[Isolde Tristan de Bérétis] Extra-territorialité

La Bretonnie, c'est aussi les villes de Parravon et Gisoreux, les cités portuaires de Bordeleaux et Brionne, Quenelles et ses nombreuses chapelles à la gloire de la Dame du Lac, mais aussi le Défilé de la Hache, le lieu de passage principal à travers les montagnes qui sépare l'Empire de la Bretonnie, les forêts de Chalons et d'Arden et, pour finir, les duchés de L'Anguille, la Lyonnesse, l'Artenois, la Bastogne, l'Aquilanie et la Gasconnie.

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[MJ] Le Grand Duc
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Rédigé par Armand de Lyrie, Assistant MJ


Le Dogue quitta la pièce pour se vêtir. Il plaça un gros manteau rapiécé sur ses épaules, et recouvrit ses pieds de fines bottes crottées qui ne faisaient pas le moindre bruit lorsqu’il marchait, pas le moindre couinement de semelle. Il remplit un sac de diverses choses utiles qu’il enroula autour de son dos, et accrocha à sa ceinture un gros piolet, celui avec lequel il avait engagé un orque au corps-à-corps. Enfin, il s’approcha du mur du salon sur lequel trônait fièrement son arc long, pendu sur un clou là où un seigneur aurait apprécié d’accrocher son épée. Cette arme à distance, hautement déshonorable, était plus grande que lui-même, et il n’oublia pas de faire passer derrière son épaule un carquois rempli de flèches plumées qui en débordaient.

Isolde eut tout le loisir de se préparer en s’habillant avec des vêtements secs que le Dogue lui avait offert : la taille et la corpulence du bonhomme expliquaient qu’elle flottait un peu dans les frusques et les chemises, mais au moins c’étaient des vêtements secs. Sur une table, son hôte lui déposa son épée qu’il avait apparemment nettoyée et aiguisée avec une petite pierre. Il se mit à pincer ses lèvres et à devenir légèrement cramoisi en tendant son arme neuve à la chevaleresse.

« J’suis désolé, j’ai, heu… J’ai fouillé un peu dans tes affaires…
J’espère que tu m’en veux pas ? C’était juste pour te rendre service. »


Il ouvrit sa sacoche et en tira quelque chose. Une petite fiole, qu’il déposa sur la table à côté.

« Extrait de mandragore. Ne bois pas tout d’un coup, essaye de boire par tiers que tu espaces de huit heures…
...Je… Je suis désolé. Tes plaies se soignent d’elles-mêmes, mais je suis incapable de te dire quand la douleur va disparaître. Peut-être que tu vas t’en remettre vite. Peut-être que les lacérations se réveilleront de façon chronique, comme ça, sans prévenir, toute ta vie. On est tous inégaux face à la souffrance. Je peux rien t’offrir, à part ce mauvais palliatif qu’est la mandragore. Et les prières envers Shallya. »


Il tira de son cou une petite amulette représentant une colombe, celle qu’il avait posée sur le front brûlant d’Isolde pendant son opération. Le Dogue l’embrassa, puis il tourna les talons en quittant la chaumière.

« Allons marcher un peu. Tu peux prendre un de mes bâtons de berger pour t’aider, si tu veux. Pas besoin de trop forcer sur tes jambes si tôt après ta blessure : Ton corps doit se réhabituer petit à petit. »
INT Isolde : 8
Malus : -2 (Sevrée)
Jet : 1, réussite critique. Isolde est capable de résister à l’envie de boire la mandragore, si elle le souhaite.
***
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Les sentiers balisés étaient disparus. Là où le Dogue allait, il n’y avait ni belle voie en terre battue, ni signalisations par des bornes milliaires. C’était un pays de vide, tout entier. D’énormes espaces de relief, des falaises à pic, et de l’herbe en broussaille sur les chemins. Personne ne vivait là, si ce n’est les oiseaux, les bouquetins qui par quelque magie que ce soit parvenaient à grimper à flanc de colline en ignorant toutes les lois de la gravité, et, au loin, très loin dans le ciel, presque imperceptibles, les ombres de pégases ailés montés par de preux chevaliers qui profitaient du petit vent pour faire des accélérations et papillonner dans l’atmosphère.
Il faisait chaud. Très chaud. Au bout d’un moment, le Dogue retira son manteau et le noua autour de sa taille, avant de faire un petit commentaire :

« La montagne, un coup on sue, un coup on grelotte. Le vent peut se lever d’un instant à l’autre sans raison.
Elles sont pas très sympathiques, les montagnes grises. »


Après une heure à marcher en compagnie de leurs chiens, le Dogue s’arrêta pour marquer une pause. Il sorti une gourde et se désaltéra de quelques gorgées, puis tendis la gourde à sa comparse.
Il attendit qu’elle finit de boire. Puis, il eut soudain, et sortie de nul part, une question inhabituellement personnelle.

« Pourquoi tu l’as quitté, ton mari ?
J’veux dire… C’était pas un d’ces messeigneurs qu’avait un château ? Il pouvait pas être pire que finir ici. »
Je suis le Grand Duc, seigneur de ces bois. Je vis avec mes gens, loin de la folie des hommes. La nuit je vole dans les sombres profondeurs de la forêt. Mon regard d'acier partout se pose, et sans bruit, comme le vent, je file entre les branches des arbres séculiers. Je suis le Grand Duc, seigneur de ces bois.

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Isolde Tristan de Bérétis
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Message par Isolde Tristan de Bérétis »

Restée seule dans la pièce, je tente de chasser certaines idées qui viennent tourmenter mon esprit afin de me concentrer dans l'essentiel autant prendre les problèmes les uns après les autres, chose qui est plus facile à dire qu'à faire. Sur la chaise quelques affaires pliées soigneusement m'attendent, le tissu est rêche mais solide,dans les tons de brun, parfaites pour le voyage je m'en vêts avec une certaine satisfaction il faut bien dire que la perspective de sortir pour la journée me procure un plaisir non dissimulé. Bien entendu il me faut procéder à quelques ajustements et c'est quelques minutes plus tard que je rejoins le Dogue qui s'est de son côté préparé lui aussi. Tout chez lui respire la force de l'habitude et de l'efficacité, je ne peux que jouer le rôle de l'élève devant le maître et saisir la moindre occasion pour apprendre. Je ne parle pas ici de compétences mais de détails qui peuvent largement contribuer à la victoire lors d'un affrontement, le soin porté à sa tenue, le placement de ses armes et leur entretien, la façon de se déplacer et d'économiser ses mouvements, je réalise le chemin qu'il me reste à parcourir. Surprise à le détailler ainsi je ne peux que sourire alors qu'il me tend mon épée, gêné d'avoir dû fouiller mes affaires.

"Tu espères que je ne t'en veuille pas ?"

Je fais mine de réfléchir avant de répondre sérieusement.
"Vous devriez avoir honte Monsieur le Dogue, de profiter de la détresse d'une noble Dame pour fouiller dans ses affaires intimes."
Les gros yeux, les lèvres pincées, le doigt qui s'agite, tout le répertoire passe dans ce petit jeu avant que je ne me rapproche de lui pour poser ma main sur la sienne un court instant.
"Mais non je ne t'en veux pas, je .... "
"Non ... non... pas ça."
Ma main se retire.
"Merci pour tout ce que tu fais, je te serai éternellement reconnaissante."

