[Isolde Tristan de Bérétis] Frères par le sang versé

Le Reikland est une province vaste, populeuse et prospère. Sa couleur est le blanc, mais certains régiments, comme les célèbres Joueurs d'Epées de Carroburg, ont leur propre héraldique. C'est l'Empereur Karl Franz Ier, Comte Electeur du Reikland, qui dirige cette province, depuis la plus riche cité de l'Empire, Altdorf.

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[MJ] Le Grand Duc
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Rédigé par Armand de Lyrie, Assistant MJ


CHAR Isolde : 8
Malus : -2 (Manque)
-2 (André peu réceptif à la manière de parler d’Isolde)
Jet : 18, échec.
Le Bretonnien foudroya Isolde du regard. Il la jaugea des pieds à la tête, un petit instant, avant de se mettre à lui parler avec un ton anormalement froid et direct, sans la moindre trace d’émotion.

« T’avises plus jamais d’me toucher. »

Il commença à se retourner, mais se contenta de grogner en voyant qu’il tenait toujours entre ses mains la canne à pêche – sans doute que devoir ramener le poisson était plus important que de se montrer physiquement menaçant.

« T’as jamais lutté d’ta vie. J’te conseille d’faire comme Pietro, et d’te préparer un plan d’sortie. »



La tente médicale était toujours en train d’être monté par de solides gaillards, mais les deux fidèles de Shallya ne semblaient pas être de ceux qui mettaient le plus la main à la pâte ; Spangz’ était installé devant un petit secrétaire, et rédigeait quelque chose sur une pile de brouillon, un gros feuillet de parchemins brochés. À bien y regarder, il n’était pas du tout en train d’écrire en reikspiel, mais en classique, la vieille langue universelle qui n’était plus utilisée que par les prêtres et les érudits. Lina, elle, était juchée sur un tonneau de bois, et préparait un mélange herbacé qu’elle pilonnait au fond d’un petit mortier en pierre.

« Spangz’ est occupé pour l’instant. Il fait ses devoirs. »

La sœur de Shallya fit un grand sourire au docteur âgé. Celui-ci leva sa tête avec la bouche ouverte, ne comprenant pas trop pourquoi elle le regardait avec un tel sourire. Puis il baissa les yeux et retourna son attention sur ses papiers.

« Il essaye de recopier en classique des notes d’un parchemin, si tu veux tout savoir. Hé, pourquoi il s’épuise la main à l’ère de l’imprimerie est un mystère – hé, il faut dire que l’imprimerie c’est cher, ça se croise que dans les grandes villes, et surtout il faut l’autorisation des censeurs de l’Empereur pour débuter l’impression, alors je suppose que les copistes ont encore quelques siècles d’existence devant eux.
En parlant de copistes... »


Elle posa son mortier contre un escabeau plié, et, se saisissant d’une petite coupole de liquide blanchâtre, noya ses herbes pilonnées dessous.

« Mon bouquin est dans mes affaires.
Tu sais Isolde, tu as totalement tort de préjuger que les romances du brave chevalier m’intéressent – j’aime bien les hommes, mais pas… Pas de cette façon là, vois-tu ? »

À la question sur Stromdorf, elle ne trouva rien à dire à part hausser les épaules.

« Tu es en train de parler juste pour parler, n’est-ce pas ?
Weber nous trouve toujours des opportunités, c’est son rôle. On vient dans une région, il descend son gros cul sur un cheval, et il va dans tous les bourgs et les châteaux avoisinants, et il nous déniche des contrats. C’est pour ça qu’il peut se permettre d’être un obèse maniéré qui fout rien dans le camp, parce que c’est lui qui fait en sorte qu’on peut bosser et qu’on finisse pas tous à décorer des branches d’arbre.
Il compte partir pour Stromdorf dès demain, d’ailleurs. Il va probablement aller rencontrer le bourgmestre, et nous dénicher quelques trucs. »


Elle parut réfléchir quelques instants, puis tiqua du bout des lèvres.

« Stromdorf, il pleut. Il pleut tout le temps. Mais genre, je veux dire, c’est pas juste un stéréotype, c’est pas comme dire « en Ostland il pleut tout le temps ». Non, là, je suis très sérieuse : Il arrête JAMAIS de pleuvoir, tout n’est qu’un tas de tourbes et de marais. On sait pas pourquoi il pleut autant, y paraît que la Terre a été maudite au temps de Sigmar.
J’espère que t’as un manteau bien imperméable si tu vas là bas. »
Je suis le Grand Duc, seigneur de ces bois. Je vis avec mes gens, loin de la folie des hommes. La nuit je vole dans les sombres profondeurs de la forêt. Mon regard d'acier partout se pose, et sans bruit, comme le vent, je file entre les branches des arbres séculiers. Je suis le Grand Duc, seigneur de ces bois.

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Isolde Tristan de Bérétis
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Re: [Isolde Tristan de Bérétis] Frères par le sang versé

Message par Isolde Tristan de Bérétis »

A la remarque d'André ma bouche s'ouvre, hésite, se referme. Je parcours une poignée de mètres pour finalement prononcer quelques mots sans prendre la peine de me retourner pour autant.

"Puisque nous en sommes aux conseils je vais t'en donner un à mon tour, évite de mordre la main tendue. Chez les chiens seule la peur de l'immédiat ou les blessures du passé amène ce genre de réaction, je rajouterai la bêtise pour les hommes. Je ne suis pas ton ennemi, ne te trompe pas de cible. Bonne soirée à vous."

Les mains enfoncées dans les replis de mes vêtements je reprends le chemin en direction du camp. La tente médicale maintenant montée je retrouve donc ces deux principaux occupants fort occupés par leur tâche respective.

"Tu prépares quoi ?"
Simple question de curiosité et d'intérêt vis à vis de l'odeur herbacée qui se dégage du bol que tient la jeune femme.

"Peut être apprécie t-il le contact de la plume sur la feuille de parchemin ? Ou les tâches d'encre sur ses doigts ?"
Je souris quelque peu amusé par la question en fait.
"Nous avons tous des petits rien que nous adorons. Tient moi j'aime l'odeur du cuir que l'on vient d'entretenir ... chacun ces lubies. Tu en as très certainement, non ? Et d'ailleurs il copie quoi ?"

Installée sur le rebord d'une malle mon regard se perd un instant avant de revenir à la principale intéressée à la remarque concernant mes dires sur son intérêt littéraire.

"Je ... crois ...."
"Elle veut me dire quelques chose ?"

"Parlé pour parler ? Non ... ça m'arrive, je suis plutôt bavarde oui mais ... enfin c'est plus agréable de partager mais si tu préfères que ..."
"Je me taise ? parte ?"
"Je tiens juste à en connaître le plus possible, j'apprécie le groupe, les gens et j'aimerai me rendre utile. Bref j'irai le voir à la fin de notre leçon afin de lui demander si je peux l'accompagner demain."

Quelques minutes passent, temps que je lui laisse afin qu'elle termine tranquillement sa préparation alors que j'observe la vie du camp par l'ouverture que procure le rabat de la tente.

"Jamais de pleuvoir, c'est quand même fou."
"Maudite au temps de Sigmar ... Hummm ... Et Shallya pleure sur les malheureux qui peuplent ces terres ?"

