales. Sa peau portait de petites tâches brunes d'où suintait un liquide visqueux répugnant, et son bras droit était terminé par une sorte de crochet osseux et bardé d'épines dures issu directement de la chair de l'avant bras où des plaies suppurantes et parsemées de croûtes brunâtres faisaient la jonction entre l'horrible appendice et le bras de l'humain corrompu. La mutation jaunâtre devait bien faire deux pieds de long et son bout pointu ne laissait aucun doute sur l'usage qu'il pouvait en faire. Le Crochet regarda Neldrick.


- "On est prêt. Quels sont les ordres ?" dit-il, son visage se fendant d'un rictus malsain dévoilant sa dentition sale et approximative.

De grands rires leurs parvenaient depuis les cuisines, à l'autre bout du couloir. Frère Albert devait faire son possible pour les distraire. A l'image de l'archer, aucun serviteur de Neldrick ne semblait être dupe. C'est du moins ce dont le noble corrompu pouvait se rendre compte : ses trois gardes semblaient impatient d'en découdre, l’œil jaunit et pétillant de cruauté. Dehors, les chiens continuaient d'aboyer sans cesse et les chevaux hennissaient nerveusement tandis que de nouveaux éclats de rire retentissaient depuis le bout du couloir, fait rarissime à Sombrelâtre, et certainement de courte durée.
Image
Les trois soldats de Rachard sont donc dans la cuisine avec Frère Albert.
Dans le couloir se trouvent tes trois gardes plus les deux serviteurs visiblement paumés.
Les portes de la palissade sont encore ouvertes.
Je suis le Grand Duc, seigneur de ces bois. Je vis avec mes gens, loin de la folie des hommes. La nuit je vole dans les sombres profondeurs de la forêt. Mon regard d'acier partout se pose, et sans bruit, comme le vent, je file entre les branches des arbres séculiers. Je suis le Grand Duc, seigneur de ces bois.

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Neldrick Chumba
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Re: [Neldrick] L'avènement d'un coeur pourri

Message par Neldrick Chumba »

Neldrick sort de ses appartements pleinement équipé.
Les sangles du haubert pèsent sur ses épaules et ses gestes sont désormais accompagnés des cliquètements de la plate. Mais, ainsi, il se sent protégé : son torse enfermé derrière la garde du métal. Il a glissé ses pieds dans de solides bottes, histoire de faire croire qu'il est prêt pour la marche. Dans ses mains, le poids rassurant de son arme favorite : l'arbalète. L'objet, d'un bois patiné par les années, a vu de nombreuses chasses à ses côtés. Les lanières de cuir qui en couvrent la poignée sont délavées par la sueur et l'usage. Elle est armée d'un trait à pointe de métal, non pas celui de chasse, mais de combat, capable de percer une armure comme du papier et de réduire en bouillie tout ce qui se trouve derrière.

Chumba apprécie d'être armé, surtout juste avant d'utiliser la violence. C'est un sentiment délicieux qui efface presque la crainte... presque.
Il inspecte rapidement les maigres forces qu'il a rassemblées. Rien de très effrayant, même de son point de vue. Le Nobliau a confiance dans les compétences combatives de ses gardes, mais on parle de retenir trois guerriers entraînés, pas de casser la tête à quelques paysans. Ce sont surtout les serviteurs qui l'inquiètent, ils se battront, il n'en doute presque pas - après tout, qui oserait désobéir à ses ordres ? - mais leur efficacité sera limitée... s'ils ne deviennent handicapants.
D'une voix sèche il parle aux deux hommes effrayés.


« Calmez-vous bon sang ! Ils ne sont que trois, nous sommes six ! Il n'y a rien de plus simple ! S'ils vous frappent, protégez-vous avec le bouclier, sinon, frappez les avec la lance, peu importe de quelle façon ! Frappez d'accord ?! »

Ces idiots ne savent de toute façon pas manier la lance - quoique ce ne fut pas une arme compliquée - mais deux hommes qui vous frappent à coup de bâtons, tout maladroits qu'ils soient, n'est pas agréable. C'est surtout leur présence, armée, qui jouera en la faveur du Noble et il le sait.
Après avoir poussé un soupir las, il se tourne pour englober l'assistance et leur révéler son plan de génie - du moins, d'après ses critères.
Sa voix est bien plus douce alors, encourageante.


