[Faust Valdorf] Concorde Fraternelle

La Bretonnie, c'est aussi les villes de Parravon et Gisoreux, les cités portuaires de Bordeleaux et Brionne, Quenelles et ses nombreuses chapelles à la gloire de la Dame du Lac, mais aussi le Défilé de la Hache, le lieu de passage principal à travers les montagnes qui sépare l'Empire de la Bretonnie, les forêts de Chalons et d'Arden et, pour finir, les duchés de L'Anguille, la Lyonnesse, l'Artenois, la Bastogne, l'Aquilanie et la Gasconnie.

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[MJ] La Fée Enchanteresse
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[Faust Valdorf] Concorde Fraternelle

Message par [MJ] La Fée Enchanteresse »

« Bonsoir agents.


Votre prochaine destination est le formidable château de Neubois, à la frontière avec le Territoire-libre de Frugelhorn, où les tensions avec le royaume de Bretonnie menacent de dégénérer en véritable guerre armée dans les prochaines semaines, sinon les prochains jours…

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Votre cible est Gaston de Parravon, duc du Bourgon, et connétable de Bretonnie, et sans doute l’homme le plus puissant du royaume derrière le monarque lui-même.
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Héritier de l’ancestrale maison des de Parravon, Gaston est descendant en ligne directe du compagnon du Graal Agilgar — cependant il n’est pas un homme important seulement grâce à sa naissance et son large patrimoine foncier, mais surtout parce qu’il est depuis maintenant quarante-cinq années le chef des armées de Bretonnie, grâce à la charge de connétable qu’il dispute de haute volée à d’autres prétendants.

Un militaire talentueux et un tacticien hors-pair, Gaston a cependant un passif noir et violent — certains l’accusent de justifier sa présence continue à la tête des armées de Bretonnie par l’encouragement de la violence aux frontières du pays. En 2474, il a été l’artisan principal de la Cinquième guerre Reiklando-Parravonnaise, durant laquelle il est accusé d’avoir ordonné à ses soldats de commettre plusieurs crimes de guerre, en saccageant des villages demandant sauvegarde et en faisant tuer des prisonniers qui s’étaient rendus. Mode opératoire qu’il a réitéré dans les années 2480 lors des conflits de Bilbali, avant d’obtenir une réputation très noire quand il réprima dans le sang des révoltes antifiscales ou paysannes à travers tout le pays.

Aujourd’hui, plusieurs espions de la cour d’Oisillon ont obtenu des preuves que Gaston de Parravon encourage une invasion du Territoire-libre de Frugelhorn — cette bande de villes et de cantons a été créé comme État-tampon en 2476, détachant ainsi des pays du duché de Bourgon et de la principauté du Reikland afin de mettre en place un gouvernement neutre et allié du royaume de Karak Azgaraz, un moyen d’enfin forger la paix entre deux nations qui n’ont cessé d’être en guerre pour revendiquer ces places-fortes et ces carrefours stratégiques depuis l’âge de Sigismond le Conquérant…

Il y a quatre semaines, trois jeunes chevaliers nobles traquant des peaux-vertes près de la Maisontaal ont été tués par la maréchaussée de Frugelhorn — malheureusement, l’un d’eux est un scion de la puissante maison des Semblancy de Louenne. Malgré des excuses publiques du gouvernement des cantons de Frugelhorn, Gaston de Parravon a immédiatement mobilisé trois régiments entiers de fantassins et gendarmes de l’armée royale afin de faire un blocus de Frugelhorn. Plus suspicieux encore, l’ambassadeur détaché des cantons est mort d’une chute de cheval il y a onze jours de cela, et toutes les tentatives d’apaisement et de contact diplomatique entre Oisillon et Frugelhofen sont maintenant éteints.

Notre client, la Chambre Noire d’Altdorf, est persuadé que ce sont les agents du duc Gaston qui sont responsables de la mort de l’ambassadeur, voire du meurtre du fils Semblancy — ce sont ses terres qui ont été détachées pour fonder le Libre-Territoire, et il n’a jamais caché sa défiance envers le traité de 2476. Il a les moyens militaires d’envahir ce pays-neutre, mais cela obligerait alors l’Empereur Karl-Franz à se mobiliser pour le défendre, et ainsi, nous pourrions voir arriver la Sixième Guerre Reikland-Parravon. Altdorf a déjà levé le ban et Sigismund von Jungfreud a mobilisé quatre régiments de fantassins et une bande d’artillerie qui campent maintenant dans les Montagnes Grises — les agents de Liepmund Holzkrug sont persuadés que le duc Gaston va commencer une invasion-surprise, sans même consulter son roi, et nous devons à tout prix empêcher cela.

La Chambre Noire ne peut pas exécuter Gaston eux-mêmes — selon leurs renseignements, le sire connétable est toujours solidement flanqué de gardes-du-corps, étant encore plus protégé que Charles III. Néanmoins, une occasion s’offre à nous : visiblement, il se rend souvent au château de Neubois, tenu par une de ses vassales, une veuve du nom de Éloïse de Bérétis. Il y tient un état-major restreint composé de ses plus proches camarades, et il va visiblement profiter d’un peu de repos pour peaufiner ses plans d’invasion.

La Chambre Noire souhaite que nous assassinions le duc Gaston. Ils nous ont également assigné un objectif secondaire — ils aimeraient que nous trouvions des preuves que le duc Gaston est à l’origine de la mort des chevaliers tués par la maréchaussée de Frugelhorn — discrètement remises au roi et au duc de Louenne, ces preuves écrites pourraient bien immédiatement calmer les tensions ; la Chambre Noire est en train de fabriquer des faux au cas où ils se trompent et que Gaston soit réellement innocent, mais nous serions payés même simplement pour l’effort d’avoir cherché… Je compte sur votre professionnalisme, la réputation de l’ASB étant évidemment en jeu.

Faites néanmoins attention. Le château de Neubois est certes un peu antique et probablement peu résistant face à l’artillerie, il reste bâti sur une immense montagne et possédant de grands remparts. Vous pourrez vous infiltrer par les airs, mais Gaston est entouré de nombreux gardes-du-corps très professionnels. Heureusement, l’ambiance semble être à la fête, et nos informateurs dans le Bourgon nous rapportent que des saltimbanques et des cuisiniers se dirigent vers castel-Neubois — peut-être une occasion pour vous de vous infiltrer ?

Un vieux chevalier violent et irascible. Sa mort permettra de sauver des milliers de vies humaines. Je vous laisse vous préparer. »



Image Nom : Janna Eberhauer
Date de naissance : 15 Nachexen 2476
Alias : Safre
Traits distinctifs : Grande, cheveux châtain-roux bouclés, yeux verts, taches de rousseur.
Affectation : Ordre Céleste, ASB
Fonction : Officier traitant, ex-analyste

Maîtresse-sorcière du collège d’Azyr. Janna Eberhauer est une ancienne élève de la guide des Alchimistes & Sorciers de Middenheim auprès de qui elle a été recrutée. Ayant servi d’apprenti au magicien Helseher, elle a pu remplir plusieurs missions de diplomatie et de recherche d’artefacts, classées confidentielles. Elle rejoint l’ASB en 2509 suite à un entretient auprès de Reiner Starke, qui a pu la remarquer durant l’opération ▇▇▇▇▇▇▇.

Alors qu’elle n’est qu’une jeune recrue, en seulement deux années, Janna Eberhauer s’est révélée comme une des gestionnaires les plus talentueuses de l’ASB. Elle a notamment dirigé les neutralisations de ▇▇▇▇▇▇▇ et ▇▇▇▇▇▇▇▇. Intelligente et amicale, Janna est connue pour être capable d’obtenir très facilement les secrets d’autrui par son charme, en plus d’avoir les talents de presciente et un instinct affûté qui font d’elle une excellente analyse.

Sa motivation principale pour servir l’ASB est altruiste, elle cherche à utiliser les ressources de la loge pour servir la justice et la stabilité de l’Empire et du Vieux Monde, désir motivé par [CONFIDENTIEL].
Image Nom : Elisinda Kuselzig
Date de naissance : 9 Plufgzeit 2470
Alias : Citrouille
Traits distinctifs : Grande, cheveux noirs noués, yeux bruns, pommettes hautes, musclée
Affectation : Fraternité d’Ambre, ASB
Fonction : Logisticienne, informatrice

Chamane née dans un village reculé d’Ostermark. Elisinda a échappé au bûcher de répurgateurs du culte Focaliste après une courte carrière de mage illégale alors qu’elle était adolescente. Orpheline de ses deux parents, suite à un incident confidentiel. Elle rejoint Altdorf et intègre les collèges, est d’abord pressentie pour intégrer les mages du septième vent avant d’être remarquée par un sorcier de Ghur.

Elisinda a de grands talents pour nouer des liens avec les animaux. Elle peut les posséder pour lui servir d’yeux et d’oreilles, ce qui lui permet de facilement traquer des cibles. De manière assez étonnante, elle a un goût très prononcé par l’urbanité qui n’est pas habituel des Frères et Sœurs d’Ambre — elle se lie aisément aux rats, aux colombes, aux chats et chiens errants, toute la faune des pavés et des remparts. Talentueuse, elle est aussi connue pour être antipathique. Elle est souvent en conflit avec les prêtres Focalistes, puisqu’elle prie surtout [CONFIDENTIEL]. Elle est instruite devant la cour ecclésiastique de Wurtbad en 2500 pour [CONFIDENTIEL], mais parvient à échapper à sa peine suite à l’intervention du chancelier d’Empire Immanuel-Ferrand. Elle est alors intégrée à la Chambre Noire, où elle sert pendant quelques années, avant d’être transférée par l’ASB après l’opération [CONFIDENTIEL]

Sa motivation principale pour avoir rejoint l’ASB est apparemment le développement de ses talents. Elle est encore très liée à la Fraternité d’Ambre et souhaiterait prochainement quitter l’Agence pour reprendre une vie errante sur les routes. Elle est connue pour être sympathique et facile à travailler avec, même si brute de décoffrage.
Image Nom : Eva Seyss
Date de naissance : Geheimnistag 2485
Alias : Hooker
Traits distinctifs : Taille moyenne, cheveux bruns coupés court, yeux verts, taches de rousseur, cicatrice barrant le visage, un sourcil et les lèvres
Affectation : Gardienne Grise, ASB
Fonction : Agent de terrain senior

Umbramancienne née à Talabheim. Enfant trouvé de l’Église, abandonnée sur le perron d’un temple dédié à mère-Shallya. Jetée dans la rue à sept ans, suite à [CONFIDENTIEL]. Rejoint un groupe criminel, des relais de la mafia Huydermann. Recueillie par l’agent Gellini suite à [CONFIDENTIEL].

Eva Seyss est une vétéran de l’ASB. Contrairement à d’autres, elle a rejoint l’Agence quasi immédiatement après la fin de son apprentissage. Sa première mission de neutralisation a été accomplie quand elle avait dix-huit ans, lors de l’opération [CONFIDENTIEL]. Elle est aujourd’hui responsable, en tant qu’agent de soutien ou opératrice principale, de plus de ▇▇ opérations, avec un taux de succès de 94 %, ce qui la place en tête de tous nos agents de l’histoire de l’ASB en termes de ratio de victoires (Mais pas en nombre brut). Elle est remarquée pour sa technicité, son efficacité froide, son manque d’empathie. Manipulatrice exercée, ayant d’anciens talents de cambriolage et de capacités sportives, elle sait s’infiltrer par le déguisement ou la discrétion.

Sa motivation principale pour travailler l’ASB semble surtout être le fait qu’elle n’ait pas connu d’autre vie que celle-ci. Elle a été remarquée par Reiner Starke, qui souhaite la faire progresser plus haut au sein du collège gris, mais a jusqu’ici refusé le poste d’officier traitant pour demeurer sur le terrain.
Image Nom : Faust Valdorf
Date de naissance : 7 Ulriczeit 2488
Alias : Anthracite
Traits distinctifs : Grand, cheveux blancs. Visage bizarrement oubliable.
Affectation : Gardien Gris, ASB
Fonction : Agent de terrain

Umbramancien né dans le Vorbergland. Enfant de la dynastie des Valdorf et von Jungfreud mêlés, son père est Johan Valdorf, ex-directeur de la Chambre Noire, et son oncle est Hermann Valdorf, un des hommes-liges du duc d’Ubersreik Sigismund. Il rejoint les collèges à l’âge de sept ans après avoir été révélé comme sorcier par [CONFIDENTIEL]. Il reçoit une éducation humaniste très fournie en servant tant dans la Tour de Volans que à l’Oratoire Tiléen, où il usurpe un enseignement de prêtre.

Bien que nouvellement agent de l’ASB, il a avant accomplit plusieurs missions pour les Gardiens Gris, notamment pour la protection de personnalités et l’acquisition d’information — il se fait remarquer par Reiner Starke après [CONFIDENTIEL]. Discret, charismatique, très éduqué, il est aussi notable que l’agent a un fort engouement sportif et d’excellentes capacités de combat. Il commet sa première neutralisation lors de l’opération ▇▇▇▇▇▇ contre ▇▇▇▇▇▇▇▇▇▇▇▇. Il est remarqué pour son sang-froid et ses bonnes capacités sociales et techniques — un excellent agent en devenir.

Sa motivation pour rejoindre l’ASB semble être la promotion sociale et l’affinement de ses capacités. Faust Valdorf nous a déjà fait part de sa volonté de rejoindre la Chambre Noire du Reikland, ou de participer à des missions plus politiciennes au sein du Collège Gris. Starke a promit d’y réfléchir mais souhaite pour l’instant profiter des talents de cet agent.
Image Nom : Turahan (Nom d’esclave — il a refusé de donner son nom de naissance)
Date de naissance : 17 Vorgeheim 2491 (Jour incertain — utilisation d’un autre calendrier lunaire, traduit)
Alias : Coquille d'œuf
Traits distinctifs : Musclé, peau noire, pommettes hautes
Affectation : Gardien Gris, ASB
Fonction : Agent de terrain junior

Umbramancien né dans une tribu nomade d’Alkebulan. Capturé et vendu à l’âge de cinq ans, il devient eunuque et a l’honneur de servir dans le harem du Grand-Sultan en personne. Ses capacités magiques le font remarquer par un sha’ir, un sorcier-poète, du nom de Mihaloğlu Baba. Celui-ci raffine les capacités de Turahan afin de l’utiliser comme espion et assassin.

