- Karsten avait considéré les explications de la jeune femme et les marques bleutées qui maculaient la peau autour de son cou, tout autant que les légères égratignures, désormais, qu’elle arborait au visage.
«Je vois. Sale histoire. J’espère qu’il aura été châtié, et que son nom figurera désormais sur la liste noire de votre établissement. » Il sembla vouloir ajouter quelque chose, mais, trouvant la question peu importante, laissa tomber, et fit un signe à Irène que de s’en aller quérir ce qu’il lui avait demandé.
Lorsqu’elle éluda les invitations des autres nobles, Irène eut le droit à des mines compréhensives, perplexes, hésitantes, et certains s’en eurent cure ; apparemment, qu’importe la catin, ils prenaient la première qui passait à leur portée, et si celle-ci refusait, ils accouraient sur la suivante.
En approche d’Alfred von Niebitz.
«…m’en faudra trois. Et pour le transport ?
- Ce sera comme d’habit… »
Ce semblant de conversation s’interrompit aussitôt que les deux entremetteurs s’aperçurent d’une présence annexe à la leur. Ils se tournèrent vers elle, et Marwen, bien que ne pipant mot, lorgna du côté de la jeune femme avec un sourire entendu. Il devinait aisément les sentiments de la jeune femme. Mais ce dernière n’était pas venue pour lui, et conversa plutôt avec son vis-à-vis. Alfred, de son côté, observait tout autant la catin, avec une certaine retenue. Un petit temps passa avant qu’il ne répondît.
« Il n’y a pas de mal ; vous n’auriez pu le savoir. Moi-même ignorais votre identité avant de vous trouver ici. Quelle surprise. Je suis content que l’idée vous eût plu, et fortement attristé que, en guise de remerciement, vous préfériez passer votre temps avec… Messire Karsten. Il eut une petite grimace, secouant doucement la tête dans un signe de regret. Navrant, vraiment ; ce rustre ne vous convient pas du tout. Enfin, qu’à cela ne tienne. La bonne soirée. »
Marwen, quant à lui ne prit pas même la peine de dicter le moindre nom, au contraire. Il demeura dans un silence de marbre, et ne se fendit que d’un seul petit clin d’œil lorsqu’Irène tourna les talons.
De retour auprès de Karsten.
«Aah, te voilà, toi ! Tiens, remplis-moi ça. »
Karsten, après un grand mouvement accueillant de la main, tendit un gobelet d’argent à la jeune femme. D’autres firent de même, souhaitant se remplir la chope aussi bien que la panse. Lorsque cela fut fait, il attrapa de nouveau la catin pour l’asseoir sur ses genoux, une fois encore. Il semblait ne pas en avoir tout à fait terminé avec elle. Toutefois, pour le moment, il se tint à carreau.
«Je suis curieux, petite ; dis-moi, quelles ont été les pires demandes de tes clients, ou les fantasmes les plus étranges ? Petite pose, avant de souffler à son entourage avec un air de conspirateur. C’est pour savoir ce que je pourrai faire, si je suis dans la norme ou pas. Arharharh. »
Par la suite, si la discussion ne continua pas davantage sur cette voie-là, Karsten entreprit de se tourner en direction de ses pairs, parlant négoce et commerce. Les affaires tournaient bien, les caisses demeuraient bien remplies, et un nouvel établissement avait été récupéré, en leur nom. Quelques convois étaient affrétés, prêts à partir dans deux jours à destination d’Altdorf, la capitale de l’Empire, et de Streissen, une grande ville au nord de Nuln. Oui, la sécurité avait primé durant la conception des trajets, et une dizaine d’hommes accompagnerait les deux péniches. Toutefois, si la canardière de l’embarcation à destination d’Altdorf fonctionnait parfaitement, celle pour Streissen arborait un lourd défaut que l’on ne parvenait pas à corriger. Mais bon, tout devrait bien se passer.
Durant ces batifolages commerciaux, Erwan engagea la conversation avec Irène, baissant la voix.
« Vous rappelez-vous notre dernière rencontre ? J’avais quelques questions à vous poser. Mmh… Dites-moi, vous qui voyez du monde, et de près, à l’icastique, auriez-vous déjà aperçu, sur l’un de vos clients, un tatouage, ce genre de chose, en forme de serpent enroulé ? »
[Irène Rosewen] Dans l'ombre des puissants.
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Re: [Irène Rosewen] Dans l'ombre des puissants.
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Re: [Irène Rosewen] Dans l'ombre des puissants.
- Que je préfère… ? Son reproche me parut injuste. Il n’est pas là question de choix, messire. Je ne fais que mon travail. J’ai été payée, et j’aurais tôt fait de me faire renvoyer si je commençais à refuser chacun de mes clients. Réservez-moi avant lui la prochaine fois, peut-être. J’eus un sourire sincèrement navré, assez contrite aussi de ne pouvoir passer la soirée en sa compagnie plus noble. La bonne soirée à vous également.
De retour près du « rustre », je servis de nombreux verres, et la carafe se vida bien vite. A peine l’eussé-je posée sur la table que Karsten m’attirait à nouveau sur ses genoux, désireux d’être diverti un peu plus longtemps par ce que je pourrais lui raconter. Et, inévitablement, la conversation tourna sur mes habilités, et les demandes les plus incongrues que j’avais pu avoir. Cette question m’amusa, à vrai dire ; et, désireuse de leur raconter ce qui me paraissait être les meilleures perles, je pourpensai un certain moment avant de finalement lancer mon petit discours.
- Eh bien, il y a eu une fois cet homme un peu timide d’apparence. Brun, habillé humblement mais proprement. Il n’avait en rien l’air particulier, donc ; juste un homme qui venait pour la première fois chez nous et qui n’avait pas encore ses marques. Mais, une fois dans la chambre, je me suis vite rendue compte qu’il ne portait pas son intérêt sur les mêmes éléments que la plupart des hommes. Il m’a dévêtue, et, alors que je gisais entièrement nue sur le lit, il a laissé glisser ses doigts le long de mon corps. Du haut de ma gorge, passant sur les courbes de ma poitrine, continuant sur le ventre, passant sur mes cuisses, le long de mes jambes, jusqu’à mes pieds… où il est resté. Oui, mes pieds. Il a fait une fixation sur eux, m’assurant que j’avais des orteils magnifiques. Et il est resté là, à me masser ou m’embrasser les pieds, et je n’ai eu qu’à agiter les orteils devant son membre pour le satisfaire. Peut-être était-il cordonnier ? En tout cas, une fois sorti de ma chambre, autant vous dire que j’ai été prise d’un grand fou rire ; mais c’était il y a déjà quelques années, il en faut beaucoup plus pour m’étonner désormais. Il y a bien eu d’autres moments, moins drôles, où certains hommes m’ont demandé de les « dominer », mais dans une mesure telle – il était presque question de mutilations – que j’ai refusé. Je fis une pause, un sourire amusé sur le visage. Certains de vos confrères ont des penchants que vous ne pouvez pas imaginer vous-mêmes, messieurs.
