[Arzhvael et Ombeline] Noble désordre

Le Talabecland se trouve au coeur de l'Empire, et ses armées prennent souvent la forme de petites forces d'élites. Helmut Feuerbach est porté disparu, mais sa cour est toujours dans la Cité de Talabheim.

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Lucretia Von Shwitzerhaüm
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Re: [Arzhvael et Ombeline] Noble désordre

Message par Lucretia Von Shwitzerhaüm »

  • Douce expression et sourire poli ; Lucretia n’obtint rien de plus du curieux personnage. Cela en devenait agaçant, à la fin. Elle en savait quelque chose ; ceux qui étaient bien bâtis et avenant demeuraient les premiers à aimer les femmes, et surtout à le montrer, dans la mesure où, se sachant agréables, ils connaissaient bien le potentiel de ces dames à s’assoter de leur personne. Mais de celui-là, rien du tout, et la jeune femme se surprit alors à le considérer comme un simple bélître. Et si le chevalier demeurait avare en matière de sentiments et d’expressions lorsqu’elle lui parlait trivialement, il changea du tout au tout lorsqu’elle aborda le sujet de l’elfe. Passion, rougeur et ton enflammé ; était-il l’une de ces tribades masculines aux horribles manières qui dandinait de l’arrière-train au pieux ? Mais quel gâchis, quelle navrance ! s’épouvantait-elle, et pour un peu eût-elle levé les yeux au ciel en pensant à pareille déception. Il fallait cependant qu’elle en fût certaine, et se décida à le savoir un jour ou l’autre.

    «Heil Sigmar ; loué soit sa force ! »

    Lucretia tourna une énième fois son regard en direction du temple sigmarite, et observa toute l’agitation qui en découlait. Anton Holz, alors en train de surveiller un pugilat à la massue entre deux hommes, croisa son regard, et, après une seconde de surprise, décida d’aller à sa rencontre.
    «Herr Holz », le salua-t-elle sobrement après qu’il eût fait de même. Et à lui de lui expliquer les tenants et aboutissements de tout ce charivari. Lorsqu’il eut terminé, la baronne ne put s’empêcher d’avoir un sourire en coin à l’énonciation ironique de ces fanatiques engagés dans leur foi. Au moins n’aura-t-on pas ces culs-terreux dans les pattes, en plus de leur trouver une utilité. S’ils peuvent se sacrifier à la place de mes gens, eh bien, soit.

    «Une excellente initiative de la part du Père Fritz. Si jamais vous le voyez avant moi, dites-lui bien que j’approuve totalement cette idée ; je me réjouis de savoir que la protection de mes terres est assurée. Et à tous ces valeureux et honorables réfugiés, dites-leur que je loue leur attitude combative et croyante, et que je ne doute pas une seule seconde que Sigmar, dans sa grande bonté, saura les récompenser à leur juste valeur. »

    Elle tiqua cependant lorsque l’homme lui parla de ce fameux oracle.

    «Un oracle ? », demanda simplement Lucretia, haussant un sourcil interrogateur et adoptant un ton circonspect.

    ***

    Hans Zimmer se tenait prêt à démarrer, attendant paisiblement à l’entrée du village sur la banquette avant de la berline, et, en les voyant tous arriver, descendit prestement leur ouvrir la porte. En chemin, elle ne leur posa pas la question de savoir quel était leur avis sur son domaine. A vrai dire, selon l’étiquette, il était d’usage qu’on le fît sans que l’autre eût besoin de le demander, et toujours le faisait-on en termes élogieux. Alan aussi bien que le seigneur Lindellinde s’accommodèrent avec brio de cette règle alors que l’on faisait route jusqu’au manoir, félicitant à leur manière la beauté et l’intendance de ses terres. Tout allait pour le mieux, si ce ne fut, au détour d’un chemin, un petit cortège de villageois qui regarda le véhicule d’un air accusateur et méfiant. Cortège auquel elle ne fit pas davantage attention ; il y avait toujours de ces gens qui trouvaient à redire à tout. A moins qu’ils ne fussent quelques partisans de l’apparition qu’elle avait vue la veille ?

    Arrivé au manoir, chacun s’abandonna à ses activités ; l’on s’acagnarda, cagnarda et cailleta dans le salon alors même que le thé bouillant venait d’être servi dans des tasses de blanches porcelaine, tandis que d’autres montaient dans leur appartement se reposer. Lucretia en profita pour leur demander la suite de leur périple, une fois que ses invités seraient partis. Où désiraient-ils aller, quel était, si fait, le but de ce voyage ?
    Le Chevalier des Fleurs, fidèle à lui-même, demeurait mué, renfermé dans le fond de son fauteuil, les pensées vagabondant çà et là dans les paysages de sa lointaine Bretonnie. Il était déconcertant de voir à quel point l’elfe et l’humain était différent dans leur comportement, et l’on pouvait décemment se demander ce qui les avait tant rapproché. Voyant son air attristé de ne se trouver en liberté dans la nature, à galoper au vent, son ami Domi l’encouragea à laisser libre cours à ses envies, pour peu que la baronne y concédât.

    « Je n’y vois aucun inconvénient, et j’irais même jusqu’à vous dire que je vais vous accompagner. Je ressens autant l’envie de liberté et de vitesse que je crains que vous ne vous perdiez dans ces bois s’étirant sur des lieux aux alentours. Ne vous en faîtes pas, je ne vous retarderai point dans votre cavalcade. »

    Et la jeune femme monta se préparer rapidement, tout comme elle l’avait fait le jour d’avant pour cette promenade bien plus tranquille dans les bois.
    «Est-ce bien prudent que de n’aller qu’à deux dans les bois à la tombée de la nuit, Madame ?, lui demanda toutefois le vieux majordome alors qu’elle redescendait dans le hall.
    - Ne vous en faîtes pas ; s’il arrive le moindre danger, je vous promets de protéger le Sieur D’Artois », lui sourit-elle d’un air taquin et amusé.

    Le palefrenier avait fait seller Percevent et une jument du domaine, que l’on disait aussi docile que véloce. La jeune femme n’était certes pas la meilleure des cavalières qui fût, mais elle semblait toujours nimbée de ce petit quelque chose, de cette aura qui vous donnait l’impression qu’elle réussissait toujours dans la tâche à laquelle elle s’attelait, et l’équitation semblait faire partie de ces activités-là. Au-dehors, à l’approche de la nuit, la température avait baissé, tout comme l’avait fait l’astre solaire que l’on ne distinguait plus que par ses belles éclaircies orangées à la limite de l’horizon, zébrant les nuages. Les ombres s’étaient allongées, la visibilité réduite.

    «Je connais quelques sentiers sûrs qui ne nous tromperont point de par leur embûches et leurs racines à demi-cachées dans le sol », annonça-t-elle au chevalier après avoir monté avec une certaine adresse sa jument. Et, là-dessus, elle lança sa monture droit devant en direction des bois, bientôt poursuivie par son vis-à-vis.

    L’impression de vitesse était indescriptible, enivrante, et d’autant plus renforcée par la présence de cette multitude de troncs et de branches, qui s’alignant sur leur passage en une barrière infranchissable, qui les effleurant du bout de leur rameau. Tout cela défilait à vive allure de chaque côté alors que l’air frais était fendu, que les nuées de moustiques étaient pourfendues, mais que jamais elles ne purent les rejoindre. Le martèlement frénétique des sabots sur la terre drue brisait légèrement l’accoisement vespéral qui habitait les bois, retentissant à leurs oreilles.
    Ces chemins lui avaient été montrés par Tomas qui les entretenait avec soin ; il existait ainsi dans les sous-bois aussi bien de larges chemins droits parcourant la forêt que de petits sentiers battus aux multiples circonvolutions, et ce fut bien entendu ces premiers que la damoiselle emprunta.

    Ce fut haletants que d’être restés trop longtemps debout sur les étriers et genoux fléchis que les deux cavaliers s’arrêtèrent dans une petite clairière où ruisselait une cascatelle. Le bruit de l’eau vive coulant sur les rochers avant de se noyer, clapotant, dans l’onde ténébreuse du petit bassin remplaça agréablement le bruit des chevaux et les claquements des sabots. En silence, ils apprécièrent tout deux ce petit moment de tranquillité et de repos après cette intense chevauché, laissant aller leur monture paître à leur guise. Les débuts de nuit en cette forêt avaient pour eux cette sensation d’intimité et de promiscuité avec la nature qui, par une douce température, vous emplissait de calme et de sérénité. Les arbres séculaires partageaient leur expérience, faisant ressentir de manière plus accrue encore la vitalité qui les parcourait, la brise qui glissait sur leurs feuilles dans un léger bruissement feutré. Lucretia s’emplit de cette vitalité à plein poumon, promenant un regard smaragdin sur ces environs qui, si d’ordinaire étaient teintés de la même couleur, n’arboraient plus que celle des ombres en cette heure tardive. Alors, elle approcha sa monture de celle du chevalier.

    «Dites-moi… Vous n’avez pas répondu à ma question, tout à l’heure, au village, commença-t-elle d’une voix aussi douce que la température nocturne, agréable. Le seigneur Lindellindele et vous semblez très proches, et je ne cesse de voir votre regard glisser amoureusement sur lui. Quelle est la nature de votre relation ? »

    Sa voix chaude et posée glissait elle aussi dans les airs, entourant tendrement le chevalier d’une aura de confiance qui ne pouvait que l’obliger à se confier à elle dans l’intimité de cette nuit secrète, gardienne de tous les secrets. Son visage angélique était tourné vers lui, serein, tranquille, et sa chevelure cuivrée de découpait dans la pénombre, innocemment. Elle voulait savoir.

    ***

    Après s’être toilettée et adonisée comme toujours, Lucretia vint prendre le repas du soir. Une fois de plus, la parole fut donnée à ce joyeux luron d’elfe qui régala l’assemblée de ses histoires et de ses touches d’humour, quand il ne les destina pas à une Elsa aux joues roses. Un repas béni par la convivialité, une apparente camaraderie, et de fréquents éclats de rire, du moins, pour ceux qui en était d’humeur. Lucretia appartenait à cette catégorie, et regardait d’un œil amusé les faibles tentatives d’Elsa pour garder contenance devant chacun des assauts répétés de l’elfe.

    Plus tard, dans la chambre de la jeune femme, alors que la baronne s’apprêtait à aller se coucher, elle tint cependant ces quelques mots à sa servante qui l’aidait à se dévêtir.
    «Il semblerait que tu aies tapé dans l’œil de ce cher seigneur elfique, lui dit-elle sur un ton complice. Il est très avenant, et très charmeur… Et très flatteur également ; l’on ne peut que l’aimer. Mais fais tout de même attention aux hommes, -et aux elfes-, Elsa. Sous leur devant élogieux peut se cacher un désir égoïste capable de briser le cœur d’une femme. Je ne voudrais pas qu’il t’arrive cela. Je ne veux pas que tu refuses ses avances, bien entendu, simplement que tu en sois consciente. Quoi qu’il en soit, ne lui livre aucun secret du domaine ou me concernant, rien qui ne me soit lié, je te le demande. Le reste, cela te regarde », ajouta-t-elle en souriant.

    La jeune femme enfila ses vêtements de nuit, puis, s’asseyant sur une chaise, présenta ses cheveux à sa camérière afin qu’elle les démêlât, avant que, tout d’un coup, lui vînt une question.

    « Mais, dis-moi, abandonnerais-tu tout ce que tu as ici pour un homme qui t’aime ? Un homme parfait, beau, charmeur, aux petits soins pour ta personne, et qui serait capable de te faire vivre confortablement avec lui ? »

    Certes, elle n’attendait certainement pas qu’elle lui répondît oui, mais elle était toujours à même d’étudier la réaction d’Elsa, d’ordinaire si vive et expressive.

    ***
    Ce ne fut pas le chant matinal d’un coq qui la réveilla de bonne heure, le lendemain, non, mais un bruit bien plus violent et désagréable. Elle ne sut pas de quoi il en retournait sur le champ, se demandant si une fenêtre avait claqué, ou si un meuble, étrangement, était tombé, mais le cri strident qui lui parvint alors acheva de l’inquiéter et de la réveiller. Et lorsqu’elle entendit le nom de Carl, un mauvais pressentiment l’habita. Oubliant toute prédisposition, elle sortit en trombe de sa chambre, vêtue de sa simple nuisette.

    A moitié avachi entre le sol du hall et le rebord d’une marche de l’escalier gisait le corps du majordome, dans une posture qui n’avait rien de naturelle. Horrifiée, parcourut de stupéfaction et d’incompréhension, Lucretia demeura en haut de l’escalier, bouche-bée. Puis, comme si, soudainement, son être répondait enfin à ses ordres, elle accourut en bas à toute allure. Seulement, il était trop tard, désormais, comme le témoignait ses yeux grands ouverts sur une surprise éternelle. Esla était là, elle aussi, crispée hystériquement, ne sachant que faire, et il fallait rapidement lui donner une tâche à exécuter avant qu’elle ne commence réellement à s’affolir.

    «Elsa, vas me trouver Marcus Dietz afin de s’occuper de Carl. »

    L’idée qu’il eût pu tomber, là, comme cela, simplement, lui paraissait folle et irréelle. Le domestique connaissait le manoir comme sa poche pour l’avoir arpenté des années durant. Elle se pencha sur le corps, lui fermant tendrement les yeux, en profitant pour examiner le macchabé et l’expression de son visage. Y avait-il quelque indice pouvant traduire une véritable chute ou, au contraire, un attentat ? Elle observa également les gens sur les lieux ; de tous ses serviteurs, celui d’Alan, l’étrange, l’athlétique, était-il présent ? Nul doute que les autres invités n’allaient pas tarder à venir, et elle était fortement curieuse de recueillir leurs premières paroles. L’un d’entre eux se trahirait-il sur une expression, un sentiment, ou même parce qu’il semblerait réveillé depuis longtemps déjà, sans plus aucune trace de cette léthargie engourdissante qui suintait d’un visage venant d’être sorti du sommeil ?
    La voilà qui se retrouvait assaillie de doutes, mais l’Aethyr ne l’aurait-elle pas avertie, eu égard à ses sortilèges placés à l’entrée, si un de ses visiteurs avaient été habités de mauvaises intentions ?

    Elle n’aimait pas du tout cela. Dans tous les cas, par la suite, le corps devrait être placé rapidement dans une petite pièce fraîche –une cave ?- en attente des premiers préparatifs liés aux rites du passage de la vie au trépas.
    Non, justement, avec les flash-back, c’est parfait (même si non, il y en aura pas, je crois, pour le passage de l'elfe toquant à la porte d'Elsa :mrgreen: J'ai bien ri à ce passage. x) )
    En ce qui concerne les images, si tu veux en mettre, ou si jamais tu trouves de belles images, n’hésite pas ! Avec ou sans, les deux me conviennent très bien.
    Et pour le post question sur (parce que l'on peut s'y perdre ou oublier des choses) :
    - l'oracle
    - la continuation du voyage et ses raisons (j'ai l'impression de ne toujours pas savoir, hum... è_é )
    - la question au chevalier
    - la question à Elsa
    - Et si je peux trouver des indices, comme expliqué dans le post.
Modifié en dernier par [MJ] Bonnepierre le 28 nov. 2012, 03:34, modifié 1 fois.
Raison : 7xp/56xp -50 pour 2 points d'INI: reste 6xp
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Ma Fiche
Objets particuliers:
- * Anneau Nowelleux (+1 INI)
- Amulette (relance d'un EC: 2/3 utilisations disponibles)

Compétences acquises et Dons du Sang

COMBAT :
Attaque : Coup précis (3), Arme de prédilection ( épée à une main)
Défense : Esquive, Acrobatie de combat, Sang vif (2) (DDS), Coriace,
Autres : Régénération Impie (DDS), Innocence Perdue (DDS), Valse Macabre


MAGIE :
- Sens de la Magie
- Conscience de la Magie
- Maîtrise de l'Aethyr - niveau 3

CHARISME :
- Diplomatie
- Éloquence
- Séduction
- Intimidation
- Comédie
- Etiquette
- Intrigue de cour

INTELLIGENCE :
- Domination (DDS)
- Érudition
- Littérature
- Linguistique
- Histoire
- Administration
- Enseignement
- Connaissance végétale
- Langue étrangère : Kislévarin
- Connaissance des démons

INITIATIVE / HABILETE :
- Sang vif (DDS)
- Réflexes éclairs
- Escalade
- Monte - chevaux
- Sens Accrus
- Vision nocturne

AUTRES :
- Défi de l'Aube (DDS)
- Ame Profane (DDS)
- Forme de Familier : Corneille (DDS)
- Sang argenté (DDS)
- Alphabétisation
- Force accrue
- Chance
- Préparation des poisons

Inventaire :
- Griffe d'Ursun
- Veste de cuir & pèlerine en "voyage" / robe habillée en "réception"
- Anneau de promptitude
- Bague du tumulus
- Sacoche de chanvre
- Lettre de la comtesse
- Gemmes et pépites d'or
- Fleur de salicaire
- Glandes à venin
- Poison (?)

