- Telles de vieilles grands-mères autour d’un puits, en train de remonter l’eau, les putains jaspinaient sur la dernière soirée, et les commentaires, dans un premier lier, ne cessaient de tourner autour de Karsten, dont Irène développa quelque peu la situation et l’habitat. Elles écoutèrent toutes, fortement intéressées par cette vie qui se trouvait non loin d’elles, mais inaccessibles, en-dehors des Plaisirs Terrestres. Ses habitudes, ses fantasmes, sa bâtisses, et même sa famille ; beaucoup de choses furent dîtes, et une nouvelle question posée de la part d’Irène. Karsten avait-il un fils et une femme, et, si oui, l’une des catins en aurait-elle déjà entendu parler ?
Il y eut un petit moment de flottement, le temps de laisser la parole à l’une des commères s’il advenait que l’une d’entre elles fût au courant.
«Eh bien… Je me suis bien intéressée à un von Drash, pour ma part, mais ce n’était pas du tout ton Karsten. Il était plus jeune, bien bâti, pas forcément déplaisant. Nils von Drash, il me semble. Mais… mmh… Je n’ai rien pu faire ; le bougre avait les yeux bien trop intéressés par une magnifique femme, une noble, vu son port altier et un peu hautain, sûrement, toute habillée d’une longue robe rouge. Je crois ne pas avoir eu la moins chance.
- Parce que tu n’as pas su comment attaquer. Fallait y aller directement, sans lui poser de question, et le prendre par surprise !
- Devant cette dame ? Il ne l’a pas lâchée d’une semelle, et, lui faire ça devant elle… Je suis sûre que ça lui aurait mis la honte plutôt qu’autre chose, et je me serais faite bien engueuler, oui !
- Tu sais pas t’y prendre, tu sais pas t’y prendre… »
Quant au sujet d’une possible femme, affiliée à Karsten, l’on ne lui en trouva point. Puis, petit rire complice.
«Et comment, que Désèle en était pincée ! Elle regardait tout cela avec une grande distance, ne répondant que le strict minimum quand les prêtres de Morr lui posèrent quelques questions. Von Schiller ? Euh… Elle papillota des paupières, avant de pouffer. Je ne sais même plus à quoi il ressemble, en fait. Enfin, je crois qu’il est d’un banal… J’ai juste retenu son nom, moi. Pour la bague ! »
Irène lui décrit alors Marwen, et Evaë reprit aussitôt.
«Ah non, c’est certain que ce n’était pas lui, si c’était ta question. Ça, je m’en serais souvenue.
- Ouiii, renchérit une autre, je vois de qui tu parles. Il t’a lancé des clins d’œil ? Chanceuse ! Par Sigmar, je ne pensais pas qu’un noble pouvait avoir une telle allure… L’on aurait dit un vrai brigand. Et ce regaaaard ! Ce doit être un sacré coup. La voilà qui se mordait la lèvre, prête à tomber en pâmoison à la simple évocation de l’homme. Stefan Savilus !
- Non, non, tu confonds, c’était pas Stefan Savilus, mais Gregor von Dialet. Et puis, Irène, tu n’en fais pas un peu trop, aussi ? Comme pour ton Erwan, là, Gregor n’est allé avec aucune d’entre nous, et tu voudrais nous faire croire qu’il t’a lancé plein de clin d’œil, genre, il n’y en a que pour toi ?
- … possible, c’est Stefan. Je lui ai demandé.
- Eh bien moi aussi !
- …
- … »
Il y eut quelques rires.
«Ah, les gourdes, et aucune de vous deux n’a trouvé ça louche ?
- Bha.. On vient seulement d’en parler. Et Comment veux-tu que l’on pense directement qu’un noble s’amuse avec nous en nous filant un faux nom ?!
- Il y en a bien qui le fond, pour conserver leur anonymat.
- Oui. Mais lui n’était pas du tout masqué. »
Il n’y eut pas grand-chose d’autre à en retirer. Alors que les commères s’éparpillaient par la suite aux quatre vents, Irène fit sa proposition à Evaë, laquelle accepta aussitôt. Quelques couronnes d’or dans leurs escarcelles respectives, et elles quittèrent la maison close pour s’engager dans les ruelles de Nuln.
Comme à l’accoutumé, les rues et avenues de la cité s’avérèrent noires de monde. Ca flânait, ça baguenaudait, et ça langueyait assidument contre les murs, au coin des carrefours, et, même, directement dans le passage. Certaines boutiques se voyaient être ravitaillées en marchandises, et, souvent, de grosses charrettes bloquaient la circulation, et les bœufs ou cheveux tractant les berlines ajoutaient quelques déjections naturelles au sol déjà si bien garni d’ordures. Bien que piétonnes, les deux jeunes femmes n’eurent pas d’autre choix que de prendre leur mal en patience avant de parvenir dans l’Handelbezirk, le quartier commercial de la cité.
Là, elles n’eurent pas de difficulté à trouver ce qu’elles cherchaient, et entrèrent dans les boutiques qui les intéressaient. Celles-ci regorgeaient de marchandises hétéroclites, qui s’alignaient dans les gammes du plus utile à l’improbable ; dés pipés, miroir en bronze, en argent, nécessaire de rasage, perches, matelas, dent en or, masque, corset, panier à linge, sifflet. Irène eut en main un petit coffret métallique valant deux couronnes d’or, et un cadenas coûtant cinq autres pistoles.
Evaë, de son côté, entrait dans un nouvel étalage pour disparaître aussitôt et réapparaître à l’autre bout tout en tenant une nouvelle robe, et il devenait difficile que de la suivre. Ses yeux pétillants balayaient les rayons avec expertise, mais aussi avec une certaine cupidité, et, dans le doute, elle prenait toujours le vêtement pour pouvoir l’essayer.
«Evaë, est-ce toi ? »
L’intéressée se retourna, curieuse, découvrant le marchand derrière elle. Elle eut un mouvement d’hésitation, souhaitant dire quelque chose, se reprit, et recommença.
«... Ernest ? Vous êtes donc commerçant ? Et vous faîtes dans le textile ? Oooh, mais pourquoi ne me l’avez jamais vous dit ?
- C’est que, eh bien, tu sais bien ; lorsque je me rends chez Désèle, ce n’est pas véritablement pour parler affaires.
- Il est vrai que, avec vous, je n’ai pas trop l’occasion de parler, généralement. Mais, eh, vous pouvez toujours vous lancer dans le monologue, sait-on jamais. Mine chafouine, et ô combien malicieuse. Mmh… Que diriez-vous de voir quelle serait la robe qui m’irait le mieux ? Vous pourriez me dire votre préférée, et je la porterai… La prochaine fois ? »
Ledit Enerst sembla quelque peu préoccupé par cette soudaine proposition. Il observa les alentours de son magasin, et, voyant qu’il n’y avait personne, si ce n’était Irène, laquelle était forcément de mèche avec Evaë, il accepta. Très étonnant. La comparse d’Irène lui fit un petit clin d’œil de ses yeux bleus si pétillants.
«T’en fais pas, ça ira vite. »
En vérité, ce qui alla vite, très vite, ce fut le petit râle que poussa finalement le marchand, de derrière les rideaux du fond de l’échoppe. Pour le reste, eu égard à la quantité de vêtements qu’Evaë avait engrangée, l’essayage dura bien longtemps. Qu’importait, à ses yeux ; elle n’en paya que vingt-cinq pourcent du prix initial, et ce fut toute contente et pimpante qu’elle ressortit du magasin, en compagnie d’Irène.
Et la belle n’en avait pas encore terminé, la voilà qui, s’en retournant dans les ruelles précédant les Plaisirs Terrestres, passa devant un autre bordel, eut l’idée que de s’y rendre. La Jeune Jouvencelle, un établissement quelque peu en rivalité avec celui des Plaisirs Terrestres de Désèle. Effectivement, l’endroit n’avait pas la tranquillité affectée de la maison de joie où travaillaient les deux catins, et le cadre semblait moins accrocheur. Il n’y avait pas le petit jardin dont disposait la propriété de Désèle, et la résidence semblait encastrée entre deux immeubles plus importants, et d’une allure moins fière. Mais elles y rentrèrent nonobstant.
A l’intérieur, cela n’était pas si différent de leur propre établissement, et, déjà bien habituées à la topologie d’un tel endroit, purent remarquer avec aisance les différentes parties, devinant ce que les clients normaux ne pouvaient remarquer. N’allant pas plus loin que le côté jeu et restauration, Evaë et Irène s’attablèrent tranquillement sur un canapé confortable. Une jeune femme, alliciante, vint leur demander ce qu’elles souhaitaient.