Envoyé à Myrmidens pour rejoindre la nouvelle seconde capitale du Sultan, il se fait remarquer pour souvent quitter le harem afin de participer à des missions d’espionnage auprès de grands commandants de l’empire. Il est capturé par des chevaliers Bretonniens lors de la bataille de Brasov. Torturé, il est sauvé par l’intervention de ▇▇▇▇▇▇▇▇▇▇ qui l’achète aux Bretonniens. Celle-ci lui donne le choix entre retrouver le Sultan, ou bien tenter un apprentissage à Altdorf.

N’ayant rejoint les collèges qu’à l’âge de dix-huit ans, il fait partie des plus vieux apprentis à intégrer l’Ordre Gris. Néanmoins, il étonne par sa forte capacité d’adaptation à Ulgu et sa maîtrise des sortilèges — il ne semble pas corrompu, même si on nous signale un incident lors de [CONFIDENTIEL]. Encore jeune, peu fort physiquement, trop remarquable avec sa peau noire, n’ayant que très peu de connaissances de nos cultures ou de notre histoire, il ne semble pas faire un bon agent — mais ses fortes capacités magiques le rendent prometteur. Reiner Starke parvient à le détourner et l’encourager à intégrer l’ASB.

Sa motivation à faire partie de nos rangs est encore très incertaine. Il provoque la méfiance et il est à surveiller, mais ce n’est pas comme si le Collège Gris n’était pas habitué à intégrer des profils sortant de l’habituel. Il est connu comme un peu vantard et hautain, et nous espérons qu’il se fera à sa nouvelle affectation. Nous ne savons pas s’il a déjà tué quelqu’un.

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Aubentag 2. Nachexen 2512.
À la frontière entre le Libre-Territoire de Frugelhorn et le royaume de Bretonnie.
-2°C.



Toutes les passes et les cols qui menaient de la Bretonnie à Frugelhorn étaient bouclés. Même durant les périodes ordinaires, les douaniers Bretonniens étaient à cran, et maintenaient solidement des barrages sur les ponts et les ouvrages humains, afin de pouvoir surveiller les nombreuses marchandises et les innombrables voyageurs qui avaient toutes les raisons de faire le trajet entre la Bretonnie et l’Empire, en empruntant la voie à travers les terres-tampons maintenant créés entre eux. Le traité de 2476 ayant mit en colère tant les nobles de Parravon que ceux du Vorbergland, qui pouvaient du jour au lendemain voir nombre de leurs propriétés obtenir un statut incertain — Faust se souvenait que son oncle en avait été outré, et qu’il en parlait encore à chaque fois pour se plaindre lors des repas de famille…

…Mais c’était un choix pragmatique, qui avait permis d’assurer une paix, certes malaisée, mais une paix quand même, entre deux pays qui cherchaient toujours une raison de se faire la guerre. Et ça avait fait énormément les affaires des habitants de cette circonscription : les cantons de Frugelhorn se retrouvaient, du jour au lendemain, entièrement débarrassés de la tutelle du roi et de l’Empereur — et donc, de leurs impôts. Libres et défiscalisés, ils avaient, depuis les trente-six dernières années, commencé à construire un nouvel État collaboratif, où Impériaux et Bretonniens se métissèrent, et où l’on vit même renaître un peuple « Belthani », alors que les cantons en recherche d’ancrage historique pour justifier l’existence de leur petit pays déterraient la généalogie de leurs ancêtres pourchassés et génocidés à travers le Vieux Monde afin de se proclamer unis et légitimes. Frugelhorn avait très mauvaise réputation — nouveaux-riches, ces bergers cul-terreux se transformaient petit à petit en banquiers, chasseurs, et mineurs, et la petite ville de Frugelhofen était truffée de chantiers de temples et de petites écoles, profitant d’un immense dynamisme qui attirait des migrants des deux pays. Un pays Belthani, né de nulle part, qui mêlait tous les sangs, et où on choisissait ses propres lois par votes à mains levées de toute la communauté…
Le royaume voisin de Karak Azgaraz s’était empressé de mettre sous sa tutelle 1/3 du pays, et plusieurs conseils cantonaux agissaient maintenant sous la « protection » paternaliste des Nains Gris. Pourtant, les néo-Belthani ne semblaient pas du tout choqués de cette quasi-annexion illégale qui avait fait bondir de colère Oisillon et Altdorf — les Nains semblaient être des maîtres bien plus protecteurs, présents, et pacifistes que ne l’avaient été leurs prédécesseurs humains.



Les quelques jours passés à Frugelhofen avaient été rigolos. Janna avait bizarrement insisté pour qu’ils aillent visiter un horloger, puis ils avaient dévoré des barres chocolatées, car pour une raison absolument incompréhensible, un grand confiseur, herr Milka, avait réussi à créer des confiseries utilisant du cacao ramené des colonies qu’il mélangeait à du lait évaporé, et que maintenant il exportait à travers tout le Vieux Monde. Puis, ils s’étaient pas mal bourrés la gueule. Presque des vacances.

Presque, parce que l’ambiance n’était pas du tout à la fête. Il y avait beaucoup de gens inquiets, ou qui pleuraient, ou qui allaient aux messes. Partout, on implorait évidemment Myrmidia de défendre le peuple, mais surtout Véréna de conserver les lois humaines, et Shallya d’inspirer les Bretonniens à la paix. Par le traité de 2476, Frugelhorn n’avait pas le droit de maintenir une force armée — la maréchaussée, police montée équipée de pistolets pour traquer bandits et peaux-vertes, n’avait pas du tout les moyens de résister à une invasion déterminée des militaires de Parravon. Tous les cantons s’étaient mis à entraîner des miliciens en toute hâte, à utiliser la hallebarde et l’arquebuse, mais leur manque d’expérience et d’équipement allait se faire sentir. Déjà, les deux cantons les plus proches du Bourgon étaient accusés de préparer la trahison, car ils avaient envoyé des lettres de supplication à Gaston et proposaient de négocier avec lui — tandis que les cantons les plus à l’est faisaient de même avec Sigismund von Jungfreud. Tout ceci n’aidait pas la tension grandissante et la terreur des locaux. Tout juste né, le pays « Belthani » artificiel allait être démembré.

Évidemment, les causes de cette situation étaient profondes. Complexes à expliquer, protéiformes, mêlant des points de vues, des visions idéologiques, des inventions ethniques, une pression économique… Tout un tas de cours d’écoles qui se bousculaient dans la tête de Faust. Mais il n’empêche que le responsable principal était tout désigné : un homme, Gaston de Parravon. Et si le tuer n’allait pas tout régler, car la mort d’un homme ne suffisait jamais à tout arranger, peut-être pouvait-elle faire gagner quelques années de vie à Frugelhorn, quelques années de paix et de prospérité. Il fallait prier pour. Ou espérer que les analystes du collège céleste aient raison…


Et c’est pour ça, qu’alors que le soleil était en train de se coucher, cinq personnes étaient en train de crapahuter dans la neige et dans le froid.




Elisinda avait payé une fortune des contrebandiers pour trouver le chemin — tous les cols et toutes les vallées étant maintenant truffées de soldats Bretonniens, l’infiltration allait être toute une affaire fort complexe. C’est Janna qui avait eu l’idée délirante de ce qu’ils s’apprêtaient à faire. Ils s’étaient entraînés pour, avaient tenté quelques atterrissages au cours des derniers jours, mais ça restait encore une expérience unique pour eux. Turahan avait fait part plusieurs fois de son appréhension, mais le petit eunuque semblait appréhender tout et tout le temps — à se demander ce qu’il foutait là ! Starke avait insisté qu’il était mûr, et talentueux, mais quand même, qu’on charge une telle bleusaille d’une opération si risquée, la mise à mort de l’homme le plus puissant de Bretonnie… Seyss avait confié plusieurs fois à Faust qu’elle n’était pas du tout à l’aise, et qu’elle chercherait vite un moyen de s’en débarrasser : il pouvait faire le guet quelque part, en espérant qu’il ne se fasse pas repérer, mais c’est à deux qu’ils tenteraient le vrai assassinat.

Pour toute aide, les cinq en train de crapahuter pouvaient compter sur deux mulets, qui traquaient derrière eux, sur un traîneau, une énorme caisse en bois. Les pauvres bêtes semblaient souffrir, et s’arrêtaient souvent — surtout parce qu’Elisinda, qui disait pouvoir leur parler, indiquait qu’ils commençaient à être fatigués. Il y avait de quoi pester, mais très mauvaise idée de critiquer un animal devant la Chamane : toujours très rigolote et amusante, la mage d’Ambre pouvait entrer dans d’horribles colères si on faisait du mal à un animal devant elle, même un tout petit. C’était limite si on pouvait critiquer un insecte, ou un escargot…

…Plus étonnant que Janna soit de la partie. Évidemment, elle resterait en arrière, utilisant les porte-voix miniaturisés de Gelt pour rester en contact avec son équipe, mais il était amusant de voir un officier traitant crapahuter en pleine neige. Du moins, c’est ce qu’on aurait pu imaginer… En fait, Middenheimerin de naissance, grande et musclée, la dame qui restait dans ses papiers et son bureau paraissait soudain terriblement sportive. Eva, qui avait parié qu’elle allait être trop crevée et finir sur le traîneau, était en fait celle qui était en train de plus traîner la patte. Quand Faust lui fit une remarque, il obtint de l’umbramancienne aux yeux verts un magnifique doigt d’honneur.


Enfin, ils s’arrêtèrent bien en hauteur. Il y avait encore de la route à faire pour dépasser le col et finir en Bretonnie, mais là, au milieu de la brume et sous une neige fine, ils pouvaient s’arrêter pour se reposer. La chamane s’approcha du traîneau : posé dessus se trouvait une cage à oiseaux, où un rapace attendait. Elle ouvrit grand la grille, et l’oiseau de proie s’envola dans un cri lointain. Alors, la mage d’Ambre s’assit en tailleur dans la neige, lança quelques phrases en magikane, la langue Teclissienne, et voilà que ses yeux se révulsèrent pour ne laisser que le blanc — elle voyait le monde à travers les pupilles de l’aigle.

« Bon beh…
Au boulot. »


Eva se plaignait déjà. Il fallait faire du travail manuel. Les quatre magiciens ouvrirent l’énorme caisse que les mulets avaient traîné, et ils déversèrent sur le sol des morceaux de bois et de toile, qu’ils assemblèrent en zieutant souvent le manuel prévu pour.

C’était ça, l’idée géniale d’infiltration d’Eberhauer — un équipement novateur, utilisé par des mercenaires Tiléens de Catrazza : une tenue de chute avec laquelle ils allaient directement descendre vers leur objectif, dans la vallée de Neubois.
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Trois planeurs individuels. Il fallait espérer qu’ils le montent bien. Une fois terminé, voilà qu’ils pouvaient patienter à grelotter dans la neige, leur respiration laissant de la buée derrière eux. Eva regarda Janna.

« Hé, boss.
Nous on va vite faire du sport… Mais vous deux, vous allez rester dans le froid comme ça ? Vous avez pas envie de faire un feu ? »

Janna haussa des épaules.

« On a des couvertures très fourrées… Je préfère ne pas faire de feu — avec l’obscurité, ça va se voir à des lieues à la ronde, et je n’ai pas envie qu’un curieux s’approche. »


L’eunuque, qui avait un peu arrêté de piailler et de se plaindre car trop fatigué par l’effort au cours de la dernière heure, ouvrit à nouveau sa bouche :

« L’infiltration c’est une chose : on va pouvoir descendre comme ça avec ces machines bizarres…
Mais je ne sais toujours pas comment on va partir d’ici. On fait comment, si tout le château est en alerte, et que des dizaines et des dizaines de cavaliers nous poursuivent ? »


Eva ricana.

« Déjà, on est assez fort pour pas faire sonner une alarme.
Ensuite, les renseignements de la Chambre Noire sont clairs — Gaston va arriver au château avec une escorte réduite. Il se sent en sécurité. Le temps que ses sbires se mobilisent dans tous les sens, on aura eu le temps de s’échapper, soit à pied, soit à cheval. On a juste une rivière à traverser et on est dans le pays de Frugelhorn, on pourrait même descendre en bateau. »


Cela ne rassura pas du tout l’eunuque.

« C’est si on trouve un bateau. C’est si on l’attend à temps aussi…
– Écoute, l’imprévu fait partie du boulot. Faust et moi on a déjà survécu à pire. L’important c’est juste de bouger, tout le temps.
Et on a la meilleure officier traitant du monde, elle arrivera toujours à arranger notre fuite. Pas vrai Janna ? »


Janna n’était pas convaincue de cet argument, qu’à vrai dire Eva ne professait que pour un peu se moquer de son camarade. Mais la Middenheimerin eut un sourire taquin.

« Indubitablement. »

Eva hocha de la tête. L’eunuque, peu convaincu, regarda ses pieds.

Alors, Eva observa Faust tout droit.

« Notre bon duc va se faire une petite fiesta privée dans son château-fort… Je sais pas encore si le plus malin ça va être d’escalader le château nous-mêmes et de trouver un uniforme dedans, ou si on peut pas aller trouver une caravane qui se rend là-bas pour essayer de se déguiser d’avance. Ça serait marrant de te voir fringué en bouffon, tiens ! C’est juste qu’on pourra pas amener notre matériel lourd, du coup… »
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Faust Valdorf
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Re: [Faust Valdorf] Concorde Fraternelle

Message par Faust Valdorf »

Ulgu souffle fort, ce soir.

La neige crissant sous mes pas, et mes mains crispées en poings, j’avance au devant de l’équipe, en observant le col se dévoilant peu à peu en contrebas. L’aigrefine est difficile à saisir, comme à son habitude. Mais il en danse, ici et là, quelques volutes au ras du sol, teintes cendrées au milieu d’un océan de blanc : Elisinda rigolait sur le fait que les montagnes grises portent mal leur nom, en cette saison. Elle a raison. Qu’importe où je porte l'œil, je n'aperçois que des monts albâtres, costumés par une fine couche enneigée, et camouflés par la brume environnante. C’est un décor qui me plait bien. Paisible. Duquel on pourrait sans doute peindre d’élégants tableaux de paysage, mais qui m’inspire en cette occasion un étrange sentiment de… familiarité.

Je suis né près d’ici, à l’ombre de ces mêmes pics, de l’autre côté de ces vallées. Pas que j’en possède tant de souvenirs : mes dons ont vite été remarqués, et j’ai été amené aux collèges avant que je n’apprenne à écrire, alors autant dire que ma mémoire des lieux est quelque peu diffuse. Pourtant, il y a toujours des images, des sensations qui me rappellent le village. Le vent qui claque la porte, l'humidité formant des champignons aux poutres soutenant le toit de paille… ou le froid. C’est vrai qu’il faisait froid aussi, à l’époque.

