Notre dorénavant employeur nous facilita d'autant plus la tâche qu'il commença à nous énumérer différentes pistes avant même que nous ayons eu la possibilité d'en quémander. Le côté rébarbatif de la question quant à l'enquête que nous devions mener n'avait plus raison d'être à partir du moment où nos bourses en ressortaient plus rebondies qu'à l'arrivée, tout du moins était-ce mon point de vue, et je doutais que mon compagnon du moment ne la partageât pas. Le caractère non officiel de notre mission était somme toute logique, même s'il laissait présager que la situation devait être plus délicate qu'elle ne m'avait semblé de prime abord.
Mettant rapidement fin à l'entretien après nous avoir implicitement menacé de représailles en cas de trahison ou duperie, Herr Schmidt nous congédia, et les gardes nous escortèrent diligemment vers la sortie, sans que nous ne pussions ajouter quoi que ce soit. Nous ramenant hors des beaux quartiers avec rigueur et brutalité, ils nous abandonnèrent à notre sort non loin de notre point de départ initial, ayant visiblement hâte de se débarrasser de la corvée que nous représentions pour eux. Et c'est ainsi que je me retrouvai seul avec le gamin, dont je ne connaissais d'ailleurs toujours pas le nom, dans un environnement ô combien familier, mais dans une situation pour le moins inhabituelle, celle de travailler pour quelqu'un d'autre que Dieter ou moi-même.
« Bon, faisons le point. Manifestement nous voilà embarqué dans une bonne galère comme le gros Dieter aime bien nous fourrer habituellement, mais en pire que d'habitude puisqu'elle mêle cette fois-ci des officiels. Je ne sais pas ce que tu en penses, mais personnellement je préférerai m'en débarrasser le plus vite possible et retourner à mes occupations. J'envisage dans un premier temps de prendre un peu la température dans le quartier, afin de voir ce qui se raconte, avant de nous diriger vers le temple comme il nous l'a été suggéré. J'ai quelques contacts qui sauront peut-être quelque chose d'intéressant, et à défaut faire l'inventaire des rumeurs au sujet de l'enfant pourra sans doute nous donner quelques pistes à explorer, les histoires ayant souvent un fond de vérité. Au fait, moi c'est Sigmund. »
Cette solution avait l'avantage de nous diriger vers quelques bouges plus ou moins sordides, mais où je pourrais me rincer le gosier comme il fallait, car je n'avais toujours pas digéré l'amère goût de la manipulation que nous subissions, à effectuer les basses besognes d'un aristocrate pendant que celui-ci resterait bien à l'abri dans sa demeure, hors de portée des répercussions que cela pourrait avoir. De plus, après une nuit des plus désagréables et tout le trajet que nous avions parcouru lors de cet aller-retour dans les hauts quartiers, je commençais à avoir le gosier asséché...
HJ: Voilà, Sigmund envisage donc dans un premier temps de faire le point sur les différentes rumeurs concernant l'enfant, en utilisant sa connaissance des bas-fond, son éloquence, et quelques sous pour délier les langues avares en renseignements. Sauf si Jared lui soumet une autre idée intéressante, évidemmentEt joyeux Noël ^^


