[Arzhvael et Ombeline] Noble désordre

Le Talabecland se trouve au coeur de l'Empire, et ses armées prennent souvent la forme de petites forces d'élites. Helmut Feuerbach est porté disparu, mais sa cour est toujours dans la Cité de Talabheim.

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Lucretia Von Shwitzerhaüm
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Re: [Arzhvael et Ombeline] Noble désordre

Message par Lucretia Von Shwitzerhaüm »

  • La prêtresse n’avait refusé de prime abord son invitation que pour la relancer sur un compromis qui n’en était pas vraiment un, l’avantageant complètement. Une entrevue sur les terres de ses dieux, sous la douce chaleur du soleil ? Si seulement l’avait-elle pu qu’elle aurait accepté de bon cœur. L’agréable et fiévreuse caresse de l’astre céleste sur sa peau lui manquait, parfois. Mais les choses avaient bien changé depuis ce temps révolu, et la jeune femme ne pouvait agréer à tomber dans ce piège aussi grossier.

    «C’eût été avec plaisir, cependant, vous comprendrez à votre tour que je ne puis que trop m’absenter de mon manoir, eu égard à la présence de mes invités et à toutes ces formalités et tâches administratives que je dois encore, et malheureusement, régler. Mais si cela vous sied tout de même, je m’extirperais de ce dur labeur pour vous rejoindre céans-même, dans cette clairière à l’orée des bois, aussi proche de mes terres que ne l’est votre temple. Cela me semble être juste. »

    Et il en fut décidé ainsi.

    ***

    Ce lendemain-là, Lucretia se leva très tôt de son lit. La nuit avait été longue alors que son esprit avait ressassé toutes les révélations de la veille. Au plus en avait-elle appris, au plus des envies de meurtre s’imposaient à elle, et au plus s’était-elle demandé, également, qui était le maître et qui était le serviteur dans toute cette histoire. Le dénommé Gemetzel semblait décidément bien plus important que son statut de servant de le laissait croire, tandis qu’Alan n’avait cessé de lui avouer qu’il ne le maîtrisait pas et que l’homme athlétique agissait ainsi à sa guise. Et voilà qu’elle apprenait qu’un de ses gardes avaient été stipendié, de même que le maire, le Père Fritz, et cela était sur le point de s’étendre au capitaine de la garde. Que devait-elle faire, une purge, afin d’apprendre à ces misérables à qui ils devaient leur allégeance ? Les éliminer un par un était une idée séduisante, si seulement bon nombre de questions ne se poseraient pas par la suite. Mais au moins, peut-être, que les gens en deviendraient avertis si par la suite l’idée de la tromper à nouveau les tentait bien. Mais gouverner par la peur n’était pas ce qu’elle souhaitait, non. Du moins par pour le moment. Et elle pouvait toujours tenter de sauver ce qui pouvait l’être avant que son pouvoir ne sombrât.

    Elle irait très certainement rendre une petite visite de courtoisie au maire une fois que ses maudits invités seraient partis, et peut-être irait-elle faire la même chose en ce qui concernait le sigmarite. En revanche, en ce qui concernait Marcus Dietz, il était toujours temps d’avoir une petite discussion avec lui. Et où qu’il se trouva, la jeune femme réussit à lui parler en seule à seul ; il ne lui était guère difficile d’exiger ce genre d’entrevue.

    «Marcus, vous faites du bon travail, et je voudrais vous récompenser pour cela. Il ne m’est pas étranger que vous fréquentez une jeune demoiselle du nom de Mariette… Oui, à vrai dire, il semblerait que quelques personnes soient déjà au courant, et pas toujours bien intentionnées, si jamais cela vous étonne-t-il encore. Quoi qu’il en soit,continua-t-elle en écartant cette futile interrogation d’un revers de la main, je ne vous empêcherai pas de lui rendre visite, ou que même, elle, vous rende visite ici-même. Et que direz-vous si jamais je lui trouvais un emploi dans ce manoir ? Un emploi bien plus sûr et honorable que ce qu’elle fait actuellement ? Elle pourrait, par exemple, seconder Esla dans ses tâches les plus pénibles en lavant le sol, en faisant les poussières ou en s’occupant d’aller laver le linge au lavoir. Et restant ainsi au manoir, je ne doute pas que vous serez à même de pouvoir la protéger efficacement contre ceux qui vous auront déjà fait quelques soupçonneuses propositions… Ou qui ne tarderont pas à vous en faire, croyez-moi. Je ne veux qu’une seule chose en échange. Votre loyauté la plus indéfectible. »

    ***

    Ce ne fut que bien plus tard que le baron se leva enfin de sa chambre, et l’homme paraissait avoir souffert de ses dernières beuveries. Plusieurs grimaces parcouraient, de temps à autre, son visage, comme de grandes cernes soulignaient ses yeux ; il semblait avoir perdu de sa superbe en comparaison de la veille. En descendant, il s’attabla rapidement ceux qui lui faisaient office de gardes du corps ; Gemetzel et Rüssel, bien plus frais que ne le demeurait leur maître.

    «Bonjour, Messieurs, les salua la baronne, un grand sourire aux lèvres. J’espère que vous avez bien dormi. Alan, puis-je vous toucher quelques mots en privé, je vous prie ?
    Ce fut, sembla-t-il, d’un pas moins aisé que d’ordinaire qu’il vint la rejoindre un peu à part, mais, cela dit, toujours sous la surveillance attentives des deux autres hommes.

    «Il est des sujets qui ne sont pas faciles à aborder, et en voici un, quand bien même je déplore de devoir vous l’annoncer. Je vais me rendre chez le baron Himmergriff d’ici peu de temps, comme je vous l’avais déjà annoncé, et il vous faudra, si fait, quitter les lieux. Lucretia eut un air peiné. J’espère que vous le comprendrez… Et j’espère, surtout, que nous nous reverrons bientôt. En fait, je n’en doute même pas ; si jamais je ne vous revois pas d’ici la fin de l’année, vous entendrez parler de moi ! » plaisanta-t-elle en riant.

    Peut-être eut-il quelque chose à ajouter ou à répondre, toujours fut-il que, à la fin de la conversation, la baronne prit poliment congé de l’homme. Elle avait déjà pris son repas du matin avant même qu’elle n’allât s’entretenir avec son capitaine des gardes, et laissa donc ceux qui venaient de se lever prendre tranquillement le leur. En passant par la salle à manger, elle put constater que l’on se livrait à la bonne chère et au bon alcool, et, les saluant agréablement au passage, leur souhaita un bon appétit et un bon repas.

    Lucretia avait fort à faire dans la forêt, comme elle l’avait promis à Mandra, et se devait de respecter ses engagements. Elle avait craint un éventuel piège de la part de la prêtresse, et c’était bien pour cette raison qu’elle avait repoussé son offre de la rejoindre sur son propre terrain, dans son temple ensoleillé qu’elle connaissait certainement comme sa poche. Elle ne doutait pas que, là-bas, elle pouvait rassembler toutes les troupes et cultistes qu’elle voulait pour tenter de lui causer du tort. Mais que ce rendez-vous fût décidé dans cette clairière qui avait vu le dernier hommage rendu à Carl ne signifiait pas pour autant que la jeune femme ne courait pas de danger, non. Certes, un danger bien moindre que si elle avait convenu à la première proposition de la taalienne, mais un danger tout de même. Aussi décida-t-elle de se rendre dans l’armurerie afin de s’équiper d’une autre dague qu’elle dissimulerait dans sa manche gauche, la droite étant, comme toujours, la cachette de cette autre dague qu’elle portait sur elle. L’on n’était jamais trop prudente, quand bien même ne s’en était-elle pas servie de puis un bout de temps, et ne le souhaitait pas.

    En chemin, elle croisa l’un de ses gardes, qu’elle avertit de ses intentions. Et si l’homme s’inquiéta sûrement, elle lui répondit qu’elle ne s’aventurerait pas profondément dans la forêt, et que Mandra veillerait sur elle. C’était par simple précaution qu’elle se dotait de cette dague que l’homme l’avait vue prendre. Il lui fallut aussi se changer ; se balader en forêt en portant cette robe n’était assurément pas ce qu’il y avait de plus évident et confortable, aussi fit-elle mander Elsa afin qu’elle l’aidât à se changer. Et si sa dame d’atours s’aperçut à son tour des dagues que portait sa maîtresse, cette dernière lui tint à peu près les mêmes mots qu’elle avait annoncés au garde, tâchant de la rassurer. Ainsi, la baronne opta pour des chausses et une tunique telles qu’elle s’en était déjà vêtues lorsqu’elle avait caracolé joyeusement en compagnie du chevalier des Fleurs, à dos de monture, il y avait de cela deux ou trois jours à présent.

    En redescendant, la maîtresse des lieux constata la disparition du seigneur Lindellindele et du chevalier des Fleurs de la cuisine pour les apercevoir dans le jardin, et ceux deux-là semblaient plongés dans une vive discussion. Au moment même où elle devait rencontrer Mandra. Devait-elle se retarder quelque peu et aller voir, ou plutôt, écouter, de quoi il en retournait ? En pleine journée, cela n’aurait pas fait des plus discrets, encore qu’elle pouvait toujours compter sur son ouïe hors du commun pour intercepter tout ce qu’il s’y disait. Mais il elle se présentait à leur nez et à leur barbe, sans qu’ils s’en rendissent compte, alors les choses en iraient autrement…

    Regardant vivement autour d’elle que personne n’était en train de l’observer, elle entra dans l’une de ces résidences annexes pour les serviteurs ou portefaix du manoir, ou l’une de ces stalles destinées aux chevaux, et referma derrière elle. Là, à moins qu’une ouverture naturelle vers l’extérieur fût déjà disponible, elle entrouvrit une fenêtre, puis se glissa dans les méandres des tissus qui constituaient son corps. Il n’était pas question de sortilège, ou du moins, pas d’un enchantement à tisser soi-même grâce aux courants de l’Aethyr, simplement d’une de ses autres formes, ancrée en elle, qu’elle n’avait encore jamais exploitée jusque-là. Et si ce fut une belle jeune femme qui entra dans le bâtiment, ce fut une corneille qui en ressortit discrètement, l’œil étrangement étincelant d’amusement et de malignité.

