[Irène Rosewen] Dans l'ombre des puissants.

Nuln est la seconde ville de l’Empire et du Reikland. Nuln centralise tout le commerce du sud, c’est là que convergent les voyageurs du Wissenland, du Stirland, d’Averland et des régions plus à l’est. Nuln est le siège de l’Ecole Impériale d’Artillerie, où les canons sont fondus et où les artilleurs apprennent la balistique. Ils y étudient les nombreux problèmes pratiques liés au déplacement et à la mise en œuvre des pièces d’artillerie. Grâce à leurs efforts, l’Empire bénéficie d’un vaste et efficace corps d’artillerie, de loin supérieur à tous ceux des pays frontaliers.

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Re: [Irène Rosewen] Dans l'ombre des puissants.

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  • «Si elle fait partie de la famille d’Alfred ? Oui ; il s’agit là de sa femme, encore que je me demande bien ce qu’une nana pareille peut foutre avec l’autre, m’enfin bon. Ainsi va la vie. »

    Dans la rue, en compagnie d’Erwan.
    Ils venaient tout juste de sortir. A la faveur de la nuit, l’air s’était quelque peu rafraîchi en comparaison de la chaleur étouffante des derniers jours et qui devenait accablante dans l’après-midi. Une petite brise louvoyait entre les pâtés de maisons du quartier, s’engouffrant dans les venelles jonchés d’ordures, apportant une douceur qui vous caressait les cheveux et faisait bruisser le tissu de vos vêtements. Cela n’allait pas sans, toutefois, le charriage certain des mauvaises odeurs et si, de temps à autre, l’air s’avérait mauvais, il pouvait véritablement devenir pestilentiel en quelques occasions.

    «Il ne rentre pas avec nous car il a quelques affaires pressantes à régler. Le plus tôt sera le mieux, et il sera déjà parti en fiacre, je gage. » Cela répondait également à la question de savoir si l’homme comptait se préparer ou non. Il ne s’agissait pas d’obligeance ou de manière, mais bien de vivacité et de promptitude. En dépit de l’heure avancée, dans les grandes artères, Nuln demeurait Nuln, et la ville fourmillait encore d’une agitation vespérale qui agglutinait parfois les personnes les unes aux autres. De curieux coups d’œil leur étaient jetés, pour ceux qui les remarquaient ; dans ces quartiers-ci, les putains n’étaient pas si nombreuses que cela, et demeuraient pour la plupart claquemurées dans les bordels où elles officiaient, par décence aussi bien que par commodité. Ou alors, à l’inverse, si la vêture de la jeune femme était de belle qualité, faisant bien davantage « bien habillé » et mondaine que « courtisane », l’attitude des gens n’en changea pas pour autant ; il demeurait tout aussi rare à ce qu’une noble ou grande bourgeoise sortît ainsi parée le soir dans les bas-quartiers de la Neuestadt, et ces mêmes coups d’œil balayaient aussi bien Irène que son sigisbée, qui le remarqua.

    «Bha, tant qu’à faire… Marchons tels des seigneurs !, lança Erwan en souriant, tout en proposant galamment son bras à la catin. Herr Karsten habite dans les plus hauts et les plus beaux quartiers de la Neuestadt, non loin du mur intérieur séparant la basse-ville de l’Altestadt. C’est un beau manoir, vous verrez, tout ce qu’il y a de noble, à vrai dire. »

    Là, Erwan, et possiblement Irène, si elle se prêtait au jeu, marcha dans une attitude altière et légèrement exagérée, fendant la foule droit devant. Nuln comportait son petit lot de passage étroit, escarpé, ou tout simplement embourbé de détritus, quand bien même se raréfiaient-ils à mesure qu’ils montaient dans la ville. Toujours, le jeune homme l’aidait à franchir ces obstacles, lui tendant la main, la laissant passer devant elle. Il y eut même ce moment où la venelle exiguë s’étrangla sur une marre de saletés et tout un tas de pots de chambre vidés du petit hôtel formant un côté de la rue.

    «Ah, fit-il simplement en s’arrêtant devant ce magma immonde. Puis-je m’entretenir de votre volonté à ce que je vous porte, pour épargner votre vêture et vos petits souliers ? » Il n’attendit même pas la réponse, s’emparant de la jeune femme, la faisant pivoter sur elle-même pour la prendre dans ses bras et lui faire traverser la mare putrescente. Non, je plaisante ; je ne voudrais pas que Karsten pense que je n’ai pas effectué à bien ma mission en vous amenant toute crottée et en ayant détruit le bas de votre robe.»

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Irène Rosewen
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Re: [Irène Rosewen] Dans l'ombre des puissants.

Message par Irène Rosewen »

Je levai les yeux au ciel alors qu'Erwan voulut imiter le port de seigneurs. Etait-il toujours si enjoué, si amusé d’un rien ? Amusée malgré moi, je fis comme lui, et entrepris d’imiter la haute noblesse. Le dos droit, le cou raide, le regard droit devant, n’accordant que des coups d’œil altiers aux curieux qui se retournaient pour nous observer. Lorsque nous finîmes par bifurquer dans des rues plus discrètes, ou personne n’était là pour nous remarquer, j’abandonnai quelque peu le jeu, et regardai Erwan quelques instants.

- Vous qui côtoyez tous les jours les nobles et les riches… N’avez-vous jamais souhaité être né sous de meilleurs auspices ?

A vrai dire, je n’étais pas sûre que messire d’Ablaÿ ressentisse le besoin de s’élever. Il était très copieusement entretenu, et jouissait d’une assez bonne richesse, en plus de participer aux affaires personnelles de son seigneur. En clair, il avait un peu une vie de noble en soi, sans les inconvénients des responsabilités et des obligations que supposaient un titre officiel. J’étais même à peu près sûre que, s’il le souhaitait, il pourrait un jour se marier avec une dame de bonne famille – sans aller jusqu’à dire une noble, mais une bourgeoise, pourquoi pas. Mais malgré tous ces éléments qui parcouraient mes pensées, j’avais voulu poser la question.