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[MJ] Bonnepierre
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Re: [Arzhvael et Ombeline] Noble désordre

Message par [MJ] Bonnepierre »

La veille, au bourg:

-J'leur dirai, M'dame la Baronne, avait sourit le bûcheron de ses chicots verdis, en réponse à l'agréable injonction de Lucrétia au sujet des "perdus de l'Ostland".
Puis à la répétition interrogative du mot "oracle":
-Ben ouais, M'dame. C'est comme ça que l'Père Fritz il l'appelle. L'oracle... Parce qu'il a des visions données par Sigmar!... Mais son vrai nom, c'est Machser, et nous autres on commence aussi à l'appeler "Mon Père", parce qu'il en impose sacrément et qu'il a une sacrée sagerie! 'Fin, il est sage quand il parle, quoi. Et ça coule tout seul, comme une rivière pleine de vérités...
Hem...

Jugeant qu'il se laissait peut-être un peu aller à déblatérer n'importe comment - il était déjà un peu saoul, cet alcoolique notoire - il se reprit:
-Il vient de la capitale, qu'il a dit, oussque le Temple de Sigmar il lui a dit d'aller aider dans la province. C'est un "Marteau d'Argent"... On l'voit pas beaucoup dans les rues passqu'il reste presque toujours dans l'temple pour prier et avoir des visions...
Sur ce, il se tut, grand, massif, droit et fier - et un brin bourré - en tenant sa hallebarde...
________________________________________

La veille, de retour au Manoir:

-Une fois que nous serons partis? Avait répété Alan, alors absorbé par sa dégustation des bons biscuits d'Elsa qui accompagnaient le thé. Diantre! J'ose espérer que vous n'êtes point pressée que nous partions, mon amie! Ne sommes nous point de gais convives? Un sourire joufflu, mais néanmoins avenant, s'assortit à cette galéjade. Puis il eut une moue pensive:
-Nous avions dans l'idée de nous rendre au sud, dans la région de Kappelburg, et ainsi retourner à Lochrafurt en visitant Ertburg et Stratenheim... Mais vos gens m'ont appris aujourd'hui que l'automne était clément en Ostermark - bien que la menace de Crom pèse toujours - et de fait, sans danger de méchantes neiges, j'envisage de fait poursuivre finalement jusqu'à Beehafen, étant donné que nous n'en sommes plus si loin.
-Haaa! Ce n'est pas que ce cher Alan a mentit quand il a dit apprécier votre belle région, très chère Baronne, mais la grande ville lui manque néanmoins! Même si celle-ci doit être peuplées de rustauds qui roulent les "R" et braient avec des nains! C'est un homme de la ville, notre beau Baron!
Ce fut, bien évidemment, une intervention joueuse de Domi Lindellindele, entre deux mignardises contées à une Elsa qui ne savait plus ou se mettre.
-Ne parle pas en mal des nains je te prie, ce sont les seuls vrais amis de l'Empire le corrigea Alan comme si on grondait un enfant insolent auquel l'on était attaché. Puis il s'expliqua à Lucrétia avec affabilité, ses yeux plongeant parfois malgré lui dans son beau décolleté, ou dardé sur ses lèvres exquises:
-N'écoutez pas ce gredin. En vérité, il était prévu avec mon Oncle, le Vicomte de la Lochra, que je passe commande en son nom d'un digne navire si ma route me menait jusqu'à Beehafen. Vous n'êtes pas sans savoir la valeur de leurs chantiers navals... Et puis... Une oeillade complice vers la lahmiane: C'est une capitale voisine, il y aura je l'espère d'enrichissants accords à recréer... cela sans parler d'alliances politiques notables... Le passage d'Archaon a considérablement changé la donne et tout est à refaire.
A la mention d'Archaon, Alan avait comme il se doit pris une mine plus grave. Entre deux taquineries à Elsa, l'elfe intervint derechef:
-Et oui! L'Ostermark est un pays sauvage! Profondément touché par les ravages du Chaos, et encore vivant dans la crainte du terrrrible Lieutenant d'Archaon, maudit trois fois soit son nom!... Que voilà un lieu bien déplaisant s'il en est, mais où notre invincible Philippe va pouvoir sans nulle doute graver son nom en lettres d'or dans les légendes!
-Ne rit donc pas du malheur d'autrui, souffla Alan, bien qu'amusé malgré lui - et bien mal placé pour lui faire la leçon.
Le Chevalier des Fleurs ne releva même pas l'allusion à sa personne, trop occupé à se morfondre de voir Lindellindele coquiner avec la cuisinière.
Ce fut alors que, comme une mécanique bien huilée, l'elfe se désintéressa soudain d'Elsa pour se redresser vers Lucrétia, ses grands yeux mauves illuminés dans les siens:
-Hé mais! Pourquoi ne nous accompagneriez vous pas à Beehafen, ô sublime?... Ce sont presque vos voisins, si l'on y regarde. Et, quoique rudes, ils sont influents, et au final c'est une capitale bien plus proches de vos terres que ne l'est Talabheim. Vous devez absolument venir avec nous!
Il rit, son sourire étincelant à damner un saint:
-Au pire, vous vous achèterez juste un de leurs chapeaux de fourrure en souvenir... Mais vous tisserez peut-être d'or des liens qui feront prospérer vos terres comme jamais! Avec ce divin charisme qui est le vôtre, et ces appâts célestes qui feraient rougir Isha elle-même , qui vous refuserait quoi que ce fût?... Et assurément nous vous appuieront si besoin, n'est-ce-pas Alan? Il écarta ses paumes, comme si sa trouvaille était l'évidence même:
Par ailleurs, quelle compagnie plus aimable pourriez vous avoir pour voyager, ne trouvez vous pas?
En digne complice, le Baron Von Feuerbach opina, faussement pensif. Puis il dit, ses yeux dans les tiens:
-Etes vous déjà allée à beehafen, Dame Von Shwitzerhäum?
Le mage rouge n'existait pas dans la conversation, comme toujours, bien qu'il fût assis près de son "noble protégé".
A poursuivre dans ton rp, bien évidemment ;)
La veille. Les prémices de la nuit. En forêt:

- Ne vous en faîtes pas ; s’il arrive le moindre danger, je vous promets de protéger le Sieur D’Artois »
Cette phrase de Lucrétia, dites avant son départ pour les bois, était parvenue à arracher un sourire involontaire à l'austérité immuable de Carl Ferembach, son majordome. Et sous ses sourcils épais, dans ses yeux noirs qui s'en cachaient, elle avait lu une affection naissante pour elle, qui croissait de jour en jour. Le rigide majordome commençait réellement à respecter sa maîtresse parvenue, plus seulement de part les convenances de son rang, mais aussi pour ce qu'elle était profondément à ses yeux: Une bienveillante dirigeante, doté d'un esprit et d'une personnalité qui la rendait aimable entre toutes...

Par Malheur, cet infime signe d'appréciation qui trahit le droit Carl Ferembach fut la dernière expression que Lucrétia garda de lui...
Mais n'allons pas trop vite.

Après quelques cavalcades équestres dans la pénombre verte de la forêt - durant laquelle la lahmiane put admirer les indubitables compétences de cavalier de Philippe d'Artois, ainsi que la grande valeur de sa monture - le couple improvisé s'était arrêté près d'une petite cascade gazouillante, dans le frais bienfaisant du sous-bois.
Pour la première fois, elle avait vu sincèrement sourire le Chevalier Bretonnien, durant leur chevauchée, d'un sourire d'une candeur inouïe que n’entâchait plus les convenances, nourri de la joie simple de sentir les vents parfumés d'humus sur son visage et de partager celle de son équidé compagnon sous lui.
En bon Chevalier de Bretonnie, il avait gardé sa lourde armure sur lui, laquelle, d'une blancheur immaculée, tranchait fort joliment avec les ombres nocturnes. Son destrier bai piaffant, il tourna un regard perdu sur Lucrétia après sa question. Ses yeux, du bleu du ciel, parurent un instant encore plus clair que d'ordinaire malgré le noir, tant ils scintillèrent d'émotions. Puis il les baissa vers le sol, l'air soudain très las:
-Et pourquoi donc voulez vous savoir cela Madame?
Mais cela ne se faisait pas, pour un digne chevalier de l'Artenois, de répondre à une question par une autre à une dame, aussi enchaîna t-il, toujours très troublé:
-Je... ce ne sont pas des choses qui se disent... Vous l'avez exprimé vous même, Madame: "amoureusement". C'est le mot. Que voulez vous de plus?
Il se détourna, mais Lucrétia eut le temps d'apercevoir une larme sur sa joue scintiller sous les rais de la lune:
-J'ai fauté. J'ai été contre nature. Et en retour je suis maudit... Je ne vois plus personne d'autre que lui, il est partout, il est mon monde... et ce monde est cruel...
Je n'ai pas été préparé à cela.

Un silence s'imposa, bercé par la romantique musique de la cascatelle... Lucrétia vit la mâchoire d'Artois se serrer au travers de sa joue, il avait toujours le visage détourné, désespéré:
-Je vous en conjure, s'il vous plait. Ne répétez pas ce que vous devinez là... A quiconque.... Et encore moins mon désarroi à... à lui... Je vous en supplie Madame.
Bien que "suppliant", son ton n'en gardait pas moins dans son inquiétude et sa tristesse une certaine dignité...
Là il me faut obligatoirement une suite
La veille. La nuit tombée. Dans la Chambre de la Baronne:

Les premiers mots de Lucrétia firent trembler les mains de sa camérière tandis qu'elle la dévêtait. La pauvrette bredouilla:
-Heu, je... oui oui, je... Bien sûr, je ne lui dirais rien du tout, Madame.
Empourprée de mille feux, elle fit tomber la vêture qu'elle tenait: Ho, pardon Madame! puis la ramassa fébrilement avant d'entre-tortiller ses mignons doigts dodus:
-C'est que... Il est venu me voir à la cuisine, Madame. Et... et je lui ai parlé de plein de choses. Je ne sais plus de quoi. Du domaine, des gens du manoirs... Il parle si bien qu'on ne sait plus où on en est et ce qu'on a dit! Mais je...
La petiote avait des bouffées de chaleur rien que de penser à Domi, elle expira pour se calmer, le regard émoustillé tourné sur ses chaussures:
-Il a... il est si...

Puis, à des questions directes de sa maîtresse, elle se réveilla avec flamme:

- Oh non non! Je ne partirai pas Madame! Jamais de la vie! Vous êtes si bonne avec moi! Et il y a Carl! Et Hans! Marcus! Et Erwingar! Ici c'est tout ce que j'ai, c'est ma vie! Je... je... Non non non, je vais dire à Monsieur Domi que je ne suis pas intéressée Madame! Vous avez ma promesse!
On lit une profonde sincérité dans cette réaction alarmée d'Elsa... Mais ne fondrait-elle pas comme neige au soleil en quelques sourires étincelants et bons mots du beau Domi?

De fait, dans la nuit, l'elfe alla toquer chez Elsa... Et il ne tarda guère à entrer...

Maintenant. Un peu avant l'aube:

Elsa était parti en courant aller chercher Marcus Dietz.
Le corps sans vie de Carl Ferembach, plusieurs os et la nuque brisé, gisait en bas des plus hauts escaliers du manoir. Sur son visage aplatit sur le parquet, sa bouche était grande ouverte, la langue en érection, et avant que Lucrétia ne lui ferme les yeux, ceux-ci étaient exorbités, les iris tournées vers le haut... Il y avait une sorte de marque sur sa joue, comme la trace d'un oreiller... Peut-être le reliquat d'un impact sur une marche? Autre chose?

L'athlétique serviteur d'Alan n'était pas là. Mais il arriva en même temps que son maître, lequel était dans une confortable robe de chambre noire et or et ne put s'empêcher malgré le drame de lorgner sur les accortes courbes de Lucrétia que cachaient bien mal sa légère nuisette.
Le mage rouge suivait de près, la figure indéchiffrable, comme toujours. Cet homme n'avait aucun sentiment.

Avant cela, le Chevalier des fleurs avait jailli de ses appartements, juste après la lahmiane, sa longue épée blanche en main. Mais après avoir regardé partout autour d'un air féroce, il s'était ensuite éloigné par respect, sans un mot, et se tenait maintenant à distance, son épée plaqué verticalement sur le coeur, en recueillement.
S'il assassin il y avait, ce n'était clairement pas lui, ses réactions étaient de pure sincérité.

L'elfe arriva le dernier depuis la chambre de bonne d'Elsa, pieds nus, un pourpoint bleu emperlé sur son torse nu et un pantalon mal enfilé. Il avait son arc et semblait bien marri de se voir réveillé de la sorte. Chose étonnante, il se tourna de dos à tous dès qu'il vit le cadavre...

Etant donné que Lucrétia laissait durer le silence, attentive aux paroles éventuelles de ses invités, Alan se permit un commentaire:
-Quel malheur. C'était un bon domestique, de ce que j'ai vu. Je suis navré, Baronne. Mes plus sincères condoléances...
Sa sincérité était tout à fait crédible... enfin autant que peut l'être celle d'un noble qui se fiche de la vie de ses serviteurs.
Son athlétique serviteur regardait ses pieds, impassible et concentré, sans émotions.
La totalité des gardes d'Alan était là, plus ou moins bien armés et préparés selon leurs tour de garde - soit six soldats en noir et or.

-Foutrecul! Carl... L'dieux prennent les meilleurs en premier, se morfondit le garde le plus stupide de Lucrétia. 'fin bon, l'était vieux aussi...
Ils se fit foudroyer du regard par quasiment tous les servants du Manoir.

Marcus Dietz arriva le dernier, précédé par une Elsa en larmes.
Débraillé, il se tint coi, complètement médusé par le spectacle qui s'offrait à lui ( et gêné par son retard?)

Du reste, les alarmes magiques de la lahmiane n'avaient pas retentit dans son esprit, en effet... Toutefois elle se ressouvint que celles-ci ne prévenaient pas des "mauvaises intentions", mais seulement des "intrus"...
Explicatif officiel du sort: Le Sorcier marque un endroit magiquement, et est prévenu dès qu’un intrus s’en approche. Ce signal est perceptible par lui seul. Le sort dure aussi longtemps que le sorcier le désire, et est efficace quel que soit la distance séparant le sorcier et l’endroit marqué. Un seul endroit peut-être ainsi marqué.
Si assassin il y avait, ce n'était pas un être qui se serait subrepticement glissé dans le manoir, mais un de ceux qui y dormaient présentement.

Cependant, n'était-ce pas paranoïa que de se perdre dans ces considérations? Ce drame ne pouvait-il pas seulement être dû à des escaliers glissants et à la distraction d'un vieil homme trop méticuleux qui s'était surmené?
Lucrétia, si récemment arrivée, connaissait-elle si bien Carl pour écarter toute faille de sa part?
Je crois avoir fait le tour de tout.
A moins que tu n'accuses ouvertement et présentement des gens, je te laisse gérer les obsèques.
Pauvre Carl, paix à son âme :(

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Lucretia Von Shwitzerhaüm
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Re: [Arzhvael et Ombeline] Noble désordre

Message par Lucretia Von Shwitzerhaüm »

  • Un oracle membre des Marteaux d’Argent ? Et celui-ci parvenait doucement à se tailler une petite place, allant même jusqu’à supplanter le sigmarite déjà en faction en ces lieux, tant et si bien que ce dernier obéissait aux visions du premier ? Allons bon. Et jusqu’à quel point pouvait-on être certain de la véracité de ses prémonitions ? Fallait-il s’en préoccuper, ou n’était-ce que l’un de ces charlatans plein de promesses et de belles paroles utopiques et risibles ?

    «L’on ne m’en avait pas parlé, jusqu’à maintenant. Saurais-tu me dire si ses visions se sont révélés être avérées et depuis combien de temps est-il à Bratian ? »

    Pour autant qu’elle en sût, dans le domaine de la religion, les seuls à pouvoir lever le voile du futur n’étaient pas autres que les morriens appartenant à l’ordre des Augures. Mais ce monde était si étrange, parfois, que l’on se surprenait à accepter ce qui sortait drôlement de l’ordinaire, et en cette matière, la jeune femme en était une belle représentation.
    ***
    «Bien entendu que non !, s’était écriée Lucretia suite aux propos d’Alan. Veuillez me pardonner ; je désirais simplement connaître la suite de votre programme. » Alors que l’homme parlait, elle s’empara d’un petit biscuit qu’elle fit tremper dans son thé, attendit qu’il s’amollît, et le cassa du bout des lèvres. Il s’agissait donc d’un simple voyage dans le but de voir du pays et les gens qui l’habitaient, et, pourquoi pas, de conclure quelques accords dans le même temps.

    «Les elfes aussi sont les amis de l’Empire, pour ce que j’ai pu entendre, commença-t-elle, rendant une de ses nombreuses flatteries à l’intéressé. Un sacré voyage, si fait, si jamais vous vous mettez ainsi en tête d’aller jusque dans l’Ostermark. Je comprends très bien les envies qui vous poussent à voyager et à voir du pays, oui, tout comme je suis au courant pour ces temps de guerre que traverse cette région. Allons, baron, ainsi comptez-vous profiter de la faiblesse d’autrui dans le but de parvenir à quelque contrat en votre faveur ? Ttt-tt, voilà qui n’est pas très louable et assez sournois de votre part ! » Si le ton de la belle était dépréciateur, le petit sourire qui naquit sur ses lèvres purpurines, ainsi que le clin d’œil étincelant qu’elle lui lança acheva de prouver à son invité qu’elle plaisantait. La suite ne la fit sourire que davantage ; cela avait-il était prévu depuis longtemps, également ?

