Haha, bien vu pour le fauteil, et j’ai bien ris aussi pour le fait de devenir la chouchou de Dame Adélaïde (ce que je comprends tout à fait). n_nEt oui ! Je n’ai pas oublié de nettoyer le fauteuil, et je compte bien devenir la chouchou de Dame Adélaïde
«Ah oui, le fauteuil ! Eh bien, tu trouveras tout ce qu’il faut à la cave, et, pour laver, prendre l’eau du puits, dans la cour derrière le manoir.
- Et les robes sont déjà rangées dans la commode, ne t’en fais pas.
Après leur départ, la jeune femme s’engagea donc à nouveau dans les deux escaliers de la maisonnée, le dernier conduisant à la cave. Il s’agissait d’une pièce froide, assez grande et profonde, éclairée par deux soupiraux situés au niveau du sol de l’extérieur. La maigre lumière vespérale qui s’y déversait ne suffisait qu’à peine pour que Juliette y vît quelque chose. Balais, seaux, chiffons en tout genre étaient disposés dans un coin, reposant au sol ou contre quelques vieux meubles de bois, et formant des ombres inquiétantes de cette obscurité où l’imagination prenait le pas sur la réalité.
Ressortant de l’endroit, il lui fallut tirer un petit peu d’eau pour humidifier le chiffon. Le puits était placé à quelques mètres derrière le manoir, dans une cour désertique claquemurée entre les murs de la résidence et ceux délimitant l’enceinte d’Eisental.
Laver le coussin ne fut pas très difficile, encore que, quand bien même Juliette s’escrima-t-elle à vouloir le rendre impeccable, il était évident qu’il y demeurerait pour toujours, si l’on y regardait bien, quelques petites traces de boue ou de frottage.
Et la nouvelle servante alla enfin se coucher, épuisée de sa longue journée.
***Clignements de paupières. Une lumière grise et matinale inondait la petite pièce que représentait la chambre de Juliette, et, au-dehors, l’on pouvait y voir le début d’un temps maussade, lourd de nuages sombres. Une journée classique en Ostermark. Si elle souhaita profiter encore quelque peu de la douceur de ce matelas décidément trop jaloux pour voir partir la jeune femme, ses illusions furent rapidement détruites lorsque l’on tambourina à la porte.
«Juliette ! Faut se réveiller ! » claironna une voix flûtée.
Difficilement, l’interpellée se leva en s’étirant. Dans sa commode se trouvait effectivement, tout comme le lui avait dit la veille Estelle et Licinia, plusieurs robes également identiques à celles que portaient ces deux dernières. A ceci près que la qualité du tissu se rapprochait bien plus des robes que portaient Licinia plutôt que celle de la blonde. Qu’elle croisa également lorsqu’elle sortit de sa chambre.
«Eh, mais ne tarde pas trop, la prochaine fois ! La margrave devrait se lever d’ici quelque temps. En général, elle préfère d’abord se laver avant de déjeuner, et elle aime également que l’on soit propre. Estelle et moi sommes déjà lavées, et on a laissé l’eau dans la cuve, en bas. Rince-toi rapidement, et cours aller chercher du pain frais chez le boulanger. Suis le moulin. »
Et elle partit aussitôt, ayant sûrement d’autres choses à faire de son côté. Juliette trouva effectivement ledit bain d’eau froide, et, grelottante, se lava rapidement. La margrave ne pouvait avoir tort là-dessus ; l’on ne s’attardait que d’autant moins longtemps dans la bassine que l’eau, tout juste sortie du puits, était glaciale. Mais il était toujours bon de se sentir propre. Une fois lavée et séchée à l’aide d’une serviette humide qui traînait sur le rebord de bois, puis habillée, la voilà qui s’engagea à l’extérieur.
Deux gardes sur le parvis du manoir l’observèrent avant de lui souhaiter la bonne journée d’un air aimable, la suivant des yeux au passage, et quelques commentaires inaudibles furent échangés. Si le temps était triste, la température l’était tout autant, en cette heure où le soleil, invisible derrière les nuages, devait juste s’être levé. Un petit vent dansait dans les cheveux de la jeune femme, faisant virevolter quelques mèches noires, mais il avait de bon qu’il vous transcendait d’air pur et frais jusqu’au cœur, vous réveillant entièrement. La journée s’annonçait belle.
Les ruelles étaient désertes ou presque, seuls quelques paysans, plus matinaux que d’autres des leurs, prenaient déjà le chemin en direction des champs. L’on entendait le bruit d’une porte ou d’un volet qui claquât, les sabots d’un âne ou d’un cheval de trait, le raclement d’une charrue dont le versoir traînait au sol, et, au loin, le chant d’un coq bénissant le grand village.
Le moulin se trouvait en vérité à l’intérieur de l’enceinte des murs, sur une colline culminant tout Eisental si ce n’était celle du beffroi. Non loin de l’édifice aux grandes pâles travaillait un boulanger qui, affairé, le nez dans ses fours à pain, accueillit Juliette après lui avoir jeté un coup d’œil.
S’il ne la connaissait pas, sans doute reconnut-il sa fonction rien qu’en ayant observé sa tenue ; il était vrai que les divers soldats ou artisans qui l’avaient croisée l’avaient saluée. A moins que cela ne fut que de la simple politesse ?
Trois gros pains tout chauds lui furent donnés, dont le parfum frais et délicieux lui prit immédiatement le nez, la faisant saliver. Et guère besoin, semblait-il, de payer l’homme ; il s’était tout de suite remis à son travail, ayant probablement dû avoir conclu un accord avec la margrave dans lequel les règles de paiement avaient été établies.
En revenant au manoir, Licinia l’accueillit avec un grand sourire, la remerciant pour le trajet tout en lui chipant précipitamment le pain pour l’emmener à la cuisine. Elle lui expliqua dans le même temps que la margrave n’allait pas tarder à descendre –Estelle était avec elle dans la salle de bain-, et qu’il serait bon que Juliette commençât à laver le manoir.
Aussi sortit-elle un balai, un seau, une serpillère, un chiffon de la cave, puis, après être allée chercher à nouveau de l’eau au puits à l’aide dudit seau, commença à laver le sol.
Si parcourir le bâtiment de long en large n’était pas si long que cela, le nettoyer l’était bien d’avantage, et à ceci fallait-il ajouter le fait de rouler les tapis ou de parvenir à faire passer la serpillère sous certains meubles. Et retirer la poussière de ces derniers fut également très long, eu égard à la quantité d’objets qu’il pouvait y avoir sur chacun d’entre eux. Juliette passa son temps à transporter des seaux d’eau dans un sens puis dans l’autre, à passer le balai puis la serpillère, à se casser le dos en deux durant chacune de ces activités, à ne cesser de transvaser les décorations, cadres ou chandeliers posés sur une commode à une autre, à passer le chiffon, puis à re-transvaser dans l’autre sens, avant de se rendre compte que le pied de certaines argenteries était couvert de poussière à leur tour, et qu’il fallait tout recommencer.
Au milieu de tout ce chantier, Adélaïde von March fit son apparition, Estelle sur les talons, et Licinia s’empressa de mettre la table. Lorsqu’elle passa devant une Juliette en nage, mais qui, en dépit d’avoir passé ces derniers jours sans rien avoir eu à manger en prison, tenait tout de même le coup, la margrave lui adresse un simple et plat « bonjour Juliette » avant de reporter son attention sur le pain frais servi à table. Et une bonne odeur emplit à nouveau les lieux. On apporta du lait qu’une Licinia devenue toute rouge par l’effort transforma en beurre, l’on fit bouillir de l’eau dans l’âtre de la cuisine que l’on transforma en thé en y ajoutant des herbes et des épices. Lorsqu’Adélaïde eut terminé, les trois jeunes femmes furent autorisées à cesser leurs activités pour se restaurer à leur tour des restes que leur maîtresse leur avait laissés… A ceci près qu’il fallut en laisser également pour le mari de la margrave –Frédérick von March, comme lui apprit Estelle-, et suffisamment pour qu’il fût certain qu’il en eût assez.
L’homme ne descendit que bien après que la margrave disparût dans son bureau.
L’homme qui vient prendre son repas est ainsi le margrave Frédérick von March. Grand, bien bâti, les yeux d’un vert envoutant, tu peux soudainement comprendre les gloussements des deux autres servantes ; il est assurément très bel homme. Richement habillé, il a la même assurance que sa femme, la même façon de se déplacer, de se tenir droit, le menton haut et volontaire, à ceci près que si Adélaïde est emplie de sérieux et d’une certaine forme de sévérité dans son visage, le sien ne laisse transparaître qu’amusement perpétuel et nonchalance. Il déambule, là, tranquillement, jusqu’à la chaise laissée vacante par sa femme, et s’y installe confortablement, dans une pose qui, à l’abri des regards, n’a plus grand-chose de noble : il est presque avachi, ses longues jambes étendues et croisées sous la table, un bras pendant par-dessus le dossier de la chaise et l’autre se régalant placidement d’un morceau de pain beurré. Alors que vous travaillez, il vous regarde toute, tour à tour, semblant presque heureux ou amusé de vous voir là. Enfin, son regard glisse véritablement sur toi.Test de perception : jet caché
«Toi, approche un petit peu, viens là. Je ne crois pas que nous nous fûmes déjà rencontrés, me tromperais-je ? Dis-moi, quel est ton joli nom ? »
Le margrave regarda pleinement une Juliette peut-être quelque peu intimidé de prime abord, ne se gênant pas pour la détailler sous toutes les coutures dans une expression où, pourtant, ne résultât aucune méchanceté ou mauvaise intention ; simplement une curiosité mêlée d’une continuelle distraction dans son regard émeraude.
