[Johan] A nous deux, Altdorf!
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[Johan] A nous deux, Altdorf!
Il pleuvait une bruine d'été, aussi vicieuse que la vermine Aldtorfer, juste assez lourde pour saturer l'air d'une humidité poisseuse, pas assez pour lessiver les immondices répandues dans la ruelle. Les haillons de Jehan lui collaient au corps comme des sous-vêtements rupins, version cloche. Le garçon forçait le pas, serrant sa besace sous le bras. Sa tignasse trempée cachait ses yeux, lui donnant l'air d'un noyé sorti des eaux noires de Reik.
Cet après-midi là, Johan avait forcé un sourire bravache à la vue des potences chargées de leurs lourds fruits, n'empêche qu'il avait comme une boule au ventre. Des pendus, il en fleurissait régulièrement dans sa Bretonnie natale, mais c'est pas tous les jours qu'on y reconnaît des amis, presque des parents.
Y avait Renato, ses petites guiboles de Halfling toutes tordues, une vilaine grimace sur son visage rondouillard. Et puis Lucien, qu'avait promis de lui apprendre à jongler, et qui lancerait plus jamais de couteaux. Et puis Lauranel, qu'allait pouvoir lire les mystères de l'autre monde à la source. Elle si coquette, voilà qu'elle s'était fait dessus pas mieux que les compères. Sale temps pour la gaudriole.
Manquait à l'appel Bertrand et sa vieille carcasse, qu'avait su s'esquiver - ou, comme Johan, qu'avait juste eu le vent de Ranald dans le dos.
Le sourire de Johan tenait à présent du rictus, et ses yeux balayant sans les voir les ruelles blafardes qui défilaient sous ses pas. Il ne pouvait pas avoir plus de quinze ans, et son nez mutin et son air perdu auraient certainement fait fondre quelques coeur de dames patronesses, si ce genre de bestioles exotiques pouvaient se trouver si près de Reikerbahn. En l'occurrence, à part quelques rats imperméables, et autant d'âmes perdues au regard vide, Johan était seul.
Pourquoi se retrouvait-il là ? Il semble que le quartier soit le plus bas de la ville, non seulement en terme de relief, mais surtout en terme de moralité - de sorte que, quand on a perdu toute attache, tout espoir, toute énergie, on s'y échoue naturellement, attiré par les effluves de pisse et de larmes comme le papillon par la flamme.
D'ailleurs, Johan ne faisait pour l'heure qu'en contempler les abords. Posté sur un pont mineur, peut-être prévenu de l'abîme par la force de sa jeunesse, il hésitait devant le spectacle des ruelles méphitiques, des masures branlantes, des logements qu'il devinait pouilleux. Plus encore que la misère, l'endroit puait l'échec, un désespoir poisseux semblait suinter de ses murs blafards. Un mouvement de révolte arrêta l'Acrobate, tandis qu'il réalisait que ce chemin-là n'avait pas de retour.
Non, décidément, le damoiseau avait des rêves, un avenir, peut-être même une ambition en gestation. Dans ce grand flou, il y avait des rires, des cris de surprise comme en pousse la foule après une pirouette spectaculaire, des valses enivrantes, de l'or et de la pourpre. Rien de commun avec ce grand caniveau aux espoirs qui lui faisait face.
D'un mouvement étonnamment souple, Johan se glissa sous le pont. Il y avait là quelques pieds de quai entre le mur et le fleuve, sur les quelques pas de large que faisait le pont. Au plus haut, c'est-à-dire au bord du quai, à peine la place de se tenir accroupi pour un adulte.
Quelques mendiants cuvant leur vin se tenaient dans un coin, enrichissant l'odeur déjà fétide qui régnait sous le pont d'une nuance de vinasse et de pisse. Johan se blottit entre le pont et le quai, point trop près des compères qui ne semblèrent pas le remarquer.
Il songea qu'il aurait pu commander une chambre - un bourgeois ayant eu le matin même l'obligeance d'oublier sa bourse dans sa besace - mais le risque lui avait paru trop grand. Après tout, le gibet c'était cher payé pour un peu de cambriole. Est-ce qu'un inquisiteur se serait offusqué des tours de Lauranel? Dans ce cas-là c'était sérieux, et pas à exclure qu'on le recherche. Mieux valait se faire oublier pour quelque temps. D'autant plus qu'on garçon de son âge seul attirerait un peu trop l'attention.
Johan serra ses frusques mouillées contre lui. On avait beau être en Vorgehein, il crevait de froid. Il mit sa besace contre son dos, glissa sa dague dans sa manche et ferma les yeux.
Demain sera un autre jour.
Cet après-midi là, Johan avait forcé un sourire bravache à la vue des potences chargées de leurs lourds fruits, n'empêche qu'il avait comme une boule au ventre. Des pendus, il en fleurissait régulièrement dans sa Bretonnie natale, mais c'est pas tous les jours qu'on y reconnaît des amis, presque des parents.
Y avait Renato, ses petites guiboles de Halfling toutes tordues, une vilaine grimace sur son visage rondouillard. Et puis Lucien, qu'avait promis de lui apprendre à jongler, et qui lancerait plus jamais de couteaux. Et puis Lauranel, qu'allait pouvoir lire les mystères de l'autre monde à la source. Elle si coquette, voilà qu'elle s'était fait dessus pas mieux que les compères. Sale temps pour la gaudriole.
Manquait à l'appel Bertrand et sa vieille carcasse, qu'avait su s'esquiver - ou, comme Johan, qu'avait juste eu le vent de Ranald dans le dos.
Le sourire de Johan tenait à présent du rictus, et ses yeux balayant sans les voir les ruelles blafardes qui défilaient sous ses pas. Il ne pouvait pas avoir plus de quinze ans, et son nez mutin et son air perdu auraient certainement fait fondre quelques coeur de dames patronesses, si ce genre de bestioles exotiques pouvaient se trouver si près de Reikerbahn. En l'occurrence, à part quelques rats imperméables, et autant d'âmes perdues au regard vide, Johan était seul.