La conversation continua bon train, et les nobles terminèrent par s’engager dans un sujet à propos d’un convoi commercial dont je ne connaissais rien ; et je ne pouvais donc pas réellement participer. J’écoutais, tranquillement, et vint un moment où Erwan s’adressa à moi, visiblement aussi peu intéressé par le commerce. Le ton de sa voix, contrairement à l’accoutumée, fut faible, secret, et je dus me pencher imperceptiblement pour saisir ce dont il voulait m’entretenir. Lorsqu’il évoqua un tatouage de serpent enroulé, je restai un instant là à le regarder. J’avais soudain perdu la bonhomie que m’avait donnée la soirée. Oui, j’avais vu ce dont il me parlait, quelques jours plus tôt à peine, et le souvenir de ce tatouage n’était pas un bon souvenir. S’il m’avait posé la question la dernière fois que nous nous étions vus, j’aurais sûrement répondu que cela n’avait jamais été le cas, et ce sujet n’aurait probablement plus jamais été évoqué entre nous. Quelle sorte de chance avait-il là ? Si l’on pouvait parler de chance, car je n’étais pas sûre que fouiner dans les affaires de l’Esbigneur ou de quiconque lié avec lui soit une bonne idée. Brusquement, j’avais peur pour la vie de ce petit blondinet à la barbe si bien rangée, aux manières si éduquées qui s’intéressait à ce qui semblait être quelque chose de bien trop gros pour être sans risque.
Je le regardai quelques secondes supplémentaires, pesant le pour et le contre.
- Si je vous disais que l’une de ces personnes se trouvait en ce moment même dans cette pièce, que feriez-vous ?
De retour près du « rustre », je servis de nombreux verres, et la carafe se vida bien vite. A peine l’eussé-je posée sur la table que Karsten m’attirait à nouveau sur ses genoux, désireux d’être diverti un peu plus longtemps par ce que je pourrais lui raconter. Et, inévitablement, la conversation tourna sur mes habilités, et les demandes les plus incongrues que j’avais pu avoir. Cette question m’amusa, à vrai dire ; et, désireuse de leur raconter ce qui me paraissait être les meilleures perles, je pourpensai un certain moment avant de finalement lancer mon petit discours.
- Eh bien, il y a eu une fois cet homme un peu timide d’apparence. Brun, habillé humblement mais proprement. Il n’avait en rien l’air particulier, donc ; juste un homme qui venait pour la première fois chez nous et qui n’avait pas encore ses marques. Mais, une fois dans la chambre, je me suis vite rendue compte qu’il ne portait pas son intérêt sur les mêmes éléments que la plupart des hommes. Il m’a dévêtue, et, alors que je gisais entièrement nue sur le lit, il a laissé glisser ses doigts le long de mon corps. Du haut de ma gorge, passant sur les courbes de ma poitrine, continuant sur le ventre, passant sur mes cuisses, le long de mes jambes, jusqu’à mes pieds… où il est resté. Oui, mes pieds. Il a fait une fixation sur eux, m’assurant que j’avais des orteils magnifiques. Et il est resté là, à me masser ou m’embrasser les pieds, et je n’ai eu qu’à agiter les orteils devant son membre pour le satisfaire. Peut-être était-il cordonnier ? En tout cas, une fois sorti de ma chambre, autant vous dire que j’ai été prise d’un grand fou rire ; mais c’était il y a déjà quelques années, il en faut beaucoup plus pour m’étonner désormais. Il y a bien eu d’autres moments, moins drôles, où certains hommes m’ont demandé de les « dominer », mais dans une mesure telle – il était presque question de mutilations – que j’ai refusé. Je fis une pause, un sourire amusé sur le visage. Certains de vos confrères ont des penchants que vous ne pouvez pas imaginer vous-mêmes, messieurs.
La conversation continua bon train, et les nobles terminèrent par s’engager dans un sujet à propos d’un convoi commercial dont je ne connaissais rien ; et je ne pouvais donc pas réellement participer. J’écoutais, tranquillement, et vint un moment où Erwan s’adressa à moi, visiblement aussi peu intéressé par le commerce. Le ton de sa voix, contrairement à l’accoutumée, fut faible, secret, et je dus me pencher imperceptiblement pour saisir ce dont il voulait m’entretenir. Lorsqu’il évoqua un tatouage de serpent enroulé, je restai un instant là à le regarder. J’avais soudain perdu la bonhomie que m’avait donnée la soirée. Oui, j’avais vu ce dont il me parlait, quelques jours plus tôt à peine, et le souvenir de ce tatouage n’était pas un bon souvenir. S’il m’avait posé la question la dernière fois que nous nous étions vus, j’aurais sûrement répondu que cela n’avait jamais été le cas, et ce sujet n’aurait probablement plus jamais été évoqué entre nous. Quelle sorte de chance avait-il là ? Si l’on pouvait parler de chance, car je n’étais pas sûre que fouiner dans les affaires de l’Esbigneur ou de quiconque lié avec lui soit une bonne idée. Brusquement, j’avais peur pour la vie de ce petit blondinet à la barbe si bien rangée, aux manières si éduquées qui s’intéressait à ce qui semblait être quelque chose de bien trop gros pour être sans risque.
Je le regardai quelques secondes supplémentaires, pesant le pour et le contre.
- Si je vous disais que l’une de ces personnes se trouvait en ce moment même dans cette pièce, que feriez-vous ?
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Rosewen Irène, Voie de la courtisane
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- [MJ] Vivenef
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Re: [Irène Rosewen] Dans l'ombre des puissants.
- Karsten éclata de rire en écoutant les péripéties qu’avait connues Irène.
«Arharharh. Avec les pieds ? Mmh… Jamais testé. Ca te dirait que l’on essaye, un de ces jours ? Arharharh. Non, très peu pour moi, rassure-toi. Et pareil concernant la soumission ; moi, je préfère dominer, justement. Quelle idée, eh. Je constate, je constate », acheva-t-il de dire face à la dernière remarque de la jeune femme.
Quand Erwan lui posa la question fatidique, et qu’Irène lui répondit comme elle le fit, ce ne fut certainement pas ce à quoi il s’attendait. Pour cause, ses lèvres esquissèrent un petit sourire amusé, ses sourcils se froncèrent implicitement. Il réfléchit quelque peu, et continua, avec légèreté.
«Eh bien… Si tel était véritablement le cas, il vous faudrait me dire son nom et son prénom, sa description physique… Il fit une petite pause, réfléchissant encore. Mmh… Sa fréquence de venue ici-même, le salaire qu’il vous paye, sa position sexuelle préférée, ce genre de chose. »
Il agrémenta le tout d’un petit sourire.
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Re: [Irène Rosewen] Dans l'ombre des puissants.
