[Arzhvael et Ombeline] Noble désordre

Le Talabecland se trouve au coeur de l'Empire, et ses armées prennent souvent la forme de petites forces d'élites. Helmut Feuerbach est porté disparu, mais sa cour est toujours dans la Cité de Talabheim.

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Lucretia Von Shwitzerhaüm
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Re: [Arzhvael et Ombeline] Noble désordre

Message par Lucretia Von Shwitzerhaüm »

  • Rien ne se déroula comme prévu. Ou plutôt, ce qu’elle soupçonnait, l’indéofalité du chevalier se révéla à nouveau. Il avait tiqué au moment même où elle lui avait ordonné de mettre le second genou à terre, ainsi que l’eût fait un paysan face à l’autorité de son seigneur que ce premier aurait entièrement reconnue. A ce moment-là s’était-il redressé, et sa figure suintait l’indignation et l’orgueil. Un chevalier bretonnien, un vrai, touché dans son honneur et son amour propre. Pourquoi fallait-il qu’il en fût toujours ainsi ? Etait-ce ce qui faisait leur charme, en dépit des véritables têtes brûlaient qu’ils représentaient de la sorte ? Reprenant furieusement son épée, il alla la planter devant la dame.

    Il avait eu les larmes aux yeux en offrant ses services et sa fidélité à la baronne, jurant par-dessus et le Graal, et sa Dame du Lac. A présent, il se drapait dans sa fierté en réfutant toutes les paroles, tous les serments qu’il avait proférés. Lui qui avait parlé de veulerie et d’indignité, ne venait-il pas, à l’instant, de démontrer qu’il agissait de même ? Pire que cela, il lui assura que de le tuer, alors que la dage de Lucretia reposait encore contre sa gorge. En vérité, elle avait échoué.

    Fulminante, elle se détourna vivement de lui, tournant le dos afin qu’il ne vît pas la rage qui habitait son regard. Pourquoi diable fallait-il qu’il se comportât de la sorte ? Pourquoi fallait-il qu’il renonçât aussi rapidement à ses engagements lorsqu’il les avait prononcés avec tant de ferveur ? Sa poigne se referma avec âpreté sur le manche de sa dague et ses phalanges en blanchirent subitement. La jeune femme en avait assez, ras-le-bol de ces revirements de situations, de ces paroles que l’on donnait que pour la reprendre aussitôt. Elle savait qu’elle n’avait rien à craindre de la part de ce petit godelureau, lui qui venait de lui assurer qu’il ne lèverait pas la main contre elle. Cela dit, il était tout de même prudent que de se défier de lui.

    Non, ce qui l’endêvait le plus était ses accusations. Qu’il avait vu clair en son jeu, que la noble n’était pas la jeune femme faible et éplorée qu’il avait cru rencontrer la première fois. Lui qui tenait aussi ses cabales et ses petits complots avec son amant d’elfe. Il y avait anguille sous roche, et, lorsque Lucretia lui avait posé la question, qu’avait-il fait ? Etait-il si probe que cela pour esquiver la question en lui en posant une autre ? L’homme n’était pas aussi blanc et honorable qu’il voulait bien le faire croire, et, pire, reprochait à la jeune femme de n’être que ce qu’il était en vérité.

    Philippe se prétendait comme étant un appui, le seul qu’elle possédât sur ses terres. Mais il n’était qu’un appui branlant qui se serait effondré dès que le plus petit souci serait survenu. Ce petit rodomont n’était nullement le soutien sans faille dont elle avait besoin. Même si elle s’excusait platement, du mieux qu’elle le pouvait, il demeurerait toujours une fissure entre les deux êtres, un souvenir fugace mais bien présent de cette dispute qui les avait opposés. Il était impossible de bâtir une entente stable sur des fondations bancales.
    Rageuse, elle se retourna à nouveau vers lui.

    «C’est donc comme cela que vous accomplissez vos promesses, que vous respectez vos serments ? En les annulant dès que vous les avez prononcés ? » A mesure que la jeune femme avait réfléchi à tout cela, à mesure qu’elle avait proféré ces paroles, sa colère s’était transformée en courroux, en une ire qu’elle ne pouvait plus contrôler, et le ton de sa voix monta en circonstance, rugissante, à travers la forêt. Plus de diplomatie qui ne tînt, plus de tact ou de négociation, de courtoisie ou quoi que ce fût d’autre. Rien qu’une fureur sans borne qui la dépassait. «Et vous continuez à proférer vos hérésies en jurant sur vos plus nobles valeurs que pour leur cracher dessus par la suite ? Vous assurez vouloir me protéger quand, en vérité, vous agissez pour le compte de Domi, pour m’espionner et mieux me trahir par la suite ? Vous voulez vous comporter en brave ? Vous voulez mourir ? Et bien crevez comme le chien que vous êtes ! »
    Et alliant le geste à cette parole aboyée, le tranchant effilé de sa dague posée contre sa peau mordit dans ses chairs, ouvrant sa gorge en deux.

    La baronne avait pourtant mis dans de bonne volonté depuis le début, depuis qu’ils s’étaient impatronisés chez elle comme si ces terres leur appartenaient en main propre, et cela même après qu’ils eussent assassiné son majordome. Conciliante, agréable et sémillante, elle s’était toujours comportée du mieux qu’elle l’avait pu, afin de garder une certaine prestance naturelle et diplomatique. Et tout cela pour quoi ? Pour qu’un petit crétin lui crachât au visage, se ralliant, finalement, auprès d’hommes à la noblesse perdue, pourris jusqu’à la racine ?

    Tant d’efforts pour rien du tout ! Des journées entières passées à se contrôler, à ne pas céder à la colère ou au dégoût, une vigilance à tout instant pour finir par égorger un malheureux qui aurait terminé par tout raconté à ses ennemis. Il avait semblé si sincère lors de ses déclarations enflammée, sincère lorsqu’il lui avait dit ne rien savoir du tout, sincère encore alors qu’il lui avouait s’en ficher quant au fait qu’elle le tuât. Et elle l’avait fait, cela lui avait paru inévitable, ayant été trop loin pour qu’il pût être un véritable allié sur lequel se reposer. Un foutu gâchis. Pourquoi avait-il fallu qu’il se braquât de la sorte en lui demandant de se mettre à genoux ; pourquoi avait-il fallu qu’il se dressât soudainement contre elle en la défiant de mettre ses menaces à exécution ?

    «Crétin ! », hurla-t-elle au cadavre qui se vidait encore de son sang en le bourrant de coups de pieds. Jamais je ne t’aurais considéré comme un paysan ! Loin de l’apaiser comme elle l’avait cru de prime abord, égorger le jeune homme ne lui avait laissé qu’un vide profond qui s’était peu à peu rempli de désarroi et d’une colère qu’elle ne savait pas contre qui dresser. Devait-elle s’en vouloir ? Devait-elle lui en vouloir, ou était-ce tout simplement la faute d’Alan et de l’elfe ? Il s’agissait juste d’une épreuve afin de savoir jusqu’où pouvait aller ta loyauté… » murmura-t-elle sur un ton pitoyable. Elle se sentait faible après cet accès de violence, comme coupé de ce monde. Hébétée, elle regarda le corps gisant au sol. « Je ne sais rien des perfidies que l’on vous réserve, la politique dans votre Empire est hideuse. Je ne suis qu’un perdu de Bretonni » Sans que Lucretia s’en rendît compte, sa dague tomba au sol. Et ses genoux firent de même alors que, pour la premières fois depuis bien longtemps, elle s’abandonnait sincèrement au chagrin et aux larmes salvatrices.

    ***
    Peut-être pouvait-elle trouver la cause de l’agressivité ses paroles dans ces derniers évènements. Mais non, la jeune femme n’avait guère été belliqueuse, ou juste ce qu’il fallait pour souligner les accusations dont elle avait été la cible. Tout autre noble s’eût été comporté de la sorte, réglant par les mots et non pas par les armes ou la rancune les torts qui avaient été causés. Si Alan n’avait pu contrôler ses serviteurs comme il se devait, alors la faute s’imputait à sa personne, et non pas au nom de la baronne Lucretia von Shwitzerhaüm. Une compensation devait être faite, elle celle qu’avait annoncée la baronne s’avérait loin d’être lourde ou cruelle. Une petite réprimande qui se traduisait par l’interdiction momentanée de repasser sur son domaine alors qu’il y avait quelque chance pour qu’elle n’y fût pas présente, et elle s’était encore abaissée à leur souhaiter poliment une bonne route tout en leur accordant sa bénédiction.
    Voilà ce qu’avait trouvé inacceptable le mage rouge et le valet du baron von Feuerbach.

    La traitant de pauvre baronette de campagne et d’idiote, il déversa tout son fiel et ce qu’il pensait véritablement d’elle. Les masques venaient de tomber alors qu’il appela à sa garde pour prendre d’assaut son manoir. Les portes de la pièce furent verrouillées tandis que, à l’extérieur, l’on pouvait déjà entendre les premiers signes de lutte qui opposait les soldats de la baronne à ceux du mage rouge. Ce dernier et le valet semblaient bien décidés à faire regretter à la jeune femme ses paroles, se redressant de toute leur hauteur, prêts à la mater.
    C’en fut trop. Définitivement trop.

    «Ecoute-moi bien, petite merdes, bouffon des Feuerbach. Je ne sais pas pour qui tu te prends, sous-race de domestique, avec tes menaces continuelles et ta cape rouge, mais laisse-moi juste te dire une petite chose. Défends chèrement ta vie, parce que je jure sur les Neufs que, si jamais je m’en sors vivante, je te ferais amèrement regretter ta prétention et tes paroles, et que, dans ta douleur, tu supplieras la pute qui t’aura mis au monde de venir te sauver. »

    Les nerfs de Lucretia étaient à bout, et il en avait vraiment fallu beaucoup pour la faire sortir de ses gonds à ce point-là. Des sautes d’humeur lui arrivaient fréquemment, tout autant que les petites piques ironiques qu’elle pouvait jeter çà et là. Dans cette pièce désormais close, peu lui en chalait, désormais, de se montrer aussi courtoise qu’elle l’avait était alors qu’ils n’avaient cessé de se foutre d’elle tout au long de leur séjour et de la prendre pour la conne qu’elle n’était pas. Jamais n’avait-elle était aussi pâle que désormais, jamais ses yeux n’avaient jeté de tels éclairs qui auraient pulvérisé l’intégralité de son manoir, et peut-être que, enfin, en la voyant ainsi, le mage rouge commença à se dire qu’il avait fait une erreur.
    Finalement, je poste tout de même, ayant ressenti une certaine... 'inspiration'. :mrgreen:
    J'attaque en priorité le mage rouge, en usant de mes quatre attaques, et, une fois qu'il sera proche de la mort, je me dirigerai vers le serviteur.
    Lorsque leurs Pvs seront, justement, proches de zéro, je les considèrerai comme "K.O." ; c'est à dire que je ne veux pas les tuer, mais bien les garder vivant. o/
Modifié en dernier par [MJ] Bonnepierre le 21 janv. 2013, 12:21, modifié 1 fois.
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Ma Fiche
Objets particuliers:
- * Anneau Nowelleux (+1 INI)
- Amulette (relance d'un EC: 2/3 utilisations disponibles)

