En même temps qu’elle lui parlait, Boris souleva sa grosse paluche, la déplaçant de droite à gauche, de gauche à droite comme pour s’assurer de la véracité des dires de cette catin.
-"T’es du quartier ? Pourtant j’t’ai jamais repèré…ouais…disons k’j’pourrais t’être t’laisser rentrer si t’étais gentille avec moi…ma caille…"-
L’épais rideau qui séparait le vestibule d’entrée de l’intérieur du tripot s’écarta, laissant s’échapper la vapeur acre des fumiginations destinées à assainir le lieu. La silhouette d’une petite femme se profila derrière le corps massif du gros Ulmman.

Sa longue chevelure fillasse d’un roux suranné encadrait un visage aux traits anguleux et au teint blême où, par un contraste saisissant, se dessinaient de grandes lèvres purpurines.
-"Qu’est-ce ki s’passe l’gros Ulmman. T’es pas là pour faire l’ joli cœur. Tu la laisses rentrer ou tu la laisses pas rentrer ! T’as r’gardé si elle avait des bubons ?!"-
-"Oui m’dame Ivy…c’est sur m’dame Ivy…non m’dame Ivy"-
D’un geste de tête, elle indiqua à Déistra de s’exécuter.


