L’indifférence du peuple est mère de toute corruption. - N’Kari, Gardien des Secrets

Un changement. Voilà ce que Ciriloth a goûté à pleine intensité. Son corps est devenu sensuel au possible, de sa langue jusqu’à ses pieds. Véritable objet de désir, elle ressent une différence majeure dans sa vie. Elle n’est plus aux pieds des uns et des autres, non. Elle a grandi, littéralement d’ailleurs. Son apparence démesurée et charnelle risque de lui causer bien des soucis, mais aussi de lui ouvrir bien des portes. La clé de son pouvoir, son désir démesuré, sa magie, et son manque presque total de scrupule. Elle a sacrifié une amante, aussi innocente et pure que la neige, simplement car un démon s’est levé du mauvais pied.
En parlant de la femelle en question, elle est derrière, dans un des chariots. Depuis la nuit fatidique, elle est devenue addicte à être traitée comme un objet, une véritable traînée. La Corsaire n’est pas plus qu’une vulgaire prostituée aguicheuse désormais. Il est très peu probable qu’il y ait de l’espoir pour elle, son con étant souillé chaque jour et nuit. Elle en veut plus, toujours plus.
Le voyage du retour est rapide. Seulement trois jours les séparent de Ghrond. Chaque nuit, pendant son sommeil, le démon en elle se réveille, et ils commencent la pratique de la Langue Noire. Normalement, elle doit lui offrir des sacrifices, mais il a décidé d’être généreux pour cette première fois. Il résume les bases de sa langue, en lui expliquant bien que lesdites bases n’existent pas. Chaque mot a des sens multiples, des concepts qui n'apparaissent que si on les joint à d’autres. C’est un véritable casse-tête, bien pire que la magikane qu’elle pratique. De plus, les démons ne sont pas les seuls à la parler. En effet, les homme-bêtes, les homme-rats et les premiers tombés parlent aussi le dialecte, mais avec une touche personnelle, différente. Au final, cette langue du chaos est bien ça, chaotique.
Ensuite, elle se réveille. Mälaa, pendant le temps libre du trajet, lui demande des faveurs. Elle veut goûter à ce nouveau corps, se submerger dans l’excès de chair au point d’en étouffer. Bien entendu, étant toujours sous l’influence hypnotique de celle-ci, elle accepte. De plus, la débauche lui plait. Elles sont voraces, et se permettent des dégénérescences conséquentes. Ses talons la poussent à être plus… active. Être derrière les ombres, étudier en se cachant, c’est utile, oui. Mais être sur la scène, sentir les regards affamés sur son physique obscène, ça l’excite, oui. Sa marque de Slaanesh, bien visible sur son ventre, rappelle son allégeance éternelle à celui-ci. Son entre-jambe brûle de passion à chaque fois qu’une paire de globes osent couler un regard sur elle. Elle ne peut s’empêcher de commettre des actes passionnels. Un Dieu lui a fait don de ce corps, pourquoi ne pas en profiter ? Cependant, ses galipettes extrêmes avec la Noble ne lui servent qu'à atténuer son addiction chronique.
En effet, son corps tout entier désire quelque chose qu’elle n’a pas. Elle cherche, mais non, rien n’y fait, elle ne trouve pas. Il y a un manque, un manque qu’elle n’a jamais eu. Elle réfléchit, encore et encore, mais ce n’est pas avec sa raison qu’elle peut espérer trouver la réponse hédoniste. Non, la réflexion échoue, mais l’instinct comprend. Il y a quelque chose à Ghrond, quelque chose qui peut combler ce vide impie que la Slaaneshie désire tant. Son imagination prend le dessus, elle se peint des fresques de folies tellement dantesques qu’aucun artiste ne peut espérer les produire dans le monde matériel. C’est si intense, si fougueux, oh par Slaanesh elle prie pour le trouver au plus vite. Son symbole sacré s’illumine, cette volonté d’apothéose, elle ne vient pas seulement de sa psyché.
Elle regarde à nouveau son amante à l’esprit simple, et un plaisir visuel vient garnir son champ de vision. Le carcasse qu’est Ishaina, est plus belle que jamais. Des bouts de peau et de chair manquent, des cicatrices sur son parchemin naturel racontent une histoire d’amour. Le genre que seuls les meilleurs écrivains peuvent espérer atteindre.