Je frisonne légèrement comme si cette histoire de malédiction était le prologue d'un drame à venir avant de me retourner soudainement pour chasser ces idées.

"Bien on se met au travail ?"

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Isolde de Bérétis / Trisan BlancheBise, Chevalier du Graal
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[MJ] Le Grand Duc
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Re: [Isolde Tristan de Bérétis] Frères par le sang versé

Message par [MJ] Le Grand Duc »

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Rédigé par Armand de Lyrie, Assistant MJ



« Un traité de médecine. Un vieux médecin Arabéen, dont on a découvert les écrits après les Croisades. Les Tiléens n’ont pas eu de problèmes, pendant des siècles, à recopier tout ce qu’il a écrit. Dans l’Empire de Sigmar c’est plus compliqué. Les Impériaux aiment rarement quoi que ce soit qui vienne hors des frontières. »


Elle haussa les épaules à la question d’Isolde, et ne lui offrit pas plus de précisions sur le travail que le chirurgien était en train de doctement recopier. À la place, elle s’empressa bien plus d’ouvrir le bouquin à un marque-page vers le tiers du livre, preuve qu’elle avait déjà commencé ses lectures.
Le livre n’était, et c’était bien étonnant pour un ouvrage de chevalerie, absolument pas un bel ouvrage relié, avec une couverture enluminée, des rubriques pour justifier le texte, et quantité de miniatures et de petits dessins humoristiques ou liés au texte pour l’embellir. C’était un simple cahier grossier, relié, avec une écriture de mauvaise qualité, le tout broché dans un cahier en cuir tanné. Les pages de parchemin, épaisses, parfois légèrement trouées, étaient bien épaisses et rugueuses. C’était le genre de livre qu’on lisait pour véritablement le lire, en privé et pour soi-même, et non une œuvre faite pour rehausser son prestige, qu’on sortait pour faire de la lecture collective avec des invités.

C’était un long chapitre, sur une bataille qu’on appelait celle de Castellet, un petit village le long de la Sannez face à une armée de cinquante mille Norses qui assiégeaient depuis six mois maintenant la ville ducale de l’Anguille. Le Roy Philippe le Fort marchait avec dix mille hommes pour relever l’Anguille, lorsqu’il s’arrêta pour se reposer, exténué par la marche sous un soleil de plomb en plein été, sous l’ombre d’un frêne. Selon cet ouvrage, c’était Geraint, alors chevalier de la Quête, qui vit comment le Jarl Starkad le Roux avait découvert un gué le long de la Sannez, qu’il choisit de traverser pour aller surprendre les Bretonniens et exterminer l’armée de secours. Geraint chevaucha à travers le ciel sur son pégase ailé, prévenu l’armée royale, et ensuite se produisit un magnifique carnage long de trente pages, qui parvint à rendre célèbre ce petit bled paumé au milieu de nul part. Le Roy Philippe, accompagné des ducs de l’Anguille, Artenois et Couronne, parvinrent à exterminer les Norses de Starkad en terrain plat, sans laisser le moindre survivant, les fuyards poursuivis des jours durant par les sergents-à-cheval à travers la campagne. La victoire fut assez éclatante pour que, ensuite, Philippe le Fort aille trouver Geraint et lui offrir par trois fois trois récompenses : Il lui proposa une belle seigneurie comme domaine et une épouse de la haute noblesse, que Geraint refusa. Croyant que le chevalier de la Quête déclinait car les honneurs n’étaient pas suffisants au vu de l’exemplaire service qu’il avait rendu, le Roy lui proposa alors un titre de marquis, et de le marier avec une damoiselle de dynastie ducale. Geraint refusa. Alors, le Roy retira la couronne de sa tête, et proposa à noble, preux et humble Geraint qu’il abdiquerait, qu’il offrait son duché à Geraint, et la main de sa fille au héros de la journée, et pour la troisième fois, Geraint refusait. Geraint déclara être marié à la Dame et à la Bretonnie, et qu’il ne combattait que pour les courtiser toutes deux. Alors Philippe salua le preux, et, sans aucune récompense, l’armure rouillée, dégoulinante de sang, Geraint reparti sans rien demander, sans accepter aucune acclamation, vers la forêt d’Arden, sur le chemin de sa Quête.

La lecture du chapitre avait été fort longue, sœur Lina butant souvent sur des mots ou des expressions trop bretonniennes pour qu’elle comprenne au premier coup d’œil. Mais elle parvint malgré tout jusqu’à la fin, et fit une pause avant de continuer le gros ouvrage pour découvrir quelles aventures attendaient donc preux Geraint dans les bois des Ardens.

« J’ai appris plein de nouveaux mots pour dire « massacrer ». Je n’aurai donc pas perdu ma soirée. »

Elle sourit légèrement à Isolde.
Spangz’ termina sa paperasse un peu plus tard. Il se leva donc et s’occupa d’Isolde ; Il lui retira son écharpe, et ausculta rapidement son bras.
HAB+END/2 : 9
Jet : 4, réussite.
Jet : 15, échec
Jet : 8, réussite.

2/3 : Amélioration de l’état d’Isolde.

Isolde a à présent 45 PV. Son bras est encore inutilisable mais est en voie de guérison.

INT Isolde : 8-2
Jet : 8, échec.
Jet : 17, échec
Jet : 15, échec.

0/3 : Isolde souffre du sevrage. Elle souffre d’un -1 généralisé à toutes ses stats, et d’un -3 au CHAR et à l’INT jusqu’à ce qu’elle prenne une dose de mandragore, ou jusqu’à ce qu’elle achève son sevrage (Quelques jours)
« Spangz pense que ton bras va mieux. C’est une très bonne nouvelle : Rien ne s’infecte ou ne se détériore.
Tu as été très chanceuse, tu peux remercier Shallya. »





Mains tremblantes. Sueurs froides. Céphalées. Il faisait froid, mais Isolde était bouillante. Au réveil, il lui fallut rassembler tout ce qu’elle avait de courage pour se remettre debout. Sœur Lina lui avait déclaré qu’elle n’était pas malade, que ces symptômes étaient normaux, une mauvaise passe à devoir supporter avec courage avant d’être délivré de la mandragore – mais c’était visiblement plus facile à dire qu’à réellement faire.

Les hommes étaient revenus avec du lapin à faire dorer au coin du feu. Le repas avait été donc légèrement meilleur que dans la Reikwald seulement. Aux aurores, une légère ondée balayait les tentes et les foyers éteints de la veille qui fumaient encore légèrement.

Près du campement, on rassemblait des chevaux et un chariot qui était vidé de ses tonneaux et ses énormes caisses de rangement. Le gros Weber regardait les opérations, revêtu d’une grosse peau d’ours et d’une capuche en laine qui lui donnait un air parfaitement ridicule. Sœur Lina alla trouver Isolde et lui fit un sourire bien plus étendu que la veille :

« Bien dormi l’Isolde ? Comment cela va ce matin ?
Comme je te l’ai dis hier, Weber compte aller à Stromdorf dénicher quelques contrats. Personnellement, j’ai quelques courses rapides à faire pour Spangz et moi. Tu souhaites nous accompagner ? »

Elle prit soudain le ton d’une petite messe basse fort inquisitrice.