Soufflant entre mes dents, je laisse la buée s’élever, et, à l’appel d’Eva, m'immobilise pour laisser aux autres le temps de me rattraper. J’aurais pu continuer quelques minutes de plus, bien que mes jambes commencent à tirer - mais l’endroit semble suffisant à Janna pour lancer l’opération. Placé en hauteur, proche de Neubois. Proche de la frontière… De là où nous sommes, une armée en campagne doit pouvoir atteindre Waldorf-am-Teufel en une semaine seulement, si ce n’est moins : et avec le fief, Ubersreik, et la totalité du Vorbergland. Si un conflit venait à éclater, sans nul doute que mon oncle devrait se joindre aux troupes et venir défendre ces terres. Le duché risquerait une chevauchée. Constance et mère n'auraient pas à se battre, mais qui sait ce qui pourrait advenir si Parravon et Reikland se livraient une nouvelle guerre - Ubersreik a déjà brûlé par le passé. Et père… pfff, Non. Père serait au-dessus de tout cela. Comme toujours. Holzkrug a bien appris de lui.

Je ne devrais pas y penser. Envisager le pire n’aide qu’à me déconcentrer. Nos passifs ne doivent pas ternir notre jugement, lorsque nous nous trouvons en mission - tout contrat est à traiter avec le même sérieux, quelles que soient les implications personnelles ou extérieures. Pourtant, je ne peux empêcher d’y revenir, en observant ces terres si semblables à celles dans lesquelles j’ai grandi. Nous ne nous permettons jamais l’échec : cette fois-ci, j’ai simplement des raisons supplémentaires pour m’assurer que cela reste vrai.


Tandis que nous commençons les préparatifs - Eva et moi nous débrouillant pour assembler les ailes, pendant que Janna tente de déchiffrer le mode d’emploi -, j’entends Turahan continuer à geindre, comme il le fait depuis le début de notre randonnée. Au moins ne suis-je visiblement pas le seul à prendre pleinement conscience des conséquences de cet évènement. Il est l’agent le moins expérimenté de l’équipe, et bien que son anxiété soit compréhensible vu les circonstances, ses jérémiades me tapent tout de même sérieusement sur les nerfs. Nous n’avions pas besoin d’un troisième umbramancien dans l’équipe ; pourquoi Starke a-t-il tant tenu à ce qu’il participe à cette opération ? Je ne doute pas qu’il aurait pu trouver moins risqué pour l’introduire au métier, même s’il est toujours difficile de savoir quelles motivations se cachent dans la tête de notre employeur... Maître Glukke dirait que c’est un problème, mais là n’est pas le sujet. Dans tous les cas, Turahan a de la chance que je privilégie les actions aux paroles : je suis prêt à lui laisser le bénéfice du doute, jusqu’à ce qu’il montre ce dont il est capable. Il a l’occasion de faire ses preuves. Qu’il ne la gâche pas.

En dépit des mauvaises volontés de certains, ajuster les planeurs ne prend que peu de temps - après quoi, tandis que mes compagnons discutent des détails de la mission, je me dirige vers le traineau pour y récupérer de quoi m’hydrater. Les mules m'accueillent de leurs regards bien bêtes : je gratouille l’encolure de la première, récupère une outre traînant sur le traîneau, et avale quelques gorgées tout en jetant à Elisinda des regards curieux. La règle d’or est de ne pas la déranger durant ses expériences hors de corps - ce qui implique aussi de ne pas en profiter pour lui dessiner des moustaches, n’en déplaise à Eva.

J’apprécie beaucoup la mage de Ghur. Elle a un caractère la rendant facile à vivre, et une manière de voir les choses que je trouve très intéressante, étant donné son lien aux forces de la nature. Pour elle, un canard ou un cheval est aussi vivant et sensible que n’importe lequel d’entre nous, ce qui ouvre certainement d’autres perspectives. J’imagine qu’il est dès lors normal qu’elle ait une certaine inimitié envers l’église du Divin Foyer : la doctrine officielle du culte nous apprend que les animaux n’ont ni âme, ni intelligence, et que Myrmidia - déesse foncièrement humaine - comme Taal nous ont donné dominion sur eux, même s’il s’agit bien sûr d’une réflexion qui varie selon les courants et les époques. Certains penseurs antiques des provinces dariennes envisageaient qu’un être vivant, animal y compris, devait nécessairement posséder une âme, puisqu’elle n’était pas théorisée comme une substance distincte du corps vivant, mais comme son principe de vie. Au contraire, un philosophe bretonnien que j’ai lu récemment considérait comme peu vraisemblable l’existence, chez les animaux, d’une âme immortelle ou d’une pensée similaire à la nôtre, puisqu’en « existant plusieurs trop imparfaits pour pouvoir croire cela d’eux, comme sont les huîtres, les éponges, etc. » Je suis sûr qu'aucun d'eux ne lui a demandé son avis sur la question : il doit effectivement être énervant de se voir inculquer qu’un animal est inférieur à l’Homme, lorsqu’on se dit capable de discuter avec eux.

Je me demande ce qu’elle peut voir, de là-haut. J’imagine que j’aurai ma réponse dans quelques minutes, puisque je serai à sa place.


Tournant les talons en abandonnant ma gourde, je retourne vers le trio au bon moment pour être alpagué dans la conversation. Sont échangés les questionnements classiques précédant toute opération : comment entrer, neutraliser la cible, et ensuite sortir. À quoi on pourrait ajouter, dans le cas présent, comment récupérer les informations à l’origine de toute cette histoire. Eva a déjà quelques pistes, comme à son habitude : je lui répond aussitôt d’un ton monotone, lorsqu’elle évoque avec un enthousiasme moqueur l’idée de me voir grimer en saltimbanque.

« Si mon humble performance peut t’aider à maintenir ton score parfait. »

Il ne l’est pas, même s’il s’en rapproche beaucoup. 94% de réussite, ce qui la place presque au rang de meilleure agent de l’histoire, toute catégorie confondue : une marge d’erreur dont je sais qu’elle a le don de l’agacer, ce que je peux comprendre. Échouer à une marche de la perfection est bien pire que de s’écrouler loin du compte. C’est un point sur lequel j’aime la taquiner, lorsque l’occasion se présente. Elle me le rend bien. Un peu trop bien pour que j’y sois insensible.

« Mais oui, se mêler aux visiteurs fonctionnerait sans doute. En tant qu’invités, nous pourrions explorer le château avec une plus grande latitude, ce qui ne serait pas de trop pour mettre la main sur les documents. Et n’oublions pas qu’outre les bateleurs, des cuisiniers sont aussi attendus : il y aurait peut-être là une opportunité d’empoisonner le connétable, en nous mêlant à eux. »

Pas que nous ayons du poison sous la main, mais des produits ménagers feraient sans doute l’affaire. L’ambiance est aux festivités, autant en profiter : la foule est un allié, pas un adversaire, et s’y fondre se montre souvent bien plus efficace que tenter d’y échapper. Mon avis sur la situation donné, je tourne la tête vers Eberhauer, ma réflexion me faisant penser à un élément de la réunion préparatoire.

« Safre, des informations sur Éloïse de Bérétis ? Est ce que l’on sait s’il y a d’autres hôtes à qui nous devrions faire attention ? »

C’est important, d’utiliser les alias. Pas qu’on puisse nous entendre actuellement, mais cela met au moins dans le bon état d’esprit. Tout en écoutant sa réponse, j'entame notre séance d’essayage : je me dirige en quelques enjambées vers nos costumes, avant d’enfiler attentivement cet étrange équipement. Janna a, une fois de plus, eu une excellente idée - et je dois l’admettre, une idée que je suis très impatient de mettre à l'œuvre ! Ce n’est pas tous les jours qu’une telle occasion se présente, et la perspective de planer au-dessus de la vallée parle beaucoup à l’amoureux d’exercices que je suis. Ne reste plus qu’à attendre que Citrouille finisse son repérage, que mes deux compères enfilent leurs tenues… et que je vérifie les sangles de celle de Coquille d'œuf, pour qu’il ne finisse pas comme lors du dernier entraînement.

J’espère juste que je pourrais fumer un peu, avant que nous décollions. Je risque d’en avoir besoin : la nuit va être longue.
Faust Valdorf, Voie de l'espion
Profil: For 8 | End 8 | Hab 10 | Cha 11 | Int 10 | Ini 12 | Att 8 | Tir 8 | Vol 12 | NA 1 | PV 65/65
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Profil détaillé :
Compétences

Alphabétisation : Sait parler, lire et écrire le Reikspiel.

Théologie : Connait la plupart des pratiques religieuses, des différents cultes et des symboles religieux.

Langue étrangère - Classique : Sait parler, lire et écrire le Classique, utilisé par la quasi-totalité des érudits du Vieux Monde.

Langue Hermetique - Magikane : Sait parler, lire et écrire le Magikane, utilisé par la totalité des Magister.

Sens de la Magie : Peut ressentir les vents de magie et leurs altérations.

Incantation - Domaine de l'Ombre : Peut dissiper, apprendre et incanter des sorts du domaine de l'ombre et du domaine commun.

Maitrise de l'Aethyr [1] : Peut lancer plus facilement des sorts, et augmenter leurs effets.



Acrobatie : +1 sur les test d'acrobatie (chutes, roulades, bonds, rebonds, sauts, réceptions, équilibres) et -1D6 dégâts de chute.

Déplacement silencieux : +1 sur les test visant à se déplacer et réaliser des actions silencieusement.

Esquive : Permet d'esquiver sans malus en combat.



Cryptographie : +1 sur les tests visant à percer un code ou des clefs de chiffrement.

Lecture sur les lèvres : Peut lire sur les lèvres.



Empathie : Peut percevoir les émotions d'une personne sur un test réussit.

Linguistique : Peut très rapidement se débrouiller avec des langues et des dialectes qu'il ne connait pas.

Imitation : +2 sur les test visant à imiter la voix d'un individu, à condition de l'avoir déjà entendue.



Equipement

Epée courte : 1 main ; 12+1D6 dégâts ; 9 parade ; Rapide (-2 en Attaque/Initiative lorsque l'opposant tente de parer ou d'esquiver).

Dague : 12+1D6 dégâts ; Rapide ( -2 en Attaque/Initiative lorsque l'opposant tente de parer ou d'esquiver) ; parade 6 ; peut-être utilisé comme arme de jet.

Arbalète : 2 mains ; 34+1D8 dégâts ; malus de -2 tous les 30 mètres ; Perforante (4) ; Un tir par NA max.

Gambison et Chausses rembourrées : 3 points de protection sur le torse/dos, les bras et les jambes. Pas de malus pour lancer des sorts ou dissiper.


Sac à dos
Grappin
Echelles de cordes
Assortiment de limes
Billes
Allumettes (x12)
Menottes
Accessoires de déguisement
Carreaux (x24)
Livre (Vingt-trois postulats sur la pensée magique)
Pipe et Tabatière
Clairvoyance (X6) : Pendant une heure, +1 en INT (et +1 VOL pour les mages). À la fin du bonus, -1 généralisé à toutes les stats pendant une heure.
Tabac (X10) : Cinq minutes après avoir fumé, +1 en INI et en résistance à la fatigue pendant une demi-heure.


2 pistoles d'argent et 11 sous de cuivre

Sablier du temps : Un sablier sur lequel est écrit : « Seconde chance ».
Inverse le cours du temps sur une action, permettant au joueur qui le désire de lancer deux jets sur un seul test et de garder celui qu’il désire. Utilisable trois fois. L’utilisation des Sables du Temps doit être déclarée en amont par le joueur. Encore une utilisation possible.
Sap-Sapin de Nowel (X2) : Redonne 3+1D5 PV. Peut rendre malade (indigestion etc) via 1d3, sur un 1.


Sorts

Domaine primaire

Contrepoison

Domaine de l'Ombre

Aire de Camouflage
Incognito
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Re: [Faust Valdorf] Concorde Fraternelle

Message par [MJ] La Fée Enchanteresse »

La petite réflexion d’humour Bretonnien de Faust ne fit même pas lever un sourcil à Eva. L’umbramancienne fit comme si elle n’avait pas entendu, et n’offrit ni répartie ni même une simple grimace. C’était la chose un peu agaçante avec Eva Seyss — il était très difficile de percevoir des émotions sur son visage froid et constamment maquillé d’Ulgu, et on ne savait jamais si une remarque l’amusait, l’énervait, l’attristait, ou juste qu’elle n’en avait rien à faire.
Mais bon, Faust s’étant à présent habitué à lancer des petites piques pince-sans-rire, il ne fallait surtout pas s’arrêter en si bon chemin…

Elle approuva en tout cas son plan d’un hochement de tête appuyé. Et alors que Faust reparti sur une autre demande d’informations, Janna Eberhauer y répondit avec ses dents qui claquaient un peu de froid, toujours en utilisant exactement le même professionnalisme :

« Éloïse de Bérétis est une veuve Bretonnienne à la tête d’un patrimoine assez important pour la province — elle fait partie des notables du Bourgon, ce qui fait tout de même d’elle une noble mineure à l’échelle du royaume. Nous avons assez peu d’informations sur elle — elle passe surtout ses journées loin des cours, à régenter ses terres, mais le duc Gaston semble souvent lui rendre visite…
On s’attend à ce que Gaston de Parravon soit entouré de ses plus fidèles proches — ses deux petits-enfants, Marion et Cassyon, sont également des officiers de son armée. Il sera également flanqué de la famille Lefebvre, des barons aux châteaux montagnards, qui ont une noire réputation à travers le pays de semi-hérétiques sensibles aux idées réformées.
Cela fera beaucoup de monde, mais il n’y aura pas forcément un afflux de gardes — les domesticités et les escortes de ces aristocrates sont actuellement avec les régiments militaires, à atteindre de pouvoir envahir Frugelhorn. Néanmoins, tous ces nobles ne sont pas des cibles. Comme d’habitude, essayez de procéder le plus possible en évitant les dégâts collatéraux. »

Tuer des innocents en mission n’était pas une faute « en soi », et on ne reprocherait pas à un Umbramancien de se défendre face à des gardes armés ; quand on acceptait un contrat, on en acceptait aussi les conséquences, et le but premier restait d’exécuter les cibles et de s’enfuir vivant — ou en tout cas, de ne pas être capturé vivant. Si les agents de l’ASB ne devaient jamais faire de zèle et chercher à sciemment tuer quelqu’un qui n’était pas Marqué, leurs supérieurs comprenaient qu’un agent de terrain devait improviser et faire des choix nécessaires dans le feu de l’action pour terminer le job.
Si Faust devait tuer quelques autres nobles très puissants à cette fête, cela retomberait sur les doigts de Reiner Starke. Il fallait essayer de ne pas le faire, mais l’infortune pouvait parfois forcer sa main…

« On improvisera quelque chose. L’idéal, ça serait de tuer Gaston discrètement, que son corps ne soit pas trouvé avant quelques heures — quand on aura franchi la frontière.
De toute façon, pour l’heure, nous n’y sommes pas encore. Il faut déjà qu’on atteigne le château. »


L’eunuque faisait la tronche. La nervosité le gagnait toujours, et, visiblement peu habitué au grand froid, il tremblotait comme une feuille. Néanmoins, il aida bien Faust à faire ses sangles et à revêtir l’étrange tenue toute noire et pleine de sangles, sur laquelle ils allaient placer les pièces de toiles et de matériel composite qui constituaient leurs étranges ailes d’oiseaux.

