Le Talabecland se trouve au coeur de l'Empire, et ses armées prennent souvent la forme de petites forces d'élites. Helmut Feuerbach est porté disparu, mais sa cour est toujours dans la Cité de Talabheim.
« Eh bien, allons-y, nous vous suivons », répondit Ombeline en franchissant le portail, mettant un pied pour la première fois dans son nouveau domaine. Une sensation étrange, qu’elle ne pouvait pas décrire. Pour un peu, elle eût presque juré que la perception de tout ce qu’elle avait autour d’elle venait de s’exacerber, comme si elle était capable de percevoir avec d’avantage de discernement le doux bruissement des arbres, ou de sentir, plus léger encore, le soyeux touché d’une brise tempérée. Une impression des plus agréables, en somme. Ils attendirent un instant que le majordome eut fini de refermé la grille, et, le laissant passer devant, entreprirent de le suivre.
De là où la jeune femme et le chevalier se tenaient, il leur était impossible de voir leur future résidence. Fidèle à elle-même, cette portion du Talabecland était recouverte de la même forêt que celle qu’ils avaient traversée tout au long de leur précédent voyage ; seul un petit chemin de terre venait séparer en deux l’océan de verdure. A nouveau, un petit péage se présenta à eux, mais contrairement au dernier rencontré, nulle présence ne l’habitait encore, inutile qu’il était désormais. Ce fut au détour du chemin, franchissant les bois, qu’ils découvrirent les premiers bâtiments.
Murs gris, toit rouge, voilà ce qui caractérisait l’ensemble de constructions regroupées. Solidement bâties, elles se tenaient là, en une disposition en « U » dont le cœur formait la basse-cour ainsi que le potager permettant à ses locataires de se nourrir. Le tout respirait d’une vie simple mais belle, en dépit de l’absence de toute personne visible, au travers de ce linge frais que battait quiètement le vent, de ces animaux domestiques qui caracolaient çà et là, s’arrêtant un instant marauder quelques graines, béqueter quelques insectes malchanceux, et même de par l’immense arbre en pleine santé, chêne de son état, fièrement et profondément enraciné au milieu de tout.
Ainsi donc, c’était ici que vivaient les caméristes, séparés de ce manoir qu’ils n’avaient pas encore eu le loisir de contempler. Ombeline se surprit à penser, l’espace d’un instant, que le travail devait être d’autant plus pénible pour ces personnes si le temps était mauvais, à faire des allers-retours incessant entre la résidence principale et leur logement par temps de pluie. Quant à l’écurie et aux box qu’elle contenait, n’étant pas visible pour le moment, nul doute qu’elle devait se situer au derrière du bâtiment.
Bientôt apparut à leurs yeux leur véritable demeure. Si les premiers arboraient une grise teinte de par la pierre utilisée pour les construire, ce bâtiment-là, en revanche, flamboyait d’un rouge terreux. Bâti de briques, l’édifice faisait globalement la même taille que son confrère, mais, contrairement à lui, avait été conçu pour n’abriter qu’une ou deux personnes, ce qui donnait une petite idée de ses capacités. Dans ses grandes fenêtres vitrées venait se refléter le paysage bucolique et agreste des alentours, ainsi que ce lierre conquérant, qui, loin d’attaquer hargneusement le manoir, ne faisait qu’embellir ce magnifique tableau. Pour ajouter une dernière touche idyllique à ce paysage, l’onde claire et paisible d’une petite marre où venaient gambader des oies léchait placidement les racines noueuses et ancestrales d’un majestueux saule pleureur.
Et au-devant de tout ceci se tenait l’ensemble des serviteurs. Tous réunis pour moi, ne put s’empêcher de souligner, pour elle seule, la jeune baronne.
Carl lui présenta en premier lieu une femme qui eût pu être sa mère, au visage qui semblait naturellement jovial et souriant, quoi qu’un peu craintif face à une inconnue. Il s’agissait donc de sa servante personnelle, aux dires du majordome. Ce qui lui convenait tout à fait, la femme lui faisant bonne impression. Et la voilà qui, surmontant sa timidité, lui proposait déjà de goûter à ses spécialités, osant s’adresser directement à sa nouvelle maîtresse à peine rencontrée. N’en suivit pas moins un léger rapetissement de sa personne, tête entre les épaules, sous, peut-être, un regard sévère de Carl que Lucretia Von Shwitzerhaüm ne put apprécier.
« Je dois t’avouer que tu me mets déjà l’eau à la bouche », sourit doucement Ombeline.
La personne suivante fut un homme assez petit, mais trapu, solidement bâti, que le vieillard qualifia de cocher. Ainsi, la propriété disposait de six chevaux et d’une diligence, ce qui serait pratique en cas de déplacement –que cela n’en déplût au chevalier.
« Je gage que vous vous entendrez bien avec le Sieur Arzvhael de Bastogne, qui adore, lui aussi ces nobles créatures que sont les chevaux. »
Suivirent les membres de sa garde rapprochée. Voilà qui ferait belle impression, également. Les quatre hommes se tenaient bien droit, campé sur leurs pieds, l’air très calme, dardant un regard impassible sur la nouvelle baronne des lieux. Ils avaient fière allure, dans leur vêture aux teintes de l’Empire. Le plus âgé d’entre eux s’avança en sa direction, et, d’une voix puissante précédée d’une ample courbette, lui jura fidélité.
« Veuillez recevoir, vous et vos hommes, tous mes remerciements », répondit Lucretia après un petit hochement de la tête, non pas sans avoir préalablement levé les yeux pour tenter de le regarder en face.
Le dernier personnage ne fut pas autre qu’un très jeune garçon à la peau rongée par ce qui semblait être de l’acné. Un garde-chasse à l’apparence encore enfantine, mais dont la réaction juvénile amusa beaucoup Ombeline.
« Soit remercié toi aussi, Thomas. Et si jamais tu es bien la personne qui s’occupe des arbres du domaine, alors, ayant vu ce magnifique chêne qui borde le premier bâtiment, oser dire que tu fais du mauvais travail serait mentir, assurément », lui avoua-t-elle gracieusement.
Alors, englobant d’un regard la petite assemblée qui se trouvait devant elle, Lucretia Von Shwitzerhaüm s’adressa à tous.
« Je vous sais gré d’avoir pris un peu de votre temps pour vous présenter à moi, que je sache ainsi les assignations et les noms de chacun. Pour le moment, vous pouvez reprendre tranquillement vos activités ; je vous ferais mander si d’ordinaire j’ai besoin de vos conseils et de vos compétences. Si ce n’est toi, Elsa. J’apprécierais, après ce long voyage, de quoi me détendre. Un bon bain chaud fera l’affaire, me permettant par la suite de revêtir quelques habits d’avantage seyants que ceux que je porte actuellement, grimaça-t-elle en désignant sa pèlerine. Et vous, Carl, en attendant que tout se prépare, j’aimerais que vous répondiez à mes questions précédemment posées, si cela ne vous ennuie pas. »
Modifié en dernier par [MJ] Le Grand Duc le 10 mars 2012, 20:06, modifié 1 fois.
Raison :6 xps / Total d'xp : 24
FOR 16 / END 14 / HAB 17 / CHAR 18 / INT 17 / INI 19* / ATT 17 / PAR 13 / TIR 11 / MAG 17 / NA 4 / PV 134/140 Ma Fiche Objets particuliers:
- * Anneau Nowelleux (+1 INI)
- Amulette (relance d'un EC: 2/3 utilisations disponibles)
Compétences acquises et Dons du Sang
COMBAT : Attaque : Coup précis (3), Arme de prédilection ( épée à une main) Défense : Esquive, Acrobatie de combat, Sang vif (2) (DDS), Coriace, Autres : Régénération Impie (DDS), Innocence Perdue (DDS), Valse Macabre
MAGIE :
- Sens de la Magie
- Conscience de la Magie
- Maîtrise de l'Aethyr - niveau 3
INITIATIVE / HABILETE :
- Sang vif (DDS)
- Réflexes éclairs
- Escalade
- Monte - chevaux
- Sens Accrus
- Vision nocturne
AUTRES :
- Défi de l'Aube (DDS)
- Ame Profane (DDS)
- Forme de Familier : Corneille (DDS)
- Sang argenté (DDS)
- Alphabétisation
- Force accrue
- Chance
- Préparation des poisons
Inventaire :
- Griffe d'Ursun
- Veste de cuir & pèlerine en "voyage" / robe habillée en "réception"
- Anneau de promptitude
- Bague du tumulus
- Sacoche de chanvre
- Lettre de la comtesse
- Gemmes et pépites d'or
- Fleur de salicaire
- Glandes à venin
- Poison (?)