    Une nouvelle sensation s’offrait à Lucretia, et ces deux derniers jours étaient décidément bien riches en enseignement. Le fait de voler avait toujours représenté l’un des nombreux rêves de l’homme, et voilà qu’elle y parvenait. Ce jour-là lui apprit également qu’il était bien plus difficile qu’il n’en paraissait lorsque l’on regardait les oiseaux virevolter dans le ciel azuré. L’expression battre de l’aile n’avait jamais été aussi bien représentée que par la jeune femme en ce jour, et ce fut presque en catastrophe qu’elle manqua de s’écraser aux pieds de ceux qu’elle voulait espionner, telle une petite météorite. Adopter aussi aisément que cela ce petit corps au poids, à la taille et à la forme différentes était impossible, et apprendre à le diriger, à comprendre ses mécanismes et à utiliser les divers éléments qui le composaient prit un certain temps. Manquant de rater la branche-cible sur laquelle elle souhaitait de poser afin d’écouter les intrigues du chevalier et de l’elfe, elle se promit de s’entraîner davantage.
    Et à l’ombre des branchages et des feuilles d’un des arbres qui bordaient le jardin, une corneille pépiante écoutait leurs commérages avec un intérêt certain.


    ***

    Lucretia était certainement en retard que d’avoir trop tardé à surprendre la conversation entre les deux amants, mais elle comptait bien sur sa forme d’oiseau pour regagner au plus vite le lieu de rendez-vous. Et ce fut filant dans le ciel, bien haut, là où il n’y avait pas d’obstacle ou de mouvement dangereux à effectuer alors qu’elle ne maîtrisait pas correctement ce petit corps, qu’elle survola le lieu du rendez-vous. La prêtresse l’attendait déjà, mais pas en seule à seule comme elles avaient pu en convenir. Le regard perçant de la jeune femme percevait, au-delà des branches, à l’orée de la clairière, d’autres formes qui n’avaient rien d’amicale. Mais ce n’était pas cela qui allait lui faire peur, et, rebroussant quelque peu le chemin, fit demi-tour, pour atterrir à trois dizaines de mètres dans la forêt, à l’abri des regards. Pas question que la prêtresse sût qu’elle était l’étendue de ses pouvoirs.
    Retraçant le chemin qu’elle avait parcouru la veille, Lucretia entra dans le cercle naturel que formaient les arbres.

    «Je vous sais gré d’être présente et d’avoir eu la patience de m’attendre en dépit de mon léger retard, quand bien même n’avions-nous pas réellement convenu d’heure. J’aurais simplement souhaité que nous soyons véritablement seules, mais cela ne m’étonne pas vraiment, à vrai dire, annonça-t-elle platement en hochant les épaules. Je vais vous poser quelques questions, très franches, et j’espère que vous le serez autant.
    Savez-vous d’où je viens, qui je suis, pourquoi la duchesse m’a donné ces terres, et également, pourquoi avez-vous peur de moi ou vous méfiez-vous de moi ?
    »

    Les réponses ne se firent pas attendre, et Mandra eut la politesse de répondre comme l’avait demandé Lucretia, sans tourner autour du pot. Enfin allait-elle pouvoir s’expliquer avec elle, comme elle le désirait depuis si longtemps. Et bientôt, les menaces se firent, alors que les hommes se révélèrent. S’y attendant depuis qu’elle s’était levée ce matin, la jeune femme ne broncha pas. Quand bien même étaient-ils armés, elle ne les craignait pas.

    «Eh bien… Vous avez plutôt raison sur vos insinuations et vos déductions ». Elle se contenta de sourire alors même que ces armes étaient braquées vers elle, attendant que la prêtresse s’imprègne de ses paroles qu’elle n’imaginait peut-être pas aussi franches et catégoriques. Alors qu’elle la jaugeait doucement du regard, le sourire que la baronne arborait était sincère, amusé, et un brin léger, distant, ou peut-être même naïf.

    «Mais… Et alors ? Pourquoi ne devrais-je pas exister, si la nature permet que je me tienne ici ? Et détournant le regard de la cultiste, elle quitta le cercle sacré pour s’avancer doucement vers un arbre et en effleurer une feuille. Je peux ressentir le contact de la nature, je peux m’émerveiller de voir un lever de soleil et son ciel orangé, je peux planter une graine, m’en occuper, et voir petit à petit la future plante grandir.

    Elle se retourna vers sa vis-à-vis.

    Non, je n’ai pas choisi ce chemin que j’ai quitté, j’en fus d’ailleurs la victime. La question étant, est-ce que je le regrette, à présent ? Sans la menace de ces flèches qui pèsent sur mes épaules, je dirai non. Avec cette même menace, je continue de dire non. Ce n’est pas parce que l’on est doté de grands pouvoirs qui défient la pensée, ou qui font peur aux autres parce que, simplement, l’inconnu nous fait toujours peur, que l’on est forcément habité de mauvaises intentions. Vous avez-vous-même des pouvoirs plus importants que les cultistes que vous dirigez, est-ce pour autant que vous faites le mal ? Je ne pense pas, quand bien même avez-vous l’étrange idée que celle de vouloir m’abattre à tout prix.
    J’agis de la même façon, même si vous ne le voulez pas le croire. Je vous pensais plus sage que cela.
    »

    Il ne s’agissait aucunement d’une critique, mais bien d’un véritable regret alors qu’elle laissait planer un regard attristé sur Mandra et ses archers. Il n’y avait pas non plus d’animosité dans ses paroles, seule une douceur séculaire qu’aurait pu sagement empruntée la prêtresse de Rhya. D’une personne pacifique, elle était passée à un monstre empli de vengeance alors même qu’elle ne connaissait pas celle vers qui elle tournait sa hargne.

    « Vous n’avez pas peur de moi, et vous avez raison. En revanche, vos cultistes et forestiers ont possiblement peur de moi, mais cela est uniquement de votre faute alors que vous entretenez la haine qu’ils me portent. Ainsi, vous vous attaquez à quelque chose qui vous dépasse. Je n’ai nullement l’intention du vous causer du tort ; au contraire, je fais tout pour faire prospérer le village que l’on m’a confié. Mais si jamais vous êtes décidés à me causer du mal, et, ainsi, à en faire à mes gens que je protège, alors sachez que je ne me laisserais certainement pas faire.

    Elle désigna alors les archers.

    Ces hommes que voilà ont des armes pointées vers moi, parce qu’ils ignorent tout de moi et sont guidés par votre courroux. Je ferais preuve de davantage de miséricorde que vous n’en montrez ; je les épargnerais s’ils ne tentent rien à mon encontre. En revanche, prononcez les mots de mort, et alors vous aurez la leur sur la conscience, car elle ne dépendra que de votre ordre. Je m’en sortirai, mais pas eux.

    Je vais vous révéler quelque chose, afin que vous puissiez réfléchir davantage à ce que vous allez proférer. L’argent ne me fait rien, pas plus que votre foi, contrairement à ce que vous croyez. Pas plus que les armes non plus, magiques, bénies ou normales. Oh, si vous êtes assez rapides, je ne doute pas qu’elles me toucheront, oui. Mais ce sera tout. Toutes les histoires et les mythes que vous avez entendus au sujet des miens sont des fables inventées afin que vous nous laissiez en paix. Ces monstres sont vulnérables aux symboles divins ? J’en ai touché plusieurs cette après-midi-là, sans rien ressentir, je suis donc humaine à vos yeux. Il en va de même pour l’argent, pour l’eau bénite, pour l’eau ruisselante, l’ail, et tout ce que vous pouvez croire d’autres. Et pour notre mort, également, créée afin que, une fois que vous êtes persuadés d’avoir éliminés un de ces innocents que vous nommiez aberrations, vous vous dites que le mal est passé, mort, et enterrés à jamais. Et ainsi vous nous laissez en paix une fois que votre forfait est accompli.
    »

    Une fois sa logorrhée terminée, elle se sut enfin, dévisageant calmement la prêtresse. Elle ne doutait pas d’en venir à bout si jamais elle décider d’en terminer avec elle, et regretterait cet acte inconsidéré de sa part.

    «Oh, j’oubliais une dernière chose. L’histoire concernant le sang est vraie. Seulement, ce que l’on ne vous dit pas, c’est que le sang animal peut très bien faire l’affaire. Pourquoi irai-je révéler mon identité en me nourrissant sur un humain lorsque je peux le faire sur les chevaux, sans même les tuer ? » Elle haussa les épaules, avec un pragmatisme fataliste dans lequel l’on ne pouvait déceler aucune peur ; dans quelques minutes, cette histoire serait terminée, et, qu’importait le sens qu’elle prendrait, elle en serait toujours gagnante.
Modifié en dernier par [MJ] Bonnepierre le 16 déc. 2012, 04:34, modifié 1 fois.
Raison : 7xp/17xp
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Ma Fiche
Objets particuliers:
- * Anneau Nowelleux (+1 INI)
- Amulette (relance d'un EC: 2/3 utilisations disponibles)

Compétences acquises et Dons du Sang

COMBAT :
Attaque : Coup précis (3), Arme de prédilection ( épée à une main)
Défense : Esquive, Acrobatie de combat, Sang vif (2) (DDS), Coriace,
Autres : Régénération Impie (DDS), Innocence Perdue (DDS), Valse Macabre


MAGIE :
- Sens de la Magie
- Conscience de la Magie
- Maîtrise de l'Aethyr - niveau 3

CHARISME :
- Diplomatie
- Éloquence
- Séduction
- Intimidation
- Comédie
- Etiquette
- Intrigue de cour

INTELLIGENCE :
- Domination (DDS)
- Érudition
- Littérature
- Linguistique
- Histoire
- Administration
- Enseignement
- Connaissance végétale
- Langue étrangère : Kislévarin
- Connaissance des démons

INITIATIVE / HABILETE :
- Sang vif (DDS)
- Réflexes éclairs
- Escalade
- Monte - chevaux
- Sens Accrus
- Vision nocturne

AUTRES :
- Défi de l'Aube (DDS)
- Ame Profane (DDS)
- Forme de Familier : Corneille (DDS)
- Sang argenté (DDS)
- Alphabétisation
- Force accrue
- Chance
- Préparation des poisons

Inventaire :
- Griffe d'Ursun
- Veste de cuir & pèlerine en "voyage" / robe habillée en "réception"
- Anneau de promptitude
- Bague du tumulus
- Sacoche de chanvre
- Lettre de la comtesse
- Gemmes et pépites d'or
- Fleur de salicaire
- Glandes à venin
- Poison (?)

