[Warhammer 40k] L'effet de Coriolis

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Reinhard Faul
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Re: [Warhammer 40k] L'effet de Coriolis

Message par Reinhard Faul »

Enkidu se calma quand Räzell expliqua plus précisément ce qu’était le Culte de la Chair Écarlate. Elle comprenait mieux et n’intervint plus pour corriger son interlocuteur. Il était bon d’avoir des opinions, mais aussi de se taire et d’apprendre. Dame Skane n’avait pas mentionné de lance-flammes, mais savoir que ce groupe engageait des assassins spécialisés était bon à savoir. Il restait évidemment la question épineuse de leur… niveau de Foi, mais ce n’était pas les interrogations qu’un Psyker acolyte de l’Inquisition devait se poser. Elle cherchait les Masqués. Là était son devoir. Éviter les Rédemptionnistes semblait l’attitude raisonnable à adopter pour l’instant.

Le criminel changea de sujet pour un élément plus pragmatique de leur opération. Un chimiste pour proposer un produit intéressant pour les clients. La base du commerce, mais Enkidu n’y aurait jamais pensé elle-même. Elle n’y connaissait rien. L’idée semblait excellente néanmoins ! Voilà une initiative sage. Mais comment un tel employé pouvait être au chômage et disponible ? Un ami ? Un collègue de prison ? Elle s’attendait à une histoire de ce genre quand Räzell précisa que son artisan serait dur à trouver. Elle écoutait, curieuse, paisible. Son interlocuteur expliqua que l’homme était un Mutant.

Ce qui suivit se déroula extrêmement vite, mais pour les besoins de la narration il sera décrit lentement. Tout d’abord, Enkidu bondit par-dessus la table en renversant de la vaisselle, de la haine dans les yeux, la main se dirigeant vers sa ceinture pour y prendre un couteau. Livia à ce moment-là intervint avec la vivacité d’un serpent pour attraper sa collègue afin de détourner son élan meurtrier. Elle opta pour une prise d’étranglement. Räzell, qui était épuisé et dont la bouche était pleine de fricassée d’anguilles ne put rien faire. Dzinin, qui avait repris connaissance, attrapa la table à deux mains pour que ses collègues ne la reversent pas.

La jeune Psyker et la cultiste de la mort s’étaient entraînées ensemble pendant plusieurs mois à bord de l’Indomptable Ravel. Elles connaissaient leurs capacités respectives en matière de corps à corps, et leur style particulier. Malgré sa posture précaire, Enkidu réussit à prendre de l’élan sur ses jambes pour se jeter sur l’épaule de Livia et la déséquilibrer. Elles tombèrent au sol en reversant deux chaises. Hélas, cela ne suffit pas pour prendre l’avantage. La bonne femme était spécialisée en bagarre sale et ne lâcha pas sa prise sur le cou de sa collègue, et réussit même à lui faire lâcher son couteau en écrasant son poignet. La sorcière trouva tout de même un souffle d’air pour déclarer quelques insultes à l’égard de Räzell qui, selon ses courtes explications, appréciait fortement d’avoir des rapports sexuels passifs avec des Mutants.

C’est à ce moment-là que le tavernier lança depuis l’arrière du bar :

« Oh les pouffiasses ! Si ça casse ça paie hein ! »

Mais l’intervention n’alla pas plus loin que cela. D’une part, parce qu’il était évident que Livia dominait et que ce n’était qu’une question de temps avant qu’Enkidu s’évanouisse ou se déboîte l’épaule, d’autre par parce qu’une femme peu vêtue était en train d’en étrangler une autre dotée d’un corps magnifique, qu’elles se roulaient ensemble par terre en collant leurs corps trempés de sueur, et qu’aucun spectateur sain d’esprit n’allait interrompre ça.

Pendant que la jeune sorcière retrouvait son calme par la contrainte, Dzinin ramassa les verres et les assiettes tombés par terre – le propriétaire, prévoyant, servait dans de la vaisselle en ferraille. Sans qu’un seul mot ne soit échangé, les deux acolytes semblaient trouver un accord. La cultiste de la Mort lâcha sa prise sur sa collègue, qui roula sur le ventre pour tousser de l’écume sanglante. Les spectateurs détournèrent leur attention pour retourner à leur jeu. La devineresse tendit un verre d’eau et une main secourable à sa Petite Soeur pour l’aider à s’asseoir, puis eu la bonté de lui fournir l’explication qu’elle n’était pas en état de demander :

« Oui, l’idée qu’un tel être soit autorisé à vivre et à interagir avec nous est répugnante, je comprends ta colère. Mais nous ne sommes pas ici pour ça. Une mise à mort dans la rue ne nous aidera pas. Nous devons garder la tête froide et nous souvenir de notre mission. Cela, d’autres mains plus capables que les nôtres s’en occupent déjà. »

Enkidu reprenait son souffle le front sur la table en poussant des râles inquiétants. Il semblait que toutes les veines de ses yeux aient explosé. Livia elle s’était rassise gracieusement et époussetait une poussière imaginaire sur son bras, en démonstration de sa force. Pourtant, la jeune sorcière utilisa son premier filet de voix disponible pour négocier :

« … Ça va nous manger, ça ne peut pas nous aider ! » Elle grogna quelques courtes insultes dans sa langue natale. « Cette… » encore un mot inconnu, servant à désigner un Mutant de la façon la plus dégradante possible. « … peut faire semblant de nous aider, mais ça va nous manger ou nous mettre des bébés dans le ventre pour corrompre l’humanité… »

Livia intervint d’un ton très calme :

« Changeons de sujet, parlons juste des détails pratiques.… tu es la seule à avoir vécu dans un désert radioactif parmi nous, c’est faisable ? »

Cette remarque sournoise sembla vaincre la haine de Enkidu, ne laissant que de l’amertume et de la douleur. Elle demanda à Räzell d’un ton sourd :

« Ça dépend. C’est genre on meurt dans deux ans d’un cancer et on s’en fout ? Ou c’est les radiations où on se transforme en bouillie liquide dans quelques jours ? »

Mais comme on ne lâche pas des années de haine en quelques minutes, elle siffla d’un ton acide à l’adresse de Livia :

« Je ne vais pas utiliser tu sais quoi pour me transformer en monstre et aller voir un sale Mutant toute seule ! »

La cultiste répondit en haussant les épaules :

« Tu vas faire ce qui est nécessaire. »

Dans le fond, Enkidu aimait bien Livia. Elle expliquait toujours les choses d’une façon compréhensible.
Natus est cacare et abstergere coactus est.
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Stats :
Voie du sorcier de Nurgle (Profil avec empreintes occultes et mutations)
For 9 | End 14 | Hab 10 | Cha 6 | Int 15 | Ini 10 | Att 10 | Par 9 | Tir 9 | Foi 8 | Mag 18 | NA 3 | PV 140/140

Mutations/marques :
Nuages de mouches : -1 ATT/PAR/TIR/INI pour toutes les personnes à moins de 6m
Plaies suppurantes : 1d3 dégâts retranchés à chaque blessure
- Morsure Venimeuse : Poison hallucinogène
- Hideux (Effet : Peur)
- Organe du Chaos (-1 CHA/HAB, +1 END, +5 PV)
Pourriture de Neiglish : Porteur sain
Protection de Papy : 2d4 PdC à chaque critique en incantation
Grimoire :

- Lumière : À appliquer sur un objet ; Fait de la lumière pendant 1h
- Flammèche : Petite étincelle au doigt pendant une minute
- Météo : Connaît la météo prochaine
- Repos : Peu faire se détendre quelqu'un

- Infestation de Nurglings : 24m / 1d4 tours / Projectile magique. Une fois qu'une personne est touchée, elle subit 10+2d10 dégâts magiques par tour / Dès la fin du sortilège ou la mort de l'ensorcelé, des bubons explosent, libérant 2d3 amas de chair, qui sont autant de nurglings
- Fontaine putride : 6m / Instantané / 30+2d10 dégât devant lui + gain de 7 armure temporaire magique / +5 dégât par point de MA
- Gerbe corruptrice : 12m / 10+1d10 dégât dans une zone de 6m, esquivable ; métal rongé après 1d4 tours / -1 esquive par MA

- La multitude fait le tout : Se change en nuée de mouches
- Prodigieuse santé : Contact / Devient ultra bogosse et ultra chad
- Grande invocation de petits amis : Invoque des insectes pour servir d'ingrédients
- Immonde messager : Peut envoyer des messages twitter (Caractères limités)
- Allégresse fétide : Supprime toute douleur mentale ou physique
- Divine urgence : Force la cible à faire un jet d'END. Diarrhée en cas d'échec.
- Paludisme dévorant
- Vent de Nurgle
- Torrent de corruption

- Invocation : Nurglings
- Invocation : Bête de Nurgle
- Invocation : Porte Peste
- Octogramme de conjuration
Compétences :
- Résistance accrue : +1 END aux jets testant la résilience physique (Fatigue, drogue, alcool, torture...)
- Vol à la tire : +1 pour escamoter quelque chose
- Baratin : +1 pour endormir la vigilance de quelqu'un
- Déplacement silencieux : +1 pour fureter quelque part
- Déguisement : +1 pour s'infiltrer en étant déguisé
- Alphabétisation
- Autorité
- Humour
- Empathie
- Coriace

- Sens de la magie : Sur un test, détecte les événements magiques
- Incantation (Domaine de Nurgle)
- Maîtrise de l'Aethyr (Nurgle) : 3
- Contrôle de la magie
- Divination (Oniromancie) : Sur un test au cours de son sommeil, peut découvrir la destinée de certains personnages
- Langue hermétique (Langue Noire) : Parle la langue immonde du Chaos
- Confection de maladies : Peut fabriquer des maladies communes et rares
- Connaissance des démons
Équipement de combat :
- Bâton démoniaque : 2 mains ; 10+1d8 dégâts ; 8 parade ; Assommante & Utilisable seulement par les classes magiques. +1 PAR
- Pistolet à répétition : 46+1d8 dégâts, malus -2 TIR/8 mètres, peut tirer cinq fois à la suite avec un malus de -1 TIR par chaque nouveau canon qui fait feu
- Agaga (Épée à une main) : 18+1d10 dégâts ; 13 parade ; Rapide, Précise, Perforante (2) ; +1 INI
- Cocktail Molotov (x4) : Dans un rayon de 1m, toute personne qui est touchée par la bouteille prend trois états de « Enflammé ». Dans un rayon de 2m, c'est 2 états seulement. Dans un rayon de 3m, un seul état.