Visiblement, Erwan avait pris ma réplique pour de la plaisanterie pure et dure. Sourire amusé, voilà qu'il me demandait la position sexuelle préférée dudit homme. Très franchement, si cet homme ne s'était pas avéré être Marwen l'Esbigneur, je lui aurais très certainement pointé du doigt l'intéressé en lançant : "Un tatoué ? Le balafré juste là en est un." Après tout, désigner un homme porteur d'un tatouage, en temps normal, c'était le genre de ragots qui se racontait allègrement, surtout lorsque lesdits tatouages étaient présents dans des zones intimes uniquement visibles par quelques rares privilégiés. Mais voilà. Cet homme-là était Marwen, celui-là même qui m'avait agressée, et tué Loredo. Je le savais dangereux et empêtré dans des affaires illégales ; je supposais donc que son tatouage devait être une sorte de marque pour un groupe de bandits, une secte ou que savais-je encore. Sans oublier qu'il était à la fois un client et fournisseur important de Désèle. Alors dénoncer cet homme, un gros contrebandier des Taudis, qui avait certainement le bras long dans de nombreux autres quartiers ? C'était trop risqué pour moi. Quel sort me réserverait-il, s'il venait à apprendre que j'avais osé parler de son repaire, de ses activités, ou de la simple présence d'un tatouage sur son aine ? Les mutilations d'Ambre ne seraient qu'une broutille en comparaison de ce qui m'attendrait. Je ne pouvais décemment pas citer son nom de la sorte sans avoir plus d'informations que cela. Sans avoir de garantie. D'autant plus que Marwen était là, ce soir. Il m'avait vue en compagnie de Karsten von Drash et Erwan d'Ablay. Si ce dernier venait soudain lui chercher des noises, quelle que fut la raison, le lien serait vite fait.
Ainsi, peut-être valait-il mieux qu'Erwan continue à penser que ma réponse n'avait été qu'une pure plaisanterie. Que le balafré qui conversait actuellement avec messire Alfred von Niebitz n'était qu'un simple balafré.
- Brun, ténébreux. Son nom ? Croyez-vous que tous les hommes prennent le temps de me le donner lorsqu'ils arrivent les chausses déjà à moitié ouvertes ? Je suis payée plus d'une couronne. Sa position préférée ? La position du bureau.
Et, les yeux pétillants à mesure que j'énonçai ces mots, j'observais la réaction de mon interlocuteur, avant de terminer dans un grand éclat de rire.
- Désolée, c'était trop tentant de me payer votre tête. Enfin, voyons, pourquoi toutes ces questions ? Je m'attendais déjà à ce que vous sautiez sur le premier homme que je vous désignerais pour, je ne sais pas, régler vos comptes. Pourquoi cherchez-vous des hommes tatoués de la sorte ? Vous aussi souhaiteriez-vous peut-être avoir un serpent sur la peau ?
Ainsi, peut-être valait-il mieux qu'Erwan continue à penser que ma réponse n'avait été qu'une pure plaisanterie. Que le balafré qui conversait actuellement avec messire Alfred von Niebitz n'était qu'un simple balafré.
- Brun, ténébreux. Son nom ? Croyez-vous que tous les hommes prennent le temps de me le donner lorsqu'ils arrivent les chausses déjà à moitié ouvertes ? Je suis payée plus d'une couronne. Sa position préférée ? La position du bureau.
Et, les yeux pétillants à mesure que j'énonçai ces mots, j'observais la réaction de mon interlocuteur, avant de terminer dans un grand éclat de rire.
- Désolée, c'était trop tentant de me payer votre tête. Enfin, voyons, pourquoi toutes ces questions ? Je m'attendais déjà à ce que vous sautiez sur le premier homme que je vous désignerais pour, je ne sais pas, régler vos comptes. Pourquoi cherchez-vous des hommes tatoués de la sorte ? Vous aussi souhaiteriez-vous peut-être avoir un serpent sur la peau ?
Modifié en dernier par [MJ] Vivenef le 01 juil. 2015, 16:06, modifié 1 fois.
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Rosewen Irène, Voie de la courtisane
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Re: [Irène Rosewen] Dans l'ombre des puissants.
- Les yeux pétillants de la jeune femme ne mentaient pas, et Erwan continua dans sa lancée, sachant bien qu’Irène plaisantait depuis le début. Aussi prit-il tout cela à la légère comme retentissait le rire de la catin, et il sourit de concorde avec elle. Si fait, face à son étonnement moqueur, il ne put s’empêcher de lui renvoyer la balle, de ce même air léger qu’ils partageaient tous les deux.
« Pourquoi toutes ces questions ? Mais, allons ; pour les mêmes raisons qui vous ont poussée à tenter de me faire croire qu’un homme ainsi tatoué était dans la même pièce que la nôtre ! Pour le reste, eh bien, c’est sans véritable importance vous concernant. Toutefois, s’il vous arrivait d’en rencontrer dans le cadre de votre travail –ou ailleurs, qui sait-, n’hésitez pas à m’en faire part. Vraiment. »
La soirée dura encore un certain moment, moment qui s’éternisa dans une folle décadence. La beuverie s’accentuait aussi bien que se dévêtissement les putains, le vin maculait le sol, se mélangeant parfois à quelques humeurs humaines, et la sauce des plats s’agglutinait sur quelques tables lorsqu’elle ne s’imprégnait pas sur le tissu des vêtures restantes. S’il y avait des invitées de marque, il devenait difficile de présentement les distinguer des autres catins travaillant d’ordinaire dans le bordel. La Poussière d’Etoile et le Délice de Ranald avaient également été proposés ; certains avaient sorti la pipe comme d’autres disposaient la poudre en de fin rail rectiligne. Une épaisse fumée stagnait dans l’air, là où les groupements de fumeur se rassemblaient. A n’en pas douter, le lendemain serait copieux de nettoyage pour chacune des filles des Plaisirs Terrestres.
Si le vin avait bien coulé, Désèle semblait s’être limitée dans sa boisson ; elle conservait le maintien rigide et sévère qu’on lui connaissait depuis toujours, bien que recouvert d’une affabilité courtisane. Elle circulait dans les rangs, prenant la température des lieux, demandant si tout se déroulait selon les convenances. Elle parvint jusqu’à Karsten.
« Tout se déroule comme prévu, ne manquez-vous de rien ?
- Rien, rien ma bonne dame ; c’est parfait.
- Je vois qu’Irène ne vous a pas quitté depuis quelque temps ; je ne doute pas qu’elle remplit correctement son office.
- Pas de raison de douter, ça, non, aussi parfaite que sur le tableau. Je crois même que je vais vous l’emprunter. Ça se loue, les catins ? Livraison à domicile ? »
Karsten dévisageait Désèle avec un petit sourire amusé ; nul doute, là aussi, qu’il prenait la question à la plaisanterie. Toutefois, l’homme étant noble et bien plus influent que Désèle, cette dernière préféra jouer la sécurité.
«Eh bien, si jamais il vous en prenait l’envie, je gage que oui, c’est possible, mais… C’est qu’il faudra payer des frais concernant tous les bénéfices que ladite catin aurait pu engranger si elle demeurait en activité dans notre établissement, vous comprenez bien. Et, également, il faudrait son accord. »
Si les yeux de la matrone étaient tournés en direction de Karsten, attendant probablement un commentaire, un ajout, une petite précision qui laisserait penser que cette lubie était justifiée et effectivement envisageable, le noble ne répondit pas, s’obstinant dans ce petit air qui sembla mettre Désèle mal à l’aise. Si fait, elle se tourna vers Irène.