- Il y a bien longtemps que je n’ai pas pénétré dans les beaux quartiers. En fait, je crois que mes passages là-bas doivent pouvoir se compter sur les doigts de la main.

Erwan se montra très courtois durant notre promenade, fidèle à lui-même, poussant les manières jusqu’à me porter pour m’éviter de salir ma robe et le cuir de mes chaussures. Ainsi contre lui, je distinguai malgré moi les fragrances de son parfum.

- Etonnant, dis-je alors qu’il me reposait sur le sol, une fois la mare d’immondices dépassée, une certaine expression satisfaite sur le visage. Soulevant de quelques centimètres la gaze de ma robe pour qu’elle ne touche pas les pavés crasseux, je me rapprochai soudain de lui, vrillant mes yeux dans les siens, le forçant presque à se plaquer contre le mur de la ruelle étroite. Nous sommes loin de la foule des autres femmes concurrentes du bordel et des petites manigances de votre « expérience ». Pourtant vous continuez à user de vos charmes, tel un coq devant une poule. Quel argument allez-vous me sortir, cette fois ?
Modifié en dernier par [MJ] Vivenef le 05 juil. 2015, 15:36, modifié 1 fois.
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Re: [Irène Rosewen] Dans l'ombre des puissants.

Message par [MJ] Vivenef »

  • Si Irène avait posé sa question, la réponse que lui apporta Erwan confirma la suite de ses pensées.

    «Non, pas tant que cela, à vrai dire. Je ne suis pas à plaindre ; je dispose de tout ce que je veux, ou presque, dans la limite du possible. Le manoir de Herr Karsten est aussi le mien, d’une certaine manière, vu que j’y habite, et le cadre y est agréable. En fait, je vis une vie de noble sans les inconvénients. Certes, c’est ainsi moi qui dois aller au casse-pipe lorsque je besoin s’en fait sentir, mais, au fond, je ne m’en plains pas vraiment ; cela ne fait qu’ajouter un petit côté piquant que j’apprécie fortement à une existence qui, sans cela, me serait bien terne. Je dois également me reposer sur la décision de mon supérieur, espérant que celui-ci n’optera pas pour la mauvaise ; je n’ai pas mon libre arbitre sur ce point. Mais, pour le moment, Karsten ne s’est pas trop planté, alors, tout va bien. »

    Il haussa simplement les épaules, comme s’il s’agissait là d’une vulgaire formalité. Ils continuèrent de marcher, jusqu’à cette venelle totalement encrassée. L’ayant portée avec légèrement, il lui fit traverser cette nouvelle épreuve, fort salissante pour toute vêture, et ses bottes en pâtirent quelque peu. Lorsqu’elle se plaqua contre lui dans quelque moyen de pression, comme pour lui faire avouer un méfait qu’il n’avait pas véritablement commis, il se laissa gentiment faire, répondant à son regard.

    «Eh bien, ne viendrais-je pas de vous dire pourquoi ? », questionna-t-il, étonné. Ou bien, si cela peut vous faire plaisir, serait-ce effectivement pour une autre raison… ? Erwan laissa filer un petit instant dans cette promiscuité soudaine, alors que seules les ordures les entouraient de leur aspect répugnant. Puis, joueur, il se mit à imiter Irène ; l’un de ses doigts était venu titiller de dessous de son oreille, glissant le long de sa mâchoire, traversant son cou. Mais il ne s’arrêta pas en si bon chemin, à l’image de la catin ; il effleura le haut de la robe d’Irène, suivant le contour du tissu dont la courbe soulignait l’échancrure du décolleté, et ce même toucher flirta avec la peau de la poitrine de la catin, jusqu’à finir sa course entre ses seins, appuyant légèrement sur le décolleté de façon à forcer en douceur une petite ouverture, creusant le tissu. Elle s’était plaquée contre lui, il fit de même avec elle, si cela était encore possible.

    «Me porteriez-vous –encore- rancune pour la mention d’une expérience ? Dites-vous simplement, alors que Karsten avait tout loisir de nous entendre, en plus de nous observer, ostensiblement, que je préférais me couvrir. »

    L’instant plana encore un petit moment, dans cette même ambiance aussi interdite qu’intimiste. Quelque chose s’agita alors dans la périphérie du champ de vision de la jeune femme. Un groupe de personnes arrivait.

    «Ouaiiiiiis là ! Le bisou, le bisou le bisou !
    -Chope-la, gros !
    - Trousse-la !
    - Fais tourner, mont’nous un peu c’qu’elle cache ! Mon’t’la tout court !
    - Ye buddy !
    »

    Bouteille à la main, goulot aux bords des lèvres, quatre étudiants de l’école d’ingénierie de Nuln s’étaient attroupés en arc de cercle autour des deux jeunes gens.

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Irène Rosewen
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Re: [Irène Rosewen] Dans l'ombre des puissants.

Message par Irène Rosewen »

- Mmh mmh… fis-je, pensive, suite à ses propos concernant sa vie actuelle. Vous avez sûrement raison ; moi-même ne vois-je pas comment l’on pourrait ne pas vous envier, à vrai dire. Comment êtes-vous entré au service de messire von Drash ?