« Bonjour à vous deux, et bienvenues à la Jeune Jouvencelle. Vous pouvez vous y restaurer pour des menus allant de deux sous à une pistole et demi, ainsi que vous abreuver des différents alcools et boissons que l’on trouve dans l’Empire. Un côté jeu vous est accessible un peu plus loin, proposant cartes et dés, et, si vous êtes en quêtes de jeux plus personnels et intimes, vous avez l’occasion de louer une chambre pour toutes les deux, ou bien de voir en fonction de nos filles ; certaines ne seraient pas contre de passer quelques moments en compagnie de jeunes femmes comme vous ! Oh, je me dois aussi de vous le dire ; si vous préférez la compagnie masculine, cela n’est pas disponible pour le moment, mais, dans quelques jours, nous serons la première maison close de ce quartier à en proposer ! »
Et le quartier comprenait justement les Plaisirs Terrestres, à n’en pas douter, ainsi que les autres maisons closes d’une plus piètre qualité.
Toujours fut-il qu’elles prirent un repas, selon les tarifs proposés. Et Evaë ne semblait pas avoir laissé tomber une certaine discussion.
«Dis-moi, maintenant que nous sommes que toutes les deux, loin de toutes ces commères, ce Erwan… ? Vu comment tu m’en as parlé la dernière fois… Ça te plairait bien, avec lui ? Tu as tenté quelque chose ? Enfin, si tu ne lui ai pas déplaisante –ce qui serait étonnant, toute de même. Mais peut-être est-il... « différent », en terme de préférences sexuelles. Tiens, si ça se trouve, c’est lui qui va venir, à la Jeune Jouvencelle, pour décoincer le fessier de môssieurs trop étroits ! L’idée, en tout cas, la fit bien rire.
Enfin, Irène fut désireuse que de jouer quelque peu avec l’argent qu’elle avait gagné. Oui, à l’instar des Plaisirs Terrestres, La Jeune Jouvencelle comprenait son lot d’habitués et de joueurs réguliers. Un homme, bien trapus, bien musclé, quoique de taille moyenne, lui fit signe.
«Hey, toi ! Bien entendu qu’il y a des joueurs, par ici ! Viens donc, approche ! Une partie de dés, ça te dit ? »
Oui, parce que les cartes, c’est très chiant à Mjiter, et que les dés, c’est bien plus simple.
«Tu sais comment ça marche ? Une sorte de Yams, où il faut faire avec cinq dés des combinaisons ; paire, brelan, carré, full, suite… Tu as le droit à un premier lancer, puis tu sélectionnes lors du second lancé les dés que tu veux rejouer, tout en gardant les précédents, afin de faire lesdites combinaisons. Allez, je commence, en trois manches ! »
L’homme lança les dés. Eu égard à ses mains, bien calleuses, ce devait être un forgeron.Jet du forgeron :
2 . 1 . 2 . 3 . 4
Il décide de conserver les deux, et de jeter le reste.
2 . 2 . 1 . 5 . 1
«Arf, pas ce que j’espérais, mais j’ai eu de la chance pour le double un, héhé. Double paires pour moi ; à toi, ma belle. »Jet d’Irène :
3 . 4 . 4 . 2 . 3
[Irène Rosewen] Dans l'ombre des puissants.
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Re: [Irène Rosewen] Dans l'ombre des puissants.
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Re: [Irène Rosewen] Dans l'ombre des puissants.
Là, au beau milieu de ces jaspinages de catin, certaines informations m’intéressèrent grandement.
- Nils, dis-tu ? Oui, je me souviens avoir vu un noble courtiser longuement cette fameuse femme en rouge. Mais j’ai appris par la suite que cette femme était l’épouse de messire von Niebitz, alors, je trouve cela déplacé qu’un autre noble ait eu l’audace d’aller la courtiser alors même que son mari était présent dans la salle… Comment était Emilia – car c’était là son nom, j’avais bonne mémoire –, de son côté ? Ne l’a-t-elle pas éconduit ?
Et, connaissant l’inimitié courante entre les von Drash et les von Niebitz, que le fils – si ce Nils s’avérait bien être le fils de Karsten – puisse ribauder avec une noble de la famille adverse ne devait pas être vu d’un bon œil. En fait, tout cela pouvait s’avérer là être un vrai scandale mondain, à la vue des regards acérés que s’échangeaient les deux familles. J’ignorais toujours pourquoi il existait une telle relation de haine entre ces deux noms influents de Nuln, et l’affaire m’intéressait grandement depuis que j’étais entrée dans le monde de Karsten et Erwan, même si ça n’était que pour quelques heures à peine. Oui, j’étais une vraie curieuse, et je l’assumais complètement. C’était toujours intéressant, de connaître toutes les histoires de tout le monde. Autant pour satisfaire sa curiosité personnelle que pour avoir quelque évènement sympathique à raconter autour d’une bonne discussion. En fait, de ce côté-là, j’aurais pu m’avérer être une parfaite petite nobliette : prête à tout retenir sur mes confrères, et utiliser les informations pour arranger mes affaires. Mais voilà, je n’étais qu’une simple putain, se satisfaisant de ces petites histoires pour briser le morne quotidien.
Par la suite, les filles se rendirent compte que le fameux balafré aux yeux d’acier avait fourni à chaque fois un nom différent. Ce détail m’interpela grandement également. Il n’avait donc pas choisi un nom de noble factice pour la soirée, et en avait changé tout du long. Comment Alfred von Niebitz n’aurait-il pas pu s’en rendre compte ? Soit cet homme avait été très niais d’avoir pris le malfrat pour un noble, soit il connaissait sa réelle identité et participait à ses affaires. Peut-être était-ce lui qui lui avait fourni un faux laisser-passer ? Mais dans quel but ? La présence de Marwen en cette soirée était suspecte : que cela pouvait-il lui apporter, si ce n’est être remarqué et perdre sa discrétion de contrebandier ? En tous les cas, si von Niebitz était effectivement fourré dans tout ce traquenard de contrebande, nul doute qu’Erwan avait vu juste, et que cela changeait largement la face de l’affaire.
- Non, répliquai-je à la putain qui avait pris mes propos pour de l’arrogance. Je n’ai jamais dit que cet homme n’en avait eu que pour moi ; simplement qu’il m’avait lancé des clins d’œil. Qui sait, il a pu en lancer à toutes les filles du bordel, je n’en sais rien. J’étais simplement intriguée.
Le sujet termina par se tarir, et, plusieurs dizaines de minutes plus tard, Eva et moi parcourions les ruelles de l’Handelbezirk.
Je fus très satisfaite de ma trouvaille : un joli coffret à la fermeture sécurisée. Cela serait bien mieux que ma simple petite bourse en tissu enfouie dans un coin de mon étagère. Quand ce fut au tour d’Evaë de trouver ses robes, nous pénétrâmes dans une charmante petite boutique, et, à notre étonnement à toutes les deux, nous tombâmes sur l’un des clients réguliers d’Eva. Je le connaissais simplement de vue, et l’homme s’avéra donc être un marchand de vêtements. Eva, forte de cette nouvelle information, en profita pour faire une proposition au bord de l’indécence. Prête à tout pour avoir un rabais sur ses robes, elle embarqua l’homme derrière les rideaux de la boutique, me laissant seule à entendre les bruits de leur affaire. Mon amie, toujours fidèle à elle-même. Je n’eus donc pas même besoin de l’aider à choisir ses robes ; le commerçant s’en occupa, et je m’ennuyai un peu, même si l’audace d’Eva m’amusa beaucoup. En attendant, je regardai les robes, notant quelques vêtures qui m’intéressaient, et que je serais susceptible de revenir acheter une autre fois. Lorsque les deux protagonistes réapparurent de derrière les rideaux, j’aidai Eva à porter et empaqueter ses robes, et nous rejoignîmes les rues.
- Etais-tu sûre de ton coup, ou as-tu pris le risque qu’il s’offusque de ta demande et te jette dehors ? demandai-je à Eva, curieuse, moi qui ne connaissais pas beaucoup cet homme.
Enfin, selon le souhait de mon amie, nous nous arrêtâmes à la Jeune Jouvencelle, et ce fut une catin très avenante qui vint nous informer de ce qui était à notre disposition.
- En ce qui me concerne, je vais prendre le menu à une pistole et demi, répondis-je, avenante. J’ai bien besoin d’un bon repas après ces derniers jours.
Coudes sur la table, mains croisées devant ma bouche, j’observai le bordel concurrent d’un œil affirmé, abandonnant mon air avenant lorsque la catin quitta notre table.
- Mmh… Des hommes prostitués… Il serait peut-être bon d’informer Désèle de la chose, même si cela ne prendrait pas longtemps à parvenir à ses oreilles. Même si ce n’est pas le style de notre maison pour l’instant, il n’empêche que c’est là une innovation que nous n’avons pas.
Quant à la fameuse perle rare pour laquelle Eva avait voulu venir ici, nous ne la vîmes pas pour l’instant. A moins que les informations d’Eva avait été erronées, et que les rumeurs enfiévrées à propos de la Jeune Jouvencelle parlaient justement des prochains hommes à louer pour la nuit.
