[Anton] La colombe et le loup. L'ours et le cerf

Nuln est la seconde ville de l’Empire et du Reikland. Nuln centralise tout le commerce du sud, c’est là que convergent les voyageurs du Wissenland, du Stirland, d’Averland et des régions plus à l’est. Nuln est le siège de l’Ecole Impériale d’Artillerie, où les canons sont fondus et où les artilleurs apprennent la balistique. Ils y étudient les nombreux problèmes pratiques liés au déplacement et à la mise en œuvre des pièces d’artillerie. Grâce à leurs efforts, l’Empire bénéficie d’un vaste et efficace corps d’artillerie, de loin supérieur à tous ceux des pays frontaliers.

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[MJ] Loec
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[Anton] La colombe et le loup. L'ours et le cerf

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Cette nuit, Anton fit un étrange rêve. Aux travers des brumes indolentes du sommeil, les grises collines du Solland se découpaient sous un soleil blafard. Perché sur une hauteur quelconque, sans doute cette tour difforme dont Terre-noire s'enorgueillissait, le noble dévisageait avec étonnement ce paysage qu'il avait pourtant déjà vu mille fois. Dans son dos, un vent glacial venu des montagnes de sa province natale lui caressait les épaules, faisant virevolter sa cape qui lui fouettait les mollets. En y prêtant une oreille attentive, on aurait presque pu distinguer le chant aqueux de la Bruisse, modeste rivière abreuvant indifférement les hommes et les moutons de ce comté perdu au creux des reliefs. Au loin, se distinguèrent quatre silhouettes qui marchaient en direction de la petite forteresse. Anton plissa les yeux. Un ours, un cerf et un loup, sortit des labyrinthes inexplicables dont les rêves ont le secret avançaient calmement vers le noble, leurs yeux rivées dans ceux d'Anton. Au dessus de leur tête, une colombe blanche les accompagnait en roucoulant tristement. Soudain, l'ours pris de folie se retourna contre le loup et commença à l'attaquer. Le sang carmin s'envola dans les airs avant de s'écraser silencieusement sur le sol, comme si les étoiles écarlates qu'il dessinait sur le sol ne voulaient pas déranger les combattants. Le cerf galvanisé par ce combat bestial eut tôt fait de se joindre à la bataille, ses bois affutés tranchant les chairs aussi bien que les crocs et les griffes. Seul la colombe, éternelle solitaire refusa de prendre part à la boucherie inhumaine à laquelle elle assistait.

Anton se réveilla. Le souffle court et la peau moite, il mit un instant avant de prendre ses repères. La chambre de fortune qu'il occupait dans cette petite auberge de Nuln lui renvoya l'écho oppressant de la solitude loin de ses terres natales. Quand ses yeux à demi endormis s'habituèrent à ce noir immobile qui précédait l'aube, il arriva à distinguer la petite commode de bois blanc dans le coin droit de la pièce, unique pièce de mobilier sur laquelle était posées une moitié de bougie et une bassine de porcelaine blanche. L'eau qu'elle contenait avait stagné toute la nuit était devenue froide depuis longtemps. Le sommier rugueux se rappela ensuite à son souvenir, ainsi que les draps à la propreté douteuse qui lui avaient servi de couette pendant la nuit. Sans la fatigue extrême de ce retour en précipitation, il aurait sans doute eu du mal à se reposer, en partie à cause de ce courant d'air frais que la fenêtre aux carreaux crasseux ne parvenait pas à filtrer et qui s'infiltrait dans la pièce d'une vingtaine de mètres carré aussi bien que dans les os.
Après ses multiples périphéries dans les royaumes frontaliers, il avait espéré pouvoir enfin rentrer à Terre-noire. Mais la duchesse de Meissen, Emmanuelle von Liebwitz, plus connue par son titre de Comtesse électrice en avait décidé autrement. Le congrès extraordinaire qu'elle avait convoqué à Nuln réclamait la présence de tous les membres nobles de sa cour, dont Anton qu'il le veuille ou non, en faisait quand même partie. Cette chambre miteuse était d'ailleurs du fait de celle-ci et sa missive avait ordonné à Anton le choix de l'établissement dans lequel il avait passé la nuit. Il s'expliquait mal les raisons d'un tel acte mais tous les frais étaient déjà payés d'avance et il se consolait à l'idée qu'il était en train de dépenser l'argent de cette comtesse incapable.
Quelques légers coups toqués à la fine porte de bois de sa chambre finirent de le réveiller. Il avait demandé à ce qu'on le réveille tôt afin d'avoir un peu de temps pour lui avant de rejoindre le palais et la vie mondaine de la cour.

***
Anton descendit l'escalier grinçant qui menait au rez-de-chaussé, à la salle commune et au semblant de cuisine du Lion rugissant. Un nom qui reflétait bien mal cet établissement de seconde zone situé dans la Neuestadt, le quartier populaire de Nuln. Quelques servantes aux yeux cernés s'activaient déjà à la préparation de l'accueil des clients dans une pénombre maintenant éclairée par de timides rayons matinaux.
La salle commune était assez grande pour une auberge de cette envergure. Elle comptait une grande table principale tout en longueur qui en occupait le centre et faisait face à l'âtre de la cheminée. A l'opposé de celui-ci, le comptoir et l'accès aux cuisines étaient interdit au public. De nombreuses tables individuelles ou pour des groupes restreints finissaient de remplir l'espace et s'étalaient pêle-mêle sans autre logique que celle des inévitables clients ivres qui les déplaçaient régulièrement chaque soir. Outre les quelques couverts prêts à recevoir le petit-déjeuner disposés sur la table principale à intervalles réguliers, Anton remarqua aussi la présence discrète d'un individu qui n'appartenait pas au personnel dans un coin sombre de la pièce.

Test d'observation sous l'INT :
Résultat caché.
C'était en fait une dame de haute extraction à en juger par la tenue de soie bleue qu'elle portait. Dans l'obscurité, Anton n'avait pas pu le remarquer mais de discrètes volutes cousues à la main s'épanouissaient dans le bleu profond, presque abyssale de la robe, pourtant taillée sans fioritures ni surplus. La soie de Cathay était un matériel très rare et très prisé, même pour ceux qui en avait les moyens mais cette femme la portait comme si c'eut été le coton le plus commun. Une aura de dignité et de rigueur presque intimidante émanait d'elle et était accentuée par les épaisses couches de fard à paupières noir dont elle s'était décoré les yeux et qui lui donnait ce regard autoritaire et perçant.

Image

Elle était en train de manger une sorte de gruau aux nuances de gris qui avait du lui être servi par l'auberge. Silencieusement, sa cuillère de bois faisaient des allez-retours entre son bol et sa bouche à un rythme calculé. Seul le cliquetis discret de ses longues boucles d'oreilles argentées cognant sur sa peau d'albâtre signalait sa présence dans le remue-ménage de plus en plus bruyant provoqué par le ballet des serveuses allant et venant à travers la pièce. Anton remarqua alors le motif d'oiseau dessiné par les spirales métalliques de ses bijoux ce qui eut pour effet immédiat de lui remémorer le rêve de cette nuit. Bien que son instinct rationnel chassa immédiatement de telles pensées, il ne put s'empêcher de faire le rapprochement entre la colombe et les boucles d'oreilles en forme d'oiseau.