«Mmh.. Eh bien qu’en dis-tu, Irène ? »
Et quelques temps plus tard, si Désèle avait semblé très mal à l’aise, voilà que son expression alla en s’empirant ; le premier mort venait de tomber, dans la stupeur et une certaine pagaille, au fond de l’établissement.
- Irène Rosewen
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Re: [Irène Rosewen] Dans l'ombre des puissants.
- Mmh mmh…
Je regardai Erwan un instant, tentée d’insister. Je n’avais eu aucune information supplémentaire, et le sujet avait eu le mérite d’attirer mon attention. Il ne le savait pas, mais d’une certaine façon, cela me concernait, si. Si Marwen était impliqué dans des affaires pas nettes qui interpelaient même les nobles, j’avais encore moins envie de fricoter avec lui, ne serait-ce que pour aller chercher les paquets de Désèle. Ce lien récent que j’avais avec cet homme mettait une ombre de mauvaise augure dans ma vie, et je regrettais sincèrement qu’Ambre ne soit plus l’entremetteur habituel.
- Vous êtes bien mystérieux, messire d’Ablaÿ, terminai-je sans plus insister, malgré mon envie de le faire. Je haussai les épaules avec un sourire. Il faut croire que cela fait partie de votre charme. Maintenant, dites-moi, une question me taraude depuis un moment déjà. Je vous pensais noble, durant nos premières rencontres, et il semblerait désormais que vous soyez un employé de messire von Drash. Alors, que dois-je croire, à présent ?
A mesure que la soirée durait, la décence petit à petit disparaissait. L’alcool avait bien coulé, et rares étaient les personnes encore sobres. Même certaines catins, censées rester en état de pouvoir satisfaire leurs clients, déambulaient désormais ivres entre les tables, incapables de voir où elles mettaient les pieds, riant de concert avec le noble avec qui elle avait passé la soirée. La sobriété n’était plus de mise ; et entre les imbriaques, l’on retrouvait les autres, toujours en pleine conversation, ou avec l’air serein de ceux qui viennent de mettre un terme à leur ébat.
De mon côté, je continuais à converser agréablement avec Erwan, ou Karsten, ou les deux, ou parfois même avec les quelques autres hobereaux qui partageaient les canapés avec le baron. Ce dernier semblait ne plus avoir besoin de faveurs sexuelles – pour le moment –, et cela m’allait bien, de jouer l’hôte tout en pouvant discuter avec d’autres personnes que mes collègues et amies habituelles. C’était agréablement rafraichissant.
Vint un moment où Désèle apparut à notre tablée, s’assurant que tout allait bien. Fidèle à elle-même ; cette soirée était une réussite, et cela transparaissait bien sur son expression. J’eus un petit sourire en coin difficile à réprimer lorsque le sujet vint à moi et mon service « parfait », d’après Karsten lui-même. J’étais tout autant satisfaite que lui, à vrai dire, car après le fiasco total des derniers jours, cela ne pouvait que bien me servir. Et lorsqu’il fut sujet de me louer pour la soirée, un certain étonnement s’afficha sur mes traits.
- Eh bien… Je n’y vois aucune objection, Désèle. Je jetai moi aussi un œil à l’expression amusée et indéchiffrable de Karsten, glissant même sur Erwan pour essayer de déterminer s’il n’y avait pas là une blague sous-jacente. Tant que monsieur Karsten me ramène aux Plaisirs Terrestres par la suite, cela sera avec joie, bien évidemment. Cela devrait me changer quelque peu, et je serais curieuse de découvrir vos appartements, messire.
Par la suite, l’affaire fut confirmée ou infirmée – si ça n’était là qu’une plaisanterie du baron –, et la soirée continua. Vint un moment où de nombreux murmures parvinrent jusqu’à nous, néanmoins. Quelque chose s’était passé dans un coin de la salle, et une certaine stupeur et incompréhension parcourait les rangs. Lorsqu’il fut même question de la rumeur d’un mort, je fronçai quelque peu les sourcils.
- Excusez-moi, messieurs, mais je pense qu’il est peut-être nécessaire que j’aille voir ce qui se passe. Je reviens bientôt.
Et, rejoignant Désèle que je vis se diriger vers la source de toute cette agitation, je m’avançai, mi-inquiète, mi-intriguée.
Je regardai Erwan un instant, tentée d’insister. Je n’avais eu aucune information supplémentaire, et le sujet avait eu le mérite d’attirer mon attention. Il ne le savait pas, mais d’une certaine façon, cela me concernait, si. Si Marwen était impliqué dans des affaires pas nettes qui interpelaient même les nobles, j’avais encore moins envie de fricoter avec lui, ne serait-ce que pour aller chercher les paquets de Désèle. Ce lien récent que j’avais avec cet homme mettait une ombre de mauvaise augure dans ma vie, et je regrettais sincèrement qu’Ambre ne soit plus l’entremetteur habituel.
- Vous êtes bien mystérieux, messire d’Ablaÿ, terminai-je sans plus insister, malgré mon envie de le faire. Je haussai les épaules avec un sourire. Il faut croire que cela fait partie de votre charme. Maintenant, dites-moi, une question me taraude depuis un moment déjà. Je vous pensais noble, durant nos premières rencontres, et il semblerait désormais que vous soyez un employé de messire von Drash. Alors, que dois-je croire, à présent ?
A mesure que la soirée durait, la décence petit à petit disparaissait. L’alcool avait bien coulé, et rares étaient les personnes encore sobres. Même certaines catins, censées rester en état de pouvoir satisfaire leurs clients, déambulaient désormais ivres entre les tables, incapables de voir où elles mettaient les pieds, riant de concert avec le noble avec qui elle avait passé la soirée. La sobriété n’était plus de mise ; et entre les imbriaques, l’on retrouvait les autres, toujours en pleine conversation, ou avec l’air serein de ceux qui viennent de mettre un terme à leur ébat.
De mon côté, je continuais à converser agréablement avec Erwan, ou Karsten, ou les deux, ou parfois même avec les quelques autres hobereaux qui partageaient les canapés avec le baron. Ce dernier semblait ne plus avoir besoin de faveurs sexuelles – pour le moment –, et cela m’allait bien, de jouer l’hôte tout en pouvant discuter avec d’autres personnes que mes collègues et amies habituelles. C’était agréablement rafraichissant.
Vint un moment où Désèle apparut à notre tablée, s’assurant que tout allait bien. Fidèle à elle-même ; cette soirée était une réussite, et cela transparaissait bien sur son expression. J’eus un petit sourire en coin difficile à réprimer lorsque le sujet vint à moi et mon service « parfait », d’après Karsten lui-même. J’étais tout autant satisfaite que lui, à vrai dire, car après le fiasco total des derniers jours, cela ne pouvait que bien me servir. Et lorsqu’il fut sujet de me louer pour la soirée, un certain étonnement s’afficha sur mes traits.
- Eh bien… Je n’y vois aucune objection, Désèle. Je jetai moi aussi un œil à l’expression amusée et indéchiffrable de Karsten, glissant même sur Erwan pour essayer de déterminer s’il n’y avait pas là une blague sous-jacente. Tant que monsieur Karsten me ramène aux Plaisirs Terrestres par la suite, cela sera avec joie, bien évidemment. Cela devrait me changer quelque peu, et je serais curieuse de découvrir vos appartements, messire.