Une fois les présentations terminées, Carl Ferembach invita Lucretia et Arzhvael de Bastogne à le suivre et pour la première fois, le jeune chevalier entra dans le nouveau domaine de la Baronne – le Domaine d’Hoppkruffen. Le majordome referma le portail de fer forgé derrière la propriétaire et son chevalier.
Ils suivirent le chemin de terre, qui devait mener au manoir, et celui-ci se tortillait entre des bosquets et des arbres penchés. Proche du portail se trouvait un petit bâtiment, ressemblant en tout point à celui du péage, sauf que celui-ci était inoccupé.
Le chemin commença à monter pour enfin dévoiler la grande demeure bâtie de briques en terres cuites, lui donnant une magnifique teinte rougeâtre. La porte d’entrée était précédée d’un perron à larges marches de marbre et surplombée d’un élégant balcon.
Dans la cour, se trouvant devant la grande maison, une dizaine de personnes était rassemblée, se tenant en ligne face à Lucretia. Ceyl remarqua instinctivement les deux gros molosses tenus en laisse et tira sur les rennes qu’Arzhvael tenaient dans ses mains. Le Bretonnien donna une petite tape amicale sur l’encolure de son destrier pour le calmer.
- "Madame, permettez moi de vous présenter votre personnel."
Alors que le majordome, qui n’avait a aucun moment accordait un regard au chevalier Bretonnien, commençait les présentations du nouveau personnel de Lucretia, Arzhvael ne put s’empêcher de penser au Château de son père. Un magnifique château Bretonnien. Une petite scène repassa dans la tête du jeune homme…
~~~
Le château De Bastogne avait toujours impressionné Arzhvael, avec ses hauts remparts de pierre rouge, ses imposantes barbacanes et ses nombreuses tours. Bien qu’à maintes reprises celui-ci avait été assiégé par des tribus orques, l’endroit était resté un formidable bastion.
Arzhvael, monté sur son cheval s’ébrouant, passa sous l’épais porche auquel était suspendue une bannière dorée représentant une licorne écarlate, cabrée sous une couronne sertie de gemmes. Arzhvael remonta sa cape sur la croupe de sa monture et vérifia que son épée reposait convenablement contre son flanc. Des troupes et des hommes d’armes d’origine paysanne étaient rassemblés sur le seuil du château, mais un chevalier de Bretonnie ne se montrait pas devant les manants si sa présentation n’était pas impeccable. Derrière lui, venait Clovis, le jeune garde-chasse du château, avec qui il partait souvent à la chasse.
Débouchant du porche et avançant d’un pas lourd sur le pont-levis en bois, Arzhvael observait les paysans au garde-à-vous qui lui montraient les honneurs exigés par son statut de fils du Seigneur. Il leva les yeux vers le ciel qui s’assombrissait. Le soleil quittait tout juste son zénith, mais le jour était faible et prenait la teinte pourpre du crépuscule.
Le Seigneur des lieux se tenait sur le parapet crénelé de la plus haute tour et observait son fils revenir de la chasse…
~~~
Lucretia était déjà en train de prendre ses marques auprès des serviteurs qui allaient devenir les siens. Le jeune chevalier adressa un signe de la tête à Hans Zimmer et Thomas, les deux personnes avec qui il passerait le plus de temps, après Lucretia, bien évidemment…
Modifié en dernier par [MJ] Le Grand Duc le 10 mars 2012, 20:07, modifié 1 fois.
Raison :6 xps / Total d'xp : 23
Arzhvael de Bastogne , Chevalier Errant
Profil: For 8 | End 8 | Hab 8 | Cha 9 | Int 8 | Ini 10 | Att 11 | Par 9 | Tir 9 | NA 1 | PV 70/70
Compétences:
- Alphabétisation: Permet de lire et écrire.
- Monte: Votre personnage sait très bien monter à cheval.
- Réflexes éclairs: +1 INI.
- Arme de prédilection (Epée): +1 ATT lors d'un combat à l'épée.
- Coups puissants: +1d3 points de dommages au corps à corps.
- Étiquette: Sait parler à la noblesse (+1 dans ce cas).
- Dégainer l'épée: +1 INI lors du premier round.
- Désarmement: Peut désarmer son adversaire (+1 ATT dans ce cas).
Inventaire:
- Epée à une main: Arme à une main, 12 parade, 16+1D8 dégâts.
- Chemise de mailles: Torse, dos et bras, 9 pts de protection, -1 en HAB/PAR/ATT
- Boite d'amadou
- Selle et Harnais
- Corde
- Couverture
Une fois les présentations faites et quelques mots échangés entre le personnel et la nouvelle maîtresse de maison, le petit groupe se dispersa selon les ordres et tout le monde regagna ses affectations. Elsa s'empressa de faire une petite courbette en soulevant les bords de son jupon à dentelle bleue et escalada les marches en marbre blanc de la demeure avant de disparaître derrière la lourde porte en chêne massif. Les gardes et leurs molosses s'éparpillèrent dans le domaine tandis que Thomas s'échappa en courant et sauta derrière un petit muret en pierre avant de disparaître dans les bois, le visage tout rouge. Carl s'approcha d'Ombeline et inclina la tête.
- "Ainsi soit-il, Madame. Puis-je vous proposer de prendre place près du vivier le temps qu'Elsa ne prépare votre bain ?"dit-il en faisant signe à sa patronne de le suivre. Ils passèrent sous une arche en bois clair recouverte de glycine mauve et grimpante, et s'arrêtèrent près d'un banc en fer forgé où le majordome invita la baronne à s’asseoir. De là, elle avait vu sur une partie de la demeure en brique rose, et sur le vivier où trempait le vénérable saule avec en toile de fond les bois impénétrables du Talabecland. Les quelques oies blanches qui s'ébattaient ça et là fuirent cette nouvelle présence en cancanant d'un air indigné et se laissèrent filer sur l'eau comme d'admirables navires. Alerté, un magnifique cygne sortit de sous les pleurs nacrés du saule et trancha en travers de la formation de ses congénères palmipèdes pour observer calmement les nouveaux venus. La vieux majordome sortit quelques miettes de pain de l'une de ses poches et les lança sur la berge. Le cygne s'ébattit en déployant ses longues ailes et sortit de l'eau en dandinant pour picorer la nourriture tant convoitée.
- "Le précédent maître des lieux était le Baron Adolf von Blitzer. C'était une homme juste, qui a toujours oeuvré pour le bien-être des habitants de Bratian. Il est à l'origine de la construction du moulin à eau du village et du péage, qui sont tous deux des sources de revenus non négligeables pour la bourgade. Il appréciait la chasse dans les bois du domaine, le chant, la peinture et la lecture. Il a habité le domaine d'Hoppkruffen pendant plus de dix-sept ans avec sa femme, la Baronne Ondine de Lüneburg. Malheureusement, Madame de Lüneburg est décédée suite à une maladie et le Baron a été, depuis ce jour, un homme solitaire. Il ne sortait de la demeure que pour inspecter le village et aller chasser et réglait toutes les affaires relatives à Bratian depuis son bureau privé. Il n'en ai vraiment ressortit que lorsque l'un des émissaires du Comte Electeur Halmut Feuerbach vint le trouver pour lui porter un message. Le Baron revêtit son armure de famille, fît caparaçonner son destrier favoris, réunis une vingtaines de miliciens dans le village et partit rejoindre l'ost levé par l'Empereur en personne et les troupes de Feuerbach pour aller lutter contre les forces démoniaques qui ravageaient le Nord. Personne ne l'a revu depuis, tout comme le Comte. Certain prétendent qu'il est vivant, d'autres qu'il est mort, comme la Comtesse Elise Kreiglitz-Untern qui a fait saisir les anciens titres de propriété du Baron pour ensuite vous les remettre à Talabheim."expliqua Carl en regardant le cygne regagner les eaux du vivier, les mains croisées dans le dos et le dos raide. Alors qu'Ombeline et Carl s'éloignaient, Hans Zimmer s'approcha d'Arzhvael, ou plutôt de sa monture, et flatta l'encolure du destrier bretonnien.