    «Beehafen ? Non, je n’y suis jamais allée, mais l’on me conta la noirceur et les ténèbres de la ville. Je serais fort marrie de m’apercevoir à quel point mon charisme et mes..appâts s’en retrouveraient effacés, ria-t-elle, cristalline. L’idée me tente réellement, tout comme celle, effectivement, de retrouver la cour, mais, comme j’en ai convenu au baron voisin Himmergriff, je me dois de répondre favorablement à sa lettre et à son invitation. Ce que j’ai déjà fait, à vrai dire, trois fois hélas. Les devoirs et les impératifs… »
    ***
    Question personnelle posée par une voix de velours au-travers d’une nuit tiède et sombre ; larme d’argent scintillante, roulant doucement le long d’une joue.
    La jeune femme, dans cette intimité que fournissait l’ombre des bois, avait visé juste en posant cette interrogation que nul ne lui avait sûrement jamais posée. Le comportement du chevalier, tout au long de ces derniers jours, était désormais parfaitement explicable. Jamais il ne la regardait, elle, si ce n’était lorsqu’elle lui adressait la parole, et jamais non plus ses yeux se perdaient-ils entre et sur les courbes de son corps qu’elle n’hésitait pas à faire deviner. Au contraire, l’unique centre du Sieur d’Artois n’était pas autre qu’un autre homme, ou plutôt, un elfe, aussi étrange cela demeurait-il.

    Le cavalier, sous son armure blanche, éclatante nitescence sous les pâles rayons de la lune qui traversaient le faîte des arbres, semblait comme écrasé par le poids de cette question, et surtout par cette honte qu’il ressentait et qu’il avait grand peine à lui avouer. Mais cela en était devenu tellement évident que Lucretia n’avait pu ne pas le deviner, et il eût sûrement été puéril de cacher ces sentiments honnis. Cela ne les rendait pas pour autant acceptables pour celui qui les couvait, et Philippe s’était détourné d’elle, accablé par les remords et la honte qui l’habitaient.

    Doucement, le bruit des sabots de la jument lui indiquèrent que la maîtresse de céans s’était à nouveau rapprochée.
    «Cela n’est aucunement contre nature, puisque cette dernière elle-même autorise votre corps et votre esprit à ressentir ces sentiments. » Elle laissa ces simples paroles prendre possession de l’âme du jeune homme, et ne doutait pas d’avoir raison en les proférant. Quand bien même est-ce un beau gâchis tout de même. Un nouveau silence plana dans les airs, avant qu’elle ne continuât, douce et conciliante.
    «Je ne peux réellement comprendre votre peine, mais c’est entendu, en sus d’aller de soi ; je ne dirai rien de votre secret, même si je m’imagine que le seigneur Lindellindele s’en doute déjà. »

    Elle ne pouvait rien faire de plus pour l’apaiser, et elle doutait fortement que l’elfe partageât sa passion.
    ***
    Elsa était définitivement trop extravertie, et le moindre changement d’humeur, ou la moindre chose avec laquelle eût-elle pu ressentir une certaine honte ou gêne la faisait directement virer cramoisie. Une chance qu’elle fût simple camérière et non pas noble, sans quoi eût-elle été mise à jour dès ses premiers pas à la cour.

    «Elsa, fais attention, je te prie », la gourmanda-t-elle gentiment après qu’elle eût fait tomber sa robe de nuit. Lucretia fit la moue alors que sa servante dégoisait des petits bouts de phrases hésitants qui semblaient ne jamais commencer, mais ne jamais se terminer non plus, tout en avouant ne plus même savoir ce qu’elle avait bien pu dire au godelureau. Et la voilà qui lui jurait, oh non Madame, que jamais ne la quitterait-elle pour une vie de rêves et sans souci, et dans sa logorrhée, Lucretia haussa un sourcil étonné. Erwingar ? Dans cette suite d’énumération de personnalités, jamais n’aurait-elle pensé que ce nom fût cité par Elsa. Mais cela était bien moins intéressant que l’histoire du Chevalier des Fleurs. Et elle doutait également de la véracité de ses dires ; pourquoi préférer une vie de service lorsque vous pouviez nager dans le bonheur le plus complet ?

    «Je suis contente de te l’entendre dire, Elsa « , lui sourit-elle.
    ***
    En cette noire matinée, même le chant du coq n’avait pas retenti, préférant se traire au profit d’un deuil sacré. Et dans ce hall de pierre et de marbre gris, le silence était pesant, écrasant, alors que nul n’osait respirer et que les sanglots ne parvenaient pas à sortir. Expressions muettes, tressaillement, extrémités du corps –doigts ou menton- tremblotant légèrement, surprise ou simple affliction de la part des invités, tout le monde demeurait sans bouger, la mine triste et compatissante. Et après une rapide inspection, rien ne laissait présumer à un meurtre, et tout laissait la place à une simple chute.

    Lucretia avait observé avec attention l’arrivée de chacun des personnages se tenant présentement là, ou du moins l’avait-elle fait du mieux qu’elle le pouvait en ces circonstances. Alan était arrivé en même temps que bon nombre de ses serviteurs, et, avant de s’apercevoir du drame qui avait eu lieu dans la pièce, avait agréablement profité de la tenue des plus légères de son hôtesse pour la déshabiller du regard. Si lui avait eu la politesse d’afficher une mine de circonstance, le mage flamboyant qui le suivait au pas, lui, avait conservé un visage sec et revêche.

    Le sieur d’Artois avait dégainé son épée, tout feu tout flamme, cherchant d’un regard belliqueux la moindre source de danger potentiel, avant d’adopter une attitude plus cérémonieuse. Domi, quant à lui, paraissait de mauvaise humeur ; il n’était jamais agréable d’être réveillé de si bon matin, quelle qu’en fût la raison. Il n’échappa pas à la baronne qu’il provenait très certainement, eu égard à l’itinéraire emprunté, de la chambre de sa servante. Ce qui n’était guère étonnant, en dépit de tout ce qu’elle avait pu lui promettre la veille. Ce qui l’était davantage, en revanche, fut le comportent du concerné lorsqu’il aperçut le cadavre ; il lui tourna le dos comme s’il refusait de reconnaître son existence. S’agissait-il peut-être d’une coutume elfe que cette attitude la contrista tout de même. Celle d’Alan, aussi sincère fut-il, lui fit du bien toutefois.

    «Merci beaucoup, Alan. Oui, il était très dévoué… », le remercia-t-elle. Elle ignora également la dernière remarque douteuse de l’idiot, se contentant de hocher la tête. Qu’ils prirent la peine de se condouloir, la baronne leur en était reconnaissante, mais cela n’en atténuait pas moins sa peine et son chagrin. Il lui fallait être forte dans cette épreuve à laquelle personne ne s’attendait.

    Le capitaine des gardes arriva alors sur ces entrefaites, et l’expression qu’il arbora témoigna à elle seule de sa surprise.
    « Marcus et Ewingar, veuillez emmener le corps de Carl à la cave, le déposer sur une table, et allumer une bougie à l’encens en l’attente du Père Fritz, je vous prie.[/b] »
    Là-dessus, elle sembla se rendre compte, enfin, de la légèreté de sa tenue, quand bien même l’était-elle aussi bien que certaines autres des personnes se trouvant dans le hall, et partie, sur un mot d’excuse confus, s’habiller, la mâchoire serrée par l’émotion.

    Esla était sur ses talons à sa demande, comme à son habitude. Dans la chambrée, le silence régnait en maître, chacune tentant de se remettre de ses émotions, tâche qui se révéla être impossible à accomplir. Esla s’activait fébrilement, frénétiquement, comme si s’abandonner à une action lui permettait de se libérer un tant soit peu de ce fardeau qui lui pesait, trahie par ses mouvements et gestes maladroitement tumultueux, là où sa maîtresse demeurait figée, dos et regard droits ne cillant jamais, figure clause.

    «Carl a-t-il jamais été victime d’une quelconque maladresse, auparavant ? Est-il déjà tombé dans l’escalier, eu des troubles de l’équilibre, ce genre de chose ? » demanda soudainement Lucretia d’un ton vif, et ouvrir la bouche lui parut être un calvaire tant sa mâchoire avait été contractée alors qu’elle était plongée dans de mauvaises pensées qui l’endêvaient.

    Sa vêture, finalement, fit écho à ses propres pensées. Noire comme la nuit, agrémentée de quelques sombres teintes et de couleurs ténébreuses. Sobre, également, rien qui ne l’habillait comme d’ordinaire. Pas de fantaisie ou d’excès de peau blanche révélée ; à vrai dire, même sa crinière éclatante avait été recouverte d’un voile aux coloris foncés.

    En sortant de sa chambre, l’on vint peut-être lui demander de ses nouvelles, s’inquiéter de savoir comment elle allait et supportait le choc.
    «Je voudrais simplement me recueillir une dernière fois à ses côtés. Seule. », répondit-elle lentement d’une voix faible. Et elle prit le chemin de la cave, là où l’on avait descendu son majordome, conformément à ses instructions.

    Sous terre, la température était encore plus fraîche, mais elle demeurait constante tout au long de l’année. Un excellent endroit pour garder les meilleurs fûts, les meilleurs vins et alcools afin qu’ils se bonifiassent avec le temps. Le meilleur endroit du domaine pour garder, l’espace de quelque temps, un corps mort. Une petite bougie scintillait faiblement au fond de la cave, et la chiche lueur se reflétait sans grande conviction sur les murs de pierre irréguliers, créant ainsi des ombres dansantes. L’odeur de renfermé avait été rapidement couverte par celle de l’encens, donnant au lieu un caractère bien plus spirituel et religieux qu’il ne l’était d’ordinaire. Et là, sur une table, gisait le corps de Carl, que l’on eût pu croire dormant. Parfaitement droit, les yeux fermés, allongé sur le dos, il semblait reposer dans une paix depuis longtemps souhaitée, si ce n’était l’hématome qui tachait sa joue.

    Lucretia ferma ses yeux, s’ouvrant au monde. Là, dans cette salle souterraine, loin de tout être vivant, elle était seule, ainsi qu’elle l’avait demandé. Les autres vaquaient à leur occupation, au-dessus, se consolaient les uns les autres, partageaient de bons souvenirs, ou attendaient simplement que cette mauvaise période passât. Mais quoi qu’ils firent, ce qui se déroula dans cette cave ne les regarda nullement.

    S’ouvrant à l’Aethyr, la jeune femme puisa dans ses forces afin de la canaliser au-travers de son corps. La magie filait çà et là en différents courants des couleurs de l’arc-en-ciel, mais elle n’en avait cure, et se contenta de tous les faucher sur son passage, sans distinction aucune. Sous sa volonté implacable, elle les plia, condensa, broya, et, les transformant en une source d’énergie noire, ouvrit un faible portail sur l’au-delà. Des âmes en paix s’acheminaient doucement mais sûrement vers un endroit inconnu des mortels, d’autres s’avéraient être plus agités, lorsque d’autres demeuraient tourmentées. Et cette autre puissance, cette sombre volonté qui planait sur ce paysage livide et sereinement macabre, était-ce l’empreinte de Morr qui commençait à s’agiter de voir que l’on empiétait sur son territoire ? N’avait-il pas encore l’habitude, à force de voir des centaines de nécromanciens agir de même ? Mais, contrairement à ces derniers, ce petit dieu de pacotille n’avait aucune emprise sur la belle qui lui rit au nez, enivrée par sa propre puissance qui se révélait enfin, et, après être parvenue à dénicher l’esprit de Carl, le ramena, l’espace de quelques instants, dans son corps.

    «Carl Ferembach, je t’invoque ici, en ce bas-monde, parce que je le veux, parce que j’en ai le pouvoir, et également parce que trois questions doivent t’être posées. Est-ce un accident qui t’a conduit à la mort ? Sinon, est-ce une personne faisant partie de la suite du baron Alan von Feuerbach qui t’aura poussé, assassiné ? Est-ce un domestique, qu’importe à qui il appartient ? »

    Si la flamme de la bougie dansait plus que jamais dans la cave, muée par un vent invisible ou par quelque courant d’air que ce fût, les ombres, elles, s’étaient figées. Dans la robe noire, sous le voile noir, une voix s’échappait de lèvres carmines, une voix pourtant chaude et envoutante qui tranchait nettement avec l’atmosphère devenue aussi glaciale que mystique. Et là-dessus, une voix d’outre-tombe en provenance du macchabé anima les lèvres mortes du corps aussi glaciale que la pièce elle-même.
    Voui, pauvre Carl ; pourquoi en être venu à ce choix, de le tuer ? T_T
    Je ferai certainement les obsèques dans le post suivant. En flash-back si jamais tu poursuis (tant qu'à faire !)
    J'utilise ainsi le sortilège communication des limbes (qui, dans ma fiche, a été inversé avec mur d'os). Si jamais je rate le sort une première fois, je tente de le relancer juste après jusqu'à ce qu'il fonctionne ; je suis seule, ce n'est pas un combat, il n'y a donc pas de précipitation à avoir).
Modifié en dernier par [MJ] Bonnepierre le 30 nov. 2012, 20:40, modifié 1 fois.
Raison : 7xp/13xp
FOR 16 / END 14 / HAB 17 / CHAR 18 / INT 17 / INI 19* / ATT 17 / PAR 13 / TIR 11 / MAG 17 / NA 4 / PV 134/140
Ma Fiche
Objets particuliers:
- * Anneau Nowelleux (+1 INI)
- Amulette (relance d'un EC: 2/3 utilisations disponibles)

Compétences acquises et Dons du Sang

COMBAT :
Attaque : Coup précis (3), Arme de prédilection ( épée à une main)
Défense : Esquive, Acrobatie de combat, Sang vif (2) (DDS), Coriace,
Autres : Régénération Impie (DDS), Innocence Perdue (DDS), Valse Macabre


MAGIE :
- Sens de la Magie
- Conscience de la Magie
- Maîtrise de l'Aethyr - niveau 3

CHARISME :
- Diplomatie
- Éloquence
- Séduction
- Intimidation
- Comédie
- Etiquette
- Intrigue de cour

INTELLIGENCE :
- Domination (DDS)
- Érudition
- Littérature
- Linguistique
- Histoire
- Administration
- Enseignement
- Connaissance végétale
- Langue étrangère : Kislévarin
- Connaissance des démons

INITIATIVE / HABILETE :
- Sang vif (DDS)
- Réflexes éclairs
- Escalade
- Monte - chevaux
- Sens Accrus
- Vision nocturne

AUTRES :
- Défi de l'Aube (DDS)
- Ame Profane (DDS)
- Forme de Familier : Corneille (DDS)
- Sang argenté (DDS)
- Alphabétisation
- Force accrue
- Chance
- Préparation des poisons

Inventaire :
- Griffe d'Ursun
- Veste de cuir & pèlerine en "voyage" / robe habillée en "réception"
- Anneau de promptitude
- Bague du tumulus
- Sacoche de chanvre
- Lettre de la comtesse
- Gemmes et pépites d'or
- Fleur de salicaire
- Glandes à venin
- Poison (?)

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[MJ] Bonnepierre
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Re: [Arzhvael et Ombeline] Noble désordre

Message par [MJ] Bonnepierre »

La veille. Conversation avec le bûcheron Anton Holz à propos de "l'Oracle" Machser:

-Heu... ça fait pas très longtemps qu'il est là, M'dame, avait répondu le colosse à Lucrétia: En fait, j'dirais qu'il est arrivé en même temps qu'vous. P't'êt' juste avant, ou juste après?... 'fin bon, à peu près à c'moment quoi!
Il fronça ensuite des sourcils d'un air ivrogne:
-Pour ses visions, ben... ouais, on peut dire ça: quelque part, il avait dit que les "perdus de l'Ostland" y seraient not'bras armé cont' les hommes-bêtes... Bon, on a pas encore vu les hommes-bêtes - mais c'pas plus mal hein M'dame? - mais c'est vrai qu'les Ostlanders y r'chigent pas à s'entraîner... Il eut un rire gras: Faut dire a que l'oracle il les a bien convaincu, il est fort quand il parle! Mais en vrai, moi aussi j'peux prévoir des trucs si c'est moi qui les fait arriver après, non?
Petite mine gênée, soudain conscient qu'il ne devrait peut-être pas se marrer devant sa Baronne - et encore moins rire de prédictions sigmarites?
-Hem... mais il y a les hommes-bêtes aussi... Ils vont arriver dans l'coin, qu'il dit... Et on le croit. Y'en a souvent qui viennent en cette saison...
______________________________

La veille. Plus tard. Lors d'un thé avec les nobles invités du Manoir:

Après que l'elfe eut adressé un regard soyeux à Lucrétia à sa mention à propos des elfes "amis de l'Empire", Alan avait répondu à sa "fausse remontrance" par une "fausse mine honteuse", avant de lui rendre un sourire qui, s'il n'égalait bien évidemment pas celui de la belle, n'était pas non plus dénué de charme ni de subtilité. Clairement enchanté par les attraits de la lahmiane, il se permit en outre de lui renvoyer un clin d'oeil taquin.