Dégustant tranquillement nos plats, Eva revint par la suite sur le sujet d’Erwan.
- Oui, je dois avouer que cet Erwan ne me laisse pas indifférente. Il a même un peu trop d’effet, pour sa gouverne, et il faut avouer que rares sont ceux qui m’ont attirée de la sorte... Et, lorsqu’elle supposa qu’il pouvait être homosexuel, j’éclatai de rire avec elle. Lui, préférant les hommes ? Oh, non, cela m’étonnerait grandement. Ou alors, il s’est bien payé ma tête depuis que nous nous connaissons. En fait, on s’est beaucoup tourné autour, hier soir et ce matin… Mais Karsten m’avait interdit de folâtrer avec un autre pour la nuit, donc tant qu’il était là, ça restait assez difficile. Et les seuls instants où nous nous sommes retrouvés seuls, nous avons été interrompus par des étudiants ivres la première fois, et la seconde, par Karsten lui-même, qui a même trouvé cela suspect. Il faut croire que le destin n’est pas vraiment avec nous pour l’instant, soupirai-je. Je ne suis pas sûre de toute manière qu’il veuille aller plus loin que le simple flirt… au vu de sa position, il pourrait en séduire plus d’une, et de bien meilleure vie. Il est très bien éduqué et sait parfaitement s’y prendre avec la gente féminine, donc je suppose que le jeu dans lequel il s’est engagé avec moi, il doit le faire avec beaucoup d’autres ; c’est peut-être même une routine pour lui. Il connait son charme et il en joue. Donc, même s’il s’avère que nous nous sommes assez bien engagés dans un jeu de séduction tous les deux… je n’arrive pas trop à cerner si son inclination est sincère, ou s’il s’amuse simplement.
Je terminai là avec mes remises en question ; et un peu plus tard, un homme bien épais répondit à mon pari.
- Un jeu de dés ? Et comment, que ça me tente. Je connais le principe, oui. Espérons que vos dés vous portent chance, ajoutai-je avec un clin d’œil.
Là, avec ses deux lancers, il obtint une double paire, ce qui n’était pas si mal. Attrapant les dés, je les fis rouler. Rebondissant sur la table en tintant, ils s’arrêtèrent sur une double paire supérieure à la sienne dès le premier tour.
- Eh bien, j’ai l’impression que cette manche sera pour moi, très cher.
- Nils, dis-tu ? Oui, je me souviens avoir vu un noble courtiser longuement cette fameuse femme en rouge. Mais j’ai appris par la suite que cette femme était l’épouse de messire von Niebitz, alors, je trouve cela déplacé qu’un autre noble ait eu l’audace d’aller la courtiser alors même que son mari était présent dans la salle… Comment était Emilia – car c’était là son nom, j’avais bonne mémoire –, de son côté ? Ne l’a-t-elle pas éconduit ?
Et, connaissant l’inimitié courante entre les von Drash et les von Niebitz, que le fils – si ce Nils s’avérait bien être le fils de Karsten – puisse ribauder avec une noble de la famille adverse ne devait pas être vu d’un bon œil. En fait, tout cela pouvait s’avérer là être un vrai scandale mondain, à la vue des regards acérés que s’échangeaient les deux familles. J’ignorais toujours pourquoi il existait une telle relation de haine entre ces deux noms influents de Nuln, et l’affaire m’intéressait grandement depuis que j’étais entrée dans le monde de Karsten et Erwan, même si ça n’était que pour quelques heures à peine. Oui, j’étais une vraie curieuse, et je l’assumais complètement. C’était toujours intéressant, de connaître toutes les histoires de tout le monde. Autant pour satisfaire sa curiosité personnelle que pour avoir quelque évènement sympathique à raconter autour d’une bonne discussion. En fait, de ce côté-là, j’aurais pu m’avérer être une parfaite petite nobliette : prête à tout retenir sur mes confrères, et utiliser les informations pour arranger mes affaires. Mais voilà, je n’étais qu’une simple putain, se satisfaisant de ces petites histoires pour briser le morne quotidien.
Par la suite, les filles se rendirent compte que le fameux balafré aux yeux d’acier avait fourni à chaque fois un nom différent. Ce détail m’interpela grandement également. Il n’avait donc pas choisi un nom de noble factice pour la soirée, et en avait changé tout du long. Comment Alfred von Niebitz n’aurait-il pas pu s’en rendre compte ? Soit cet homme avait été très niais d’avoir pris le malfrat pour un noble, soit il connaissait sa réelle identité et participait à ses affaires. Peut-être était-ce lui qui lui avait fourni un faux laisser-passer ? Mais dans quel but ? La présence de Marwen en cette soirée était suspecte : que cela pouvait-il lui apporter, si ce n’est être remarqué et perdre sa discrétion de contrebandier ? En tous les cas, si von Niebitz était effectivement fourré dans tout ce traquenard de contrebande, nul doute qu’Erwan avait vu juste, et que cela changeait largement la face de l’affaire.
- Non, répliquai-je à la putain qui avait pris mes propos pour de l’arrogance. Je n’ai jamais dit que cet homme n’en avait eu que pour moi ; simplement qu’il m’avait lancé des clins d’œil. Qui sait, il a pu en lancer à toutes les filles du bordel, je n’en sais rien. J’étais simplement intriguée.
Le sujet termina par se tarir, et, plusieurs dizaines de minutes plus tard, Eva et moi parcourions les ruelles de l’Handelbezirk.
Je fus très satisfaite de ma trouvaille : un joli coffret à la fermeture sécurisée. Cela serait bien mieux que ma simple petite bourse en tissu enfouie dans un coin de mon étagère. Quand ce fut au tour d’Evaë de trouver ses robes, nous pénétrâmes dans une charmante petite boutique, et, à notre étonnement à toutes les deux, nous tombâmes sur l’un des clients réguliers d’Eva. Je le connaissais simplement de vue, et l’homme s’avéra donc être un marchand de vêtements. Eva, forte de cette nouvelle information, en profita pour faire une proposition au bord de l’indécence. Prête à tout pour avoir un rabais sur ses robes, elle embarqua l’homme derrière les rideaux de la boutique, me laissant seule à entendre les bruits de leur affaire. Mon amie, toujours fidèle à elle-même. Je n’eus donc pas même besoin de l’aider à choisir ses robes ; le commerçant s’en occupa, et je m’ennuyai un peu, même si l’audace d’Eva m’amusa beaucoup. En attendant, je regardai les robes, notant quelques vêtures qui m’intéressaient, et que je serais susceptible de revenir acheter une autre fois. Lorsque les deux protagonistes réapparurent de derrière les rideaux, j’aidai Eva à porter et empaqueter ses robes, et nous rejoignîmes les rues.
- Etais-tu sûre de ton coup, ou as-tu pris le risque qu’il s’offusque de ta demande et te jette dehors ? demandai-je à Eva, curieuse, moi qui ne connaissais pas beaucoup cet homme.
Enfin, selon le souhait de mon amie, nous nous arrêtâmes à la Jeune Jouvencelle, et ce fut une catin très avenante qui vint nous informer de ce qui était à notre disposition.
- En ce qui me concerne, je vais prendre le menu à une pistole et demi, répondis-je, avenante. J’ai bien besoin d’un bon repas après ces derniers jours.
Coudes sur la table, mains croisées devant ma bouche, j’observai le bordel concurrent d’un œil affirmé, abandonnant mon air avenant lorsque la catin quitta notre table.
- Mmh… Des hommes prostitués… Il serait peut-être bon d’informer Désèle de la chose, même si cela ne prendrait pas longtemps à parvenir à ses oreilles. Même si ce n’est pas le style de notre maison pour l’instant, il n’empêche que c’est là une innovation que nous n’avons pas.
Quant à la fameuse perle rare pour laquelle Eva avait voulu venir ici, nous ne la vîmes pas pour l’instant. A moins que les informations d’Eva avait été erronées, et que les rumeurs enfiévrées à propos de la Jeune Jouvencelle parlaient justement des prochains hommes à louer pour la nuit.
Dégustant tranquillement nos plats, Eva revint par la suite sur le sujet d’Erwan.