- "C'est là une belle bête, pour sûr."dit le palefrenier trapu avec un sourire à l'adresse du chevalier."Mais elle n'est pas née dans nos contrée ... A entendre votre nom, vous êtes de Bretonnie non ? Garde du corps, ou simple prince charmant ?"plaisanta-t-il en cajolant la monture, s'adressant de façon amicale et sans protocole au jeune homme qui lui faisait face. "Si j'peux vous aider, je me ferai un plaisir d'amener ce canasson à l'écurie et de lui offrir un traitement qu'il n'est pas prêt d'oublier ! Et puis on a une des juments qui est en chaleur ... Avec une telle bête on peut donner de bonnes saillies."ajouta-t-il en gratouillant Ceyl derrière les oreilles.
Je suis le Grand Duc, seigneur de ces bois. Je vis avec mes gens, loin de la folie des hommes. La nuit je vole dans les sombres profondeurs de la forêt. Mon regard d'acier partout se pose, et sans bruit, comme le vent, je file entre les branches des arbres séculiers. Je suis le Grand Duc, seigneur de ces bois.
La baronne, silencieuse, les regarda tous se séparer et s’en aller vaquer à leurs occupations, tandis que plusieurs idées commençaient déjà à prendre forme dans son esprit. Pas qu’elle eût pour envie de se montrer retorse ou sournoise, mais, si certains problèmes ou animosités pointaient le bout de leur nez, elle se doutait déjà de pouvoir compter sur une ou deux personnes afin de régler quelques détails pouvant s’avérer gênants. Probablement lui faudrait-il encore converser en tête à tête avec chacune de ces personnes composant sa nouvelle suite de façon à mieux les cerner et les comprendre, mais rien ne pressait pour le moment.
Hochant la tête, Lucretia Von Shwitzerhaüm suivit le vieux chambellan, curieuse d’en apprendre plus sur la personne qui l’avait précédée. En s’aventurant sur les côtés de la demeure, s’enfonçant légèrement dans le jardin, la jeune femme ne put que constater d’avantage la beauté du cadre qui lui avait été offert. N’eût-elle jamais pu rêver à plus merveilleux domaine ? Si elle ne connaissait pas grand-chose de ses richesses et de la qualité véritable de ses gens, elle était déjà charmée de par le paysage enchanteur que le site proposait. Bien qu’il fût simple, il s’en dégageait une impression de sérénité, eu égard à cet éloge de la flore et de la faune, à tel point que l’on avait l’impression de parcourir un tableau de maître. Du majestueux cygne émanaient de la quiétude et de la tranquillité, du saule pleurant sur le lac, de la simplicité et de l’humilité, et enfin, de ce banc de fer sur lequel ils s’assirent, une touche d’authenticité et de mélancolie.
Alors que Carl jetait quelques morceaux de pain à l’oiseau, il entreprit de résumer le personnage du baron Adolf Von Blitzer. Un personnage des plus singuliers auquel, semblait-il, l’on ne pouvait faire aucun reproche. Un véritable parangon de droiture et de justice, dont la cause était entièrement vouée à sa bourgade et à ses gens qui y vivaient. Il était bon de savoir que le péage était toujours d’activité, contrairement à ceux de la plupart des autres villes, la baronne en avait témoigné lors de sa venue à Talabheim. Voilà ce qui pouvait faire la fierté de ce petit village, en plus de le démarquer de ses pairs : l’entretien de ses petits chemins, et ce quand bien même le hameau n’était-il pas, peut-être, beaucoup fréquenté. Et pourquoi cela ne changerait-il pas sous sa tutelle ?
Avec un baron de cet acabit, la nouvelle et noble propriétaire terrienne se disait que le village, ne pouvait que se développer, démographiquement comme économiquement. Ledit péage, ainsi que le moulin à eau, participaient activement à ce dernier secteur s’il fallait en croire le majordome, et, quant au secteur démographique, le bon entretien des routes ne pouvait, à terme, que favoriser celui-ci. Mais probablement n’y avait-il pas d’important que ces deux bâtiments-là ; n’avait-elle pas aperçu différent artisans et sentit les effluves d’une légère activité portuaire ?
D’autres informations pouvant également être importantes se dissimulaient dans ce petit discours. Nul enfant légitime n’avait été conçu avec ladite baronne Ondine de Lünebourg, et, celle-ci étant désormais morte, il n’y avait plus de soucis à se faire de ce côté. Le baron, quant à lui, paraissait être fidèle à sa chère épouse, sans quoi se serait-il sûrement remarié une fois passé le deuil effectué avec diligence. Lucretia Von Swhitzerhaüm avait de la sorte aucune façon de s’inquiéter d’un quelconque bâtard, et encore doutait-elle que le moindre gosse né du ventre d’une putain pût encore prétendre au domaine qui était désormais le sien. Et si le doute persistait, l’homme, adorant chasser, devait avoir passé beaucoup de temps auprès d’un Thomas certes jeune à l’époque, mais pas moins idiot. Et ne faisait-on pas moins attention aux enfants, dans n’importe quel cas de figure ? La baronne ne se le cachait pas, elle soutirerait facilement au jeune homme les informations qu’il lui faudrait en cas de problème.
Le véritable souci se poserait si Adolf Von Blitzer, contrairement aux propos de la comtesse Elise Kreiglitz-Untern, n’avait pas trouvé la mort au cours de la dernière croisade contre le Chaos. Si elle détenait à présent et de manière officielle ces terres affiliées à Talabheim, le retour de ce hobereau risquerait de poser quelques difficultés. Enfin, quoi qu’il en fût, elle n’en était pas encore arrivée à ce point.
« Eh bien, répondit Ombeline après un petit moment, étonnée, le baron était un homme des plus vertueux, un véritable saint ! Le portrait que vous m’en faites m’abasourdit, était-il véritablement dispensé de la moindre tare ? Non pas que je complaise à entendre la critique de mes pairs, mais, si par ailleurs je souhaitais faire de même et régir mon domaine aussi bien qu’il le fît, cela risquerait d’être difficile, eu égard à la façon dont vous me le décriviez. Je gage que sa disparition laissa un grand vide dans le cœur des habitants de Bratian, n’est-il point ? Voilà qu’un nouveau fardeau pèse sur mes épaules.
Une question me taraude également. L'homme semblait être des plus fidèles, mais n'a-t-il jamais eu d'enfant ? Même avec feu la baronne Ondine de Lünebourg ? Mais, dès lors, qui a reprit la direction de ce village, et où se situe-t-il ?
Une fois qu'il eût répondu, Ombeline porta sa curiosité sur son propre village.
Dites-m’en d’avantage sur le village, ses artisans, le nombre d’habitant, sa situation économique, ses fermes… Est-ce vous qui gérez tout ce qui a attrait aux finances de Bratian, ou y aurait-il un quelconque délégué ? »
Je pense qu'après cet interrogatoire, je serai prête à rejoindre Elsa ; le temps de remonter, elle devrait avoir terminé.
Modifié en dernier par [MJ] Le Grand Duc le 04 avr. 2012, 16:38, modifié 1 fois.