"Puis-je vous aider Messire ? Voudriez-vous vous restaurer avant votre départ ?" La voix de la servante le sortit de ses rêvasseries et il se tourna vers la jeune fille pour lui répondre.
/HRP/ Je suis désolé mais je n'ai pas trouvé la force de trouver un conclusion logique au RP que tu as entamé avec Malvina, j'espère que cela ne te chagrine pas trop. En attendant, bienvenue à Nuln !
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Anton
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Re: [Anton] La colombe et le loup. L'ours et le cerf

Message par Anton »

Parmi les milliers de choses que le baron von Adeldoch n'aimait pas, les surprises figuraient en excellente place.

Oh, c'est-à-dire que les bonnes, il s'en accommodait. Mais enfin les lois de la statistique étant ce qu'elles étaient, l'expérience du baron avait pu lui montrer que les bonnes surprises se faisaient finalement relativement rares face à la cohue des mauvaises et des désagréables.

A dire vrai, la veille encore, en s'allongeant sur le matelas de misère qu'on lui avait imposé, le baron se demandait si cette réunion exceptionnelle tenait davantage de la bonne ou de la mauvaise surprise. Mais en réalisant quelques ablutions sommaires à l'aide d'un boc d'eau glacée, dans la froideur du matin, Anton commençait à avoir une idée à peu près précise du genre de la surprise en question. Celle qui annonçait ennuis, tracas et désagréments. Du moins, c'est ce qu'il se répétait en maugréant, enfilant une tunique noire comme la nuit.

Il était en dernière analyse assez difficile pour le baron de s'avouer que a perspective d'un conseil extraordinaire le mettait dans un état d'espoir, d'impatience et d'excitation assez intense. Qui sait ce que réservait la réunion du Grand Conseil! Et puis, imaginons...imaginons seulement que cette réunion ne soit pas cosmétique! Quel précédent! La Comtesse appelant à l'aide, le début du pouvoir partagé et bientôt, bientôt, sa formidable ascension...

Quelques minutes plus tard, le noble s'emparait de l'encre, d'un vélin et d'une plume, puis passait à la salle commune.

Il balaya d'un regard la salle simplement apprêtée, sans y prêter beaucoup d'attention. Tout au plus une figure féminine lui attira-t-elle l'oeil, parce qu'elle jurait singulièrement avec le mobilier. Mais sans un mot il s'assit à une extrémité de la table principale, près d'un couvert mis, et, tentant de poser sa feuille sur une zone non couverte par la graisse et imbibée par l'alcool, il se mit à écrire.

Aujourd'hui, Sigmarzeit ** ****

Je suis debout devant Terre-Noire, en hauteur. Sans doute la tour des Faunes. Il fait froid. Ours, Cerf, Loup, Colombe qui vont vers la forteresse, et qui se déchirent un à un. Ils me regardaient, je vois leur regard, il est calme, triste? Je ne sais plus bien qui commence, l'ours je crois, qui pulvérise le loup. La colombe ne participe pas.

Celui-là était précis, et c'est le premier ours que je vois avec cette netteté. Je ne pense pas que Terre-Noire soit en danger: le cadre n'importe que pour ramener le rêve à moi. La bataille -car il va y avoir bataille- se passera près de moi (en moi?). Ce qui me chagrine, c'est cet ours, et qui attaque, sans raison encore. Faut-il s'en méfier? Je crois que le vrai danger vient du cerf. Il ne faut pas qu'il rentre dans la bataille. Le loup est foutu mais j'ai la nette impression qu'il faut que j'aide la colombe en empêchant l'escalade de la violence.


Il se gratta la tête, sondant ce qu'il avait ressenti, ce qu'il pensait alors au plus profond de son rêve. Puis, lentement, mot par mot et presque lettre par lettre, il inscrivit la phrase suivante:


Je dois trouver le cerf avant qu'il ne brâme et ne charge.

Puis il se redressa, content de lui.

Les rêves faisaient partie, pour Anton von Adeldoch, des contradictions désagréables de sa personnalité. Lui qui n'aimait rien moins que le doute et le hasard, il vouait bien entendu l'interprétation des rêves aux gémonies. Mais d'un autre côté... en tant que servant de Morr, il eut été le plus stupide du monde de ne pas prêter attention aux messages du Dieu des Songes! Aussi, après dix ans de combat intérieur acharné, Von Adeldoch s'était-il résolu à coucher, comme tous les fidèles de son dieu, ses rêves par écrit. Enfin -et c'était là l'ultime concession à la rationalité- les rêves précis. Ce qui était on s'en doute un critère objectif et parfaitement quantifiable.

Il chercha un instant s'il lui fallait écrire à Terre-Noire pour les prévenir d'un possible danger, mais il décida aussitôt de suivre son instinct: cette histoire de cerf et d'ours (en bon pragmatique, Anton avait déjà soigneusement éludé le loup, qui de toute façon lui semblait bien foutu) ne concernait que lui. Baste, et peut-être la grande réunion...


"Puis-je vous aider Messire ? Voudriez-vous vous restaurer avant votre départ ?"

Tiré de ses réflexions, le baron secoua la tête, et leva enfin les yeux. Il tomba assez naturellement sur la femme et son gruau. Ainsi que ses étranges boucles d'oreilles. Il tenta d'écarter le lien qui se fit aussitôt avec son rêve, mais Anton n'était pas arrivé à sa position en se tenant à des convictions, quelles qu'elles soient. En l'occurrence, si le vraisemblable et le rationnel étaient hors-jeu, il n'allait pas s'y raccrocher inutilement.

"La même chose que cette dame. Deux fois. Et une pinte de lait."

Après tout, c'était la Comtesse qui régalait. Quelle imbécile d'ailleurs. Grever les finances par de telles stupidités, alors qu'il avait un pied-à-terre mis à disposition par le palais!

Mais il était probable que ses quartiers avaient été réquisitionnés par quelqu'un d'important. Arrivé tardivement la veille, le baron n'avait pas eu le temps d'aller se renseigner pour savoir qui, mais sans doute qu'il n'allait désormais pas porter cette personne dans son coeur. Que diable! Si on lui avait demandé, il aurait logé cet imbécile important! Ce marquis de carnaval! Godelureau des villes et des savanes!

Il fut une seconde fois interrompu par la serveuse, qui posa respectueusement devant lui sa commande. Anton se tourna vers elle, et lança le plus sereinement du monde:


"Vous signalerez à la dame du fond que, si elle se trouve elle aussi parquée dans cet établissement pour le Grand Conseil, je me tiens naturellement à sa disposition pour que nous nous y rendions ensemble."

Et, avant de porter la cuillère à la bouche, il cracha, glacial:

"Quant à la chambre, j'ignore combien elle coûte à la Comtesse pour la nuit. Mais si le tenancier avait deux sous d'intelligence, il ferait remplacer le carreau de la vitre. Surtout si je dois, pour des raisons que seul Morr comprend, passer une nuit de plus ici.

Il enfourna une première bouchée de gruau, puis l'avala. Voyant la fille transmettre son message à la dame de qualité parée d'étranges bijoux, il inclina poliment la tête, en signe de reconnaissance.

Puis il recommença à manger à bon train. On n'arrête pas une charge de cerf le ventre vide.