C’est au bout d’une dizaine de minutes que la chamane semi-hérétique, Kuselzig, se releva en retrouvant des prunelles sur ses yeux. D’une voix rauque, et un peu fatiguée, elle lança à la volée :

« Le ciel est brumeux, ce qui est à votre avantage — il n’y a pas de risques que des chevaliers-pégases vous regardent descendre. »

Eva leva les yeux au ciel.

« À notre avantage ? Chuchota-t-elle à Faust. On va sauter dans le vide et il va être tellement brumeux qu’on va rien voir, mais c’est à notre avantage…
— J’ai identifié deux points d’infiltration pour vous : tout d’abord, il y a une clairière qui n’est pas gardée située juste aux pieds du château. Cela vous permettrait d’escalader directement le fort, et ainsi d’espérer trouver un chemin en faisant usage de votre furtivité.
Autrement, il y a, à une heure du château, une auberge-relai où il y a plusieurs charrettes et du monde qui attend — cela semble être des personnes prévues pour aller au château. Vous pourrez trouver un déguisement ou autre depuis là, pour le coup. »


Eva et Faust avaient la liberté de choisir leur méthode d’action. Faust affirma qu’il était de l’avis de se joindre aux bateleurs et saltimbanques — Eva approuva, quand bien même cela allait vouloir dire laisser de côté les arbalètes, le matériel d’escalade et les épées et se débrouiller avec le peu d’équipement qu’ils pouvaient cacher sur eux : un lacet étrangleur, un poignard, des limes pour forcer une serrure…
…Par chance, la plupart du temps, ils pouvaient juste laisser leurs objets utiles sur le sol et l’oublier. C’était le travail de Kuselzig, qui demandait à des chiens errants et des oiseaux de proie de l’aider, que de récupérer derrière eux les affaires qu’ils oubliaient. Une corvée ingrate dont elle n’arrêtait pas de se plaindre, mais ça faisait partie de sa fiche de poste.

Avant de partir travailler, il leur restait néanmoins une toute dernière chose à enfiler : au fond de l’oreille, chacun des trois umbramanciens roula une sorte de petit objet cylindre qu’ils fixèrent près du tympan. Une invention des alchimistes du collège doré, un porte-vibration runique et métallurique de transmissions secrètes, que Janna avait rebaptisé une « oreillette », car ça se portait à l’oreille, peu importe à quel point cela agaçait Gelt. Grâce à ces objets, l’équipe pourrait rester en contact avec Kuselzig (Et ses nombreux petits yeux dans le ciel) et Janna (Avec sa connaissance encyclopédique, s’ils avaient besoin d’une réponse à une question). Les deux magiciennes, qui allaient poireauter dans le froid, commençaient déjà à se recouvrir d’épaisses peaux d’ours, et on leur souhaitait ainsi bonne chance.



Mais surtout, on souhaitait bonne chance aux trois Umbramanciens. Maintenant qu’ils étaient entièrement habillés avec leur attirail fabriqué par l’inventeur Daddallo (Avec de vieux parchemins retrouvés dans l’étude du génie Leonardo da Miragliano… Dont la plupart des prototypes étaient assez peu imaginables dans la réalité), les trois, la peur au ventre, se retrouvèrent à se regrouper juste au bord de la falaise. Ce n’était pas leur premier saut : ils avaient passé des jours entiers à s’entraîner dans les Montagnes Grises, et avaient déjà fait neuf sauts dans le vide à différentes altitudes. Mais ils avaient toujours sauté en plein jour, quand il y avait un vent faible et une parfaite visibilité. Là ils allaient sauter alors que le soleil se couchait, que le temps était brumeux, et qu’il soufflait un sacré vent entre les pics rocheux. Tout allait se jouer maintenant, et peut-être que la mission allait s’échouer dans un accident monstre avant même qu’elle ne commence…

Même Eva ne faisait plus la maline. Elle qui avait toujours un petit trait d’esprit, une remarque passive-agressive ou un trait sardonique à lancer à quiconque voulait (Ou ne voulait pas), la petite Seyss était maintenant bouche bée, et pâle, en regardant le vide. Et là-dessus, Eva, la voix toute tremblante, et inquiète, se tourna vers la chamane pour lui demander :

« Ton oiseau… Il ressent quoi, là, dans l’air ? »

Silence général. Mais Citrouille sourit de plus belle.

« Mon p’tit Hieronymus me dit de vous dire que le vent vient de face, vous pouvez être en pesanteur si vous vous étendez bien !
– On va écouter les conseils d’un oiseau ? Marmonna l’eunuque.
Je répète : on va écouter les conseils d’un oiseau pour sauter dans le vide ?!
– Ben… Tu voudrais écouter les conseils de qui pour voler ? » Fit Citrouille en tirant une grimace, la question étant totalement sincère.

Bah oui, pas bête ; écouter les conseils d’un oiseau. Eva était en train de suer, Faust sentait qu’elle devait avoir perdu un kilogramme juste avec la sueur de sa frousse. Toute inquiète, les jambes flagada, elle fit des signes de main pour que ses deux camarades s’approchent.

« Ok… On est à pic, sommet de un kilomètre… ça va être chaud, super chaud. On va descendre à pic, de face, en profitant du vent qui vient… De face, donc, et ensuite s’étendre et glisser quand on atteint cinq cents mètres pour bien ralentir. Vous me suivez tout du long, et…
…Et… Et… Et est-ce qu’il y a un saint à prier pour les cabrioles dans le ciel ? »


Faust réfléchit. Il y avait Sainte-Valkia, une Norse cheftaine de la tribu des Schwarzvolf qu’on disait être transformée en Valkyrie qui arpentait les Cieux, c’était à propos. Quand il lança la réflexion, Eva soupira ; elle était une grande sceptique, quasi-athée, mais même elle ne put s’empêcher de sortir :

« Hé bien alors… Sainte-Valkia, honneur vous soit rendu, donnez-nous des ailes. »

Elle souffla fort, pour se donner du courage…

« Vérifier équipement… »

Elle attrapa les ailes de l’eunuque, vérifia les sangles, la tenue, les ailes.

« 3 prêt ! »

L’eunuque fit de même à Faust, le tripota dans tous les sens, tira sur les ceintures et les boucles, avant de lancer :

« 2 prêt ! »

Ce après quoi Faust tira sur Eva, jeta un œil à son casque et ses étriers, avant de crier :

« 1 prêt ! »

Alors, les trois se collèrent entre eux, comme s’ils allaient se lancer dans une mêlée de Rotzball. Eva cria avec une voix toujours pleine de peur, mais maintenant affermie et autoritaire :

« Course prête, course prête ! »
Et Faust et Turahan de répéter à tour de rôle : « Course prête, course prête ! »

Moment décisif. Eva lança :
« Saut, go ! Saut, go ! »

Et alors, les trois coururent comme des dératés, à toute vitesse, directement au bord du vide — et sans réfléchir, parce qu’il fallait vider son cerveau juste à la bonne seconde, ils se laissèrent tomber tout pile, la tête la première, les bras contre le corps.



Le vide était immense. Le vent souffla à toute vitesse dans le visage et contre les lunettes vissées sur les yeux. Les trois silhouettes se détachèrent entre elles, en tombant à toute vitesse comme des cailloux, tout droit vers le sol. Une énorme force, la force cinétique de leur chute, s’écrasait contre eux, et Faust pouvait sentir le vertige gagner ses oreilles, ses doigts de pieds, et surtout, son entrejambe, où il avait la sensation la plus désagréable.
Mais le plus drôle — même s’il ne fallait pas en rire maintenant, parce que c’était pas du tout le moment de rire — c’est qu’on entendait dans l’oreillette Eva grogner comme une tarée.

Ils chutèrent tous les trois, avant de soudain se forcer à étirer les bras et les jambes, comme des étoiles de mer, pour se faire face. Alors, Turahan, qui était le plus froussard des trois, se surprit à crier de joie :

« YOOOOUHOUUUU ! »

Le paysage autour d’eux était incroyable. Une vision comme aucun peintre ne pourrait avoir de sa vie. Citrouille, oui, à travers les yeux d’un animal qui avait été créé par Taal pour — mais tous les trois venaient de conquérir les cieux. Tout autour de Faust, au milieu du vacarme du vent qui l’assourdissait, il voyait des nuages, il pouvait toucher les nuages. Un petit mouvement d’épaule, un petit mouvement de bras ou d’étrier, et ses ailes factices pouvaient l’emporter à droite ou à gauche. Il découvrait une réalité connue des astromanciens : l’air n’était pas vide. L’air avait des poches, de chaud et de froid, des endroits où il paraissait plus lourd ou au contraire plus léger… C’était tout aussi inquiétant qu’absolument fascinant.

Eva était toujours transie de peur, alors qu’elle lançait des ordres essoufflés dans les oreillettes de ses deux collègues :

« Regardez le sol, regardez le sol !
On va atterrir dans le champ dans le vide, à une lieue du feu sur la route ! »


Très subtilement, Faust força à bander ses muscles, et tenta d’approvisionner ses ailes qui n’étaient pas son propre corps. C’était compliqué, et lui aussi se surprenait à être tout crispé et mal à l’aise — rien à voir avec Turahan, qui bougeait presque comme l’oiseau de Citrouille. Et enfin, les trois silhouettes, se séparant de plus en plus, se retrouvaient à essayer de conquérir l’aile et réduire fortement leur vitesse, en battant fort des bras.


Plus ils descendaient vers le sol, et plus ils utilisaient tout ce qu’ils avaient de force, mais surtout de coordination et de jugeote, pour trouver de l’aérodynamisme et conquérir les airs. Alors, de grosses pierres, ils se transformèrent en petits oiseaux de papier, et ils planaient au lieu de chuter. Tous les trois trouvèrent dans le noir l’immensité d’un champ en train de faire pousser ses blés d’hiver. Pieds droit devant, s’accrochant sur ses appuis, c’était le moment ultime : savoir s’ils allaient s’éclater les jambes ou non.


Faust se retrouva les talons droit dans la gadoue. Il glissa sur deux mètres, s’enfonça dans le sol, et roula par terre en se prenant dans ses toiles. Effondré sur le sol, essoufflé, il comprit à rebours que même si sa réception n’était pas du tout élégante, il avait parfaitement réussi à obéir aux deux conditions nécessaires pour se qualifier pour la mission : 1) être en vie, 2), ne pas être blessé. Juste après lui, Eva et Turahan suivaient, beaucoup plus loin dans le champ.

Après une petite pause sur le sol de quelques secondes, Faust se releva ; Il détacha ses sangles et ses ailes, qu’il laissait là, équipa son arbalète, et couru pour rejoindre les autres. Au bout de quelques minutes seulement, le trio d’Umbramanciens était reconstitué, Turahan enlevant son casque et explosant de joie :

« Bon sang, c’était génial ! Dieu soit loué, vraiment incroyable ! »

Eva le calma de suite, en vociférant :

« Silence pour tout le monde ! On est pas là pour jouer, la putain de mission vient juste de débuter ! »

Elle avait l’œil torve et le teint diaphane. Elle faisait l’autoritaire, mais pas sûr qu’elle ne se soit pas pissée dessus pendant la chute. Elle ferma les yeux, pris un instant pour se reprendre, avant d’appuyer sur son oreillette.

« Hooker pour Safre, Hooker pour Safre — trois âmes sauves sur le sol. Vous allez bien ?
C’était magnifique à voir depuis là-haut, Hooker.
Vous avez atterri pile au bon endroit selon Citrouille, et personne n’a remarqué votre infiltration. L’auberge-relai n’est qu’à une quinzaine de minutes de marche d’ici. Reprenez vos esprits et faites marche jusque là-bas.
 »


Ils y allèrent par petites foulées. Ils auraient pu le faire en marchant tranquillement, rien ne pressait, mais Eva avait envie de courir et malheureusement il fallait suivre sa cadence — elle était bizarrement grognon et énervée quand elle avait honte. Enfin, voilà que les trois arrivèrent en plein milieu d’un sous-bois. Ils ralentirent un peu la cadence pour que leurs yeux s’habituent à l’obscurité, qu’ils ne fassent pas trop de bruit en écrasant des brindilles, et surtout, qu’ils fassent très attention à d’éventuels pièges laissés par là — les locaux devaient craindre les loups autant que les contrebandiers venus de Frugelhorn, et là n’était pas le moment de marcher sur une gueule en métal faite pour piéger des pattes d’animaux… On entendait pas grand-chose niveau bruit, l’hiver faisait que la plupart des bêtes dormaient, que les oiseaux étaient partis vers des temps plus chauds, et la nuit avait endormi le reste.

À la sortie du petit sous-bois, les trois s’agenouillèrent pour observer ce qui se tenait devant eux. Eva déploya sa longue-vue pour mieux observer : huit grosses chaumières, des grands feux de camps, beaucoup de chariot. L’auberge-relai du coin devait souvent être pleine à cause du commerce entre l’Empire et la Bretonnie, mais aujourd’hui, la petite communauté était grossie d’autres nouveaux arrivants.
Avec leur attirail noir et leurs armes, les trois Umbramanciens paraissaient clairement hostiles, et si on les voyait, ça risquait d’appeler à l’aide les gendarmes. Dans leurs paquetages, ils avaient quelques haillons qu’ils pouvaient utiliser pour se faire passer pour d’honnêtes pèlerins, ou alors, ils pouvaient progresser en noir jusqu’à trouver un moyen de se déguiser…

« On pourrait aussi ne pas se déguiser tout de suite et juste monter dans un des chariots. »

C’est Coquille d’Œuf qui avait dit ça. Il désigna l’un des gros véhicules.

