Un combat, que dis-je, une guerre éclate entre elle et lui. Elle mord, frappe, tire, arrache et écrase tandis qu’il essaye de capturer sa proie, de l’ensevelir sous son goudron noirâtre. La faiblesse physique de l’elfe se fait sentir, elle n’est point une guerrière. Elle comprend très vite qu’elle ne parviendra pas à vaincre par la force la boue. Elle plonge donc sur le côté, en roulant et rampant comme elle le peut, vers le bord du lit. Le fluide tente de s’infiltrer, de saper son adversaire par ses endroits les plus faibles. Ils tombent ensemble.
La chute ne lui occasionne aucune douleur, l’adrénaline dans ses veines s’en assure. Alors qu’elle s’approche uniquement par la force du désespoir, elle parvient à saisir le cube du bout de ses doigts. Aucun mécanisme ne lui permet de refermer l’objet, malheur et damnation. L’horreur, elle, lui a désormais entièrement capturé les jambes dans son liquide visqueux. N’ayant plus beaucoup d’énergie, elle parvient à libérer sa langue avant d’essayer de faire appel à sa magie. Elle tente d’infuser l’artefact avec toute sa puissance, encore, encore ! Ses efforts ne sont pas récompensés, comme si la serrure avait été détruite, il est impossible de fermer cette prison.
Cette révélation brise le peu d’espoir restant à Nixsurge, son corps, lui aussi finit par abandonner. Elle est soumise à la miséricorde de l’entité, elle n’en a aucune pour elle. Elle submerge l’entièreté du corps de la Druchii, terminant par son visage. Elle ne laisse qu’un court espace pour son nez, et ses yeux. Le parasite commence alors son œuvre macabre et dégénérée. Il envahit chaque endroit, rien ne le retient. Elle tourne presque des yeux tant cette sensation impie la dégoûte. Ses membres sont écartés tandis qu’un cocon se forme, des toiles couleur charbon pendent du plafond pour la maintenir dans l’air. L’ancien prisonnier devient le châtiment de la curiosité idiote de la magicienne. La sentence ? Bien plus qu’un enfermement. Elle ressent quelque chose partout dans son ventre. Elle est… nourrie ? Il ne compte pas la tuer ? Pourquoi ? Elle le devine juste après. Tandis que son estomac est rempli, son énergie, sa vitalité elle-même est absorbée par le Fluide. Elle veut hurler, elle ne le peut pas, elle ne peut même plus bouger tandis que l’ennemi extraterrestre commet des actes que nul n’oserait mentionner en elle. Elle regrette tout, tout.
Une sensation d’éternité dans la souffrance s'empare d’elle, comme si des années dans ce pitoyable état s'étaient écoulées. En vérité, des heures. La plus grande horreur, c’est dans sa tête. Le démon de Slaanesh se moque d’elle.
"- Tu veux maîtriser la magie mais tu joues avec des artefacts que tu ne comprends pas comme une gamine avec un briquet en été. Tu n’es qu’une merde, pathétique, sans aucun avenir. Tu seras toujours la victime de quelqu’un, espèce de sous-race. Je t’offrais une chance, celle de vivre une vie courte mais fructueuse. Tu as rejeté le seul qui pouvait t’aider, tu as tué la seule qui pouvait te protéger contre cet alien.
Je pourrais m’emparer de ton âme, tant tu faibles, mais non.
Je préfère te voir souffrir, échouer, encore, encore et encore. C’est tellement plus drôle. Les pouffiasses comme toi ne méritent rien, car tes plus grandes qualités ne viennent même pas de toi. Ta naissance noble ? Fruit du hasard. Ton don avec la magie ? Pareil. Le grimoire ? Un coup de chance. Moi ? Ta connerie inhérente. Maintenant ? Je n’ai pas besoin de le dire, tu sais que j’ai raison.
Tu n’es rien, à part un jouet. Le monde se joue de toi, ta vie est une comédie et tu es la blague, Ciriloth.
Personne ne te sauvera, tandis que moi, je me délecte d’un buffet. Quand il s’agit de souffrir, tu es douée hahaha."
Les moqueries du Chaos viennent détruire le peu d’ego qu’il reste en elle. Elle n’a jamais accompli quoi que ce soit de significatif. Il retourne sans cesse le couteau dans la plaie, un plaisir Malin avec un grand M. Son tourment, lui, continue. Sa chair est déformée de l’intérieur alors qu’elle est utilisée comme une pomme par un ver de terre.
Elle perd lentement conscience, comme un rêve éveillé. Elle entend le bruit de la porte qui s’ouvre, et voit Dichroniik entrer dans la pièce avec plusieurs de ses esclaves. Elle ne comprend pas ce qu’elle dit, avant de perdre totalement conscience.