Raison :6 xps / Total d'xp : 30
FOR 16 / END 14 / HAB 17 / CHAR 18 / INT 17 / INI 19* / ATT 17 / PAR 13 / TIR 11 / MAG 17 / NA 4 / PV 134/140 Ma Fiche Objets particuliers:
- * Anneau Nowelleux (+1 INI)
- Amulette (relance d'un EC: 2/3 utilisations disponibles)
Compétences acquises et Dons du Sang
COMBAT : Attaque : Coup précis (3), Arme de prédilection ( épée à une main) Défense : Esquive, Acrobatie de combat, Sang vif (2) (DDS), Coriace, Autres : Régénération Impie (DDS), Innocence Perdue (DDS), Valse Macabre
MAGIE :
- Sens de la Magie
- Conscience de la Magie
- Maîtrise de l'Aethyr - niveau 3
INITIATIVE / HABILETE :
- Sang vif (DDS)
- Réflexes éclairs
- Escalade
- Monte - chevaux
- Sens Accrus
- Vision nocturne
AUTRES :
- Défi de l'Aube (DDS)
- Ame Profane (DDS)
- Forme de Familier : Corneille (DDS)
- Sang argenté (DDS)
- Alphabétisation
- Force accrue
- Chance
- Préparation des poisons
Inventaire :
- Griffe d'Ursun
- Veste de cuir & pèlerine en "voyage" / robe habillée en "réception"
- Anneau de promptitude
- Bague du tumulus
- Sacoche de chanvre
- Lettre de la comtesse
- Gemmes et pépites d'or
- Fleur de salicaire
- Glandes à venin
- Poison (?)
Arzhvael de Bastogne observa les employés du domaine se séparer pour reprendre leurs activités respectives, et du coin de l’œil, il remarqua le départ de Lucretia. Celle-ci se dirigeait vers le vivier en compagnie de Carl Ferembach, son fidèle majordome. Ce domaine était magnifique et il serait très bien ici. Il pourrait aller où bon lui semblerait, faire ce qui lui plairait, être ce qu’il voudrait être !
Son excitation retomba d’un coup. Où voulait-il aller, justement ? Que voulait-il faire ? Qui voulait-il être ? Il avait été tellement obnubilé par la Baronne Lucretia Von Swhitzerhaüm que jusqu’à cet instant, il ne s’était jamais interrogé sur ce qu’il ferait une fois que la Baronne serait en sécurité.
Tant qu’il avait pensé qu’il ne se serait pas autant rapproché de Lucretia, le chevalier s’était imaginé simplement repartir à la recherche du Saint Graal et continuer sa vie de Bretonnien.
Pendant un court instant, Arzhvael entendit la discussion entre la Baronne et son chambellan. Carl se faisait un plaisir de conter l’histoire du domaine d’Hoppkruffen : son précèdent maitre des lieux, la construction du moulin et des péages, sa femme et finalement sa disparition étrange. Puis, ils furent hors de portée pour les oreilles du chevalier.
Il retourna donc à ses problèmes. Maintenant qu’il se retrouvait sur le domaine, la Baronne ne lui ayant jamais ordonné de la quitter, il n’avait donc aucune idée de ce qu’il voulait faire, ni de ce qu’il allait devenir.
- "C'est là une belle bête, pour sûr."
Cela le tira de ses rêveries et il posa son regard sur Hans Zimmer, le palefrenier du domaine. Arzhvael de Bastogne ne put s’empêcher de sourire à la troisième remarque du palefrenier bourru sur son lien avec la Baronne. Et c’est à ce moment que le chevalier remarqua que son interlocuteur était de petite taille, mais extrêmement bien bâti – un mètre soixante, à vue d’œil.
"Si j'peux vous aider, je me ferai un plaisir d'amener ce canasson à l'écurie et de lui offrir un traitement qu'il n'est pas prêt d'oublier ! Et puis on à une des juments qui est en chaleur ... Avec une telle bête on peut donner de bonnes saillies."
On aurait bien dit que le Destin voulait que le Bretonnien reste sur le domaine. Arzhvael donna une caresse à sa monture avant de répondre, un sourire sur les lèvres.
"Oui je pense que c’est une bonne idée. Cette petite pause lui fera tout aussi du bien qu’à moi. Allons voir la future compagne de Ceyl et par la même occasion, vous me montrerez les écuries du domaine, " ajouta-t-il en donnant une petite tape amicale dans le dos du palefrenier.
Modifié en dernier par [MJ] Le Grand Duc le 04 avr. 2012, 16:39, modifié 1 fois.
Raison :6 xps / Total d'xp : 29
Arzhvael de Bastogne , Chevalier Errant
Profil: For 8 | End 8 | Hab 8 | Cha 9 | Int 8 | Ini 10 | Att 11 | Par 9 | Tir 9 | NA 1 | PV 70/70
Compétences:
- Alphabétisation: Permet de lire et écrire.
- Monte: Votre personnage sait très bien monter à cheval.
- Réflexes éclairs: +1 INI.
- Arme de prédilection (Epée): +1 ATT lors d'un combat à l'épée.
- Coups puissants: +1d3 points de dommages au corps à corps.
- Étiquette: Sait parler à la noblesse (+1 dans ce cas).
- Dégainer l'épée: +1 INI lors du premier round.
- Désarmement: Peut désarmer son adversaire (+1 ATT dans ce cas).
Inventaire:
- Epée à une main: Arme à une main, 12 parade, 16+1D8 dégâts.
- Chemise de mailles: Torse, dos et bras, 9 pts de protection, -1 en HAB/PAR/ATT
- Boite d'amadou
- Selle et Harnais
- Corde
- Couverture
Hans Zimmer attrapa le bord de son béret brun d'une main et le tira un peu vers le bas en acquiesçant, ses lèvres charnues fendues d'un sourire.
- "Alors suivez moi, Sire de Bastogne, c'est par là."dit-il en attrapant les rennes de Ceyl. Il dirigea le magnifique cheval noir et son propriétaire vers les dépendances du domaine mais au lieu d'entrer dans la formation en U, il longea le mur extérieur en suivant un petit sentier de gravillons blanc bordé de hauts platanes. Les ombres du feuillage jouaient sur la robe de la monture bretonnienne et faisaientt luire son poil couleur nuit. Le palefrenier bifurqua après avoir dépassé les bâtiment pour donner sur une arrière cour entièrement sablée sur laquelle donnait une série de box en pierre surmontés de tuiles rouges. Il y avait là environ une dizaines de stales à deux battants en bois. Seuls six des dix battants supérieurs étaient ouverts, et de l'une de ces ouvertures dépassait la tête finement ciselée d'une jument grise qui hennit bruyamment en voyant Ceyl. Aussitôt, cinq autres chevaux sortirent leur tête de l'ombre fraîche de l'écurie pour humer l'odeur du nouveau venu et renâcler bruyamment. Le destriers bretonnien dressa l'encolure et écarta les naseaux avant de hennir à son tour, excité par tant d'agitation. Le palefrenier tira un peu sur les rennes en rigolant.
- "Hoooolaaaa, tout doux mon mignon !"souffla-t-il en caressant le mufle de l'équidé."Tu vas avoir tout ton temps pour te faire de nouveaux amis plus tard mais d'abord, tu as besoin d'un décrottage en règle !"
Le petit homme ventru mena Ceyl dans une des stalles vides sous les hennissements curieux des autres pensionnaires et referma le battant derrière lui. Il soupira en gonflant ses joues avec un sourire et retira son béret pour grattouiller ses favoris grisonnants. Partout autour d'eux, des mouches vrombissaient bruyamment. L'odeur de la paille, du crottin frais et des chevaux emplissait l'air et Hans Zimmer respirait cela avec un plaisir visible. Il était un "homme de cheval", un vrai passionné, et cela se voyait.
- "Voilà la future dulcinée de monsieur."dit-il en s'approchant du box voisin et en flattant l'encolure de la jument pommelée."Son nom est Hatrid. N'essayez pas de lui faire tirer un coche, mais c'est l'une des plus gracieuses bêtes que Taal m'est donné de voir jusqu'ici ! Maintenant si vous le permettez, je vais aller chercher une bonne étrille et je vais me mettre au travail."dit-il en saluant de la tête avant de longer les box pour se diriger vers les dépendances, non sans caresser le museau de chacune des montures. Il disparu dans l’entrebâillement d'une porte à moitiés cachée par une vigne vierge qui grimpait depuis le sol jusqu'à l'étage du bâtiment, où les volets ouverts semblaient à des yeux au milieu d'un visage feuillu. Un instant, le chevalier bretonnien eut l'impression de voir un visage passer, mais l'ombre disparu aussitôt alors que Hans revenait avec un sceau d'où dépassaient brosses et cures-pieds en fer.