« Ils ont l’air remplis de bouffe et d’alcool, si on grimpe à la sauvette, on pourrait juste descendre une fois entrés dans le château, on pourra peut-être même totalement dépasser la basse-cour et finir juste devant le donjon.
– S’ils fouillent pas le chariot…
– Certes, mais on sera peut-être encore plus discret que si on se planquait dans le cortège… »
Jet de théologie de Faust : 10, réussite

Jet de préparation du saut d’Eva : 1, réussite critique

Jet de chute-libre (Malus : -3, conditions météorologiques. Bonus : +3, réussite critique d’Eva.) : 10, 2, 8, que des réussites

Jet de réception sur le sol : 10, 10, 1, réussite critique, que des réussites.

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Faust Valdorf
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Re: [Faust Valdorf] Concorde Fraternelle

Message par Faust Valdorf »

3.2.1.
Et voilà que se dévoile le vide.


Le vent souffle, souffle contre mes oreilles. Siffle tellement fort qu’il en couvre tout le reste : j’entends à peine les cris d’Eva reverbés dans mes tympans, ou la joie de Tuharan déployée à pleins poumons. Je les imite à moitié, hurlant au travers de mes dents grinçantes. Le crissement m'en fait souffrir l'ouïe. Souffrir le corps, aussi. Je sens le masque d’aigle s’enfoncer contre mon visage, les sangles serrées contre ma chair ; les vibrations qui transpercent mes extrémités, jusqu’à m’en fourmiller l’entrejambe. Mon cœur bat la chamade.

Mais ce qui me surprend le plus, c’est la vitesse. Tout défile tellement rapidement. Je n’ai même pas le temps d’être terrifié : j’agis par pur instinct, uniquement par mémoire musculaire, sans trouver l'occasion de réfléchir. Alors j’étends les bras, et je tire, tire contre les éléments, essayant de naviguer dans cet océan brumeux. Mon échine frissonne. Je crois frôler une excroissance rocheuse, sortie des montagnes. Difficile d’évaluer les distances en chute libre.

Eva grogne à nouveau. Je prie pour qu’elle s’en sorte. Champ en contrebas. Vert et blancs mêlés. C’est beau, de là-haut.

Je me redresse vers l’arrière, tire comme un sourd sur mes ailes, bande mes muscles pour mettre mes pieds vers le bas. Je râle de douleur, agite les membres. Freine à la force de mes bras.

Le brouillard s’écarte, le brun terreux apparaît. Une pensée pour Père-Corneille et Sainte-Valkia.

Dix secondes. Cinq secondes. Deux secondes.
Impact.


Mes jambes tremblent. Ma tête tourne un peu à cause des roulades. Je regarde vers le ciel, allongé sur les toiles de mon costume et la gadoue hivernale. J’enlève immédiatement le masque d’une main hâtive, et respire à grandes goulées d’air frais : ma gorge me brûle à force d’avoir gueulé. J’ai mal. Un peu partout, de manière trop diffuse pour que ça ne me semble grave. Je n’ai pas atterri élégamment : sans doute aurai-je des bleus pendant quelques jours. Mais mon malaise traduit surtout une chose.

Je suis en vie. Et en un seul morceau, puisque je peux encore bouger. La soirée continue.



Difficilement, je me relève, en me libérant de ma carcasse mécanique. Je m’étire un peu, frotte mes articulations, reprends mon souffle, observe les alentours, et les reliefs qui me surplombent. Ils ont l’air immenses, vus d’en bas : c’est surréel, de me dire que j’étais sur leurs flancs il y a à peine quelques minutes ! Enfant, je me souviens d’une petite clairière au village, dans laquelle j’appréciais jouer. Je m’amusais à escalader les arbres, les troncs tombés, à grimper sur les branches… pour le petit Faust d’alors, de simples chênes paraissaient similaires à des tours insurmontables : je n’imagine même pas le visage que j’aurais tiré, si on m’avait dit que je sauterai un jour de montagnes.

Une partie de moi se demande comment j’ai pu être assez suicidaire pour m’infliger ça. L’autre est détendue. Suante, mais très satisfaite d’elle-même. J’ai certainement frôlé la mort, et pourtant, je me sens comme après une bonne séance d’exercice. C’est cette impression que j’apprécie tant, procurée par une victoire, par le sport intensif, par l’obstacle franchi : celle de l’effort récompensé, la volupté d’être parvenu une fois de plus à se dépasser.

L’anniversaire de Janna est ce mois-ci. Je lui offrirai un bon cadeau, en remerciement pour la découverte.

Mes pensées et mes organes remis en place, je me lance aussitôt à la recherche des autres : une tâche considérablement facilité par le fait que j’ai atterri avant eux. C’est un petit miracle, mais tout le monde s’est posé sans dommages. Eva est trop sur les nerfs pour qu’elle soit mal au point - ce qui me rassure -, et la recrue passe de l’appréhension à une véritable euphorie. C’est une surprise. Vu son hésitation, je m’attendais à ce qu’il vomisse en débarquant, mais il est sans doute de ceux réfléchissant trop en amont, et se détendant une fois dans le feu de l’action. Son étonnante habileté en est même vexante, comparé à la mienne : à croire que la Coquille d’Oeuf dissimulait un oiseau…

Regroupés, nous progressons ainsi à la faveur de la nuit, jusqu’à ce que nos pas nous mènent diligemment jusqu’au sous-bois. Le décor s’offrant à nous correspond au moins aux informations d’Elisinda, et il ne nous faut pas longtemps pour arriver en vue de l’auberge-relais. L’endroit n’a en soi rien d’exceptionnel : huit grosses chaumières disposées en carrefour, entourées de chariots et de feux de camp, dont les faibles éclairages percent au travers du crépuscule. Si je ne savais pas que nous étions passés côté bretonnien, ce serait impossible à deviner juste en se fiant à l'architecture : et pourtant, nous voilà désormais bien en territoire hostile. Comme avant notre envol, nous prenons un temps de réflexion pour décider de la marche à suivre, et élaborer un plan d’action.

L’initiative de Tuharan a le mérite de m’intriguer, puisque l’Alkebulanai propose tout simplement de nous cacher dans les chariots d’approvisionnements, afin que l’on nous mène directement au cœur du donjon. Ce n’est pas une réflexion idiote, mais certainement une mêlant haut-risque et haute-récompense : qui nous permettrait potentiellement d’être plus discret, mais dont les contre-coups seraient aussi bien plus gênants si on venait à nous découvrir. Pour cette raison, je l'écarte rapidement. À ce stade de notre avancée, je ne vois pas ce qui justifierait un tel pari, et je préfère profiter de notre passage au relais pour trouver des informations sur ce qui nous attend ensuite. Je me retiens d’exprimer l’opinion à voix-haute (bien que l’envie m’en démange), mais m’est avis que si le petit souhaite tant rester inaperçu, c’est surtout vu son passif avec les bretonniens : sans avoir eu les détails de son dossier, j’ai cru comprendre que monsieur l’eunuque avait été un temps prisonnier des chevaliers du Roy… Au final - et après approbation de Hooker -, mon choix se porte finalement sur une tactique moins hasardeuse : nous déguiser en pèlerins se dirigeant vers la Maisontaal, nous camoufler via quelques sorts mineurs, et nous mêler aux habitants pour dénicher des déguisements pouvant nous donner l’accès au château.

C’est une tactique simple, a priori efficace, dont je n’entrevois que deux défauts. Le premier, c’est qu’elle implique de nous débarrasser de notre équipement lourd : nous abandonnons nos armes et nos étranges tenues, sous les plaintes habituelles de Citrouille, laquelle devra se charger de tout récupérer. Le second… c’est que les haillons de pèlerins sont franchement peu confortables. Très pratique pour un alibi, beaucoup moins pour rester au chaud par un froid d’Ulric. Claquant des dents, j’attache à mon déguisement des petits symboles de cerf, des amulettes à la lance méridionale. Eva se décore de colliers représentant un aigle et une colombe, Tuharan de pendentifs à tête de loup et à trident - et, membres grelottants à cause de l’hiver, nous quittons notre cachette rurale.



L’entrée du bourg - pour peu qu’on puisse le qualifier ainsi -, est marquée par une borne milliaire recouverte de neige, venant sans doute du temps où l'Empire reignait jusqu’ici. Sont indiquées les voie vers "Ubersreik", "Sigmarpolis" (aujourd’hui Montfort), et "Parravon", à côté desquels on trouve un petit oratoire dédié au Foyer, où des voyageurs divers ont laissé des figurines taillées et des cierges. Encore une fois, je suis pris aux tripes par cet étrange sentiment de familiarité. Même si officiellement, mon ancêtre le plus lointain combattit avec Sigmar au col du feu noir, ma famille doit plutôt remonter à une époque similaire à celle de cette borne, vers le règne de Sigismond le Conquérant. Quand j’étais plus jeune, le moindre scepticisme quant aux fondations véritables de ma lignée m’envoyait dans des excès de colères difficiles à calmer. J’y croyais vraiment dur comme fer, à cet arrière-arrière-aïeul frère d’arme d’un saint. Maintenant… disons que le collège m’a appris qu’il ne faut pas avoir honte des vérités embellies.

Il y a beaucoup de monde pour nous accueillir. Une multitude de chariots, certes mais tous entourés de dizaines de gens habillés chaudement (les chanceux…), et de chaumières aux âtres allumées. J’entends des rires, de la musique, une ambiance de fête : on vient à peine de passer le Nouvel An, et visiblement, les bretonniens apprécient quand leurs festivités débordent un peu sur le calendrier. Quelques hallebardiers aux uniformes des Légions Royales se font aussi apercevoir, rendant Coquille d’Oeuf tout patraque ; il s’inquiète pour rien, puisqu’ils ont surtout l’air de concentrer leurs fouilles sur les fonds de leurs pintes.

Nonchalamment, nous finissons par nous retrouver à une table devant une chaumière. Protégés par le vent de l’ombre, nous passons complètement inaperçus : Eva est obligée de physiquement héler une tenancière pour qu’on nous apporte à boire, et je commence à observer nos voisins en sirotant à petites gorgées une bière bien trop amère. L’un d’entre eux attire rapidement mon attention : un militaire des Légions Royales assis dans son coin, aussi éméché que rigolard. Suffisamment présent en ville pour savoir ce qu’il s’y passe, et suffisamment alcoolisé pour le révéler. Une parfaite source de commérages, en somme.

Laissant mes deux camarades à leurs activités, je me lève donc en rabaissant les bords de ma capuche, dérobe un paquet de cartes sur une table environnante, et vient m’approcher de mon nouveau compagnon. Happé par le spectacle, il sursaute en me voyant arriver de nulle part, mais ne semble pas plus gêné que ça par ma présence : il a déjà l’air complètement allumé, avec le nez rouge et le regard brillant d’un homme pompette. C’est très bien. Il s'écarte un peu pour me laisser grelotter sur un tabouret à ses côtés, et j’engage la conversation en lui proposant tout simplement une partie de cartes. Malheureusement, le voilà qui lève la main tout inquiet, dans un refus :

« Oh non mon gars ! Oh qu'non ! Qu'le capitaine y dit qu'c'est péché, qu'la Grande Aiglesse aime pas, qu'un soldat peut s'faire fouetter s'il touche aux cartes !
- Houla, loin de moi l'idée alors, je ne voudrais pas vous attirer des problèmes. Vu que l'ambiance est à la fête, je me disais juste que ce serait dommage que vous ne vous amusiez pas un peu aussi. »

Le moment s’y prêtant, j’en profite pour sortir ma tabatière et allumer ma pipe. Si on me demande, je répondrai que tout ce plan mûrement réfléchi constituait juste une excuse pour qu’on me laisse fumer cinq minutes. De son côté, le soldat se met à fermer le poing et taper sur sa poitrine, complètement ivre, en essayant de répéter les ordres qu’on lui a sans doute inculqué :

« Le jeu est le vice, oui-da ! Le jeu est mauvais ! Ranald est un mauvais compagnon, qui pousse à l'immodération ! Oh, on peut les jeux pas calendaires, mais là, on est r'd'venu calendaire, hein ? »

On l’est. Je vapote un peu de fumée, et le regard sans répondre. C'est uniquement maintenant qu'il remarque mon costume ou mes grigris, et me questionne sur un ton on ne peut plus sincère :

« Heu... Pèlerin ? C'pas très pèlerinage d'boire de la tisse, non ?
- Oui, pèlerin monsieur. Et ceux qui servent l’Oncle-cornu brassent bien de la bière : j’allais vers la Maisontaal, c’est leur rendre hommage. Mais on m’a fait comprendre que la route ne progressait pas plus loin dans les montagnes, alors je m’arrête là en attendant. Triste que ça arrive en des temps comme ceux-ci… »

Pour accentuer le trait, je fais un petit signe de Myrmidia, comme ému par les évènements récents. Je comptais l’inviter à remballer seul via cette note ouverte : il s’y engouffre aussitôt, avec même plus de virulence que prévu. Le voilà qui fait les grands yeux, et fronce très fort des sourcils dans une pure expression de colère.

« Comment ça, triste ?! Ah, qu'c'est triste qu'nos voisins y s'amusent à faire du mal à des p'tits bonhommes d'chez nous, oui-da mon gars ! Triste qu'on va leur coller une raclée vite fait ben fait, hein ?! Il ferme ses poings et me faisant des gestes du menton, comme s'il attendait que je lui réponde la même chose. C'quoi vot' accent, là, vous v'nez d'où ?! »

Je lève une main en signe de paix, et me mets à vigoureusement hocher la tête.

« Ah je suis de la Louenne moi, monsieur. Et oui, triste : triste que ces vauriens des montagnes puissent se le permettre. Ils vont se prendre une bonne raclée, vivement que le Duc remette de l’ordre dans tout ça. »

C'est un mensonge effroyablement mauvais. Je me débrouille en bretonnien - ayant une plutôt bonne affinité avec les langues -, mais pas de quoi passer pour un natif. Fort heureusement, il y a un élément sur lequel mon baratin peut s’appuyer : les capacités de réflexions d’un homme saoul. Parce que loin de me presser davantage, le sergent semble un peu se calmer à mes approbations. Il grogne tout seul, et finit par grommeler un laïus haché et peu cohérent :

« Oué, non, c'est pas ça, 'fin, c'est pas des vauriens, juste ceux de Fru-gel-ho-fen, lô, la ville au-dessus... Mais j'crois pas qu'le duc veuille la guerre, beh non, c't'un gars honnête, pis il obéit au roi, on fera pas la guerre si le roi l'veut pas, c'est l'plus important... Enfin, il a inventé plein de gars de ses amis et tout ici pour préparer, mais y aura p'têt pas la guerre, hein. Y vont p'têt faire les tatas et pis donner au Roi c'qu'y veut, les gens de Fru-gel-ho-fen.
- Je vous le souhaite alors, que Sainte-Pergunda vous entende et que ça se règle bien. Mais d'accord, vous m'apprenez quelque chose, je savais pas que le duc était là. Ça doit être impressionnant d'avoir un grand chevalier rappliquer comme ça. Sacré bonhomme qu'il paraît. »

Il approuve vigoureusement.