- Oui, je dois avouer que cet Erwan ne me laisse pas indifférente. Il a même un peu trop d’effet, pour sa gouverne, et il faut avouer que rares sont ceux qui m’ont attirée de la sorte... Et, lorsqu’elle supposa qu’il pouvait être homosexuel, j’éclatai de rire avec elle. Lui, préférant les hommes ? Oh, non, cela m’étonnerait grandement. Ou alors, il s’est bien payé ma tête depuis que nous nous connaissons. En fait, on s’est beaucoup tourné autour, hier soir et ce matin… Mais Karsten m’avait interdit de folâtrer avec un autre pour la nuit, donc tant qu’il était là, ça restait assez difficile. Et les seuls instants où nous nous sommes retrouvés seuls, nous avons été interrompus par des étudiants ivres la première fois, et la seconde, par Karsten lui-même, qui a même trouvé cela suspect. Il faut croire que le destin n’est pas vraiment avec nous pour l’instant, soupirai-je. Je ne suis pas sûre de toute manière qu’il veuille aller plus loin que le simple flirt… au vu de sa position, il pourrait en séduire plus d’une, et de bien meilleure vie. Il est très bien éduqué et sait parfaitement s’y prendre avec la gente féminine, donc je suppose que le jeu dans lequel il s’est engagé avec moi, il doit le faire avec beaucoup d’autres ; c’est peut-être même une routine pour lui. Il connait son charme et il en joue. Donc, même s’il s’avère que nous nous sommes assez bien engagés dans un jeu de séduction tous les deux… je n’arrive pas trop à cerner si son inclination est sincère, ou s’il s’amuse simplement.
Je terminai là avec mes remises en question ; et un peu plus tard, un homme bien épais répondit à mon pari.
- Un jeu de dés ? Et comment, que ça me tente. Je connais le principe, oui. Espérons que vos dés vous portent chance, ajoutai-je avec un clin d’œil.
Là, avec ses deux lancers, il obtint une double paire, ce qui n’était pas si mal. Attrapant les dés, je les fis rouler. Rebondissant sur la table en tintant, ils s’arrêtèrent sur une double paire supérieure à la sienne dès le premier tour.
- Eh bien, j’ai l’impression que cette manche sera pour moi, très cher.
Je relance le dès qui est tombé sur un 2 uniquement![]()
Rosewen Irène, Voie de la courtisane
Profil: For 9 | End 10 | Hab 11 | Cha 13 | Int 11 | Ini 8 | Att 8 | Par 8 | Tir 8 | NA 1 | PV 65/65
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Compétences : Séduction, Baratin, Bas fond, Sens du détail, Déplacement silencieux, Volonté de fer, Fuite, Crochetage
Profil: For 9 | End 10 | Hab 11 | Cha 13 | Int 11 | Ini 8 | Att 8 | Par 8 | Tir 8 | NA 1 | PV 65/65
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Compétences : Séduction, Baratin, Bas fond, Sens du détail, Déplacement silencieux, Volonté de fer, Fuite, Crochetage
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Re: [Irène Rosewen] Dans l'ombre des puissants.
- Durant cette belle partie de commérage, les questions continuèrent encore un moment, toujours.
«Eh bien, pour en revenir à Nils, je ne sais pas… Je n’ai pas vu messire von Niebitz réagir, et, en fait, je ne sais même pas s’il l’a remarqué, ou, si cela l’amuse, s’il tolère ça… Tout ce petit monde mondain était peut-être aussi trop noble pour s’en offusquer, encore que ! Il serait bien capable de laisser couler, de façon à ce que le scandale ne prenne que davantage d’ampleur, jusqu’à éclater sur tout le monde lorsque l’abcès sera purulent, et regarder tranquillement le spectacle. Emillia, donc ? Eh bien, elle n’a pas non plus eu l’air de s’en offusquer. Je pense même qu’elle l’acceptait, sans pour autant répondre véritablement à ces avances… Qui n’en était peut-être pas totalement non plus. Je ne sais pas… Plutôt une espèce de badinage, possiblement… ? »***
Dans les ruelles de l’Handelbezirk. La proposition indécente d’Evaë à l’encontre du marchand avait eu de quoi étonner Irène, et cela demeurait compréhensible. Tant et si bien qu’elle lui posa la question.
A Evaë de lui retourner un petit regard mi-étonné, mi-amusé.
«Bha, bien entendu ! Quel homme pourrait résister à une telle proposition ? Surtout lorsque ça me concerne ! Puis, lui, je devine sans grande difficulté qu’il est fou de moi. Si tu savais comment j’arrive à le mettre en émois, en le touchant simplement… Pfiiou ! »
Enfin, elles étaient parvenues à la Jeune Jouvencelle, et Irène avait donc opté pour le plus cher des repas, et Evaë l’avait suivie.
Une assiette for copieuse leur fut servie, plus large de diamètre que ce que l’on avait l’habitude de voir d’ordinaire. Et il s’agissait bien d’une véritable assiette, pas d’une auge faite de pain coupé à la mie retirée. Des pommes de terre en quantité, de la sauce qui se mélangeait merveilleusement bien avec ces dernières, bonne et grasse, issue d’une viande de mouton qui accompagnait également le repas. Du fromage, et, en dessert, quelques pâtisseries bien fournies. Elles en avaient eu pour leur argent, et Evaë n’avait pas même terminé la totalité de ce qui lui avait été servi.
«Pffiou, c’est bien trop pour moi, tout ça ! Je suis sûr que le trop plein est visible. Mon ventre si plat ! »
Elle se leva tout en auscultant son ventre et en lissant le tissu de sa vêture par-dessus.
« Tu vois ? Il faut que je le rentre, pour que ça soit naturel. Sinon… » Elle relâcha sa respiration, et la toute légère bosse d’un ventre bien rempli apparut aussitôt. La catin gémit et se lamenta un peu sur le triste sort qui venait de lui être accordé.
« Tu crois qu’ils vendent des vomitifs, aussi, ici ? »
Tout comme Irène, Evaë avait également été interpellée par la possibilité que des hommes se transformassent en catin, l’espace d’une nuit, dans un établissement semblable à celui qui était le leur.
«Oui, je pense aussi. Désèle n’aimerait certainement pas demeurer sur le carreau et se retrouver au dernier plan sur ce genre de chose. Elle eut un petit sourire matois. Mmh, de beaux hommes bien musclés, ça ne te plairait pas, toi ? Je suis sûûûre qu’il y a moyen de bien s’entendre. Ils tomberont tous. Eh, tu crois que je pourrais me payer leur service ? Et que, eux, en échange, pourraient se payer les nôtres ? Héhé, le bordel que ça serait ! Encore plus que c’en est un actuellement, d’ailleurs. »
Autre petit sourire chafouin, lorsqu’elle écouta les confidences de sa comparse au sujet d’Erwan.
« Aaah, je me disais bien ! Mais oui, je vois le genre de jeu auquel vous vous livrez ; celui, somme toute assez puéril, qui consiste à sauvegarder son ego le plus longtemps possible en faisant en sorte que ce soit l’autre qui vienne, et pas nous. Et je te dis ça en pouvant être très gamine quand je le veux ! Ahlalala. Si tu sais pas, si tu doutes, fais comme moi avec Ernest. Tu verras bien sa réaction, s’il aime ça, et s’il faut que tu recommences. Te prends pas la tête avec ça, va. »
Au jeu de dés, sitôt que la jeune femme avait annoncé une double paire d’entrée de jeu, l’homme avait poussé un petit soupir.
« Eh bhé, pas de chance. Je vous la concède ! »Petite joueuse !
Précédent jet :
3 . 4 . 4 . 2 . 3
Relance du deux :
3 . 4 . 4 . 3 . 6
Irène gagne la première manche.
Seconde manche : à l’homme de commencer, encore.
5 . 6 . 4 . 1 . 5
Il relance le 4 et le 1 :
5 . 6 . 5 . 4 . 1
Il est tout simplement ravi.
Irène :
5 . 3 . 2 . 2 . 3
Lwl.
Considère que tu as déjà gagné tes trois couronnes.
- Irène Rosewen
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Re: [Irène Rosewen] Dans l'ombre des puissants.
Le repas fourni fut largement à la hauteur de son prix. Autant dans la quantité que la qualité, ce fut un régal, et j’eus d’ailleurs grand mal à terminer toutes mes assiettes. Je le fis pourtant, à l’inverse d’Eva, qui rendit les armes sans avoir honoré ses dernières pommes de terre.
- T’en fais pas, lançai-je en parlant de son ventre. Il sera redevenu aussi plat que d’habitude une fois que tu auras digéré correctement. Et dans le pire des cas, tes formes se seront renflouées, au grand plaisir de ces messieurs. Pas besoin de vomitifs.
Concernant les hommes prostitués, la nouvelle était assez amusante, il était vrai, et je partageai l’humeur aux plaisanteries de mon amie.
- Payer des hommes pour qu’ils nous fassent ce qu’on est habilitées à faire dans notre propre travail… L’idée est cocasse, ma foi. Cela serait assez drôle, tout de même, d’observer comment ces catins d’un nouveau genre s’y prendraient pour satisfaire leurs clientes – voire leurs clients ! Mais je crois que je préfère autant séduire un homme plutôt que sortir la piécette. L’instant est plus appréciable, quand bien même les catins masculines auraient des atouts à la hauteur de leur établissement. Toi non plus tu n’as pas besoin de payer pour tous les faire tomber à tes pieds, tu as bien vu Ernest, ajoutai-je avec un clin d’œil. Le simple charme naturel !
