[Morgane et Armand] Maîtresse du Mal

Cette cité bretonnienne est également connue sous le nom de Cité des Damnés. Au cours des quinze cents dernières années, Moussillon s’est transformée d’un petit hameau en une vaste et sordide cité. Elle est bâtie dans un endroit particulièrement hostile des rives de la rivière Grismerie. Chaque printemps, les crues balayent les bidonvilles et submergent les rues sous plus de trente centimètres d’une eau fangeuse. Le froid et l’humidité envahissent les moindres fissures : le bois pourrit et se rompt, les pierres s’effritent et les champignons recouvrent tout. Plus de la moitié des maisons de la ville sont vides, témoignage de l’épidémie de choléra d’il y a deux siècles. La ville ne s’est jamais remise de cette hécatombe et est réputée pour être la plus miséreuse de toutes les cités bretonniennes.

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[MJ] Le Naufrageur
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[Morgane et Armand] Maîtresse du Mal

Message par [MJ] Le Naufrageur »

Loin, dans une pièce assombrie par la nuit qui vient de s’installer, des voix résonnent. Une cathèdre fait face à la cheminée embrasée. Un gantelet en acier dépasse de l’accoudoir, avant d’aller chercher la coupe pleine près de lui. Derrière, terrifié, un homme à la collerette blanche chiffonne ses papiers rien qu’en les tenant. Ses mains tremblent, et après avoir avalé, il ose prendre la parole.

« Sire, nous avons… des nouvelles. »

La coupe est vidée en une gorgée, avant d’être jetée contre un mur. Un hoquet s’échappe du serviteur.

« L’offensive du maréchal Gismond à… manqué, Sire. Les montagnes et collines près de Guaniar sont devenues de véritables forteresses improvisées. Les Estaliens n’ont pas réagi en contre-offensive… pour l’instant, Sire. »

« Pourquoi ? »

« Dans les Irranas, une puissante armée de mercenaires, des Tercios, s’est amassée sans que nos agents n’en soient informés. Ils sont menés par un certain Vasco de Córdoba. »

« Combien ? »

« Ils sont trois mille, mais je crains que ce chiffre ne soit conservateur, Sire. »

Un silence lugubre s’installe, plus aucun bruit. Le gantelet est reposé tout en tenant fermement l’accoudoir. Des petites étincelles crépitent et vacillent dans les airs.

« Bien. Le nouveau ? »

« Dans sa dernière lettre, il semble très optimiste. Ça ne lui ressemble pas. Il pense que dans quelques mois, tout sera prêt. »

« Ce sale petit con décide enfin de daigner se réveiller. Hâtons-nous, alors. Nous n’avons qu’une seule chance de mettre un terme à la folie. »



Dans la cour, alors que le soleil gris est à son plus haut, Lavius accueille des hommes en armes avec les siens. Renaud serre les mains les unes après les autres, il possède un immense sourire sur son visage. Alignés, ils doivent être bien une dizaine de guerriers. Leur équipement est plutôt moderne, ils ne manquent de rien. Les nouveaux venus rejoignent la garnison du château, qui, pour la première fois depuis longtemps, est presque pleine.

Pour faire bonne impression, Lavius arbore même son armure. Renaud sert de guide aux renforts. Avec eux, un petit chariot avec des caisses, dedans, des armes dépassent. Ceci explique probablement la joie du géant, qui va voir ses troupes être enfin mieux que de la racaille conscrite. Un détail n’échappe pas au chevalier, l’accent des hommes donne l’impression qu’ils parlent avec le nez, et certains des ai finissent en os. Pas de doute, ils viennent du nord. Probablement du Duché le plus proche dans cette direction, la Lyonesse. Leurs barbes font bien Lyonnais, en tout cas.

Il fait plutôt beau aujourd'hui. Des nuages à peine épais, on aperçoit de temps en temps le ciel bleu qui dépasse et le soleil luit bien. Cependant, malgré le temps correct, Morgane se repose difficilement. Heureusement pour elle, quelqu’un d’avisé à bander sa blessure. Elle n’est pas toute seule. La nouvelle demoiselle de compagnie de la sorcière est jeune. Elle vient à peine d’avoir seize ans. Cependant, elle n’a pas osé prononcer le moindre mot. Entre le sang, la craie et les vêtements, faire le ménage sans poser la moindre question est déjà miraculeux.

Neuville, habitué à sa paperasse, semble inquiet. Cela fait plusieurs jours qu’il est dans cet état. Alors que le maître du château discute, il se voit interrompu par Neuville qui lui murmure dans l’oreille. D’un coup, le blond voit son sourire social devenir des dents serrées et une grimace crispée. Il laisse Neuville continuer la discussion sans lui, avant de venir chercher Armand de Lyrie. Morgane, fatiguée de rester dans son lit à ne rien faire, en profite elle aussi pour se joindre à la conversation.

« Ah, j’espère que vous allez bien. Mes excuses, je n’ai pas pu venir vous trouver ce matin car comme vous le voyez, nous avons désormais les mains pleines.

Mais ce n’est pas ce sujet qui nous occupe maintenant. Puisque vous venez d’Oisillon, Armand, vous devez connaître les De Sepotruy ?
»

Bien entendu qu’Armand de Lyrie connaît les De Sepotruy. C’est une bien étrange famille, plutôt récente, qui vaque désormais de temps en temps à Oisillon. Le seul qu'Armand a pu rencontrer est lui aussi gendarme, Jules. Un salopard qui adore provoquer des bagarres et faire passer le blâme subtilement sur les autres. Cependant, ce qui est bien différent des De Sepotruy, c’est leur modernité. Ils ne vivent pas dans des châteaux, mais dans des manoirs. Ils préfèrent le commerce avec Marienbourg et l’Anguille qu’à la guerre avec l’Estalie.

« Il semblerait que les derniers évènements les aient poussés à vouloir éviter qu’on leur coupe l’herbe sous le pied. Ils ont décidé de contrôler de force le Quartier du Pont avec des gardes qui leur appartiennent. »

Le Quartier du Pont, Morgane connaît très bien le nom, car c’est là que Yves le truand fait ses affaires. Il n’est pas le seul, l’immense majorité des criminels s’y trouvent, c’est le quartier le plus actif de la cité. Lieux de débauches, maisons de passe, établissements de jeu, mais surtout, les tavernes. Quand des marchands évitent les taxes Bretonniennes en passant par le Moussillon, beaucoup s’arrêtent par ce pont qui supporte le quartier. La Croisée de Landouin, immense merveille d’architecture du passé, symbole du pouvoir autrefois détenu par le Duché, est désormais seulement une fondation pour des bâtisses de briques et de broques.

Le nom de cette famille noble, Morgane l’a déjà entendu une fois. C’est la seule fois de son temps avec Yves où elle l’a entendu avoir de la peur dans sa voix. Dans ses souvenirs, il parlait d’un véritable fou furieux qui avait accédé à la tête de la famille. Lavius lui aussi semble être perturbé. En vérité, son expression est tellement différente des autres fois qu’on peut se demander s'il va bien.

« Je ne sais pas vraiment comment procéder, donc j’aimerais que vous alliez tous les deux voir comment les choses se passent dans le quartier. Je vous recommande de prendre Neuville avec vous, sauf si vous préférez la force et la certitude militaire de Renaud. »


Une drôle de situation pour les deux aventuriers.
Test d’END(+2 car traité médicalement) : 12, échec de 2. Tu récupères 4PVs, tu passes à 29/65 PVs
Test d’INT(+0) de Armand : 2, réussite automatique. Ces dix soldats ne viennent pas du Moussillon. Probablement de Lyonesse, mais impossible d’être précis.
Test d’INT(+6) de Armand : 17, échec malgré tout. Tu as les informations que tous connaissent.
Test d’INT(-2) de Morgane : 4, réussite malgré tout. Information supplémentaire sur les De Sepotruy.
Venez me rendre visite, Aux Récifs

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Morgane Leblé
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Re: [Morgane et Armand] Maîtresse du Mal

Message par Morgane Leblé »

Morgane se repose une partie de la matinée, réveillée périodiquement par les activités de Jeanne qui nettoie sa chambre. La sorcière ne connaît pas bien sa servante excepté qu’elle est jeune et timide, en somme, rien d’anormal pour une jeune fille de cet âge en Moussillon. Un léger trouble de la parole la fait souffrir, peut-être à cause d’un traumatisme ? C’est une possibilité hautement probable. Morgane ne lui a jamais posé la question. Dès que le sujet quitte le domaine de l’occulte, la sorcière se montre souvent désintéressée.

Lavius s’en va chercher Armand, elle entend les deux hommes discuter et intriguée par leur discussion, Morgane décide de se lever, elle fait appel à Jeanne.

- Il est temps pour toi de sortir Jeanne, tu vas m’accompagner. Tu ne vas pas rester toute ta vie enfermée dans ce château à répéter les mêmes tâches. Enfin, tu n’auras probablement pas le choix de le faire, rétorque-t-elle avec maladresse et un cynisme grave, mais profitons que je sois encore là pour t’offrir un brin de liberté et de nouveauté.