[Juliette Dickens] Fuite éperdue et inavouables habitudes.
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Re: [Juliette Dickens] Fuite éperdue et inavouables habitude
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Re: [Juliette Dickens] Fuite éperdue et inavouables habitude
Le réveil de Juliette Dickens fut le plus doux de tous depuis qu’elle était partie sur les routes.
Les minces rayons de l'aube percèrent à travers le verre de la fenêtre, et la jeune fille ouvrit les yeux avec un tendre sourire. "L'aurore aux doigts de rose" ; elle étalait l'éclat du jour avec une timidité délicate, étincelant sur la poussière du sol de sa chambre. Juliette comptait bien profiter quelques instants de plus de la douceur du matelas, mais ses illusions furent très rapidement détruites par la voix flutée de Licinia :
« Juliette ! Faut se réveiller ! »
Etouffant un bâillement, la jeune servante se délivra des lourdes couvertures pour enfiler sa nouvelle robe, bien plus propre que la précédente. Une fois qu’elle fut hors de sa chambre, Estelle et Licinia lui indiquèrent qu’elle devait se laver avant que la margrave Adélaïde von Mach sorte de sa chambre et qu’elle devait aussi aller chercher le pain chez le boulanger.
Juliette défit les lacets de sa robe, la laissant tomber sur le sol de la salle de bain. Ainsi apprêtée - ou désapprêtée, selon certains – elle entra dans la cuve avant d'y plonger les mains, serrant les dents, et d'en retirer une mince ondée qu’elle déversa sur ses épaules en retenant un gémissement.
La jeune servante ferma les yeux, avant de siffler péniblement pour évacuer le choc de ce contact glacé. Elle effectua les ablutions rituelles, lavant prudemment son corps en en retirant la sensation de le purifier par le givre. Elle s’insensibilisait progressivement sous le baiser anesthésiant de l'eau glacée, frissonnant pourtant de tous ses membres. Lorsqu’elle se retrouva enfin trempée de la nuque aux orteils, tremblante comme une feuille, Juliette sortit avec un immense soulagement de la cuve avant de se sécher avec une serviette humide qui traînait. Une fois sèche, Juliette Dickens enfila sa robe de servante et sortit du manoir pour sa deuxième mission au sein du manoir de la margrave.
Après quelques minutes de course, la jeune fille arriva enfin chez le boulanger et elle n’eût même pas besoin de se présenter. L’homme la reconnut grâce à sa robe et lui tendit trois gros pains avant de se remettre à travailler sans lui demander de l’argent. Adélaïde avait sûrement passée un accord avec lui.
Portant les trois pains sous son bras, Juliette Dickens fit le chemin en sens inverse ; son ventre gargouillant à cause de l’odeur délicieuse qui s’en dégageait. Une fois au manoir, Licinia attrapa les pains et elle lui expliqua qu’Estelle était en ce moment en train de laver la margrave et qu’il serait bon que Juliette commence à laver le manoir.
Attrapant un balai, une serpillère et un seau rempli d’eau du puits, la jeune servante se mit à frotter le sol. Elle en profita pour réfléchir à la situation privilégiée qu’Estelle pouvait bien avoir avec la margrave Adélaïde von Mach. Tout d’abord sa robe était de meilleures qualités que celles de Juliette et de Licinia, ensuite la blonde portait des bijoux de grandes valeurs et pour finir, elle s’occupait de laver la margrave. Estelle était bien la favorite d’Adélaïde. Mais Juliette Dickens comptait bien chiper cette place.
Finalement la margrave fit son apparition et s’installa à la table que lui avait préparée Licinia. Elle se régala du repas préparé par la cuisinière tandis que Juliette continuait de nettoyer les meubles – frotter, astiquer, polir, brosser, nettoyer, essuyer – des tâches très rapidement répétitives. Une fois qu’Adélaïde eut terminé, elle laissa la place à ses trois servantes. Juliette Dickens dégusta pour la première fois de sa vie un morceau de pain beurré. Ce fût délicieux !
Lorsque les jeunes filles se remirent aux travails se fut au tour de Frédérick von Mach de faire son apparition. C’était vraiment un bel homme. Mais d’après Licinia et Estelle, il n’était pas vraiment fidèle envers la margrave. Lorsque son épouse travaillait hors du manoir, ce dernier en profitait pour ramener des dames chez lui.
« Toi, approche un petit peu, viens là. Je ne crois pas que nous nous fûmes déjà rencontrés, me tromperais-je ? Dis-moi, quel est ton joli nom ? »
Intimidée, Juliette Dickens s’approcha de Frédérick, les mains derrière le dos. Soudainement, une idée germa dans la tête de la jeune fille : si elle comptait détrôner Estelle de sa situation de favorite, Juliette pouvait « séduire » le mari de sa maîtresse. Oui, en voilà une bonne idée.
« Je me nomme Juliette Dickens, mon Seigneur. Et je suis arrivée hier soir dans votre magnifique manoir. Votre épouse a décidé de faire de moi, une de ses servantes… »
Les minces rayons de l'aube percèrent à travers le verre de la fenêtre, et la jeune fille ouvrit les yeux avec un tendre sourire. "L'aurore aux doigts de rose" ; elle étalait l'éclat du jour avec une timidité délicate, étincelant sur la poussière du sol de sa chambre. Juliette comptait bien profiter quelques instants de plus de la douceur du matelas, mais ses illusions furent très rapidement détruites par la voix flutée de Licinia :
« Juliette ! Faut se réveiller ! »
Etouffant un bâillement, la jeune servante se délivra des lourdes couvertures pour enfiler sa nouvelle robe, bien plus propre que la précédente. Une fois qu’elle fut hors de sa chambre, Estelle et Licinia lui indiquèrent qu’elle devait se laver avant que la margrave Adélaïde von Mach sorte de sa chambre et qu’elle devait aussi aller chercher le pain chez le boulanger.
Juliette défit les lacets de sa robe, la laissant tomber sur le sol de la salle de bain. Ainsi apprêtée - ou désapprêtée, selon certains – elle entra dans la cuve avant d'y plonger les mains, serrant les dents, et d'en retirer une mince ondée qu’elle déversa sur ses épaules en retenant un gémissement.
La jeune servante ferma les yeux, avant de siffler péniblement pour évacuer le choc de ce contact glacé. Elle effectua les ablutions rituelles, lavant prudemment son corps en en retirant la sensation de le purifier par le givre. Elle s’insensibilisait progressivement sous le baiser anesthésiant de l'eau glacée, frissonnant pourtant de tous ses membres. Lorsqu’elle se retrouva enfin trempée de la nuque aux orteils, tremblante comme une feuille, Juliette sortit avec un immense soulagement de la cuve avant de se sécher avec une serviette humide qui traînait. Une fois sèche, Juliette Dickens enfila sa robe de servante et sortit du manoir pour sa deuxième mission au sein du manoir de la margrave.
Après quelques minutes de course, la jeune fille arriva enfin chez le boulanger et elle n’eût même pas besoin de se présenter. L’homme la reconnut grâce à sa robe et lui tendit trois gros pains avant de se remettre à travailler sans lui demander de l’argent. Adélaïde avait sûrement passée un accord avec lui.
Portant les trois pains sous son bras, Juliette Dickens fit le chemin en sens inverse ; son ventre gargouillant à cause de l’odeur délicieuse qui s’en dégageait. Une fois au manoir, Licinia attrapa les pains et elle lui expliqua qu’Estelle était en ce moment en train de laver la margrave et qu’il serait bon que Juliette commence à laver le manoir.
Attrapant un balai, une serpillère et un seau rempli d’eau du puits, la jeune servante se mit à frotter le sol. Elle en profita pour réfléchir à la situation privilégiée qu’Estelle pouvait bien avoir avec la margrave Adélaïde von Mach. Tout d’abord sa robe était de meilleures qualités que celles de Juliette et de Licinia, ensuite la blonde portait des bijoux de grandes valeurs et pour finir, elle s’occupait de laver la margrave. Estelle était bien la favorite d’Adélaïde. Mais Juliette Dickens comptait bien chiper cette place.
Finalement la margrave fit son apparition et s’installa à la table que lui avait préparée Licinia. Elle se régala du repas préparé par la cuisinière tandis que Juliette continuait de nettoyer les meubles – frotter, astiquer, polir, brosser, nettoyer, essuyer – des tâches très rapidement répétitives. Une fois qu’Adélaïde eut terminé, elle laissa la place à ses trois servantes. Juliette Dickens dégusta pour la première fois de sa vie un morceau de pain beurré. Ce fût délicieux !
Lorsque les jeunes filles se remirent aux travails se fut au tour de Frédérick von Mach de faire son apparition. C’était vraiment un bel homme. Mais d’après Licinia et Estelle, il n’était pas vraiment fidèle envers la margrave. Lorsque son épouse travaillait hors du manoir, ce dernier en profitait pour ramener des dames chez lui.