- 15 balles et poudres

- Tenue de cultiste de Nurgle : 5 protection ; Tout le corps sauf tête

- Anneau d'Ulgu : Lorsque porté, vous pouvez faire croire à ceux qui vous entourent que vous êtes un humain lambda (sans mutation aucune ni trait particulier) pendant 1 heure. Vous ne pouvez utiliser cette capacité qu’une fois par jour. Vous ne pouvez pas prendre l’apparence d’une personne en particulier.

- Miroir de la Demoiselle d'Acques
- Cor de la harde des Museaux Annelés
Équipement divers :

- Marque de Nurgle
- Caresse de la vipère (poison) : Un sujet blessé par une arme enduite de ce venin doit réussir un jet d'END-4 sous peine de mourir dans END minutes. Chaque minute avant sa mort, le sujet subit 5 points de dégâts non sauvegardables, et un malus cumulable de 2 à ses caractéristiques.


- Couverts en bois
- Sac à dos
- Couronnes dentaires en bois
- Tatouages
- Porte-bonheur

- Sap-biscuit

- Costume de répurgateur + Fleuret (Déguisement)
Divers divers :

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[MJ] La Fée Enchanteresse
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Re: [Warhammer 40k] L'effet de Coriolis

Message par [MJ] La Fée Enchanteresse »

Räzell laissa tout ce beau monde discuter, avant de lancer sa propre précision :

« La sous-sous-ruche Raspail a subi un… Incident il y a de cela cinquante ans. Un réacteur nucléaire a sauté et les radiations ont empoisonné un tas de gens. Le sacrifice de nombreux sapeurs-infernus a permis de contenir le réacteur et sauver tout Raspail, mais l’incident a provoqué mise sous quarantaine et mutations diverses et variées…
Croyez-le ou non, le réacteur marche toujours et sert encore à alimenter toute la ruche. Ce n’est donc pas une zone de non-droit total. Mais il n’y a que les récupérateurs — les charognards de matériel abandonné — et les mutants pour continuer d’y vivre. »

Il se gratta la joue, et continua.

« Au moins, il n’y aura pas d’hommes du cartel en bas. Quelques passeurs pourront nous faire traverser les postes de contrôle des prévôts. Un dosimètre sera important, ainsi que quelques stimulants iodés. La majorité des zones sont encore vivables, mais le souci, c’est que l’homme qu’on doit rechercher, il a pu se planquer un peu loin… »

Il soupira, avant de finalement se mettre à table.

« On recherche un gars qui s’appelle « le H », comme la lettre. C’est son surnom. Farzouf Habdaik son vrai nom. C’est un ancien membre de l’Officio Medicae chevronné, il était sous-directeur d’un établissement de recherches et fabriquait toutes sortes de stimulants et narcotiques pour la Garde Impériale et les bureaucrates de l’Administratum — hélas, il a été une des victimes de l’explosion du réacteur, il était en première ligne pour soigner des gens et ça lui en a beaucoup coûté. Perdu son emploi, sa réputation, sa famille… Il en a gagné qu’il a sa peau nécrosée et pourtant il survit encore.
Il est malin, et il sait se battre, malgré le fait qu’il est un gratte-papier. Il est terrifié par le Cartel de l’Eau, donc le recruter sera aisé. Ce qui ne sera pas aisé, c’est de le retrouver dans une cité souterraine en ruines. Des mutants vivent là-bas, alors il va falloir, j’imagine, discuter, intimider, ou corrompre notre chemin jusqu’à mettre la main sur lui… Et espérer que les sicaires du Marquis-Requin sont pas à ses trousses. »

Il observa ensuite Livia, et sourit :

« Vous devriez manger un morceau toutes les trois, vous êtes pâles. »
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Reinhard Faul
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Re: [Warhammer 40k] L'effet de Coriolis

Message par Reinhard Faul »

Enkidu écouta les détails pratiques qu’annonçaient Räzell en se massant la gorge. Elle tenta d’ignorer les ignobles implications de ses paroles. La jeune femme en savait peu sur les Mutants, en réalité, et elle n’avait jamais envisagé qu’on puisse en devenir un. Une idée affreuse. Autre fait impie, la sorcière pensait ces créatures nécessairement mi-homme mi-animal. Elle avait vu sur sa planète natale des nouveaux nés avec des cornes et des sabots, ou une paire d’ailes à la place des bras et autres combinaisons encore plus affreuses, et leur nature dégénérée sautait aux yeux. Là, le criminel parlait d’un grand brûlé. Peut-être que cet idiot ne savait pas ce qu’était réellement un Mutant ? Enkidu préférait s’accrocher à cet espoir.

« Vous devriez manger un morceau toutes les trois, vous êtes pâles. »

Livia répondit à l’homme d’un ton taquin :

« Parle pour toi. Ne ressens-tu pas le besoin d’une petite sieste après ce copieux repas ? »

Elle finit sa question par un léger rire, comme si elle avait dit une plaisanterie connue d’elle seule. Puis elle expliqua à l’adresse du criminel et de Enkidu qui apprenait encore les ficelles :

« On ne peut pas visiter un désert radioactif maintenant, de toute façon. On a besoin d’établir notre base d’opération. Poser nos sacs, quoi. Le transfert de propriété a déjà été effectué, l’adresse nous est déjà connue. Je nous donne une heure pour le voyage maximum ».

Puis elle se tourna vers Dzinin la devineresse - qui semblait bien plus pimpante maintenant qu’elle eut bu de l’eau et qu’elle se fut assise à l’ombre :

« Tu as eu le temps de repérer ? C’est possible ?

- Oui. En réalité, on est passé devant cinq minutes avant mon malaise. Je voulais juste m’assurer que nous n’étions pas suivis. Je ne peux pas dire que mes efforts en la matière furent utiles, je n’étais pas au courant du détail des enfants du Cartel de l’Eau. »

Difficile de deviner l’expression de la Hors-Monde avec son casque qui lui recouvrait les yeux, mais elle grimaça en s’excusant :

« Ils sont petits et ils se ressemblent tous. »

Livia lui tapota l’épaule par compassion. Difficile de lui reprocher un manque de vigilance, tout le monde était à bout. Enkidu remarqua qu’elle avait suivi le groupe depuis des heures sans se demander une seule seconde où elle allait dormir et prier. Le long voyage en vaisseau l’avait émoussée. Le groupe paya, ramassa ses affaires et partit.

Le voyage fut effectivement très court, jusqu’à une sorte de hangar en tôle dotée d’une annexe. Il s’agissait d’une laverie industrielle. Enkidu comprit immédiatement l’intérêt : Un périmètre défendable, peu de fenêtres, pas d’accès par le toit et un système de ventilation solide. Pas une place forte, mais sans doute ce qui se faisait de mieux dans le coin en la matière. Livia dû utiliser plusieurs clefs pour ouvrir une porte qui n’avait visiblement pas servi depuis longtemps et qui était collée à l’encablure par la rouille. L’intérieur était noir et sentait mauvais. Ils firent le tour du bâtiment, il n’y avait personne. Un grand hangar plein de moisi et de détritus, un petit local qui servait de boutique, quelques chambres, une salle de bain et des placards partout. Enkidu examina du bout de la botte le cadavre ancien d’une espèce d’amphibien volant. Le bâtiment était dénué de vie depuis longtemps.

Établir le camp ne voulait néanmoins pas dire que tout le monde allait se reposer, insouciant. Il fallait s’assurer qu’aucun système de surveillance n’était déjà présent dans le bâtiment, établir des tours de garde et se ravitailler. La jeune sorcière grimaça d’avance : il fallait garder l’œil à la fois sur l’extérieur et sur le criminel Räzell. Il avait été plutôt coopératif jusque-là, mais elle n’aimait pas le voir réfléchir. Il allait faire quelque chose de stupide. Il faudrait sans doute le tuer, et tout serait à recommencer. Quelqu’un d’autre serait passé à tabac. Elle n’avait pas aimé le faire, la première fois.

Puis pendant qu’Enkidu dessinait un plan grossier du bâtiment sur un parchemin pour établir un chemin de garde cohérent, Livia lui glissa à l’oreille :

« Ne t’inquiète pas, j’ai mis des benzo dans la nourriture du colis. Ce gros Ducon va dormir d’ici une heure, je le garde à l’œil en attendant. Dzinin fait ses… trucs, là-haut. » Les deux l’avaient vu déballer des boîtes de son immense valise, personne ne voulait savoir ce qu’il y avait dedans. « Repose-toi un peu. On reprendra le reste quand on aura plus l’autre à gérer. Après le débrief, j’irais acheter à manger et tu auras un cadeau. »

La Cultiste de la Mort tapa dans le dos de sa collègue avec camaraderie. Enkidu fut soulagée de pouvoir s’adonner à ses propres besoins.

