Motivée par cette sensation alarmante qui l’avait réveillée, Lucretia fit mander Carl lors de son déjeuner. Elsa y avait préparé de la pâte à choux ainsi que de la compote de pomme, et trônait à leur côté une tasse emplie de lait chaud. La jeune femme était en train de se régaler lorsque le majordome se présenta à elle.Effectivement pour les noms, l’heure tardive ne me réussit pas, je suis désormais capable de me planter dans mes copier-coller en y rajoutant, je ne sais comment, une lettre au passage. x)
Concernant le livre, il s’agissait, de mémoire, d’un ouvrage me donnant déjà des Pms. Au niveau de la fiche, il n’est donc plus utilisable, mais au niveau du Rp, je ne peux décemment pas dire que je jette à la poubelle un ouvrage magique de cet acabit ; si fait, lorsque j’ai du temps libre, il m’arrive de dire que je m’y replonge dedans. Mais cela a un caractère purement Rp, tout autant, à vrai dire, que de dire que je tente de tirer avec un mousquet, ou que le maire tente de réaliser son projet sur les quais. Mais remarque, si jamais cela te donne des idées, pourquoi pas. n_n
Et pour revenir au mousquet, oui, c’est pour cela que je demandai à ce que l’on me le rechargeât. Je n’ai simplement eu qu’à appuyer sur la gâchette, m’épargnant ainsi toute la préparation technique de l’armement.
«Bien le bonjour, Carl, avez-vous bien dormi ? Pouvez-vous, je vous prie, demander à ce que Tomas se tienne prêt pour une promenade en forêt, et que l’on fasse, si fait, préparer quatre chevaux ? Deux gardes nous accompagnerons. Et, oh…, rajouta-t-elle d’un ton léger après une petite pause. Pouvez-vous également me dresser une liste des putains du village, comprenant leur nom, leur taille à vue d’œil, leur couleur de cheveux, et toute autre particularité qui leur sont connues ? Comprenez bien que cela n’est guère officiel. »
Et, s’attaquant à nouveau à son repas, la baronne déclara l’entretien terminé. Elle sourit légèrement en imaginant la possible perplexité du domestique quant à sa demande, mais c’était qu’elle avait bien aperçu la façon dont l’hétaïre avait salué le capitaine des gardes, ainsi que la façon dont les regards s’étaient croisés. L’homme, auprès de sa baronne, en avait-il ressenti une certaine honte ? Il avait agi, en apparence, comme s’il ne la connaissait pas, mais Lucretia n’était pas dupe en la matière, oh non, et connaissait plus que bien le genre de regard qu’une femme pouvait jeter à son dévolu. Certes, elle n’interdisait aucunement que l’homme allât voir ailleurs, mais il y avait de ces informations qu’il était toujours bon de savoir ou de découvrir, et, avec la petite liste que lui obtiendrait Carl, elle ne doutait pas de pouvoir mettre un nom sur la demoiselle qu’elle avait repérée la veille. Bratian était un petit village, et les filles de joie ne devaient pas courir les rues tant que cela. Du moins l’espérait-elle.
Fort heureusement, pour elle qui souhaitait explorer la partie forestière de son domaine, le temps était maussade, sans qu’il plût toutefois. Dans le ciel, de lourds nuages gris séquestraient le soleil dans la voute azurée, prémunissant la jeune femme contre ses rayons ardents. Cette région lui seyait définitivement bien. Endiguée dans ses pensées, elle sursauta à nouveau lorsque l’on vint la titiller aux frontières de son esprit. Un nouveau courant de l’Aethyr venait de la traverser de part en part ; l’on usait à nouveau de la magie, et elle avait la désagréable impression que l’on se gaussait d’elle. Agacée, dans un futile reflexe, elle ausculta son environnement du regard, allant jusqu’à regarder par la fenêtre donnant sur l’extrémité sud de son domaine.
Et qu’elle n’en fut pas sa surprise de constater qu’on la regardait en retour, là, à quelques deux cents mètres de là ! Sa vision perçante lui permit de s’assurer qu’il s’agissait d’une femme, quand bien même ne put-elle lui donner un âge. Une sauvageonne, une esprit de la forêt ? Sa façon de s’habiller était somme toute originale ; des peaux et des fourrures pour tout vêtement, la tête ceint de ramifications de bois, à l’image des grands cerfs, lorsque des ronces lui faisaient offices de bracelets. Son bâton n’augurait rien de bon, pas plus, également, que ses yeux de glace qui la transperçaient jusqu’à l’âme. L’image ne dura qu’une seconde, et, en l’espace d’un battement de paupière, et l’apparition disparut.
Interloquée, Lucretia resta sans bouger durant un petit moment, avant de détourner son regard sur ces choux qu’elle n’avait pas encore mangés, et force lui était de constater que son appétit avait disparu en même temps que l’avait fait cette étrange femme. Que lui voulait-elle, l’avait-elle bien vu, ou n’était-ce que le fruit de son imagination ? Les sensations anormales de l’Aethyr lui assuraient, malheureusement, que non ; restait à découvrir son identité et ses motivations. Car, oui, eu égard à ce regard perçant qu’elle lui avait jeté au-travers des deux cents mètres qui la séparait de la grille de l’entrée du domaine, elle lui voulait définitivement quelque chose.
«N’avez-vous plus faim ? Les choux étaient-ils trop sucrés ? Pas assez ? Vous y avez à peine touché… » Esla venait s’enquérir de cette absence d’appétit, et remettait déjà la faute sur une incartade de sa part concernant la préparation des sucreries. Sa mine inquiète prit la baronne au dépourvu.
«Non, non… Ils étaient très bons. Je n’ai simplement pas beaucoup d’appétit en cette matinée. Sûrement me suis-je levée trop tôt.
Après un rapide sourire réconfortant, Lucretia s’en fut, laissant sa camérière débarrasser la table. Dehors, la température était toujours aussi fraîche, encore que les lourds nuages avaient réussi à préserver une partie de la chaleur de la veille, et une douce brise venait caresser la crinière des chevaux sellés. Tomas, en compagnie de deux gardes, attendait patiemment que la dame daignât se montrer, et tous la saluèrent à son arrivée.
Avec la grâce faisant l’apanage des nobles, et un petit quelque chose de plus, Lucretia enfourcha aisément sa monture. Elle avait dû se changer et s’habiller pour l’occasion de façon bien plus confortable et bien moins provocante. Un simple pantalon et une simple tunique, vêtue à la garçonne, et cela valait-il mieux ne serait-ce que pour la présence de Tomas ; sa robe d’ordinaire le mettait au supplice, et, tout rougissant, jamais n’osait-il porter son regard sur elle.
Le jeune homme lui refit découvrir des sentiers qu’ils avaient déjà parcourus, chevauchant tranquillement sous les arbres aux lourdes feuilles gorgées d’humidité. Le sol terreux absorbait le choc des sabots, et la glèbe rendue presque moelleuse par les récentes averses atténuait grandement le martèlement régulier, tant et si bien que l’on pût croire que les montures avançaient à tapinois. Et pour cause, Lucretia épiait chaque recoin de la forêt, et s’ouvrait entièrement aux sept vents. Sous des allures calmes de simples promenades, la belle était concentrée sur les flux et reflux aethyriques, guettant chaque disparité et anomalie de l’irréel. Mais alors que Tomas lui contait le nom de telle ou telle plante, lui donnait la famille de cet arbre-là ou l’appellation de ce sentier-ci, rien ne s’offrit à son sixième sens. Du plus loin qu’ils allèrent, aucune altération ne fut ressentie, au grand dam de la jeune femme que cette étrange apparition avait rendue aussi maussade que le temps. Sur le chemin du retour, alors, elle se montra meilleure interlocutrice que durant l’allée, ce qui fit, sembla-t-il, le bonheur du garde-forestier.
Elle détourna ainsi doucement la conversation sur le culte de Taal et de Rhya. Le Talabecland était réputé pour être le berceau de ce culte divin de la nature, et bon nombre d’étrangers se demandaient bien les tenants et aboutissants de ces réunions secrètes dans la forêt qu’avaient coutume d’organiser les prêtres et les cultistes. Et qui n’avait jamais non plus entendu parler de ces Célébrants qui ingéraient des substances douteuses afin de rentrer en transe pour communiquer avec les dieux, à se transpercer la peau à l’aide de crochet et à se suspendre aux arbres, transcendant, si fait, les limites de l’enveloppe charnelle ? Ou encore de ces Sauvages considérant que tout objet fabriqué était une trahison à l’égard des véritables principes des dieux, ne s’habillant alors jamais, tout en chassant ou cultivant à main nue ? Quelques raisons pour lesquelles la jeune femme n’avait jamais été portée sur la religion, et la connaissance de telles aberrations ne la persuadait que davantage encore que la religion n’était que le refuge des crétins et le fonds de commerce de ceux qui les manipulaient.
Mais il existait, fort heureusement, des personnes bien plus raisonnables, quand bien même priaient-elles avec ferveur tel ou tel dieu. Et si Lucretia entretenait Tomas sur ce sujet-ci, c’était parce qu’elle se demandait, eu égard à sa tenue, si la femme sans âge n’appartenait pas aux cultistes de Taal et de Rhya. Elle n’appréciait certes pas la religion, mais n’était pas non plus béotienne en la matière, et l’accoutrement de l’apparition la guidait sur cette voie-là, ainsi que sur une autre, plus ténue ; celle des collèges impériaux. Lorsque Tomas mentionna que l’un des symboles de ce culte demeurait être les andouillers, et que cette religion tournait notamment autour du cerf, Lucretia se demanda si elle ne touchait pas au but. Elle continua la discussion en portant ses questions sur son accointance, à lui, avec ce culte-là, s’il connaissait, étant garde-forestier, des sanctuaires du culte dans les environs, ou même des personnes pouvant y appartenir.
Et l’on rentra tranquillement au manoir.
Le jour suivant, elle alla rencontrer le maire pour observer en sa compagnie les débuts des travaux portant sur le quai, profitant ainsi de ce prétexte pour réitérer ses actions de la veille. Mais une fois de plus, aucune preuve, aussi intangible fût-elle, ne lui fut découverte en dépit de tous ses efforts. D’un autre côté, s’il s’agissait effectivement d’une cultiste ou prêtresse de Taal et Rhya, maigres étaient ses chances d’en apprendre davantage au sein de la civilisation. Si fait, elle observa avec attention quelques charpentiers en train de réparer à renfort de planches de bois les endroits où le quai commençait à s’affaissait, tandis que non loin de là planchaient tout autant des ingénieurs sur des schémas et croquis compliqués. L’on apportait des charrettes remplies de pierres et de graviers, l’on trifouillait le sentier à coups de pelle et de râteau, et tout cela était du meilleur augure.
Alors qu’elle était en pleine conversation avec Helmutt Rosen, l’un de ses gardes, arrivé à cheval tel un coursier, vint l’interrompre en lui annonçant que Carl était en possession d’une lettre d’un baron voisin dont l’initiale représentait un H. Prenant alors congé du maire, elle rentra dans sa maisonnée où son majordome l’attendait en compagnie de ladite lettre qu’il lui tendit. Et à peine l’avait-elle réceptionnée que déjà venait-on l’interrompre à nouveau, sans même qu’elle eût le temps de l’ouvrir. Comme si cela ne suffisait pas, il fallut que ce fût le plus idiot de ses gardes, et le babillage qu’il lui tint manqua de lui faire perdre patience.
«Que ne puis-je avoir été mise au courant plus tôt de leur venue ! » s’exclama-t-elle, exaspérée. Il était tout bonnement impensable que des gens de la noblesse, si elle devait en croire le garde, n’eussent pas prévenu de leur arrivée. Prise au dépourvu, elle n’en ouvrit pas moins cette lettre que sa curiosité naturelle poussait à découvrir. Et après une rapide lecture et avoir averti Elsa de préparer à nouveau quelques chatteries à grignoter, elle s’en alla à la rencontre de ces visiteurs impromptus.
Montant dans la diligence qui venait d’être affrétée, la jeune femme fit quérir quatre gardes qui vinrent escorter son véhicule, dont le capitaine Marcus Dietz. Non pas qu’elle eût peur d’une quelconque attention belliqueuse de la part de ces étrangers qui s’invitaient chez elle, mais tout noble de sa prestance se devait d’être accompagné dignement d’une suite, quand bien même celle-ci ne fut pas des plus importantes. Montés à cheval, ils se postèrent, bien droit, à chaque coin de la berline, pendant que Carl suivit la jeune femme à l’intérieur de la diligence. Et cette dernière, sur un appel de la baronne, se mit en direction du portail, partant à la rencontre de ces inconnus.
La pluie qui avait sévi toute la journée s’était enfin décidée à s’arrêter l’espace de cette rencontre, permettant à un certain nombre de personnes de quitter leur carrosse durant l’attente. A quelle maisonnée appartenaient-ils tous ; Lucretia les connaissait-elle ? Une lame d’or claquemurée entre deux griffons représentait la famille, une richesse ostentatoire, également, au vu de la qualité de leur véhicule. S’en allaient également deux magnifiques destriers, une pelleté de domestique, un mage d’Aqshy, et, surtout, un elfe. La noble haussa un sourcil interrogateur lorsque, du plus loin que sa vision la rendit capable de le remarquer, elle l’aperçut. Elle avait déjà vu des elfes en compagnie de nobles, et lorsque ces premiers demeuraient à la cours des derniers, ce n’était que pour faire étalage d’une grande richesse et d’une importante culture au sein de la maisonnée dans laquelle ils résidaient. En allait-il de même, ici ? Rapidement, alors que l’intérieur de la diligence les protégeait encore, Lucretia demanda à son majordome s’il connaissait cette famille et ce blason.
Eu égard à l’opulence de ce cortège et à la noblesse que respiraient ces gens, il eût été étonnant que l’homme n’en sût rien. Le baron ou comte, elle ne le savait pas encore, s’était adonisé du plus flamboyant de ses tissus, et quand bien même sa vêture était-elle noire qu’elle resplendissait encore. Ou était-ce ces brocards d’or attifés de dentelles qui lui procuraient cet effet-là ? Quoi qu’il en fût, le personnage semblait savoir s’habiller et se présenter avec brio.
Le dernier individu, mais non des moindres, s’avérait être un chevalier cuirassé d’une armure impeccable de propreté. Sûrement l’avait-il ointe avant de se rendre céans-même. Un bel homme, assurément, gardant avec fierté les possessions de son maître.
Les portes du domaine furent ouvertes en même temps que celle du carrosse de Lucretia, et Carl en sortit, annonçant d’une voix forte mais posée la jeune femme.