-Il n'y a rien sur ce monde qui ne saurait faire oublier votre brillant charisme ni vos sublimes "appâts", Madame, la flatta t-il par la suite en toute sincérité, se permettant un nouveau clin d'oeil... teinté de grivoiserie celui-là.
L'elfe, exagérément bouleversé, bondit alors sur ses pieds avec la grâce qui lui était coutumière:
-Mais comment donc, ô splendeur? Vous préfériez l'affligeante et ignare compagnie du barbon Himmergriff à un enrichissant petit voyage auréolé de l'élégance et la bonne humeur qui sont les nôtres? Belle humeur qui sera en surplus démultipliée par votre digne et savoureuse présence! Allons donc! Le pénible grigou peut attendre! Par malheur, c'est lui que vous avez comme voisin, mais de fait, vous pourrez aller le rencontrer plus tard, même en hiver! C'est routine que cela! Faisant résonner d'un large geste une note harmonieuse de sa lyre, il écarta ses bras comme pour montrer l'évidence, tout sourire:
-Alors que ce gai périple que nous vous proposons est chose d'exception, n'est-il pas? Vous allez affreusement nous manquer, merveilleuse Baronne, si vous ne venez pas! Bien qu'il s'exclamait, son élocution était parfaite et son timbre on-ne-peut-plus agréable. Parlant un ton en dessous, il minauda, joueur: Et, nous autres, ne vous manquerons nous pas? Qui sait quand l'on se reverra? C'est pitié que de ne plus vous avoir avec nous, je m'y refuse.
Un rire, puis un dernier argument:
-Bah! En puis même si vous nous trouvez si peu aimables en comparaison de l'amour immodéré que nous avons pour vous, il est une évidence seigneuriale qui ne peut vous échapper: L'automne est clément, l'heure est de fait à un voyage Beehafen. Une Baronne aussi éclairée que vous l'êtes - entre mille autres qualités - ne peut s'y tromper: Ne pas y aller maintenant, c'est voir les marchés intéressants et les alliances être conclues par d'autres. Au printemps il sera trop tard!

Cela se tenait.

Alan le fit calmer d'un soupir, mais quoiqu'il dise ensuite, il montra bien par sa mine maussade sa déception au refus de son hôtesse:
-Que de bruit, Domi. Cesse donc, s'il te plait, tu es malséant. Tu n'as point à dire à Dame Von Shwitzerhaüm ce qu'elle a à faire ou pas...
Une attente était toutefois bien présente quant à la réaction de Lucrétia. L'intervention de l'elfe, tout à fait avisée en matière politique - le reste étant affaire de goût pour la lahmiane - aurait-elle une influence? Alan l'espérait sans doute...
_____________________________________________________

La nuit. La forêt. Philippe d'Artois:

-Je vous en sais gré, Dame Baronne, avait murmuré le Chevalier, le visage toujours tourné: Que la Dame du Lac vous bénisse.
Puis il avait séché sa larme d'un revers de main...

... et Lucrétia eut une étrange impression. Pas forcément très agréable. Une sorte de malaise a la seule idée de cette larme...

Du reste, la question du mal-être du jeune d'Artois étant semble t-il close, et l'homme n'ayant pas grand chose à conter de primordial à quiconque d'autre qu'un certain elfe, l'on peut penser que la promenade équestre se termina sans rien d'autre de notable.

Quoique... Il fut à noter la présence, dans les ténèbres entre deux troncs, d'un petit cairn surmonté d'un crâne de cerf. En son pied, gravée sur une large pierre plate, la représentation naïve d'une femme en robe, le visage exagérément gros pourvu de deux longues dents lui dépassant férocement de la bouche...
Les yeux de nuit de Lucrétia furent les seuls à remarquer cela... à moins que la lahmiane en fit part au jeune Chevalier?
________________________________

Tôt le matin. La Chambre de la Baronne:

A la question de sa maîtresse, la pauvre Elsa avait relevé des yeux rougis de son ouvrage:
-Non Madame. Carl était un roc. Elle renifla, triste à en mourir: Erwingar aimait bien dire "qu'il nous enterrerait tous." Il n'était jamais malade, toujours parfait, Madame... C'est...
Elle baissa la tête, reprenant son ouvrage:
-... injuste, chuchota t-elle, malheureuse.
L'on peut penser qu'elle s'était retenue de critiquer la volonté des dieux, bien qu'elle en avait gros sur le coeur.
________________________________

Maintenant. Le même matin. Cave du Manoir.

Seule avec le corps sans vie du Majordome, dans une demi pénombre nimbée d'encens, Lucrétia invoqua les noires mânes de la nécromancie pour faire resurgir un semblant de l'âme de Carl Ferembach
Test pour le sortilège : communication avec les limbes" (INT +1) : 4, réussi +1PM
Le cadavre tressaillit légèrement, agité d'un retour de vie contre nature, et résonnèrent alors les réponses sépulcrales du vieil homme mort:

-Non
-Oui
-Oui


Ensuite, les lèvres froides et bleuies palpitèrent encore un peu, puis s'immobilisèrent... à jamais?
Non ben non, je poursuis pas. A toi de gérer les obsèques, c'est ta baronne qui organise ;) Je rebondirait là dessus...
J'ai corrigé l'inversion des titres de tes sorts.

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Lucretia Von Shwitzerhaüm
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Re: [Arzhvael et Ombeline] Noble désordre

Message par Lucretia Von Shwitzerhaüm »

  • Le soi-disant oracle était ainsi arrivé juste en même temps qu’elle, et Lucretia se demandait s’il s’agissait là d’une vulgaire coïncidence ou d’une manigance de quelques personnes malintentionnés. Mais quand bien même cette soudaine nomination de baronne avait-elle attiré l’attention et les désirs de pouvoir, elle doutait que le clergé se fût déjà et sitôt immiscé dans des cabales de cet acabit, d’autant plus qu’il ne pouvait véritablement savoir qui elle était avant même de l’avoir vue. Non, pour le moment et en l’attente de davantage de renseignements, il fallait prendre ledit oracle comme un homme capable de lui fournir une force armée à moindre coût tout en se débarrassant de ces étrangers qui, s’ils n’avaient point trouvé d’occupation, auraient pu scandaliser le village à force de rapine. Là, au moins, ils se trouvaient partiellement intégrés et appréciés pour ce qu’ils apportaient volontairement au hameau : une protection et une défense qui ne coûterait rien, pour Bratian, en vie humaine.

    «Effectivement, effectivement…, lâcha-t-elle d’un ton plat. Bien, et pour leur témoigner ma gratitude, dites-leur qu’ils bénéficieront d’un repas gratuit supplémentaire aujourd’hui, pris sur mon compte. Quant à vous, continuez le bon travail que vous effectuez, mais, par pitié, prenez garde à ne pas boire pendant l’ouvrage. Le capitaine ne doit-il pas donner l’exemple ? ».

    Et, voyant que l’on se dirigeait vers les carrosses en vue de retourner au manoir, la baronne prit congé d’Anton.
    ***

    La lippée était terminée depuis fort longtemps, mais l’on continuait de discourir et de jouer à qui nous manquerait le plus, et l’elfe et Alan avaient tous deux une longueur d’avance que la jeune femme, seule, se devait de combler. Et son sourire ne devint que plus franc encore, alors que le seigneur Lindellindele se répandait en louanges et éloges plus dithyrambiques les uns que les autres.

    «Ce n’est pas que l’envie me manque, simplement, pour mon plus grand malheur, que je me vois obligée d’entreprendre cette visite, suite à cette invitation à laquelle j’ai répondu présente. J’ai fortement conscience de ce que je vais manquer en votre sémillante présence et d’à quel point je vais me languir de vos personnes, mais là sont les vicissitudes et afflictions de la noblesse. Mais, oh comment que vous me manquerez tous ! Et quand bien même certains annonceraient loin des yeux, près du cœur que cela ne m’enchantera pas tout de même, mais peut-être puiserais-je en ce proverbe et aux remembres de votre savoureuse visite une maigre consolation. »

    Sûrement manquerait-elle quelques alliances en leur compagnie, mais à vrai dire, toute alliance ne pouvait se conclure que lorsque voyage ou invitation il y avait, et la jeune femme savait d’ores et déjà que de futures occasions et opportunités s’offriraient à elle en d’autres saisons. Qu’elle aille chez l’un de ses voisins qui ne lui vouait pas une haine absolument, et une entente serait très certainement définie rapidement. Et n’était-ce pas ce qu’elle s’apprêtait à faire chez son voisin le baron Himmergriff ? Le fait que ses invités de maintenant ne l’appréciaient guère n’incluait point le fait qu’elle ne pouvait inverser la tendance et lui trouver quelques atouts agréables, en dépit de toute l’appréhension que lui donnait sa lettre. Mais l’on ne pouvait réellement juger une personne qu’en la voyant en face, et non pas la juger sur quelque écrit ou correspondance que ce fût. Aussi acquiesça-t-elle en direction d’Alan à la suite des paroles de ce dernier, à son grand dam alors qu’il espérait très certainement qu’elle revînt sur sa décision.

    ***
    Elle avait hoché la tête alors que lui ne pouvait la voir, puis esquissé une grimace en voyant cette larme scintillante couler lentement le long de sa joue. Ces spectacles-là ne lui étaient jamais agréables, sans qu’elle ne sût expliquer pourquoi. Cela demeurait simplement viscéral. Rien d’autre n’était à ajouter durant cette escale au pied de cette cascatelle, si ce n’était cet étrange représentation qui n’échappa pas à l’œil aiguisé de la jeune femme, même en pareille nuit, quand bien même les rayons lunaires l’avaient-elle sûrement aidée. Voilà qui était foncièrement grossier, et la cavalière se demandait bien ce qui avait poussé quiconque à édifier ce petit monument, et surtout, cette figure grimaçante qui l’identifiait certainement. Haussant un sourcil interrogateur, elle regarda distraitement autour d’elle, sachant pertinemment qu’elle n’apercevrait rien de concluant à l’ombre des bois.

    En vérité, cette trouvaille était si inattendue qu’elle en eût presque éclaté de rire, si ce n’avait été la présence du sieur d’Artois. Une fois de plus, était-ce une simple coïncidence ? Si cela en était une, alors c’était que bon nombre de ces petits cairns avaient été édifiés un peu partout à l’orée de la forêt. Sinon, quelqu’un l’avait déposé là alors mêmes que les deux cavaliers se trouvaient dans cette magnifique clairière inondée par la lune, et la personne l’avait discrètement placé à leur insu, ce qui était fortement étrange ; la jeune femme aurait très certainement dû l’entendre, le sentir ou l’apercevoir, elle qui ne doutait pas en ses capacités. Ou encore s’agissait-il d’un disciple des bois qui, en ce milieu, demeurait parfaitement invisible alors même qu’il se mouvait. Agaçant. Elle optait cependant pour la première solution, et il lui fallait, alors et peut-être, s’occuper de tout ceci avant que l’on ne tombât dessus par inadvertance, ce qui pouvait éventuellement mettre la puce à l’oreille de certains.

    De cela, elle en était convaincue, l’étrange femme-apparition qui l’avait fixée du regard à plus de cent mètres de distance en était la responsable. Mais que lui voulait-elle ? Lucretia aurait donné beaucoup pour avoir une simple discussion avec elle, sans animosité aucune. S’emparant de la bride de sa monture, elle tourna délibérément le dos à cette représentation de misère, et s’en retourna au manoir, le chevalier sur les talons.

    ***



    Il n’y avait pas de comparaison qui tînt avec les minables séances de spiritisme auxquelles se vouaient le bas peuple ou certains nobles béotiens en la matière, qui, dans leur ignorance, cherchaient à renouer contact avec leurs ancêtres. L’esprit de Carl avait véritablement été arrachée du domaine de Morr alors que Lucretia avait transcendé la frontière avec la mort, parvenant à le ramener l’espace de quelques secondes parmi les vivants. Cela ne durerait guère, bien entendu, et elle rendrait son dû au dieu des corbeaux, en lui laissant, toutefois, ce petit goût amère qui lui certifiait que, oui, elle était à nouveau capable de pénétrer impunément dans son monde ponctué d’ombres et d’âmes errantes. Et en l’espace de ces quelques secondes où les limbes avaient été prêts à envahir cette cave, la jeune femme avait appris tout ce qu’elle désirait savoir, et les implications qui en résultaient allaient certainement bouleverser le cour des prochains jours à venir.

    Ainsi, en accord avec son intuition, il s’agissait bien d’un meurtre effectué sur l’ordre d’Alan, sur ses propres terres alors qu’il avait demandé son hospitalité et s’était sciemment engagé, alors qu’elle avait été acceptée, à respecter les règles qui en découlaient. Et les violer, dans l’étiquette, était un acte des plus graves. Mais pourquoi diable avait-il souhaité la mort du majordome ? Cette interrogation intriguait au plus haut point la maîtresse de céans, qui ne cessait de se la poser. Voulait-il faire mains-basses sur son domaine, en supprimant ce qui était certainement le plus fidèle allié de la baronne en matière administrative ? La considérait-il-t-elle comme l’une de ces femmes que la nature avait pourvue de la beauté mais non pas de l’intelligence, et qui, en l’absence de la sagacité d’une sage personne, commettrait erreur sur erreur ?
    Ce fut hantée par toutes ces nombreuses questions que Lucretia, après avoir libéré pour toujours l’âme de son majordome, sortie de la cave.

    Il n’y avait pas de prêtre de l’ordre du Suaire dans le hameau, et encore moins d’un quelconque temple de Morr, aussi la baronne supputa que le Père Fritz devait d’ordinaire s’occuper des premières prières et obsèques avant que l’on envoie le macchabée au temple morrien rural le plus proche, afin qu’il repose en paix dans les Jardins de Morr.

    Revenant dans le monde des vivants, Lucretia alla dans sa chambre, s'emparant d'une feuille, d'une plume et d'un petit pot d'encre, prêtre à écrire certaines idées qui lui passaient par la tête. Mais, au bout d'un petit moment, alors qu'elle n'avait pas encore commencé à tracer le première caractère, une autre idée lui vint, meilleure, et elle décida de tout laisser là en attente pour plus tard. Si fait, sortant de sa chambre, elle demanda à ce que l’on allât quérir le Père Fritz et que l’on envoyât également une missive au temple de Morr des environs afin de prévenir les prêtres qu’ils auraient fort à faire lorsque leur parviendrait le cercueil. Tout cela se fit rapidement ; en l’absence d’un Jardin de Morr dans les environs, il fallait faire vite afin de leur envoyer le plus rapidement possible le corps dans un capule avant qu’il ne commençât à pourrir. L’on convia également un représentant, prêtre ou cultiste de Taal et de Rhya afin que, au sein de cette région qu’était le Talabecland et grâce à ses psaumes, Car pût rejoindre en toute quiétude le domaine de Morr. Afin de respecter l’harmonie avec la nature qui régnait en chaque habitant de cette partie de l’Empire, Lucretia demanda à ce que Marcus et le second garde déplacèrent le corps du majordome à l’extérieure, à l’ombre la voute verte et frémissantes des arbres. Et ce fut dans l’une de ces petites et nombreuses clairières que possédait la grande forêt que se déroula la cérémonie. En attendant que tout le monde fût présent, et en choisissant le lieu, la baronne veilla à ce qu’aucune petite représentation, telle qu’elle en avait aperçu la veille, ne fût visible.
    Et lorsque chacun des convives entra dans la clairière, la cérémonie débuta.

    Les obsèques se révélèrent aussi humble que l’homme l’avait été durant sa vie et que l’exigeait certainement le culte de Taal et de Rhya. En leurs noms, le cercueil apporté de Bratian où demeurait désormais Carl, dissimulé aux regards, avait été recouvert de lierre, de feuilles et de fleurs en tout genre, et il sembla que chacune des espèces forestières furent représentées. Là se trouvait seulement toute l’extravagance et l’opulence de la cérémonie. Autrement, Sigmar et le Père Fritz n’avaient pas été oubliés, et ce dernier avait apporté une petite représentation de la comète à double queues qu’il avait déposée parmi les fleurs. Quelques passages, aussi bien des Sentiers de l’été que du Geistbuch furent lus par les prêtres respectifs, alors que Lucretia, sous son voile noir, se tenait respectueusement à l’écart, silencieuse, en compagnie de la majeure partie du personnel du manoir.
    Elle adressa toutefois quelques mots à l’assemblée et au défunt, contant que, si elle ne l’avait que très peu connu, elle ne doutait aucunement ni de sa probité, ni de sa dévotion, ni de son amour qu’il vouait aussi bien aux gens du manoir qu’à ses responsabilités et à ce village qu’il avait vu grandir et se développer tout doucement.