“Tu es une trainée”
“Ton corps, ma queue”
“Salope”
“SALOPE”
“Elle t’aime”
“Avaleuse suprême”
“Tu es une chose”
“Elle ne t’aime pas”
“Salope”
Elle est sublime, une véritable œuvre d’art dédié à Celle qui a Soif. Ses habits déchirés sont en loques, des génies ont percé ses tétons, y ajoutant des petits anneaux dorés reliés par une chaîne. Ses génitales sont devenues difformes. Elle est si heureuse, son sourire est enfantin. Le vrai visage de la Ruine donne les plus belles créations. Dépit d’Effroi en est la preuve incarnée. La concernée adore tourner autour de la géante aux oreilles pointues, comme pour la provoquer un peu. Ses mains sont tripoteuses et viennent saisir les endroits les plus raffermis de la Championne, essayant de provoquer une réaction chez elle.
- Ciri, tu veux pas me souiller ? J’adorais avoir ta langue, ça a l’air tellement magique hein ? Allez, tu veux me faire du mal ? J’ai la chaîne pour ça hihi. Dommage que tu sois pas un mâle, je voudrais trop porter ton enfant.
Ciri ?
Telle une gamine voulant l’attention de sa sœur aînée, elle s'assoit sur les cuisses de celle-ci. Son souffle chaud vient percuter l’épiderme par accoups dû à ses halètements de nymphomanes. Elle est si fière, si brillante de vitalité, Cerowen mérite d’être vénéré pour avoir fait d’elle une vraie chaotique. Cependant, cette perception logique et adaptée est embrumée par un horrible poison, insidieux et traître. Le doute. Est-ce que son sort est mieux que la mort ? Ou est-ce qu’elle avait besoin de transitionner aussi vite ? L’hésitation tout comme sa poitrine est palpable.
Soudain, une autre pensée vient ajouter de l’incertitude. Pourquoi ? Un simple mot interrogatoire, et pourtant, il remet tout en question. Brûler Ghrond, réduire la ville à l’état de ruines aux noms des plus grands Dieux… Mais combien d’innocents et innocentes, comme l’était Ishaina habitent cette ville ? Combien d'enfants subissent les péchés de leurs parents ? Combien de personnes sont écrasées par cette société décadente ? Enfin, une pensée vient s’opposer à ces idées. Si les elfes noirs étaient si innocents, si victimes de leur société, alors pourquoi est-ce qu’elle n’a rencontré qu'une seule elfe digne d’être considérée comme innocente en cent soixante-trois ans d’existence ? Non, les innocents sont de minuscules exceptions. La majorité mérite ce qui arrive à leur porte. Ils payeront le prix de leur arrogance au centuple !
Les Seigneurs des Ténèbres ont choisi sa destinée. Ciriloth Nixsurge l’arrache-cœur, doit l’accomplir, ou elle périra dans d'atroces souffrances. Néanmoins, ils ne se contenteront pas de la simple destruction de la ville-forteresse de Morathi. Ils veulent la voir tomber par le Chaos, voir ses maîtres devenir esclaves des ténèbres. Ils désirent qu’à travers le complot, la corruption et l’infamie, leurs marques s'enfoncent à jamais dans cette terre déjà maudite. Bien sûr, un tel but donne une impression d’impossibilité. C’est une nausée, pur et simple mais toutefois désagréable. Elle connaît son rôle, et n’est pas seule. Combien de temps va-t-elle devoir passer pour préparer son attentat ? Mais il faut bien commencer quelque part, n’est-ce pas ? L’individue gênante sur ses genoux n’a pas disparu, et elle continue de lui parler de drôle de sujet avec une candeur aussi touchante que perturbante.
- Ciri, tu crois que si on avait un gosse, il ressemblerait à quoi ? Ça te plairait de faire un gosse ? Si oui avec qui ? Tu voudrais un garçon ou une fille ? Des jumeaux ? Moi j’aimerais trop porter tes enfants. Tu crois que tu peux faire ça avec ta magie ?
Le sceau pourpre brûle un peu plus fort à entendre une telle invitation, et à celui-ci s’ajoute l’énergie maléfique des Chopines enchantées par un démon. Ensemble, ils étouffent la petite voix de moralité qui tente de faire voir la vérité à la Magus. Elle a un désire puissant de luxure qui vient la titiller. Quel dommage…