À l’aide d’une pelle rouillée sans manche, elle poussa les déchets et la couche de moisissure qui couvraient le sol dans les coins de la pièce principale. Elle n’avait jamais fait le ménage de sa vie, c’était un travail de classe inférieure, mais elle avait besoin d’un espace à peu près propre pour ce qu’elle voulait faire. Elle dégagea un espace de quelques mètres carré avec sa pelle, puis dépoussiéra une vieille caisse en ferraille pour la pousser contre le mur. Puis, avec un soupir de soulagement, elle posa une petite effigie en acier sur la caisse. Elle pouvait prier.

Le Criminel Räzell observait les événements depuis le confort d’un sac de sciure, adossé au mur en béton. On ne l’entendait plus depuis un moment. Son regard devenait vitreux. Dans son état de faiblesse, la drogue que lui avait imposé Livia mettait moins de temps à agir que prévu. Il vit Enkidu sortir un tapis mangé aux mites et une toute petite boîte étanche. La boîte contenait des bâtonnets d’encens enveloppés dans du papier de soie qui avait trop servi. Elle en choisit deux, qu’elle alluma et posa devant l’effigie. Elle fit mine de nettoyer son visage avec la fumée. Puis elle se mit à genoux sur le tapis. Elle ferma les yeux et ses doigts prirent une position étrange. Cela dura plusieurs minutes.

Sa respiration devint plus lente et plus profonde. Toujours les yeux fermés, elle se releva, et prit appuis sur une seule jambe. Elle enchaîna ensuite des positions étranges. Räzell l’observait toujours en silence, les yeux mi-clos. Enkidu faisait le pont, c’est-à-dire qu’elle était à quatre pattes et à l’envers. Cette vision poussa le criminel à demander d’une voix pâteuse :

« Euuuh ??? Mais c’est pas des manières ça… »

Il agita mollement son bras vers le spectacle étrange qu’offrait l’Acolyte. Dzinin qui passait par là à ce moment – elle était en train d’agiter une petite machine inconnue dans les airs dans un but inconnu des autres – expliqua au criminel :

« Cela ne doit pas être un spectacle courant sur Malfi, un profane a de la chance de voir ça. »

La devineresse expliqua ensuite, plutôt à l’adresse de Livia cette fois :

« Enkidu a passé des classes optionnelles en méditation. Elle a le troisième Dan en denbora galtzea et a assisté à des conférences de grands maîtres dans la Voie duशित् खादतु. Ça donne la capacité de remplacer une nuit de sommeil par quelques minutes d’exercices, par exemple. » Elle ajouta en guise de contexte : « C’est plutôt rare pour quelqu’un en dehors du Ministorum. »

- Oh, classe ! Je ne savais pas. »

La contorsionniste rougit de fierté – mais ça se ne voyait pas, car elle avait la tête en bas. La méditation était un art révéré au sein de la Psykana, mais elle n’avait jamais eu le temps de s’en vanter car ça ne consistait pas à zigouiller les ennemis de l’Empereur. Dzinin le savait, car elle avait déjà goûté son sang.

Il fallut bien moins d’une heure pour que Räzell perde connaissance, Enkidu n’eut même pas le temps de finir sa séance. Les Acolytes enfermèrent l’homme inconscient dans une des chambres de l’étage. Une fois le criminel hors d’état de nuire, les affaires sérieuses pouvaient reprendre. Livia commença à piéger tout ce qui était piégeable – les portes, les fenêtres, les endroits les plus faibles de la clôture – jusqu’à ce que leur espace pour la nuit fut réduit à la boutique de la laverie. Il s’agissait d’une solution temporaire, en attendant d’avoir du monde. Enkidu réalisa qu’elle n’avait posé aucune question à propos des Camelots de la Reine, leurs forces, et leur bonne disposition envers eux. Elle s’en excusa auprès de ses collègues. Livia répondit avec entrain – car elle avait pris de la drogue pour tenir le premier tour de garde :

« Mais noooon tu t’en es très bien sorti ! J’ai beaucoup aimé quand tu as cassé la gueule du colis. Les gros coups de pied dans sa gueule ! Bam ! Boum ! »

Elle mit de faux coups de poignard dans les airs. Elle faisait tout le temps ça quand elle était excitée.

« D’ailleurs, j’avais dit que j’irais te chercher ton cadeau et à manger. »

Elle se leva comme une fusée et contourna ses propres pièges – personne d’autre ne pouvait le faire – pour aller dans la rue. Pendant son absence, une Enkidu désœuvrée poussa la crasse pour installer leurs couchages et un peu d’éclairage. Elles dormiraient dans la même pièce pour l’instant.

Livia revint avec trois bols contenant une pâte gluante d’un vert intense parsemée de morceaux d’une chair violette peu appétissante. Il s’agissait d’un ragoût de serpent d’eau bien épicé – seule Enkidu finit sa part avec enthousiasme. Le cadeau ? Pour l’instant, il avait la forme d’une banale caisse en bois. Quand la sorcière l’ouvrit, il contenait…

« Une télé !!! »

L’électricité n’avait pas encore été mise, mais elle s’en fichait. Être coincée pour une durée indéterminée dans un hangar plein de moisi semblait beaucoup plus facile d’un seul coup. Malgré son plaisir, elle tourna un regard perplexe vers Livia :

« Comment… ?

- Oh, très simple. Nous avons besoin d’avoir une vague idée du paysage médiatique et des événements importants qui pourraient arriver conjointement à notre opération.

- Hein ?

- Il faut que je t’apprenne à remplir les notes de frais comme il faut. On est là pour un marathon, pas une course, les règles sont différentes. »

Puis la Cultiste se pencha sur sa collègue, et lui souffla à l’oreille :

« Je te récompense, car j’ai aimé ta violence, à la prison. Simple et efficace. Rappelle-toi néanmoins, nous devrons être bien biiiiien plus méchantes à l’avenir. »

Puis d’une voix normale, se relevant :

« Dors un peu, tu prends ma place bientôt. »

Enkidu se roula en boule dans sa couverture. Dame Skane lui avait dit que Livia serait un guide spirituel… mais elle ne savait même pas si celle-ci était au courant. Elle aurait aimé pouvoir poser des questions sur les Mutants à quelqu’un. Depuis qu’elle avait vu l’Inquisitrice, elle rêvassait de temps en temps que celle-ci lui dévoilerait les secrets de la Vraie Sainteté lors d’entrevues entre elles seules. Et il se passerait des choses. Des choses religieuses.
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Mutations/marques :
Nuages de mouches : -1 ATT/PAR/TIR/INI pour toutes les personnes à moins de 6m
Plaies suppurantes : 1d3 dégâts retranchés à chaque blessure
- Morsure Venimeuse : Poison hallucinogène
- Hideux (Effet : Peur)
- Organe du Chaos (-1 CHA/HAB, +1 END, +5 PV)
Pourriture de Neiglish : Porteur sain
Protection de Papy : 2d4 PdC à chaque critique en incantation
Grimoire :

- Lumière : À appliquer sur un objet ; Fait de la lumière pendant 1h
- Flammèche : Petite étincelle au doigt pendant une minute
- Météo : Connaît la météo prochaine
- Repos : Peu faire se détendre quelqu'un

- Infestation de Nurglings : 24m / 1d4 tours / Projectile magique. Une fois qu'une personne est touchée, elle subit 10+2d10 dégâts magiques par tour / Dès la fin du sortilège ou la mort de l'ensorcelé, des bubons explosent, libérant 2d3 amas de chair, qui sont autant de nurglings
- Fontaine putride : 6m / Instantané / 30+2d10 dégât devant lui + gain de 7 armure temporaire magique / +5 dégât par point de MA
- Gerbe corruptrice : 12m / 10+1d10 dégât dans une zone de 6m, esquivable ; métal rongé après 1d4 tours / -1 esquive par MA

- La multitude fait le tout : Se change en nuée de mouches
- Prodigieuse santé : Contact / Devient ultra bogosse et ultra chad
- Grande invocation de petits amis : Invoque des insectes pour servir d'ingrédients
- Immonde messager : Peut envoyer des messages twitter (Caractères limités)
- Allégresse fétide : Supprime toute douleur mentale ou physique
- Divine urgence : Force la cible à faire un jet d'END. Diarrhée en cas d'échec.
- Paludisme dévorant
- Vent de Nurgle
- Torrent de corruption

- Invocation : Nurglings
- Invocation : Bête de Nurgle
- Invocation : Porte Peste
- Octogramme de conjuration
Compétences :
- Résistance accrue : +1 END aux jets testant la résilience physique (Fatigue, drogue, alcool, torture...)
- Vol à la tire : +1 pour escamoter quelque chose
- Baratin : +1 pour endormir la vigilance de quelqu'un
- Déplacement silencieux : +1 pour fureter quelque part
- Déguisement : +1 pour s'infiltrer en étant déguisé
- Alphabétisation
- Autorité
- Humour
- Empathie
- Coriace

- Sens de la magie : Sur un test, détecte les événements magiques
- Incantation (Domaine de Nurgle)
- Maîtrise de l'Aethyr (Nurgle) : 3
- Contrôle de la magie
- Divination (Oniromancie) : Sur un test au cours de son sommeil, peut découvrir la destinée de certains personnages
- Langue hermétique (Langue Noire) : Parle la langue immonde du Chaos
- Confection de maladies : Peut fabriquer des maladies communes et rares
- Connaissance des démons
Équipement de combat :
- Bâton démoniaque : 2 mains ; 10+1d8 dégâts ; 8 parade ; Assommante & Utilisable seulement par les classes magiques. +1 PAR
- Pistolet à répétition : 46+1d8 dégâts, malus -2 TIR/8 mètres, peut tirer cinq fois à la suite avec un malus de -1 TIR par chaque nouveau canon qui fait feu
- Agaga (Épée à une main) : 18+1d10 dégâts ; 13 parade ; Rapide, Précise, Perforante (2) ; +1 INI
- Cocktail Molotov (x4) : Dans un rayon de 1m, toute personne qui est touchée par la bouteille prend trois états de « Enflammé ». Dans un rayon de 2m, c'est 2 états seulement. Dans un rayon de 3m, un seul état.