«Lucretia von Shwitzerhaüm, baronne de Bratian et de ses alentours, et maîtresse du manoir Hopperkruffen ». Alors une silhouette des plus alliciantes descendit avec grâce du véhicule, et cela en dépit de cette robe magnifique mais encombrante qui seyait et révélait si bien à ce corps voluptueux dont, pourtant, l’on ne parvenait pas à apercevoir le visage, tout caché derrière une ombrelle qu’il était. Et si les mystérieux arrivants étaient impatients de découvrir si un joli minois se dissimulait là-dessous, alors durent-ils prendre leur mal en patience l’espace de quelques secondes, alors qu’elle donnait, avec une infime délicatesse, le bout de sa main gantée au majordome, et que les quatre gardes qui l’escortaient vinrent l’encadrer de plus près.
Ils s’avancèrent tous ensuite, le visage de la damoiselle toujours incliné vers le bas, menton presque contre la poitrine dans une attitude des plus humbles que ne pouvaient pas vraiment voir, de toute façon, les spectateurs désormais intrigués. Alors qu’ils parvenaient à l’extrême limite du domaine, au milieu de ce portail ouvert et face aux nouveaux-venus, la belle intrigante abaissa son ombrelle, révélant un ravissant visage angélique illuminé d’un sourire radieux et accueillant. Et ces yeux smaragdins les contemplèrent tous rapidement, pétillants, avant qu’une voix douce mais chaude leur adressât la parole.
«Je vous souhaite la bienvenue céans-même, Messires. J’espère que le voyage et ses vicissitudes ne vous auront pas trop tourmentés, mais, dites-moi, que me vaut l’honneur de votre visite ? »
Je demande à Carl de faire cette fameuse liste pour que je puisse identifier la fille qui a salué Marcus Dietz (oui, ce n'est peut-être pas important, même pas du tout, mais l'on ne sait jamais n_n).
Egalement, je pose ainsi ces quelques questions concernant Taal et Rhya à Tomas lors de cette promenade, j'ouvre la lettre et la lis (curiosité !). Et si je n'ai rien omis, je pars à la rencontre de ces arrivants.
[Arzhvael et Ombeline] Noble désordre
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- Lucretia Von Shwitzerhaüm
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Re: [Arzhvael et Ombeline] Noble désordre
Modifié en dernier par [MJ] Bonnepierre le 08 nov. 2012, 23:58, modifié 1 fois.
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Re: [Arzhvael et Ombeline] Noble désordre
Carl était visiblement un homme qui savait masquer à merveille ses émotions. D'ailleurs, si l'homme n'eût été d'aspect si rébarbatif, la Baronne ne se vexerait-elle pas de son absence de trouble en présence d'une si belle personne? Quel que fût leur âge, les hommes étaient en général toujours émoustillés. Son majordome devait être bougre... ou alors doté d'un professionnalisme extraordinaire.
- Bien Madame, cette liste vous sera donnée, avait-il répondu, imperturbable, entre autres "oui Madame", à propos de la demande de Lucrétia quant aux catins. Cependant, et je vous prie de pardonner mon audace, si jamais vous vouliez apprendre quelle fille de petite vertu vient régulièrement au Manoir, je puis vous répondre dès maintenant: il s'agit de la jeune Mariette, de laquelle le Capitaine Dietz est épris. Cela depuis des mois.
Il la décrivit froidement, comme on le ferait d'un animal: A peine pubère, yeux noirs, brune et bouclée, de taille moyenne mais poitrine au dessus de la moyenne.
Cela correspondait assez parfaitement avec la gueuse qui avait salué le Capitaine lors de la tournée dans Gruenwald.
________________________________________________
Plus tard, alors que Lucrétia s'entretenait avec le rougissant Tomas lors d'une promenade en forêt, celui-ci lui répondit, à propos de Taal et Rhya:
-Oh moi, oui bien sûr que je prie Taal, Madame la Baronne... Et la déesse Rhya aussi bien sûr. Je, heu... Un oeil imprudent vers le décolleté de la Lhamiane, même couvert d'une capeline, le fit vaciller un instant. Mais, pivoine, il se reprit aussitôt, préférant contempler un arbre: Je vais régulièrement, pendant mes rondes champêtres, jusqu'au Temple abandonné dans les collines du Sud pour faire une humble offrande et implorer Taal de garder propre la forêt avec moi... Dans la région, on l'appelle le Palais de Lierre, parce qu'il est... heu... recouvert de lierre. Et que pour nous c'est un des Palais pour Taal et Rhya... hem, je ne vous embête pas avec mes histoires hein Madame la Baronne?
Celui-là était si timide qu'il fallait le relancer sans cesse, car il craignait toujours de se montrer malséant. Une fois la relance faite, il poursuivit:
-Il y a Hansel, qui habite dans une cabane de forêt, qui fait partie des "Coureurs des Bois". Mais il veut qu'on l'appelle Rao depuis qu'il est revenu de son pèlerinage des Pierres. D'ailleurs il y a un oratoire du pèlerinage au sud du Palais du Lierre... Des "Chasseurs Cornus", il n'y en a plus depuis la dernière guerre. Avant il y avait Saev et Mandra au Palais du Lierre, mais je ne les ai plus vu après que le Chaos soit venu. Ils ont du aider à tuer le Mal, j'espère qu'il ne sont pas morts. Ils étaient vraiment bons. Avec la nature comme avec les gens qui vivent de la forêt... Mais de ça, on parle peu, sauf entre nous. A Gruenwald il y a le Père Fritz. Il préfère que les gens prient Sigmar...
Il tiqua soudain, puis regardant ses bottes il ajouta:
-Heu... Mais je parle et j'explique rien, Madame la Baronne. Vous voulez que je vous dise ce que sont les coureurs des bois et les chasseurs cornus? Et... et...
Quel ballot timide il faisait! Et pourtant, avec ses rougeurs juvéniles et ses yeux baissés, n'était-il pas mignon tout plein?
Et il répondit bien sûr ensuite avec précision et bonne volonté à tout ce que Lucrétia lui demanda.
Outre des généralités sur le culte, il précisa que, comme la vampire s'en doutait peut-être, Saev et Mandra était un couple. Mais aussi que Mandra, la femme, n'avait pas les cheveux gris, qu'il n'y avait plus de cérémonies depuis leur absence, et que Rao était le meilleur guide de la région et le seul à savoir avec précision l'emplacement de l'oratoire du pèlerinage. Si d'autres questions pertinentes lui furent posées; il tâcha aussi d'y répondre...
Le lendemain, Lucrétia était retournée au bourg. Là, elle put aviser de visu de la restauration des quais.
Avant qu'un coursier ne vienne la prévenir d'un courrier qui l'attendait au Manoir, il n'y eut rien de vraiment original à ce moment... Si ce n'est peut-être ces masses de "perdus de l'Ostland" qui campaient devant le petit Temple de Sigmar. Certains avaient été armés, semblait-il... Si la Baronne interrogea le Maire, celui-ci éluda la question: "Bah! Ce n'est que ce bon Père Fritz et son nouvel assistant qui veillent à pouvoir repousser des restes chaotiques de cette triste guerre. Loué soit Sigmar et ses serviteurs." ... Puis le messager était venu, et Lucrétia était retournée en son manoir lire sa lettre:
Il s'avéra que Lucrétia s'était partiellement trompé sur l'expéditeur de ladite lettre. S'il s'agissait bien du Baron Himmergraff, celui-ci ne possédait nullement le bourg de Beck, mais bien plutôt, et plus proche de Bratian: celui d'Ahlbeck. La signature le signalait clairement. Mais "l'erreur est humaine", comme on dit - même pour un vampire...
Voici ce que disait la lettre:
Cher Baronne Von Schwitzerhaum, ma voisine nouvèllement venu,
Vous me pardonerez de vous ecrire insi en hate, mais je dois séan vous prevenir d'un danger qui ne vous paraitra pas tel:
Des gentillomme vienne tout réçamment de quitter mon logis, et yceussi se dirige droit vers votre beau domaine. Je vous enjoin et vous conjure de ne pas vous laisser convincre par leur belle parole. Leur but n'est-autre que de vous léser de votre bien. Par un mariage arrangé ils veule vous déposséder.
Je me permet en outre de vous inviter en mon Manoir du Freital quant il vous plaira. Cela pourrait-être une excuse pour gagner du temps quant-au réponse qu'ils voudrons de vous.
Mai ne les vexez pas surtou. Venez et ourdisson tout deux. Je ne les veut pas comme voisin.
Votre ami.
Geoff Himmergriff, Baron du Freital et de l'Ahlbeck.
Il faut croire que tous les nobles n'étaient pas allés à l'Université... Car en dépit de l'orthographe précaire de la misisve, le Sceau sur celle-ci était on-ne-peut-plus véridique.
______________________________________________
An 2525. Bratian. Le Vingt-Huit du mois de Nachgeheim.
De nobles visiteurs étaient au portail. En héraldique confirmé, Carl avait répondu à sa maîtresse, lui remembrant certaines choses qu'elle avait pu lire dans la bibliothèque et jadis:
- Madame, le symbole ornant le carrosse, deux Griffons faces à la lame de justice, est l'apanage de Sonnen Feuerbach, Vicomte de la Lochra, et frère benjamin de notre estimé Comte Electeur. Il est aussi, si je ne me trompe, et en ce cas veuillez avoir la bonté de me pardonner, Baron de Beck et de Lochrafurt.
_____________________________________________
Plus tard, sous une bruine infime, après la belle présentation faite par Carl de sa maîtresse, un valet "adverse" se dut de répliquer:
-Sa seigneurie Alan Feuerbach, Baron de Dreetz et de ses alentours, cousin de son Eminence le Comte Helmut Feuerbach, Haut Pair de l'Empire.
-Allons allons, commenta le luxueux noble en noir et or au visage rond et poudré, faussement gêné de son ostentatoire présentation. Point tant de protocole Jamin - c'était le nom du valet - , d'autant que nous venons céans sans prélude... comme des mal élevés.
Il rit, précieux, avant de poser plus franchement un regard gourmand sur Lucrétia et de s'incliner légèrement:
-Le voyage fut bon, Dame Baronne, je vous remercie de votre sollicitude. Du reste nous ne sommes là qu'en simple voyage d'agrément, et espérions seulement votre noble hospitalité.
Il eut un oeil sur l'elfe, comme une invitation. Celui-ci s'empressa de réagir. Ses luxuriante vêtures, de velours et de soies bleus et argent chatoyèrent lorsqu'il se déplaça d'un pas souple pour offrir à la Lahmiane un baise-main digne du courtisan expert qu'il était:
-Mes hommages, Votre Excellence. Oncques jamais ne vit fleur plus resplendissante. Rhya en personne doit vous jalouser, même dans la splendeur de son printemps. Et Liadrel vous a bénie, je le crois, pour vous faire si belle bien que vous ne fussiez point elfe.
Il se redressa lentement, fier, élégant, et surtout flatteur dans ses regards:
-Je suis Domi Lindellindele, d'Yvresse et de Marienburg, aventurier de l'Albion. Si l'on m'eût prévenu qu'en cet Est se trouvait la plus grande merveille du vieux monde, j'eût enjoint mes camarades à cesser de faire halte chez chacun de ces barons barbons que l'on croisa!
Mais permettez. Toujours gracieux, il se tourna vers les derniers visiteurs notables. Certains des nôtres ne vous pas été présentés, ô céleste.
Un doux grattement de sa lyre, vraiment très mélodieux, accompagna ses mots, puis, il montra tour à tour avec dextre le mage et le chevalier:
-Voici Bjorn Rüssel, Maître Sorcier de l'Ordre Flamboyant et ami de Sa Seigneurie de Dreezt. Accessoirement, mais ce n'est que mon avis profane, aussi le plus grognon compagnon qui soit!
L'homme au bâton rubis, le visage toujours sous sa capuche, ne broncha même pas... ni ne fit un geste de salut. L'elfe poursuivit, tout sourire suave:
-Et voilà Philippe d'Artois, Chevalier des fleurs et mon meilleur ami. Un faux air alarmé: Ne lui dites jamais qu'il a mauvaise mine, ou quoi que ce fût qui critiqua son teint, il en ferait une jaunisse! L'intéressé - un jeune chevalier à l'amure blanche ornée de motifs floraux - baissa la tête, gêné mais souriant. Ce devait être une taquinerie entre eux.
L'elfe reprit, toujours s'accompagnant parfois d'accords de cordes bien choisis:
-Mais ce bon Philippe est un brave parmi les braves! Sachez le et soyez désormais tranquille. Il eût repoussé à lui seul Archaon et ses hordes si seulement il se fût trouvé à Middenheim quand il le fallût!
Il rit, et s'autorisa même un clin d'oeil amusé vers Lucrétia. Ses yeux étaient d'un mauve exquis, et son sourire étincelant de blancheur... Cependant il reprit un brin de sérieux pour dire ses derniers mots:
-Mais, que l'humble pitre que je suis ne vous fasse pas oublier qui est le réel attrait de notre venue.
Son visage poupin très fier, et à la fois enjoué, Alan Feurbach s'avança d'un pas vers Lucrétia dans son habit noir et or:
- J'ose espérer que ce bon Domi vous a plus égayée qu'exaspérée, Dame Baronne. Il est parfois taquin.
A mieux l'entendre, sa voix, à l'inverse de ce à quoi l'on pouvait s'attendre, était grave et masculine. Très noble. Il lui proposa son bras pour la ramener à son carrosse:
- J'aurais dû prévenir. Mais notre voyage m'amène par monts et par vaux... Mon amie, vous n'allez point nous refuser le gîte n'est-ce-pas?
- Bien Madame, cette liste vous sera donnée, avait-il répondu, imperturbable, entre autres "oui Madame", à propos de la demande de Lucrétia quant aux catins. Cependant, et je vous prie de pardonner mon audace, si jamais vous vouliez apprendre quelle fille de petite vertu vient régulièrement au Manoir, je puis vous répondre dès maintenant: il s'agit de la jeune Mariette, de laquelle le Capitaine Dietz est épris. Cela depuis des mois.
Il la décrivit froidement, comme on le ferait d'un animal: A peine pubère, yeux noirs, brune et bouclée, de taille moyenne mais poitrine au dessus de la moyenne.
Cela correspondait assez parfaitement avec la gueuse qui avait salué le Capitaine lors de la tournée dans Gruenwald.
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Plus tard, alors que Lucrétia s'entretenait avec le rougissant Tomas lors d'une promenade en forêt, celui-ci lui répondit, à propos de Taal et Rhya:
-Oh moi, oui bien sûr que je prie Taal, Madame la Baronne... Et la déesse Rhya aussi bien sûr. Je, heu... Un oeil imprudent vers le décolleté de la Lhamiane, même couvert d'une capeline, le fit vaciller un instant. Mais, pivoine, il se reprit aussitôt, préférant contempler un arbre: Je vais régulièrement, pendant mes rondes champêtres, jusqu'au Temple abandonné dans les collines du Sud pour faire une humble offrande et implorer Taal de garder propre la forêt avec moi... Dans la région, on l'appelle le Palais de Lierre, parce qu'il est... heu... recouvert de lierre. Et que pour nous c'est un des Palais pour Taal et Rhya... hem, je ne vous embête pas avec mes histoires hein Madame la Baronne?