« Toi, approche un petit peu, viens là. Je ne crois pas que nous nous fûmes déjà rencontrés, me tromperais-je ? Dis-moi, quel est ton joli nom ? »
Intimidée, Juliette Dickens s’approcha de Frédérick, les mains derrière le dos. Soudainement, une idée germa dans la tête de la jeune fille : si elle comptait détrôner Estelle de sa situation de favorite, Juliette pouvait « séduire » le mari de sa maîtresse. Oui, en voilà une bonne idée.
« Je me nomme Juliette Dickens, mon Seigneur. Et je suis arrivée hier soir dans votre magnifique manoir. Votre épouse a décidé de faire de moi, une de ses servantes… »
Le nom de la famille c'est von Mach ou von March ? Vu que tu as changé dans ton dernier message.
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Re: [Juliette Dickens] Fuite éperdue et inavouables habitude
«Juliette… Ah mais oui ! Bien, bien… Alors, Juliette, sois la bienvenue en ces lieux. Puisses-tu être une bonne petite servante… »Ah, oui, c’est bel et bien Mach, mais je ne sais pas pourquoi, j’ai toujours tendance à rajouter un fourbe « r », comme tu l’auras vu. Je ne sais pas même écrire correctement les noms de mes personnages, dingue. =D
Ce petit sourire ne le quitta pas, pas plus que la lueur malicieuse ne le fit lorsqu’il congédia la jeune femme d’un petit geste nonchalant, et, alors que celle-ci s’en retourna vaquer à ses occupations, elle put sentir ce regard peser sur son corps. Bâillant et s’étirant honteusement, l’homme termina le reste de son repas, avant de laisser tout en plan sur la table et de remonter à l’étage.
Juliette dut alors ramasser les miettes éparpillées sur la table tandis que Licina allait secouer la nappe au-dehors, laver les couverts et les auges avant de les ranger dans la cuisine, demandant à la brune qui venait de revenir où se trouvait chacun des tiroirs correspondants.
A présent que le mari d’Adélaïde était réveillé, elles pouvaient, lui dit-on, commencer à s’occuper du haut du manoir, sans crainte de faire trop de bruit. Et les mêmes gestes, les mêmes mouvements, les mêmes longues et lentes tâches furent à nouveau effectués. La margrave ré-apparut de nouveau, demandant à Estelle de la suivre alors qu’elle quittait le manoir, sans préciser dans quel but, et la jeune servante suivit sans protester, naturellement.
Juliette, armée de tout son attirail, put enfin rentrer dans la chambre de ses maîtres. Une belle et grande chambre, peut-être encore plus spacieuse et opulente que celle réservée pour quelque invité. Un grand lit à baldaquin, aux rideaux de couleur pourpre trônait contre le mur, devant une gigantesque tapisserie qui en recouvrait la totalité. Une scène de chasse à courre y était représentée, dans une multitude de détails et de couleurs et de soieries en tout genre que masquaient partiellement deux petites tables de nuit encadrant l’alcôve. Le sol, constitué de lattes de chêne finement agencées, parfaitement lisses et poncées, supportait plusieurs commodes, semainiers, coffres, bibliothèques –quoique moins remplies que celles du bureau de la margrave-, armoires et un guéridon sur lequel reposait une coupelle remplie de raisin et de deux pommes. Devant une grande fenêtre pouvant être dissimulée par un grand et lourd rideau vermeille, tombant de chaque côté de l’ouverture en deux pans ondulants, siégeait un bureau aux gravures tout aussi riches que l’ensemble des autres meubles. Une cheminée se découpait dans le mur, à l’opposé du lit, faîtée par un riche tableau représentant, dans un soupçon d’orgueil, Adélaïde et Frédérick von Mach, nobles et dignes. Dans un coin, Juliette découvrit un étrange objet, ressemblant à l’onde d’un fleuve emprisonnée dans un cadre, capable de lui renvoyer son image, de la tête au pied, encore plus distinctement que ne le faisait la petite rivière coulant près de Blutfurt. Les poutres soutenant le toit avait été recouvertes par un plafond de bois fin sur lequel se découpaient des motifs à losanges. Enfin, en face de l’entrée de la pièce se trouvait une autre porte, menant à la salle de bain personnelle.
Après avoir passé un certain temps à nettoyer la chambre pourtant déjà impeccable de tes maîtres, après avoir lubrifié les meubles, dépoussiéré l’argenterie, aéré la pièce et refait le lit, tu entres dans la salle de bain. Une odeur te prend le nez, une odeur d’encens, très forte et capiteuse, et tu distingues, justement, un petit encensoir en argent exhalant un mince trait d’une lourde fumée grise, vraiment pas assez pour plonger la salle de bain dans l’opacité. Un autre miroir au pied représentant des pattes d’un animal que tu ne connais pas trône dans la pièce, légèrement incliné vers le haut. Une baignoire encore humide se tient là également, et tu remarques, dans le fond, une ingénieuse trappe reliée à un tuyau traversant un mur, de quoi, sûrement, vider le grand récipient d’une toute autre façon que celle que tu avais dû faire pour retirer l’eau du bain de la première « auberge » dans laquelle tu t’étais arrêtée.Jet de perception : caché
Sur une petite table, tu repères un coffret débordant de bijoux en tout genre, assez pour pouvoir subvenir à ses propres besoins pendant quelques années si on les vendait en projetant de vivre simplement.
Elles en eurent jusqu’à un petit moins que midi pour achever de laver et de nettoyer l’intégralité du manoir –si ce n’était la cave et le bureau d’un Frédérick ne souhaitant pas être dérangé-, et Licinia lui avoua en soupirant qu’il faudrait procéder de même le lendemain. Adélaïde mettait un point d’honneur à vivre dans le propre et à rendre sa maisonnée pure et accueillante quelque fût le jour. Les jours allaient être très, très long, mais au moins, renchérissait la brune, avait-on un toit sûr sous lequel dormir, en plus d’être probablement mieux logée que toute autre jeune fille non-noble de son genre.
Il fallut à nouveau préparer la table pour le margrave tandis que Licinia fit rapidement la tambouille, et les restes leur furent destinés.
Dans l’après-midi, après avoir fait la vaisselle, Estelle revint en coup de vent apporter une missive d’Adélaïde à Frédérick, qui quitta les lieux aussitôt, la jeune femme sur les talons.
Laver le linge fut également une de leur tâche à effectuer, et les deux servantes s’en allèrent à travers le village, un panier chacun sous le drap. Dans les ruelles, Licinia fut souvent saluée par diverses personnes qu’elles croisèrent toutes les deux, un air amical, et la camériste leur répondit à tous avec ce grand sourire qui illuminait si bien son joli visage.
Un petit lavoir de pierre contemplait l’ondée dormante de la rivière, apportant cette dernière dans une cuve peu profonde par un petit caniveau. Juliette et sa comparse firent tremper le linge dans les eaux claires, avant de le couler dans une petite bassine pleine de terre de foulon et d’eau. Après avoir pressé et tordu chaque habit plusieurs fois, elles les rincèrent dans la cuve du lavoir, pour les battre ensuite violemment, tentant de les essorer au maximum. Revenant au manoir, elles accrochèrent à une corde, dans la petite cours derrière le bâtiment, l’ensemble des linges trempés, que pour mieux recommencer avec un nouveau panier à laver.
Juliette apprit à mieux connaître Licinia, qui en profita pour lui conter une partie de sa vie. Fille de simple fermier, elle avait attiré l’attention du margrave alors qu’elle se rendait dans le manoir pour lui apporte du lait frais le matin, assez souvent pendant la semaine. L’homme avait alors demandé si cela l’intéressait que de devenir servante dans sa maisonnée, avant de poser la question à ses parents quant au fait de savoir si cela les dérangerait que de perdre une éventuelle aide à la ferme. Licinia, elle, rêvait de quitter la petite maison et ses enclos, se voyant déjà bien fière de servir l’une des personnes les plus importantes de la région. Ce n’était pas qu’elle n’aimait pas ses parents, bien loin de là, au contraire, mais ce manoir qu’elle avait déjà vu de loin l’intriguait fortement, et la jeune femme avait toujours voulu savoir quelle richesse il recelait. Son père et sa mère n’y avait finalement pas vu d’inconvénient, mais peut-être fut-ce parce que Frédérick s’était déplacé en personne, et qu’ils n’avaient jamais trouvé le courage de s’opposer à sa volonté.
A ce moment-là, Licinia s’était interrompue quelque peu dans son récit, ses petites fossettes se colorant soudainement de rouge. En fait, avoua-t-elle, l’homme ne l’avait prise sous son aile que pour pouvoir profiter d’elle plus facilement. Enfin, avait-elle corrigé, il s’agissait de son intention première, mais quand il le lui avait fait sous-entendre en privé et que Licinia, terrifiée, avait dit non, il n’avait, étrangement, pas insisté.
« Un grand homme que le margrave, dit la servante, continuant de rougir de plus belle. Il aurait vraiment pu profiter de son statut, mais il ne l’a pas fait. Il est bien fait de sa personne, c’est certain, et n’est pas déplaisant, non, vraiment… C’est juste que… Je ne sais pas. Je me sentirais probablement comme sale, et puis, il est marié ! Et Adélaïde… C’est une vie fatigante et répétitive, mais l’on est bien située, je trouve. Je ne voudrais pas perdre tout cela à cause de ça. »
Aussi avait-elle continué sa vie en tant que servante, et jamais plus Frédérick ne l’avait importuné avec cela. A présent qu’elle s’était libérée de ce passage délicat, qui la faisait joliment rosir, elle sourit d’un petit air espiègle, et demanda, une étincelle amusée dans le regard, ce que Juliette pensait de lui, pour l’avoir vu pour la première fois ce matin.