- 15 balles et poudres

- Tenue de cultiste de Nurgle : 5 protection ; Tout le corps sauf tête

- Anneau d'Ulgu : Lorsque porté, vous pouvez faire croire à ceux qui vous entourent que vous êtes un humain lambda (sans mutation aucune ni trait particulier) pendant 1 heure. Vous ne pouvez utiliser cette capacité qu’une fois par jour. Vous ne pouvez pas prendre l’apparence d’une personne en particulier.

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Équipement divers :

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- Caresse de la vipère (poison) : Un sujet blessé par une arme enduite de ce venin doit réussir un jet d'END-4 sous peine de mourir dans END minutes. Chaque minute avant sa mort, le sujet subit 5 points de dégâts non sauvegardables, et un malus cumulable de 2 à ses caractéristiques.


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[MJ] La Fée Enchanteresse
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Re: [Warhammer 40k] L'effet de Coriolis

Message par [MJ] La Fée Enchanteresse »

La peau pâle d’Enkidu brûlait au soleil. Et ça faisait du bien. On lui disait de craindre cet astre lumineux immense — elle était née à l’ombre, et avait grandi dans une maison sans fenêtres. Les rayons tuaient, brûlaient la peau, attaquaient le code génétique lui-même ; personne sur sa planète ne savait dire ce qu’était un rayon ultraviolet, mais tout le monde avait appris à craindre de rester trop longtemps sous cette lumière de plomb. Mais le soleil ici était… Différent. Chaud. Picotant l’épiderme. Mais étrangement doux. Que cela était bon, de ressentir le soleil. De sentir le sébum brûler, et le corps froid se réchauffer. Il scintillait au-dessus des nuages grisâtres de la montagne rocailleuse, le plus haut sommet de la planète. Un promontoire de pierre, d’une construction plus ancienne que le plus éloigné des ancêtres connus d’Enkidu, permettait de profiter de la vue qui s’ouvrait sur un bassin gris et désolé, et pourtant, étrangement calme et digne d’une peinture. Enkidu s’avançait, et alla la rejoindre ; à côté d’elle, il déploya le seul souvenir ramené de sa planète, un tapis crocheté qui représentait des constellations observées la nuit, lorsque l’univers semblait alors à la fois plus vaste et en même temps matériellement plus petit qu’il n’était. Enkidu s’assit en tailleur sur le tapis, et commença à méditer avec elle.

Cela faisait longtemps qu’Enkidu n’avait pas rêvé. Quelle torture c’était, de rêver. Pour tous les êtres humains normaux, parce qu’il fallait l’admettre, c’était gros comme une maison, et douloureux, il était anormal ; pour tous les êtres humains normaux, l’horreur de la vie, les caprices, les déceptions, les tristesses, pouvaient être chassés quand on tombait assoupi, dans un sac de couchage ou une paillasse. La nuit reposait, reconstruisait le cerveau, remettait à niveau le rythme cardiaque. Pour les psykers, ce n’était qu’une épreuve de plus. Les rêves, ils le savaient, étaient un reflet du warp, de l’autre dimension, un mélange de ses propres souvenirs, et fantasmes, et imagination, qui se culbutaient pour constituer une image liée à l’âme. On entraînait les psykers à faire des rêves lucides, constamment, car c’était encore un nouveau lieu où il fallait être vigilant et se contraindre. Imaginez, devoir être vigilant du matin au soir, à chaque cycle, à chaque moment de l’année, jusqu’à son trépas final… Beaucoup de psykers préféraient simplement se droguer avec des somnifères pour ne pas rêver, mais c’était encore perdre une partie de soi. La fatigue, les antihypertenseurs, les méditations, l’anxiété avaient jusqu’ici tenu Enkidu assez éloigné de rêves simples qu’il ne contrôlait pas, aussi, il y avait de quoi être surpris, de se retrouver ici, dans un terrain qu’il n’avait pas choisi. De quoi être soudainement paniqué aussi. Il savait qu’il n’était pas vraiment dans le passé. Il savait que ce n’était pas un « flashback », scénette simpliste qu’on employait dans les séries télé qu’il aimait maintenant dévorer. L’endroit autour de lui était trop vide. L’image trop simpliste. C’était ce que son cerveau avait choisi de retenir.

Mais il avait devant lui Sainte Terra. Le Soleil au-dessus de sa tête, c’était le Soleil qui avait fait naître l’Humanité, l’avait bercée, l’avait couverte et éveillée il y a des centaines de milliers d’années de cela. La montagne, c’était le Kilimandjaro, et la magnifique steppe radioactive et asséchée autour de lui, un ancien pays luxuriant, humide et survolé d’oiseaux tropicaux, tous ruinés par l’Hérésie du Maître-de-Guerre Horus, et bien avant cela d’ailleurs, par la cupidité, l’arrogance, la bêtise de l’espèce Humaine, qui s’était dotée d’intelligences abominables et s’était bombardée à l’arme nucléaire durant des tensions fratricides et tribales. Mais même un désert radioactif mettait la larme à l’œil. Ici était le berceau de l’Humanité. Le continent qu’on nommait l’Afrique, le lieu où se trouvaient les Gorges d'Olduvaï. Au milieu de quadrillions d’êtres humains naissant, œuvrant, et mourant pour l’Empereur et son infini Imperium, les yeux entourés de cernes et injectés de sang d’un Enkidu las d’un voyage tortionnaire, bâillonné et enchaîné dans une cage, pouvaient maintenant voir là où l’être humain lui-même était né. Là où un simple singe mit le pied à terre, et redressa son dos, quelques fugaces instants, pour une raison inconnue.

Un tas de poussière inconséquente. Quelques arbustes calcinés. Même sa planète avait des lieux naturels plus saisissants. Et pourtant, il fallait réaliser la pureté de son pèlerinage, celui qui motivait chaque année des millions de personnes à entreprendre volontairement le voyage qui lui avait été imposé de force, quand les femmes muettes en armures noires descendirent du ciel comme les anges gardiennes de Dieu. Depuis, Enkidu vivait chaque jour à travers les punitions, les menaces, la sordide et violente éducation de la Psykana. Même dans un court moment de « temps libre », il était invité au silence le plus religieux, des menottes toujours à ses poignets, et des gardes d’honneur portant des lasfusils dans le dos des étudiants qui se regroupaient sur le promontoire pour paisiblement méditer ensemble.

Mais elle était là.

Il se souvenait à peine de son visage. Il savait qu’elle avait la peau noire, et les cheveux qui formaient des millions de boucles. Il pouvait, en fermant les yeux et en se concentrant, ravoir son odeur qui pénétraient ses narines — elle sentait fort, sans doute autant que lui, mais c’était d’une transpiration envoûtante. Il se souvenait de son nom, aussi. « Tharbis ». Il se souvenait qu’ils avaient eu des cages côte-à-côte durant le voyage, et pourtant, elle ne venait pas de sa planète. Ils ne se parlaient presque jamais — tout juste quelques secondes de chuchotement lors des quinze minutes de pause qu’on leur accordait toutes les quatre heures, et lors de toutes les activités, ils s’asseyaient silencieusement l’un à côté de l’autre, sans se regarder, sans se dire un mot.

Mais aujourd’hui était un jour où Tharbis se sentait courageuse. Alors qu’elle était droite, et faisait mine de méditer, elle avait les yeux ouverts. Et sans se tourner, sans même pivoter d’un centimètre sa tête, elle parlait d’une toute petite voix chuchotée, une voix rocailleuse, nasillarde, avec un accent impossible à déchiffrer, dans un haut-gothique approximatif et tout juste appris par notions ; une voix désagréable — mais sa voix. Une voix tellement humaine.
Elle était une des seules personnes dans l’existence d’Enkidu qui avait été une amie. Ni maître, ni esclave, ni collègue, ni frère ou sœur de la Psykana ou de la religion. Une amie. Un être humain qui, au contraire de toute la philosophie mortifère et suicidaire de l’Imperium, flottait minusculement au-dessus de la masse des quatre quadrillions d’êtres humains. Un impair. Une faute. Un péché.

Qu’il était doux, pourtant, de l’entendre simplement dire :

« J’ai chipé une pâte de fruit à la cantine. »

La pâte de fruit était-elle empoisonnée ? Était-ce un test ? Y avait-il un micro quelque part ? Une épreuve sordide ? Une tentative de voir s’il était facilement corrompu ? Ou alors un moyen de le faire exclure de la cohorte des futurs psykers, d’échouer alors que les serviteurs de la Psykana devaient écrémer les rangs ? Enkidu fut tiraillé de peurs, de doutes, d’une colère, d’une jalousie, d’une anxiété qui n’arrêtaient pas de définir tout sujet de l’Inquisition, tout acolyte sous le regard insupportablement omniprésent et infini des agents du Trône d’Or.