« Tu sais je t’aime bien Isolde : ça fait du bien à parler à une femme qui n’est pas une simple greluche. Mais garde ce commentaire pour toi, hein ? »

Weber posa confortablement ses fesses à l’avant du chariot, avec un militaire du nom d’Hermann Tern, un Nordlander rouquin de la Jeune Garde pour diriger l’attelage de deux chevaux. Isolde et Lina montèrent à l’arrière, tandis que Mohr, Lalande, et deux étranges frères Estaliens assuraient la garde du convoi tout autour, chacun des quatre galopant à cheval. Les deux Estaliens parlaient à peine reikspiel, encore moins bretonni, Lina indiqua simplement qu’ils étaient dans la Compagnie depuis six ans maintenant, que l’un s’appelait Esteban, et l’autre Carlos. Hormis leurs trognes au teint hâlé couvert de cicatrices, et leurs étranges chapeaux aux bords bien plus longs que tout ce qui se faisait dans la mode du Vieux Monde, il n’y avait pas grande information à grappiller sur eux.
Enfin, juste avant de partir, l’étrange frère Gerson, prêtre de Sigmar, arriva. Il parla un petit moment avec Lina en reikspiel, puis se mit tout au bout du véhicule, un livre de prière à la main qu’il lisait attentivement sans offrir le moindre autre signe de présence.

La marche le long d’une vieille sente couverte de nids de poule ne fut pas de tout repos, mais on se sentait bien mieux à l’arrière dans le chariot qu’à la selle d’un cheval. Plus ils remontaient vers le nord, et plus les chemins se couvraient de gadoue, et le ciel accumulait les nuages d’abord grisâtres, puis carrément noirs. Au loin, là où l’œil pouvait le plus porter, on découvrait d’épais cumulus noirs qui faisaient deviner à un orage prochain.

Weber discutait en reikspiel tout le long avec Tern. Puis, au court de la discussion, il se tourna derrière et siffla à l’attention des deux jeunes femmes.

« Comme va son bras ? » demanda-t-il étrangement en bretonni, et non dans la langue qu’il maîtrisait le mieux.
« Besser, Meister Weber. Es heilt.
– Rekonvaleszenz braucht noch Zeit?
– Ich weiß es nicht. Es braucht nur Zeit.
– Bien. Bien… J’espère que ça se soignera vite, alors. »

Et sans dire un mot de plus, il regarda à nouveau droit devant et reprit une petite conversation avec le Nordlander, tandis qu’au loin, on commençait à voir apparaître des beffrois.
Image
Lina n’avait pas menti. L’ondée avait tourné en averse. Le chariots et les chevaux contournaient lentement l’enceinte fortifiée qui se profilait peu à peu. Loin d’être défendue, la porte tournée vers l’ouest avait ses portes grandes ouvertes et sa herse relevée : en revanche, jugée au-dessus de la bastide d’entrée, une magnifique couleuvrine, pièce d’artillerie forgée, observait le champ ouvert depuis son abri fortifié. Six hommes, les cheveux ou blancs ou atteints par la calvitie, et à l’uniforme bien mal ajusté, se relevaient, des chopines à la main, pour regarder les étranges nouveaux venus qui cavalaient à Stromdorf.

Les rues n’étaient pas pavées. À la place, les essieux du chariot glissaient à travers une boue épaisse et collante. Gerson avait été obligé de ranger son livre de prières dans un paquetage et de recouvrir sa tête d’une toile imperméable : Lina n’avait pas menti. Pourtant, les gens ici semblaient totalement habitués à l’humidité. Normalement, durant une averse, les gens courent se réfugier en attendant qu’elle passe. Ici, des enfants courraient et sautaient dans des flaques d’eaux, et des hommes et femmes allaient et venaient, bien débonnaires, tous portant ou des pèlerines épaisses au-dessus de leurs beaux habits de bourgeois, des parapluies au-dessus de leurs têtes, et de grosses bottes de chasseurs qui remontaient jusqu’à leur genou pour ne pas avoir à salir leurs guibolles. Les garçons, eux, préféraient courir pieds nus et le pantalon noué vers la cuisse : nul doute que c’était plus simple pour leurs parents à nettoyer plutôt que des sabots usés à force de trop jouer dehors.

Le véhicule s’arrêta sur la place du marché. Une grande terrasse en bois circulaire, une esplanade un peu surélevée pour échapper à la pluie, bâtie autour d’une statue d’un homme de pierre portant une armure de plates. Un Temple de Sigmar pas loin, reconnaissable à son beau clocher. Quelques échoppes de toutes sortes avec pignon sur rue. Et un grand bâtiment tout au bout, plus joli et mieux bâti que les autres. Weber siffla à l’attention d’un palefrenier lointain, et négocia pour qu’on s’occupe des montures tandis que tout le monde descendait à pied. Le trésorier sorti de sa bourse quelques jolies pièces d’argent pour payer pour le tout. Lina traduisit à l’intention d’Isolde ce qui était en train de se passer :

« Là c’est l’hôtel de ville. Weber va voir si les gens de Stromdorf n’ont pas besoin de main d’œuvre. Ensuite il ira sûrement rencontrer des marchands, ou des notables du coin. »

Lalande, qui donnait la bride à un garçon qui passait par là, grognait un peu.

« Eh bien moi je vais me rincer le gosier.
– Pour le travail, j’espère ?
– C’est dans les bars qu’on trouve les meilleurs contrats. Et j’en ai marre de la pisse qu’on boit sur la route… Tu souhaites que je t’offre un verre ?
– Peut-être plus tard, j’ai des courses à faire. Mais tu n’as qu’à y aller avec Isolde.
Qu’en dis-tu ? »


Lalande la considéra des pieds à la tête.

« Nan merci, j’ai plus très soif finalement. »

Il tourna les talons et s’en alla tout de même vers ce qui semblait être une auberge. Lina fronça les sourcils et le regarda partir ainsi gaillardement, avant de considérer Isolde.

« Bah, qu’est-ce qui s’est passé ?
Tu t’es pas frittée avec le seul type qui parle bien bretonni de la troupe, j’espère ?

INI+INT/2 Isolde : 7
Jet : 8, échec.

Isolde ne remarque pas de détails supplémentaires.
Je suis le Grand Duc, seigneur de ces bois. Je vis avec mes gens, loin de la folie des hommes. La nuit je vole dans les sombres profondeurs de la forêt. Mon regard d'acier partout se pose, et sans bruit, comme le vent, je file entre les branches des arbres séculiers. Je suis le Grand Duc, seigneur de ces bois.

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Isolde Tristan de Bérétis
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Re: [Isolde Tristan de Bérétis] Frères par le sang versé

Message par Isolde Tristan de Bérétis »

La fin de journée s'écoule lentement sous la tente médicale, un silence studieux règne alors que le reste du camp bouillonne de vie. Spangz" continua son travail de copie aussi discret qu'un rongeur sa présence trahie de temps à autre par le besoin de s'étirer ou de changer de position. De notre côté nous nous faisons face à la table avec soeur Lina, elle plongée dans son ouvrage relatant l'une des nombreuses batailles menées par l'un de nos plus grands chevaliers "Sir Geraint" et moi dans un ensemble de feuillets cousus ensemble que ma compagne d'apprentissage m'avait donné à étudier. Un survol sommaire des régions de l'Empire destiné aux nobles enfants qui tout comme moi commençaient les lettres. Rien ou presque que je ne savais déjà en terme de savoir mais au moins le vocabulaire était limité et me permettait d'enrichir peu à peu mon Reikspiel.