Compétences acquises et Dons du Sang

COMBAT :
Attaque : Coup précis (3), Arme de prédilection ( épée à une main)
Défense : Esquive, Acrobatie de combat, Sang vif (2) (DDS), Coriace,
Autres : Régénération Impie (DDS), Innocence Perdue (DDS), Valse Macabre


MAGIE :
- Sens de la Magie
- Conscience de la Magie
- Maîtrise de l'Aethyr - niveau 3

CHARISME :
- Diplomatie
- Éloquence
- Séduction
- Intimidation
- Comédie
- Etiquette
- Intrigue de cour

INTELLIGENCE :
- Domination (DDS)
- Érudition
- Littérature
- Linguistique
- Histoire
- Administration
- Enseignement
- Connaissance végétale
- Langue étrangère : Kislévarin
- Connaissance des démons

INITIATIVE / HABILETE :
- Sang vif (DDS)
- Réflexes éclairs
- Escalade
- Monte - chevaux
- Sens Accrus
- Vision nocturne

AUTRES :
- Défi de l'Aube (DDS)
- Ame Profane (DDS)
- Forme de Familier : Corneille (DDS)
- Sang argenté (DDS)
- Alphabétisation
- Force accrue
- Chance
- Préparation des poisons

Inventaire :
- Griffe d'Ursun
- Veste de cuir & pèlerine en "voyage" / robe habillée en "réception"
- Anneau de promptitude
- Bague du tumulus
- Sacoche de chanvre
- Lettre de la comtesse
- Gemmes et pépites d'or
- Fleur de salicaire
- Glandes à venin
- Poison (?)

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[MJ] Bonnepierre
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Re: [Arzhvael et Ombeline] Noble désordre

Message par [MJ] Bonnepierre »

D'Artois, en forêt, le midi:
Test d'attaque à la dague de Lucrétia: 1, jet critique
Stop
En effet, le jeune chevalier mourut ce jour.
En effet, la lame de Lucrétia le tua, le laissant se vider, blême et perdu, sur le sol feuillu...
Des regrets? Il y en eut peut-être... Et de la colère... ?

Que fit la lahmaine du corps enferré? C'est une question que l'on peut se poser...
Une autre est sa réaction lorsqu'elle vit que la prêtresse de Rhya l'observait, de là bas, entre des ramures... à dix toises, si l'on veut être précis (+ de 20m)
Ses amis archers forestiers arrivaient, mais n'avaient encore rien vus...
______________

Tuerie au Manoir:
N'ayant pas de précision, je te fais attaquer avec tes "griffes" (dommages comme une dague)
Quatre attaques sur le mage rouge: 7,8,6,9, toutes réussies
Il essaie de parer la première de son bâton: 3, réussi
Dommage paré: 28 (FO x2) +15 (griffes) - 10 (END) - 6 (parade) = 27pv
Les trois autres coups l'achèvent et le tuent.
Le mage éventré des griffes de la belle, ne resta plus comme danger que le "domestique" dans son dos... Celui-ci, éberlué, lui lança une dague et s'enfuit par les balcons.
Lancer de dague: 3, réussi, imparable vu la situation.
Touché dans le dos (torse): 20 (FO x2) + 17 (dague) - 12 (END) = 25 pv, reste 100/125 à Lucrétia.
Percée dans l'arrière par ce poignard, Lucrétia sentit le vile poison s'introduire en elle... En même temps, le dagueur avait sauté du balcon... La lahamine le poursuivit-elle?
Ou alors resta t-elle avec le pauvre Alan, blême sur son fauteuil, ses mains crispées sur les accoudoirs.
-Non mais... non, je n'ai pas ordonné cela, non! Pitié! Bafouillait-il, perdu et terrifié.

De fait, il y aurait pu y avoir des bruits de combats autour de la pièce: des gardes du manoir contre ceux des Feuerbach... mais en vérité les hommes du domaine abdiquèrent bien vite face aux tueurs entraînés ds Feuerbach...
Ici, plusieurs possibilités:
-traque du "domestique"
-Gérer Alan en restant dans la pièce
-Sortir pour soutenir les gardes (tu as les mains pleines de sang)

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Lucretia Von Shwitzerhaüm
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Re: [Arzhvael et Ombeline] Noble désordre

Message par Lucretia Von Shwitzerhaüm »

  • Endiguée dans son chagrin, la jeune femme laissa libre cours à sa fâcherie, et les larmes affluèrent le long de ses joues, coulant sans interruption sur sa peau opaline pour s’épancher dans une cascatelle cristalline sur le tissu de sa vêture. Le corps sans vie du chevalier gisait à ses genoux. Un jeune homme, un simple jeune homme qui s’était retrouvé perdu au milieu de ce conflit qui le dépassait. Peut-être aurait-il terminé sa vie sous la hache de quelque brigand, peut-être serait-il mort de maladie, ou peut-être, encore, aurait-il vécu fort longtemps après avoir terrassé maints monstres et moult créatures, alimentant sans cesse les récits et les chansons des rhapsodes et des troubadours. Lucretia n’en saurait jamais rien ; personne n’en saurait jamais rien. Elle l’avait exécuté dans la fleur de l’âge parce qu’il l’avait poussée à bout, forcée à le faire, et, toute déconfortée qu’elle était encore, elle ne pouvait s’empêcher de le maudire pour cela. Il fallait défier de la sorte, ni l’insulter et encore moins la menacer comme ce sot venait de le faire. Cela ne l’empêchait pas pour autant de regretter cette mort inutile, de souhaiter que les choses se fussent déroulées tout à fait autrement. Qu’il fût encore en vie, et même, pourquoi pas, à son service, comme un garde du corps sur lequel elle aurait pu se reposer pleinement.

    Lucretia finit enfin par se relever après un moment qui lui avait paru fort long, même si son esprit avait été en-dehors de ce monde l’espace de ces quelques instants de douleurs. Il fallait qu’elle fasse quelque chose du cadavre. Le sentiment qu’elle ne pouvait décemment pas le laisser là, en l’état, la tenaillait amèrement. Et comment allait-elle expliquer sa mort à tout son conviviat de malheur ? Et n’était-ce que son absence si elle en venait à dissimuler le cadavre, cela n’en demeurait pas non plus facile à expliquer. La baronne avait agi dans la colère et l’irritation, pour une fois, et elle devait à présent en payer le prix. Si elle maudissait Philippe pour sa mauvaise prise de décision et sa bêtise, elle-même n’était pas non plus exemptée de tout reproche, à présent, loin de là.

    Et une autre personne ne manquerait pas de le lui signaler, pour sûr. Un mouvement trop vivace dans les fourrés alors qu’elle balayait sans même y prêter attention les environs lui indiqua la présence de Mandra, une fois de plus. La fourbe n’avait, en fin de compte, guère bougé, probablement trop intéressée par la discussion entre le chevalier et la belle pour s’être résolue à partir. Et comment allait-elle réagir en voyant ce qui s’en était ressorti ? Lucretia grinça des dents ; elle s’imaginait parfaitement cette petite gaude et son sourire mesquin lui répéter une fois de plus qu’elle savait qui elle était. Comme si la baronne le lui avait véritablement caché. La prêtresse commençait elle aussi à gentiment lui courir sur le dos, elle et ses maudits sourires en coin et insinuations. Elle n’était qu’une moins que rien qui vivait à ses crochets alors même que Lucretia régissait tout ce bon petit monde que la bonne femme eût été incapable de maîtriser. Et cette dernière se permettait encore de jouer les dures et les menaçantes ? Depuis quand la hyène se gaussait-elle de la lionne ?

    L’humeur de la belle s’en trouvait décidément bien instable, et la simple vision de la prêtresse parvint à lui remettre la rage au cœur, à ceci près qu’elle réussit à la réguler et à la maintenir en elle. Mandra l’avait déjà vue, soit. Que cela pouvait-il bien importer, au fond ? En revanche, elle était seule, et, ainsi, la seule spectatrice encore en vie de ce qui s’était déroulé dans la clairière. Mieux valait que les choses restent ainsi.
    La jeune femme s’empara du corps du chevalier, le portant dans ses bras comme s’il avait été aussi léger qu’un vulgaire fœtus de paille. Puis, alors qu’elle s’apprêtait à disparaître au détour d’un tronc d’arbre plus épais que les autres, elle se plongea dans l’Aethyr. Drainant une partie de l’énergie vitale qui constituait l’ensemble de ce paysage bucolique, elle déforma la trame de la réalité et même la nature de l’énergie employée, transformant la vie en un son. Son qui ne se trouva pas être autre que le cri déchirant d’un petit faon mortellement touché par une flèche qui aurait bien pu être en argent, son qui, encore, fut matérialiser de l’autre côté d’un fourré qui situé derrière Mandra. Oh, Lucretia ne pensait pas que la prêtresse s’en aille voir de quoi il en retournait –encore que ?- mais le son ainsi produit ne manquerait pas de détourner son attention l’espace de quelques secondes, elle qui était si proche de la nature. Assez de temps pour disparaître totalement à son regard.

    La jeune femme portant le macchabé s’éclipsa aussitôt que Mandra eût détourné le regard, accélérant soudainement le pas. Qu’elle lui fiche la paix. Et un buisson bien touffu, un marécage, cours d’eau ou tout autre élément naturel de cet acabit irait très bien pour dissimuler le corps avant de retourner au manoir.

    ***



    La baronne de céans endiablait comme jamais elle ne l’avait fait. Cet aliboron de mage allait payer cher pour l’offense qu’il lui avait portée, pour avoir osé se dresser contre elle et la traiter de la sorte. Non, ce qui s’appliquait au chevalier s’appliquait tout autant à ce petit morveux, à ce sbire des Feuerbach, encore qu’elle se demandait bien s’il ne faisait pas partie de ces personnes qui tiraient les ficèles dans l’ombre. Qu’importait ; l’heure n’était pas aux questions mais à la revanche et à l’exécution de ses promesses. Car elle les tiendrait, elle.

    Son coutelas jaillit dans sa main, comme il l’avait fait à de nombreuses reprises auparavant. La lame ne scintillait pas avec tant de nitescence que les éclairs qui irradiaient du regard de la belle, ayant été recouverte du sang de Philippe, mais au moins était-elle propre ; Lucretia avait pris le soin de retirer le sang en plongeant l’arme dans l’eau d’un quelconque étang qui avait croisé sa route ou l’avait essuyée sur la tunique du macchabé ou tout simplement dans l’herbe de la forêt. Mais tout aussi nettoyée qu’elle était, la dague, et à plus forte raison, celle qui la maniait, réclamait à nouveau du sang.