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[MJ] Bonnepierre
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Re: [Arzhvael et Ombeline] Noble désordre

Message par [MJ] Bonnepierre »

Gagnante? Etait-ce si sûr?
En tout cas ce n'était point ce que le visage, totalement impassible, de la prêtresse laissa voir...

Mais n'allons pas trop vite. Il faut avant cela nous attacher au passé...

Plus tôt le matin, au Manoir:

-Je vous suis d'une indéfectible loyauté, Madame la Baronne, avait dit Marcus Dietz, le capitaine de la garde. Il était honteux - sans doute pour sa prostituée - mais c'était aussi mêlé de franchise et d'incompréhension:
-Et je vous remercie de votre sollicitude... Dites moi quels sont ces gens mal intentionnés, que je les arrête!
Il ne fit pas plus d'allusion à sa "mariette", mais paraissait disposé à bousculer quiconque ennuierait sa maîtresse.
Peut-être Lucrétia lui donna t-elle des ordres plus précis?
Un peu plus tard dans la matinée, la lahmiane s'adressa à Alan. Celui-ci se montra quelque peu nébuleux dans ses réponses, et, grande première, ce fut le mage rouge qui parla:
-Sa Seigneurie se sent mal. Il nous faudra encore quelques jours pour nous préparer, Madame, mais n'ayez crainte, votre domaine sera entre de bonnes mains en votre absence.
Clair et concis. Cet homme était si abrupt que cela ne semblait pas pouvoir souffrir la contradiction.

A peine plus tard, un vol d'oiseau:
-Je fais ce que je veux, Philippe! maugréa l'elfe. Et ne va pas t'imaginer n'importe quoi! Je me fiche de cette cuisinière! Et tout autant de sa maîtresse!... Reste donc ici avec moi!
Le Chevalier hésita:
-Je n'aime pas.... je... ce jeu que vous jouez avec elle!... C'est impropre!
-Bienvenue dans le monde de la politique, mon petit, se moqua l'elfe: Tu sais très bien que je vais faire ce qu'on me demande! Protège la, reste ici, c'est tout ce que MOI je te demande! Sans toi tu sais bien ce qu'il adviendra! Et puis marde! Fais ce que tu veux!
-Tu sais très bien ce que je vais faire...

Rire jaune de l'elfe:
-Et je ne te le reprocherais jamais...
Ils s'embrassèrent.

Presque midi, la clairière:

Il y eut des bruissements dans d'autres fourrés derrière Lucrétia:
Le Chevalier des Fleurs était là pour la protéger, lance en avant, sur son destrier... mais juste en renfort, il attendit.

La prêtresse avait laissé Lucrétia argumenter ses tirades sans jamais l'interrompre. Les archers se tenaient prêts, tout comme le Chevalier d'Artois, mais aucun d'eux n'entendait ce qui se disait.
Mandra sourit, mauvaise:
-Tu es conte nature, c'est ce que tu es, toutes tes belles paroles n'y changeront rien. C'est ainsi.... Oui tu peux toucher une branche, oui tu es là... Mais ne te voile pas la face: tu es une aberration, une malédiction... Et tu le sais, tu n'es pas comme les autres.
Que crois-tu? Que tu es supérieure? Que crois-tu? Que tu as le droit d'exister seulement du fait que tu existes? Les hommes bêtes existent. Les orques existent...

Et je les tue.


Tu n'es pas dangereuse? C'est cela que tu veux me faire croire? Elle rit, cynique: Mais tu es une aberration! Je me fiche que tu suces le sang d'animaux ou d'humains! Tu ne fais pas partie de la nature, ça non, quoique tu penses! Créature impie!
Un regard suprême, mâchoire serrée:
-Tu te crois forte... Mais je le suis aussi... C'est à peine si je suis encore humaine tant j'ai de pouvoir... Affronte moi;, tu mourras; oublies mes amis forestiers, c'est juste nous deux, contre moi tu perds;
Elle y croyait, et c'est vrai qu'elle dégageait une sacré puissance... Mais elle s'adoucit d'un coup:
-Mais même des "choses" telles que toi peuvent être épargnées -ne pleure pas ne m'ennuie pas s'il te plait, tu ne devrais pas exister - à l'ouest il y a pire... Juste à l'ouest: l'ahlbeck....
Silence mortel:
-Tu vas y aller en visite; Montre moi pourquoi je dois t'épargner. Le mal est là bas.

Cette "folle" était tellement sûre d'elle!

Au Manoir, les nobles n'étaient pas disposés à partir... Mais de fait; ce n'était plus Alan qui parlait; l'elfe reprenait la parole... Et le mage rouge observait Lucrétia.

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Lucretia Von Shwitzerhaüm
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Re: [Arzhvael et Ombeline] Noble désordre

Message par Lucretia Von Shwitzerhaüm »

  • Eu égard à l’expression de surprise qui s’afficha sur le visage du capitaine des gardes, Lucretia en conclut aisément que, si Gemetzel était en train d’enquêter sur Marcus et sa jeune maîtresse, l’espion n’était pas encore venu le trouver. Tant mieux, elle ne pouvait que davantage le mettre en garde contre le suspicieux individu, et celui-ci n’aurait que plus de mal encore à faire passer le soldat sous sa coupe.

    «Il se pourrait, et je pense même que cela vous arrivera tôt ou tard, que l’un des serviteurs de nos invités vienne vous voir en menaçant Mariette afin de faire pressions sur vous. Ainsi, vous vous conformeriez à tout ce qu’ils vous ordonneraient de faire alors que leur seul but n’est pas autre que celui de me nuire. Je ne puis guère, encore, les faire inculper pour quoi que ce soit en l’absence de preuve, mais soyez sur vos gardes tout de même, et venez me conter ce que l’on vous aura proposé. Et gardez ce que je viens de vous dire pour vous, également. »

    ***

    Alors qu’elle s’entretenait avec un Alan nauséeux, ce ne fut pas l’intéressé qui répondit, mais bel et bien son serviteur, qui, en sus, se glissa comme si de rien n’était dans la conversation. Ou du moins, peut-être en avait-il conscience, mais l’homme affichait une expression si plate qu’il donnait l’air d’en avoir cure. Allons donc, il a une langue, celui-là ? A croire qu’il ne l’utilise que pour énoncer des choses déplaisantes. Et pour cause, la jeune femme hésitait entre deux options. Insister sur le fait qu’ils s’en allassent tous –après tout, ils étaient chez elle et commençaient à abuser ouvertement de son hospitalité- ou attendre qu’Alan fût guérit pour le mettre à la porte. Ce qui incluait le fait qu’elle ne pouvait pas se rendre chez le baron Himmergriff ; elle eût été folle de s’absenter de chez elle en les laissant librement dans ses terres, avec tout ce qu’elle avait appris de la bouche du baron.

    «Quelques jours ? Vous en n’avez eu qu’un pour vous installer, je ne vois pas pour quelle raison vous en demandez davantage pour vous préparer. Et je crois que sa Seigneurie, quoique ne se portant pas très bien, est assez grande comme cela pour s’exprimer toute seule. »

    Et se tournant à nouveau vers Alan, elle modula l’intonation de sa voix, lui donnant un timbre inquiet.

    «Mon cher ami, je vous vois souffrant. Demandez, et j’irai quérir pour vous notre guérisseuse, Olga. Cela dit… Elle soupira. Oui, il faudra vraiment que vous partiez ; je dois entreprendre ce voyage, et je ne quitterai pas mes terres alors que des invités y sont encore présents en les abandonnant à eux-mêmes. En vérité, étrangement, je préfèrerais que lesdits invités partent les premiers, avant moi-même, et si les règles de la bienséance ne me donneraient pas forcément raison sur ces faits, dites-vous, sans animosité aucune, qu’il s’agit d’une question de principe, et non d’un manque de confiance. Une fois de plus, j’espère que vous me comprendrez… »

    ***

    Ses invités colportaient décidément avec eux leurs lots de mystères et de cabales, ne montrant jamais ce qu’ils pensaient véritablement. Ainsi l’elfe se fichait d’Elsa ? Cela, la jeune femme s’en doutait bien ; il l’avait charmée que pour mieux qu’elle lui révélât les secrets de sa maîtresse, ou, tout du moins, les petites choses utiles qu’il était toujours bon de savoir. Ainsi se fichait-il aussi d’elle-même ? Voilà qui n’en était pas plus étonnant ; Domi jouait un rôle demandé par Alan, un rôle qui le plaçait au sein d’un accort personnage, bon vivant, toujours plaisant à écouter. Mais sans quoi, que se cachait-il véritablement sous ce masque, quels étaient ses intérêts si jamais, conformément à ce qu’Alan lui avait révélé, il pouvait agir comme il l’entendait ?

    Et Phillipe protestait contre les agissements de son amant, mais contre lesquels en particulier ? L’homme n’était pas au fait de toutes les fourberies que pouvaient recéler ses compagnons, et il ne devait ainsi pas être au courant des manigances que Lindellindele opérait à l’encontre de la baronne. Aussi le chevalier parlait-il, en prétendant ne pas aimer le jeu qu’il jouait avec elle, d’elle-même ou bien de sa propre servante, le bretonnien étant si fait jaloux de l’attention que portait son amant à une autre que lui ?

    En vérité, elle avait espéré surprendre cette conversation pour éclaircir un petit peu mieux ce qui se déroulait autour d’elle, mais tout n’en devenait que plus confus encore.