Mon regard croise le sien prête à .... Finalement il dépose une petite fiole sur la table et me donne quelques explications concernant son contenu, de l'extrait de mandragore.

"Chouette ma dose !"
A ce moment là je n'ai vraiment mais vraiment pas envie de penser à cette addiction qui va se rappeler à moi ou les douleurs futurs qu'il me décrit de façon peu engageante, je veux p-r-o-f-i-t-e-r. La fiole se retrouve donc dans ma besace sans même toucher au précieux liquide et les réflexions qui vont avec reléguer dans une petite boîte à emmerdes que j'ouvrirai plus tard.
"Merci, j'en ferai un usage parcimonieux."
Mettant un terme rapide aux excuses et autre recommandations toute en respectant ses dévotions envers la douce et miséricordieuse Shallya que je remercie mentalement à défaut de le faire mieux et avec plus de ferveur pour le moment chose qu'il me faudra rattraper.

Fourreau à la hanche et bâton en main je lui emboîte donc le pas à travers cette immensité montagneuse qui nous écrase de par sa présence majestueuse. Le petit plateau à peine franchi nous quittons cette fois tout chemin pour nous aventurer au milieu de nul part. Pas la moindre petite sente pour indiquer une direction, rien de rien, si il décidait de me lâcher ici je pourrai errer des jours avant de mourir de soif ou de faim. Le souffle court par l'altitude et les efforts, les muscles encore raides, il m'est difficile de faire la conversation alors je me tais et profite du lieu, bon sang sur c'est beau ! Les mots ne peuvent décrire ce qui s'offre à mes yeux ou du moins pas les miens mais où que je tourne mon regard la nature dans toute sa splendeur déploie ses trésors. Si l'altitude est trop haute pour de nombreuses plantes il reste cependant quelques vivaces qui s'accrochent et agitent leurs fleurs colorées sous le vent, le sifflement d'alerte des marmottes que nous dérangeons à notre passage, au loin des bouquetins qui jouent les funambules, s'envole un petit groupe de choucas qui nous insultent de leurs cris aiguës, une nature qui n'a pas l'habitude de l'homme.

Quelque peu à la traîne autant par fatigue que par envie de musarder mon guide finit par déclarer le temps d'une pause, chose bien venue. Je m'installe sur un rocher au soleil, ouvre mon manteau, remonte mes manches, déboutonne d'un cran ma chemise avant de prendre une grande inspiration témoignage de bien être. Ma soif étanchée, le regard perdu sur l'horizon mon coeur manque un battement tend la question subite de mon taciturne compagnon me surprend.

"Depuis combien de temps il la ressasse ?!?"
Quelques secondes s'écoulent à moins que cela ne soit quelques minutes au vu du temps que je mets à répondre bien que je reste rivé sur un point au loin.
"Je vais te répondre bien que j'aimerai savoir pourquoi tu me poses cette question."
Dis je doucement avant de continuer avec hésitation.
"Ce que tu me demandes n'est pas simple et je ne pense pas d'ailleurs qu'elle soit réellement explicable. Pour comprendre certains choix il faut les avoir vécus."
Léger coup d'oeil, j'imagine qu'il comprend.

"Comme je te l'ai dit je n'ai jamais pas été aimé étant enfant, par aucun membre de ma famille, père, mère ou frères et sœurs, tous avaient une ... excuse dirons nous. Quand mon père me maria, j'ai détesté Yorrick il était juste le symbole de la volonté de mon géniteur que j'ai détesté pour ça plus encore que pour tout le reste. Peut être juges-tu cela infantile et je le conçois mais pourquoi ne pouvais-je faire mes propres choix ? Je ne demandais rien si ce n'est la liberté, cette liberté dont jouisse les hommes mais dont on prive les femmes. Je suis prête à des sacrifices mais pas que l'on me mette une laisse autour du cou pour me promener..."

Une certaine colère remonte à l'évocation de ce sujet douloureusement épineux pour moi, j'aimerai tant que les hommes comprennent que nous ne sommes pas justes des filles, des épouses ou des mères. Si j'aime mon pays au point de mourir afin de le servir je trouve ce clivage si aberrant.

"Nous nous sommes peu à peu apprivoisés avec Yorrick, j'ai cru même que j'éprouvais de l'amour pour lui mais je me trompais. Il était celui qui m'avait porté jusqu'alors le plus d'attention et je lui en étais reconnaissante mais ce n'était pas de l'amour. La perte de Tristan a scellé notre couple, ça aussi je te l'ai dit je crois ... les disputes étaient de plus en plus fréquentes d'autant que ma propre famille prenait systématiquement sa défense chose qui a participé également à ce que je le vois avec défiance bien que je reconnaisse mes propres torts. Puis Isabelle fut enlevée par les fées, on m'a dépossédé de la chaire de ma chaire, de mon sang. J'ai su ce que pouvais être ce sentiment d'amour grâce à mes enfants et c'est tellement puissant que cela en devient inexplicable, vois-tu.

*Soupire*

Alors pourquoi l'avoir quitté ? Qu'en penses-tu ?
Que je suis une enfant capricieuse, une femme aux attentes impossibles ou encore une naïve idéaliste ?
Non il ne me battait pas, non il ne m'enfermait pas, non il ne m'exposait pas comme un trophée.
M'aimait-il ? Je ne serai le dire mais moi non. J'avais une telle souffrance en moi que je ne pouvais rester avec lui que par devoir, chaque chose chez nous, chaque fois que je posai les yeux sur lui, même son odeur, je les voyais, s'était trop dur, trop douloureux. J'étais malheureuse à en mourir et j'allais faire de notre vie un enfer.

Et aussi pour les cauchemars, je ... c'est encore plus confus. Pendant longtemps et à certaines périodes j'ai eu rêves très ... humm... intenses. Je me fais peut être des idées avec toutes ces histoires, beaucoup d'entre nous doivent raconter la même histoire mais j'ai vraiment eu la sensation d'un... je sais pas le définir, un appel ou un choix à faire, quelque chose à accomplir, c'est inexplicable avec des mots sans que je passe pour une folle.

Alors voilà je n'ai pas quitté Yorrick pour des raisons qui me donnent le beau rôle, je te livre juste la vérité ou du moins celle que j'ai ressenti si je suis la plus honnête possible. Et même si je n'ai pas de château ou de belles toilettes, je crois être plus heureuse depuis que je suis sur les routes. La seule chose qui me manque est d'être juste Isolde et pas Tristan mais un jour qui sait."


Je finis par me taire après avoir déballé mon sac, m'étire, reprend une gorgée d'eau, lui jette un coup d’œil et attend. Va t-il parler de lui ? De moi ? Émettre une opinion, un jugement ? Répondre au pourquoi de cette question ? Ou simplement se remettre en route, chose qui lui vaudra que je l'étrangle de mes propres mains.
Isolde de Bérétis / Trisan BlancheBise, Chevalier du Graal
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[MJ] Le Grand Duc
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Message par [MJ] Le Grand Duc »

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CHAR Tristan : 8
Malus : -2 (Manque)
Jet caché.
Le Dogue écouta sans regarder Isolde. Il préféra tourner son regard vers les montagnes tout en buvant l’eau de sa gourde par petites rasades. Lorsqu’elle eut terminé, le berger pinça ses lèvres et haussa légèrement les épaules.