« Mes amis, c'est très simple : On les attendra à l'angle du couloir nord. Vous allez fermer la porte qui mène à la cour, avec la barre ! Ainsi, s'il passe à travers la ligne, ils seront entre un mur et celle-ci. »

Il désigna du doigt les deux serviteurs et le mutant.

« Crochet, prend ces deux-là et forme une ligne hors de vue depuis le couloir... si tu vois qu'ils ne peuvent vraiment pas user des lances, donne leurs des torches ! Cela fait un gourdin potable et je ne connais personne d'insensible à la morsure d'une flamme ! »

L'idée ne semblait d'ailleurs pas mauvaise.

« Oui, fait cela, donnes leurs des torches ! » - Il se tourna vers les autres gardes - « Tous les deux, vous restez avec moi. On les guide hors de la cuisine, vous trois pas en arrière, Albert qui mène et moi juste derrière leur chef. Quand ils arrivent à l'angle, Albert cours derrière vous et je plante un carreau dans le meneur ; après ça, attaquez ! Et pas de pitié ! »

Toute l'ingéniosité du plan - du point de vue de cette larve - réside dans l'idée de les prendre dans l'angle, ainsi ses propres traits ne risquent pas de toucher ses hommes ! Une idée qui lui vient de la chasse au sanglier où, souvent, s'il on chasse à l'aide d'une arme de tir, on se place de côté par rapport aux rabatteurs pour tirer le flanc de la créature. Ici, ils prendront les trois hommes en tenaille entre deux gardes entraînés, lui-même et deux manieurs de torches menés par le crochet.

Le serviteur de Nurgle fut un instant heureux que son château soit si délabré, si des tentures couvraient encore les murs et si le sol était molletonné de tapis, alors l'idée des torches aurait été irrecevable !
Un rictus décidé courbant sa bouche puante, il laisse ses hommes se mettre en place, se dirigeant lui-même vers la cuisine. Il n'y a qu'une trentaine de pas de la porte de celle-ci jusqu'à la zone d'embuscade, histoire que leur formation singulière n'éveille pas les soupçons trop longtemps.
Chumba se pose à l'entrée de la cuisine, sans toutefois apparaitre et appelle de sa voix nasillarde le Frère Albert.

Quand la silhouette encapuchonnée sort enfin de la cuisine, Neldrick pose un doigt épais sur la mollesse de ses propres lèvres, signe universelle de garder les siennes closes, avant de faire un signe aux gardes. Ces derniers ayant reçu l'ordre de parler fort le temps que le seigneur explique rapidement le plan à l'oreille du serviteur - une parade classique, mais fort efficace contre les oreilles indiscrètes - s'exclament alors que les ordres sont transmis à Albert.


« T'vois, c'est deux Gobelins qui arment une baliste ! » - l'homme lâche un gloussement gras en racontant son histoire - « Alors ils galèrent et tout et quand, enfin, la corde et tendue et que tout est prêt, le premier se tourne vers le second et lui dit : Hey, mais k'est s'kon va mettre komme projectile ? » - Dis le garde avec une imitation douteuse d'un gobelin, avant de reprendre, d'une voix effarée - « HAN UN PROJEKTILE QUI PARLE ! »

Les esclaffements des deux hommes résonnent dans tout le couloir, comme un défi à ceux des étrangers.
Sur ce bon mot, et une fois les rires dissipés, Neldrick entre dans le réfectoire, son sourire le plus mielleux collé sur ses lèvres. De sa voix si désagréable il hèle les trois hommes.


« Alors, avez-vous bien mangé ? Et bu ? Mes hommes et moi sommes prêts à partir quand vous le désirez. Il est grand temps de nettoyer mes terres des indésirables ! »
Modifié en dernier par [MJ] Le Grand Duc le 29 nov. 2014, 10:34, modifié 1 fois.
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Nelrick Chumba, Noble (Voie de la Cour)
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-Objets : Briquet a silex, Gourde de vinasse et bijoux de mauvaise facture.