    ***

    «Que je sois supérieure ? Sans aucun doute. Que je ne sois pas comme les autres ? Il en va de soi, allons. Que je ne sois pas dangereuse … ? La jeune femme laissa échapper un petit sourire doucereux. Je le suis, comme je vous l’ai dit ; vous ne savez pas à quoi vous vous mesurez en vous montrant si belliqueuse. Mais je ne le suis que si on cherche à l’être contre ma personne et contre mes gens. Si vous ne me dérangez pas, alors je ne serais nullement un danger pour les vôtres comme pour vous-même. »

    Ce fut sur ces entrefaites qu’arriva un bien curieux personnage, et jamais ne se serait-elle attendue à le voir en ces lieux. Le chevalier des Fleurs en personne, venant de quitter l’elfe qui lui tint ces mots «protège-la». S’agissait-il d’elle, en fin de compte ? La protéger de quoi, et, surtout, pourquoi l’elfe voulait-il que l’on veillât sur elle alors qu’Alan avait parlé de l’hypothèse de son propre meurtre ? Elle ne put s’empêcher de lui jeter un regard interrogateur avant de reporter son attention sur sa vis-à-vis. Elle celle-ci semblait perdue dans les méandres d’une folie que Lucretia n’aurait jamais pensée d’elle.

    «Vous possédez tant de pouvoirs que vous en êtes à peine humaine, à présent ? Elle ne put retenir un petit rire. Qui est l’abomination, en vérité ? Il semblerait même que votre soif de puissance, soudainement, dépasse la foi que vous devriez avoir envers vos dieux. »

    Effectivement, elle semblait tellement imbue de cette puissance qu’elle pensait assurément détenir qu’elle en oubliait à qui elle parlait. Si la jeune femme s’était surprise à avoir un certain respect pour cette étrange apparition sans âge qui était venue la visiter un matin, voilà que cette considération venait de s’effriter et de tomber en poussière sous la folie de celle-ci. Son désir de vengeance et sa soif de puissance étaient tels que, contrairement à ce qu’elle voulait bien laisser croire, oui, elle était capable de mettre la vie de ses cultistes en danger pour cela. Toutefois, le mal dont elle parlait avait attiré la curiosité de la baronne.

    «J’éprouvais un semblant de respect pour vous –je vous le dis tout de même, dussiez-vous n’en avoir rien à faire-, mais de cette femme vénérable et emplie de sagesse à laquelle je pensais avoir affaire, il ne reste plus grand-chose de cette apparence. A moins que vous ne vous rachetiez quelque peu par des actes bien plus nobles que de vulgaires paroles destinées à me faire mourir, mais mourir d’ennuis, à force de répéter que je suis une aberration. Enfin, quoi qu’il en soit, vous avez attiré ma curiosité ; montrez-moi donc ce que votre divine puissance ne peut résoudre. Mais retenez bien une chose ; je ne le fais pas sous votre menace, mais bien pour protéger aussi bien mes gens que mon domaine. »

    Lorsque Mandra eût terminé de lui cracher d’autres absurdités ou, peut-être, dans un éclair de lucidité, expliqué quelle était la cause de ce mal, la jeune femme s’approcha de Phillipe.

    «Eh bien messire, pour une surprise, en voilà une. Puis-je savoir la raison de votre délicieuse présence à mes côtés ? »
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Ma Fiche
Objets particuliers:
- * Anneau Nowelleux (+1 INI)
- Amulette (relance d'un EC: 2/3 utilisations disponibles)

Compétences acquises et Dons du Sang

COMBAT :
Attaque : Coup précis (3), Arme de prédilection ( épée à une main)
Défense : Esquive, Acrobatie de combat, Sang vif (2) (DDS), Coriace,
Autres : Régénération Impie (DDS), Innocence Perdue (DDS), Valse Macabre


MAGIE :
- Sens de la Magie
- Conscience de la Magie
- Maîtrise de l'Aethyr - niveau 3

CHARISME :
- Diplomatie
- Éloquence
- Séduction
- Intimidation
- Comédie
- Etiquette
- Intrigue de cour

INTELLIGENCE :
- Domination (DDS)
- Érudition
- Littérature
- Linguistique
- Histoire
- Administration
- Enseignement
- Connaissance végétale
- Langue étrangère : Kislévarin
- Connaissance des démons

INITIATIVE / HABILETE :
- Sang vif (DDS)
- Réflexes éclairs
- Escalade
- Monte - chevaux
- Sens Accrus
- Vision nocturne

AUTRES :
- Défi de l'Aube (DDS)
- Ame Profane (DDS)
- Forme de Familier : Corneille (DDS)
- Sang argenté (DDS)
- Alphabétisation
- Force accrue
- Chance
- Préparation des poisons

Inventaire :
- Griffe d'Ursun
- Veste de cuir & pèlerine en "voyage" / robe habillée en "réception"
- Anneau de promptitude
- Bague du tumulus
- Sacoche de chanvre
- Lettre de la comtesse
- Gemmes et pépites d'or
- Fleur de salicaire
- Glandes à venin
- Poison (?)

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[MJ] Bonnepierre
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Re: [Arzhvael et Ombeline] Noble désordre

Message par [MJ] Bonnepierre »

Aujourd'hui. En Automne.

La temporalité est une chose importante:

Cette réponse de Marcus Dietz fut faite très tôt cette journée:
-Oui Madame.
Mais si sa réponse fut brève, son regard fut empli de forces et de haines: mais non pas pour notre chère baronne... et bien plus clairement pour ceux qui iraient contre cette dernière et son amante Mariette!
_______________

Plus tard dans la matinée, mais à peine: Lucrétia prit à partie Alan, tâchant de l'enjoindre à partir malgré les récriminations du mage rouge sur sa santé:

Alan soutint son mage, souriant faiblement:
-Je vous comprends, Madame... Mais comprenez moi aussi, je vous en conjure. Je suis mal, il me faut quelques jours pour me remettre: vous ne pouvez décemment me mettre à la porte...
Le regard du mage rouge fut clair: Lucrètia ne pouvait pas! Et ils ne partiraient pas!
Cela se voulait-il intimidant?

En tout cas la bienséance était pour eux, en effet, elle pouvait difficilement les mettre dehors alors que le Baron était malade, si fait?
_____________

Encore plus tard, il était midi, dans une clairière proche du domaine:

Les réponses de Lucrétia furent cinglantes: mais jamais la prêtresse ne sembla en prendre ombrage ni s'en fâcher. En réponse, elle eut simplement un demi sourire sans joie:
-Maintenant nous savons toutes deux à qui nous avons affaire... Très heureuse, Baronne, fit-elle en guise de convenance.
Puis:
-Gémis tant que tu veux, profondément tu sais ce que tu es, ta place n'est pas ici... Mais pour un temps pourquoi pas, pour "tes gens"... Je te suivrais jusqu'en Alhbeck, là nous verrons.
Et, trois flèches d'argent dardées sur Lucrétia, elle lui tourna le dos et s'en fut.
__________________________

L'instant d'après, toujours dans la forêt, le Chevalier des Fleurs fut gêné par la question de la lahmiane:

-Hem... et bien... Je ne pouvais vous laisser aller seule comme vous l'avez fait, Madame. Et voyant ces gredins et leurs arcs, je me tenais prêt à les charger sus! Il s'engaillardit:
-Vous courez un danger, Madame, mais lequel je ne le sais. Toutefois... Si fait, je vous en protégerai!

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Lucretia Von Shwitzerhaüm
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Re: [Arzhvael et Ombeline] Noble désordre

Message par Lucretia Von Shwitzerhaüm »

  • La désagréable impression de se faire marcher sur les pieds la chatouillait depuis un bon moment déjà, et celle que ses invités profitaient de sa magnanimité plus encore. Ne parlait-on pas, déjà, de ceux qui la hâtaient d’accéder à leur demande de les accompagner rapidement, avant qu’il ne fût trop tard, afin de se précipiter en Ostermark pour y conclure quelque affaire ? Et les voilà qui lambinaient dans son manoir, profitant outrageusement de son hospitalité pour y mener leur petites intrigues et leur messes-basses en toute impunité. Il était difficile de croire que la bienséance était pour eux, et plus encore lorsque l’on savait qu’ils avaient commis un meurtre sous le propre toit qui les accueillait. Mais officiellement, elle ne pouvait mettre en avant cet argument. Pas encore, tout du moins.

    « Allons, allons, mon cher Alan, vous vous montrez bien plus faible que vous ne l’êtes réellement, j’en suis convaincue, lui affirma-t-elle sur un ton bienveillant. Vous avez simplement un petit peu trop abusé sur la boisson hier soir, et souffrez à présent des conséquences. Mais bon… Restez ici un ou deux jours, le temps que vous vous remettiez de vos excès, et je resterai également à vos côtés afin d’être certaine que vous ne toucherez plus à l’alcool jusqu’à la fin de votre séjour céans-même. Je ne voudrais pas que, après un nouvel abus, ce même mal vous ronge encore et que vous ratiez toutes ces belles offres et alliances dont vous m’aviez tant vanté les mérites il y a de cela quelques jours déjà. Rappelez-vous bien : l’automne est clément, ne pas y aller maintenant, c’est voir les marchés intéressants et les alliances être conclus par d’autres. »

    Encore un homme qui se déclarait mourant pour le simple fait qu’il avait trop bu la veille.

    ***
    «Je suis heureuse de voir que cette vérité vous apparaît enfin », déclara sincèrement Lucretia suite aux dires de la prêtresse quant au fait que sa place pouvait se trouver là-bas. Quand bien même Mandra n’eût-elle pas voulu d’elle qu’elle n’aurait rien pu y faire ; en dépit de tous ses arguments, elle ne faisait assurément pas le poids. Il valait mieux pour elle, et surtout pour les hommes et croyants qui l’accompagnaient, qu’elle l’acceptât ainsi. Alors qu’elle s’apprêtait à disparaître et que les archers la menaçaient futilement de leur pointe d’argent, la jeune femme lui tint ces propos.

    «Ne voulez-vous donc pas me dire de quoi il s’agit avant de partir de la sorte, afin que je sache si je dois venir seule ou armée de quelques gardes, si la menace est si important que cela ? Rappelez-vous que, concernant ceci, nos intérêts sont communs ; me faire du tort reviendrait à vous en faire à vous-même et à vos cultistes. Et, oh, une dernière chose. Je lutte actuellement contre ce qui pourrait être un de vos ennemis, quand bien même ne le savez-vous pas encore. Vous m’avez dit ne pas faire de politique ; il est des fois où s’y intéresser de près ou de loin peut être utile. L’homme que je combats veut s’emparer de mes terres pour y apporter la guerre, s’en servir comme de base-avancée afin d’y préparer une conquête qui s’étendra au-delà de cette forêt. Peut-être que cela ne vous concerne pas tant que cela, après tout, mais je veux tout de même vous prévenir. Je ne pense pas me tromper en disant qu’il serait regrettable que les enfants de Taal et de Rhya s’entre-déchirent les uns les autres pour des buts qui ne les concernent pas.
    Vous êtes ainsi prévenue, si jamais il m’arrivait d’échouer à protéger aussi bien les miens que les vôtres.
    »

    Et si jamais tu tentes de me mettre des bâtons dans les roues, songea Lucretia. Si elle disposait d’un tant soit peu d’intelligence, la prêtresse savait à présent qu’elles combattaient une cause commune en la menace qui se trouvait à Alhbeck, et que la baronne la protégeait malgré tout en évitant qu’une guerre se propageât sur le domaine forestier de Mandra.