Celui-là était si timide qu'il fallait le relancer sans cesse, car il craignait toujours de se montrer malséant. Une fois la relance faite, il poursuivit:
-Il y a Hansel, qui habite dans une cabane de forêt, qui fait partie des "Coureurs des Bois". Mais il veut qu'on l'appelle Rao depuis qu'il est revenu de son pèlerinage des Pierres. D'ailleurs il y a un oratoire du pèlerinage au sud du Palais du Lierre... Des "Chasseurs Cornus", il n'y en a plus depuis la dernière guerre. Avant il y avait Saev et Mandra au Palais du Lierre, mais je ne les ai plus vu après que le Chaos soit venu. Ils ont du aider à tuer le Mal, j'espère qu'il ne sont pas morts. Ils étaient vraiment bons. Avec la nature comme avec les gens qui vivent de la forêt... Mais de ça, on parle peu, sauf entre nous. A Gruenwald il y a le Père Fritz. Il préfère que les gens prient Sigmar...
Il tiqua soudain, puis regardant ses bottes il ajouta:
-Heu... Mais je parle et j'explique rien, Madame la Baronne. Vous voulez que je vous dise ce que sont les coureurs des bois et les chasseurs cornus? Et... et...
Quel ballot timide il faisait! Et pourtant, avec ses rougeurs juvéniles et ses yeux baissés, n'était-il pas mignon tout plein?
Et il répondit bien sûr ensuite avec précision et bonne volonté à tout ce que Lucrétia lui demanda.
Avant qu'un coursier ne vienne la prévenir d'un courrier qui l'attendait au Manoir, il n'y eut rien de vraiment original à ce moment... Si ce n'est peut-être ces masses de "perdus de l'Ostland" qui campaient devant le petit Temple de Sigmar. Certains avaient été armés, semblait-il... Si la Baronne interrogea le Maire, celui-ci éluda la question: "Bah! Ce n'est que ce bon Père Fritz et son nouvel assistant qui veillent à pouvoir repousser des restes chaotiques de cette triste guerre. Loué soit Sigmar et ses serviteurs." ... Puis le messager était venu, et Lucrétia était retournée en son manoir lire sa lettre:
Voici ce que disait la lettre:
Cher Baronne Von Schwitzerhaum, ma voisine nouvèllement venu,
Vous me pardonerez de vous ecrire insi en hate, mais je dois séan vous prevenir d'un danger qui ne vous paraitra pas tel:
Des gentillomme vienne tout réçamment de quitter mon logis, et yceussi se dirige droit vers votre beau domaine. Je vous enjoin et vous conjure de ne pas vous laisser convincre par leur belle parole. Leur but n'est-autre que de vous léser de votre bien. Par un mariage arrangé ils veule vous déposséder.
Je me permet en outre de vous inviter en mon Manoir du Freital quant il vous plaira. Cela pourrait-être une excuse pour gagner du temps quant-au réponse qu'ils voudrons de vous.
Mai ne les vexez pas surtou. Venez et ourdisson tout deux. Je ne les veut pas comme voisin.
Votre ami.
Geoff Himmergriff, Baron du Freital et de l'Ahlbeck.
Il faut croire que tous les nobles n'étaient pas allés à l'Université... Car en dépit de l'orthographe précaire de la misisve, le Sceau sur celle-ci était on-ne-peut-plus véridique.
______________________________________________
An 2525. Bratian. Le Vingt-Huit du mois de Nachgeheim.
De nobles visiteurs étaient au portail. En héraldique confirmé, Carl avait répondu à sa maîtresse, lui remembrant certaines choses qu'elle avait pu lire dans la bibliothèque et jadis:
- Madame, le symbole ornant le carrosse, deux Griffons faces à la lame de justice, est l'apanage de Sonnen Feuerbach, Vicomte de la Lochra, et frère benjamin de notre estimé Comte Electeur. Il est aussi, si je ne me trompe, et en ce cas veuillez avoir la bonté de me pardonner, Baron de Beck et de Lochrafurt.
_____________________________________________
Plus tard, sous une bruine infime, après la belle présentation faite par Carl de sa maîtresse, un valet "adverse" se dut de répliquer:
-Sa seigneurie Alan Feuerbach, Baron de Dreetz et de ses alentours, cousin de son Eminence le Comte Helmut Feuerbach, Haut Pair de l'Empire.
-Allons allons, commenta le luxueux noble en noir et or au visage rond et poudré, faussement gêné de son ostentatoire présentation. Point tant de protocole Jamin - c'était le nom du valet - , d'autant que nous venons céans sans prélude... comme des mal élevés.
Il rit, précieux, avant de poser plus franchement un regard gourmand sur Lucrétia et de s'incliner légèrement:
-Le voyage fut bon, Dame Baronne, je vous remercie de votre sollicitude. Du reste nous ne sommes là qu'en simple voyage d'agrément, et espérions seulement votre noble hospitalité.
Il eut un oeil sur l'elfe, comme une invitation. Celui-ci s'empressa de réagir. Ses luxuriante vêtures, de velours et de soies bleus et argent chatoyèrent lorsqu'il se déplaça d'un pas souple pour offrir à la Lahmiane un baise-main digne du courtisan expert qu'il était:
-Mes hommages, Votre Excellence. Oncques jamais ne vit fleur plus resplendissante. Rhya en personne doit vous jalouser, même dans la splendeur de son printemps. Et Liadrel vous a bénie, je le crois, pour vous faire si belle bien que vous ne fussiez point elfe.
Il se redressa lentement, fier, élégant, et surtout flatteur dans ses regards:
-Je suis Domi Lindellindele, d'Yvresse et de Marienburg, aventurier de l'Albion. Si l'on m'eût prévenu qu'en cet Est se trouvait la plus grande merveille du vieux monde, j'eût enjoint mes camarades à cesser de faire halte chez chacun de ces barons barbons que l'on croisa!
Mais permettez. Toujours gracieux, il se tourna vers les derniers visiteurs notables. Certains des nôtres ne vous pas été présentés, ô céleste.
Un doux grattement de sa lyre, vraiment très mélodieux, accompagna ses mots, puis, il montra tour à tour avec dextre le mage et le chevalier:
-Voici Bjorn Rüssel, Maître Sorcier de l'Ordre Flamboyant et ami de Sa Seigneurie de Dreezt. Accessoirement, mais ce n'est que mon avis profane, aussi le plus grognon compagnon qui soit!
L'homme au bâton rubis, le visage toujours sous sa capuche, ne broncha même pas... ni ne fit un geste de salut. L'elfe poursuivit, tout sourire suave:
-Et voilà Philippe d'Artois, Chevalier des fleurs et mon meilleur ami. Un faux air alarmé: Ne lui dites jamais qu'il a mauvaise mine, ou quoi que ce fût qui critiqua son teint, il en ferait une jaunisse! L'intéressé - un jeune chevalier à l'amure blanche ornée de motifs floraux - baissa la tête, gêné mais souriant. Ce devait être une taquinerie entre eux.
L'elfe reprit, toujours s'accompagnant parfois d'accords de cordes bien choisis:
-Mais ce bon Philippe est un brave parmi les braves! Sachez le et soyez désormais tranquille. Il eût repoussé à lui seul Archaon et ses hordes si seulement il se fût trouvé à Middenheim quand il le fallût!
Il rit, et s'autorisa même un clin d'oeil amusé vers Lucrétia. Ses yeux étaient d'un mauve exquis, et son sourire étincelant de blancheur... Cependant il reprit un brin de sérieux pour dire ses derniers mots:
-Mais, que l'humble pitre que je suis ne vous fasse pas oublier qui est le réel attrait de notre venue.
Son visage poupin très fier, et à la fois enjoué, Alan Feurbach s'avança d'un pas vers Lucrétia dans son habit noir et or:
- J'ose espérer que ce bon Domi vous a plus égayée qu'exaspérée, Dame Baronne. Il est parfois taquin.
A mieux l'entendre, sa voix, à l'inverse de ce à quoi l'on pouvait s'attendre, était grave et masculine. Très noble. Il lui proposa son bras pour la ramener à son carrosse:
- J'aurais dû prévenir. Mais notre voyage m'amène par monts et par vaux... Mon amie, vous n'allez point nous refuser le gîte n'est-ce-pas?
- Lucretia Von Shwitzerhaüm
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Re: [Arzhvael et Ombeline] Noble désordre
- Dans le carrosse, lorsque le majordome avait présenté et le blason que l’on pouvait apercevoir sur le véhicule derrière la grille, et la personne qui le possédait, la baronne avait froncé les sourcils.
«Baron de Bek ? Voilà qui me semble étrange ; je suis certaine que le propriétaire terrien de ce domaine n’est pas autre que le Comte Josef von Behring. Je doute, quel que soit son nom en tout cas, qu’il revoie un jour son frère ». Se fourvoyait-elle, avait-elle la mémoire si courte que cela ou était-ce Carl qui, vieillissant, commençait à la perdre ?
Carl avait fait sa présentation, Lucretia venait de faire la sienne et de souhaiter la bienvenue au convoi qui se pressait devant les grilles de son domaine. Et la question demeurait entière ; que voulaient-ils, étaient-ils venus afin de découvrir leur nouvelle voisine ? Il y avait sûrement du vrai dans cela, et restait à savoir quelle était leur première impression, ainsi que le ton qui serait d’emblée pris lors des premiers échanges. Et, faisant écho à son domestique, le valet, de l’autre côté de ce portail désormais ouvert, ne put faire autrement que de leur rendre courtoisement la pareil. Cela avait du bon, au moins, que chacun connût avec davantage de précision à qui il avait affaire.
Dreetz, Dreetz… Le hameau lui disait quelque chose, assurément, mais, dans l’instant, elle ne pouvait mettre le doigt dessus. Et tout d’un coup, son visage s’illumina encore plus, si cela était encore possible. Avant d’obtenir ces terres sur lesquelles elle se trouvait en ce moment même, elle avait dû se rendre à Talabheim pour y chercher cette foultitude de paperasse qui permettait que chacun la reconnût comme la baronne qu’elle était désormais, et s’était vue obligée de caracoler au milieu de deux villages ; Dreetz et Uckofurt. Quel était le véritable ordre, elle ne s’en souvenait plus, mais ce qui était certain, c’était que les deux villages se situaient aux portes de la capitale du Talabecland. Une petite trotte, ainsi, qu’ils avaient parcourue pour arriver à Bratian. Et eu égard à la distance qui séparait les deux domaines, l’on ne pouvait véritablement considérer qu’ils étaient de véritables voisins. Alors, pourquoi cette venue ?
Si elle devait en croire cette étrange lettre, alors les cette noblesse que voilà voulait s’approprier ses terres par le biais d’un mariage arrangé. D’un côté comme de l’autre, la missive autant que cette soudaine arrivée étaient des plus insolites. La jeune femme devait-elle croire le contenu du message ? Au début, elle avait fortement pensé que cette dernière n’était qu’une vulgaire mascarade envoyée dans le but d’obscures fins qui la dépassaient certainement. Cette écriture ne pouvait pas provenir d’un noble, bien sûr que non. Un petit plaisantin lui avait écrit de la sorte pour lui faire une mauvaise farce, ou, pire, pour l’aiguiller sur une mauvaise voie. Mais le ton employé, tout autant que le vocabulaire, à vrai dire, ne laissaient aucunement la place à une autre personne qu’un sang-bleu, ou, tout du moins, à la bourgeoisie. Avait-on jamais vu de petites gens parler de la sorte ?
Et qu’en était-il de ce mariage arrangé ? Si tôt arrivée et nouvellement installée sur ses terres qu’un godelureau venait galamment se présenter à elle ? Et sur quels avantages comptait-il appuyer sa demande ? Jamais ne se mésallierait-elle, le bougre pouvait toujours courir. Mais ce qu’avait annoncé Carl n’était pas tombé dans l’oreille d’une sourde ; le frère du Comte du Talabecland ? En voilà une riche famille, probablement l’une des plus puissantes de tout l’Empire. Qu’elle parvînt à se marier avec cet illustre personnage et sûrement serait-elle arrivée plus haut qu’elle ne l’avait jamais espéré. Bratian valait bien la peine qu’elle l’échangeât contre tout un comté de l’empire, et la possession, partagée, certes, d’une de ses capitales.
Mais loin de l’héritier du Talabecland se trouvait en face d’elle l’un de ses lointains cousins, ce qui était sensiblement moins intéressant. Encore qu’il ne fallait jamais négliger l’intérêt d’un membre d’une telle famille ; peut-être le petit cousin était-il apprécié dans le milieu, et, à force d’accointances et de relations, l’on pouvait terminer haut placé dans les milieux mondains. De toute façon, en dépit de ce que lui disait la lettre, elle n’avait pas eu pour objectif de le repousser déjà, fût-il un simple hobereau de bas-étages. Mais cela ne sous-entendait pas non plus qu’elle négligerait tout ce que lui avait conté le baron Geof Himmergriff, pas du tout, et peut-être même irait-elle effectivement lui rendre une petite visite, comme il le lui avait enjoint. Ainsi, elle pourrait se faire une bien meilleure opinion de ces deux-là qui, alors qu’elle venait à peine d’arriver, lui tournait déjà autour.
Et ledit cousin la contempla alors avec une certaine franchise, ne reculant pas quant au fait de s’approprier du regard tout ce que le vêtement lui laisser voir. Et à peine avait-il échangé un regard avec le curieux elfe que celui-ci, dans une mécanique des plus huilées, se mit à discourir, présentant son petit numéro. Voilà qu’il lui prit la main et la baisa et lui joua de la musique et la flatta et lui présenta chacun des individus du cortège, et cette extravagance, elle devait bien le reconnaître, charma Lucretia.
Agréable public, elle eut le bon goût de rougir et à baisser doucement le visage, modeste, à chacune de ses blandices, et à s’incliner légèrement lorsqu’untel lui fut présenté. C’était qu’il était vraiment séduisant et flatteur, cet elfe aux traits si fins et si délicats que l’on pût le croire irréel. Et alors qu’elle rayonnait de plus bel à chacun de ses compliments, la jeune femme rendait les regards qui lui étaient adressés, souriant aimablement ou riant également à la plaisanterie unissant l’elfe et le chevalier –bretonnien ?
Et au baron Alan Feuerbach de lui prendre courtoisement le bras, auquel elle se suspendit de bon cœur comme s’ils avaient toujours été amis.