A propos d’Erwan, elle me conseilla de foncer, en résumé.
- Mmh mmh… On verra bien… Mais ça serait bien son genre oui, d'attendre que je sois celle qui fasse le premier pas. J'en ai déjà fait plusieurs, d'ailleurs, même si jamais aux moments propices.
Si ça continuait comme ce que ça avait été jusqu’à présent, en effet, nous serions à nouveau interrompus par la grâce divine. (Ou Mjiesque ?
)
Pour le reste, la chance était avec moi, ce soir. Si je n’avais pas encore conclu avec messire d’Ablaÿ, les dés, eux en revanche, m’accordaient toutes leurs faveurs. A la seconde manche, à nouveau, j’obtins une double paire, alors que mon adversaire n’en avait obtenue qu’une. Sans avoir même besoin de relancer un dé, je me savais gagnante. Mais je continuai jusqu’au bout, relançant le dé qui avait fait un cinq, pour conclure, qui sait, avec une meilleure combinaison. Quelle que fût cette dernière, en tous les cas, je fus gagnante ; et je relevai les yeux vers le forgeron.
- Ne vous en faites pas ; la chance tourne, comme on dit. Vous perdez peut-être ce soir, mais vous gagnerez un autre jour, déclarai-je tout à fait avenante, gagnante avec une modestie exemplaire.
- T’en fais pas, lançai-je en parlant de son ventre. Il sera redevenu aussi plat que d’habitude une fois que tu auras digéré correctement. Et dans le pire des cas, tes formes se seront renflouées, au grand plaisir de ces messieurs. Pas besoin de vomitifs.
Concernant les hommes prostitués, la nouvelle était assez amusante, il était vrai, et je partageai l’humeur aux plaisanteries de mon amie.
- Payer des hommes pour qu’ils nous fassent ce qu’on est habilitées à faire dans notre propre travail… L’idée est cocasse, ma foi. Cela serait assez drôle, tout de même, d’observer comment ces catins d’un nouveau genre s’y prendraient pour satisfaire leurs clientes – voire leurs clients ! Mais je crois que je préfère autant séduire un homme plutôt que sortir la piécette. L’instant est plus appréciable, quand bien même les catins masculines auraient des atouts à la hauteur de leur établissement. Toi non plus tu n’as pas besoin de payer pour tous les faire tomber à tes pieds, tu as bien vu Ernest, ajoutai-je avec un clin d’œil. Le simple charme naturel !
A propos d’Erwan, elle me conseilla de foncer, en résumé.
- Mmh mmh… On verra bien… Mais ça serait bien son genre oui, d'attendre que je sois celle qui fasse le premier pas. J'en ai déjà fait plusieurs, d'ailleurs, même si jamais aux moments propices.
Si ça continuait comme ce que ça avait été jusqu’à présent, en effet, nous serions à nouveau interrompus par la grâce divine. (Ou Mjiesque ?
Pour le reste, la chance était avec moi, ce soir. Si je n’avais pas encore conclu avec messire d’Ablaÿ, les dés, eux en revanche, m’accordaient toutes leurs faveurs. A la seconde manche, à nouveau, j’obtins une double paire, alors que mon adversaire n’en avait obtenue qu’une. Sans avoir même besoin de relancer un dé, je me savais gagnante. Mais je continuai jusqu’au bout, relançant le dé qui avait fait un cinq, pour conclure, qui sait, avec une meilleure combinaison. Quelle que fût cette dernière, en tous les cas, je fus gagnante ; et je relevai les yeux vers le forgeron.
- Ne vous en faites pas ; la chance tourne, comme on dit. Vous perdez peut-être ce soir, mais vous gagnerez un autre jour, déclarai-je tout à fait avenante, gagnante avec une modestie exemplaire.
Modifié en dernier par [MJ] Vivenef le 01 août 2015, 09:48, modifié 1 fois.
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Rosewen Irène, Voie de la courtisane
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- [MJ] Vivenef
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Re: [Irène Rosewen] Dans l'ombre des puissants.
- « Mes formes seront renflouées ? Pourquoi ça, tu trouves que je n’ai pas assez de seins ? Mmh, c’est bien vrai, ça foutue nature, ça prend toujours là où y faut pas La voilà qui regardait à présent dans son corsage, et semblait comparer à vue d’œil avec ceux de sa comparse. Je n’ai pas la chance d’avoir les tiens. Tu crois que je pourrais voir un enchanteur, un magicien, ce genre de truc ? Faut bien que ça serve, la magie ! La dernière fois, j’étais avec Hanz, tu vois, et il m’a demandé une estalienne. Sans vergogne, elle se mit à mimer le mouvement, comprimant de ses mains sa poitrine. Il n’a presque rien senti, le bougre ! J’étais trop déçue. Pas assez de matières ; ça vous ruine les affaires. »
La voilà devenue presque bougonne.
5 . 3 . 2 . 2 . 3
Relance du cinq :
3 . 2 . 2 . 3 . 4
Les dés étaient somme toute capricieux, mais bien assez clément à l’égard de la jeune femme, et par deux fois, dès le début du premier tour, elle l’emporta d’emblée.
Le forgeron tapa sur la table, mais il s’agissait davantage d’un mouvement de dépit que de vraie colère.
«Bordel, c’est bien ma veine, ça ! Bon, tenez ; j’pense que vous les avez mérités, quand même. »
Fouillant dans son escarcelle, il lui transmit donc les trois couronnes promises.
Evaë avait regardé la partie, et haussa les sourcils face à la somme gagnée.
«Eh bien, ça paye super bien, ce machin-là !
- Tout dépend du pari, mais tout le monde peut y jouer, ma petite dame ! Puis, quand je vois toutes vos emplettes, je me dis que vous devez aussi bien gagner, eh !
- Oh, ça, quand on est habille de ses mains, c’est beaucoup plus facile… Ou d’autre chose. » Elle lui dédia un petit clin d’œil provocateur.
- Je vois, je vois, héhé. Ne m’en dîtes pas plus.
- Vraiment ? Quel dommage ; j’aurais pleiiin de choses à vous raconter. Elle laissa son regard dériver le longs des bras épais de l’homme, à penser que la vision ne lui était pas déplaisante.
- Je n’en doute pas, ma p’tite dame, mais, voyez-vous, je ne suis ici que pour jouer –aux cartes ou aux dés, je vous vois venir-, et pour me sustenter. Ma femme m’autorise à venir ici parce qu’elle a confiance en moi, et ça, pour une femme, je peux voir dire que c’est exceptionnel de me laisser venir ici ! »
Il partit d’un petit rire amusé. Et à Evaë de lui tenir la discussion, et les deux s’engagèrent sur les avantages et inconvénients du mariage, sur la fidélité des hommes et la confiance de leur femme. Les deux partis avaient s’en tenaient fortement à leurs idées respectives, mais ils semblaient bien s’amuser dans ce petit dialogue de sourd, et la catin ne cessait de faire de petits sous-entendus bien placés, comme si elle cherchait à appâter le chaland, lequel lui résistait encore et toujours.
Par la suite, le sujet de la perle rare de la Jeune Jouvencelle fut abordé.
« Oui, effectivement, il y a une nouvelle, que je n’avais jamais vue ici auparavant. Alors là, je ne sais pas comment ils ont fait pour l’avoir, celle-là, mais j’ai jamais vu un visage pareil ! Personne ne sait d’où elle vient, mais… J’sais pas, j’avoue qu’elle a un corps de rêve, une peau laiteuse comme une noble, mais en plus blanche encore, mais… Ses yeux ! Y sont tout allongés ! Ténella, la tenancière, dit qu’elle provient de l’autre côté du monde, mais moi, je me demande si c’est pas une mutante, ouais, et je ne suis pas le seul. Ca me ferait de la peine pour cet établissement, d’autant plus que, eh ben, comme je le fréquente –mais pas les femmes, non pas-, j’ai pas envie de finir au bûcher. Enfin, je connais quelqu’un qui a essayé, genre… C’était son fantasme de se faire de la mutante, bien lui en tienne. Il paraît qu’elle fait des trucs vraiment, vraiment bien sympa, genre que les autres font pas, et que c’est bien dommage que j’sois marié pour pas essayer… »
Et Evaë, dans un petit rire cristallin, qui lui déclara le fameux « j’vous l’avais dit ! » victorieux.
- Irène Rosewen
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Re: [Irène Rosewen] Dans l'ombre des puissants.
La réaction d’Eva, déduisant des conclusions que je n’avais pas même envisagées, me fit pouffer.
