[Warhammer 40k] L'effet de Coriolis

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Reinhard Faul
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Re: [Warhammer 40k] L'effet de Coriolis

Message par Reinhard Faul »

Enkidu était solide, mais la folie de ce que disait l’Inquisitrice la poussait au bord de l’hystérie. Violer la Lex Imperialis ?! La balayer d’un revers de la main comme un détail gênant pour accomplir son but ? Personne ne lui avait dit que c’était de l’ordre du possible. Elle avait légèrement chatouillé l’ordre établi lors de sa mission à Neustralia, mais il s’agissait là de l’esprit pratique du soldat sur le terrain. Elle regarda sa propre main à travers ses larmes, celle ci tenue par l’Inquisitrice avec douceur. Quand la dame l’avait prise, elle s’était crispée dans l’attente d’un acte violent qui n’était jamais arrivé. Au contraire, on lui caressait les doigts d’un tendre geste du pouce. La scène tenait du délire. Comment contredire l’Inquisitrice ? C’était impossible. Pourtant, on avait appris à Enkidu les règles auxquelles devaient obéir un Psyker en la battant, l’affamant, la privant de sommeil, en l’enfermant, en lui mettant un collier électrique ou une muselière si elle osait dire à voix haute les contradictions qui existait au sein de la Loi Sacrée. Un tel traitement ne s’oubliait pas grâce à une caresse de la main.
Un sein, par contre…

« Trouve les pèlerins de Hayne, et j’accomplirai… N’importe quel vœu que tu puisses avoir… »

Enkidu ne pouvait pas détourner les yeux de ce qui était en train de se produire. Au moment où ses doigts touchèrent leur objectif, elle fut saisie comme si on lui avait jeté un baquet d’eau glacée à la figure, tentant vainement de hurler et d’aspirer de l’air par sa bouche grande ouverte en même temps. C’était chaud et doux. Et personne ne lui sautait dessus pour lui enfoncer un machin dans le corps, elle avait tout le loisir d’apprécier le contact. L’Inquisitrice semblait s’offrir à elle, avec douceur, lui laisser le temps d’apprécier ce qui était en train d’arriver. La jeune sorcière quant à elle offrait un spectacle peu érotique en ouvrant la bouche comme un poisson hors de l’eau, la perruque en pagaille, relativement peu propre sur elle, les yeux exorbités. Pourtant, son regard ne quittait pas la peau exposée par l’encolure du kimono mal mis. Son bassin avait même l’insolence de remuer sur place - mouvement fort peu élégant – sans qu’elle s’en rende compte.

Livia avait déjà traité Enkidu de gros(se) frigide. Livia avait tort. Enkidu était au contraire remplit d’appétits divers. Elle avait toujours faim, toujours envie de dormir, et toujours envie du reste. Son domaine d’expertise en matière de Warp recouvrait le corps humain et tout ce que cela impliquait. Seulement, on ne lui avait guère laissé l’occasion d’apprécier les plaisirs de la chair. Même sous la forme d’un homme, la bagatelle n’avait été expérimenté que comme un vague frottement mécanique et insatisfaisant – et surtout infesté par l’angoisse que quelqu’un le/la tue par traîtrise en plein milieu. Son esprit était rempli d’images confuses. Dans un des magasines de Livia, quelqu’un léchait les tétons de quelqu’un d’autre. Sur le coup ça lui avait paru dégoûtant et stupide – même si c’était un des actes les moins répugnants de ce que pouvait proposer la littérature pornographique de sa collègue. Maintenant, elle avait envie de faire la même chose. Depuis le début de la conversation elle avait le décolleté de l’Inquisitrice sous le nez, et avoir les doigts sur sa peau douce l’obligeait à embrayer la première. Son propre pouce, sans demander la permission à personne, échappa à la prise ferme de sa supérieure pour explorer la rondeur moelleuse de son sein droit. Elle avait très chaud et une pression bizarre en bas d’elle-même mais en voulait plus.
Natus est cacare et abstergere coactus est.
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Lien Fiche personnage: Ici

Stats :
Voie du sorcier de Nurgle (Profil avec empreintes occultes et mutations)
For 9 | End 14 | Hab 10 | Cha 6 | Int 15 | Ini 10 | Att 10 | Par 9 | Tir 9 | Foi 8 | Mag 18 | NA 3 | PV 140/140

Mutations/marques :
Nuages de mouches : -1 ATT/PAR/TIR/INI pour toutes les personnes à moins de 6m
Plaies suppurantes : 1d3 dégâts retranchés à chaque blessure
- Morsure Venimeuse : Poison hallucinogène
- Hideux (Effet : Peur)
- Organe du Chaos (-1 CHA/HAB, +1 END, +5 PV)
Pourriture de Neiglish : Porteur sain
Protection de Papy : 2d4 PdC à chaque critique en incantation
Grimoire :

- Lumière : À appliquer sur un objet ; Fait de la lumière pendant 1h
- Flammèche : Petite étincelle au doigt pendant une minute
- Météo : Connaît la météo prochaine
- Repos : Peu faire se détendre quelqu'un

- Infestation de Nurglings : 24m / 1d4 tours / Projectile magique. Une fois qu'une personne est touchée, elle subit 10+2d10 dégâts magiques par tour / Dès la fin du sortilège ou la mort de l'ensorcelé, des bubons explosent, libérant 2d3 amas de chair, qui sont autant de nurglings
- Fontaine putride : 6m / Instantané / 30+2d10 dégât devant lui + gain de 7 armure temporaire magique / +5 dégât par point de MA
- Gerbe corruptrice : 12m / 10+1d10 dégât dans une zone de 6m, esquivable ; métal rongé après 1d4 tours / -1 esquive par MA

- La multitude fait le tout : Se change en nuée de mouches
- Prodigieuse santé : Contact / Devient ultra bogosse et ultra chad
- Grande invocation de petits amis : Invoque des insectes pour servir d'ingrédients
- Immonde messager : Peut envoyer des messages twitter (Caractères limités)
- Allégresse fétide : Supprime toute douleur mentale ou physique
- Divine urgence : Force la cible à faire un jet d'END. Diarrhée en cas d'échec.
- Paludisme dévorant
- Vent de Nurgle
- Torrent de corruption

- Invocation : Nurglings
- Invocation : Bête de Nurgle
- Invocation : Porte Peste
- Octogramme de conjuration
Compétences :
- Résistance accrue : +1 END aux jets testant la résilience physique (Fatigue, drogue, alcool, torture...)
- Vol à la tire : +1 pour escamoter quelque chose
- Baratin : +1 pour endormir la vigilance de quelqu'un
- Déplacement silencieux : +1 pour fureter quelque part
- Déguisement : +1 pour s'infiltrer en étant déguisé
- Alphabétisation
- Autorité
- Humour
- Empathie
- Coriace

- Sens de la magie : Sur un test, détecte les événements magiques
- Incantation (Domaine de Nurgle)
- Maîtrise de l'Aethyr (Nurgle) : 3
- Contrôle de la magie
- Divination (Oniromancie) : Sur un test au cours de son sommeil, peut découvrir la destinée de certains personnages
- Langue hermétique (Langue Noire) : Parle la langue immonde du Chaos
- Confection de maladies : Peut fabriquer des maladies communes et rares
- Connaissance des démons
Équipement de combat :
- Bâton démoniaque : 2 mains ; 10+1d8 dégâts ; 8 parade ; Assommante & Utilisable seulement par les classes magiques. +1 PAR
- Pistolet à répétition : 46+1d8 dégâts, malus -2 TIR/8 mètres, peut tirer cinq fois à la suite avec un malus de -1 TIR par chaque nouveau canon qui fait feu
- Agaga (Épée à une main) : 18+1d10 dégâts ; 13 parade ; Rapide, Précise, Perforante (2) ; +1 INI
- Cocktail Molotov (x4) : Dans un rayon de 1m, toute personne qui est touchée par la bouteille prend trois états de « Enflammé ». Dans un rayon de 2m, c'est 2 états seulement. Dans un rayon de 3m, un seul état.

- 15 balles et poudres

- Tenue de cultiste de Nurgle : 5 protection ; Tout le corps sauf tête

- Anneau d'Ulgu : Lorsque porté, vous pouvez faire croire à ceux qui vous entourent que vous êtes un humain lambda (sans mutation aucune ni trait particulier) pendant 1 heure. Vous ne pouvez utiliser cette capacité qu’une fois par jour. Vous ne pouvez pas prendre l’apparence d’une personne en particulier.

- Miroir de la Demoiselle d'Acques
- Cor de la harde des Museaux Annelés
Équipement divers :

- Marque de Nurgle
- Caresse de la vipère (poison) : Un sujet blessé par une arme enduite de ce venin doit réussir un jet d'END-4 sous peine de mourir dans END minutes. Chaque minute avant sa mort, le sujet subit 5 points de dégâts non sauvegardables, et un malus cumulable de 2 à ses caractéristiques.


- Couverts en bois
- Sac à dos
- Couronnes dentaires en bois
- Tatouages
- Porte-bonheur

- Sap-biscuit

- Costume de répurgateur + Fleuret (Déguisement)
Divers divers :

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[MJ] La Fée Enchanteresse
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Re: [Warhammer 40k] L'effet de Coriolis

Message par [MJ] La Fée Enchanteresse »

L’Inquisitrice laissa étonnamment faire la psyker. Plus que ça, elle sembla même l’encourager ; malgré tous les risques et l’horreur que courrait Enkidu, voilà que Skane tira légèrement sur le bord de l’échancrure de son kimono, et dévoila purement sa poitrine. Elle avait un beau sein, rond, tombant un peu, avec un téton marron qui semblait être parcouru de petits points, comme de la chair de poule. L’Inquisitrice garda le poignet de son acolyte entre ses doigts, et la laissa ainsi soupeser le sein, glisser le bout de l’index sur la pointe ; la lieutenant du Dieu-Empereur sembla s’en émouvoir, parce que la poitrine se mit à pointer.

Astrid Skane pressa fort sur le poignet d’Enkidu, assez pour lui faire mal et la paralyser — elle attrapa un petit doigt du psyker pour lui faire mal, une seconde, afin de l’arrêter. Juste une seconde. Puis, voilà qu’elle tendit son autre main à elle, et le posa sur la lèvre d’Enkidu. Elle lui caressa la chair de la bouche, et, d’un coup, glissa son pouce dedans. Ainsi, elle gardait la pauvre psyker la gueule entrouverte. Le sein à l’air, la tête penchée de côté, elle lança d’une voix sulfureuse :

« Garde donc cela en tête, valet. Je n’attends jamais de ta part autre chose que un « oui ». Tu peux le dire ? »

L’Inquisitrice fit lever le menton au psyker, attendit sa réponse, avant de se ravachir sur le canapé en lâchant complètement l’acolyte. Elle avait toujours son kimono ouvert sur sa poitrine, sans pudeur aucune. Un doigt sur la tempe, elle fit un signe quelconque du menton pour désigner la sortie du labyrinthe, alors que sa jambe apparaissant nue sous son vêtement croisait l’autre, offrant une scène fort photogénique à la psyker…





Trois cycles de rotation passèrent sur le navire. Les préparatifs de la maison Selleniz allaient bon train pour organiser le débarquement à Malfi. Un vaisseau qui se posait sur une planète n’était jamais un événement anodin et simple ; certes, quand il s’agissait d’un voyage de routine, un vaisseau qui ne quittait pas le système solaire, ou ne franchissait le warp que dans un saut cours calculé par cogitator sans avoir besoin d’un navigateur, on voyait venir et descendre les navires de façon attendue — et encore, seulement si c’était un monde-ruche habitué au ballet incessant d’appareils de commerce et de livraison. Mais pour le reste, les difficultés et les dangers qu’impliquaient les traversées de l’Empyrée provoquaient toute une ritualisation des débarquements et embarquements sur un monde. La Libre-Marchande Selleniz ne devait pas en penser grand-chose, les années passées à la barre de « l’Indomptable Ravel » avaient dû transformer tout le luxe et le cérémoniel grandiose et géant autour d’elle en une simple cérémonie répétitive et presque ennuyante. Mais il y avait toujours des pèlerins, des marchands, des voyageurs pour qui c’était la première fois qu’ils découvraient une planète autre que celle sur laquelle ils avaient grandi… Partout sur le Ravel, on raccommodait des banderoles, on préparait les beaux vêtements de fête avec des gants parfumés, ceux qui pouvaient prenaient un bain ou une douche. Les technoprêtres réparaient les chérubins, les moines faisaient répéter aux petits choristes les chants religieux, des servitors passaient la serpillière partout le long des quais d’embarquement. Des servo-crânes accompagnés de scribes vieillissants comptaient chaque conteneur, chaque caisse géante, pour cataloguer les biens qui seraient échangés et vendus — nul doute que des astropathes, les psykers aveugles, travaillaient à toute vitesse à transférer à la Bourse des ruches de Malfi les quantités proposées afin que les sénéchaux parviennent dores et déjà à trouver acheteurs et vendeurs en avance afin que les opérations, qui demanderaient sans doute les efforts de milliers de manœuvres et manutentionnaires, ne prennent pas trop de temps. Il y aurait quantité de marchandises en tout genre, y comprit même des marchandises vivantes comme du bétail et des animaux exotiques, à transbahuter vers les aéroports pour être transférés d’un continent à un autre…


…Mais Enkidu allait, heureusement, échapper à tout ça. Son plan avait été descendu par Skane jusqu’à Ndiame Masteel qui fut chargé de la mise en œuvre de toutes les questions pratico-pratiques de ce qui n’avait été, pour Enkidu, qu’une idée en l’air. « Comment approcher les Masqués ? » « Passons par la criminalité ». C’était aisé à dire, et pour un ancien habitant de Malfi, Enkidu devait bien avoir quelques connaissances fugaces sur l’état des bandes criminelles et des gangs de la planète… Du moins, des rumeurs, des feuilletons à la télé, et des informations sur des règlements de compte dans les journaux à sensation des bien-nés Malfiens. Les nobles frayaient évidemment avec la criminalité, mais de façon interposée — la criminalité en col blanc, celle de la fraude fiscale et des faussaires, agissait surtout par influence, intrigue, et quelques fois assassinats à coup de poisons ou de lames, et on ne faisait que voir de loin le tas de fusillades en public ou de découpages à la tronçonneuse dont étaient capables les vrais chiens de la sous-ruche. Il reviendrait donc à Masteel de gérer tout l’aspect logistique absolument essentiel à la réussite de la mission. Tout comme à Neustralia, c’était ce sombre bonhomme aux yeux terrifiants de métal qu’il revenait de louer des appartements, blanchir de l’argent, débloquer des fonds de sources inconnues, préparer de fausses identités, des cognomens à jour pour passer les barrages de police… Pour faire tout ça, il devait probablement travailler vingt heures par jour, sous amphétamines, à obtenir des rapports cryptés, qu’il décryptait, pour travailler, cataloguer, renvoyer, recrypter, et faire passer par les canaux maintenus d’abord par astropathie, puis, quand le vaisseau se rapprochait de la planète, par lignes vox cryptées…

L’Inquisition était comme ça. Une organisation froide, secrète, et terriblement efficace. Enkidu en savait quelque chose. Tout horrible qu’était le voyage dans le Vaisseau Noir qui l’amenait sur Sainte-Terra, rien autour d’elle était inefficace. Tortionnaire, insalubre, horrifique, terrifiant, oui. Mais étrangement efficace. Des militaires passaient dans chaque cellule avec des chaînes et des treuils, et avec la froideur de l’habitude, protégés par une Sœur du Silence qui maintenait les psykers dans les vapes, ils se contentaient de porter des enfants, les enfermer, les transbahuter, les décharger, les replacer, entuber ceux qui faisaient une grève de la faim… Cela valait bien de remplir sérieusement les feuilles de rapports et de demandes de Masteel.