Avant de rejoindre Armand, Lavius et Neuville, Morgane se rend dans sa chambre, elle s’habille avec l’aide de Jeanne. Elle enfile des sous-vêtements classiques, des collants féminins noirs qui couvrent ses jambes de sa taille à ses pieds, tissés en laine fine, puis une longue robe bretonnienne à la mode. Le tissu est légèrement rembourré contre le froid, de teinte violette et le vêtement est pudique par sa coupe ample et son absence de décolleté. Elle ne noue aucun tissu autour de son crâne pour cacher ses cheveux, pas à l’intérieur du château, si elle suit encore quelques conventions sociales à l’extérieur, elle jouit de son privilège au château de ne pas devoir s’y plier. Elle se parfume.

Prête pour une nouvelle journée qui commence, bien qu’affaiblie par une migraine et des douleurs à son flanc gauche, elle arrive un peu en retard, mais les plus belles femmes se font désirées, n’est-ce-pas ? La sorcière est victime de deux grandes poches noires sous les yeux, elle ne cache pas sa grande fatigue. Elle s’assied aux côtés des trois hommes pour discuter de la manœuvre à suivre. Comme d’habitude, la sorcière donne son avis.

- De force ? C’est presque un tour de magie. Comment peuvent-ils faire mettre au pas - en quoi, deux jours, trois jours, depuis quand sont-ils arrivés - toute la bande de forbans, de bandits, de marins, proxénètes et autres immondices de ces rues ? Sommes-nous sûrs qu’ils contrôlent le quartier du Pont de force ? Si c’est bien le cas, ils disposent de moyens considérables pour mettre en œuvre leurs ambitions. Plus de moyens que les nôtres, n’est-ce pas, Neuville ?

Elle regarde Neuville et lui pose une seconde question. Homme de lettres et comptable, peut-être pourrait-il fournir une réponse à la sorcière.

- Neuville, à combien d’hommes et de moyens estimez-vous nécessaire la prise et aussi le contrôle du quartier ? Cinquante soldats ? Vingt soldats ? Sur quoi se base leur richesse ?

Elle regarde Lavius, inquiète de son état.

- Ne vous inquiétez pas monseigneur, j’ai moi aussi entendu des rumeurs à leur sujet. Le patriarche serait un véritable fou furieux inspirant la peur et la crainte dans le cœur des hommes. J’en ai connu des terribles qui, à l’énoncé de ce nom, prirent aussitôt peur. On va s'occuper de ça.

Elle avait beaucoup à apprendre d’eux probablement, elle qui devait soumettre cent esclaves et inspirer la peur en trois mois, voyait en ces rumeurs une source d’inspiration. Définitivement, la sorcière était intéressée par les Sepotruy. Heureusement pour Lavius, Armand était un fou furieux (du point de vue de Morgane) et elle n’était pas en reste non plus. La sorcière déclare tout haut, ne visant du regard personne en particulier, elle parle pour atteindre toute la pièce.

- J’irais enquêter. Armand, Neuville, Jeanne, m'accompagnez-vous ?

Et surtout, elle connaissait un sort lui permettant de guérir plus rapidement ses blessures, un sort qui, lorsqu’elle aspirait le sang et l’eau contenus dans un corps vivant, refermait ses blessures et provoquait un regain, un sursaut d’énergie. Elle comptait l’utiliser sur quelqu’un, une façon comme une autre de soutirer des informations par la force.

- Je connais des gens qui pourront nous aider. J’ai vécu deux ans dans le quartier. Dans un premier temps, je suggère de nous rendre à la taverne de mon ancien employeur. Allons boire une petite bière ou deux ou même trois ! Elle est mauvaise et coûte cher, mais c’est un bon début !

Yves ? Anne ? Les autres serveuses ? Les clients de la taverne ? Elle en connaissait du monde. Elle trouverait bien quelques personnes pour répondre à leurs questions.
Morgane Leblé, Voie du sorcier illégal
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Armand VII de Lyrie
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Re: [Morgane et Armand] Maîtresse du Mal

Message par Armand VII de Lyrie »

Le Moussillon promet d’être plus intéressant que prévu.

Cela fait maintenant un certain temps que je suis cloîtré chez le sire Lavius. Pas encore pour avoir appris quoi que ce soit de suffisamment exploitable — à part que, jusqu’ici, les contes et les légendes racontées sur ce duché maudit semblent parfaitement exacts et véritables. Il y a de quoi devenir cinglé — j’ai le mauvais pressentiment, au fond de mes tripes, que j’ai été choisi pour une mission ici par la dame-cardinale pour des raisons un peu plus poussées que simplement parce que j’étais un chien-fou sacrifiable… Je ne suis même pas encore certain de ce que je dois réellement rapporter, et il est trop tôt pour écrire des lettres jusqu’à Gisoreux, surtout sans certitude de pouvoir les transmettre sans repérage. Mais chut. Cela viendra plus tard. N’ébruitons pas tout…

Je suis un putain de héros. J’ai réussi à vaincre un chevalier sans tête. Dans le coin de l’œil, je crois apercevoir de temps à autre un certain intérêt de la part de Lavius. C’est une flammèche à utiliser et exploiter. Mais visiblement, il est loin, très loin d’être le seul pouvoir local. À en juger par la nouvelle qu’il nous apprend aujourd’hui…

Morgane Leblé s’improvise en conseillère de guerre. Elle pose quelques questions qui viennent naturellement en tête. Les bras croisés, faisant la moue, je regarde le fameux « Neuville » qui s’apprête à répondre. C’est là que la sorcière insiste pour nous mettre dans les pattes une autre jeune fille — j’ignore qui elle est, ça commence à faire beaucoup de monde à retenir, et ma cervelle a du mal… J’hésite quand même à moi aussi lancer une question :

« Il est possible qu’ils contrôlent aussi ce quartier par arrangements. Il faudra être prudent, qu’ils ne se soient pas trouvés des alliés ou d’autres…
Qu’on soit clairs, dans le Quartier du Pont, désirez-vous uniquement des yeux ou des oreilles, ou voulez-vous que l’on approche Sepotruy pour discuter avec lui ? J’ai une apparence neutre dans quelques affaires que vous pourriez avoir avec lui… Si vous avez des affaires avec lui ? »
Armand VII de Lyrie, Chevalier Bretonnien
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[MJ] Le Naufrageur
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Re: [Morgane et Armand] Maîtresse du Mal

Message par [MJ] Le Naufrageur »

La servante acquiesce de la tête à l’offre de sa nouvelle maîtresse. L’idée de sortir un peu n’est pas pour lui déplaire. Elle n'ose bien entendu pas croiser le regard de la sorcière, et à part un petit "oui madame", elle ne va rien moufter d'autre. Jeanne porte plusieurs sacoches avec toutes les affaires que Morgane souhaite emporter. À vrai dire, elle lui sert de mule, mais elle ne se plaint pas. Elle sait très bien ce qui arrive aux serviteurs désobéissants.

Dans la cour, les hommes écoutent Leblé. Neuville, en remettant ses lunettes, se permet de répondre avec sa voix faussement mielleuse.

« Vous savez, de force et de force sont des choses bien différentes. Monsieur de Lyrie à très probablement raison. Je veux dire, quand nous avons affaibli les gangs, il y a un creux qui s'est formé. Les De Sepotruy sont ici depuis plus longtemps que n'importe lequel d'entre nous, bien qu'ils ne soient pas natifs du Moussillon.

Ils doivent probablement le faire non pas pour avoir le contrôle, mais pour un objectif précis. Le contrôle du quartier est plutôt le moyen, et pas le but, vous voyez ? Mais oui, au vu de leur réputation mercantiliste, et la quantité de commerce et d'échange conséquente dans le quartier, je n'ai guère de doute.

Mais ne sous-estimez pas nos moyens à nous, Morgane. Comme vous pouvez le voir, nous aussi, pouvons avoir des renforts. Cependant, vous l'avez bien dit, tous les criminels et habitants locaux doivent tolérer leur présence, ou sinon il y aurait des affrontements. Ce n'est donc pas vraiment une question de nombre.
»

Lavius approuve les propos de son spécialiste.

« Ce qui m'inquiète, c'est la réaction de De Sepotruy. Je ne comprends pas du tout pourquoi est-ce qu’il s’est décidé à agir ainsi. Nous avions déjà pu discuter une fois par lettres, et étant donné qu’aucune de mes intentions n'allait contre lui, j’en avais conclu qu’il aurait continué ses affaires dans le calme.

Si vous pouvez lui parler, et c’est un gros si, j’aimerais que vous lui demandiez pourquoi. Bien sûr, les choses sont rarement aussi simples. Et non, je n’ai pas d’accord avec lui, ce qui est problème.
»

« Si Morgane semble avoir une piste, nous devons l'écouter. Allons rendre visite à cette taverne, je suis sûr que les choses seront plus claires. Nous allons donc bien ouvrir nos écoutilles, pas vrai ? Bien. »

Sur ces mots, la herse est levée et les trois partent vers Moussillon. Quelques minutes plus tard, ils arrivent dans le bidonville. Une chose surprenante se produit alors. Des dizaines d’habitants locaux, si on peut les nommer ainsi, sont en train de préparer des outils. Accompagnés d’un prêtre portant un masque, ils préparent des manches en les taillant dans des branches. Beaucoup de curieux les regardent, comme d’étranges animaux qui n’ont pas leur place ici. Enfin, ils arrivent à la porte sud, et entrent dans la ville, ou du moins, la moitié qui mérite encore de se faire appeler ainsi.