Ça avance doucement, je sais. J'espère que tu es patiente, parce que, la façon dont je procède serait un peu celle-ci : j'écris, j'ai des idées qui viennent par-ci par-là mais qui n'étaient pas forcément prévues, je les incorpore, ça remplit la page... Et d'un seul coup, je me dis que si je ne coupe pas, ça va faire un trop long post, et que ce que j'ai déjà écrit est assez honorable pour faire office d'un post. Donc je coupe, et je poste.![]()
Profites-en ; quelque part, c'est un peu de l'xp gratuite. N'hésite pas non plus à bien déterminer l'avis de Juliette sur tel ou tel point si l'envie te prend de commenter ce qu'il se passe ou ce qu'elle trouve... J'aime beaucoup voir la psychologie du personnage sur différents éléments. =D
Et, si jamais tu veux t'arrêter sur un passage de cette journée, ou que tu avais une question à poser, une remarque, tente toujours. Je posterai une éventuelle réponse en mode "Inception". *_*
- Juliette Dickens
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Re: [Juliette Dickens] Fuite éperdue et inavouables habitude
Le soleil projetait une brillance fugitive sur le village d’Eisental. Tandis que Juliette et Licinia se dirigeaient vers le petit lavoir pour nettoyer le linge de la margrave, les habitants du village se déversaient dans les venelles pierrées du bourg ; d’un pas lourd et lent, fermiers et bergers s’en allaient s’occuper des bêtes. Les femmes se dirigeaient vers la rivière qui passait devant le village. A de nombreuses reprises, l’amie de Juliette fut saluée par les habitants d’Eisental : être la servante de la margrave Adélaïde von Mach conférait une certaine notoriété dans le village.
Juliette Dickens progressait par les ruelles du village, un panier de linge sous le bras. Depuis son réveil, la jeune femme avait accompli de nombreuses tâches dans le grand manoir : nettoyage, préparation du repas, service ; elle commençait à comprendre que sa nouvelle situation était plutôt contraignante, mais heureusement, elle était bien entourée. Licinia avait semblé plutôt timide au premier abord, mais elles avaient rapidement accrochées. La brune semblait plus appréciée Juliette à Estelle. Il faut dire que cette dernière semblait être la favorite de la margrave. Elle n’avait presque pas passé la matinée avec elles.
Juliette et Licinia arrivèrent finalement au lavoir où elles y plongèrent le linge. Lorsque les mains de la jeune fille entrèrent en contact avec l’eau, elle hoqueta sous la morsure du froid. Le vent s'était récemment calmé, mais la température n'en était pas moins affligeante. Avec des gestes plus lents, les doigts raidis et la peau encore plus blême sous la caresse du froid, Juliette entreprit de nettoyer le linge. La servante s’insensibilisait progressivement sous le baiser anesthésiant de l’eau glacée, frissonnant pourtant de tous ses membres.
« Un grand homme que le margrave […] C’est une vie fatigante et répétitive, mais l’on est bien située, je trouve. Je ne voudrais pas perdre tout cela à cause de ça. »
Juliette Dickens fut étonnée en écoutant l’histoire de Licinia surtout lorsqu’elle parla de la tentative du margrave de profiter d’elle. Elle ne sut pas trop comment réagir devant de tels propos : devait-elle réconforter son amie ou ne rien dire ? L’ancienne paysanne opta pour la deuxième solution.
Elle sortit finalement ses mains de l’eau glacée avec un immense soulagement. Elle sentit une goutte d'eau ruisseler sur son bras droit presque douloureusement, elle s’essuya rapidement les mains sur sa nouvelle robe. Alors que Licinia terminait sa tâche, elle lui demanda ce qu’elle pensait du margrave.
Juliette Dickens l’avait rencontré le matin même et elle n’avait pas encore eût le temps de se faire une opinion sur le personnage. Elle le connaissait seulement grâce aux récits que lui avaient racontés Estelle et Licinia.
« Je ne sais pas trop quoi te répondre. Je sais que d’après vous il apprécie les femmes et ton histoire personnelle confirme ce point. J’espère fortement qu’il ne va pas tenter la même chose qu’il a faite avec toi sur moi. C’est assurément un bel homme et cela explique pourquoi Adélaïde l’a choisi. »
Juliette se frotta rapidement les mains sur ses genoux avant de passer sa main droite dans les cheveux…
Juliette Dickens progressait par les ruelles du village, un panier de linge sous le bras. Depuis son réveil, la jeune femme avait accompli de nombreuses tâches dans le grand manoir : nettoyage, préparation du repas, service ; elle commençait à comprendre que sa nouvelle situation était plutôt contraignante, mais heureusement, elle était bien entourée. Licinia avait semblé plutôt timide au premier abord, mais elles avaient rapidement accrochées. La brune semblait plus appréciée Juliette à Estelle. Il faut dire que cette dernière semblait être la favorite de la margrave. Elle n’avait presque pas passé la matinée avec elles.
Juliette et Licinia arrivèrent finalement au lavoir où elles y plongèrent le linge. Lorsque les mains de la jeune fille entrèrent en contact avec l’eau, elle hoqueta sous la morsure du froid. Le vent s'était récemment calmé, mais la température n'en était pas moins affligeante. Avec des gestes plus lents, les doigts raidis et la peau encore plus blême sous la caresse du froid, Juliette entreprit de nettoyer le linge. La servante s’insensibilisait progressivement sous le baiser anesthésiant de l’eau glacée, frissonnant pourtant de tous ses membres.
« Un grand homme que le margrave […] C’est une vie fatigante et répétitive, mais l’on est bien située, je trouve. Je ne voudrais pas perdre tout cela à cause de ça. »
Juliette Dickens fut étonnée en écoutant l’histoire de Licinia surtout lorsqu’elle parla de la tentative du margrave de profiter d’elle. Elle ne sut pas trop comment réagir devant de tels propos : devait-elle réconforter son amie ou ne rien dire ? L’ancienne paysanne opta pour la deuxième solution.
Elle sortit finalement ses mains de l’eau glacée avec un immense soulagement. Elle sentit une goutte d'eau ruisseler sur son bras droit presque douloureusement, elle s’essuya rapidement les mains sur sa nouvelle robe. Alors que Licinia terminait sa tâche, elle lui demanda ce qu’elle pensait du margrave.
Juliette Dickens l’avait rencontré le matin même et elle n’avait pas encore eût le temps de se faire une opinion sur le personnage. Elle le connaissait seulement grâce aux récits que lui avaient racontés Estelle et Licinia.
« Je ne sais pas trop quoi te répondre. Je sais que d’après vous il apprécie les femmes et ton histoire personnelle confirme ce point. J’espère fortement qu’il ne va pas tenter la même chose qu’il a faite avec toi sur moi. C’est assurément un bel homme et cela explique pourquoi Adélaïde l’a choisi. »
Juliette se frotta rapidement les mains sur ses genoux avant de passer sa main droite dans les cheveux…
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Re: [Juliette Dickens] Fuite éperdue et inavouables habitude
Licinia hocha de la tête suite aux propos de Juliette, tandis que toutes les deux s’activaient à battre le linge.Welcome back ! o/
«Je ne pense pas que tu en aies à te faire, il… La jeune femme hésita à continuer comme son regard vague se perdait sur les roseaux qui ondoyaient doucement sous la caresse du vent et sous la force paresseuse de l’onde dormante. Elle finit par hausser gentiment des épaules. « Tu n’as pas à t’en faire. »
Après qu’elles eurent terminé de parler si l’envie leur disait, et que le linge fut lavé, les deux servantes s’en retournèrent au manoir. Sur la route, Licinia chantonna légèrement quelques airs qu’elle avait sûrement dû entendre durant la visite de troubadours ou de bardes dans la résidence d’Adélaïde, ou dans quelque autre réception où, cette dernière ayant été conviée, sa camérière l’avait suivie.
Et une fois dans le manoir, l’on étendit les vêtements humides dans la cour tout en surveillant les nuages qui garnissaient, comme toujours, le ciel gris d’Ostermark.
«Tes affaires sont là. » La margrave avait cueilli sa nouvelle servante alors même que celle-ci venait de rentrer dans le bâtiment et ses pièces à la chaleur bienvenue. Un garde du domaine la suivait docilement, tenant dans ses bras le sac et tout le barda qui l’accompagnait.
«Tu peux donc récupérer ce qui t’appartient. En revanche, je doute que tu aies besoin de cela céans-même. Je pense donc que je vais les conserver dans l’armurerie… Ou pour la milice, qui sait », termina-t-elle sur un ton qui trahissait bien le fait que peu lui en chalait. Aussi quitta-t-elle les lieux, épée courte dans la main, et l’homme l’imita, emportant, quant à lui, l’arc de Juliette.