Sur une baie d’observation secondaire, Enkidu observait la grosse planète de Malfi. Elle paraissait géante en contrebas. Un immense océan (Pollué), de vastes continents, en partie montagneux et désertiques, une jungle ancestrale en train de progressivement reculer… Et des ruches. Malfi était un monde relativement « jeune » — si son histoire était millénaire, et qu’elle recelait de légendes terrifiantes, comme celle du « Roi en Haillons », un grand magicien vieux de plusieurs siècles qui avait prétendument dirigé hérétiquement la planète il y a fort longtemps, la planète n’était rentrée dans le giron Impérial qu’il n’y a à peine 2000 ans grâce à Saint-Drusus. On ne cessait de bâtir, de construire, de produire sur cette planète immense habitée par vingt-trois milliards d’habitants. Malfi avait, dans ce laps de temps, connu des guerres civiles, des cataclysmes climatiques, et des horreurs auxquelles on lançait des allusions dans les livres d’histoires tout en censurant poliment ce que même les gens éduqués n’avaient pas à savoir. Il faisait toujours chaud et humide à Malfi, sur l’hémisphère qui subissait l’été. On sentait que c’était une jungle urbanisée de force. Et puis, il y avait les Malfiens… Des aristocrates encore plus répugnants et obsessifs que les pires des aristocrates du secteur Calixis, et ils en étaient fiers.

Livia s’approcha d’Enkidu et regarda à côté. Elle s’était faite « belle » ; au lieu de son tanga et de ses pièces d’armures qui la dénudaient, elle portait à la place une pas-très-pudique tenue grise entièrement moulante, qu’elle dissimulait sous un trenchcoat qu’elle gardait pour l’heure grand ouvert. La tenue la marquait tellement qu’on devinait même le rond de son nombril. Rien à voir avec Enkidu qui portait sa tenue pare-éclat au-dessus d’un treillis militaire trop grand pour elle. Ni même avec Nebael fulla Diznin, qui portait une jolie tenue de femme mondaine, avec des fourrures, du vison autour du cou, et son étrange casque bien grandiose. Les trois formaient un conroi fort étrange, et, de prime abord, seule Enkidu pouvait être prise au sérieux en tant que « gangster ». Il allait falloir vite se mettre à la page…

Les trois attendaient qu’on leur donne leur ordre. Leurs oreillettes s’allumèrent et Masteel leur donna l’ordre de se rendre dans une navette de transport — on leur avait réservé trois sièges un peu discrets en contrebas de l’espace passager, et elles embarquèrent en avance, pour ne pas se faire voir des autres voyageurs. Une heure plus tard, les trois se retrouvaient dans le vide de l’espace. Une hôtesse de l’air leur amena une bouteille d’eau et un plateau-repas de poisson en sauce avec du riz, fort simple et pas très goutu, typique de la classe très moyenne. Livia, à moitié couchée sur son siège, tapota soudainement la main d’Enkidu.

« C’est fou, tu te rends compte, moi et Diznin on est techniquement avec du sang-bleu. Y a que toi qu’est une roturière.
J’espère que tu vas porter mes bagages, il paraît qu’ici ils savent reconnaître le sang ! »

Elle avait un sourire fou. Avec ses cheveux rasés sur les côtés et ses piercings, elle avait en effet sans aucun sarcasme une apparence très noble Malfienne.

Les oreillettes des trois drôles de dames s’allumèrent à nouveau. Masteel, resté sur le vaisseau de l’Indomptable Ravel, se fit entendre :

« Chères Acolytes.
Vous allez faire une escale au pénitencier de Sainte-Kernamel. J’ai trouvé quelqu’un pour vous servir de guide et d’allié fort utile…
Si vous ouvrez les dossiers scellés que je vous ai fait remettre avant votre embarquement, vous trouverez les photos et les informations essentielles sur votre contact.
 »

Un petit garçon leur avait en effet amené des pochettes fermées par un cachet de cire, qu’il fallait casser. À l’intérieur, des fac-similés, des rapports d’arrestations, des bilans médicaux, et puis, la photo d’un détenu, pris de face et sur les côtés : un homme qui avait l’air quarantenaire, mal rasé, ridé, avec une grosse crête rose sur le sommet de son crâne. Presque un beau garçon s’il ne lui manquait pas des dents et s’il n’était pas bien trop maigre avec ses joues creuses.

« Je vous présente Vincenze Räzell, enfant de la sous-ruche Raspail. Membre du gang des Camelots de la Reine. Condamné à huit ans de travaux forcés pour cambriolage. Fait ensuite l’objet d’un mandat d’arrêt pour extorsion, vente de stupéfiants, braquages, violences en bande organisées, et meurtres. Il intéresse finalement l’Adeptus Arbites pour avoir fait le crime de trop : a cambriolé le presbytère d’un archiprêtre du Ministorum avec sa bande.
Les Arbitres lui ont proposé de commuer sa peine de transformation en archo-flagellant, une torture horrible et permanente aux mains de l’Église, en une simple peine d’embrigadement dans une Légion Pénale, s’il acceptait de dévoiler les noms des membres de sa bande. Malgré six semaines de torture, il a refusé de nommer un seul de ses compagnons, quand bien même il a fort à perdre et beaucoup à gagner — il a une petite sœur qu’il protège.
C’est un candidat idéal. Amoral, sociopathique, prêt à tuer avec sang-froid absolu, il est aussi étrangement loyal et avec son code d’honneur à lui, que nous pouvons manipuler et utiliser. Je compte sur vous trois pour le… Convaincre de le recruter, car il serait un élément fort utile. Si néanmoins, vous ne le jugez pas à la hauteur, il est tout aussi facile de le liquider et de trouver un autre moyen de former un gang… »


Livia lit tranquillement le rapport psychologique sur monsieur Räzell. Elle observa Enkidu, avec un hochement de tête.

« On peut utiliser toute aide qu’on a…
Alors, il paraît que c’est toi qui a convaincu maîtresse Skane de procéder ainsi ? Je suppose que t’as déjà une petite idée de comment on va fabriquer un gang ? Je veux dire, au-delà de l’aspect pratique, un gang ça a besoin de beaucoup de cérémoniel et de paraître autour. Un nom, un symbole, des traditions…
…Je suis sûre que t’as déjà une petite idée. »
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Reinhard Faul
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Re: [Warhammer 40k] L'effet de Coriolis

Message par Reinhard Faul »

Lorsque l’Inquisitrice estima l’entretien terminé, Enkidu fut évacuée hors du jardin avec efficacité et discrétion par un esclave diligent. L’adjudant-chef Rorich l’attendait à la sortie. Sans faire un commentaire, il escorta la jeune sorcière hors des quartiers luxueux de l’Agente de l’Empereur.

La-dite sorcière était bien sûr en émoi. Il lui fallait toute sa discipline pour marcher au pas derrière son supérieur et ne pas contempler avec stupéfaction la main qui avait touché la chair sacrée. Son bas ventre brûlait d’une chaleur plaisante qu’elle attribuait à la proximité du divin. Elle se trouvait incapable de réfléchir avec raison à ce qu’avait dit l’Inquisitrice, et avançait en remarquant à peine les caméras, les gardes et les tourelles automatiques – quoi que pour ces dernières, comme elles étaient implantées sur des Servitors, Enkidu était bien obligée de trembler un peu en leur présence.

Puis, comme si ils n’avaient jamais existé, les sculptures religieuses, les kilomètres de tapis douillet et les esclaves affairés disparurent pour laisser place au décor plus ordinaire des quartiers des troupes d’Astrid Skane. On savait qu’on y rentrait car il fallait passer plusieurs postes de gardes et des portes lourdement verrouillées. Enkidu supposa que son supérieur allait l’abandonner là, mais il l’accompagna quelques couloirs encore jusqu’à un recoin abrité des regards par de gros tuyaux d’aération. Enkidu se mit à trembler, à raison car l’Adjudant-Chef lui colla son poing dans l’estomac avant qu’elle ait eu le temps de se mettre au garde-à-vous.

Ce n’était pas un coup de semonce, la douleur plia en deux la jeune femme et elle se mit à vomir le thé luxueux qu’elle avait bu en compagnie d’Astrid. D’autres actes de violence suivirent jusqu’à ce qu’elle se retrouve en position fœtale sur le sol à couvrir son visage avec ses bras afin de le protéger des bouts ferrés des bottes de son supérieur. Protection purement symbolique et instinctive. Une prémolaire vola, proprement délogée de la mâchoire par un habile coup de pied. Il y eut beaucoup de sang avant que Rorich ne s’embarrasse à poser une question :

« De quoi avez-vous discuté ? »

Enkidu cracha ce qu’elle avait dans sa bouche avant de répondre du tac-au-tac :

« Aucune idée de ce dont vous parlez monsieur. »

La jeune sorcière n’était pas idiote ; c’était un piège, un test, et elle ne comptait pas faillir devant un mécanisme aussi grossier. Ce que disait l’Inquisitrice à une subordonnée n’appartenait qu’à elle, c’était évident. Si Rorich devait savoir quelque chose à ce sujet, ce n’était pas à Enkidu de lui dire. Le concerné observa la forme ensanglantée à ses pieds, semblant réfléchir, puis lui remit quelques coups pour la forme, même si ceux-là étaient moins violents. Il semblait que l’Acolyte avait donné la bonne réponse. Rorich confirma cette impression :

« Tu es pas bête, tu sais qui on sert. Ça demande plus que tes petits tours de magie, ça demande de la cervelle. De la discrétion aussi, c’est pour ça que j’me permets une petite vérification basique. Enfin maintenant que c’est fait j’ai une bonne nouvelle à t’annoncer : ta demande d’implant capillaire a été acceptée ! Petite coquette va. Pour Dzinin on peut rien faire, mais toi, on peut t’enlever tes signes distinctifs ennuyeux. »

Enkidu ne répondit rien, resta en boule par terre, et se contenta de se pisser dessus de terreur. Bien sûr qu’elle n’avait jamais demandé quoi que ce soit, et certainement pas de se faire scalper à vif son crâne chauve pour avoir des vrais cheveux. Rorich n’était pas surpris par cette réaction, et se mit à prosaïquement traîner l’A1colyte par l’épaule jusqu’à la salle d’opération qui se trouvait au bout du couloir. Les hurlements d’un autre patient s’en élevait déjà.

La jeune sorcière se traîna dans ses quartiers quelques heures plus tard avec des bandages souillés autour du crâne et des yeux – car elle avait eu le droit à des cils et des sourcils assortis par-dessus le marché. L’opération avait en plus l’avantage d’expédier toute question sur son étrange absence de sa routine habituelle.

Livia se porta immédiatement au secours de sa collègue quand elle rentra aveugle et affaiblie. Comme l’avait prédit l’Inquisitrice, la cultiste de la Mort malgré des abords pas facile avait le cœur au bon endroit. Elle guida Enkidu jusqu’au canapé défoncé de leur salle commune et lui apporta ses cigarettes. Ce n’est qu’une fois que la sorcière eu fini de dormir et de pleurer qu’elle lui posa la question qui lui trottait en tête d’un ton sinistre :

« Ils t’ont enlevé tes yeux ? »

La jeune femme secoua sa tête aveugle de gauche à droite pour dire non, puis grimaça de douleur. La question n’était pas stupide. L’Inquisition, sur un coup de tête, pouvait parfaitement enlever des organes de ses hommes pour les remplacer par quelque chose de plus commode sur le moment. Enkidu s’alluma une cigarette avec des mains tremblantes puis expliqua :

« On m’a greffé des cheveux, des poils, tout. Ça fait plus … civil, moins… religieux.

- Tu ne peux pas te les faire pousser toi-même ? Je croyais que c’était la métamorphose ton pouvoir. »

La jeune femme secoua de nouveau la tête à la négative.

« Je contrôle pas ça, plus maintenant. Ça m’a… ça m’a brûlé quand on m’a montré le pouvoir de l’Empereur, pendant l’Assermentation. Y en a qui perdent la vue ou leurs organes génitaux, moi c’est ça. J’ai pas le droit d’en dire plus. »

Livia n’insista pas. Elle décida de changer de sujet :

« Tu as rapetissé non ? J’ai failli ne pas te reconnaître quand tu es rentrée ! Ça c’est tes pouvoirs c’est sûr.

- Oh, ça ! »

Enkidu se mit à rougir violemment et détourna la tête d’embarras. Àsourire timidement. Il était étrange de voir quelqu’un couvert de bandages ensanglanté sourire.

« Je… je me suis oubliée, j’en ai pas fait exprès. Ça ne se reproduira plus ! »

La jeune femme repliait et dépliait ses doigts comme si elle se souvenait du toucher de quelque chose. Elle expliqua d’un ton rêveur.

« Les circonstances étaient… exceptionnelles. »

Puis elle tâtonna maladroitement autour d’elle avant de demander :

« Tu me passerais le cendrier s’il te plaît ?

- T’embête pas, cendre par terre va ! Je nettoierai.

- Merci. »

Comme il semblait que Livia n’aurait pas plus d’explication sur comment sa collègue avait pu perdre deux têtes de taille sans s’en rendre compte, elle changea de sujet pour un problème plus pressant :

« Tu veux de l’aide pour te nettoyer ? »

Enkidu considéra la question quelques secondes avant de répondre :

« J’imagine. »

Avec une délicatesse que sa collègue ne lui avait jamais connu, la cultiste de la Mort la déshabilla. Pas de pudeur entre guerriers, elle ne fit aucun commentaire sur l’odeur d’urine, se contentant de quelques remarques pour faire la conversation.

« Ils sont jolis tes nouveaux cheveux... enfin pour les mèches qui dépassent les bandages. Ils ont l’air long. »

La sorcière répondit d’un ton sombre :

« J’ai pas eu l’occasion de voir, on m’a greffé de nouvelles paupières avant. » Sans laisser le temps à la phrase de laisser une empreinte de terreur, elle demanda : « Ils sont de quelle couleur ?

- Noirs.

- Oh. »

L’uniforme de Psyker comportait de nombreuses couches de vêtements traditionnels aux attaches compliquées, mais Livia parvint à exposer de la peau après plusieurs minutes de manipulation. Celle-ci présentait des blessures qui ne devaient rien à la chirurgie et qui dessinaient très clairement la forme de semelles de bottes sur les côtes d’Enkidu.

« Ah ça je reconnais la méthode ! Tu as encore agacé l’Adjudant-Chef. Bécasse va !

- M’en fous !

- Il faudrait quand même que tu arrêtes de faire des gaffes devant le chef, il risque de te tuer sans faire exprès un jour. Moi j’ai trouvé la technique : une fois il m’a étranglée, ça m’a fait jouir et il a plus osé me cogner trop fort depuis.