En comparaison, même en m’activant dans un bordel de luxe de Nuln, voire le plus luxueux de tous, je ne pouvais pas me vanter des mêmes privilèges. Je restais assez ligotée à mon poste, tributaire de Désèle pour tout ; je n’étais pas aussi libre que lui. Certes, je ne regrettais en rien d’avoir quitté les rues pour cela. Mais, depuis quinze ans que je vivais dans cette maison close, tout d’abord en tant que larbin, puis en tant que catin, je commençais à avoir envie d’autre chose. J’avais beau me décarcasser et attirer les meilleurs clients, cela ne semblait pourtant jamais assez pour que mes économies ne me permettent de partir. Assez rêveuse, pourpensant à des enjeux dont mon compagnon ne se doutait sûrement pas, je restai silencieuse jusqu’à cette fameuse rue crasseuse, où je ne pus m’empêcher de revenir sur les propos qu’il avait prononcés quelques heures plus tôt.

- Oh, allons, nous savons tous les deux que ce ne sont ni ma robe ni mes souliers qui l’intéressent, quand bien même finiraient-ils sales. Je ne suis pas sûre de la garder longtemps, cette robe, une fois dans sa chambrée. Mais… soit, j’ai peut-être exagéré un tant soit peu, il est vrai. Votre éducation semble rendre ce genre d’action naturelle ; et je ne suis pas habituée à recevoir tant d’attentions désintéressées. Et encore moins lorsque je suis déjà « promise » à un autre ; dans ce cas, ils passent leur chemin sans même se retourner. Petite pause. Cependant… le sont-elles vraiment, désintéressées ? ajoutai-je soudainement, alors qu’il faisait désormais glisser son doigt sur ma peau, calquant mes propres gestes effectués un peu plus tôt.

Nous étions maintenant très proches l’un de l’autre, beaucoup trop proches selon les critères de Karsten. Je savais très bien qu’il m’était interdit de jouer comme cela avec un autre que lui ce soir-là, mais cette interdiction, à cet instant, ne faisait que me tenter plus encore à franchir la ligne rouge. J’avais brusquement très chaud, oscillant entre mes obligations et mon trouble pour cet homme. Mon trouble ; c’était le mot, car il ne s’agissait pas là uniquement de désir.

- Craignez-vous tant que ça le courroux de votre supérieur ? Je ne suis pas sûre qu’il vous tienne rigueur de cela, lui qui vous encourageait tant à prendre une fille, tout à l’heure. Quant à moi, je ne suis qu’un caprice pour lui, un objet intéressant seulement parce que je suis apparue sur une peinture. Dès demain, il m’aura oubliée.

Sans jamais le quitter des yeux, je poussai la tentation jusqu’à aller effleurer sa ceinture. Ce fut là que des éléments perturbateurs vinrent déranger notre tête-à-tête. A moitié ivres, voilà que des jeunes étudiants s’amusaient à la vision de notre couple. Si le premier s’était montré assez drôle, les autres, dans leurs paroles, furent bien plus grossiers, et la tête désormais tournée vers eux, je les toisai quelques instants, encore blottie contre Erwan.

- Vous me prenez pour une putain, peut-être ? Bien évidemment, ils ne pouvaient saisir là toute l’ironie de mes propos. Dégagez.
Modifié en dernier par [MJ] Vivenef le 05 juil. 2015, 15:37, modifié 1 fois.
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Re: [Irène Rosewen] Dans l'ombre des puissants.

Message par [MJ] Vivenef »

  • Irène s’était longuement interrogée sur la noblesse du personnage, savoir si Erwan était de sang-bleu ou non. A présent, une autre interrogation subsistait ; pourquoi suivait-il Karsten, comment était-il entré à son service ?
    Test de Charisme.
    Vu la suite des évènements et du RP, un quelconque EC ne sera pas aussi violent que d’ordinaire.
    CHA Irène : 11 +1 (séduction) =12.
    Résultat : 19.
    Bha tiens, tu vois. :mrgreen:

    Et cette même question ne plut pas trop. Non pas qu’Erwan en tira une certaine colère ou devint subitement agressif, préférant fermer la porte, pour de bon, sur un passé qu’il préférait oublier, non. Son visage se fit plutôt distant, comme plongé dans les vestiges d’un passé occulté. Il eut un petit sourire gêné, sans pour autant qu’il perdît sa chaleur.

    «Vous êtes bien curieuse, damoiselle Irène. Vous m’avez déjà posé de nombreuses questions ; je crois que c’est à mon tour que d’en poser. »

    S’il avait des interrogations en tête, toutefois, il ne les posa pas, et ils continuèrent la route. Probablement attendait-il un moment plus propice, alors que ses yeux demeuraient braqués sur le sol afin d’éviter les immondices.

    Plus tard, l’un contre l’autre dans une ruelle étroite, le sourire d’Erwan n’avait cessé de s’élargir, matois.
    «Savoir si tout cela est totalement désintéressé ? Eh bien… » Nul doute qu’il avait voulu ajouter quelque chose, peut-être même joindre le geste à ses pensées, mais les étudiants venaient juste d’arriver, mettant un froid dans cette ambiance si romantique et empuantie d’ordures.

    «Foutus blancs-becs », avait-il laissé échapper, tout bas, avant de se retourner vers eux. Là, il lâcha Irène, et fit un pas en leur direction.

    «Allez picoler ailleurs, et foutez la paix aux gens.
    - Tranquille, c’est…

    Il sortit sa rapière.
    - Cassez-vous
    -Holà, tu vas tout de même pas…
    »
    Attaque d’Erwan : / -2 (objectif très précis).
    Résultat : 17 ; raté.

    Un cri de douleur se fit entendre, et une bouteille de vin explosa dans une main, juste après que le serviteur de Karsten eut fait décrire une jolie courbe à sa rapière.