- Mais non, ça n’est pas ce que j’ai dit. Ce que tu peux être bête, parfois ! Je ris quelques instants avant de reprendre. Tu as été prise chez Désèle, qui choisit ses filles avec un œil expert, alors tu peux te rassurer là-dessus : ton corps et tes formes sont largement satisfaisantes, bien plus que la moyenne. Estalienne ou pas estalienne.
Par la suite, je gagnai trois couronnes supplémentaires ; c’était parfait. Avec ça, je pourrais définitivement rembourser Désèle, et recommencer à gagner un salaire pour moi-même exclusivement.
- Bien sûr que ça paye bien, quand on gagne, renchéris-je à mon amie. Mais l’on peut tout autant perdre, c’est le revers de la médaille.
Bon perdant, l’homme resta là à échanger avec Eva et moi, et mon amie se mit en tête de tenter de séduire le forgeron ; et je retins un sourire en assistant à leur échange. Un mari fidèle, c’était pas gagné pour la belle brune ; et ils partirent dans un débat intéressant sur les mariages et tout ce que cela engageait. Connaissant mon amie, la fidélité et elle, c’était pas trop ça, surtout lorsqu’elle pouvait être la raison de l’écart desdits hommes mariés, et amener dans son lit des infidèles : un bon gagne-pain pour son escarcelle.
- Votre femme vous laisse venir ici ? C’est preuve d’une grande confiance effectivement ; car il y a pleins d’autres établissements de jeux où il n’y a pas toutes ces… tentations qui vous pendent sur le nez. Ni des aguicheuses qui essaient sciemment de vous faire tomber dans le vice. Je jetai un œil amusé et railleur à Eva, qui s’évertuait toujours à insister devant la résistance de l’homme, résistance que lui offrait rarement la gent masculine.
Vint le sujet de la nouvelle fille qui faisait tant parler d’elle.
- Une étrangère ? C’est possible ; les filles intéressent d’autant plus lorsqu’elles sont uniques, alors une femme d’un pays lointain, pourquoi pas. Je pensais à Isis dans notre établissement, qui attirait beaucoup pour ces mêmes raisons. Que cela soit une mutante, en revanche… ? J’en doute ; Ténella ne mettrait pas en danger tout son commerce avec ça, si vous voulez mon avis. D’autant plus que les mutants du Chaos ne sont pas vraiment réputés pour être séduisants, avec tous les appendices qui dépassent… Enfin, en tous les cas, la tenancière est sûrement ravie de toutes ces rumeurs : qu’elles soient fondées ou non, ça attire les clients. N’est-elle pas là, ce soir ? J’aurais été curieuse de ne serait-ce que l’apercevoir.
- Mais non, ça n’est pas ce que j’ai dit. Ce que tu peux être bête, parfois ! Je ris quelques instants avant de reprendre. Tu as été prise chez Désèle, qui choisit ses filles avec un œil expert, alors tu peux te rassurer là-dessus : ton corps et tes formes sont largement satisfaisantes, bien plus que la moyenne. Estalienne ou pas estalienne.
Par la suite, je gagnai trois couronnes supplémentaires ; c’était parfait. Avec ça, je pourrais définitivement rembourser Désèle, et recommencer à gagner un salaire pour moi-même exclusivement.
- Bien sûr que ça paye bien, quand on gagne, renchéris-je à mon amie. Mais l’on peut tout autant perdre, c’est le revers de la médaille.
Bon perdant, l’homme resta là à échanger avec Eva et moi, et mon amie se mit en tête de tenter de séduire le forgeron ; et je retins un sourire en assistant à leur échange. Un mari fidèle, c’était pas gagné pour la belle brune ; et ils partirent dans un débat intéressant sur les mariages et tout ce que cela engageait. Connaissant mon amie, la fidélité et elle, c’était pas trop ça, surtout lorsqu’elle pouvait être la raison de l’écart desdits hommes mariés, et amener dans son lit des infidèles : un bon gagne-pain pour son escarcelle.
- Votre femme vous laisse venir ici ? C’est preuve d’une grande confiance effectivement ; car il y a pleins d’autres établissements de jeux où il n’y a pas toutes ces… tentations qui vous pendent sur le nez. Ni des aguicheuses qui essaient sciemment de vous faire tomber dans le vice. Je jetai un œil amusé et railleur à Eva, qui s’évertuait toujours à insister devant la résistance de l’homme, résistance que lui offrait rarement la gent masculine.
Vint le sujet de la nouvelle fille qui faisait tant parler d’elle.
- Une étrangère ? C’est possible ; les filles intéressent d’autant plus lorsqu’elles sont uniques, alors une femme d’un pays lointain, pourquoi pas. Je pensais à Isis dans notre établissement, qui attirait beaucoup pour ces mêmes raisons. Que cela soit une mutante, en revanche… ? J’en doute ; Ténella ne mettrait pas en danger tout son commerce avec ça, si vous voulez mon avis. D’autant plus que les mutants du Chaos ne sont pas vraiment réputés pour être séduisants, avec tous les appendices qui dépassent… Enfin, en tous les cas, la tenancière est sûrement ravie de toutes ces rumeurs : qu’elles soient fondées ou non, ça attire les clients. N’est-elle pas là, ce soir ? J’aurais été curieuse de ne serait-ce que l’apercevoir.
Rosewen Irène, Voie de la courtisane
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- [MJ] Vivenef
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Re: [Irène Rosewen] Dans l'ombre des puissants.
- « Oui, il existe d’autres établissements de ce genre qui proposent aux joueurs de se rencontrer… Mais aucun qui propose une nourriture aussi bonne que celle que l’on sert ici, je trouve ! En fait, j’avais déjà tenté un petit cabaret, non loin d’ici. J’ai pris un repas, lequel avait l’air fort bon. Mais, une fois la nuit arrivée… Par Sigmar, j’ai cru que j’allais mourir, et ma femme a couru au temple de Shallya pour me dégoter une personne qui sache me soigner. Et, louée soit la Mère de la Miséricorde, j’ai survécu, après trois jours de fièvres passés à vomir. Héhé, après quoi, elle n’a plus voulu que je mange autre chose que ce qu’elle me préparait, mais bon, l’amour du jeu est trop grande pour moi, alors j’ai recommencé à écumer un autre cabaret. Ici, c’est le premier que j’ai testé juste après, et je n’ai jamais plus eu de problème. Je ne vais pas tenter le diable ailleurs, et je reste ici. La vue n’est pas mal, ma foi ; tout ce qui compte, c’est que je n’y touche pas. » Et, là aussi, imitant Irène, il jeta une œillade amusée et quelque peu railleuse à Evaë, laquelle sembla se vexer, et se renfrogna, boudeuse.
«Tss tss, vous n’avez pas l’amusement chic. »
Quant à la nouvelle fille que proposait la Jeune Jouvencelle, le forgeron émit quelques jugements.
«Ça, c’est sûr. Après, pour le reste, m’est avis que suffit pas de grand-chose pour se faire muter, oui. Que votre cœur manque de foi à l’encontre des Vrais Dieux, et ce seront les faux qui viendront le remplacer. Pis je ne vois pas pourquoi ils doteraient leurs adeptes de trucs forcément horribles. Des yeux bizarres, comme elle a, pourquoi ça ne ferait pas l’affaire, au fond ? Et puis, encore, y’en a pas un qui est plutôt dans le genre de la beauté et de la luxure, comme faux dieu ? Pourquoi faudrait qu’ils soient tous moches et défigurés ? Il regarda subitement autour de lui, baissant la voix. M’enfin, j’aime pas parler de ça, on sait jamais, dès fois qu’y aurait un zélé dans le coin. Je ne veux pas finir au bûcher pour ce genre de discussion. Sinon, pour en revenir à la présence de l’autre, eh bien, elle doit être là, si, forcément ; elle travaille ici-même, alors… Vous aurez peut-être l’occasion de l’apercevoir, oui. »
Ils parlèrent, parlèrent, et le temps passa, agréablement. Et à force de parler, il y eut bien ce moment de foule, très subtil, mais qui témoignait d’une altération dans l’air, ou d’un nouvel évènement qui venait de se passer. Quelques têtes, dans le fond de la salle, se tournèrent subitement, et une petite rumeur arriva aux oreilles d’Irène. Mais il fallut encore attendre un bon quart d’heure avant que la rumeur ne reprit, et que les mouvements de têtes se fissent plus marqués. Là où la nouvelle catin s’était à peine montrée tout à l’heure, vaquant à quelque occupation, la voilà qui traversa la salle, marchand dans l’axe de la table d’Irène jusqu’à la dépasser, et celle-ci pu, enfin, véritablement la voir.
Elle fendait la petite foule de chalands qui se tournaient vers elle avec une impassibilité désarmante. En vérité, si l’établissement n’avait pas été un bordel, l’on eût pu aisément la confondre avec une noble dame, tant son port était impérial et altier. Le pas souple et distingué, le clignement des cils mesuré, réglé sur un métronome, et même ceux-ci battaient avec grâce et élégance, aussi bien que ne l’était la courbe de son cou et le développement de ses frêles épaules. Et cette touche d’exotisme que l’on ne pouvait ignorer, qui faisait chavirer le cœur des hommes, la transformait de simple étrangère à reine.