Mais il n’y avait rien de tout cela ici. Tharbis avait été rejetée de son esprit, camouflée, oubliée, volontairement camouflée dans les lianes du cerveau d’Enkidu, qui ne voulait qu’à peine penser à ce qui lui était arrivé — s’en souvenait-il tout juste ? Il était en train de rêver. Il savait qu’il ne fallait pas s’adonner à de telles fantaisies dangereuses qu’il ne contrôlait pas. Ce n’était pas un rêve lucide. Il devrait se pincer très fort, ou se jeter du promontoire, pour se réveiller. De toute façon, si ce n’était pas cela, un coup de pied de Livia dans la cuisse suffirait probablement à le faire se jeter tout alerte et au garde-à-vous !

Mais si Tharbis l’avait marqué, c’est parce que cette petite dame noire, parlant mal, sentant fort, aux cheveux sales… Elle avait été l’un des seuls êtres humains de toute sa vie à avoir voulu d’elle par pur altruisme. Peut-être par peur, peut-être par désir de compagnie, peut-être juste pour avoir une compagnonne d’infortune à qui s’accrocher. On pouvait relire ses intentions avec cynisme et méchanceté. Elle voulait juste ne pas être la seule souffre-douleur du groupe. Mais toutes ces théories échouaient devant une simple pâte de fruit qu’elle promettait avec un tout petit sourire tremblotant.

« Tu la veux ? »
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Reinhard Faul
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Re: [Warhammer 40k] L'effet de Coriolis

Message par Reinhard Faul »

Enkidu ajusta légèrement sa position sur ses genoux, découvrant le corps qu’il occupait. Dans ce souvenir, il était un homme avec des cheveux châtains qui lui chatouillaient les oreilles. D’accord. À cet instant, pour lui, ce fait était aussi réel que le soleil qui lui brûlait le visage où la pression considérable qu’il ressentait à l’idée d’attirer l’attention de leurs geôliers en bougeant trop. Sa mémoire était défaillante en ce qui concernait cette période de sa vie, mais tout ceci devait dater de ses premières années de captivité. Une période… pénible. On leur recommandait chaudement de ne plus penser à leur vie d’avant, ni à rien de ce qu’il se passait avant leur Assermentation. Il était interdit d’en parler, même entre eux, et leur nouvelle famille était leurs pairs de la Psykana (sous la supervision avisée d’autres gens). Néanmoins… il fallait constater la réalité : Enkidu était coincé dans ce putain de souvenir de merde, entouré de fils de pute, à porter le petit tablier blanc ridicule de novice. C’était une époque terrible. Les qualités que le Psyker mettait désormais au service de l’Inquisiton ne lui avaient pas rendu service à l’époque. Intelligent et courageux, il avait tenté plusieurs fois de s’évader. Lors du transport jusqu’à Sainte Terra il avait réussi – une fois – en dépit de son analphabétisme et de son incompréhension totale du concept de voyage spatiale à s’évader de sa cage et ouvrir une porte sécurisée pour errer dans les couloirs pendant quelques minutes. Il avait observé les rondes des gardes, appris le Gothique pour tenter de les soudoyer et, quand tout le reste avait échoué, les attaquer avec des armes improvisées. Il avait fallu beaucoup de violence, de privation de nourriture et de drogue pour tordre la volonté d’Enkidu et la remettre dans le bon sens.

La punition la plus douloureuse, c’était eux. Dans ce souvenir, il avait la consigne impérative de toujours regarder droit devant lui, mais il brûlait de se retourner pour surveiller qu’elles n’en aient pas après lui. Les professeurs les appelaient des Soeurs du Silence. Le Psyker ne comprenait pas trop ce que c’était – même si il n’avait certainement pas oublié que l’entourage de l’Inquisitrice en comportait une, il l’avait refoulé, c’est tout. On ne les sentait pas arriver, on ne les entendait pas, on ne voyait qu’un éclat doré avant que le mal arrive. Ça… rendait malade ? Le sorcier ne pouvait comparer l’expérience à aucune autre, d’autant plus qu’il n’était jamais tombé malade de sa vie. Ses pouvoirs ne le permettaient pas. Si ce cauchemar en convoquait une, il se ferait pipi dessus de pure terreur dans le monde réel, dans son sac de couchage. Heureusement que leur planque était une laverie industrielle, pensa-t-il avec un humour sombre qu’il gardait pour ce genre de situation de merde.

Il tenta de se concentrer, le danger pouvait être partout. Il n’aimait pas repenser à cette époque, il en avait honte, et les démons aimaient bien ce genre d’ambiance. Le péril spirituel était toujours trop grand, le piège pouvait prendre n’importe quelle forme. Aucun coup n’était trop tordu. Machinalement, les doigts d’Enkidu se crispaient pour prendre un fusil qui n’était pas à sa ceinture. Il remarqua à cet instant qu’il avait des griffes. Ah oui. Ça.

À l’époque, avant que les professeurs de la Psykana lui explique la façon correcte de faire, il avait une utilisation bien plus libérale du Warp. Tout d’abord, il avait fallu s’enfuir du village où il avait grandi parce que tout le monde voulait le tuer pour sorcellerie. Une broutille dans le grand ordre des choses, mais un moment atroce quand sa propre famille, son esclave, les gens qui passaient dans la rue, tout le monde avec le visage convulsé de haine qui ramasse tout ce qui peut trancher ou blesser à porter de main pour le tuer. Ensuite, survivre plusieurs mois dans une nature hostile le temps que le Vaisseau Noir arrive et fasse ce qu’il a à faire. Seule la présence des Soeurs du Silence l’empêchait de se transformer en oiseau, en cheval ou en absolument n’importe quoi d’autre pour s’enfuir. Pour aller où ? Il ne réfléchissait jamais aussi loin. À force de mauvais traitement, son mode de réflexion était devenu celui d’un animal enragé. Il lui avait fallu développer des ressources infinies de vice, de ruse et de cynisme pour survivre un jour de plus. Il avait tenté la solution évidente de collaborer avec d’autres prisonniers pour se révolter contre leurs oppresseurs, mais ils étaient tous trop jeunes et trop en danger à cause du Warp, leurs geôliers trop forts. Maintenant il se contentait d’apprendre les mœurs des petits Ruchards et tabasser les plus jeunes pour leur piquer leur ration du soir. Apprendre à plaire à ses professeurs et faire de leur volonté la sienne viendrait plus tard.

Et c’est là qu’il entendit la voix de Tharbis. Il se débrouillait assez en Gothique pour comprendre qu’il s’agissait de manger du sucre. Son estomac se tordit. Afin d’affaiblir sa magie, on enlevait de sa diète la viande, les graisses et tout ce qui serait susceptible de l’énerver. Un des prêtres en charge du dortoir soutenait que les troupes devaient rester aiguisées par la faim, tout comme un chien de chasse ou un faucon qu’on garde au poignet. Fils de pute. Et l’organisme anormal d’Enkidu consommait beaucoup d’énergie. En plus des griffes, il avait pris des options supplémentaires à droite à gauche comme un deuxième cœur, un système immunitaire plus performant et même un organe servant à digérer la cellulose. On l’enjoignait très fort à rejoindre la pureté de l’humanité, mais pour l’instant le sorcier avait déjà du mal à se contenter de deux bras et deux jambes. En plus de ça, on pompait dans ses faibles réserves en l’obligeant à apprendre la guérison magique par une méthode infaillible : on lui tapait dessus et il devait se guérir tout seul. Il avait l’impression d’avoir fait pousser plus de dents dans sa bouche qu’une armée de requin. Plus tard, quand la leçon serait mieux rentrée, il n’arrivera plus à se métamorphoser si facilement. Bref, la proposition de manger tombait à point.

Quant à Tharbis elle-même… Enkidu ne voulait pas y penser. Qu’était-elle devenue ? Il ne s’en souvenait pas, et ça le rendait triste. Tout comme avoir quitté ses collègues de Malfi le rendait triste. Il se trouvait maintenant à un jet de pierre d’eux, et pourtant il ne les reverrait jamais. Il avait détesté son travail là-bas, mais pas ses amis biomanciens. Pourquoi il n’avait pas le droit ? Ça coûterait un aller et retour en navette transcontinentale, il pouvait faire le trajet en une journée ! Ce n’était pas juste ! Et sa famille de sa planète natale ? Il n’y pensait jamais éveillé, mais ces choses-là venaient le tourmenter en rêve. Il se demandait si ses deux fils allaient bien, si ils se souvenaient de lui. Il espérait que ses… problèmes n’avaient pas déteints sur eux et qu’ils étaient toujours bien placés sur l’héritage du clan familial... Mais honnêtement, Enkidu se souvenait à peine de leur visage. Il ne savait pas combien de temps était passé depuis son départ, et il ne se souvenait plus assez de sa langue natale pour soutenir une conversation. Il pourrait croiser ses deux bébés dans la rue, et il ne les reconnaîtrait même pas. Ça le rendait fou, en y pensant.