- "A défaut de m'aider, parlez moi un peu de ce canasson. Parceque je ne l'autoriserai à toucher Hatrid que s'il est entier et bien dans sa tête ! ... ou si c'est ordre de Madame la Baronne bien entendu."se reprit-il rapidement comme s'il venait de se rappeler que le domaine venait de retrouver un maître. Le majordome regarda le cygne se dandiner sur la rive avant de se laisser aller sur l'eau calme de l'étang, retrouvant sa grâce et sa splendeur. Le cou arrondit de l'oiseau le faisait ressembler à la figure de proue d'une frégate blanche aux voiles déployées. Alors que le maître du point d'eau s'éloignait lentement pour regagner la fraîcheur du sol pleureur, Carl se tourna vers Ombeline et hoche la tête sans pour autant perdre cet air neutre et légèrement désabusé qui semblait être le sien.
- "Monsieur le Baron était un homme extrêmement vertueux, il est vrai. Pieux et noble, il était très respecté par ses sujets. Le seul défaut que je puisse vous rapporter était son extrême bravoure et son sens aigu de l'honneur qui l'ont porté au devant de la bataille sans hésitation. Sa mort a endeuillé Bratian et tous nous l'avons pleuré. Mais, Madame, vous n'avez de crainte à avoir quant aux sentiments de vos gens. Si Monsieur le Baron a gravé quelque chose dans le coeur des habitants de Bratian, c'est le sens de la loyauté. Vous êtes aujourd'hui la nouvelle régente du village. Bien que nous pleurions encore la perte de Sire Adolf, soyez assurée que les coeurs et les espoirs de vos gens ne sont désormais tournés que vers vous. Je suis ici pour vous conseiller et répondre à la moindre de vos demandes. Aussi je me ferai un plaisir de vous présenter, quand vous jugerez le moment opportun, aux personnalité de la bourgade, avant de vous familiariser avec vos nouveaux sujets. Quant à la descendance de Monsieur le Baron ... Il semble que les Dieux ont jugé bon de le rendre heureux avec ses terres et son épouse seulement. Je crains de ne pouvoir vous en dire plus, feu Madame de Lünebourg était une femme très discrète. Quant au bourg de Lünebourg, il se trouve en vérité dans la province du Reikland, à quelques miles de la frontière avec le Talabecland. Il est régit par le Baron Hansfëlt von Wolfhousen, père de Madame de Lünebourg, et qui du vivant de Madame nous a honoré de sa visite à trois reprises."
Carl marqua une pause et regarda le soleil qui était à son zénith dans le ciel. Une libellule qui volait par là vint se poser sur son épaule et il la chassa d'un coup de main sec et précis. Il semblait être un homme dur et rigide, figé dans le moule de sa fonction. Mais au delà de ça, Ombeline pouvait sentir en lui un profond sens de l'honneur et de la loyauté, l'attachant profondément à Bratian et à ses intérêts. La nouvelle Baronne savait dors et déjà qu'elle pouvait compter sur son support sans conditions, et à travers lui sur celui de tout le personnel du domaine dont il semblait être la figure principale. Il toussa dans son poing fermé et reprit.
- "Avec plaisir, Madame. Bratian compte environ cent cinquante habitants hommes, femmes et enfants confondus. Nous avons en ville un forgeron et un meunier. Le reste de l'artisanat est composé de meuniers, charbonniers et bûcherons qui vivent de ce qu'offre la forêt. Le village dispose également d'une tuilerie où sont produites toutes les tuiles rouges caractéristiques que vous avez pu voir sur les toits des habitations et du manoir. L'argile qui sert à la production est tirée d'une carrière en bordure de forêt exploitée par la famille Rosen. Les tuiles en terre cuite de Bratian sont réputée dans tout le Talabecland et des péniches remontent le fleuve chaque semaine pour les exporter jusqu'à Talabheim et même Altdorf. Les autres sources de revenus du bourg sont plus communes ; bois de chauffe, charbon, poisson salé et venaison séchée. Des taxes sont également prélevée sur le péage sud ainsi que sur les quais donnant sur le Talabec. Concernant l'agriculture, la majeure partie de la production est purement vivrière et se résume à quelques fruits et légumes, ainsi qu'un élevage de porcs. Pour varier l'alimentation des habitants et aussi pour être en mesure de faire des réserves, nous importons du grain de l'Averland, du Stirland ou du Wisseland, ainsi que d'autres denrées alimentaires plus difficiles à se procurer ici comme le sel, ou encore des textiles tels le lin et la laine. En ville, l'auberge du Sanglier Bleu offre un lit et un repas chaud aux voyageurs, ainsi qu'une bière de qualité et une collection d'alcools locaux."
Le majordome marqua une nouvelle pause pour laisser le temps à la Baronne d'intégrer ce flot d'informations anodines et pourtant capitales pour la gestion future des ressources de Bratian. Après quelques minutes, il croisa à nouveau ses mains osseuses dans son dos et reprit de sa voix monocorde.
- "Depuis la disparition de Sire Adolf, la gestion des terres est assurée par Monsieur Ingo Jallbrey, haut-commissaire de Talabheim et représentant de la Comtesse Elise Kreiglitz-Untern. En effet, les titres de propriétés ont été acquis par Madame la Comtesse par volonté de feu Monsieur le Baron, avant de vous être remis. Monsieur Jallbrey a donc vu sa mission écourtée et a quitté hier soir le village pour retourner à Talabheim par le dernière coche des Diligence du Tunnel. Madame la Comtesse, dans sa grande bonté, n'a opéré à aucune levée de taxes supplémentaire durant la période où elle administrait le domaine par l'intermédiaire de Monsieur Jallbrey. Elle a au contraire bénéficié à la sécurité du bourg en faisait livrer il y a quatre mois de cela vingt mousquets et quarante hallebardes sortis des ateliers de Talabheim. Les habitants de Bratian ont parfois une vie difficile, Madame la Baronne, comme des hommes le peuvent dans une contrée telle que le Talabecland. Mais tous s'estiment chanceux d'avoir été dirigé par feu Monsieur le Baron et Madame la Comtesse. Maintenant, leurs espoirs reposent sur vous."
Le majordome la regarda puis se tourna vers le manoir.
- "Mais vous devez être esseulée. Laissez moi vous accompagner jusqu'à vos appartements. Elsa vous a préparé un bain chaud."dit-il en s'inclinant avant de lui faire signe de suivre. Il la dirigea à nouveau sur le petit sentier ombragé par la glycine fleurie jusqu'à la cour de gravillons blanc et au perron en marbre rose du manoir rouge.
Je suis le Grand Duc, seigneur de ces bois. Je vis avec mes gens, loin de la folie des hommes. La nuit je vole dans les sombres profondeurs de la forêt. Mon regard d'acier partout se pose, et sans bruit, comme le vent, je file entre les branches des arbres séculiers. Je suis le Grand Duc, seigneur de ces bois.
Le Talabecland avait décidément l’une des plus belles campagnes de l’Empire, se dit Arzhvael de Bastogne en suivant le palefrenier qui se dirigeait vers les écuries du domaine. Le chevalier posa les yeux sur les plaines dorées et les forêts luxuriantes qui entouraient Bratian. Il profitait du chant des oiseaux, du parfum sucré d’été de l’air et du soleil de midi qui réchauffait sa peau.
Arzhvael de Bastogne était grand et affichait les muscles puissants de celui qui s’était entrainé à la lance d’arçon et à l’épée pendant la plus grande majeure partie de son enfance. Il avait la démarche et la posture du guerrier qu’il était, confiant, brave et noble, le chevalier Bretonnien modèle. Ses yeux verts perçaient comme des fragments d’émeraude sertis dans un visage angulaire et majestueux, qui témoignait sans ambages des vingt-deux années de son existence.
D’un pas sûr, le chevalier emprunta le petit sentier de gravillons blancs, toujours derrière Hans Zimmer. Comme il était bon de sentir la chaleur du soleil se poser sur son visage, les cheveux au vent et les pieds sur la terre ferme (après ce long périple dans le coche).