Des travailleurs sont occupés à étriper des immenses escargots, de la taille d’un torse. C’est une nourriture très commune dans le duché, l’escargot géant est nourrissant et simple à trouver. Cependant, les odeurs sont fortes et le bruit est très peu ragoûtant.

Un mendiant ose s’approcher d’eux, enfin, d’Armand surtout. Il semble maladif et fatigué, il lève ses deux mains comme pour implorer le cavalier.

« M’sire, dans tout’ vot’ bonté, z’auriez une ptite pièce por un pov gueux comm’ mwé ? »

Son haleine est infecte, et si personne ne dit rien, Neuville va probablement lui mettre un coup de botte avant de continuer la route. Alors qu’ils arrivent au Quartier du Pont, l’activité est phénoménale, des hordes de marchands se bousculent presque pour serrer des mains avant les autres. À l’odeur, il ne fait aucun doute, des épices ! Un bateau rempli d'épices est amarré. La caraque porte le drapeau de Marienbourg, la sirène.

Et ils ne sont pas les seuls à l’avoir senti, c’est presque un raz-de-marée qui menace de les emporter. Heureusement, en jouant des coudes, ils parviennent à outrepasser ces foutus bourgeois avides d’argent. Morgane, elle, flotte presque entre les hommes et femmes sur son chemin. Comme une brise de vent, elle ne touche personne. L’habitude, assurément. Alors qu’elle peut se permettre de regarder autour, elle perçoit deux choses. Tout d’abord, il y a des groupes d’hommes qui ne sont ni des marchands ni des manouvriers. En effet, habillés de tenue simple, mais armés de matraques cerclées de fer, ils s’assurent que personne ne rentre dans les entrepôts. Des ouvriers semblent attendre juste devant les portes, mais aucun n’ose moufter.

Cependant, c’est un tout autre élément qui perturbe la sorcière. Une montagne de muscles se tient devant une porte, les bras croisés. À l’apparence scarifiée, sa peau, couverte de pustules et de quelques bubons, l’homme est d’une laideur incroyable. Sa mocheté n’est égalée que par sa taille, il est immense, il fait même la taille d’un ogre.
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Le géant attire beaucoup l’attention des passants, bien qu’il ne la rende pas, ses yeux étant fixés sur la Grismerie. Ses habits sont rapiécés entre eux, et pourtant, lui vont assez bien. Quelque chose perturbe la démonologue quand elle regarde le titan, comme un souvenir lointain qui revient. Impossible pour elle de mettre le doigt dessus, le brouillard de son esprit en est bien trop épais. Plus loin, ils approchent enfin d’un établissement que Morgane ne connaît que trop bien. La Sirène Chanteuse.

En approchant, ils remarquent que l’endroit est plus calme que le reste du quartier. Dedans, deux personnes discutent autour d’une table. Une jeune femme, que la sorcière reconnaît immédiatement. Madeleine. Un homme, drôlement habillé, se tient assis sur un tonneau tandis qu’une chope à moitié vide repose devant lui.

L’homme est âgé, et sa pilosité est incroyable. Ses sourcils sont comme ses moustaches, aussi longs et courbés que des dagues. Sa barbe est hirsute, et ses cheveux pointent vers le haut comme un hérisson. Son œil gauche est vert clair, tandis que son droit est bleu profond. Son pardessus est sophistiqué, et en dessous, il porte une chemise et une cravate. Ses chaussures, car oui, il ne porte pas des sandales ou des bottes, mais bel et bien des chaussures, sont fines et allongées.

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Posée sur l’autre tabouret de la table, une mallette en cuir, appartenant très certainement au monsieur. Alors qu’il parle avec Madeleine, son Bretonnien n’est pas très bon. Son accent, clairement impérial, est à couper du beurre. Quelque chose surprend Morgane, et les autres. Yves n’est pas là, en vérité, il n’y a personne d’autre actuellement. L’albionnaise, entendant les quatre nouveaux clients, est surprise, puis sourit en voyant Morgane. Elle fonce presque vers elle, avant de lui faire un câlin de retrouvaille. Jeanne reste presque à l’entrée, peu sûre de quoi faire.

« Oh tu vas bien ? Cela faisait presque une semaine sans nouvelle tu sais ? Je suis trop contente de te voir. Ah euh, salut Neuville. »

« Salut la rouquine. »

« Et bonjour Monsieuu - Sire ? B’jour. Je m’attendais vraiment pas à avoir de la visite, ‘fin, vous êtes pas à la fête du Trois-Ponts ? »


Test d’HAB des Trois pour ne pas être pris dans des mouvements de foule. Ce n’est pas super dur, donc un +6.
Test d’HAB(+8) de Armand : 14, réussite
Test d’HAB(+6) de Morgane : 1, réussite critique, tu es désormais immunisée de l’effet de foule du quartier du pont. De plus, tu vas avoir droit à une info bonus car tu vas voir quelque chose.
Test d’HAB(+6) de Neuville : 13, réussite aussi.
Vous êtes inséparables :mrgreen:

Test d’INT(-4) de Morgane : 10, échec, pas d’information supplémentaire.
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Morgane Leblé
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Re: [Morgane et Armand] Maîtresse du Mal

Message par Morgane Leblé »

La sorcière de cour acquiesce aux remarques d’Armand. L’air taquine, sourire en coin, en le regardant sans trop le regarder, faisant mine de le considérer anecdotiquement, elle répondit au chevalier d’une voix lointaine et désintéressée.

Vous avez un esprit aussi affûté que votre épée Sire. J’avoue, connaissant de quelques sombres rumeurs notre cible, ne pas avoir envisagé qu’un profil aussi brutal que le sien puisse consentir à des alliances et à des compromis. Mais même les brutes peuvent parfois déposer l’épée n’est-ce-pas ?

Mais même les brutes peuvent parfois déposer l’épée n’est-ce-pas ? Un message à double destinataire orné de quelques subtilités : d’abord à Lavius et Neuville en faisant référence à De Sepotruy, mais aussi à Armand en faisant référence à lui-même en tant que brute.

Morgane écoute Neuville donner raison à Armand. Logique. L’intuition du chevalier paraît plutôt bonne et l’argument s’en suivant, celui sur l’absence de querelles, était imparable et en béton.

Mh. Reste à savoir qui sont leurs alliés, conclue-t-elle.

Elle réagit à Lavius.

Donc Monseigneur aimerait que nous approchions de Sire De Sepotruy pour comprendre ses objectifs et ses motivations, ajoute-t-elle pensive.

Ce n’est pas une mission impossible, juge Morgane. Cependant, une question demeure : pourquoi Lavius n’envoie pas un messager avec une lettre pour lui demander directement ses motivations ? Pourquoi passer par Armand et elle ? Elle penche la tête en examinant Lavius, depuis le début il ne semble pas dans son assiette. Serait-ce de la peur ? De l’angoisse ? Monseigneur Lavius serait-il un couillard ? La sorcière est une piètre psychologue, comprendre les tenants et les aboutissants de l’esprit est un exercice qu’elle maîtrise peu.

Morgane ne porte rien sur ses cheveux. Elle défie les conservateurs et les traditions. C’est un risque qu’elle prend. Elle n’a jamais été conformiste et ne le sera jamais. Elle ne se pliera pas aux Enfants de Gilles, pas plus qu’elle ne courbera le genou devant ceux qui veulent la contrôler parce qu’elle est une femme. Et puis, laisser ses longs cheveux, enfin, au moins une mèche noire libre devant son visage, lui permet de cacher sa brûlure.

Tandis que le misérable se jette aux pieds d’Armand, Morgane qui suivait de près ses collègues avec Jeanne, s’approche soudain comme une ombre et murmure à l’oreille d’Armand.

Sire Armand. Je suggère de lui donner une pièce en échange d’informations. Ces gens m’intriguent, il se passe quelque chose dans le bidonville. Que font-ils ?

Morgane apprécie de marcher en compagnie de Jeanne, d’Armand et de Neuville. Un sourire est gravé sur son visage et même malgré l’odeur nauséabonde en ville, elle semble humer l’air comme si le parfum de la rose inondait la ville. Pour la première fois depuis longtemps, la sorcière est heureuse.

Bien que prise dans la foule, la sorcière se faufile entre les passants comme un serpent souple et habile. Elle n’apprécie pas beaucoup la proximité avec eux, elle sent leurs vêtements, leurs mains, leur chaleur parcourir sa peau. Son espace privé envahi par la foule, elle fronce les sourcils quand un passant marche dans une flaque de boue et salit sa toute jolie robe qu’elle prenait un soin à garder propre en soulevant les pans du tissu avec ses deux mains pour ne pas qu’il traîne à terre.

Sous la colère, elle pousse le passant.

Fais attention où tu marches bougres d’âne, espèce de crotteux ! Ma robe !

Elle s’éloigne de la scène et lève un pied pour regarder le tissu sale de sa robe. La sorcière regarde Jeanne et s’excuse.

Désolée Jeanne, ça va être un enfer à nettoyer…

Morgane ne le savait que trop bien, des tâches de boue ne partaient pas sans frotter avec du savon pendant beaucoup de temps. La lessive, elle connaissait ça plus que bien. Quand quelques clients venaient prendre des bains à la taverne en demandant une pute, elle se collait souvent à la lessive de leurs vêtements.