- T’as pas le droit de dire ça ! »

Enkidu était naturellement révoltée et choquée de ce qu’elle venait d’entendre, mais la coupable répondit d’un ton négligeant :

« Ce n’était pas volontaire de ma part, et puis je n’ai rien dit d’interdit. Parfois, le terrain c’est… terre à terre. »

La jeune Psyker repensa à ce l’Inquisitrice lui avait ordonné. Elle avait dit que Livia serait d’une grande aide pour la mission à venir. Peut-être qu’il y avait effectivement de la sagesse dans ce que disait la grosse tarée devant elle. L’Inquisitrice avait également juré pouvoir exaucer n’importe quel vœu qu’elle puisse avoir, et une option qui lui avait brièvement traversé l’esprit était de faire tuer Rorich très lentement. C’était évidemment mal (et relativement peu prioritaire dans les désirs de la jeune femme sur le moment), mais… plaisant à imaginer. La roue tourne, parfois. Elle répondit d’un ton hésitant :

« Ouais… je vois ce que tu veux dire. »

Réfléchissant encore une fois à l’entretien qui s’était déroulé dans un jardin, elle changea de sujet et demanda à sa collègue :

« Je peux essayer de fumer un de tes bons gros spliff ?

- Oh Empereur-mon-Epoux, c’était une phrase que je rêvais d’entendre ! »

Livia se précipita pour chercher son matériel à fumette pendant qu’Enkidu tremblait de froid en sous vêtements sur le canapé. Elle avait affirmé à la Sainte Femme qu’elle pouvait se faire passer pour une dealeuse, n’était-ce pas la moindre des choses de se renseigner sur le sujet ?

L’expérience fut beaucoup moins incroyable que ce qu’elle avait imaginé. Elle avait faim et envie de dormir. La cultiste de la Mort ne cessait de bavarder à propos de vidéos snuff intéressantes qu’elle avait vu récemment. Les questions tournaient dans la tête de la petite sorcière. Comment être à la hauteur de ce qu’on lui demandait ? Comment débusquer d’horribles hérétiques malfiens en se faisant passer pour une terreur alors qu’elle n’avait jamais ne serait ce que traversé une rue sans autorisation ni surveillance ? Elle finit par s’endormir sur le canapé, épuisée par une journée beaucoup trop chargée.

Le reste du voyage se déroula sans incident notable. La médecine de l’Imperium était cruelle, mais efficace. Enkidu se remit rapidement de ses blessures. Elle passa sa convalescence à étudier la culture malfienne – à propos de sujets dont elle n’avait jamais entendu parler lors de son premier séjour - et réussit même à prier l’esprit de la machine tellement fort que la télé se mit à capter les chaînes locales sitôt que l’Indomptable Ravel approcha suffisamment de leur destination.

Le groupe Livia, Enkidu, Dzinin se trouvait maintenant à bord d’une navette de transport en direction d’une prison. Sans le dire à haute voix, la jeune sorcière trouvait ça très abrupt de débarquer de l’espace pour embaucher un taulard. L’Inquisition ne faisait pas dans la dentelle. On pouvait arriver et réclamer n’importe quoi. En l’occurrence, un membre de gang (les Camelots de la Reine ? Ça ne disait rien à Enkidu), un criminel endurci qui avait préféré endurer six semaines de torture que de dénoncer ses compagnons. La Psyker ne put s’empêcher de ressentir une pointe d’admiration pour le bonhomme. Masteel lui dit dans l’oreille qu’il cherchait à protéger sa petite sœur, elle se demanda si elle était toujours en vie. Livia interrompit ses pensées :

« On peut utiliser toute aide qu’on a…
Alors, il paraît que c’est toi qui a convaincu maîtresse Skane de procéder ainsi ? Je suppose que t’as déjà une petite idée de comment on va fabriquer un gang ? Je veux dire, au-delà de l’aspect pratique, un gang ça a besoin de beaucoup de cérémoniel et de paraître autour. Un nom, un symbole, des traditions…
…Je suis sûre que t’as déjà une petite idée.

- De quoi ? Hein ? Euh bah euh… »

Enkidu était complètement prise de court. Elle n’avait jamais réfléchi à cet aspect de la chose. Spontanément, elle fit le lien avec les blasons des clans familiaux de sa planète, ce qui la poussa à répondre le plus naturellement du monde :

« Je ne connais pas beaucoup d’animaux.

- Pardon ?

- Baaaaah sur les drapeaux et les boucliers il y a souvent des animaux. J’ai déjà vu des oriflammes de bandits, il y avait des grosses bêtes vilaines dessus. Un gang ça doit faire peur. Des chiens ? Des chiennes plutôt, on est une bande de filles. » Se méprenant sur l’origine du silence interloqué de ses collègues, elle expliqua du ton nonchalant de l’expert : « c’est un gros animal poilu avec des dents de la taille de mon doigt ! »

Dzinin intervint d’un ton calme :

« Non Petite Soeur, ta maîtrise du bas gothique te fais défaut. Nous ne serons pas des chiennes.

- D’accord Grande Soeur. » Enkidu n’argumenta pas. « Dis, je peux avoir ton biscuit ?

- Si tu veux, mais en seconde classe la farine est coupée à 20 % de sciure.

- M’en fous, ça fait pas tant que ça. » La jeune femme déballa avec frénésie le biscuit en sachet individuel tout en proposant : « Sinon on peut être des corbeaux, et notre cérémoniel c’est que Livia crève les yeux des gens. »

Il n’avait pas échappé à Enkidu que le principe d’un gang, au-delà des noms rigolos, c’était de commettre des crimes et de faire peur. Néanmoins – et il était sans doute interdit de l’admettre à voix haute – pratiquer des actes barbares sur autrui lui donnait un tout petit peu la gerbe.
Natus est cacare et abstergere coactus est.
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Lien Fiche personnage: Ici

Stats :
Voie du sorcier de Nurgle (Profil avec empreintes occultes et mutations)
For 9 | End 14 | Hab 10 | Cha 6 | Int 15 | Ini 10 | Att 10 | Par 9 | Tir 9 | Foi 8 | Mag 18 | NA 3 | PV 140/140

Mutations/marques :
Nuages de mouches : -1 ATT/PAR/TIR/INI pour toutes les personnes à moins de 6m
Plaies suppurantes : 1d3 dégâts retranchés à chaque blessure
- Morsure Venimeuse : Poison hallucinogène
- Hideux (Effet : Peur)
- Organe du Chaos (-1 CHA/HAB, +1 END, +5 PV)
Pourriture de Neiglish : Porteur sain
Protection de Papy : 2d4 PdC à chaque critique en incantation
Grimoire :

- Lumière : À appliquer sur un objet ; Fait de la lumière pendant 1h
- Flammèche : Petite étincelle au doigt pendant une minute
- Météo : Connaît la météo prochaine
- Repos : Peu faire se détendre quelqu'un

- Infestation de Nurglings : 24m / 1d4 tours / Projectile magique. Une fois qu'une personne est touchée, elle subit 10+2d10 dégâts magiques par tour / Dès la fin du sortilège ou la mort de l'ensorcelé, des bubons explosent, libérant 2d3 amas de chair, qui sont autant de nurglings
- Fontaine putride : 6m / Instantané / 30+2d10 dégât devant lui + gain de 7 armure temporaire magique / +5 dégât par point de MA
- Gerbe corruptrice : 12m / 10+1d10 dégât dans une zone de 6m, esquivable ; métal rongé après 1d4 tours / -1 esquive par MA

- La multitude fait le tout : Se change en nuée de mouches
- Prodigieuse santé : Contact / Devient ultra bogosse et ultra chad
- Grande invocation de petits amis : Invoque des insectes pour servir d'ingrédients
- Immonde messager : Peut envoyer des messages twitter (Caractères limités)
- Allégresse fétide : Supprime toute douleur mentale ou physique
- Divine urgence : Force la cible à faire un jet d'END. Diarrhée en cas d'échec.
- Paludisme dévorant
- Vent de Nurgle
- Torrent de corruption

- Invocation : Nurglings
- Invocation : Bête de Nurgle
- Invocation : Porte Peste
- Octogramme de conjuration
Compétences :
- Résistance accrue : +1 END aux jets testant la résilience physique (Fatigue, drogue, alcool, torture...)
- Vol à la tire : +1 pour escamoter quelque chose
- Baratin : +1 pour endormir la vigilance de quelqu'un
- Déplacement silencieux : +1 pour fureter quelque part
- Déguisement : +1 pour s'infiltrer en étant déguisé
- Alphabétisation
- Autorité
- Humour
- Empathie
- Coriace

- Sens de la magie : Sur un test, détecte les événements magiques
- Incantation (Domaine de Nurgle)
- Maîtrise de l'Aethyr (Nurgle) : 3
- Contrôle de la magie
- Divination (Oniromancie) : Sur un test au cours de son sommeil, peut découvrir la destinée de certains personnages
- Langue hermétique (Langue Noire) : Parle la langue immonde du Chaos
- Confection de maladies : Peut fabriquer des maladies communes et rares
- Connaissance des démons
Équipement de combat :
- Bâton démoniaque : 2 mains ; 10+1d8 dégâts ; 8 parade ; Assommante & Utilisable seulement par les classes magiques. +1 PAR
- Pistolet à répétition : 46+1d8 dégâts, malus -2 TIR/8 mètres, peut tirer cinq fois à la suite avec un malus de -1 TIR par chaque nouveau canon qui fait feu
- Agaga (Épée à une main) : 18+1d10 dégâts ; 13 parade ; Rapide, Précise, Perforante (2) ; +1 INI
- Cocktail Molotov (x4) : Dans un rayon de 1m, toute personne qui est touchée par la bouteille prend trois états de « Enflammé ». Dans un rayon de 2m, c'est 2 états seulement. Dans un rayon de 3m, un seul état.

- 15 balles et poudres

- Tenue de cultiste de Nurgle : 5 protection ; Tout le corps sauf tête

- Anneau d'Ulgu : Lorsque porté, vous pouvez faire croire à ceux qui vous entourent que vous êtes un humain lambda (sans mutation aucune ni trait particulier) pendant 1 heure. Vous ne pouvez utiliser cette capacité qu’une fois par jour. Vous ne pouvez pas prendre l’apparence d’une personne en particulier.

- Miroir de la Demoiselle d'Acques
- Cor de la harde des Museaux Annelés
Équipement divers :

- Marque de Nurgle
- Caresse de la vipère (poison) : Un sujet blessé par une arme enduite de ce venin doit réussir un jet d'END-4 sous peine de mourir dans END minutes. Chaque minute avant sa mort, le sujet subit 5 points de dégâts non sauvegardables, et un malus cumulable de 2 à ses caractéristiques.


- Couverts en bois
- Sac à dos
- Couronnes dentaires en bois
- Tatouages
- Porte-bonheur

- Sap-biscuit

- Costume de répurgateur + Fleuret (Déguisement)
Divers divers :

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[MJ] La Fée Enchanteresse
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Re: [Warhammer 40k] L'effet de Coriolis

Message par [MJ] La Fée Enchanteresse »

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La navette amorçait sa descente, et offrait une vue terrifiante sur la Cité-Raspail, une des innombrables forteresses féodales à millions d’habitants qui couvrait la surface continentale principale de Malfi… Le spectacle était saisissant, même si typique des mondes-ruches de l’Imperium : d’immenses constructions, des statues de saints grandes comme les montagnes, des blocs d’habitation à milliard de loupiotes et de lumières, de la pollution, des tours de refroidissements de réacteurs, des kilomètres de canalisations pour les eaux propres et usées et la circulation de l’air respirable. Voilà, la vie de millions d’âmes, soumises à la volonté de quelques milliers de nobles habitant la flèche principale.

Malfi était une planète fort ancienne. Elle avait été colonisée par l’Humanité au temps du Moyen-Âge Technologique, puis abandonnée de tous, ignorée de l’Empereur même, et conquise uniquement par les forts moyens du maréchal Golgenna Angevin — puis de Saint-Drusus le pacificateur. Mais ça, on ne le savait que lorsqu’on avait une éducation correcte, quand on était un aristocrate de ce monde curieux de sa généalogique. Solidement, depuis maintenant deux millénaires, Malfi avait été transformée en un monde productif, richissime, ultra-peuplé, dirigeant tout un sous-secteur — la deuxième planète la plus importante de toute l’étendue de Calyx, les éternels seconds jalousant férocement la place bien prépondérante de Scintilla… Vingt-trois milliards d’habitants vivaient pour l’heure pour assurer la grandeur du sous-secteur Malfien. Quand Enkidu avait déjà vécu ici par le passé, il avait été choqué du déploiement de luxe de l’aristocratie — animaux exotiques et dangereux, haute-coutures de tissus d’origines Xénos, artefacts d’art achetés dans les mondes païens de l’étendue de Koronus, stupéfiants excessifs et aliments mobilisant toutes les papilles de la langue… Mais il suffisait de regarder par la fenêtre, à travers les nuages de pluies acides, pour savoir qu’est-ce qui permettait un tel déploiement de richesse. Si la planète d’origine d’Enkidu était heureuse de produire vis et écrous pour la Dîme, Malfi payait son dû en millions de tonnes de produits manufacturés, des pommeaux de douche aux véhicules blindés Jaguar, sans oublier, sans doute plus important encore, les dizaines de régiments militaires levés annuellement de la Gendarmerie Malfienne, afin d’aller mener les guerres de l’Imperium.

Les mondes de l’Empereur étaient innombrables et infinis. Mais il était difficile de ne pas se rendre compte, vu depuis l’espace, surtout après avoir visité tant d’autres mondes, qu’on était là sur une planète d’importance capitale.

Il faisait nuit. Dans le ciel se reflétait l’immense lune-agricole de Gallowglass, et les scintillements de dizaines de vaisseaux spatiaux qui approchaient des diverses stations portuaires construites si haut qu’elles grattaient le ciel.



Il était étonnant qu’un pénitencier soit desservi par une escale de navette. De prime abord, cela n’aurait pas paru pour être un endroit touristique nécessitant un arrêt spécial. Mais Enkidu n’ignorait pas l’importance économique que représentaient les prisons — l’Imperium ne gâche pas, et ne garde jamais enfermés indéfiniment qui que ce soit. En réalité, le pénitencier était couplé avec le tribunal, l’endroit où l’Adeptus Arbites rendait la justice de la Lex Imperialis — Malfi avait sa propre loi et ses propres tribunaux pour les crimes concernant uniquement la planète, mais lorsqu’un crime touchait aux préceptes sacro-saints de la Loi dictée par Dieu lui-même, ou ses serviteurs des organismes de l’Adeptus Terra, du Ministorum et du Mechanicus, les problèmes étaient tout autres. L’Adeptus Arbites pouvait évidemment garder des détenus temporaires plusieurs années ou décennies le temps de les interroger et de procéder à l’instruction de leurs délits, mais une fois la sentence ordonnée, il fallait vite remettre les détenus à l’utilité générale : colonie de travail, chiourme de vaisseau, légion militaire pénale, transformation en servitor. Lorsque les Arbitres étaient saisis d’une affaire, il n’était plus question de réhabilitation ou d’aménagements de peines — il y avait une dette à rembourser à l’Imperium, et seulement pour les crimes les plus impardonnables, ou si le prévenu n’avait plus aucun moyen physique ou mental de contribuer, lui accordait-on une peine de mort en bonne et due forme — souvent une peine de mort humiliante, publique, lente et douloureuse d’ailleurs, même si un inculpé qui implorait assez les juges, en pleurant et en s’urinant dessus, obtenait généralement un retentum qui abrégeait le calvaire… Toujours est-il : le pénitencier était un lieu de vie, où clercs, greffiers, témoins, enfants en visite scolaire devaient s’arrêter pour visiter les lieux.