    Lorsque toute personne se sentant en verve de déclarer quelque parole ou de rendre hommage à Carl se fut exprimée, le cercueil fut monté à bord de l’une des carrioles que l’on emmena au temple de Morr le plus proche afin que Carl puisse demeurer en paix, pour toujours, sous la surveillance protectrice des serviteurs de l’époux de Vérana.

    Au retour, le manoir demeura aussi silencieux que ne l’était désormais le majordome. Lucretia restait cloîtrée dans un mutisme pesant alors que toute chose qu’elle effectuait lui paraissait comme horriblement morne et fade. Rien n’était plaisant à accomplir, aucune compagnie ne lui semblait agréable, et derrière chaque visage et chaque personne de son domaine se cachait un serviteur perfide prêt à la pousser dans le vide. Les minutes et les heures s’égrenaient lentement jusqu’à ce que survînt le repas du soir, et la jeune femme décida que c’en était assez que de se morfondre et de broyer du noir. L’on ne pouvait décemment passer de la tristesse et de l’accablement à la bonne-humeur, mais il y avait toutefois quelque chose qui pouvait peut-être y remédier ou l’y aider.

    «Je ne pense pas que Carl eût souhaité que l’on s’attriste de la sorte, déclara-t-elle à ses invités. Il était certes d’apparence sévère et droite, mais il avait ce petit quelque chose en lui de bienveillant qui annonçait qu’il appréciait fortement les bonnes et simples choses de la vie. Elsa, apporte-nous quelque alcool fort, je te prie. »

    Mp, j'ai peut-être des choses à rajouter !
    Edit : alors voici la suite ! o/
    Des verres furent bientôt sortis et remplis du contenu de plusieurs bouteilles que l’on laissa sur la table.
    «En hommage à Carl », lâcha Lucretia à tout le monde en présentant son verre, et, s’assurant que tout le monde se montrait respectueux de cet adieu et de cet égard, but son verre cul-sec.
    Et elle veilla bien à ce que tout le monde continuât, elle la première, et bientôt, au fur et à mesure des plats que servait Elsa, plusieurs bouteilles furent vidées. L’ambiance austère qui régnait depuis le matin sur le manoir se leva doucement mais sûrement, et l’on recommença à rire de choses simples et bêtes, à s’oublier dans des sujets bien plus triviaux que la politique mais qui témoignaient, vraiment, qu’il était bon de vivre en tant que simple personne, et non pas à jouer des rôles pompeux de duc et de baron et de comtes. Les serviteurs furent également conviés, qu’il s’agît de ceux d’Alan ou de ceux de la maisonnée de céans, et chacun put se servir et manger autant qu’il le souhaita. Lucretia voulait que l’on se rappelât de ce jour comme un jour d’adieu joyeux à Carl suite à son accident, en témoignage de tout ce qu’il avait apporté à Bratian, et non pas d’un moment triste et aussi terne que le temps qu’il faisait au-dehors.

    Et il sembla que cela réussît. Une Elsa imbriaque changeait la donne, et si le seigneur Lindellindele buvait également quelque peu et continuait ses avances, alors il sembla à une Lucretia qui dodelinait de la tête que la conversation que, de la conversation qu’elle avait eue avec sa camérière, il ne restait plus rien, et celle-ci convenait ouvertement aux avances de Domi. Et si elle se rappela momentanément qu’il n’était peut-être pas de bon ton qu’Elsa cède ainsi à ce louche personnage, et qu’elle eut l’impression que quelque chose clochait, un nouveau verre lui fit oublier tout aussi vite.

    Et c’était que ce bougre de verre était désormais aussi vide que le contenu de la bouteille la plus proche. En promenant un regard hagard sur l’ensemble de la tablée, elle s’aperçut d’un pichet rempli, là-bas, au loin, et plutôt que de baragouiner quelques mots dans un langage abscons dont elle n’était pas même certaine de comprendre le sens, préféra aller quérir elle-même ce vin salvateur. Se lever se révéla être une tâche des plus ardues, et, après s’être appuyée tout son soul sur un Alan qui n’était peut-être pas dans un meilleur état que la belle, parcourut tristement tout en oscillant dangereusement la distance qui la séparait de son objectif. Jamais n’eut-elle l’air plus heureuse et abêtie que de s’être un jour emparée d’une bouteille, et l’objet lui sembla être un trophée qu’elle put exhiber à tout le monde, encore fallait-il refaire ce chemin en sens inverse. Mais rien ne lui était impossible, et, doucement encouragée par l’appel de son verre vide et égoïste qui la réclamait à grand cri, elle parvint au bout de ses peines, se servant une nouvelle rasade.

    Confortablement avachie dans le fond de son fauteuil, dans sa robe noire et le voile de la même couleur relevé, elle contempla Alan, puis Domi et Elsa, ne parvenant pas à ne pas ciller toutes les deux secondes qui passaient.
    «Dites… Cela vous mai… mécireré… Vous embêterait-il que de me rejoindre dans ma chambre, cette nuit ? » demanda-t-elle au baron en articulant du mieux qu’elle le pouvait, et cela s’avéra également être un véritable schibboleth, et sûrement n’eût-elle jamais non plus réussi à proférer pareil mot à l’heure qu’il était. Et à elle de froncer grossièrement les sourcils, agacée de ces paroles pâteuses plus difficiles à prononcer les unes que les autres.

    Un nouveau tour de table s’imposa à elle, remarquant qu’il y avait de sacrés trouble-fêtes dans les environs. Ce bôw chevalier, là, qui ne méritait sûrement pas de l’être pour ne pas la désirer et se contenter de reluquer un elfe, faisait la fine bouche devant les alcools qui lui furent proposés. Il lui sembla même que l’athlétique serviteur d’Alan était présent, celui-ci servant un verre au sieur d’Artois qui le refusa par l’intermédiaire d’une abondance de politesses et de courtoisies. Elle tiqua en voyant le domestique, se figurant, mais ne sachant plus réellement quelle pouvait bien en être la raison, qu’il ne méritait aucunement toutes ces affabilités. Et peut-être même ne devait-il pas être là tout court ; le bouter hors de chez elle eût assurément été une chose conseillée à faire. Mais non, pas de ça alors que Carl mangeait actuellement des pissenlits par la racine, allons bon ! Et Lucretia continua de rigoler bêtement à toute blague que le baron lui faisait, toute avinée qu’elle était, sans que la nourriture qu’elle ingurgitait de temps à autre ne pût rien faire pour éponger tout ce qu’elle avait déjà absorbé.

    Arriva une heure tardive, ou, au contraire, très matinale, où le salon n’était plus tant peuplé que cela. Et où était donc passé toutes ces bonnes gens, peu lui en chalait ; ce qu’elle savait, en revanche, c’était qu’Elsa n’était plus là, et qu’elle allait sacrément galérer pour retirer toute sa lourde et alambiquée vêture qui la faisait crever de chaud, bordel ! Et, ignorant alors l’espace de quelque secondes le baron qui la précédait dans sa beuverie, elle pesta et grogna et insulta le vêtement en regardant déjà, louchant sur ses manches et dans son dos, comment cette noire saloperie de robe pouvaient bien se retirer. La jeune femme abandonna alors la tâche pour le moment, ne remettant qu’à plus tard ce dur combat une fois qu’elle serait en tête à tête avec elle-même, et décida, après un éclair de lucidité, qu’il faudrait sérieusement qu’elle pensât à aller se coucher. Alors l’annonça-t-elle à Alan, lui souhaitant la bonne fin de nuit, mais non sans que dans ces adieux ne pointassent quelques muettes interrogations, eu égard à cette fameuse question qu’elle lui avait difficilement posée.
Modifié en dernier par [MJ] Bonnepierre le 06 déc. 2012, 01:59, modifié 1 fois.
Raison : 8xp (et c'est peu payé) / 21xp
FOR 16 / END 14 / HAB 17 / CHAR 18 / INT 17 / INI 19* / ATT 17 / PAR 13 / TIR 11 / MAG 17 / NA 4 / PV 134/140
Ma Fiche
Objets particuliers:
- * Anneau Nowelleux (+1 INI)
- Amulette (relance d'un EC: 2/3 utilisations disponibles)

Compétences acquises et Dons du Sang

COMBAT :
Attaque : Coup précis (3), Arme de prédilection ( épée à une main)
Défense : Esquive, Acrobatie de combat, Sang vif (2) (DDS), Coriace,
Autres : Régénération Impie (DDS), Innocence Perdue (DDS), Valse Macabre


MAGIE :
- Sens de la Magie
- Conscience de la Magie
- Maîtrise de l'Aethyr - niveau 3

CHARISME :
- Diplomatie
- Éloquence
- Séduction
- Intimidation
- Comédie
- Etiquette
- Intrigue de cour

INTELLIGENCE :
- Domination (DDS)
- Érudition
- Littérature
- Linguistique
- Histoire
- Administration
- Enseignement
- Connaissance végétale
- Langue étrangère : Kislévarin
- Connaissance des démons

INITIATIVE / HABILETE :
- Sang vif (DDS)
- Réflexes éclairs
- Escalade
- Monte - chevaux
- Sens Accrus
- Vision nocturne

AUTRES :
- Défi de l'Aube (DDS)
- Ame Profane (DDS)
- Forme de Familier : Corneille (DDS)
- Sang argenté (DDS)
- Alphabétisation
- Force accrue
- Chance
- Préparation des poisons

Inventaire :
- Griffe d'Ursun
- Veste de cuir & pèlerine en "voyage" / robe habillée en "réception"
- Anneau de promptitude
- Bague du tumulus
- Sacoche de chanvre
- Lettre de la comtesse
- Gemmes et pépites d'or
- Fleur de salicaire
- Glandes à venin
- Poison (?)

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[MJ] Bonnepierre
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Re: [Arzhvael et Ombeline] Noble désordre

Message par [MJ] Bonnepierre »

Il n'est que peu de choses à dire cette fois sur la veille: Anton répondit bien sûr des "Oui M'dame la Baronne" respectueux à tout ce que Lucrétia lui enjoignit... Au manoir, ses invités avaient poliment déploré son refus de les accompagner à Beehafen, et continué la soirée sans plus l'ennuyer avec cela... Et le Chevaliers des Fleurs ne fut pas plus bavard que Lucrétia sur la fin de leur promenade.

La lahmiane à cheval aperçut cependant une second caïrn de même nature que le premier durant son retour au manoir par la forêt, ce qui tendait à attester sa première hypothèse à ce sujet...
____________________

Les Obsèques de Carl Ferembach:

En vérité, les démarches de Lucrétia ne furent pas si simples que cela... Car sans ce bon Carl, tout devenait chaotique: le seul fait de commander l'envoi d'une missive s'avérait problématique, car aucun de ses autres servants n'avait les lettres requises pour rédiger quelque chose qui ne fît pas passer le Manoir Hopperkruffen pour un domaine de paysans... Toutefois, la lhamiane, tout à son chagrin, se moqua peut-être de ces apparences. Et en outre, à défaut d'elle même, elle put si elle le voulut compter sur l'appui de valets plus éduqués d'Alan, lequel proposa bien aimablement leur assistance en toutes choses...
Il proposa même de lui laisser un de ces valets en attendant un remplacement de Carl... mais nous y reviendrons.
Du reste, le Père Fritz, venu au manoir dès qu'il avait appris la nouvelle, put éventuellement se charger de ces détails dans le cas où Lucrétia le préféra.

C'était un homme d'âge mûr, la barbe grisonnante sous un crâne qu'il devait ne raser qu'une fois par semaine. Sa bure noire était couverte de colifichets religieux coutumiers des Prêtre de l'Ordre de la Torche. Il se montra serviable et compréhensif, parut très droit, et instruit quoique peut-être un brin naïf.
Un curé de campagne quoi!

Presque tous les villageois étaient venus présenter leurs derniers hommages lors de la cérémonie dans la clairière. Outre les personnalités que Lucrétia connaissait déjà, d'autres purent y être remarquées par la lahmiane:

Le fameux "Oracle", déjà: c'était un homme trapu, couvert de mailles sous sa bure noire, le menton glabre et des dessins de comètes aménagés dans ses cheveux ras. D'amples épaulières ornés du griffon élargissaient sa carrure, et un marteau d'argent rutilant était tenu devant lui. Il ne dit rien, laissant le Père Fritz réciter les prières de Sigmar sans s'en mêler. La révérence qu'avaient la plupart des villageois en le regardant en catimini témoignait néanmoins de son statut déjà important au bourg...

Mais en vérité il fut éludé par une autre présence, que les villageois considéraient visiblement avec encore plus de respect... notamment les travailleurs forestiers, lesquels, tâchant toutefois de lui laisser de l'espace, essayaient d'approcher du plus près possible pour communier... le jeune Tomas y compris:
C'était la prêtresse de Taal et Rhya. Ses cheveux étaient gris clairs, mais il était difficile d'associer un âge à son visage lisse et paisible. Elle portait des andouillers sur une calotte de cuir et était vêtue de fourrures. Cette fois elle avait des vêtements, une simple toge de chanvre tissé. Ses poignets étaient enserrés de ronces sans que cela la blesse pourtant, et elle allait pieds nus.
-Carl était un homme bon, droit et pur. Le chêne qui ombrage les jeunes pousses pour les protéger du feu du soleil au printemps. Il ne priait pas particulièrement la forêt, mais la forêt pleure tout de même son décès prématuré. Voici ce qu'elle avait dit avant de réciter des psaumes Thaliens plus convenus. Mais, énonçant ces premiers mots, d'une voix douce, elle avait regardé Lucrétia droit dans les yeux... et sans douceur, notamment au mot "prématuré"...
L'on dit à la lahmiane que cette prêtresse avait pour nom "Mandra", ce qui lui rappela peut-être sa discussion avec le jeune Tomas. Et le robuste forestier qui se tenait le plus près d'elle était "Rao", le meilleur guide de la région.

Ceci étant, la cérémonie se déroula sans événements notables. Les nobles invités de Lucrétia s'y tinrent comme il faut, bien qu'il fut à remarquer l'absence de Domi Lindellindele. Le valet athlétique du Baron Von Feuerbach se tenait derrière son maître, comme la plupart du temps, et le mage rouge sans expressions était à ses côtés... Le corps du mort parti en carriole pour Ahlbeck, endroit le plus proche où se situait un Jardin de Morr, les gens commencèrent à s'éparpiller, discutant tristement du défunt...
Carl était un homme très aimé, cela ne faisait pas de doute. Il avait toujours géré le domaine pour le bonheur de ses habitants...
Flashback possible si tu veux discuter avec une ou plusieurs des "personnalités"
Le soir, au Manoir:

Les invités de Lucrétia, en gens de bonne éducation, se montrèrent tout à fait respectueux de sa peine, puis tâchèrent de l'égayer d'anecdotes légères comme ils savaient si bien le faire - du moins Alan et l'elfe... Et ils s'en sortirent plutôt bien, comme toujours... Cependant ils burent pour la plupart bien moins que leur hôtesse, Lindellindele exclu, lequel faisait chaque soir honneur à la boisson, et ne se priva en effet pas non plus de courtiser Elsa avec légèreté.
Celui-ci expliqua par ailleurs ainsi son absence aux funérailles, avec une émotion sensible et d'une sincérité tout à fait crédible:
- En cela, j'implore votre pardon, ô céleste Dame de Bratian, et sachez que je compatis grièvement à votre perte. Je me meurs de vous voir si affligée. Vous ne m'avez connu, comme la plupart, que comme un gai compagnon, toujours joyeux et dans l'excès, un cabotin inimitable et invétéré, et en cela vous avez pu, je l'espère, entrevoir mon amour pour mon prochain. Je ne suis point comme mes morgues cousins de l'Ulthuan, j'offre ma liesse à tous sans distinctions. Mais j'ai néanmoins hérité d'eux une certaine sensibilité exacerbée. Lorsqu'un être digne et de bonté vient à rejoindre l'au delà, bien que je sache que les dieux l'accueilleront en leurs paradis fleuris, je ne peux empêcher la tristesse de me ravager. Quelle que soit la race, sans distinction...
Et, puéril, je me cache alors...

Il eut un rire emphatique, sans véritable joie. Puis il joua de sa lyre et chanta en l'honneur de "l'aimé Carl Ferembach". Et sa mélopée, féérique et irréelle, à la fois triste et d'une douceur sensuelle, toucha sans doute la lahmiane plus que tout autre, car elle était la seule à avoir la sensibilité et l’intelligence de percevoir les émotions sincères et la subtilité contenues dans chaque rythme... C'était de la haute musique d'Ulthuan...

Ensuite, Lucrétia commença à être plutôt ivre.
Alan insista derechef, prévenant:
-Je vais vous laisser un de mes valets lettrés, Madame. Il vous servira de Majordome en attendant que vous ayez remplacé ce bon Carl. Gardez le à votre service le temps qu'il vous plaira, c'est bien le moins que je puisse faire...
Puis, à la proposition bégayante de la lahmiane, il avait eu un sourire gêné... mais aussi une lueur de désir dans l'oeil qu'il ne put entièrement cacher. Toutefois il ne répondit rien, jugeant sans doute à juste titre que c'eût été malséant.
Bien que Lucrétia se couchât très tard ce soir, aucun de ses nobles invités ne se permit de la devancer. La dame avait besoin de réconfort, de soutien, et les convenances leur imposaient de rester jusqu'au bout. Lindellindele ne se força pas par ailleurs, cet elfe était un un infatigable compagnon, toujours le mot pour rire, mais sachant aussi converser avec finesse le cas échéant, même dans une grande ivresse. Alan, bien qu'il se retint, commença quelque peu à être saoul lui aussi... mais, habitué à la cour, il savait gérer la chose...

