Son esprit et son corps n'étant plus mobilisés dans sa fuite instinctive, Morriidin reprit conscience de son environnement. La ville, d’où il s'était enfui, avait disparu de son champ de vision. Certes, l’endroit était plutôt vallonné mais il prit alors conscience qu’il avait probablement parcouru plus d’une lieue. Autour de lui la région était plutôt fermière, les prairies et les arbustes découpaient les collines de formes géométriques. A sa gauche Morriidin découvrit une rivière qui coulait lentement. L’eau était claire et les berges rocheuses. Le sorcier était seul et le soleil était haut dans le ciel maintenant. Son souffle et ses pensées étaient redevenus fluides, naturels.
La soif se fit alors ressentir et le silence de ce lieu après sa course insensée rendait le lieu improbable. Naturellement Morriidin se dirigea vers le fleuve et descendit la berge rocheuse sans difficulté. Après s'être rafraîchi et désaltéré, il prit le temps de se reposer et de réfléchir à ce qu'il venait de vivre. Il n'était toujours pas vraiment serein et il se retournait régulièrement pour s'assurer que rien ni personne ne le suivait. Enfin, rien ni personne… Morriidin restait un fugitif et l'incendie surnaturel de l'auberge du relais de Guisoreux ne risquait pas de mettre de la distance entre lui et ses poursuivants, bien au contraire. Ils retrouvaient vite cette trace, donc sa trace.
Soudain, un navire fluvial apparut au détour de la colline la plus proche. Il était de faible tonnage, longs, étroits et de faible tirant d'eau. Bas sur l’eau il semblait lourdement chargé…