Pourquoi se retrouvait-il là ? Il semble que le quartier soit le plus bas de la ville, non seulement en terme de relief, mais surtout en terme de moralité - de sorte que, quand on a perdu toute attache, tout espoir, toute énergie, on s'y échoue naturellement, attiré par les effluves de pisse et de larmes comme le papillon par la flamme.
D'ailleurs, Johan ne faisait pour l'heure qu'en contempler les abords. Posté sur un pont mineur, peut-être prévenu de l'abîme par la force de sa jeunesse, il hésitait devant le spectacle des ruelles méphitiques, des masures branlantes, des logements qu'il devinait pouilleux. Plus encore que la misère, l'endroit puait l'échec, un désespoir poisseux semblait suinter de ses murs blafards. Un mouvement de révolte arrêta l'Acrobate, tandis qu'il réalisait que ce chemin-là n'avait pas de retour.
Non, décidément, le damoiseau avait des rêves, un avenir, peut-être même une ambition en gestation. Dans ce grand flou, il y avait des rires, des cris de surprise comme en pousse la foule après une pirouette spectaculaire, des valses enivrantes, de l'or et de la pourpre. Rien de commun avec ce grand caniveau aux espoirs qui lui faisait face.
D'un mouvement étonnamment souple, Johan se glissa sous le pont. Il y avait là quelques pieds de quai entre le mur et le fleuve, sur les quelques pas de large que faisait le pont. Au plus haut, c'est-à-dire au bord du quai, à peine la place de se tenir accroupi pour un adulte.
Quelques mendiants cuvant leur vin se tenaient dans un coin, enrichissant l'odeur déjà fétide qui régnait sous le pont d'une nuance de vinasse et de pisse. Johan se blottit entre le pont et le quai, point trop près des compères qui ne semblèrent pas le remarquer.
Il songea qu'il aurait pu commander une chambre - un bourgeois ayant eu le matin même l'obligeance d'oublier sa bourse dans sa besace - mais le risque lui avait paru trop grand. Après tout, le gibet c'était cher payé pour un peu de cambriole. Est-ce qu'un inquisiteur se serait offusqué des tours de Lauranel? Dans ce cas-là c'était sérieux, et pas à exclure qu'on le recherche. Mieux valait se faire oublier pour quelque temps. D'autant plus qu'on garçon de son âge seul attirerait un peu trop l'attention.
Johan serra ses frusques mouillées contre lui. On avait beau être en Vorgehein, il crevait de froid. Il mit sa besace contre son dos, glissa sa dague dans sa manche et ferma les yeux.
Demain sera un autre jour.
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Re: [Johan] A nous deux, Altdorf!
Une pression assez désagréable sur son flan gauche tira Johan de son demi-sommeil. Se remémorant immédiatement sa situation, Johan se garda de réagir se contentant d'entre-ouvrir imperceptiblement ses paupières. A quatre pattes à ses côtés, une silhouette à peu près humaine se découpait assez nettement dans l'aube naissante. Un visage barbu s'approchait, la bouche entre-ouverte exhalant un bouquet d'arômes aussi variés que répugnants, où dominait nettement l'odeur de l'alcool. Johan dut mobiliser toute sa volonté pour réprimer un spasme de dégoût.
L'inconnu tâtait le corps du jeune homme avec un objet dur et cylindrique. Peut-être un manche d'outil - ou d'arme. Dans tous les cas, Johan doutait que les intentions de l'ivrogne soient du genre à illustrer le sermon de l'office de Shallya.
L'outil tâta plus bas dans l'anatomie "Eh, tu pionces ma jolie, ou t'es morte?", demanda son propriétaire, et il sembla nettement à Johan que toutes les options étaient ouvertes pour le séducteur des faubourgs, si bien que lui révéler sa méprise pourrait bien ne pas avoir l'effet dissuasif attendu.
Johan hésita tout de même un instant, quand un éclat de soleil fit briller la lame d'un poignard dans la main de l'homme. C'était donc bien avec le manche d'une arme qu'il pelottait Johan, confirmant ses pires craintes. Libidineux et criminel, c'était beaucoup pour un seul homme, et trop pour Johan. Ranald lui était témoin, il se devait de sauvegarder sa vie et sa vertu - sans parler des trois couronnes dans sa bourse. Il se battrait donc, car l'option du plongeon dans le Reik lui paraissait déplaisante.
Johan évalua rapidement la situation. Pour autant qu'il puisse dire avec ses yeux mi-clos, l'homme le dominait nettement en stature et tenait une dague à la main - quoique à l'envers. D'un autre côté, à quatre pattes comme il l'était, il aurait certainement du mal à se mouvoir dans un sens ou dans l'autre, alors que Johan était parfaitement à l'aise dans les espaces confinés. De plus, l'acrobate aurait l'avantage de la surprise, car l'autre le pensait inconscient ou mort. Sans parler de la dague dans sa manche, dont son agresseur n'avait pas idée...
Restait donc à le pousser à approcher sa gorge à portée de dague, tout en écartant son propre poignard. Voyons, si Johan tombait sur le côté avec un faible soupir, comme il le faisait dans l'acte final de "la Molt Triste Histoire du Chevalier de la Manche", avec votre serviteur dans le rôle de la princesse tragique, peut-être que le goujat retiendrait sa chute, ou du moins se saisirait-il de lui - pour mieux embrasser 8 pouces de bon acier.
L'inconnu tâtait le corps du jeune homme avec un objet dur et cylindrique. Peut-être un manche d'outil - ou d'arme. Dans tous les cas, Johan doutait que les intentions de l'ivrogne soient du genre à illustrer le sermon de l'office de Shallya.
L'outil tâta plus bas dans l'anatomie "Eh, tu pionces ma jolie, ou t'es morte?", demanda son propriétaire, et il sembla nettement à Johan que toutes les options étaient ouvertes pour le séducteur des faubourgs, si bien que lui révéler sa méprise pourrait bien ne pas avoir l'effet dissuasif attendu.
Johan hésita tout de même un instant, quand un éclat de soleil fit briller la lame d'un poignard dans la main de l'homme. C'était donc bien avec le manche d'une arme qu'il pelottait Johan, confirmant ses pires craintes. Libidineux et criminel, c'était beaucoup pour un seul homme, et trop pour Johan. Ranald lui était témoin, il se devait de sauvegarder sa vie et sa vertu - sans parler des trois couronnes dans sa bourse. Il se battrait donc, car l'option du plongeon dans le Reik lui paraissait déplaisante.