    ***

    Cet homme, ce chevalier, semblait bien souvent désemparé. A chaque fois que la jeune femme lui posait une question, le voilà qui ne savait que répondre, et, après une longue hésitation, un rougissement et un regard gêné, il lui répondait quelques banalités. Toutefois, cette initiative était bien appréciable, fut-elle guidée par un sentiment probant ou un ordre de l’elfe.

    «Je vous remercie du fond du cœur ; votre intention est des plus louables et cela ne peut me causer du tort que de me sentir davantage en sécurité. »Elle ne mentionna pas le fait qu’il eût également été peu probable que la prêtresse se livre au meurtre de ce qu’elle était aux yeux de tous, si ce n’était pour les siens de taalienne ; une baronne, une aristocrate. Mandra aurait certainement dû répondre de ses crimes, et il n’était pas assuré que l’on eût cru, de la part d’une cultiste de Rhya dont la plupart étaient connus pour ingérer des drogues et fumer des herbes, en quelque propos de vampire que ce fût.

    «Je vous sens troublé, cependant…Elle posa le bout de ses doigts sur sa joue, le forçant délicatement à la regarder alors qu’elle l’auscultait, mine inquiète.Je ne suis pas aussi naïve et ingénue que, peut-être, l’on voudrait bien vous le faire croire. Seriez-vous inquiet… ? Fâché ? Oh non, ne me dites pas que vous vous êtes disputé avec le seigneur Lindellindele, tout de même ? Le ton de la jeune femme était empli d’une angoisse sincère que son visage délicat reflétait bien. Je vous en prie, confiez-vous à moi ; vous savez que vous pouvez me faire confiance. Et je vous dirai mes inquiétudes, à moi aussi. Cela fait toujours du bien que de soulager sa confiance et de se reposer sur une épaule amicale. »
Modifié en dernier par [MJ] Bonnepierre le 07 janv. 2013, 23:45, modifié 1 fois.
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Re: [Arzhvael et Ombeline] Noble désordre

Message par [MJ] Bonnepierre »

Alan:

-Vous avez raison, je m'en veux de ma faiblesse, dit-il. Et je vous assure que je ferais tout pour en guérir rapidement... Milles mercis de votre hospitalité, Madame.
Cependant, le mage rouge avait décidément un étrange regard sur Lucrétia. Dur, pénétrant. Celui-ci ajouta:
-Le Baron ne se souvient plus bien de sa soirée... A partir du moment où il est allé vous rencontrer dans votre chambre, à votre invitation.
Alan prit un air gêné.
Son valet athlétique alla sa placer l'air de rien derrière la lhamiane, sous prétexte d'aller quérir une médication posée à l'avance sur une commode.
____________________

Mandra:

La prêtresse, de dos en train de partir, s'immobilisa un instant aux paroles de Lucrétia:
-Vous en dire plus?... Je ne le peux malheureusement. Les voies divines sont bien souvent impénétrables. Mais je parle à une sourde n'est-ce-pas? Jamais tu ne les entendra, toi.
Toujours aussi véhémente, la Rhyalienne!
-Quant à la guerre, les hommes la font et je ne m'en mêle pas si ce n'est contre le chaos, c'est ton rôle, puisque tu te l'es donné. Débrouille t'en, "bienveillante" baronne.

Je serai à l'Alhbeck pour te soutenir.


Et cette fois elle partit pour de bon.
______________________

D'Artois:

Tout en bichonnant le mufle de son destrier, le Chevalier des Fleurs parut bien troublé par la gentillesse de Lucrétia. Il regarda le ciel étoilé entre des branches d'arbres:
-Je ne suis pas fâché avec Domi, Madame... Une grimace lasse: Non, fâché, je le suis avec la politique... Je déteste cela... Vous... vous devriez venir avec nous à Beehafen. Ou alors aller chez votre voisin en nous offrant l'hospitalité en votre absence.
Ou les deux?

Ses yeux bleus se plantèrent dans ceux de la lahmiane, empli de miséricorde et d'inquiétudes:
-L'on ne s'oppose pas aux Feuerbach. Faites donc ce que l'on vous demande, je vous en supplie.

Il baissa galamment une main pour servir d'appui à Lucrétia si elle voulait monter sur sa jument:

-Nous rentrons, Madame?
Bon, je ne peux guère aller plus loin, car je ne sais pas ce que tu vas faire, mais libre à toi de faire passer la nuit, etc...

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Lucretia Von Shwitzerhaüm
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Re: [Arzhvael et Ombeline] Noble désordre

Message par Lucretia Von Shwitzerhaüm »

  • Lucretia hocha de la tête, rassurant le baron d’un petit sourire quand bien même celui-ci jouait-il sûrement la comédie.
    «C’est tout naturel », lui assura-t-elle.
    En revanche, envers le mage rouge n’eût-elle pas le même comportement. Qu’osait insinuer ce maroufle en osant la menacer de la sorte ? S’il se pensait au-delà de toute convenance parce que son maître était baron de son état, alors il fallait très certainement et diligemment lui remembrer qu’elle l’était tout autant, et que sous cette perte de mémoire se trouvait assurément une bénédiction qui sauvait l’honneur du premier. Sa réaction ne se fit pas attendre alors que, tournant ostenciblement le dos à Alban, elle écarta quelque peu le mage de ce dernier.

    «Joueriez-vous à plus bête que vous ne l’êtes ? lui siffla-t-elle, vénimeuse, à son oreille, afin que nul autre que lui ne l’entendît. Savez-vous au moins dans quel état votre maître est venu me trouver dans mes appartements privés ? Savez-vous ce que l’alcool peut avoir comme effet chez un homme ? Savez-vous seulement ce qu’il m’a demandé de lui faire parce qu’il n’arrivait pas à bander alors qu’il venait juste, imbriaque, de pénétrer dans ma chambre ? Croyez-moi qu’il est des fois où la perte momentanée de la mémoire est un état salvateur, et celui-ci aura au moins l’avantage de préserver la dignité de votre baron tout autant que lui faire oublier ces... obcènes fantasmes qui l’auront pris sur le moment. »

    Lui glissant ces paroles au creu de son oreille, l’homme put sentir le parfum délicieusement capiteux qui émanait de la jeune femme alors qu’elle se trouvait soudainement presque contre lui, mais il n’y avait aucune intention de séduction dans ses agissements. Une simple prévention qui vaudrait pourtant cher aux yeux d’Alban comme à son honneur si elle n’était pas écoutée.

    «Maintenant que vous en savez davantage, je vous laisse le libre arbitre ; libre à vous de continuer à aller le clamer haut et fort sur tous les toits, affichant comme le ferait un paon juvénil toute votre condescendance ou votre menace à peine sous-entendue, ou encore de révéler tout cela au baron von Feuerbach si cela vous chante. Quand bien même être traitée comme un vulgaire objet n’est pas la plus agréables des choses qui soient, je prends sur moi, mais, je vous assure, si cela en vient à être éventé, la probité d’Alan en sera bien plus entachée que la mienne, et vous en serez l’unique et seul responsable »

    Elle se recula alors, le soufle court et rouge que d’être trop endêvée pour avoir été insultée et accusée alors qu’elle ne faisait que défendre l’honneur d’autrui. Elle reprit cependant rapidement contenance, avant de s’apercevoir que l’autre valet lui était passé dans le dos. Allons quoi, s’agissait-il d’une nouvelle menace, implicite, comme pour lui faire ressentir sa solitude au milieu de trois hommes ? Elle se retourna en sa direction, méfiante et sceptique quant à ce qu’il pouvait bien mijoter. Le domestique s’en allait quérir quelque médicament, rien qui concernait la jeune femme en apparence.
    Elle quitta les lieux, s’assurant toutefois, à l’abri des regards, que l’on ne lui avait rien chapardé ni refourgué.
    ***

    Bien entendu que tu ne peux pas. Encore l’une de ces illuminées qui semblaient capables de percevoir les sibillynes paroles de leur dieu seulement lorsque cela les arrangeait. Et si la jeune femme ne pouvait effectivement pas entendre les paroles du divin, pour autant qu’elle doutât au sujet de son existence, rien n’entravait Mandra dans la communication de son céleste savoir. Voilà qui lui donnait la vulgaire envie de cracher à terre afin de lui témoigner puérillement l’intégralité de sa morgue. Mais le sens de l’étiquette aussi bien que son amour propre l’en empêcha et, restant droite et digne, Lucretia se contenta de la regarder partir, bien qu’une étrange étincelle dans son regard trahissait son dédain. Une sotte, rien de plus, qui se complait, dans un soupçon d’arrogance, à me laisser me dépêtrer, dût-il lui en coûter la vie de ses hommes m’arrivait d’échouer. Mais cela n’arrivera jamais.

    Sa propre arrogance, sa propre certitude étaient justifiées. Elle ferait tout ce qui était en son pouvoir pour triompher de ces envahisseurs d’invités, même si une autre soudaine envie l’avait saisie : celle de laisser venir la guerre pour détromper Mandra. La baronne aurait certainement donné très cher pour voir la mine déconfite de la prêtresse lorsque s’apercevrait que le culte qu’elle dirigeait ne comportait plus que des morts. Ou plutôt, elle aurait donné très cher pour vérifier si une telle nouvelle l’aurait effectivement emplie d’affliction ; au vu de ce qu’elle lui avait montré d’elle, Mandra ne cherchait qu’un pouvoir accru et un moyen de prouver autant à elle-même qu’à ses serviteurs l’étendu dudit pouvoir.