Il ajusta sa chemise de maille, qui étincelait sous les rayons du soleil. Il portait à sa ceinture, une magnifique épée à une main, rangée dans un long fourreau.
Sa lame était d’un acier argenté qui brillait comme si la lumière des étoiles y était emprisonnée. L’épée avait reçu la bénédiction de la Dame du Lac en personne, de nombreux siècles plus tôt, et était transmise par la lignée de Bastogne depuis une époque oubliée de beaucoup. Arzhvael savait que porter une telle arme sainte était un immense honneur et qu’il la confierait à un de ses fils, lorsqu’il ne pourrait plus assumer le devoir de protection de ses futurs gens et de ses futures terres.
- "A défaut de m'aider, parlez moi un peu de ce canasson. Parceque je ne l'autoriserai à toucher Hatrid que s'il est entier et bien dans sa tête ! ... ou si c'est ordre de Madame la Baronne bien entendu."
Hatrid était une belle monture aux flancs tachetés, dont les yeux vert pâle brillaient d’une certaine intelligence. Une parfaite jument pour porter les descendants de Ceyl. Arzhvael laissa son destrier lui caresser l’épaule de ses naseaux, tout en lui chuchotant à l’oreille et en lui parlant d’une manière propre aux plaines Bretonnien, alors qu’Hans commençait à lui décrotter les sabots.
"Ceyl est le descendant d’un magnifique animal offert par le Roy Cœur de Lion en personne, après le sauvetage du souverain par mon père, durant la charge contre le prince démon de Middenheim… Hatrid ne pourra jamais trouver un meilleur amant que Ceyl ! "
Arzhvael marqua un petit temps d’arrêt pour que le palefrenier assimile les origines de la nouvelle monture dont il allait devoir prendre soin.
"Peut-être devrais-je rejoindre la Baronne qui visite le domaine pendant que vous vous occupez de Ceyl…"
C’est donc ainsi qu’Arzhvael laissa le palefrenier en compagnie de sa fidèle monture. Le domaine d’Hoppkruffen était magnifique, la lumière de ce début d’après-midi se reflétant avec éclats sur les tuiles rouges. Le domaine affichait une architecture conçue pour l’intégrer parfaitement au paysage. Ceux qui l’avaient bâtie s’étaient sûrement appuyés sur la topographie pour que la demeure semble être tout naturellement sortie de son environnement.
Le jeune chevalier se retrouva finalement dans la cour, où s’étaient déroulées les présentations, juste devant le perron à larges marches. Arzhvael monta la dizaine de marche et entra dans la demeure, décidé à retrouver Lucretia et son chambellan afin de ne rien rater de la visite des lieux...
Modifié en dernier par [MJ] Le Grand Duc le 05 avr. 2012, 20:32, modifié 1 fois.
Raison :5 xps / Total d'xp : 34
Arzhvael de Bastogne , Chevalier Errant
Profil: For 8 | End 8 | Hab 8 | Cha 9 | Int 8 | Ini 10 | Att 11 | Par 9 | Tir 9 | NA 1 | PV 70/70
Compétences:
- Alphabétisation: Permet de lire et écrire.
- Monte: Votre personnage sait très bien monter à cheval.
- Réflexes éclairs: +1 INI.
- Arme de prédilection (Epée): +1 ATT lors d'un combat à l'épée.
- Coups puissants: +1d3 points de dommages au corps à corps.
- Étiquette: Sait parler à la noblesse (+1 dans ce cas).
- Dégainer l'épée: +1 INI lors du premier round.
- Désarmement: Peut désarmer son adversaire (+1 ATT dans ce cas).
Inventaire:
- Epée à une main: Arme à une main, 12 parade, 16+1D8 dégâts.
- Chemise de mailles: Torse, dos et bras, 9 pts de protection, -1 en HAB/PAR/ATT
- Boite d'amadou
- Selle et Harnais
- Corde
- Couverture
Nouvelles informations, et la jeune femme ouvrait grand ses oreilles. Si son regard, vague, était fixé sur la majestueuse créature qui dérivait placidement sur l’eau tout aussi paisible, son esprit, lui, travaillait à toute allure.
Etrange être que celui qui fut le baron de céans. Il avait protégé son peuple du mieux qu’il l’avait pu, avait fait prospérer, avec brio, ses terres, mais, dès lors que la question de l’honneur et de la bravoure avait été posée, l’homme avait abandonné ses gens. Un première défaut, enfin. Etrange réaction que celle de se porter volontaire au combat, également. Sir Adolf ne devait assurément pas être jeune, eu égard aux témoignages de Carl, mais il s’était comporté de la même façon que l’eût fait l’un de ces adolescent fils de seigneur qui, désirant de faire leur preuve et tout imbriqué de leur ego, voulaient diriger leur troupe, eux-mêmes, au cœur de la bataille. C’était là que la témérité embrayait le pas sur la bravoure.
Le baron avait-il seulement tué un homme dans sa vie pour se porter au-devant de tout danger avec une telle prestesse, laissant derrière lui ses propres gens ? Lucretia avait déjà ôté la vie d’une pauvre âme, et ce à plusieurs reprises, et, n’était-ce que pour une simple personne, le spectacle, en fin de compte, n’était jamais si glorieux que cela. Les supplications, les gémissements, le regard abattu de la victime, sans espoir, et, une fois que la vie quittait péniblement le corps, l’ensemble des muscles qui se relâchaient. Et en découlait ce qui devait l’être.
Quid du même scénario sur un champ de bataille, scénario reproduit des milliers de fois ? Si elle n’avait jamais participé à combat d’une telle ampleur, elle ne se faisait pas d’illusion quant à ce qui s’y déroulait véritablement. Sire Adolf avait-il pensé la même chose, jugeant le pour et le contre, avant de partir en guerre ?
La jeune femme haussa pour elle-même les épaules, avant d’esquisser un doux sourire suite aux paroles du majordome.
Mais je l’espère bien. Elle le lui conseillait bien, à cet homme, de, justement, bien la conseiller. Et s’il lui prenait l’envie de la chatouiller quelque peu afin de constater de quel bois la nouvelle-venue était constituée, bien mal lui en prendrait. L’homme avait beau être d’apparence des plus tranquilles et des moins belliqueuses, l’on n’était jamais assez trop prudent, et, pour cause, qui eût pu se douter qu’elle-même n’était pas tout à fait ce qu’elle laissait paraître ?
Cela dit, elle reconsidéra son vis-à-vis, le détaillant du regard. Elle connaissait bien les hommes de son âge, et ceux qui lui étaient son aînés de quelques années. Mais un vieillard de sa trempe, nul doute qu’elle n’avait encore jamais appris à les connaître, quand bien même en avait-elle croisé, bien entendu, plus d’un au cours de son existence.
Celui-ci était-il véritablement ambitieux ?
A mesure qu’il parlait et explicitait les zones d’ombres qu’Ombeline lui avait demandé d’éclaircir, cette dernière ne put que convenir du contraire. Il ne semble vivre que pour le bien du village. Si je procède de la même façon que feu son ancien maître, faisant prospérer Bratian, il sera toujours de mon côté. Mais que je lève le moindre petit doigt à l’encontre de ses habitants, ne serait-ce que pour me protéger, et il sera contre moi.
Oui, elle avait l’intime conviction qu’il en irait ainsi avec lui.
En ce qui concernait le village, la voilà qui se retrouvait à la tête d’un beau petit domaine. Un petit hameau d’une centaine d’âmes, mais dont les commerces et ateliers se portaient pour le moins bien. La baronne fut heureuse d’apprendre que ses gens ne manquaient de rien, et que même mieux, disposant de tant de ressources de premier besoin, les villageois exportaient et vendaient plus loin dans la région et au-delà la nourriture qui, semblait-il, foisonnait ici-même. Et loin de se cantonner à cela, le hameau percevait les recettes du péage qu’ils avaient franchi à leur arrivée tout autant qu’il récoltait également l’argent des taxes levées sur le quai. Et, alors que le village importait différentes denrées dans le but de diversifier son alimentation ou son confort de vie, invitant en ces terres des caravanes de marchand, nul doute que lesdites taxes devaient rapporter une somme non négligeable. Et pourquoi pas, en sus, participer à la rentabilité de l’auberge du Sanglier Bleu ?