«Eh bien voilà un agréable taquineur qui m’a tout l’air d’être un sémillant compagnon », sourit-elle à nouveau en réponse à ses paroles. Fussè-je des plus acariâtres que jamais je n’aurais pu vous laisser là-dehors après cette si agréable présentation. Non, je ne peux décemment pas vous refuser l’hospitalité ; venez donc, vous et vos gens, et faites halte au sein de mon humble domaine. Après ce voyage, vous devez certainement être halbrenés. A propos, je situe votre domaine, et, si je puis me permettre et que vous êtes simplement de passage, que faites-vous donc si loin de vos terres ?
Mais rentrez donc plutôt dans mon véhicule. »
L’on rentra alors dans le carrosse, et, les deux véhicules se mettant en mouvement, revint au manoir.
***
«Il fait bien meilleur ici, lança-t-elle à tout va en frémissant, tandis que l’on pénétrait dans le hall. Avez-vous faim, désirez-vous rassasier quelque peu ? Oh, ne dîtes rien ; après un tel voyage, je ne peux qu’imaginer la réponse ! Elsa ? »
A peine la camérière était-elle arrivée que des ordres lui furent donnés, et bientôt apporta-t-on à la grande table les confiseries et boissons qu’avaient faits mander Lucretia avant leur départ.
«Oh, Carl, à propos, pouvez-vous répondre au baron de Himmergriff que nous agréons à sa demande, et que nous partirons, si fait, dans quelques jours ? » demanda la baronne à son majordome alors même qu’Alan se trouvait toujours auprès d’elle. Et, sous ses airs angéliques et ingénus, guetta attentivement l’expression de son vis-à-vis. A en juger par le contenu de la missive, ces deux-là ne devaient pas s’aimer, et sûrement pouvait-elle en apprendre davantage, en plus de s’assurer que le cousin du Comte ne resterait pas trop longtemps dans ses terres. C’était qu’elle devait s’absenter rendre visite à son voisin, après tout ! Pas qu’il la dérangeât, non, seulement aimait-elle disposer de sa liberté, tout autant, également, qu’elle éprouvait une certaine quant au fait de faire la connaissance de ce baron illettré qui la prévenait curieusement d’un danger qu’elle ne connaissait pas. Qu’aurait-il à lui révéler ?
«Un de mes nouveaux voisins, minauda-t-elle auprès d’Alan. J’ignore encore tout d’eux, toute nouvelle que je suis ici. Je sais bien que vous venez de loin, mais, à tout hasard, le connaissez-vous ? Et connaissez-vous également les autres susceptibles de m’entourer ? »
Il lui serait toujours possible de croiser les informations qu’il lui dirait avec celles de Carl par la suite, et même, éventuellement, celles qu’elle obtiendrait de Geoff si jamais elle lui rendait visite.
Peut-être que l’on peut passer au dîner en même temps, si jamais l’on est déjà en fin d’après-midi, après tout.
Concernant la disposition des chambres, eh bien… Avec le plan fourni par Duduc, je n’ai qu’une seule chambre d’hôte (pour Alan, assurément). Mais pour le reste ? T_T L’on fait comment pour tous les loger ?
Modifié en dernier par [MJ] Bonnepierre le 13 nov. 2012, 21:41, modifié 1 fois.
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Re: [Arzhvael et Ombeline] Noble désordre
Carl avait blêmit lorsque sa maîtresse l'avait corrigé à propos du bourg de Beck.
-Mille pardons, Madame, je suis confus. Il ne s'agissait pas de Beck, mais bien de Vienau, que le Comte Von Behring céda récemment au Vicomte de la Lochra.
Puis il sourcilla, embarrassé de son erreur, mais gardant néanmoins l'air rigide et digne qui lui était coutumier. Au fur et à mesure que Lucrétia le côtoyait, elle s'apercevait sans doute de sa minutie et de son perfectionnisme, aussi cette faille le gênait clairement.
Cet homme en savait beaucoup. Mais jamais, ou rarement, il ne se permettrait de commentaire personnel ni de précisions qui ne lui seraient pas demandées.
____________________________________________
Un peu plus tard, à l'accueil des visiteurs:
-Oh, c'est seulement un voyage d'agrément, comme je vous l'ai dit, avait galamment répondu Alan Feuerbach à la question de la baronne quant à l'éloignement de ses terres. Je pense qu'il est bon pour nos gens de voir que leurs seigneurs apprécient le Talabecland, ce qui, je vous l'avoue, n'est point faux en ce qui me concerne. J'aime notre province, et j'aime le faire savoir.
Un air sage:
-Du reste, je crois aussi que cela n'est pas en restant chez soi que l'on gouverne au mieux. Il convient de rencontrer ses voisins afin d'apprendre d'eux et de conclure des alliances utiles.
Tous- nonobstant peut-être le mage rouge - semblaient conquis par leur hôtesse. Et on peut les comprendre n'est-il pas?
Une fois dans le hall, Domi Lindellindele l'elfe s'était comme de bien sûr extasié de façon exagérée et par mots fleuris de la beauté des lieux, qui, citons le: "ne pourraient malgré tout être à la mesure de leur divine propriétaire!"
Puis, tandis que Lucrétia faisait allusion à himmergriff, elle ne vit rien changer dans l'expression d'Alan, lequel, visiblement gourmand - ce dont son aspect légèrement grassouillet attestait - faisait honneur aux confiseries amenées par cette bonne Elsa.
Par contre le Chevaliers des Fleurs tiqua, mais ce fut infime. Et l'elfe fit bien vite oublier cela par une diatribe enjouée:
-Ah Himmergriff! Celui là porte bien son nom! L'homme est si crochu qu'il fallut presque mendier un quignon pour se nourrir! Notre bon seigneur Alan dût le payer de couronnes trébuchantes pour chaque gâteries que ses griffes voulurent bien nous céder. Je suis bien heureux de n'être plus en Freital, au profit de votre généreuse compagnie, ô sublime!
Bien sûr, cela fut accompagné d'une oeillade de velours, laquelle, si elle eût fait rougir n'importe quelle pucelle, fit néanmoins aussi rougir le Chevalier d'Artois.
La jalousie fait-elle aussi rougir?
Dégustant une liqueur fine, petit doigt en l'air, Alan répondit aimablement à Lucrétia:
-Chère amie, comme vous l'aurez deviné aux dires de Messire Domi, nous avons en effet fait halte chez le Baron Himmergiff avant de nous trouver si bien accueillis en votre bonne maisonnée. Et il n'y a pas de comparaison possible qui pût lui faire honneur.
Mais du reste, votre autre voisin, malheureusement plus lointain, d'Ertburg et de Käppellburg, est un homme charmant. Quant à Beck, nous n'y sommes point passés. Mon cousin, le Vicomte de la Lochra, n'est point en bon terme avec le Comte Von Behring, aussi ai-je préféré ne point lui faire grâce de notre visite.
Juste après, l'elfe en bleu et argent, que rien ne semblait pouvoir arrêter, se mettait à courtiser une Elsa rosissante et intimidée:
-Mais quelle excellence dans ces cajoleries que vous nous avez menées! Quelle sainteté! Madame, votre art culinaire touche au céleste! Les dieux eux mêmes en seraient friands!
Puis il avait tâté son ventre plat, rieur:
-Par Liadrel! Je crains pour ma ligne.
Le chevalier des Fleurs ne le quittait pas des yeux, blasé.
Et Björn, le mage flamboyant, restait en retrait.
_________________________________
Maintenant:
C'était l'heure du dîner, et Elsa avait préparé une table digne de princes.
Après installation en leurs éventuelles chambrées, les invités avaient fait part de leur envie de visiter le domaine et le bourg le lendemain.
Les entrées et les mondanités d'usage passées, l'elfe dit à Lucrétia au gré de la conversation triviale, son bel oeil mauve dans le sien, tandis qu'il faisait tourner négligemment son vin dans son verre:
-Mais dites moi, baronne de mes rêves... certes, votre domaine est sans nul doute fort joli. Mais ne le trouvez vous point trop étriqué? Trop minime en rapport votre majesté naturelle?
Il rit:
-Je serais vous - et alors en ce cas la plus céleste des dames, grâce soit rendue au ciel! - je me trouverais à l'étroit... Car comme l'on dit en Yvresse, il n'y a point de limites à la beauté!
Alan rit de bon coeur, mais point le chevalier à la coupe au bol. Le mage, comme à son habitude, resta de marbre.
Alan renchérit, droit au but mais toujours courtois dans son ton:
-Aimable comme vous l'êtes, et c'est peu dire, vous n'avez jamais songé à conclure un mariage qui irait dans vos intérêts?
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Re: [Arzhvael et Ombeline] Noble désordre
«Je partage tout à fait votre point de vue sur la question, et, sitôt que je me serai convenablement impatronisée céans-même, j’irai très certainement voir aussi bien du pays que mes voisins que je me dois de connaître. Tout autant que nos gens, à vrai dire. L’on se retrouve d’autant mieux respecté et apprécié que l’on est connu de ceux qui nous portent pareille estime, là est mon avis », acquiesça-t-elle de la tête en réponse aux propos d’Alan.Aucun problème me concernant, peu importe le nom donné au final. Et je vais t’envoyer ladite source concernant la région, et bien plus que cela !
Dans le salon, le ruissellement du thé servi dans les tasses ne parvenait point à couvrir les exclamations de ce façonnier de Domi Lindellindele qui, équanime, se pâmait devant miroirs, tapisseries, tableaux et brocards à renfort de blandices et d’autres injonctions plus banales. Et la baronne, tout sourire, lui contait en retour les anecdotes directement reçues de ses différents serviteurs, quels qu’ils fussent. «Oh, mais oui, un magnifique portrait, mais savez-vous qu’il s’agit en réalité de la représentation de la sœur du mécène, là-dessus, bien plus alliciante que celle qui la demanda ? …Et cette tapisserie de vénerie, ici, fut conçue en hommage au meilleur des mâtins qui, après avoir triomphé de ce sanglier, mourut de ses blessures… Ah, je suis tout à fait d’accord avec vous, il est tellement dommage que la couleur fût passée, mais il en a toujours été ainsi, à vrai dire ; un bougre de pénichier oublia de recouvrir la toile par temps de pluie, et le toit de la chalande suintait l’eau. Maudite fuite ! »
Il lui fut également intéressant de constater la considération que portaient ses visiteurs envers son bien curieux voisin, le baron Geoff Himmergriff. Lui qui était si dur à la desserre, allait-elle devoir payer à son tour pour quelque logement, si d’ordinaire agréait-elle véritablement à son invitation ? La compagnie d’un tel harpagon la chagrinait assurément, mais il était déjà trop tard pour reculer ; n’avait-elle pas déjà envoyé la missive par l’intermédiaire de Carl ?
Personne, si ce ne fut le chevalier, ne fit le moindre signe à l’évocation du baron de Freital, et l’esbroufeur se fendit d’une logorrhée fustigeante à l’encontre du pauvre voisin. Les gens changeaient imperceptiblement au fur et à mesure que le temps passait et que les langues se déliaient. Les uns continuaient de jouer les rodomonts alors que d’autres restaient simplement neutres et affables, quand certains, bien au contraire, ne faisaient que se renfrogner davantage.
D’une toute autre façon, Elsa également, frisquette, se mettait à rougir brusquement aux compliments et taquineries du sémillant elfe pendant que le nanan s’envolait déjà, très vite, dans les divers estomacs affamés qui se présentaient là. Pourvu qu’ils aient tous encore faim pour le souper. Ce qui était certain, toutefois, c’était la nécessité qu’Elsa se rende par la suite au village faire le plein de friandises en tout genre.
«Ah, hélas ! Que ne puis-je simplement dédaigner l’invitation, eu égard au portrait que vous m’en faites !, se déboutonna-t-elle après qu’Alan Feuerbach eût parlé. Mais, comme je vous le disais tout à l’heure, il m’est impossible d’ignorer mes voisins ; la mondanité colporte avec elle son lot de bissêtres. » Et à Lucretia de ponctuer le tout d’un soupir aussi exagéré que les exclamations de l’elfe.
«Je ne connais pas encore réellement bien ces sang-bleus entourant mes terres, mais, et loin de moins l’idée de mener une disquisition, comment se fait-il que votre cousin de Lochra se trouve en mauvais terme avec le Comte von Behring si celui-ci lui céda récemment quelques terres, d’après mes toutes aussi récentes informations ? Oh, cela ne me regarde assurément pas, rougit-elle délicatement, mais si jamais je puis jouer pour vous le rôle de médiatrice, quelque fois que je doive me rendre par là-bas… ». La naïveté de la demande aussi bien que l’expression gênée de la baronne ne pouvaient que témoigner de sa bonne foi.
Après que les confiseries de bienvenues eurent disparu et que l’on tarît les deux théières, Lucretia leur désigna leur chambrée. Dans la plus belle et grande pièce se logerait, bien évidemment, le cousin du Comte, tandis que ses suivants se répartiraient à leur guise les chambres restantes dans le même bâtiment, certes moins opulentes mais très confortables nonobstant. La jeune femme eût-elle dû recruter plusieurs autres camérières pour les jours à venir ? Non pas qu’elle voulait jouer la dissipatrice des fonds de son village, mais il fallait reconnaître qu’Elsa aurait certainement quelques difficultés à s’occuper de l’intégralité des chambres de ces nouveaux arrivants, et ces derniers se retrouveraient sans domestique de la maison. Une chance qu’ils eussent emporté les leurs.
Lorsque tout le monde fut correctement installé, bien à ses aises, l’on fit le tour du domaine, présentant les bâtiments et son histoire de la même façon que Carl l’avait fait pour sa maîtresse. Au-dehors, en cette fin d’été, commençait à souffler ce froidureux aquilon, et l’air basalmique, porté au-travers de la forêt, vous embaumait des senteurs bucoliques et fleuries. En dépit de ce petit vent du nord qui rafraîchissait un toit soit peu la température douce de fin de saison, l’atmosphère demeurait si vivifiante et agréable que l’on se décida à faire un petit tour en forêt, caracolant de façon bien plus tranquille que l’on ne l’eut fait pour venir ici. Les larges routes aux pavés défoncés se substituaient aux petits sentiers de terre, les mauvaises herbes tapissant les bas-côtés desdites routes à cette végétation verdoyantes soigneusement entretenue par le garde-chasse qui les accompagnait, mué comme jamais, et tout cela était très agréable. A nouveau, les voix transcendèrent l’accoisement agraire de l’orée des bois, et l’on discourut de tout et de rien, tandis que le chant des oiseaux et les grognements lointains de quelque animal les accompagnaient au passage. Le baron Alan entretint également la baronne de ses désirs de visiter le village le lendemain, alors que la nuit approchait à grands pas, et la jeune femme lui déclara bien aimablement qu’il n’y avait à cela aucun souci et qu’elle serait heureuse de le leur faire visiter, quand bien même, pensait-elle, cette découverte de ses terres lui faisait mine d’être auscultée comme un médecin l’eût fait avec son patient.