-Arme // Armures :
Arbalète – 34+1D8 – Perforante
Haubert – 11 pts de protection – HAB ATT et PAR -2
Épée courte - 12+1d6 - Rapide

-Compétences:

Combats
-Adresse au tir (Arbalète) : +1 à tous les tests de tir avec des armes de ce type.

Lettres et Sciences
-Alphabétisation : Sait lire et écrire, tout simplement.
-Confection de Maladies : Capacité de fabriquer maladies et encens maléfiques
-Doctrine du culte (Nurgle) : Connaissances approfondies du fonctionnement de ce culte.

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[MJ] Le Grand Duc
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Re: [Neldrick] L'avènement d'un coeur pourri

Message par [MJ] Le Grand Duc »

Le soldat au tabard et le lancier étaient attablés, assis sur des tabourets en bois. Frère Albert remplissait leurs gobelets sales dès qu'ils se vidaient, gardant la cruche de mauvais vin entre les mains. Sur la table, une miche de pain noir avait été entamée, ainsi qu'une meule de fromage et qu'un imposant saucisson cendré. Les deux hommes d'arme riaient en se servant sans gêne tandis que l'archer se contentait de les observer, debout dans un coin de la pièce, les bras croisés. Alors que le seigneur des lieux entrait dans la cuisine, le Frère Albert s'approchai de l'archer réticent avec un gobelet plein dans une main, la cruche en terre cuite dans l'autre.

- "Par la Dame, noble seigneur, faites nous donc l'honneur de profiter de notre humble hospitalité." dit le boiteux d'une voix chevrotante en tendant le gobelet. L'archer le balaya de la main et le gobelet tomba au sol avec un bruit métallique, rependant du vin partout.

- "Ne m'approche pas, pourriture. Ton haleine me donne envie de vomir." cracha l'homme en retroussant le nez sans même poser son regard sur l'infirme en soutane. Ce dernier se garda de faire le moindre commentaire, tout à son rôle d'hôte gateux, et se contenta de lui offrir un sourire laid avant de tourner la tête vers Neldrick Chumba qui venait d'entrer dans la cuisine, accompagné de Bernard et d'Eude. Frère Albert se contenta d'incliner discrètement la tête à son adresse.

Les deux soldats se relevèrent tandis que l'archer se décollait du mur. Celui au tabard inclina la tête.

- "Nous vous remercions pour vote hospitalité, sire Chumba. Il est temps de descendre au village et de mettre la main sur les monstres !"

- "Et p'têt'bien qu'on pourra tâter de la ribaude, vous nous en tiendriez pas rigueur sire, hein ?" ajouta le lancier en ricanant, se frottant les mains.

- "Par ici, mes seigneurs." dit Frère Albert sur un ton révérencieux avant de leur faire signe de le suivre et de sortir de la cuisine.

Les trois hommes obtempérèrent sans discuter. Ils passèrent devant Neldrick et ses gardes qui leurs cédaient le passage l'air de rien. Seul l'archer leur jeta un regard noir alors qu'il passait à leur hauteur, visiblement suspicieux.

Ils s'engagèrent cependant dans le couloir, suivant Frère Albert au détour du couloir tandis que le noble crasseux et ses hommes fermaient la marche. C'est là qu'ils se retrouvèrent nez à nez avec le Crochet et les deux serviteurs qui brandissaient des torches, illuminant le couloir.

- "Foutresang, qu'est-ce que ça signifie !" s'exclama le soldat au tabard en tirant son épée du fourreau. Le lancier, qui était laissé son arme attaché à sa selle, dégaina un long couteau en maugréant, visiblement surpris lui aussi. L'archer quant à lui poussa une exclamation et se retourna pour voir Bernard et Eude pointer leurs lances au bout rouillé vers eux avec un sourire malsain, tandis que Neldrick Chumba épaulait son arbalète, un carreau enclenché. Il visait le soldat au tabard, se trouvant à moins de quinze pieds de lui.