Bordel de cauchemar de merde à la con… le Psyker passa une litanie d’insulte dans sa tête. Bizarrement, ça l’aidait à se concentrer. Dans le monde réel, ses implants de sourcils se froncèrent et il commençait à remuer légèrement. L’effort dont il devait faire preuve pour s’arracher au côté fascinant du rêve lui donnait l’impression de s’arracher les muscles des os eux-mêmes. Il répondit à Tharbis d’un ton le plus bas possible :

« Contre quoi ? Je n’ai plus rien à donner. Rien. »

La bassesse de son propre esprit lui faisait froncer le visage de dégoût.

« Qu’est-ce que je fous ici ? C’est du passé tout ça, c’est fini, j’y pense jamais, je m’en fous ! »
Natus est cacare et abstergere coactus est.
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Stats :
Voie du sorcier de Nurgle (Profil avec empreintes occultes et mutations)
For 9 | End 14 | Hab 10 | Cha 6 | Int 15 | Ini 10 | Att 10 | Par 9 | Tir 9 | Foi 8 | Mag 18 | NA 3 | PV 140/140

Mutations/marques :
Nuages de mouches : -1 ATT/PAR/TIR/INI pour toutes les personnes à moins de 6m
Plaies suppurantes : 1d3 dégâts retranchés à chaque blessure
- Morsure Venimeuse : Poison hallucinogène
- Hideux (Effet : Peur)
- Organe du Chaos (-1 CHA/HAB, +1 END, +5 PV)
Pourriture de Neiglish : Porteur sain
Protection de Papy : 2d4 PdC à chaque critique en incantation
Grimoire :

- Lumière : À appliquer sur un objet ; Fait de la lumière pendant 1h
- Flammèche : Petite étincelle au doigt pendant une minute
- Météo : Connaît la météo prochaine
- Repos : Peu faire se détendre quelqu'un

- Infestation de Nurglings : 24m / 1d4 tours / Projectile magique. Une fois qu'une personne est touchée, elle subit 10+2d10 dégâts magiques par tour / Dès la fin du sortilège ou la mort de l'ensorcelé, des bubons explosent, libérant 2d3 amas de chair, qui sont autant de nurglings
- Fontaine putride : 6m / Instantané / 30+2d10 dégât devant lui + gain de 7 armure temporaire magique / +5 dégât par point de MA
- Gerbe corruptrice : 12m / 10+1d10 dégât dans une zone de 6m, esquivable ; métal rongé après 1d4 tours / -1 esquive par MA

- La multitude fait le tout : Se change en nuée de mouches
- Prodigieuse santé : Contact / Devient ultra bogosse et ultra chad
- Grande invocation de petits amis : Invoque des insectes pour servir d'ingrédients
- Immonde messager : Peut envoyer des messages twitter (Caractères limités)
- Allégresse fétide : Supprime toute douleur mentale ou physique
- Divine urgence : Force la cible à faire un jet d'END. Diarrhée en cas d'échec.
- Paludisme dévorant
- Vent de Nurgle
- Torrent de corruption

- Invocation : Nurglings
- Invocation : Bête de Nurgle
- Invocation : Porte Peste
- Octogramme de conjuration
Compétences :
- Résistance accrue : +1 END aux jets testant la résilience physique (Fatigue, drogue, alcool, torture...)
- Vol à la tire : +1 pour escamoter quelque chose
- Baratin : +1 pour endormir la vigilance de quelqu'un
- Déplacement silencieux : +1 pour fureter quelque part
- Déguisement : +1 pour s'infiltrer en étant déguisé
- Alphabétisation
- Autorité
- Humour
- Empathie
- Coriace

- Sens de la magie : Sur un test, détecte les événements magiques
- Incantation (Domaine de Nurgle)
- Maîtrise de l'Aethyr (Nurgle) : 3
- Contrôle de la magie
- Divination (Oniromancie) : Sur un test au cours de son sommeil, peut découvrir la destinée de certains personnages
- Langue hermétique (Langue Noire) : Parle la langue immonde du Chaos
- Confection de maladies : Peut fabriquer des maladies communes et rares
- Connaissance des démons
Équipement de combat :
- Bâton démoniaque : 2 mains ; 10+1d8 dégâts ; 8 parade ; Assommante & Utilisable seulement par les classes magiques. +1 PAR
- Pistolet à répétition : 46+1d8 dégâts, malus -2 TIR/8 mètres, peut tirer cinq fois à la suite avec un malus de -1 TIR par chaque nouveau canon qui fait feu
- Agaga (Épée à une main) : 18+1d10 dégâts ; 13 parade ; Rapide, Précise, Perforante (2) ; +1 INI
- Cocktail Molotov (x4) : Dans un rayon de 1m, toute personne qui est touchée par la bouteille prend trois états de « Enflammé ». Dans un rayon de 2m, c'est 2 états seulement. Dans un rayon de 3m, un seul état.

- 15 balles et poudres

- Tenue de cultiste de Nurgle : 5 protection ; Tout le corps sauf tête

- Anneau d'Ulgu : Lorsque porté, vous pouvez faire croire à ceux qui vous entourent que vous êtes un humain lambda (sans mutation aucune ni trait particulier) pendant 1 heure. Vous ne pouvez utiliser cette capacité qu’une fois par jour. Vous ne pouvez pas prendre l’apparence d’une personne en particulier.

- Miroir de la Demoiselle d'Acques
- Cor de la harde des Museaux Annelés
Équipement divers :

- Marque de Nurgle
- Caresse de la vipère (poison) : Un sujet blessé par une arme enduite de ce venin doit réussir un jet d'END-4 sous peine de mourir dans END minutes. Chaque minute avant sa mort, le sujet subit 5 points de dégâts non sauvegardables, et un malus cumulable de 2 à ses caractéristiques.


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Re: [Warhammer 40k] L'effet de Coriolis

Message par [MJ] La Fée Enchanteresse »

Tharbis tenta de garder un masque, comme tous les psykers en train de méditer. Mais elle avait toujours été médiocre dans ça. Elle était faible. Elle était un poids mort. Elle ne parvenait pas à maîtriser ses émotions et sa façade offerte au monde, pourtant la chose essentielle pour tenter de survivre et être diplômé de la Scholastia Psykana — seul un nombre limité de personnes se parlant à elles-mêmes, hurlant et grattant les murs, pourraient servir l’Imperium, et probablement dans les régiments de choc de la Garde Impériale, avec tous les risques associés… Enkidu voulait à tout prix échapper à ce destin.

Mais Tharbis eut l’air triste. Elle fit les gros yeux, et sembla paniquée. Et elle parla trop. Elle parlait toujours trop.

« Oh, je ne voulais pas penser à mal... », dit-elle en chuchotant. « Je… Me dis, comme tu m’avais dit que ton fils aimait le goût coing, je- »

Elle en savait trop, en plus. Un garde de la Scholastia, en robe marron, un masque doré sur le visage, passa entre les rangs, en portant une immense matraque électrique à deux mains. Enkidu voulait utiliser toute sa force pour la faire taire, pour éviter une énième punition, une croix sur le bulletin, une note de service… Il se concentra fort…

Il vit Tharbis saigner de la bouche, et s’attraper les lèvres. Enkidu, comme un contre-choc, se mit aussi à sentir ses gencives plus lisses.
Et il commença à perdre ses dents…





Le cauchemar avait réveillé Enkidu. Seule, en sueur, terrifiée. Mais, perdue dans un coin de la buanderie, personne ne remarqua comment elle avait sali son sac de couchage de sueur — heureusement pas de pisse, ça pouvait pourtant arriver. Il fallut donc occuper quelques heures à tranquilliser son esprit, à revenir à la réalité, à faire le bilan interne de ce qui s’était passé…

…Au moins, quelques heures de liberté dans le noir et la chaleur s’offraient à elle. Lorsque les aurores arrivèrent enfin, et qu’Enkidu rejoignait la salle principale, elle tomba sur Livia en petite culotte en train d’utiliser une visseuse pour refaire fonctionner un ventilateur. La cultiste était dégoulinante de flotte, et ce n’était pas dur de comprendre pourquoi — il faisait une chaleur étouffante et moite. En voyant la psyker debout, elle ne fut nullement surprise, et commença à trop parler :

« Toi non plus t’arrives pas à dormir ?
Putain d’enculé de pédé de Masteel. Le tableau électrique est vieillot,, la clim’ est en panne, heureusement l’eau fonctionne, il manquerait plus que ça… Il fallait que pour faire des économies il nous trouve l’endroit le plus pourlingue de cette sous-ruche.
On va manger des boîtes de conserves réchauffées quelques jours avant qu’on ait fait venir du monde pour retaper l’endroit et le rendre arrangeant. Notre cher lexiconographe devra de toute façon se rendre ici en personne pour installer les communications sécurisées et faire que la planque soit viable. Ça va être rigolo. »

Elle eut un sourire vilain, peut-être à imaginer les tourments qu’elle allait bientôt faire subir à ce pauvre scribe. Par miracle, elle parvint à mettre en marche le ventilateur en le branchant à une vieille prise de courant dégainée et aux fils découverts. Il fallait espérer que l’extincteur accroché dans un coin soit toujours en marche…

Livia souffla, et s’approcha d’une vieille cafetière déjà en marche. Un récaf bouillant et au goût de flotte permettrait de se réveiller de cette matinée, tandis que Livia continuait de piailler.

« Notre cher Räzell dort. Avec la benzo qu’on lui a mit dans le groin il est parti pour dormir un moment. Je pense, si tu es d’accord, que Diznin devrait rester ici, tant pour arranger la planque que pour s’assurer que ce criminel ne s’enfuit pas n’importe où, elle devra commencer probablement un peu d’hypnose pour le contrôler, elle en a les capacités… Cela veut dire qu’il ne restera que toi et moi pour chercher le H au milieu des mutants. »

Elle tendit une tasse à Enkidu, avant de s’avachir à moitié sur un comptoir de vente.