    «Et… Et merde. Je visais juste la bouteille ! »
    Il n’avait pas loupé la bouteille, non, et celle-ci, en explosant, avait criblé la main qui la tenait de tesson de verre. Seulement, la pointe effilée de sa rapière n’avait pas non plus épargné le poignet de l’étudiant et sa main, et le bout de la manche de son costume avait été tranché en deux, laissant apparaître une peau dans le même état qui ruisselait de sang. Le petit groupe s’était figé dans une expression bouche-bée, trop soul pour comprendre immédiatement de quoi il en retournait. Quant au cri de douleur, peut-être s’agissait-il, en réalité, d’un simple cri de surprise, la douleur mettant un certain temps avant de parvenir jusqu’à cet esprit anesthésié par l’alcool. Et il continua de beugler, regardant sa main et son poignet, devenant de plus en plus livide, avant de tomber dans les pommes. Alors ce fut aux autres de beugler à leur tour leur panique.

    «Il l’a tué, il a tué Eli, le fils de pute !!
    - … Merde, restons pas là.
    »

    Sans plus autre indication, Erwan s’empara du poignet d’Irène et l’entraîna dans son sillage, tournant le dos à la scène et aux étudiants abrutis pour s’engager dans la plus proche ruelle. Les cris continuaient de retentir derrière eux, et tout le tapage semblait attirer l’attention de plusieurs personnes.
    Je vais refaire le teste avec Rantanplan ; test d’habileté, si degré d’échec > 2, vous vous cassez la figure.

    Test Irène :
    Hab : 10 +1 (fuite) = 11
    Résultat : 16.
    Des barres.

    Test Erwan :
    Hab : / (il a un bonus, mais aussi un malus parce que tu es tombée et qu’il te tirait par la manche). Par ailleurs, ça a beau être Erwan, il a quand même quelques sales caractéristiques avec un profit Wh.
    10 : Réussi.

    Alors qu’ils déguerpirent de la sorte, Irène trébucha lourdement sur quelques immondices, dans un joli spectacle qui ne fut pas sans lui rappeler une scène qu’elle avait déjà vécue quelque temps auparavant. Sans même la regarder, alors qu’il filait droit devant, Erwan ressentit le choc dans son propre bras dont la main tenait le poignet de la jeune femme. Stoppant net son élan, il se retourna, que pour mieux porter secours à Irène. La saisissant par la taille, il la releva sans effort.

    «L’habitude de passer son temps à genoux ?, lui lança-t-il avec son plus grand sourire, tandis que derrière eux retentissait un coup de sifflet, peut-être donné par une patrouille. Ahlalala, les femmes et leurs talons. Faudrait-il que je vous porte de nouveau ? »
    Il s’agissait là d’une douce ironie nerveuse, subvenue au cœur d’une situation qui pourrait s’avérer gênante si quelques gardes leur mettaient le grappin dessus. Karsten leur avait dit de l’attendre dans son manoir, et non pas dans quelque geôle putride du bâtiment de la milice urbaine. Ils continuèrent encore droit devant, mais à une allure moins pressée ; la nuit et la hauteur de certains bâtiments plongeaient les venelles dans une quasi-obscurité, et il devenait dès lors très difficile d’apercevoir quoi que ce fût. Cela pouvait jouer en leur faveur comme en leur défaveur. Un nouveau coup de sifflet retentit non loin d’eux, sur leur gauche.

    «Ce n’est pas tout à fait comme les bas-quartiers de la Neuestadt, ici. Il y a beaucoup moins de grabuge dans ces beaux quartiers, en temps normal, et les gardes en deviennent d’autant plus zélés qu’il se passe enfin quelque chose. J’imagine que les pauvres types ont donné notre signalement. J’espère surtout qu’ils ne m’auront pas reconnus, quelque fois que. »

    Il soupira, pestant à voix basse. A l’autre bout de la ruelle, deux gardes venaient de pénétrer dans la sombre allée. Pas de ruelle adjacente à la leur. Des alcôves sombres, formées par les encorbellements des édifices aux portes closes. Quelques beaux tas d’ordures bien fournis çà et là. Un peu en avant, quelques marches montaient vers un parvis surélevé par rapport à la venelle, donnant la possibilité de se croiser bien plus facilement. En face de ce même parvis, un parterre de fleurs et quelques haies.
    Les tas d’ordures et les recoins sombres sous les bâtiments sont à proximités immédiates ; pas de déplacement pour y parvenir (un test en moins).
    Ordure = dissimulation très facile (bonus).
    Alcôve = dissimulation normale (pas de bonus ni malus).

    Parterre : plus loin en direction des garde, nécessite un test de discrétion pour y aller sans être vu ; une fois dedans, dissimulation très facile (bonus).
    Possibilité de faire demi-tour, ou bien de faire comme si de rien n’était pour les gardes (voire de leur parler ?)

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Irène Rosewen
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Re: [Irène Rosewen] Dans l'ombre des puissants.

Message par Irène Rosewen »

- Dîtes-vous que je ne me montre curieuse qu’avec ceux qui m’intéressent, répliquai-je à sa réponse suite à mon questionnement concernant son embauche chez les von Drash.

Erwan resta silencieux par la suite, ne posant pas les questions qu’il considérait légitimes après toutes les miennes. Peut-être n’en avait-il pas, après tout, et n’était-ce là qu’une façon d’éluder la mienne. Je regardai Erwan en catimini, curieuse de déterminer en détails l’expression qui lui traversait le visage, mais n’insistai pas plus, respectant son désir d’éviter le sujet.
Et, malgré notre interlude suivant et la situation brûlante que cela amena, nous fûmes donc interrompus par des étudiants ivres. Mon invective concernant mon intention de les voir disparaître n’eut pas grand effet, ou du moins, n’eut pas même le temps d’être obéie. Erwan se planta devant eux, partant au quart de tour. Quelques secondes supplémentaires et il avait dégainé sa rapière, perdant patience à une vitesse qui m’étonna de sa part.

- Erwan… laissai-je échapper, les yeux quelque peu écarquillés devant l’explosion de la bouteille d’alcool et le sang qui jaillit soudain du poignet de l’étudiant le plus proche.