Bien que les serviteurs tremblent légèrement, faisant tressauter la lueur de leurs torches sur les murs sales, le Crochet fixait les trois hommes avec un sourire sordide, sa mutation pointée vers le bas. Derrière eux, Frère Albert jubilait, les observant d'un oeil mauvais. L'archer cracha au sol de dépit. Celui au tabard, l'épée au clair, se tourna lentement vers Neldrick qui le visait de son arbalète et parla lentement, détachant chaque mot sans trembler.

- "Faites très attention à ce que vous allez faire, sire. Si nous ne rentrons pas à château Rachard en un seul morceau, Sombrelâtre sera rasée dans les jours qui suivront. Si vous nous laissez partir ... sire Rachard ne saura jamais ce qui s'est passé ici." dit-il d'un ton qu'il voulu le plus assuré possible. Il était cependant suffisamment pâle pour qu'on comprenne qu'il ne maîtrisait en rien la situation.
Je suis le Grand Duc, seigneur de ces bois. Je vis avec mes gens, loin de la folie des hommes. La nuit je vole dans les sombres profondeurs de la forêt. Mon regard d'acier partout se pose, et sans bruit, comme le vent, je file entre les branches des arbres séculiers. Je suis le Grand Duc, seigneur de ces bois.

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Neldrick Chumba
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Re: [Neldrick] L'avènement d'un coeur pourri

Message par Neldrick Chumba »

Le piège a, comme prévu refermé ses mâchoires sur les trois hommes.
Celles de Neldrick sont, elles, crispées sur un sourire victorieux, ce dernier déjà persuadé de sa propre victoire. Il suit les mouvements du meneur de ce trio, le gardant dans l'alignement mortel de son arme, les doigts près à se crisper sur la détente de métal au moindre geste suspect. Mais sa cible a du cran... ou plutôt du culot ! Mais il prend sans doute ça pour du courage, émotion des plus inutiles ! Seule la victoire importe. C'est une chose dont est persuadé notre puant nabot, ayant vu de ses yeux, il y a de longues années, ce que la bravoure apportait face aux puissances de la ruine : la mort. Mais aujourd'hui, c'était à son tour d'apporter cette dernière !

L'excitation coure dans ses veines, tout son corps semble brulant. Chumba n'est pas de ceux qui se battent régulièrement, mais il aime faire souffrir, se sentir au-dessus des autres et cette situation est pour lui le plus doux des nectars - si ce n'est celui de son Grand-Père adoré. Ses pupilles sont dilatées par l'excitation, sa peau cireuse brille sous la lumière des torches, couvrant son visage hideux d'ombre malsaines.
Sa voix nasillarde résonne dans le couloir que la tension a empli d'une atmosphère lourde. Cette fois, plus de ton mielleux ou de cajolerie, il parle comme à la dernière des crasse.


« Des menaces ? Vous n'êtes pas en position de me menacer bande de sous-fifres stupides ! »

Un rire grinçant, méprisant et acide, s'échappe des lèvres du serviteur de Nurgle. Mais ce n'est que théâtralisation, ces éclats bruyants n'atteignent pas ses yeux qui restent froid et méprisant. Ces idiots ne la savent pas bien sûr, mais Neldrick a déjà mûrit le plan parfait pour se débarrasser des restes de ces agitateurs. Si tout se passe comme prévu - et n'est-il pas Noble ? Pourquoi cela lui serait-il refusé ? - Rachard ne saurait rien de son implication dans la mort de ses hommes. Cela ne lui épargnerait pas une autre visite pour « purger » mais, cette fois, il serait prêt !
Revenant au présent, il continue prenant alors ce ton que l'on ne concède qu'aux enfants.