« J’sais pas quoi te dire. Et j’sais pas non plus pourquoi je t’ai posé cette question, pour tout t’avouer. C’est p’têt juste par bête curiosité.
Ça va faire tellement longtemps que j’ai pas vu d’autres personnes. »


Il regarda bêtement le vide. Ferma le bouchon de son outre. Et enfin, il se retourna et commença à parler d’un ton bien peu assuré :

« J’ai pas grandis dans un foyer très aimant non plus. J’ai toujours rêvé de me casser. Mais quand on est paysan, on a pas trente-mille choix de carrière. André Moreau, le bailli, c’est un gueux, mais un gueux qui a des options, parce qu’il sait lire, parce qu’il a des talents qui le rendent utile. Pour tous les autres humbles de Bretonnie, la vie elle est plutôt la même : On vit et on meurt sous l’ombre du même clocher. C’est seulement là où on se sent en sécurité. On transporte un Bretonnien dans un autre duché, et c’est tout son monde qui s’effondre.
Moi pas. Moi j’ai toujours eut la bougeotte. J’ai toujours cherché un prétexte pour m’enfuir. J’ai rejoins le clergé de Shallya – J’aurais adoré finir prêtre, j’aurais aimé devoir marcher dans une errance perpétuelle, sur toutes les routes de pèlerinage. Mais au final, ce qui m’a fait le plus voyager, c’est quand sire Chlodéric a exigé de moi le service militaire, juste avant que je reçoive le sacrement de confirmation et que j’échappe à son autorité en prenant le manteau de la Déesse-qui-pleure. Rusé renard, hein ? »


Il haussa alors les épaules. En regardant ses pieds.

« J’suis parti, avec le mari de Francine, et le fils de Régis. L’un est mort et l’autre a été gravement blessé. Alors je sais pas. J’ai eu, genre… J’sais pas. Comme si j’avais le devoir de rentrer chez moi. D’aider les gens avec qui j’ai grandis – mon chez-moi.
Mais j’avais tort. Chez soi c’est pas le foyer où on est né, c’est le foyer où on se sent chez soi. Et aussi horrible que ça puisse paraître, le seul endroit où j’ai eu l’impression d’être à ma place, c’était chez les troufions de Sigmar, les Troupes d’État de l’Averland. »


Il resta stoïque, un poing sur la hanche. Visiblement pas encore pressé de s’enfuir aller voir ses copains Nains.
Je suis le Grand Duc, seigneur de ces bois. Je vis avec mes gens, loin de la folie des hommes. La nuit je vole dans les sombres profondeurs de la forêt. Mon regard d'acier partout se pose, et sans bruit, comme le vent, je file entre les branches des arbres séculiers. Je suis le Grand Duc, seigneur de ces bois.

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Message par Isolde Tristan de Bérétis »

Les grands timides que nous sommes à contempler le paysage, regard perdu au loin sans oser croisé l'autre ou seulement par de furtifs coups d’œil.

"Une bête curiosité."
Je m'attendais à quoi, une déclaration enflammée digne des chansons de gestes d'amour courtois qui aurait satisfait un orgueil mal placé. Si je rajoute cela à ce fameux "Pas désagréable" je continue à me situer dans une certaine moyenne dont je peux me contenter ou pas.
"Il ne sait pas pourquoi ..." En même temps il pouvait me poser nombre de questions enfin il avait le choix mais il a décidé de me demander cela en particulier. "Pourquoi as-tu quitté ton mari ? Ce n'est mas anodin ? Si ? Non ..? Je me fais des idées ?"

"Je ... comprends.". Bin oui, bin oui un peu déçue alors que dire d'autre pourtant j'ai hésité avec "Je...vois." Comprendre est peut être moins tranchant, ferme moins le dialogue.

Toute à ces réflexions durant lesquelles je dissèque le moindre mot pour trouver son sens et son contraire ou presque voilà qu'il se livre !! Sortez les flonflons et cotillons, ce n'est pas deux trois minutes de lèvres serrées non !! Un véritable déferlement sort de sa bouche, je me noie littéralement sous le coup cette marée venue d'où je ne sais où. Je me moque ? Oui un peu forcément mais surtout il me fait plaisir, je goûte non sans un petit sentiment de victoire ce qu'il m'offre en me racontant enfin certains passage de sa vie. Rien de détailler mais cela à le mérite d'être personnelle et au vu du bonhomme c'est déjà pas si mal.

Et là chose un peu conne, je me retrouve dans sa situation, quoi lui répondre ? J'ai nombre de questions à lui poser mais je ne souhaite pas pousser plus ce petit avantage qui pourrai briser le moment. Le silence revient, j'hésite, me mordille la lèvre (encore), me lève pour aller étendre mon manteau dans les herbes hautes, l'envie de prendre le soleil, de laisser ma peau se gorger de cette douce chaleur. Il n'a pas l'air pressé de repartir et bien moi non plus, alors je m'installe avant de reprendre la parole.

"J'imaginais bien que c'était une sorte de devoir que tu t'imposais qui te liais à Francine à la réaction que tu as eu quand j'ai évoqué son nom. Je crois que c'est chose courante entre soldats enrôlés sous la même bannière dont certains ne reviennent malheureusement pas. On pleure les camarades tombés et pour leur rendre hommage nous revenons à la maison afin de veiller sur les familles, c'est tout à ton honneur.

Je ne vais pas me lancer dans la comparaison des problèmes qui nous échoient selon notre naissance, elle serait faussée de par ma seule petite expérience et qui suis-je pour juger. Mais nous avons tous notre fardeau à porter, bien entendu certains ont moins de bol que d'autres mais je n'envie ni riche ni humble. Cependant j'admire ceux qui arrivent à garder la tête dressée face aux épreuves, ceux qui restent loyaux à leurs idéaux, ceux qui se relèvent après avoir pris un coup. J'espère un jour mourir en étant fière de ce que j'ai accompli, d'avoir su vivre selon les vertus qui m'anime, d'avoir eu le courage nécessaire pour faire face aux épreuves.

Je ne sais pas ce que le destin me réserve, peut être que ma quête s'arrêtera au milieu de ces montagnes. Une droguée qui élève des moutons ... Isolde le Chevalier mouton, partie servir la Dame elle fonda un foyer aux frontières de l'Empire."
*

Je ris de bon cœur sans aucune amertume, un rire franc qui me secoue quelques secondes avant que je n'écrase une larme, je croise son regard, ferme les yeux, me détourne.

"Que suis-je compliquée, pleine de certitudes une minute et pleine de doute la suivante. J'espère pour toi que le prochain Chevalier que t'enverra André sera plus fidèle à l'image courante au moins ne seras-tu pas obligé de le supporter."

Un homme pourrai accompagner cette conclusion d'un clin d’œil complice, quelques vestiges de bonne éducation m'en empêche alors je me contente d'un sourire, le visage légèrement penché.

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Isolde de Bérétis / Trisan BlancheBise, Chevalier du Graal
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Re: [Isolde Tristan de Bérétis] Extra-territorialité

Message par [MJ] Le Grand Duc »

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CHAR Tristan : 8-2
Jet caché.
Le Dogue serra les dents et retroussa l’une de ses lèvres. Un instant, il entrouvrit sa bouche et pencha un peu sa tête. Peut-être allait-il dire quelque chose. Se confier un peu plus. Mais il se dépêcha de vite sceller ses lèvres gercées à nouveau, puis son regard se perdit à nouveau dans la nature, sans un bruit.

