Vingt petits arabiens...

La province du Wissenland a changé de mains plus d'une fois au cours de sa longue histoire, du coup ses troupes régulières sont farouchement indépendantes. La Comtesse Emmanuelle von Liebwitz dirige cette terre depuis la ville de Nuln, mais officiellement, la capitale de la province est Wissenburg.

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Lucretia Von Shwitzerhaüm
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Re: Vingt petits arabiens...

Message par Lucretia Von Shwitzerhaüm »

  • Lucretia Von Shwitzerhaüm contempla longuement la femme, songeuse, laquelle semblait se sentir de plus en plus mal à mesure que le silence filait. Trépignant furtivement d’un pied sur l’autre, ne sachant que faire de ses mains, son regard se portait inexorablement sur le sol, attendant craintivement que la baronne prenne la parole, et semblait se rapetisser sur place à chaque seconde. La jeune femme, à l’entrée de sa chambre, laissait planer le doute, rendant l’atmosphère que plus pesante encore pour la veuve qui regrettait à présent sa demande. Demande qui l’agaçait vivement. Ne pouvait-elle pas se satisfaire de ce qu’elle obtenait ? Qu’obtiendrait-elle de par cette soudaine magnanimité à l’égard de celui qui pouvait peut-être être l’assassin de son mari ? Les gens avaient besoin d’un coupable pour se rassurer, et si elle désirait pouvoir continuer le labeur de son mari, si elle désirait survivre grâce à son commerce, il ne fallait certainement pas que les gens puissent se dire qu’un meurtre y avait été commis en toute impunité. Quoi de pire pour un établissement qu’une mauvaise réputation ?
    Mais peut-être y avait-il une solution pour calmer cette sotte, et la rassurer dans ce jugement.

    « Je comprends vos craintes et votre répulsion, soupira-t-elle finalement. Je ne peux que comprendre qu’il vous soit impensable de condamner celui qui pourrait être innocent, et du dégoût de vous-même qui pourrait vous submerger si nous nous trouvions dans le tort. Vous avez eu raison de me faire partager vos peurs et vos doutes.
    J’aimerais parler à ce meurtrier, seule à seul. Peut-être existe-t-il une possibilité de lui faire entendre raison, de le forcer à confesser ses crimes… ou son innocence. Auriez-vous l’amabilité de me confier les clefs de la chambre dans laquelle il est enfermé ?
    »

    Avec un avenant sourire, aussi franc que l’était l’éclat de ses dents, Ombeline tendit la main paume ouverte en direction de la tenancière, qui, après un petit temps de retard, se mit à fouiller frénétiquement dans son trousseau de clefs. Un ordre direct eût produit le même effet, mais à quoi bon brusquer cette pauvrette déjà si fragile ? Autant se montrer agréable et respectable, telle la noble dame prenant en pitié la gueuse assaillie par les dures épreuves de la vie.
    La clef fut déposée dans sa main, peureusement, comme si la veuve craignait de toucher cette peau douce et opaline, témoin d’une condition tout aussi éloignée qu’inaccessible pour cette petite aubergiste. Effectivement, autant les doigts d’Ombeline se trouvaient être fins et long, aux ongles impeccables, autant ceux de sa muette interlocutrice se couvraient de cals aux teintes marrons, de peau écorchée, d’ongles arrachés par le dur labeur, et la première fut soulagée que la seconde ne la touchât pas.

    Faisant un petit signe de la tête à la veuve, signifiant qu’elle n’avait plus besoin d’elle, la baronne sortit dans le couloir, refermant sa porte au passage, et, tandis que l’autre s’en retournait au comptoir, s’engouffra dans la chambre où se tenait le prisonnier.
    Celui-ci, n’ayant rien eu d’autre à faire que de patienter, s’était allongé sur le lit, et, voyant entrer Ombeline, venait de se lever. En un simple regard, il l’identifia comme celle qui l’avait condamné à mort, et l’expression étonnée qu’il avait affiché se mua en un regard noir, assassin. Mais si sa mâchoire se crispa, imaginant mille et une torture qui passèrent dans sa tête à l’intention de cette noble qui le menait à la potence, il n’esquissa pas le moindre geste. Sans doute espère-t-il avoir une chance de s’en sortir, et ne souhaite pas amincir ces chances en tentant une action déplacée, songea la nouvelle-venue.

    « Ne craignez-vous pas de vous enfermer seule dans une chambre avec un assassin sans pitié ?, demanda calmement l’homme, brisant la glace.
    - Pas le moindre du monde. Je gage que vous ne voudriez tout de même pas aggraver votre cas en tentant une quelconque imbécilité à mon encontre.
    - Effectivement,
    répondit-il après un petit moment. Je suis assez intelligent pour ne pas me conduire comme un parfait idiot. Et également pour savoir que tuer son hôte et couper les cordes d’un bac afin de s’enfermer avec ses futurs traqueurs est complétement débile.
    Une certaine rage mêlée d’exaspération transperçait insidieusement la coque de stoïcisme qu’il tentait de s’imposer.
    - Allez savoir ce qu’il se passe dans l’esprit chaotique d’un dégénéré.
    - Mais je ne suis d’aucune façon l’un de ces…
    - Je sais,
    coupa Lucretia d’un ton péremptoire. L’homme s’arrêta net, et, suspicieux, la dévisagea longuement.
    - Vous… Vous voulez dire que vous ne me croyez pas coupable… ?
    - Peu me chaut ce que vous êtes, que vous soyez coupable ou que vous soyez innocent. »


    Et avant qu’il n’eut le temps de répondre, d’esquisser le moindre geste, le regard de la jeune femme se vrilla dans le sien, ouragan smaragdin balayant tout sur son passage. Ne disait-on pas que les yeux n’étaient que les fenêtres de l’âme ? Se frayant un chemin au travers de l’esprit du présumé coupable, elle enfonça les portes de son âme, s’emparant de toutes ses réflexions et de ses pensées, les muant en un tout comprimé sous l’emprise de sa volonté.