"Baum ... Bauuuuuuum .... Wald ... Berg .... "

Souvent reprise pour la prononciation des mots qui se succédaient nous échangeâmes sourires, coups d’œil complice et nombre d'explications durant la longue séance que cette accalmie nous offrit. D'une attention beaucoup plus volage mon regard se perd de plus en plus souvent au fil du temps, tout d'abord sur les traits de celle qui me fait face puis de notre compagnon dont j'ai le loisir à étudier son profil, mon esprit digresse, suppute, imagine leur histoire respective. Rien de déplacé, de malveillant, juste cette curiosité naturelle que les gens m'inspire malgré les nombreuses incompréhensions auxquelles j'ai pu me heurter pas plus tard que dans l'après-midi sur les rives de la Teufel. Est-ce donc si mal de s'intéresser à autrui ? Si père n'avait ne serait-ce que ... je dérive.

Tirée de mes réflexions je relève les yeux, croise ceux de cette femme à qui je m'attache peu à peu.
"Tu disais ?"
Haussement de sourcils interrogateurs.
"Oui.. une vraie merveille de vocabulaire pour ce genre de chose. Demain nous passons aux insultes ?"
Je souris amuser.
"Un jour je connaîtrai la raison de ce choix de lecture."
Mes doigts viennent caresser le simple cuir tanné qui recouvre l'ouvrage.
"C'est vraiment spécifique, je suis certaine que nombre d'entre nous ne connaissent pas l'existence ou les détails des événements relatés."
Je délaisse l'objet, m'étire, étouffe une bâillement.
"Pour ma part je sais maintenant pointé du doigt un ensemble de ... baums sur une berg .... j'avance, non ? On va manger ?"

Prête à me lever j'éprouve un sentiment de "pas si vite papillon", une dernière corvée, celle de ma visite médicale. Pas vraiment que je la redoute mais c'est le résultat qui tombe comme un couperet à chaque fois qui me donne des suées. Pourtant je suis plutôt chanceuse, mon bras guérit aussi bien que possible au vu de la situation et je pourrai très certainement en retrouver peu à peu l'usage si je continue à écouter les besoins de mon corps. Les nouvelles ne sont donc pas si mauvaises même si j'en espère secrètement toujours un peu plus quoiqu'il en soit c'est sur cette touche d'espoir que la soirée s'achève afin de me laisser glissé dans un sommeil toujours agité de mes funestes songes non sans avoir remercier la douce Shallya dans ma prière du soir.


"Shallya
Fille de Véréna et de Morr
Soeur de Myrmidia
Toi qui a eu la sagesse de pardonner à ceux qui t'ont trompé
Toi qui étend ta compassion à toutes et tous
Toi qui veille sur les souffrants
Toi qui pleure les mourants
Je prends cet instant pour t'adresser ces quelques mots
Les remerciements d'une femme blessée
Qui retrouve le chemin de la guérison sous ton oeil bienveillant
Qu'il reste universel et protège les nécessiteux
Qu'ils nous soient proches ou inconnus
Avec ferveur et dévotion
Isolde."


L'arrivée du matin me laisse grelottante aussi faible qu'une vieille femme, enroulée dans ma couverture, mon linge de nuit complètement trempée de sueur. Pour une fois ce n'est pas la conséquence de cauchemars bien trop présents mais ce putain de manque m'apprends soeur Lina, penchée sur moi afin d'examiner mon état, rien d'anormal ! Le reflet que me renvois mon petit miroir fait vraiment peine à voir, les traits tirés, le teint blafard, des cernes des yeux au menton .... Je n'arrive qu'avec difficulté à réprimer le tremblement de mes mains et peine à lacer mon corsage.

"Ouais .... ça va super bien comme tu peux le voir... Regarde moi cette tête affreuse ... je pourrai me faire peur si je me croisais."
Déjà que la vie de garçon manquée vient parfois égratigner mes fibres de féminité mais trop c'est trop. Un long coup d’œil évocateur en direction du sac qui contient la précieuse fiole me fait hésiter et c'est finalement les quelques mots de la prêtresse qui me tire de ce qui aurait pu être un manque de volonté.
"Je ... euh merci ..."
M'entendre dire qu'on m'apprécie me laisse toujours pour un instant comme un poisson hors de l'eau, œil écarquillé, bouche ouverte avec l'air un peu benêt.
"Moi aussi. Je l'emporterai dans ma tombe."
Sourire complice, enfin sourire d'une droguée.

Installée au fond du chariot je profite entre deux cahots de la route du paysage que m'offre cette virée en ville bien que la vigilance des hommes à cheval que forme notre escorte me rappelle bien vite que ce n'est point un voyage d'agrément. Voyage agrémenté d'une conversation banale et de quelques mots de notre trésorier concernant mon état de santé. Pour une fois je préfère dans l'immédiat ne pas rebondir dessus bien que j'ai peine à penser que la question ne dissimule pas un intérêt autre que mon bien être personnelle. Va t-elle bientôt pouvoir se rendre utile ? Ne t'inquiète pas, je l'espère bien !!

"C'est plus de la pluie, c'est un déluge !!"


Au fur à mesure de notre avancée je note que mon amie n'avait point exagéré ces dires et comprends peut être mieux la fonction de ces chapeaux à très large bords. Un véritable rideau de pluie s'abat sans discontinuer à l'approche de la ville et c'est quasiment en arrivant le nez dessus que je discerne l'enceinte fortifiée de cette dernière.

"Mais comment font-ils pour vivre ici ?!?"

Ils s'adaptent ma bonne dame, l'une des plus grande force de l'humanité.
Ouais enfin ils pourraient migrer.
Pour l'étranger c'est vraiment horrible tout n'est que humidité, partout, tout le temps.
Je saute du chariot pour atterrir dans vingt centimètres de boue collante et tente tant bien que mal de ne pas laisser ma botte en chemin alors que les enfants proches jouent avec insouciance sous le regard complètement normal de leur mère respective non loin de là.
Heeee .... Hoooo .... c'est le déluge !!

Alors que je suis dans un sentiment qui mêle fascination et consternation, les nôtres s'égayent peu à peu à leurs tâches respectives ainsi qu'André qui semble toujours faire la gueule.

"Je crois que si. Enfin de mon côté il ne c'est rien passé de très grave juste une ... incompréhension. Peut être voit-il en moi la noblesse Bretonnienne, je sais pas. J'aimerai bien pouvoir me rabibocher avec lui, c'est franchement couillon de se faire la tête ainsi, d'autant qu'il à l'air d'avoir la tête sur les épaules."

Mon regard posé sur le dos du jeune homme qui s'éloigne.

