
Rédigé par Taille Tallgott, Assistant MJ
Calendrier Imperial Nachexen de l’an 2529.
Arranoc, l’Été sans fin.
C’était la belle saison. Un été paisible, d’une chaleur discrète et enveloppante.
Quelques papillons, deux ou trois abeilles, divaguaient autour du jeune Asrai.
Rien d’étonnant dans cette région d’Athel Loren. Simplement l’été.
Ce matin-ci, Suuriel Ti Orieleth avait quitté la fraîcheur de son lieu de vie pour préparer sa récolte de plantes et autres ingrédients, tout le nécessaire pour accompagner les malheureux visiteurs amenés il y a peu dans leurs ultimes instants. Son empathie pour les sacrifices perpétués par son clan le menait régulièrement à la cueillette, ainsi à chaque fois qu’un nouveau convoi de voyageurs arrivait au village, le jeune Asrai déserta son village.
Suuriel flânait dans une partie reculée de la forêt quand des frondaisons il entendit des sons peu courants, sa nature curieuse le rapprocha peu à peu d’une modeste clairière ou il pouvait observer une vieille chaumière délabrée.
Ti Orieleth aperçu alors le dos d’un petit bonhomme, tout ridé et rabougri qui avait l’air fort affairé. L’individu jurait et semblait se débattre avec ses outils, soudain il s’arrêta puis il huma l’atmosphère autour de lui.
— Hey garçon ! viens donc aider ton grand-père !
Enfin, il se retourna laborieusement, pour lui faire des signes pressants de la main.
Suuriel put contempler la figure de la chose qui lui faisait face et paraissait en peine, la tête dégoulinante de sueur. L’elfe ne mesurait pas plus d’un mètre cinquante des pieds à la plume de la calotte qui le coiffait.
De chaque côté d’un bonnet de feuilles, deux oreilles pointues et légèrement courbées par le temps, au milieu d’un visage et d’un nez trop proéminent pour un elfe. Un menton en galoche ainsi que deux gros yeux à moitié fermés le toisaient.
La chose ne semblait pas agressive au contraire, mais le vieil Asrai qui lui faisait signe demeurait notoirement atypique, bien loin des elfes minces, beaux et nobles.
Enfin, il était simplement vêtu d’un pagne de feuilles vertes qui descendait jusqu’aux extrémités de ses talons en s’enroulant le long de ses jambes comme la vrille des liserons.
— Bouge-toi, bon sang !
Effectivement, le jeune Asrai n’en saurait pas plus sur l’énergumène en restant planter là.