Il accumula de la salive dans sa bouche, et cracha un gros molard dans le gouffre de la montagne. Puis il s’éloigna du rebord du monde et fit un petit signe de tête.

« Moué. Beh. C’est… Un peu plus compliqué que ça. ‘fin… Bref.
Reprenons la route. On d’vrait plus en avoir pour beaucoup plus long, maintenant. »

Il siffla à l’intention de son chien, puis il reparti d’un petit pas très peu pressé sur les cailloux des montagnes grises, recommencer à trotter ces chemins caillouteux et perdus dans la nature.



Il n’avait pas menti. Après une quinzaine de minutes à marcher silencieusement, ils finirent par atteindre une sorte de toute petite vallée recouverte de sapins, où on avait installé une sorte de cabane qui avait une vue plongeante et parfaite qui portait si loin qu’on était capable de voir, en contrebas, le minuscule bourg de Brossac, et même, en plissant les yeux et en profitant d’un été très peu brumeux, les tours du donjon de Grunère. Il avait été impossible pour Tristan de découvrir cette toute petite cabane tant qu’ils étaient encore sur le chemin à flanc de falaise, car on avait recouvert le toit de feuillages, si bien qu’elle était camouflée dans l’environnement. Juste devant, trois petits hommes barbus et couverts de peaux de bêtes étaient en train de charger des mulets de bouteilles et de sacs. Les trois hommes se retournèrent en voyant arriver les silhouettes des humains, mais seul l’un d’eux réagit assez vivement pour poser une main à un étui contenant un pistolet sur son flanc droit ; L’un de ses comparses lui fit vite un geste pour le signifier qu’il n’y avait pas de danger, tout en continuant de se concentrer sur le paquetage qu’il préparait. C’est lui qui se mit à railler d’une voix forte, en bretonnien accentué, tandis que le Dogue les saluait en levant sa main.

« Depuis quand t’as un comparse, ha’ak ?

Achten Sie darauf, ihn nicht zu erschrecke ! Ich kenne ihn erst seit gestern !
– Freund ?
– Freund.
 »

Le Dogue avait répondit en reikspiel si parfait qu’on aurait pu croire qu’il venait d’Ubersreik, et non de Parravon. Quoi qu’il avait dit, ça fit rire le Nain qui avait parlé, et sourire un second.
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Trois Nains, tous barbus, mais d’âges visiblement différents. Ils ne ressemblaient pas aux Nains des contes pour enfants : Aucun n’était vêtu d’armures scintillantes et clinquantes. Ils portaient plutôt du matériel rustre, du cuir, des peaux, et de sombres capuches rabattues dans leur dos. À la place de grosses masses d’armes imposantes, ils portaient de fins piolets à leurs ceintures, comme le Dogue, et des haches retenues dans leur dos, sans oublier de fines arbalètes en bandoulière et chacun une paire de pistolets aux hanches. Le premier était le plus ridé, et possédait la barbe la plus tressée. Son camarade juste à côté avait un œil en moins, mais avait le visage étrangement plus doux. Quant au troisième, celui qui avait porté sa main à son pistolet en voyant les Humains approcher, il était clairement le plus jeune des trois, n’ayant encore ni tatouages, ni cicatrices, ni jolies boucles dans sa barbe.

« War es hart, hierher zu kommen?

– Keine Grünhäute, wenn du das meinst. Aber es hätte mich nicht davon abgehalten, hierher zu kommen, um mein Bier zu holen.
 »

Après sa phrase, le Nain le plus âgé recommença à rire. Celui entre deux âges commença à ouvrir un sac duquel il tira quelques petites bouteilles de bières, les mêmes que le Dogue n’arrêtait pas de boire. Celui-ci, d’ailleurs, avait emmené son seau à glace en métal, et il se dépêcha de s’approcher pour remplir son contenant de nouvelles bouteilles fraîches.

« On passe en bretonnien, tu veux ?
– Très bien ! Très bien !
Moi c’est Byrrnoth du Clan des Carreaux-Précis. Lui derrière c’est mon fils, Alrik Byrrnothsson, et là le tout jeunot à la minuscule barbe que vous voyez, c’est mon petit-neveu, Bragi.
Aucun d’entre eux parle un mot de bretonnien. Pis Bragi c’est pire, il parle même pas le reikspiel. Quelle honte pour le clan, une telle cuistrerie ! Je me demande comment ils vont faire sans moi ! »


Byrrnoth posa un poing sur sa hanche, tandis que le Dogue terminait de remplir son seau. Il se releva et fit un signe de tête à son comparse Nain.

« Je me suis fait emmerdé par des orques il y a quelques jours. Ça m’a permit de tester le plan foireux de ton imbécile de fils.
– Ah ! Et donc ?!
– Eh bien, ça a marché du feu de la Dame, si tu me permets l’expression. Ça a presque déchiré un Orque en deux.
– Héhéhé ! J’savais que ça allait marcher, c’est un crack mon fils, n’en déplaise aux Longues-barbes ! En même temps tout ce qu’il nous manquait c’était un fêlé qui veuille bien qu’on foute des explosifs dans le cul de ses moutons, ça court pas les rues !
– Il n’empêche. Tous ces orques qui se baladent, c’est inquiétant.
– Très inquiétant. Très très inquiétant. T’en as croisé de l’autre côté des futaies ?
– Oui, ils se déplacent par petits groupes. Ils ont pas l’air d’être armés pour le raid, pourtant… Ils se tiennent éloignés des villages Bretonniens.
– Même chose de l’autre côté de la frontière. Ils ont pas emmerdé les enfants de Sigmar. Pourtant ils sont équipés pour.
Tu sais ce que c’est, ma théorie, ha’ak ? Je crois qu’ils fuient quelque chose. Et pour qu’un truc fasse fuir des Urks et des Grobis, faut le faire, hein ? »


Le Dogue haussa les épaules, en tirant une sale tronche.

« Tu, heu… T’es occupé ces prochains jours ?
– Oui. Mon comparse là, il m’envoie chercher des gosses qui ont disparu dans des villages Bretonniens.
– Peaux-vertes ?
– Cela n’y ressemble pas, non. Mais j’ai pas une grosse piste. Je te tiendrai au courant dans tous les cas.
Pourquoi ?

– Eh bien… Je me disais… ‘fin… Je me disais que tu pourrais peut-être me rendre un petit service, tant que t’es là.
– Accouche.
– Eh bien… Bah, j’sais pas si tu te rappelles, mais on a un poste de Rangers de l’autre côté du Pic Ardent ? On y laisse toujours une vigie, mais c’est plus un point de relai où on garde de la bouffe et des couvertures qu’un vrai avant-poste gardé. On a pas assez de gars.
– Oui. Et donc ?
– Beh… Là, les types qui se coltinaient la garde d’Ardent, c’était… Heu. Y en a un que tu connais, Dreng, mais il était aussi avec un tout petit nouveau, un de mes cousins. Un jeunot, sa première patrouille. Le truc c’est que, ben, ça va faire un moment qu’on a pas eu de nouvelles d’eux. Alors qu’ils étaient censés rentrer au Karak y a… Y a deux jours.
– Hmpf. Pas une raison d’être inquiet. Dreng c’est un dur. Et il aime faire du zèle. Avec les Orques qui croulent partout dans la région, il a dû croire que c’est plus prudent de rester caché.
– C’est ce que je me suis dit ! Mais… ‘fin, tu vois. Je suis un peu une maman-poule, tu piges ? J’ai pas envie d’envoyer mes gars, ça va embêter tous les plans de patrouille. Mais toi, bah…
Bah c’est sur ton chemin de toute façon, non ? Est-ce que… Est-ce que ça te dérangerait d’aller y jeter un coup d’œil ? »


Le Dogue se tourna vers Isolde.