Assurément, Bratian se portait, en apparence du moins, comme un charme.
« Continuez, je vous prie », demanda Lucretia Von Shwitzerhaüm après que Car se fût arrêté pour lui permettre, et l’intention était louable, de ne pas se noyer sous ces flots d’informations.
Ainsi, le baron et sa femme n’avait aucune descendance connue à ce jour, et, après la disparition de ces personnes, un intendant de la province, sous les ordres de la Comtesse Elise Kreiglitz-Untern, avait pris la direction du domaine. Et s’en était tiré fort bien, si l’on devait se fier aux propos de Carl alors qu’il discourait sur le village en lui-même. Et loin de profiter de la bonne situation des terres en y imposant quelques taxes supplémentaires, voilà qu’on apprenait à la baronne que des armes avaient été livrées quatre mois auparavant. S’arrachant à la contemplation du cygne qui reprenait majestueusement sa nage, elle leva son regard émeraude vers Carl. Simple précaution ou véritable besoin ?
« Je serai à la hauteur, et mes gens ne feront plus la distinction entre la période ou Madame la Comtesse Electrice régissait ces terres, et la mienne. Ou lorsqu’ils le feront, ce ne sera que pour constater qu’il était possible d’accroître d’avantage encore les ressources de Bratian.
A ce propos,, ajouta-t-elle alors qu’ils se dirigeaient tous deux vers l’intérieur du somptueux manoir, les villageois savent-ils se servir des armes qui furent livrées céans-même ? Et pour quel motif la Comtesse les envoya-t-elle ? »
Alors que l’homme lui en expliquait les raisons, la jeune femme observa les alentours. Les fleurs aux couleurs de toute sorte exhalaient un parfum d’été et vous emplissaient la vue d’un paysage bucolique d’une quiétude incomparable, tandis que le vent dansant entre les feuilles et le faîte des arbres vous apportait une sensation de fraîcheur et de tranquillité.
D’où pouvaient bien venir, dès lors, les sinistres échos du fer que l’on entrechoquait, résonnant lugubrement aux oreilles de la jeune femme ?
Modifié en dernier par [MJ] Le Grand Duc le 09 avr. 2012, 09:53, modifié 1 fois.
Raison :6 xps / Total d'xp : 36
FOR 16 / END 14 / HAB 17 / CHAR 18 / INT 17 / INI 19* / ATT 17 / PAR 13 / TIR 11 / MAG 17 / NA 4 / PV 134/140 Ma Fiche Objets particuliers:
- * Anneau Nowelleux (+1 INI)
- Amulette (relance d'un EC: 2/3 utilisations disponibles)
Compétences acquises et Dons du Sang
COMBAT : Attaque : Coup précis (3), Arme de prédilection ( épée à une main) Défense : Esquive, Acrobatie de combat, Sang vif (2) (DDS), Coriace, Autres : Régénération Impie (DDS), Innocence Perdue (DDS), Valse Macabre
MAGIE :
- Sens de la Magie
- Conscience de la Magie
- Maîtrise de l'Aethyr - niveau 3
INITIATIVE / HABILETE :
- Sang vif (DDS)
- Réflexes éclairs
- Escalade
- Monte - chevaux
- Sens Accrus
- Vision nocturne
AUTRES :
- Défi de l'Aube (DDS)
- Ame Profane (DDS)
- Forme de Familier : Corneille (DDS)
- Sang argenté (DDS)
- Alphabétisation
- Force accrue
- Chance
- Préparation des poisons
Inventaire :
- Griffe d'Ursun
- Veste de cuir & pèlerine en "voyage" / robe habillée en "réception"
- Anneau de promptitude
- Bague du tumulus
- Sacoche de chanvre
- Lettre de la comtesse
- Gemmes et pépites d'or
- Fleur de salicaire
- Glandes à venin
- Poison (?)
Hans Zimmer poussa une exclamation alors qu'il bouchonnait énergiquement le ventre de Ceyl, qui semblait apprécier le traitement à la vue de ses yeux qui se fermaient lentement.
- "Le Roi d'Bretonnie ?! Hé bhé ... Si votre bête est de si noble lignage, je vois pas comment je pourrai lui refuser une saillie sur ma petite Hatrid !"lança le palefrenier en rigolant. "Oui oui faites donc, je m'occupe de votre petit n'ayez crainte. Lui et moi on commence déjà à s'entendre."dit-il en grattouillant le cheval derrière les oreilles tandis que le chevalier bretonnien s'éloignait vers le manoir pour rejoindre Ombeline. Il traversa la cour sablée, remonta le sentier aux platanes qui longeait la demeure des domestiques et déboucha sur la grande allée de gravier blanc au bout de laquelle se dressait le manoir d'Hoppkruffen. Son aimée et le majordome montaient les marches du perron en discutant et Arzhvael se joint à eux discrètement, marchand un peu en arrière sans rien perdre de la conversation en cours.
Carl hocha la tête à la question de Ombeline et lui répondit sans s'arrêter de marcher en direction du perron, la démarche raide et cassée.
- "Madame la Comtesse a jugé bon, semble-t-il, d'envoyer ces armes céans afin de parer à tout éventualité. En effet, ces équipements sont coûteux et rares sont les bourgades capables d'armer ainsi leurs milices. Bratian bénéficie ainsi d'une protection supplémentaires en ces temps troublés, d'autant plus que la disparation de Sire Adolf et les différentes passassions de propriété ont laissé notre village sans réel seigneur et ce jusqu'à aujourd'hui. Quant à la maîtrise de ces mêmes armes ... Aucun des villageois n'a reçu d'entraînement militaires sauf quelqu’uns qui furent de l'armée ou des Patrouilles Rurales. Cependant, vous êtes ici dans le Talabecland, Madame la Baronne. Chaque homme sait se servir de son arc et de son couteau aussi bien que de ses mains. Si milice vous devez lever, vous pouvez être sûre de compter sur une quarantaine d'hommes prêts à se battre dans l'heure. Maintenant, laissez moi vous faire visiter le manoir d'Hoppkruffen ..."
Le vieux majordome tourna la poignée de la porte en chêne sculpté et poussa les battants. Une bouffée d'air frais vint caresser la peau de Ombeline, accompagnée d'une odeur de bonne cuisine et de pain chaud. Il s'inclina ensuite et la pria d'entrer. Arzhvael entra à sa suite discrètement et Carl referma derrière eux pour garder la fraîcheur de la maison. Les murs, de brique nue et de galets, gardaient la chaleur au loin, tout comme le sol composé de larges dalles en pierre polie. Ils se tenaient tous trois dans un hall d'entrée au plafond haut, donnant sur trois portes. La décoration était sobre et se limitait à quelques lampes en verre, un lustre en bois ouvragé et un écu placé au dessus de la porte centrale, sur lequel se trouvait un cerf bondissant sur fond émeraude. Le majordome présenta la pièce d'un large mouvement de la main.
- "Bienvenue dans votre nouvelle demeure, Madame la Baronne. Nous sommes ici dans le hall d'entrée. La porte sur votre gauche donne sur la salle de séjour, où Sire Adolf aimait à recevoir ses invités de marque. Face à vous, la salle à manger, reliée aux appartement de Elsa ainsi que la cuisine et le garde-manger. Ici se trouve l'escalier permettant d'accéder à l'étage."dit Carl en pointa sa main sèche vers l'escalier massif en colimaçon qui se dressait dans l'angle. Alors qu'il faisait signe à Arzhvael et Ombeline de le suivre, un aboiement rauque et bas retentit à moins d'un mètre d'eux. La baronne et son sigisbée durent baisser les yeux vers la porte donnant sur la salle de séjour pour voir un bouledogue les observer avec curiosité. Le chien était recouvert d'épaisses couches de peau blanche et caramel, solidement campé sur ses pattes courtes et tournées vers l'intérieur. Carl soupira et le pointa du menton.
- "Voici Hubert, le chien de Madame de Lünebourg. Même après la mort de Madame, il a continué de garder la maison fidèlement, bien qu'il dorme plus qu'il ne patrouille. Maintenant laissez moi vous venez à vos appartements. Elsa a prépara deux bassines d'eau chaude."termina le vieux majordome en secouant la tête.