En fin de compte, si les hommes l’adulaient, Irène pouvait le soupçonner ; être une inconnue dans pareil lieu, en compagnie de toutes ces filles à la rivalité facile, devait être une épreuve de tous les jours.
Quant au forgeron, lui aussi ne pouvait détourner les yeux, mais, fidèle à ses pensées propres, affichait un petit air suspect. Lorsqu’elle passa près de lui, il veilla bien à s’écarter d’elle, se renfonçant sur le côté de son siège, comme si un simple contact lui attirerait toutes les mutations du monde. C’en était presque puéril, mais, en fait, quelques autres personnes semblaient partager son avis. La plupart des savants de l’Empire ne connaissait pas grand-chose de ce qui s’étendait à leur frontière, et seuls les plus éminents d’entre eux, à l’immense sapience, avaient, possiblement, déjà eu vent de quelques échos à l’encontre de Cathay.
Plus puéril encore, peut-être, voyant la défiance assurée du forgeron, lequel s’était ainsi focalisé sur la nouvelle venue, aux traits si exotiques, en craignant tous les malheurs du monde, Evaë, chafouine, revêtit soudainement l’habit d’une lionne en chasse. Précautionneusement, elle se fendit lentement vers l’avant, que pour mieux effleurer la cuisse du forgeron, d’un geste très précis et incisif.
- Arrrrrggg !!! »
Terminé. Evaë était morte de rire.
- Irène Rosewen
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Re: [Irène Rosewen] Dans l'ombre des puissants.
- Une grande perte pour ces dames, assurément, répliquai-je, amusée, face aux dernières paroles du forgeron, concernant « les femmes qu’il ne touchait pas ». Au-delà de la confiance que vous accorde votre femme, peut-être est-ce là aussi une sorte de satisfaction personnelle, pour elle. Vous savoir en compagnie de très alléchantes jeunes femmes, toutes aussi magnifiques les unes que les autres, mais que vous lui restiez fidèle néanmoins. C’est bon pour son ego, certainement, ajoutai-je avec un clin d’œil. En tous les cas, il est bon de savoir que je vous trouverai toujours ici ; qui sait, le jour où j’ai envie de gagner trois autres couronnes…
Je lui adressai un dernier clin d’œil de bonne humeur, devant une Eva désormais boudeuse. Son comportement enfantin était rafraichissant et très amusant. M’était d’avis qu’il était bon que l’homme ne lui cède pas, néanmoins. Si sa femme était réputée être très conciliante, je ne souhaitais néanmoins pas qu’elle tombe un jour sur la femme qui avait réussi à faire craquer son homme. Il valait donc mieux qu’elle ne réussisse pas à le faire craquer, ledit homme.
- J’entends bien, continuai-je lorsque le forgeron reprit le sujet des mutations et de la nouvelle catin des lieux. Après tout, je n’y connais rien ; les mutations pourraient tout autant être agréables que forcément horribles, il est vrai. Je ne suis pas répurgatrice pour bien m’y connaître. Mais je maintiens qu’une tenancière aussi importante n’afficherait pas une mutante comme cela, à la vue de tous, tendant le bâton pour se faire battre. Non, je suis certaine que ce ne sont que des rumeurs infondées, rassurez-vous.
Mes propos ne le rassurèrent pas le moins du monde, pourtant : son comportement au passage de la fameuse femme le témoigna. Car, oui, nous terminâmes par l’apercevoir, au grand plaisir d’Eva qui nous avait fait venir pour elle. Et nous ne fûmes pas les seuls à la remarquer. Avant même qu’elle ne passe près de notre table, l’ambiance de la salle avait changée. Les têtes s’étaient tournées, les paroles étaient devenues feutrées, laissant place à des murmures et des coups de coude envers ceux qui n’avaient pas encore remarqué l’arrivée de la perle rare. Et je devais avouer qu’elle ne manquait pas à sa réputation. Lorsqu’elle passa près de notre table, je pus voir son teint de porcelaine, son grain de peau parfaitement lisse, ses cheveux noirs de jais, et cet épicanthus qui rendait ses yeux si particuliers. Ces derniers étaient effilés, comme si elle vous regardait constamment d’en-dessous ses cils, ce qui n’était pas sans lui donner un certain charme. Charme élégamment étudié et souligné par un maquillage léger et bien posé. Bref, sa différence attirait les regards avec légitimité. L’expression impassible, presque indifférente, elle continua et dépassa notre table, continuant sûrement sa nuit de service. Je me demandai d’où elle pouvait venir ; si elle parlait même notre langue. Elle devait certainement se sentir bien seule. Unique représentante de son pays d’origine dans le quartier, elle attirait sûrement autant d’admiration que de jalousie et de convoitise.
Un cri interrompit mes pensées ; là, je me concentrai à nouveau sur ma tablée, pour découvrir une Eva penchée vers le forgeron, qui venait, semblait-il, de sursauter suite à une caresse mesquine de cette dernière. Elle venait de prendre à profit la peur de l’homme pour les mutants, et s’écroulait désormais de rire sur sa chaise. Je ne pus m’empêcher de rire un peu également, et notre tablée attira quelques regards. Par la suite, il fut temps de rentrer, car la nuit était ma foi déjà bien avancée, avec toutes ces discussions.
- Ce fut un plaisir de passer cette soirée en votre compagnie, monsieur. Je vous souhaite bonne augure pour toutes vos prochaines parties et pour votre escarcelle. Au plaisir.
Je rentrai ainsi aux Plaisirs Terrestres en compagnie de mon amie, chacune transportant ses emplettes de la journée. Notre établissement était dans une quiétude sereine à cette heure, et rares étaient encore les collègues qui étaient présentes sur les canapés de la grande salle.
- Et si on allait parler à Désèle de tout ce que l’on a vu sur la concurrence, ce soir ? proposai-je à Eva avant que nous disparaissions chacune dans notre chambre respective.
C’est ainsi ce que nous fîmes, informant Désèle à propos de l’étrangère et de la nouveauté concernant les prochains hommes prostitués. J’en profitai au passage pour rembourser à Désèle les deux couronnes et demi que je lui devais encore, avant de remonter dans ma chambre, et de transvaser tout mon argent dans mon nouveau coffret. Là, je verrouillai ce dernier avec la clé que je garderais désormais sur moi constamment.
Je lui adressai un dernier clin d’œil de bonne humeur, devant une Eva désormais boudeuse. Son comportement enfantin était rafraichissant et très amusant. M’était d’avis qu’il était bon que l’homme ne lui cède pas, néanmoins. Si sa femme était réputée être très conciliante, je ne souhaitais néanmoins pas qu’elle tombe un jour sur la femme qui avait réussi à faire craquer son homme. Il valait donc mieux qu’elle ne réussisse pas à le faire craquer, ledit homme.
- J’entends bien, continuai-je lorsque le forgeron reprit le sujet des mutations et de la nouvelle catin des lieux. Après tout, je n’y connais rien ; les mutations pourraient tout autant être agréables que forcément horribles, il est vrai. Je ne suis pas répurgatrice pour bien m’y connaître. Mais je maintiens qu’une tenancière aussi importante n’afficherait pas une mutante comme cela, à la vue de tous, tendant le bâton pour se faire battre. Non, je suis certaine que ce ne sont que des rumeurs infondées, rassurez-vous.
Mes propos ne le rassurèrent pas le moins du monde, pourtant : son comportement au passage de la fameuse femme le témoigna. Car, oui, nous terminâmes par l’apercevoir, au grand plaisir d’Eva qui nous avait fait venir pour elle. Et nous ne fûmes pas les seuls à la remarquer. Avant même qu’elle ne passe près de notre table, l’ambiance de la salle avait changée. Les têtes s’étaient tournées, les paroles étaient devenues feutrées, laissant place à des murmures et des coups de coude envers ceux qui n’avaient pas encore remarqué l’arrivée de la perle rare. Et je devais avouer qu’elle ne manquait pas à sa réputation. Lorsqu’elle passa près de notre table, je pus voir son teint de porcelaine, son grain de peau parfaitement lisse, ses cheveux noirs de jais, et cet épicanthus qui rendait ses yeux si particuliers. Ces derniers étaient effilés, comme si elle vous regardait constamment d’en-dessous ses cils, ce qui n’était pas sans lui donner un certain charme. Charme élégamment étudié et souligné par un maquillage léger et bien posé. Bref, sa différence attirait les regards avec légitimité. L’expression impassible, presque indifférente, elle continua et dépassa notre table, continuant sûrement sa nuit de service. Je me demandai d’où elle pouvait venir ; si elle parlait même notre langue. Elle devait certainement se sentir bien seule. Unique représentante de son pays d’origine dans le quartier, elle attirait sûrement autant d’admiration que de jalousie et de convoitise.