Alors que ce début d’air vespéral se rafraîchissait véritablement et que le soleil disparaissait derrière le faîte des hauts arbres de la forêt, les chevaux furent reconduits dans leur boxes, et Hans Zimmer, le palefrenier et cocher, les prit en charge, les bichonnant et s’assurant qu’ils ne manqueraient de rien.
Après une rapide toilette de circonstance, l’on se rendit tous dans la grande salle à manger, prêts pour le souper. Les couverts étaient soigneusement disposés autour des assiettes de porcelaine, retournés de façon à ce que l’on pût apercevoir l’écusson de la maisonnée, et les verres de cristal étaient désormais gorgé d’un vin rouge qui scintillait sous la nitescence du lustre et de ses nombreuses bougies.
Après les hors-d’œuvres, aussi bien en matière culinaire que mondaine, les discussion, au bout de quelques minutes, prit un tournant pour le moins intéressant ; l’elfe opérait son petit jeu, bien appuyé par le baron qui reprit aussitôt la parole. C’était qu’on lui parlait d’un éventuel mariage, là ; un mariage qui, disait-on, représenterait un intérêt certain à ses yeux de baronne. Effectivement, le baron Himmergriffe avait vu juste, et la jeune femme se demandait à présent si ses invités de maintenant lui en avaient tenu quelque discours, quand bien même leur entente n’était pas des meilleures. Et s’il s’agissait également d’un mariage visant à la déposséder de ses terres. Qui croire ? Elle leur sourit à tous deux.
«Vos compliments me font rougir, messires. En toute honnêteté, l’idée du mariage m’était sortie de la tête ; il y a tant de choses à faire qui retiennent mon attention, ici, alors que je viens tout juste d’arriver ! Il faut encore que je prenne mes marques de mesures, aussi bien auprès de mes gens qu’auprès de me différents voisins. Mais, dites-moi toujours et éclairez-moi sur ce sujet ; quel type de mariage, avec vous ou l’un de vos proches ? Et comment pourrait-il m’arranger, aussi bien moi-même que mon futur mari, si mariage il y a ? »
Oui, les flash-back sont très pratiques, heureusement qu’ils sont là et que cela ne te dérange pas que d’en faire ! Je suis également à fond dans l’aventure, la curiosité de voir ce qui va en découler me tiraille, et, pour le moment, le rythme me convient très bien. o/
Modifié en dernier par [MJ] Bonnepierre le 16 nov. 2012, 18:16, modifié 2 fois.
Raison : mais quelle maestria littéraire! J'en suis soufflé^^ 7xp/29xp
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- [MJ] Bonnepierre
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Re: [Arzhvael et Ombeline] Noble désordre
C'était lors de l'arrivée des visiteurs dans le hall. A ceci, Alan avait répondu, laconique mais toujours courtois:«Je ne connais pas encore réellement bien ces sang-bleus entourant mes terres, mais, et loin de moins l’idée de mener une disquisition, comment se fait-il que votre cousin de Lochra se trouve en mauvais terme avec le Comte von Behring si celui-ci lui céda récemment quelques terres, d’après mes toutes aussi récentes informations ? Oh, cela ne me regarde assurément pas, rougit-elle délicatement, mais si jamais je puis jouer pour vous le rôle de médiatrice, quelque fois que je doive me rendre par là-bas… ». La naïveté de la demande aussi bien que l’expression gênée de la baronne ne pouvaient que témoigner de sa bonne foi.
-Oh, vous savez, il y a nombres de manières de céder ses terres... Cela n'est point toujours fait dans une entente cordiale.
L'elfe se montra ensuite bien moins laconique sur le sujet - oh, que cela est surprenant!:
-Péages exagérément coûteux, pressions financières, menaces, sombres complots, etc... Les nobles de chez vous sont si inventifs pour déposséder leurs prochains! J'en apprends chaque jour!
Après une moue agacée vers Domi - mais n'était-ce pas qu'un jeu entre eux? - Alan reprit, rieur:
-Quelle ténébreuse imagination a ce bon Domi!... Que nenni, Dame Baronne, il n'y eut rien de tout cela je l'espère. Cependant, lors de votre hypothétique visite à Beck, je ne saurais en effet que vous conseiller de ne point trop vous montrer encline à propos de mon cousin le Comte de la Lochra, Von Berhing appréciera.
Guère d'autres détails ne purent alors être obtenus par Lucrétia, seulement des généralités aimables, et ces messieurs étaient allés découvrir les appartements qui leur étaient alloués.
Mais revenons en donc au présent:
Le soir. Le dîner:
Cela discute de mariage.
Alan fut visiblement embarrassé après la rétorque de Lucrétia. Sans doute ne s'attendait-il pas à tant de compréhension de la part de leur hôtesse. Mais, comme de toujours, l'elfe lui sauva la mise avec enjouement:
-Hélà, mes cher amis! Vous n'allez tout de même transformer notre tout premier dîner ensemble en une triste discussion de dots et d'épousailles arrangées! Alan, voyons, ma maladroite harangue à la Baronne n'était destinée qu'à louer sa digne magnificence, que je jugeais enfermée dans un écrin par trop lointain et exigu. Non à vous voir lui parler concrètement d'alliances...
Ses beaux yeux mauves se plantèrent dans ceux de la lahmiane, et celle-ci y perçut plus que de l'intérêt feint. Il était clair pour elle, n'en déplaise au Chevalier des Fleurs, que Domi Lindellindele était réellement sous son charme... ainsi qu'Alan, bien que moins démonstratif. On leur avait peut-être parlé d'une belle baronne, mais il n'en attendait certainement pas une si savoureuse présence. La prenaient-ils pour une provinciale de peu d'éducation et sans réels attraits avant de venir? C'est bien possible.
- En vérité, mon époustouflante amie, poursuivit l'elfe, j'espérais seulement par mes paroles inopportunes vous entendre répondre que vous viendrez bientôt à la cour de Talabheim, car sans vous elle me paraîtra désormais morne et sans éclat!
Un regard faussement moqueur sur Alan:
-Mais maintenant que vous avez, entre autres, fait allusion à un mariage avec mon ami, voyez son embarras! Car qui ne voudrait point vous épouser?
Cet elfe ne semblait jamais mal à l'aise, lui, toujours partant pour proser sans fin. Toutefois, son "ami Alan", malgré sa jeunesse et son visage dodu qui put le faire paraître indolent, était pourvu de bien plus d'esprit d'à propos que l'on pût s'y attendre au vu de son aspect de noble grassouillet. Surtout qu'il était ainsi aidé de Linellindele lorsqu'il restait sans voix... une vois que ledit Alan avait à contrario particulièrement virile.
Il sourit, joueur:
-Vous m'épouseriez Madame?... Avec à la clef une alliance avec le cousin préféré de notre futur Comte Electeur?... Un plissement d'yeux énamouré -qu'il fit sans se forcer: Même si je ne vous connais que depuis peu, moi je n'hésiterai pas. Devrais-je préparer ma demande en mariage?
-Allons! Cela ne se demande pas ainsi, Alan! Faites la demande ou ne la faites pas! rit Domi. Avant de faire semblant de réfléchir à voix haute en se massant le front:
-Mais il est vrai, maintenant que j'y pense, qu'outre cette superbe qui vous est naturelle, vous êtes réellement le parti le plus attrayant de votre pays... Votre cousin le Comte possédant déjà presque tout à l'Est de Talabheim, ajouté de vos biens propres...
Il n'en dit pas plus, mais les allusions des deux hommes étaient assez claires. Avec Bratian en sus, quasiment tout l'est serait tenu par cette branche Feuerbach, laquelle, en l'absence prolongée du Comte Electeur de même famille, pourrait accéder aux plus hautes fonctions de la province impériale toute entière...
Chevalier des Fleurs - toujours jaloux des attentions de l'elfe pour Lucrétia - et mage rouge, les deux silencieux, étaient totalement oubliés...
Cela n'a rien voir, ou si peu, mais notre Baronne avait remarqué qu'outre leurs gardes, qui paraissaient bien plus aguerris que les siens, un des valets de ses visiteurs se tenait toujours près d'Alan Feuerbach. Et celui-ci était, elle le pensait, bien plus qu'un simple valet. Son oeil était partout, et sous sa livrée noire et or, il avait une musculature féline et peut-être des armes camouflées...Tests cachés de détection/discrétion
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Re: [Arzhvael et Ombeline] Noble désordre
- La question d’Alan avait été des plus directes, dépourvue de toute ambiguïté, et voilà que cette alambiqueur de Linellindele voulait lui faire croire qu’elle se fourvoyait en imaginant déjà l’ébauche d’un mariage ? Ou ces deux-là jouaient-ils de concert un jeu en tapinois, dont le but n’était pas autre que d’amener doucement et lentement la question d’une éventuelle union ?
«Eh bien…. A vrai dire… Bien entendu que je viendrai à la cours de Talabheim un de ces jours, avait-elle barguigné, histoire de les faire mariner un peu plus longtemps en l’attente d’en savoir davantage. Cette magnifique et grande ville me manque quelque peu, de même que ses gens, et il faudra, tôt ou tard, que j’aille tenir informée notre cher Comtesse d’à quel point mon village et mes terres qu’elle m’a confiés se tiennent bien. Et je serai assurément toute ébaudie de voir revoir, tous. »
Qu’importait leur dégoisement et leurs douces excuses, la question venait de tomber à plat, là maintenant ; oui, il était bien question de mariage, en dépit de tous leurs mystères et leur tentative d’annoncer que cela n’avait été qu’un malentendu dont le but premier eût été de louanger la baronne. Et effectivement, d’un côté comme de l’autre, peut-être davantage que la convoitise d’obtenir quelque terre que ce fut, ils semblaient tous intéressés au plus haut point par l’idée de cette union avec elle. Lucretia les regarda lentement alors que l’elfe ne déparlait pas. Lui comme Alan avaient les yeux fixés sur sa personne, et l’on put les croire enchantés par sa sublime aura à mesure qu’ils ne la quittaient pas du regard et qu’ils tentaient véritablement de la captiver de par leur parole, dans une intention sincère, afin qu’elle agréât à leur confabulation. Même le chevalier, pourtant jusqu’alors mué, n’ayant, étrangement, pas desserré les lèvres un seul instant, lui dévouait une attention toute particulière, quand bien même semblait-il de plus en plus indisposé suivant le cours de la conversation.
L’idée du mariage, toutefois, lui était des plus déplaisantes. C’était qu’elle l’avait déjà été, il y a de cela fort longtemps, lui paraissait-il. La jeune femme n’avait été qu’un vulgaire objet que l’on offrît ainsi afin de calmer les ardeurs belliqueuses et coléreuses d’une cour de vampires qu’elle aurait tous écrasés, à présent. Offerte dans le but de réparer une erreur avec laquelle elle n’avait aucun lien. Et jamais plus se remarierait-elle à nouveau, s’était-elle promise, si elle se retrouvait bridée par un mari qui lui interdirait la moindre de ses actions. Qu’adviendrait-il si elle agréait à la proposition d’Alan ; comment se comporterait-il avec elle ? L’idée d’appartenir à la famille la plus puissante du Talabecland ne lui messeyait point, cela dit, elle ne serait qu’un pion perdu au milieu de l’échiquier de la famille là où elle pourrait bien en être la reine. Alors, que faire, accepter et se frayer un chemin, doucement mais sûrement, à coups de poison et de cabale, jusqu’au sommet de la hiérarchie ? Cela paraissait intéressant. Mais toutes les possibilités n’avaient pas encore été explorées ; qui pouvait dire si un autre parti, encore plus intéressant, ne ferait pas son apparition d’ici-là ?
«Allons, mon cher Alan, déclara-t-elle, souriante, en oubliant le titre, s’abrogeant ainsi de toute formalité. Une fois de plus, vous me rendez confuse devant tant d’éloges ; vous savez trouver les mots, et je dois vous avouer qu’une alliance de cet acabit me paraît très probante. Cela dit, tout cela me semble également très prématuré ; ne voulez-vous donc pas prendre le temps que l’on se connaisse davantage ? La jeune femme, angélique et souriante, franche, lui confia ce qu’elle pensait. Voyez-vous, de cette première journée en votre compagnie, je vous apprécie déjà beaucoup, mais ne voudrais aucunement gâcher une belle amitié par une mésalliance. Je veux pouvoir poser les choses et savoir où je vais. Laissez-moi un peu de temps, et... Peut-être seriez-vous agréablement surpris par la suite. »
L’on continua par la suite sur des sujets bien plus triviaux alors que le repas se poursuivait au rythme de ces plats délicieusement préparés par une Elsa rougissante de ses allés-venus entre la cuisine et la salle à manger, amenant des plateaux et repartant les bras chargés d’auges vides. Elle réussit à orienter le sujet sur le Sieur d’Artois, et lui demanda –autant qu’à lui qu’aux autres, comment ils en étaient venus à faire leur connaissance, et posa par la suite la même question à Bjorn Rüssel. Elle était curieuse de connaître leur façon et de penser, et de s’exprimer ; ces deux-là n’avaient encore que très peu ouvert la bouche jusqu’à présent, et Lucretia, ainsi qu’Alan et Domi, avaient monopolisé toute la parole. Peut-être demeuraient-ils également moins à l’aise en société que ne l’étaient leurs pairs, et là trouveraient-ils enfin, peut-être l’occasion de s’exprimer quelque peu. Comme l’avait souligné l’elfe, les sujets de discussion, au sein de lippées, ne devaient assurément pas seulement se cantonner à la politique et aux intérêts de chacun ; il existait, après tout, des badinages bien plus simples et moins embêtants.
Lorsque tout le monde fut repu et que l’on alla se coucher, la jeune maîtresse de céans souhaita la bonne nuitée, et Elsa vint la rejoindre dans ses appartements pour l’aider à se dévêtir.