« J’sais pas trop… On pourrait tomber sur un os. Mon comparse est un peu blessé…
T’en penses quoi, toi ? On passe par l’Ardent ou on rentre à la maison ?

– Si vous faisiez ça pour moi, je pourrai vous donner une petite récompense. Et j’oublierai jamais.
Les Nains oublient jamais leurs amis. »
Je suis le Grand Duc, seigneur de ces bois. Je vis avec mes gens, loin de la folie des hommes. La nuit je vole dans les sombres profondeurs de la forêt. Mon regard d'acier partout se pose, et sans bruit, comme le vent, je file entre les branches des arbres séculiers. Je suis le Grand Duc, seigneur de ces bois.

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Isolde Tristan de Bérétis
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Re: [Isolde Tristan de Bérétis] Extra-territorialité

Message par Isolde Tristan de Bérétis »

Raclement de gorge, crachat et visage qui se ferme comme une huître, ma victoire n'aura été que de courte durée, l'indécrottable Dogue vient de redevenir lui même ce qui m'exaspère bien plus que je ne le pensais. D'ailleurs un soupire d'agacement s'échappe de mon nez assez fort pour être audible.

"Mouais ... bin peut être que tu pourrais enlever un peu de cette putain de carapace...!"


Emportée par ma réaction tout autant de que la sienne je me redresse beaucoup trop vite pour ma hanche convalescente ce qui entraîne une chute sans conséquence si ce n'est pour mon égo.

"Fait chier !"

Oui, deux mots ordurier en deux phrases, je suis vraiment fumasse.
Autant dire que la suite de la progression se passe lèvres serrées, drapée que je suis dans une bouderie typiquement féminine et infantile ce qui ne doit pas jouer en ma faveur. Guère de temps ne s'écoule avant que nous n'arrivions à destination ce qui m'amène à croire qu'il souhaitait vraiment prendre cette pause pourquoi sinon s'arrêter à seulement quinze minutes du but décidément il m'éeeeeeeeeeenerve !!

La suite est un peu confuse dans mon souvenir, ma première rencontre avec des Nains ne s'est pas exactement déroulée comme je me l'étais imaginée.
Trois silhouettes devant un cabane camouflée par la végétation, trois silhouettes trapue à la pilosité faciale généreuse qui s'agitent à notre arrivée bien que rapidement rassurées par la présence de ... de ... Grrrr, cette tête de mule ! Sur la réserve je m'avance sur ses talons il faut dire que je dois avoir l'air d'une sotte à les détailler ainsi, à scruter le moindre détail, à comparer ce que j'ai en lu ou en entendu à ce qui se trouve sous mes yeux. Cela pourrait paraître presque... décevant.

"Ferme ta bouche Isolde ou dit quelque chose..."

Et bien je choisis de la fermer quelque peu vexer par cet échange auquel je ne comprends goutte d'autant que s'en suit quelques rires.
"Que leur a t-il dit ? Il s'est foutu de ma gueule ? Détends toi tu es entrain de ruiner ce moment / Non ... non... c'est de sa faute."
Ma mâchoire se desserre, mon front se déride et le bleu de mes yeux deviennent moins ombrageux.

"Mince comment je me présente, il a ... il a dit quoi ??"
"Enchantée de faire votre connaissance Byrnoth du clan des Carreaux-précis."
D'un signe de tête je salue les deux autres de façon peut être un peu plus raide que je ne l'aurai souhaité.
"Je m'appelle Tristan ... euh ... Isolde ... "
Ma bouche se ferme ainsi que mes yeux, mais quelle nouille je peux faire parfois.
"Isolde ... c'est compliqué. Continuez je vous en prie."
"Tais toi il s'en fout de ta vie."

Moment de honte, parfait les principaux acteurs commencent à échanger ce qui me laisse en paix accompagné de ma seule bêtise. J'adopte la fameuse position plante verte des femmes Bretonienne, reste dans le coin soit belle et tais-toi, pour le soit belle je suis pas au top juste "pas désagréable" pour le reste je maîtrise, bouche close et légèrement en arrière. Seule mon regard démontre mon intérêt pour la conversation ainsi qu'aux deux autres nains. Ainsi ai-je l'explication pour les moutons, pauvres bêtes, instant de compassion. La suite est plus intrigante, loin d'être experte en la matière je mesure très certainement pas à sa juste valeur les informations qui sont données mais cette histoire d'orcs éveille plus que ma curiosité il me faudra interroger mon compagnon plus avant le moment venu.

Les yeux se tournent vers moi.
"Le pic ardent... qu'est-ce j'en sais moi ?"
"C'est toi sais ce qui est compliqué."
Dis-je aussi rêche qu'un coup de trique.
"Paf prend ça ... "
Non c'est pas moi, je le regrette un peu déjà ou du moins pas comme ça. Je m'avance pour m'adresser à Byrnoth dans un premier temps.
"Désolée notre (et je dis bien notre) ami peut être parfois énervant."
Puis à tous d'un ton beaucoup plus calme et détendu comme si cette petite pique mal placée avait dissipé ma colère.

"Je serai ravie de vous apporter mon aide si je le peux après je ne prendrai pas cette décision. Je ne connais que peu la région et ses dangers, je suis encore blessée et pour ma part je ne suis pas équipée pour plusieurs jours en extérieur. Si le Dogue juge que je suis plus un atout qu'un poids alors j'irai avec lui afin de répondre à votre demande et votre amitié sera la plus belle récompense. Si il juge du contraire je me rangerai à son avis, c'est un homme d'expérience à qui je fais confiance en ce domaine."

Tournée vers mon ours grognon je le regarde, la balle est dans sa main il ne lui reste qu'à prendre la décision bien que je me rangerai sans amertume à celle-ci quel qu’elle soit comme mentionné.

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Isolde de Bérétis / Trisan BlancheBise, Chevalier du Graal
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[MJ] Le Grand Duc
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Re: [Isolde Tristan de Bérétis] Extra-territorialité

Message par [MJ] Le Grand Duc »

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Rédigé par Armand de Lyrie, Assistant MJ


Le dogue haussa les épaules lorsque Byrrnoth posa silencieusement son regard de pierre vers lui. Le yeoman regarda le ciel, ses pieds, puis renifla sa morve et cracha un gros mollard par terre.

« C’est sur le chemin, mais je peux rien te promettre. Hors de question que je me tape une nouvelle bande d’Orques. Pour mon comparse, tu comprends ?
– Compris. Tu n’es obligé à rien. Mais encore une fois, si vous me donnez des nouvelles de mes gars… Je l’oublierai pas. C’est tout. »

Tout aussi taciturne que le Dogue, le Dawi se contenta d’un franc hochement de tête avant de se retourner pour aller s’adresser à ses deux camarades en Khazalid. Le dogue leur répondit par un salut de la main, puis il siffla pour son chien et commença à guider Isolde à travers la petite vallée.