Johan évalua rapidement la situation. Pour autant qu'il puisse dire avec ses yeux mi-clos, l'homme le dominait nettement en stature et tenait une dague à la main - quoique à l'envers. D'un autre côté, à quatre pattes comme il l'était, il aurait certainement du mal à se mouvoir dans un sens ou dans l'autre, alors que Johan était parfaitement à l'aise dans les espaces confinés. De plus, l'acrobate aurait l'avantage de la surprise, car l'autre le pensait inconscient ou mort. Sans parler de la dague dans sa manche, dont son agresseur n'avait pas idée...
Restait donc à le pousser à approcher sa gorge à portée de dague, tout en écartant son propre poignard. Voyons, si Johan tombait sur le côté avec un faible soupir, comme il le faisait dans l'acte final de "la Molt Triste Histoire du Chevalier de la Manche", avec votre serviteur dans le rôle de la princesse tragique, peut-être que le goujat retiendrait sa chute, ou du moins se saisirait-il de lui - pour mieux embrasser 8 pouces de bon acier.
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Re: [Johan] A nous deux, Altdorf!
Johan se laissa choir, poussant un léger soupir dans ce qui se voulait la plus pure tradition dramatique. De ses paupières entre-ouvertes, il observa l'air bovin de son agresseur le laissant choir sans un geste, visiblement peu au fait des conventions théâtrales.
N'eusse été l'obscurité du pont encore à peine percée par l'aurore aux doigts de rose, le malotru eût pu voir l'acrobate rougir d'indignation face à son absence de sens de l'à-propos, du romanesque et du panache. C'était la Tragédie qu'on outrageait, et tout un tas d'épithètes plus ou moins exotiques cherchaient à fleurir sur les lèvres du jeune homme, plus choqué par l'attentat à son Art qu'à celui envers sa vertu.
*Goujat! Gougnafier! Pisse-Froid! Bourrin de réforme! Espèce de Nain!*
Décidément, ce butor n'était digne ni de lui, ni de son art, et encore moins d'être la vedette de ses Débuts d'Assassin. Johan prit en une fraction de seconde le parti de se recentrer sur son cœur de métier et, sous l'oeil interloqué de l'ivrogne, se retourna sur le ventre comme un chat, saisit sa besace et, d'un mouvement félin qui faisait l'admiration des petits (surtout avec le costume idoine, mais à la guerre comme à la guerre), il s'élança dans la direction opposée dans un bond horizontal qui tenait plus du plongeon que de l'athlétisme, avant de détaler à quatre pattes comme un lapin, non sans piétiner volontairement les ivrognes qui cuvaient là, dans l'espoir qu'ils forment des obstacles pour son poursuivant potentiel.
"Arrière, Ribaud, je ne suis pas celle que vous croyez !" Ajouta-t-il sans se retourner de façon parfaitement inutile, mais fort satisfaisante.
N'eusse été l'obscurité du pont encore à peine percée par l'aurore aux doigts de rose, le malotru eût pu voir l'acrobate rougir d'indignation face à son absence de sens de l'à-propos, du romanesque et du panache. C'était la Tragédie qu'on outrageait, et tout un tas d'épithètes plus ou moins exotiques cherchaient à fleurir sur les lèvres du jeune homme, plus choqué par l'attentat à son Art qu'à celui envers sa vertu.
*Goujat! Gougnafier! Pisse-Froid! Bourrin de réforme! Espèce de Nain!*
Décidément, ce butor n'était digne ni de lui, ni de son art, et encore moins d'être la vedette de ses Débuts d'Assassin. Johan prit en une fraction de seconde le parti de se recentrer sur son cœur de métier et, sous l'oeil interloqué de l'ivrogne, se retourna sur le ventre comme un chat, saisit sa besace et, d'un mouvement félin qui faisait l'admiration des petits (surtout avec le costume idoine, mais à la guerre comme à la guerre), il s'élança dans la direction opposée dans un bond horizontal qui tenait plus du plongeon que de l'athlétisme, avant de détaler à quatre pattes comme un lapin, non sans piétiner volontairement les ivrognes qui cuvaient là, dans l'espoir qu'ils forment des obstacles pour son poursuivant potentiel.
"Arrière, Ribaud, je ne suis pas celle que vous croyez !" Ajouta-t-il sans se retourner de façon parfaitement inutile, mais fort satisfaisante.
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Re: [Johan] A nous deux, Altdorf!
Malheureusement pour lui, Johan trébuche sur un des dormeurs, lui faisant perdre un temps précieux que son poursuivant met à profit pour le rattraper - ou peu s'en faut. Johan enrage, bien inutilement, contre l'obstiné
*Par tous les Dieux, lâche-moi les basques, Butor!*
L'acrobate tente une roulade par-dessus les ivrognes à moitié réveillés pour sortir de sous le pont.
*Par tous les Dieux, lâche-moi les basques, Butor!*
L'acrobate tente une roulade par-dessus les ivrognes à moitié réveillés pour sortir de sous le pont.
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Re: [Johan] A nous deux, Altdorf!
Enfin arrivé à l'air libre Johan saute par-dessus le parapet du pont, avant de filer jusqu'à Drecksack, non sans bousculer un allumeur de lampadaire. Ce n'est qu'après un long moment qu'il se rendit compte que son poursuivant avait depuis longtemps cessé sa course.
*À la bonne heure !*
Johan s'appuya contre un mur décrépi et prit le temps de souffler un instant. Décidément, la compagnie à Altdorf était tout à fait déplorable, et il n'était pas question de revivre un réveil aussi mouvementé. Il s'agissait donc de se trouver un chez-soi, où il pourrait assurer sa sécurité et celle de ces possessions.
Comme il était bien entendu impossible d'acquérir un bien immobilier honnêtement, il devait trouver un lieu inoccupé. Difficile, mais pas impossible : au cours de ses activités disons extra-professionnelles, il avait remarqué que, chez la clientèle aisée, les combles étaient souvent inoccupées, voir même inaccessibles.