«Que penses-tu de ces invités, Elsa ? En as-tu déjà entendu parler auparavant, toi qui as servi pendant un certain temps feu Madame de Lünebourg ? Nos nouveaux voisins que voici étaient-ils proches des anciens maîtres des lieux ? »
Lorsque sa dame d’atours eut répondu à ses questions et fut sortie, Lucretia, habillée d’une simple nuisette tissée de soie, s’abandonna à la vue qu’elle avait sur les environs depuis l’une des fenêtres de sa chambre. La nuit l’appelait à elle, et l’envie, folle, de sortir lui battait opiniâtrement l’esprit. Que ne puis-je être seule en cette soirée, sans ces invités, et me laisser engloutir par la nuit… Un petit soupir s’échappa de ses lèvres incarnates tandis qu’elle se détournait de cette vitre qui la séquestrait à l’intérieur. Oh, ce qu’elle avait envie de prendre son essor et de s’envoler, là, dehors ! Mais ces invités l’en empêchaient ; qu’il arrivât un malheur alors que les lunes étaient hautes dans le ciel nocturne, que l’on vînt la chercher alors qu’elle n’était plus là et le drame se produirait assurément. Il lui faudrait remettre à plus tard ses désirs d’investigation et de liberté. C’était qu’elle n’avait pas oublié cette étrange femme séculaire qu’elle présumait être une cultiste ou prêtresse de Taal ou Rhya, ni les récits de Tomas portant sur cette religion, et, surtout, sur les lieux ancestraux et mystérieux que couvait les profondeurs de la forêt. Comment eût-elle pu faire litière d’une telle apparition, elle qui ne datait que de la matinée ? Et ce fut, à force d’y penser, l’esprit en plein travail, qu’elle alla se coucher, trouvant difficilement ce sommeil déjà si inaccessible d’ordinaire.
Un des coqs du village l’amatina le lendemain, ou était-ce peut-être l’une de ces sensations indescriptible qui vous faisait vous lever de bonne heure sans que rien ne l’exigeât. Le soleil était encore très certainement bas dans le ciel, probablement caché par cette masse de nuages gris et pommelés qui la préservaient si bien. Et c’était tant mieux que d’avoir été si matinale ; au moins pourrait-elle être fin prête lorsque se lèveraient ses invités. Après avoir fait mander une Elsa aux yeux cernés de fatigue et bâillant à tue-tête, elle se lava et vêtit comme à son habitude. Pour se rendre au village, les véhicules feraient très bien l’affaire. Rapide petit-déjeuner, elle l’attente commença en compagnie de livres en tout genre. Puis lui vint l’idée de demander à Carl ses impressions sur cette étrange demande en mariage, ainsi que sur cette lettre qui avait exactement prédit ce qui s’était passé. Le baron Himmergriffe était-il si serviable que cela, ou habité par quelque profit allant dans son intérêt ?
Petit à petit, le manoir se réveilla dans son intégralité, et l’ouïe de la jeune femme discerna le bruit des matelas sur lesquels l’on se retournât aussi bien que le froissement des tissus que l’on enfilât. Et après les premières civilités du matin aussi bien que les moments d’intimité et de restauration propre à chacun, tout ce beau monde fut prêt à partir. Les carrosses furent appelés, les chevaux arrivèrent, maintenus avec adresse et dextérité par les cochers qui les emmenèrent au village comme il en avait été convenu la veille. Helmut Rosen avait été informé de cette présence au village, et, avait son entrain habituel, ou possiblement quelque peu intimidé, s’était présenté au baron Alan von Feuerberch ainsi qu’à sa suite, et, surtout, avait présenté aux côtés de la baronne de céans ses idées de rénovation des quais qui, certainement, ne pouvaient que faire prospérer que davantage un village déjà bien prospérant. Le hameau était entre de très bonnes mains, assurément, et à chacune de ses paroles sa baronne hochait diligemment de la tête d’un air aussi charmant que naïf. Celle-ci trouva cependant un moment à elle durant lequel elle put parler en privé avec le Sieur d’Artois.
«Alors, monseigneur, comment trouvez-vous ces terres et ce domaine ? Si ce n’est les petites questions que je vous ai posé la veille, je vous ai trouvé pour le moins bien silencieux et… Me tromperais-je si je vous décrivais comme chagriné ? Manquez-vous donc de quelque chose, y a-t-il quelque chose qui vous messiérait chez moi ? » lui demanda-t-elle ainsi, innocemment et rosissant, tout en laissant planer, cependant, l’ambiguïté de la fin de sa phrase. Que cela concernât le domaine ou elle-même, il allait le lui dire, certainement. C’était tout du moins ce qu’elle escomptait.
J'espère ne rien oublier là-dedans x) :
- Demander comment le mage et le chevalier ont rencontré Alan et sa suite, d'où ils viennent, toussa-toussa.
- Poser les questions décrites dans le Rp à Elsa, puis les autres à Carl
- Poser celles du chevalier.
Ah voui, et aussi, y-a-t-il pu y avoir quelque agissement étrange dans la chambre du baron, quelque chuchotement qui aurait pu me réveiller, ce genre de chose ?
Je crois que c'est tout, sinon. o/
Modifié en dernier par [MJ] Bonnepierre le 25 nov. 2012, 01:18, modifié 1 fois.
Raison : 7xp/36xp
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- [MJ] Bonnepierre
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Re: [Arzhvael et Ombeline] Noble désordre
Lors du dîner, Alan avait convenu d'évidence que ces questions de mariage étaient tout à fait prématurées et, fier, prétexté qu'il ne s'agissait en fait que d'un jeu très courant à la cour: "qui marier à qui", lequel égaye généralement les conversations. Rien de tout cela n'était vraiment sérieux, bien que, avait-il ajouté:
"Lorsque la Dame avec qui l'on badine est si gracieuse, l'on se prendrait à espérer que le jeu devienne réalité."
Et l'elfe de rire, toujours compréhensif envers son cher Alan, et de s'excuser par une flopée de mots fleuris dans le cas où tout cela aurait outrepassé les convenances par sa faute.
Durant la suite du repas, Lucrétia amena habilement le jeune d'Artois à mieux se présenter. Celui-ci le fit avec courtoisie et modestie - et aussi un laconisme un peu froid?:
-Madame, je ne suis qu'un humble chevalier errant venu de la lointaine forêt d'Arden. Pour vous servir.
Voyant qu'il n'allait rien dire de plus, Lindellindele s'imposa, tout sourire, comme souvent:
-Ah! Quel curiosité que ces Chevaliers de Bretonnie et leurs rites d'errances initiatiques, n'est-il pas? Pour prouver leur vaillance, il leur faut quêter sans cesse les plus mortels périls, affronter milles dangers! Mais vous devez déjà en avoir entendu parler, ma belle amie! C'est folie que cette vie! L'elfe reprit soudain un sérieux sensuel, ses yeux joueurs dans ceux du jeune Chevalier: Mais que c'est beau aussi.
D'Artois rougit. Il y avait décidément quelque chose entre ces deux-là.
Par quelques questions bien choisies, la lahmiane apprit en outre - mais de la bouche élogieuse de Domi et non de celle du Chevalier - que tous deux s'étaient connus à Marienburg où leurs aventures respectives les avaient tous deux menés alors, et que depuis, meilleurs amis du monde, ils ne s’étaient plus quittés.
Le détail de ces "aventures" serait trop long à conter ici, mais s'il plut à Lucrétia, le volubile elfe ne se fit pas prier pour les narrer en détails - et en enjolivements jubilatoires et fantaisistes!... et il s'accompagna même peut-être de sa lyre.
Quant à Alan Von Feuerbach, son oncle avait des affaires en commun avec certains hauts-elfes d'Yvresse, aussi Domi le connaissait depuis l'enfance. A les écouter, ce petit voyage était pour eux l'occasion de se retrouver, ainsi que d'accompagner d'Artois dans ses errances chevaleresques.
-Toutefois, par malheur pour notre sémillant ami Philippe - mais pour l'heur de votre paisible région - nous n'avons croisé nul danger ni bravade à affronter ou accomplir jusqu'ici. Il faut croire que la digne réputation du Chevalier des Fleurs le précède comme une aura de lumière qui fait fuir irrésistiblement de son chemin les ombres malfaisantes!... Oh mais? Exquise Baronne, je ne vous ai point relaté la raison de son efflorescent surnom parfumé!
Cet elfe était d'un prolixe! Et toujours il reprenait la parole, nimbant ses récits d'éloges et d’exagérations joueuses. Il faisant en outre honneur au vin, ceci aidant peut-être cela.
-Avant tout, ce bon Philippe est un fleuron de la chevalerie Bretonienne. Et cela seul pourrait lui valoir le titre de "fine fleur". Cependant, il y a une explication plus historique que cela. Voyez vous, très chère, notre valeureux ami fut à ses débuts attaché à la surveillance et la protection de forts jolies - mais par trop coquines - demoiselles de Bretonnie. Elles étaient les filles d'un baron réputé de l'Artenois Bretonnien, et souvent, les gens du cru les nommaient les "fleurs"... D'où le surnom de notre beau chevalier, lequel l'on voyait sans arrêt en leur galante compagnie...
Un clin d'oeil grivois à Lucrétia:
-Je ne les ai jamais vues, ces "fleurs"... Toutefois, eussiez vous été du même pays qu'elles, je gage qu'on les aurait seulement nommées "tiges" ou "feuilles"...
Gentiment réprobateur, le Chevalier d'Artois secoua la tête en regardant Domi.
Et ainsi allait la conversation, l'infatigable elfe se faisait un plaisir, voire un devoir, de rebondir sur tous sujets avec allégresse, quand il n'en lançait pas de nouveaux lui-même.
De Björn Rüssel, le mage rouge, peu de chose furent dite. Lorsque Lucrétia essaya de lui tirer les vers du nez, il répondit seulement en désignant Alan:
-Je suis en charge de la protection du Seigneur Von Feuerbach, Madame.
A mieux le voir, maintenant qu'il n'avait plus sa capuche, il avait des airs de vétéran mal luné, le cheveux très roux, la peau très rosée. Cinq clefs de métaux différents étaient à sa ceinture et le rubis au bout de son bâton était du plus bel effet... ça! Il n'avait rien de ces apprentis impétueux qui aiment à ficher le feu partout, au propre comme au figuré!... De la flamboyance ostentatoire des mages de son ordre, il ne gardait qu'un aspect puissant.
Aucun commentaire ne fut fait à son sujet par les autres.
______________________________
Après le dîner, alors que ces messieurs avaient souhaité la bonne nuit à la Baronne et étaient retournés en leur chambrée, Elsa répondit à sa maîtresse:
-Et bien, heu... Le Seigneur elfe est très... Elle rougit, avant de percuter le reste des paroles de Lucrétia. On ne lui demandait pas lequel elle trouvait le plus charmant: Oups! Pardonnez moi Madame. Non non, je ne les ai jamais vus Madame. Ils ne sont jamais venus visiter les anciens maîtres.
_______________________________
La nuit, rien de notable n'advint. Les portes du manoir étaient de qualité, et même avec une ouïe de Lhamiane, il eût été bien impossible de surprendre une conversation dans une autre chambre, à moins de coller l'oreille à une de ces dites portes...
L'elfe dormait dans la même chambre que le Chevalier des Fleurs. Alan avait une chambre pour lui seul, mais le mage rouge occupait le réduit domestique y attenant.
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Le matin, tôt... Les nobles invités de la Comtesse étaient encore dans leurs chambrées, peut-être fatigué de leur voyage, ou alors tout simplement des "lève-tards"...
Carl répondit à sa maîtresse, aussi rigide et précis qu'à l'ordinaire:
-Voilà mes impressions, Madame, bien que je ne sois que le Majordome: Cette demande en mariage me paraît certes précipitées, toutefois elle ne m'étonne guère. Je ne sais les raisons de votre obtention de Bratian, mais la nouvelle a dû tout naturellement se répandre dans la province et amener intérêts et convoitises de nobles gens. Et qu'y a t-il de plus indiqué qu'une demande en mariage pour accroître ses titres lorsque la propriétaire de Bratian est une dame sans mari?
A ce sujet, et puisque c'est mon avis que vous demandez, je pense que le Baron Von Feuerbach apparaît comme un excellent parti, bien qu'il vous faille, je le pense, peut-être demander son aval à son Excellence la Comtesse Electrice qui vous a dotée.
Perfectionniste, il enleva d'un doigt un soupçon de poussière d'un chandelier, sa pose toujours très droite:
-Quant au Baron Himmergriff, je ne sais que très peu de choses de lui. Feu le Baron Von Blitzer n'entretenait pas de relation avec lui, et à ma connaissance, il n'en entretient avec personne. Il est réputé comme un homme que l'on voit très peu, à l'éducation, comment dire... limitée?... Un noble de province bourru, qui se tient loin de la politique et de ses manigances... D'où peut-être sa crainte des visées de vos illustres visiteurs? Lesquels l'ont sans doute jugé trop rustre et renfermé pour lui cacher leurs intentions...
Il regardait droit devant lui, jamais dans les yeux de Lucrétia, eut égard à leur différence de rang:
-Tout cela n'est cependant que supputations de ma part, Madame.
______________________________
Plus tard. Après un petit déjeuner badin, la noblesse du manoir, escortée en force, s'étaient rendue en visite au bourg.
Alan et sa clique observaient distraitement les lieux, faisant mine de les apprécier, les louangeant régulièrement... Le maire Rosen se montra plus obséquieux qu'intimidé, et en effet fit la part belle à ses "chers quais en rénovation".
Lucrétia parvint sans mal à se retrouver seule en compagnie du Chevalier des Fleurs. Celui-ci tenait par la bride son superbe destrier bai, son regard bleu dirigé vers les bois proches de Grunwald. Il était bien jeune, pas même vingt ans, mais son corps revêtu de fer blanchi semblait fort et capable.
Les questions de notre lahmiane parurent le mettre mal à l'aise. Il eut un sourire embarrassé tout en s'inclinant devant elle:
-Que nenni, Dame Baronne, vous êtes la plus aimable hôtesse qui soit, je vous l'assure. Je vous conjure de me pardonner si une indigne attitude de ma part a pu vous faire penser autre chose...
Du reste, non-pas, je ne suis point chagriné. Je crains d'avoir toujours cette mine mélancolique qui vous a alerté de la sorte... Ma Bretonnie natale me manque peut-être quelque peu, et, quoique raconte Domi... hem, le Seigneur Lindellindele... je n'ai point encore accompli d'exploit qui mérite d'être cité. Cela me navre sans doute...
Caressant le museau de sa monture, il tourna derechef son doux regard vers la forêt, un sourire en demi-teinte:
-Par ailleurs, votre pays est tout à fait charmant. Percevent, mon fidèle destrier, est impatient d'y faire quelques galops...
Ce disant, l'on sentait qu'il pensait à autre chose. Il se troubla:
-Puis je vous poser une question sans rapport, Madame?
L'on peut penser que Lucrétia l'y autorisa:
-Que pensez vous du Seigneur Lindellindele?
Quelle que fut la réponse, qu'elle l'agrée ou pas - ce qui se vit sans doute sur son visage - , il fronça ensuite les sourcils, observant la place du Bourg:
-Que de fermiers armés! Vous préparez donc une guerre? Des méchants vous ennuieraient-ils?
Son envie de férir était presque palpable.
