[Sigmund et Erik] Les Mille Trônes

Marienburg est le plus grand de tous les ports du Vieux Monde. Située à l’embouchure du fleuve, la ville est un énorme centre de commerce. Le Reik est ici un fleuve énorme, mesurant plus d’un kilomètre et demi d’une berge à l’autre. Marienburg est une cité indépendante (sans lien avec l’Empire), située au sein des Wastelands. c’est aussi le centre de l’activité religieuse du Culte de Manaan, le Dieu de la Mer.

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[MJ] Souriceau
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Re: [Sigmund et Erik] Les Mille Trônes

Message par [MJ] Souriceau »

On avance un peu, mais quand on entrera dans l'intrigue principale de l'aventure faudra attendre Sigmund :happy:
L’initié qu’interpella Erik von Vystern était une jeune femme qui approchait de la vingtaine ; ses cheveux étaient brun clair et encadraient un visage sérieux. Elle portait une robe blanche qui avait dû connaitre des jours meilleurs. Ses mains étaient serrées contre sa poitrine, et son visage arborait un demi-sourire.
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Bonjour messieurs. Bienvenue à l’orphelinat de Shallya. Vous voulez nous aider à soigner les enfants ? Comme vous voulez, c’est vrai que quelques uns de nos enfants sont malades. Suivez-moi, je vous prie.

Les deux compagnons passèrent le portail de la cour, dans laquelle se trouvaient les enfants, puis franchirent les portes de bois défraichis et pénétrèrent dans l’orphelinat. Avant que les yeux du magicien n’eussent le temps de s’habituer à la pénombre, Erik fut saisi par l’odeur de décrépitude et de moisissure. Il remarqua que les bancs de l’orphelinat étaient occupés par des enfants, d’âges différents, mais tous semblaient provenir des quartiers pauvres de Marienburg. Pendant un court moment, le jeune mage fut touché par la tristesse qui habitait les enfants.

La prêtresse l’amena devant un lit où reposait un jeune enfant étant plus ou moins âgé de huit ans. Les mains de la prêtresse de Shallya caressèrent les cheveux bouclés du gamin, tandis que celui-ci pleurait à chaudes larmes.

La bouche de l’enfant s’ouvrit, et il émit une série de gargouillis en levant les yeux au plafond. Erik put voir l’intérieur immonde de sa bouche dans les moindres détails, y compris le moignon scarifié qui s’agitait là où aurait dû se trouver une langue.


Shallya semble s’être détourné de cet enfant. Peut-être que votre magie pourra faire quelque chose pour lui…
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Erik Von Vystern
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Re: [Sigmund et Erik] Les Mille Trônes

Message par Erik Von Vystern »

L’initiée en face d’Erik accepta de bonne grâce sa proposition et lui enjoignit de la suivre, ce que fit le jeune homme qui lui emboita le pas. Pendant qu’ils marchaient, le magister détailla la shalléenne d’un peu plus près. Elle paraissait jeune, probablement d’un âge qui approchait sensiblement du sien, raisonnablement jolie, avec une moue sérieuse qui dégageait pourtant un certain charme, tout du moins de l’avis du pyromancien. Ses cheveux fins cachaient à moitié son visage, et son corps était enveloppé dans une bure blanche… enfin, plutôt grise vu l’état de saleté de ladite bure. Pas de doutes, l’orphelinat et ses prêtresses ne vivaient guère dans l’opulence.

Cette impression se confirma lorsqu’ils entrèrent dans l’orphelinat proprement dit. Une odeur infecte, de maladie, de saleté, de désespoir tremblant assaillit les narines d’Erik, qui réprima à grand peine une grimace de dégoût. Les murs lépreux pleuraient des larmes de suie et de crasse, tandis que les lattes craquaient douloureusement sous le poids combiné des années et des visiteurs. Assis sur des bancs en bois, quelques enfants éparpillés ça et là regardèrent passer les nouveaux venus, la plupart dévisageant le magister avec un mélange de crainte et d’envie.

Mal à l’aise face à ses regards doux d’enfants malmenés par le sort, Erik pressa le pas. Il lui semblait que son cœur fondait dans sa poitrine comme une roche en fusion, et qu’il se désagrégeait peu à peu devant tant de misère. Soudain, avec la force d’un torrent de feu, la pitié le submergea, sentiment âcre et sinistre de lassitude face à toutes ces horreurs, de culpabilité confuse et de compassion amère.

Dévisagé par ces yeux qui lui hurlaient leur tristesse en silence, Erik se redressa et suivit sans mot dire l’initié. Qu’aurait-il pu faire d’autres ? Il ne pouvait aider à lui seul tous ces gamins déshérités, voués pour la plupart à vivre dans la misère une fois leur majorité atteinte et leur mise sur le pavé par les servantes de Shallya, qui ne pouvaient accueillir indéfiniment tous ces enfants.