« Tu crois que j'ai peur de ton seigneur ? Tu veux appeler papa ? » - puis, de sa voix froide, un rictus victorieux aux lèvres - « Sombre imbécile, tu ne t'es même pas rendu compte qu'un de tes hommes est de mon côté ? »

C'est totalement faux, bien sûr. Lui et ses hommes le savent, Sombrelâtre n'était même pas au courant de la venue de ces hommes voilà deux heures !
Mais un doute est une arme vicieuse, elle infecte l'esprit comme les maladies du père le font avec le corps. Peut-être que ces hommes se connaissent depuis longtemps, peut-être n'ont-ils pas la moindre suspicion les uns envers les autres. Mais après tout, qui sait ce que la surprise soudaine de cette attaque et le voyage éprouvant peuvent faire dans les têtes du trio ! Ces mots ne coûtent à notre serpent qu'un peu de salive, alors qu'ils peuvent distiller un grand venin.
Sous sourire se fait carnassier, découvrant sa dentition moisie et donnant, dans ces lumières singulières, un aspect effrayant à son visage mal-formé.
Alors même que ses paroles flottent encore dans l'air et les esprits - du moins il l'espère - il presse d'un geste ferme sur la poignée métallique. La corde de l'arme se détend avec un bruit sec, projetant avec une force et une vitesse phénoménal le trait, qui file vers sa victime en sifflant.
Au même instant, la voix du Vicomte résonne, sans appel : une condamnation !


« Tuez-les. »

Que la curée commence !
Et peu importe qui sera le vainqueur, c'est dans l'assiette du chaos qu'elle se déroule.
Modifié en dernier par [MJ] Le Grand Duc le 30 nov. 2014, 14:16, modifié 1 fois.
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Nelrick Chumba, Noble (Voie de la Cour)
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Lien Fiche personnage: Fiche de Chumba

-Objets : Briquet a silex, Gourde de vinasse et bijoux de mauvaise facture.

-Arme // Armures :
Arbalète – 34+1D8 – Perforante
Haubert – 11 pts de protection – HAB ATT et PAR -2
Épée courte - 12+1d6 - Rapide

-Compétences:

Combats
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Lettres et Sciences
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[MJ] Le Grand Duc
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Re: [Neldrick] L'avènement d'un coeur pourri

Message par [MJ] Le Grand Duc »

Profil des soldats de sire Rachard

Soldat au tabard
Caractéristiques : For 9 | End 10 | Hab 8 | Cha 7 | Int 8 | Ini 7 | Att 10 | Par 8 | Tir 7 | NA 1 | PV 65/65
Equipement : Épée à une main (16+1d8 dégâts, 12 parade), Chemise de maille (9 pts d'armure), Camail (6 pts d'armure), Tabard aux couleurs de sire Rachard
Compétences : Coups puissants (+1d3 points de dégâts)

Lancier
Caractéristiques : For 10 | End 11 | Hab 8 | Cha 6 | Int 6 | Ini 8 | Att 8 | Par 6 | Tir 7 | NA 1 | PV 65/65
Equipement : Épée courte (12+1d6 dégâts, 8 parade, Rapide: -2Par et Hab si adversaire tente parade ou esquive), Veste de cuir (5 pts d'armure)
Compétences : Coriace (retrancher 1d3 points de dégâts), Lutte (immobilisation sur test de For si désarmé), Résistance Accrue (+1 sur tous ses tests d'endurance), Bagarre (dégâts 1d10, points de parade 1d6 si désarmé)

Archer
Caractéristiques : For 8 | End 9 | Hab 10 | Cha 6 | Int 7 | Ini 9 | Att 9 | Par 6 | Tir 12 | NA 1 | PV 60/60
Equipement : Arc court (26+1d8 dégâts, malus -2 Tir tous les 16m), Dague (12+1d6 dégâts, 6 parade), Armure en peaux (3 pts d'armure)
Compétences : Coups précis (malus de précision réduit de 1), Esquive (+1 au jet d'esquive)

Profil des sbires de Neldrick

Le Crochet
Caractéristiques : For 10 | End 10 | Hab 8 | Cha 3 | Int 6 | Ini 9 | Att 9 | Par 8 | Tir 7 | NA 1 | PV 65/65
Equipement : Crochet osseux (15+1d8 dégâts, 9 parade, Perforante: ignore 2pts d'armure), Armure en peaux ( 3pts d'armure)
Compétences : Coups puissant (+1d3 de dégâts), Coriace (retrancher 1d3 points de dégâts)