    Mais voilà qui eût été commettre une grave erreur sous le seul et unique signe de la rancune ; tout perdre pour prouver que l’autre était dans le tort n’en vallait assurément la peine. Et cela signifait également laisser le champ libre à Alban et à ses sbires ; une telle pensée la faisait déjà grincer des dents.
    Non, si elle préserverait les cultistes de Mandra de la ruine, c’était pour la simple et bonne raison qu’ils formaient ceux sur lesquels ses devoirs baronniaux s’appliquaient ; elle leur devait la sécurité lorsqu’ils lui payaient ses taxes et autre privilèges. Dommage que certains d’entre eux fussent si récalcitrant à l’idée qu’elle leur voulait véritablement du bien.

    ***

    Au moment même où le Chevalier des Fleurs proférait ses mots, l’air d’assurance dont s’était drapée Lucretia lorsqu’elle avait affirmé ne pas être naïve et ingénu que l’on voulait bien le faire croire s’évanouit aussitôt, laissant la place à une expression bien plus inquiète. Une étincelle d’incertitude dansait dans ses yeux, et, soudainement, l’homme ne lui parut plus autant d’être de confiance. L’on ne s’oppose pas aux Feeurbach. Que voulait-il dire ?

    «Que… Je ne suis pas sûre de bien vous suivre. En dépit de tous ses efforts pour se contenir, une certaine inquiétude pointa sous son ton qui se voulait assuré. Comment cela, je devrais vous laisser mon manoir en mon absence, comment cela, que je devrais faire ce que l’on me demande… ? La jeune femme promena un regard apeuré sur les arbres qui délimitaient la clairière, épiant le moindre mouvement, la moindre ombre qui eût pu trahir une présence ennemie.
    Que… Que voulez-vous dire ? »

    Lorsque la main se tendit en sa direction, elle sursauta soudainement, poussant un petit cri de surprise avant de reculer de deux pas.

    Mais… Mais qui êtes-vous donc, tous ? Que’est-ce que… Que me voulez-vous, balbutia-t-elle, lèvres tremblantes. Une pauvre baronne sans défense qui venait de recevoir un lopin de terre que l’on voulait déjà lui arracher, voilà ce qu’elle était, et, dans son insouciance, elle ne comprenait pas les agissements des autres. Elle voulait faire le bien, naïvement, uniquement le bien, et alors qu’elle s’y efforçait du mieux qu’elle le pouvait, d’autres, sans qu’elle n’eût jamais rien tenté contre eux, tentaient de lui faire du mal en retour. Cela lui était incompréhensible.

    «Ne… Ne m’approchez pas ! » Dans un dernier signe de sa dégénérescence qui la conduisit tout droit vers une folie paranoïaque, elle dégaina sa dague, mais il était aussi clair que visible que la belle ne savait nullement s’en servir. Elle la tenait droit devant elle, la maniant brusquement mais dans des gestes incertains, et son intention se révéla bien davantage être le fait de se rassurer par le contact d’une arme que celui de blesser qui que ce fût.

    «Pourquoi faîtes-vous cela ? Pourquoi êtes vous avec eux ?La voix tremblait à présent alors qu’elle se défiait de lui. La tristesse, la peur et le regret furent audibles à leur tour. N’avez-vous pas juré, vous, noble chevalier bretonnien, de protéger la femme et l’orphelin ? Je… Je ne veux que le bien de mes villageois, et c’est ainsi que je dois être récompensée ? En me volant et en m’abusant ? J’ai toujours rêvé, petite, d’un beau et courageux chevalier qui viendrait me sauver héroïquement de mon ravisseur pour m’épouser par la suite et me rendre heureuse. J’ai grandi depuis, et je sais que mon destin est tout autre. Mais je croyais et crois encore véritablement en votre probité, en vos engagements, et voilà que l’un de ceux en lesquels j’aurais remis ma vie veut me voir morte pour m’emparer de mes terres » Etaient-ce des larmes de rage ou de tristesse qui bordaient à présent ses doux yeux smarragdins, menaçant de s’écouler en de violents torrents d’ingénuité ? Elle ne le savait pas elle-même alors que, reculant encore, elle lui hurlait ces mots au visage :

    « Pourquoi ?! Dites-moi juste Pourquoi ?! »
En fait, je ne partirai pas tant qu'ils ne seront pas partis. n_n
(A moins que cela ne te gène véritablement pour l'avancée du scénario ? Auquel cas je peux m'y résoudre sans souci !)
Modifié en dernier par [MJ] Bonnepierre le 17 janv. 2013, 14:42, modifié 1 fois.
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Re: [Arzhvael et Ombeline] Noble désordre

Message par [MJ] Bonnepierre »

Ne te demande jamais si quoique ce soit que tu rp peut gêner mon scénar, c'est toi le "héros", pas moi ;) Rp comme tu veux.
Pardon du retard (encore! :? )
Au Manoir, le matin:

Bien que manifestement exercé à rester imperturbable en toutes circonstances, le sévère mage rouge avait sans doute été quelque peu décontenancé par les révélations et les menaces voilées que Lucrétia avait dites à son oreille. Pour preuve, il en resta sans voix, se bornant à sourciller d'un air fâché.
Et la Baronne put se retirer sans plus être ennuyée.
A l'air interrogateur d'Alan - et non "Alban" - vers son cerbère flamboyant, il était à parier qu'ils allaient discuter de tout cela. Mais entre eux, sans elle...

Rien ne lui avait été volé ni "refourgué". De fait, il faudrait un filou bien exceptionnel pour y parvenir à son insu, tant l'acuité de la lahmiane était inhumaine et acérée...
_______________

En forêt, midi:

Le sensible Chevalier des fleurs parut bien démuni en face des réactions exacerbées de Lucrétia... Et sincèrement malheureux pour elle. Il regarda à peine la dague sortie de son fourreau, s'en inquiétant infiniment moins que du trouble poignant de cette gentille baronne qu'il voulait protéger. Il recula d'un pas, écartant ses bras avec douceur en signe de paix:

-Je ne suis pas votre ennemi, Madame, souffla t-il, contrit. Pas moi non. Que la Dame du Lac m'en soit témoin, je veux au contraire vous garder vivante, vous protéger des sombres manoeuvres de ceux qui m'accompagnent! Son ton était monté, implorant: Je ne suis point "avec eux", comme vous m'en accusez, je suis avec Domi Lindellindele c'est tout! Je ne savais point avant aujourd'hui ce que ces gens avaient en tête! Je prenais le Baron Feuerbach pour un ami, ou du moins un honnête compagnon, et je me suis bien trompé!
Son regard devint dur, il grimaça, au bord des larmes:
- Je me suis aussi trompé sur Domi. Je ne pensais pas qu'il pourrait jamais s'associer à telles... bassesses.

Plus sérieux que jamais, son regard clair dans celui de la lahmiane:
-Je vais rester avec vous, Madame, s'il reste dans votre coeur indignement bafoué un soupçon de confiance en moi. Je n'irai point à Beehafen, je vous protégerai, je vous le jure! Sur mon honneur! Sur tout ce qui m'est cher! Sur le Graal! Moi vivant, personne ne vous fera du mal ni ne vous dépossédera!
Acceptez, je vous en conjure! Laissez moi me racheter de cette ignoble compagnie que j'ai escorté chez vous!
Une larme pointa dans ces cils: Au diable mon amour pour cet... pour Domi... Je l'occirai lui aussi s'il le faut! J'en serai malheureux à jamais, mais mon devoir est de vous soutenir, VOUS, non ces gredins!

Il était en rage, et regardait partout autour, comme à la recherche absurde d'un monstre à trucider pour se calmer.

-Croyez moi! Je... je...
Il s'efforça de se tempérer, regardant ses bottes blanches ferrées, et plus bas, il conclut:
- Je... Mes recommandations, de vous en aller, ou de les accompagner à Beehafen, de vous allier à eux... C'était pour m'assurer de votre survie, Dame Von Shwitzerhaüm... Mais vous m'avez montré la vérité. C'étais lâche... Veule... Indigne!
Ces terres sont à vous. C'est VOTRE domaine.

Il releva des yeux volontaires sur Lucrétia:
-La politique dans votre Empire est hideuse. Je ne suis pas certains que la Comtesse qui vous a doté est moins pourrie que les Feuerbach, clairement non, ni qu'en vous opposant à ces derniers vous faites le bon choix d'avenir... Mais une chose est sûre, VOUS, vous n'êtes pas de cette engeance. Vous ne voulez que le bien de tous, et par mon honneur, c'est vous et personne d'autre que je dois soutenir.

Ordonnez, vous serez obéie.
Si vous me faîtes la grâce de me pardonner ces fréquentations que désormais je répudie, soyez certaine que vous aurez le plus loyal des Chevaliers à votre service.


Il semblait la sincérité personnifiée. La droiture faite homme.... Un coeur meurtri certes, mais de nouveau en accord avec ses valeurs...
_____________________

Suite de la Journée, le Manoir:

Quoique décida Lucrétia au sujet de Philippe d'Artois, Alan lui annonça plus tard son intention de partir avec les siens dès le lendemain:
-Sachez, Dame Von Switzerhaüm, que je suis profondément navré de l'inconfort qu'a pu provoquer notre fin de visite, et que je vous porterai dans mon coeur même si le vôtre répugne désormais à ma présence. Ce dont, si cela est, je suis le premier marri... Les portes de mon domaine de Dreetz vous seront à jamais ouvertes, soyez en sûre...
Il prit un air embarrassé:
-Malgré nos incompréhensions de cette dernière nuit - ce dont je vous prie humblement de bien vouloir me pardonner - ne pourrions nous pas envisager de repasser, une journée une seule je vous le promets, à notre retour de Beehafen? Votre baronnie est la seule halte sur la route de notre retour...