Par la suite, il fallut, comme toujours et alors que le soir tombait, préparer la table et servir le repas que préparait une Licinia aux fourneaux. Adélaïde et Frederick étaient tous deux présents, conversant de ce qu’ils avaient fait la journée et de sujets aussi bien politiques qu’administratifs, lorsqu’il ne s’agissait pas tout simplement de conversations aussi triviales qu’un paysan pouvait tenir à sa femme en une longue soirée d’hiver. Alors que Licinia et Juliette s’attelaient à tout débarrasser et à laver les plats, Estelle s’éclipsa à l’étage en compagnie de sa maîtresse, partie très certainement se préparer au coucher, tandis que le margrave, lui, allait s’enfermer dans son bureau.
Il s’agissait d’une journée typique au manoir de la margrave Adélaide von Mach.
***Cette première journée s’était bien passée, semblait-il, et, pour les suivantes, il en alla de même. Les tâches qu’elle y avait effectuées constituaient là son lot d’obligations quotidiennes, aidée çà et là par une Licinia et une Estelle qui s’habituèrent très rapidement à la nouvelle-venue. La première demeurait très agréable, avec son air aussi charmant et enjoué qu’ingénu, et, à vrai dire, la seconde n’était pas non plus déplaisante et savait se montrer très amicale également, quand bien même ne perdait-elle pas ce petit trait de caractère un tant soit peu condescendant qui la définissait de temps à autre.
Le mari et la femme qu’elles servaient avaient des comportements eux aussi bien différents. Adélaïde était très pointilleuse sur toute incartade, sévère lorsqu’une erreur était commise alors que Frederick, lui, demeurait calme et décontracté ou, au pire, s’esclaffait doucement en s’imaginant déjà la tête de la margrave lorsqu’elle apprendrait la fredaine. Il arriva ainsi que Juliette cassât un jour un vase alors que les deux propriétaires de la maisonnée étaient présents et, si Adélaïde s’était fortement endêvée à l’encontre de la servante, l’homme avait, à la seconde près où l’incident était arrivé, simplement tourné les yeux vers la margrave, petit sourire aux lèvres, comme s’il tentait d’ores et déjà de prévoir le degré de sa colère. Juliette, après s’être bien fait tirer les oreilles, avait vu sa maigre pension diminuer de la valeur du vase brisé.
Sans quoi, en dépit de tout le temps que leur prenaient leurs obligations, les trois jeunes femmes disposaient, de temps à autre, de quelques heures de répit selon les jours ou les semaines, durant lesquelles elles étaient libres de faire ce que bon leur semblait, et il arrivait qu’elles se rendissent en ville, qu’elles allèrent boire un coup dans les deux tavernes sous le regard appréciateurs de tous ces soldats qui traînaient dans les alentours, qu’elles allèrent rendre hommage aux dieux en fonction de leur foi, ou encore qu’elles restaient simplement au manoir.
Une vie banale de servante, et les jours et les semaines passèrent ainsi, lorsque se déroula un évènement sans doute bien moins banal.
Tu passes la serpillère dans le hall d’entrée, comme il en convient tous les jours. Tes mains sont agrippées au manche, tes muscles contractés par l’effort long et répété, mais tu t’es rendu compte au fil des dernières semaines que cette tâche autrefois harassante et douloureuse que de trop la réitérer ne te fait plus grand-chose à présent ; tes mains de mineuse, déjà bien endurcies, ne le sont devenues que davantage, et de la pénibilité de l’activité, il ne reste plus, à tes yeux, qu’une certaine monotonie dans son exécution.
Le sol est brillant de cette fine pellicule d’eau qui le recouvre, et tu fais attention de ne pas trop le resalir en marchant par-dessus. Là-dessus arrive Estelle, revenant de la ville, un panier à la main. Celle-ci, guillerette, ne prend pas garde à ton activité, et vient piétiner de ses petites sandales ayant traîné dans les ruelles d’Eissental le dallage que tu as nettoyé avec amour. Ce n’est qu’avec un petit moment de retard qu’elle se rend compte de sa bévue.
«Oh, mince ! Juliette, j’ai pas fait attention, je suis désolée… » Et à elle, dans ses excuses qui semblent sincères, de s’arrêter tout net, n’osant plus bouger et ne sachant que faire. Il lui faut cependant bouger, toute pressée qu’elle paraisse tout d’un coup, et s’en fuit à l’étage.
Elle réapparaît deux minutes plus tard.
«J’ai ramené des serviettes propres et il faut donc que… Elle semble soudainement très gênée, et regarde si l’on ne vous regarde pas. Bon, ce n’est pas à moi de faire ça, mais faut absolument que j’aille rejoindre la margrave, là… Tu pourrais brûler ça pour moi, dans la cour ? »
Elle te tend un autre panier empli de serviettes bien moins neuves que celles qu’elle a rapportées, et aussitôt, une forte odeur cuivrée te prend au nez. En trifouillant dans le panier, tu t’aperçois que ces serviettes de couleur foncé dans lesquelles, d’ordinaire, l’on s’envelopperait bien volontiers à l’intérieur sont toutes rêches et râpeuses. Tu parviens à en trouver une blanche. Ou du moins l’était-elle autrefois. En sa fin de vie, à l’aube d’une crémation imminente, cette serviette jadis immaculée est tachée d’un rouge bien foncé, carmin. Et alors qu’Estelle semble fortement regretter de te t’avoir demandé cette faveur et que tu aies ainsi vu cela, toi, tu devines expressément l’origine de ce rouge et de cette odeur écœurante.
Si jamais tu as des questions à poser à qui que ce soit, que ce soit à Estelle maintenant ou à Licinia au lavoir alors même que cette partie semble "finie" (vu que l'on passe à autre chose dans le Rp) n'hésite surtout pas ! C'est même encouragé ; ce sera du Rp flash-back, parfaitement gérable.
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Re: [Juliette Dickens] Fuite éperdue et inavouables habitude
Juliette Dickens et Licinia ouvrirent la porte et entrèrent dans l’auberge du village. L’intérieur était une grande salle carrée avec de nombreuses tables éparpillées dans la pièce. Les deux amies étaient venues prendre leur repas de midi et à cette heure-ci, l’endroit était peu fréquenté. Cela faisait déjà quelques jours que la nouvelle servante travaillait pour la margrave Adélaïde von Mach et cela se passait plutôt bien pour le moment.
Des hommes âgés étaient accrochés au comptoir et quelques fermiers et une poignée de femmes étaient assis aux tables, mais c’était tout. Mais toute l’attention de Juliette Dickens était attirée par une fragile silhouette assisse sur un petit banc posé sur une estrade, un vieux luth en travers des genoux. Elle était d’une beauté étonnante avec ses cheveux noirs et des yeux en amande. Ses vêtements étaient élimés, mais semblaient propres et, probablement, ceux d’une fille de ferme, même si Juliette doutait qu’elle ait souvent participé aux travaux des champs, car à en juger par son regard, la pauvre fille devait très certainement être aveugle.
Elle arriva au bout de sa chanson et plaqua un tout dernier accord, elle fut saluée par des applaudissements de la part des fermiers et des femmes présents, ainsi que par quelques grognements de la part des vieux accoudés au comptoir. Certains fermiers jetèrent des pièces dans l’étui ouvert aux pieds de la fille, celle-ci effectua quelques signes de tête reconnaissants quand elle les entendit tinter les unes contre les autres. Puis elle se lança dans une autre chanson.
Juliette Dickens connaissait cette chanson. Sa propre mère l’avait souvent chantée et, après sa mort, la jeune fille l’avait toujours gardée en tête. C’était l’histoire d’une jeune épouse appelée hors de chez elle par quelque chose au milieu des bois et que l’on ne revit jamais, même si son inconsolable mari la chercha durant tout le reste de sa vie.
Juliette et Licinia trouvèrent une table, puis écoutèrent la fille enchaîner les airs les uns après les autres de sa voix à la beauté si pure. Chaque chanson lui déchirait un peu plus le cœur, comme si on y enfonçait un poignard. La douleur était terrible, mais les souvenirs qui se déversaient de ces blessures étaient exquis et méritaient bien toute cette souffrance. Elle se revit assisse sur les genoux de son père alors que jouaient les musiciens et que dansaient les paysans de Blutfurt, ou en train de se rendormir, bercée par la voix de sa mère, après avoir été réveillée par un cauchemar.
Ces chansons étaient des fenêtres ouvertes sur un monde qu’elle ne pourrait plus jamais retrouver, un monde à qui elle avait été arrachée par un événement empoisonné. Cela n’avait jamais été un monde parfait. Les ombres de la mort et de la destruction avaient plané au-dessus d’elle depuis sa naissance, elles accompagnaient ainsi tout enfant né à Blutfurt, mais c’était pourtant un monde qui laissait place à l’espoir, au soleil et à l’amour, à la famille et à la camaraderie. Son monde désormais était bien différent.
Ce fut donc une sorte de soulagement lorsque la fille annonça qu’elle faisait une petite pause pour manger et boire un peu. L’aubergiste venait justement d’apporter les assiettes des deux servantes. Licinia et Juliette profitaient souvent de ces quelques heures de répit pour faire plus amples connaissances, et la brune montrait à la nouvelle les endroits les plus agréables du village.