« Grand chevalier, oui-da, grand guerrier, qu'il a mené les Légions du roi à travers tous les pays. Mais il est pas v'nu seul, plein d'nobles l'accompagnent. Par contre j'sais pas pourquoi y a vraiment plein d'monde qui s'est ramené, vous avez vu les guignols - des jongleurs, j'crois qu'il y a un magicien, on m'a parlé aussi qu'ils allaient faire un combat de coqs. Vraiment une grosse fête, j'crois qu'la baronne de Bérétis elle a un truc à fêter, j'sais pas quoi. C'dommage tout le monde peut pas monter jusqu'au château, faut être autorisé, pour ça que plein de gens font un, heu, before (Terme bretonni intraduisible) avant qu'on voit qu'y peut monter. »

Oh. Là c’est un détail qui m’intéresse. Je le regarde avec de grands yeux faussement éberlués, comme s'il venait de m’annoncer avoir un ogre comme cousin.

« Y'a même un magicien qui se ramène, sérieux ? »

Il approuve d'un grognement, avant de siroter sa bière.

« Bah, c'est c'que j'ai entendu ! J'vu tout un cirque arriver d'pis la fin d'après-midi - des gens qui font des allers pis des v'nues dans les auberges. À un moment un gars s'amusait à faire disparaître des trucs comme un sorcier, on essayait d'trouver sa botte secrète on l'a pas devinée - en espérant qu'y ait un truc et qu'ce soit pas d'la vraie sorcellerie. J'crois qu'après y s'est éloigné, p'têt il se préparait pour son numéro, va savoir.
- Hé bah j'espère qu'il est pas parti trop loin, ça donne envie de voir ça quand même... sacré numéro. En tout cas je vous souhaite de bien profiter… enfin, vous allez pouvoir y aller du coup, non ? Un brave sergent, ils doivent laisser rentrer j'espère. »

Il hausse des épaules en regardant derrière lui à ma première question.

« J'crois qu'il est toujours là, pas sûr d'où mais pas loin... mais à mon ultime réflexion, il ricane. Ha non ! Moi j'suis d'la Légion Royale - armée du Roy ça veut dire ! J'suis là pour garder les cols et y a des gars comme moi autour du château, mais c'est les sergents à m'dame Bérétis, sa mesnie privée qui garde l'événement. Y zont pas l'même uniforme que nous. La chance quand même, être garde d'un noble...
- Ils ont bien de la chance oui. Puis si le bon duc vient se préparer chez cette madame... Bérétis ? Bérétis, c'est que ça doit être une vassale bien exemplaire. Puis une femme qui dirige quand même, c'est rare. »

Là, il paraît un peu plus gêné.

« Hé, sans doute, 'fin, j'imagine... Mais j'suis qu'un humble soldat, j'sais pas trop les trucs comme ça, mon gars. »

Dommage. J’espérais pouvoir creuser un peu sur cette mystérieuse vassale et ses relations au duc, mais c’est déjà suffisant. Avancé par cette conversation aussi éclair qu’anonyme, je le salue, et décide de m’arrêter là.

« Je comprends, je comprends. Enfin, de toute façon je ne vais pas vous embêtez plus longtemps sergent, merci déjà. Amusez-vous bien, puis n’hésitez pas si vous changez d'avis pour le jeu. »

Sans plus de révérence, je m’éloigne au travers de la foule, pour revenir m'asseoir aux côtés de mes comparses. Probablement qu’il n’aura bientôt plus aucun souvenir de moi, autant par la magie des ombres que par celle de l’alcool : pour ma part, je compte bien garder en mémoire les bribes d’informations révélées par ce cher légionnaire. Savourant le tabac, je me réinstalle tranquillement sur ma chaise, avant de lâcher mon compte-rendu d’une voix basse.

« Plusieurs nouvelles. Premièrement, il y a effectivement beaucoup de monde qui espère pouvoir venir au château, bien que personne ne soit réellement sûr du nombre ou de l’identité de ceux qui seront autorisés à passer. Deuxièmement, comme on pouvait s’y attendre, c’est la maisnée de Bérétis qui va garder l’évènement. Et dernièrement… »

Je tire à nouveau sur ma pipe, souffle un peu, et déballe enfin l’information croustillante.

« … outre les jongleurs et autres saltimbanques, il y a un magicien qui se balade dans le coin. Ce serait amusant, comme déguisement. »

Je ne peux pas m’en empêcher. Certes, nous pourrions nous déguiser en simples saltimbanques, en visiteurs de passages, ou nous cacher comme le proposait Turahan. Mais réussir à s’infiltrer avec la plus extravagante, tout en passant pourtant inaperçu… il y a un plaisir certain, dans le fait de se camoufler en attirant tous les regards sur soi.
Faust Valdorf, Voie de l'espion
Profil: For 8 | End 8 | Hab 10 | Cha 11 | Int 10 | Ini 12 | Att 8 | Tir 8 | Vol 12 | NA 1 | PV 65/65
Lien de la fiche wiki : https://warforum-jdr.com/wiki-v2/doku.p ... iche_faust


Profil détaillé :
Compétences

Alphabétisation : Sait parler, lire et écrire le Reikspiel.

Théologie : Connait la plupart des pratiques religieuses, des différents cultes et des symboles religieux.

Langue étrangère - Classique : Sait parler, lire et écrire le Classique, utilisé par la quasi-totalité des érudits du Vieux Monde.

Langue Hermetique - Magikane : Sait parler, lire et écrire le Magikane, utilisé par la totalité des Magister.

Sens de la Magie : Peut ressentir les vents de magie et leurs altérations.

Incantation - Domaine de l'Ombre : Peut dissiper, apprendre et incanter des sorts du domaine de l'ombre et du domaine commun.

Maitrise de l'Aethyr [1] : Peut lancer plus facilement des sorts, et augmenter leurs effets.



Acrobatie : +1 sur les test d'acrobatie (chutes, roulades, bonds, rebonds, sauts, réceptions, équilibres) et -1D6 dégâts de chute.

Déplacement silencieux : +1 sur les test visant à se déplacer et réaliser des actions silencieusement.

Esquive : Permet d'esquiver sans malus en combat.



Cryptographie : +1 sur les tests visant à percer un code ou des clefs de chiffrement.

Lecture sur les lèvres : Peut lire sur les lèvres.



Empathie : Peut percevoir les émotions d'une personne sur un test réussit.

Linguistique : Peut très rapidement se débrouiller avec des langues et des dialectes qu'il ne connait pas.

Imitation : +2 sur les test visant à imiter la voix d'un individu, à condition de l'avoir déjà entendue.



Equipement

Epée courte : 1 main ; 12+1D6 dégâts ; 9 parade ; Rapide (-2 en Attaque/Initiative lorsque l'opposant tente de parer ou d'esquiver).

Dague : 12+1D6 dégâts ; Rapide ( -2 en Attaque/Initiative lorsque l'opposant tente de parer ou d'esquiver) ; parade 6 ; peut-être utilisé comme arme de jet.

Arbalète : 2 mains ; 34+1D8 dégâts ; malus de -2 tous les 30 mètres ; Perforante (4) ; Un tir par NA max.

Gambison et Chausses rembourrées : 3 points de protection sur le torse/dos, les bras et les jambes. Pas de malus pour lancer des sorts ou dissiper.


Sac à dos
Grappin
Echelles de cordes
Assortiment de limes
Billes
Allumettes (x12)
Menottes
Accessoires de déguisement
Carreaux (x24)
Livre (Vingt-trois postulats sur la pensée magique)
Pipe et Tabatière
Clairvoyance (X6) : Pendant une heure, +1 en INT (et +1 VOL pour les mages). À la fin du bonus, -1 généralisé à toutes les stats pendant une heure.
Tabac (X10) : Cinq minutes après avoir fumé, +1 en INI et en résistance à la fatigue pendant une demi-heure.


2 pistoles d'argent et 11 sous de cuivre

Sablier du temps : Un sablier sur lequel est écrit : « Seconde chance ».
Inverse le cours du temps sur une action, permettant au joueur qui le désire de lancer deux jets sur un seul test et de garder celui qu’il désire. Utilisable trois fois. L’utilisation des Sables du Temps doit être déclarée en amont par le joueur. Encore une utilisation possible.
Sap-Sapin de Nowel (X2) : Redonne 3+1D5 PV. Peut rendre malade (indigestion etc) via 1d3, sur un 1.


Sorts

Domaine primaire

Contrepoison

Domaine de l'Ombre

Aire de Camouflage
Incognito
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Action secrète
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Marche des ténèbres
Poignard d'ombre (Malus de 0/-2/-4 selon la version)
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Re: [Faust Valdorf] Concorde Fraternelle

Message par [MJ] La Fée Enchanteresse »

En écoutant les nouvelles de Faust, Seyss et Turahan demeurèrent attentifs — ils n’avaient pas obtenu, de leur côté, beaucoup plus d’informations supplémentaires. En revanche, au dernier mot de Valdorf, la magicienne aux yeux verts leva un sourcil.

« Lui, j’en ai entendu parler : Augier le Magnifique, plus grand illusionniste de Bretonnie, enfin, selon son prospectus ! Il est censé être le clou du spectacle de ce soir.
C’est quand même sacrément culotté de prendre la peau de quelqu’un qui a une petite notoriété à travers le royaume, et surtout de se montrer juste sous les yeux de centaines de témoins. Mais c’est un plan comme un autre. Et du peu que j’en ai vu, le gars a l’air complètement cuit… »


Elle dépliait en même temps une petite affichette jaunâtre qu’elle avait décrochée de quelque part — un dessin montrait un monsieur avec une baguette magique qui faisait apparaître un lapin dans son haut de forme, avec autour de grands mots prometteurs : Augier le Magnifique — Seulement ce soir, pour le bon plaisir de la seigneuresse de Bérétis ! Magie et illusions ! Mentalisme et apparitions !.

« En plus tu aurais le bonheur de me voir en collants pour faire ton assistante, si ça c’est pas merveilleux. »

Seyss offrit un clin d’œil à Faust. Turahan serra les dents de pure gêne et reprit l’ambition de finir son verre.

Poursuivant sur cette lancée, donc, Faust commença à élaborer un plan. Les deux autres n’eurent trop rien à redire : c’était une piste comme une autre. Discrètement, toujours masqués d’Ulgu, ils commencèrent à se déplacer vers l’auberge où Seyss avait cru découvrir le magicien. Elle était, fort heureusement, ouverte et remplie de monde, aussi, il ne fut vraiment pas dur de trouver un coin du bar sur lequel s’accouder l’air de rien. Encore une fois, la magie les drapant empêchait quiconque de trop remarquer leur présence, et la serveuse derrière le comptoir sursauta de peur quand Turahan lui demanda à voix haute s’ils pouvaient être servis. Il était vraiment que les Umbramanciens avaient rarement des soucis de témoignages croisés contre eux…



Au bout de quelques instants, Augier le Magnifique se présentait enfin. Un grand monsieur, moustachu, aux cheveux longs, et magnifiquement habillé d’un costume de dandy, avec cravate rouge nouée et chemise bouffante. Il avait mauvaise mine : il titubait beaucoup, s’effondra au bar, et, alors que Faust se concentrait sur les traits de son visage pour déceler des phrases, quelques mots semblaient flotter de ses poumons : assistante, château, numéro, absente, partir... Le barman finit par s’agacer un peu en rigolant : « Bah va bien falloir vous décider à y aller à un moment ! »

Il semblait avoir perdu celle qui devait l’aider. Faust donna la nouvelle à Eva, et lui proposa d’aller retenir le bon magicien. Celle-ci approuva ; elle retira sa capuche pour bien faire apparaître ses cheveux noirs, et dissipa son propre sortilège afin que les voiles dansants d’Ulgu autour d’elle s’échappent dans les airs et dans les ombres. Elle sortit de sa poche une petite boîte sphérique — elle s’ouvrit en deux cercles, l’un contenant un miroir, l’autre un fard à paupière. Elle regarda si elle avait un bon air, puis, elle put s’atteler à contourner les clients de l’auberge tous en train de boire, rire et chanter, pour aller retenir l’attention d’Augier le plus longtemps possible.

Les deux autres Umbramanciens passèrent à l’action. Ils se levèrent, et allèrent jusqu’à l’escalier. La surveillance précédente d’Eva leur servit à savoir quelle porte dissimulait la chambre louée du magicien — Faust n’eut donc qu’à s’agenouiller devant la serrure, et d’utiliser sa lime pour la forcer. C’était pas très discret, mais on faisait avec ce qu’on avait… Au bout de quelques assauts métalliques, couvert par l’eunuque qui surveillait au cas où un autre client devait remonter. Finalement, la porte s’ouvrit, les deux s’engouffrèrent dedans, et la fermèrent derrière eux.

La chambre, au premier coup d’œil, était une pièce tout ce qu’il y avait de plus normale : un lit, un dressing, quelques étagères. Rien de bien intéressant. Mais ils n’eurent pas à faire plus de deux pas pour découvrir quelque chose de fascinant et qui changea tout ce qu’ils avaient prévu — au sol, Augier avait dessiné une rune avec du sel. Une curiosité ésotérique ? Beaucoup de gens s’intéressaient à la magie à travers le Vieux Monde, sans pour autant avoir le sixième sens — quantité d’astrologues, divinateurs, mentalistes, rebouteuses s’intéressaient aux Arts particuliers… Mais ça donnait envie de fouiller. Discrètement, et sur les ordres de Faust, les deux commencèrent à ouvrir les tiroirs à la recherche de choses intéressantes.

Faust trouva une malle plein de vêtements colorés et un peu ridicules, pour la prestidigitation. Un peu de matériel de magie aussi : des baguettes, un grand miroir à déployer… Une cage plein de lapinous, aussi, en train de tourner en rond dans leur paille. L’eunuque avait découvert un papier qu’il commença à lire à voix haute :

« Il y en a souligné et barré certains… Prit quelques notes… Femme coupée en deux, boîte à sabres, armoire à disparaître…
Oh, visiblement il a rendez-vous avec un certain « Gérard » qui gère le matériel. On sait où aller après, pratique. »


Plus fascinant peut-être, Faust découvrit un vieux grimoire dans un des tiroirs — il était rempli de formules en magikane, certaines qu’il reconnaissait d’ailleurs. Le livre avait été dédicacé par un certain « G.M. » qui lui avait écrit quelques mots d’encouragement en Tiléen ; visiblement, monsieur Augier était un véritable magicien, un illégal qui avait appris par quelques mentors à faire des numéros de prestidigitation.