« L’Ardent est au-dessus de nos têtes. Les Nains du Karak Skrati ont installé plein de petites cabanes de Rangers comme celle-ci, bien camouflées, pour garder des yeux et des oreilles partout dans les Montagnes Grises. La Bretonnie et l’Empire ont beau dire que tel colline ou telle falaise sert de frontière entre eux, c’est les Nains qui possèdent les monts, et personne d’autre.
Un Nain, ça se perd pas. M’est avis que le type qu’il nous envoie chercher s’est planqué dans un coin, et non qu’il est en danger. Mais tâche quand même de rester alerte. On sait jamais. »


Le Dogue avait eu raison sur son commentaire de tout à l’heure : En montagne, le temps semble changer extrêmement rapidement, sans prévenir. Alors qu’un quart d’heures avant, il faisait un merveilleux temps caniculaire, leur ascension à pic vers l’Ardent avait vu le temps tourner au vinaigre. Un fort vent se mettait à souffler, et des nuages gris commençant à virer au noir s’accumulaient dans le ciel. Le Dogue avait retiré son manteau de sa taille, et l’avait à nouveau jeté sur ses épaules ; il virevoltait comme une cape sur lui. D’ailleurs, au bout d’un moment, ce n’était pas seulement la météo qui électrisait l’atmosphère. La tension également. Le yeoman avait décidé de faire tomber son arc long de son épaule, et avait sorti une flèche de son carquois.

« Au cas où. »
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Le Dogue se fixa soudainement alors qu’ils grimpaient de gros rocher en gros rocher. Il s’agenouilla, et fit signe à Isolde de l’imiter. Il tendit un doigt vers le sol sous yeux. En contrebas, à une bonne distance d’une trentaine de mètres, des peaux-vertes marchaient. Quelques orques, et plus de gobelins, qui traversaient tranquillement les montagnes en criaillant et en s’engueulant mutuellement, dans une cacophonie dont l’écho réverbéré dans le relief alertait de leur présence à des lieues à la ronde.
Ce fut lorsqu’on n’entendit plus que le chuchotement de leur voix que le Dogue jugea qu’ils étaient assez éloignés. Il se releva, et se mit à murmurer :

« Quelle veine. On est pas tombés sur les plus discrets des Peaux-Vertes. Mais ne les sous-estimes tout de même pas, Isolde. Certains Gobelins sont étonnamment rusés et filous.
Ils ont fait saigner pas mal de bons gars de Brossac au cours des dernières années. »


Ils remontèrent lentement, et en hauteur, le chemin que les peaux-vertes venaient de descendre. Quand soudain, quelque chose d’étrange se produisit :
Chlodéric se dressa. Il marqua une position d’arrêt, comme les chiens de chasse qui reniflent quelque chose. Queue droite, museau bas. Il se mit à grogner. Le Dogue porta son regard dans tous les directions, sans rien identifier.

« Qu’est-ce qu’il y a ? Hé, mon tout beau ? »

Le Dogue approcha sa main pour caresser Chlodéric. Mais il se ravisa lorsqu’il l’entendit grogner. Alors, le yeoman se recula un peu pour chuchoter à Isolde.

« Hmm… Il sent quelque chose…
Mais c’est pas des peaux-vertes. »


Et avec tout le sérieux du monde, il déclara :

« Il sent un fantôme. »
Je suis le Grand Duc, seigneur de ces bois. Je vis avec mes gens, loin de la folie des hommes. La nuit je vole dans les sombres profondeurs de la forêt. Mon regard d'acier partout se pose, et sans bruit, comme le vent, je file entre les branches des arbres séculiers. Je suis le Grand Duc, seigneur de ces bois.

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Isolde Tristan de Bérétis
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Re: [Isolde Tristan de Bérétis] Extra-territorialité

Message par Isolde Tristan de Bérétis »

Difficile de dire pour moi qu'est-ce qui fait pencher au final la balance, sur quels critères se base le Dogue, mais après une bonne minute de silence et un nouveau reniflement qui précède un crachat qui lui vaut un regard de ma part il finit par annoncer que nous continuerons notre route sans toute fois prendre trop de risques. Tous aussi taciturne les uns que les autres quelques hochements de têtes sont échangés et autres mains levées en guise de salue, il ne faudrait pas montrer trop d'émotions ou se faire une fracture de la mâchoire à trop parler !

"J'espère que l'on vous ramènera rapidement de bonnes nouvelles. Que la Dame veille sur vous et les vôtres Byrnoth, à bientôt."


A peine le temps pour moi de saluer les nains que la silhouette de mon binôme disparaît déjà entre les troncs tortueux des arbres de cette vallée encaissée. Appuyée sur mon bâton je presse le pas afin de le rejoindre, le regard rivé sur son dos j'écoute tel l'élève les dires de mon "maître".

"Je vais tâcher de rester vigilante."
J'hésite un court instant avant de reprendre.
"Je ... Merci.. merci de me faire suffisamment confiance pour continuer, je sais que tu serais bien plus efficace seul."
Puis encore plus doucement presque pour moi même.
"C'est évident."

Nombre de questions se bousculent, sur le point de lui en poser je reste bouche close, le moment est passé, le Dogue est en chasse. Alors je réajuste mon manteau, le fourreau de mon épée également afin de pouvoir dégainer facilement tout en prenant garde qu'il ne s'accroche pas dans les branches basses et avance les sens aux aguets, impossible d'imaginer que je ne sois qu'un poids. Comme annoncé le temps change, le vent se lève, les nuages s'amoncellent, nous risquons d'être bientôt sous un déluge mais nous continuons indifférents à la nature hostile. Je l'observe et comprends en partie. Oui ce surnom est très certainement du sarcasme mais à le voir ainsi il me nomme vraiment l'impression d'un chien en n'en gardant que les qualités. Loyauté, fidélité, courage, véritable limier, dur à l'effort et il ... il lui va bien.

Alors je serre les dents, je fais taire ma douleur, je mets en sourdine mes sentiments et progresse aussi efficacement qu'il m'est donné de le faire. Un dénivelé par ici, un nouvel escarpement rocheux par là, mon souffle est court, mes muscles encore raides gémissent sous l'effort et pourtant je lui obéis au doigt et à l’œil alors quand il me désigne soudainement les buissons je me glisse à ses côtés pour observer en contre bas. Tout comme lui j'attends que la petite troupe de peaux vertes s'éloignent profitant de l'occasion pour poser l'une des questions qui me trottait à l'esprit.

"Byrnoth pense qu'ils fuient quelque chose. Tu en penses quoi ? Enfin il me semble pas avoir entendu parler d'une quelconque troupes d'hommes venu nettoyer la région alors si ce n'est ni l'Empire ou la Bretonnie, ni les nains je me demande bien ce qui les pousse à migrer."


Réponse ou pas de sa part nous repartons plus vigilant que jamais, le danger me semble tout proche maintenant, je l'imagine dans chaque bosquet que nous croisons, chaque ombre projetée. Ma main se pose de temps à autre sur la garde de ma lame scrutant les environs sans vraiment lâcher les "chiens" des yeux, eux percevront le danger bien avant moi le danger. Alors quand Chlodéric stoppe subitement son avancée pour se mettre à gronder, trois pouces d'acier sortent de mon fourreau.