Par la suite, l’affaire fut confirmée ou infirmée – si ça n’était là qu’une plaisanterie du baron –, et la soirée continua. Vint un moment où de nombreux murmures parvinrent jusqu’à nous, néanmoins. Quelque chose s’était passé dans un coin de la salle, et une certaine stupeur et incompréhension parcourait les rangs. Lorsqu’il fut même question de la rumeur d’un mort, je fronçai quelque peu les sourcils.
- Excusez-moi, messieurs, mais je pense qu’il est peut-être nécessaire que j’aille voir ce qui se passe. Je reviens bientôt.
Et, rejoignant Désèle que je vis se diriger vers la source de toute cette agitation, je m’avançai, mi-inquiète, mi-intriguée.
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Rosewen Irène, Voie de la courtisane
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Compétences : Séduction, Baratin, Bas fond, Sens du détail, Déplacement silencieux, Volonté de fer, Fuite, Crochetage
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- [MJ] Vivenef
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Re: [Irène Rosewen] Dans l'ombre des puissants.
- Irène paraissait sceptique face aux remarques d’Erwan, mais lui ne développa pas davantage pour autant. Et une autre question taraudait la catin depuis quelque temps déjà ; elle avait toujours vu Erwan comme un sang-bleu depuis sa première apparition aux Plaisirs Terrestres de Désèle, et elle avait continué sur cette première impression au fil de ses nombreux abouchements avec lui. Il avait fallu attendre une petite phrase de la matrone pour lui mettre la puce à l’oreille ; et s’il n’était effectivement pas noble ? Enfin, elle fit le premier pas, posant la question fatidique. Il se pencha soudainement très près d’elle –et de Karsten, si fait.
«Vraiment ? Serait-ce là la nature de votre engouement pour ma personne, pour une hypothétique condition de noble ? Très amusé, il lui décocha un petit clin d’œil provoquant. Je peux comprendre cet intérêt soudain pour les personnes mondaines ; tout le monde y est sensible, au fond. Je prends, toutefois, votre fourvoiement pour un compliment, damoiselle, mais, non, je me dois de vous le dire, je ne suis pas noble. Je ne suis qu’un simple mortel, chargé de protéger messire Karsten et ses possessions, en quelque sorte, et ce depuis un long moment déjà. Il laissa passer quelques instants avant de revenir sur la question, une étincelle cauteleuse dans le regard. Votre intérêt notable pour ma personne s’en trouve-t-il subitement diminué ? »
Conversation avec Désèle.
Désèle acquiesça de la tête, simplement. Elle aussi semblait étonnée de l’idée, mais elle ne lui en était pas déplaisante pour autant.
«Eh bien, Irène, si le cœur t’en dit, libre à toi, bien entendu. Je ne doute pas que messire Karsten saura te rendre dans les délais, avec la même exigence et la même rigueur que celles développées pour mettre en œuvre cette belle soirée. »
Karsten eut un grand sourire de gamin qui transpira au travers de ses traits bourrus et hirsutes.
« Ah ben, moi qui n’y croyais pas vraiment, je vais possiblement reconsidérer cette alternative, eh ! », lança-t-il en rigolant, tout en pétrissant vigoureusement la jeune femme. Il semblait s’être endigué dans l’idée qu’Irène lui appartenait pour de bon, tant que sa fortune pourrait suivre.
«Ne vous inquiétez pas, Désèle ; quand il ronflera à en faire trembler la maison et qu’Irène sera prisonnière sous sa carcasse engourdie, je serai là pour vous la ramener dans les temps. »
Karsten tiqua, ouvrant des yeux ronds comme des soucoupes.
«Non, mais… Je ne te permets pas, toi. Tu dépasses un peu ta sphère d’influence, là ! »
Et à Erwan de copier le rire de son patron, d’un air malicieux as fuck.
«Arharharharh. »
Désèle, de son côté, ne savait définitivement plus trop où se mettre, et préféra prendre congé devant cette situation saugrenue qui en révélait bien davantage de ce qu’elle eût véritablement voulu sur la vie privée d’un potentiel client.
«Eh bien… Amusez-vous bien, messires ! »
Elle déguerpit, non sans chercher à garder la tête haute.
Plus tard, vint toute la trouble agitation. Cela avait commencé par quelques rumeurs obscures, venant du fond de l’établissement. Des rires un peu plus forcés que d’autres, des invectives goguenardes qui s’étaient soudainement altérées dans des tons plus aigus, tributaires d’une inquiétude nourrie. Puis, un petit moment de silence, avant que ne vinssent les premières exclamations horrifiées. Là, une partie de la foule convergea en direction de l’origine de ces braillements, et un mur de gens se forma en arc de cercle autour de la scène. Irène prit la parole, s’excusant par avance ; Karsten suivit aussitôt.
«Un mort, déjà ? Ça tarde pas, ici, bon sang. Je viens aussi, ne serait-ce que par curiosité. Ah, et aussi pour savoir qui c’est, si c’est bien le cas. »
Ils durent forcer les rangés de nobles et d’autres hobereaux pour pouvoir passer jusqu’à la scène, en compagnie de Désèle. La totalité, ou presque, tanguait et chancelait, trop ivres ou repus de leur dernier repas. Parvenus dans l’alcôve que formaient quelques fauteuils et canapés rangés en cercle, ils purent assister à un truculent spectacle. Deux bourgeois, les yeux révulsés, gisaient dans un état lamentable, s’exclamant par-ci par-là dans des positions improbables, presque l’un sur l’autre, et baragouinaient dans un dialecte inconnu en affichant un sourire aussi grand que ridicule.
«We’re the best duo ever ! =D
- Ye buddyyy ! o/
- Yai ! \o »
Un troisième, quant à lui, n’était définitivement pas dans la même ambiance, et s’acharnait comme un forcené sur le dernier de leur groupe, lequel gisait, inerte, tête molle sur la table, yeux grands ouverts. Il le secouait comme un prunier.
« PUTAINS DE MERDES, JE VOIS LA MUSIQUE, ELLE L’A ATTAQUE !! »
Le quatuor affichait des mines blafardes, si ce n’étaient hâves, et une bonne poudre blanche blanchissait que plus encore leur visage dans une poussière livide qui leur pendait aux lèvres et au nez.
- Irène Rosewen
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Re: [Irène Rosewen] Dans l'ombre des puissants.
Ma question, telle que de nombreuses autres de mes paroles, amusa Erwan. Décidemment, cet homme semblait pouvoir se gausser de tout, à un point qu’il serait probablement singulier de le voir un jour en colère. Toujours assise sur les genoux de Karsten, le blondinet se pencha vers moi, et mon visage tourné vers lui se trouva soudain très proche du sien. Ironiquement, alors que Karsten lui-même m’avait interdit de folâtrer avec d’autres hommes, voilà que son propre homme de main Erwan jouait avec la limite, alors même que Karsten se trouvait à quelques centimètres à peine, la tête tournée vers un collègue. La situation me parut assez cocasse, et je ne pus empêcher un rire mi-amusé, mi-incrédule m’échapper, alors que je le considérais avec étonnement.