"Tu as besoin d'aide ? Ou de quelque chose peut être ? Je crois que je vais aller me dénicher une tenue pour la région si il pleut tout le temps ainsi non sans un petit détour par l'auberge."
Isolde de Bérétis / Trisan BlancheBise, Chevalier du Graal
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Re: [Isolde Tristan de Bérétis] Frères par le sang versé

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Lina haussa les épaules en imitant une moue, à la réponse d’Isolde.

« Présente-lui tes excuses, même si t’as rien fait de mal. Tais-toi et fait genre que tu t’intéresses à ses problèmes.
C’est un homme. Les hommes sont passablement demeurés, il faut pas chercher. »


Elle s’apprêta à répondre à la chevaleresse, quand son regard se porta sur Frère Gerson. Le prêtre de Sigmar s’éloignait vers la chapelle de son Dieu au Marteau, l’un des seuls bâtiments du bourg qui semblait être véritablement bien maçonné et non un simple amas de charpentes. Le magnifique clocher avait une flèche qui s’étendait vers le ciel, et l’ouvrage était d’une architecture pittoresque et admirable – il était simplement triste que la pluie ait pourri l’ardoise, et qu’à présent de la mousse se répandait un peu partout dans les interstices de la pierre.
À bien y réfléchir, c’était d’ailleurs quelque chose de plutôt commun à tout Stromdorf : La ville n’était pas puante, ni spécialement misérable. Elle était juste humide. Terriblement humide.

« Je ne pense pas que j’aurai besoin de toi, sauf si tu veux porter des trucs. Je vais voir s’ils ont un apothicaire, j’aimerais bien faire le plein de sauge et de bandages propres, après je verrais.
J’aimerais bien boire un verre. Je verrai. »


Elle commença donc à grimper sur l’estrade du marché, cette esplanade faite de planches de bois juchées entre elles pour permettre aux échoppes de ne pas être submergées par la boue. Tous les noms des magasins étaient en reikspiel, mais Isolde put bien reconnaître qu’il y avait une petite épicerie, un forgeron dans un coin, et ce qui semblait être un bazar rempli de tissus et de bibelots : Probablement un importateur. Stromdorf n’avait franchement pas l’air d’être la plus dynamique des villes du Reikland, mais au moins, il y avait un minimum de commerce : Peut-être l’occasion pour Isolde de marchander un peu et de se défausser de sa bourse. Ou bien peut-être d’essayer de vendre les nombreuses affaires qu’elle avait récupéré dans les Montagnes Grises.

Alors qu’elle suivait distraitement la prêtresse de Shallya, un jeune garçon blondinet, peut-être de seize piges tout au plus, un grand manteau sur ses cheveux, s’approcha en tendant la main et en commençant à parler reikspiel. Lina fit semblant de ne pas le comprendre tout en étendant la main ; Elle imita l’accent du pays d’Isolde en disant simplement :

« Nicht, heu, nitch reikspiel.

– Bretonniens ?! S’exclama le garçon avec une maîtrise parfaite de la langue des sujets de Louen, sans même le moindre indice d’accent. Ça fait loin pour venir de Bretonnie ! Vous venez tout juste d’arriver à Stromdorf, hein ? »

Lina leva les yeux au ciel tandis que le garçon posa ses mains sous son mantel, pour attraper des petites bretelles qui liaient ses braies à ses jambes.

« Je me présente, Hans Glueckmann, guide touristique !
– Guide touristique, pour ce trou à rat ? »

Hans ne rit absolument pas à la remarque de Lina. Tout au contraire, il fronça fort les sourcils et gronda :

« Hé, oh, ma p’tite dame, Stromdorf c’est peut-être pas Couronne, mais c’est ma ville, et c’est une ville tout à fait agréable ! Je pourrais savoir d’où vous venez pour ainsi vous moquer de l’endroit où je suis né ?
C’est vrai, il pleut ! Bah oui on va pas se mentir, les gens arrivent à Stromdorf ils voient que ça, y nous d’mandent toujours – « oh, quand pensez-vous qu’il y aura une accalmie ? » – et les gens les r’gardent l’air tout interloqués – « mais, mon bon m’sieur, C’EST une accalmie ! C’est qu’une petite averse là ! ». Eh bien quoi ? Y a des villes où y a des soucis de voyous, ou des méchants impôts, nous, c’est la pluie, chacun son infortune, non ?
Mesdames j’ai une grande offre pour vous ! Puisque vous pensez donc que Stromdorf est si laid, laissez-moi vous convaincre de l’inverse ! Pour la somme d’une pièce d’argent, je vous propose de suivre le Tour Touristique Glueckmann© ! Un tour touristique à travers la ville, pour en connaître tous les lieux d’exception, toute l’histoire de notre petit bourg, et, en prime, je peux vous servir de traducteur pour rencontrer la population locale ! Une pistole seulement, pour une journée d’exception ! »


Lina ricana.

« Tu es bien adorable, mon garçon. Mais j’ai des choses à faire, personnellement.
Je te laisse convaincre cette gentille dame, en revanche. »
Je suis le Grand Duc, seigneur de ces bois. Je vis avec mes gens, loin de la folie des hommes. La nuit je vole dans les sombres profondeurs de la forêt. Mon regard d'acier partout se pose, et sans bruit, comme le vent, je file entre les branches des arbres séculiers. Je suis le Grand Duc, seigneur de ces bois.

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Isolde Tristan de Bérétis
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Re: [Isolde Tristan de Bérétis] Frères par le sang versé

Message par Isolde Tristan de Bérétis »

A la réponse de la jeune femme mes yeux se lèvent au ciel alors qu'un soupir disgracieux est soufflé par les narines.

"Que les gens sont compliqués ! Tu veux te montrer amical et ils se froissent pour des raisons ridicules alors qu'ils en ont tellement de plus sérieuses la plupart du temps. Je comprends pas ... J'ai froissé son égo masculin... diantre..."

"- Pourquoi veux-tu plaire au plus grand nombre ?
- Tu le sais parfaitement.
- Ce n'est qu'un paysan qui serait fouetté par chez nous.
- Oui mais ..."


"Retrouvons dans ce cas dans un petit moment à la taverne je t'offre un verre pour te remercier de tout ce que tu as fait pour moi."


Dis-je en emboîtement le pas à Lina tout en regardant tour à tour André disparaître comme avalé par le rideau de pluie et le prêtre de Sigmar qui s'encombre très certainement de beaucoup moins de considération humaine que ma pomme. Pensées chassées au grès des quelques boutiques que nous commençons à croiser m'attardant devant certaines d'entre elles ce qui laisse ma compagne aux prises avec un jeune homme dont le parlé vient attirer mon attention.

Un gamin des rues comme il en existe dans toutes les villes du vieux monde. Une langue bien pendue, des doigts certainement agiles et une certaine pointe de vitesse pour semer le pigeon. Quoiqu'il en soit voilà que ma curiosité est attisée et si il s'avère qu'il ne rentre pas dans la catégories des voleurs pour une pièce d'argent j'ai un tour de la ville avec en prime un sourire.

Prudente je préfère sortir quelques menue pièces de monnaie avant de soigneusement rangée ma maigre bourse et de m'avancer vers le duo qui se tient à quelques mètres.

"Hans c'est ça ?"

D'une chiquenaude une pièce virevolte en l'air.