De son enfance dans une ferme bretonnienne, Johan avait acquis une certaine connaissance des animaux pouvant habiter une grange abandonnée. Les animaux nocturnes en particulier, chouettes et chauve-souris, n'aiment pas la compagnie des humains, et par là sont un bon indicateur de vacance. L'aube étant levée, il faudrait pour l'instant se baser sur les oiseaux diurnes.
Il devait donc trouver des quartiers plus rupins - mais pas trop, pour que des allers et retours n'attirent pas trop l'attention - et lever le nez en l'air. Mais avant ça, il devait manger, comme le lui rappelèrent opportunément les grondements de son estomac. Mais pas ici. Ici, ça puait la merde.
*À la bonne heure !*
Johan s'appuya contre un mur décrépi et prit le temps de souffler un instant. Décidément, la compagnie à Altdorf était tout à fait déplorable, et il n'était pas question de revivre un réveil aussi mouvementé. Il s'agissait donc de se trouver un chez-soi, où il pourrait assurer sa sécurité et celle de ces possessions.
Comme il était bien entendu impossible d'acquérir un bien immobilier honnêtement, il devait trouver un lieu inoccupé. Difficile, mais pas impossible : au cours de ses activités disons extra-professionnelles, il avait remarqué que, chez la clientèle aisée, les combles étaient souvent inoccupées, voir même inaccessibles.
De son enfance dans une ferme bretonnienne, Johan avait acquis une certaine connaissance des animaux pouvant habiter une grange abandonnée. Les animaux nocturnes en particulier, chouettes et chauve-souris, n'aiment pas la compagnie des humains, et par là sont un bon indicateur de vacance. L'aube étant levée, il faudrait pour l'instant se baser sur les oiseaux diurnes.
Il devait donc trouver des quartiers plus rupins - mais pas trop, pour que des allers et retours n'attirent pas trop l'attention - et lever le nez en l'air. Mais avant ça, il devait manger, comme le lui rappelèrent opportunément les grondements de son estomac. Mais pas ici. Ici, ça puait la merde.
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Re: [Johan] A nous deux, Altdorf!
Johan marcha donc un peu au hasard jusqu'à un quartier un peu moins miteux, où une roulotte vendait des pains de la veille pour quelques piécettes. Le jeune homme pris un honnête pain brun de 2 livres, qui devrait lui durer un peu, vu que la journée serait longue. Assis sous un porche il en englouti une bonne partie. Rassasié, il se releva plein d'optimisme et décida qu'il complèterait volontiers son petit déjeuné avec une bière, qu'une taverne proche lui procura.
Les idées éclaircies par une mousse prise au côté des commis et autres manouvriers s'apprêtant à prendre leur service, Johan s'avisa du risque de rôder dans un quartier rupin pour ce qui semblait être un vagabond. Fort heureusement, quelques accessoires avaient tôt fait de figurer un apprenti méritant, en lieu et place du vil vagabond.
Johan quitta donc l'estaminet, non sans avoir réglé sa consommation, avant de se diriger tout naturellement vers Niederhafen. Un peu en retrait des docks de trouvait profusion d'échoppes de marinerie et de calfetage. Johan entra dans le moins remarquable, et déclara d'un air crâne au patron:
"B'jour m'sieur. M'faudrait un sceau, un bout de 10 mètres point trop gros, 2 couvertures, 12 chandelles et autant d'allumettes pour l'calfat. Z'avez ça de suite, ou bien?"
"Ça s'pourrait matelot, sauf pour les couvertures. Mais j'faisions pas crédit. Ton calfat, il t'as filé d'la caillasse?"
"Si fait, m'sieur. Dix pistoles, qu'ça suffira largement d'après lui."
Le commerçant rassembla les articles en mauégrant à la vue des pièces d'argent, Johan s'en fut, son sceau rempli - essentiellement de cordage - entre les bras. Il pris un air affairé et commença à cheminer, quittant rapidement Niederhafen à la recherche de lieux mieux lotis. Quand un embouteillage se formait, il prenait le ton péremptoire de celui-qui-a-un-travail-lui-madame, et jouait des coudes sans scrupules.
Ses pas finir par mener Johan jusqu'au Süderich district, qui présentait une claire montée en gamme par rapport aux quartiers qu'il avait traversé jusqu'ici. Toujours muni de son sceau - dont le poids commençait à lui peser fort péniblement. Levant les yeux au ciel, il observa les toits un bon moment en parcourant le quartier, guettant hirondelles et colombes à la recherche de combles vides, ou au moins inoccupées.
Il cru plusieurs fois trouver son bonheur, mais à chaque fois l'entrée des lieux lui semblait trop difficile. L'après-midi touchait à sa fin, et le désespoir commençait à le gagner, quand il vit une colombe s'envoler depuis ce qui se révéla être l'ouverture laissée par une planche cassée juste sous le toit d'un hôtel particulier. Fait notable, l'hôtel était adossé à un immeuble commun, lui-même bordant un petit parc dédié à Shallya, où se trouvait entre autre un fort grand mélèze qui dominait l'immeuble en question, et qui était parfaitement grimpable. Il y avait donc un chemin, depuis l'arbre jusqu'aux combles de l'hôtel, en passant par les toits de l'immeuble.
Johan était en train de savourer sa victoire, quand quelque chose le percuta avec force.
Les idées éclaircies par une mousse prise au côté des commis et autres manouvriers s'apprêtant à prendre leur service, Johan s'avisa du risque de rôder dans un quartier rupin pour ce qui semblait être un vagabond. Fort heureusement, quelques accessoires avaient tôt fait de figurer un apprenti méritant, en lieu et place du vil vagabond.
Johan quitta donc l'estaminet, non sans avoir réglé sa consommation, avant de se diriger tout naturellement vers Niederhafen. Un peu en retrait des docks de trouvait profusion d'échoppes de marinerie et de calfetage. Johan entra dans le moins remarquable, et déclara d'un air crâne au patron:
"B'jour m'sieur. M'faudrait un sceau, un bout de 10 mètres point trop gros, 2 couvertures, 12 chandelles et autant d'allumettes pour l'calfat. Z'avez ça de suite, ou bien?"
