Balayant le paysage du regard, il se prit à observer ses compagnons. La plupart d'entre-eux étaient répartis sur les différentes carrioles tirées par les huit chevaux. De temps en temps, quelqu'un s'arrêtait pour vomir sur le bord de la chaussée. En comptant les marchands qui les accompagnaient, sur le premier compte de 24 hommes, il n'en restait que 11 de valide, soit sept personnes en mesure de se battre contre une éventuelle attaque. Une bien pitoyable défense. Mais la chance était de leur côté car aux dires du commerçant en chef, ils atteindraient la ville de Marienburg dans moins de 3 jours ce qui laissait peu de place à un autre malheur. Rassuré, il continua donc de scruter le paysage, perdu dans ses pensées.
Son voyage avait commencé dans un bourg non loin d'Altdorf. L'instinct de son petit compagnon l'avait mené à un groupe de commerçants qui voulaient monter une expédition afin d'apporter leur cargaison alcoolisée au grand port commercial de l'Empire. Il n'avait pas hésité un instant lorsqu'il avait vu le hamster se laisser caresser par le meneur du groupe, un dénommé Oswin qui se faisait passer pour le chef de la "guilde commerçante des trois chênes". N'ayant pas de but précis, il avait donc choisi de faire de Marienburg sa nouvelle destination. Avec l'argent qu'il obtiendrait de ce travail, il atteindrait la somme de 6 couronnes d'or ce qui lui faisait un pactole suffisant pour bien vivre pendant le mois restant. L'hiver avait en effet posé son voile immaculé depuis un certain temps et la neige recouvrait les collines et les forêts avec monotonie. La température de l'air devait se rapprocher des dix degré négatifs et sa respiration provoquait un petit nuage de buée devant lui.

"Et toi ! Le géant avec le crâne rasé. Viens par ici avec ton foutu animal !"
C'était un jeune homme, manifestement un soldat épargné par la tourte. A peine la vingtaine, il était brun aux yeux marrons, comme la plupart des hommes de l'Empire, et portait une épée à une main rangée sur son flanc droit. Rien ne le différenciait particulièrement du commun des mortel si ce n'est dans ses yeux qui brillaient une lueur moqueuse alors qu'il fixait avec insistance la poche où se trouvait le petit rongeur. Pourtant, il avait l'air sincère dans sa volonté de lui parler... Qui était donc ce gêneur et que lui voulait-il ?