Tous souhaitèrent finalement la bonne nuit à la baronne titubante, et Alan, brûlé par un dernier regard interrogatif et langoureux de Lucrétia, n'avait pu s'interdire d'opiner vers elle en toute discrétion d'une expression de désir refoulé. Son sourire contrit avait été empli de la plus belle des émotions. Cet homme s'amourachait d'elle et partageait réellement sa peine... mais qu'est-ce qu'il la voulait aussi!

De fait, il tapa à sa porte dans la nuit...
Celle-ci ouverte - car elle lui fut ouverte n'est-ce-pas? - il se montra dans une luxueuse robe de chambre noire et or, la peau parfaite sur ses joues quelque peu dodues, sa coiffure subtilement travaillée pour ne paraître pas l'être. Il eut un sourire faussement embarrassé:
-Pardon de vous déranger, je ne peux trouver le sommeil Madame. Votre invitation me hante. Eût égard à votre douleur, je ne devrais pas l'accepter mais... quand je vous vois...
Il ne dit rien de plus, laissant cette femme qu'il dévorait du regard lui répondre, et le laisser entrer ou pas...

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Lucretia Von Shwitzerhaüm
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Re: [Arzhvael et Ombeline] Noble désordre

Message par Lucretia Von Shwitzerhaüm »

  • La mort de Carl avait au moins eu de bon pour elle, et honte à la jeune femme de penser ainsi, qu’elle avait attiré bon nombre de personnalités de Bratian. Des personnages qu’elle n’eût probablement rarement, voire jamais approchés en temps normal, et voici qu’ils se présentaient tous devant elle à sa portée ! L’occasion était trop belle pour risquer de les manquer, et si elle était restée en retrait, si cela n’avait été que pour discourir en l’honneur de Carl, le voile noire qui lui tombait devant les yeux lui permettait d’observer tout ce qui se passait sans que l’on n’en sût jamais rien.

    Le Père Fritz avait déjà bien accaparé son attention, et il avait été facile de l’ausculter du regard alors même que, sur l’autel légèrement et naturellement surélevé qui avait été choisi, l’homme prononçait solennellement les psaumes de Sigmar. Il s’agissait de l’archétype du prêtre-guerrier sigmarite, encore que Lucretia doutait, eu égard à l’âge apparent du Père, qu’il fût aussi bon soldat que le sous-entendait généralement leur réputation qui les précédait. Le crâne rasé et toute la panoplie de ces futiles objets de croyant lui donnaient un air sévère qui ne correspondait toutefois aucunement avec son véritable caractère. Si l’on pouvait le penser rigide et menaçant, il se trouvait en réalité bien plus ouvert d’esprit que ce que l’on eût pu le croire, et dans son regard sombre brillait une lueur d’intelligence autrement plus supérieure que celle que l’on pouvait, de temps en temps, entr’apercevoir dans les pupilles du traîne-misère moyen.

    «Pète Fritz, c’est en un bien triste jour que nous nous rencontrons, mais je suis heureuse que de le faire enfin. L’on me loue, souvent, votre attitude bienveillante envers les disciples de Sigmar, et je vous suis reconnaissante de propager si diligemment la lumière de Celui-ci sur le village et ses alentours, et également de prendre sous votre aile ces réfugiés de l’Ostermark. »

    Il y avait également ce fameux oracle dont Marcus lui avait parlé, cet homme capable de prévoir le futur et d’annoncer un attroupement d’hommes-bêtes dans la région. Puisse-t-il se tromper lourdement. Il parut difficile à la baronne que de situer le personnage ; il arborait les mêmes signes que le Père, le même crâne rasé, mais l’on pouvait le décrire comme plus renfermé, plus discret également, mais non pas moins sur ses gardes, constamment. Il n’y avait point cette idée d’ouverture d’esprit et de sympathie que l’on pouvait accorder à son comparse sigmarite. Il demeurait simplement dans l’ombre, mué, et, alors que de nombreux villageois lui coulaient des regards en douce, emplis de respect, Lucretia se demandait si ce n’était pas lui qui tirait véritablement les ficelles du pouvoir religieux de son domaine.

    «Voici donc le fameux oracle qui emploie ses dons à la survie et à la protection de mes terres. En cela je vous dois beaucoup, et vous avez tous mes remerciements ; c’est un honneur que de rencontrer un homme doté d’une telle prescience et d’une telle illumination. L’idée concernant les perdus de l’Ostermark me semble des plus avisées, pour tout vous dire, et là encore obtenez-vous tout mon soutien dans cette tâche », lui assura-t-elle.

    Et elle. Cette mystérieuse apparition était présente, elle aussi. L’aristocrate n’avait pu faire autrement que ne pas la remarquer, alors qu’elle lui était apparue ainsi, venant de nulle part, et la fixant du regard à quelques centaines de mètres de là où elle avait pris son petit déjeuné. Nul doute que cette taalienne était investie de pouvoirs pour le moins puissants, et Lucretia avait son regard rivé sur celle-ci. Elle se remembrait également l’hostilité avec laquelle les villageois, ou certains forestiers et chasseurs, tout du moins, l’avaient considérée comme elle quittait Bratian dans son véhicule, et effectuait dès à présent le lien entre ces événements et la ferveur avec laquelle, tous, la vénéraient silencieusement, buvant la moindre de ses paroles. Il s’agissait, pour sûr, de la même personne. Un visage sur lequel le temps n’avait pu laisser son empreinte, si ce n’était, peut-être, qu’au-travers de ses cheveux gris d’où poussaient des andouillers. Les mêmes ronces liées à ses poignets, la même vêture de fourrure.

    Lucretia avait demandé à ce que l’on s’en allât quérir un ou une prêtresse de Taal et ou de Rhya afin d’honorer les coutumes du Talabecland, et voici que cette femme était survenue de nulle part, répondant présente à la demande de la baronne. Mais cette dernière doutait qu’elle le fit par générosité, gentillesse, ou simplement dévouement envers elle, oh non, et il lui suffisait de relever tous les sous-entendus qu’elle fit lors de son discours pour en être certaine. La jeune femme douta que d’autres qu’elle l’eurent relevé, mais le regard pesant avec lequel la grande prêtresse fixa sa nouvelle maîtresse des lieux était sans équivoque aux yeux de la concernée. Celle-ci réussit à lui adresser la parole alors que la cultiste se trouvait seule l’espace d’un court moment.

    «C’est lieement que je me présente à vous et que je vous remercie d’avoir pris la peine de rendre un dernier hommage à Carl. Je suis tout de même étonnée que de vous voir céans-même ; plusieurs personnes m’annoncèrent qu’elles ne vous avaient plus revue alors que vous étiez, peut-être, partie combattre le Chaos, et tous s’inquiétaient sincèrement. Je suis heureuse de constater que leurs craintes n’étaient pas fondées. Oh, par ailleurs… Nous sommes-nous déjà rencontrées, même très rapidement ? Je pencherais fortement pour un oui, mais j’ai peur, quelque part, que mon esprit ne m’eût joué quelques tours. »

    Tomas lui avait pourtant certifié que Mandra n’avait pas les cheveux gris.


    ***
    Domi était venu lui présenter à la fois ses condoléances et ses excuses ne de pas avoir été présent lors de la cérémonie dont le but n’avait pas été autre que de présenter ses derniers hommages à feu Carl Ferembach. Il était vrai que cette absence était difficilement explicable, même au-travers de ses excuses étranges, et la jeune femme se demandait bien où il avait pu fouiner et faire alors que tout le monde avait eu le dos tourné.

    «Votre sollicitude me touche au plus haut point, veuillez le croire, et je puis comprendre à quel point ce drame a pu vous atteindre également, vous qui êtes toujours habité d’une bonne humeur communicante. J’espère simplement que la tristesse de ces dernières heures que j’aurais tant voulue éviter à tout le monde n’aura pas déteint sur votre sémillante compagnie. »


    Par la suite, plusieurs serviteurs avaient certainement été en mesure de le certifier, la montée des marches, par la baronne, avait été un spectacle à ne pas manquer. C’était que la damoiselle, en cours d’ascension, n’avait cessé d’hésiter entre la marche avant et la marche arrière, grimpant une marche pour n’en redescendre que de deux alors que l’équilibre venait à lui manquer. Et cette rampe d’escalier, là, avait été son plus précieux allié ; elle s’y était accrochée comme un marin se serait accroché à sa bouée en pleine tempête, après le naufrage de son navire.
    Pourtant, force était de reconnaître que la maîtresse des lieux, une fois seule dans sa chambre, s’était déshabillée sans difficulté alors qu’elle avait semblé en grande peine dans le salon, regardant sa robe noire, et que désormais, la nuisette de la veille, ainsi qu’une robe de chambre dont les pans n’avaient pas été ceinturés la couvraient joliment. Mais il n’y avait qu’Alan pour en juger ainsi, et sûrement avait-il oublié ces menus détails lorsqu’il vint toquer doucement à sa porte.

    «Non, Alan, la… La solitude est vraiment la dernière des choses que je désire, en ce moment-même », lui confia-t-elle sur un ton chevrotant en le faisant entrer. La belle semblait totalement perdue, désemparée, le regard vague et inconstant. Elle le promena longtemps sur son visiteur, hésitante, hagarde, tandis qu’elle semblait sur le point de dire quelque chose. Et enfin, craqua.

    «C’est que… Je ne connais personne, ici ! Je suis nouvelle, l’on me demande de gérer un village, ce que je n’ai jamais fait avant. Je pensais pouvoir vivre une petite vie de cocagne, bien tranquillement, et voilà que l’on me confie la responsabilité de quelque centaine de personnes ! Alors… Alors oui, je tente, j’essaie, pleine de bonne volonté que je suis, de me montrer à la hauteur, mais… Mais je doute d’avoir les épaules pour, Alan. »

    Frissonnante de cette crainte qui la hantait, elle avait resserré les pans de son peignoir tout autour de sa taille, et son regard errait çà et là, instable, alors que ses mots et ses phrases qui l’étaient tout autant tentaient de témoigner de sa peur, difficilement. Elle grelotait, oscillait sur place, alors que son menton tremblait, qu’elle se mordait la lèvre, et que ses yeux smaragdins n’étaient finalement plus que deux fenêtres portant sur une âme inondée par des larmes de détresse jusqu’alors refoulées. Et n’en pouvant plus à force de se livrer au baron, après un premier hoquet qu’elle ne put retenir, les flots jaillirent de son regard, ruisselant sur ses joues.

    «Mais je n’y arrive pas ! », cria-t-elle presque en se jetant au cou du baron, cherchant une présence masculine et amicale qu’elle n’avait plus connue depuis quelques temps déjà. Et elle humidifia le col de la robe de chambre du baron.
    «L’on me dit d’être forte, de ne pas montrer ses sentiments, mais… Mais c’est impossible ! Comment être aussi inhumaine ? Comment dois-je réagir à la m.. Mort de Carl ? Cela ne fait pas une semaine que je suis ici qu’un accident se produit déjà, sous mon nez, et je n’ai pas même pu empêcher cela. Je… Je ne sais que faire, et il s’agit de la personne qui était la plus à même à me conseiller dans ce nouveau rôle dont je revêts l’endosse. Tout se brouille dans mon esprit, il m’est impossible de savoir quelle est la bonne décision à prendre, je… Cette charge est trop grande pour moi toute seule, j’ai besoin de quelqu’un pour m’aider à m’y retrouver… »

    Boire n’avait décidément pas été une bonne idée ; la voilà qui, au lieu d’être habitée par l’insouciance d’un alcoolisme propice au rire bête et puéril, avait simplement l’alcool triste, et elle s’épanchait à présent tout son soul, piteusement, dans les bras d’Alan. Et celui-ci tentait bien que mal de trouver les mots, de la consoler du mieux qu’il le put, alors qu’il la sentait plus proche que jamais de lui-même. L’homme qui la convoitait depuis qu’il était arrivait percevait dès à présent son parfum entêtant qui émanait de son corps, la douceur de sa crinière déchevelée et de sa peau opaline, tout autant que le contact rebondi de sa poitrine contre son torse.

    Il n’était venu la rejoindre pour une seule et unique raison, quand bien même eût-il pu se justifier par mille autres moyens, et cette raison venait d’être approuvée par la jeune femme qui, en dépit de son chagrin et de son air perdu, avait réclamé la présence d’un homme pour l’aider, la rassurer. Et pourquoi l’eût-elle demandé à lui, si tard, en cette heure tardive ?

    Ce fut presque tout naturellement qu’ils grimpèrent tous deux sur le lit de la baronne. Celle-ci, après le réconfort apporté par Alan, avait séché ses larmes, et son regard s’était voilé d’une passion qu’ils partageaient en commun. Lui était ainsi allongé sur le dos, elle, venait se glisser au-dessus de sa taille. Les vêtements n’avaient pas encore été retirés, mais cela n’était plus qu’une question de temps, et déjà les envies et les désirs se trahissaient-ils l’un l’autre dans chacun des regards qui se croisaient. Les mains de la jeune femme s’emparèrent doucement de celles du baron, et vint les faire glisser sous les pans de sa robe de chambre déjà ouverte. Lorsqu’elle sentit ses paumes s’envelopper avec une certaine douceur mêlée d’avidité autour de ses seins encore protégés par ce maigre rempart de tissu que représentait sa nuisette, Lucretia frissonna de tout son être, et une chaleur venue du plus profond d’elle-même ne tarda pas à se faire sentir. Combien de temps depuis le dernier homme qui l’avait touchée de la sorte ? Le dernier n’avait pas été autre que ce beau chevalier bretonnien, Arzhvael de Bastogne, qui s’en était allé quelques semaines auparavant, mais cela représentait une période de temps qui lui paraissait désormais conséquente alors qu’elle avait été habituée à toutes ces caresses régulières que, maintenant, ses envies de femme reprenaient rapidement le dessus.

    Elle retira sa robe de chambre, puis dénuda son épaule droite de l’emprise de la nuisette, puis, langoureusement, la seconde, et le tissu ne tarda pas à rouler de lui-même par à coup, doucement, en direction de sa taille. Alan était fasciné de ce mouvement qui, bientôt, allait cesser de lui embraser l’imagination, et si la gourmandise se lisait limpidement sur l’expression de son visage, il se laissait aller au jeu, souffrant avec délice de laisser ce corps tant convoité se découvrir petit à petit.

    Après le haut des épaules, ce fut au tour des avant-bras d’être dénudés au fur et à mesure que le corsage s’agrandissait de lui-même, puis de la naissance de sa poitrine, exhibant une blancheur et une peau au grain parfait. Le baron, après avoir doucement palpé ces courbes harmonieuses qui le hantaient tant, avait retiré ses mains, prêt à découvrir l’intégralité du spectacle, là où le rideau s’apprêtait à tomber, n’étant retenu que par deux petits sommets roses qui l’en empêchaient encore.

    «Alan ? demanda la jeune femme d’une toute petite voix, presque plaintive et portant vers une interrogation plus aiguë. Si sa voix demeurait des plus envouteuses, elle ne pouvait être comparée avec ce sur quoi Alan avait les yeux fixés, et ce fut comme si un combat intérieur s’était livré au plus profond de son esprit alors qu’il parvint à s’arracher à une telle contemplation que pour mieux se noyer dans les grands yeux émeraudes et innocents de Lucretia.