Mais le pire était à venir. Sur un lit, seul, reposait un gamin qui ne devait pas avoir vu dix printemps. La puanteur se fit insupportable, et Erik en eut quasiment un haut-le-cœur. Pourtant, quand le garçon ouvrit la bouche, le magister manqua défaillir. Toute sa cavité buccale était ravagée par une sorte de… à vrai dire, le jeune homme aurait été bien incapable de savoir de quelle maladie il s’agissait, mais l’odeur ignoble de chair en décomposition ne laissait guère de doutes possibles sur la nature infectieuse de la maladie qu’avait vraisemblablement contracté le petit. Tout en inspectant davantage son patient, Erik sentit son cœur se serrer un peu plus quand il comprit que le bout de chair tremblotant et noirci qu’il avait entr’aperçu était en réalité la langue de l’enfant. Le magister s’écarta un instant, reprenant son souffle et tentant de s'éclaircir un peu les idées. L'afflux de sentiments nuisaient à la concentration, aussi devait-il rester impérativement lucide s'il désirait réussir ce qu'il allait décider d'entreprendre.

Tandis que la shalléenne réconfortait l’enfant en lui caressant tendrement les cheveux, Erik réfléchit rapidement à ce qu’il convenait de faire. De toute manière, quoiqu’il en soit, si rien n’était tenté, le gosse était perdu, c’était une certitude. Il ne fallait pas être médecin pour comprendre que la maladie était trop avancée pour espérer une guérison naturelle. Seule sa magie pourrait l’aider, le pyromancien en était parfaitement conscient.

Il commença à chercher mentalement les paroles idoines, et pour s’en assurer, sortit son Liber Ignifer afin de compulser rapidement les notes qu’il avait prises sur le sort de Guérison. Tout en les relisant rapidement, il demanda à l’initiée : « Qu’est-il arrivé à ce gamin ? Je veux dire, comment cette maladie s’est-elle déclenchée ? Il y a eu des signes avant-coureurs ? Vous avez une hypothèse sur la nature de l’infection ? »

Puis s’approchant à nouveau du garçon, il demanda d’une voix douce, où perçait la compassion : « Comment s’appelle-t-il ? Il est… là depuis longtemps ? »

Après avoir obtenu les réponses qu’il attendait, Erik se concentra, ouvrant son esprit aux Vents de Magie, et se jura mentalement qu’il réussirait à lancer ce sort, coûte que coûte, et quitte à réessayer plusieurs fois, jusqu’à l’épuisement s’il le fallait. Il ne serait pas dit qu’un Von Vystern, qu’un mage du Collège Flamboyant ait abandonné un enfant rongé par la maladie à son triste sort. Par Shallya, il allait y arriver !
Erik lance Guérison des Plaies sur le garçon, et réessaye jusqu'à y arriver.
J'ai essayé de ne pas trop m'avancer, j'espère que ça ira.
Modifié en dernier par [MJ] Souriceau le 26 mars 2012, 17:41, modifié 1 fois.
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Erik Von Vystern, Voie du Sorcier Impérial
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[MJ] Souriceau
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Re: [Sigmund et Erik] Les Mille Trônes

Message par [MJ] Souriceau »

Image Initié de Shallya : Une semaine. Peut-être un peu plus. Quand on l’a recueilli, sa bouche était déjà dans cet état. On ne connait pas son nom, ni l’origine de cette maladie. Les autres enfants l’appellent le Fou. La Mère Abbesse Lutzen semble certaine que cette infection est d’origine chaotique et je suis du même avis qu’elle… Qu’en pensez-vous ?
Erik von Vystern ne répondit pas directement. Les autres enfants, se trouvant à l’intérieur de l’orphelinat, s’éloignaient du petit mutant, dérangé par ses sanglots. Les yeux fixes du Fou regardaient dans le vide alors qu’il se balançait au rythme des caresses de l’initié du temple. Erik commençait à suffoquer sous l’odeur assez désagréable que dégageait l’enfant.

L’apprenti magicien fit ce qu'il avait à faire: débarrasser l’enfant de ce qui ressemblait à la souillure du Chaos, aussi petite et aussi fragile soit-elle. Car il aurait été absurde de ne pas faire attention à ce germe corrupteur qui pourrait se développer dans le corps du petit enfant. Car ce qui est faible et chaotique ne reste pas faible bien longtemps: qui sait quel abjecte mutant, l’orphelin allait-il devenir dans quelques mois, voir quelques semaines ? On ne le saurait jamais puisque le magicien Flamboyant décida d’agir comme il se devait...

Il s'attela à la guérison magique du petit enfant, du mieux qu'il put.

Lancer du sort Guérison des plaies :
INT+2.
Résultat : 9 -> Réussite !
+1 PM
Erik apposa sa main droite au-dessus de la bouche du gamin et ouvrit son esprit à Aqshy, le vent rouge, l’esprit flamboyant de l’Aethyr. Soudain, un vent chaud entra dans la l’orphelinat de Shallya. Le sorcier réussit à puiser dans les énergies du vent de magie et un faisceau d’une couleur rougeâtre pure sortit de sa main pour purifier la bouche du mutant.

Le Fou afficha un large sourire, comme s’il appréciait l’expérience, ou du moins cette attention particulière qu’on lui portait. Il semblait guérit mais jamais il ne pourrait retrouver sa voix pour autant…
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Erik Von Vystern
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Re: [Sigmund et Erik] Les Mille Trônes

Message par Erik Von Vystern »

Erik se concentra, vidant son esprit de toute pensée inopportune. Puis, il laissa s’ouvrir peu à peu son troisième œil, sa perception de la magie pouvant pleinement se mettre en œuvre. Habitué à m’utiliser depuis son enfance, il repéra rapidement Aqshy, le Vent rouge, qui se mêlait à tous les autres vents présents ici. Il commença à manipuler les Vents afin de ne saisir que d’Aqshy, conformément aux techniques enseignées dans les Collèges de magie. Jamais plus d’un vent à la fois, car les manipuler tous à la fois était bien trop dangereux, et les sinistres magisters noirs en payaient le prix, en attirant des démons ou des catastrophes dues à la nature instable du Dhar.