"Je suis curieuse de m'entendre vanter les beautés de cette merveilleuse ville. La moitié maintenant, la suite à la fin et un pourboire est envisageable si c'est effectivement inoubliable dans le bon sens du terme."

Aux seules oreilles de soeur Lina en passant à sa hauteur car si je veux bien avoir bon fond j'espère ne pas être la dernière des idiotes.

"Si je tarde trop pour prendre ce verre c'est que je serai entrain de courir pour récupérer mon argent."
Isolde de Bérétis / Trisan BlancheBise, Chevalier du Graal
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[MJ] Le Grand Duc
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Re: [Isolde Tristan de Bérétis] Frères par le sang versé

Message par [MJ] Le Grand Duc »

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Rédigé par Armand de Lyrie, Assistant MJ


CHAR Isolde : 8-3
Jet : 7, échec.
Le jeune blondinet fit rapidement « non » de la tête, de gauche à droite, avant de se fendre d’un petit rire bien sympathique.

« Je crains malheureusement ma damoiselle que le Tour Touristique Glueckmann© fasse l’objet de termes et de conditions d’utilisation clairement définis par statuts déposés en mairie en date du 17 Vorgehein 2527, consultables sur demande auprès de l’Hôtel de Ville dans le bureau des Statuts et Règlements d’Activité Municipale ! Je crains de devoir récupérer votre pistole dès maintenant, car elle fait l’objet de taxes ainsi que d’une assurance professionnelle associée au cas où… Eh bien, au cas où vous étiez victime d’un accident le temps de votre tour touristique !
Mais ne vous inquiétez pas, en cas d’insatisfaction, le Tour Touristique Glueckmann© vous fournira un formulaire de plainte à reverser au patron du Tour Touristique Glueckmann©, c’est à dire, votre serviteur, Hans Glueckmann.
Si ma damoiselle souhaite me suivre ! »


Il fit quelques pas, jusqu’au centre de la grande estrade de bois.
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« Notre visite commence avec le monument le plus important de notre village, la statue du capitaine Olaus Stichelm !
Notre ville est très ancienne. Le plus vieil édifice est la cathédrale de Sigmar, que nous visiterons peut-être un peu plus tard, car elle vaut le détour ; Mais c’est cet homme qui fait que Stromdorf tiens bien debout. En l’An 2051, durant les Guerres des Von Carstein, cruels vampires à la tête d’armées de squelettes et de goules, une partie de l’armée mort-vivante partie assiéger Altdorf passa par notre petite ville. Olaus Stichlem, chevauchant son destrier, arma la population et la rassembla devant le Gué Mousseux de la rivière Tranig. À un contre vingt, les habitants de Stromdorf durent repousser des armées de zombies et de corps décharnés animés par la plus impie des magies, le temps pour le capitaine Stichlem de traverser le champ de bataille et affronter le Vampire en duel singulier ; Après l’avoir massacré, la totalité de l’armée des morts-vivants s’effondra en poussière… Mais ce fut au prix de la vie du capitaine, qui avait été mortellement blessé.
Si d’ordinaire vous dépassiez le Jardin de Morr au-delà de la Tranig, vous pourriez toujours y trouver la stèle et le mémorial funéraire de Stichlem. Elle est toujours entretenue depuis deux siècles.
Stichlem veille toujours sur la ville, d’ailleurs. Durant la grande offensive du chef gobelin Grom, le fantôme de Stichlem surgit de terre avec un ost composé de patriotes impériaux tombés au champ d’honneur, et ensemble, ils éloignèrent une grosse partie des armées gobelines, qui aujourd’hui encore vivent dans les collines Blitzfelsen au sud de notre cité.
Continuons, je vous prie ? »


Il fit le tour de la petite place, désignant ainsi le grand bâtiment dans lequel maître Weber était entré :

« Ceci est notre Hôtel de Ville, d’ailleurs. Notre actuel bourgmestre est maître Phillip Adler, un marchand d’Ubersreik qui a été nommé en place par le seigneur feudataire de notre village, Monseigneur Sigismond von Jungfreud. Sire Sigismond n’est pas souvent présent à Stromdorf, c’est un seigneur d’Ubersreik, mais la rumeur court qu’il serait en route avec des bandes armées de miliciens depuis qu’il a entendu le saccage dont ont été victimes les villages près des Montagnes Grises par des hommes d’armes Bretonniens.
Vous saurez que la plus grosse ressource à Stromdorf est la pêche, car les eaux des trois rivières sont riches en anguilles et poissons d’eau douce ; mais aussi que nous avons une tannerie de bonne qualité, tenue par maître Marcel Gerber. Nous sommes aussi connus pour notre ale, « l’Eau de Tonnerre », qui est fabriquée dans la distillerie Brenner – j’adorerais vous la faire visiter, mais il me faudrait l’autorisation de maître Sebastian Brenner. L’Eau de Tonnerre est un produit d’exportation de luxe, les Nains et les Bretonniens de Parravon aiment en acheter – mais ici, dans l’auberge Eau-de-Tonnerre qui est gérée par les deux fils de maître Sebastian Brenner, vous pouvez en boire pour une somme bien plus modique que si vous la commandiez à la table d’un restaurant d’Averheim ! »


Isolde nota qu’il y avait un puits municipal, mais qu’étrangement, il était entouré de cordelettes et que personne ne s’en approchait. Hans devint pâle, grimaça, et se gratta derrière le cou à son évocation :

« Oh, c’est… C’est une triste histoire…
L’hiver dernier, la femme de maître Brenner, Madriga, s’est… Morr la garde – la bonne Madriga s’est jetée dans le puits. Peut-être une crise d’hystérie, ou de mélancolie, nous n’en sommes pas sûrs, toute la ville a été sous le choc. Elle était une femme très souriante, même s’il lui arrivait des fois de devenir très triste et refermée sur elle-même ! En tout cas, maintenant, tout le monde dit que l’eau est maudite, et plus personne n’ose la boire. »


Il se signa devant le puits, puis se dépêcha de continuer la visite.

« Notre muraille n’est plus toute jeune : Elle a été bâtie il y a plus de mille ans, durant l’ère que l’on appelle l’Âge des Trois Empereurs, sur l’ordre de l’Empereur dit « Élu » Frederick IV. Ces murailles sont certes datées pour ce qui est de la guerre actuelle, mais elles sont toujours plus que suffisantes pour tenir face aux gobelins qui infestent les collines au sud.
Nous n’avons que deux pièces d’artillerie, qui protègent chacune une porte ; On en appelle une Meg la Silencieuse, car la pluie l’a faite rouillée et l’a rendue inutilisable, tandis que l’autre est baptisée Gertie la Hurleuse, et veille sur la Porte du Wissenland. L’École Impériale d’Artillerie reverse tout de même les soldes de six artilleurs qui entretiennent cet unique canon, généralement juste avant leur départ en retraite. »


Il contourna lentement les avenues plutôt tranquilles – même si boueuses – de Stromdorf, tout en donnant quelques adresses qui seraient sans doute utiles à Isolde : Une « hostellerie du Ragoût » tenue par une sympathique Halfling, le cabinet du docteur Schneider, et la demeure de deux professionnels de santé bien plus abordables, le barbier-chirurgien Rolf Messer et la sage-femme Hildette Krass. Il offrit à Isolde de pouvoir grimper le long de la muraille, qui n’était pas surveillée – seule une sentinelle à moitié endormie, et fort sympathique, occupait la petite bastide sur laquelle ils grimpaient – afin de présenter à Isolde le grand Champ de Véréna devant les murs. Un gibet où deux corps décharnés et putrides étaient pendus.