Sans doute que le récit personnel d’Augier méritait de lui payer un verre et de taper la discut’ avec lui, mais ce n’était pas du tout le moment pour s’attarder dessus. Surtout alors qu’on s’apprêtait à commettre une sacrée violence à son encontre…



C’est au bout d’un bon quart d’heures que Janna alerta les deux Umbramanciens qu’Eva avait fini de discuter avec Augier, et qu’elle remontait avec lui. Impossible de savoir tout ce que Seyss avait pu déployer comme numéro de charme, mais ça avait marché. Les deux mages se levèrent et se placèrent du côté d’où la porte s’ouvrirait, pour être masqués par la cloison. Ils attendirent. Augier glissa la clé dans la serrure ouverte. On entendait son étonnement :

« Bah… Qu’est-ce que c’est que cette… »

Il ouvrit, et se retourna pour voir qu’est-ce qui se passait. Il tomba alors nez-à-nez sur deux ombres qui patientaient devant.

Ses yeux s’écarquillèrent et il essaye de crier quelque chose, quand Eva l’attrapa en prise derrière. Faust et Turahan se ruèrent sur lui pour arrêter ses mains. À trois contre un, il n’avait pas beaucoup de chances de s’en sortir… Il fut traîné à l’intérieur de la chambre, Eva claqua la porte avec sa botte, et ainsi, en se jetant tous sur lui, les ombres le forcèrent à s’évanouir, avant de vite le saucissonner dans tous les sens : mains menottées, jambes nouées par un cordage, yeux couverts par un bandeau, bouche bâillonnée… et finalement enfermé dans un placard. Quand il se réveillerait, il tenterait probablement de faire du boucan pour que quelqu’un vienne l’aider, mais les murs résonnaient en ce moment même à cause de la musique du rez-de-chaussée, aussi, on pouvait raisonnablement tabler sur quelques heures de tranquillité.

Les trois mages prirent quelques instants pour souffler, avant de passer à la suite. C’est Faust qui ouvrit une caisse et invita ses deux collègues à s’habiller à sa guise — ainsi, ils purent prendre le costume de ses deux assistants, tandis que lui-même pouvait se saisir d’un des costards d’Augier : le Bretonnien en avait apparemment une demi-douzaine d’identiques. Puis, ils n’eurent plus qu’à emporter avec eux les quelques accessoires, Tuharan s’occupant de prendre sous son bras la cage à lapins, et Eva de se couvrir d’un immense imperméable — la pauvre n’était plus trop habillée pour résister au froid et à la neige de dehors, à présent.



Ils ressortirent dehors, et allèrent trouver le-dit Gérard. Il était un peu à l’écart des auberges, devant un feu de bois allumé autour de chariots et de chevaux. Faust avait pu utiliser la magie grise pour se faire pousser une moustache et des cheveux bouclés, et l’artifice marcha très bien — parce que le metteur en scène ne remarquait même pas la différence.

« Ah, putain, t’es enfin là toi !
T’as conscience qu’on est à la bourre ?! Ton numéro est p’têt pas tout de suite, mais faut qu’on mette en place le matériel et la répétition ! »


Il observa Tuharan et Eva, à droite à gauche, et pesta.

« Bon je vois que t’as remis la main sur des assistants, au moins. Tu vois, je te l’avais dit ! Oublie l’autre, va, elle t’attire que des emmerdes, toi-même tu le sais ! »

Les trois purent prendre place dans le chariot de Gérard, qui se mit à engueuler vertement un garçon qui servait de conducteur. Quelques instants plus tard, les voilà partis dans la fraîcheur de la nuit, jusqu’au grand château de Neubois.



« Excellent travail, agent. Vous allez pouvoir atteindre directement la haute cour de Neubois.
Maintenant, la vraie opération commence. Restez concentrés… »



Le château était tout simplement immense. Dressés sur une montagne à pic, ils en auraient eu pour une longue marche éreintante s’ils avaient tenté le périple à pince — et malheureusement, sur le chemin, c’était le cas de quelques solliciteurs et saltimbanques qui soufflaient et galéraient le long des cailloux qui composaient le sentier.
Le fort n’avait pas été construit pour être plaisant — ce n’était pas un de ces palais du Sannez modernes et dont les grands nobles Bretonniens raffolaient. Neubois avait été construite à l’ère féodale, et avait été un carrefour pour chacune des cinq précédentes guerres entre l’Empire et le royaume de Bretonnie — il en avait résulté d’un fortin puissant, qui contrôlait toute la vallée alentour. L’Ultime frontière de Bretonnie était truffée de canons, de tourelles, et, ils le découvriraient bien vite, de gardes.

Heureusement, ils allaient pouvoir ignorer tout ce dispositif défensif grâce à leur déguisement fort culotté.

Aux portes, quelques militaires de la Légion du Bourgon attendaient, recouverts de peaux de moutons pour se garder le plus possible du froid. Ils étaient fort zélés, car deux soldats armés de lanternes parlèrent agressivement avec le metteur en scène et exigèrent de tout fouiller. Mais qu’avaient-ils à trouver ? Des couteaux ? C’était pour faire du lancé. Des menottes ? Un numéro d’évasion. Des cordages, des limes, un grappin ? Des accessoires de scène. On regretterait presque de ne pas avoir amené les arbalètes — même ça aurait pu être excusé. Déçus de ne rien avoir d’intéressant à trouver, ils laissèrent le chariot passer.

La traversée de la basse-cour fut rapide : remplie de baraquements et d’habitants de la châtellenie, en train de griller des viandes et de préparer de la vaisselle, ils s’activaient pour mettre en place un grand banquet. Mais c’était la haute-cour où devait être situé Gaston et ses proches. Ils en traversèrent la grande herse, et les voilà qui se trouvaient au milieu d’une imposante cour éclatante et rayonnante.

Éloïse de Bérétis n’avait pas été avare au niveau budget d’éclairage : des centaines de torches et lanternes à feu faisaient briller le parc, et l’on pouvait voir de la beauté de ce donjon militaire transformé en lieu de vie noble : il y avait des statues de grands chevaliers du passé (Gilles, Agilgar de Parravon, le Roy Louis…), des arbustes à fleurs endormis avec la saison d’Ulric, une mare aux canards sans ses canards… Sur une grande estrade en bois, décorée de l’héraldique de grandes maisons de la région (Celle de Bérétis, évidemment, mais aussi celle de Gaston et d’autres dynasties invitées), des musiciens étaient en train de jouer de la musique moderne — Faust reconnaissait à l’oreille un compositeur Tiléen très connu, Fieromonte, qui avait vécu il y a deux siècles. Les musiciens ne risquaient pas d’avoir froid : sous l’estrade, il y avait des galets incandescents qui avaient été allumés, et le plancher de bois était devenu chauffant. C’était là la preuve des personnes riches, de pouvoir lutter contre la nature — il faisait nuit et froid, mais l’ambiance était chaude et rayonnante.

Quelques gardes de la mesnie Bérétis attendaient dans la haute cour. Ils ne pouvaient pas être confondus avec les Légionnaires du Bourgon : bien qu’il s’agît de grands hommes costauds, ils étaient habillés non pas comme des militaires en treillis faits pour être identifiables et efficaces, mais bellement vêtus pour ne pas être trop agressifs au regard — bérets bouffis bleus, jupes bouffantes, chemises décorées de vermeil… Ils faisaient beaux et élégants. Avec des gants de soie, ils dirigèrent le chariot pour guider le garçon jusqu’à un endroit sécurisé. Déjà, la pression montait d’un cran — la dame de Bérétis n’avait pas lésiné le budget sur la sécurité non plus, et on comptait rapidement une bonne douzaine de gardes rien que pour la cour. Ça allait corser pas mal de choses…

Ils s’arrêtèrent juste devant un hangar à bestiaux. Un majordome tout de noir vêtu et au crâne dégarni se présenta devant le metteur en scène.

« Ah ! Enfin ! Vous voilà !
Nous craignions de ne pas vous voir… Avez-vous fait bonne route ?
– Bonjour, bonjour, un petit contretemps, rien du tout !
C’est vous, heu… Sire Frénelon ?
– Lui-même, et vous devez être Gérard Lamarche ? Nous avons réservé une salle rien que pour vous, et commencé à mettre en place le matériel.
Puis-je parler à celui que nous attendions ? »


Il fit le tour du chariot avec un garde qui offrit sa main à Eva. En voyant Augier, Frénélon fit une petite révérence élégante.

« Ah, Maître Augier, Augier le Magnifique ! Vous étiez très attendu — Éloïse de Bérétis vous réclamait depuis longtemps maintenant, et elle n’espérait pas meilleure occasion que l’anniversaire de sa fille, Isolde, pour vous avoir.
Je me tiens à ma disposition si vous nécessitez quoi que ce soit… Le duc de Bourgon se présentera avec ses invités d’ici trois heures, après le feu d’artifice — nous avons donc tout le temps qu’il faut.
Peut-être avez-vous envie de regarder comment votre matériel s’est mit en place ? »
Jet de discrétion de Faust (Bonus incognito : 18, échec — il n’est pas découvert mais il ne peut pas prendre une place à l’aise pour espionner le magicien.

Lecteur sur les lèvres : 15, informations parcellaires.

Jet de maraboutage d’Eva : 4 vs Vigilance d’Augier : 14, réussite

Jet de forçage de porte : 7, réussite, dans les temps et discrètement

Jets de fouilles de Faust et Tuharan : 13 et 2

Flemme de faire une résolution de lutte : vous êtes trois, il est bourré, pris par surprise, il y a pas de témoins, et le seul avantage qu’Augier pouvait avoir (Que vous sachiez pas qu’il est vraiment mage) a été découvert par l’eunuque donc vous pouvez adapter votre tactique.

Jet de changeforme de Faust : 2, réussite
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Faust Valdorf
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Re: [Faust Valdorf] Concorde Fraternelle

Message par Faust Valdorf »

Je n’ai pas grandi dans le château de ma famille.
J’ai beau y être né, il a beau avoir appartenu aux Valdorf durant des siècles, mon éducation au village et la découverte de mes capacités m’empêchèrent d’y résider longtemps. Pourtant, j’en garde des images assez marquantes. Je me souviens distinctement que le castel dynastique m’a toujours paru… fantomatique. Inconfortable. Pour le bambin que j’étais, cet édifice trop grand pour son nombre réel d’occupants, délaissé par son propriétaire, était la source de beaucoup d’anxiété.

Je fantasmais sur les ailes abandonnées, les étages désertés, les greniers noyés de poussière. J’y imaginais quelques ombres camouflées, des monstres cachés sous le lit ou derrière une armoire, dissimulés là où je croyais pourtant être le plus en sécurité. Plus souvent que je ne l’aurais apprécié, ces impressions se révélaient fondées : je ne maîtrisais pas mon don à l’époque, mais je pouvais déjà apercevoir des phénomènes qui me faisaient simplement passer pour un névrosé précoce. D’une certaine manière, c’est au travers de ces angoisses intimes et répétées, que je fis sans le vouloir la découverte du vent d’ombre.

L’Ulgu n’est pas la passion brûlante d’Aqshy, ou la lassitude douce de Shyish. C’est autre chose : la confusion qui se glisse dans la certitude, l’étrangeté lovée dans la proximité, le doute tapi au cœur même du familier. Ces égarements qui interviennent au quotidien, et surgissent exclusivement parce que nous supposons y être à l’abri.
« Est-ce moi qui ai laissé cet objet sur le bureau ? »
« Est-ce normal que la fenêtre soit levée alors que je pensais l’avoir baissée ? »
« Ce grincement dans le couloir n’est-il qu’un bruit d’appartement ? »

Ou, dans le cas présent, « Pourquoi la serrure de ma chambre est-elle déjà ouverte ? »
C’est de ce trouble passager qu’Ulgu est la manifestation. Et c’est de lui que nous, umbramanciens, profitons pour frapper.


Nous sommes trois ; Augier, seul. Hooker l’attrape par-derrière, moi et Coquille d’Oeuf le plaquons au sol. L’embuscade est rapide, brutale, sans bavure. Il s’en sortira sans doute avec des bleus, peut-être quelques doigts cassés — peu m’importe, du moment qu’il disparaît des regards. De toute façon, le bonhomme ne semblait pas décidé à rejoindre Neubois, alors le mettre hors jeu revient presque à lui rendre un service.

Le bretonnien neutralisé, nous soufflons un instant avant d’entamer la seconde étape : choisir nos déguisements. Son coffre regorge de costumes — belles étoffes, belles coupes, bien que petites pour moi. Je n’ai pas le temps pour de vrais essayages : j’enfile ce qui me tombe sous la main, m’essaye à quelques vocalises, avant d’incanter de quoi me camoufler. Arrivés pèlerins dans la taverne, nous en sortons magiciens.

La suite des événements se passe de commentaires. Nous retrouvons “notre” metteur en scène, un certain Gérard Lamarche, lequel nous conduit jusqu’au château de Neubois. Malgré le froid, je profite du trajet en chariot pour me reposer un peu, les jambes encore crispées par l'atterrissage de tout à l’heure, tout en observant la forteresse durant notre avancée. De l'extérieur, le château ressemble à une imprenable citadelle. De l’intérieur, il n'impressionne pas moins, mais par le luxe de ses ornements plutôt que par sa brutalité : à mesure que nous traversons la basse-cour pour arriver devant le donjon, les canons, tourelles et légionnaires sont peu à peu remplacés par les statues classiques, les musiciens et les gardes en tenue bouffante. Notre petite interlude touche à son terme, et notre chariot termine sa route devant un hangar à bêtes : peu surprenant, dès lors, d’y être attendu par un pingouin.


Le dénommé Frénélon nous accoste avant même que nous ayons posé pied à terre. Par réflexe, je dresse un portrait mental du moustachu, avec son crâne dégarni, son visage ovale et son port altier : si besoin, il est toujours plus simple d’imiter un individu dont on connaît les traits et les mimiques. La noblesse de l’homme ne fait pour moi aucun doute, et ce “Sire” nous accueille avec une courtoisie toute bretonnienne, offrant sa main à Eva pour l’aider à descendre

C'est frustrant. J’aurais dû y penser avant lui.

Une fois les politesses échangées, nous suivons le noble majordome jusqu’à notre scène, non sans profiter de ses anecdotes. Sur notre trajet, l’Ulgu me picote la peau, alors que nous contournons le donjon pour traverser un petit jardin.