    Se ruant férocement à la rencontre de son ennemi, bien décidée à lui faire connaître mille tourments, Lucretia lui porta une première attaque. Bien que la lame fût partiellement obviée par le bâton de l’homme, celui-ci ne put compter efficacement avec la vivacité de son adversaire, et la dague mordit bientôt dans ses chairs. Et à peine s’en était-elle retirée, à peine le mage rouge avait-il eu le temps de pousser un cri de souffrance que la lame s’abattit de nouveau dans deux grandes paraboles verticales qui trouvèrent les deux flancs exposés. Il n’y avait pas d’habileté ou de grâce dans cette expression de violence ; rien qu’un poing fermé sur le manche d’une dague que l’on plantait avec véhémence dans un corps encore en vie, droitement. Le tranchant du coutelas n’avait aucunement touché quelque organe vital que ce fût, mais s’était enfoncée sur chaque côté du bassin de Björn, lui pulvérisant une partie des os iliaques gauche et droit. Terrassé par la douleur, il tomba au sol en hurlant sous la souffrance que lui infligeait le poids de son propre torse reposant sur son bassin facturé, et le choc occasionné par la chute menaça de l’emmener aux portes de l’évanouissement. La jeune femme y veilla bien en le prenant par les cheveux et en lui balançant violemment la tête contre le sol, et, dans un dernier sursaut, le corps ne fut plus qu’inerte.
    Elle doutait qu’il puisse encore se relever, mais, risquant d’avoir fort à faire durant les prochaines minutes, elle fit couler une dernière fois le sang impur du contempteur. A la va-vite et sans aucune précaution, elle trancha les deux talons d’Achilles d’un corps qui ne bougea pas pour autant, tout assommé qu’il était.
    Une simple entrée en la matière, mais, pour le moment, elle d’autres chats à fouetter.

    Un contact glacial traversa le tissu qui lui couvrait le dos pour s’enfoncer dans ses chairs, lui arrachant un cri et une larme de douleur. Se retournant prestement, elle n’eut que le temps de voir le valet qui s’échappait de la pièce en sautant des balcons. Puisse-t-il se briser les jambes. Grimaçant, elle arracha le poignard de son dos sans ne pouvoir s’empêcher de lâcher un petit gémissement. Elle l’eût volontiers poursuivit s’il ne se trouvait pas dans la pièce une toute autre personne. Un sourire carnassier étira ses lèvres alors que son regard se posait sur Alan, ce gambilleur qui n’avait de valeur politique que le nom. En vérité, même un bambin eût été plus menaçant que ça. Le voilà qui gémissait déjà alors qu’elle s’approchait rapidement de lui. Sans aucune manière, elle le saisit violemment à la gorge, et ses doigts furent diablement tenter de serrer, serrer très fort jusqu’à ce qu’il pâlisse à en mourir.

    La jeune femme délogea le ginguet de son siège avant de le tirer au milieu de la pièce, en direction de la porte qui menait dans le couloir.
    «Vous n’avez rien fait ? Vous ne le vouliez pas ? Oh oui, je vois. Ce n’est qu’un abominable mal entendu, tout sera réglé rapidement. Un mal entendu, un quiproquo… Comme le fait que le chevalier d’Artois s’en fût violemment pris à moi dans la forêt, tentant de lâchement m’assassiner ? Malheureusement, sous mes airs innocents, je sais quelque peu me battre. Et, alors que sa gorge était tranchée et que le sang s’en déversait abondamment, il m’avoua que cet ordre avait été donné par Domi, qui l’avait reçu de vous-même. »

    Sa voix était furieuse, venimeuse, plein de promesses, et celles-ci, bien qu’encore non-prononcées, n’auguraient rien de bon.
    «Alors ? Qu’avez-vous à répondre de cela, pour votre défense ? Je vais vous faire saigner comme le porc que vous êtes, vous ne méritez nulle considération, nulle pitié », lui cracha-t-elle en appliquant le tranchant effilée de sa dague contre la peau dodue de sa joue, prêt à la trancher simplement.

    Des bruits de combat furent alors audibles à l’extérieur de la pièce. Elle ne savait pas comment les choses étaient en train de tourner, ne pouvait pas le savoir, mais, dans le doute, assura ses arrières et la vie de ceux qui combattaient pour elle. La jeune femme suspendit son geste.

    « Non. Finalement, vous allez m’aider, dussiez-vous le faire à écorche-cul. Peut-être trouverais-je enfin une utilité à votre minable et méprisable personne, sans quoi ne je m’embâterai point de vous et vous connaîtrez le même sort que votre rebouteux de sorcier »

    Lucretia allait délustrer les Feurerbach de tous leurs mérites, leur fierté et leur honneur. Elle allait exhiber ce petit hobereau de baron couinant à l’ensemble de ses propres soldats.
    La porte, si verrouillée était-elle vraiment, n’opposa pas grande résistance face au courroux de la baronne qui l’ouvrit alors violement.

    Dans les couloirs, l’on s’escarmouchait entre partisans des von Feuerbach et zélés des von Swhitzerhaüm. A travers cette billebaude, il était difficile de se faire entendre, et pourtant, la vision de leur baron pleurnichant et pâlot, menacé par une simple femme qui n’avait rien de guerrière dut très probablement jeter un voile d’incompréhension sur les premiers.

    «Lâchez immédiatement vos armes, maintenant, sans quoi vous vous retrouverez simplement mercenaires et hors-la-loi issu d’un territoire sans baron, tonna-t-elle à tous. Vous serez ceux qui ont contribué à la mort d’un noble, et vous ne serez plus les bienvenus sur vos propres terres avec, si fait, l’incapacité de revoir vos familles et vos proches. Que vous leviez encore votre arme ici et maintenant, et j’égorge le baron Alban von Feuerbach. »

    Comme pour joindre le geste à la parole, elle pressa dangereusement la dague contre le cou de celui qui était à sa merci, et le mordant de la lame lui fut soudainement bien perceptible.
    «A toi de voir, lui murmura-t-elle au creux de son oreille. Ordonne-leur de m’écouter, ou dis-leur adieu. »
    Je jete donc le sortilège de « son » dans la clairière, comme décrit dans le Rp.
    En ce qui concerne la façon dont je règle le compte au mage rouge en le laissant vivant, c’est vis-à-vis du Mp que je t’ai envoyé ce matin et à ma quote précédente. A toi de voir si cela te semble ok ou non. o/
Modifié en dernier par [MJ] Bonnepierre le 28 janv. 2013, 21:26, modifié 2 fois.
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[MJ] Bonnepierre
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Re: [Arzhvael et Ombeline] Noble désordre

Message par [MJ] Bonnepierre »

Sortilège "son", basé sur INT: 7, réussi +1 PM
Un faon gémit de douleur non loin de la lahmiane, laquelle portait un chevalier mort comme s'il se fut agi d'un fétu de paille... Des cris de forestiers s'en suivirent:
-Hulà! Qu'est-ce qu'ça?
-Qui a tiré?
-Il est où c'bestiau?

Mais de paroles ou de mouvements audibles de Mandra. Nenni.

Mais peu importait n'est-il pas? Lucréita était déjà en train de s'éloigner avec son fardeau, et il ne lui parut pas qu'on la suivait.
Le corps d'Artois fut caché dans la forêt par ses soins...
___________________
Test d'ATT pour Lucrétia: (-4 viser) : 3, réussi
Dans son massacre du mage rouge, la baronne était parvenue à ne point le mettre à mort, mais seuilement aux portes de celle-ci, les deux talons tranchés...
Puis, la voyant s'approcher de lui, couteau sanglant, puis l'empoigner à la gorge, Alan émit un couinement étouffé et urina sous lui:
-Mais mais... gargl!... Non! Je n'ai jamais rien ordonné de la sorte!... argl!... Domi a... maudit Domi! Il a agit de son propre chef! Jamais je ne... pitié!
Mais il n'eut pas vraiment le loisir de s'expliquer plus outre, car déjà, cette femme à la force de titan l'emmenait hors pour le confronter à ses gardes.

Dans les couloirs et le hall du manoir, deux des gardes de Lucrétia - dont l'abruti - avaient déjà rendus les armes face aux six cerbères entraînés des Feuerbach. Et Marcus Dietz, grièvement blessé, avait une lame sous la gorge... Le troisième garde Von Switzerhäum devait être en congé (ou enfui?)...
A l'ultimatum clamé par la lahmiane, tous eurent un instant d'hésitation...
Et Alan, dague sous le menton, bredouilla:
-Faites ce qu'elle dit par Sigmar! Lâchez vos armes!
Mais...
-NON!
C'était une voix bien connue, d'ordinaire bavarde et légère... mais qui sur le coup ne riait plus du tout. En contrebas dans le hall, Domi Lindelindelle avait surgi des cuisines, arc et flèche pointée vers le front de Lucrétia. Son regard était dur et pénétrant:
-Restez en position! ordonna t-il aux gardes. Puis il ne put réprimer une moue blasée: Mille excuses, Alan, mais il est clair qu'elle ne te tuera pas, l'on ne doit pas céder.
A Lucrétia, désabusé mais ferme:
-Je ne sais pas ce qu'il s'est passé. Mais jamais je ne suis venu pour en venir à de telles extrémités. Et je maudis ceux qui en sont la cause. Mais ce n'est pas Alan! Il n'a jamais voulu cela! Et moi non plus!
Par contre je vous l'assure, touchez à un seul de ses cheveux et vous le rejoindrez aussitôt Madame! Ma flèche ne manque jamais son but!... et quand bien même! Tuez un baron et vous perdrez tout! Sonnen Feuerbach, son oncle, aura l'excuse qu'il veut pour vous détruire, vous et vos gens!

Il y a moyen de s'arranger j'en suis sûr! Lâchez le, et vous avez ma parole que nous partirons tous dans l'heure!


Cet elfe, là, il avait des mouvements d'expert, un visage sans âge, mais qui en vu de toutes les couleurs, c'était sans doute le plus dangereux de tout les gens présents - Lucrétia hormis?... ou pas...
J'ai la flemme de faire un plan: voilà comme je vois les choses:
tu es en haut de l'escalier où est mort le majordome, Alan en otage, et l'elfe est en contrebas dans le hall... et il y a les six soldats un peu n'importe où (dont deux, à ton étage, prêts à te charger éventuellement...)

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Lucretia Von Shwitzerhaüm
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Re: [Arzhvael et Ombeline] Noble désordre

Message par Lucretia Von Shwitzerhaüm »

  • Un jet d’attaque pour planter un poignard dans un corps assommé, inerte ? *_* Heureusement qu’il fut réussi !
    Merci, toutefois, pour la prise en compte du Mp. =D
    Un voilà un qui se trouvait toujours au bon moment, qu’importait ce qu’il était en train de faire. Sous ses airs innocents et presque enchanteurs devait bien se dissimuler un sombre esprit versé dans les cabales et les mystères, les complots et les intrigues. Quelle déchéance pour les elfes. Quelques histoires du nord lui avaient été contées à propos d’un autre type d’elfe, bien plus sombre et pernicieux que celui qui se tenait avec elle, et Lucretia se demandait bien si Domi n’avait pas un certain lien de parenté avec ceux que l’on appelait Drutchii.