« Des voleurs de moutons. Entre eux et les gobelins, on a pas mal d’ennuis ces derniers temps…
Comme vous le voyez, il y a aussi un étrange cercle où l’herbe ne pousse pas. C’est de la sorcellerie : C’est ici que, l’année dernière, on a brûlé vivant le Nécromancien Lazarus Mourn. Figurez-vous que c’est le seul jour que j’ai jamais connu où il y a eu du soleil à Stromdorf.
Bien fait pour lui. »

Le blondinet cracha par terre, puis offrit à Isolde d’aller se diriger vers le magnifique Temple de Sigmar, clou de la visite.

Alors que Stromdorf était une ville minée par la pluie et la pauvreté, le Temple de Sigmar était clinquant. Créneaux baroques, gargouilles d’aigles, statuettes de marteaux de guerre, et magnifiques vitraux en beau vert : L’endroit resplendissait la religiosité martiale, pis encore lorsqu’Isolde entra à l’intérieur, et découvrit les magnifiques rangées de piliers de pierre, décoré de petites scénettes en plomb présentant la vie de Sigmar.
Il n’y avait aucun banc ; La remarque d’Isolde fit sourire le blondinet :

« Il n’y a jamais aucun banc dans les temples de Sigmar. On prie Sigmar debout, au garde-à-vous, jamais à genoux. »

Le petit raconta chacune des scènes sur les vitraux, de grands épisodes de la vie de Sigmar, ainsi que la date de la réalisation du vitrail et qui avait payé pour : C’étaient de magnifiques décorations représentant, par exemple, le sauvetage du Roi Nain Kurgan, la bataille du Col du Feu Noir (Le plus beau et le mieux réalisé des vitraux, payé par l’Empereur Othon VI en personne), son sacre par l’Ar-Ulric, et son départ, cinquante ans plus tard, en laissant son marteau Ghal Maraz derrière lui.
Parlant à voix basse au milieu du magnifique écho produit par l’acoustique de la pièce, Isolde put noter que Frère Gerson était tout au premier rang, en train de prier devant un autel sur lequel on avait posé des calices et des reliquaires en or.

Une fois la visite faite, Hans reparti à l’extérieur, les portes du Temple grand ouvertes.

« Il est triste qu’on ne puisse pas visiter la crypte, car elle est très jolie, mais le Lecteur ne souhaite pas que le public y entre et y sorte comme il souhaite. Vous pouvez venir dans la nef quand vous le souhaitez, en revanche.
Alors, qu’avez-vous pensé de votre visite ? Avez-vous encore besoin de votre serviteur pour quelque chose ? Peut-être désirez-vous aller acheter un souvenir ? »
Je suis le Grand Duc, seigneur de ces bois. Je vis avec mes gens, loin de la folie des hommes. La nuit je vole dans les sombres profondeurs de la forêt. Mon regard d'acier partout se pose, et sans bruit, comme le vent, je file entre les branches des arbres séculiers. Je suis le Grand Duc, seigneur de ces bois.

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Isolde Tristan de Bérétis
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Re: [Isolde Tristan de Bérétis] Frères par le sang versé

Message par Isolde Tristan de Bérétis »

Et bien voilà que je ne puis même plus convaincre un adolescent ?
Désarmée face à la bonne bouille du chenapan le reste de la somme indiquée rejoint le premier versement.

"Bien, mettons nous dans ce cas en route Herr Glueckmann."
Bonne joueuse je me plie de bonne grâce au rôle que le jeune homme s'est attribué.

"J'espère pouvoir recommandé votre ... comment dite vous déjà ... Tour touristique à la gazette du "Chevalier Errant" dont les locaux se tiennent à Couronne. Nous avons de plus en plus de lecteurs avec toute cette jeune noblesse bretonienne qui se presse sur les routes à la recherche de hauts faits mais également de distractions afin de prendre un repos bien mérité et de cultiver leur esprit."

Curieuse j'emboîte le pas à mon guide qui commence son tour par un arrêt devant la statue d'un héros local.
Les guerres vampires, difficile de faire le tri entre rumeurs populaires et véracité. Incarnation de la mort, buveur de sang, cruel et despote, autant de qualificatifs qu'on attribue à ces êtres proche de la légende. Quoiqu'il en soit je ne suis guère encline à vérifier qu'elle est la part de vrai dans ceci, qu'ils nourrissent mon imagination me suffit amplement.

"Il aurait mis un terme à son repos pour défendre la cité ? A t-il une descendance qui réside encore ici ?"

Après un dernier regard à la statue, non sans mettre dans un recoin de mon esprit de me rendre au mémorial, nous reprenons la visite qui se poursuit par l'hôtel de ville. La mention des miliciens qui battent la campagne à la recherche d'hommes d'arme de Bretonnie me chagrine quelque peu, les nouvelles vont vite, trop vite et je ne sais le devenir de ces ardentes braises. Feu de paille ou véritable incendie ?

Occupée à ressasser cette histoire je passe rapidement sur les ressources de la ville chose qui m'intéresse d'ailleurs que peu et retrouve un brin de curiosité avec cette histoire de puits maudit. Curiosité que je dois brider pour ne pas aller me pencher au-dessus de la margelle, tel un sale gosse.

"Pauvre femme que Morr veille sur son repos. J'imagine que maître Brenner doit être effondré ...."
Regard à mon compagnon, que pense t-il de cette histoire ? Vu sa gouaille j'imagine qu'il a forcément un avis sur la chose.

Vient ensuite le tour de défense de la ville, chose d'ailleurs qui ne peut laisser taire mon étonnement depuis que nous avons franchis les murailles à notre arrivée.

"Ils est peu banale qu'une petite ville de cette taille soit aussi bien protégée en terme de construction même si elle date. Je ne crois pas avoir croisé de miliciens encore et pourtant vous avez une muraille de pierre épaisse et deux canons bien que l'un ne fonctionne pas. C'est une position stratégique avant Aldorf ?"

Ma remarque est confirmée par la somnolence d'un garde quelques minutes plus tard, un brave homme que je salue d'un sourire, appuyé sur sa lance le regard perdu sur le rideau de pluie. En même temps j'avoue que cette affectation me donnerait de bien mornes pensées. Pensées qui s'agitent à l'évocation d'un nécromancien, je ne connais rien en la matière mais cela me ramène à mes spectres des montagnes grises et mon groupes d'Impériaux. Impossible de jouer à un plus un mais ....

"Tu peux m'en dire plus sur ce Lazarus ? Il vivait en ville ? Seul ? Comment avez-vous su qu'il se livrait à cette sombre magie."

Réponses données sans pour autant trop insister histoire de pouvoir revenir plus tard dessus le cas échéant nous reprenons la route afin de clore en beauté cette visite le temple de Sigmar qui ressemble à un phare dans la nuit, écrasant de sa présence tout le reste de la ville. Si l'extérieur honore le Dieu Guerrier, l'intérieur me laisse sans voix. Comme pour les enceintes il est curieux de noter un tel édifice en ce lieu et c'est avec une déférence légitime que je remonte la nef le regard papillonnant de détail en détail, le silence seulement troublé par la prière d'un homme que je reconnais et de mes propres pas.