Cette fois-ci Juliette en profita pour poser quelques questions à son amie sur Estelle, la troisième servante. En quelques jours, l’ancienne paysanne avait fréquenté un peu plus Estelle et elle était aussi accueillante et amicale que Licinia. Mais elle voulait savoir pourquoi elle était la favorite de la margrave. C’est pourquoi elle posa quelques questions à Licinia, lui demandant notamment si Estelle était déjà une servante lorsqu’elle était arrivée au manoir.
Une fois le repas terminé, elles reprirent le chemin du manoir où Juliette retrouva son balai – son nouvel instrument du travail, bien plus confortable que la pioche et la pelle. Mais alors qu’elle avait bientôt terminée sa tâche, Estelle fit son apparition sans prêter attention au nettoyage de Juliette.
« Oh, mince ! Juliette, j’ai pas fait attention, je suis désolée… »
Elle partit rapidement à l’étage avant de réapparaitre deux minutes plus tard, un panier dans la main.
«J’ai ramené des serviettes propres et il faut donc que… Bon, ce n’est pas à moi de faire ça, mais faut absolument que j’aille rejoindre la margrave, là… Tu pourrais brûler ça pour moi, dans la cour ? »
Elle tendit alors le panier à Juliette, qui posa son balai et s’en saisit. Elle remarqua qu’une forte odeur cuivrée se dégageait du panier. Les serviettes qui reposaient dans le panier étaient toutes inondées de sang. Juliette fut saisit d’un haut-le-cœur. Le jeune servante éloigna le panier de son visage et se tourna vers Estelle, inquiète.
« Mais… mais d’où vient ce sang, Estelle ? »
Des hommes âgés étaient accrochés au comptoir et quelques fermiers et une poignée de femmes étaient assis aux tables, mais c’était tout. Mais toute l’attention de Juliette Dickens était attirée par une fragile silhouette assisse sur un petit banc posé sur une estrade, un vieux luth en travers des genoux. Elle était d’une beauté étonnante avec ses cheveux noirs et des yeux en amande. Ses vêtements étaient élimés, mais semblaient propres et, probablement, ceux d’une fille de ferme, même si Juliette doutait qu’elle ait souvent participé aux travaux des champs, car à en juger par son regard, la pauvre fille devait très certainement être aveugle.
Elle arriva au bout de sa chanson et plaqua un tout dernier accord, elle fut saluée par des applaudissements de la part des fermiers et des femmes présents, ainsi que par quelques grognements de la part des vieux accoudés au comptoir. Certains fermiers jetèrent des pièces dans l’étui ouvert aux pieds de la fille, celle-ci effectua quelques signes de tête reconnaissants quand elle les entendit tinter les unes contre les autres. Puis elle se lança dans une autre chanson.
Juliette Dickens connaissait cette chanson. Sa propre mère l’avait souvent chantée et, après sa mort, la jeune fille l’avait toujours gardée en tête. C’était l’histoire d’une jeune épouse appelée hors de chez elle par quelque chose au milieu des bois et que l’on ne revit jamais, même si son inconsolable mari la chercha durant tout le reste de sa vie.
Juliette et Licinia trouvèrent une table, puis écoutèrent la fille enchaîner les airs les uns après les autres de sa voix à la beauté si pure. Chaque chanson lui déchirait un peu plus le cœur, comme si on y enfonçait un poignard. La douleur était terrible, mais les souvenirs qui se déversaient de ces blessures étaient exquis et méritaient bien toute cette souffrance. Elle se revit assisse sur les genoux de son père alors que jouaient les musiciens et que dansaient les paysans de Blutfurt, ou en train de se rendormir, bercée par la voix de sa mère, après avoir été réveillée par un cauchemar.
Ces chansons étaient des fenêtres ouvertes sur un monde qu’elle ne pourrait plus jamais retrouver, un monde à qui elle avait été arrachée par un événement empoisonné. Cela n’avait jamais été un monde parfait. Les ombres de la mort et de la destruction avaient plané au-dessus d’elle depuis sa naissance, elles accompagnaient ainsi tout enfant né à Blutfurt, mais c’était pourtant un monde qui laissait place à l’espoir, au soleil et à l’amour, à la famille et à la camaraderie. Son monde désormais était bien différent.
Ce fut donc une sorte de soulagement lorsque la fille annonça qu’elle faisait une petite pause pour manger et boire un peu. L’aubergiste venait justement d’apporter les assiettes des deux servantes. Licinia et Juliette profitaient souvent de ces quelques heures de répit pour faire plus amples connaissances, et la brune montrait à la nouvelle les endroits les plus agréables du village.
Cette fois-ci Juliette en profita pour poser quelques questions à son amie sur Estelle, la troisième servante. En quelques jours, l’ancienne paysanne avait fréquenté un peu plus Estelle et elle était aussi accueillante et amicale que Licinia. Mais elle voulait savoir pourquoi elle était la favorite de la margrave. C’est pourquoi elle posa quelques questions à Licinia, lui demandant notamment si Estelle était déjà une servante lorsqu’elle était arrivée au manoir.
Une fois le repas terminé, elles reprirent le chemin du manoir où Juliette retrouva son balai – son nouvel instrument du travail, bien plus confortable que la pioche et la pelle. Mais alors qu’elle avait bientôt terminée sa tâche, Estelle fit son apparition sans prêter attention au nettoyage de Juliette.
« Oh, mince ! Juliette, j’ai pas fait attention, je suis désolée… »
Elle partit rapidement à l’étage avant de réapparaitre deux minutes plus tard, un panier dans la main.
«J’ai ramené des serviettes propres et il faut donc que… Bon, ce n’est pas à moi de faire ça, mais faut absolument que j’aille rejoindre la margrave, là… Tu pourrais brûler ça pour moi, dans la cour ? »
Elle tendit alors le panier à Juliette, qui posa son balai et s’en saisit. Elle remarqua qu’une forte odeur cuivrée se dégageait du panier. Les serviettes qui reposaient dans le panier étaient toutes inondées de sang. Juliette fut saisit d’un haut-le-cœur. Le jeune servante éloigna le panier de son visage et se tourna vers Estelle, inquiète.
« Mais… mais d’où vient ce sang, Estelle ? »
Pour le dialogue flashback, je demande quelques informations sur Estelle à Licinia![]()
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Re: [Juliette Dickens] Fuite éperdue et inavouables habitude
- « Estelle ? » Dans l’atmosphère enfumée de la taverne, Licinia s’arrêta de manger, prenant son temps pour réfléchir. Il semblait qu’après les chants entonnés par la jeune aveugle, les gens se furent attendris, calmés, et, dans un respect presque solennel pour la beauté des paroles et les mélodies employées, les chansons paillardes gueulées à tue-tête et aboiements coutumiers de ce genre d’endroit avaient laissé la place à une ambiance plus paisible et respectable.
«Elle est arrivée un an avant moi ; ça fait donc deux ans et demi qu’elle sert la margrave. Elle n’aime pas vraiment qu’on parle de ça, mais elle m’a confié, un jour, être la fille bâtarde d’une grande personne je ne sais plus où, qui connait dame Adélaïde. Si elle a été rapidement élevée en tant que petite noble, sa belle-mère, du coup, ne l’a jamais vraiment supportée, et elle fut envoyée ici. Le meilleur poste qu’on pouvait lui faire, lui a-t-on dit, parce que si son père la reconnaissait, il y aurait eu des problèmes d’héritages et d’alliances, ce genre de choses. Peut-être que son père lui a fourni de l’argent, ou qu’étant la servante la plus âgée ici… ‘Fin bon, elle ne parle pas trop volontiers de son passé qu’elle n’apprécie pas, et moi, je la laisse tranquille avec ça. »
Elles continuèrent alors leur repas et, en réalité, lorsqu’elles l’eurent terminé, il leur restait un petit peu de temps. Ce fut à ce moment-là qu’entra dans l’auberge un grand gaillard au visage ouvert, et celui-ci ne s’éclaira que davantage encore au moment où il croisa le regard de Licinia. D’un grand et vif pas qui avait tout l’air martial, il se fraya un chemin directement jusqu’à leur table où il vint, comme cela, embrasser une Licinia qui, sous le regard de Juliette, arbora une teinte rougissante tout à fait charmante.
«Euh… Juliette, voici Maximilian. Max’, ben… Juliette », commença la jeune femme avec grand peine.
-C’est donc toi, la nouvelle serveuse ? Ravi de te rencontrer, Licinia m’a pas mal parlé de toi, et, apparemment, tu fais du bon travail, en plus de lui permettre de respirer davantage, au manoir. Du coup, on a bien plus de temps pour ce voir, c’bien, ça ! »
Et l’homme lui décocha un grand sourire aussi amical qu’amusé. Maximilian, ainsi, était probablement leur aîné de deux ou trois ans, et affichait une assurance certaine, au travers de sa mâchoire carrée et de ses yeux marron qui vous fixaient franchement, le rendant plutôt sympathique.
«T’as réussi à trouver un endroit où te loger, alors ? Tu sais, comme je t’ai dit, je peux t’aider à payer une chambre si tu veux !
- Non, c’est gentil, mais ça va, répondit le nouveau-venu. J’ai enfin trouvé une foutue piaule dans l’autre auberge. Trop de soldatesque par ici, là, on trouve plus à manger, c’est pas facile. M’enfin, y’a un gars qui s’est fait descendre, près de la frontière, alors j’en ai profité : j’ai pris son pieux. Ouais, je sais, mais bon… Franchement, si je ne l’avais pas fait, un autre l’aurait aussitôt pris ! »
Ce ne fut pas le fait qu’il eût pris la place d’un mort qui inquiéta Licinia, et cela se vit sur l’expression angoissée de son visage, mais plutôt le fait qu’il pût courir un danger.