Éloignée de la foule, elle regarde l’affreux titan gardant l’entrée de l’entrepôt. Morgane est absolument certaine de l’avoir déjà vu quelque part. C’est une absolue certitude. Aux côtés d’Yves ? Elle pense que c’est ça, mais comme l’avoir au bout de la langue, elle n’arrive plus à le remettre.

Mmh. Perplexe, elle regarde Neuville et Armand. Mmh. Elle réfléchit. Puis, elle interrompt les deux hommes et leur dit.

Nous devrions organiser une soupe populaire ou un truc comme ça. J’ai l’impression que nous ne savons rien de ce qu’il se passe en ville. On a besoin d’un réseau d’information solide. Mais…

Elle croise son bras droit sous sa poitrine et pose sa main gauche sous son menton. La sorcière fronce les sourcils en gardant le navire aux épices à l'œil. Enfin, après quelques secondes, elle désigne le navire du doigt.
Dites moi que je ne suis pas folle, mais un navire pareil ici c’est du jamais vu hein ? Qui est assez riche pour acheter cette marchandise ici ? Un rapport avec le nouveau maître des lieux vous pensez ? Que vous dit votre expertise Neuville ?

Lorsqu’ils rentrent à la Sirène Chantante, Morgane regarde autour d’elle pour découvrir un endroit presque abandonné. Si elle s’attendait à ça pardi ! Sûrement pas ! Elle pensait s’asseoir à table, demander une bière et écouter les conversations d’un endroit plein d’ivrognes et d’hommes au futal baissé sur les fesses.

J’vous jure que c’est tout le temps plein à rabord comme le cul d’une pute d’habitude ! Morgane faisait parfois preuve d’une redoutable poésie.

L’ancienne tavernière se jette sur Madeleine pour lui faire un câlin comme jamais les deux hommes n’avaient vu de la sorcière pareille démonstration d’affection. Morgane tenait beaucoup à Madeleine qui l’avait aidée à ne pas se jeter d’un pont et à tenir bon malgré le travail dur qu’elles faisaient. Elle enlace la rouquine avec ses deux bras et cache sa tête contre sa poitrine.

Oh Madeleine ! Comment vas-tu ?!

Morgane se détache de la serveuse et s’avance vers le riche inconnu.

Mh. Enchantée Sire. Je me nomme Morgane et voici mes compagnons.

Elle ne lui demande même pas de se présenter. Elle compte plutôt sur Armand et Neuville pour faire connaissance avec lui. Morgane s’occupe plutôt de Madeleine.

Lorsque tu auras fini ta discussion avec cet élégant monsieur, pourrons-nous discuter Madeleine ? J’ai des choses à te demander. Y compris sur cette fête ? Il me faudrait aussi des nouvelles d'Anne et d'Yves.

Morgane veut vraiment sauver Anne de son triste sort. Si Yves est dans le coin, il est certain qu'elle cherchera à négocier un prix avec lui pour la racheter.
Morgane Leblé, Voie du sorcier illégal
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Morgane Leblé d'Artois, femme à chevalier et aimant à problèmes
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[MJ] Le Naufrageur
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Re: [Morgane et Armand] Maîtresse du Mal

Message par [MJ] Le Naufrageur »

Alors que Morgane essaie de convaincre de l’utilité du mendiant, Neuville grogne et murmure à voix basse. Il continue sa route sans prêter trop d’attention à l’indigent. Armand de Lyrie fait de même, si ce n’est que sans même regarder le gueux, il jette des pièces de bronze à ses pieds. Le menton haut, le regard empli d’un léger rictus masquant à peine son dégoût, lui aussi rejoint Le Couart. Ou du moins, pas avant de lancer bien haut un message à l’idée que le clochard pourrait leur fournir des informations.

« Comme quoi, le meilleur coin pour chier ? L'adresse où les pédés s'enculent ? »

Neuville pouffe de rire. Le quémandeur jubile presque de joie, bénissant le Sire, lui souhaitant une grande famille et une mort sans douleur. Il se prosterne, ou du moins il plonge, pour saisir les piécettes de ses mains couvertes de verrues et de bubons. Alors que la sorcière se questionne sur le bateau, le scribe, remontant ses lunettes répond de sa voix faussement mielleuse.

« Les épices coûtent très cher, notamment grâce aux taxes royales. En passant par le Moussillon, ils augmentent potentiellement massivement leur marge de vente, si tant est qu’ils parviennent à outrepasser le cordon sanitaire… »

Leblé le sait, des centaines de tours gardent la frontière, empêchant quiconque de rentrer et de sortir du Duché des Damnés. Bien sûr, parfois, il y a des failles dans la sécurité. C’est le beurre des contrebandiers, des passeurs et des criminels qui cherchent à fuir la justice.

« Il arrive donc parfois qu’un de ces navires parvienne à échapper aux pirates, aux corsaires, à la marine et aux naufrageurs des côtes. Comme aujourd’hui, ça arrive de temps en temps, une fois par mois pour les biens de luxes. Ils espèrent vendre le gros de la marchandise aux particuliers locaux je devine. C’est moins risqué de passer la frontière en étant bien allégé après tout.

Tout ça pour dire… du calme Morgane. Un peu de nerf, vous feriez bien d’apprendre de Sire Armand. Il est impavide, lui.
»

Armand est bel et bien impavide, ou alors il n’en a strictement rien à foutre, peut-être les deux. Cependant, Neuville semble de plus en plus agacé face aux remarques de la démonologue. Il serre un peu les poings avant d’expirer, las de tout cela.

« Morgane, j’ai déjà un réseau, ça fait des années que je suis dans la ville d’une position assez haute pour voir un peu de tout. Et puis - ah, nous y voilà. »

Il roule des yeux quand l’expression colorée émane de celle qui veut se mettre à côté des nobles. Madeleine, elle, tapote l’arrière de la tête de son amie qui ne démord pas de son étreinte. Elle semble un peu fatiguée, et ce bien que la journée ne soit pas mouvementée dans l’établissement. Rien d’inhabituel dans la routine locale, en somme. Enfin libérée du câlin très personnel, elle place son bras derrière le dos de son amie aux cheveux noirs. Près du comptoir, à deux, elles discutent.

« Oh la fête ? Bah c’est pas vraiment un truc classique quoi. De ce que Yves m’a dit, c’est l’autre De Sepotruy qui a organisé ça en dernière minute hier. Ça emmerdait pas mal le chauve, il avait prévu de passer la journée autrement.

Yves va bien, il va même mieux je dirais. J’l’ai même vu esquisser un sourire du coin de ses lèvres. En même temps, faut dire qu’il rachète des trucs dans tous les sens. Les deux bâtiments qui sont joints à la taverne, ils sont à lui désormais. Avant c’étaient des truands des Sang d’Argents qui y habitaient, mais ils ont très vite déménagé dernièrement. Aucune idée pourquoi, ils étaient de bon clients pourtant…

Je vois pas trop Anne ces derniers temps, elle passe plus de temps avec Yves, je crois qu’il lui a trouvé un nouveau truc à faire. Yves est sûrement là-bas avec elle.
»

Alors qu’elle répond, elle en profite pour nettoyer le bar à grands coups de chiffon. Pendant qu’elle discute, Neuville et Armand font connaissance avec le monsieur. Il se nomme Der Kanzler, et son accent est redoutable. Les "je" deviennent des "che", des "v" deviennent des "f", et certains "s" des "z". Il reste cependant entièrement compréhensible, et son vocabulaire est riche. Lorsque le binoclard apprend que Der Kanzler est un Compas Doré, il écarquille les yeux avec admiration. Même un chevalier comme Armand le sait, que les Compas Dorés sont les ingénieurs d’Altdorf ayant réalisé un Magnum Opus, une œuvre ultime. Après avoir échangé quelques mots en classique qui sont passés au-dessus de la tête du Gendarme, le nez de celui-ci remarque quelque chose. Le moustachu possède un parfum âcre, comme le charbon, et quelques dépôts blancs se trouvent sous ses ongles. Au départ il pensait voir un autre enthousiaste du Délice de Ranald, mais très vite il se rend compte que c’est autre chose. L’odeur de soufre qui émane de ses habits ne laisse aucun doute, c’est du salpêtre. Charbon, salpêtre, soufre. De la poudre à canon.

La présence d’un éminent homme de science en ces terres lui échappe cependant. Il a loué une chambre ici pour quelques mois, à l’avance. Après ces discussions assez amicales, les quatre repartent en direction de cette fête. La foule devient plus concentrée, mais des couloirs se forment entre différents ouvroirs qui attirent l’attention. Une vieille madame qui prédit l’avenir en tirant des cartes, un spectacle de poupées en bois, de la nourriture pas trop mauvaise, de quoi attirer les regards ! Plus loin, dans deux grands chapiteaux réunis pour n’en former qu’un, de nombreux curieux sont affalés en silence. Un silence brisé constamment par une voix que Morgane connaît bien.

« Et puis, vous n’en avez pas totalement besoin tout le temps, si ? »

Yves. En approchant encore plus, la sorcière se faufile entre les gens, mais par mégarde, oublie qu’ils s’ajustent eux aussi. Désormais, à moins de faire preuve de violence, elle ou quelqu’un d’autre, elle ne peut plus revenir en arrière. Quand Armand à son tour, de ses pas alourdis, avance, des halètements retentissent tout autour. Enfin, il comprend pourquoi.