Bernard et Eude
Caractéristiques : For 10 | End 10 | Hab 8 | Cha 4 | Int 6 | Ini 8 | Att 8 | Par 8 | Tir 7 | NA 1 | PV 60/60
Equipement : Lance rouillée (14+1d6 dégâts), Écu en bois (14 parade), Armure en peaux ( 3pts d'armure)
Compétences : Coriace (retrancher 1d3 points de dégâts)

Serviteurs 1 et 2
Caractéristiques : For 8 | End 8 | Hab 7 | Cha 3 | Int 6 | Ini 8 | Att 7 | Par 7 | Tir 5 | NA 1 | PV 55/55
Equipement : Torches (8 + 1d12 dégâts: brûlure), Tenue en lin (1pt d'armure)
Compétences : -
Round 1 : embuscade
Le soldat au tabard et le lancier agissent en dernier. L'archer n'est pas concerné car il était suspicieux et prêt a combat.

Ordre d'action : Neldrick, le Crochet, Archer, Bernard, Eude, Serviteur 1, Serviteur 2, Tabard, Lancier

Tir de Neldrick contre Tabard
Jet de tir (bonus -3 en pour proximité+visée et -1 pour compétence Adresse au tir) : 11-4 = 7, tir réussi.
Tabard touché dans le (16) torse.
Tabard subit 34+3 pts de dégâts et perd 22 points de vie.
Il reste 43 points de vie à Tabard.

Attaque du Crochet contre Tabard
Tabard touché dans le (16) dos, pas de parade possible.
Tabard subit 15+8 pts de dégâts et perd 26 points de vie.
Il reste 17 points de vie à Tabard.
Tabard a perdu plus de la moitié de son total de points de vie en un round, il ne peut plus parer ni agir pendant le round 1 et ne pourra tenter aucune action au round 2.

Tir de l'Archer contre le Crochet
Jet de tir (bonus de -3 pour proximité, malus de +1 pour précipitation) : 16, raté.
Serviteur 1 et 2 se trouvent derrière le Crochet. Serviteur 1 touché sur 1d20 = 1 et Serviteur 2 touché sur 1d20 = 2
1d20 = 1, Serviteur 1 touché !
Serviteur 1 est touché au (16) torse.
Serviteur 1 subit 26+2 pts de dégâts et perd 19 points de vie.
Il reste 36 points de vie à Serviteur 1.

Attaque de Bernard contre le Lancier
Attaque ratée (16).

Attaque d'Eude contre le Lancier
Lancier touché dans le (4) bras gauche.
Sa parade échoue (19).
Lancier subit 14+1 pts de dégâts et perd 24-3 (Coriace) points de vie.
Il reste 44 points de vie au Lancier.

Attaque de Serviteur 1 contre Tabard
Attaquée ratée (9).

Attaque de Serviteur 2 contre Tabard
Attaque ratée (13).

Attaque de Lancier contre Eude
Attaque ratée (13).

Vous prenez visiblement l'avantage, avec Bernard et Eude sur le Lancier, Tabard KO pour un tour et avec tes hommes d'arme intacts. Comme prévu, tes serviteurs sont de belles chèvres. Seul l'Archer peut possiblement causer du soucis, il se tient en retrait et avoine autant qu'il le peut !
Le carreau traversa le couloir en sifflant pour se ficher avec un bruit mat dans le torse du soldat au tabard. Celui-ci écarquilla les yeux de stupeur en se pliant en deux sous le choc, portant une main au trait empenné qui dépassait désormais de son corps. Bientôt, une tâche rouge se forma sous le tabard du soldat qui se redressa fébrilement avec un râle de douleur.

Il n'en fallu pas plus pour déclencher le combat et tout se passa très rapidement. Le Crochet lança un hurlement et se jeta sur le soldat au tabard qui faisait face à Neldrick. Le mutant planta son appendice osseux et hérissé de pics dans le dos de sa victime déjà blessée et le retira avec un sourire sadique en faisant s'échapper une gerbe de sang. Le pauvre bougre poussa un grand cri de douleur et tomba à genoux, une main tremblante sur son épée, l'autre sur le carreau enfoncé dans sa poitrine, le dos recouvert du sang qui s'échappait de sa plaie béante.