    Un rapide regard dans la salle lui donna davantage de renseignements. Affligeant, tout simplement affligeant, navrant, et lamentable. Deux de ses propres gardes s’étaient déjà rendus, au même titre que Marcus Dietz, pourtant capitaine de ses propres soldats, qui lui gisait à genoux, dague sous le menton. Trois alors qu’ils étaient quatre, d’ordinaire, aussi le traître ne se trouvait-il pas là. La jeune femme redoutait bien ce qu’il pouvait bien être en train de faire, mais, sur l’instant, elle ne pouvait rien faire pour tenter de contrecarrer ses activités. Et ce traître n’est pas même ce débile de garde, songea-t-elle avec une amertume certaine. Bien entendu, les Feuerbach n’avaient pas misé sur un tel personnage afin de s’emparer de ses terres, c’eût été trop risqué. Encore une fois, elle jouait de malchance.
    Fallait-il qu’elle relève à elle-seule l’opprobre que ses propres gens avaient jeté sur sa maison ? Que la totalité de ses gardes fussent désarmés aussi simplement que des enfants ? Eux qui étaient payés, nourris, logés et blanchis pour la protéger n’avaient rien fait d’autre que de la colloquer dans une situation des plus précaires, et, pire, à la noble de les sortir de cette situation. Si elle le pouvait.

    Lucretia n’avait guère eu peur de la présence du mage et du valet, se sentant capable de les déconfire à l’issue d’un combat. Il était toutefois étonnant, quoiqu’appréciable, que le valet se fût enfui, autrement lui eût-il donné du fil à retordre, assurément. Mais là, en ce qui concernant la position dans laquelle elle était endiguée, il n’y avait non plus deux personnes susceptible de la blesser mais bien sept. Sept. Ce chiffre lui paraissait astronomique quand bien même pouvait-elle le compter sur ses doigts, mais la perspective de sentir par sept fois une lame glaciale lui fendre la peau et fourrager ses chairs la terrorisait au plus haut point. La jeune femme se savait puissante et bien plus résistante que ces pitoyables humains, mais il existait des limites à ne pas dépasser. Etait-elle arrivée à la frontière de ce dont elle était capable ?

    La baronne réfléchissait à toute allure. Pouvait-elle véritablement abandonner le baron aux mains de cet elfe pédant ? En dépit de tout ce qu’il prétendait, pouvait-il lui faire confiance pour qu’il s’en allât immédiatement après qu’elle eût relâché Alan ? Son conviviat avait tout fait pour tenter de paraître honnête, et pourtant, au fur et à mesure que les jours s’étaient lentement écoulés, ils n’avaient cessé que de la tromper, n’avaient cessé que de bafouer son hospitalité. Si Lucretia avait un tant soit peu d’honneur et de respect pour elle-même, elle ne pouvait les laisser impunis. Il fallait qu’elle leur montre, à tous, que l’on ne se moquait pas impunément de sa personne, toute jeune baronne qu’elle était.

    Sept. Mais peut-être pas tant. Si la maîtresse de céans en venait aux armes, une fois de plus, ses trois soldats à elle, bien que désarmés, monopoliseraient trois gardes de ses ennemis. Aussi ne seraient-ils plus que quatre. Pendant un temps, toutefois. Ou peut-être que, si elle s’en prenait directement à l’elfe, les trois gardiens de ses propres gardes réagiraient immédiatement, se lançant au secours de leur seigneur elfe, occultant Marcus Dietz et les deux autres, qui pourraient, peut-être et par la suite, reprendre les armes. Peu importait le nombre d’ennemis à affronter tant qu’elle n’en avait pas trop sur le dos en même temps. Que les siens ne blessassent aucun des ennemis mais se contentaient de leur faire perdre du temps, et alors la victoire serait sienne.
    Triste planification d’un avenir qui n’avait de certain qu’une effusion de sang. A moins que l’elfe n’en décidât autrement, suite aux propos de la belle.

    «Vous pouvez maudire tout votre saoul ; ce qui est fait est fait, et rien de ce que vous ferez n’arrangera les choses. Dans le pire des cas, vous ne ferez que les aggraver davantage.
    Si je tue votre baron, alors il y aura des représailles contre les miens, oui. Mais me pensez-vous assez folle pour accéder à votre requête ? Libérer cet otage afin de vous offrir le champ libre pour m’exécuter sans autre forme de procès ? Mais ouvrez donc les yeux ; que pensez-vous qu’il se passera lorsque l’on apprendra que les Feuerbach auront tué une vassale de la duchesse Elise de Talabheim ? Aussi puissants soient les Feuerbach, la duchesse Kreiglitz-Untern ne l’est que plus encore, possédant également la capitale de la région. Il y aura des représailles, soyez-en certains.
    S’il y a un mort de chaque côté, que ce soit de ma personne ou celle d’Alan, et un conflit éclatera.

    Je vais vous proposer une alternative, une dernière chance qui nous permettra, si vous avez véritablement de l’honneur, de nous en sortir tous sain et sauf. En revanche, si jamais elle ne vous convient pas et que vous la refuser, alors soyez certain que, contrairement à ce que vous avancez, j’égorgerais, là, sous vos yeux, le baron, et que je vendrais chèrement ma vie. Je ne doute pas que je tomberai, mais au moins ne le ferai-je pas seule ; il y aura une victime importante dans chaque camp, je vous en fais la promesse. Bien, alors voici, à présent, mon alternative.
    Que tous ceux qui sont dans cette pièce repartent en vie, que ce soit les Feuerbach ou mes propres gardes. Y compris vous, Seigneur Lindelindelle. Je garderai toutefois Alan en otage sur une certaine période qui ne devrait pas trop s’attarder, et je vous fais la promesse que je vous le livrerai par la suite en bonne santé et entier, le temps que toute cette affaire soit résolue.

    A vous de choisir. Le sort de bon nombre d’entre nous réside entre vos mains.
    »
    S’il accepte, l’on fait comme convenu, je garde Alan et ne lui ferais aucun mal. S’il refuse et se tient prêt au combat, alors voici ce qu’il faudra faire (je n’espère pas que nous en arriverons à de telles extrémités, mais sait-on jamais). Je projette Alan sur l’elfe (nous sommes en haut, la cible est en bas). Je ne pense pas que cela devrait les tuer tous les deux (au pire Alan se brisera quelque chose, mais le corps humain est bien plus solide que l’on peut le penser pour qu’il meure). A voir ce que font les trois gardes qui retiennent Marcus et les deux autres, mais, dans tous les cas, j’ordonne à mes trois gardes de se battre, et je me rue sur Domi. Si possible, je le garde vivant, lui aussi, comme pour Bjorn. En ce qui concerne les sept autres gardes, je les tue).
Modifié en dernier par [MJ] Bonnepierre le 11 févr. 2013, 13:49, modifié 1 fois.
Raison : 7xp/15xp
FOR 16 / END 14 / HAB 17 / CHAR 18 / INT 17 / INI 19* / ATT 17 / PAR 13 / TIR 11 / MAG 17 / NA 4 / PV 134/140
Ma Fiche
Objets particuliers:
- * Anneau Nowelleux (+1 INI)
- Amulette (relance d'un EC: 2/3 utilisations disponibles)

Compétences acquises et Dons du Sang

COMBAT :
Attaque : Coup précis (3), Arme de prédilection ( épée à une main)
Défense : Esquive, Acrobatie de combat, Sang vif (2) (DDS), Coriace,
Autres : Régénération Impie (DDS), Innocence Perdue (DDS), Valse Macabre


MAGIE :
- Sens de la Magie
- Conscience de la Magie
- Maîtrise de l'Aethyr - niveau 3

CHARISME :
- Diplomatie
- Éloquence
- Séduction
- Intimidation
- Comédie
- Etiquette
- Intrigue de cour

INTELLIGENCE :
- Domination (DDS)
- Érudition
- Littérature
- Linguistique
- Histoire
- Administration
- Enseignement
- Connaissance végétale
- Langue étrangère : Kislévarin
- Connaissance des démons

INITIATIVE / HABILETE :
- Sang vif (DDS)
- Réflexes éclairs
- Escalade
- Monte - chevaux
- Sens Accrus
- Vision nocturne

AUTRES :
- Défi de l'Aube (DDS)
- Ame Profane (DDS)
- Forme de Familier : Corneille (DDS)
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- Glandes à venin
- Poison (?)

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[MJ] Bonnepierre
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Re: [Arzhvael et Ombeline] Noble désordre

Message par [MJ] Bonnepierre »

Un jet d’attaque pour planter un poignard dans un corps assommé, inerte ? *_* Heureusement qu’il fut réussi !
Merci, toutefois, pour la prise en compte du Mp. =D
Qui a parlé de "corps inerte"? En fait, je "corrigeais" les événements, au vu de ta demande MP, en faisant ma réso de "coup visé", car vois-tu, il est plus aisé de tuer que d'épargner (de planter n'importe où son poignard que de viser des points non mortels), que ce soit dans les règles et dans le réel... Il est vrai cependant que ce jet de dé supplémentaire était redondant, j'aurais dû m'appuyer sur les jets déjà réalisés dans mon post précédent (voir s'ils étaient aussi réussis à -4 viser)
'fin bon, c'est du détail, mais au vu de ta remarque je tenais à le préciser.

Désolé, j'ai bossé dix jours d'affilés + fêtes + gueules de bois + grippe des neiges : je suis en train de devenir le MJ le plus lent de la création, j'en ai bien peur :? Mais là j'ai deux jours de congé, et je ne compte pas festoyer... on pourra peut-être avancer un peu mieux...
NB: je n'ai aucunement envie de te voir changer de MJ, ça non, j'aime nos rps, mais je précise derechef que, sachant ta vitesse d'écriture, je comprendrais et ne prendrai jamais mal que tu veuilles te voir prise en charge par un autre... :wink:
Cette après-midi au Manoir était bien particulière... Un mage de l'Ordre Flamboyant gisait à demi mort dans la chambre de Lucrétia; En haut des escaliers du hall, un Baronnet grassouillet et tremblant avait sa gorge contre le couteau de la lahmiane, laquelle avait deux soldats armés de lances à une toise de chaque côté d'elle; Et en bas des escaliers, dans ledit hall, un elfe particulièrement dangereux la tenait en joue de ses flèches, entouré de quatre gardes qui en tenaient trois autres en respect...
L'on avait connu plus détendu, comme ambiance, n'est-il pas?

A l'alternative proposée par Lucrétia, Domi Lindelindelle resta silencieux un court instant, le visage grave et songeur.
Son arc bandé, outre qu'il était de toute beauté, semblait d'une facture elfique exceptionnelle, toute comme la flèche encochée dardée vers son front, et l'intellect et les sens aiguisés de la lahmiane lui laissaient à penser que les dessins qui décoraient cette arme n'étaient pas seulement destinés à son ornement...

-Soldats. Sortez, tous, dehors! ordonna finalement l'archer avec autorité. Emmenez les prisonniers avec vous mais ne leur faites pas de mal... Allez! Vous aussi, là haut! ajouta-t-il aux deux gardes Feuerbach de l'étage.