Sur la place, devant le Temple de Sigmar, des dizaines de gueux dépenaillés - des "perdus de l'Ostland", une belle cinquantaine - faisaient des exercices de combat, certains armés d'hallebardes, d'autres de mousquets. Le géantin bûcheron, Anton Holz, les y aidait, ainsi que quelques membres de sa milice villageoise...
C'est vrai que cela paraissait démesuré.
"Lorsque la Dame avec qui l'on badine est si gracieuse, l'on se prendrait à espérer que le jeu devienne réalité."
Et l'elfe de rire, toujours compréhensif envers son cher Alan, et de s'excuser par une flopée de mots fleuris dans le cas où tout cela aurait outrepassé les convenances par sa faute.
Durant la suite du repas, Lucrétia amena habilement le jeune d'Artois à mieux se présenter. Celui-ci le fit avec courtoisie et modestie - et aussi un laconisme un peu froid?:
-Madame, je ne suis qu'un humble chevalier errant venu de la lointaine forêt d'Arden. Pour vous servir.
Voyant qu'il n'allait rien dire de plus, Lindellindele s'imposa, tout sourire, comme souvent:
-Ah! Quel curiosité que ces Chevaliers de Bretonnie et leurs rites d'errances initiatiques, n'est-il pas? Pour prouver leur vaillance, il leur faut quêter sans cesse les plus mortels périls, affronter milles dangers! Mais vous devez déjà en avoir entendu parler, ma belle amie! C'est folie que cette vie! L'elfe reprit soudain un sérieux sensuel, ses yeux joueurs dans ceux du jeune Chevalier: Mais que c'est beau aussi.
D'Artois rougit. Il y avait décidément quelque chose entre ces deux-là.
Par quelques questions bien choisies, la lahmiane apprit en outre - mais de la bouche élogieuse de Domi et non de celle du Chevalier - que tous deux s'étaient connus à Marienburg où leurs aventures respectives les avaient tous deux menés alors, et que depuis, meilleurs amis du monde, ils ne s’étaient plus quittés.
Le détail de ces "aventures" serait trop long à conter ici, mais s'il plut à Lucrétia, le volubile elfe ne se fit pas prier pour les narrer en détails - et en enjolivements jubilatoires et fantaisistes!... et il s'accompagna même peut-être de sa lyre.
Quant à Alan Von Feuerbach, son oncle avait des affaires en commun avec certains hauts-elfes d'Yvresse, aussi Domi le connaissait depuis l'enfance. A les écouter, ce petit voyage était pour eux l'occasion de se retrouver, ainsi que d'accompagner d'Artois dans ses errances chevaleresques.
-Toutefois, par malheur pour notre sémillant ami Philippe - mais pour l'heur de votre paisible région - nous n'avons croisé nul danger ni bravade à affronter ou accomplir jusqu'ici. Il faut croire que la digne réputation du Chevalier des Fleurs le précède comme une aura de lumière qui fait fuir irrésistiblement de son chemin les ombres malfaisantes!... Oh mais? Exquise Baronne, je ne vous ai point relaté la raison de son efflorescent surnom parfumé!
Cet elfe était d'un prolixe! Et toujours il reprenait la parole, nimbant ses récits d'éloges et d’exagérations joueuses. Il faisant en outre honneur au vin, ceci aidant peut-être cela.
-Avant tout, ce bon Philippe est un fleuron de la chevalerie Bretonienne. Et cela seul pourrait lui valoir le titre de "fine fleur". Cependant, il y a une explication plus historique que cela. Voyez vous, très chère, notre valeureux ami fut à ses débuts attaché à la surveillance et la protection de forts jolies - mais par trop coquines - demoiselles de Bretonnie. Elles étaient les filles d'un baron réputé de l'Artenois Bretonnien, et souvent, les gens du cru les nommaient les "fleurs"... D'où le surnom de notre beau chevalier, lequel l'on voyait sans arrêt en leur galante compagnie...
Un clin d'oeil grivois à Lucrétia:
-Je ne les ai jamais vues, ces "fleurs"... Toutefois, eussiez vous été du même pays qu'elles, je gage qu'on les aurait seulement nommées "tiges" ou "feuilles"...
Gentiment réprobateur, le Chevalier d'Artois secoua la tête en regardant Domi.
Et ainsi allait la conversation, l'infatigable elfe se faisait un plaisir, voire un devoir, de rebondir sur tous sujets avec allégresse, quand il n'en lançait pas de nouveaux lui-même.
De Björn Rüssel, le mage rouge, peu de chose furent dite. Lorsque Lucrétia essaya de lui tirer les vers du nez, il répondit seulement en désignant Alan:
-Je suis en charge de la protection du Seigneur Von Feuerbach, Madame.
A mieux le voir, maintenant qu'il n'avait plus sa capuche, il avait des airs de vétéran mal luné, le cheveux très roux, la peau très rosée. Cinq clefs de métaux différents étaient à sa ceinture et le rubis au bout de son bâton était du plus bel effet... ça! Il n'avait rien de ces apprentis impétueux qui aiment à ficher le feu partout, au propre comme au figuré!... De la flamboyance ostentatoire des mages de son ordre, il ne gardait qu'un aspect puissant.
Aucun commentaire ne fut fait à son sujet par les autres.
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Après le dîner, alors que ces messieurs avaient souhaité la bonne nuit à la Baronne et étaient retournés en leur chambrée, Elsa répondit à sa maîtresse:
-Et bien, heu... Le Seigneur elfe est très... Elle rougit, avant de percuter le reste des paroles de Lucrétia. On ne lui demandait pas lequel elle trouvait le plus charmant: Oups! Pardonnez moi Madame. Non non, je ne les ai jamais vus Madame. Ils ne sont jamais venus visiter les anciens maîtres.
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La nuit, rien de notable n'advint. Les portes du manoir étaient de qualité, et même avec une ouïe de Lhamiane, il eût été bien impossible de surprendre une conversation dans une autre chambre, à moins de coller l'oreille à une de ces dites portes...
L'elfe dormait dans la même chambre que le Chevalier des Fleurs. Alan avait une chambre pour lui seul, mais le mage rouge occupait le réduit domestique y attenant.
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Le matin, tôt... Les nobles invités de la Comtesse étaient encore dans leurs chambrées, peut-être fatigué de leur voyage, ou alors tout simplement des "lève-tards"...
Carl répondit à sa maîtresse, aussi rigide et précis qu'à l'ordinaire:
-Voilà mes impressions, Madame, bien que je ne sois que le Majordome: Cette demande en mariage me paraît certes précipitées, toutefois elle ne m'étonne guère. Je ne sais les raisons de votre obtention de Bratian, mais la nouvelle a dû tout naturellement se répandre dans la province et amener intérêts et convoitises de nobles gens. Et qu'y a t-il de plus indiqué qu'une demande en mariage pour accroître ses titres lorsque la propriétaire de Bratian est une dame sans mari?
A ce sujet, et puisque c'est mon avis que vous demandez, je pense que le Baron Von Feuerbach apparaît comme un excellent parti, bien qu'il vous faille, je le pense, peut-être demander son aval à son Excellence la Comtesse Electrice qui vous a dotée.
Perfectionniste, il enleva d'un doigt un soupçon de poussière d'un chandelier, sa pose toujours très droite:
-Quant au Baron Himmergriff, je ne sais que très peu de choses de lui. Feu le Baron Von Blitzer n'entretenait pas de relation avec lui, et à ma connaissance, il n'en entretient avec personne. Il est réputé comme un homme que l'on voit très peu, à l'éducation, comment dire... limitée?... Un noble de province bourru, qui se tient loin de la politique et de ses manigances... D'où peut-être sa crainte des visées de vos illustres visiteurs? Lesquels l'ont sans doute jugé trop rustre et renfermé pour lui cacher leurs intentions...
Il regardait droit devant lui, jamais dans les yeux de Lucrétia, eut égard à leur différence de rang:
-Tout cela n'est cependant que supputations de ma part, Madame.
______________________________
Plus tard. Après un petit déjeuner badin, la noblesse du manoir, escortée en force, s'étaient rendue en visite au bourg.
Alan et sa clique observaient distraitement les lieux, faisant mine de les apprécier, les louangeant régulièrement... Le maire Rosen se montra plus obséquieux qu'intimidé, et en effet fit la part belle à ses "chers quais en rénovation".
Lucrétia parvint sans mal à se retrouver seule en compagnie du Chevalier des Fleurs. Celui-ci tenait par la bride son superbe destrier bai, son regard bleu dirigé vers les bois proches de Grunwald. Il était bien jeune, pas même vingt ans, mais son corps revêtu de fer blanchi semblait fort et capable.
Les questions de notre lahmiane parurent le mettre mal à l'aise. Il eut un sourire embarrassé tout en s'inclinant devant elle:
-Que nenni, Dame Baronne, vous êtes la plus aimable hôtesse qui soit, je vous l'assure. Je vous conjure de me pardonner si une indigne attitude de ma part a pu vous faire penser autre chose...
Du reste, non-pas, je ne suis point chagriné. Je crains d'avoir toujours cette mine mélancolique qui vous a alerté de la sorte... Ma Bretonnie natale me manque peut-être quelque peu, et, quoique raconte Domi... hem, le Seigneur Lindellindele... je n'ai point encore accompli d'exploit qui mérite d'être cité. Cela me navre sans doute...
Caressant le museau de sa monture, il tourna derechef son doux regard vers la forêt, un sourire en demi-teinte:
-Par ailleurs, votre pays est tout à fait charmant. Percevent, mon fidèle destrier, est impatient d'y faire quelques galops...
Ce disant, l'on sentait qu'il pensait à autre chose. Il se troubla:
-Puis je vous poser une question sans rapport, Madame?
L'on peut penser que Lucrétia l'y autorisa:
-Que pensez vous du Seigneur Lindellindele?
Quelle que fut la réponse, qu'elle l'agrée ou pas - ce qui se vit sans doute sur son visage - , il fronça ensuite les sourcils, observant la place du Bourg:
-Que de fermiers armés! Vous préparez donc une guerre? Des méchants vous ennuieraient-ils?
Son envie de férir était presque palpable.
Sur la place, devant le Temple de Sigmar, des dizaines de gueux dépenaillés - des "perdus de l'Ostland", une belle cinquantaine - faisaient des exercices de combat, certains armés d'hallebardes, d'autres de mousquets. Le géantin bûcheron, Anton Holz, les y aidait, ainsi que quelques membres de sa milice villageoise...
C'est vrai que cela paraissait démesuré.
- Lucretia Von Shwitzerhaüm
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Re: [Arzhvael et Ombeline] Noble désordre
- Et comment qu’elle les connaissait, les chevaliers bretonniens ! Ou du moins en connaissait-elle un bien, pour avoir, en de maintes reprises, voyagé en sa compagnie par monts et par vaux, s’être arrêtée dans de petites auberges miteuses comme dans de véritables palais tel que celui qui demeurait à Talabheim ; tous deux n’y avaient-ils pas fait escale afin de signer les documents qui la qualifiaient désormais comme baronne de Bratian ? Et durant ces moments où Lucretia et Arzhvael étaient devenus intimes, aussi bien ballotés au gré du cahot de la route qu’allongés paisiblement au creux des oreillers, ils n’avaient eu de cesse que de s’échanger l’un l’autre les histoires de leur enfance passée, les coutumes de leur régions natales, si ressemblantes en surface, mais tellement différentes au niveau des mœurs. En avoir connu un lui suffisait-il pour tous les connaître ? L’espace d’un instant, son regard se voila imperceptiblement, nostalgique, mais il ne lui fallut qu’une seconde pour se reprendre et continuer la discussion.
«Bien entendu que j’en ai entendu parler ! Qui ne se sera jamais fait conter les palpitantes aventures de quelque intrépide chevalier bretonnien chevauchant au vent leur fidèle destrier, en haut d’une plaine où ondoie l’herbe haute et baigné de soleil ? Celui-ci qui va pourfendre le dragon, celui-là qui s’en va quérir sa belle… C’est d’un romantique, je vous le concède volontiers, mais quelle petite fille n’a jamais eu les yeux pétillants et rêveurs en entendant ces récits, s’imaginant être ladite belle que l’on vient délivrer ? J’en étais très friande, et, ma foi, le suis toujours », sourit-elle franchement.
Si elle avait posé quelques questions à l’intention du bretonnien et du mage flamboyant, ceux-ci n’eurent pas tant que cela l’occasion de parler ; voilà que l’elfe monopolisa une fois de plus la parole. Mais les deux intéressés ne semblaient pas d’un naturel bavard, aussi le laissa-t-elle jaspiner avec plaisir, écoutant ses racontailles qui vous transformaient un simple repas en véritable gogaille.
***
Lucretia avait écouté les propos de son majordome avec attention. Il s’était souvent révélé être de bons conseils, en ne souhaitant que le mieux pour ce village dans lequel il avait vécu tout au long de ces dernières années. Et s’il voulait que Bratian demeurât, alors il lui fallait également prendre soin de celle qui en possédait les terres.
Cette demande lui paraissait également précipitée, en dépit de tout ce qu’avaient pu dire ses invités pour tenter de dissimuler cette étrange intention d’avoir voulu conclure rapidement l’accord. Et si le baron Alan von Feuerbach demeurait un très bon parti, l’union la priverait très certainement d’un bien qui valait assurément son domaine : la liberté, l’autonomie ; cet affranchissement des règles des autres, du pouvoir et de la possession des hommes qui lui permettait de faire ce que bon lui semblait, impunément.
«J’aviserai, Carl. Et en ce qui concerne la Comtesse, je ne doute pas qu’elle n'objectera pas à ce mariage ; ils appartiennent à la même famille, ce ne serait donc là qu’un moyen comme un autre de récupérer ce qu’elle me céda si gentiment.
En ce qui concerne le baron Himmergriff, j’ai en effet cru comprendre, eu égard à la lettre qu’il m’écrivit, qu’il manque aussi bien de jugement en matière littéraire que ses propres serviteurs ou majordomes ; n’eût-il pas pu la faire écrire, sa missive, en étant conscience d’être doté de telles lacunes ? Enfin, qu’à cela ne tienne ; je m’instruirai de la nature et du caractère du personnage lorsque nous irons lui rendre visite. »
***
«Voilà une réponse que je préfère bien volontiers à cet air chagrin, agréa-t-elle doucement après qu’il se fût justifié, encore que je ne puis comprendre réellement la nostalgie et la mélancolie dont vous souffrez. Je n’ai malheureusement pas souvent voyagé, et je rêve, parfois, de m’en aller bien loin, oubliant toute l’endosse de mon domaine, tous ces devoirs que j’ai envers ce qui croient en moi et que je dois protéger. Ce qui est assez éprouvant. Mais à présent que j’ai hérité de ces terres –tout à fait charmantes, oui, je vous le concède ; peut-être pourrions-nous y galoper allégrement par la suite si l’idée vous sied ?-, il est bien trop tard pour de telles entreprises. Mais un jour, qui sait… ?