"Ça s'pourrait matelot, sauf pour les couvertures. Mais j'faisions pas crédit. Ton calfat, il t'as filé d'la caillasse?"
"Si fait, m'sieur. Dix pistoles, qu'ça suffira largement d'après lui."
Le commerçant rassembla les articles en mauégrant à la vue des pièces d'argent, Johan s'en fut, son sceau rempli - essentiellement de cordage - entre les bras. Il pris un air affairé et commença à cheminer, quittant rapidement Niederhafen à la recherche de lieux mieux lotis. Quand un embouteillage se formait, il prenait le ton péremptoire de celui-qui-a-un-travail-lui-madame, et jouait des coudes sans scrupules.
Ses pas finir par mener Johan jusqu'au Süderich district, qui présentait une claire montée en gamme par rapport aux quartiers qu'il avait traversé jusqu'ici. Toujours muni de son sceau - dont le poids commençait à lui peser fort péniblement. Levant les yeux au ciel, il observa les toits un bon moment en parcourant le quartier, guettant hirondelles et colombes à la recherche de combles vides, ou au moins inoccupées.
Il cru plusieurs fois trouver son bonheur, mais à chaque fois l'entrée des lieux lui semblait trop difficile. L'après-midi touchait à sa fin, et le désespoir commençait à le gagner, quand il vit une colombe s'envoler depuis ce qui se révéla être l'ouverture laissée par une planche cassée juste sous le toit d'un hôtel particulier. Fait notable, l'hôtel était adossé à un immeuble commun, lui-même bordant un petit parc dédié à Shallya, où se trouvait entre autre un fort grand mélèze qui dominait l'immeuble en question, et qui était parfaitement grimpable. Il y avait donc un chemin, depuis l'arbre jusqu'aux combles de l'hôtel, en passant par les toits de l'immeuble.
Johan était en train de savourer sa victoire, quand quelque chose le percuta avec force.
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Re: [Johan] A nous deux, Altdorf!
"Du large, maraud !"
Un homme imposant, habillé en laquais, venait d'expédier Johan au sol d'une puissante bourrade. Sa face vermillon et moustachue toisait le jeune homme d'un air suspicieux, flairant sans doute le mauvais garçon.
"Allons Gerart, ce n'est qu'un enfant !"
Au côté du dénommé Gerart, une jeune fille blonde richement vêtue posait un regard gentiment réprobateur sur celui qui était de toute évidence son domestique - sans pour autant s'abaisser à accorder plus qu'un regard furtif au jeune homme. Malgré sa condescendance, elle ne devait pas avoir plus d'une paire d'années que Johan.
Ils furent bientôt rejoints par une femme mûre et maigre, l'air vaguement choquée, et un petit commis portant des ballots de linge.
"J'parirais qu'c'est un tire-laine, Mademoiselle Isabeau. J'connaissions bien ces bestiaux-là, y prétendent un accident et - paf! - v'là qu'votre bougette a disparue !"
*Isabeau? Une Bretonnienne ?*
La jeune fille leva les yeux au ciel.
"Et bien mon aumônière est intacte, Gerart, je vous remercie bien..."
"'Bougette', non mais vraiment je vous jure, il est bien gentil mais il n'est pas sortable celui-là..."
Elle plongea d'ailleurs une main dans ladite aumônière - une pièce de cuir bleu foncé s'accordant parfaitement avec sa robe bleu ciel, et qui, même vide, aurait déjà value un bon prix - en sortit un sou et le tendit à Johan et précisant avec une voix dégoulinante de suffisance :
"Tenez mon petit. Je vous prie de nous excuser ce désagrément."
Johan, qui se relevait en massant son séant, jeta un regard outragé sur Gerart, puis répondit avec un ton respectueux mais blessé en Bretonni, levant le menton bien haut, mon regard bleu ciel croisant celui, vert, d'Isabeau.
"C'est que, Mademoiselle, mon honneur a été mis en cause..."
*Alors que, pour une fois, je suis innocent!*
Un homme imposant, habillé en laquais, venait d'expédier Johan au sol d'une puissante bourrade. Sa face vermillon et moustachue toisait le jeune homme d'un air suspicieux, flairant sans doute le mauvais garçon.
"Allons Gerart, ce n'est qu'un enfant !"
Au côté du dénommé Gerart, une jeune fille blonde richement vêtue posait un regard gentiment réprobateur sur celui qui était de toute évidence son domestique - sans pour autant s'abaisser à accorder plus qu'un regard furtif au jeune homme. Malgré sa condescendance, elle ne devait pas avoir plus d'une paire d'années que Johan.
Ils furent bientôt rejoints par une femme mûre et maigre, l'air vaguement choquée, et un petit commis portant des ballots de linge.
"J'parirais qu'c'est un tire-laine, Mademoiselle Isabeau. J'connaissions bien ces bestiaux-là, y prétendent un accident et - paf! - v'là qu'votre bougette a disparue !"
*Isabeau? Une Bretonnienne ?*
La jeune fille leva les yeux au ciel.
"Et bien mon aumônière est intacte, Gerart, je vous remercie bien..."
"'Bougette', non mais vraiment je vous jure, il est bien gentil mais il n'est pas sortable celui-là..."
Elle plongea d'ailleurs une main dans ladite aumônière - une pièce de cuir bleu foncé s'accordant parfaitement avec sa robe bleu ciel, et qui, même vide, aurait déjà value un bon prix - en sortit un sou et le tendit à Johan et précisant avec une voix dégoulinante de suffisance :
"Tenez mon petit. Je vous prie de nous excuser ce désagrément."
Johan, qui se relevait en massant son séant, jeta un regard outragé sur Gerart, puis répondit avec un ton respectueux mais blessé en Bretonni, levant le menton bien haut, mon regard bleu ciel croisant celui, vert, d'Isabeau.
"C'est que, Mademoiselle, mon honneur a été mis en cause..."
*Alors que, pour une fois, je suis innocent!*
- Johan
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Re: [Johan] A nous deux, Altdorf!