Et c'est reparti! Je me rends compte en écrivant que je suis vraiment heureux de RP à nouveau avec Anton. Merci en tout cas pour ce début parfaitement collé au personnage. Pour les Principautés, ne t'en fait pas, c'est un horrible mic-mac. S'il me vient une idée autre que "il se réveilla et c'était un rêve. Mais qui était cette jeune femme?", je le finirais moi-même!
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[MJ] Loec
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Re: [Anton] La colombe et le loup. L'ours et le cerf

Message par [MJ] Loec »

"Sa dame Katheryna Von Schiller vous remercie de votre aimable proposition mais disposant déjà d'une escorte appropriée, elle s'en voudrait de déranger un homme de votre stature."

La servante repartit prestement, le souffle court après avoir transmis le message qu'elle avait sans doute appris par cœur. Dans le coin de la pièce, la dénommée Katheryna finit son bol puis se leva et sortit de l'auberge sans autre compagnie que le cliquetis de ses boucles d'oreilles. Elle n'oublia pas de s'incliner légèrement alors qu'elle passait devant Anton et l'espace d'un instant, son regard croisa celui du baron.
Test d'observation sous l'(INT+INI)/2 :
Résultat caché.
Durant ce moment presque instantané pendant lequel les deux nobles se jaugèrent, Anton crut apercevoir dans le fond des pupilles irisées de la dame une lueur maligne qui tressaillit un instant avant de disparaître comme si elle n'avait jamais existé. Il n'eut pas le temps de vérifier sa vision car Katheryna avait déjà passé la lourde porte de chêne qui marquait l'entrée du Lion rugissant. Quelqu'un de plus paranoïaque que lui aurait certainement hurlé à la magie noire ou à un phénomène paranormal quelconque, mais il était trop pragmatique pour ce genre d'emportement basé sur une simple impression. Il se reteint donc pour le moment.

Pendant ce temps, les premiers clients descendaient un à un dans la salle commune depuis leur chambre respective. Ils étaient pour la plupart encore engourdis par le sommeil et le raclement de leur pieds trainant sur le parquet ainsi que de leurs bâillements à peine dissimulés se mêlèrent bientôt à l'agitation des serveuses. Les bols de gruau étaient distribués avec efficacité au fur et à mesure que les commandes arrivaient en cuisine.


"Un bol de gruau, deux bières, une venaison !"

Les commandes criées à l'adresse de l'aubergiste traversaient la pièce bruyamment et rappelèrent à Anton ses propres occupations. Il ne pouvait plus se concentrer ici. Il était sûrement temps pour lui de se diriger vers le palais d'Emmanuelle von Liebwitz.
***
La lente marche vers le palais lui rappela quelques souvenirs d'une jeunesse encore pleine d'espoirs et de conquêtes amoureuses. Il connaissait ces rues comme sa poche et se déplaçait aisément au travers du brouhaha naissant des commerçants et des ouvriers qui partaient pour le travail. Le soleil à l'horizon montrait désormais une face presque entière et illuminait les pavés cendrés de la cité aux cent joyaux. Bientôt, les ruelles populaires et crasseuses de la Neuestadt firent place au raffinement de l'Altestadt, la vieille ville. Le dénivelé s'accentua au fur et à mesure qu'il grimpait vers la colline du palais, l'Aldig, qui était le quartier riche de la Nuln. Sur les bords de la pente, de fières maisons bâties en pierres importées des carrières des Montagnes Grises étalaient tout le faste et toute la richesse des citoyens de l'Altestadt. On était bien loin des maisons aux toits croulants et aux murs décrépits de la Neuestadt, ou pire, de l'aura malsaine des taudis qui s'entassaient de l'autre côté du fleuve. Ici, chaque propriété rayonnait de l'élégance, mais surtout de la manne financière de son occupant. A côté d'un restaurant de gastronomie, un musée ou un hôtel particulier essayaient d'éclipser leurs voisins par une surenchère de décorations luxueuses et composaient l'essence de la plus belle partie de la ville. Tandis qu'Anton empruntait cette large avenue qui montait vers le palais en serpentant sur les pentes escarpées de la colline, il put profiter des plus beaux panoramas sur la splendeur de Nuln.
Enfin, il arriva devant l'arche et la lourde porte à renforts de bronze qui permettait de traverser la muraille entourant la demeure de la Comtesse électrice.

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La batterie de gardes impériaux aux costumes livrés de noir, la couleur de Nuln, autorisèrent rapidement Anton à passer après qu'il leur ait donné son nom. Il avança donc sous le regard suspicieux des tourelles et des balcons crénelés qui donnaient au domaine un air de forteresse plus que d'une maison d’agrément.
Juste avant de rentrer dans le labyrinthe de couloirs et de salons qui composait le cœur vivant de la forteresse, il rencontra une dizaine de serviteurs qui semblaient l'attendre.

Une onzième personne, manifestement un autre noble s'affairait déjà avec un des serviteurs et semblait fulminer contre le pauvre domestique manifestement terrifié.

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Les autres serviteurs feignaient l'indifférence et se tenaient bien en retrait de ce conflit à sens unique, de peur d'y être mêlé. Anton pu donc détailler à loisir ce baron virulent.

Plutôt gras et trapu, son visage ingrat déformé par une colère maniaque était couvert d'une barbe généreuse mais soignée. A travers ses petits yeux aux pupilles sombres, on devinait un homme qui avait l'habitude du pouvoir, et dont les ordres étaient indiscutables. Sa tête était couverte d'un chapeau noir dans lequel était planté une plume d'oie. Il portait aussi un large manteau dédoublé de velours rouge et dont le dos était cousue d'un loup gris menaçant.
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Anton
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Re: [Anton] La colombe et le loup. L'ours et le cerf

Message par Anton »

Désolé du délais, je pouvais pas décemment bâcler la réponse à un post comme ça^^
Anton von Adeldoch remonta les rues de la Cité-Etat d'un pas à la fois enthousiaste et songeur.

Enthousiaste parce que, même s'il aurait probablement éclaté d'une rire mauvais à l'idée d'une telle théorie, une partie de lui se sentait bien à Nuln. C'était quelque part un peu sa ville aussi, il l'avait conquise dans sa jeunesse à la force de son bras et de son esprit. Y retourner sans but encore, sans pensées pour tirer son esprit du simple contentement dans lequel le plongeait l'observation des rues crasses et populeuses, suffisait à donner au baron une sorte d'entrain, mi-joie mi mélancolie, qui améliorait certainement l'ordinaire de son caractère.

Mais il était songeur aussi. On ne recevait pas un présage de Morr sans être un tantinet agité pour le reste de la semaine, a fortiori lorsque l'on s'appelle Adeldoch et que l'on a sur la matière un certain vécu. Oh, bien sûr, il pouvait aussi ne s'agir que d'un rêve. Et, en temps ordinaire, le baron l'aurait sans doute traité comme tel: archivé dans un coin de la mémoire, mais sans y tenir une maîtresse place. Oui, en temps normal, le baron ne s'en serait pas davantage soucié; mais ce n'était là nullement une époque ordinaire. Une convocation exceptionnelle, d'abord, au Grand Conseil, alors même que la Comtesse essayait depuis des années de le minimiser, ce n'était pas quelque chose qui tenait de l'ordinaire. Une femme, ensuite, aux habits raffinés, siégeant dans une auberge médiocre alors même que sous l'égide de la Comtesse, les femmes de la noblesse prenaient de plus en plus leurs aises et qu'elles raflaient une à une toutes les chambres du palais comtal, ce n'était pas ordinaire. Et puis bijoux aux oiseaux!

