Heureusement, le Fossoyeur était une compagnie plus agréable. Tout Tzeentchi qu’il était, le faux-infirmier semblait être un homme bien plus simpliste et bien plus simplet. Il se mit même à offrir la réplique aux Nurglites, bien involontairement, en expliquant très sérieusement comment on fabriquait des bougies. Que la conversation porte uniquement sur ça provoqua des regards en croix de Valitch, qui elle aussi était à présent contrainte de simplement grignoter sans pouvoir se pavaner sur ses grands pouvoirs.
Ensuite arriva le dessert, des petites tartelettes, et du muscadet pour finir le repas. Mais Reinhard luttait contre la montre. Avant que la bague ne cesse de faire effet et qu’il se retrouve à être transformé en pseudo-démon, icône de Nurgle, devant tout le monde à table, il choisit de se relever et de prendre dignement congé.
« Je vais te raccompagner. »
Frida et Irmfried se levèrent après avoir bien graillé. Ils ouvrirent la voie et retournèrent devant le Majordome qui ouvrit le coffret dans lequel il avait scellé leurs armes ; Ainsi, ils purent tous se ré-équiper de pistolets et de fines lames, avant de traverser le jardin pour atteindre la grille de fer.
Valitch arrêta Reinhard juste devant la porte du manoir. Elle le regarda tout droit dans les yeux, avec un beau sourire.
« Bonne fortune t’accompagne, fils du Pestilent.
J’espère que nos chemins resteront mitoyens encore un petit moyen. Avant le jour où ils se croiseront. »
Ce devait être encore un de ces étranges proverbes Tzeentchi qui n’avaient aucun sens. Sûrement de quoi réfléchir et interpréter inutilement pendant un moment.
En tout cas, voilà qu’elle approchait son bec du museau du pseudo-démon, et qu’elle lui fit un petit baiser sur ses lèvres. Toute guillerette, elle retourna alors dans sa demeure, laissant Reinhard partir avec de tous nouveaux vêtements de bourgeois bien riche.
Cela ne l’empêcha pas de remettre sur ses épaules sa pèlerine sale et rapiécée, afin de couvrir son visage d’une longue capuche.
Il était temps de rentrer à la maison.
Reinhard retourna dans son petit chez-lui. En son absence, Steiner avait commencé la mise en place du déménagement. Il avait rassemblé tout un tas d’équipement, de cruche, de vaisselle en terre cuite et de saloperies qu’accumulait Mémé Gâteuse. L’intendant expliqua tout un tas de mesures qu’il pensait mettre en place, notamment pour acheter un navire et blanchir de l’argent en faisant l’acquisition de quelques lettres de change. Reinhard était très fatigué et allait être occupé toute la soirée, aussi, alors qu’il se retirait pour aller dans le sous-sol, Steiner lui posa une question très importante :
« On fait quoi pour les chats ? »
Il y en avait partout. Mémé Gâteuse en avait fait la collection. Des gros matous malades et diarrhéiques qui empestaient tout le salon.
Le magus descendit dans la cave. Karl était là, caché sous une dalle de pierre. Il rayonnait toujours de magie, qui s’était dissipée et amoindrie avec les mois qui passaient. Steiner avait certes commencé à emballer des cartons, il n’avait pas osé toucher à tous les artefacts, les tubes à essai et les livres rédigés en Langue Noire de Mémé. Alors qu’il allait s’installer à une chaise, Furug’ath se fit entendre dans son esprit.
Bon bon bon bon ; C’est bon, tu as fini ?
On a perdu bien assez de temps ! On a beaucoup de travail ! Allez, hop hop hop !
Reinhard Faul senti quelque chose brûler dans sa bouche. Une violente céphalée serrer son front. Il hurla de douleur, tandis qu’un relent d’acide tapissa sa gorge. Il se tordit en tenant son ventre. Il ouvrit grand sa bouche pour vomir.
Et là…
Rien.
Furug’ath parut soudainement… Embarrassé.
Oh, merde, je…
Je ne souhaitais pas faire ça. Enfin, je voulais te posséder un petit peu, comme ça, gentiment… Pour gagner du temps tu vois…
Heu…
Heu, pardonne-moi. Bien. On oublie ça, d’accord ?
Reinhard se releva droit dans ses guibolles.
Dans un coin de la pièce, l’état du pauvre Candiano s’était dégradé. L’immense montagne obèse se mettait à gargouiller. Son ventre menaçait d’exploser sans prévenir à n’importe quel moment.
Il est mûr à point.
Bon. Puisque je ne peux pas diriger tes mains directement, est-ce que tu pourrais, je te prie, aller vers la table et ouvrir le gros bouquin dont la couverture est faite en peau humaine sur la table ?