"Silence, maroufle ! Si tu as de l'honneur, les cochons doivent voler. Ne t'approche pas de moi, cul-bouteux. !"
Johan reste digne sous l'insulte, et garde son juste courroux pour lui tandis que la suite le dépasse sans un regard supplémentaire. Le fait que la jeune fille l'ignore l'affecte à la vérité beaucoup plus, habitué qu'il est aux succès faciles.
*Pimbêche !*
La mauvaise humeur de l'Acrobate fait place à la stupeur, puis à un sourire sarcastique, quand il voit le noble équipage rentrer dans l'hôtel particulier qu'il était en train d'inspecter.
* Hehe, il se pourrait bien que le cul-boiteux soit votre voisin, Mademoiselle Pimbêche !*
Il s'esquiva sans demander son reste. Mieux valait ne pas trop traîner dans le coin pour l'instant. D'ailleurs, on était déjà l'après-midi, il avait encore quelques emplettes à faire pour préparer la nuit - sans parler de la lassitude qui le gagnait, après sa courte nuit et la longue pérégrination de la matinée, et de son estomac qui grondait.
Johan gagna donc un quartier plus modeste, à la recherche de tailleurs ou, mieux, d'un marché de fripes. Il finit par trouver son bonheur, et acheta une chemise point trop usée au ton écru, et des braies brunes, assez bien taillées et descendant à mi-mollet, pour 12 pistoles, ainsi que 2 couvertures pour 6 pistoles de plus. Pour 2 sous de plus, il obtint une chute de vile toile de jute, de 1 pied de large et autant de long. Un maroquinier lui fournit une ceinture correcte pour une pistole de plus. Un peu plus loin, un quincaillier lui céda un grand sec de jute et une paire de clous de tapisserie pour 2 pistoles. Johan eut nettement l'impression de se faire rouler, mais paya néanmoins.
Johan se changea dans ses nouveaux vêtements, rangeant ses haillons dans sa besace. Le voilà correctement vêtu pour un commis ou un apprenti, voir même pour un petit domestique. Sa bourse, cependant, avait fondu de plus de moitié. Des trois belles couronnes d'or qu'il avait possédées, il ne restait qu'une couronne, sept pistoles et cinq sous. Ces derniers devraient lui assurer un dîner plus que correct, espérait-il.
De fait, il se retrouva non loin, assis sur un banc entre un gros artisan et un gros drapier ivre. Attablé devant une soupe de pois, un part de tourte au porc et une chope de bière, Johan prêtait une oreille distraite à la diatribe de ses voisins.
"Moi j'vous l'dit avec leurs taxes y vont tuer l'ptit commerce ! Déjà qu'les prix en gros montent avec tous les brigands, qu'on s'demande bien où va l'argent, et s'que font les patrouilleurs ! Et la clientèle, hein, m'en parlez pas! Et qu'c'est pas assez fin, ou bien trop, que la teinture est pas franche... Et toujours à pleurer chaque sou !"
"Moi j'dis qu'l'empereur est mal entouré ! S'y savait c'qui s'passe, pour sûr qu'y f'rait l'ménage."
Johan savourait le réconfort d'un repas nourrissant, et d'un toit sur sa tête et d'un banc sous ses fesses. Le temps se faisait long néanmoins, et il savait qu'il lui restait encore quelques heures à passer avant la nuit noire, aussi quand il vit une partie de dés s'improviser à quelques tables de la, il s'avisa qu'il n'avait pas sacrifié le décime de Ranald depuis un moment.
Il s'approcha donc et posa dix sous sur la table des trois commis qui jouaient ensemble.
"Bien le bonsoir les gars. J'ai pas de dés, mais je mise dix sous, vous en mettez cinq chacun. Le gagnant récupère les dés et les mises. Ça vous va ?"
Le plus âgé des commis, un homme maigre et moustachu répondit avec un accent nordique prononcé "C'est mes dés, alors j'mets rien. Mais les autres mettent dix."
"M'en fout d'tes dés, j'en ai déjà," dit le second, un garçon très brun et à peine plus âgé que Johan. "Mets cinq de plus, et je joue." Le troisième hocha la tête, décidant le propriétaire des dés qui posa à contre-cœur cinq sous dans le pot.
"Ça va gamin. Ça joue!"
*Ranald, souffle-moi dans le dos!*
Johan reste digne sous l'insulte, et garde son juste courroux pour lui tandis que la suite le dépasse sans un regard supplémentaire. Le fait que la jeune fille l'ignore l'affecte à la vérité beaucoup plus, habitué qu'il est aux succès faciles.
*Pimbêche !*
La mauvaise humeur de l'Acrobate fait place à la stupeur, puis à un sourire sarcastique, quand il voit le noble équipage rentrer dans l'hôtel particulier qu'il était en train d'inspecter.
* Hehe, il se pourrait bien que le cul-boiteux soit votre voisin, Mademoiselle Pimbêche !*
Il s'esquiva sans demander son reste. Mieux valait ne pas trop traîner dans le coin pour l'instant. D'ailleurs, on était déjà l'après-midi, il avait encore quelques emplettes à faire pour préparer la nuit - sans parler de la lassitude qui le gagnait, après sa courte nuit et la longue pérégrination de la matinée, et de son estomac qui grondait.
Johan gagna donc un quartier plus modeste, à la recherche de tailleurs ou, mieux, d'un marché de fripes. Il finit par trouver son bonheur, et acheta une chemise point trop usée au ton écru, et des braies brunes, assez bien taillées et descendant à mi-mollet, pour 12 pistoles, ainsi que 2 couvertures pour 6 pistoles de plus. Pour 2 sous de plus, il obtint une chute de vile toile de jute, de 1 pied de large et autant de long. Un maroquinier lui fournit une ceinture correcte pour une pistole de plus. Un peu plus loin, un quincaillier lui céda un grand sec de jute et une paire de clous de tapisserie pour 2 pistoles. Johan eut nettement l'impression de se faire rouler, mais paya néanmoins.
Johan se changea dans ses nouveaux vêtements, rangeant ses haillons dans sa besace. Le voilà correctement vêtu pour un commis ou un apprenti, voir même pour un petit domestique. Sa bourse, cependant, avait fondu de plus de moitié. Des trois belles couronnes d'or qu'il avait possédées, il ne restait qu'une couronne, sept pistoles et cinq sous. Ces derniers devraient lui assurer un dîner plus que correct, espérait-il.