Et puis ces yeux. Les yeux avaient beaucoup troublé Anton. Sans les yeux, il aurait sans doute été au palais sans y réfléchir. Au lieu de quoi, ses pieds se dirigèrent machinalement vers une étape intermédiaire.



Le Bon Forgeron n'est pas à proprement parler une boutique de noble. Il était même probable qu'Anton soit un des rares clients honnêtes (bien que cela soit une affirmation très contestable) de l'établissement. Mais le propriétaire était connu du milieu pour être un homme profondément honnête, cordial et professionnel. Il avait de plus la bonne idée de fournir des moyens éviscération et d'égorgement de parfaite facture à une très grosse partie de la ville, ce qui faisait de lui un homme indispensable et de sa boutique un terrain parfaitement neutre, où marchands, bandits et même miliciens désireux d'enrichir l'ordinaire soldatesque par quelques discrètes protections supplémentaires se rencontraient devant les étals en se saluant poliment. Depuis ses seize ans, c'était là que le baron venait faire aiguiser sa rapière et en ressouder la garde lorsque le besoin s'en faisait sentir, ou avant un duel. Et il était intimement persuadé que la façon assez spectaculaire dont son coupe-chou avait pu alors découper les débiles arrogants était du en grande partie à cette préparation minutieuse obtenue au Bon Forgeron.

Mais ce n'était pas de ça dont il avait besoin en poussant la porte de l'établissement. Il avait besoin de quelque chose de plus discret. Il avait besoin de précautions.

Le propriétaire, qui avait salué le baron d'un signe de tête appuyé lors de son entrée (une partie du succès du brave homme s'expliquait entre autre par le fait qu'il était un physionomiste à la mémoire remarquable), se montra de prime abord assez surpris de sa demande. Mais il ne posa pas trop de question. Anton lui glissa tout de même, car l'homme lui était sympathique, que parfois en politique les choses changent. A quoi l'illustre philisophe se contenta de répondre, en farfouillant dans ses tiroirs:


"Ah ça, quand ça change, ça change. Faut jamais se laisser démonter."

Il lui tendit ensuite quatre objets distincts. Le premier était un poignard on ne peut plus classique, avec une garde approximativement ciselée, de manière à ne pas faire tâche sur l’accoutrement du baron. Mais, avec un sourire entendu, l'armurier tata le tranchant de la lame sur un pouce tout épaissi de corne par les multiples essais réalisés par le marchand: une goutte rouge scintillait sur l'acier. Il testa de même la gaine, dans laquelle le poignard jouait avec une immense facilité verticalement, tout en étant très bien maintenu horizontalement : c'était là une arme de professionnel. Le baron se tourna ensuite vers les deux autres objets. Le premier était une lame longue et fine comme une aiguille à tricoter, mais aux côtés aiguisés sur les deux-tiers de la longueur. Le dernier tiers était occupé par une lanière de cuire, qui, sans rajouter d'épaisseur, assurait le maintien de l'arme. Le second objet était constitué de très fines bandelettes de lin. L'armurier lui montra comment lier les bandelettes à sa jambe pour cacher la lame dans ses chausses et la rendre indécelable pour le non averti.

Le baron s'assura, en répétant par trois fois l'opération, qu'il maîtrisait parfaitement le geste. Il fixa ensuite la gaine à sa ceinture, au côté gauche, et essaya deux ou trois fois d'en sortir le poignard sans heurts. Quand ça change, ça change.

La bourse allégée (au Bon Forgeron, personne ne discutait les prix), le baron reparti de plus belle, se sentant prêt à tout. Ou du moins presque tout.

Il passa par le quartier des temples, et fit don d'une couronne d'argent au temple de Morr, traversant les jardins pour adresser une rapide prière de remerciement à son Dieu. Peut-être cet avertissement lui avait-il sauvé la vie. Le prêtre de garde était nouveau, et il regarda d'un œil inquisiteur l'homme en habits de qualité qui irait en parlant tout seul au milieu des pierres et des roses. Mais enfin, la foi,cela ne se discute pas...



Lorsqu'il poussa enfin les portes du palais (enfin, lorsque la garde les poussa pour lui), Anton von Adeldoch avait retrouvé toute sa sérénité et le mordant que son voyage hâtif lui avait fait perdre. Il était prêt à tirer le meilleur du Grand Conseil. Pour la plus grande gloire de l'Empire, naturellement.



A l'intérieur, un étrange spectacle attendait le baron. Une nuée de serviteur et un homme qui hurlait. Anton n'aimait pas hurler, c'était du gaspillage d'énergie. Mais il pouvait comprendre que l'on s'énerve avec la valetaille. C'était bien souvent des serviteurs trop stupides pour que l'on s'obstine à rester calme avec eux. Et naturellement, ceux pourris gâtés par les exigences imbécile de la noblesse de Nuln comptaient, du point de vue du noble, parmi les pires du continent.

Avec un soupire, il se dirigea vers le groupe et s'apprêter à s'adresser à un des serviteurs, lorsqu'il remarqua le blason de l'homme qui hurlait.

Un loup.

Instantanément, de façon tout à fait irrationnelle, le baron vit sa main gauche voler à sa nouvelle arme et vérifier qu'elle jouait bien dans la gaine. Au moins les choses étaient claires. Il avait eu un présage de Morr cette nuit. Et cela l'étonnerait qu'il en ressorte du grand bien pour son Empire.

D'un air inquisiteur, il désigna la source des hurlements de la tête à un des serviteurs qui s'approchait. Il ne comptait pas se lier avec le loup. Anton avait décidé qu'il était condamné. Mais il lui fallait tout de même savoir qui il était.

Avec un effort intense, attendant la réponse du serviteur et ses neurones réfléchissant à toute allure, le baron tenta de passer en revue la noblesse du Wissenland pour trouver qui portait, sur son blason, un loup, un cerf, un ours ou une colombe. Si Morr n'était pas trop mauvais, il allait pouvoir mettre la main sur quatre familles. Après tout, il avait déjà un indice nommé Von Schiller. Le reste ne devrait pas être hors de portée.

Autant anticiper.
J'ai pour ce faire la compétence Héraldique! Niveau des achats, je te laisse juge des sommes et des objets, ça devrait pas me coûter plus de 2,5 po quand même :biere: ...
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[MJ] Loec
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Re: [Anton] La colombe et le loup. L'ours et le cerf

Message par [MJ] Loec »

Gain de 1 PdC envers Morr.
Acquisition d'un poignard à la garde ciselée pour 60 pistoles d'argent, et sa gaine pour 80 pistoles d'argent le tout.
Acquisition d'une lame secrète pour 40 pistoles d'argent et possédant le profil suivant :

Lame secrète :
Une simple écharde de métal taillée dans sa forme la plus meurtrière et la plus épurée. Facilement dissimulable sous des habits, son absence de garde et sa relative fragilité la rendent inutile lors d'un combat prolongé.
10+1d6 dégâts / 3 parade
Rapide
Fragile : Si un montant supérieur à 30 points de dégâts est paré par la lame secrète, ou si la lame secrète doit traverser plus de 10 points de protection (avant résolution des dégâts), celle-ci se brisera sur un résultat de 8+ sur 1D20 ce qui la rend inutilisable.