Yves discute avec quelqu’un, ils sont sept autour d’une très grande table en bois.
Allez, je remets son image pour le plaisir :
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Cependant, contrairement au truand laid et dégarni, l’interlocuteur le plus proche de lui est bien différent. Plutôt petit et mince, c’est un jeune homme aux cheveux longs et soyeux qui est assis les jambes croisées. Ses habits sont stupidement luxueux. Une fourrure blanche comme pardessus, un collier incroyablement complexe autour du cou, des habits en soie. Ses yeux sont d’un vert qui prend des teintes bleutées. Des lèvres pulpeuses et un nez droit s’occupent de parfaire son faciès. Il est jeune, et sa peau est aussi pâle qu’une noble maquillée. C’est très simple, sa beauté est époustouflante.

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Sur la table, douze pistolets sont alignés entre les hommes. Les cinq autres, à l’image d'Yves, sont des truands. Tatouages, piercings, ils dénotent fort du coq riche. Armand connaît bien ce jeu, il l’a déjà vu pratiqué plusieurs fois. Une partie de roulette Kislévite. Parmi ces armes, une est chargée. Et chacun à son tour doit prendre une arme, la pointer sur sa tempe, puis tirer. Si elle est vide, l’arme est mise de côté. Ce jeu macabre et cruel s’arrête uniquement lorsque la poudre parle.

Autour d’eux, des paris ont commencé à se lancer. Le beau, avec de petits gestes maniérés, s’amuse à toucher un à un les pistolets, il ignore presque le patron de la Sirène Chantante. La partie semble l’intéresser bien plus. Cependant, même lui remarque le gendarme. Il penche la tête sur le côté, tout en regardant sans cligner des yeux de Lyrie. Sa voix est douce et limpide, il a suivi des cours de diction.

« Que vois-je ? Un cavalier du Roy, ou un grotesque farceur ? »

Les criminels sont nerveux, surtout les tatoués qui se crispent sur leur chaises, prêt à réagir au quart de tour, probablement pour leur propre vie. Yves regarde autour de lui, quand il aperçoit Morgane et l'envoyé d'Oisillon, ses yeux s'écarquillent.

« Un, un gendarme ??? Mais, oh non, pas elle… »

Suite aux propos d’Armand : +1 Point de Dévotion envers la Dame en Noir.
Test de CHA(+6 car tu es amie avec Madeleine) : 3, très large réussite. Elle va ouvrir grand la bouche.
Test d’INT(-2) d’Armand : 3, large réussite. Tu comprends plusieurs choses sur le monsieur moustachu.
Test de FOR(+2) de Morgane : 19, échec automatique.
Venez me rendre visite, Aux Récifs

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Morgane Leblé
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Re: [Morgane et Armand] Maîtresse du Mal

Message par Morgane Leblé »

~ Dans la rue ~
La sorcière plissa les yeux de mécontentement. De base déjà émotive et prompte à des colères fulgurantes, son pacte avec Shur-na l’avait rendue encore plus tendue et à fleur de peau que d’ordinaire. Il ne lui en fallut pas plus pour marcher plus vite, passer devant les deux hommes et se retourner vers eux pour bloquer leur passage.

En colère, la sorcière fixa les deux hommes qui lui faisaient face et elle s’adressa directement à eux sur un ton qui ne laissait pas place à l'ambiguïté sur ses sentiments. Elle regardait ses deux compagnons avec un voile rouge sur ses yeux, un poing serré sur la poignée de sa dague dissimulée sous sa robe, à son dos.

- Écoutez-moi bien tous les deux.

Elle s’approcha d’Armand et posa son index sur son torse, le poussa en arrière avec une certaine violence, puis répéta la même chose avec Neuville. En parlant, elle continuait de les pousser et d’avancer vers eux.

- Je vous considère comme des alliés précieux. Je risquerais ma vie pour vous protéger. Je lirais cent grimoires magiques pour vous soigner s’il le fallait. J’en lirai une centaine d’autres pour détruire ceux qui cherchent à vous faire du mal. Je suis prête à tout pour mes alliés, parce que c’est ce que j’exige d’eux : le dévouement. Mais continuez à ne pas me respecter et à vous foutre de ma TRONCHE, je vous jure que je vous prouverais que ma magie peut être très redoutable.

Pour la troisième et dernière fois, elle poussa Armand avec son index, énervée, en colère. Ses joues étaient rouges. Elle se sentait victimisée et injustement incomprise.

- Au lieu de vous moquer de moi, aidez-moi comme j’en ferais autant pour vous. Je suis faillible sur autant de points, parfois même un peu bête pour certaines choses, mais c’est parce que j’ai passé toute ma vie à étudier la sorcellerie ! Je n’ai pas votre intelligence Neuville, ni votre courage Armand, mais c’est justement pour cela qu’on forme une bonne équipe selon moi. Lorsque vous m’avez demandé de vous parler de magie et des âmes, bien que certaines choses me paraissaient limpides et évidentes, j’ai pris le temps de vous expliquer, ça sans me moquer !

Morgane passe sa main droite sur son front pour balayer une mèche de cheveux gênante. La gauche est toujours cramponnée à sa dague, prête à être dégainée.

- Parce que, merde ! Franchement, je ne comprends même pas pourquoi vous me parlez comme ça pour tout vous dire !?

Sa réaction était excessive, mais Morgane était ainsi faite, car la sorcière avait grandi à l’écart du monde cachée des demoiselles, dans une forêt en Artois. Elle n’était pas habituée aux relations sociales, son éducation en marge de la société avait fait d’elle une personne peu prompte à s’imposer et à communiquer. Même sans son pacte avec le démon, elle aurait probablement fini par exploser un jour ou l’autre, certes plus tard, mais quand même. Toutefois, sa discussion avec Shur-na lui avait donné un sérieux coup de pied aux fesses, la poussant à agir plus tôt que prévu.

~ A la taverne ~
Dans une position peu féminine, Morgane s’était assise de l’autre côté du comptoir, les jambes légèrement écartées au lieu de les fermer, comme si elle avait oublié qu’elle portait une robe, laissant un espace vide sur la tabouret. Les paumes de ses mains remplissaient cet espace vide entre ses cuisses. Elle s’était assise comme une enfant.

- Tu sais ce qu’il avait prévu ?

Morgane se frottait intérieurement les mains, elle peinait à cacher à Madeleine un sourire tandis qu’elle entendait que cette fête emmerdait le chauve. C’était une très bonne nouvelle. Tout ce qui emmerdait Yves était, aux yeux de Morgane, une victoire à fêter. Assise ainsi et en ayant la bougeotte sur son tabouret, Morgane froissait sa robe, déjà tachée de boue. La sorcière avait l’air bien dépareillée à présent.

- Uep c’est une étrange histoire. On se demande bien ce qui s’est passé avec les sangs-d’argent.

// Naufrageur : Madeleine est presque gênée de voir Morgane habillée ainsi, elle se met à genoux et commence à nettoyer la robe.

Madeleine : « Oh, difficile à dire. J'pense qu'il veut agrandir l'endroit, en faire plus qu'une taverne, auberge et un... tu vois quoi. Peut-être un salon de jeu ? Ils appellent ça comment en Tilée déjà ? Un casino. Peut-être qu'il veut en faire un casino. Il se plaint aussi souvent de la difficulté d'obtenir de l'alcool, c'est vrai que c'est chiant il y a pas vraiment de brasserie. Peut-être qu'il veut en faire une ? »

La rousse lève la robe au niveau des cuisses pour nettoyer la partie intérieure.

Madeleine : « Si ça continue comme ça, il va racheter la maison à l'arrière, et celles à côté d'elle. Ca ferait six petits bâtiments quand même. S'il se développe comme ça, je lui demanderai une augmentation. » //

Morgane fut bien surprise de voir la réaction de Madeleine, elle ne s’attendait pas à ce que son amie se presse vers elle pour nettoyer sa toute nouvelle robe. Légèrement décontenancée, elle plissait les yeux pendant qu’elle réfléchissait. ”Ce qu’elle fait est un peu soudain quand même…” Pour finir, la sorcière haussa les épaules, acceptant sans poser de questions le geste de la tavernière.

- Merci Mad’ Mh. Tu devrais faire pareil Jeanne, c’est ton travail que Madeleine fait à ta place. Je devrais peut-être lui donner ton salaire, dit-elle, amusée, en faisant une blague, mais qui contenait un fond de vérité.

Elle se redressa et resta debout en étant statique, Morgane laissa Madeleine et Jeanne s’occuper de refaire petite une beauté à sa belle robe. Son visage se teint de rouge pour la seconde fois lorsque la rousse passa sa main sur sa cuisse, provoquant sur elle un léger frisson et la chair de poule.

- Tu devrais vraiment venir au château Madeleine. J’apprécierais beaucoup ta présence à mes côtés, plus qu’Yves ne le fait, ça c’est certain.

La sorcière semblait plutôt sincère sur les mots qu’elle disait à Mad’. Jeanne et Madeleine pourraient être deux bonnes alliées sur qui compter. Voir même les premières qu’elle marquerait pour son pacte.

~ A la fête ~
Morgane se fraye un passage dans la foule sans trop de difficultés. Elle n’hésite pas à bousculer au passage une ou deux personnes de constitution plus fragile, peut-être des femmes, qui paraissent plus faibles, pour passer devant et arriver jusqu’à Yves.