L'archer eut le temps d'encocher une flèche, les dents serrées par la pression et l'amertume, et banda son arc en direction de l'abomination qui s'apprêtai à achever son compagnon. Il relâcha le trait mortel qui siffla aux oreilles du Crochet pour venir se ficher profondément dans le ventre d'un des serviteurs sales qui brandissaient les torches. Ce dernier poussa un cri et agrippa la hampe qui dépassait de son corps en tremblant comme une feuille, incertain. Le sang commença à gicler par à coups et serviteur de maisons commença à pleurnicher, glapissant de douleur. Frère Albert souleva sa soutane et s'avança vers lui aussi vite que sa jambe boiteuse le lui permettait avant de lui flanquer un violent coup de pied dans le postérieur. Le serviteur blessé poussa un cri de surprise de douleur et de surprise mêlé. Il savait que s'il fuyait ou refusait de se battre, ses souffrances seraient encore pires. C'est pourquoi, sans lâcher la flèche plantée dans son ventre, il se jeta sur le soldat agenouillé avec sa torche. L'autre serviteur fît de même et ils ne réussirent qu'à se pousser et à se gêner sans même pouvoir atteindre leur cible, visiblement perdus dans ce tumulte.

Bernard et Eude, en revanche, jaugeaient leur ennemi du regard, leurs lances pointées vers lui. Le lancier, quant à lui, était campé sur ses jambes solides, son épée courte dans la main, prêt à défendre chèrement sa vie. Bernard passa à l'attaque le premier, tendant le bras d'un coup violent pour transpercer le soldat mais ce dernier esquiva la pointe rouillée, pas assez vite cependant pour éviter celle d'Eude qui vint se ficher dans son bras gauche avant de se retirer en laissant s'échapper un filet de sang. Le lancier poussa un grognement et contre-attaqua avec rapidité. Eude leva son bouclier en bois juste à temps pour faire glisser dessus le fil aiguisé de l'épée courte du guerrier qui leur faisait face.

- "Bande de sales larves corrompues !" hurla le lancier tandis que son bras blessé pendant mollement à son côté.
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Re: [Neldrick] L'avènement d'un coeur pourri

Message par Neldrick Chumba »

Neldrick glapis littéralement de plaisir quand il voit l'homme au tabard se plier de douleur.
Et le crochet arrive pour déformer encore plus ce visage arrogant de douleur ! Oui, qu'il s'agenouille, qu'il se soumette ! Que cet imbécile comprenne enfin qui est le chef ici ! Et que Rachard - il aurait craché au sol si ce n'était que l'instant ne s'y prêtait pas - n'avait aucun pouvoir ! Après tout, ne sommes-nous pas au castel Chumba ? Sa demeure, ses règles... leur tombe.

Alors qu'il ressasse ces pensées malsaines, le reste du combat se déroule devant ses yeux. Il voit, avec un frisson, la flèche frôler son mutant adoré, mais elle trouve une autre cible et notre Nobliau pousse un soupir de satisfaction alors même que s'en échappe un, de pure souffrance, des lèvres de son serviteur. Mais il n'a pas le temps de se concentrer sur les petits problèmes de tout un chacun !
D'un geste répété mille fois, notre chère larve cale l'arbalète sur le sol, glissant son pied botté dans l'anneau de métal prévu à cet effet. En quelques tours de manivelle, la corde est revenue en position de tir - l'arme étant trop grande pour sa taille, le ridicule de l'action est notable. Certes, c'est bien moins rapide qu'un arc, mais beaucoup moins fatigant et - ce n'est pas le Tabard qui dira le contraire - bien plus puissant ! Et Chumba aime ce qui est puissant, il trouve que ça lui va bien : qui se ressemble s'assemble non ?
Il prend un second carreau, glissant celui-ci dans son arme du bout de ses doigts boudinés.