Lorsqu’il se sentit prêt, il lança le sort. Aussitôt, il sentit la chaleur réconfortante d’Aqshy passer de ses mains à la bouche du petit garçon. Peu à peu, il contempla les chairs se reformer, enlevant la souillure de l’enfant, et vit l’œuvre du feu purificateur. Epuisé, il se recula légèrement, reprenant ses esprits. Enfin, la guérison fut complète et, en son fort intérieur, Erik se laissa aller à quelques pensées heureuses. A voir l’air ravi du gamin et le magnifique sourire de l’initiée shalléenne, il se dit que c’était pour des instants comme celui-ci qu’il supportait sans coup férir sa condition de mage. Protéger les gens, voilà ce qu’il devait faire de son don, et il espérait qu’à force, les mentalités changeraient, ou bien qu’il réussirait à convaincre ses contemporains des bienfaits que pouvait apporter la magie bien maitrisée.

Se tournant vers la shalléenne, le pyromancien déclara : « Effectivement, la blessure était fort troublante. Que ce soit l’œuvre du Chaos ou non…. C’est difficile à dire, mais un tel état de pourriture ne parait guère naturel. Et cela ne présageait rien de bon. Nous savons tout deux que l’œuvre du Chaos peut être aussi lente que perfide. J’espère avoir empêché à cet enfant quelque destin cruel. »

Puis soudain, un détail lui revint en mémoire. Le Miracle n’était-il pas sensé avoir massacré une horde de chaotiques ? Et maintenant, il se retrouvait à soigner un gosse qui portait sûrement la marque du Chaos. La parallèle était plutôt facile à faire, et c’est d’ailleurs ce que fit Erik. Une coïncidence ? Guère probable, il y avait un peu trop de coïncidences dans toute cette histoire, qui prenait comme par hasard sa source dans l’orphelinat. Non, rien à faire, il se passait des choses étranges dans cet orphelinat, il n’y avait pas à dire…

Et si les sœurs avaient ramassé le Fou pas loin de l’orphelinat. Par Verena, si c’était proche de l’endroit où le Miracle avait tué les cultistes… Il tenait une nouvelle piste ! Mais il fallait d’abord s’en assurer, et la sœur paraissait tout indiquée pour cela. Après tout, il venait de lui sauver un de ses protégés, elle pouvait bien répondre à ses questions et pour cela, le magister était prêt à lui décocher son sourire le plus charmeur. Après tout, il avait l’air de plutôt bien marcher, au vu de ses récentes expérimentations.

Erik inspira, puis s’avança vers la jeune femme, un sourire légèrement galant sur le visage, suffisamment pour se rendre agréable, tout en restant parfaitement courtois. Pas question d’effaroucher la demoiselle ! Il demanda alors : « Je me demandais… Vous l’avez trouvé où, cet enfant ? Cela pourrait nous donner une piste pour trouver la source de cette corruption. »

Il laissa passer quelques instants, puis poursuivit, en prenant bien garde de faire comme si cette question lui était venue sans lien avec la première. Mieux valait être prudent, on ne sait jamais. « Au fait, j’y pense. Je suis chargé par les Collèges de magie d’enquêter sur des événements récents, qui se sont déroulés dans votre orphelinat. Vous seriez bien aimable si vous vouliez bien répondre à quelques unes de mes interrogations. Voyez-vous, il y a de cela quelques temps, un enfant élevé dans votre orphelinat s’est vu décoré du titre de réincarnation de Sigmar, et est à la tête d’une Croisade à l’enfant. Je pensais que vous pourriez m’en apprendre un peu plus sur cet enfant. D’où venait-il, sa famille, ses amis ici tiens, si vous aviez remarqué sa possible prédestination… Ce genre de choses. Oh, et si vous étiez assez aimable pour m’en raconter un peu plus sur cette histoire de cultistes qu’il aurait défait à lui tout seul. Vous comprenez, les témoignages sont quelque peu… différents, et il me faut m’enquérir de la vérité, comme le nombre de cultistes, le lieu, quand et comment a-t-il été enlevé… Tout ce que vous savez pourra m’être utile. »

Erik attendit patiemment la réponse de l’initié. Il tenait peut-être enfin une chance d’obtenir des indices sur cette satanée Croisade. Ou tout du moins sur ses débuts. Après tout, pour comprendre un événement, mieux valait en connaitre les origines.
Modifié en dernier par [MJ] Souriceau le 15 avr. 2012, 18:56, modifié 1 fois.
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Erik Von Vystern, Voie du Sorcier Impérial
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[MJ] Souriceau
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Re: [Sigmund et Erik] Les Mille Trônes

Message par [MJ] Souriceau »

Lorsqu’Erik fit allusion à la Réincarnation de Sigmar, la jeune initiée devint rouge comme une pivoine et se mit à contempler ses pieds, affectant un air d’intense concentration. La femme semblait vouloir demeurer de marbre, sans desserrer les lèvres ni sourciller.