Un cri interrompit mes pensées ; là, je me concentrai à nouveau sur ma tablée, pour découvrir une Eva penchée vers le forgeron, qui venait, semblait-il, de sursauter suite à une caresse mesquine de cette dernière. Elle venait de prendre à profit la peur de l’homme pour les mutants, et s’écroulait désormais de rire sur sa chaise. Je ne pus m’empêcher de rire un peu également, et notre tablée attira quelques regards. Par la suite, il fut temps de rentrer, car la nuit était ma foi déjà bien avancée, avec toutes ces discussions.
- Ce fut un plaisir de passer cette soirée en votre compagnie, monsieur. Je vous souhaite bonne augure pour toutes vos prochaines parties et pour votre escarcelle. Au plaisir.
Je rentrai ainsi aux Plaisirs Terrestres en compagnie de mon amie, chacune transportant ses emplettes de la journée. Notre établissement était dans une quiétude sereine à cette heure, et rares étaient encore les collègues qui étaient présentes sur les canapés de la grande salle.
- Et si on allait parler à Désèle de tout ce que l’on a vu sur la concurrence, ce soir ? proposai-je à Eva avant que nous disparaissions chacune dans notre chambre respective.
C’est ainsi ce que nous fîmes, informant Désèle à propos de l’étrangère et de la nouveauté concernant les prochains hommes prostitués. J’en profitai au passage pour rembourser à Désèle les deux couronnes et demi que je lui devais encore, avant de remonter dans ma chambre, et de transvaser tout mon argent dans mon nouveau coffret. Là, je verrouillai ce dernier avec la clé que je garderais désormais sur moi constamment.
Rosewen Irène, Voie de la courtisane
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Compétences : Séduction, Baratin, Bas fond, Sens du détail, Déplacement silencieux, Volonté de fer, Fuite, Crochetage
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- [MJ] Vivenef
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Re: [Irène Rosewen] Dans l'ombre des puissants.
- «Mais qui dit que la tenancière sait véritablement à qui, ou à quoi, elle a affaire ? Les voies du Chaos sont impénétrables, et nul ne peut se targuer et de les connaître, et de les comprendre. Si ça se trouve, cette… femme… l’aura fourvoyée. Peut-être aussi que vous avez raison. Mais je préfère tout de même garder mes distances, et demeurer prudent. Oui-da. »
Et le cri du forgeron retentit bientôt, détournant l’attention de bien des personnes. Tout autour d’eux, à présent, les regards étaient braqués sur eux, et des mines intriguées et interdites semblaient exprimer une certaine désapprobation. D’autres, en revanche, arboraient un petit sourire, qui se voulait discret. Et d’autres encore, bien moins nombreux, avaient suivi les intentions d’Evaë depuis le début, se demandant bien ce qu’elle comptait faire en se penchant comme cela vers l’avant, sans rien dire, avec force précaution. Ils venaient tous d’avoir la réponse, et rigolait franchement, aussi bien par la plaisanterie que par le rire communiquant de la jeune femme.
Le forgeron, de son côté, soufflait comme un bœuf, partagé entre la colère de s’être laissé berner comme un gosse et le soulagement final ; non, il n’encourrait rien avec ce fugace contact. Finalement, il se laissa aller, et se détendit simplement, et l’heure de partir était arrivée pour le duo de jeunes femmes. A son tour, voyant qu’elles se devaient de partir, il leur souhaita galamment bonne continuation, et, pourquoi pas, au plaisir de les revoir en ce lieu.
Irène et Evaë rentrèrent donc aux Plaisirs Terrestres de Désèle, quand leur vint l’idée que d’aller raconter à la tenancière ce qu’elles avaient vu à la Jeune Jouvencelle, et en quoi celle-ci pouvait leur faire concurrence.
« Bonne idée, oui. Allons-y à deux. »
Lorsqu’elles parvinrent aux alentours de la maison close, si celle-ci avait été fermée, il n’en demeurait pas moins que quelques badauds trainassaient de ce côté, et s’étaient arrêtés en observant une certaine procession.
Des femmes en longue robe, toute blanche et très simple, avec un cœur rouge percé et sanguinolent cousu sur la poitrine, ressortaient par l’entrée, emmenant avec elles une Ambre vêtue des mêmes atours. Celle-ci semblait extrêmement craintive à l’idée de sortir au-dehors, exposée à tous ces regards, et l’on voyait comme un air fou et apeuré passer dans l’expression de ses traits fuyants. Elle n’était plus que l’ombre d’elle-même, et ses yeux bleus clairs avaient tout perdu de leur éclat de jadis.
Quelques plaisanteries fusaient, en la présence de bougres qui se demandaient si c’était là une Shallya party, et si l’on pouvait en profiter pour se taper au passage quelques prêtresses, choses impossible d’ordinaire.
Peu après, Désèle les attendait dans son bureau.
«J’ai cru comprendre que vous vous êtes… « infiltrées » en terrai hostile pour y glaner quelques informations, lesquelles pourraient s’avérer intéressantes… ? »
L’idée de voir ses deux catins métamorphosées en espionne lui plaisait quelque peu, et l’amusait, semblait-il, eu égard au petit sourire qui éclairait son visage.
- Irène Rosewen
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Re: [Irène Rosewen] Dans l'ombre des puissants.
Au vu du sourire que nous laissa Désèle, notre escapade à la Jeune Jouvencelle avait de quoi l’amuser.
- En fait, si nous sommes entrées dans l’établissement, c’était avant tout par pure curiosité, précisai-je avec un petit sourire. Evaë avait entendu parler d’une nouvelle femme là-bas qui faisait beaucoup de bruit et était déjà le siège de beaucoup de rumeurs. Et, au cours de notre visite, nous nous sommes dit, effectivement, qu’il serait peut-être bon de vous notifier quelques éléments concernant leur franchise.
J’échangeai un regard avec Eva avant de continuer.
- Ils ont donc une nouvelle fille chez eux, une étrangère. Je ne sais d’où elle vient, mais je n’avais encore jamais vu de traits comme les siens. Son visage est assez unique, et tout particulièrement ses yeux, qui sont effilés, et la paupière disparait sous un repli de peau lorsqu’elle ouvre les yeux… Je ne savais pas comment expliquer la chose, et l’image me paraissait risible et peu fidèle à ce que j’avais pu observer en vrai. Elle est très jolie, et on ne parle que d’elle en ce moment. Beaucoup de rumeurs courent néanmoins ; ces yeux si étranges attirent des murmures à propos de mutations. Elle effraie beaucoup de gens, en somme, même si à moi elle m’a paru être une simple étrangère.
Je haussai les épaules.
- Le plus intéressant pour moi est un nouveau service qu’ils vont proposer prochainement. Ils se sont targués être les premiers du quartier à proposer pareille chose : ils comptent fournir non plus seulement des filles, mais également des hommes prostitués. Peut-être le saviez-vous déjà, mais, voilà tout ce que nous pouvons vous rapporter.
- En fait, si nous sommes entrées dans l’établissement, c’était avant tout par pure curiosité, précisai-je avec un petit sourire. Evaë avait entendu parler d’une nouvelle femme là-bas qui faisait beaucoup de bruit et était déjà le siège de beaucoup de rumeurs. Et, au cours de notre visite, nous nous sommes dit, effectivement, qu’il serait peut-être bon de vous notifier quelques éléments concernant leur franchise.
J’échangeai un regard avec Eva avant de continuer.
- Ils ont donc une nouvelle fille chez eux, une étrangère. Je ne sais d’où elle vient, mais je n’avais encore jamais vu de traits comme les siens. Son visage est assez unique, et tout particulièrement ses yeux, qui sont effilés, et la paupière disparait sous un repli de peau lorsqu’elle ouvre les yeux… Je ne savais pas comment expliquer la chose, et l’image me paraissait risible et peu fidèle à ce que j’avais pu observer en vrai. Elle est très jolie, et on ne parle que d’elle en ce moment. Beaucoup de rumeurs courent néanmoins ; ces yeux si étranges attirent des murmures à propos de mutations. Elle effraie beaucoup de gens, en somme, même si à moi elle m’a paru être une simple étrangère.
Je haussai les épaules.
- Le plus intéressant pour moi est un nouveau service qu’ils vont proposer prochainement. Ils se sont targués être les premiers du quartier à proposer pareille chose : ils comptent fournir non plus seulement des filles, mais également des hommes prostitués. Peut-être le saviez-vous déjà, mais, voilà tout ce que nous pouvons vous rapporter.
Modifié en dernier par [MJ] Vivenef le 04 août 2015, 19:17, modifié 1 fois.
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Rosewen Irène, Voie de la courtisane
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