« Voilà le jardin albionnais. Isolde de Bérétis a fait venir des botanistes de Talabheim pour le constituer avec des essences particulières… On nous l’envie. Il y a parfois quelques rebouteuses associées à Rhya qui viennent le visiter, quand les prêtres ne sont pas trop regardants… Après la représentation, n'hésitez pas à vous y promener, si le froid ne vous gène pas trop, bien sûr - mais on peut vous prêter des manteaux ! »

L’endroit est paisible. Peu éclairé. Pratique pour cacher un corps dans un buisson.
Taisant ma réflexion, je hoche la tête aux explications de notre hôte. Côtoyer des rebouteuses de Rhya n’est effectivement pas rien : il s’agit bien d’une déesse intégrée au divin foyer, en tant que belle-sœur de Morr et l’épouse de Taal, mais c'est une foi touchant surtout les sorcières et rebouteuses de villages - y compris les druides du collège de Ghyran, qui lui vouent un culte dans la Magocratie. De quoi faire froncer les sourcils de n’importe quel prêtre de la Crèche trop orthodoxe… et Myrmidia sait que les traditionalistes sont nombreux, en notre ère de réforme.

Entre cela, les saltimbanques et les décorations de la haute-cour, les de Bérétis ont pris des libertés manifestes pour transformer cette sombre forteresse en un lieu chaleureux. Un investissement conséquent, dont je constate qu’il n’a malheureusement pas débordé sur le budget alloué à la sécurité : une multitude de militaires ne manque pas de nous dévisager tout au long du trajet, plus nombreux encore que dans mes premières impressions. Et c’est sans compter l’arrivée prochaine de l’escorte ducale…

Après quelques minutes de marche, nous arrivons à notre destination, et entrons dans une grande pièce délimitée par des baies vitrées. La scène pour notre grand tour de ce soir, où s’activent déjà toute une armée d’ouvriers et d'intermittents du spectacle. Frénélon, en bon serviteur, vient vite s'enquérir de ma satisfaction :

« Il me semble que vous trouverez tout ce que vous avez commandé et fait venir de Gisoreux… Quelque chose est-il manquant ? »

Faisant mine de caresser mon bouc illusoire, je fronce les sourcils, et jauge l’endroit. Tout comme pour le reste des festivités, Augier n’a pas l’air d’avoir lésiné sur les moyens. Il y a quantité de boîtes, d’outils de prestidigitation en tout genre, et même l’estrade du public semble pouvoir accueillir une petite centaine de personnes. Avec des explosifs, et pour peu qu’il assiste au spectacle, un engin infernal bien placé sous le siège du connétable nous en débarrasserait certainement, au risque de quelques pertes collatérales... mais il s’agirait d’un travail d’amateur. Je suis capable de mieux.

« Tout semble en ordre Sire, je vous en remercie. Nous ne manquerons pas de vous prévenir si le besoin se fait sentir.
- Bien sûr. Dame Bérétis m’a ordonné de rester à votre disposition si vous avez besoin de quoi que ce soit… »

Aussitôt le majordome en retrait, nous nous mettons au travail. Coquille d'Oeuf se montre assez utile, avec son carnet de notes subtilisé au véritable Augier, puisqu’y sont marqués un bon nombre de détails sur les tours de l’enchanteur, allant de la classique boîte à couper aux jeux de cartes, ou au chapeau servant à volatiliser des lapins. Tandis que Tuharan s’occupe des petits animaux frigorifiés, je m'attelle à découvrir tous ces artifices avec Eva, laquelle tremblotte également dans son costume d’assistante. Autant dire que nous ne sommes pas trop dépaysés. Faire le simple illusionniste est un alibi classique pour tout umbramancien qui se respecte, Reiner Starke le premier, et si prendre l’apparence d’Augier n’est certes pas l’option la moins aventureuse, elle est celle qui m’amuse le plus. Hiding in plain sigh est bien une expression bretonnienne : qui peut m’en vouloir de m’adapter aux locaux ?

Un petit quart d’heure de préparation s’écoule ainsi, avant qu’Eva ne vienne me consulter sur la suite des opérations.

« Bon… On est au milieu de la tanière du loup, et on peut dresser nos pièges…
Maintenant, on a quand même deux gros problèmes — comment on s’éloigne de là pour chercher les documents que veut la Chambre Noire ? Et surtout, comment on va s’enfuir ?
L’autre manchot a pas l’air de vouloir nous lâcher les semelles… »


De fait, Frénélon n’est toujours pas parti. Il s’est certes un peu éloigné de l’estrade qui sert de scène, pour se retrouver au milieu de l’audience, mais je l’aperçois du coin de l'œil en train de discuter avec un jeune laquais au vêtement coloré. Gênant.

« Survoler les murs serait sans doute le plus simple, en l’état actuel : on pourrait directement déboucher sur la rivière que nous décrivait Citrouille, mais pour repartir au lieu d’arriver. A contrario, passer par les portes demanderait de franchir à la fois la Haute-cour et la basse… à moins qu’on ne tombe sur des passages dérobés, c’est probablement notre meilleure option. »

Ce château n’est en soi pas si différent du fief familial : un vieil édifice bâti par des guerriers, en des temps où la noblesse d’épée régnait encore à la force de cette dernière. Il est certainement en meilleur état que celui de Waldorf-am-Teufel, mais le principe doit rester similaire : il n’est pas irréaliste, pour les édifices de cette taille et de cet âge, que soient prévus des entrées annexes. Si on tombe sur un passage de ce genre, notre sortie est toute trouvée. Dans le cas contraire (et plus probable) ou nous n'aurions pas le temps pour cela, un peu d’escalade et d’incantation devrait nous permettre de franchir les murailles. Pour ce qui est du premier point, par contre…

« Si traces écrites ou messages il y a, il les a sans doute adressés à Bérétis. Je peux toujours prétexter de venir me présenter à notre hôtesse pour tenter de me rapprocher de ses quartiers, et que notre “guide” m’amène jusqu’à elle. Et pendant ce temps, vous pourrez filer en douce pendant qu’il m’accompagne et que son attention est sur moi.
- Tout plan a nécessairement une part d’improvisation, mais il y a tellement de soldats, dans tous les sens… Accomplir notre mission me semble beaucoup plus aisé que de fuir avec nos vies. Avant de commettre le meurtre, j’aimerais que nous soyons assurés d’avoir un moyen de fuite.
- Il nous reste quelques heures avant que le connétable n’arrive, ça nous laisse le temps de trouver une piste de sortie. Ce château doit bien avoir une faiblesse quelque part. »

Eva approuve d’un hochement de tête, même si je vois bien à sa grimace qu’elle n’est pas forcément très convaincue. Ses yeux émeraudes se tournent vers le majordome.

« Si tu veux essayer d’approcher Bérétis, tu peux tenter. On peut charger l’eunuque de se promener dans le château sans pour autant errer trop près des zones fermées d’accès — ça l’occupera, il n’est vraiment pas tranquille, même s’il donne bien le change. Pendant ce temps, je vais rester ici pour donner le change, et pour préparer notre office. »

Laisser Coquille d’Oeuf sans surveillance ? Je rumine la proposition, contaminé par le manque d’enthousiasme de Seyss. Je n’ai pas confiance en le nouveau : vu son anxiété et la lourde présence des sentinelles, je crains qu’il ne fasse une gaffe qui nous mettrait dans de beaux draps. Mais si elle considère que cela en vaut la peine…

« Prions que la solitude ne lui donnera pas d’idées idiotes. Vu le zèle des gardes, on aurait été pris la main dans le sac si on avait suivi celle qu’il avait pour entrer… mais soit, qu’il aille se balader. De toute façon, aucun garde ne pourrait détourner les yeux de toi, si tu te chargeais du repérage à sa place. »

Eva ne réagit pas à la pique, comme à son habitude - en revanche, elle continue à observer les artifices en tout genre d’Augier, passe le plat de sa main sur le coffret d’une des boîtes à découper. Elle fronce des sourcils, toute entière dédiée à l’étude de ces machines.

« Tu crois que ces saletés sont vraiment magiques, ou c’est de l’esbroufe ?
- Tu doutes des talents d’Augier le magnifique ? Il n’est pas improbable que ce soit du vrai Art : monsieur a eu un mentor Tiléen, et il se débrouillait bien pour un illégal. Cela nous faciliterait la tâche si on avait juste à entrer dans une boîte pour disparaître d’ici. »

La Tilée a une longue tradition d'illusionnisme, précédant de loin les institutions de notre propre collège. Ce n’est pas un mystère qu’Eva comme moi avons tout deux eu une remasienne, Lucia Gellini, comme enseignante durant notre formation. Si Augier a véritablement eu un enseignant du sud, comme semblait l’indiquer son grimoire, sans doute est-il assez doué en la matière pour s’entourer d’un équipement approprié - et qu’il ne se serait pas cassé les pieds à importer de Gisoreux sans une bonne raison.

« Mmh… Il va me falloir un peu de temps pour essayer de comprendre comment ces choses fonctionnent, oui…
Je te laisse opérer, en attendant que je nous prépare la scène. »



C’est donc décidé. Approuvant d’un hochement de tête, je laisse Hooker à ses machinations, pour me diriger vers l’estrade d’où Sir Frénélon nous guette. Poliment, j'attend qu’il ne termine d’ordonner quelque serviteur que ce soit, avant que l'auguste “Augier le magnifique” ne se présente à nouveau devant lui.

« Sire Frénelon ! Vous me voyez ravi, tous les accessoires sont en bon état et en bon ordre : mes assistants vont pouvoir s'atteler à régler les derniers détails de notre prestation. Cela étant fait, et sans souhaiter déranger Dame Bérétis dans ses préparatifs, me serait-il possible de venir présenter mes hommages à sa personne ? Je tiens à la remercier personnellement pour cet accueil, vous comprenez. »

Surpris par la demande, il paraît hésiter. Il regarde à droite et à gauche, mal à l’aise, avant de me répondre avec un sourir figé.

« Oh, je… Je pense que la dame de Bérétis viendra vous voir elle-même plus tard pour vous remercier de votre temps, vous aurez alors l’occasion de lui présenter tous les hommages que vous souhaitez. En attendant, je pense que ma maîtresse est très occupée. »

Étrange. Que des bretonniens soient à cheval sur l’étiquette m’est cohérent - en termes de respect des protocoles, ils sont pires encore que la cour de Karl-Franz, ce qui n’est pas peu dire... Mais je décèle chez le serviteur une gêne… autre. Comme un refus non pas par devoir, mais pour une raison personnelle. Peut-être veut-il protéger Dame de Bérétis de regards indiscrets, pour quelque raison que ce soit. Dans tous les cas, si je souhaite trouver les informations que demande la chambre noire, il me faut un autre stratagème.

« Je comprends tout à fait, la préparation d’un tel événement doit occuper tout son temps. Je patienterai. Dans ce cas, cela vous dérangerait-il de m’accompagner pour admirer le reste de la cour ? »

Autant ne pas attendre Turahan, et prendre moi-même les devants : visiter cette cour toute en activité pour repérer un peu les lieux, et en déceler des failles utiles pour la fuite… ou le meurtre.
Faust Valdorf, Voie de l'espion
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Profil détaillé :
Compétences

Alphabétisation : Sait parler, lire et écrire le Reikspiel.

Théologie : Connait la plupart des pratiques religieuses, des différents cultes et des symboles religieux.

Langue étrangère - Classique : Sait parler, lire et écrire le Classique, utilisé par la quasi-totalité des érudits du Vieux Monde.

Langue Hermetique - Magikane : Sait parler, lire et écrire le Magikane, utilisé par la totalité des Magister.

Sens de la Magie : Peut ressentir les vents de magie et leurs altérations.

Incantation - Domaine de l'Ombre : Peut dissiper, apprendre et incanter des sorts du domaine de l'ombre et du domaine commun.

Maitrise de l'Aethyr [1] : Peut lancer plus facilement des sorts, et augmenter leurs effets.



Acrobatie : +1 sur les test d'acrobatie (chutes, roulades, bonds, rebonds, sauts, réceptions, équilibres) et -1D6 dégâts de chute.

Déplacement silencieux : +1 sur les test visant à se déplacer et réaliser des actions silencieusement.

Esquive : Permet d'esquiver sans malus en combat.



Cryptographie : +1 sur les tests visant à percer un code ou des clefs de chiffrement.

Lecture sur les lèvres : Peut lire sur les lèvres.



Empathie : Peut percevoir les émotions d'une personne sur un test réussit.

Linguistique : Peut très rapidement se débrouiller avec des langues et des dialectes qu'il ne connait pas.

Imitation : +2 sur les test visant à imiter la voix d'un individu, à condition de l'avoir déjà entendue.



Equipement

Epée courte : 1 main ; 12+1D6 dégâts ; 9 parade ; Rapide (-2 en Attaque/Initiative lorsque l'opposant tente de parer ou d'esquiver).

Dague : 12+1D6 dégâts ; Rapide ( -2 en Attaque/Initiative lorsque l'opposant tente de parer ou d'esquiver) ; parade 6 ; peut-être utilisé comme arme de jet.

Arbalète : 2 mains ; 34+1D8 dégâts ; malus de -2 tous les 30 mètres ; Perforante (4) ; Un tir par NA max.

Gambison et Chausses rembourrées : 3 points de protection sur le torse/dos, les bras et les jambes. Pas de malus pour lancer des sorts ou dissiper.


Sac à dos
Grappin
Echelles de cordes
Assortiment de limes
Billes
Allumettes (x12)
Menottes
Accessoires de déguisement
Carreaux (x24)
Livre (Vingt-trois postulats sur la pensée magique)
Pipe et Tabatière
Clairvoyance (X6) : Pendant une heure, +1 en INT (et +1 VOL pour les mages). À la fin du bonus, -1 généralisé à toutes les stats pendant une heure.
Tabac (X10) : Cinq minutes après avoir fumé, +1 en INI et en résistance à la fatigue pendant une demi-heure.


2 pistoles d'argent et 11 sous de cuivre

Sablier du temps : Un sablier sur lequel est écrit : « Seconde chance ».
Inverse le cours du temps sur une action, permettant au joueur qui le désire de lancer deux jets sur un seul test et de garder celui qu’il désire. Utilisable trois fois. L’utilisation des Sables du Temps doit être déclarée en amont par le joueur. Encore une utilisation possible.
Sap-Sapin de Nowel (X2) : Redonne 3+1D5 PV. Peut rendre malade (indigestion etc) via 1d3, sur un 1.


Sorts

Domaine primaire

Contrepoison

Domaine de l'Ombre

Aire de Camouflage
Incognito
Masque d'Ulgu

Action secrète
Changeforme
Marche des ténèbres
Poignard d'ombre (Malus de 0/-2/-4 selon la version)
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Awards
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