Les étudiants paniquèrent à la vue du sang, et, maladroits du fait de l’alcool, ils eurent des gestes contradictoires, perturbés et hésitants entre plusieurs marches à suivre. Aider leur ami dans les vapes, attaquer Erwan en retour, ou prendre la fuite, voilà déjà trois solutions qui s’offraient à eux, et la lenteur de leur esprit imbriaque les empêchait de réagir tout de suite. Durant ces longues secondes, Erwan m’attrapa le poignet prestement, m’enjoignant à le suivre, ce que je fis sans rouspéter.
Agrippant les plis de ma robe devant moi pour libérer mes pieds et courir de façon plus aisée, je suivis le maître d’armes allègrement. Il fallait croire que la fuite à pleine course n’était pas mon fort, néanmoins ; car, à l’image de la dernière fois que j’avais dû courir en pleine rue, de nuit, je trébuchai et fit à nouveau la rencontre des pavés. Un couinement pathétique m’échappa dans la surprise de ma chute. Erwan, tiré en arrière par mon poignet qu’il tenait toujours, se retourna, vivace, et me releva aussi rapidement que j’étais tombée.

- Moquerie fort peu avisée de la part d’un maître d’arme qui vient de rater son coup, lançai-je du tac au tac, arborant le même sourire ironique, quelque peu entaché par l’urgence de la fuite actuelle. Un point partout, dirons-nous donc.

Le pas rapide, nous tournions dans les ruelles sombres, mettant le plus de distance possible entre les étudiants et les gardes qui sifflaient au loin. Dans ce quartier que je connaissais à peine, je suivais Erwan aveuglément, espérant que le manoir de Karsten n’était pas loin. Je réfléchis aux dernières paroles du blondinet.

- Les gardes sont zélés, mais iraient-ils jusqu’à reprendre un serviteur de Karsten visiblement bien connu ? Les étudiants étaient ivres ; qui sait ce qu’ils auraient fait dans leur volonté malsaine et imbibée si nous n’avions pas répliqué aussitôt. Tout est en votre faveur, et fuir ainsi ne fait qu’augmenter les chances de passer pour coupable, n’est-il pas ? Ne serait-il pas meilleur d’expliquer la situation à notre avantage aux gardes, tranquillement, si nous en croisons ?

Et ma question s’avéra prémonitoire ou presque. Une trentaine de secondes plus tard et nous notions la silhouette caractéristique de deux gardes à l’autre bout de la ruelle sombre. Si nous les avions vus, il devait en être de même à l’opposé ; mais je ne pus m’empêcher de chercher des yeux une issue, comme ce que fit Erwan, probablement. L’idée de se cacher et de disparaître de leur vue alors qu’ils nous avaient sûrement déjà vus me parût ridicule, néanmoins. Cela me semblait être comme se tirer une balle dans le pied alors qu’après tout, nous n’avions rien ou presque à nous reprocher. Ainsi, je décidai de faire comme si de rien n’était, et de jouer de simples partenaires qui rentraient vers un endroit quelconque de ces beaux quartiers. Je m’affichai au côté d’Erwan, un bras replié sous le sien, et ma main opposée revenant doucement se poser sur le bras qui m’escortait. D’un regard et d’une légère pression de mes doigts, je lui intimai de marcher l’air de rien. Je comptais grimper sur un parvis quelconque en croisant les gardes, les laissant passer poliment, tranquillement. Et si d’aventure ils s’arrêtaient pour nous questionner ou tout simplement nous saluer, je répondrais et aviserais en conséquence.
Modifié en dernier par [MJ] Vivenef le 18 juil. 2015, 17:39, modifié 1 fois.
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Re: [Irène Rosewen] Dans l'ombre des puissants.

Message par [MJ] Vivenef »

  • Ils n’eurent pas bien le temps de palabrer que plus encore à propos de leur fuite, des gardes, des étudiants, et de ce qu’ils auraient éventuellement pu faire ; là, dans cette venelle fort étroite, deux gardes venaient d’apparaître, et l’heure était davantage à l’action qu’aux explications. Non, les gardes ne les avaient pas encore vus, mais qu’importait ; Irène s’avait déjà fait son choix. Se comportant à la manière d’un Erwan rieur, comme il l’avait été tout à l’heure, au sortir des Plaisirs Terrestres, la catin emprunta les traits et l’allure d’une noble dame, ou tout au moins grande bourgeoise, et s’appuya avec grâce sur le bras galantement offert de son cavalier. Une petite pression et un pas plus tard, et le message était passé ; Erwan lui emboîta le pas.

    Le silence s’était fait dans la ruelle, là où, d’ordinaire, un tel couple rentrant d’une soirée mondaine eût quelque peu discuté de leurs dernières rencontres, de l’accoutrement de telle ou telle personne, et des cabales fomentées en secret à l’encontre de leurs comparses. Mais là, rien ; en apercevant les gardes, lesquels pourraient se transformer d’un instant à l’autre en zélé détracteurs, ils s’étaient tus. Mais peut-être ce mutisme était tributaire, aux yeux de ces deux miliciens, de quelques palabres intimes et libidineuses que l’on aurait immédiatement tues en la présence d’étrangers ? Le temps du passage, et l’on aurait repris cette discussion immédiatement, avant de la poursuivre sous les draps ? Ce fut probablement ce à quoi ils pensèrent ; les deux couples –l’un éminemment plus romantique que le second- s’échangèrent de rapides regards, et passèrent leur chemin, se croisant sur le petit parvis surélevé d’une habitation.

    «C’était mort, pour les tas d’ordures. Oui, j’ai très bien vu votre regard », glissa Erwan à l’oreille d’Irène. Il s’en amusait, mais ressentit tout de même le besoin de revenir sur les précédents évènements.