- Mon engouement ? Mon intérêt notable pour votre personne ? Mon rire cristallin continua de m’agiter quelques instants, secouant Karsten avec moi. Si messire d’Ablaÿ n’est pas noble, en tous les cas possède-t-il la même arrogance que les concernés. Vous souvenez-vous qui m’a aguichée le premier ? Qui m’a soufflé quelques mots à l’oreille devant toute une assemblée, avant de me voler un baiser ? Qui s’est enquit de ma personne après une remontrance de Désèle ? Qui, encore, est venu me chercher ce soir, usant de ses charmes de gentilhomme ? Alors, qui d’entre nous a de l’intérêt pour l’autre, sincèrement, messire ?
A mesure que je parlais, j’avais profité de la soudaine proximité de l’homme de main. L’un de mes doigts était venu titiller le dessous de son oreille, glissant le long de sa mâchoire, pour traverser son cou, et s’arrêter au niveau de l’ouverture de son pourpoint, au niveau de sa clavicule.
- Je crois que nous jouons un jeu dangereux, désormais. Votre supérieur n’apprécierait sûrement pas que son propre intendant vienne venir marcher sur ses plates-bandes. Si fait, diminué, identique ou décuplé, mon intérêt en restera là, ce soir, soufflai-je de façon à ce qu’il soit le seul à pouvoir entendre ces mots.
Je retirai alors mon doigt de son corps, et avec une dernière œillade particulièrement rieuse, je me tournai pour me reconcentrer à nouveau sur mon débiteur actuel, tentant d’oublier ce blondinet séducteur et de m’en tenir à des relations cordiales avec de dernier.
Quant à Désèle et la proposition de location, celle-ci sembla réglée. Je ne pus m’empêcher de sourire sous l’image d’un Erwan tentant de m’arracher de l’étreinte d’un Karsten endormi pour me ramener à la matrone, et la bonne humeur continua de régner parmi notre petit groupe, jusqu’à ce je décide de m’absenter pour la fameuse agitation qui s’était installée de l’autre côté de la salle. Une petite assemblée s’était formée autour de l’évènement, et nous dûmes jouer des coudes pour pouvoir observer correctement la scène. Quatre hommes, visiblement complètement allumés par la Poussière d’étoile, étaient entrés dans un délire qu’eux seuls comprenaient. L’un d’eux, inerte, yeux ouverts et vitreux, ne réagissait pas suite aux assauts de son compère, qui affirmait qu’il avait été attaqué par la musique. J’étais sincèrement navrée d’assister à un tel spectacle, d’autant plus que j’étais celle qui avait fourni le fameux paquet de drogue. Je jetai un œil à Désèle, inquiète. Elle aurait probablement préféré que je ne puisse lui ramener la marchandise plutôt qu’une mort vienne entacher la réputation de son établissement.
- Peut-être vaudrait-il mieux arrêter la distribution de Poussière d’étoile et de Délice de Ranald pour ce soir, déclarai-je à Désèle, observant le macabre spectacle. Qui était-ce ? demandai-je à propos du mort à Karsten, qui m’avait suivie.
- Mon engouement ? Mon intérêt notable pour votre personne ? Mon rire cristallin continua de m’agiter quelques instants, secouant Karsten avec moi. Si messire d’Ablaÿ n’est pas noble, en tous les cas possède-t-il la même arrogance que les concernés. Vous souvenez-vous qui m’a aguichée le premier ? Qui m’a soufflé quelques mots à l’oreille devant toute une assemblée, avant de me voler un baiser ? Qui s’est enquit de ma personne après une remontrance de Désèle ? Qui, encore, est venu me chercher ce soir, usant de ses charmes de gentilhomme ? Alors, qui d’entre nous a de l’intérêt pour l’autre, sincèrement, messire ?
A mesure que je parlais, j’avais profité de la soudaine proximité de l’homme de main. L’un de mes doigts était venu titiller le dessous de son oreille, glissant le long de sa mâchoire, pour traverser son cou, et s’arrêter au niveau de l’ouverture de son pourpoint, au niveau de sa clavicule.
- Je crois que nous jouons un jeu dangereux, désormais. Votre supérieur n’apprécierait sûrement pas que son propre intendant vienne venir marcher sur ses plates-bandes. Si fait, diminué, identique ou décuplé, mon intérêt en restera là, ce soir, soufflai-je de façon à ce qu’il soit le seul à pouvoir entendre ces mots.
Je retirai alors mon doigt de son corps, et avec une dernière œillade particulièrement rieuse, je me tournai pour me reconcentrer à nouveau sur mon débiteur actuel, tentant d’oublier ce blondinet séducteur et de m’en tenir à des relations cordiales avec de dernier.
Quant à Désèle et la proposition de location, celle-ci sembla réglée. Je ne pus m’empêcher de sourire sous l’image d’un Erwan tentant de m’arracher de l’étreinte d’un Karsten endormi pour me ramener à la matrone, et la bonne humeur continua de régner parmi notre petit groupe, jusqu’à ce je décide de m’absenter pour la fameuse agitation qui s’était installée de l’autre côté de la salle. Une petite assemblée s’était formée autour de l’évènement, et nous dûmes jouer des coudes pour pouvoir observer correctement la scène. Quatre hommes, visiblement complètement allumés par la Poussière d’étoile, étaient entrés dans un délire qu’eux seuls comprenaient. L’un d’eux, inerte, yeux ouverts et vitreux, ne réagissait pas suite aux assauts de son compère, qui affirmait qu’il avait été attaqué par la musique. J’étais sincèrement navrée d’assister à un tel spectacle, d’autant plus que j’étais celle qui avait fourni le fameux paquet de drogue. Je jetai un œil à Désèle, inquiète. Elle aurait probablement préféré que je ne puisse lui ramener la marchandise plutôt qu’une mort vienne entacher la réputation de son établissement.
- Peut-être vaudrait-il mieux arrêter la distribution de Poussière d’étoile et de Délice de Ranald pour ce soir, déclarai-je à Désèle, observant le macabre spectacle. Qui était-ce ? demandai-je à propos du mort à Karsten, qui m’avait suivie.
Modifié en dernier par [MJ] Vivenef le 01 juil. 2015, 18:13, modifié 1 fois.
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Rosewen Irène, Voie de la courtisane
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- [MJ] Vivenef
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Re: [Irène Rosewen] Dans l'ombre des puissants.
- Il ne s’agissait ni plus ni moins qu’un petit duel d’ego entre ces deux jeunes gens, lesquels s’amusaient fortement à se toiser et à tester l’autre. Irène se prenait au jeu, avec une certaine légèreté qui, toutefois, couvait un certain intérêt sur la question. Et lorsqu’elle considérait Erwan, elle pouvait être en mesure de dire que l’homme agissait de même.