C’est important.
Reinhard obéit. À travers ses yeux, Furug’ath lit un petit instant.
Hmmmhm… D’accord… Très bien.
Écoute, Reinhard. Toi et moi, on va cuisiner. La dernière fois, mon petit Délice, je l’avais préparé bien soigneusement dans mon Moussillon natal. Aujourd’hui c’est pas pareil. Tu as des responsabilités.
Nous avons tout plein d’artefacts et d’ingrédients dégoûtants dans le potager de Mémé. On a tout ce qu’il faut ici.
Alors, mon petit assistant…
Qu’est-ce qui te ferait plaisir ?
Bienvenue dans la Cuisine de Grand-Père !
Reinhard Faul peut apprendre des petites recettes de maladie qui mélangent magie et connaissances en biologie et médecine. Fabriquer une maladie Nurglite demande de nombreuses manipulations techniques, des recueils de livres noirs, des pactes passés avec des démons et des expériences sur des petits animaux.
Pour fabriquer une maladie, Reinhard Faul a besoin d’un atelier ; Mémé Gâteuse en a un dans sa planque. Une fois qu’il sera parti ailleurs, il faudra que Reinhard en reconstruire un. L’atelier peut être amélioré avec des points de dévotion, des points de croyance, des artefacts subtilités ou des ingrédients achetés un peu partout.
Une maladie, une fois inventée, est nommée puis brevetée auprès de Épidémius, Démon chargé par Nurgle de tenir les comptes de toutes les afflictions inventées au nom de Nurgle à travers la Terre. La maladie brevetée pourra être améliorée et muter au fur et à mesure. Mais tout ceci coûtera, évidemment.
Pour une première maladie, Reinhard dispose de 23 points d’affliction pour créer sa propre petite maladie. Ces points seront perdus dès qu’ils auront été dépensés, et il faudra en regagner en faisant l’acquisition d’ingrédients ou des dépenses dans l’au-delà.
Première étape : Le choix de l’affliction.
Champignon (Gratuit) : Organismes eucaryotes qui sont un Royaume à eux tous seuls ; Ce sont de petites bestioles très mignonnes, sans véritables effets particuliers.
Parasitoïde (3 points d’affliction) : Agent infectieux qui vit au sein d’un hôte, dont il se nourrit bien à l’abri avant de le tuer.
Bactérie (5 points d’affliction) : Des petits organismes vivants qui sont à l’origine de toute la vie sur Terre, Nurgle peut s’amuser à en inventer certaines qui soient pathogènes. Elles sont efficaces car il existe peu de traitement pour les combattre, excepté d’étranges moisissures que les sœurs de Shallya peuvent recommander. Un beau garçon lent, faible lorsqu’il est tout seul, mais puissant lorsqu’il infecte.
Virus (7 points d’affliction) : Un agent infectieux assez bizarroïde, forme de vie qui a besoin d’un hôte pour se reproduire. Les virus ont une tendance assez fascinante à muter sans avoir besoin de la moindre intervention ; Parfait pour les Nurglites un peu flemmards sur les bords !
Deuxième étape : Le choix de la transmission.
Bétail (Obligatoire – 7 points d’affliction) : La maladie se développe parmi les animaux élevés ensemble pour la consommation humaine. Le meilleur moyen d’infecter des régions rurales ainsi que les grandes villes.
Troisième étape : Choix des symptômes.
Ce sont les symptômes qui définiront la transmissibilité, la sévérité et la mortalité de la maladie, ce qui influera sur les jets de dès pour le succès et la découverte de l’épidémie.
Kystes corporels (2 points d’affliction) Infection 2 / Gravité 2 / Mortalité 0
Anémie (2 points d’affliction) Infection 1 / Gravité 1 / Mortalité 0
Insomnie (2 points d’affliction) Infection 0 / Gravité 3 / Mortalité 0
Nausée (2 points d’affliction) Infection 1 / Gravité 1 / Mortalité 0
Rash (3 points d’affliction) Infection 2 / Gravité 1 / Mortalité 0
Sueurs (3 points d’affliction) Infection 2 / Gravité 1 / Mortalité 0
Vomissements (3 points d’affliction) Infection 3 / Gravité 1 / Mortalité 0
Toux (4 points d’affliction) Infection 3 / Gravité 1 / Mortalité 0
Éternuements (5 points d’affliction) Infection 5 / Gravité 1 / Mortalité 0
Diarrhées (6 points d’affliction) Infection 6 / Gravité 4 / Mortalité 1
Fièvre (9 points d’affliction) Infection 4 / Gravité 3 / Mortalité 3
Paralysies (10 points d’affliction) Infection 1 / Gravité 5 / Mortalité 1