Après un regard à Alan, lequel, fermement tenu, dos contre la poitrine de Lucrétia, couina un: "faites ce qu'il dit" étranglé, les soldats obtempérèrent et tous, guerriers Feurbach comme Bratian, dégagèrent les lieux dans des cliquetis de ferrailles... Les premiers forçant les seconds à les suivre...
Sans que sa flèche ne s'écarte, ne serait-ce que d'un chouïa, de sa mortelle direction, l'elfe, désormais seul dans le hall avec la Baronne et son otage, se fendit d'un sourire désarmant- incroyable de calme et de légèreté dans une telle situation:

-Détendons nous donc, Madame. Voyez, j'ai accédé en partie à vos demandes n'est-il pas?... Bien que nous serions plus à l'aise pour ce faire sans arc ni poignard - dans de confortables fauteuils auprès d'une bonne tasse de thé par exemple! - discutons donc de vos autres demandes si vous voulez bien... Son regard perçant était mêlé de sérieux et de bonté, se voulant rassurant malgré son arc menaçant, sa voix était très douce, amicale: Soufflez, ne précipitez pas les hostilités, je vous en conjure... Agissons donc tous deux comme les gens éclairés que nous sommes et il va sans dire que nous trouverons une troisième alternative, aussi pacifique et sans morts que votre proposition, mais qui nous comblera tous, ne pensez vous pas?... Car je ne laisserai point Alan, cela est la seule chose qui n'est point discutable, veuillez m'en excuser.

Je vous le répète, dites vous bien que ni Alan ni moi ne voulions que le sang fut versé. Croyez moi. En vérité, bien que je n'ai point assisté aux désolants prémices du drame qui se joue, je gage que Rüssel, cet obscur butor sans vergogne, en est la cause.... sans doute aidé de son assassin sbire qui se fait passer pour un valet... Et s'il n'est pas ici avec nous à tout incendier, c'est que vous êtes parvenu à le mettre hors d'état de nuire. Ne répondez pas, je me fiche du sort de ce salopard... Par contre, mon admiration pour vous, déjà grande, s'en trouve encore renforcée. Quelle femme merveilleuse, unique, vous faites! Je voulais que vous le sachiez... Je ne veux pas votre mort, jamais je ne l'ai voulu. J'en serais inconsolable durant tout mon prochain siècle!

Je vous aime, Madame... Mais seul un absurde belliqueux tel que Rüssel ne vous aimerait point il est vrai!

Il rit, sa flèche pourtant toujours dardée vers la Baronne avec une inquiétante fermeté:
-Quel aberrant bavard et badin je fais! Vous menaçant - honte et tristesse pour moi! - voilà que je vous fais ma déclaration!... Elle était sincère, ceci étant, n'en doutez point.

Quel bavard, en effet, mais un bavard que l'on pouvait écouter des heures, tant il respirait réellement qualité et gentillesse, non pas? Même dans cette situation catastrophique, il riait... Mais pas de Lucrétia, il ne se moquait pas, non. Il semblait juste ainsi : Un être volubile, qui s'amusait de tout, et qui rechignait à la violence, mais aussi un archer expert - entre autres dons dangereux? - pouvant néanmoins s'y résoudre si elle lui était imposée.
Avant que Lucrétia put placer un mot, il reprit:

-La guerre entre partisans Feuerbach et Von Kreiglitz adviendra tôt ou tard, sachez le. Ce qui va se produire ici n'y changera pas grand chose, je vous l'assure. Tâchons de fait de nous contenter, NOUS et point eux, et de tous survivre en bonne entente, cela sera le mieux.
Voici ma contre-proposition, mon aimée:
Alan ET MOI-MÊME restons ici comme otages, ainsi que le doux Chevalier des Fleurs lorsqu'il sera revenu de sa trop longue promenade. Seulement nous trois. Les soldats d'Alan seront renvoyés, ou, si vous préférez, pourront même rendre les armes et se déclarer vos prisonniers pour éviter toutes fuites quant à cette triste après-midi. Idem pour le chien de guerre rouge et son assassin, ceux là, engeôlons les avec rudesse et sans clémence!
Si Alan, qui a été un vilain garçon il est vrai, mais jamais à l'origine de tueries, ne le fait point, c'est moi qui vous conterai le méchant complot qui s'est joué et se joue encore contre vous. Vous ne savez pas tout, je le crois. Mais moi oui...


Ayez confiance en moi, Madame. Soyons alliés. Amis. Je fonctionne à l'amitié et l'amour, n'en doutez pas. Il est vrai que, l'âge allant, je suis de moins en moins à la blanche image que l'on se fait de mes congénère d'Ulthuan, mais croyez moi, je me contrefiche de la politique Feuerbach ou Von Kreiglitz, seuls mes amis comptent... En l’occurrence, mon ami d'enfance Alan... Et vous, ma muse, désormais... Ne vous connaissant point, j'ai laissé Alan faire ses détestables petites magouilles dans votre dos, peu me chauffait, je pardonne tout à mes amis, mais c'est terminé maintenant que je vous aime.

Un regard clair et franc dans celui de Lucrétia, mais toujours un soupçon rieur. Il ne pouvait sans doute pas s'en empêcher:

-Ne jouons pas le jeu de ces puissances Talabrigandes qui en vérité se fichent des pions que nous sommes pour elles! Soyons au milieu, sans parti. Tels d'opportunistes anguilles rusées. Et sortons en tous grandis.
Je vous en prie, Madame, vous ne m'aimez sans nul doute pas autant que je vous aime, c'est impossible, et au rebours vous me détestez peut-être... Mais vous m'apprécierez réellement lorsque vous verrez tout ce que j'ai à vous offrir, cela, c'est une garantie. Laissez nous une chance.
J'ai plus de cent ans, je mérite d'être mieux connu et suis plein de surprise. Essayez moi.


Après ce long discours, clamé avec une emphase telle que le temps put paraître figé, il sourit à ses derniers mots et abaissa sa flèche - mais il pouvait bien sûr la relever à tout moment il est vrai. Il était d'une beauté incroyable et sa sincérité semblait bien réelle à Lucrétia... hormis peut-être l'exagération amusée avec laquelle il parlait si légèrement d'amour. Mais il ne s'en cachait pas.

-Relâchez Alan, Madame. Enfermons donc tous ses vilains séides, et conversons aimablement tous les trois dans une ambiance plus confortable.
S'il vous plait.
Bien sûr, tu as pu agir à ta guise et interrompre son discours dans la violence quand tu voulais, ce n'est pas un hypnotiseur ;)
A part ça, si tu veux faire avancer les choses dans son sens, tu peux, ça devrait alors se passer comme il dit (Les siens mis en prison... par contre n'espère pas qu'il se laisse vraiment prendre en otage, il gardera son arc)

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Lucretia Von Shwitzerhaüm
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Re: [Arzhvael et Ombeline] Noble désordre

Message par Lucretia Von Shwitzerhaüm »

  • Aucun problème pour l’intégralité de ta quote, et les faits que tu passes de temps à autre sur le forum et que l’on puisse voir le conteur te souhaiter la bienvenue sur la Cb rassurent dans le sens où cela indique tu n’as pas abandonné =D (ce que de nombreux Mjs ont déjà fait).
    Edit : et vu que tu as deux jours de congé et que tu m'en parles dans l'optique, peut-être, d'avancer un petit peu, j'en profite. :mrgreen:
    Tout se jouerait d’un instant à un autre, et la moindre décision plongerait un silence pesant où tout le monde se jetait des coups d’œil incertains en ce qui pouvait soit être un bain de sang, soit une négociation tout aussi tendue. Et la décision incombait au seigneur elfe, qui en comprenait et mesurait bien tous les risques possibles ; son visage était concentré alors que son esprit travaillait aussi vite qu’il en était capable, pesant le pour et le contre, se demandant vraisemblablement si la proposition de la jeune femme était acceptable ou non. La pointe étincelante de la flèche dardée sur son front la menaçait toujours, mais, l’elfe devait s’en rendre compte également, la sagette menaçait également Alan. Lucretia ne doutait pas de la prestesse d’un elfe quant au maniement d’un arc, mais elle ne doutait pas non plus de ses propres capacités, et, dans un prompt geste, c’eût été le visage du baron qu’elle aurait mis droit devant la trajectoire de la flèche. Etait-ce à cela que pensait Domi ? La baronne ne le saurait probablement jamais, mais toujours fut-il que, une fois la décision prise, elle ne s’en souciait plus ; Lindelindelle avait agrée à son accord.

    Sur un ton impérieux, il ordonna à ce que tous ses soldats sortissent de la pièce, incluant les propres gardes de Lucretia. Celle-ci fronça les sourcils en se disant qu’une incompréhension demeurait quelque part quant à ce qu’elle avait exigé. Le départ signifiait le départ de ces fourbes invités de la salle, mais également de son domaine, là où ses miliciens et Alan étaient tenus d’y rester. Il n’était pas question d’otages ou de quoi que ce fût d’autre, mais il fallait bien avouer qu’avoir évité un bain de sang était déjà une première étape des plus importantes et ne nécessitait pas, pour le moment, à ce que l’on envenimât les choses. Ainsi sortirent-ils tous de la pièce après un dernier petit et pitoyable et futile ordre de la part d’un misérable Alan qui s’était souillé. Et à Domi de prendre la parole.

    Il avait beau prôner la paix, la pointe de sa flèche brillait toujours autant en direction de la jeune femme et de son otage. Il demandait à ce que Lucretia agît avec sagacité après qu’il eût concédé à faire sortir ses hommes d’armes, appelant à ce que l’on discutât de tout cela au calme et dans la bonne entente. Comment une telle atmosphère pouvait-elle encore être créée lorsque l’on avait vécu le climat de tension et de violence qui avait habité le manoir quelques minutes auparavant ? Elle ne doutait pas que jamais une entente cordiale pouvait être instaurée entre les deux clans, et que cette même atmosphère électrique viendrait s’insinuer au beau milieu des négociations, telle l’ombre d’un serpent sifflant dans les ténèbres. S’il veut jouer à ce petit jeu-là, je peux tout autant bien me montrer bonne concurrente. Et son arme, eu égard à celle de Domi, ne quitta jamais la gorge du baron.

    Les paroles de l’elfe sonnaient affreusement fausses aux oreilles de la jeune femme. Elles eussent pu être vraies si la jeune femme avait ignoré tout ce dont lui avait révélé Alan alors qu’elle lui avait manipulé l’esprit. N’avait-il pas avoué qu’il avait été l’auteur du meurtre de Carl afin de saper ses défenses et de la rendre d’autant plus vulnérable qu’elle n’aurait plus personne sur qui se reposer et prendre conseil ? Et l’elfe lui assurait à présent que tous deux ne voulaient qu’aucun sang fût versé ? Ce genre de remord hypocrite et faux-cul laissait un goût amère à Lucretia, quand bien même se doutait-elle que Domi ne parlait qu’en ce qui concernait la situation dans laquelle ils se trouvaient présentement. Elle laissa le verbeux elfe continuer sa tirade en l’écoutant d’un air mitigé et guère convaincu. Il alla même jusqu’à pousser le vice en lui avouant ô combien il l’admirait, à quel point serait-il triste si elle en venait à disparaître, et, mieux encore, à quel point il l’aimait véritablement.