    «Je me dois de m’excuser pour ce petit incident qui vous aura coûté une jolie petite chute. Je ne me suis pas énervé, j’ai simplement souhaité jouer… Voir si j’étais capable de ne toucher que la bouteille. Ben apparemment pas. » Il s’esclaffa tout seul, à présent que l’adrénaline et l’anxiété de cette situation s’étaient envolées.

    «Quant aux gardes, eh bien, vous savez comment fonctionne cette maudite justice… Tentez d’aider une pauvre jeune femme en train de se faire harceler, et potentiellement violer par la suite ; si vous la défendez avant qu’il y eût eu agression, c’est tout pour votre pomme. Et cela est d’autant plus vrai qu’il s’agissait probablement de nobles godelureaux, ce que je ne suis aucunement pas. Il lui jeta un coup d’œil en coin. Noble, j’entends. Godelureaux aussi, remarque. Bref, ces fils de beau-papa, assez riches et mondains pour se payer l’école d’ingénierie de Nuln, auraient volé dans les jupons de ce dernier pour le mettre au courant du brigand qui se serait violemment acharné sur eux lorsqu’ils ne faisaient que souhaiter le bonsoir à une noble dame. Par ailleurs, une enquête plus approfondie aurait révélé que vous n’en êtes pas une, bien au contraire, et m’aurait également apparenté à Karsten. La résolution de l’affaire n’importerait que peu ; elle aurait de toute façon entaché la réputation de notre ami commun –et moi, j’aurais certainement pris cher pour avoir assailli un noble. »

    Ils continuèrent encore un petit moment dans les ruelles de la Cité Etat. Erwan retrouva son chemin dans ce labyrinthe d’allées et de boulevards toujours plus riches et plus propres, avant de parvenir jusqu’à un beau et grand manoir, aux abords de l’imposant mur intérieur qui délimitait les quartiers de la Neuestadt avec ceux du gratin de la noblesse Nulnoise. Grand pavillon, plusieurs étages, bien meublés, grands couloirs qui délimitaient l’espace et des pièces plus grandes encore, des tableaux et quelques tapisseries représentants des scènes diverses et variées ; tout ce qui faisait une maison de noble.

    En arrivant dans le vestibule, trois types à l’allure patibulaire, costauds, égrillards et de mauvaise vie l’occupaient déjà.
    «… Branlé qu’on lui a mise ! J’crois qu’il a compris le message.
    - Clairement ; c’est du tout cuit, là !
    »

    Ils avisèrent de la présence d’Erwan et d’Irène, lesquels venaient de rentrer. Quelques sifflements.
    «Eh bhé, visez-moi un peu ça, les gars ! Eh ben, Erwan, on s’fait pas chier, dis-moi, à ramener c’genre de gonzesse chez l’Patron !
    - ‘Crois qu’c’est pour lui, ou ben pour l’Patron, justement ?
    , s’enquit un autre.
    - P’être ben pour l’Patron, justement, tu l’connais. Mmh… Et on t’connait aussi, Erwan. Dis-moi, t’aurais quand même bouffé dans la gamelle de Karsten, quand même ?
    balança un troisième, mine chafouine. Erwan ne répondit pas à la remarque, préférant, par commodité, habitude, ou lassitude, passer à un autre sujet.

    «Pourquoi êtes-vous là, vous ?
    - Bha… On attend notre paye, tu sais bien, après qu’on a dérouillé...
    - Oui, oui,
    le coupa le jeune homme, je vois très bien. Karsten sera là dans peu de temps. Quelques affaires à régler, et il sera présent. »

    Les regards aussi intrigués qu’intéressés déshabillèrent la catin, alors qu’Erwan l’éconduisait dans une pièce annexe.
    «Ouais ouais, on imagine très bien pourquoi y s’ra là. J’crois même qu’y s’ra là plus tôt qu’prévu, héhé. »

    La porte se referma sur les trognes de ces trois truands. Erwan se tourna en direction d’Irène.

    «Peut-être voudriez-vous prendre un bain, après toute cette agitation, afin de pouvoir être encore plus présentable que vous ne l’êtes déjà, pour Karsten ? Je peux mettre une camérière à votre service si vous en exprimez le souhait. »
    Si oui, une servante, Elsa, la trentaine, peut te faire couler un bain, t’enduire d’onguent, te masser, etc.

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Irène Rosewen
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Re: [Irène Rosewen] Dans l'ombre des puissants.

Message par Irène Rosewen »

Le souffle court, je restai au côté d’Erwan, droite, et quelque peu tendue. La ruelle était silencieuse et nous approchions des gardes, aussi silencieux que nous. Erwan m’avait suivie sans broncher, arborant le même visage calme et indifférent, jouant à nouveau deux personnes tout à fait en droit d’être là. J’adressai un salut de la tête aux gardes en guise de politesse, nous nous croisâmes, puis nous arrivâmes à l’autre bout de la ruelle. L’instant était passé, et nous n’avions ni été interpellés, ni arrêtés. Un certain soulagement nous parcourut tous les deux, et cela se ressentit d’autant plus qu’Erwan reprenait son expression amusée et ses paroles légères.

- Oui, les ordures ne sont pas mon fort, vous m'en excuserez. Il faut croire que la chance nous sourit jusqu'à présent, en tout cas, répondis-je avec un sourire. Vous aimez beaucoup jouer ; c’est là chose évidente, effectivement, ajoutai-je après sa justification concernant son coup de rapière raté. Vous a-t-on déjà dit que vous étiez un grand gamin ?

J’avais récupéré une certaine légèreté.

- Vous avez peut-être raison, bien que cela en soit navrant, ajoutai-je à propos de la justice et de sa réticence à exposer les faits honnêtement. Je pense tout de même qu’en tant qu’homme d’influence de Karsten von Drash celui-ci aurait eu plus d’influence que ces étudiants, quand bien même étaient-ils nobles. Mais effectivement, si l’on voulait éviter les remous, c’était la meilleure chose à faire. Merci, en tout cas. J’espère que tout cela n’aura aucune conséquence pour vous.