La navette s’arrêta sur une grande estrade en hauteur, donnant après la descente d’un colossal escalier sur une place ouverte juste devant une statue de Sainte-Kernamel. De ce qu’Enkidu avait retenu, dame Kernamel était une Arbitre de l’Adeptus Arbites ayant vécu il y a sept cents ans, connue pour avoir mené plusieurs rafles bien organisées et des condamnations en masse contre quantité de gangs criminels et d’hérétiques, y comprit une planète qui avait pactisé avec une race de Xénos. Pleine de miséricorde, la juge Kernamel n’avait fait tuer que les parents par crucifixion, et épargné les enfants afin qu’ils soient rééduqués et élevés dans la bonne foi Impériale. Parce qu’elle avait survécu à quatre tentatives d’assassinat, et avait fait le miracle de la confession pleine et entière (Personne qu’elle ne soumettait à la question ne résistait à l’envie de confesser ses crimes…), elle avait été canonisée après une enquête de treize années par l’Adeptus Ministorum, et passait pour une sainte-patronne des magistrats, des greffiers, et des agents de la voie publique (Elle avait commencé sa carrière en tant que simple contractuelle de la voirie…).
Les trois dames se levèrent de leurs banquettes, et attrapèrent leurs valises et leurs affaires. Dzinin avait amené beaucoup trop de bagages, et avait de trop petits bras pour toutes les porter. La noble de vaisseau devait être habituée à avoir des serviteurs, pourtant, elle vivait sur le vaisseau de la Noble-Marchande complètement isolée… Livia van Strafe faisait elle tenir toute sa vie dans un gros sac militaire, une sacoche banane et une mallette, aussi elle offrit un peu d’aide à la plus âgée des deux psykerettes. Enkidu se rendit compte que cela faisait bien longtemps d’ailleurs qu’il pouvait voyager sans trop de gardes et de valets autour. Même si, sur Neustralia, on lui avait laissé une très grande liberté d’action, il était étrange de ne pas deviner dans l’embrasure d’une porte la casquette d’un commissaire de marine, et de son pistolet-bolter à la ceinture, au cas où un sorcier se mette à hurler des balivernes et faire d’étranges choses…



La grand-place qui menait à la statue de Sainte-Kernamel avait du monde, mais était étrangement calme. Ce n’était vraiment pas l’endroit, dans l’ombre des juges de l’Empereur, où on allait voir des marchands à la sauvette et des colporteurs en tout genre. Il y avait pourtant quelques stands improvisés, avec des tables et des nappes, de personnes moroses et grisâtres — sur leurs pancartes devant, il y avait des symboles de balances et de feuilles de papiers. Il s’agissait d’écrivains publics, pratique pour les Malfiens qui ne savaient ni lire ni écrire et qui avaient besoin de comprendre un acte d’inculpation ou rédiger un formulaire pour rendre visite à quelqu’un de la famille qui était actuellement reclus, ainsi que des avocats à la journée : en échange de quelques pièces ou d’un chèque, on pouvait demander à un défenseur public de rapidement lire son dossier et d’émettre une requête ou une minute aux Arbitres. Qui osait prétendre que l’Imperium ne tenait pas des procès justes et réguliers ? Ces avocats à la journée pouvaient, à la longue, coûter très cher, mais ils pouvaient faire la différence entre une peine de servitude perpétuelle (Lobotomisé et transformé en servitor) et de déportation à but correctif indéfinie (Versement dans une colonie pénale sur une planète-goulag).


Pour entrer dans le tribunal, on devait passer sous deux immenses portes si larges qu’on aurait pu y faire passer une locomotive. Ensuite, des barrières gardées par des cyber-mastiff, d’immenses chiens à la gueule robotisée, et des Arbitres aux fusils à pompes chargés, menaient jusqu’à des portiques couplés à des détecteurs de métaux. Il y avait une petite foule, et de bonnes files d’attente, aussi, Livia décida d’aller voir directement un des Arbitres avec le plus de galons sur le col pour lui remettre ses cyber-idents estampillés du « I » de l’Inquisition, qui allaient servir de pass VIP fort commode — surtout quand on se disait que les biduliers portés par les servantes de l’Inquisition risquaient d’attirer mille interrogateurs…

Les trois furent invitées à aller dans une pièce sécurisée à part, vite escortées par quantités de bonhommes solidement équipés, blindés et armés. Ce n’était pas le moment de faire une blague, même si visiblement, Livia avait l’air d’avoir très envie. Elle fit du mauvais esprit quand un capitaine de la garde l’invita à s’asseoir dans la petite cellule d’interrogation aux vitres sans-teint, et voilà qu’on laissa les trois toutes seules, probablement espionnées, filmées et identifiées pendant toute l’attente.

Heureusement, ce ne fut pas long, probablement quand un pauvre vigile authentifia les informations classifiées et couvertes d’effaceur noir de Livia. La porte se rouvrit pour qu’arrive un Arbitre en uniforme militaire de juge, un homme obèse, chauve, mais couvert de médailles et aux galons à chevrons et étoiles. Il claqua des bottes, fit un salut, et se présenta avec une voix grave et sèche :

« Messeigneuresses. Bienvenue sur Malfi. Nous avons été… Informés très promptement et très récemment de votre venue…
Je suis le substitut du procureur général Frenkois Sylvanez, Adeptus Arbites. Je… J’ai été informé par monsieur le procureur général que je vais vous donner accès au pénitencier général. Je me tiens à vos ordres. »

Il tendit sa main gantée d’acier, grasse et musclée, si bien que sa robe militarisée de procureur se tira pour afficher des débuts de tatouages sur son biceps, qui représentaient des têtes de mort et des couteaux. Pourtant, la main de ce vieil homme vétéran, gras et fort… Tremblotait. Il tendait en fait ses papiers d’identité, histoire de redonner la pareille à l’Inquisition, qui ne devait vraiment pas aimer être investiguée par d’autres cellules de l’Imperium. Livia attrapa les papiers d’identité du juge, les tendit à Dzinin, et l’étrange dame flippante à grand chapeau de métal regarda intensément. Avec un petit sourire, Livia expliqua :

« Ma très chère collègue est hypermnésique. »

Elle ne s’embêta pas à expliquer le mot trop compréhensible pour un magistrat. Dzinin redonna les papiers à Livia, qui les tendit à monsieur le substitut du procureur, à présent très pâle.

« Si messeigneuresses veulent bien me suivre… »

L’escorte était passée d’une douzaine d’arbitres en armure armés de gros fusils à pompe à seulement deux en uniforme avec un pistolet au holster — déjà plus appréciable. Le substitut s’embêta même à demander :

« Messeigneuresses désirent-elles les services du tribunal ? Des rafraîchissements ?
– Nous désirons que l’on s’occupe de nos valises et bagages, et qu’on nous offre le couvert.
– Tout ceci sera fait, évidemment. »

Il claqua des doigts à un de ses subalternes, qui claqua des bottes et salua. Il ne fallut pas plus d’explications pour qu’on déplace des servitors et des fonctionnaires du tribunal-pénitencier afin de délester les trois drôles de dames de leur barda.

La petite troupe continua jusqu’à une sorte de petit véhicule à chenilles, une sorte de gros porte-palette de luxe avec une remorque qui débordait de dossiers et de piles de papiers. Ainsi, en seulement quelques minutes, Enkidu assise vit défiler devant elle les envers kafkaïens du tribunal : les avocats qui courraient partout, les archives qui débordaient à en craquer de procès-verbaux et de dépositions, les familles apeurées de prisonniers qui, perdus, demandaient de l’aide à un servitor visiblement peu coopératif… Un prisonnier, sorti d’un box de tribunal, était en train de marcher à quatre pattes, tenu par un Arbitre grâce à un gros collier à son cou. Et, près de la pièce, il y avait une large vasque d’or où l’on avait fait un bûcher : les greffiers y jetaient pas dizaines et dizaines des livres, des papiers, des rapports, soit par volumes entiers, soit en arrachant certaines pages spécifiques qu’ils offraient aux flammes — deux cents mètres plus loin, sans qu’on comprenne trop pourquoi, une soixantaine d’autres greffiers rédigeaient sur leurs machines-à-plumes des copies d’autres minutes dactylographiées, cette fois-ci pour solennellement les enregistrer et les relier contre des cahiers. Il y avait même, derrière un grillage, un scriptorium où quelques nonnes religieuses préparaient des enluminures d’ouvrages savants sur le droit, décorant de peintures à paillettes d’argent des scènes de l’histoire religieuse de la Lex imperialis la loi divine du Dieu-Empereur, et les codes rajoutés par la suite par mandats des Hauts-Sires de Terra et jurisprudences ne se contredisant jamais des prévôts-généraux de l’Imperium…


La scène se militarisa quand on quittait les sections administratives du tribunal pour passer dans le pénitencier. Il fallait faire deux arrêts pour passer devant deux sas blindés, en étant surveillé tout le long par des caméras de sécurité et des scanners à laser. Puis, on détacha la remorque, et le petit véhicule à chenille entra dans un ascenseur. Il y eut du bruit de métal, des câblages qui se ravalèrent, un tonnerre de fracas d’acier, pour qu’enfin, une porte blindée d’acier devant un mur de béton armé ne se déplace à la force de bras de servitors pour faire découvrir la cour du pénitencier…


C’était un panoptique immense. Au-dessus des têtes, le toit semblait s’élever jusqu’à peut-être cents mètres en hauteur. Au centre, une grosse colonne de fer, avec des projecteurs et des tourelles amovibles affûtées de doubles-mitrailleuses lourdes. Tout autour, le long de la surface, des centaines et des centaines de cellules aux portes blindées, et à la vitre blindée sans teint afin de pouvoir observer tous les détenus sans être vu en retour. 20 étages d’escaliers étaient reliés à des montes-charges individuels, et crénelés d’épais filets barbelés anti-suicide. Livia sifflota :

« Bon sang… ça doit être une logistique. Vous pouvez loger combien de personnes ici ? »

Le substitut du procureur tordit ses lèvres :

« Chaque bloc circulaire est composé de 35 000 cellules individuelles et nous en avons six dans notre pénitencier, toutes indépendantes, avec leur propre réseau pour les déchets, les eaux, et des travées et circulations pour l’arrivée des repas. En cas de rafles massives, comme lors des crises ou des guerres civiles, une cellule peut comporter jusqu’à trois personnes. Nous pourrions théoriquement détenir plus d’un demi-million d’individus.
Évidemment, en cas de crise massive, dans l’histoire Malfienne, on a préféré réquisitionner des stades et des arènes pour servir de centres de détention massifs, mais disons que le pénitencier assure sécurité et optimisation de surveillance. Personne ne peut sortir d’ici. Nos détenus n’ont ni promenades, ni bâtiments annexes — ils sont prévus pour être entièrement retenus dans leurs cellules individuelles sans possibilité de sortie pour aucun prétexte. Souvent, beaucoup finissent par désirer être déportés dans des colonies de travail, où au moins ils ont des moments de liberté… »

Il disait ça avec un grand sourire.

Le groupe alla à pied près d’un des petits ascenseurs. Il fallut bien se serrer : l’ascenseur faisait tout juste rentrer huit personnes, ou quatre avec un chariot pour les repas ou un brancard pour les malades. C’était un ascenseur ouvert, et avec une vue directe sous la menace des mitrailleuses, histoire de prévenir définitivement toute évasion…

Le substitut arriva jusqu’à une des cellules, après avoir marché cinq minutes. Il désigna la fenêtre.

« Le prévenu Räzell est ici. »

Sur la porte blindée de sa cellule, il y avait une plaquette en bois avec un rapport rédigé à la plume d’un servitor, montrant le dernier relevé de santé, bilan sanguin, et observations particulières du prisonnier — si Enkidu l’attrapait, il pourrait voir que la tension était très élevée, que monsieur Vincenze Räzell souffrait de sevrage de plusieurs stupéfiants pour lequel il était volontairement torturé par des sous-doses d’accompagnement médical, qu’il était déclaré végétarien et qu’il avait donc exceptionnellement de l’ajout de viande dans ses repas pour la tension psychologique, et qu’apparemment une rage de dents suite au développement d’une carie était inquiétante. Par la fenêtre, on découvrait un petit homme hirsute, maigrelet, couvert d’une épaisse barbe, caché dans un coin avec son pyjama de papier orange et ses pieds nus. Il n’avait plus d’ongles, ni aux orteils ni aux doigts — on les lui avait apparemment arrachés durant un interrogatoire. Ses mains avaient été attachées dans son dos, et il était forcé de se retrouver emprisonné en position accroupie, en squat. Un simple matelas dans un coin sans oreiller ni couvertures, et des toilettes turques couplées à une douche dans un autre coin étaient ses seuls biens, en plus d’une caissette plastique où se trouvaient probablement ses quelques affaires de survie. Livia fit la moue :

« Pourquoi est-il attaché ?
– Le prévenu Räzell fait l’objet d’attentions particulières car il refuse de dévoiler les noms de ses complices depuis maintenant six semaines. Il est surveillé et interrogé quotidiennement.
C’est un véritable gangster. Les Camelots de la Reine, dont il fait partie, sont un cartel criminel terriblement violents qui ont été désignés comme priorité judiciaire, tant par l’Adeptus Arbites que par la Matriarche-Suprême de Malfi. Il est donc dans notre intérêt de le faire parler vite. »

Quand Enkidu était sous forme d’homme sur Malfi, pourtant, les Camelots de la Reine étaient soutenus par la Matriarche. Leur nom même était volontairement équivoque ; ils s’étaient constitués comme un groupuscule extrémiste, ultra-patriote et ultra-monarchiste, qui ne tuait que les ennemies de la reine de Malfi. Beaucoup étaient d’ex-membres de la Légion de Protection Civile, ou des auxiliaires de police, des pompiers… Ils devaient avoir fait quelque chose, commis une erreur ou un scandale de trop, pour être désignés comme ennemis et ainsi combattus. Mais ça ne durerait probablement pas longtemps. Les cartels mafieux sur Malfi n’arrêtaient pas de changer, entre être activement combattus ou simplement ignorés par les pouvoirs nobiliaires en place. Tout n’était que question d’équilibre et de discipline…

Livia, un poing sur la hanche, pérora :

« Vous pouvez vous éloigner, monsieur le substitut. Nous souhaitons une discrétion entière… »

Le substitut fit un signe à un de ses Arbitres, qui s’approcha de la vitre, et fit tourner une molette ; ainsi, la luminosité se réduisait, et il devenait maintenant impossible de voir ce qui se passait à l’intérieur. Le même Arbitre tendit ensuite à Livia une paire de clés retirées d’un de ses trousseaux de ceinture qui en comptaient quelques dizaines — probablement les clés de la cellule et des menottes de Räzell. Enfin, les autorités s’éloignèrent, laissant les trois dames seules.