    Etait-ce effectivement une entourloupe ou était-il sincère ? La question méritait que d’être posée, et la jeune femme y pourpensa longuement. Le seigneur elfe n’avait cessé de lui prêter quelque discours dithyrambique et de la louanger pour sa beauté, sa grâce et son intelligence là où il n’avait pensé trouver de prime abord qu’une petite nobliette de campagne à qui l’on avait cédé un domaine qu’elle ne saurait gérer. Un Haut-Elfe qui s’amourachait d’une simple humaine ? Les cas allant en ce sens ne devaient certainement pas être légion, ce qui rendait cette hypothèse quelque peu étrange… A cela près que Lucretia n’était pas qu’une simple humaine, même si elle ne faisait rien pour que l’on abonda en ce fait.
    Mais il pouvait tout autant s’agir d’une sournoiserie utilisée afin de la flatter et de la duper par la suite lorsqu’elle aurait abaissé ses défenses.

    Lorsque Domi aborda le cas du Chevalier des Fleurs, le visage de la baronne se teinta d’incrédulité ; n’était-ce pas son vis-à-vis qui avait justement ordonné à Philippe de l’éliminer ? Puis, habilement, elle laissa exprimer une certaine fureur ; comment pouvait-il faire comme si de rien n’était ? Si, alors que Domi avait ordonné au bretonnien l’exécution de Lucretia, cette dernière était-elle toujours là là où le chevalier n’était plus, cela ne signifiait-il pas que l’homme avait échoué et était probablement mort, et peut-être même que, au bord du trépas, ne risquant désormais plus rien que ce qui était inéluctable, il avait avoué qui était le commanditaire de l’assassinat, Domi ? La maîtresse de céans termina sur une dernière touche de soudaine lucidité qui éclaira son expression ; peut-être avait-ce été en vérité le mage rouge qui avait demandé à Philippe d’éliminer la baronne, et l’assassin-chevalier, aux portes de la mort, n’ayant pas voulu trahir son véritable maître, avait décidé de lui confier que le commanditaire n’était pas autre que Lindelindelle, afin de brouiller les pistes et d’envenimer la situation par-delà la mort comme l’eût fait un bon et fidèle assassin.
    Il fallait, après tout, que sa version des faits concordât avec celle qu’elle avait avouée à Alan juste avant de sortir de la pièce ; toute crédule qu’elle était dans son jeu théâtral, Lucretia était persuadée que c’était Lindelindelle qui avait demandé à Philippe de la tuer en traitre.

    La baronne médita également sur la contre-proposition de ce prétendu soupirant. Que ces deux-là, le Chevalier des Fleurs étant mort, restent chez elle en tant qu’otage et que les gardes soient mis en prison. L’idée était tentante, mais n’était-ce pas, au fond, abriter le loup dans la bergerie ? Que l’elfe lui conte l’intégralité du méchant complot à son encontre ? Voilà une perspective intéressante qui méritait d’être prise en compte, et qui permettrait assurément de lever le voile sur bien des choses. Encore fallait-il compter, justement, avec les fourbes talents de l’elfe en tout ce qui touchait à l’éloquence, mais également à la manipulation ; pouvait-elle véritablement lui faire confiance ? Et se retirer de ce jeu politique en laissant les Feuerbach et les von Krieglitz s’entre-déchirer ?

    Lucretia pouvait très bien rejoindre les premiers ; s’ils parvenaient à prendre l’ascendant sur la duchesse Elise, alors jouirait-elle immédiatement d’une position importante pour avoir compté assez tôt parmi les alliés des Feuerbach en sus de les avoir épargnés. Mais cette idée ne la mettait point en confiance ; ceux-là n’avaient jamais cessé de tenter de la tromper, et s’ils s’y étaient essayés une fois, sûrement réitéreraient-ils à nouveau leurs tromperies. Et ce n’était pas Alan qui gouvernait, lui qui se révélait n’être qu’un vulgaire pion, peut-être plus, encore, que la baronne elle-même, ni le seigneur Lindelindelle, qui n’avait aucun poids ou titre politique autre que celui d’ami des Feuerbach. Non, il s’agissait bien de l’oncle ; lui seul dirigeait le tout, lui seul tirait les ficèles de cette grande cabale. Et il n’était pas dit qu’il vienne à accepter l’idée que celle qu’il voulait détruire entre dans son jeu, de son côté.

    Le plus sage était certainement de continuer d’être la bonne petite vassale de la duchesse von Krieglitz. Certes, une telle dénomination n’avait rien de très attirante et honorable, citée en ces termes, mais c’était le poste qui lui assurerait probablement le plus de succès si elle parvenait à tirer son épingle du jeu. Lucretia n’avait pas non plus à se plaindre de sa suzeraine qui, au fond, l’avait dotée de terres, d’un village à administrer, d’armes très chères pour sa défense, et d’une vie confortable. Pourquoi en venir à la trahir alors qu’elle l’avait pourvue de tout cela ? La duchesse lui faisait déjà quelque peu confiance pour lui avoir céder l’un de ses domaines, et sûrement ne serait-elle que plus encline à lui donnait crédit après qu’elle aurait appris les véritables objectifs des Feurbach. Il ne suffisait à Lucretia que d’envoyer une lettre en expliquant tout ce qu’il s’était passé pour ce faire, et, dans le pire des cas, pour l’avertir de sa situation très délicate qu’elle parvenait nonobstant à maîtriser toute seule, du moins, pour le moment, face à la deuxième famille la plus puissante de la région.
    Ou peut-être même pouvait-elle jouer le jeu de Lindelindelle que pour mieux avertir la duchesse de Talabheim ? Lucretia aviserait, mais, quelque serait sa décision finale, il était certain que Domi lui devait des explications.

    « Vous me voyez très flattée d’une telle considération ; l’on me conta longtemps la beauté et la grâce des elfes de vos régions, et être tout autant éligible que l’une d’entre elles me porte déjà aux nues. Toutefois, devrais-je vous croire pour autant, devrais-je croire à votre amour pour moi là où vous fricotez avec ma propre servante ? Mais, me direz-vous, il n’y a pas d’amour que vous nourrissiez pour ma pauvre Elsa ; simplement une volonté de se jouer d’elle et d’en profiter, muée un avide besoin de savoir ce qui se trame sur mon domaine dans le but de contrecarrer mes plans. Chacune de ces hypothèses vous place en porte-à-faux, en vous désignant comme un être manipulateur et perfide. Mais, je vous en prie, si vous vous êtes véritablement amouraché de ma personne, si ces actes ne comptent plus, prouvez-le-moi diligemment », le défia-t-elle, et il n’y avait pas d’ironie dans ses paroles, mais bien une véritable curiosité de savoir jusqu’où il pouvait aller. Et elle continua sur sa lancée.

    «Comment avoir confiance en vous lorsque, d’après ses propres dires, vous aviez envoyé le Chevalier des Fleurs m’éliminer discrètement dans la forêt ? Il me le confia sur son lit de mort que constituait ce tapis de feuilles tombées des arbres, après que je réussisse à m’abaisser juste à temps alors que volait en direction de ma tête, dans mon dos, son épée. Un coup de dague, tandis qu’il se retrouvait emporté par son mouvement qu’il pensait être arrêté par mon propre corps, porté dans le défaut de son armure et lui perforant le foie aura eu raison de lui. La stupeur et le déshonneur de s’être laissé faire battre par une simple femme l’obligea à revoir ses considérations envers le sexe faible, et, plus particulièrement, envers moi. Et ce fut avec tant de ferveur qu’il m’avoua votre odieux ordre, aux portes de la mort, alors qu’il ne risquait désormais plus votre courroux pour avoir échoué, que j’aurais du mal à croire qu’il eût pu me mentir ne serait-ce qu’un seul instant. Et jamais un chevalier bretonnien ne mentirait sur un tel fait, en livrant son âme après l’avoir cachée de toutes ses forces : il a agi de la sorte, sur votre ordre, pour un acte aussi fourbe qu’odieux, me conta-t-il, pour une seule raison : parce qu’il vous aimait de tout son cœur et que vous l’aimiez en retour » Lucretia marqua une pose dans son récit, fixant deux yeux plus accusateurs que jamais sur son vis-à-vis alors que sa dague restait toujours au niveau de la gorge du baron, imperturbable. « Et vous m’aimez ? Dites-moi, m’aimez-vous autant que lui, ou vous étiez-vous fourvoyé de sa personne, et le faites à présent de la mienne ? Allez-vous me demander de tuer un autre adversaire par amour, à mon tour ?

    Alors oui, je ne connais pas toute la vérité, bien qu’en connaissant une certaine partie toutefois, et il est de votre devoir que de me la conter dans son intégralité. Seulement après serais-je en mesure d’adopter quelque décision que ce soit, peut-être même une décision qui, effectivement, nous correspondrait à tous les trois.
    »
    Pas de violence (enfin, je ne pense pas trop ou, du moins, s'il y en a un peu, pas de quoi le mettre en rage comme le mage rouge [j'espère, mais de toute façon, il mérite bien que je m'endêve quelque peu n_n]) ; je voudrais juste qu'il me dise, vu qu'il en parle, la totalité de l'histoire. J'aviserai par la suite.
Modifié en dernier par [MJ] Bonnepierre le 12 févr. 2013, 01:58, modifié 1 fois.
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Compétences acquises et Dons du Sang

COMBAT :
Attaque : Coup précis (3), Arme de prédilection ( épée à une main)
Défense : Esquive, Acrobatie de combat, Sang vif (2) (DDS), Coriace,
Autres : Régénération Impie (DDS), Innocence Perdue (DDS), Valse Macabre


MAGIE :
- Sens de la Magie
- Conscience de la Magie
- Maîtrise de l'Aethyr - niveau 3

CHARISME :
- Diplomatie
- Éloquence
- Séduction
- Intimidation
- Comédie
- Etiquette
- Intrigue de cour

INTELLIGENCE :
- Domination (DDS)
- Érudition
- Littérature
- Linguistique
- Histoire
- Administration
- Enseignement
- Connaissance végétale
- Langue étrangère : Kislévarin
- Connaissance des démons

INITIATIVE / HABILETE :
- Sang vif (DDS)
- Réflexes éclairs
- Escalade
- Monte - chevaux
- Sens Accrus
- Vision nocturne

AUTRES :
- Défi de l'Aube (DDS)
- Ame Profane (DDS)
- Forme de Familier : Corneille (DDS)
- Sang argenté (DDS)
- Alphabétisation
- Force accrue
- Chance
- Préparation des poisons

Inventaire :
- Griffe d'Ursun
- Veste de cuir & pèlerine en "voyage" / robe habillée en "réception"
- Anneau de promptitude
- Bague du tumulus
- Sacoche de chanvre
- Lettre de la comtesse
- Gemmes et pépites d'or
- Fleur de salicaire
- Glandes à venin
- Poison (?)

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[MJ] Bonnepierre
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Re: [Arzhvael et Ombeline] Noble désordre

Message par [MJ] Bonnepierre »

Désolé, vu que tu lui annonces la mort de son cher amant, ça m'étonnerai qu'il disserte beaucoup de complots :S
Alors qu'il tenait désormais son arc le long de son corps, et non plus dardé vers Lucrétia, Domi Lindellindele avait ouï les premières paroles de son "hôte" avec une moue modératrice et aimable, signifiant doucement son désaccord sur certains points trop sévères envers sa personne, mais n'en prenant pas pour autant ombrage. Les mots "manipulateur et perfide" l'avaient manifestement chagriné, mais il n'était pas homme à se braquer au moindre mot qui le heurtait, loin s'en fallait.