De fait, il se retrouva non loin, assis sur un banc entre un gros artisan et un gros drapier ivre. Attablé devant une soupe de pois, un part de tourte au porc et une chope de bière, Johan prêtait une oreille distraite à la diatribe de ses voisins.
"Moi j'vous l'dit avec leurs taxes y vont tuer l'ptit commerce ! Déjà qu'les prix en gros montent avec tous les brigands, qu'on s'demande bien où va l'argent, et s'que font les patrouilleurs ! Et la clientèle, hein, m'en parlez pas! Et qu'c'est pas assez fin, ou bien trop, que la teinture est pas franche... Et toujours à pleurer chaque sou !"
"Moi j'dis qu'l'empereur est mal entouré ! S'y savait c'qui s'passe, pour sûr qu'y f'rait l'ménage."
Johan savourait le réconfort d'un repas nourrissant, et d'un toit sur sa tête et d'un banc sous ses fesses. Le temps se faisait long néanmoins, et il savait qu'il lui restait encore quelques heures à passer avant la nuit noire, aussi quand il vit une partie de dés s'improviser à quelques tables de la, il s'avisa qu'il n'avait pas sacrifié le décime de Ranald depuis un moment.
Il s'approcha donc et posa dix sous sur la table des trois commis qui jouaient ensemble.
"Bien le bonsoir les gars. J'ai pas de dés, mais je mise dix sous, vous en mettez cinq chacun. Le gagnant récupère les dés et les mises. Ça vous va ?"
Le plus âgé des commis, un homme maigre et moustachu répondit avec un accent nordique prononcé "C'est mes dés, alors j'mets rien. Mais les autres mettent dix."
"M'en fout d'tes dés, j'en ai déjà," dit le second, un garçon très brun et à peine plus âgé que Johan. "Mets cinq de plus, et je joue." Le troisième hocha la tête, décidant le propriétaire des dés qui posa à contre-cœur cinq sous dans le pot.
"Ça va gamin. Ça joue!"
*Ranald, souffle-moi dans le dos!*
- Johan
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Re: [Johan] A nous deux, Altdorf!
Les dés roulèrent pour chacun des quatre joueurs. Le premier joueur à atteindre quarante-deux devait remporter la mise.
Johan commença par prendre du retard par rapport aux trois compères, avant de rattraper le troisième larron - un homme court et trappu, au regard sans malice - au quatrième jet. Le propriétaire des dés commençait à être distancé, tandis que le garçon brun prenait une nette avance sur les autres. La situation resta stable pendant encore une paire de jets, avant que Johan ne commence a grignoter sur l'avance du garçon brun, tandis que les jets catastrophiques du moustachu le faisaient sombrer dans les tréfonds du désespoir. Quant au troisième compère, il perdait du terrain par rapport à Johan, sans que la distance lui interdise toute fois un retour.
Johan respira un grand coup. Ils avaient déjà lancé 8 fois les dés chacun, et le garçon en tête n'était plus qu'à sept points du quarante-deux. Quant à lui, il était trois points derrière. Les dés roulèrent. Un 6 pour Johan! Le garçon brun tira un 3, arrivant donc exactement à égalité avec Johan - et à 4 points de la victoire. Le compère courtaud se rapprochait avec un total de trente-trois, mais ses chances d'atteindre la victoire avant Johan et le garçon brun semblaient proches de zéro. Quant au malheureux moustachu, il restait dans les profondeurs abyssales avec un ridule 24 qui lui interdisait tout espoir de victoire.
La partie avait attiré des curieux, et la remontada de Johan - sans parler de ses répliques bien senties, et des plaintes bruyantes du propriétaire des dés - animait un public aussi désœuvré qu'alcoolisé.
Une dixième et dernière fois, les dés roulèrent. Le garçon brun tira un 6, et poussa un cri de victoire, voyant déjà les 35 sous du pot - près de deux pistoles! - dans sa poche. Malheureusement pour lui, Johan tira un 5. Comme ils avaient tous mes deux dépassé 42, c'était le plus proche - donc le plus bas, donc Johan - qui l'emportait. Il y eut quelques exclamations qui se transformèrent en franche acclamations quand il déposa 15 sous sur le comptoir et déclara d'une voix crâne:
"C'est ma tournée !"
S'étant assuré une popularité aussi forte qu'éphémère, Il empocha la pistole restante et la paire de dés en os, et sorti de l'auberge la tête haute, son fourbi rangé dans le sac de jute.
Johan commença par prendre du retard par rapport aux trois compères, avant de rattraper le troisième larron - un homme court et trappu, au regard sans malice - au quatrième jet. Le propriétaire des dés commençait à être distancé, tandis que le garçon brun prenait une nette avance sur les autres. La situation resta stable pendant encore une paire de jets, avant que Johan ne commence a grignoter sur l'avance du garçon brun, tandis que les jets catastrophiques du moustachu le faisaient sombrer dans les tréfonds du désespoir. Quant au troisième compère, il perdait du terrain par rapport à Johan, sans que la distance lui interdise toute fois un retour.
Johan respira un grand coup. Ils avaient déjà lancé 8 fois les dés chacun, et le garçon en tête n'était plus qu'à sept points du quarante-deux. Quant à lui, il était trois points derrière. Les dés roulèrent. Un 6 pour Johan! Le garçon brun tira un 3, arrivant donc exactement à égalité avec Johan - et à 4 points de la victoire. Le compère courtaud se rapprochait avec un total de trente-trois, mais ses chances d'atteindre la victoire avant Johan et le garçon brun semblaient proches de zéro. Quant au malheureux moustachu, il restait dans les profondeurs abyssales avec un ridule 24 qui lui interdisait tout espoir de victoire.
La partie avait attiré des curieux, et la remontada de Johan - sans parler de ses répliques bien senties, et des plaintes bruyantes du propriétaire des dés - animait un public aussi désœuvré qu'alcoolisé.