Son corps est lourd, mais la douleur s’est estompée. Des courts instants de lucidité lui permettent de voir ce qui se passe. Elle n’est plus dans sa chambre, mais dans un endroit qu’elle reconnaît. Ensuite, elle est allongée sur le dos, entièrement dénudée. Couchée sur elle, dans sa tenue d’Atharti, Mälaa lui susurre des mots à l’oreille tandis qu’elle tient une bougie vacillante devant ses yeux. Elle n’a plus aucune force mentale, elle est vide. Dans le creux psychologique, de nouvelles idées y sont insérées de force.
- Je suis quelqu’un de bien, de très bien, je suis la plus bonne personne qui soit. Je suis quelqu’un de bien, de très bien, je suis la plus bonne personne qui soit. Je suis quelqu’un de bien, de très bien, je suis la plus bonne personne qui soit…
Je suis comme une mère parfaite et sublime pour toi, je sais ce dont tu as besoin, mieux que toi, mieux que quiconque. Je suis comme une mère parfaite et sublime pour toi, je sais ce dont tu as besoin, mieux que toi, mieux que quiconque. Je suis comme une mère parfaite et sublime pour toi, je sais ce dont tu as besoin, mieux que toi, mieux que quiconque.
Tu es à moi, à moi, rien qu’à moi. Après tout, pourquoi vouloir quoi que ce soit d’autre ?
Ses mots, ses phrases, ses ordres rendent lisse le cerveau de Ciriloth, qui boit cette vérité comme un assoiffé boit de l’eau fraîche. Oui, Dame Mälaa est quelqu’un de bien, la meilleure, celle dont on peut avoir confiance. Elle est si géniale, si merveilleuse, elle sait tout. Elle mérite d’être vénérée comme la déesse qu’elle est objectivement. Qui d’autre qu’une déesse vivante peut décider de ce qui est digne d’une pauvre chaotique comme elle ? Elle est si heureuse, si enjouée, qu'elle en bave.
Elle reprend lentement sa tête sur ses épaules. Elle est à genoux, en train de masser le corps de la cultiste et plus encore. Un collier pour animal est autour de son cou, un cadeau. Voyant que sa nouvelle amie est de nouveau au-dessus de l’eau, elle sourit grandement et tire un petit coup sur la laisse qu’elle tient en main. L’autre est occupée à tenir un livre.
- Oh, ma jolie, j’ai eu si peur pour toi tu sais ? Ce que ce monstre aurait pu te faire, t’infliger, quel horrible sort ! Heureusement je suis toujours là pour toi, tu le sais bien. Tu aimes mon cadeau ? Je trouve qu’il te va à merveille, il est si adapté que je me demande pourquoi je n’y avais pas pensé plus tôt.
Mais vraiment, je suis heureuse de te voir saine et sauve, ça me réjouit profondément. Ne t’en fais pas, je me suis assuré que ce drôle de truc visqueux ne vienne plus jamais t’ennuyer ou qui que ce soit d’autres.
Elle tire encore sur la laisse en cuir, pour qu’elle s’approche d’elle. Elle lui caresse ensuite les cheveux et lui embrasse les lèvres pendant un petit moment. C’est extrêmement agréable, presque trop. Son corps, froid à cause de son manque de vêtements, se réchauffe un peu.
- Tu sais, je peux comprendre qu’on veut garder des secrets, c’est normal. On a peur des autres, on ne veut pas de coups de poignard dans le dos ou d’être rejeté car on est différent. Ce que tu ressens, c’était mon quotidien de mon enfance jusqu’à ma centième année.
Alors, si tu as des choses à me dire, comme par exemple, pourquoi tu veux aller au nord avec moi, ou autres, il ne faut pas hésiter. Si tu as peur, ce n’est pas grave, tu peux ne rien dire, ou du moins, pas tout. Se confier, ça prend du temps, et c’est normal.
Gagner la confiance de quelqu’un est cent fois plus long que de la perdre. Moi, j’ai confiance en toi.
Bien sûr, si tu n’as rien à me dire, tu peux me vénérer comme la dernière fois? J’adore l’attention que tu me portes hihi.
Sa voix est douce et si calme, un répit parmi la tempête qu’est l’existence de la sorcière du chaos. Personne n'avait jamais été aussi gentille avec elle, à part Ishaina. Et encore, la corsaire n’est pas au courant de tout, n’est-ce pas ? Une part d’elle veut tout lui déballer, du démon à Karazur en passant par sa famille. Une autre, a peur. De quoi ? Elle ne sait pas, mais elle n'est pas entièrement sereine. Probablement à cause de son accident, c'était si difficile...



