Bien plus tard, dans le bureau du très jeune elfe, ils discutent tranquillement. Finalement, rien de bien particulier pour l’instant. Il sourit du coin des lèvres quand la géante dégaine la lettre de son décolleté, cette pique d’humour détend l’atmosphère. Une bonne chose chez les elfes noirs. Il réceptionne la lettre, et la lit en vitesse. Après un petit instant, il la referme et lève les yeux vers les deux belles invitées.
- Oh pas particulièrement non. Je n’avais pas grand chose à faire, de l’administration surtout.
Il envoie un petit sourire mignon à la plus grande. La marque de la colosse brûle toujours, et un peu plus maintenant. Elle ne sait pourquoi, mais il y a quelque chose de très puissant qui fait vibrer son symbole, quoi ? Oh oui, c’est vrai, le propriétaire. C’est lui la cause de cette torture excitante sur son abdomen. Aucun doute.
- Et bien, mesdemoiselles, je ne m’y attendais vraiment pas. Sacrée surprise, oui. Et bien, demain je n’ai rien de prévu. J’accepte volontiers cette invitation. La Dynastie Dichroniik est prestigieuse et présente dans toutes les villes du Royaume. C’est un honneur pour moi, vraiment.
Ses yeux ont une petite lueur douce, amicale même. Ses mains ont l’air de ne jamais avoir connu de travaux durs. Elle remarque aussi, derrière lui, un coffre scellé par des chaînes. Probablement un coffre au trésor, rempli d’argent, d’or, et de pierres précieuses. Il est certainement loin d’être pauvre, contrairement à la simplicité de ses vêtements.
- Me rendre un service ? Vous, madame Nixsurge ? Oh je ne pourrais pas, enfin… Je ne vois pas vraiment quel genre de coup de pouce je pourrais vous demander. Je ne remets pas en cause vos talents, loin de moi cet affront. Je ne sais juste pas quoi vous demander.
Il réfléchit à la deuxième proposition de la Slaaneshie. Il pose son menton sur le bureau, grattant la table avec son index. Après un court instant de silence, il se redresse, puis se lève. Il est petit, ce qui est normal vu son âge. Il arrive en dessous la poitrine de la chaotique. Il fait le tour du bureau avant de s’adresser aux deux Druchii.
- Et bien, je crains qu’une balade soit… Oh, vous savez quoi ? D’accord, j’accepte. Mais j’ai besoin d’une petite garantie, une précaution en somme. Pourquoi pas… mademoiselle Ishaina reste ici, tandis que je pars avec vous ?
Ça me parait honnête.
- J’admets penser comme vous. J’accepte personnellement.
- Très bien, une seconde.
Il se dirige près du lit dans la pièce, et saisit une cape avec capuche noire. Il attrape quelques affaires, change de chaussures, puis retourne aux côtés des deux invitées. Quand il pose sa main sur l’épaule de la championne, son être tout entier est au bord de l’implosion. Le sceau du prince s’active comme jamais auparavant, tandis que ses talons se serrent. Elle commence à avoir chaud, l’humidité s’installant dans son cuir moulant. Elle tourne le regard vers le plus jeune, et le dévisage de près. Son visage est encore plus gracieux, ses dents sont blanches, et il a un parfum enivrant sans être pour autant agressif. Son toucher est comme de la soie, provoquant presque des frissons chez elle.
Désormais debout, la grande et le petit partent, laissant la garantie derrière eux. Ils descendent les marches et arrivent en extérieur. Ils suivent un tracé commun pour les balades dans ce coin de la cité. Les parcs. Rares endroits où il y a un peu de nature dans Naggaroth, notamment grâce à la magie des sorcières du couvent noir. Ils se baladent, tranquillement, jusqu’à trouver un banc en face d’une fontaine à eux. Il s'assoit dessus, ses jambes ne touchent pas le sol de peu. Elle le rejoint. Ensemble, ils discutent tranquillement.
- C’est pas tous les jours que je fais ça, madame. Promettez-moi juste de ne pas finir enlevé s’il vous plaît. Pour le reste, on est seul, donc si vous voulez parler de truc qu’on est pas censé parler, eh bien, je suis votre elfe.
Vous êtes très jolie en tout cas. Je connais un tailleur pas loin pour du sur mesure, ça vous intéresserait peut-être ? Enfin, je suppose que c’est autre chose que les Dichroniik veulent me proposer.
Vous parliez d’intérêt, d’objectif. Moi, c’est de me faire de l’argent, sans finir comme le reste de ma famille. Survivre seul n’est pas facile. Heureusement que je ne suis pas très important, ou sinon, je serais mort depuis longtemps.
Alors euh, je peux faire quelque chose pour vous ?
Ses mots viennent frapper le cœur corrompu de la Traîtresse, qui ne peut s’empêcher d’imaginer ce qu’elle veut faire à ce petit roi. Elle l’imagine à ses pieds, la suppliant et la vénérant comme elle vénère sa seconde femme. Elle le voit en train de l’implorer comme une déesse, d’être sa chose, son jouet. Elle conçoit sa domination au travers de son esclavage… Ces pensées la font saliver, encore et encore. Elle doit faire un effort de héros pour ne pas libérer sa langue. Une part d’elle comprend enfin, c’est lui, ce qu’elle cherchait à Ghrond, la pièce manquante de la fresque. Aucun doute. Tout à coup, elle entend un son qui résonne dans sa tête. La voix de Tom.
“ - Haaaa, je le sens d’ici. L’odeur délicieuse de la chose la plus rare qui soit dans ton peuple. L’innocence. Je ne ressens aucun péché, aucun crime, aucune haine… Dans les troupeaux des elfes noirs, c’est un morceau de charbon, dans un océan de diamant. C’est pour ça que tu es si agitée, c’est comme un morceau de viande devant une prédatrice. Il est à croquer… “
Les paroles du démon disparaissent dans le néant, mais pas avant d’avoir marqué la psyché de son hôte. Le sort du jeune Traque-Ambres est entre ses mains. Comme une flamme de bougie, il faut faire attention à ne pas brûler quand on joue avec… Enfin, ce n’est pas vrai. Il faut faire attention à ne pas brûler la maison, les mains, on s’en moque un peu à vrai dire, n’est-ce pas ?