    Et si tôt l’eût-il fait que plus rien ne compta désormais que ces joyaux étincelants qui le fixaient dans la prunelle de ses yeux. Une véritable spirale infernale qui le happa sans lui laisser d’échappatoire, une tempête déchainée en pleine mer où l’eau que vous engloutissait malgré vous paraissait douce et pleine de saveur, là où le bol d’air n’était qu’acidité rongeant vos poumons. De cette ivresse feinte afin d’attirer l’homme dans ses filets, le masque était tombé, mais la victime ne s’en était pas encore rendu compte alors que, dorénavant, tout ce qu’elle souhaiterait faire, loin de partir à la découverte de ce corps qui se dressait au-dessus de celui, serait d’obéir à celle qui en était la seule détentrice.
    J’utilise le Don du Sang Domination sur Alan, mais, rassure-toi, je ne vais pas lui faire de mal, l’éliminer, ou que sais-je encore. n_n
    Si cela fonctionne, je voudrais simplement qu’il me dise :
    - Si c’est lui qui a ordonné le meurtre de Carl
    - Les raisons
    - Qui a tué Carl
    - Le véritable but de son voyage
    - Qui sont tous ses serviteurs (ou du moins, le type athlétique) et ce qui le lie au mage, Domi, le chevalier
    - Pourquoi veut-il me cnfier un serviteur, si ce n'est pour m'espionner
    - Ce qu'a fait Domi pendant les obsèques
    - Ce qu’il veut de moi
    Je crois que c’est tout pour les questions (déjà pas mal).
    Ai-je le droit à une bonus pour Domination avec le Rp que j’ai fait, les moyens utilisés, et l’attention de la cible qui doit vraiment pas être en mode « résistance » ? :mrgreen :
    Je veuuux savoir la suite ! *_*
Modifié en dernier par [MJ] Bonnepierre le 11 déc. 2012, 19:54, modifié 1 fois.
Raison : 7xp/28xp
FOR 16 / END 14 / HAB 17 / CHAR 18 / INT 17 / INI 19* / ATT 17 / PAR 13 / TIR 11 / MAG 17 / NA 4 / PV 134/140
Ma Fiche
Objets particuliers:
- * Anneau Nowelleux (+1 INI)
- Amulette (relance d'un EC: 2/3 utilisations disponibles)

Compétences acquises et Dons du Sang

COMBAT :
Attaque : Coup précis (3), Arme de prédilection ( épée à une main)
Défense : Esquive, Acrobatie de combat, Sang vif (2) (DDS), Coriace,
Autres : Régénération Impie (DDS), Innocence Perdue (DDS), Valse Macabre


MAGIE :
- Sens de la Magie
- Conscience de la Magie
- Maîtrise de l'Aethyr - niveau 3

CHARISME :
- Diplomatie
- Éloquence
- Séduction
- Intimidation
- Comédie
- Etiquette
- Intrigue de cour

INTELLIGENCE :
- Domination (DDS)
- Érudition
- Littérature
- Linguistique
- Histoire
- Administration
- Enseignement
- Connaissance végétale
- Langue étrangère : Kislévarin
- Connaissance des démons

INITIATIVE / HABILETE :
- Sang vif (DDS)
- Réflexes éclairs
- Escalade
- Monte - chevaux
- Sens Accrus
- Vision nocturne

AUTRES :
- Défi de l'Aube (DDS)
- Ame Profane (DDS)
- Forme de Familier : Corneille (DDS)
- Sang argenté (DDS)
- Alphabétisation
- Force accrue
- Chance
- Préparation des poisons

Inventaire :
- Griffe d'Ursun
- Veste de cuir & pèlerine en "voyage" / robe habillée en "réception"
- Anneau de promptitude
- Bague du tumulus
- Sacoche de chanvre
- Lettre de la comtesse
- Gemmes et pépites d'or
- Fleur de salicaire
- Glandes à venin
- Poison (?)

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[MJ] Bonnepierre
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Re: [Arzhvael et Ombeline] Noble désordre

Message par [MJ] Bonnepierre »

Aux Obsèques:

-Soyez en vous-même remerciée par Sigmar, Baronne, avait répondu "l'Oracle", plutôt laconique à l'approche de Lucrétia, mais pas moins respectueux pour autant. Votre généreux approvisionnement à ces toutes nouvelles troupes de Sigmar a été fort apprécié. Votre armée n'en défendra que mieux votre domaine du chaos prochain... J'y veille.
Il n'avait pas regardé la lahmiane dans les yeux ni montré d'autre expression que la gravité, comme s'il méditait en permanence... Lucrétia eut une impression étrange à son contact: autant le Père Fritz, comme tout prêtre véritable et croyant, l'avait mise légèrement mal à l'aise, autant cet "Oracle" pas du tout...

Par contre, à propos de "malaise religieux", celui qu'elle ressentit tandis qu'elle alla parler à la prêtresse de Taal fut presque douloureux. Les bois de cerf qu'elle portait sur la tête, ces fleurs qu'elle avait en main... Lucrétia ne pouvait les mirer sans en avoir la nausée...
Aussi puissante pensait-elle être, notre lahmiane eut l'impression d'être à leur contact une frêle et chétive créature. Habituée à se maîtriser, elle n'en perdit pas pour autant de sa superbe, bien que, elle regretta peut-être sa question en même temps qu'elle la posa, pressée qu'elle devait être de vouloir s'éloigner de ces objets de foi qui brûlaient sa nature impie.
- J'ai en effet combattu le Chaos d'Archaon, répondit la prêtresse sans manières. Et mon âme soeur a péri, les craintes de Bratian étaient fondées... J'en suis revenue il y a peu, marquée à jamais par l'horreur... Elle lissa un fil gris de sa chevelure, laissant planer son regard clair et bienveillant sur des forestiers qui lorgnaient sur elle en catimini. Tant de beauté a péri. La victoire est bien amère. Elle regarda Lucrétia avec intensité, lui amenant à dessein un mal-être profond en touchant lentement un de ses andouillers: Le Mal est fait… et toujours là... Souvent bien plus près qu'on ne le croit.
Un court silence, les yeux dans les yeux:
Nous nous sommes déjà aperçues en effet, et vous le savez bien...
Puis la Taalienne eut un sourire sibyllin en lui tendant son bouquet de fleurs consacrées:
-Prenez. Carl était votre majordome, c'est à vous de fleurir son corps avec les larmes de Rhya.
Tests de volonté (INT): 6, 8, réussi
Rien que l'idée de tenir ces quelques fleurs oppressa la lhamiane, et elle dut faire un réel effort pour ne pas perdre pied... ni se mettre à compter et recompter fiévreusement tout ce qui l'entourait... Mais sa volonté était forte, elle garda contenance. Par contre elle était persuadée que le seul contact de ces tiges bénies la brûlerait véritablement... et durablement...
A suivre...
La nuit, dans la chambre de Lucrétia:

Voyant sa sublime hôtesse si désemparée, Alan, déjà sous le charme même sans usage de magie, n'avait pu que tenter de la rassurer et consoler - à sa façon:
-Allons... Ne voyez donc pas les choses avec tant de noirceur, ma belle amie... Même si votre majordome vous était cher et utile, il n'était néanmoins pas beaucoup plus qu'un domestique au final. Et de ce fait tout à fait remplaçable... Je vous prie de me pardonner si mes paroles vous paraissent insensibles, mais il faut que vous les entendiez. Vous seule êtes irremplaçable... unique... et si adorable! Celui qui vous laissera dans le marasme n'est point né.
L'on sentait bien que le jeune noble dodu tâchait de garder la tête sur les épaules, de ne point profiter de cette occasion uniquement de façon charnelle, mais aussi qu'il lui était bien difficile de ne pas céder au plus vite à ses envies luxurieuses:
-Je suis là, je vous aiderai n'ayez crainte. Mon départ peut être retardé, et il ne se fera pas tant que je ne vous saurai pas apaisée et bien entourée...

Puis, tandis que la situation s'était déplacée sur le lit et, de fait, se faisait autrement plus lascive, il ne dit plus grand chose. L'heure n'était plus aux mots, mais aux actes...
Actes qui promettaient pour Alan d'être parmi les plus délicieux qui furent jamais...
Durant leurs lents prémices, la voix vulnérable de la lahmiane appela le jeune Baron, il la regarda dans les yeux avec une expression douce et protectrice...
Domination: Lucrétia (CHA): 5 au dé, réussi de 11... Alan (INT): 15 au dé, clairement moins bien réussi...
... expression qui se mua alors en une mine servile et totalement subjuguée...
Le puissant regard de la lahmiane venait de le dominer corps et âme.

Des questions furent posées au jeune Baron, et il répondit à toutes:
Etait-ce lui qui avait ordonné le meurtre de Carl:
- Oui c'est moi... Enfin, pas directement... C'était soumis à condition...
Les raisons:
-Il devait être éliminé s'il se montrait par trop incorruptible et menaçait de devenir une gêne dans notre contrôle de votre domaine...
Qui avait tué Carl:
-Gemetzel, c'est le seul nom que je lui connais. Sous couvert d'être mon proche valet, c'est en vérité un espion assassin de mon Oncle, et mon garde du corps secret. Un homme qui me fait même parfois frissonner moi-même tant il apparaît impitoyable et efficace. La description qu'il en fit, brun, hâlé, vigoureux, correspondit bien évidemment avec le fameux domestique athlétique déjà repéré par la Baronne.
Le véritable but de son voyage:
-Je tâche de conclure des accords politiques et financiers pour mon Oncle. Les Von Kreiglitz étant occupés par le Comte Sonnen Feuerbach à l'ouest, j'ai la voie libre pour rassembler le plus de pouvoir et d'alliés à l'est de Talabheim. En ce qui vous concerne, vous-même étant un pantin de la Comtesse Von Kreiglitz, je voulais m'emparer de votre domaine: officiellement, ou officieusement, voire par la force. De part sa proximité avec Beehafen, il est idéalement placé pour y stationner une discrète armée qui marchera éventuellement sur Beck...
Qu'est ce qui le liait au mage, à Domi, au chevalier:
-Rüssel, le mage flamboyant, est aussi un agent de mon Oncle. Il est grassement payé pour veiller sur notre entreprise et devenir le général en chef de l'armée que nous allons recruter à Beehafen... Domi est réellement un ami d'enfance, je l'ai toujours connu. Sa famille est en affaire de longue date avec mon Oncle et le Comte Electeur Helmut Feuerbach. Le Chevaliers des Fleurs est son amant et ami, et ignore tout de nos desseins... Ou du moins de ceux qui manquent d'honorabilité... comme vous déposséder...
Pourquoi voulait-il confier un serviteur à Lucrétia, si ce n'était pour l'espionner:
-Pour gérer vos affaires aux avantages de mon Oncle et aux miens, en sus de vous espionner... Ne plus fournir Beck et les Von Kreiglitz, ni commercer avec eux, augmenter leurs droits de port à Grunwald... Ce genre de choses... Et vous empêcher de nous nuire le cas échéant...
Ce qu'avait fait Domi pendant les obsèques:
-Je ne sais pas. Domi est un être assez mystérieux. Je suppose qu'il a composé une ballade elfique, fait la sieste dans un coin de nature, ou séduit une accorte villageoise. Il fait ce qu'il veut. C'est mon meilleur ami et il nous soutiendra quoi qu'il advienne, moi et ma famille.
Ce qu’Alan voulait d'elle:
-Vous épouser, Madame, est devenu mon voeu le plus cher maintenant que je vous connais. Et plus seulement pour des motifs politiques... Mais il va de soi qu'il faudrait que vous vous rangiez à mes vues et celles de mon Oncle pour pouvoir conserver le contrôle de vos terres... Mais surtout, je voudrais que vous m'aimiez autant que je vous aime...
Bon, vu les jets de dés, y'a pas eu besoin de bonus pour la Domination ;)
Du reste, tu fais ce que tu veux (" lui faire de mal, l’éliminer, ou que sais-je encore"), c'est le jeu! Moi je suis le MJ, j'assume et je gère 8)
Navré du retard (et puis en plus le fofo a beuggé d'hier soir à cette après m), j'espère continuer avec toi encore un bon petit bout de temps.

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Lucretia Von Shwitzerhaüm
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Re: [Arzhvael et Ombeline] Noble désordre

Message par Lucretia Von Shwitzerhaüm »

  • La prêtresse de Taal et de Rhya était entourée d’une étrange aura, et il était assez difficile de déterminer si elle provenait du mystique ou du divin. Quoi qu’il en fût, alors que Lucretia se tenait à ses côtés et avait engagé la conversation, la baronne ressentit un certain malaise qui ne s’intensifiait que davantage lorsqu’elle portait son regard émeraude en direction des andouillers ou des ronces qui lui ceignaient les poignets et les chevilles. Rien d’insurmontable nonobstant, et, parvenant à se contrôler avec une certaine aisance, continua de la regarder alors que sa vis-à-vis lui discourait en d’évidents sous-entendus. Elle sait, ou s’en doute fortement. Cela ne l’empêcha pas pour autant que de se montrer toujours aussi courtoise envers celle qui l’incriminait déjà alors même qu’elle ne la connaissait pas.

    «Mes condoléances, sincèrement. Le Chaos et son engeance doivent être éradiqués, et, même si je ne puis réussir cette tâche des plus ardues, au moins puis-je tenter de réprimer sa progression en fournissant les moyens de défense adaptés à mes gens à et à Bratian.
    - Le Mal est fait… et toujours là... Souvent bien plus près qu'on ne le croit.
    - Malheureusement, et parfois profite-t-il de la générosité de ses hôtes pour se faufiler dans vos propres terres, vos propres maisons, et se livrer à ses odieux crimes…
    »

    Lucretia sourit tristement à celle qui se prénommait Mandra. Elles ne parlaient pas des mêmes personnes –la jeune femme savait pertinemment que la prêtresse la citait au-travers du mot « Mal »-, mais n’y prêtait en cet instant précis pas plus d’attention que cela alors que ses pensées, à elle, était dirigées envers Alan et son escorte, et en cela partageaient-elles des souffrances communes. Et lorsque vint le temps de couronner le cercueil de son majordome avec le bouquet de fleur consacrée que lui tendit sournoisement Mandra, la maîtresse de céans s’en empara respectueusement, hochant diligemment la tête.

    Je suis plus forte et puissante que tu ne l’es. Et alors que Lucretia marchait en direction de l’autel afin d’y déposer son présent, une désagréable sensation lui picora la main. Une brûlure à l’intérieur de son être, émanant du bouquet, qui la démangeait tel un acide léger versé sur sa peau. Mais si d’acide il était question, alors c’eût été du simple jus de citron que l’on aurait fait couler sur une entaille faite à l’aide d’un couteau bien aiguisé. Une douleur que l’on ressentait assurément, mais qui était parfaitement maîtrisable, et, à la force de sa volonté et de son esprit, la jeune femme repoussa l’influence néfaste de la cultiste. Elle avait lu dans certains ouvrages occultes que la volonté de ceux à qui elle appartenait représentait un élément considérable de ce qui les caractérisait, à tel point qu’ils étaient capables de supporter la lueur du jour parce que leur détermination était supérieure à celle de l’astre sempiternel. N’y parvenait-elle pas ? Si elle réussissait à éclipser la présence d’un soleil millénaire de plus d’une centaine de fois, qu’avait-elle à redouter d’une petite prêtresse âgée de quelques décennies ? Et ce fut forte de cette démonstration qu’elle revint auprès de la prêtresse après avoir rendu hommage à Carl comme l’eût faite une véritable taalienne.

    «J’aimerais vous parler seule à seule, en privé, lui avoua-t-elle avec toute la diligence et la politesse possible que requérait pareille demande. Cela vous dérangerait-il que nous nous voyons demain, par exemple, rapidement, dans mon manoir ? Ou un autre jour si cela vous sied davantage, mais dans les prochains qui viennent me conviendrais le mieux ; je dois me rendre d’ici quelques jours faire une visite de courtoisie. »

    ***

    Dans la pâle obscurité de la nuit, dans cette chambre close que nul ne pouvait pénétrer, gisait, sur son propre lit, un homme en sa possession. Un homme puissant, baron de son état, devenu une vulgaire marionnette prête à exécuter le moindre de ses désirs sous la détermination et la volonté de celle qui avait fait ployer la sienne. La sensation était exaltante ; cette capacité à vous faire obéir par n’importe qui, peu importait son rang ou sa sincérité envers votre cause, transcendait les limites de l’imaginable et vous procurait l’impression d’être l’une de ces divinités que les faibles et naïfs vénéraient à corps perdus. Ou en était-elle devenue elle-même ? Une satisfaction dérangeante s’était peinte sur le visage de cette beauté dont la silhouette aux courbes alléchantes se découpait dans la lueur argenté que filtrait la fenêtre. Une excitation palpable qui la dévorait de l’intérieur, alors qu’elle chevauchait cette proie qui se damnerait désormais pour elle, l’espace de ces quelques instants insolites. Une excitation qu’elle avait déjà éprouvée alors que l’homme la touchait, et qui ne s’en retrouvait que plus exacerbée alors qu’elle venait de vivre cette grisante expérience. La jeune femme, se mordant la lèvre, l’œil avide, respirait à grand bruit, et ne doutait pas de pouvoir assouvir ses envies si seulement elle s’y laisser succomber ; elle ne doutait pas de l’étant dans lequel elle retrouverait Alan pour peu qu’elle glissât une main insidieuse dans ses chausses, et il ne lui suffirait plus, alors que de remontrer délicatement le bas de sa robe de nuit jusqu’à sa taille pour…

    La baronne secoua doucement la tête, souriant comme si elle avait pensé bêtement et s’en était rendu compte. Non pas que cette envie de luxure lui déplaisait, certes non, mais pas avec lui. Jamais ne laisserait-elle un tel porc profiter d’elle pour son simple plaisir. N’eût-il pas assassiné Carl et être empli de toutes ses mauvaises intentions à son égard que, peut-être, un jour l’aurait-elle permis, mais là, dans ces circonstances où tout venait de lui être révélé, la chose demeurait impossible. A gestes lents, elle recouvrit le haut de son dos et ses épaules de sa nuisette, avant de se revêtir de sa robe de chambre. Et concernant le baron, ne devait-elle pas même le punir pour avoir osé vouloir s’emparer de ce qu’elle possédait, d’avoir trahi cette règle impératif qui prévalait lorsque l’on était hébergé chez son hôte ? Le fil aiguisé de l’une de ses dagues s’imposa à son esprit, et quelque envie de mutilation fit de même. Il eût été si facile de lui ordonner de ne pas bouger, et d’émettre le moindre le son alors qu’elle lui aurait fait regretter sa fourberie masquée derrière ce comportement si accort et ses jeux d’étiquettes. Tester le tranchant de sa lame sur la peau de sa virilité, voilà ce qu’il méritait. Et se comporterait-il toujours avec autant de panache et d’aisance, sachant que ce qui faisait de lui un baron, un homme, avait disparu ? Ciel, tellement tentant. « Mais surtout, je voudrais que vous m'aimiez autant que je vous aime... » Elle lui aurait presque craché au visage, désormais.