Pourtant, heurté il le fut, ensuite...

Dès que Lucrétia enchaîna à propos du Chevalier des Fleurs, le visage du bel elfe se montra sous son vrai jour.
«Comment avoir confiance en vous lorsque, d’après ses propres dires, vous aviez envoyé le Chevalier des Fleurs m’éliminer discrètement dans la forêt ?" lui asséna Lucrétia.
L'oeil de Domi s'arrondit, effaré, tandis qu'un de ses sourcils s'abaissait dans une totale incompréhension.
"Il me le confia sur son lit de mort que constituait ce tapis de feuilles tombées des arbres," poursuivit Lucrétia, "après que je réussisse à m’abaisser juste à temps alors que volait en direction de ma tête, dans mon dos, son épée. Un coup de dague, tandis qu’il se retrouvait emporté par son mouvement qu’il pensait être arrêté par mon propre corps, porté dans le défaut de son armure et lui perforant le foie aura eu raison de lui."
Là, Domi blêmit considérablement, partagé entre une haine non cachée vers Lucrétia et un regard inquisiteur, mais aussi affolé, vers Alan... mais surtout, un total égarement. Il ne comprenait rien... à part que son amant des Fleurs était mort.
Lucrétia acheva alors, non pas de culpabiliser l'elfe, mais de l'envoyer sombrer dans un abîme de désespoir, d'impéritie et de rébellion:
"La stupeur et le déshonneur de s’être laissé faire battre par une simple femme l’obligea à revoir ses considérations envers le sexe faible," dit-elle, et, plus particulièrement, envers moi. Et ce fut avec tant de ferveur qu’il m’avoua votre odieux ordre, aux portes de la mort, alors qu’il ne risquait désormais plus votre courroux pour avoir échoué, que j’aurais du mal à croire qu’il eût pu me mentir ne serait-ce qu’un seul instant. Et jamais un chevalier bretonnien ne mentirait sur un tel fait, en livrant son âme après l’avoir cachée de toutes ses forces : il a agi de la sorte, sur votre ordre, pour un acte aussi fourbe qu’odieux, me conta-t-il, pour une seule raison : parce qu’il vous aimait de tout son cœur et que vous l’aimiez en retour"
Il est à penser, à la physionomie figée de Lindelindelle, qu'il n'écouta rien de la suite du discours mensonger de la lahmiane. Car l'annonce de la mort de Philippe d'Artois semblait l'avoir anéanti, celle qui faisait de lui-même un commanditaire d'assassinait l'avoir stupéfié, et celle qui accusait son amant chevalier, si noble et pur, d'être un assassin aux ordres l'avoir insulté comme jamais.

Ce siècle d'existence, dont s'était enorgueilli Domi Lindellindele et qui semblait le détacher de tout et tout lui faire trouver amusant, venait d'être balayé en un instant. Un cet instant, l'on aurait dit un nouveau-né.
Aucun acteur, aussi divin fût-il, n'était capable de montrer tant de réels sentiments, tant d'accablement et d'hébétude.
Domi Lindellindele ne jouait plus.

Mais les habitudes ont la peau dure, il se reprit bien vite... et si Lucrétia voulut réagir avant lui, pas sûr qu'elle eût réussi, vitesse vampirique ou pas...
Son arc s'était relevé, flèche de nouveau dardée sur la lahmiane. Son regard était écarquillé, miroitant comme un ciel en instance de tempête:

-Qu'est ce que tu racontes? Es-tu devenue folle? Ou l'as-tu toujours été? Philippe, un tueur de femmes? C'est du délire! Tu es totalement démente! Je connais Philippe depuis des années... De plus je suis bien placé pour savoir que je n'ai demandé la mort de personne, et encore moins à Philippe! Jamais il n'aurait levé la main sur une dame!
Il eut un ricanement aigre, sans plus d'espoir... Toutefois son arc menaçant resta plus ferme que jamais:
-Quel est ce jeu absurde? Je ne vous imaginais pas si maladroite, siffla t-il, reprenant à la fois le vouvoiement et une certaine contenance: Vous me taxez - à tort - d'être un fourbe et un perfide, mais vous? Qu'êtes vous? Je ne comprends pas, et cela vous ne me l'entendrez pas souvent avouer avec autant de sincérité. Au premier abord, vous ne paraissez pas stupide, au contraire! Alors pourquoi verser dans un conte aussi extravaguant? Qu'attendiez vous? Que je vous dise "oui oui" je suis un salaud qui veut votre mort? Et que j'ai été assez stupide pour engager pour ce faire le seul être qui jamais n'eût fait de mal à un innocent?

Philippe voulait partir, tant tout ce qui se jouait ici le répugnait. Et moi je m'en fichait et laissait faire. J'ai vécu assez de vies humaines pour ne plus m'attacher à vos petites chamailleries politiques. Je m'attache seulement aux êtres, à rien d'autres: à un bon Chevalier naïf et touchant, un enfançon dodu destiné à être baron, voire une touchante cuisinière rougissante...
Il soupira, dépité, mais sans se déconcentrer de son arme ni du front de Lucrétia:
-Alan m'avait demandé de vous divertir tandis qu'il complotait... juste de vous divertir... Et votre mort n'a jamais été prévue ni par lui ni par moi...
... Jusqu'à maintenant, car je vais peut-être changer d'avis... Je suis sans doute à la fois le plus inoffensif et le plus dangereux qui jamais fût entré dans votre Manoir.
Ses derniers mots furent dits d'un ton qui évoqua le glas:
-Pour votre bien, réfléchissez bien à la sincérité de votre réponse à ces questions: Comment est mort Philippe? Pourquoi? Et je veux la vérité cette fois. Mentez, vous mourez.

Tout, dans sa tenue d'arc, son oeil perçant et à l'affût, sa concentration extrême, dénotait le fait qu'il ne prenait plus Lucrétia pour une anodine et mignonne baronne... L'avait-il percée à jour? Par forcément... Car une femme qui parvient à la fois à tuer le Chevalier des Fleurs, vaincre un mage rouge de haut rang, ainsi qu'un assassin patenté est déjà quelque chose qui mérite une réelle prudence n'est-il pas?

Haut Elfe Ancien contre Vampire Expérimenté... Qui saurait dire qui l'emporterait si les hostilités étaient lancées?

Comme lorsque notre dernière heure est proche - du moins potentiellement - et cela qu'on fût vivant ou mort-vivant, un afflux de souvenirs revient parfois en mémoire durant quelques secondes. Lucrétia expérimenta t-elle cela?

-Je ne suis pas votre ennemi, Madame, avait soufflé Philippe un peu avant sa mort, pas moi non. Que la Dame du Lac m'en soit témoin, je veux au contraire vous garder vivante, vous protéger des sombres manoeuvres de ceux qui m'accompagnent! Son ton était monté, implorant: Je ne suis point "avec eux", comme vous m'en accusez, je suis avec Domi Lindellindele c'est tout! Je ne savais point avant aujourd'hui ce que ces gens avaient en tête! Je prenais le Baron Feuerbach pour un ami, ou du moins un honnête compagnon, et je me suis bien trompé!
_____
-Je fais ce que je veux, Philippe! avait maugréé l'elfe sous l'oeil d'oiseau de Lucréita. Et ne va pas t'imaginer n'importe quoi! Je me fiche de cette cuisinière! Et tout autant de sa maîtresse!... Reste donc ici avec moi!
Le Chevalier hésita:
-Je n'aime pas.... je... ce jeu que vous jouez avec elle!... C'est impropre!
-Bienvenue dans le monde de la politique, mon petit, s'était moqué l'elfe: Tu sais très bien que je vais faire ce qu'on me demande! Protège la, reste ici, c'est tout ce que MOI je te demande! Sans toi tu sais bien ce qu'il adviendra! Et puis marde! Fais ce que tu veux!
-Tu sais très bien ce que je vais faire...
Rire jaune de l'elfe:
-Et je ne te le reprocherais jamais...
Ils s'embrassèrent.

_____
"Tu sais très bien ce que je vais faire"... Qu'allait faire le Chevaliers des Fleurs?
_____
-Vous courez un danger, Madame, mais lequel je ne le sais. Toutefois... Si fait, je vous en protégerai!

Retour au réel... Un elfe, une flèche pointée sur Lucrétia, un baron grassouillet tenu en respect par un poignard en haut d'escaliers...
Alan pleurnicha, son dos tremblant contre le torse de la lahmiane:
-Je suis désoléééé... Je... Moi je vous aimait Madame! J'ai jamais rien ordonné pour vous tuer!...

Nouveau souvenir, la réponse sincère et forcée d'Alan à une question dominatrice, un soir de deuil:

-Vous épouser, Madame, est devenu mon voeu le plus cher maintenant que je vous connais. Et plus seulement pour des motifs politiques... Mais il va de soi qu'il faudrait que vous vous rangiez à mes vues et celles de mon Oncle pour pouvoir conserver le contrôle de vos terres... Mais surtout, je voudrais que vous m'aimiez autant que je vous aime...
______

Mais n'oublions pas, surtout, la question présente de Lindellindele, car celle-ci pourrait valoir une flèche entre les yeux:

Comment est mort Philippe? Pourquoi? Et je veux la vérité cette fois. Mentez, vous mourez.
Je ne sais pas si tu fais exprès, si tu crois vraiment ce que ton perso raconte, ou si je me suis vraiment si mal exprimé dans mes rp... mais en tout cas je kiffe! :D
NB: Sachant que tu tiens à ta fiche, attention à l'elfe, ça pourrait se jouer à peu si ça dégénère, je crois l'avoir montré dans le rp, c'est vraiment le plus bill de tous, et de loin ;)

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Lucretia Von Shwitzerhaüm
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Re: [Arzhvael et Ombeline] Noble désordre

Message par Lucretia Von Shwitzerhaüm »

  • Bien sûr que non qu’il ne pouvait rien prouver ; bien sûr que non que l’elfe n’allait pas commenter les premiers propos de la baronne, ceux-là même qui le plaçaient dans une situation embarrassante et de laquelle il ne pouvait s’extirper. Quoi qu’il eût dit, tout lui donnait tort, aussi se contenta-t-il d’une petite moue aussi amusée qu’indignée, comme si cette discussion n’était qu’une trivialité de plus qu’il avait connue tout au long de sa longue vie. Lucretia n’en fut que plus insatiablement heureuse lorsqu’elle vit, enfin, pour la première fois, le visage de ce pédant d’elfe se décomposer lorsqu’elle lui apprit la mort de son chevalier, et il s’en fallut de peu pour qu’un sourire moqueur ourlât le coin de ses lèvres.