Nerveuse je tourne ma tête de gauche à droite, je ne vois rien, rien de rien, à moins que ... non rien juste de fruit de mon imagination qui pour le coup s'emballe. Restée un peu en arrière je m'approche, pas après pas avec autant de précaution que si je marchai sur des oeufs.

"Un .... un fantôme ?"

Instant de surprise.
"Tu veux dire l'un de ces malheureux égarés qui n'a pu rejoindre le repos que Morr nous offre ?"

Bien entendu la chose m'intrigue bien que pour le coup je ne montre pas non plus un étonnement démesuré à la nouvelle bien que je ne sache aucunement ce qu'il convient de faire à moins que l'on puisse soulager l'âme en peine.

"Bon .. un fantôme ... je ... on fait quoi ? C'est dangereux ? On peut l'aider ?"

Dis-je à la recherche du plus petit signe qui pourrait m'indiquer quelque chose d'anormale.
Isolde de Bérétis / Trisan BlancheBise, Chevalier du Graal
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[MJ] Le Grand Duc
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Re: [Isolde Tristan de Bérétis] Extra-territorialité

Message par [MJ] Le Grand Duc »

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Rédigé par Armand de Lyrie, Assistant MJ


Chlodéric affichait toutes ses dents. Un long filet de bave coulait le long de sa gueule. Le Dogue se reculait lentement, l’arc toujours en main. Il se mit à présent à parler uniquement avec un chuchotement le moins audible possible :

« J’en sais rien… j’t’avoue j’en sais rien. ‘fin. Ça échappe mes compétences, pour le coup… Le monde des morts, ça, heu, ça me met mal à l’aise plus qu’autre chose.
Des fois ça lui arrive à mon Cloclo de renifler un esprit. Il se met à devenir zinzin, il m’écoute plus…
Un ancien qui m’a donné cette explication. Qu’il peut sentir ce qu’il y a dans l’au-delà. Paraît que tous les Bleu-Bretonniens le peuvent. Paraît qu’en fait, ils ont l’âme d’une Fée sous leur pelage. »


Chlodéric se mit à aboyer comme un fou furieux. Il claqua des dents en l’air, et bondit en raclant le sol avec ses pattes droit devant, comme s’il chercher à faire fuir un prédateur. Après une confrontation face à un ennemi invisible, il se mit à tout doucement ralentir ses grognements, jusqu’à reprendre l’aspect de patou tranquille qu’il avait jusque-là.
Alors, le Dogue s’approcha et se mit à lui gratouiller derrière l’oreille.

« Aucune idée de c’qui vient d’arriver… Mais au moins c’est passé. Ça me semble être passé. »

Il fit un signe de tête à Isolde, et continua son chemin le long du relief.

Plus ils avançaient, plus le temps semblait empirer. Des rafales de vents balayaient les coteaux. De fines gouttelettes de pluie commençaient à pleuvoir, obligea le Dogue à rabattre sa capuche sur son visage. Fort heureusement, le Dogue fit un geste de main pour indiquer une petite cabane qui ressemblait à celle dans laquelle ils avaient aperçus les Nains : Elle aussi était bâtie à flanc de falaise, et recouverte de feuillages et de végétation pour être indétectable à distance. Ils commencèrent à en faire le tour, et découvrirent alors que la petite porte latérale de la cabane était grande ouverte.

Le Dogue siffla. Personne ne répondit. Il rangea son arc sur son dos, et se saisit de son piolet acéré pour s’approcher, faisant signe à Tristan de se tenir éloigné alors qu’il bondissait pour jeter un œil à l’intérieur. Il disparut dans l’ouverture de la cabane, puis en ressurgit à peine quelques secondes plus tard, en faisant de grands gestes à la chevaleresse pour qu’elle approche.

À l’intérieur, il faisait noir, et froid. Une nuée de mouches volaient autour d’une table sur laquelle on avait sorti une gamelle militaire en métal, remplie de pois et de mouton cuit qui commençaient à être avariés. Dans le coin, deux paillasses défaites, et quelques affaires typiques de soldats qui devaient tuer le temps en observant depuis leur poste de guet les Montagnes Grises : Un jeu de cartes, plusieurs bouteilles de Bugman disposées ça-et-là, et un nombre assez impressionnant de munitions. Comme s’il était chez lui, le Dogue ouvrit des tiroirs et se mit à fouiller dans leurs paquetages.

« Installe-toi, y fait moins froid ici. »

Le Dogue se gratta derrière la nuque, en observant un peu partout dans la maigre cabane.

« Ils ont fait à bouffer et ont laissé leur gamelle à pourrir avant de partir.
Ça te dis de goûter la viande et deviner depuis combien de temps elle a été cuite ? »


Il fit un petit tic du coin de l’œil après sa plaisanterie.

« Bizarre. Ils ont laissé toutes leurs affaires ici. Pas leurs armes, par contre. De la poudre, des carreaux d’arbalètes, mais pas leurs armes elles-mêmes. »

Il s’agenouilla pour ouvrir un gros sac en toile, d’où il tirait plusieurs affaires diverses et variées : Une pierre à aiguiser, une couverture de peau, un sac remplie de fèves, une grosse outre que le Dogue déboucha et renifla pour s’assurer qu’il s’agissait bien d’eau, des piolets d’escalade, un grand cor pour souffler, et du nécessaire pour allumer un feu en toute circonstances, avec une petite boîte d’amadou et un petit briquet. Dans une petite besace, il y découvrit des affaires plus personnelles : Un encrier, un petit collier, un peigne, des couverts, et une petite bouteille d’une huile essentielle en joli verre.

« Attrape ce que tu veux là-dedans. Si tu penses que ça te sera utile. »

Il se releva et s’approcha de la porte pour sortir.
INT Dogue : 12
Jet : 10, réussite
INT Isolde : 8-2
Jet : 4, réussite.
Il la fit légèrement bouger, ce qui permit à Isolde de momentanément mieux l’observer. Elle s’approcha et s’agenouilla pour en regarder le bois noirci.
Des impacts sur la porte. Quelques petites échardes. Lacérations. Impossible à dire si c’étaient une lame de hache, ou des griffures d’animaux qui avaient causé les dégâts, mais il semblait clairement que quelqu’un s’en était très pris très violemment à cette porte.

Le Dogue, lui, remarqua un autre détail. À l’intérieur de la maison, il avait sorti une botte qui était jetée près d’une paillasse. Et en s’éloignant un peu dans la nature dehors, il aperçut, par terre, dans la boue, une trace de pied. Il se mit à parler plus fort pour se faire entendre de la chevaleresse malgré les rafales de vent qui faisaient virevolter sa cape à toute vitesse : Le temps allait virer à l’orage d’une seconde à l’autre.

« Les traces sont récentes ! Elles doivent dater de ce matin, hier soir au plus tard !
Et comme tu vois, le Nain a fuit avec une seule chaussure ! Il a pas eu le temps, ou l’envie, d’enfiler l’autre ! »


Il gratta dans sa barbe, et regarda d’un air très inquiet le Pic d’Ardent qui s’élevait juste devant leurs museaux.