« Hé bah, pauvre gars…
Nous avons besoin de le convaincre de travailler pour nous, ce qui ne sera vraiment pas dur, vu les traitements qu’il a subit. Mais surtout, nous avons besoin d’obtenir de lui toutes les informations qui sont nécessaires à notre travail dans la Cité-Raspail…
…Enkidu, veux-tu t’en charger ? »
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Reinhard Faul
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Re: [Warhammer 40k] L'effet de Coriolis

Message par Reinhard Faul »

Malgré tout le sérieux de sa mission, Enkidu passa la fin de son voyage en navette jusqu’à Malfi le nez collé au hublot. Pour la première fois, elle voyait des océans, des nuages, puis une cité-ruche vue du dessus. Et que c’était plaisant d’arriver enfin  ! Sa vie s’était réduite à dormir, s’entraîner et prier pendant des mois, respirant un air recyclé des milliards de fois. Maintenant, son regard pouvait porter jusqu’à l’horizon improbable que créait la prison.

La navette s’arrêta en haut de gigantesques escaliers, donnant sur une tout aussi monumentale statue de Sainte-Kernamel. Machinalement, Enkidu s’inclina et accorda une brève prière à l’ancienne Arbitre tandis que ses deux collègues se répartissaient les affaires de Dzinin. La jeune sorcière imagina que celle-ci avait besoin de beaucoup de valises pour stocker ses impressionnantes robes de soirée. Les regards que son allure attirait ne semblaient pas la déranger. C’était son problème. Dans les mondes vastes et innombrables de l’Empereur, difficile de rester culturellement pertinent. Enkidu avait opté pour des vêtements bruns sans apprêt, mais qui séchaient vite et qui s’assortissaient très bien avec son épée, son pistolet, son lasgun et son armure. Ses cheveux étaient relevés en un chignon strict, et cachés des regards concupiscents par une espèce de petit bonnet blanc. Elle espérait que son apparence ne détonne pas trop, sans savoir si elle y était réellement parvenue. C’était la première fois qu’on lui donnait des ordres aussi compliqués.

Le groupe se dirigea vers l’intérieur de la prison proprement dit, les deux acolytes les plus expérimentées prenant la direction du groupe. Enkidu se contentait de suivre, en prenant l’air sérieux. C’était la première fois qu’elle voyait quelqu’un présenter de la paperasse siglée par l’Inquisition, et l’effet fut immédiat. On les guidait là où elles voulaient aller sans broncher. Ici, maintenant, au milieu des cybermastiff et des uniformes intimidants, la menace c’était les trois femmes. La jeune Psyker ne se sentait pas à l’aise dans son rôle. À la place du substitut du procureur, elle aurait sans doute pleuré.

Essayant d’oublier sa peur, Enkidu s’efforça de se concentrer sur la mission : rentrer, proposer le deal de sa vie à un criminel et lui poser des questions. Être sérieuse, officielle, concentrée. Découvrir comment se faire passer pour une mafieuse afin de trouver un mystérieux assassin, possiblement corrompu par le Mal. Elle essayait de se concentrer mais était sans cesse distraite par le décor incroyable qui se déroulait sous ses yeux.

Enkidu savait ce qu’était un tribunal, un criminel, une prison… dans la théorie. Vaguement. Elle n’était pas idiote et comprenait l’intérêt de transformer un citoyen nuisible en élément utile. Mais jamais n’aurait-elle pu imaginer ça comme une gigantesque bibliothèque avec des familles entières y vivant, des dizaines du membre du Culte travaillant sur les Servitors fraîchement fabriqués, et les centaines de milliers de domestiques, matériel et machines les accompagnant partout. Et plus on s’enfonçait dans le bâtiment de la taille d’une petite montagne, plus le décor devenait incompréhensible. Ça ressemblait au Redoutable Ravel, sans le bruit, les odeurs chimiques et le petit fond d’angoisse inhérent aux voyages stellaires. La jeune femme apprécia presque les moments que le petit groupe passa au milieu des scribes. L’odeur d’encre et le calme lui plaisaient. La multitude de symboles religieux assurait que l’on œuvrait pour le bien.

Néanmoins, plus les Acolytes s’enfonçaient dans la prison, plus les choses prenaient une tournure glauque. Enkidu savait garder un visage de marbre dans des circonstances difficiles, mais avait secrètement envie de hurler en passant devant les portes blindées des cellules. Certains instruments et procédés, elle les connaissait trop intimement. Elle se sentait humiliée d’avoir été rabaissée au même état qu’un vulgaire criminel au cours de sa vie en plus d’avoir peur d’y retourner. C’était les moments où il fallait serrer les dents et se rappeler qu’elle était en dette face à l’Empereur…

La jeune femme fut surprise quand le voyage s’arrêta et que le petit groupe fut face à un Vincenze Razell en fort mauvaise posture. Enkidu avait quasiment oublié pourquoi elle était là. Pourtant, sans avoir jamais parlé à cet homme, elle le connaissait déjà très bien. Membre des Camelots de la Reine, a une petite sœur, criminel endurci ayant même tué un Archiprêtre, mais doté de son propre sens de l’honneur… c’était la magie des dossiers. Ces centaines de personnes qu’elles avaient entraperçu travaillant sans relâche à rédiger et rechercher des informations sur le moindre individu… personne n’était oublié. Maintenant qu’elle était du bon côté du système de surveillance de masse, Enkidu se sentait quasiment soulagée de trouver confirmation à ses craintes paranoïaques. Il y avait bien un dossier, des agents œuvrant secrètement dans l’ombre pour noter ses pensées les plus secrètes. L’inquisitrice elle-même connaissait toute sa vie, tout mieux qu’elle-même, et lui avait pourtant laissé toucher ses nichons ! Oh bon sang. C’était passé au second rang cette histoire, surtout parce qu’elle ne pouvait en parler à personne et avait peur d’y penser trop fort. Mais c’était arrivé. Elle avait tripoté un téton choisi par l’Empereur lui-même, sans doute la chose la plus extraordinaire qu’elle ferait de toute sa misérable vie. Avant ça, elle n’avait jamais ne serait ce que tenu la main à quelqu’un de sa propre initiative, sans calcul derrière. C’était comme si on lui avait dynamité le cerveau.

« …Enkidu, veux-tu t’en charger ?

Euh… Oui ! Oui oui, bien sûr. »

La concernée ne voulait pas avoir l’air peureuse ou sensible face à un criminel, et bondit littéralement pour l’interroger. Si elle voulait revoir l’Inquisitrice et qu’elle lui… lui dise des choses, elle devait apprendre d’un criminel aux ongles arrachés. Elle rentra dans la cellule misérable, le menton haut, et annonça :

« Bonjour criminel Razell. Nous souhaitons monter un trafic de drogue et infiltrer les Masqués, et nous aurions besoin de votre collaboration pleine et entière pour cela, de vos connaissances et de vos contacts. Quant à notre identité, nous sommes les gens susceptibles de vous faire sortir d’ici pour de bon. Qu’avez-vous à répondre à cela ? »
Natus est cacare et abstergere coactus est.
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Lien Fiche personnage: Ici

Stats :
Voie du sorcier de Nurgle (Profil avec empreintes occultes et mutations)
For 9 | End 14 | Hab 10 | Cha 6 | Int 15 | Ini 10 | Att 10 | Par 9 | Tir 9 | Foi 8 | Mag 18 | NA 3 | PV 140/140

Mutations/marques :
Nuages de mouches : -1 ATT/PAR/TIR/INI pour toutes les personnes à moins de 6m
Plaies suppurantes : 1d3 dégâts retranchés à chaque blessure
- Morsure Venimeuse : Poison hallucinogène
- Hideux (Effet : Peur)
- Organe du Chaos (-1 CHA/HAB, +1 END, +5 PV)
Pourriture de Neiglish : Porteur sain
Protection de Papy : 2d4 PdC à chaque critique en incantation
Grimoire :

- Lumière : À appliquer sur un objet ; Fait de la lumière pendant 1h
- Flammèche : Petite étincelle au doigt pendant une minute
- Météo : Connaît la météo prochaine
- Repos : Peu faire se détendre quelqu'un

- Infestation de Nurglings : 24m / 1d4 tours / Projectile magique. Une fois qu'une personne est touchée, elle subit 10+2d10 dégâts magiques par tour / Dès la fin du sortilège ou la mort de l'ensorcelé, des bubons explosent, libérant 2d3 amas de chair, qui sont autant de nurglings
- Fontaine putride : 6m / Instantané / 30+2d10 dégât devant lui + gain de 7 armure temporaire magique / +5 dégât par point de MA
- Gerbe corruptrice : 12m / 10+1d10 dégât dans une zone de 6m, esquivable ; métal rongé après 1d4 tours / -1 esquive par MA

- La multitude fait le tout : Se change en nuée de mouches
- Prodigieuse santé : Contact / Devient ultra bogosse et ultra chad
- Grande invocation de petits amis : Invoque des insectes pour servir d'ingrédients
- Immonde messager : Peut envoyer des messages twitter (Caractères limités)
- Allégresse fétide : Supprime toute douleur mentale ou physique
- Divine urgence : Force la cible à faire un jet d'END. Diarrhée en cas d'échec.
- Paludisme dévorant
- Vent de Nurgle
- Torrent de corruption

- Invocation : Nurglings
- Invocation : Bête de Nurgle
- Invocation : Porte Peste
- Octogramme de conjuration
Compétences :
- Résistance accrue : +1 END aux jets testant la résilience physique (Fatigue, drogue, alcool, torture...)
- Vol à la tire : +1 pour escamoter quelque chose
- Baratin : +1 pour endormir la vigilance de quelqu'un
- Déplacement silencieux : +1 pour fureter quelque part
- Déguisement : +1 pour s'infiltrer en étant déguisé
- Alphabétisation
- Autorité
- Humour
- Empathie
- Coriace

- Sens de la magie : Sur un test, détecte les événements magiques
- Incantation (Domaine de Nurgle)
- Maîtrise de l'Aethyr (Nurgle) : 3
- Contrôle de la magie
- Divination (Oniromancie) : Sur un test au cours de son sommeil, peut découvrir la destinée de certains personnages
- Langue hermétique (Langue Noire) : Parle la langue immonde du Chaos
- Confection de maladies : Peut fabriquer des maladies communes et rares
- Connaissance des démons
Équipement de combat :
- Bâton démoniaque : 2 mains ; 10+1d8 dégâts ; 8 parade ; Assommante & Utilisable seulement par les classes magiques. +1 PAR
- Pistolet à répétition : 46+1d8 dégâts, malus -2 TIR/8 mètres, peut tirer cinq fois à la suite avec un malus de -1 TIR par chaque nouveau canon qui fait feu
- Agaga (Épée à une main) : 18+1d10 dégâts ; 13 parade ; Rapide, Précise, Perforante (2) ; +1 INI
- Cocktail Molotov (x4) : Dans un rayon de 1m, toute personne qui est touchée par la bouteille prend trois états de « Enflammé ». Dans un rayon de 2m, c'est 2 états seulement. Dans un rayon de 3m, un seul état.

- 15 balles et poudres

- Tenue de cultiste de Nurgle : 5 protection ; Tout le corps sauf tête

- Anneau d'Ulgu : Lorsque porté, vous pouvez faire croire à ceux qui vous entourent que vous êtes un humain lambda (sans mutation aucune ni trait particulier) pendant 1 heure. Vous ne pouvez utiliser cette capacité qu’une fois par jour. Vous ne pouvez pas prendre l’apparence d’une personne en particulier.

- Miroir de la Demoiselle d'Acques
- Cor de la harde des Museaux Annelés
Équipement divers :

- Marque de Nurgle
- Caresse de la vipère (poison) : Un sujet blessé par une arme enduite de ce venin doit réussir un jet d'END-4 sous peine de mourir dans END minutes. Chaque minute avant sa mort, le sujet subit 5 points de dégâts non sauvegardables, et un malus cumulable de 2 à ses caractéristiques.


- Couverts en bois
- Sac à dos
- Couronnes dentaires en bois
- Tatouages
- Porte-bonheur

- Sap-biscuit

- Costume de répurgateur + Fleuret (Déguisement)
Divers divers :

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[MJ] La Fée Enchanteresse
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Re: [Warhammer 40k] L'effet de Coriolis

Message par [MJ] La Fée Enchanteresse »

« Ligne 4. Prochain arrêt : Place des Hauts-Tanneurs. »

La voix d’une femme grésillait dans le micro de la ligne maglev. Elle était douce et calme, et tranchait avec le roulis métallique des essieux qui résonnait dans tout le compartiment. Assise sur une vieille banquette inconfortable, Enkidu était entourée de monde — des greffiers, des étudiants, monsieur et madame tout le monde se tenait dans un coin, en toussotant, en regardant quelque chose sur sa tablette de données, en discutant à voix basse. Régulièrement, la ligne maglev s’arrêtait, les portes s’ouvraient, le brouhaha du quai tapait dans les tympans et certains montaient quand d’autres descendaient. Une fois, il y eut une correspondance, et la petite équipe dû marcher le long de longs tunnels surveillés par des picto-enregistreurs et des gardes de la ruche qui patrouillaient avec des chiens.