Les bandes de tissus te sont gracieusement offertes grâce à ta carte fidélité Le Bon Forgeron.
Heureux de trouver une raison d'échapper à l'aura de courroux de l'homme au loup, un des serviteurs se précipita vers Anton.

"Toutes nos excuses pour le fruste logement dont vous avez du vous acquitter, les ordres de sa comtesse Emmanuelle von Liebwitz nous forcent à la rigidité budgétaire. La grande baronne Etelka Toppenheimer sera plus à même de vous renseigner, vous et mon sieur Eisenhauer."

Eisenhauer ! Anton se souvint. Parmi la myriade de nobliaux et d'aristocrates de moindre importance qui occupaient le nord-est de la province, les membres de la grande alliance des maisons avaient toujours été au dessus du panier. Trois familles s'y disputaient le pouvoir et la renommée dans un jeu perpétuel de force et de diplomatie. Jusqu'à présent, aucun n'avait su se hisser hors du lot. L'influence de chacun fluctuait au fil des années comme une mer agitée mais le statu quo avait réussi à être maintenu grâce à une réseau complexe de contrats et d'accords limitant leur actions afin qu'aucun n'empiète sur les domaines de l'autre. Ce corporatisme forcé avait un nom : La Grande Alliance des Maisons pour la Justice et l'Intégrité du Wisseland. Une dénomination aussi pompeuse qu'absurde. Mais cela leur permettait, sous couvert officiel de protection du marché intérieur, d'avoir la main-mise sur une bonne moitié de la région et tous les petits domaines qui la composaient. A quelques rares exceptions comme Terre-noire, qui subsistait tant bien que mal par ses propres moyens, la plupart des baronnies devaient verser une taxe quelconque qui alimentait l'immense richesse des trois familles. Chaque maison possédait ensuite sa propre échelle hiérarchique déterminée par la loyauté et la puissance de ses sous-familles.

A l'heure actuelle, c'était sans doute la maisonnée Frohlich et son blason à l'ours blanc couronné qui avait le plus de pouvoir. A sa tête, Oswin Frohlich, un ex-bourgeois anobli était réputé pour ses excès en tout genre.
Suivait Rembrecht Eisenhauer, dont le cumul de titres honorifiques et de privilèges était devenu presque ridicule. Anton n'en avait jamais entendu parler en détail, mais si l'on devait lui demander son avis maintenant, il ferait certainement une remarque sur le côté irascible de l'homme qui gesticulait bruyamment devant lui.
Enfin, il y avait la maison à la colombe dont l'identité du chef demeurait un mystère pour beaucoup. Quelque soit l'époque, la maison Von Schiller s'était toujours tenue en retrait, mais jamais elle n'avait complètement disparu du jeu politique et restait un avis important lors des conseils tel que celui-ci.
Quant au cerf, même en cherchant au plus profond de sa mémoire, il n'arrivait pas à poser un nom dessus. Ou plutôt, trop de familles pouvaient correspondre à cette description car les héraldiques à figure de cervidés de manquaient parmi les nobles de l'ex Solland. Peut-être cela lui reviendrait-il plus tard ?


"Monsieur ? Monsieur ?!" La voix du serviteur rappela Anton au présent. "Si vous voulez me suivre, je vais vous amener à la salle de réception, un buffet y est donné ce midi avant la réception de ce soir où sa comtesse prendra la parole."

Après les achats de ce matin, Anton n'avait pas vu l'heure passer et il était déjà presque midi. Tout en s'éloignant du baron Eisenhauer, il suivit le serviteur et s'enfonça dans le cœur du palais. Au fil de leur marche, les couloirs se succédèrent, rythmés par les nombreuses alcôves et les portes de bois laqué. Si rigidité budgétaire il y avait, elle ne s'appliquait apparemment pas aux lustres de cristal qui ornaient les plafonds de pierre blanche, ni aux tapis brodés de fils d'or sur lesquels ils marchaient. De plus, comme il avait pu s'en douter, le Grand Conseil aurait lieu dans les conditions les plus frivoles lors d'une réception de nobles déjà amadoués par le luxueux banquet qu'il ne tarderait pas de découvrir.

En effet, il arriva enfin dans la salle du buffet après avoir passé une large porte gardée par deux soldats armés de lance. La luminosité excellente procurée par de grandes vitres de verre positionnées judicieusement éclairait les longues tables recouvertes de nappes blanches qui s'éparpillaient géométriquement au travers de la pièce. Sur celles-ci, des plats à ne plus que savoir en faire; Volaille, poissons, viandes de tous horizons diffusaient leurs odeurs alléchantes.
Contrairement à ce que l'on aurait pu penser, ils n'étaient pas très nombreux. Tout au plus une cinquantaine d'invités ce qui était peu en comparaison de la population noble totale du Wisseland. En l'absence de chaises, des petits groupes de deux à cinq personnes s'étaient déjà formés entre lesquels serveurs et domestiques slalomaient à toute vitesse sans qu'une goutte des plateaux de spiritueux qu'ils transportaient ne fusse renversée. Dans toute la salle, un bourdon sonore discret mais insistant résonnait des mondanités de tout un chacun et rappela à Anton les arts de la vie dans la haute société. Un rapide coup d’œil lui apprit aussi qu'il était sans doute une des seules personnes armée de la salle aussi confia-t-il son arc (et le nécessaire d'écriture) au serviteur qui s’éclipsa discrètement. De plus, la plupart des gens étaient habillés de couleurs chatoyantes et prétentieuses ce qui rendait sa simple tunique noire vulgaire à la limite du déplacée.
Malheureusement, il sembla qu'il ne connaissait personne au milieu de cette foule d'inconnus. Peut-être était-ce le moment de glaner quelques informations en toute discrétion ?
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Anton
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Re: [Anton] La colombe et le loup. L'ours et le cerf

Message par Anton »

"Par les Dieux, étais-je stupide!"

Le baron n'eut pas un regard pour le valet qui le précédait et s'était retourné à cet éclat de voix. Naturellement, cette phrase n'était destiné qu'à Anton lui-même, et à lui seul.

Aveuglé par les méandres de son rêve, il n'avait pas vu l'évidence. Un ours, une colombe, et un loup. Les trois gredins de la Justice et du Wissenland en personne ! Les amateurs du conflit larvé, les rois du compromis, les saigneurs du Sud, les extravagants de la taxe, les grains de sable des négociations diplomatiques, c'était eux dont il s'agissait !

A vrai dire, Anton les connaissait peu, juste assez pour savoir que leurs ingérences et leur course au pouvoir malsaine quittait peu à peu le Wissenland pour migrer vers son Sudenland. Mais le peu qu'il en savait suffisait à lui les faire haïr.

Il était d'ailleurs à peu près certain d'avoir déjà croisé le fer avec un neveu de l'affreux Eisenhauer, pour une quelconque histoire de préséance et de titre. Ou était-ce un cousin? Baste, cela remontait à presque vingt ans. L'affaire s'était terminée sans dommage, pour autant qu'il s'en souvienne, mais le souvenir lui revenait à présent en bouche avec le goût désagréable des affaires qui font perdre du temps et de l'énergie. Il était heureux que ce gros homme fut le loup. Il ne lui était pas sympathique.