Quant à vous, je ne doute pas un seul instant que vous surpasserez les plus folles histoires du Seigneur Lindellindele… Elle recula d’un pas, le contemplant ouvertement de la tête au pied, avant de sourire. Oh, oui, vous en avez assurément les capacités.
En revanche, la question qu’il lui posa la laissa surprise, et il lui fallut un petit temps avant de trouver une réponse, ne pouvant s’empêcher de repenser au moment où sa dame d’atours était venue la rejoindre dans sa chambre. Elsa était toute chaude et rouge d’être restée dans la cuisine à préparer les plats et à apporter jusqu’à la table, et ne l’était devenue que plus encore alors qu’elle lui confiait ses impressions sur le seigneur elfe. A nouveau, la jeune femme avait souri en opinant de la tête.
«Je vois tout à fait ce que tu veux dire, Elsa. »
A présent, il lui fallait retranscrire ce sentiment au Chevalier des Fleurs.
«Le Seigneur Lindellindele est quelqu’un de très particulier, comme je n’en avais jamais rencontré auparavant. Je ne sais pas s’il tient cela de sa nature elfe, mais il a pour lui le fait de ne jamais déparler tout en restant très divertissant et agréable d’écoute ; il fourmille de mille et une choses à vous conter sans jamais en devenir lassant. J’ignorais que les Haut-Elfes pouvaient être aussi ouverts et francs, moi qui les imaginais pour le moins mornes et condescendants. C’est une très agréable surprise, à vrai dire. Et jamais avare de blandices et de louanges. Il est véritablement très charmant, si je puis dire. »
Elle le dévisagea l’espace d’un instant, fronçant délicatement les sourcils.
«Mais… Pourquoi cette étrange question, si je puis me permettre ? En voilà une qui me semble bien sortie de nulle part pour être tout à fait innocente, me tromperais-je ? le taquina-t-elle.
Autour d’eux régnait une atmosphère belliqueuse et lourde sous ce ciel emboucané. Le bruit du métal contre le métal résonnait à leurs oreilles aussi bien que ne le faisait la poudre qui détonnait de temps à autre dans un tonnerre assourdissant. Ferraillement, cris, hurlements, chocs et martèlements ; tout bruit martial se faisait si bien entendre devant le temple de Sigmar qu’un aveugle eût pu croire qu’il s’agissait plutôt d’un de ces fortins dévoués à Ulric. Un grand diable de bûcheron s’y agitait frénétiquement, haranguant par-ci, encourageant par-là, et chacun suivait ses directives.
Philippe d’Artois eut tôt fait d’ouïr ce tohu-bohus et d’y jeter un coup d’œil étonné.
«Oh, grands dieux, non, rien de tout cela, fort heureusement. Il s’agit juste d’une tradition de notre pays ; au Talabecland, les hommes sont habitués dès leur plus jeune âge à savoir se défendre et à manier l’arc en cas d’attaque. Une coutume, une vieille habitude, si vous préférez. Et si nous possédons des arcs, nous possédons également quelques mousquets, autre type d’arme bien plus compliqué et risqué d’utilisation, dont nous venons de faire la récente acquisition. Si fait, nos gens veulent absolument savoir comment pouvoir protéger Bratian en utilisant de pareils engins, et je loue cette entreprise. Ce n’est pas plus mal, à vrai dire, mais tout ce que je souhaite, nonobstant, c’est que l’on ait le moins besoin de s’en servir pour leur usage premier. »
Lucretia eût également bien souhaité que ces visiteurs impromptus ne sussent rien de cet attirail de mousquets que le hameau possédait. A présent, le baron et sa suite connaissait véritablement tout de ce qu’avait à offrir son village et ses gens, et avait aussi conscience de ses défenses. L’idée, à nouveau, que l’on auscultait ce qu’elle possédait de la sorte la dérangeait quelque peu.
Par la suite, lorsque l’on eut examiné les moindres recoins et planches de bois desdits quais, ils se réunirent tous en vue de rentrer probablement au manoir.
Modifié en dernier par [MJ] Bonnepierre le 26 nov. 2012, 17:10, modifié 1 fois.
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Re: [Arzhvael et Ombeline] Noble désordre
Le Chevalier des Fleurs avait eu un sourire flatté - quoiqu'embarrassé de modestie - lorsque Lucrétia l'avait détaillé, appréciatrice, avant de dire: "Oh, oui, vous en avez assurément les capacités."... Toutefois la Lahmiane ressentait quelque chose d'inhabituel dans les réactions de ce jeune guerrier. Son alliciant physique plaisait, d'ordinaire, considérablement même. C'était même une de ses grandes forces, en matières sociales... Mais Philippe ne montrait en sa présence aucune autre émotion qu'une politesse de circonstance. Pas un seul regard charmé par ses courbes, pas un oeil en catimini sur son décolleté... Certes, l'homme était sans contexte de la meilleure éducation, mais tout de même!
Par contre, dès que l'on avait parlé de l'exubérant Lindellindele, ce fut une myriade de sentiments qui étaient apparus sur le visage d'Artois. Rougeur, émoi... amour?
Il n'avait d'ailleurs point répondu à Lucrétia à ce sujet, préférant faire remarquer la démesure des manoeuvres armées que jouaient ses paysans, et aiguiller son esprit sur des dangers à venir où s'illustrer.
-Je le souhaite aussi, Madame, avait-il seulement conclu après elle à ce propos, mais on le sentait néanmoins intrigué.
Il y avait peut-être de quoi l'être, par ailleurs, et plus encore pour Lucrétia: car il n'était là plus question d'avoir quelques hommes du cru entraînés comme il se doit, non, c'était une véritable petite armée qui s'exerçait à la hallebarde, au mousquet, à l'arc, au gourdin et à quelques autres armes devant le petit temple de Sigmar. Et bien peu de villageois du bourg! A la place, des "perdus de l'Ostland", une cinquantaine d'étrangers récemment arrivés et déjà équipés et disciplinés avec efficacité.
-Heil Sigmar! Criaient certains dans l'effort. Le chaos ne passera pas!
-Loué soit sa force! Devenons invincibles!
Il y avait clairement des fanatiques dans le lot.
Tiens? Voilà le colosse Anton Holz, qui venait humblement à la rencontre de Madame. Il ne se permit bien sûr pas de la déranger ouvertement, mais l'on peut penser que Lucrétia alla s'enquérir de ce qu'il voulait. Le Chevalier, bien éduqué, resta à l'écart.
-Mes hommages, M'dame, fit le bûcheron en se redressant de toute son impressionnante hauteur, torse bombé et hallebarde droite: Pardon du dérangement, mais je m'suis dit qu'vous vouliez p't'être savoir pourquoi on a sorti toutes les armes et qu'on s'entraîne avec ceux de l'Ostland... C'est que l'Père Fritz nous l'a demandé hier à la messe, passque Machser, l'oracle, il a vu qu'on aurait a r'pousser des hommes-bêtes bientôt. Et comme les gars normaux de la milice y bossent, on avait qu'à prendre les "perdus de l'Ostland" vu qu'y sont bien croyants en Sigmar.
Machser? L'oracle? Qui était-ce celui-là? Se demanda peut-être notre lahmiane... Etait-ce cet "assistant" du prêtre Fritz dont le maire Rosen lui avait parlé quelques jours plus tôt?
Toujours étant que les nobles visiteurs de Grunwald, après avoir bien observé le coin, s'en étaient en effet repartis avec Lucrétia au bout d'un temps.
L'elfe ne tarit pas d'éloges -oh que c'est étonnant! - et Alan complimenta plus sobrement la baronne sur la gestion de ses terres et de ses gens...
Lucrétia remarqua qu'il manquait un des valets du Baron Von Feuerbach... Celui là même pour qui elle avait remarqué des qualités athlétiques et d'observations certaines, la veille au dîner, et qui n'avait jusqu'ici jamais quitté Alan.
Tiens? Un court instant, sur le départ, il sembla à Lucrétia qu'une bande de villageois que le convoi croisa l'avait regardée de façon réprobatrice, voire douteuse... C'était des travailleurs de la forêt, chasseurs, cueilleurs et bûcherons...
Bien qu'il se fît tard, Le Chevalier des Fleurs, encouragé par son ami elfe qui prévoyait à ses envies, fit part de son désir d'aller galoper dans les bois sur son cher Destrier nommé "Percevent"... peut-être Lucrétia voulut-elle l'accompagner? Après tout, les maigres lueurs vespérales lui convenaient bien.
Sinon, le Chevalier partit seul une bonne heure.
Le soir, le dîner se passa bien, Lindellindele toujours aussi expansif, mais néanmoins attentif aux sentiments de leur hôtesse et de ses camarades - sauf le mage rouge, qu'il aimait bien à gentiment charrier... Profitant du repas, il courtisait aussi finement la pauvre Elsa, laquelle, rouge pivoine devant ses compliments, ne tarderait sans doute pas longtemps à lui céder si on le laissait seul avec elle.
Le chevalier avait à ce propos de discrets, mais meurtris, regards jaloux.
Si la baronne ne fit rien pour le contrer, Lindellindele s'arrangea pour s'isoler avec elle en cuisine, prétextant vouloir "contempler le sacro-saint lieu où étaient préparés des plats si divins", puis, dans la nuit, aller toquer à la porte d'Elsa...
La nuit.
Lucrètia se coucha peut-être tardivement. Ou pas... Toujours étant qu'un peu avant l'aube, un fracas dans les escaliers la réveilla. L'on peut penser qu'elle alla voir immédiatement.
-HIIII! Cria Elsa. Carl! Carl! Relève toi! Non!...
Le majordome était en bas des escaliers, désarticulé, ayant visiblement fait une mauvaise chute. Il était âgé, et n'avait pas survécu. Elsa était agenouillée près de lui.
Deux gardes du manoir - dont le stupide - arrivèrent en trottant, et un autre de Feuerbach ainsi que quelques uns de ses valets... Mais toute la maisonnée, invités inclus, n'allait sans doute pas tarder à venir sur les lieux du drame...
Par contre, dès que l'on avait parlé de l'exubérant Lindellindele, ce fut une myriade de sentiments qui étaient apparus sur le visage d'Artois. Rougeur, émoi... amour?
Il n'avait d'ailleurs point répondu à Lucrétia à ce sujet, préférant faire remarquer la démesure des manoeuvres armées que jouaient ses paysans, et aiguiller son esprit sur des dangers à venir où s'illustrer.
-Je le souhaite aussi, Madame, avait-il seulement conclu après elle à ce propos, mais on le sentait néanmoins intrigué.
Il y avait peut-être de quoi l'être, par ailleurs, et plus encore pour Lucrétia: car il n'était là plus question d'avoir quelques hommes du cru entraînés comme il se doit, non, c'était une véritable petite armée qui s'exerçait à la hallebarde, au mousquet, à l'arc, au gourdin et à quelques autres armes devant le petit temple de Sigmar. Et bien peu de villageois du bourg! A la place, des "perdus de l'Ostland", une cinquantaine d'étrangers récemment arrivés et déjà équipés et disciplinés avec efficacité.
-Heil Sigmar! Criaient certains dans l'effort. Le chaos ne passera pas!
-Loué soit sa force! Devenons invincibles!
Il y avait clairement des fanatiques dans le lot.
Tiens? Voilà le colosse Anton Holz, qui venait humblement à la rencontre de Madame. Il ne se permit bien sûr pas de la déranger ouvertement, mais l'on peut penser que Lucrétia alla s'enquérir de ce qu'il voulait. Le Chevalier, bien éduqué, resta à l'écart.
-Mes hommages, M'dame, fit le bûcheron en se redressant de toute son impressionnante hauteur, torse bombé et hallebarde droite: Pardon du dérangement, mais je m'suis dit qu'vous vouliez p't'être savoir pourquoi on a sorti toutes les armes et qu'on s'entraîne avec ceux de l'Ostland... C'est que l'Père Fritz nous l'a demandé hier à la messe, passque Machser, l'oracle, il a vu qu'on aurait a r'pousser des hommes-bêtes bientôt. Et comme les gars normaux de la milice y bossent, on avait qu'à prendre les "perdus de l'Ostland" vu qu'y sont bien croyants en Sigmar.
Machser? L'oracle? Qui était-ce celui-là? Se demanda peut-être notre lahmiane... Etait-ce cet "assistant" du prêtre Fritz dont le maire Rosen lui avait parlé quelques jours plus tôt?
L'elfe ne tarit pas d'éloges -oh que c'est étonnant! - et Alan complimenta plus sobrement la baronne sur la gestion de ses terres et de ses gens...
Lucrétia remarqua qu'il manquait un des valets du Baron Von Feuerbach... Celui là même pour qui elle avait remarqué des qualités athlétiques et d'observations certaines, la veille au dîner, et qui n'avait jusqu'ici jamais quitté Alan.
Tiens? Un court instant, sur le départ, il sembla à Lucrétia qu'une bande de villageois que le convoi croisa l'avait regardée de façon réprobatrice, voire douteuse... C'était des travailleurs de la forêt, chasseurs, cueilleurs et bûcherons...
Bien qu'il se fît tard, Le Chevalier des Fleurs, encouragé par son ami elfe qui prévoyait à ses envies, fit part de son désir d'aller galoper dans les bois sur son cher Destrier nommé "Percevent"... peut-être Lucrétia voulut-elle l'accompagner? Après tout, les maigres lueurs vespérales lui convenaient bien.
Sinon, le Chevalier partit seul une bonne heure.
Le chevalier avait à ce propos de discrets, mais meurtris, regards jaloux.
Si la baronne ne fit rien pour le contrer, Lindellindele s'arrangea pour s'isoler avec elle en cuisine, prétextant vouloir "contempler le sacro-saint lieu où étaient préparés des plats si divins", puis, dans la nuit, aller toquer à la porte d'Elsa...
Lucrètia se coucha peut-être tardivement. Ou pas... Toujours étant qu'un peu avant l'aube, un fracas dans les escaliers la réveilla. L'on peut penser qu'elle alla voir immédiatement.
-HIIII! Cria Elsa. Carl! Carl! Relève toi! Non!...
Le majordome était en bas des escaliers, désarticulé, ayant visiblement fait une mauvaise chute. Il était âgé, et n'avait pas survécu. Elsa était agenouillée près de lui.
Deux gardes du manoir - dont le stupide - arrivèrent en trottant, et un autre de Feuerbach ainsi que quelques uns de ses valets... Mais toute la maisonnée, invités inclus, n'allait sans doute pas tarder à venir sur les lieux du drame...