Après quelques instants embarrassants, une femme d’un certain âge fit son apparition. Avec des traits accusés pleins de majesté, un regard bleu-gris perçant et des cheveux soignés couleur gris métallique, celle-ci semblait respirer la franchise dès qu’elle s’autorisait un sourire. Le sorcier flamboyant put s’apercevoir que malgré son âge avancé, elle faisait part d’une vigueur surprenante, et possédait des membres grêles qui ne laissaient en rien soupçonner leur force réelle.

Sur ses réserves, l’air sévère, celle-ci intervint en se penchant vers les inconnus, un sourcil haussé :

Image Mère Abbesse Lutzen : Vous voulez sans doute parler de Karl, c’est exact ? Je suis la mère abbesse Lutzen et si vous voulez bien prendre la peine de me suivre dans mon bureau pour y poursuivre l’entretien…
D’un geste de la main, Lutzen invita Sigmund et Erik à la suivre.
Par contre, il va falloir attendre le post de Sigmund, car là, ça devient très important :wink:
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Erik Von Vystern
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Re: [Sigmund et Erik] Les Mille Trônes

Message par Erik Von Vystern »

Manifestement, sa dernière question gênait beaucoup la jeune initiée, qui arborait à présent des rougeurs à faire pâlir d’envie la chevelure de bon nombre de Seigneurs Magisters du Collège Flamboyant. Contemplant ses pieds avec une obstination qui forçait presque l’admiration, elle refusait de desserrer ses lèvres. Erik se dit alors qu’il était sûrement sur la piste du Miracle, point de doute là-dessus car au vu de la réaction de son interlocutrice, il y avait matière à s’avancer. Et comme le dit le proverbe, il n’y a pas de fumée sans feu. Le magister se décidait à pousser à son avantage, comptant presser la shalléenne de questions jusqu’à ce qu’elle cède, qu’elle lui avoue enfin ce qu’elle désirait tant lui cacher, ne doutant pas un instant de ses talents de persuasion. Il s’apprêtait à ouvrir la bouche lorsqu’un raclement de gorge l’interrompit brutalement.

Erik se retourna et vit alors en face de lui une femme d’un certain âge, aux traits sévères, marqués par les années, filles de Morr terribles aux doigts implacables. Mais les yeux de celle que le pyromancien devinait être la supérieure de l’orphelinat lui arrachèrent un léger frisson. Bleus, d’un bleu profond, à la limite du gris-acier, il lui semblait que ces saphirs ternis auraient pu deviner la moindre de ces pensées en un instant, en un simple battement de paupière. Pétillants d’intelligence, d’expérience accumulée au fil de toute une vie, ces pupilles le jaugeaient et le jugeaient avec une étrange franchise, comme si une voix venue d’ailleurs lui murmurait au creux de l’oreille : « Je sais qui tu es, pourquoi tes pas t’ont mené dans ce lieu, ce que tu désire. » Son malaise ne fut dissipé en partie que par le léger sourire qui se mit à flotter sur les lèvres de l’abbesse, lui conférant soudain une certaine noblesse.

La femme coupa court à toute vaine tentative d’explications en demandant à ces deux visiteurs de la suivre dans son bureau, leur préoccupation principale lui étant apparemment connue. Après avoir remercié l’initiée, Erik emboîta le pas de la Mère Abbesse Lutzen, ayant vu juste sur sa fonction. En même temps, venant d’une personne qui avait passé les huit premières années de sa vie dans un temple et était donc assez familière des lieux de recueillement et des congrégations, le contraire eut pu être étonnant. D’ailleurs, Erik essaya de se souvenir du titre accordé au supérieur d’un temple, ce pouvait être utile pour débuter en confiance une conversation avec la vieille femme, un peu de respect et de connaissance ne pouvant pas lui faire de tort.

Silencieux, Erik, Sigmund et l’abbesse empruntèrent ce même couloir humide de désespoir douloureux, où s’entassaient les mêmes enfants aux regards doux de victimes résignées. Et à nouveau une bile amère de regrets inutiles lui monta à la gorge, à nouveau son estomac se tordit devant ces yeux qui les fixaient, à nouveau il sentit le poids de sa propre impuissance abattre sa poigne gantée de fer sur ses épaules, comme un rappel lancinant de cette situation qu’il ne pourrait changer, dont il ne pouvait qu’avoir pitié et remords. Le jeune homme haïssait cet endroit de misère humaine pour cela, pour cet immonde sentiment d’inutilité qu’il ressentait, qui l’emplissait et l’étourdissait. Alors, dans une ultime révolte de son esprit contre cette existence qui abandonnait des milliers d’innocents sur le bord du chemin, condamnés à errer, à trainer leurs carcasses de la mendicité aux vols, de vols au pilori, du pilori au bourreau, il tenta vainement de trouver une idée pour faire quelque chose, n’importe quoi pour ces malheureux gamins. Rien de transcendant, mais un simple geste, peut-être pour se rassurer égoïstement en se disant qu’il aurait essayé, au moins.