Une dixième et dernière fois, les dés roulèrent. Le garçon brun tira un 6, et poussa un cri de victoire, voyant déjà les 35 sous du pot - près de deux pistoles! - dans sa poche. Malheureusement pour lui, Johan tira un 5. Comme ils avaient tous mes deux dépassé 42, c'était le plus proche - donc le plus bas, donc Johan - qui l'emportait. Il y eut quelques exclamations qui se transformèrent en franche acclamations quand il déposa 15 sous sur le comptoir et déclara d'une voix crâne:
"C'est ma tournée !"
S'étant assuré une popularité aussi forte qu'éphémère, Il empocha la pistole restante et la paire de dés en os, et sorti de l'auberge la tête haute, son fourbi rangé dans le sac de jute.
- Johan
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Re: [Johan] A nous deux, Altdorf!
Regaillardi par la soirée qu'il venait de passer, et tout réjoui de la bénédiction de Ranald, Johan décida qu'il était temps de passer à la seconde partie de son plan, et quitta sans états d'âme ses compagnons de beuverie.
Prenant la direction du sud, chemina à travers la ville, jusqu'à rejoindre Süderich district. Il prit soin de n'emprunter que de grandes avenues, selon le principe qu'on ne se cache jamais mieux qu'au milieu de la foule. De toute façon, les petites ruelles étaient dangereuses, et il connaissait mal la ville... Il affectait également l'air à fois affairé et réticent typique d'un commis pressé de finir sa tâche. Avec, cette fois, les vêtements idoines.
Comme il y avait compté, il faisait nuit noire quant il arriva à proximité de l'hôtel particulier dont il convoitait les combles - et que par-devers lui il nommait déjà "l'Hôtel d'Isabeau". Cependant, des lampadaires régulièrement disposés éclairaient la rue, ainsi que la façade du bâtiment. Ce qui a première vue aurait put être un problème pour un monte-en-l'air jouait en réalité en sa faveur: non seulement les toits n'étaient pas du tout éclairés, mais le contraste de luminosité rendait beaucoup moins visible un eventuel visiteur que si rue et toits avaient été deux été dans l'obscurité. Il en allait de même pour l'arbre sur lequel il comptait grimper, qui se situait dans un petit parc sans éclairage.
Johan prit le temps d'observer l'Hôtel d'Isabeau. La bâtisse devait faire quatre étages, mais était relativement étroite. Une telle bâtisse ne devait pas compter plus de quatre chambres, attendu que le rez-de-chaussée était probablement utilisé pour le service, et le premier étage pour les réceptions. A cette heure tardive, aucune lumière ne filtrait à travers les volets clos des fenêtres. La façade, dont la chaux se lézardait par endroits, ne semblait pas de première fraîcheur, même si la structure semblait, à première vue, assez solide. Le toit était peu prononcé - donc les combles seraient bas. De nuit, l'ouverture qu'avait appercue Johan le matin n'était pas visible de la rue. La porte de l'hôtel était massive et fraîchement peinte de brun. Détail intéressant, elle était surmontée par un écu peint, qui avait échappé précédemment à l'Acrobate, trop occupé qu'il était à observer les toits.
En s'approchant, Johan put l'observer à loisir: une partition verticale azur et gueule, portant respectivement un soleil d'or et un croissant de lune d'argent. Probablement une famille ayant perdu son fief, pensa Johan, tant la notion qu'un fils cadet puisse quitter la Bretonnie pour le Reiksland lui semblait anti-Bretonnienne. Sous l'écu étaient gravés plusieurs mots, mais le jeune homme n'y entendait rien, rapport à son analphabétisme.
* Bon quand faut y aller... *
Prenant la direction du sud, chemina à travers la ville, jusqu'à rejoindre Süderich district. Il prit soin de n'emprunter que de grandes avenues, selon le principe qu'on ne se cache jamais mieux qu'au milieu de la foule. De toute façon, les petites ruelles étaient dangereuses, et il connaissait mal la ville... Il affectait également l'air à fois affairé et réticent typique d'un commis pressé de finir sa tâche. Avec, cette fois, les vêtements idoines.
Comme il y avait compté, il faisait nuit noire quant il arriva à proximité de l'hôtel particulier dont il convoitait les combles - et que par-devers lui il nommait déjà "l'Hôtel d'Isabeau". Cependant, des lampadaires régulièrement disposés éclairaient la rue, ainsi que la façade du bâtiment. Ce qui a première vue aurait put être un problème pour un monte-en-l'air jouait en réalité en sa faveur: non seulement les toits n'étaient pas du tout éclairés, mais le contraste de luminosité rendait beaucoup moins visible un eventuel visiteur que si rue et toits avaient été deux été dans l'obscurité. Il en allait de même pour l'arbre sur lequel il comptait grimper, qui se situait dans un petit parc sans éclairage.
Johan prit le temps d'observer l'Hôtel d'Isabeau. La bâtisse devait faire quatre étages, mais était relativement étroite. Une telle bâtisse ne devait pas compter plus de quatre chambres, attendu que le rez-de-chaussée était probablement utilisé pour le service, et le premier étage pour les réceptions. A cette heure tardive, aucune lumière ne filtrait à travers les volets clos des fenêtres. La façade, dont la chaux se lézardait par endroits, ne semblait pas de première fraîcheur, même si la structure semblait, à première vue, assez solide. Le toit était peu prononcé - donc les combles seraient bas. De nuit, l'ouverture qu'avait appercue Johan le matin n'était pas visible de la rue. La porte de l'hôtel était massive et fraîchement peinte de brun. Détail intéressant, elle était surmontée par un écu peint, qui avait échappé précédemment à l'Acrobate, trop occupé qu'il était à observer les toits.
En s'approchant, Johan put l'observer à loisir: une partition verticale azur et gueule, portant respectivement un soleil d'or et un croissant de lune d'argent. Probablement une famille ayant perdu son fief, pensa Johan, tant la notion qu'un fils cadet puisse quitter la Bretonnie pour le Reiksland lui semblait anti-Bretonnienne. Sous l'écu étaient gravés plusieurs mots, mais le jeune homme n'y entendait rien, rapport à son analphabétisme.
* Bon quand faut y aller... *