On s’engouffrait petit à petit, de gare en gare, de ligne en ligne, jusqu’à s’enfoncer petit à petit dans des tunnels de moins en moins entretenus. La population ne désemplissait pas, mais les robes de bure et les costumes simples étaient remplacés par des bleus de travail et des pantalons troués. Les petits commerces de garde se métamorphosaient en kiosques de libre-service, puis, en locaux fermés et cadenassés. Les patrouilles de gardes se raréfiaient, et les affiches de propagande collées fièrement aux murs donnaient maintenant lieu à des exposés de tags et graffitis en tous genres. Même l’air changeait — celui aseptisé et légèrement adjoint de tranquillisants devenait maintenant lourd, et très nettement recyclé. La sous-ruche Raspail offrait ses quartiers les plus médiocres…

Räzell s’était remis. Si lors de la première correspondance il n’avait cessé de traîner de la patte et se retrouvait à s’étaler contre le mur pour continuer à marcher, il était à présent capable de suivre un rythme au pas acceptable. Il semblait être habitué aux traitements que lui avaient réservé les Arbitres, au moins un minimum pour ne pas être en pleine crise de panique. Intelligemment, il avait accepté de la boucler et de suivre les trois étranges dames qui l’avaient détourné, mais parfois, il lançait à droite ou à gauche un regard, qui expliquait pourquoi Livia semblait particulièrement à cran, et souvent la main à la ceinture — elle devait craindre qu’il ne tente stupidement de courir et de s’échapper, malgré le mélange de menaces et de promesses d’Enkidu. Quant à Diznin, elle se contentait de s’asseoir silencieusement en regardant droit devant elle ; par on-ne-sait quel sortilège, jamais personne ne souhaitait s’asseoir près d’elle, et en fait, le compartiment de la ligne maglev dans lequel les filles se trouvaient devenait assez épars lorsque la sorcière y entrait. Était-ce son étrange masque vissé et fermé sur son crâne, ou autre chose qui semblait indiquer aux badauds de détourner le regard ? Cela faisait son petit effet, mais ce n’était pas bien discret…

Enkidu, à jamais dirigée par la mission, décida de s’approcher de Räzell, et de lui poser, sèchement et directement, quelques questions sur ce qui devait les attendre là où ils se rendaient. Le criminel osa à nouveau se requinquer en offrant un sourire de canaille. Avachi contre la fenêtre du compartiment, il commença à pérorer :

« Le Torrent, là où vous avez décidé qu’on devait aller, est probablement l’arrondissement le plus criminogène de toute la cité Raspail. Je dirais pas le pire, parce qu’au moins il y a de l’électricité et des transports en commun pour aller travailler ailleurs, mais c’est pas un endroit où il fait bon vivre quand on a les moyens de se permettre un meilleur sort. Pour la majorité de ses habitants, c’est la seule chose qu’ils connaîtront de toute leur existence… »

Il disait ça en regardant Enkidu de côté, et en passant son regard de ses pieds à sa tête. Il essayait étrangement de l’évaluer — peut-être se disait-il qu’elle devait faire justement partie de ces gens qui ne savaient pas ce que c’était, de vivre dans les étages les plus bas d’une ruche ?
Son manège n’avait pas de quoi impressionner la psyker, qui se contenta de semi-poser une question simple tournée sous la forme d’une affirmation :

« Le nom du quartier, le Torrent, ce n’est pas la terminologie officielle de l’Administratum ? »

Il acquiesça, alors que le train maglev sortait d’un tunnel pour découvrir le cœur de la cité Raspail…
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Une immense citadelle de fer, de béton, de vieilles structures en pierre sur laquelle on avait bâti des bidonvilles en tôle. Des immenses treuils en bois côtoyaient des tourelles d’acier, des lignes d’électricité sauvages et illégales avaient été branchées sur des transformateurs estampillés de l’écrou du Culte Mechanicus. Sur les toits, on apercevait des décharges à ciel ouvert, des tas de matelas ou d’anciens postes de télévision entassés avec des boîtes de conserves et des foules de plastique que des enfants étaient en train de récupérer à la pelle pour servir de carburant pour des fours sauvages qui encrassaient l’air de sa fumée. Et surtout, il y avait, partout, de la flotte : des conduites, des canalisations, des bouches d’égout, de la plomberie s’élevait partout dans le ciel en formant une sorte d’immense toile de plomb oxydé et de zinc rouillé. Peu étanches, ces antiques colonnes suintaient d’eau, si bien qu’une pluie permanente semblait perler sur le quartier, en même temps que, au fond de la sous-ruche, tout en contrebas, on devinait une sorte d’immense masse humide et couverte de vagues — Raspail avait été construite sur un lac pas tout à fait asséché, il y a des siècles et des siècles, bien avant même l’arrivée de Drusus et de l’Imperium dans le secteur Calixis…

Zone d’Unité Urbaine RP-HAB-5-X, désigné « Sainte-Kernamel-Vigilante ». Population estimée à 167 000 habitants. C’était les chiffres officiels du briefing enregistré sur la tablette de données. Mais Vincenze Räzell donnait une explication à sa manière…

« Le Torrent est ce qui fait survivre la cité Raspail. C’est son cœur, et son anus. Je dis pas ça pour être vulgaire — on surnomme le quartier ainsi parce qu’il garde toutes les stations d’épuration, les canalisations, les châteaux d’eau qui permettent d’approvisionner jusqu’aux flèches de la haute-ville — et à l’inverse, en contrebas, on reçoit les eaux usées, domestiques et d’industries. Par proximité, se sont développées dans le Torrent des serres, et puis des pêcheries pour les fous qui descendent jusqu’au gouffre, au milieu du lac, pour aller tenter de chasser des pieuvres et des poissons qu’ils pourront vendre ; les pauvres préfèrent manger algues et anguilles.
J’espère que vous faites pas de rhumatismes, madame, parce que ici il fait toujours humide. À la saison chaude, on a l’impression d’étouffer, et il y a parfois des mini-orages urbains. À la saison froide, tout gèle et on trouve du verglas jusque dans les couloirs des logements.
On est en pleine saison chaude. Autant vous dire que je vais pas porter mon perfecto bien longtemps. »

Il disait ça en ricanant ; mais en jetant l’oeil dehors, il eut une espèce de grimace, et il sembla se coller un peu plus à la fenêtre du compartiment.

« Ligne 77. Prochain arrêt : Château-d’Eau-Gymnase Bassanio »

Livia fit signe qu’il fallait descendre. Ils se retrouvaient donc tous les quatre, avec des passants et des badauds, au milieu d’un énième quai en pleine perdition. Tags et graffitis partout, commerces aux vitrines cassées, quelques vendeurs à la sauvette déployaient des bricoles et bibelots sur des couvertures blanches, tandis qu’une espèce d’odeur infecte régnait dans les narines. Sur les murs au carrelage fendillé et sale, on voyait d’énormes traces de moisissures, plus-ou-moins récentes, certaines délavées au karcher quand d’autres se formaient tout juste. Le seul endroit entretenu, ce n’était ni les plans du métro, ni les bornes de paiement de ticket, ni les portillons d’accès (La moitié ne fonctionnaient pas et l’on voyait des fraudeurs ne pas se gêner pour passer au-dessus, mais les handicapés et les gens respectueux de la loi continuaient de moutonnièrement valider leurs tickets magnétiques…) — mais un petit oratoire. Un morceau de granit qui tranchait au milieu du carrelage et du béton, une sorte de petit enfoncement dans un mur où l’on découvrait une statue de pierre représentant une femme en robe de bure et avec une perruque de juge sur la tête, agenouillée et portant au-dessus d’elle une balance : Sainte-Kernamel. Des cierges avaient été allumés tout autour, et quelques vieux passaient devant en faisant le signe de l’Aquilae, certains mettant une petite pièce dans une fente qui tombait au milieu de la pierre et qui devait être collectée de temps en temps par un chanoine.
Au-dessus, une immense banderole étendue, flanquée de l’Aigle Bicéphale et des armes de la dynastie Raspail, rappelait :

L’IMPERIUM RÈGNE SUR UN MILLION D’ÉTOILES. DIX MILLIERS DE CONFLITS LE DÉCHIRENT. IL N’Y A PAS DE REPOS. IL N’Y A PAS D’ABRIS. IL N’Y A PAS DE CACHETTES.
À TRAVERS LA GALAXIE, IL N’Y A QUE LA GUERRE.


Il fallut passer par un escalator, encore en marche, pour finalement passer devant d’immenses portes devant lesquelles plein de colporteurs et marchands à la criée tentaient d’alpaguer n’importe quel quidam pour vendre là des instruments de musique, là des ustensiles, là des petites briquettes de tofu — il fallait bien marcher tout droit et ne pas se laisser être hurlé dessus ou s’arrêter rien qu’un instant, pour finalement se retrouver au milieu des immenses rues de la Cité Raspail…

Enfin, Enkidu voyait l’intérieur d’une ruche à vue d’habitant. Tout autour d’elle, des bâtiments, des vitres, des maisons, des bidonvilles, des échoppes, des commerces, des petites usines illégales — et tout autour d’elle, des cris, des paroles, des pleurs d’enfants, des sermons répétés dans des haut-parleurs construits en hauteur, les klaxons de tuk-tuk, les sonnettes de vélos, les roulis de pousse-pousse, le crépitement de bûches en train de brûler pour allumer des fours, le bruit répétitif d’une pluie acide tombant sur des vitres et le long de canalisations, le vrombissement lointain et porté par l’écho d’avions en train de se poser sur un quelconque aéroport…

…Un enfer sensoriel. Un enfer sensoriel d’autant plus important qu’Enkidu venait de passer des mois et des mois enfermée sur un vaisseau spatial perdu dans le vide et le silence de la galaxie où tous les bruits étaient contrôlés, mesurés, et venaient de quelque part, même dans l’immensité d’un bâtiment de plusieurs dizaines de milliers de personnes. Même un technoprêtre sciant une canalisation nécessitant une réparation ne faisait pas un tel boucan !

Enkidu se sentait devenir faible, et tourner de l’œil… Mais elle tenait encore bon, droite sur ses deux guibolles, étonnamment plus résistante que ce qu’elle s’attendait.

Ce n’était pas le cas de Diznin et de Livia. Les deux dames, pourtant censées être plus expérimentées qu’Enkidu, semblaient déguster. Livia suait déjà à grosses gouttes à peine l’atmosphère lourde et humide de Raspail se sentait, et voilà qu’elle était devenue encore plus pâle que d’habitude tandis que ses jambes tremblaient. L’autre psyker, contenue dans son étrange masque imposant et visiblement lourd, tanguait, et semblait avoir sa nuque partir à la renverse…

…Il fallut à Enkidu de bons réflexes pour bondir et l’arrêter alors qu’elle allait s’écrouler. Vicenze, qui regardait fièrement la grande avenue les poings sur les hanches, avait l’occasion rêvée de tenter de s’échapper en courant — mais étonnamment, il se retourna et vint porter secours à Enkidu :

« Wouh-là ! Y s’passe quoi ?!
Elle va bien votre collègue ?! »
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Reinhard Faul
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Re: [Warhammer 40k] L'effet de Coriolis

Message par Reinhard Faul »

Circuler dans une Cité-Ruche ne se faisait pas en cinq minutes. Le voyage était long et éprouvant, tant pour la fatigue que pour les nerfs. Enkidu avait vécu pendant des mois dans un petit espace clos, ne parlant que à ses collègues et suivant un planning strict entre entraînement, prière et études. Pourtant, infatigablement, elle posait des questions à Räzell et écoutait les réponses. Elle réalisa rapidement que, malgré sa honte, elle ne pourrait pas dissimuler qu’elle venait d’une planète féodale où on s’éclairait à la lampe à huile. Il était de son devoir de combler ses lacunes. Sa curiosité ne se limitait pas à la drogue et au trafic, mais aussi aux vêtements, aux affiches colorées qui vendaient des objets qu’elle ne connaissait pas et aux mystères des tuyaux suintant d’eau qui partaient dans toutes les directions.

Avec un sens du timing remarquable, Räzell attendit qu’un tunnel leur offre une vue dégagée sur le quartier du Torrent en contrebas pour fournir une explication à la présence de toute cette eau. L’homme aimait s’entendre causer visiblement, et le spectacle produisit son petit effet sur l’esprit simple de la sorcière. Enkidu écrasa son nez contre la vitre du métro et dit avec ravissement :

« Oh, c’est joli ! »

La jeune femme faisait référence aux jeux de lumière entre l’éclairage épars et l’eau qui coulait partout. Les cabanes rouillées qui avaient été construites les unes par-dessus les autres ressemblait dans la pénombre à de la dentelle de métal. Enkidu tira maladroitement la manche de Dizinin :

« Regarde Grande Soeur ! Il y a des PLANTES ! »

Enkidu faisait référence à la mousse et aux champignons qui prospéraient dans l’humidité et la chaleur du quartier. Sans aller jusqu’à parler d’un environnement naturel, on pouvait voir quelques touches de vert se développer là où l’éclairage public dispensait un peu de rayons UV – mobilier urbain datant d’une époque où quelqu’un s’était inquiété des carences en vitamines D qu’un environnement troglodyte pouvait provoquer. La végétation allait jusqu’à se permettre quelques feuilles ou une fleur chétive ici ou là. La jeune Psyker n’avait pas vu un tel spectacle depuis des mois et des mois, pas plus qu’elle n’avait vu le ciel ou sentit le vent – mis à part dans le jardin de l’Inquisitrice, mais elle avait d’autres soucis en tête à ce moment-là.

En sortant du métro, la chaleur et l’humidité devinrent accablantes. Enkidu prit tout le même le temps de s’incliner devant une nouvelle statue de Sainte-Kernamel comme une automate. La femme avait réussi une carrière admirable et pleine d’honneur en commençant comme simple contractuelle de la voirie, et depuis qu’elle avait rejoint l’Inquisition la Psyker pouvait s’accorder quelques rêveries sur son avenir qui allaient dans le même sens. Ce n’était pas l’inconfort de dégouliner de sueur et d’étouffer sur place qui l’arrêterait ! … même si les odeurs des échoppes de nourriture qui émanaient des rues voisine appelaient les portions de son cerveau les plus terre à terre. Cela faisait des mois qu’elle mangeait la ration ordinaire de l’Indomptable Ravel, la fameuse bouillie orange, ne comportant aucun sel ou nutriment superflu, et de ce fait aucune saveur. Enkidu faillit s’évanouir en sentant l’odeur de fruits de mer bouilli dans la graisse et les épices des échoppes proches.

Il y avait beaucoup d’échoppes près de la station Maglev. Les affaires ordinaires, vêtements casseroles petites prières et charmes ordinaires, encens bijoux vaisselle en terre et brocanteurs qui vendaient des vieux meubles oranges de rouille. Mais la sorcière remarquait surtout la nourriture. Il y avait des poissons de toutes les couleurs et de toutes les tailles suspendus à des crochets au-dessus des stands, des escargots aquatiques de plusieurs kilos, des tentacules de pieuvres partout. Mais les épices ! Enkidu reconnaissait ces odeurs et elles lui donnaient l’eau à la bouche. Elle avait déjà séjourné à l’autre bout de Malfi, et là-bas ces plats étaient servis dans de la porcelaine si fine qu’on pouvait la briser avec les dents, dans des restaurants si chers que les menus n’affichaient pas les prix. Ici, des gens avec des mains très sales servaient un bol rempli à ras bord pour quelques pièces. Enkidu avait été entraîné à rester stoïque en toutes circonstances, et elle essayait vraiment très fort, mais elle passa quelques secondes à regarder la nourriture en bavant. Elle n’avait jamais su dire non à un bon gombo d’escargot géant.

Non ! L’Inquisition ! Trouver un assassin magique, infiltrer les Masqués. Trouver le traître suprême parmi les traîtres, une mission parfaite pour une paranoïaque. Enkidu tourna son regard vers Räzell pour voir si il était disponible pour reprendre leur conversation décousue. Quelques fois, les bruits ou la foule les empêchaient de converser tranquillement de réseau criminel en public et il fallait attendre de façon frustrante.

« Quel est le clan familial qui possède le Torrent ? La station d’épuration ? Ça serait un point logique où commen… OH GRANDE SŒUR REGARDE !!!!! »

Enkidu était épuisée, et on venait de franchir ses dernières limites. Une boutique étroite vendait des télé. La vitrine crasseuse dévoilait des écrans en noir et blanc qui diffusaient des dessins animés. La Psyker était ébahie.

« Ça se vend ? Ici ?! »

Là où elle était née, même le plus riche chef de clan n’avait pas l’eau courante. Et un pêcheur du fin fond d’une Cité-Ruche pouvait acheter une télé au marché ! C’était trop ! L’air humide l’empêchait de respirer convenablement, son armure l’étouffait, et en plus dans la foule elle aurait juré avoir vu des gens déguisés en mutants. Quelle idée ! C’était forcément des déguisements, car un réel mutant aurait dû être lapidé par la foule à la seconde où il aurait montré son museau ou son groin en public. La tête lui tournait. Enkidu dû abandonner sa posture vigilante pour s’appuyer sur un mur quelques secondes. Respirer plus lentement. Enlever son bonnet et dégager sa chevelure humide de sueur. S’essuyer le visage. L’envie de s’évanouir se dissipa, et sa vision redevint clair.

Dzinin n’eut pas cette pudeur.