Que répondit Lucrétia à cela?
Le mage rouge se tenait coi et ne cherchait plus à la provoquer.
Le dangereux valet, toujours aux côtés de son maître, avait sa neutralité de domestique habituelle...
L'elfe Lindellindele n'était pas là... Mais, peut-être, s'il avait plu à la Baronne, un blanc chevalier était à ses côtés?
Bon bon bon... Je n'avance pas plus, désolé. Tu peux rp sans soucis jusqu'au début de la nuit...
Promis je reviendrai très vite relancer l'histoire, même de façon courte^^

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Lucretia Von Shwitzerhaüm
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Re: [Arzhvael et Ombeline] Noble désordre

Message par Lucretia Von Shwitzerhaüm »

  • Alban…. Je me demande encore pourquoi je l’avais écrit par deux fois. n_n
    S’il avait paru fort peiné de prime abord, tout en gardant une certaine contenance, voilà que celle-ci avait cédé devant la franchise et à la désillusion d’une baronne qui se prétendait forte mais qui n’était, en vérité, qu’une pauvre jeune femme voulant naïvement faire le bien et qui se faisait manipuler. Philippe avait timidement avoué que la politique ne lui seyait guère, lui qui n’affichait qu’une politesse de circonstance, quoique légèrement attristée, tenant à protéger le baron Alan von Feuerbach et le signeur elfe Lindellindele.
    Finalement, face au désespoir et à la rage d’avoir été trahie de Lucretia, le chevalier avait, semblait-il, rendu les armes. Oui, c’en eût presque été un comble ; elle ne doutait pas qu’il eût fait preuve d’une combativité à tout égard face au pire ennemi qui fût, mais, devant elle, devant une femme, il demeurait désarmé, ne sachant que faire.

    Il n’était pas son ennemi. Un discours difficile à avaler alors qu’il venait juste de le proférer ; ne l’avait-elle pas entendu, à l’instant, agréer aux paroles de l’elfe qui lui demandait de rester avec elle, et ce juste avant de l’embrasser ? Et il protestait et clamait et jurait qu’il formait un clan différent de ceux qui composait celui d’Alan. Et il osait lui dire qu’il ne savait pas ce qu’ils avaient en tête. Etait-il si bête que cela, ce chevalier, pour penser qu’elle crût à pareilles inépties ? Ou l’était-il que davantage encore pour avoir véritablement ignoré ces odieux stratagèmes qui ne visaient qu’à la déposséder de ses propres terres ? Que l’on fût en Bretonnie ou dans l’Empire, les nobles agissaient toujours de la même façon, avançant leurs pièces dans l’ombre à coups de cabales et d’intrigues, de poison et d’assassinat. Et s’il était bretonnien aussi bien que chevalier, alors était-il noble, indubitablement, car tel qualifiait lesdits chevaliers dans leur propre société, par delà la forêt des Ardens.

    Le voilà qui en était presque au bord des larmes, tout comme l’était la jeune femme actuellement. Il l’était de tristesse, elle l’était d’accablement et de dépit. La regardant dans le fond des yeux, avec toute l’innocence et la sincérité dont il était capable, il lui jura de la protéger au péril de sa vie, et de rester à ses côtés céans-même lorsque ses compères s’en seront allés. Et l’homme continua de plus belle, rejetant, avec une soudaineté certaine, son amour pour Domi, assurant même qu’il le tuerait si elle lui ordonnait, car son amour et sa fidélité n’allaient, étrangement, plus que pour elle. Mais à quoi jouait-il ?

    C’en était trop aux yeux de la jeune femme. Elle se trouvait toute bouleversée des dernières tentatives pour lui voler ses terres, du crime qui avait eu lieu sous son toit, bafouant son hospitalité, et, désespérée, n’avait pu faire autrement que de révéler à l’odieux personnage qui se trouvait actuellement en face d’elle ses peurs et ses hantises. Qu’importait qu’elle foutût tout en l’air en déboutonnant sa faiblesse et ses craintes ; elle était dégoûtée de toutes ces magouilles et ces faux-semblants. Elle voulait mettre cela au clair une bonne fois pour toute. Et en réponse, Philippe ne faisait pas autre que de tenter de l’imiter en entrant dans ce qu’il croyait être un jeu de noble et de cour. Mais elle l’avait surpris en train de parler avec Domi. Elle savait qu’il tentait de la fourvoyer, en dépit de tout ce qu’il pouvait jaspiner et prétendre être vrai.

    Lorsqu’il eut terminé son discours après y avoir mis toute sa flamme, toute sa sincérité, Lucretia le regarda en retour, lentement. Quelques larmes avaient continué de couler, larmes qui dataient bien davantage de la colère et de l’impuissance qu’elle avait ressenties que du dégoisement du chevalier, mais, qu’importait ; cela servirait ses intérêts.

    « Le… Le prométez-vous ? » demanda-t-elle d’une toute petite voix d’où commençaient à percer les premiers rayons d’espérance. Comme s’il ne l’avait pas assez fait auparavant. Je ne suis pas sûre, je ne sais que dire… Que faire… »

    Elle fit quelques pas incertains en sa direction. Son bras battait le long de son flanc, la pointe de sa dague était dirigée vers le sol, et sûrement ne pensait-elle-même plus à l’utiliser ou à en ressentir son contact rassurant. La jeune femme était démunise, hébétante, comme si elle se réveillait soudainement après avoir été violemment assomée.

    « Si vous me jurez votre fidélité et que vous vous mettez à mes ordres, alors je vous ordonne de vous agenouiller devant moi et de déposer votre épée au sol, devant vous, en signe de déférence. » Quand bien même eût-il joué un jeu que, s’il voulait effectivement le faire et paraître crédible, il fut obligé de s’exécuter. Philippe d’Artois posa un genou à terre et, courbant légèrement l’échine, lui présenta sa lame en la déposant dans l’herbe de la clairière.

    «J’exige que vos deux genoux soient au sol, dans cette terre fertile qu’en qualité de noble vous n’avez jamais travaillée ; que vous soyez vis-à-vis de moi un vulgaire serf de votre pays… » Et le deuxième genou tomba dans la poussière tandis que son visage regardait à présent véritablement le sol.

    Lucretia s’avança encore, s’approchant de lui jusqu’à piétiner l’épée du chevalier, posée devant lui. C’était diablement excitant que de l’avoir en son plein pouvoir, et qu’il en devenait totalement consentent, fût-ce pour le moment au cas où il continuait de jouer son rôle. Mais il s’agissait aussi bien d’une façon de lui annoncer qu’il n’était plus rien, pour elle, que d’un moyen de se protéger alors que sa dague venait effleurer le cou du chevalier. Il lui était impossible, désormais, de se défendre en se saisissant de sa lame.

    «Quel gâchis, Philippe. Pourquoi tant de mensonges ? Malheureusement pour vous, j’ai surpris votre petite conversation avec l’elfe. Je me fiche de sa maîtresse… Mais protège-la, reste ici, c’est tout ce que MOI je te demande. Sinon, tu sais très bien ce qu’il adviendra, répéta-t-elle en prenant le ton de Lindellindele. Le tranchant effilé de la lame entama doucement la peau du chevalier. J’en ai assez de ce petit jeu et de vos simulacres alors même que vous jurez sur le Graal, ou, pire, sur votre Dame. Je ne souffrirai pas plus longtemps de ces blasphèmes, et m’évertuerai à protéger mes terres et mes villageois, dussiez-vous en mourir pour ce faire. Alors je vous laisse une dernière chance. Dites-moi ce que vous savez. Dites-moi vos intentions, vos plans comme ceux de vos fourbes compagnons. Dites-moi toute la vérité. Tout. »

    La jeune femme se concentra alors, et les vents de magie se mirent à souffler imperceptiblement plus fort. Par-ci par-là, elle chapardait l’essence même de la nature, une partie de la vitalité de l’homme qui était à genou devant elle, tel un repenti devant la statue de son dieu qu’il glorifiait. Lucretia s’en recouvrit, et avec elle, engloba Philippe. De ce petit sortilège qu’elle venait de façonner, elle pouvait lire en lui comme dans un livre ouvert, et toutes ses émotions lui seraient livrées. Qu’il tentât de lui mentir et elle le saurait. Et s’il lui avait dit la vérité depuis le début, ainsi en serait-elle véritablement certaine.
    ***

    Le mage rouge se tenait immobile derrière son maître et ne parlait plus, n’osant prendre la parole. Bien. Une bonne chose qu’elle eût remis ce petit insolent à sa place, et soulevé un certain nombre de questions qui pouvaient se révéler des plus gênantes. Le valet demeurait parfaitement immobile et muet, tel qu’elle l’avait toujours connu. Seul Alan parlait, lui annonçant son départ imminent, au lendemain. Excellente nouvelle, voilà qui n’est pas trop tôt, songea la baronne. Elle en avait plus qu’assez que de les voir chamboler dans son manoir, préparant quelques coups sournois qui lui retomberaient indubitablement sur la tête, un jour ou l’autre. Mais elle leur rendrait la pareille, ça, pour sûre.

    «Je vous sais gré que d’accéder à ma demande, quand bien même ne l’ai-je pas fait de bon cœur. Tout allait si bien jusqu'aux évènements de la veille. Je me vois fort attristée des menaces qui, d’une façon que l’on tenta d’implicite, planèrent sur mes épaules, et pire encore, par-delà ces menaces, des accusations dont on me trouva responsable alors même que je ne cherchais qu’à défendre votre honneur, cher ami. » Elle laissa planer un petit silence, affichant une moue navrée de cette si bonne entente si vite avortée, avant de regarder le mage rouge. Lorsque le message fut bien passé, elle reprit la parole.

    «Je m’offusque de cette petite incartade de la part de l’un de vos serviteurs qui a assurément outrepassé son rang, insultant par la même occasion celle qui vous aura donné le couvert et le gite dans le plus grand respect des règles de l’hospitalité. Mes propres serviteurs se sont comportés aussi bien que l’on en attendait de la part de caméristes, sans jamais vous prendre de haut. Es qualité de maîtresse de maison et de noble d’un rang égale au vôtre, j’aurais très bien pu ordonner à ce que l’on rossît votre mage, fesses dénudées, devant toute l’assistance, et je lui aurais moi-même administré le bâton afin de réparer les torts qui me furent causés. Je ne l’ai point fait, car je sais qu’il vous sert avec fidélité et diligence, s’inquiétant probablement pour votre santé. Je vous enjoins tout de même à la plus grande prudence ; tous ne seront pas aussi magnanime que moi et pourraient trouver offensant que votre serviteur s’estime à l’égal de votre rang. »

    Elle en eût presque souri. D’après ce qu’Alan lui avait révélé, l’homme était un serviteur, un espion, mais il agissait à son propre compte, au nez et à la barbe du baron qui lui laisser la bride libre. Peut-être prendrait-il enfin conscience du danger que cela pouvait représenter quant aux coutumes de l’étiquette. La jeune femme l’espérait, à vrai dire ; elle doutait bien que le mage n’était pas homme à ce qu’on lui dictât ce qu’il fallait faire, et, si Alan s’était mis en tête que de lui donner des ordres afin de le tenir en laisse, alors sûrement ce premier verrait-il d’autant plus rouge qu’il appartenait au collège de l’ordre ardant. Si les prémisses d’un schisme pouvaient se créer entre les deux hommes, voire entre le baron et son oncle qui possédait ledit mage, alors Lucretia aurait-elle tout à y gagner.
    Elle finit par secouer la tête, comme à regret.