Instinctivement, sa réflexion fiévreuse se porta sur son don, et il pesta un bref instant contre ces années d’études, ces sacrifices consentis pour bien peu de résultats tangibles en cet instant. Puis, comme une illumination, il repensa aux musiciens qu’il adorait entendre, étant enfant, dans le château de son père, et il sut quoi faire, dans un élan volontaire d’impulsivité poussée à bout. Il rattrapa l’abbesse et déclara : « Veuillez m’excuser, Votre Grâce, je ne vous demande qu’un petit moment de patience, il y a une tache dont je dois m’acquitter. » Erik rebroussa chemin, s’arrêta devant un des bancs et murmura : « Ce n’est pas grand-chose, mais j’espère que cela vous plaira les enfants. »

Le magister s’ouvrit aux Vents de Magie et y puisa ardemment, manipulant Aqshy avec délicatesse et fermeté, comme un harpiste appuie sur les cordes de son instrument de prédilection, murmurant quelques paroles en langue magikane. Alors, il relâcha sa magie, et presqu’aussitôt, une douce mélopée emplit le couloir, promesse de joie et d’espoir fugace. Les orphelins ouvrirent de grands yeux, tendant l’oreille, cherchant à deviner d’où venait la belle musique. Ce fut une transformation : les petits visages mornes s’éclairèrent de sourires enfantins, les yeux s’allumèrent de feux de joie, ils se mirent à pépier joyeusement, dans un concert infiniment plus beau au cœur du pyromancien. Et cette angoisse qui lui tordait les membres s’apaisa doucement, au son de la musique qui continuait à résonner délicatement.

Erik rejoignit la mère abbesse Lutzen et Sigmund, un sourire aux lèvres, rasséréné, prêt à se replonger dans son enquête. Il songea alors qu’ils avaient appris un élément important : le prénom du Miracle, Karl. D’ailleurs, vu la réaction de l’initié et l’empressement de la mère supérieure, les shalléennes s’attendaient à une visite, à des questions. Peut-etre car il y avait matière à s’en poser… Quoi qu’il en soit, ils arrivèrent bientôt dans le bureau de la mère Lutzen, et Erik, en refermant la porte derrière eux, prit la parole : « Je pense que Sa Grâce sait pourquoi nous sommes là : le fameux Miracle de Marienbourg, l’enfant prodige, la réincarnation du divin Sigmar que vous semblez avoir élevé dans ces murs jusqu’à ces dernières semaines.»
Modifié en dernier par [MJ] Souriceau le 28 avr. 2012, 10:30, modifié 1 fois.
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Erik Von Vystern, Voie du Sorcier Impérial
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Sigmund Engelhart
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Re: [Sigmund et Erik] Les Mille Trônes

Message par Sigmund Engelhart »

J'aimais peu les orphelinats, qui ne me rappelaient que trop mes années dans la rue, certes parsemées d'agréables souvenirs, mais avec plus que leur lot de mésaventures. Et voir tous ces enfants crasseux éveillait en moi un double sentiment de mélancolie et de satisfaction de m'être sorti de cette situation et de ces années de galère. C'est donc passablement rêveur que je suivis Erik alors qu'il tentait de prendre contact avec une des soeurs du couvent, ne cherchant pas moi-même à faire bonne impression, perdu dans mes pensées, l'écoutant d'une oreille distraite alors qu'il proposait ses service thaumaturgiques.

Lorsqu'on leur présenta l'enfant contaminé, dont les miasmes infectes semblaient se déverser à chaque instant de ce qu'il lui restait de bouche, je ne pus retenir un haut-le-coeur et dut m'écarter. Non par dégoût véritable, mais plutôt par vague réminiscence de ce qui était arrivé à l'un de mes camarades d'infortune dans le temps, à force de traîner dans les canaux les plus insalubres de la ville. D'autant qu'en y réfléchissant bien, cela aurait pu me toucher également à l'époque, alors que nous vivions parfois des semaines durant dans les recoins les plus immondes afin de nous faire oublier des victimes de nos larcins.

D'un oeil intrigué, j'observai à quelque distance le magister agir, curieux de ce qu'il allait bien pouvoir faire pour endiguer cette infection digne du Seigneur des Mouches, et ne put qu'observer stupéfait les miasmes reculer face à la puissance des arcanes du jeune homme. Une application bénéfique de la magie ne m'avait jamais ne serait-ce qu'effleuré l'esprit auparavant, tant mes convictions au sujet de la sorcellerie avaient été ancrées au plus profond de moi dès mon plus jeune âge. Mais force m'était de constater qu'elles étaient, si ce n'est infondées, du moins incomplètes.

Profitant habilement de son succès de l'instant, mon compagnon de route bascula le sujet de la conversation sur l'objet de notre visite, expliquant ce que nous cherchions à savoir, mais paradoxalement à la réaction joyeuse qui avait suivi son miracle, son interlocutrice se ferma complètement cette fois-ci, ne pipant mot, alors que s'installait sur les lieux un silence pesant. Manifestement, elle n'était pas autorisée à nous répondre, et prenait ses directives très à coeur.

Surgit alors de nulle part une femme d'un certain âge, à l'allure autoritaire, qui prit la parole. Sentant le ton péremptoire de celle qui se présenta comme l'Abbesse du couvent, je me contentai de hocher la tête avant de la suivre prestement, dans une déférence semi-feinte seulement, il semblait bien que nous étions finalement sur le point d'obtenir quelques unes des réponses qu'on nous avait chargés de récupérer, le tout d'une source de premier ordre, et dont la crédibilité ne serait vraisemblablement pas à remettre en cause...