« L’arrogance ? C’est qu’à force de côtoyer les nobles, l’on en adopte leurs traits. Pour le reste… Il se fendit d’un petit sourire, répondant au rire de la catin. Je me suis toujours demandé ce qu’il résulterait d’un octroi de faveur à une certaine femme en particulier, surtout si celle-ci se trouvait entourée d’autres femmes, dans un milieu aussi concurrentiel et hostile que puisse l’être un bordel. Je ne m’étais pas trompé, semblerait-il, et j’ai trouvai l’expérience fort amusante. Je me rappelle encore cet air déterminé que vous aviez en considérant Désèle et Estelle tandis que vous vous expliquiez, mais cette impossibilité à croiser mon regard, pour aller jusqu’à rougir et à prendre la fuite après notre petite entrevue. Dernièrement, qui s’est laissée faire attraper par lesdits charmes d’un gentilhomme, et en tirer une petite vexation, jusqu’à émettre des sous-entendus au gré de ses phrases, ponctués çà et là de petits regards en catimini ? »
Il lui décocha un petit clin d’œil moqueur, et laissa la jeune femme parcourir l’arrête de sa mâchoire et sa clavicule.
«Décuplé, bien entendu ; c’est là tout ce que je retiendrai. Mais vous avez raison, tentons d’être sages, damoiselle. »
Sa moue était aussi rieuse que ne pouvait l’être l’œillade d’Irène.
La mort d’un client.
Désèle était devenue livide en contemplant le corps inerte de l’homme, mais, si Irène la connaissait bien, elle était en mesure de deviner que ce qui l’affligeait réellement n’était pas tant la tristesse du décès que la mort en elle-même, à l’intérieur de son établissement. Celui-ci, toutefois, n’était pas le premier ; Irène se remembrait des histoires de quelques vieux croutons vidés, dans tous les sens du terme, par un excès de jouissance, ou encore d’un cas semblable d’un trop plein de dose il y avait de cela quelques années déjà. Mais cela demeurait assez rare pour être notable. En fin de compte, cela n’était pas tant que ça un coup dur ; des morts, il y en avait tout le temps, tous les jours, à quelques pas des Plaisirs Terrestres, que ce fût dans la Neuestadt ou, plus encore, dans les Taudis. Mais Désèle avait pour elle ce petit côté perfectionniste qui interdisait tout écart de cet acabit.
«Oui, répondit-elle à Irène sans même la regarder, lèvres pincées. L’on arrête la poudre pour ce soir. »
Elle donna une série de directives afin que l’on s’occupât de nettoyer tout ce beau désordre et que l’on appelât les prêtres de Morr, chargés de s’occuper des défunts. Irène fut incluse dans tout ce qui devait être rangement et sollicitation, l’intérêt que lui portait Karsten la sauva de ces tâches morbides.
«Qui c’est ? Volofeurt Hotz, un bourgeois, bien que grand propriétaire terrien… Mmh… »
Karsten accrocha le regard d’Erwan, lui-même regardant déjà Karsten. Un petit message passa entre eux deux. Irène crut-elle rêver, ou, durant l’espace d’une fraction de seconde, un horrible sourire de satisfaction avait déformé les traits de son client ? A peine avait-elle cillé des paupières que l’homme arborait déjà une mine contrite et repentante.
«Un mort à votre propre soirée… N’est-ce pas tragique ? » s’éleva une voix de femme, lente, tranquille, et appliquée.
«Emillia von Niebetz ; quel dommage de vous rencontrer là, en un moment si pénible. Oui, hélas, ainsi va la vie. Que Morr puisse prendre son âme en pitié. »
La femme en question s’avança à hauteur de Karsten, dévisageant la scène macabre qui se dévoilait devant elle. Le port altier, les traits impériaux, il se dégageait d’elle une grande force de caractère, et une quiétude déconcertante, inébranlable, même face au pire. Il s'agissait également de la noble que semblait courtiser un galant, lorsqu'Irène s'était mise en quête d'une carafe de vin commandée par son client. Fixant un regard neutre sur la scène, elle continua.
«Je ne doute pas de votre aptitude à vous condouloir, et encore moins de la sincérité de vos mots. Surtout lorsque l’on a connaissance du patrimoine de cet homme et de ses derniers et récents malaises qui ont failli lui être fatals, après qu’il se fût intoxiqué lors d’une pareille soirée avec pareille poudre.
- Ainsi vont les hommes, se complaint tristement Karsten. Ils pensent connaître leurs limites, savoir juger de leur faiblesse. Et pourtant, ils ne peuvent ignorer l’appel de leur addiction.
- Un grand malheur, vraiment, que la Poussière d’Etoile fût justement disponible dans cet établissement.
- Je ne vous le fais pas dire, Madame. »
Elle ne dit mot, se contentant de hocher lentement du chef, imperceptiblement, et se détourna hautement de la scène, s’en allant vaquer à ses propres occupations.
De nouveau, Karsten croisa le regard d’Erwan.
«Bien. Je crois que l’ambiance de la soirée va en prendre un coup, et moi… Tu sais quoi. Il se tourna vers Irène. En fait, je vais définitivement considérer la petite offre dont nous parlions tout à l’heure, même si je l’avais émise en plaisantant. Erwan, conduis-la jusqu’à chez moi. Il lui jeta un coup d’œil appliqué. Et pas d’écart, hein ? Tiens, donne ça à Désèle, pour le dédommagement. Et voilà pour toi, comme ça, c’est réglé d’office. Je file. »
Il donna deux couronnes et cinq pistoles à Erwan, lequel les remit à Désèle, et donna la même somme à Irène, avant de prendre la poudre d’escampette. Son homme d’arme considéra la jeune femme.
«Nous voilà désormais en tête-à-tête. M’accompagnerez-vous jusqu’au domicile de monseigneur, bravant les ruelles sombres et la nuit noire ? »
Petit sourire, toujours, avant d’effectuer une révérence provocante, lui indiquant de passer devant jusqu’à la sortie.
- Irène Rosewen
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Re: [Irène Rosewen] Dans l'ombre des puissants.
Je ne savais pas à quoi jouait Erwan, mais s’il pensait me séduire ou m’amuser en m’affirmant qu’il ne s’était adonné, depuis le début, qu’à une simple expérience aléatoire, c’était raté. Peut-être était-ce là une plaisanterie pour garder la face dans cette espèce de duel d’ego dans lequel nous nous étions engagés, mais blague ou non, ça n’était pas réellement le genre de propos qui me plaisait ; ils étaient devenus rabaissant, et particulièrement peu seyant dans sa bouche de séducteur. D’après lui, tout avait été expérience, superficiel, manipulation. Soit. Il faudrait qu’il s’en tienne à cela désormais, et ce fut ensuite avec un sourire quelque peu figé et difficile à continuer à arborer que je me tournai à nouveau vers Karsten. Il avait parlé de vexation ; eh bien cette fois-ci, il avait vraiment réussi à faire naître en moi ce sentiment, et aucun regard en catimini ne vint le prévenir de mon émotion actuelle.
Désèle avait les lèvres pincées, livides. J’eus fugacement une certaine pitié pour cette femme, qui se décarcassait comme pas deux pour son établissement, et qui pourtant avait toujours des imprévus dans ses affaires. S’il n’y avait pas eu de poudre en cette soirée, l’on aurait déploré ce manque flagrant ; désormais, l’on allait certainement pointer du doigt la présence de drogue durant cette orgie.
