-Huh!? D'où il vient celui là?
En effet, le garde avait tatonné dans la boue, et s'était retrouvé à un mètre du combat. Il cracha sur ses mains, puis passa ses mains sur son visage, ce qui eut pour effet d'enlever toute trace de boue. Il se leva, chancelant, et au dernier moment, bondit sur son ami, voulant le faire tomber à terre. Il rata son coup, et se fit décapiter.
Sa tête roula en arrière, et se cogna contre le pied de celui qu'il avait sauvé. Son corps bascula vers Kiar'sh, qui, d'un coup de pied bien placé le fit tomber sur la tête. L'un des gardes était immobilisé, mais l'autre bondit et frappa Kiar'sh. Celui-ci en eut marre, et hurla :
-Ce petit jeu a assez duré!
Le garde immobilisé pleurait son ami, et tenait son cadavres à deux mains, le protégeant soigneusement de tout danger, même de tomber par terre. Kiar'sh comprenait, mais jamais il n'aurait toléré cette attitude. Pleurer devant un inconnu et en plein combat. Tout bonnement méprisable.
-Il y a un temps pour le deuil, un temps pour pleurer, un temps pour l'entrainement et un temps pour le combat. Et un temps pour boire.
Il devait en effet boire, car sa nouvelle blessure le faisait souffrir, tout comme la blessure qu'il avait à l'épaule, mais ça valait la peine : il avait analysé le style de combat de ses ennemis : rude et grossiers, leur technique était celle d'un débutant si ils se battaient individuellement, mais c'était des très bons guerriers quand il se battaient en groupe; l'un attaquait, l'autre protégeait l'attaquant et le dernier protégeait le protécteur et lui-meme.
-Des pleutres! Je vais les saigner! rugit Kiar'sh.
En effet, il allait boire toute les gouttes qu'il restait dans leur misérable petit corps... Kiar'sh était en colère, et il ne comptait épargner personne...
Le garde qui pleurait se passait encore et encore les mains sur son visage baignés de larmes, tout en murmurant "Fédé... Fédé... pourquoi toi, Fédé?" L'autre garde, lui, avançait vers Kiar'sh, sans expressions notable sur son visage. Il frappa Kiar'sh une fois et celui-ci bondit en arrière. Malheureusement, il trébucha sur une racine, et fut alors frappé au ventre. Du sang noir gicla, mais Kiar'sh n'avait plus mal. Il est un stade où la douleur disparait : Kiar'sh était à ce stade.
Sa chemise était déchirée au ventre, à l'épaule et au flanc : sa blessure au flanc était guérie, et il n'avait aucune trace de blessure là, son épaule était barrée d'une longue plaie, noire et sanglante et enfin, son ventre avait une blessure plus courte, mais plus large.
-Il a du remuer la plaie.
Il était au sol, mais il se releva juste à temps pour esquiver la nouvelle attaque du garde. Il ouvrit la bouche, et ses longs crocs brillèrent dans la faible lueur du sol qui venait juste de sortir. Puis il se jeta sur le garde, l'épée en diagonale : la main de Kiar'sh était entre le ventre et la hanche et la pointe de la lame arrivait au milieu de son torse.
La lame attrapa un rayon de soleil qui aveugla le garde, et Kiar'sh se prépara à attaquer la tête du garde, puis a boire tout son saoul.