«Rho, mais non, t’en fait pas, je suis bien là où je suis. Juste à quelques lieux en dessous d’Enseintal, c’est tranquille. Par contre, pour ceux qui sont encore plus au sud, genre, Blutfurt… »
Son visage se ferma, et s’assombrit tout comme celui de Juliette, qui continua brièvement de sa petite voix inquiète.
«Oui, j’en ai eu quelques échos, mais je pensais que c’était que des contes…
- Ouais, j’chai pas trop, mais le type à qui j’ai pris la place, il vient de là-bas. »
Un silence se fit, avant qu’ils ne reprennent la parole sur d’autres sujets bien plus joyeux.
***Si Estelle avait paru de prime abord gênée, c’était d’avoir espéré que la nouvelle ne posât pas de question, s’attelant à la tâche qui lui avait été confiée. Bien mal lui en pris lorsqu’elle se rendit compte de son erreur, et à présent, muée par un sentiment qui ressortait presque comme étant de la terreur ; la blonde était devenue blafarde, et, après avoir jeté un coup d’œil en direction de l’escalier qui menait à l’étage, balbutia rapidement quelques mots.
«C’est parce que…Je… Juliette, par pitié, ne pose pas de question, je peux pas te répondre, ou elle va me tuer », glapit-elle après avoir cherché du mieux qu’elle le put une pauvre réponse toute faite à lui fournir, en vain. Sous la panique, il semblait que son esprit ne réfléchissait pas comme il se devait. « Fais juste ce que je te demande, vraiment. »
Et elle s’en fut aussitôt, à l’extérieur.
Si Juliette accéda à la demande, alors elle trouva tout ce qu’il lui fallut pour brûler le tout. Dans la cuisine se trouvait des allumettes semblables à celles qu’elle possédait déjà, et dans la cour, plus loin que le puits, se trouvaient quelques cageots de bois et plusieurs bûches, ainsi qu’une petite hache servant à débiter le tout. Mais sûrement n’avait-elle pas besoin de bois ; dans un recoin formé par le mur, à l’abri du vent, l’on pouvait distinguer au sol des traces de brûlures ponctuant une terre déjà calcinée. Ce n’était pas la première fois, sembla-t-il à la jeune femme, que l’on s’adonnait à cette étrange activité. Et si Juliette sortit le contenu du panier pour y mettre le feu, là, alors celui-ci prit sans aucun problème, les flammes voraces n’étant que trop heureuses de se nourrir de laine.
Par la suite, alors que tout le monde était revenu au manoir, il régna comme un climat de tension entre la plus jeune et la plus ancienne des servantes, indépendamment de la volonté de la première. Alors que l’on servait le repas ou que les servantes prenaient le leur, Estelle coulait de petits regards craintifs en direction de la margrave, et d’autres, certes un peu moins peureux en direction de Juliette, mais toujours fut-il qu’elle s’éclipsa l’espace de quelques instants à l’extérieur afin de voir si tout avait été bien exécuté. Et au milieu de tout cela trônait une Licinia qui, sourcils froncés, ne comprenait pas ce qui se tramait, et portait, elle, de long regards perplexes et interrogateurs à chacune de ses comparses.
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Re: [Juliette Dickens] Fuite éperdue et inavouables habitude
Une fois dans la cour du manoir, Juliette Dickens s’installa à l’endroit où elle pouvait distinguer des traces de brûlures sur le sol. Elle comprit que ce n’était pas la première fois que l’on faisait disparaître des serviettes de cette manière – Estelle avait dû le faire autrefois. La jeune servante aurait bien aimé demander à Licinia si la servante blonde lui avait déjà demandé de brûler des serviettes ensanglantées, mais elle avait peur de condamner Estelle à un sort peu enviable. Au vue des regards qu’elle avait jetée derrière elle en donnant le panier à Juliette, celle-ci ne voulait pas que la margrave sache qu’elle avait confiait cette tâche à une autre servante.
Quand Juliette Dickens eut fait un travail plus ou moins soigné, elle sortit de sa robe les allumettes qu’elle avait dénichées dans la cuisine du manoir. Attrapant un gros caillou plat, qui traînait par là, l’ancienne paysanne commença à y frotter une allumette.
Quelques instants plus tard, le feu prit lentement puis commença à enlacer les serviettes sales. Les serviettes avaient prises de suite et de petites flammes léchaient les bouts de bois secs disposés autour, noircissant au passage le sol de la cour. Des petites flammes s’élevaient, réconfortantes de chaleur.
Tandis que Juliette Dickens s'abîmait doucement dans le spectacle de la danse embrasée, un très mince sourire se dessina sur sa bouche. La jeune servante se perdait devant un tel spectacle. Mais elle reprit rapidement ses esprits en voyant le feu se propager à l’aide des herbes sèches de la cour. Elle courut au puits, se saisit du seau et vida l’eau sur son petit brasier. Et dans un pschiit aigu, le feu de la jeune fille mourut. Les serviettes sales avaient elles aussi disparues.
La servante quitta finalement la cour, de nombreuses questions en tête, et reprit sa tâche en cours, c’est-à-dire le nettoyage du manoir. Et alors qu’elle passait le balai, Juliette pouvait voir à l’extérieur que le soleil commençait petit-à-petit à disparaître laissant place à l’obscurité de la nuit. La tâche du nettoyage fut elle aussi remplacée par les préparatifs du souper.
Lorsque Juliette se retrouva en compagnie d’Estelle dans la cuisine, cette dernière semblait plutôt mal à l’aise. Elle s’absenta même quelques secondes pour voir si la nouvelle avait bien fait disparaître les serviettes ensanglantés. Licinia, elle, semblait perdue. Du regard elle demanda à Juliette ce qui se passait entre les deux servantes, mais l’ancienne paysanne se contenta d’hausser les épaules.
Quand se fut le tour de manger pour les servantes, l’ambiance fut toujours aussi froide. Un silence embarrassant s’était installé dans la cuisine, on pouvait seulement entendre les couverts racler sur les assiettes. Juliette Dickens ne préféra pas parler du dernier événement, mais elle décida de parler d’un autre événement de la journée.
« Alors comment tu as rencontré Max’, Licinia ? » demanda-t-elle avant d’éclater de rire devant l’air embarrassé de la servante…
Quand Juliette Dickens eut fait un travail plus ou moins soigné, elle sortit de sa robe les allumettes qu’elle avait dénichées dans la cuisine du manoir. Attrapant un gros caillou plat, qui traînait par là, l’ancienne paysanne commença à y frotter une allumette.
Quelques instants plus tard, le feu prit lentement puis commença à enlacer les serviettes sales. Les serviettes avaient prises de suite et de petites flammes léchaient les bouts de bois secs disposés autour, noircissant au passage le sol de la cour. Des petites flammes s’élevaient, réconfortantes de chaleur.
Tandis que Juliette Dickens s'abîmait doucement dans le spectacle de la danse embrasée, un très mince sourire se dessina sur sa bouche. La jeune servante se perdait devant un tel spectacle. Mais elle reprit rapidement ses esprits en voyant le feu se propager à l’aide des herbes sèches de la cour. Elle courut au puits, se saisit du seau et vida l’eau sur son petit brasier. Et dans un pschiit aigu, le feu de la jeune fille mourut. Les serviettes sales avaient elles aussi disparues.
La servante quitta finalement la cour, de nombreuses questions en tête, et reprit sa tâche en cours, c’est-à-dire le nettoyage du manoir. Et alors qu’elle passait le balai, Juliette pouvait voir à l’extérieur que le soleil commençait petit-à-petit à disparaître laissant place à l’obscurité de la nuit. La tâche du nettoyage fut elle aussi remplacée par les préparatifs du souper.
Lorsque Juliette se retrouva en compagnie d’Estelle dans la cuisine, cette dernière semblait plutôt mal à l’aise. Elle s’absenta même quelques secondes pour voir si la nouvelle avait bien fait disparaître les serviettes ensanglantés. Licinia, elle, semblait perdue. Du regard elle demanda à Juliette ce qui se passait entre les deux servantes, mais l’ancienne paysanne se contenta d’hausser les épaules.
Quand se fut le tour de manger pour les servantes, l’ambiance fut toujours aussi froide. Un silence embarrassant s’était installé dans la cuisine, on pouvait seulement entendre les couverts racler sur les assiettes. Juliette Dickens ne préféra pas parler du dernier événement, mais elle décida de parler d’un autre événement de la journée.
« Alors comment tu as rencontré Max’, Licinia ? » demanda-t-elle avant d’éclater de rire devant l’air embarrassé de la servante…
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Re: [Juliette Dickens] Fuite éperdue et inavouables habitude
- Lorsque Juliette posa la question à table, alors que les trois servantes dévoraient leur repas du soir, Estelle coula un rapide regard en direction de Licinia, et, pour la première fois dans la soirée, esquissa un maigre et doux sourire. Sûrement connaissait-elle bien la propension de la jeune femme à se trouver gênée face à pareille interrogation.