Sa collègue réussit de justesse à ralentir sa chute et l’accompagner au sol. Livia n’avait pas l’air de se sentir très bien non plus. Alors qu’elle paniquait, le criminel qu’elle avait torturé à coups de poing quelques heures plus tôt fit preuve d’une sollicitude que personne ne lui avait demandé. Pour le remercier de sa gentillesse, Enkidu lui hurla dessus :

« NE LA TOUCHE PAS ! »

Puis, comme si Räzell était menaçant, elle lui expliqua avec hostilité :

« On a changé brutalement d’atmosphère, de gravité, de tout. Ils nous donnent des médicaments pour ça, mais… enfin tu vois bien que c’est une Hors-Monde non ?! »

La Psyker détourna la tête, honteuse pour sa collègue qu’elle serrait contre sa poitrine. Elle-même n’était pas très hostile envers les gens nés dans l’espace, parce que la religion mettait moins l’emphase sur le sujet, mais elle savait que ça dégoûtait les gens. Le parallèle avec les mutants était compréhensible. Enfin elle avait un problème sur les bras et devait faire avec :

« Il n’y a rien avec l’air conditionné dans le coin ? Une taverne, quelque chose ? Non ? J’ai besoin d’aide pour la porter. Ne touche pas à son casque ! Quoique tu fasses, ne touche pas à son putain de casque. Si la situation devient trop dangereuse, je peux y faire quelque chose mais… j’aimerais vraiment ne pas en arriver là. »

Enkidu grimaça. Elle réalisait que si elle devait infiltrer un réseau de noble chaotique et accro à la drogue, leur allié temporaire découvrirait à un moment que Dzinin et elle avait le Warp en connexion directe dans leur tête. Si il le découvrait sur le terrain, le bonhomme risquait de paniquer au pire moment. Mais la jeune femme avait espéré que le sujet viendrait sur le tapis plus tard, une fois qu’elle aurait fait ses preuves sur le temps long pour ne pas se transformer en démon. Pas dans des rues surpeuplées de monde en tout cas.
Natus est cacare et abstergere coactus est.
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Stats :
Voie du sorcier de Nurgle (Profil avec empreintes occultes et mutations)
For 9 | End 14 | Hab 10 | Cha 6 | Int 15 | Ini 10 | Att 10 | Par 9 | Tir 9 | Foi 8 | Mag 18 | NA 3 | PV 140/140

Mutations/marques :
Nuages de mouches : -1 ATT/PAR/TIR/INI pour toutes les personnes à moins de 6m
Plaies suppurantes : 1d3 dégâts retranchés à chaque blessure
- Morsure Venimeuse : Poison hallucinogène
- Hideux (Effet : Peur)
- Organe du Chaos (-1 CHA/HAB, +1 END, +5 PV)
Pourriture de Neiglish : Porteur sain
Protection de Papy : 2d4 PdC à chaque critique en incantation
Grimoire :

- Lumière : À appliquer sur un objet ; Fait de la lumière pendant 1h
- Flammèche : Petite étincelle au doigt pendant une minute
- Météo : Connaît la météo prochaine
- Repos : Peu faire se détendre quelqu'un

- Infestation de Nurglings : 24m / 1d4 tours / Projectile magique. Une fois qu'une personne est touchée, elle subit 10+2d10 dégâts magiques par tour / Dès la fin du sortilège ou la mort de l'ensorcelé, des bubons explosent, libérant 2d3 amas de chair, qui sont autant de nurglings
- Fontaine putride : 6m / Instantané / 30+2d10 dégât devant lui + gain de 7 armure temporaire magique / +5 dégât par point de MA
- Gerbe corruptrice : 12m / 10+1d10 dégât dans une zone de 6m, esquivable ; métal rongé après 1d4 tours / -1 esquive par MA

- La multitude fait le tout : Se change en nuée de mouches
- Prodigieuse santé : Contact / Devient ultra bogosse et ultra chad
- Grande invocation de petits amis : Invoque des insectes pour servir d'ingrédients
- Immonde messager : Peut envoyer des messages twitter (Caractères limités)
- Allégresse fétide : Supprime toute douleur mentale ou physique
- Divine urgence : Force la cible à faire un jet d'END. Diarrhée en cas d'échec.
- Paludisme dévorant
- Vent de Nurgle
- Torrent de corruption

- Invocation : Nurglings
- Invocation : Bête de Nurgle
- Invocation : Porte Peste
- Octogramme de conjuration
Compétences :
- Résistance accrue : +1 END aux jets testant la résilience physique (Fatigue, drogue, alcool, torture...)
- Vol à la tire : +1 pour escamoter quelque chose
- Baratin : +1 pour endormir la vigilance de quelqu'un
- Déplacement silencieux : +1 pour fureter quelque part
- Déguisement : +1 pour s'infiltrer en étant déguisé
- Alphabétisation
- Autorité
- Humour
- Empathie
- Coriace

- Sens de la magie : Sur un test, détecte les événements magiques
- Incantation (Domaine de Nurgle)
- Maîtrise de l'Aethyr (Nurgle) : 3
- Contrôle de la magie
- Divination (Oniromancie) : Sur un test au cours de son sommeil, peut découvrir la destinée de certains personnages
- Langue hermétique (Langue Noire) : Parle la langue immonde du Chaos
- Confection de maladies : Peut fabriquer des maladies communes et rares
- Connaissance des démons
Équipement de combat :
- Bâton démoniaque : 2 mains ; 10+1d8 dégâts ; 8 parade ; Assommante & Utilisable seulement par les classes magiques. +1 PAR
- Pistolet à répétition : 46+1d8 dégâts, malus -2 TIR/8 mètres, peut tirer cinq fois à la suite avec un malus de -1 TIR par chaque nouveau canon qui fait feu
- Agaga (Épée à une main) : 18+1d10 dégâts ; 13 parade ; Rapide, Précise, Perforante (2) ; +1 INI
- Cocktail Molotov (x4) : Dans un rayon de 1m, toute personne qui est touchée par la bouteille prend trois états de « Enflammé ». Dans un rayon de 2m, c'est 2 états seulement. Dans un rayon de 3m, un seul état.

- 15 balles et poudres

- Tenue de cultiste de Nurgle : 5 protection ; Tout le corps sauf tête

- Anneau d'Ulgu : Lorsque porté, vous pouvez faire croire à ceux qui vous entourent que vous êtes un humain lambda (sans mutation aucune ni trait particulier) pendant 1 heure. Vous ne pouvez utiliser cette capacité qu’une fois par jour. Vous ne pouvez pas prendre l’apparence d’une personne en particulier.

- Miroir de la Demoiselle d'Acques
- Cor de la harde des Museaux Annelés
Équipement divers :

- Marque de Nurgle
- Caresse de la vipère (poison) : Un sujet blessé par une arme enduite de ce venin doit réussir un jet d'END-4 sous peine de mourir dans END minutes. Chaque minute avant sa mort, le sujet subit 5 points de dégâts non sauvegardables, et un malus cumulable de 2 à ses caractéristiques.


- Couverts en bois
- Sac à dos
- Couronnes dentaires en bois
- Tatouages
- Porte-bonheur

- Sap-biscuit

- Costume de répurgateur + Fleuret (Déguisement)
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[MJ] La Fée Enchanteresse
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Re: [Warhammer 40k] L'effet de Coriolis

Message par [MJ] La Fée Enchanteresse »

« On, heu… On va ben trouver un endroit pour s’casser. Suivez-moi. »

L’avertissement d’Enkidu, quant au casque de Diznin, le prit un peu par surprise. Mais pour quelqu’un qui se remettait d’un passage aux oubliettes, une bastonnade et maintenant se trouvait face à des mises en garde ésotériques, il savait plutôt bien masquer son contrôle de lui-même. Le voilà qui, ni une ni deux, souleva Diznin par le bras pour le placer contre son cou, et il la fit se lever comme un paquet — il eut même la galanterie de prendre le sac de gym de la psyker, contenant divers effets et nécessaires, un vrai bonhomme bien serviable.

Le groupe, qui se retrouvait maintenant en tête alors que Livia traînassait derrière, s’engouffra le long d’une immense avenue bruyante et odorante de la ruche. Räzell passa dans un coin qui menait à une ruelle dégoûtante et humide, sans pavage, et prise entre deux longs bâtiments vétustes bâtis les uns sur les autres. Il les mènerait à un guet-apens que personne n’en serait bien étonné… Mais Enkidu, doté d’un sixième sens aiguisé, ne sentait pas dans les hormones de Räzell autre chose que du musc de crainte et de frayeur — pas vraiment l’haleine de quelqu’un qui se prépare à taper un sprint.

Il fallut donc descendre un long semi-escalier terne et noir, avant de se retrouver dans une nouvelle zone : une sorte d’immense cercle de béton construit autour d’un trou profond. Un gouffre qui ressemblait à un puits, d’où on entendait comme une immense chute d’eau couler. Il faisait toujours aussi lourd et humide, mais bizarrement plus frais. Et il y avait encore du monde…

C’était un bazar. Une immense banderole étendue au plafond contre une vieille rambarde rouillée indiquait : Bienvenue au Puisard — Premier vol : Une main. Deuxième vol : Un bras. Troisième vol : Noyade.

« De l’air conditionné j’sais pas trop, mais y a un rade avec quelques ventilos dans le coin… Restez groupés, hein ? »

Le mot avait du sens : il y avait une foule à cette heure de sortie du travail. Ça se bousculait, ça se cognait, ça allait dans un sens ou un autre. Le bazar était construit comme une sorte de gros cercle qu’Enkidu reconnaissait comme étant en fait probablement une sortie d’égout — « le puisard » méritait son nom. En contrebas du trou au milieu, des dizaines de conduites faisaient couler une eau verdâtre ou maronnâtre, comme une chute d’une falaise, profond de plusieurs dizaines de mètres, de quoi en avoir le vertige… Pourtant, l’odeur n’était pas totalement infecte ; de gros ventilateurs assourdissants balayaient l’air du contrebas pour essayer de le renvoyer dans d’autres gorges, ce qui expliquait probablement pourquoi on pouvait tolérer d’acheter des fruits et des légumes ici. C’était surtout une odeur de poisson salin et d’anguille qui assaillait les narines…

Entre le bruit de l’eau, du ventilateur, et de la foule, on entendait rien du tout. Quelque part, c’était tant mieux. Räzell désigna seulement de la main, après avoir tiré sur la manche d’Enkidu et de Livia, un petit bar à ciel ouvert — quelques plaques de tôle et des grilles de chantier délimitaient une fausse terrasse égayée de faux arbres synthétiques et de guirlandes lumineuses, où on avait mis des tabourets de métal et des chaises de plage. Un comptoir de récup, un vieux jukebox dont on entendait à peine la musique, et des ventilos pour essayer de tenir malgré la chaleur étouffante. On faisait pire comme endroit.

Le quatuor se retrouva vite attablé autour d’une vieille table griffonnée de symboles rayés au couteau. Un jeune homme tout souriant, couvert de petite vérole, vint vite à leur rencontre avec un tablier sur l’épaule et un sourire faux-cul :

« Qu’est-ce que ces mesdemoiselles et monsieur voudront ? »

Räzell sauta sur l’occasion pour commander :

« Garçon, mets-moi un plat d’huîtres, une soupe d’anguilles, un bon feni et quatre kratingdaeng s’il te plaît. Mes pauvres gonzesses sont sorties du vaisseau, elles ont besoin de se requinquer ! »

Il prenait vite la confiance… Enkidu reconnaissait le nom de la dernière chose qu’il avait commandée : une boisson énergisante au sucre, à la taurine, à la caféine et à la nicotine, idéale pour tenir un long voyage où il faut rester éveillé. Nul doute que seul lui avait de l’appétit après tout ce calvaire, et qu’il commandait surtout à manger pour lui-même… Le garçon n’attendit même pas d’avoir la réponse d’Enkidu pour se casser et préparer à servir de toute manière.

La terrasse, un peu discrète et à l’écart, donnait malgré tout à travers les grilles du chantier une vue sur le bazar, et également, il y avait un petit peu moins de bruit, de sorte qu’on pouvait tenir une conversation discrète. Livia et Diznin commençaient à lentement se remettre, tandis que Vincenz e Räzell continuait :

« Cet endroit est sous la protection du Cartel de l’Eau, et de son chef, le Marquis-Requin. C’est le cœur du quartier du Torrent, là où à peu près tout se vend, des vêtements jusqu’à la bouffe, le ventre de la ville. Et comme vous voyez, c’est construit sur un vieux puisard qui est censé recevoir toutes les eaux usées du haut de la Ruche.
Vous me dites que vous comptez vendre de la drogue. Vous allez vite voir que c’est un gros problème. La Ruche Raspail, autrefois, avait des gros problèmes de gangs, de trafiquants, de bordels et cercles de jeu tous à peu près indépendants. Mais le Marquis-Requin est en train de remettre de l’ordre là-dedans, à coup de têtes coupées à la tronçonneuse et de meurtres de masse. Le nom de son gang vient du fait qu’il contrôle la station d’épuration principale qui sert de l’eau à toute la ruche ; paraît que c’est un bâtard de noble et un vétéran de la Garde Impériale, et qui a pas peur de buter des prévôts s’ils refusent ses pots-de-vin. Même les Camelots de la Reine dont je faisais partie n’osent plus s’en prendre à lui — on est officiellement en guerre contre ses sbires, mais il nous a tellement fait déguster et a massacré tellement de copains qu’on se fait discret face à lui.
Vous verrez jamais ses hommes en uniforme. Mais ses enfants, oui… »

Il leva loin la main et pointa du doigt vers un tas de bidons en métal montés les uns sur les autres. Un groupe d’enfants était en train de jouer aux dés, montés comme des petits singes sur la pyramide de métal. Tous portaient un étrange costume : ils s’étaient recouverts de filets de pêcheurs, et avaient des hameçons plantés dans les lobes en guise de boucles d’oreille. Les gamins avaient des âges variables et étaient de toutes les tailles, garçons et filles mélangés, la plus vieille devait avoir quatorze ou quinze ans, une ado, tandis que le plus jeune était un tout petit bonhomme qui devait pas avoir quatre ou cinq ans.

« Le Marquis-Requin recrute des gamins à l’école, surtout des orphelins ou des chiards sans trop d’avenir, parfois des esclaves d’endenture qu’il détourne. Il les utilise comme ses yeux et ses oreilles : des mini-truands en puissance, des gosses qui se prennent pour des durs. Mais pensez pas qu’ils soient inoffensifs : ils courent vite et aiment jouer du surin. Et quand ils détestent suffisamment quelqu’un ou qu’ils repèrent un fauteur de trouble, ils appellent le Cartel qui débarque en jeep et avec des fusils automatiques. C’est comme ça que le Marquis-Requin contrôle toute la sous-ruche, en ayant l’impression d’être partout tout en étant nulle part, en écoutant avec des milliers d’oreilles et en regardant avec des milliers de paires d’yeux.
Paraît que même les prévôts de la ruche sont à sa botte. Si vous voyez des caméras de surveillance ou des flics, bonne chance qu’il peut les utiliser.
Ce que je veux dire, c’est que votre projet, je sais pas pour qui vous comptez le faire, mais ça va pas être facile et vous allez avoir un tas d’emmerdes. »

Il regarda Enkidu tout droit, en souriant.