Efficacement, les filles se déployèrent pour ranger le désordre, mettre les nobles toujours délirants et voyant mille couleurs dans un coin, écartant le cadavre sur le côté pour qu’il soit prochainement pris en charge par les prêtres. J’eus une certaine satisfaction à observer Adélaïde ramasser des chaises renversées alors que je me tenais, droite, à côté de mon client. Désèle avait repris du poil de la bête, invectivant çà et là, ne s’éloignant pas de beaucoup du grabuge, prête à ranimer l’ambiance qui s’était quelque peu détériorée. Les hobereaux jetaient des regards navrés, écoeurés ou inquiets au défunt, se remémorant peut-être quelques souvenirs passés en compagnie de cette homme. Karsten m’apprit que celui-ci était un bourgeois de Nuln, possesseur de grandes terres dans les environs. J’interceptai un échange effectué entre le baron et son homme de main, et une certaine gêne m’envahit lorsque je notai une sorte de satisfaction ourdie chez les deux hommes. Tout à coup, j’eus l’impression de me trouver dans un fleuve trop grand pour moi, ballotée au gré des vagues, incapable de contrôler le courant. Tous ces nobles, toujours à comploter ; à peine un collègue disparaissait-il qu’on envisageait la meilleure manière d’en retirer des avantages. Du moins fut-ce mon impression première.
Là, une femme se présenta à Karsten. Soulignant toute la tragédie d’une telle mort, ses mots pourtant, à mes oreilles, prirent une teinte de menace. Sous ses paroles polies et calmes, je crus discerner une certaine suspicion à propos de ce qui venait de se dérouler. Sous ses dehors avenants et son attitude altière, n’était-elle pas en train d’accuser Karsten d’avoir sciemment permis la mort dudit bourgeois ? L’échange terminé, je suivis la femme du regard alors qu’elle s’éloignait. Cette femme était magnifique et je ne m’étonnerais point si l’on me disait qu’elle était activement courtisée à la cour noble. Elle semblait forte, imposante et respectée malgré sa condition de femme dans le monde qui était le nôtre. Une certaine admiration courait dans mes prunelles.
- Fait-elle partie de la famille de messire Alfred ?
Encore une fois, je brillais par mon ignorance.
Suite à quoi, Karsten fut désireux de réellement me recevoir chez lui. Filant somme tout assez rapidement, il me laissa aux bons soins d’Erwan ; toujours aussi enjoué, voire ironique, en se penchant pour me saluer.
- Il faut croire, déclarai-je, le regardant faire le pitre. Après les dernières paroles qu’il m’avait assenée, je devais avouer que je n’étais plus d’humeur à jouer avec lui ce soir-là. Je restai tout à fait cordiale, sans reprendre aucunement mes sourires et mes coups d’œil graveleux. Pourquoi Karsten ne rentre-t-il pas avec nous ? ajoutai-je, étonnée, jetant un regard dans la rue alors que nous sortions, comme si je pouvais encore l’apercevoir. Compte-t-il… se préparer ? Ma question m’étonnait moi-même. Attifé élégamment pour la soirée au bordel comme il l’avait été, je ne voyais pas pourquoi il avait ressenti le besoin de rentrer avant nous. Où habite-t-il ?
***
Désèle avait les lèvres pincées, livides. J’eus fugacement une certaine pitié pour cette femme, qui se décarcassait comme pas deux pour son établissement, et qui pourtant avait toujours des imprévus dans ses affaires. S’il n’y avait pas eu de poudre en cette soirée, l’on aurait déploré ce manque flagrant ; désormais, l’on allait certainement pointer du doigt la présence de drogue durant cette orgie.
Efficacement, les filles se déployèrent pour ranger le désordre, mettre les nobles toujours délirants et voyant mille couleurs dans un coin, écartant le cadavre sur le côté pour qu’il soit prochainement pris en charge par les prêtres. J’eus une certaine satisfaction à observer Adélaïde ramasser des chaises renversées alors que je me tenais, droite, à côté de mon client. Désèle avait repris du poil de la bête, invectivant çà et là, ne s’éloignant pas de beaucoup du grabuge, prête à ranimer l’ambiance qui s’était quelque peu détériorée. Les hobereaux jetaient des regards navrés, écoeurés ou inquiets au défunt, se remémorant peut-être quelques souvenirs passés en compagnie de cette homme. Karsten m’apprit que celui-ci était un bourgeois de Nuln, possesseur de grandes terres dans les environs. J’interceptai un échange effectué entre le baron et son homme de main, et une certaine gêne m’envahit lorsque je notai une sorte de satisfaction ourdie chez les deux hommes. Tout à coup, j’eus l’impression de me trouver dans un fleuve trop grand pour moi, ballotée au gré des vagues, incapable de contrôler le courant. Tous ces nobles, toujours à comploter ; à peine un collègue disparaissait-il qu’on envisageait la meilleure manière d’en retirer des avantages. Du moins fut-ce mon impression première.
Là, une femme se présenta à Karsten. Soulignant toute la tragédie d’une telle mort, ses mots pourtant, à mes oreilles, prirent une teinte de menace. Sous ses paroles polies et calmes, je crus discerner une certaine suspicion à propos de ce qui venait de se dérouler. Sous ses dehors avenants et son attitude altière, n’était-elle pas en train d’accuser Karsten d’avoir sciemment permis la mort dudit bourgeois ? L’échange terminé, je suivis la femme du regard alors qu’elle s’éloignait. Cette femme était magnifique et je ne m’étonnerais point si l’on me disait qu’elle était activement courtisée à la cour noble. Elle semblait forte, imposante et respectée malgré sa condition de femme dans le monde qui était le nôtre. Une certaine admiration courait dans mes prunelles.
- Fait-elle partie de la famille de messire Alfred ?
Encore une fois, je brillais par mon ignorance.
Suite à quoi, Karsten fut désireux de réellement me recevoir chez lui. Filant somme tout assez rapidement, il me laissa aux bons soins d’Erwan ; toujours aussi enjoué, voire ironique, en se penchant pour me saluer.
- Il faut croire, déclarai-je, le regardant faire le pitre. Après les dernières paroles qu’il m’avait assenée, je devais avouer que je n’étais plus d’humeur à jouer avec lui ce soir-là. Je restai tout à fait cordiale, sans reprendre aucunement mes sourires et mes coups d’œil graveleux. Pourquoi Karsten ne rentre-t-il pas avec nous ? ajoutai-je, étonnée, jetant un regard dans la rue alors que nous sortions, comme si je pouvais encore l’apercevoir. Compte-t-il… se préparer ? Ma question m’étonnait moi-même. Attifé élégamment pour la soirée au bordel comme il l’avait été, je ne voyais pas pourquoi il avait ressenti le besoin de rentrer avant nous. Où habite-t-il ?
Modifié en dernier par [MJ] Vivenef le 03 juil. 2015, 18:09, modifié 1 fois.
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Rosewen Irène, Voie de la courtisane
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