    Et du mensonge inventé de toute pièce par la jeune femme, Domi ne s’en retrouva que plus affecté encore, envahi par le désarroi, l’incompréhension ; submergé par une tristesse qui lui fit vite oublier son éternel sourire affable qu’il se composait en permanence. Si affecté, en vérité, qu’il en oublia immédiatement ses manières, et, relevant son arc avec une fureur qui illuminait à présent son visage, cracha ses propos belliqueux en direction de la maîtresse de céans, laquelle se tenait toujours derrière le baron qu’elle menaçait de sa dague. Lindelindelle alla même jusqu’à la tutoyer, lui, ce parangon de civilité, de modèle de courtoisie, perdait à présent ses moyens face au discours de la belle, et celle-ci avait tellement envie d’aller plus loin dans ses accusations, de retourner le couteau dans la plaie, qu’elle en bouillait presque sur place. Tu veux me tuer ? Tu le veux véritablement ? Eh bien, viens, je t’attends de pied ferme. . Mais ce ne furent pas ces affronts qui sortirent le la bouche de la jeune femme, affronts qui, d’une façon ou d’une autre, n’eussent mené à rien d’utile, si ce n’était la satisfaction passagère et tellement éphémère que de lui avoir fait ravaler son caquet. Il n’en ressortirait pas la suite qu’un grand vide une fois que le carnage aurait eu lieu, et une suite de décès à expliquer. Le problème n’était pas le de faire ; ils s’étaient tous impatronisés chez elle en complotant ardemment pour sa chute, allant jusqu’à tuer son conseiller et à la menacer ouvertement jusqu’à l’attaquer, mais il y avait, possiblement, toujours des pions à déplacer d’une manière plus constructive.

    Dans son esprit, une scène falsifiée se reconstitua, inventée de toute pièce, mais toujours digne de lui transmettre un courroux qui lui serait utile par la suite, lorsqu’elle répondrait à l’elfe. Ce fameux moment où, oui, elle avait décidé de laisser la vie sauve au Chevalier des Fleurs. Elle l’avait insulté, il était vrai, et il s’en était offensé, jusqu’à lui ordonner de le mettre à mort si cela lui chantait. Mais dans sa magnanimité, Lucretia lui avait offert la vie sauve, ainsi que ses plus plates excuses. Et elle s’était agenouillée à son tour, en face de Philippe, lui avait pris les mains dans les siennes, et lui avait expliqué à quel point elle était désolée, à quel point son comportement avait été déplacé. L’homme avait paru satisfait, avait souri, même, jusqu’à acquiescer de la tête et lui proposer sa main pour qu’elle se relevât. Et alors que la jeune femme s’était retournée en direction de son manoir, afin de guider la route, un horrible pressentiment l’avait submergée. Celui d’un danger imminent, d’un éclair, d’une fraction de seconde à travers lequel toute une vie pouvait s’en retrouver altérée, modifiée, si ce n’était tout simplement supprimée. Et Lucretia s’était jetée au sol alors qu’une lourde épée d’acier fendait l’air juste au-dessus de sa tête. Elle n’eut que le temps, pour sauver sa vie, de s’armer de sa dague et de se projeter sur le chevalier qui, pensant décapiter la noble, s’était retrouvé emporté par son élan, déséquilibré. Aussi proche l’un de l’autre, dans ce corps à corps inattendu, Lucretia, poignard en main, avait eu l’avantage, et n’avait pas eu d’autre choix que de plonger la lame à travers le défaut de l’armure de son opposant, perforant les chairs et le foie. Du visage hargneux de Philippe n’avait ressurgi qu’une expression d’incompréhension et de honte que d’avoir échoué alors que sa force tout autant que de son s’écoulaient de son corps. Et c’était là qu’il le lui avait dit. Il n’avait pas apprécié la façon dont la jeune femme l’avait comparé, mais, s’il lui en tenait une petite rancune, ce n’était pas pour cela qu’il avait agi de la sorte. Non, alors que son âme se tenait prête à rejoindre le royaume de Morr et que son visage palissait de plus en plus, il lui avait révélé avoir agi ainsi par amour, sur ordre de Domi. Et il s’en était allé.

    N’avait-elle pas endêvé, par la suite, hurlant toute seule dans la forêt à l’encontre de ce Chevalier des Fleurs qui avait agi aussi stupidement ? Mais sa fureur n’avait pas trouvé source à travers le refus du bretonnien de la servir, non, mais bien parce qu’il avait osé l’attaquer en traître, aussi fourbement qu’un assassin dénudé de toute morale. Et la baronne avait donné de furieux coups de pied dans la carcasse métallique, l’invectivant de tous les noms possibles et inimaginables parce qu’elle lui avait fait confiance en ne l’égorgeant pas, en lui sauvant la vie, et qu’il en avait sournoisement profité pour tenter de la supprimer alors même qu’elle avait le dos tourné.

    Et ce fut cette colère-là, cette ire soudaine de ce mensonge éhonté qui lui traversa le corps, dans cette salle où se trouvaient Alan et Domi. Modifier ses remembrances altérer la réalité et lui donner tant de crédit et de foi, n’était-ce pas le meilleur moyen pour être convainquant ? Et elle s’imaginait tellement ce mensonge inventé de toute part que l’on eût juré que sa colère se puisait dans un souvenir réel qui l’avait marquée à jamais. A tellement croire ce mensonge qu’il devenait réalité dans l’esprit de la jeune femme, et réalité dans le monde là où il n’y avait eu personne pour constater du contraire. Certains qualifieraient un tel comportement de folie, d’autres, d’un habile stratagème visant à persuader son vis-à-vis que vous étiez dans le vrai. Et qu’importait l’opinion générale qui s’en retirer ; Lucretia était à présent habitée par un outrage si fort d’avoir été trompée et prise en traître alors qu’elle venait d’accorder son pardon et sa confiance que ses yeux pétillaient de fureur et d’incrédulité.

    «Ce conte que vous qualifiez d’extravagant n’en est pas moins vrai, cracha-t-elle avec hargne. Et je ne vois pas de stupidité là où vous avez engagé ce qui était probablement l’homme, pour les mêmes raisons que vous prétendez, à qui je faisais le plus confiance dans votre petit groupe d’intrigants. Celui que je croyais connaître comme un vrai et noble et probe chevalier bretonnien, celui que l’on croise, naïvement, dans les contes que l’on raconte aux petites filles. Celui pour lequel j’éprouvais une véritable sympathie, voire de l’affection, là où je me défiais, et avec tout autant de raisons, de Rüssel ou de cet assassin de valet. Et ce son beau visage, je n’ai vu qu’une expression défigurée par la hargne lorsque je me retournai pour échapper à son coup d’épée. Alors, vous voulez savoir comment Philippe est mort ? Vous voulez vraiment que je retourne le couteau dans la plaie ? Il est mort en souffrant du sang qui s’écoulait de sa plaie, parce qu’une blessure au niveau du foie est mortelle, lentement mortelle. Et je n’ai agi de la sorte qu’après qu’il m’eût attaquée, à votre dem… »

    Lucretia s’arrêta soudainement dans sa logorrhée, auscultant, yeux plissés, l’elfe qui se trouvait en bas de l’escalier. Il avait parlé avec tant d’emphase et de sentiments ; était-il possible qu’il n’y fût véritablement pour rien dans cette mascarade ? Ou du moins, dans le geste du chevalier quant à sa personne ? Elle s’adressa à nouveau à Domi, toute trace de rage effacée de sa voix.

    «Etes-vous certain d’avoir connu Philippe aussi bien que vous le prétendez ? La jeune femme parlait lentement, comme si elle était en train de réfléchir à ce qui était en passe d’être une véritable découverte pour les deux partis. Ne répondez pas immédiatement, et prenez bien le temps de réfléchir. Votre cœur vous assure que oui, parce que vous l’aimiez également… Et surtout, parce qu’il n’y a rien de plus difficile au monde que d’admettre que vous avez été trompé parce lui en qui vous faisiez le plus intimement confiance, celui pour qui vous eussiez probablement donné votre vie pour le sauvé, mais qui, en fin de compte, n’eût jamais fait de même vous concernant. Dites-moi donc ; se peut-il que le mage ou l’assassin eussent employé, sans que vous ne l’eussiez jamais su, le Chevalier des Fleurs, qu’il se fût joué de vous tout au long de votre histoire ? A tel point qu’il eût encore joué le jeu du mage ou du valet alors même qu’il était en train de mourir ? Car, si vous affirmez ne jamais l’avoir poussé à commettre un tel acte là où il m’assura, sur le point de mourir, que ce fut vous, je ne vois pas d’autre alternative à ce que, moi, j’ai vu et vécu.»
Modifié en dernier par [MJ] Bonnepierre le 13 févr. 2013, 22:51, modifié 1 fois.
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- Sens de la Magie
- Conscience de la Magie
- Maîtrise de l'Aethyr - niveau 3

CHARISME :
- Diplomatie
- Éloquence
- Séduction
- Intimidation
- Comédie
- Etiquette
- Intrigue de cour

INTELLIGENCE :
- Domination (DDS)
- Érudition
- Littérature
- Linguistique
- Histoire
- Administration
- Enseignement
- Connaissance végétale
- Langue étrangère : Kislévarin
- Connaissance des démons

INITIATIVE / HABILETE :
- Sang vif (DDS)
- Réflexes éclairs
- Escalade
- Monte - chevaux
- Sens Accrus
- Vision nocturne

AUTRES :
- Défi de l'Aube (DDS)
- Ame Profane (DDS)
- Forme de Familier : Corneille (DDS)
- Sang argenté (DDS)
- Alphabétisation
- Force accrue
- Chance
- Préparation des poisons

Inventaire :
- Griffe d'Ursun
- Veste de cuir & pèlerine en "voyage" / robe habillée en "réception"
- Anneau de promptitude
- Bague du tumulus
- Sacoche de chanvre
- Lettre de la comtesse
- Gemmes et pépites d'or
- Fleur de salicaire
- Glandes à venin
- Poison (?)

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[MJ] Bonnepierre
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Re: [Arzhvael et Ombeline] Noble désordre

Message par [MJ] Bonnepierre »

Test d'opposition de crédibilité:
Lucrétia (INT +4 (séduction, Eloquence, diplomatie, comédie)) : 14, réussi de 7 (bonus rp +4 = réussite de 11)
Domi: 1 au dé, c'est le jeu, réussite critique...
Le visage fermé, et sa flèche toujours si menaçante, l'elfe avait écouté Lucrétia en la scrutant avec haine.
Il soupira finalement, désabusé... et lâcha sa flèche.
Tir visé ( bras tenant la dague, sans malus) : 10, réussi
Dommages: 34 (arme, perforante 6 , ignore donc le cuir) - 12 (END) = 22pv, reste 103pv à Lucrétia
Test de FOR -2 de Lucrétia: 12, réussi pile, elle garde sa dague

C'était un coup "surprise", voyons les initiatives du 1er Round:
Lucrétia a 18
Domi a 16
C'est à Lucrétia de faire sa première action/attaque... Puis à lui.
Bon, ben, ça part en baston... désolé. Je vais rp très vite, les baston de ce niveau, c'est galère, vu que vous avez plein d'actions, et que c'est une chacun son tour...
Bonne chance :twisted:

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