«Eh bien…, commença l’intéressée en virant de façon très charmante au rouge cramoisie. Je l’ai d’abord vu une première fois il y a de ça trois mois, au temple de Sigmar, alors que je voulais simplement me recueillir en paix après une dure journée de travail. Et lui se trouvait là, et n’arrêtait pas de me jeter des coups d’œil en biais alors qu’il faisait semblant de prier. Par la suite, je l’ai revu au Mouton à Cinq Pattes, alors que j’étais avec Estelle, et il est tout simplement venu me voir et me parler, comme ça.
- A partir de ce moment-là, c’était fini. J’ai pas pu en placer une, renchérit Estelle, bougonne.
- Hum… Il est vrai qu’il n’a pas arrêté de me parler. Il m’a demandé ce que je faisais là, si je vivais ici, et m’a expliqué qu’il était l’un de ces nombreux soldats qu’on avait envoyés ici contre Crom et le Chaos
- Tu oublies qu’il t’a demandé si tu étais mariée, fiancée, si tu avais simplement quelqu’un, si tu vivais dans la même demeure que tes parents, et, si oui, si tu avais les moyens de prendre une chambre à cette taverne.
-.... »
Estelle sembla oublier la demande qu’elle avait faite à Juliette et les conséquences qui en découleraient peut-être pour éclater de rire face à la mine déconfite de sa consœur.
«Héhé, je me demande bien ce qu’il avait dans la tête, ce jour-là !
- N’empêche qu’il est toujours là, et toujours qu’avec moi.
- C’est vrai. Mais sûrement pensait-il n’être que de passage dans la ville et s’en aller directement le lendemain. Et puis voyant qu’il resterait finalement plus longtemps que prévu, bha… Tant qu’à faire…
- Mais… ! Hé, t’es jalouse qu’il ait parlé qu’à moi et pas à toi ou quoi ? »
Licinia venait de faussement s’offusquer alors que sa vis-à-vis ne cessait de l’attaquer par ses questions, un petit sourire sournois dessiné sur ses lèvres, puis, après un long regard échangé, Estelle abandonna volontiers, et les deux éclatèrent en cœur de rire. Il fallait croire qu’elles n’en étaient pas à leur première joute verbale là-dessus, et que cela était même devenu un sujet en plaisanterie et de taquinerie pour les deux servantes. L’ambiance redevint alors, naturellement, plus chaleureuse que le climat de tension et d’incertitude qui régnait auparavant.
***La margrave s’était absentée pour une petite semaine. Si Juliette n’en connaissait pas les raisons au tout début, Estelle lui avoua qu’Adélaïde avait simplement était invitée afin qu’elle séjournât dans une baronnie voisine, y faire « je ne sais pas quoi de noble que font tous les nobles. » Tisser des relations diplomatiques, rendre visite, prendre des nouvelles, parler de ce qui se passait dans l’Empire, de l’administration des terres et des comptes rendus des Comtes Electeurs à leur vassaux ; il y avait sûrement de cela, continua-t-elle de lui confier. Et Frédérick, lui, restait dans le manoir à ne rien faire, quand bien même arrivait-il que, de temps à autre, il s’entraînât à l’épée en compagnie des gardes ou prenait la température d’Eisental en s’y promenant, quémandant çà et là l’avis de ses honnêtes commerçants et citoyens. Il semblait lui aussi bien apprécié dans les environs, même s’il y avait un décalage entre sa façon de procéder et celle de sa femme ; si la première le faisait avec un dévouement certain, et par devoir, lui ne le faisait que parce que lui prenait l’envie, en simple dilettante.
Il veillait ainsi sur le manoir en l’absence d’Adélaïde, tout aussi bien qu’il surveillait comme l’eût fait un père les trois filles qui y résidaient. Toujours grand sourire, il leur demandait telle ou telle chose à effectuer, à nettoyer çà ou ça, à le laisser tranquille lorsqu’il désirait se plonger –assez rarement nonobstant-, dans l’administration du domaine de la margrave, ou même de leur donner davantage de temps libre qu’elles n’eussent dû en avoir. De temps à autre, également, il leur lançait de petites piques, l’œil plein de malice, et, si Licinia n’osait y répondre, rougissante, il arrivait au contraire qu’Estelle les lui renvoya bien comme il le fallait, sur le ton, toujours, de la plaisanterie. Il semblait que Frédérick, lui aussi, tout comme sa femme, avait davantage de connivence avec Estelle qu’avec Licinia, mais il s’agissait très probablement du fait que la première fût plus ancienne.
***
Estelle savait-elle laver et sécher les plats ? Juliette ne l’avait, à vrai dire, encore jamais vu faire cela, mais il semblait que l’absence de la margrave était susceptible de changer bien des choses au sein du manoir. La blonde participait ainsi bien plus souvent aux tâches qu’effectuaient d’ordinaire Juliette et Licinia.
«Bha, eh, sinon, je serais nourrie, payée et logée à ne rien faire en son absence ! », annonça-t-elle à Juliette en lui décochant un clin d’œil alors que toutes les deux s’occupaient, un midi, des auges, des verres et des couverts sales. Et elles avaient ainsi les mains glaciales et bleutées que de tremper dans cette eau du puits, sortant des profondeurs de la terre, et leurs doigts n’en étaient pas moins devenus fripés pour y avoir été plongés trop longtemps. Ce travail n’était pas agréable, loin de là, mais d’habitude, la froideur de l’eau était moins agressive ; l’on laissait généralement le sceau la contenant près de la cheminée où reposaient encore les braises ardentes de la matinée, et le liquide se réchauffait progressivement. Mais il y avait des fois où il y avait tant de travail à faire et de course à effectuer que les servantes n’en avaient plus le temps.
Et ces robes, là aussi, aux manches trop grandes et trop larges qui, si l’on n’y prenait guère attention, finissait immanquablement par traîner dans l’eau. Et le contact humide et glacial d’une manche trempée était non seulement très désagréable, mais il s’agissait également du meilleur moyen pour tomber malade. Aussi les deux jeunes femmes avaient-elle bien pris la précaution de les remonter jusqu’aux avant-bras. Et à Juliette de découvrir, sur les poignets de sa consœurs, tout un tas de marques et de cicatrices autrefois sanguinolentes. Et d’autres, loin de ces petits traits bien fins et blanchâtres ornant la peau douce de la jeune femme, étaient bien plus récentes.
- Juliette Dickens
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Re: [Juliette Dickens] Fuite éperdue et inavouables habitude
Juliette Dickens ferma les yeux avant de siffler péniblement pour évacuer le choc de ce contact glacé alors qu’elle plongeait ses mains dans le lavoir pour y nettoyer les plats en compagnie d’Estelle. Cette dernière était plus présente ces derniers jours et elle passait plus de temps avec Juliette et Licinia pour effectuer les tâches quotidiennes que demandait un aussi grand manoir que celui de la margrave. Cette nouvelle présence s’expliquait par le fait que la margrave Adélaïde von Mach avait quitté son domaine pour une petite semaine.Pour le coup, j’ai eu beaucoup de mal à faire ce post, donc désolé d’avance pour sa qualité. Ça doit sûrement s’expliquer par le fait que j’ai déjà décrit le lavoir et le nettoyage dans l’eau glacée quelques posts plus tôt.
La jeune servante avait appris à mieux connaître son aînée. Il faut dire que lorsque le margrave était seul, les trois servantes avaient davantage de temps libre et donc elles passaient plus de temps ensemble à la taverne du village. Mais pour autant, l’ancienne paysanne n’avait pas encore osé questionner Estelle sur son passé. Elle avait préféré se moquer de Licinia en parlant de Maximilien.
Juliette Dickens lavait rapidement les assiettes et les couverts. L’image des serviettes prenant feu revint en tête de la jeune fille et à partir de ce moment, elle n’aspirait plus qu’à une seule chose : un bon feu pour s’oublier dans la chaleur des flammes, après avoir banni de son corps les saletés.
Juliette jeta un coup d’œil à Estelle et celle-ci était en train de relever les amples manches de sa robe pour pas qu’elles ne trempent dans l’eau glacée du lavoir. Et c’est à ce moment que Juliette remarqua sur les poignets d’Estelle, une multitude de cicatrices et de marques, comme des morsures. La servante commença à se poser des questions… Quelques jours plus tôt les serviettes ensanglantées et aujourd’hui ces traces ? Quel secret Estelle pouvait-elle bien dissimuler ?
Juliette devait-elle la questionner ? Et si Estelle le prenait mal ? Les images de sa consœur lui jetant des regards inquiets le soir où elle avait brûlée les serviettes lui revinrent. Maintenant qu’elles commençaient à s’apprécier pouvait-elle mettre cette amitié en périls ?
La jeune fille sortit l’assiette qu’elle lavait du lavoir et y plongea à la place un verre encore sale. Puis, elle leva les yeux vers Estelle :
« D’où viennent ces marques, Estelle ? Hier les serviettes ensanglantées et aujourd’hui ces cicatrices ? Qu’est-ce que tu nous caches à moi et Licinia ? Tu peux te confier à moi, je n’irais pas voir la margrave pour lui faire part de tes agissements… Tu peux me croire… »
Juliette Dickens espérait enfin avoir des réponses à toutes ses questions…
Lorsque tu auras le temps pourras-tu faire un point sur mes xp ? Juste pour avoir une petite idée, car de toute manière je compte pas les utiliser tout de suite (la transformation d’abord)