    Mais non, dans sa grandeur d’âme, elle ne lui occasionnerait pas pareille douleur, pareille incapacité. Ou n’était-ce que parce qu’il était fort probable que l’homme se posât des questions par la suite, quand bien même ne pouvait-il expliquer ce phénomène ? Nul doute que d’étranges histoires et des ragots plus incroyables les uns que les autres ne manqueraient pas d’affluer sur celle qui charmait les hommes pour s’emparer, véritablement, de leur masculinité, lorsque les faits, au grand dam de la victime, ne tarderaient pas à se faire connaître. Un petit rire sans joie s’échappa de sa gorge en s’imaginant une telle réputation.

    Deux camps venaient ainsi d’être clairement révélés au grand jour dans cette conquête politique qui s’engageait entre les von Feuerbach et les von Krieglitz. L’un des parti assassiné l’un de ses domestiques sous son propre toit, alors qu’elle les avait accueillis en leur donnant l’hospitalité, et avait également prévu de s’emparer de ses terres, ou bien par la force, ou par le biais d’un mariage arrangé. Le second parti, quant à lui, incarnait le pouvoir suprême de la totalité de la région de Talabheim, et lui avait, en sus, fourni les terres et le domaine qu’elle possédait actuellement. Il était certain, à présent, à qui la baronne donnait son allégeance.

    Lucretia se demandait tout de même si elle ne pouvait pas parvenir à tirer son épingle du jeu dans tout ce désordre politique. Devait-elle envoyer une lettre à la duchesse pour la tenir informée des agissements des Feurbach ? Cela lui semblait, pour le moment inutile ; elle devait bien s’en douter. Mais la jeune femme pouvait bien se contenter d’engranger des informations sur les cabales de cette famille assoiffée de pouvoir, et les ressortir toutes d’un coup lorsque viendrait le bon moment. Et c’était précisément ce qu’elle avait compté faire juste avant que ne débutât la cérémonie en homme de Carl, lorsqu’elle s’était rendue dans sa chambre prête à coucher quelques mots sur du parchemin. Elle avait eu l’idée d’écrire une missive, puis de la faire signer par Alan. Puis l’idée lui était venue qu’il pouvait tout aussi bien l’écrire lui-même ; cela ne la rendrait que plus vraisemblable encore.
    Aussi, sous son ordre et sa directive, Alan se mit docilement à écrire ces mots.
    A Gemetzel, espion-assassin et garde du corps,

    Dans l’optique de déposséder au maximum la duchesse Elise Krieglitz de ses terres qu’elle a volées à notre famille en s’appropriant outrageusement le pouvoir à Talabheim, profitant de la disparition mystérieuse du comte Helmut, il nous faut agir au cas par cas à chacune de ses possessions.

    La première sera le village de Bratian, afin de pouvoir y cacher discrètement une armée une fois que le hameau nous sera acquis. De là, nous pourrons alors nous attaquer Beck directement et par surprise. D’après mon oncle, Sonnen Feurbach, la bourgade a été confiée à une petite noble sortie d’on ne sait où, une certaine Lucretia von Shwitzerhaüm, et dont l’expérience en matière politique et administrative doit être proche du néant. Il me sera aisé de la charmer, et peut-être même, de conclure un mariage politique afin de s’accaparer de ses terres. On la dit d’apparence très agréable ; j’en profiterai pour consommer le mariage et me débarrasser d’elle si par la suite elle nuit à nos plans.

    Le véritable danger se tient dans le majordome, un certain Carl Ferembach, d’un certain âge et connaissant très bien les lieux. Il se montre très droit et serviable envers ses maîtres, et, probablement au fait de toutes les grandes familles de la région et de leur différentes ambitions, ne tardera pas à savoir quel est notre véritable but à Bratian. Il en avisera très certainement la baronne, mettant en péril notre stratagème. Il te faudra donc l’éliminer au plus tôt. A partir de ce moment-là, la baronne ne nous posera plus aucun souci et le village tombera tôt ou tard entre nos mains.

    Ce document, tu t’en doute, est strictement confidentiel et ne doit être ni lu, ni confié à personne. Le plus sage serait de s’en débarrasser dès que tu l’auras reçu ; nous nous verrons bientôt et je pourrai te préciser les éléments qui te sembleront délicats.

    Alan von Feurbach.
    Voilà qui devait être assez probant, et, quand bien même douterait-on encore de la véracité et de la légitimité du document, le fait qu’il fût écrit et signé de la main de l’incriminé écartait tous les doutes possibles. Là-dessus étaient situés tous les noms nécessaires pour comprendre les tenants et aboutissants des évènements aussi bien que les différents personnages qui y étaient liés, en bien ou en mal. Et, dans un éclair de génie, la jeune femme lui fit écrire une autre lettre, plus secrète encore, portant sur l'échec d'un mariage, d'un autre arrangement, et d'un des voisins de l’intriguante. Cette lettre-là, Lucretia en était persuadée, pouvait se révélée des plus utiles si ses plans se déroulaient comme il se devait.
    Elle posa néanmoins une dernière question à sa victime envoutée.

    «Alan, vous parliez du fait que Carl était trop honnête pour être stipendié ; seriez-vous parvenu à corrompre quelques-uns de des proches, de mes serviteurs, ou même de certaines personnes à Bratian ? D’autres victimes sont-elles à présager ? »

    Une fois qu’il lui eut répondu, la jeune femme lui tint ces simples mots.

    «Bien. Je vous remercie pour votre franche collaboration, cher ami. Maintenant, je pense qu’il est temps pour vous que d’aller vous coucher. Vous avez trop bu en cette soirée, et ne vous rappelez plus de rien. Lorsque le lendemain viendra, il serait charmant de votre part de quitter, vous et votre escorte, ce village et cette pauvre baronne qui a besoin de calme et de repos afin de se remettre péniblement de ce drame qu’elle a vécu. Et aucun prêt de serviteur ne sera nécessaire. Bonne nuit, Alan. »

    Et elle le laissa là, l’esprit vidé de toute émotion, de toute motivation. Lorsque le soleil se lèverait, la baronne était certaine que l’homme ressentirait un horrible mal de crâne. Et sûrement ne serait-il pas le seul à en souffrir. Elle rangea bien proprement les deux lettres en lieu sûr, en s’en alla, à son tour, se coucher, forte d’une confiance certaine dans la suite des évènements.
    Chouette pour le jet ! *_*
    Voilà ce que je fais, alors ! Non, je ne le tue pas ; pas folle. Et moi aussi, j’espère continuer un bon bout de temps ! Je planifie déjà des choses qui ne se feront probablement pas avant un certain temps… Si je parviens à les faire. n_n Mais ça serait drôlement cool. o/
    Si jamais Mandra accepte l’invitation, elle se fera donc au manoir, dans un bureau, ou ce genre de chose, et je lui demanderais donc, très franchement, si elle sait d’où je viens, pourquoi la duchesse m’a donné ces terres, qui je suis, et pourquoi elle a peur de moi.
    Et peut-être en profiter pour rendre visite au baron Himmergriff, comme convenu, si jamais tu n’as pas de chose à ajouter, et si mes invités se décident à partir.
Modifié en dernier par [MJ] Bonnepierre le 14 déc. 2012, 13:28, modifié 2 fois.
Raison : 7xp/10xp, +1 point en CHA
FOR 16 / END 14 / HAB 17 / CHAR 18 / INT 17 / INI 19* / ATT 17 / PAR 13 / TIR 11 / MAG 17 / NA 4 / PV 134/140
Ma Fiche
Objets particuliers:
- * Anneau Nowelleux (+1 INI)
- Amulette (relance d'un EC: 2/3 utilisations disponibles)

Compétences acquises et Dons du Sang

COMBAT :
Attaque : Coup précis (3), Arme de prédilection ( épée à une main)
Défense : Esquive, Acrobatie de combat, Sang vif (2) (DDS), Coriace,
Autres : Régénération Impie (DDS), Innocence Perdue (DDS), Valse Macabre


MAGIE :
- Sens de la Magie
- Conscience de la Magie
- Maîtrise de l'Aethyr - niveau 3

CHARISME :
- Diplomatie
- Éloquence
- Séduction
- Intimidation
- Comédie
- Etiquette
- Intrigue de cour

INTELLIGENCE :
- Domination (DDS)
- Érudition
- Littérature
- Linguistique
- Histoire
- Administration
- Enseignement
- Connaissance végétale
- Langue étrangère : Kislévarin
- Connaissance des démons

INITIATIVE / HABILETE :
- Sang vif (DDS)
- Réflexes éclairs
- Escalade
- Monte - chevaux
- Sens Accrus
- Vision nocturne

AUTRES :
- Défi de l'Aube (DDS)
- Ame Profane (DDS)
- Forme de Familier : Corneille (DDS)
- Sang argenté (DDS)
- Alphabétisation
- Force accrue
- Chance
- Préparation des poisons

Inventaire :
- Griffe d'Ursun
- Veste de cuir & pèlerine en "voyage" / robe habillée en "réception"
- Anneau de promptitude
- Bague du tumulus
- Sacoche de chanvre
- Lettre de la comtesse
- Gemmes et pépites d'or
- Fleur de salicaire
- Glandes à venin
- Poison (?)

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[MJ] Bonnepierre
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Re: [Arzhvael et Ombeline] Noble désordre

Message par [MJ] Bonnepierre »

Test de Volonté: 1, superbe
Les Obsèques:

Disons le, lorsque Lucrétia prit en main ce satané bouquet béni, ce fut bien plus qu'une coulure de citron sur une plaie qu'elle ressentit. La douleur irradia tout entier en elle, profonde, puissante, comme si deux choses antagonistes avaient été assemblées et explosaient... Mais ce fut de courte durée, et invisible, tout comme son visage fier ne montra nul émotion à ce sujet: l'objet de culte était puissant, mais Lucrétia l'était bien plus!
Lorsque la Lahmiane revint vers Mandra, elle remarqua d'ailleurs un certain étonnement sur son visage lisse. Mais de courte durée, sa foi reprenant vite le pas sur ses sens:
-Je serai ravie de vous revoir demain, Madame la Baronne, répondit-elle, avec une politesse tout aussi hypocrite, à son invitation. Cependant, vous le comprendrez, je répugne à trop m'éloigner de la nature sauvage pour les lieux des hommes. Pourquoi ne viendriez vous pas plutôt faire une offrande au Temple de Taal et Rhya? Disons, demain à midi, lorsque le soleil est proche de son zénith. Nous y discuterons alors sous ses rais chaleureux. Déjà que la lhamiane savait déjà qu'il y avait anguille sous roche, à cette allusion solaire, le doute n'était plus permis. Mandra savait. On le nomme "le Temple de lierre", ce bon Tomas vous y guidera.
Mais chacun son prétexte, il fut aisé pour Lucrétia d'invoquer une raison pour se voir en autre lieu: ses invités, la distance, la menace des hommes bêtes proclamées par "l'Oracle", les raisons ne manquaient pas. Quoiqu'il fut dit, l'on s'accorda finalement pour un rendez vous de fin de matinée dans cette même clairière où elles se trouvaient...

La Nuit. Chambre de Lucrétia:

Totalement dominé par la baronne, Alan Feuerbach avait écrit deux lettres, exactement comme dictée par cette dernière, de sa belle écriture élégante. Et il les avait signées. Ne manquait plus que son Sceau cacheté à la cire pour parachever cela... Cependant, quel idiot - déjà bien idiot d'avoir couché d'aussi sombres machinations sur papier - irait en surplus apposer son Sceau sur ces révélations?
Des questions furent ensuite encore posées à Alan. Subjugué, il y répondit encore en toute franchise:

-Un de vos gardes travaille désormais pour nous, je ne sais lequel, ce n'est point moi qui l'ai corrompu mais Gemetzel... Nous possédons le maire, qui va commercer dans nos intérêts, et le prêtre de Sigmar est sous contrôle... et l'on m'a dit que votre Capitaine de Garde était épris d'une prostituée, Gemetzel creuse la question...
Hormis le vôtre, si vous deveniez par trop gênante, il n'y a pas d'autres meurtres prévus à ma connaissance. Mais je ne puis l'assurer. Gemetzel oeuvre indépendamment de moi.


Terribles réponses n'est-il pas? Peut-être Lucrétia posa t-elle d'autres questions...
En ce cas, flashback, tu t'en doutes ;)
Toujours étant que le grassouillet Alan fut ensuite congédié, enjoint à partir au plus vite de Bratian, et une gueule de bois lui fut promise...

Le lendemain:

Alan se leva bien tard, et bien fatigué. Il semblait confus. Le mage rouge était avec lui, ainsi que son valet musculeux. L'elfe, par contre, était pimpant - ainsi qu'Elsa! - , à croire que cet être ne craignait pas la boisson; Après un petit déjeuner arrosé de liqueurs, il eut une intense discussion dans les jardins avec le Chevaliers des Fleurs...
Mais c'était au moment où Lucrétia dut partir à son rendez vous dans la clairière. Et quand bien même, il eût été malséant de les déranger ou d'aller les écouter en catimini n'est-il pas?
Je ne sais pas si tu vas accompagnée à la clairière, précise le quand même stp ;)
A la Clairière.

Bien sûr, les gardes de la Baronne s'inquiétèrent si elle y alla seule. Non pas qu'ils craignaient un danger de la part d'une prêtesse de Taal - encore qu'ils ne sussent pas forcément le but de cette balade en forêt - mais bien plutôt du fait d'une mauvaise rencontre potentielle pour leur gentille maîtresse... Peut-être Lucrétia partit-elle avec eux, ou alors seulement avec Tomas, ou seule, toujours étant que le début de sa discussion avec la Taalienne se fit à voix mesurée, loin de ces éventuels cerbères...

Mandra était à l'heure dite au centre de la clairière, seule. Quelques nuages épars nimbaient le ciel, mais pas tant que cela, si bien que la lahmiane, en même temps que d'être sauve, craignait peut-être qu'un malséant rayon ne s'en extirpe pour lui tomber sus...
La prêtresse, laissant Lucrétia s'exprimer pleinement, répondit ensuite à ses questions aussi franchement qu'elles lui furent posées. Mais ni son ton ni son expression n'était très amicaux. Elle portait ses andouillers et un bouquet de fleurs désagréables:

-Je sais d'où tu viens, en effet... oui, elle tutoyait. Tu viens d'un lieu de respiration et de vie, comme nous tous. Mais tu en es partie, de plein gré ou pas, et désormais tu n'es que simulacre, aberration assoiffée... je suis en dehors de la politique des hommes, seulement dans celle de Taal et Rhya, aussi je ne sais rien des desseins de ta Comtesse... Qui tu es? J'y ai déjà fait allusion, et tu le sais. Tu es un monstre qui ne devrait pas être... Et pour finir, non, je n'ai pas peur de toi.
Elle avait dit tout cela comme si cela coulait de source, tranquille, sûre d'elle.
Des bruissements s'entendirent dans fourrées proches de la clairière, Lucrétia distingua des arcs et des flèches à pointes d'argent: trois hommes à priori, dont celui que l'on appelait Rao. Ils semblaient en attente. La prêtresse s'expliqua comme si de rien n'était:
-Les hommes sont aveugles, ils se sont éloignés de la nature mère, mais l'on ne peut tromper la vie primordiale lorsque l'on est son antithèse. Dès que j'ai communié, à mon retour, comme je le fais toujours pour savoir ce qu'il en est, j'ai su ce que tu étais: je t'ai faite sentir ma présence, je t'ai espionnée à distance... et je suis venue te voir...
Un regard froid:
Non je n'ai pas peur de toi. Mais eux oui... L'allusion aux hommes embusqués étaient claires, et sans doute même plus large que cela: Je te détruirai si je le dois...

Un regard mortel, mâchoire serrée:

Le dois-je?
Je ne pousse pas jusqu'à Himeergriff, désolé... Vire tes invités ou vas-y en les laissant là: parce qu'ils ne partent pas! :mrgreen:
Du reste, et je dis ça par rapport à une de tes allusions rp sur la divination: pour moi, une des bases de l'utilisation de PdC c'est justement d'être "guidé" par les dieux, quels qui soient (cf "dépenser les Points de Dévotions", l'exemple est sur Manaan, pas un dieu spécial pour les augures)
http://warforum-jdr.com/wiki-v2/doku.ph ... _croyances

Après c'est sûr, il me faut un vraiment gros gros prêtre énorme pour des augures puissantes...

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