Avec ce sourire prédateur qui ne convient ni à sa taille ni à ses véritables capacités combatives - sans parler d'exposer ses dents moisies - le vicomte se tourne vers la silhouette avachie et tremblante de sa cible. Autour de lui, les deux serviteurs semblent plus se battre l'un contre l'autre qu'il ne l'attaque véritablement. Le crochet, quand à lui, a déjà souillée son arme si particulière de sang et semble enclin à recommencer.
Mais le puant a d'autres projets pour notre cher Tabard et ces derniers ne comprennent pas une exécution par le crochet. Ce dernier l'aura sans doute mauvaise sur le coup, mais il comprendrai et puis... après tout, il ne le prive pas de meurtre, il lui en offre juste un plus... frais !
La voix de Neldrick claque, Nasillarde mais autoritaire.


« Crochet ! Occupes-toi de l'archer ! Je peux finir celui-là »

D'un pas rapide et dandinant - les démarches d'un lenteur pesante et mortelle, c'est bien dans les contes de barde, mais dans le feu d'un combat, on ne traine pas - l'adepte du Chaos dirigea son instrument de mort vers celui qui recevrai bientôt le baiser de celle-ci. Chumba ordonne d'un mouvement de la main aux serviteurs de faire de la place. L'un de ces derniers ayant déjà pris une flèche, il y a peu de chance qu'il en veuille une seconde - quoique... certains aiment ce genre de pratiques, parait-il - et notre homme veut être sûr d'avoir le champ libre pour achever ce détestable personnage !
Après tout, qui est-il pour se croire au-dessus des autres ? Le menacer, lui, un Noble Bretonnien ! En voilà une blague qui aurait fait rire son père, un rustaud qui se prétend au-dessus des autres parce qu'il sert le sang bleu. Mais tout le monde le sert, tout le monde s'y soumet.

L'arrogance est souvent vue comme un défaut, mais elle peut se transformer en arme si la situation s'y prête.
Si Chumba était un peu moins sûr de lui et un peu plus calme, il aurait sans doute laissé ses hommes finir le travail - les mettant à la merci de l'archer - mais, sans même penser à couvrir ces derniers des traits de l'homme, il désirait juste mettre lui-même le coup final ! Prouver sa supériorité, sa violence et asseoir son autorité. Peut-être, après tout, n'est-il pas aussi inconscient de sa propre laideur qu'on pourrait le croire, tant il profite de chaque occasion pour prouver aux autres qu'il est là !
Mais l'analyse psychologique des pensées de Neldrick attendra, avant d'entrer dans les tréfonds de sa cervelle, il y en à une que lui, aimerait rependre sur les dalles de son Castel.

Il n'y a pas d'insulte finale, de longue phrase profonde ou de rire fracassant, non, juste la pression des doigts sur une détente de métal, le claquement d'une corde et ce sourire, un sourire d'enfant qui vient d'avoir sa friandise, qui courbe les replis gras de son visage, illuminant ses yeux d'une satisfaction malsaine.
Modifié en dernier par [MJ] Le Grand Duc le 01 déc. 2014, 00:08, modifié 1 fois.
Raison : 6 xp / Total d'xp : 30
Nelrick Chumba, Noble (Voie de la Cour)
Profil(bonus/malus): For 8 | End 10 | Hab 8(6) | Cha 8 | Int 9 | Ini 8 | Att 8(6) | Par 8(6) | Tir 11 | NA 1 | PV 60/60
Lien Fiche personnage: Fiche de Chumba

-Objets : Briquet a silex, Gourde de vinasse et bijoux de mauvaise facture.

-Arme // Armures :
Arbalète – 34+1D8 – Perforante
Haubert – 11 pts de protection – HAB ATT et PAR -2
Épée courte - 12+1d6 - Rapide

-Compétences:

Combats
-Adresse au tir (Arbalète) : +1 à tous les tests de tir avec des armes de ce type.

Lettres et Sciences
-Alphabétisation : Sait lire et écrire, tout simplement.
-Confection de Maladies : Capacité de fabriquer maladies et encens maléfiques
-Doctrine du culte (Nurgle) : Connaissances approfondies du fonctionnement de ce culte.

Sociales
-Corruption : bonus de +1 à ses tests de corruption.

Nature
-Dressage : Possibilité de dresser les animaux (temps relatif au type de dressage)

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