En tout cas, voilà qui changeait singulièrement la donne. Le Conseil ne se réunissait pas pour le Sudenland ou pour Nuln, mais probablement pour une histoire Wissenlandaise, ce qu'Anton, depuis les Principautés, ne risquait pas de savoir. Ce qui voulait dire aussi qu'il allait probablement se trouver bien démuni sans ses quelques alliés Sudenlandais, qui ne se seraient certainement pas déplacés pour si peu.

En attendant, si les trois familles préparaient une guerre ouverte, l'occasion allait être belle pour se faire une place en or dans les affaires Sudenlandaises en arguant de l'incapacité de Nuln à réguler les conflits internes. Il allait aussi falloir vérifier que tout cela ne serait pas trop mauvais pour le commerce et sa région. La chute des trois famille, si elle se révélait politique, serait appréciable et mettrait fin à un désagréable cartel. Une guerre ouverte, en revanche serait inenvisageable. Eh, pourquoi ne pas tenter d'être médiateur du conflit?

Ainsi allaient les pensées d'Anton von Adeldoch. Mais peu à peu, elles étaient remplacées par de plus noires réflexions sur le mystérieux cerf, qu'il ne parvenait guère à identifier, et les yeux inquiétants de Von Schiller. Que disait le rêve déjà ? Ils s'entretuent et la colombe reste au-dessus de la mêlée ?


"Si Monsieur Eisenhower a été relégué aux mêmes sordides logements que moi et que vous lui avez sorti les mêmes stupidités sur les restrictions budgétaires, je comprends sa colère. Je suppose que la Comtesse se paye notre tête, dites-moi?

Ils venaient de traverser un ultime couloir décoré des plus riches tentures et des plus beaux tapis, et passaient à présent dans la salle du banquet.

Cinq ou dix ans plus tôt, il aurait été plongé dans une rage noire. A présent, il avait davantage l'habitude de ces imbécilités. Quel gaspillage! Toutes ces richesses jetées en pâtures aux grosses mains avides des imbéciles, qui le ventre plein de parvenaient plus à articuler deux mots et trois sous de bon sens! Et cet alcool, importé, qui noyait leur jugement! Et ces fruits, juteux, collants, dont le jus dégoulinait sur les gros doigts plein de bagues de la noblesse pourrie, cette noblesse qui tournait sur elle-même en cherchant un siège pour poser son gros derrière, saluant les habits d'un tel ou commentant d'un air de vieille commère lamentable les dernières frasques amoureuses d'un tel.

La baron avait envie de vomir.

Mais, naturellement, cela aurait été une entorse plutôt sérieuse à l'étiquette. Il confia certains de ses effets au plus proche domestique et, ajustant sa tenue d'un geste, il s'avança dans la salle.

Il y avait moins de monde que ce qu'il prévoyait ; aussi fut-il déçu mais non surpris de n’apercevoir nulle figure amie dans cette collection de porcs et d'imbéciles. Il semblait d'ailleurs que l'assemblée fut constituée de certains des plus riches nobles du Sud ; nul doute que le baron, avec sa sobriété vestimentaire, n'allait faire grincer des dents. Il avait l'habitude. Ne restait plus qu'à passer le temps intelligemment avant l'apparition de la Comtesse et de sa clique. Mais par où commencer?

Le baron balaya la salle d'un long regard appuyé. A défaut de têtes amies, au moins reconnaissait-il deux ou trois individus. Il se proposa donc intérieurement un plan en trois actes. D'abord un tour de la salle pour saluer les têtes, prendre la température et se mettre au courant des dernières nouvelles, tout en jaugeant qui était présent et qui ne l'était pas. Saluer au passage, si cela pouvait se faire, les héros de la farce à venir, loup et surtout ours. Puis, ensuite, il allait chercher les deux plus belles femmes de la salle pour se rapprocher de celle ayant le plus petit cercle d'admirateur, car c'est là qu'il pourrait le plus facilement s'instruire de ce que l'on attendait exactement de la rencontre, ainsi que glaner les derniers potins sur la cour (car Anton avait beau haïr les courtisant, il n'en était pas moins un noble appliqué).

Et enfin, il serait en mesure de passer à la phase la plus intéressante et, par recoupement des informations reçues précédemment, de trouver les nobles politiquement les plus faibles ou hors-jeu de la salle pour les approcher et commencer à tisser des liens. Quelque chose lui disait qu'il allait sous peu avoir besoin d'alliés de revers, et c'était le lieu et le moment rêvé pour cela.

Naturellement, il restait attentif aux occasions intéressantes, tout comme à tout blason portant un cerf aux armoiries...Un verre de vin à la main (gauche, pour procéder sans heurts aux baisemains), Anton von Adeldoch entamait la deuxième partie de sa journée la nausée au cœur, la rage en tête et le sourire aux lèvres.

J'ai les compétences diplomatie, héraldique et intrigues de cours pour les trois phases de mon action. Naturellement si la Comtesse se pointe, je vais saluer comme tout le monde et j'écoute (enbouillant, je n'en doute pas) le discours.
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[MJ] Loec
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Re: [Anton] La colombe et le loup. L'ours et le cerf

Message par [MJ] Loec »

Anton n'avait pas commencé son tour de table lorsque le baron Eisenhauer arriva dans la salle. Sa précédente colère n'avait laissé aucune trace sur son visage maintenant d'un calme impérial. Il fut immédiatement assailli par une nuée de courtisans en mal de "caresses" qu'il s'empressa de distribuer à grand renforts de sourires et de baise-mains. Chacun se pressait pour recevoir sa miette du gâteau ou un peu plus pour les plus chanceux; Quelques gouttes de notoriété que le baron faisait pleuvoir avec parcimonie.

Eisenhauer ne serait pas disponible avant un certain moment et Anton se concentra donc sur des proies plus accessibles. La plupart des nobles (qu'il salua poliment) ne semblaient pas plus au courant que lui sur la nature du Grand Conseil. Il faut dire que la plupart d'entre-eux n'étaient que des nobles de moindre importance, venus jusqu'à Nuln depuis leurs quelques hectares de terrain perdus au fond du Wisseland. Les plus gros poissons se cachaient encore au fond de la rivière...

Test de CHAR facile :
Bonus +2
Intrigues de cours, bonus de +1

Obtenu -> 13-3 = 10 (échec).
Il n'en apprit pas plus qu'il ne savait déjà et il décida de se concentrer sur la population féminine de la pièce. Il eut tôt fait de repérer les quelques beautés et leur inévitable essaim de courtisans qui butinaient les maigres faveurs qu'elles daignaient accorder au compte-goutte. Un groupe en particulier attira son attention. Une femme à la beauté sublime mais pourtant déjà âgée d'une quarantaine d'année gérait les ingérences oisives de quatre tourtereaux. La pépiement nuptial de ces jeunes nobles à peine sortis des langes parentaux fit sourire le baron sudenlandais qui se dirigea d'un pas leste vers leur petit groupe.

"Cela me rappelle cette fois où, parti de bon matin à la chasse, je croisais la route d'un magnifique cerf à la ramure printanière. Aussitôt, j'envoyais mes lévriers à sa poursuite lorsque..."

"Ne l'écoutez pas ma dame. Ces rustres des campagnes ne savent parler que de chasse et autres jeux barbares. Les livres, voilà un sujet de conversation qui mérite que l'on s'y attarde."


