Maraulf éperonna vigoureusement Augustine et l'encouragea de la voix. Il désirait s'éloigner au plus vite du village qu'ils venaient de quitter. Se redressant complètement, il avança fièrement, le dos raide, feignant de ne pas entendre les railleries et quolibets qui pleuvaient encore. Les imbéciles!!Ok, as usual, le titre de la quête est inspirée d'un titre de film. Celui qui parvient à me dire lequel aura une gommette verte...
Et dire qu'il venait mettre sa glorieuse épée à leur service, pour les défendre du mal, des monstres et des brigands. Et ils s'étaient moqués de lui! Comme dans le village d'avant. Et celui qui le précédait aussi. En fait, comme dans tous les villages qu'il avait traversé depuis son départ de Bordeleaux, il y a un mois de cela.
Et les seuls fois où l'on ne se moquait pas de lui, on lui montrait les cadavres desséchés des brigands locaux, finalement rattrapés et pendus par un baron quelconque. Et si il entendait parler de monstre, c'était toujours par le cousin du frère de l'homme qui avait parlé avec l'homme qui avait cru voir un troll, une fois. A croire qu'il n'y avait plus ni monstres, ni brigands. C'était décourageant...
Mais Maraulf ne laisserait pas tomber ni son destin, ni tous les gens qu'il pourrait surement sauver en agissant comme un des héros des légendes et des chansons de gestes que narraient ménestrels et troubadour au coin du feu, le soir, lorsque, petit, il avait la chance d'assister à l'arrivée de l'un d'eux.
Certes, il le savait, on rirait moins de lui si, en lieu et place de son justaucorps fatigué et crasseux, il arborait une rutilante armure, et si sa fière monture était un des nobles destriers qu'il avait parfois put admirer de loin, plutôt que cette brave mais placide Augustine. Mais qu'importe, ses exploits n'en serait que plus glorieux, ses faits d'armes seraient rehaussés par l'humilité de ses armes. Et alors, ce ne seraient plus les rires, mais les hourras qui l'accueilleraient dans les villages. Partout, sa venue serait célébrée, et on ferait appel à lui pour débarrasser le pays de ses pires fléaux...
Maraulf en était là dans ses pensées lorsqu'il avisa soudain un groupe de gens forts excités se trouvant devant lui sur la route. En réalité, il les avait déjà vu depuis un moment mais, force était de dire que, perdu dans ses pensées, il ne leur avait point prêté attention.
Mais maintenant qu'il était tout proche, l'agitation anormale qui parcourait le groupe de paysan dépareillés droit devant lui fit comprendre qu'il se passait quelque chose de bien étrange. Observant un peu plus attentivement le groupe, il se rendit compte qu'il était composé d'une douzaine d'hommes et de moitié moins de femmes, tous en vêtements crasseux et abimés, mais visiblement atteints de désespoir profond, criant et pleurant dans le vide des suppliques qu'il ne pouvait entendre d'aussi loin.
Maraulf resta un instant muet devant ce tableau poignant, puis se demanda que faire...

