Ajoutons à cela les anciens camarades et autres associés de Weichmann; il avait avec la plupart d'entres-eux réussis à garder des relations sommes toutes assez cordiales, mais guère plus. Certains voyaient d'un mauvais oeil ces activités tandis que d'autres méprisaient ces envies de libertés qu'ils moquaient dédaigneusement en lui reprochant de manquer d'ambition. Les imbéciles. Ce soir plus que jamais notre jeune héros se sentait comme un étranger au sein de sa propre ville. Il prit alors la peine d'aérer sa chambre autant que son esprit, une fraîche brise nocturne vint alors s'engouffrer dans la petite pièce ébouriffant au passage son visage pour le temps que celui-ci le désirerait. Cela faisait si longtemps qu'il n'était pas retourné dans le quartier qui l'avait vu naître, si longtemps qu'il n'avait pas vu sa mère : cette dernière se portait-elle bien ? La nuit était avec lui peut-être pourrait-il alors déambuler sur les toits sans trop prendre de risques ? Mais pourquoi faire ? Tenter de rattraper le temps perdu ? Voler le premier venu ? Tiens ! Qu'en était-il de ce fameux parchemin qu'il avait tantôt dérober au médecin ? Alors c'était ainsi ? Un ramassis de vide ! Même si rien n'était perdu, il semblait difficile d'appeler cette nouvelle possession : un gain, quoi que l'avenir serait sans doute plus à même de trancher sûr cette question comme sur celles relatives à son destin.
Alors qu'il pensait au futur notre jeune maraud se demanda si demain soir il irait au pont Wulf Shiller comme il y avait invité un peu plutôt la clef, il serait sans doute plus simple d'essayer de le retrouver à la taverne ou de prendre un peu de distances avec ce qui semblait être une source à problèmes plus qu'à solutions...
Peut-être au bout du compte avait-il fait son temps dans cette ville ? Ne ferrait-il pas mieux alors de la quitter pour mieux la retrouver au lieu de se risquer par un orgueilleux surplus de témérité ?...
Tout compte fait ne ferait-il pas mieux d'aller se coucher puisque demain était un autre jour et que depuis longtemps déjà il avait besoin de faire ces si pressantes emplettes qui lui seraient fortement utiles avant d'espérer entreprendre quoi que ce soit d'autre.