Vous n'avez pas attendu trop longtemps? :lol: Bon, une réponse rapide histoire d'entrer dans le vif du sujet ;)
Modifié en dernier par [MJ] Souriceau le 28 avr. 2012, 10:31, modifié 1 fois.
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Sigmund Engelhart, Voie du Bonimenteur
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[MJ] Souriceau
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Re: [Sigmund et Erik] Les Mille Trônes

Message par [MJ] Souriceau »

Avant de faire entrer ses visiteurs dans son bureau, Lutzen convoqua une prêtresse humaine renfrognée, du nom de Marietta Kuhn, et prit un malin plaisir à lui ordonner sèchement de ramasser les manteaux et les armes de Sigmund et d’Erik. Celle-ci semblait intransigeante sur ce point :

Les armes ne sont pas tolérées dans les maisons de Shallya ! Marietta apportez-nous du vin aussi !

Alors que la prêtresse s’exécutait en silence, la Mère Abbesse l’observa avec un petit sourire en coin. Une fois celle-ci ressortie, Lutzen déclara d’un ton satisfait :

Sœur Kuhn est punie, et nous prions pour que ses tâches et le mutisme qu’elle doit observer en les accomplissant lui inculquent l’humilité seyant à sa position.
Test de connaissances théologiques :
Jet d’intelligence pour Sigmund : 5 -> Réussite !
Jet d’intelligence pour Erik : 17 -> Echec !
Sigmund Engelhart trouva Lutzen quelque peu cruelle, la jugeant trop encline à se réjouir de châtier ainsi une prêtresse de la Déesse de la Compassion. Mais il ne put la questionner sur les méfaits de Sœur Kuhn, car Lutzen débuta son récit concernant Karl.
Image Mère Abbesse Lutzen : Nous avons toujours su que Karl était un enfant béni. La nuit même où on l’a déposé sur le seuil de l’orphelinat, on vit briller dans le ciel une comète à deux queues. C’était le plus beau des enfants, même nourrisson – vigoureux, éveillé, et très affectueux. Nous l’aurions élevé avec d’autres orphelins moins privilégiés par les dieux, mais leur jalousie nous a incitées à la garder à l’écart afin d’éviter les… histoires.

Chaque jour, il gagnait en noblesse et en beauté, et pourtant qui aurait soupçonné le destin qui l’attendait ? Il y a quelques semaines, des types inconvenants sont venus et ont demandé à voir les orphelins, en affirmant que leur maître désirait engager l’un d’eux comme valet. Nous ignorons comment ils ont pu remarquer Karl, lui qui restait cloîtré à l’étage. Evidemment, l’Enfant pouvait se montrer volontaire et échapper parfois à notre vigilance. Quoi qu’il en soit, ils l’ont vu et, une semaine plus tard, ils l’ont carrément enlevé en tuant la malheureuse sœur Hirtzel. Oh, quelle sainte colère ne fut pas la nôtre rien qu’à l’imaginer entre les mains de ces misérables !

Nous ne doutions pas d’avoir affaire aux suppôts de quelque sinistre puissance ; nous nous sommes donc toutes mobilisées pour le rechercher d’un bout à l’autre de la ville. Mais nous avions bien tort de nous angoisser car Shallya en personne veillait sur l’Enfant. Le matin même, on le vit tuer ses ravisseurs à coups de marteau, à lui tout seul ! Tous ceux qui assistèrent au Miracle virent en lui un être saint et s’empressèrent de l’adorer. La foule le porta en triomphe à Helmut, un prêtre de Sigmar officiant dans la cité, et devant toute l’assemblée, il a proclamé que l’Enfant était Sigmar Réincarné !

Les fidèles ont afflué vers lui, et nous nous sommes empressées d’ajouter nos bénédictions aux chœurs de louanges, car même alors, certains répandaient d’horribles mensonges sur son compte par jalousie et par haine. Ces voix ont maintenant été réduites au silence et les fidèles brûlent d’accomplir le glorieux destin de l’Enfant. Nous regrettons simplement de ne l’avoir vu de nos yeux abattre ces hommes affreux !
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Erik Von Vystern
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Re: [Sigmund et Erik] Les Mille Trônes

Message par Erik Von Vystern »

Erik vit apparaitre une sœur sur le pas de la porte à la mine revêche, aigrie, bref fort peu aimable. L’abbesse lui commanda de prendre leurs manteaux et leurs armes, comme le voulait la tradition de paix shalléenne : pas d’armes dans les demeures du Cœur miséricordieux. Manifestement, Lutzen accordait une grande importance au respect de cette règle, puisqu’elle gourmanda la prêtresse pour cet oubli. D’un air profondément indifférent, le magister tendit son fidèle bâton à la femme sans rechigner. Contrairement à de nombreux voyageurs, se séparer de son arme ne le gênait absolument pas. En effet, techniquement, il était une arme à lui tout seul, n’ayant besoin que de l’Aethyr pour engloutir ses ennemis dans un déluge de flammes. D’ailleurs, le pyromancien se demandait depuis combien de temps il n’avait pas utilisé comme une véritable arme. Les seuls combats qu’il avait mené étaient des duels entre apprentis ou contre leurs enseignant, et là, seule la magie entrait en compte, point ne leur était besoin de fioritures comme des épées, des lances ou autres lames acérées. Rien que la puissance de l’esprit, pas une aide extérieure. Aussi resta-t-il parfaitement calme quand il sentit le poids familier de son bâton quitter sa main, et Erik se contenta de dévisager la Mère abbesse sans ajouter une parole.