« Ce serait avec un grand plaisir que je vous aiderai à vous attaquer au Marquis-Requin. Il m’a coûté des potes assez proches pour que ce soit personnel pour moi. Mêler l’utilise à l’agréable, on dit… Mais j’espère que vous vous rendez juste compte de ce que ça va représenter. Vous comptez vous lancer dans une affaire où le marché est déjà sécurisé et réglementé. Et c’est sans même parler des fous furieux du culte de la Chair Écarlate, un groupe d’hérétiques fous de l’Empereur qui cherchent à faire de l’auto-justice en butant des dealers de drogue… »
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Reinhard Faul
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Re: [Warhammer 40k] L'effet de Coriolis

Message par Reinhard Faul »

Le criminel Räzell était… surprenamment poli. Enkidu avait abandonné l’idée d’une manœuvre militaire standard puisque ses collègues s’évanouissaient à tour de bras. Elle cherchait à trouver le courage de mettre Dzinin sur ses épaules quand leur prisonnier fraîchement tabassé eu la galanterie de remettre la devineresse en position verticale et eu même l’obligeance de prendre son sac. La jeune femme se rappela à ce moment qu’elle n’était plus un homme d’un mètre quatre-vingts. Elle essaya tout de même de prendre sa part du travail – Dzinin faisait son poids – mais sa petite taille l’handicapait. Elle était enterrée sous l’aisselle trempée de sueur de sa collègue et s’attendait à tomber dans une embuscade à la moindre seconde. Avec un sentiment coupable, elle ouvrit légèrement la bouche pour analyser les odeurs les plus fines de son environnement et découvrir si Räzell préparait un sale coup…

Elle ne trouvait rien. Si il se préparait à bondir, à rejoindre des collègues qui rôderaient dans les environs, il était d’un calme surpassant les plus grands maîtres en matière de méditation. Elle ne sentait dans ses phéromones que de la peur et de l’épuisement – quoiqu’elle n’exclût pas de passer à côté de quelque chose d’essentiel puisque sa tête était coincée dans le dessous de bras de sa Grande Sœur. Mais son cerveau paranoïaque avait beau s’épuiser à espionner par des canaux magiques, elle ne trouvait rien que Dzinin évanouie à cause de la chaleur et un criminel secourable qui les emmenaient en sécurité. C’était rageant.

Ils arrivèrent dans une taverne – ou un quelconque établissement de restauration, Enkidu était incapable de comprendre la différence entre les uns et les autres. Une fois sa collègue Psyker posée contre un dossier de chaise et un mur comme un gros bibelot, le casque calé entre un angle de mur et un rebord de fenêtre pour lui tenir la tête droite, elle put s’intéresser à son environnement.

Ça sentait fort, il faisait sombre, et deux ventilateurs produisaient un bruit d’enfer en brassant un air alourdi par la fumée et la graisse de cuisine. Des gens jouaient bruyamment à un jeu qu’Enkidu ne connaissait pas, comportant des pions de couleur et un plateau très élaboré et sculpté dans de l’ivoire. Pour une raison inconnue, il y avait plein de filets de pêche accroché aux murs. Leur table collait quand on posait les doigts dessus. La radio braillait. Les civils leur avaient accordé un bref regard de curiosité, mais s’étaient détourné quand ils avaient vu les armes. On avait vu plus bizarre sur Malfi, même au fin fond d’une Ruche. C’était un endroit qui semblait parfait, quoique la jeune femme ne vit que deux sorties. Elle n’avait pas d’opinions bien fixes sur le nombre d’accès qu’exigeait un point de repos, mais c’était tout de même quelque chose d’important. Au moins trois sorties permettait une prompte fuite en cas d’attaque, mais c’était autant de points chauds à surveiller en permanence.

Après un bref moment de confusion où tout le monde essaya de s’asseoir dos au mur pour surveiller la pièce en mangeant – il s’agissait de membres de l’Inquisition et d’un criminel endurci après tout – vint le moment de commander à manger. C’en fut trop pour Enkidu qui glissa au garçon qui s’en allait sous les ordres de leur prisonnier :

« Et un peu d’eau ? La moins chaude possible. »

Puis une fois que le serveur fut parti, elle agita un doigt accusateur envers Räzell :

« Bon d’accord cette fois tu manges, vu les circonstances, mais tu peux pas te servir comme ça ! C’est… enfin là, d’accord, là tu as le droit, mais il faut… je sais pas, demander avant. Enfin sauf si ça défit le bon sens évidemment. »

Ce la vexait, c’est qu’elle avait faim et n’avait pas osé commander aussi. Elle était en mission pour l’Inquisition et en situation critique, et elle doutait qu’un acolyte ait le droit de manger au restaurant à sa convenance. Masteel trouverait à y redire. Mais le criminel sortait d’une prison et de plusieurs jours de torture, et il venait de porter sa collègue jusqu’ici alors qu’il aurait pu tenter de s’enfuir. Ça rendait Enkidu malade qu’un criminel mange sous son nez.

Mais le bonhomme eut l’intelligence de changer de sujet, pour un plus intéressant. Enkidu eu la sagesse de l’écouter soigneusement. Elle s’occupa les mains en nettoyant le visage de Dzinin avec une serviette et de l’eau et en la faisant boire. La pauvre devineresse était tombée dans de la bave d’escargot géant – ces animaux servaient de bête de somme dans le Puisard - en s’évanouissant et elle avait une immense tâche collante sur la joue. Elle demanda en réponse aux informations de Räzell :

« Et le marché est si sécurisé que ça ? Il n’y a pas un groupe de sympathique outsider auxquels nous pourrions nous allier ? Ou alors des nouveaux venus aux mœurs… différentes ? »

Elle ne posa pas de questions sur les gamins glauques, aucune de celles qui lui venaient à l’esprit ne lui procurerait une réponse agréable. Puis ils cherchaient un tireur aux compétences inhumaines, et ce ne serait certainement pas un enfant. Les fusils seraient trop grands pour leurs petits bras.

Mais la dernière phrase interrompit les considérations biologiques d’Enkidu en plein vol. Elle rougit d’embarras et changea immédiatement de registre de langue :

« Des Rédemptionnistes ? Oh merde, fait chier. »

Elle savait qui ils étaient. Un groupe religieux, pas hérétique mais… un poil douteux. Ces questions-là étaient épineuses. Parmi les nobles, de l’autre côté de Malfi, la jeune femme n’en avait jamais vu en chair et en os, pour une raison très logique : ils tuaient les Psykers – même assermentés - à vue. Cela dit, elle avait lu certains de leur tract et leurs pamphlets agressifs n’étaient pas dénués de bon sens. Ils considéraient l’humanité comme en dette envers l’Empereur, et cette dette exigeait paiement – une idée bien naturelle. Elle avait été tentée d’assister à leurs sermons, sa foi ardente trouvait un écho dans leurs discours, mais ils ne voulaient pas d’elle. Alors elle ne les connaissait pas si bien que ça.

« Ils sont… ici ? »

Enkidu ne put retenir un bref regard de panique autour d’elle. Cela ne dura qu’un quart de seconde mais la lueur de honte et de détresse dans ses yeux exista bel et bien. Elle bascula immédiatement sur la colère et siffla entre ses dents, arrivant admirablement à chuchoter et à rugir de rage en même temps :

« Je t’ai dit de ne pas utiliser de mots que tu ne comprends pas ! Pas le mot en H ! Jamais ! Et qu’est-ce qu’ils en ont à foutre de putain de dealers de drogue de merde ?! Ça a aucun putain de sens, si tu crois que ton putain de cul de sous Ruchard merdeux intéresse des gens aussi spirituellement élevés, tu te crois plus important que tu ne l’es. Je suis sûre que si il s’agissait de servir l’Empereur au combat avec ardeur, ils se verseraient de l’Obscura directement dans leur putain de synaspes et ils seraient les plus défoncés de tous ! »
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Plaies suppurantes : 1d3 dégâts retranchés à chaque blessure
- Morsure Venimeuse : Poison hallucinogène
- Hideux (Effet : Peur)
- Organe du Chaos (-1 CHA/HAB, +1 END, +5 PV)
Pourriture de Neiglish : Porteur sain
Protection de Papy : 2d4 PdC à chaque critique en incantation
Grimoire :

- Lumière : À appliquer sur un objet ; Fait de la lumière pendant 1h
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- Météo : Connaît la météo prochaine
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- Infestation de Nurglings : 24m / 1d4 tours / Projectile magique. Une fois qu'une personne est touchée, elle subit 10+2d10 dégâts magiques par tour / Dès la fin du sortilège ou la mort de l'ensorcelé, des bubons explosent, libérant 2d3 amas de chair, qui sont autant de nurglings
- Fontaine putride : 6m / Instantané / 30+2d10 dégât devant lui + gain de 7 armure temporaire magique / +5 dégât par point de MA
- Gerbe corruptrice : 12m / 10+1d10 dégât dans une zone de 6m, esquivable ; métal rongé après 1d4 tours / -1 esquive par MA

- La multitude fait le tout : Se change en nuée de mouches
- Prodigieuse santé : Contact / Devient ultra bogosse et ultra chad
- Grande invocation de petits amis : Invoque des insectes pour servir d'ingrédients
- Immonde messager : Peut envoyer des messages twitter (Caractères limités)
- Allégresse fétide : Supprime toute douleur mentale ou physique
- Divine urgence : Force la cible à faire un jet d'END. Diarrhée en cas d'échec.
- Paludisme dévorant
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- Invocation : Nurglings
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Compétences :
- Résistance accrue : +1 END aux jets testant la résilience physique (Fatigue, drogue, alcool, torture...)
- Vol à la tire : +1 pour escamoter quelque chose
- Baratin : +1 pour endormir la vigilance de quelqu'un
- Déplacement silencieux : +1 pour fureter quelque part
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- Incantation (Domaine de Nurgle)
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- Contrôle de la magie
- Divination (Oniromancie) : Sur un test au cours de son sommeil, peut découvrir la destinée de certains personnages
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- Agaga (Épée à une main) : 18+1d10 dégâts ; 13 parade ; Rapide, Précise, Perforante (2) ; +1 INI
- Cocktail Molotov (x4) : Dans un rayon de 1m, toute personne qui est touchée par la bouteille prend trois états de « Enflammé ». Dans un rayon de 2m, c'est 2 états seulement. Dans un rayon de 3m, un seul état.

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- Caresse de la vipère (poison) : Un sujet blessé par une arme enduite de ce venin doit réussir un jet d'END-4 sous peine de mourir dans END minutes. Chaque minute avant sa mort, le sujet subit 5 points de dégâts non sauvegardables, et un malus cumulable de 2 à ses caractéristiques.


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Re: [Warhammer 40k] L'effet de Coriolis

Message par [MJ] La Fée Enchanteresse »

Encore une énième fois, Räzell ne pouvait pas s’empêcher de sourire ; visiblement, se faire dire qu’il ne pouvait pas commander à manger, après qu’il eut sans vergogne utilisé la situation pour se faire payer ses verres et sa bouffe, l’amusait au plus haut point — une bien piètre méthode pour se sentir mieux après avoir été maltraité physiquement. Néanmoins, tout sourire disparu de sa trogne quand la psyker se mit à lui parler de façon bien plus véhémente, et même, religieuse ; le malfrat avait ses limites, et le voilà qui, paniqué, levait les mains en l’air et se défendait :

« Pardon, m’dame, mille fois pardon — j’ai parlé trop vite, et trop mal, permettez que je me reprenne avant que… Vous ne rendiez sentence…
Oui, vous avez raison, les Rédemptions ne sont PAS hér-… Réprimés. Ils sont un mouvement, une constellation de l’Église tout à fait respectable, comme d’autres mouvances dans l’Ecclésiarchie. Néanmoins, pour le cas très spécifique du culte de la Chair Écarlate, j’ai, je pense, le droit d’utiliser ce vilain mot, même si je me dois d’être moins injurieux ou… Présomptif…
La Chair Écarlate fait partie de la constellation Rédemptioniste. Récemment, ils se sont mis à porter du rouge et à suivre à la lettre les préceptes et les prêches de l’archidiaconesse Ludmilla, qu’ils diffusent via des hauts-parleurs. Mais la Chair Écarlate est plus ancienne encore. C’est… Une secte, croyant très fermement à l’Empereur, et qui date des vieilles origines de Malfi. Ils… Pratiquent le cannibalisme honorifique, et ont un grand code d’honneur lié à la Vendetta Malfienne. Il est certain que leur conversion au Rédemptioniste est une manœuvre pour tenter de se refaire accepter ; beaucoup de Malfiens les admirent, mais selon la religion officielle, ils sont proscrits.
Ils fournissent des assassins spécialisés dans le combat à l’épée et au lance-flamme. Et, même s’il est vrai qu’ils n’ont rien contre l’usage de drogues, comme vous le dites, ils ont l’air remontés contre le Cartel de l’Eau et prêts à le détruire. »

Il sembla réfléchir quelques instants, puis grommela.

« Le Marquis-Requin et ses gosses terrifient absolument tout le monde. Mais vous avez raison, il y a des outsiders… Je ne pense pas, même si ça me fait beaucoup de mal, que les Camelots sont en état de vous venir en aide. Mais je sais que beaucoup de petits dealers ont mal vécu leur assimilation forcée, sans oublier tous les commerces annexes ; le Marquis-Requin ne semble être intéressé que par la vente de dope, ce qui rapporte le plus, mais il exige également des taxes de protection punitive de la part des bordels, des bookmakers, et même des initiatives semi-publique ; il contrôle jusqu’aux éboueurs du Torrent, et touche un peu dans la traite d’êtres humains avec les corporations là-haut qui ont toujours faim d’esclaves.
Vous comptez vous attaquer à eux sur leur marché principal, la dope, ça ne fait aucun doute, et j’ai quelques moyens pour y parvenir. Mais si vous voulez recruter des gens, vous pouvez peut-être vous former une bonne armée en récupérant ceux en rupture de ban. Les petites gens qu’il n’arrive pas à voir… »

Il renifla du nez, et se tut tandis que le garçon ramenait les commandes de tout le monde — y comprit un verre d’eau tempérée pour Enkidu ! Une fois parti, Räzell fit un signe à Enkidu pour avoir l’autorisation de se servir à manger, et sitôt fait, il se jeta sur sa soupe qu’il engloutit avec d’horribles bruits de succion.
C’est avec la bouche pleine qu’il lança :

« J’connais un gars… Un chimiste. Un ancien partenaire avec qui je travaillais à une époque, qui… Fabrique un produit de luxe. De l’obscura bien plus raffiné que tout ce que le Marquis-Requin peut vendre ; c’est que le Cartel de l’Eau sont d’excellents sicaires et meurtriers de masse, mais ils sont un peu juste niveau contrôle qualité ou affaires du jour-le-jour. Ce chimiste pourrait bien vous fournir un produit qui vous mettrait sur la ligne et vous permettrait de rivaliser avec ses clients, surtout les nobles Malfiens et le peuple de la haute qui finance toutes ses opérations.
Malheureusement, ce chimiste ne va pas être très facile à trouver… »

Il sembla hésiter à finir, déglutit, et annonça :

« C’est un… Mutant. Il se cache dans les profondeurs de la sous-ruche parce que le Cartel veut le recruter de force. Il va falloir aller au milieu des radiations pour le récupérer… »
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