Quant au reste, eh bien il était temps de reprendre la route vers le manoir de Karsten. Nous nous étions définitivement bien trop attardé, et notre jeu interrompu par les étudiants n’était pas prêt de revenir au goût du jour avec la menace, certes infime mais toujours présente, de gardes qui cherchaient un couple, loin derrière nous. Tout le romantisme de l’instant précédent s’était envolé, et nos obligations respectives nous intimaient à nous présenter chez le baron sans plus attendre. Déambulant quelques instants supplémentaires dans les quartiers de plus en plus chics, Erwan termina par se diriger vers un imposant bâtiment que j’observai avec grande curiosité. C’était assurément là la résidence d’un riche propriétaire, et cela ne m’étonnait pas de Karsten, bien que je ne connaisse l’homme que depuis quelques heures à peine. Erwan m’invita à entrer ; et nous pénétrâmes dans un vestibule qui possédait une grande hauteur de plafond ainsi qu’un espace de vie très aéré. Tournant la tête çà et là, j’embrassai du regard les diverses décorations qui agrémentaient la pièce, avant de concentrer mon attention sur les hommes qui se trouvaient déjà là. A leur allure et leur langage, ils n’étaient certainement pas des employés d’importance, mais probablement des petites frappes quelconques au service du baron. Ils parlèrent de moi comme si je n’étais pas là, et Erwan coupa court à la conversation. Ce détail releva ma curiosité, car ce dernier venait visiblement d’éviter à ce que j’entende quelques informations confidentielles. Et, en tant que potinière, il fallait dire que j’aimais à tout savoir.

Je reluquai les hommes tout autant qu’ils le firent avec moi, non sans une certaine audace, puis Erwan me conduisit dans une pièce adjacente.

- Vous avez là de plaisants… amis, lançai-je une fois la porte refermée. Oui, pourquoi pas, c’est une bonne idée, ajoutai-je ensuite avec un léger sourire suite à sa proposition. Un bain me plairait bien, et votre domestique ne sera pas de refus non plus.

Je n’avais jamais eu quiconque à ma disposition, je m’occupais toujours de moi-même seule. Alors vivre ne serait-ce que pendant une petite demi-heure telle une noble, cela n’était vraiment pas quelque chose que j’allais décliner !
J’attendis donc l’arrivée de ladite domestique, et saluai Erwan pour la dernière fois de la soirée. Je me surpris à regretter que le baron ne soit pas lui ; que cela ne fusse pas sa chambre dans laquelle je devais être amenée. Lui accordant un dernier regard, je suivis docilement la servante à travers un dédale de couloirs. Fort curieuse, je regardai tous les tableaux, les meubles, les pièces dans lesquelles je pouvais laisser traîner mon regard. Elsa termina par me faire entrer dans une petite salle réservée pour les soins, elle-même également richement meublée. Après un bain chaud, elle me proposa un massage avec divers onguents.

- Connaissez-vous depuis longtemps messire von Drash et messire d’Ablaÿ ? demandai-je alors qu’elle appliquait ses mains sur la peau de mon dos, déliant les muscles sous ses doigts. Savez-vous… J’eus une pause, ne sachant pas vraiment comment aborder la question. Je n’étais pas pudique à ce propos, mais il était toujours délicat d’amener le sujet sans connaître les principes de son interlocuteur. Je partis dans l'idée qu’Elsa savait pourquoi elle devait me préparer, néanmoins. Alors je terminai ma question. Savez-vous si Karsten est exigeant ?
Modifié en dernier par [MJ] Vivenef le 18 juil. 2015, 17:40, modifié 1 fois.
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[MJ] Vivenef
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Re: [Irène Rosewen] Dans l'ombre des puissants.

Message par [MJ] Vivenef »

  • De plaisants amis. Le sous-entendu ironique était évident, aussi bien que la question ou la recherche d’informations supplémentaires qui n’avait pas été posée. S’il y avait effectivement une envie d’en savoir plus, Erwan répondit à sa manière, avec une certaine habileté.

    «N’est-il pas ? Heureusement que j’ai pris les habitudes et les tics de langage des nobles plutôt que ceux de ces joyeux-lurons-là, à force d’accointances. Il parut amusé, à son tour. Bien, je vais faire venir Elsa à vous. »

    Et quelques instants plus tard, la camérière fut présente. La trentaine, le visage et les traits qui pouvaient aussi bien être onctueux et serviables à l’égard d’un noble que sévères et sérieux à l’encontre des autres. Quelque peu potelée, pas très grande, et de long cheveux frisés qui viraient sur un roux châtain. Elle indiqua poliment à Irène la direction à prendre, et, alors que cette dernière s’engageait vers la pièce suivante, Erwan lui rendit un petit salut de la tête, avant de s’en aller vaquer à ses propres occupations. La catin et la servante traversèrent encore un long couloir sous les yeux ancestraux de regards puissants et sévères qui composaient les différents portraits accrochés le long du mur, positionnés à intervalles réguliers entre chaque paire de portes qui donnait sur une nouvelle pièce. Elsa ne s’avéra pas très loquace, ou était-ce plutôt qu’elle avait du travail à faire ; elle s’occupa de faire couler un bain pour la jeune femme, hissant l’eau du puits, s’occupant de la faire chauffer en versant dans le fond de la cuve pleine de grosses pierres baignées dans la fournaise d’un âtre flamboyant.

    Bien formée dans son service ancillaire, la femme d’atours prit le soin d’effectuer les ablutions de cette nouvelle invitée, lui lavant le dos et les cheveux, lui massant le cuir chevelu avec un doigté certain. Par la suite, elle l’allongea afin de la masser en la recouvrant d’huiles et de baumes parfumés. Pendant ce même massage, si la servante n’était pas très bavarde, très appliquée sur le service qu’elle prodiguait, elle répondit néanmoins aux questions qui lui avaient été posées.