- Je ne vous aime pas beaucoup non plus Yves ! Mais de là à dire “pas elle” quand même. Elle rigole. On a quand même vécu un moment ensemble ! Je n’aimerais pas voir votre cervelle dégouliner sur ma belle robe, alors laissez-moi faire une petite prière pour vous.

Quel spectacle devant elle ! Grandiose ! Qu’elle adore voir Yves dans cette position très inconfortable, elle espère secrètement, enfin pas vraiment si secrètement que ça, au vu de son sourire carnassier, qu’il joue au jeu et qu’il va devoir se coller une arme sur la tempe. Elle en dévorera chaque seconde. Heureusement pour lui, elle pouvait peut-être l’aider, s’il acceptait les conditions de la sorcière en échange.

Après avoir terminé de jubiler, la sorcière répète quelques gestes et quelques mots au yeux et à la barbe de la foule et des truands, mais elle fait en réalité une incantation pour invoquer Shur-na.

// Naufrageur : Shur-Na Gobiloed : « Aaaah, la sorcière pointe enfin le bout de son nez. Sois concise, je n'ai pas de temps à perdre, pas maintenant. » //

Comme demandé, la sorcière essaie d’être très concise avec le démon. ”Un homme à cette table s’appelle peut-être De Sepotruy, un autre s’appelle Yves.” Elle désigne les deux hommes du regard. ”J’aimerais au moins poser ma marque sur l’un des deux, peut-être même sur les deux. Et j’ai besoin de ton aide.”

// Naufrageur : Shur-Na Gobiloed : « Sous cette forme, je ne peux agir sans briser ton esprit. Ta marque viendra, c'est ton sort qui en dépend. Sorcière, que veux-tu savoir ? » //

"Je veux connaître la raison de ce jeu macabre. Pourquoi ils sont réunis sur cette table et quel est ou quel sont le ou les pistolets chargés. Je veux aussi savoir pourquoi de Sepotruy s'est mis soudain à contrôler le quartier. Quel est son objectif ? Que veut-il ? Quel est son but ? Quel est son point faible. Je veux savoir la même chose à propos d'Yves."

Morgane est hésitante, elle ne connaît pas l’étendue des pouvoirs de Shur-na, mais cette première invocation lui servira de test pour savoir de quoi il est capable.

// Naufrageur : Shur-Na Gobiloed : « Je suis dans ta tête, pas dans celle des autres. Mais il suffit d'observer pour comprendre. Celui sans poil transpire la cupidité. Il est esclave de l'or et l'argent. Un rat d'opportunité. L'autre s'ennuie, il cherche à se divertir. Ce jeu que tu appelles macabre, pour lui, cela semble être un simple début de semaine. Un esprit cruel comme je les aimes. Les deux ont une lueur d'intelligence dans leur yeux, les prendre pour des idiots serait une erreur fatale. Ils ne font pas les choses par hasard. Mon conseil est le suivant. Toute action, en cause une autre comme réaction. Si ce beau minet, comme tu l'affirmes, a pris le contrôle du quartier, quelque chose l'a poussé à cela. Pour le reste, moi Dragon, je m'en moque. » //

Elle acquiesce et pose une nouvelle question :

”Merci pour cette réponse Dragon. Ta sagesse va m'aider. Mh je ne te retiendrais pas longtemps comme tu es occupé, deux ou trois minutes pas plus. Ton esprit tout à fait unique est à même de concevoir des plans malveillants que je ne saurais encore planifier. Que me suggères-tu de faire pour attirer leur intérêt et marquer le coup ? Je suis sûre que tu as des bonnes idées et puis, le spectacle devrait sûrement te plaire.”

Morgane avait quelques idées, mais elle voulait connaître le genre d'idées et de plans qu'un démon comme lui pouvaient concocter.

// Naufrageur : Shur-Na Gobiloed : « Je ne peux te donner un plan, si tu ne me dis pas ce que tu veux faire. La pire chose qui puisse arriver ici, c'est que ça devienne un bain de sang. Tu risques d'y perdre des plumes. Cependant, si d'une façon ou d'une autre, tu parviens à savoir exactement ce que l'un d'eux veux, tu pourras commencer une étreinte et une emprise sur lui. C'est le danger d'être le centre de l'attention, et son plus grand avantage. Tout le monde pense à toi. Mais en cas de problème, tous les doigts seront pointés sur toi. C'est exactement que ce que fait celui aux yeux bleu-vert. Il se met au centre, pour choisir quoi faire. Mais tu ne sais pas quel sont ses choix. Tu vois où je veux en venir ? » //

“Je n'ai qu'à l'observer pour connaître ses choix dans ce cas ?"

// Naufrageur : Shur-Na Gobiloed : « Si tu ne veux pas risquer de lui tirer les vers du nez, c'est une bonne idée. Peut-être essayé de rassurer le chauve qui se nomme Yves ? Il sait bien plus que toi, s'il se sent menacé, il va partir. » //

"Mais je ne connais pas quels pistolets sont chargés. Si je veux le rassurer, je devrais lui mentir. Je pourrais peut-être lui avouer que je suis une sorcière et que je sais quelle arme prendre, lui dire de prendre un pistolet, en réalité au hasard, s'il survit, il me remerciera, s'il meurt, j'aurais ma vengeance."

// Naufrageur : Shur-Na Gobiloed : « Qu'est-ce qui te fait croire que lui, veut jouer à ce jeu ? » //

Elle hochait la tête "de Sepotruy leur imposerait à tous de jouer ? Ce serait cohérent. Il cherche sûrement à leur faire peur et à se faire respecter alors."

// Naufrageur : Shur-Na Gobiloed : « Je ne crois pas un seul instant qu'il va jouer, ce jeune homme et les tatoués, eux, oui. » //

"Il a forcément un plan pour ne pas jouer alors. Peut-être des gars prêts à en venir aux armes." Elle réfléchit quelques instants "J'y vois bien plus clair grâce à toi. Je te remercie Dragon. A moins que tu ne souhaites profiter du spectacle plus longtemps, j'imagine que tu as de grandes choses qui t'attendent ?"

Morgane observait le spectacle d’un œil très distrait, plus fixée sur ses pensées que sur la roulette kislevite. Tandis que la présence du démon la quittait, elle revenait peu à peu sur terre, comme réveillée d'un long rêve. Elle croisa ses bras sur son torse et lança à Yves quelques mots depuis la foule. Ils seront sûrement plusieurs à pouvoir entendre la sorcière. Cette dernière ne se fait pas avare en compliments.

- Un gendarme qui a terrassé un mort-vivant devant moi ! Courageux comme cent hommes et fort comme cent hommes de plus ! Nous sommes devenus amis. Et nous sommes amis Yves. Donc mon ami est forcément ton ami.

La sorcière sourit à Yves, c'est un sourire feint et faux, mais qui a le mérite de faire exister son effort pour paraître amicale envers le truand. Elle chercha le regard d'Armand pour voir sa réaction. Il était à côté d'elle, lui-même à côté de Neuville et de Jeanne. Elle marmonna à l'oreille du Gendarme.

- Le chauve, faut que je puisse lui parler en tête à tête, il sait beaucoup de choses. Faudrait qu'on puisse s'arranger à faire la même chose avec l'autre bellâtre qui compte les armes, c'est certainement l'homme qui nous intéresse. Elle cherche la confirmation en croisant le regard avec Neuville. Puis, toujours en parlant très bas pour n'être entendue que de ses alliés d'infortunes, elle continue à dévoiler sa pensée.

- J'ai fais mes trucs, vous savez quoi, pour obtenir quelques renseignements. Le beau coq s'ennuie, il veut du spectacle, on devrait en apprendre plus sur ses objectifs en observant et en devinant l'objet de ce jeu. Le chauve a peur de mourir, tout ce qui l'intéresse, c'est l'argent.
Morgane Leblé, Voie du sorcier illégal
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Armand VII de Lyrie
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Re: [Morgane et Armand] Maîtresse du Mal

Message par Armand VII de Lyrie »

Il est toujours extrêmement agréable de se faire mousser — moins quand c’est à dessein. Morgane n’a pas de connaissances de l’étiquette de cour, mais elle me met en avant comme son boyo personnel, et à présent, tous les regards sont sur moi… Obligé de jouer le jeu : c’est important quand sa damoiselle vous met au défi de faire honneur à ce qui est demandé. Surtout qu’il y a bel et bien un but derrière.

Après que la sorcière m’ait « introduit », je remplis mon rôle : je tire la tronche, fait deux pas en avant, claque les talons et lance un pète-sec : « Maréchal-des-Logis de Lyrie, gendarmerie royale. »

J’observe la table et les pistolets. J’en pointe un du doigt, et avec un ton un peu apprêté, je demande : « Alors, c'est quelle botte secrète ? Le pistolet chargé a une rayure ? »

Je mets le doute. Fait croire à de la triche. Cela a l’air de marcher. Le noble se met à s’engueuler avec un des joueurs :

« Je pensais pourtant avoir sorti des neufs. Enchanté, maréchal de Lyrie. Est-ce vrai, monsieur Ferrien ?
– Je... non, jamais monseigneur, je -je vous assure qu'ils sont neufs ! Comme demandé ! Il proteste en bégayant, avec de la sueur qui commence à perler sur ses tempes.
– J'espère bien, qu'en pensez-vous, maréchal ? Devrions-nous quand même jouer ? »

Je grommelle. Je lance un petit regard à Morgane en coin, avant de réagir d’une voix froide et que je désire cinglante :

« Il y a une différence assez fine entre la témérité et la débilité, sire. »

Je crois que j’ai réussi à vexer le noble. Il reste nonchalant alors qu’il se range à mon opinion :

« Oh, assurément. Ça doit être pour ça qu'on vous a envoyé au Moussillon et pas un autre.