Le premier jeune homme était vêtu d'une tunique bleu marine aux coutures dorées qui allait de paire avec ses bas de tissu blanc cassé. Son visage peu avenant était compensé par la musculature impressionnante qui se dessinait au travers du tissu.
Le deuxième, celui qui lui avait coupé la parole, était l'archétype du jeune blond ignorant dont les 4 ou 5 uniques livres qu'il avait pu feuilleter suffisaient à faire étalage de son égocentrisme. Il portait une tunique rouge pourpre de très bonne qualité et aux nombreux motifs spiralés sous une cape légère d'un noir d'encre.


"Ne voyez-vous pas que vous gênez madame ? Parlons plutôt de vous, comtesse Von Eberhart. Comment s'est déroulé votre voyage depuis Meissen ?"

La tenue vert forestier que portait ce prétendant le démarquait de la plupart des autres nobles de la salle. Le vert n'était pas une couleur très populaire cette année, mais les entrelacs de fils d'argent qui couraient le long de son vêtement lui donnait un air raffiné bien loin de la vulgarité noire de la chemise d'Anton.

Quand Anton arriva à leur niveau, le cinquième prétendant n'avait pas encore parlé. Il se tenait discrètement en retrait, une chemise blanche s'esquissant sous la veste de cuir brun qu'il portait.
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Anton
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Re: [Anton] La colombe et le loup. L'ours et le cerf

Message par Anton »

Non seulement la masse stupide de la courtisanerie n'avait pas aujourd'hui figure particulièrement éclairée, mais il semblait au baron qu'elle se montrait également sous le jour de l'inutilité la plus totale. Rien, pas une information à se mettre sous la dent. On traînait de pièce montée en petit gâteaux avec une apathie de mollusque et des phrases toutes faites à tuer raide d'ennui un greffier. Par Morr, quelle bande de pourris!

En contenant sa rage, le baron allait de groupe en groupe, saluant de ci, jetant une plaisanterie de là. Mais son charme ne semblait pas opérer sur les débiles. Il décida de passer sans plus attendre à la seconde phase de son plan.

Contournant la meute enragée qui se pressait autour du gros Eisenhower comme autour d'un vaste plat de tripes colorées, le baron se dirigea vers un groupe plus petit mais également plus intéressant. Une belle dame se trouvait là, au milieu d'un cercle de roquets en habits chamarrés. Anton ne savait pas trop qui elle était, mais il ne faisait aucun doute à son allure qu'il s'agissait du gratin.

Jugeant qu'il y avait là parti à tirer, il se rapprocha davantage, cherchant son angle d'attaque. Ce qui lui permit d'entendre les paroles édifiantes que la judicieuse jeunesse de Nuln jugeait galantes en ces temps du crétinisme-roi.


"Cela me rappelle cette fois où, parti de bon matin à la chasse, je croisais la route d'un magnifique cerf à la ramure printanière. Aussitôt, j'envoyais mes lévriers à sa poursuite lorsque..."

Mais oui, bien sûr. On serait tous ravi de savoir comment toi, ta montagne de muscles et ton petit cerveau savent courir dans les bois après une bestiole plus noble que toi et tes ancêtres réunis.

"Ne l'écoutez pas ma dame. Ces rustres des campagnes ne savent parler que de chasse et autres jeux barbares. Les livres, voilà un sujet de conversation qui mérite que l'on s'y attarde."


Anton jeta un regard de franc dégoût à l'imbécile coloré qui venait de couper le crétin en bleu et blanc. De mieux en mieux. Si même les fils à papa sans neurones se mettaient à défendre les livres, on courrait droit au désastre culturel. Visiblement celui-là venait de Nuln, et cela ne l'avait pas gâté...

"Ne voyez-vous pas que vous gênez madame ? Parlons plutôt de vous, comtesse Von Eberhart. Comment s'est déroulé votre voyage depuis Meissen ?"

Le baron, médusé, observa bouche bée le paltoquet verdâtre dont la diatribe semblait tout droit sortie de la dernière farce à la mode. Parlons un peu de vous ? Sérieusement ? Par Morr, il avait sa chance, ces guignols travestis étaient plus idiots les uns que les autres, à l’exception du dernier qui lui était un muet. Quelle équipe!

N'y tenant plus, Anton fit irruption dans le cercle et, sans considération pour les airs courroucés des jeunes roquets, il tenta à son tour de s'attirer les bonnes grâces de Frau Eberhart.


"Permettez si je m’immisce Messieurs, mais votre question est des plus oiseuses. Madame étant resplendissante, il faut que son voyage ait été des plus agréable. Je m'étonne que cela ne vous ait sauté aux yeux, mais ce n'est pas le seul usage qui semble être ici ignoré. Vous savez bien Monseigneur que l'on ne parle de ses chasses en si bonne compagnie que lorsqu'on y est invité... Et, par tous les Dieux, qui parle aujourd'hui de livres ailleurs que dans les salons ?"

Avec un sourire un peu gêné parfaitement exécuté, il se tourna vers la quadragénaire.

"Pardonnez mon audace madame, mais je n'ai su rester à ma place en entendant des mots qui ne me semblaient trop dignes de vous. Mon nom est Anton von Adeldoch, baron de Terre-Noire, et au milieu de ce Conseil terne et ses singeries, je suis heureux d'avoir trouvé l'espace d'un instant une figure devant laquelle je peux véritablement m'incliner sans rougir."

Le plus galamment du monde, il réalisa une révérence légère mais marquée, saisissant la main de la dame si elle lui la tendait pour le baisemain. Le baron n'était pas inquiet pour son âge et son allure. La noble avait son âge, et les roquets étaient d'un bêtise à frémir. Son habit était certes simple et d'une mode ancienne, mais il était neuf et discrètement rehaussé d'argent ; au milieu des aras bigarrés de la basse-cour de Nuln, il comptait sur une première impression favorablement surprise pour emporter la place. Dut-il pour cela écraser quelques roquets.
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[MJ] Loec
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Re: [Anton] La colombe et le loup. L'ours et le cerf

Message par [MJ] Loec »

Sous des regards lourds d'hostilité, le baron sudelendais entreprit de mettre à mal l'ego de ces jeunes paltoquets. Au fur et à mesure qu'il s'appliquait méthodiquement à tous les descendre, chacun d'eux se hérissait comme un chat en colère. Quand il eut finit, on pouvait presque entendre des feulements d'indignation résonner dans la pièce. Mais malheureusement pour lui, la figure centrale de ce cirque mondain, dame Von Eberhart, était rodée aux défis de la courtisanerie par des années d'expérience à la cour. Quelque soit ses intentions réelles, elle ne comptait pas le laisser gagner son estime si facilement. Anton n'avait pas finit de poser ses lèvres sur sa main d'albâtre qu'elle continua :

"Et bien que voilà un homme de galanterie, je ne m'attendais pas à ce que l'on puisse en trouver de tels dans des provinces aussi reculées que... Terre-sombre, est-ce bien cela ?"

"Oui, et nous sommes tous impatients d'en savoir plus sur cette Terre sombre. Je n'y aurais à coup sûr jamais fait attention si je l'avais entendu ailleurs. Je me réjouis que les circonstances puissent m'en apprendre un peu plus sur les traditions des régions les moins civilisées."