    «Si je connais ces messieurs depuis longtemps ? Je ne sais plus depuis combien de temps je suis au service de Herr Karsten, mais cela remonte à longtemps, effectivement. Quant à messire d’Ablaÿ, cela doit faire quelque cinq étés que nous le connaissons, je crois. Il s’était directement et très bien intégré à la maisonnée, je dois dire. Très charmant, et toujours très poli. »

    Vint la question sur les exigences de Karsten. Oui, Elsa comprit aisément là où voulait en venir la catin, et s’interrompit une demi-seconde dans son massage, avant de réattaquer avec plus d’énergie, un peu plus brutalement, l’espace d’une dizaine de secondes.

    «Pensez-vous vraiment que je partage sa couche ?! » Irène, alors allongée sur le ventre, ne pouvait discerner les traits de la camérière, mais, à son ton outré, il était facile de l’imaginer les lèvres pincées. Elle reprit par la suite.

    «Je ne peux que vous répondre dans la vie de tous les jours ; messire Karsten est quelqu’un d’assez exubérant dans sa façon d’être, très extraverti quand il le veut. Il aime plaisanter, et n’est pas forcément sévère comme il n’est pas forcément magnanime non plus. Il attend juste à ce qu’on le serve bien. » Elle haussa des épaules, comme s’il n’y avait pas grand-chose d’autre à ajouter.

    Une minute plus tard, et la porte s’ouvrit en grand ; Karsten entra dans la pièce, sans même prévenir de son arrivée. Il s’avança vers Irène, balaya la scène du regard ; et mit une grande claque sur les fesses rebondies de la catin, alors allongée sur le ventre.

    «Bien ! Je voulais m’assurer que tu étais bien là. Mais je préfère aussi que tu sois un tant soit peu vêtue, en fait. Le moment que je préfère, ce n’est pas la découverte de la nature du cadeau, mais bien quand j’arrache le papier qu’il y a autour. Arharharh. Pendant ce temps, je vais m’occuper des autres larbins qui attendent dans le vestibule. »

    Ni une ni deux, il fit aussitôt demi-tour, quittant la pièce.

    «… Voilà, lança Elsa, comme si cela concluait son explication. Je suppose que le massage est terminé, et que le temps de vous habiller est venu. » Elle cessa ses activités, laissant Irène se relever. Ouvrant un placard, elle désigna l’ensemble d’une petite garde-robe.

    «Prenez donc ce qui vous sied. »
    En gros ; habille-toi comme il te sied. :mrgreen:

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Irène Rosewen
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Re: [Irène Rosewen] Dans l'ombre des puissants.

Message par Irène Rosewen »

Elsa se montra très serviable, et ce fut le témoin de ses longues années de service dans ce manoir. L’on sentait dans ses gestes l’expérience et l’habitude des tâches qu’elle effectuait, et les ablutions qu’elle m’accorda furent très agréables et professionnelles. Elle répondit tranquillement à mes questions, mais non sans une certaine sècheresse lorsque j’abordai la dernière question.

- Non… répondis-je à son invective soudaine. A plat ventre, soudain massée avec bien plus de force, je restai immobile, les muscles déliés sous son massage qui durait déjà depuis de longues minutes. Mais quand bien même vous n’avez jamais partagé son lit, il y a toujours des rumeurs qui courent sur les nobles, que l’on fasse partie de leur vie privée ou pas, et vous êtes l’une des mieux placées pour les connaître. Enfin, je verrais bien, soupirai-je sans plus m’attarder sur ce sujet qui l’avait agacée.

Elle me fit la description de l’homme dans son quotidien, et cela corrobora globalement l’impression que je m’étais déjà faite de cet homme en cette soirée ; rien de bien nouveau. Elsa continua son massage, et je vidai mon esprit de toute pensée, me détendant au maximum, jusqu’à ce que la porte s’ouvrit, interrompant l’instant. Karsten, fidèle à la description précédemment faite de sa personne, s’impatronisa dans la pièce, assenant une petite claque sur ma chute de reins. Puis, aussi vite parti qu’arrivé, il fut temps que je m’habille à nouveau.

Je me rinçai un peu tout d’abord, éliminant le surplus des huiles de massage qui faisaient encore briller ma peau. Une fois bien séchée et complètement prête, je m’avançai devant le placard que me présentait Elsa, indifférente à lui afficher ma nudité. Son moment préféré était l’arrachage du papier, avait-il dit ? J’allais le prendre au mot. Je choisis une robe dans les tons ocre, au corsage que je trouvai élégant et raffiné, et qui devrait se retirer en délaçant un par un chaque lacet qui nouait le corset dans le dos. S’il aimait prendre le temps de dévêtir une femme, il serait ravi, avec ça. Elsa m’aida à attacher et serrer correctement le corsage, de façon à ce que ma poitrine soit bien remontée, sans que la pression ne soit non plus étouffante. Mais il fallait dire que nous avions l’habitude des corsets très serrés, à la maison close. C’était un classique à notre époque. Le reste de la robe, lui, retombait sur mes hanches et mes jambes de façon assez légère, et il ne serait pas difficile de faire remonter le tissu ; il n’y avait pas un surplus de couches tout aussi inutiles les unes que les autres.

- Je pense que ça ira. Merci pour votre aide, conclus-je à Elsa poliment. Ce n’est pas tous les jours que je suis servie ainsi. Où dois-je me présenter, désormais ? Faut-il que j’attende messire Karsten à un endroit particulier, ou dois-je rejoindre le vestibule où il s’est présentement dirigé ?
Modifié en dernier par [MJ] Vivenef le 28 juil. 2015, 12:13, modifié 1 fois.
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Rosewen Irène, Voie de la courtisane
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