Mes excuses aux autres, mais je crains que le doute m'habite. Ce sera une prochaine fois.
Que puis-je faire pour vous, maréchal ? »


Qu’est-ce que je veux ? Pas grand-chose de sa part. Je crois deviner qui il est, mais j’aurais préféré une observation silencieuse dans l’ombre que d’échanger avec lui. Et puis il y a bien trop de monde autour de nous à mon goût. Alors, je joue : je sors mon plus bel accent Aquitain, m’avance, dévisage tout le monde un par un, puis lance un laconique :

« Pourrais-je voir les permis de port d'armes de ces messieurs ? »

Le noble sourit. Les truands tatoués se lèvent petit à petit pour me défier : certains placent leurs mains à la ceinture ou dans le dos, je devine qu’ils ont des couteaux. Je leur répond calmement en serrant des dents : je tire sur mon mantel, et dévoile mon fourreau où est rangée mon épée de cavalerie. Une main se place sur la garde, prêt moi aussi à dégainer.

L’homme qui sue, Ferrien, se lève et fait des signes d’apaisement : « Voyons, maréchal, y'a pas besoin de licence pour porter une arme. Après tout, le Duché tout entier fut renié par les Roys, et est donc hors-la-loi, pas vrai ? »

Il m’offre une porte de sortie. Homme intelligent. J’offre une moue quelconque — je n’ai pas peur, même face à une demi-douzaine de caïmans plus costauds et plus grands que moi. Pourquoi je n’arrive jamais à avoir peur ? Enfin, du tac-au-tac, je lance juste un : « Hors-la-loi signifie que l'on n'est plus protégé par la loi, pas que l'on ne doit plus les respecter, maître...
...Même si je sens que ces messieurs me répondraient qu'ils n'ont pas besoin de ça pour assurer leurs propres protections, je devine ? »


Yves, le Chauve à qui Morgane souhaite que je parle, intervient enfin. Il tape ses mains sur sa table, se lève avec une dignité royale, et tance :

« Bon, les copains, vous êtes bien rigolos mais on est pas à une exposition animale. Si vous voulez vous amusez, les autres ouvroirs sont ouverts. Et si vous voulez boire, la Sirène Chantante est ouverte. Allez, un peu d'air s'il vous plaît. »

La foule commence à partir petit à petit. Le bar se vide.

« Tu veux nous laisser seuls avec lui, c'est ça, Yves ?
– Est-ce que tu viens de réaliser ce que tu viens de dire, ducon la joie ? »

Là j’ai moins de capacité à comprendre ce qui se passe ; je m’écarte pour protéger Morgane, la colle en laissant les truands passer, que je dévisage mais cherche à ne pas provoquer. Ferrien, qui ramasse également ses affaires, comme soudain forcé de rentrer à la niche par le Chauve, me fait un signe de tête et me lance :

« Monseigneur, on va vous laisser les armes comme cadeaux, après tout, pas besoin de licence, vous êtes noble, vous.

Bienvenu à Moussillon, Maréchal. Et comme le veut la coutume, je vous souhaite une mort rapide et sans douleur. »


En toute réponse, j’offre un salut militaire à sire Ferrien. Brave homme.

Tout est donc bien qui finit bien. Nous avons maintenant une tribune. Probablement courte. Yves applaudit, et commence à se semi-rasseoir :

« Bravo, bon, maintenant qu'on est entre gens avec plus qu'une demi-cervelle, venez vous asseoir. Vous êtes pas venu juste pour nous passer le bonjour. »

Non, on est pas juste venus passer le bonjour ? Alors que Morgane s’approche de la table et demande quelle chaise elle peut prendre, je me dirige vers la table. J’attrape un des pistolets, observe la crosse et le canon — il n’y a rien que je trouve bien utile. Mademoiselle Leblé se fait asseoir comme une dame par Yves, et c’est là que j’interviens avec une voix plus calme et avec un accent plus « continental » :

« Comment dois-je m'adresser à vous, messieurs ? »

Le noble répond : « Je suis Sébastien de Sepotruy, marquis et futur justicier au nom de ma famille. Vous pouvez m’adresser avec monsieur, vous aussi êtes noble, après-tout. Pour la jeune femme, ce serait monseigneur, sire, ou excellence, en son choix. »

Le chauve conclut : « Yves. »

Morgane lance quelques politesses. Je les trouve personnellement excessives mais je ne dis rien — ça me fait plaisir de voir que mademoiselle Leblé tente de s’inspirer de ma manière étrange de parler et de louvoyer… Il y a du potentiel dans cette gueuse beaucoup trop douée mais également beaucoup trop folle pour son bien. Un tas de poudre qui demande juste à sauter, elle est trop intéressante pour être gâchée. Malheureusement, les malfrats sont des gens visiblement prompts à entrer dans le vif du sujet, et ne voulant pas faire du blabla introductif de politesse — c’est dommage d’ailleurs.

« Je vois. Cependant, je vais devoir comme Yves ici présent, insister un peu plus. Pourquoi être venu nous voir ? Il est facile de deviner un lien, mais je n'aime pas présumer.

– Vous non monseigneur, mais moi je ne me gêne pas. Qu'est-ce que Lavius de Moussillon nous veut ? »

De Moussillon. Je lève les yeux au ciel et semi-souffle, pour montrer que je trouve le prédicat ridicule. Le noble hoche de la tête :

« Je suis d'accord, mais bon, les archives héraldiques sont avec lui, de ce que j'ai entendu. »

Lavius, un descendant du Compagnon Landouin ? N’exagérons rien. Mais je garde évidemment mon opinion personnelle sur ce que je pense de cette folle et sa petite bande de truands. Je m’approche de la table, tire ma chaise pour m’affaler à côté de Morgane, en lançant une blague que seul l’aristocrate peut comprendre :

« Bien sûr. Quelle édition, l’Armorial ? »

L’Armorial de Bretonnie regroupe les noms et les héraldiques de toutes les familles nobles ou prétendant à la noblesse du pays, ce qui nécessite un sacré travail de la part des hérauts de notre monarque. Avec ma petite question l’air innocente, je sous-entends que Lavius est soudainement apparu d’une édition à l’autre — qu’il usurpe noblesse, en fait.
C’est tout un jeu, l’étiquette Bretonnienne. Arriver à dire des horreurs l’air de rien. Pouvoir camoufler derrière une blague ou une simple question innocente de graveleux sous-entendus…

« La belle mademoiselle Leblé ici présente est en effet ici de la part du sire Lavius. Plus que ses services, elle souhaitait présenter les hommages de son sire… Moi-même, en revanche, je suis là parce que la gendarmerie royale veut savoir ce qui se passe à Moussillon.
J’ai en effet ramené à la paix de Mórr un cavalier sans tête hier soir. Un événement totalement normal et attendu dans une province comme celle-là, j’imagine ? »

Je les laisse essayer de détailler des événements bizarres et ésotériques qui pourraient intéresser — je fais celui qui n’est pas intéressé par la présence des nobles ici. Ça, ça sera à Morgane de pousser le sujet…

« J’ai une… Expertise sur des questions… Surnaturelles, même si l’on m’a surtout demandé de faire de la reconnaissance. Je fais le tour de la ville pour me renseigner pour le compte d’Oisillon, je pense que vous pouvez comprendre. »

Évidemment je mens complètement. Je ne suis ni répurgateur, ni alchimiste, ni herboriste. Mes seules « connaissances » ésotériques viennent du fait que je sors avec une obsédée de la magie et des écrits anciens — mais ça m’offre un alibi « agréable » pour des malfrats, qui pensent donc que si je suis juste un sorceleur, les questions de trafic ou de contrebande n’ont aucune importance à mes yeux. C’est mieux, quand on est face à un gendarme. Notre organisation a l’habitude de couper les mains des voleurs et de marquer au fer rouge le front des resquilleurs de la dîme et de la gabelle.
Armand VII de Lyrie, Chevalier Bretonnien
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Morgane Leblé
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Re: [Morgane et Armand] Maîtresse du Mal

Message par Morgane Leblé »

Armand amène le sujet du chevalier sans tête sur la table dans la discussion, c'est une très bonne initiative, saluée par Morgane d'un sourire et d'un hochement de tête. La sorcière commente.

- Le chevalier avait un blason que nous n'avons pas pu reconnaître, mais peut-être que vous en saurez plus ? Une peinture noire, un lézard ? Le chevalier mort-vivant s'attaquait aux marchands, grâce à notre intervention, le commerce a pu reprendre.

Morgane croise ses jambes de biais en s’installant après avoir lâché la main d’Yves. Appuyée sur l’accoudoir du siège, affalée dessus, elle adopte une posture détendue, presque paresseuse. Néanmoins, son manque d’élégance est balayé par la confiance en elle qu’elle dégage, assise sur ce siège comme si le lopin de terre sous ses fesses appartenait à sa lignée, la sorcière, d’apparence noble, adopte sur son visage la sérénité d’une joueuse de poker. Ayant besoin de temps pour réfléchir, elle laisse parler Armand et se perd dans ses pensées. ”Je n’aime pas son insistance avec laquelle il veut me faire montrer mon jeu.”