Hubert tourna la tête en dressant les oreilles puis se coucha à même le sol sans quitter la nouvelle maîtresse des lieux de ses yeux tombants.
Je suis le Grand Duc, seigneur de ces bois. Je vis avec mes gens, loin de la folie des hommes. La nuit je vole dans les sombres profondeurs de la forêt. Mon regard d'acier partout se pose, et sans bruit, comme le vent, je file entre les branches des arbres séculiers. Je suis le Grand Duc, seigneur de ces bois.
Le vieux majordome répondait aux questions de la jeune femme, et, alors qu’il s’exécutait, celle-ci entendit venir, au loin, des pas au rythme reconnaissable entre tous. Le martèlement étouffé du cuir battant le sable, celui, feutré, des bottes rebondissant sur la terre, et enfin le léger crissement des graviers roulant sous la semelle ; une odeur indescriptible que seul son odorat percevait, à cette distance ; tout autant de signes qui manquèrent de pervertir sa concentration, jusque-là portée sur Carl, en l’obligeant à se retourner dans sa direction et à dédier au chevalier l’un de ses sourires. L’envie de le contempler et de croiser son regard la tenaillait, mais, tenant bon, coûte que coûte, le regard toujours rivé sur son vis-à-vis, elle ne fit que se rapprocher imperceptiblement du nouveau-venu derrière elle, ne laissant rien présager de son ressenti.
Oui, elle se doutait bien que pareil équipement coutât une petite fortune, et elle remercia mentalement la comtesse de ce don si généreux, en espérant, toutefois, qu’il s’agissait là d’une offrande effectuée par précaution plutôt que par réel besoin. La baronne pouvait très facilement imaginer que la disparition de feu sire Adolf avait rameuté quelques vautours dans les parages, prêts à picorer les moindres miettes d’un pouvoir laissé à l’abandon. Mais Carl, semblait-il, avait veillé au grain, en faisant du bon travail. Quant au maniement de ces armes… Si la hallebarde ne requérait aucune connaissance, si ce n’était la base militaire, le mousquet, en revanche, devait être un tant soit peu plus compliqué à manier. Certes, jamais n’en avait-elle eu dans les mains, mais, se disait-elle, si les collèges d’ingénierie et d’artillerie dispensaient des cours de balistique avec, en autre, l’apprentissage d’utilisation des armes à poudre, c’était qu’il devait y avoir une bonne raison. Enfin, quoi qu’il en fût, une quarantaine d’homme représentait déjà une petite compagnie, et de quoi défendre avec efficacité le village, qu’importait la manière ou les armes employées. J’espère toutefois n’avoir à jamais mobiliser cette milice. Je n’aspire qu’à trouver qu’un peu accoisement après ce si long voyage, assez tumultueux. Devoir le faire, si tôt arrivée en ces lieux, eût été jouer d’une horrible malchance, assurément.
Et ils pénétrèrent dans le bâtiment.
A peine la porte fut-elle poussée qu’un petit courant d’air vint caresser le visage de la jeune femme, apportant avec lui son lot de fragrances culinaires. Il lui sembla que l’on s’activât dans les cuisines, car, en dépit de la fraîcheur de l’atmosphère cultivée par les pierres apparentes, la senteur si particulière du pain chaud venant d’être cuit lui chatouilla les narines.
La vastité de l’édifice, couvert de dalles blanches et polies, s’ouvrait sur différentes pièces. Directement sur le hall se trouvait la salle à manger, meublée d’une grande table pouvant accueillir une dizaine de convives, et au-delà couvait une cheminée au foyer pour le moment éteint. Le majordome leur fit visiter le tout, et ils y découvrirent la cuisine et le sellier, quand bien même Lucretia doutait que ses pas l’y conduiraient souvent, ainsi qu’un salon.
Empruntant l’escalier principal, et non pas celui, plus discret, des serviteurs, ils atteignirent le premier étage. Se tenait là une grande salle de musique avec un piano en guise de chasse-ennui, et, à cette vue, les yeux de la jeune femme étincelèrent. Depuis combien de temps n’avait-elle pas joué de ce royal instrument ? Le baron devait assurément posséder beaucoup d’argent pour se permettre d’acheter pareille merveille, et Ombeline le remercia de lui avoir légué un tel présent. S’y trouvait, bien entendu, la chambre à coucher, ainsi qu’une chambre d’ami, une penderie, et également une bibliothèque aux lourdes étagères toutes embouquinées. Si elle ne manquait pas de s’ennuyer céans-même, elle ne doutait pas, cependant, de n’y trouver là que des ouvrages classiques.
Ils furent momentanément interrompus dans leur visite par un aboiement dans lequel se percevait d’avantage la curiosité que la mise en garde, et leurs regards se portèrent sur un bouledogue blanc et madré de caramel. Hubert, fidèle protecteur de la maisonnée, appartenant autrefois à la baronne de Lünebourg. Si Ombeline préférait de loin les félins, un chien n’était pas pour lui déplaire, quand bien même trouvait-elle que cette race de chien n’était pas la plus adorable qui fût. Enfin, soit., songea-t-elle.
« Une charmante demeure, Carl, vraiment. Je ne doute pas de m’y sentir à mes aises au plus tôt, et cela sera d’autant plus vrai une fois que j’aurai goûté à la chaleur d’un bon bain. Et que je me serai changée. »
Cependant, avant de suivre le majordome, elle s’autorisa enfin à se tourner en direction de son sigisbée, croisant son regard.
« En écho à ce que vous me dîtes tout à l’heure dans le coche, oui, je peux vous le certifier, me voici définitivement heureuse ! déclara-t-elle, rayonnante. Les gens de Bratian me paraissent être très sérieux, le domaine très agréable et magnifique, le manoir confortable… Oui, je pense que nous sommes bien entourés. »
Elle s’arrêta l’espace d’un instant, avant de reprendre.
« En revanche, il est temps que je prenne soin de moi, et que je me débarrasse de cette horrible pèlerine. J’ai hâte de jeter un coup d’œil à la garde-robe. Mais je ne compte pas vous importuner d’avantage avec mes préoccupations qui doivent vous sembler bien futiles… Je vous retrouve tout à l’heure ! »
Après avoir dédié une dernière fois l’un de ses sourires à Arzhvael, la jeune femme se retourna et suivit les traces du majordome.
Modifié en dernier par [MJ] Le Grand Duc le 18 avr. 2012, 20:20, modifié 1 fois.
Raison :6 xps / Total d'xp : 42
FOR 16 / END 14 / HAB 17 / CHAR 18 / INT 17 / INI 19* / ATT 17 / PAR 13 / TIR 11 / MAG 17 / NA 4 / PV 134/140 Ma Fiche Objets particuliers:
- * Anneau Nowelleux (+1 INI)
- Amulette (relance d'un EC: 2/3 utilisations disponibles)
Compétences acquises et Dons du Sang
COMBAT : Attaque : Coup précis (3), Arme de prédilection ( épée à une main) Défense : Esquive, Acrobatie de combat, Sang vif (2) (DDS), Coriace, Autres : Régénération Impie (DDS), Innocence Perdue (DDS), Valse Macabre
MAGIE :
- Sens de la Magie
- Conscience de la Magie
- Maîtrise de l'Aethyr - niveau 3
INITIATIVE / HABILETE :
- Sang vif (DDS)
- Réflexes éclairs
- Escalade
- Monte - chevaux
- Sens Accrus
- Vision nocturne
AUTRES :
- Défi de l'Aube (DDS)
- Ame Profane (DDS)
- Forme de Familier : Corneille (DDS)
- Sang argenté (DDS)
- Alphabétisation
- Force accrue
- Chance
- Préparation des poisons
Inventaire :
- Griffe d'Ursun
- Veste de cuir & pèlerine en "voyage" / robe habillée en "réception"
- Anneau de promptitude
- Bague du tumulus
- Sacoche de chanvre
- Lettre de la comtesse
- Gemmes et pépites d'or
- Fleur de salicaire
- Glandes à venin
- Poison (?)