« La zone est complètement irradiée. On pourra prendre des médicaments pour tenir le coup, mais il ne faudra pas passer plus de 24 heures là-bas. Si on arrive pas à trouver H d’ici ce délai, il faudra s’extraire et retenter plus tard, en espérant ne pas l’alerter.
Masteel m’a transmis son dossier et plein d’informations sur la zone. Il n’y a dans cette zone que des survivants qui se cachent, quelques bandits qui cherchent à piller les zones commerciales abandonnées lors de l’accident nucléaire, et, bien sûr, des habitants irradiés qui travaillent encore. Apparemment, il y a une autorité locale semi-légale à qui on donne la responsabilité de surveiller la zone, un mutant-en-chef qu’on nomme l’Albinos, ex-prévôt planétaire qui n’est jamais parti après la fuite du réacteur nucléaire. De la manière dont je vois les choses, on peut soit essayer de demander son aide, en espérant qu’il ait des informations sur Habdaik, soit y aller discrètement en tant que bandits et essayer de retrouver des traces nous-mêmes — on peut commencer par les endroits que le docteur fréquentait dans sa vie passée.
Il est possible que le Cartel de l’Eau cherche lui aussi le H dans la zone. Je ne sais pas si on risque de combattre qui que ce soit, mais c’est une possibilité à garder en tête. »

Elle sourit après son petit laïus.

« Enfin, tu veux peut-être te réveiller avant de t’enquérir de toutes les infos qu’on a… »
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Reinhard Faul
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Re: [Warhammer 40k] L'effet de Coriolis

Message par Reinhard Faul »

Enkidu ressentit de la tristesse en voyant Tharbis se justifier, mais il ne pouvait rien faire pour l’aider. Puis il se demanda ce que c’était que cette histoire de coing. Il se souvenait à peine de sa vie d’avant, désormais. Il était une personne entièrement nouvelle. Les choses étaient si différentes ici et là-bas, il avait tant appris, que ses souvenirs n’avaient pour la plupart aucun sens. Il avait deux fils, oui. Quand il était parti, le plus vieux marchait en titubant mais avait encore une apparence ronde de bébé. Il les avait eus ignoblement jeune et en gardait un souvenir confus de morve et de caca permanent. Il ne traînait pas avec toute la journée, même si ils avaient bien sûr son affection. Leur présence n’était pas si intéressante que ça, et ils avaient tendance à abîmer sa couture avec leurs mains poisseuses. Il y avait des esclaves pour s’occuper des cuisines. Bref, le sorcier s’imaginait mal servir de la pâte de fruit au coing à quelqu’un. Peut-être était-ce un problème de traduction, peut-être cette Tharbis onirique la narguait avec quelque chose qu’Enkidu ignorait…

« De quoi ? »

Mais il vit le sang, et prit son souffle pour hurler.

La Psyker Assermentée se réveilla, prit le temps de se calmer, puis écourta sa nuit par des séances de méditation et de prière. Les cauchemars à la con arrivaient, il y avait un protocole pour ça, mais celui-là avait été particulièrement bizarre et personnel. Hérétique. Elle n’avait même pas pensé à la protection que lui offrait généreusement l’Empereur et comme elle mettrait l’Humanité en danger si elle gambadait gaiement dans la nature en suivant son libre arbitre. C’était trop bizarre. Elle aurait aimé en parler à un prêtre pour se purifier, mais c’était impossible. Elle devait présentement se débrouiller seule.

Quand Enkidu rejoignit la pièce principale, elle n’avait pas perdu son temps. Elle était calme, s’était occupée de ses besoins biologiques les plus prosaïques (c’est-à-dire avoir fait caca dans un seau et avoir rincé avec le reste de sa ration d’eau) et avait enfilé des vêtements plus adaptés à la température. Ce dernier point semblait trivial, mais lui avait demandé énormément de gymnastique mentale et d’observation.

On lui avait dit de s’habiller en civil, de s’infiltrer parmi les criminels, mais seule l’Inquisitrice avait eu quelques mots concrets sur le sujet. Enkidu avait reçu un paquetage « infiltration » de l’Intendance qui comprenait un bleu de travail – le costume le plus en vogue sur la plupart des Ruches - des bottes de mauvaises qualités et quelques articles de maquillage venus du fin fond du vieux stock d’un grossiste d’invendus. Mais la Psyker avait observé les gens dans les rues, et la plupart s’habillaient légèrement à cause de la température. Même les jeunes femmes. Et celles qui ressemblaient à de mauvaises filles, qui traînaient en groupe, qui buvaient, qui faisaient du bruit, elles portaient des tatouages et des bijoux. Enkidu avait donc taillé un pantalon en mini short et portait le débardeur gris qui était normalement caché par son uniforme. Et si elle avait rejoint la pièce principale où Livia se trouvait, c’est qu’elle cherchait un morceau de miroir pour se maquiller. S’habiller dans ce qu’elle considérait être de la quasi-nudité ne l’embarrassait pas, les mœurs de l’Impérium l’avaient préparée à bien pire que ça, mais elle se crispait d’avance pour la remarque ordurière que sa collègue ne manquerait pas de lâcher. Heureusement, la Cultiste de la Mort était occupée avec une visseuse et n’accorda qu’un regard superficiel aux cuisses exposées d’Enkidu. Elle était en train de… bidouiller, et de râler après Masteel. Il allait venir ici. Les entrailles de la sorcière eurent un mouvement bizarre, comme si elle était dans un ascenseur qui descendait. Secrètement, elle considérait qu’un des gros avantage d’être en mission était de ne pas voir ses supérieurs. Masteel lui faisait peur. Les implants, sans doute. Elle baissa les yeux sur l’eye-liner qu’elle tenait entre ses doigts. Elle imagina le Lexiconographe le mettre dans son paquetage. Un frisson de beurk lui remonta le long de la colonne vertébrale.

Enkidu aurait pu choisir d’être un homme, cela aurait eu certains avantages. Ça aurait été beaucoup plus simple de faire pipi furtivement, par exemple. Mais Dame Skane avait eu l’air… d’apprécier, disons, cette apparence-là. Et l’Acolyte ne doutait pas qu’une agente de l’Empereur l’observe à chaque instant si elle le désirait. Elle ne voulait pas offrir un spectacle déplaisant.

Livia bricolait maintenant des fils électriques, ce qui inquiétait sa collègue, mais heureusement elle abandonna vite sa tâche pour lui servir un récaf qu’elle accepta avec reconnaissance. La seule chose qu’elle trouva à commenter sur les réparations fut :

« Il y a de l’eau courante ? Je savais pas… » Enkidu se pinça l’arrête du nez avec l’index et le pouce. « J’ai chié dans un seau. J’ai pas réfléchi. Quelle abrutie ! »

Il n’était pas difficile de deviner que la Psyker avait passé une mauvaise nuit. Les deux se voyaient vivre au quotidien depuis plusieurs mois. Si l’air fatigué de la plus jeune ne suffisait pas, de fines lignes sanglantes dépassaient du haut de son débardeur. On ne procède pas à une séance d’auto flagellation au saut du lit quand tout va bien dans sa vie. Elle observa Livia d’un air hagard, puis répondit :

« J’ai déjà commencé à me déguiser en bandit, et ça peut pas faire du mal de connaître la vie du gars mais… »

Dame Skane lui avait dit que Livia pourrait la guider face à l’hérésie, mais Enkidu n’avait pas l’habitude de parler de ces choses-là. Son regard tomba vers ses pieds et elle tripotait avec nervosité un bâton d’eye liner avant de reprendre :

« Désolée de revenir sur le sujet, mais… je ne comprends pas. Un prévôt des mutants ? Discuter avec un mutant ? » La sorcière avait l’air sincèrement perdue, son attitude habituellement maîtrisée dévoilait maintenant la peur d’une petite fille. Elle parlait vite, les yeux écarquillés : « Sur ma planète natale on les tuait à la naissance avec du sel, pour les purifier. J’ai vu un cadavre une fois. Ça avait des tentacules, un ventre blanc comme un poisson, sans nombril, et pas un… un visage comme nous. Ça pouvait pas discuter. »
Natus est cacare et abstergere coactus est.
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Stats :
Voie du sorcier de Nurgle (Profil avec empreintes occultes et mutations)
For 9 | End 14 | Hab 10 | Cha 6 | Int 15 | Ini 10 | Att 10 | Par 9 | Tir 9 | Foi 8 | Mag 18 | NA 3 | PV 140/140

Mutations/marques :
Nuages de mouches : -1 ATT/PAR/TIR/INI pour toutes les personnes à moins de 6m
Plaies suppurantes : 1d3 dégâts retranchés à chaque blessure
- Morsure Venimeuse : Poison hallucinogène
- Hideux (Effet : Peur)
- Organe du Chaos (-1 CHA/HAB, +1 END, +5 PV)
Pourriture de Neiglish : Porteur sain
Protection de Papy : 2d4 PdC à chaque critique en incantation
Grimoire :

- Lumière : À appliquer sur un objet ; Fait de la lumière pendant 1h
- Flammèche : Petite étincelle au doigt pendant une minute
- Météo : Connaît la météo prochaine
- Repos : Peu faire se détendre quelqu'un