"Je me montre aussi très intéressé. Résident moi-même en périphérie, je pensais les hommes de campagne plus sportifs mais peut-être n'est-ce pas le cas partout. Je m'excuse Anton de ne pas vous avoir remarqué de loin avec votre air si chétif, mais je saurai reconnaître à l'avenir un gens de votre peuple."

Les deux premiers courtisans avaient repris du poil de la bête. Le torse bombé et les yeux pleins de cet air effronté que sait afficher la jeunesse, ils prêtaient une attention particulière à prendre leur adversaire de haut.

"Allons, allons messieurs, laissons donc un peu d'air à cet homme. Ce n'est pas tous les jours qu'il doit venir à Nuln et il n'est sûrement pas habitué aux courtoisies du palais malgré les apparences qu'il souhaite se donner. Ne lui en tenait pas trop rigueur pour les singeries. N'est-ce pas Anton !"

Une tape faussement affectueuse dans le dos d'Anton vint appuyer les paroles du troisième courtisan, qui le gratifia aussi d'un clin d’œil complice.

"Je m'excuse d'ailleurs ma dame, mais je crois que notre ami vient en réalité de Terre-noire et non de Terre sombre. Je dois avouer moi-même avoir du mal à retenir le nom de tous les patelins excentrés mais il serait de bon ton de rendre justice à notre nouveau compagnon."

Le sourire calculé de dame Eberhart échauffait les jeunes nobles, qui se croyant soutenus, n'hésitaient pas à bousculer Anton sous des airs de fausse camaraderie. La quadragénaire, amusée par la tournure que prenaient les évènements entreprit de sortir un petit éventail de bois laqué de son sac à main et commença à l'agiter doucement devant son visage.

"En réalité, [se tournant vers Anton] et je vous remercie de vos attentions, je dois admettre à ma plus grand honte que le voyage depuis Meissen fut plus éprouvant que par le passé. Mais une si charmante compagnie ferait resplendir n'importe quelle dame de cette salle."
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Anton
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Re: [Anton] La colombe et le loup. L'ours et le cerf

Message par Anton »

Je te prie de m'excuser de ce retard dans une aventure si intéressante. J'espère que malgré tes ambitions campagnesques tu auras le temps pour une réponse, mais j'ai tout mon temps en tout cas =D !

Le baron encaissa avec un sourire amusé les diatribes des demeurés Nulniens, se passant intérieurement les nerfs en les imaginant pendus par les pieds et égorgés dans leurs beaux habits par le charcutier de Terre-Noire.

Probablement que le clergé de Sigmar n'aurait pas apprécié le geste, mais le baron avait au cours de ses nombreuses années de cour imaginé ces petites séquences bien à lui en long en large et en travers; c'était là un genre d’imaginaire qu'il avait découvert être immensément bénéficiaire pour sa sérénité intérieure, dans ces zones de jungle et de non-droit qu'étaient les terres de la Comtesse.

Mais enfin, Anton savait ce qu'il faisait en venant ici, et il n'allait certainement pas se laisser démonter par si peu. Qu'avait-il à perdre au fond, à part un peu de temps dans un duel trop inutile ? En attendant, Eberhart venait de Meissen, ce qui confirmait ses soupçons sur la tournure purement Wissenlandaises de cette réunion.


"Sigmar me préserve mes Seigneuries, vous ne connaissez donc pas Terre-Noire ? Mais par tous les Dieux, vous interrogerez la Comtesse, elle vous dira que c'est le plus beau des vallons des marches des Montagnes du Bout du Monde. Pardonnez donc mon impudence, j'avais crus à vos airs fins et distingués que vous n'ignoreriez rien des subtilités géographiques de notre beau pays. Mais il est vrai que le Sudenland doit paraître bien lointain à vous autres Wissenlanders. On y fait pourtant des chasses au lynx superbes, et tout incivilisés et chétifs que nous sommes, il nous arrive même de les chasser au couteau...

"Tenez, c'est un peu comme un duel, à cette différence près que la peau du cadavre vaut la peine d'être gardée une fois la bête réduite au silence..."


Le baron considéra un instant sans rien dire les tenues des trois pies jacasseuses, comme pour juger de la valeur de leur peau. Avant de s'excuser d'un sourire, puis de poursuivre.

"Même si j'ai cru comprendre que dans la région ces temps-ci on s'occupait davantage d'ours et de loups... ?"

Si Eberhart arrivait directement de Meissen, il y avait toute les chances pour qu'elle soit parmi les confidentes de la Comtesse. Et puis ce genre de femme-là était bien le genre dont celle-ci s'attachait volontiers ces derniers temps. Aussi cette petite réflexion du baron était-elle surtout destinée à la belle femme. A la cour, on gagne toujours à paraître plus renseigné qu'on ne l'est, et davantage encore lorsqu'on se trouve dans une position qui suppose de vous une parfaite ignorance. Mais il ne s'agissait que d'une petite mise en appétit. Il était hors de question de s'appesantir là-dessus.

"Et quoi qu'il en est été des tracasseries de votre trajet Madame, je suis certain que Meissen pleure votre départ au moins autant que nous nous attacherons ici, dans la mesure de nos modestes moyens, à fêter votre arrivée. J'espère que vous nous resterez à Nuln pour un temps ...?"

"J'arrive quant à moi des Principautés où j'étais en mission pour le Conseil et la Comtesse, à qui j'espère d'ailleurs avoir le temps de rendre compte dans la soirée. Je ne doute pas mes Seigneuries
, fit Anton avec une courte révérence et un sourire aux trois hommes qui parlaient, que concernant les Principautés vous saurez mieux que pour Terre-Noire où cela se trouve. Mais c'est naturellement un grand plaisir pour moi de revenir vers la civilisation, ses conversations charmantes et ses traits d'esprits distingués."

Nouvelle révérence. Ces salamecs commençaient à peser sur le baron. Sa seule chance était bien sûr que Eberhart ai l'impression qu'il était suffisamment important pour qu'elle ait intérêt à se l'attacher et à le défendre contre les autres imbéciles.
Anton von Adeldoch, Noble du Sudenland, lien vers l'aventure en cours: http://warforum-jdr.com/phpBB3/viewtopi ... 380#p97380
Profil de combat :
FOR 9/ END 11/ HAB 7/ CHAR 11/ INT 11/ INI 9/ ATT 11/ PAR 8/ TIR/ 9/ PV 75/75, bonus de l'équipement inclus avec -2 Par/Hab à l'adversaire, -1 armure de l'adversaire et parade 10, protection tête/bras/torse de 9.

Détails permettant d'arriver à ce profil:
Profil: FOR 8/ END 10/ HAB 8/ CHAR 11/ INT 11/ INI 9/ ATT 10/ PAR 9/ TIR/ 9/ PV 75/75
Compétences: Monte, Arme de prédilection (rapière +1 Att)
armes: Arc court (dégâts:26+1d8, malus -2/16m) ; "fleuret estalien" (rapière, dégâts:14(+8)+1d8, parade 10, rapide (-2Par/Hab de l'adversaire pour parer/esquiver), perforant (1) (ignore 1 point d'armure adverse))
Protections: mailles. Torse, dos et bras, protection de 9, encombrement de -1 HAB, ATT et PAR
Talisman de Gork : +1 For Att et END
Les convictions sont des ennemis de la vérité plus dangereux que les mensonges
Fr.N.

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