    « Ecoute-moi bien, à présent. Tu as tué l’aubergiste. Tu es l’unique coupable. Cela fait déjà un petit moment que tu pensais à ce meurtre, depuis ton dernier passage, où, tard dans la nuit, alors que tout le monde dormait, il te fit chanter à un prix jamais autant élevé, sachant que tu faisais de la contrebande. Tu as planifié de le tuer pour éliminer l’unique personne étant au courant et qui risquait de tout révéler aux autorités si tu ne le payais pas d’avantage à chaque passage. Et tu es passé à l’acte cette nuit-même. »

    Reculant quelque peu, Ombeline l’observa s’imprégner de toutes ces vérités qu’elle venait de lui dicter. Incroyable, l’effet que cela produisait. L’on ne pouvait percevoir aucune différence, aucun changement de comportement ; seules restaient dans son esprit les injonctions qu’il appliquerait fidèlement. Et tout fonctionna à merveille.

    Lorsque l’homme descendit dans la grande salle, tous les regards se tournèrent vers lui, et sur la folle qui avait eu l’audace et l’imprudence de le faire sortir de sa chambre. Mais conformément aux ordres de sa maîtresse, le cocher apparut tête basse, repentant, et livra sans sourciller les motifs de son acte et sa culpabilité. Le silence qui s’était soudainement fait dans l’établissement fut brisé par divers soupirs de soulagement. Avec les aveux de l’homme, il était certain, désormais, que l’on ne condamnerait pas un innocent, et que, par sa mort, plus personne ne risquait de subir le sort de l’aubergiste.

    On le fit sortir sous la menace d’une épée, quand bien même ce n’était plus nécessaire, étant totalement sous l’emprise d’Ombeline. Docilement, il suivit, tête courbée, refusant de lever le regard vers l’espèce de potence que l’on avait mise en place à son attention. Plusieurs personnes s’étaient rassemblées pour assister à l’exécution, mais tous n’étaient pas présents, ne souhaitant pas constater un nouveau cadavre.
    Le cocher monta sur un tonneau placé sous une grosse et haute poutre de l’écurie, à laquelle pendait une corde dont le nœud vint délicatement se resserrer autour de la gorge du coupable. Et d’un coup sec, le tonneau fut poussé par le géant.
    Un horrible craquement retentit, suivit du léger mais lugubre balancement d’un corps mort suspendu au bout d’une corde, le cocher ayant eu la nuque brisée par son propre poids.

    Pourvu que le véritable assassin, si ce n’était pas lui, ne réitère pas ses actes, pensa la baronne. C’eût été des plus gênants. Encore qu’il était toujours possible de faire croire que le macchabé s’était sacrifié pour sauver son complice. Pour peu que le véritable coupable eût été une femme, et l’on tenait là une histoire romantique des plus tragiques. Se sacrifier pour que sa bien-aimée survive. Un sourire torve s’inscrit sur ses lèvres : Presque de quoi refaire pleurer la veuve.

    Mais le reste du séjour se déroula dans le calme, chacun vivant sa propre vie en attendant que l’on réparât le bac, ce qui prit un peu moins d’une semaine. Alors, sans un dernier au-revoir après tout ce temps perdu, ils montèrent dans le coche, qu’Arzhvael s’était proposé de conduire en l’absence de son véritable propriétaire, et s’en allèrent en direction du nord.
FOR 16 / END 14 / HAB 17 / CHAR 18 / INT 17 / INI 19* / ATT 17 / PAR 13 / TIR 11 / MAG 17 / NA 4 / PV 134/140
Ma Fiche
Objets particuliers:
- * Anneau Nowelleux (+1 INI)
- Amulette (relance d'un EC: 2/3 utilisations disponibles)

Compétences acquises et Dons du Sang

COMBAT :
Attaque : Coup précis (3), Arme de prédilection ( épée à une main)
Défense : Esquive, Acrobatie de combat, Sang vif (2) (DDS), Coriace,
Autres : Régénération Impie (DDS), Innocence Perdue (DDS), Valse Macabre


MAGIE :
- Sens de la Magie
- Conscience de la Magie
- Maîtrise de l'Aethyr - niveau 3

CHARISME :
- Diplomatie
- Éloquence
- Séduction
- Intimidation
- Comédie
- Etiquette
- Intrigue de cour

INTELLIGENCE :
- Domination (DDS)
- Érudition
- Littérature
- Linguistique
- Histoire
- Administration
- Enseignement
- Connaissance végétale
- Langue étrangère : Kislévarin
- Connaissance des démons

INITIATIVE / HABILETE :
- Sang vif (DDS)
- Réflexes éclairs
- Escalade
- Monte - chevaux
- Sens Accrus
- Vision nocturne

AUTRES :
- Défi de l'Aube (DDS)
- Ame Profane (DDS)
- Forme de Familier : Corneille (DDS)
- Sang argenté (DDS)
- Alphabétisation
- Force accrue
- Chance
- Préparation des poisons

Inventaire :
- Griffe d'Ursun
- Veste de cuir & pèlerine en "voyage" / robe habillée en "réception"
- Anneau de promptitude
- Bague du tumulus
- Sacoche de chanvre
- Lettre de la comtesse
- Gemmes et pépites d'or
- Fleur de salicaire
- Glandes à venin
- Poison (?)

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