- Infestation de Nurglings : 24m / 1d4 tours / Projectile magique. Une fois qu'une personne est touchée, elle subit 10+2d10 dégâts magiques par tour / Dès la fin du sortilège ou la mort de l'ensorcelé, des bubons explosent, libérant 2d3 amas de chair, qui sont autant de nurglings
- Fontaine putride : 6m / Instantané / 30+2d10 dégât devant lui + gain de 7 armure temporaire magique / +5 dégât par point de MA
- Gerbe corruptrice : 12m / 10+1d10 dégât dans une zone de 6m, esquivable ; métal rongé après 1d4 tours / -1 esquive par MA

- La multitude fait le tout : Se change en nuée de mouches
- Prodigieuse santé : Contact / Devient ultra bogosse et ultra chad
- Grande invocation de petits amis : Invoque des insectes pour servir d'ingrédients
- Immonde messager : Peut envoyer des messages twitter (Caractères limités)
- Allégresse fétide : Supprime toute douleur mentale ou physique
- Divine urgence : Force la cible à faire un jet d'END. Diarrhée en cas d'échec.
- Paludisme dévorant
- Vent de Nurgle
- Torrent de corruption

- Invocation : Nurglings
- Invocation : Bête de Nurgle
- Invocation : Porte Peste
- Octogramme de conjuration
Compétences :
- Résistance accrue : +1 END aux jets testant la résilience physique (Fatigue, drogue, alcool, torture...)
- Vol à la tire : +1 pour escamoter quelque chose
- Baratin : +1 pour endormir la vigilance de quelqu'un
- Déplacement silencieux : +1 pour fureter quelque part
- Déguisement : +1 pour s'infiltrer en étant déguisé
- Alphabétisation
- Autorité
- Humour
- Empathie
- Coriace

- Sens de la magie : Sur un test, détecte les événements magiques
- Incantation (Domaine de Nurgle)
- Maîtrise de l'Aethyr (Nurgle) : 3
- Contrôle de la magie
- Divination (Oniromancie) : Sur un test au cours de son sommeil, peut découvrir la destinée de certains personnages
- Langue hermétique (Langue Noire) : Parle la langue immonde du Chaos
- Confection de maladies : Peut fabriquer des maladies communes et rares
- Connaissance des démons
Équipement de combat :
- Bâton démoniaque : 2 mains ; 10+1d8 dégâts ; 8 parade ; Assommante & Utilisable seulement par les classes magiques. +1 PAR
- Pistolet à répétition : 46+1d8 dégâts, malus -2 TIR/8 mètres, peut tirer cinq fois à la suite avec un malus de -1 TIR par chaque nouveau canon qui fait feu
- Agaga (Épée à une main) : 18+1d10 dégâts ; 13 parade ; Rapide, Précise, Perforante (2) ; +1 INI
- Cocktail Molotov (x4) : Dans un rayon de 1m, toute personne qui est touchée par la bouteille prend trois états de « Enflammé ». Dans un rayon de 2m, c'est 2 états seulement. Dans un rayon de 3m, un seul état.

- 15 balles et poudres

- Tenue de cultiste de Nurgle : 5 protection ; Tout le corps sauf tête

- Anneau d'Ulgu : Lorsque porté, vous pouvez faire croire à ceux qui vous entourent que vous êtes un humain lambda (sans mutation aucune ni trait particulier) pendant 1 heure. Vous ne pouvez utiliser cette capacité qu’une fois par jour. Vous ne pouvez pas prendre l’apparence d’une personne en particulier.

- Miroir de la Demoiselle d'Acques
- Cor de la harde des Museaux Annelés
Équipement divers :

- Marque de Nurgle
- Caresse de la vipère (poison) : Un sujet blessé par une arme enduite de ce venin doit réussir un jet d'END-4 sous peine de mourir dans END minutes. Chaque minute avant sa mort, le sujet subit 5 points de dégâts non sauvegardables, et un malus cumulable de 2 à ses caractéristiques.


- Couverts en bois
- Sac à dos
- Couronnes dentaires en bois
- Tatouages
- Porte-bonheur

- Sap-biscuit

- Costume de répurgateur + Fleuret (Déguisement)
Divers divers :

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[MJ] La Fée Enchanteresse
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Message par [MJ] La Fée Enchanteresse »

Livia fit la moue. Longtemps. De bonnes secondes passées à grimacer à la dernière réflexion d’Enkidu. Elle but son café — de façon étonnamment élégante, avec le petit doigt levé et la petite coupelle sous la tasse, ce qui tranchait avec son apparence débraillée — et attendit de déglutir un moment avant de reposer le tout sur une vieille table en fer et de s’asseoir.

« Tu réfléchis correctement et les gens de ta planète étaient sains. L’Empereur l’a prononcé, et cela a été écrit noir sur blanc pour des générations entières comme canon absolu et immuable : Le mutant mérite purification. Mais l’Empereur s’est également assez vite arrangé et a mit en place des permissions selon ses projets. Commençons par le plus évident : Les Navigateurs. Ils ont été l’allié de l’Empereur et ils sont une faction siégeant au conseil de régence sur Terra. Ils sont pourtant, au sens premier et certain, des mutants — ils disposent d’un génome particulier, les séparant du phénotype normal de l’Humanité, qui leur permet de voir le warp, et sans eux, strictement rien ne fonctionnerait. Les Abhumains sont en quelque sorte des mutants, même si leurs différences génétiques se sont stabilisées dans le temps et sont à présent légalisés et enregistrés dans l’Imperium — c’est ainsi que tous les régiments de l’Astra Militarum peuvent compter sur des Ogryns au combat, qui malgré leur QI est très faible, sont des serviteurs zélés et absolus de l’Imperium. Mais on peut aller loin comme ça. Les mutations sont profondes, la définition est vaste, immense, parce qu’à chaque fois qu’on laisse des humains sur une planète ou dans un environnement particulier, des… Changements peuvent opérer. Tiens, regarde Cadia, la planète sainte qui surveille l’Œil de la Terreur — tous les enfants qui naissent dessus ont les yeux naturellement violets, et pourtant, les Cadiens sont les premiers défenseurs de l’Humanité à travers les étoiles.
C’est un secret de polichinelle que personne n’accepte volontairement, à commencer par moi, mais- »

Alors qu’elle parlait, Diznin entrait dans la pièce. Elle portait une nuisette et avait, à sa main, une poupée. Elle se contenta de servir du récaf sans dire bonjour à personne ; Livia grimaça, puis l’ignora vite en continuant de parler avec Enkidu.

« mais… Bref. Les mutants ne sont pas une catégorie simple et arrêtée, mais un spectre. Et dans ce spectre, il y a des mutants qui, malgré leur condition ignoble, peuvent encore servir l’Imperium. Ceux que nous allons visiter dans la sous-sous-ruche sont de parfaits exemples : ayant été modifiés par les contaminations des radiations, ils peuvent maintenant y résister, ce qui leur permet d’œuvrer, d’utiliser leurs mains lépreuses pour alimenter la cité. Malfi est une planète de plus de vingt-trois milliards d’individus — elle peut survivre et de tolérer l’existence de quelques dizaines de milliers de mutants. À condition, bien sûr, qu’ils restent dans leur coin, qu’ils ne se montrent pas, et qu’ils continuent d’implorer la pitié absolue de l’Empereur. Ça, c’est le travail de l’Église, des autorités locales, et, si elles ne bossent pas, de l’Ordo Hereticus. La vérité cruelle est que, oui, des mutants qui apparaissent de nulle part sont comme la fumée qui peut désigner un feu, et nous avons le devoir d’empêcher les déviations de phénotype, et tout mutant qui n’est pas officiellement répertorié et enregistré mérite la mort… Mais enfin, malheureusement, parfois, ils rendent de bons services, et leurs esprits, qui ne sont pas tous contaminés de la même manière, peuvent encore nous servir.
Un secret que garde l’Imperium est que des hommes-bêtes, des créatures humaines mutées avec des animaux, servent comme auxiliaires militaires sur le front. L’Imperium n’aime pas le crier à voix haute, mais l’Administratum sait trouver une fonction pour tout le monde à travers les étoiles. Tout ce qui compte, c’est le service absolu envers le Fakir éternel. »

Diznin s’assit à table. Et, elle qui était d’un naturel si attaché à l’étiquette, elle ne put s’empêcher de provoquer Livia :

« Le culte dont tu faisais partie, n’a-t-il pas été accusé dans son procès de collusion avec des mutants ? »

Livia devint toute pâle. Puis, toute rouge. Serrant les poings, elle foudroya la devineresse du regard, droit dans les trous vitrés de son casque, pour râler :

« Mon culte a été lavé de tout soupçon par l’Ordo Hereticus ! Les mutants qui faisaient partie des nôtres ont justement été jugés comme tolérables par permission expresse ! Être accusé par l’Inquisition n’est pas une preuve de quoi que ce soit, puisque justement, l’Inquisition doit être capable de soupçonner tout le monde et personne n’est au-dessus de ses yeux. Mais qui peut oser lever la main et dire avoir été jugé par l’Inquisition, et le verdict a été tolérant ?! »

Elle regarda ensuite Enkidu, et se sentit obligée de se justifier.

« Nous n’allons pas faire ami-ami avec des mutants au milieu d’une zone radioactive. Mais s’ils veulent survivre, ils ont intérêt à prier l’Empereur et respecter les lois de Malfi. Ils ne sont donc pas automatiquement à considérer hostile. Est-ce que tu comprends cette subtilité ? »
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