« Ils ont fuit à toute vitesse. Ils ont juste eu le temps de prendre leurs armes avant de filer, alors qu’ils étaient en plein repas.
Quelque chose a dû les terrifier. Et comme les Orques, on terrifie pas facilement le peuple Nain. Ils savent pas fuir, normalement, l’idée ne les traverses jamais. »

Le Dogue paraissait insensible. Pourtant, au fond de ses yeux, Isolde pouvait aisément deviner que son compagnon était sous le choc. Épouvanté. Comme s’il craignait par anticipation de découvrir qu’est-ce qui avait bien pu faire peur à une race sans peurs.
Tel un chien, le Dogue se mit alors à renifler l’air.

« Pas de sang. Pas d’odeur de poudre non plus, mais ça le vent l’aurait dispersée alors ça veut rien dire…
Fait chier. »


Il se releva, poings sur les hanches.

« Merde, fait chier… Et ça me met très mal à l’aise. Y sont peut-être en danger en fait, ces deux Nains. »

Il tourna son regard vers Isolde.

« T’en penses quoi ? Ton instinct te dis quoi ? »
Je suis le Grand Duc, seigneur de ces bois. Je vis avec mes gens, loin de la folie des hommes. La nuit je vole dans les sombres profondeurs de la forêt. Mon regard d'acier partout se pose, et sans bruit, comme le vent, je file entre les branches des arbres séculiers. Je suis le Grand Duc, seigneur de ces bois.

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Isolde Tristan de Bérétis
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Re: [Isolde Tristan de Bérétis] Extra-territorialité

Message par Isolde Tristan de Bérétis »

Si j'avais déjà pu observer des chiens sur la défensive ou sur le point d'attaquer notamment lors de chasses, aucun n'arrivait à la cheville de Chlodéric. Race déjà imposante en terme de taille, une certaine vigueur afin d'affronter les rudes montagnes dont ils sont originaires, l'imposant patou devient plus qu'impressionnant à l'approche du danger. Je l'observe ainsi que les proches alentours mais ne distingue rien de rien, pas la moindre petite présence d'une menace ce qui me rend de plus en plus nerveuse, aussi tendue que la corde d'un arc.

"L'âme d'une fée sous leur pelage ? Et cet ancien il sentait la pomme ? Je serai ravie d'écouter plus en détail cette histoire mais je crois pas que cela soit vraiment le moment."

Mi-sérieuse, mi taquine afin de détendre de façon pathétique l'atmosphère lourde de tensions, chose qui bien entendu ne fonctionne pas le moins du monde, autant pour moi. Dire que "l'attaque" soudaine de notre compagnon à quatre pattes me fait sursauter est un doux euphémisme, la babine écumante, les pattes avant qui "boxent" l'air, je tourne autour comme une poule qui guetterait le ver qui oserait sortir de terre. Ma lame glisse hors de son fourreau, mes doigts crispés autour de la garde à m'en faire blanchir les phalanges afin d'occire tout ce que passerai à ma portée. Mon courageux Fitz se mêle à la bagarre enfin du moins il encourage vaillamment son compagnon à grands renforts de jappements furieux, la truffe au vent, la queue qui s'agite, il met du coeur à l'ouvrage pendant les quelques minutes que dur l'étrange scène. Puis lentement le calme revient sous mes yeux arrondis comme des soucoupes, Chlodéric se calme pour redevenir cette sécurisante boule de poil alors que mon loulou vient quémander quelques caresses visiblement fier de se travail d'équipe.

"Mouais ... bon... J'espère qu'il pourra trouver le repos."
Mon arme regagne son fourreau, je fouille une nouvelle fois les lieux du regard comme si j'allais avoir une illumination soudaine puis adresse une prière à Morr afin de recommander l'âme de ce malheureux. Que les divins corbeaux le guide jusqu'au royaume souterrain.

Malédiction ou simple aléa climatique je ne saurai le dire mais le soleil de la matinée n'est qu'un lointain souvenir. Nous progressons à flanc de coteau, pour ma part petite silhouette pliée en deux qui lutte contre les rafales de vents, un bras repliée au niveau du visage pour m'en protéger et discerner mon guide qui me précède. Une petite pluie ne tarde pas à se joindre au spectacle, je serre les dents et continue sans rien dire tout en espérant que cela ne tourne pas au déluge chose fort possible. Difficile de dire combien de temps s'écoule avant que le Dogue ne me désigne un cabane semblable à la précédente, sans nul doute je serai passée sans même la voir si j'avais été seule. Toujours précautionneux il en fait le tour, s'assure d'aucun danger avant de m'inviter à le rejoindre à l'intérieur chose que je m'empresse de faire afin d'en gagner si ce n'est le confort, un abri contre le gros temps.

Le lieu est petit, après tout ce n'est qu'un refuge pour les sentinelles qui veillent normalement ici bien qu'il me semble en proie à un certain chaos.

"Après la drogue tu souhaites donc m'empoisonner ? J'ai comme l'impression que tu déploies des trésors d’ingéniosité afin de me garder à tes côtés mais je dois très certainement me faire des idées."

Mon large sourire et mon regard dément le sérieux de ce propos, je croise le regard de l'homme avant de chasser de le main un agaçant nuage de mouches qui occupe les lieux.

"On dirait qu'ils sont vraiment partis rapidement, qui abandonnerait tout ça."


J'énonce ce qui devient rapidement une évidence au vu de ce que l'on retrouve conséquence d'une inquiétude grandissante chez mon interlocuteur ce qui n'est vraiment pas fait pour me rassurer. L'exploration terminée je jette un rapide coup d'oeil à ce qu'il me présente visiblement pas spécialement intéresser.

"Autant tout prendre, certains objets peuvent s'avérer utile. De plus nous pourrons au mieux et je l'espère rendre tout ça à son propriétaire au pire à Byrnith quand nous nous le reverrons. Je voyage léger je devrai pouvoir m'en charger."

Les affaires ainsi rassemblées je range le sac à l'entrée ce qui me permet de révéler un détail troublant. Mes doigts effleurent le panneau de bois de la porte, je m'agenouille devant, inspecte les marques puis le sol.

"Heeee tu as vu ça c'est vraiment bizarre ces marques de ... coups. En plus on discerne les empreintes des nains mais aucune autre, même avec le début de la pluie on devrait pourtant trouver autre chose. C'est bizarre je sais pas ce qui a fait ça ..."

Songeuse je me redresse.

"Un truc cloche ... mon instinct me dit de partir loin d'ici. Quelqu'un chose rôde, quelque chose rôde dans ces montagnes. Les enfants, les orcs, les nains, le fantôme c'est beaucoup trop pour du hasard."
Campée sur mes jambes dans une attitude de défi je scrute la pénombre, ma main se pose sur la garde de mon épée afin de me donner un peu de courage.
"La raison voudrait que je regagne la civilisation mais ... J'ai juré ... Je dois savoir, je dois les trouver, je ne fuirai pas mon devoir alors je vais continuer même si ... J'ai ... j'ai peur mais je ne peux reculer. Tu me comprends ?"

J'inspire, referme la porte et revient à un tout petit pas du Dogue.
"Tu ... tu me comprends n'est-ce pas ? Dis-moi que .... dis moi que je suis pas qu'une idiote .... "
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