Leblé ramène plusieurs fois son index vers l’avant, faisant signe à Jeanne de venir vers elle.

- Je crois que ces messieurs ont soif Jeanne. Soit une bonne femme et occupe-toi bien d’eux s’il-te-plaît, déclare-t-elle à voix haute - Je veux que tu serves Sébastien en premier et que tu remplisses bien sa chope. En le servant, veille à bien te pencher vers lui et garde sa chope pleine, je veux que tu le pousses subtilement à la consommation, marmonne-t-elle cette fois à l’oreille de sa servante.

Morgane demande discrètement à Jeanne de séduire Sepotruy pour le pousser à s’alcooliser. La sorcière se recoiffe, elle se sert de ses longs cheveux noirs pour masquer la partie brûlée de son visage.

- Pardonnez moi votre Excellence, je ne tournerais donc pas autour du pot. J’ai entendu quelques bruits de couloir sur vous, je n’y prêtais pas d’importance, je ne suis pas du genre à prêter attention aux rumeurs, mais ensuite une amie m’a parlé de votre fête.

Une façon de le provoquer. De battre le fer chaud. Cela dit, Morgane le dévorait du regard, elle en aurait bien fait sa gourmandise du soir, l’homme était tout à fait à son goût physiquement. Elle lui trouvait même un charme comparable à celui d’Armand. Le charme de bras assez forts pour ne pas avoir besoin d’un lit. Elle jette un regard à Armand, joue dans ses cheveux avec son index et pense T’en fais pas, tu restes mon chevalier préféré.

- Et je dois dire que je serais très déçue de partir de cette fête sans m’être amusée. C’est normal de vouloir s’amuser pendant une fête, non ? Qu'en pensez-vous sire ?

Elle se mord la lèvre inférieure en regardant Sepotruy. La sorcière tourne autour du pot, elle veut l’amener à répondre à ses questions sans avoir besoin de les poser.

Mais plus que des réponses, Sepotruy attirant tous les regards et devenant la coqueluche en ville, Morgane le met publiquement au défi. Elle a pu réfléchir à un plan. Elle est presque certaine que Sepotruy va accepter, le contraire serait étonnant. Il veut attirer l’attention, se coucher face à une femme ternirait sa réputation. C'est l'avantage d'être une femme.
Morgane Leblé, Voie du sorcier illégal
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Re: [Morgane et Armand] Maîtresse du Mal

Message par [MJ] Le Naufrageur »

Alors que Armand remet subtilement en doute la légitimité de Lavius, Sébastien écarquille un petit sourire de coin avant de secouer de droite à gauche sa tête. Il semble avoir été amusé par cette remarque. Yves, lui, reste impassible. Cependant, quand le chevalier mentionne son combat et sa victoire contre le mort-vivant, mes deux lèvent les sourcils, se regardent et hochent la tête. Le patron-truand prend la parole.

« Ça arrive, mais c’est pas de bon augure. Après, si vous voulez faire de la reconnaissance, évitez les bois au nord des marécages côtiers. Des loups qui se tiennent debout s’y trouvent. Un petit cadeau de l’Artenois. Me demandez pas comment je le sais, moi-même, j’aurais préféré ne pas le savoir.

Vous voyez, maréchal, les emmerdes en Moussillon, ça vole en escadrille. Tant que vous l’avez enterré rapidement, c’est ce qui compte. Mais vu que vous êtes expert, vous devez savoir ce qui se passe quand on le fait pas.
»

Il rigole, pourtant, il n’a pas l’air du tout de se moquer du jeune noble. Son rire est extrêmement nerveux, il semble terrifié à l’idée que ce mort-vivant ne soit pas enterré correctement. Lorsque la sorcière mentionne le blason et le commerce, le magnifique damoiseau reste fixe comme une statue, et un instant de silence gênant se manifeste avant qu’il ne le brise.

« Je crains que personne ici ne puisse vous aider. Mais si vous êtes responsable de cette résolution, je suis sûr que d’autres vous remercieront. Je préfère le commerce maritime. Et puis, un lézard en noir ? Quelle laideur, il faut être vraiment disgracieux pour porter tel héraldique. Qu’est-ce qui viendra ensuite ? Un porc ? Une chèvre ? Un gros pigeon jaune ? »

Il émane un gloussement sensible, sa propre remarque l’amuse beaucoup. Yves, en contrepartie, est soulagé et détend ses épaules tendues. Morgane le sait, le chauve profite de ses affaires par la voie terrestre presque exclusivement.

« C’est déjà ça de pris, tcheu’ti… »

Alors que Morgane impose à ses hôtes, chez eux, de boire pour son amusement, les réactions sont très variées. Yves serre très fort les dents, Sébastien hausse les sourcils et penche la tête. Une véritable confusion générale règne dans le chapiteau. Même Jeanne, surtout Jeanne, à vrai dire, ne comprend pas du tout au premier abord pourquoi on lui demande de se comporter comme une vulgaire catin. Mais bon, qui est-elle pour désobéir à sa maîtresse ? Alors elle se lève, se déplace, et trouve un cruchon de vin rouge, quelques verres, et se met tout de suite au travail. Elle suit les ordres que la démonologue lui a donnés à la lettre, ce qui rend la situation encore plus gênante. Yves est choqué, le jeune seigneur, lui, ne sourit plus du tout, sa mine vient de s’abaisser.

« J’ai rarement été autant insulté, si vous étiez un homme, je vous aurais défié en duel judiciaire immédiatement.

Usurper mon devoir d’hôte, alors que vous n’êtes pas mon invitée. Si le message de Lavius consiste à me traîner dans la boue, j’en prends note !
»

Yves essaie de marmonner quelque chose, mais aucun son ne sort de sa gorge. Il est crispé, ses mains tiennent ses cuisses au point de marquer les plis de son pantalon.

« Morgane, je suis malgré tout quelqu’un de superstitieux. C’est pourquoi je vais permettre aux Dieux de vous donner une chance. Vous voulez vous amuser ? Très bien, parfait même. Nous allons jouer à un jeu qui vous correspond bien. Les Dés du menteur.

Trois manches, trois dés chacun. Toi aussi, Yves. Une partie en équipe. Nous deux… contre vous deux.

C’est très simple, Morgane. Si vous perdez, je vous excommunie de la ville. Personne ne fera affaire avec vous. Nul n’osera vous assimiler comme une amie, au risque de devenir mon ennemi. Vous serez rejetée, et je ferai en sorte que tous sache quel genre de femme vous êtes.

Si vous gagnez, je vais… mordre sur ma langue et oublier vos écarts. Bien sûr, si vous refusez de jouer, vous me défierez encore plus.
»

Yves est terrifié. Sébastien est froid comme de la glace, un homme arrive avec plusieurs dés dans un pot. Les verres que Jeanne avait remplis sont vidés de force par terre, tandis que trois dés dans chaque sont placés.
Test de Présence, CHA (+4) Armand : 18, échec. Ils sont quand même impressionnés, mais pas si impressionnés que ça :mrgreen:
Test de ??? de ??? : 15
Test de CHA (+4 car tu es sa cheffe) pour convaincre Jeanne de se comporter comme une racoleuse de taverne : 12 sur 12, ça passe de justesse.
Test ??? de ??? : 18
Test ??? de ??? : 13
Test d’INT(+4) de Armand : 18, tu ne remarques pas quelque chose à propos de Yves.
Test de CHA(-5) de Morgane pour essayer de convaincre de jouer : 14, échec très large, il va pas juste jouer non :mrgreen:
Test de Séduction de Jeanne vs INT de Sébastien : 11 vs 13, défaite de Jeanne. Conséquence directe.

Bien, il est l’heure de payer le prix des choix.
Les Dés du Menteur.
Chaque joueur tire trois dés cachés pour les autres, vous êtes quatre donc il y a douze dés. Vous devez annoncer le nombre de dés et sa valeur. Par exemple, 4 dés de 3. Ensuite, le suivant doit lui aussi annoncer, mais supérieur. Soit sur la valeur du dés, soit sur le nombre des dés, soit les deux.
Par exemple : 4 dés de 3 => 4 dés de 4 ou 5 dés de 3 ou 5 dés de 4, etc, etc.
Cependant, le suivant peut décider de traiter l’autre de menteur, et là, tout le monde révèle les dés cachés. Si il y a moins dés de la valeur que ce qui était annoncé, donc le joueur à menti, il est perdant. Si il y en a autant ou plus qu’annoncé, l’accusateur est perdant.

Vous êtes en équipe, vous allez donc pouvoir vous concentrer entre vous.

Capacité spéciale des joueurs :
Armand, dé pipé. Tu peux une fois par manche choisir la valeur d’un de tes dés.
Morgane, vision magique. Tu peux, une fois par manche, voir un dés aléatoire d’un joueur adverse choisi.


Capacité spéciale par tour. Lors d'un tour, le votre ou nom, vous pouvez essayer, par le pouvoir des mots, d'influencer un PNJ. À vos risques et périls, bien entendu. Cette partie à de nombreuses fins possibles, bien plus que deux, je vous l'assure.

Nous jouerons donc par MP, préparez-vous. :mrgreen:
Venez me rendre visite, Aux Récifs

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