“ La magie est un maelstrom composé de tempêtes, certaines petites, d’autres gigantesques. Il y a de nombreuses raisons de craindre ces tempêtes, car à l’intérieur se trouvent les échos d’un passé amer, et les promesses d’un abominable futur. “
- Teclis, Maître des Savoirs d’Ulthuan
Quelque part, dans le Vieux Monde il y a une ville des plus connues, si ce n’est la plus importante. Marienburg, la merveille commerciale. Prisée par tous, mais détenue ardemment par les riches familles humaines qui habitent la ville. Des dizaines d’ethnies différentes parcourent la cité. Des Impériaux, des Bretonniens, des Estaliens, des Arabéens, certains venant même du Cathay. Sans compter les Nains, Halfelins, Ogres et autres espèces qui parcourent ses rues tels des hordes de fourmis de couleurs différentes.
Parmi cette immense fourmilière, un endroit sort du lot. Bien plus propre, et isolé au nord de la ville, il s’agit de Elfeville. Les sentinelles se baladent, s’assurant que les touristes restent dans les chemins qui leur sont autorisés. Et que les serviteurs humains arrivent très tôt pour leurs besognes habituelles. Des marchandises arrivent par les canaux pour terminer leur voyage continental dans des entrepôts elfiques privés. Près du centre des rues, à quelques dizaines de mètres du cercle intérieur des canaux, se trouve un bel appartement. La façade est en chêne peint en blanc clair, et deux lampes dorées ornent les extrémités d’une porte décorée de nombreux sigles. Un panneau ressort du mur et sur celui-ci, on voit le symbole d’une vague dont l’écume brille comme les étoiles.
Le ciel était merveilleusement clair en ce premier Wellentag de l’automne. Très peu de nuages sillonnaient l’immense étendue aérienne au-dessus de la ville. Les oiseaux marins chantaient l’hymne du réveil, car il était encore très tôt, même pour un jeune adolescent elfe. La température ambiante, grâce à la période de l’année, permettait d’être au chaud sans dépenser de bois ou charbon et sans pour autant brûler la peau des êtres les plus diurnes de la cité. L’air est encore légèrement humide, assez pour qu’on le sente lors d’une forte inspiration.
La lumière pénètre à l’intérieur de la chambre de l’adolescent, et cette chambre, bien que modeste pour Elfeville, reste d’une beauté incroyable. Le lit est double avec une couverture en soie, les meubles en chêne sont taillés avec une telle précision qu’on dirait des œuvres d’art. Un beau tapis vert émeraude se trouve entre le lit et la porte, il est grand, propre, et couvert de jolis motifs marins. Et au milieu du lit, se trouve un Elfe jeune, très jeune.
Il se réveille, s’étire d'un mouvement gracieux les épaules, et sort de son lit d’un léger bond. Il évite de justesse de toucher le plafond, car il est de grande taille, même selon les standards elfes. Il effectue ensuite toutes les tâches de préparation imposées par ses parents. Il coiffe ses cheveux, met sa magnifique robe longue bleue, s’équipe de son maigre grimoire et de son beau bâton. Il s’assure avant de sortir de sa spacieuse chambre que sa posture est parfaite en se regardant dans le miroir intégré à l’armoire peinte en blanc.
Car oui, aujourd'hui est un grand jour. Son père lui a dit qu’il recevrait des nouvelles à propos de sa demande de partir en mission pour le clan avec lui et sa mère. Bien qu’il ne soit de retour de la Tour où il avait passé son apprentissage que depuis une semaine, le désir d’aventure du jeune homme se manifeste avec un léger sourire qu'arborent fièrement les lèvres du mage. Il sort promptement de sa chambre, et aperçoit immédiatement au milieu du couloir la servante de l’appartement de ses parents. Elle s’appelle Aïke. Des rares fois où il a discuté avec elle cette semaine, il a compris qu’elle est née à Marienburg où elle vit avec ses parents. Elle est plutôt belle pour une humaine, bien qu’un peu trop en chair d’après les standards elfes. Ses longs cheveux de feu attachés ressortent très bien avec ses doux yeux de saphir. Elle est beaucoup plus petite que lui, mesurant plus ou moins cinq pieds et sept pouces de haut.
Une des choses qui choque toujours le jeune homme autant, c’est que malgré que ce soit une Mon-keigh, elle parle l’eltharin presque correctement. Son père l’a harcelée avec l’apprentissage de cette langue depuis qu’elle est toute petite, ou du moins c’est ce qu’elle prétend quand on lui fait des remarques sur la qualité de sa prononciation. Malgré ses efforts, elle a toujours un drôle d’accent qui rend toute chose sérieuse sortant de sa bouche comme étant presque comique.
Elle remarque la présence du jeune homme, se redresse, et le salue en se baissant. Ensuite, elle l’interpelle.
« Bon matin Maître Aldrinn, j’espère que vous avez bien dormi. Vos parents vous attendent en bas pour le petit-déjeuner, j’ai préparé des céréales avec du raisin, ainsi que quelques jus exotiques, et même du café ! »
Une certaine fierté se dégage de la domestique, comme si elle sait quelles sont les nouvelles du jour. En terminant de passer dans le couloir, Aldrinn arrive dans la pièce à manger et voit ses parents qui l’attendent assis, un léger sourire calme sur le visage de son père, et un grand sourire excité pour sa mère.