Tout en voyant la sœur, qui s’appelait apparemment Kuhn, sortir du bureau, le jeune homme ne put s’empêcher de s’interroger sur le méfait commis par cette dernière pour être ainsi châtiée. Surtout que les punitions étaient normalement censées être plutôt rares chez les shalléennes, qui privilégiait le pardon ou encore le jeûne et la prière comme moyen de montrer son regret. D’ailleurs, le magister accueillit l’explication de Lutzen avec une certaine perplexité, car l’humilité était la vertu de Shallya par excellence, mais il n’avait jamais entendu parler de degré d’humilité augmentant avec la position dans l’échelon de la prêtrise. En tout cas, si cela était vrai, l’abbesse n’avait pas l’air d’un grand modèle du genre pensa ironiquement Erik. Rien à faire, quelque chose le mettait mal à l’aise dans l’attitude de la vieille femme, mais il aurait été bien incapable de dire quoi, aussi finit-il par se contenter d’écouter le récit qu’elle leur fit sur ce Miracle, Karl de son nom.

Le magister flamboyant ne manqua pas de s’étonner du traitement de faveur réservé à l’enfant. Passe encore qu’il soit béni par les Dieux, ce qui le laissait hautement perplexe soit dit en passant, mais l’élever complètement à l’écart des autres, cela n’avait aucun sens. S’il n’était que bon et fort, gâté par la nature, pourquoi avoir pris de telles mesures pour l’isoler du monde. D’autant plus que l’excuse de l’abbesse sur le comportement soi-disant empreint de jalousie le rendit franchement sceptique. Forcément, si le gamin était outrageusement favorisé par les prêtresses, nul besoin de se demander pourquoi ils en auraient voulu au gosse. Voilà déjà un point à éclaircir, à n’en pas douter.

Un autre point attira l’attention d’Erik. D’ordinaire, les shalléennes abhorraient la violence, or le discours de Lutzen, fort véhément, ne manqua pas de l’étonner. Surtout lorsqu’elle mentionna la protection de Shallya sur l’enfant, car la déesse n’approuvait que rarement les massacres, fussent-ils de cultistes. Et cette volonté d’éloigner tous soupçons, d’insister sur le fait qu’elle racontait la vérité… Non, il y avait quelque chose de caché derrière ce discours, quelque chose qui le gênait terriblement, mais le pyromancien n’arrivait absolument pas à mettre le doigt dessus, comme si un détail capital lui avait échappé. Mais il avait une certitude : les paroles de la Mère abbesse lui semblaient fort éloignées du discours prôné par la Déesse de la Miséricorde et de la Compassion.

Néanmoins, la mention du prêtre sigmarite était une piste intéressante pour la suite, à creuser. Ce père Helmut devait avoir quelques précisions supplémentaires à apporter, et peut-être que l’homme les renseignerait sur l’avancée et la composition de cette Croisade à l’enfant. Mais cet imbroglio de cultes officiels ou non commençait à déplaire fortement au magister, qui n’appréciait que moyennement d’être mêlé aux affaires de religions, surtout celles concernant les sigmarites. Après tout, les répurgateurs considéraient les magisters des Collèges comme des abominations en puissance, et c’étaient leurs prêches virulents qui empêchaient les habitants du Vieux Monde de considérer les mages comme des personnes normales. Décidément, il détestait de plus en plus cette mission.

Mais le moment n’était pas aux états d’âmes, aussi Erik se concentra sur ce qu’il venait d’apprendre. Maintenant, il allait falloir jouer serré avec la Mère abbesse, pour qu’elle réponde à ses interrogations. Le jeune homme attendit donc que la vieille femme ait fini de parler pour la questionner d’un air respectueux. Il déclara d’une voix franche et claire, mesurée : « Pardonnez-moi votre Grâce, mais j’aurais quelques menues demandes. Je dois dire que je m’interroge fortement sur le fait d’avoir écarté Karl des autres enfants. Certes, il semblait béni par les Dieux, mais de là à l’élever à l’écart. Vous comprenez, je doute que les autres n’aient eu que ce motif pour le jalouser. Du reste, j’aimerais savoir où se situe cette maison dont est sorti l’enfant, ainsi que la localisation du père Helmut. Enfin, si ce n’est point trop abuser de votre temps, je dois dire que vous seriez fort aimable de nous autoriser à visiter le deuxième étage. Nous pourrons voir de nos propres yeux les lieux de l’enfance de la Réincarnation de Sigmar. » Erik attendit les réponses de la Mère abbesse Lutzen, espérant que Sigmund compléterait s’il avait oublié quelque chose dans sa requête.
Sig :biere: !
Pour mamie pas très nette, fais comme tu le sens au niveau des tests Souris ;)
Modifié en dernier par [MJ] Souriceau le 05 mai 2012, 13:56, modifié 1 fois.
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Erik Von Vystern, Voie du Sorcier Impérial
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Sortilèges:

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Sigmund Engelhart
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Re: [Sigmund et Erik] Les Mille Trônes