    «Cette histoire m’aura suffisamment porté ombrage, à moi comme à mon honneur, pour vous garantir que les portes seront ouvertes à votre retour céans-même. Il se peut également que je ne sois pas présente, comme convenu, sous réserve d’une visite chez le baron Himmergriffe. Je pense qu’il est préférable que le temps lave ce léger affront, qui n’est pas si grand pour que je vous considère comme une personne déplaisante, loin de là je vous le certifie du plus profond de mon âme, mais que je ne puis tout de même ignorer. Sachez que c’est avec un grand regret que je vous annonce cette triste opinion. Mais soyez certain que mes pensées vous accompagneront tout au long de votre voyage jusqu’à Beehafen, et que je vous accorde ma grâce. »

    Lucretia se souvenait tout autant de la façon dont la considérait le baron von Feuerbach. L’histoire d’un mariage avait été soulevé, et, au plus avait-il passé de temps en sa compagnie, au plus voulait-il réaliser ce qui n’avait été qu’une idée. Il la désirait ardemment, sans quoi n’eût-il jamais pénétré dans sa chambre sur sa simple demande alors qu’elle avait feint l’ivresse. Il voulait la possédait, et avait trouvé en elle, en cette soirée, une faiblesse à sa personne, en ayant l’occasion de la prendre sans même qu’elle s’en rendit compte, abêtie par l’alcool. D’une certaine façon, les rôles avaient finalement été inversés. Alan semblait désespérément vouloir la revoir un jour ou l’autre à force de s’être assoté de la belle, et elle avait tourné le refus de le revoir à nouveau comme si cela avait été de la seule faute de l’homme, ou du moins de l’un de ses serviteurs. Et un homme amoureux, dans la position de faiblesse qu’il occupait vis-à-vis d’elle, se jetait souvent lui-même la pierre, préférant accepter l’accusation plutôt que de la renvoyer et de risquer de perdre celle pour qui battait son cœur. Etait-il de ce genre-là ; était-il dans cet état d’esprit ?

    Si Lucretia parvenait à fragiliser l’homme, à le faire douter de ces certitudes, à briser la cohésion qui le liait avec les siens, sa famille, alors, une fois de plus, elle y gagnerait beaucoup. Il n’était pas évident que de s’amouracher de son ennemie, si c’en était le cas, et la jeune femme comptait bien jouer sur cet atout-là. Pour couronner le tout, alors que jamais elle ne s’était montrée désobligeante avec lui, alors qu’elle avait toujours été, aux yeux de tous, aussi alliciante que courtoise, elle détacha un brocard de sa somptueuse robe et le lui donna alors même qu’elle lui accordait sa bénédiction pour la route.

    Un petit cadeau empoisonné ; un tissu qui embaumait son parfum, parfum qui le hanterait tout au long de son voyage.
    Je lance le sortilège vérité afin de savoir si Philippe me ment ou non.
    Et ça fait du bien que de re-Rp à nouveau son propre "Rp", donc, et, owi, repasse vite, j'ai hâte de connaître la suite ! =D
Modifié en dernier par [MJ] Bonnepierre le 21 janv. 2013, 12:21, modifié 1 fois.
Raison : 7xp/44xp
FOR 16 / END 14 / HAB 17 / CHAR 18 / INT 17 / INI 19* / ATT 17 / PAR 13 / TIR 11 / MAG 17 / NA 4 / PV 134/140
Ma Fiche
Objets particuliers:
- * Anneau Nowelleux (+1 INI)
- Amulette (relance d'un EC: 2/3 utilisations disponibles)

Compétences acquises et Dons du Sang

COMBAT :
Attaque : Coup précis (3), Arme de prédilection ( épée à une main)
Défense : Esquive, Acrobatie de combat, Sang vif (2) (DDS), Coriace,
Autres : Régénération Impie (DDS), Innocence Perdue (DDS), Valse Macabre


MAGIE :
- Sens de la Magie
- Conscience de la Magie
- Maîtrise de l'Aethyr - niveau 3

CHARISME :
- Diplomatie
- Éloquence
- Séduction
- Intimidation
- Comédie
- Etiquette
- Intrigue de cour

INTELLIGENCE :
- Domination (DDS)
- Érudition
- Littérature
- Linguistique
- Histoire
- Administration
- Enseignement
- Connaissance végétale
- Langue étrangère : Kislévarin
- Connaissance des démons

INITIATIVE / HABILETE :
- Sang vif (DDS)
- Réflexes éclairs
- Escalade
- Monte - chevaux
- Sens Accrus
- Vision nocturne

AUTRES :
- Défi de l'Aube (DDS)
- Ame Profane (DDS)
- Forme de Familier : Corneille (DDS)
- Sang argenté (DDS)
- Alphabétisation
- Force accrue
- Chance
- Préparation des poisons

Inventaire :
- Griffe d'Ursun
- Veste de cuir & pèlerine en "voyage" / robe habillée en "réception"
- Anneau de promptitude
- Bague du tumulus
- Sacoche de chanvre
- Lettre de la comtesse
- Gemmes et pépites d'or
- Fleur de salicaire
- Glandes à venin
- Poison (?)

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[MJ] Bonnepierre
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Re: [Arzhvael et Ombeline] Noble désordre

Message par [MJ] Bonnepierre »

La suite, rapide comme promis... Mais sera t-elle à ton goût? :lol:
La forêt, le midi, D'Artois:

Bien sûr que le jeune chevalier promis allégeance, bien sûr qu'il s'agenouilla comme on le lui demanda, mais... à la mention de "que vous soyez vis-à-vis de moi un vulgaire serf de votre pays… "... Son second genou n'avait en vérité point touché terre.
Se faire comparer à un paysan! Par une Baronne, aussi jolie fût-elle, qui n'était point de son pays! Non non, Philippe d'Artois ne s'était pas exécuté...
Non plus qu'il ne laissa piétiner son épée, la récupérant alors pour la planter devant lui.

L'on avait beau être une sublime lahmiane, à moins d'user de réels pouvoirs, il en fallait visiblement plus pour priver ce jeune chevalier de sa fierté... D'autant que cette fierté, il voulait l'offrir, non se la faire piétiner!

Ce fut de fait un client récalcitrant que notre baronne gourmanda comme elle le fit. Il se releva, outré, dague ou pas sur sa gorge, et la toisa dans les yeux:
- Quelle est donc cette soudaine autorité dont vous faites preuve? L'instant d'avant vous étiez éplorée, et maintenant je ne vous reconnais plus! Et comment savez vous ce que Domi m'a dit?
Tuez moi, Madame, avec votre dague, car je ne lèverai point ma lame ni quoi que ce fût contre vous.

Son regard était vers les cieux, dépité, trahi par tous - tourné vers ses dieux? - il était prêt à mourir... Ce jeune homme, Lucrétia pouvait lire en lui comme dans un livre ouvert... point besoin de sortilège...
Il la toisa froidement, dague toujours sous la gorge, et à ce moment oncques aurait admiré son courage et sa fermeté:
-Que croyez vous? Que me tuer mettra fin à vos tourments? Au contraire, je suis votre seul appui. Je ne savais point ce qui se tramait, et dès que j'ai su, ce jour, je suis venu à bride abbatue vous en avertir. Mais tuez moi donc, Madame, car j'ai vu la vérité en vous, je sais que vous n'êtes pas l'ingénue que je croyais devoir protéger... Vous avez ouï des conversations privées, vous êtes bien plus malignes que je ne le croyais, et de fait, vous me paraissez aussi retorse qu'eux tous désormais. Comment ai-je pu être aussi aveugle?
Test pour le sortilège "vérité": caché
Il ne sortait que la vérité de la bouche de ce jeune chevalier. Lequel enchaîna, rageur:

-Je suis un perdu de Bretonnie! Je ne sais rien des perfidies que l'on vous réserve, l'on n'en m'a rien dit que des bribes. Mais une chose est certaine, je vous maudis tous, ordures de politiciens, l'on ne se joue pas de moi! Ni vous ni eux! Je préfère mourir que vous servir!
Test d'opposition d'Initiative (il a -4 du fait de sa position dague sous gorge):
Toi: 4, réussi
Lui: 9 (avec le -4 c'est raté)
Le naïf chevalier tenta de s'écarter de la dague en déplantant sa lame... Mais Lucréita, en belle position, fut clairement plus rapide...
Lui trancha t-elle la gorge?
Désolé, mon PNJ n'était pas si servile que ça... mais sincère oui^^
à suivre...
Au Manoir, plus tard:

Le Chevalier des Fleurs n'était sans doute pas présent en vérité.

Et point de tissu ne fut donné.

Si Alan resta coi à la harangue qui fut dite par Lucrétia, ce ne fut pas le cas du mage rouge, lequel se leva tandis que le valet douteux prenait position en la contournant:

-"Incartades, accusations de menaces, affront"... Mais qui crois-tu être, pauvre baronnette de campagne? C'est mon seigneur que tu offenses par tes paroles déplacées. Il est un Baron tel que tu ne le seras jamais! Un vrai! Tu aurais mieux fait de te taire et de rester à ta place. D'obéir! Cela suffit! Tu n'es pas indispensable, le sais tu? Pauvre idiote!

GARDES! VERROUILLEZ LA ZONE!

Sa voix était celle d'un général. Comme d'un seul homme, les gardes Feuerbach obtempérèrent, et ils étaient six!
Alan restait, médusé et impuissant, sur son siège.
INI Lucrétia 18: tu es avant tout le monde, et il est clair que le mage rouge, et le valet perfide dans ton dos, vont te cogner...

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