"Tu as donc pu la visiter alors ..."
Dis-je dans un murmure à mon guide à la mention de la crypte interdite et de son opinion concernant sa beauté.
Sourire avant de ressortir afin de ne pas troubler plus longtemps le recueillement de frère Gerson.

"Et bien merci, tu mérites entièrement ta pistole. Je souhaiterai que tu me parles un peu des personnes influentes de la ville, en vérité il faudrait que je trouve de quoi gagner ma pitance mais une blessure me limite quelque peu alors ...

Quant aux souvenirs ils attendront mais il va falloir que je m'équipe un peu, ma tenue n'est pas du tout adaptée à ce continuel déluge."


En évoquant cette pluie je commence à me remettre en marche, direction la taverne du départ après tout n'ai-je pas promis un verre à Lina et de potentielles excuses à Lalande.

"D'ailleurs comment ce fait-ce que tu parles aussi bien Bretonnien Hans ?"
Isolde de Bérétis / Trisan BlancheBise, Chevalier du Graal
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[MJ] Le Grand Duc
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Re: [Isolde Tristan de Bérétis] Frères par le sang versé

Message par [MJ] Le Grand Duc »

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Rédigé par Armand de Lyrie, Assistant MJ


CHAR Isolde : 8-3
Jet : 20, échec critique.
Tout le long de la visite, le jeune homme n’avait pas arrêté de répondre aux questions d’Isolde par des sourires figés, visiblement très gênés, en évitant très adroitement de lui donner la réplique. Il semblait très clairement mal à l’aise à côté de la chevaleresse, probablement parce qu’elle tremblait des mains, avait les pupilles dilatées, les yeux rouges, et une énorme cicatrice sur le visage. Si Hans était bien poli et courtois afin de mériter sa pistole, sitôt celle-ci en main, il sembla visiblement souffler en baissant les épaules.

« Je ne vois pas quoi vous dire de plus ma bonne dame. Je vous ai dis les noms des personnes les plus importantes de cette ville, oui. Si vous désirez vous acheter des vêtements, il y en a sur la grande place centrale, près de la statue du capitaine.
Passez une très bonne journée, ma bonne dame ! »

Et ayant dit cela, il s’en alla en traçant son cheval, parfaitement débonnaire, alors même que la pluie coulait sur sa tête blonde.


Isolde entra dans l’auberge « L’Eau de Tonnerre » que lui avait indiqué le jeune Hans. Sitôt pénétrée à l’intérieur, elle sentit une vague de chaleur la recouvrir ; Des bûches brûlaient dans une âtre, et beaucoup de personnes, quasiment que des hommes, s’étaient regroupés pour se mettre tranquillement à l’abri. Isolde jeta un rapide coup d’œil à travers la pièce et nota certaines choses.

Il y avait une chaise vide, un peu à l’écart, juste devant l’âtre, à l’endroit le plus chaud. Sur une table, un peu à l’écart, quatre hommes, tous des locaux apparemment, étaient en train de jouer à un jeu de carte à tour de rôle, en rigolant. Près du comptoir, le tavernier, un jeune homme étonnamment beau avec une petite barbe et des cheveux bruns, était en train de parler avec Lalande, et un autre client à la chevelure totalement noire et à la moustache fine. Enfin, tout au bout, se trouvait quelqu’un de bien solitaire, qui portait une robe bleu-nuit écarlate, une cape flottante et plein de papiers devant lui : il semblait avoir le cafard, parce qu’il était juché au-dessus du bar et buvait en souriant et en tirant une bien mauvaise mine.
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Isolde Tristan de Bérétis
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Re: [Isolde Tristan de Bérétis] Frères par le sang versé

Message par Isolde Tristan de Bérétis »

"Mais quelle mouche l'a t-il piqué ?"

Mon guide à la langue si bien pendue à notre rencontre c'est peu à peu enfermé dans des réponses laconiques au fur à mesure de la visite pour conclure sur des "bonne dame" aux accents de "bon débarras". Dois-je m'attendre à être bientôt brûlée en place publique pour délit de faciès à moins qu'un dieu vengeur ai décidé de faire de ma vie un parcourt dans la plus complète solitude.

Trempée de la tête au pied et quelque peu amère la taverne m'apparaît comme la meilleur solution pour réchauffer corps et âme si les clients ne prennent pas la fuite à peine un "bonjour" prononcé. A peine la porte de "L'eau de tonnerre" poussée qu'une agréable chaleur vient caresser aussi sûrement que les mains d'un amant mon corps engourdi et qu'un odeur de ragoût aux notes de poisson vient flatter mes narines. J'inspire, tente de recomposer une mine avenante (je sais.... je sais ... je vous vois rire) avant de traverser la salle principale, au moins l'activité ne semble pas se suspendre, je ne suis qu'une étrangère certainement arrivée avec le convois pour les premières rumeurs qui doivent maintenant circuler.

Traversée qui me donne le loisir de pêcher au passage quelques informations. Dans une premier temps une chaise vide de tout occupant placée devant l'âtre, simple intuition ou bon sens je préfère l'éviter pour prendre place à une table quelque peu à l'écart sans pour autant jouer l'ombre parmi les ombres. Je me cache pas spécialement mais avec la bouille que je me trimbale je suis loin d'attirer les sympathies et même une faveur de Ranald ne serait changée cela. Une main posée sur l'autre afin de calmer les tremblements, mon regard passe sur Lalande et ses deux interlocuteurs dont le tavernier au physique aussi éloigné du mien que possible, un groupe de locaux qui jouent aux cartes et un homme aussi esseulé que ma pomme. Quelques autres clients parsèment le lieu et donne au tout une ambiance agréable pour passer un moment.

J'hésite un moment, m’immiscer dans une conversation en cours me paraît que peu approprié, je risque une nouvelle fois et un jour je serai pourquoi de m'attirer la foudre d'untel ou untel, ma conversation avec Lalande attendra donc. Triste mine attise ma curiosité, je me lève pour m'approcher du comptoir afin de passer commande.

"Bonsoir, un verre de vin s'il vous plait et offrez à ce Monsieur *désigne l'homme et son fatras* une verre de sa consommation précédente je vous prie, merci. Ha et je souhaitais savoir si vous proposiez le service de bains ?"

Réponse donnée je retourne à ma table, ne sachant pas si la curiosité de l'homme sera suffisante pour qu'il vienne faire connaissance avec l'épave que je suis. Discrètement je me pince les joues afin de leurs redonner un peu de couleur avant que mon regard tombe sur le défiler militaire de petites fioles de mandragore qui se mettent au garde à vous face à moi en scandant "Isolde !! Isolde !! Isolde !!"

Petit rire nerveux qui s'échappe de mes lèvres, ma main chasse l'hallucination et je plonge dans la contemplation de l'âtre priant pour tout cela cesse un jour prochain et pas trop lointain.
Isolde de Bérétis / Trisan BlancheBise, Chevalier du Graal
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