Message par Sigmund Engelhart »

Suivre sagement la mère abbesse semblait être dans mes cordes, estimant lui devoir un minimum de déférence au vu de son statut. Après tout, mieux valait ne jamais se mettre Shallya à dos, on ne sait jamais ce qui peut arriver, donc tant qu'à faire autant respecter un peu ses représentants. Je la suivis donc sans piper mot, sans aucune remarque déplacée, et me soumis donc à une fouille au corps sans me départir de mon sourire, malgré l'ennui certain que me causait le délestage de mes deux compagnons les plus fidèles. Eux qui ne me quittaient en aucune circonstance, restant même à portée de main lors que je me payais le luxe de prendre un bain, m'étaient confisqués sans concession, dans une mesure qui s'avérait heureusement temporaire. Je me sentais outrageusement nu, sans mes lames pour me protéger, mais d'un autre côté, il est vrai qu'au sein d'un couvent de Shallya, les risques sont normalement limités...

Je ne manquai pas de remarquer le sourire en coin de la mère Lutzen alors qu'elle évoquait la punition de l'autre membre de la sororité présente, et me promis de tirer ça au clair un peu plus tard, quitte à la faire sortir de son mutisme punitif à l'écart d'oreilles traînantes. La joie presque malsaine avec laquelle elle parlait de la punition avait quelque chose de très peu shallayen, et pour avoir passé quelques semaines dans le temps non loin des lieux, j'avais pu fréquenter quelques soeurs, et l'impression qu'elles m'avaient laissées était bien différente de ce que me faisait ressentir la mère supérieure. Je refusai pour ma part la coupe de vin proposée, peu enclin à goûter un breuvage que l'austérité à observer en ces lieux rendait presque assuré de le voir coupé avec de l'eau, et gâcher immanquablement son goût. Là dessus, alors que je me promettais de prendre cette « orgueilleuse » soeur Marietta, presque spontanément, l'abbesse commença son récit concernant l'enfant, avec moult détails. Ce récit semblait pourtant bancal en plusieurs points, et non des moindres. Détails qui n'échappèrent d'ailleurs pas à Erik, qui en fit la remarque de manière fort juste. Mais j'étais pour ma part surpris par quelques autres points, que je désirai également éclaircir.


« Il y a pour ma part quelques autres points obscurs, sur lesquels j'espère que vous pourrez m'accorder quelques éclaircissements, ma mère. Mise à part cette bénédiction de la comète lorsque vous l'avez recueilli, et le miracle tout récent qu'il a réalisé, le jeune Karl avait-il fait montre auparavant d'autres prédispositions exceptionnelles? Et comment en avez-vous déduit avoir affaire à des agents des Quatre? D'autant que d'après vos dires, détrompez-moi dans le cas contraire, mais ils ne vous avaient pas parus rongés par la corruption, lors de votre première rencontre. Quant aux odieux mensonges proférés par de manifestes hérétiques, je dois vous avouer que j'ai du mal à en imaginer la teneur, tant il est certain qu'il s'agit de Sigmar redescendu sur terre pour nous guider en ces temps sombres... Pour ce qui est du père Helmut, n'aurait-il pas rejoint la Croisade, afin de garder l'Enfant des mauvaises influences qui ne manqueront pas d'affluer autour de lui, attirés perversement par Sa Grâce? »

Attendant sagement les réponses de la mère Lutzen, dans un silence quasi-religieux, feignant la déférence, je pris pour ma part congé aussitôt après, laissant le magister visiter l'étage si sa requête était accordée, excusant brièvement mon attitude légèrement cavalière par une des excuses les plus vieilles au monde: une envie pressante. Ce n'était certes pas parfaitement crédible, mais il était impossible de nier l'éventualité de cette urgence. J'en profitai pour parcourir les longs couloirs du couvent, recherchant la sœur à l'amende, sans pour autant me départir d'un pas leste et calme, arborant une mine songeuse. Il n'aurait sans aucun doute pas été très approprié de se comporter en vil séducteur envers la Sororité. Trouvant enfin celle que je cherchais, je pris un ton calme et posé, et lui demandai de me mener à la tombe de soeur Hirtzel, car je désirais me recueillir sur celle-ci. J'espérai ainsi pouvoir l'éloigner des autres, en apprendre plus sur les raisons de sa punition ridiculement sévère pour un ordre prônant la compassion, et quel lieu plus isolé qu'un cimetière pour une petite conversation chuchotée au pied d'une tombe, à l'abri d'oreilles indiscrètes prêtes à rapporter tout écart de conduite?
HRP: désolé pour le délai, l'inspiration s'est faite tardive ^^' Sigmund va donc chercher à en apprendre plus auprès de soeur Marietta, en lui fournissant une excuse pour se retirer à l'écart des autres. Ce qui l'intéresse est bien sûr de connaître la raison de sa punition, mais également savoir s'il n'y aurait pas un quelconque rapport avec l'Enfant, ainsi que tout ce qu'elle pourra lui dire sortant du discours officiel dérangeant de la mère supérieure.
Pour ce qui est des tests, Baratin, Charisme, Répartie ;)
Modifié en dernier par [MJ] Souriceau le 05 mai 2012, 14:02, modifié 1 fois.
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Sigmund Engelhart, Voie du Bonimenteur
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