Le Reikland est une province vaste, populeuse et prospère. Sa couleur est le blanc, mais certains régiments, comme les célèbres Joueurs d'Epées de Carroburg, ont leur propre héraldique. C'est l'Empereur Karl Franz Ier, Comte Electeur du Reikland, qui dirige cette province, depuis la plus riche cité de l'Empire, Altdorf.
Cette fois, il fallait bien reconnaître que les rôles semblaient avoir été inversés. C'était Sarah Lénor, la religieuse normalement si réticente à utiliser des moyens illégaux, qui avait fait une proposition tellement incroyable que sa compagnonne en avait blêmi et était restée un moment sous le choc, incapable de bouger ou de parler. Sa première réaction aurait été de refuser de mettre volontairement le feu à un bâtiment ou tas de bois de la ville. En effet, ce genre d'incendie pouvait rapidement dégénérer et se propager. Seuls les fous pouvaient réellement croire maîtriser le feu, il y avait toujours un risque, et celui-ci était énorme. Puis, Ingrid Breinacht réfléchit, pesant le pour et le contre. En effet, si le feu était mis, assurément, on ne s'occuperait plus du tout d'elles, mais on se concentrerait uniquement sur le feu pour l'éteindre, ce qui était sage. Et elles pourraient voler les chevaux en toute tranquillité pendant ce temps, et quitter la ville sans se faire remarquer... Mais l'enjeu en valait-il la chandelle ? L'incendie, s'il se propageait, pouvait détruire toute la ville, ruiner des dizaines et des dizaines de vies, et même tuer des innocents en grand nombre. D’un autre côté, le fait que cette solution, si extrême que même elle ne l’avait pas envisagée, provienne de l’esprit de Sarah n’était pas pour la rassurer. Décidément, les sigmarites aimaient vraiment les flammes, c’était à se demander s’ils n’étaient pas des pyromanes refoulés dans le inconscient, toujours à vouloir brûler à tout le monde bout de champ pour un oui pour un non.
Test de CHA (sans charisme et malus de -4 car solution très extrêmiste) : 2. Réussite.
Finalement, ce fut l’envie de rester libre et vivante qui prima sur les considérations altruistes de la prostituée. *A chacun ses emmerdes, on a tous nos ennuis, et on essaye tous de survivre à notre façon.*, pensa-t-elle, avant de répondre à sa compagnonne :
-J’y crois pas que tu aies proposé ça… T’es complètement dingue, en fait ! Mais tu as raison, c’est peut-être notre meilleure chance de nous en tirer en vie. J’ai pas plus envie que toi qu’il y ait des gens qui crèvent dans les flammes, que des maisons brûlent et que des gens perdent tout, mais chacun se débrouille pour survivre comme il peut, après tout, nous y compris. On va pas se sacrifier pour faire plaisir à des gens qui ne nous connaissent pas, mais qui seront tous prêts à nous tuer dès demain. T’as raison, Lucie, je marche avec toi. Bon, hé bien, heu, je te laisse le choix de l’endroit où on va mettre le feu…
Elle essayait de faire la dure, de montrer qu’elle n’était pas intimidée par ce geste qu’elles s’apprêtaient à commettre, mais au fond d’elle-même, elle ne se sentait pas mieux que Sarah. Elle avait peur et avait conscience qu’elles s’apprêtaient à commettre ce qui pouvait devenir un crime très grave, impardonnable, même…
Concrètement, il te suffit, si tu ne renonces pas à ton projet, d’indiquer l’endroit où tu mets le feu. Ingrid te suivra et t’aidera, vous ne vous ferrez pas repérer (sauf si tu mets le feu dans un quartier surveillé, comme la place centrale, la caserne des gardes ou les docks). Tu peux aussi choisir de renoncer, et te replier sur le plan initial du pari, si tu le juges préférable.
Devant la situation Sarah se sentait de plus en plus mal, les idées se bousculaient dans sa tête: d'où lui était venue cette idée? Quel démon avait bien pu lui souffler un plan aussi proche de celui des chaotiques? Cette approche la laissa figée quelques instants: le démon qu'elle avait libérée du corps d'Ingrid aurait-il pu laisser une part de sa cruauté en elle? Tout cela était possible, mais si elle n'agissait pas toutes ces interrogations prendraient fin dès le lendemain matin.
Tout faire brûler ne l'enchantait pas plus que ça, cela dit la perspective de finir au bûcher non plus, mais la justification morale lui vint plus spontanément.
-"Emilie, cet homme qui nous a piégé, s'arrêtera-t-il là? Combien de vie va-t-il détruire si nous ne l'arrêtons pas? Combien de villages vont se soumettre au chaos sous son impulsion? C'est triste à dire, mais Sigmar veillera sur les âmes des défunts, pas sur les âmes des corrompus... Nous sommes les seules à connaître son secret, je pense que nous serons les seules à avoir une chance de le stopper..."
La nonne fût prise d'un haut-le-coeur, ses mots semblaient si justes et pourtant ils la dégoûtaient. Que dirais Sigmar d'une telle horreur? Elle n'agissait pas comme une répurgatrice qui brûlait ceux qu'elle croyait coupable, mais bien une meurtrière qui mettait en danger des gens qu'elle savait innocent! Sauf un...
-"Cet aubergiste nous aurait laissé... Touchées par les clients sans réagir. Un tel crime ne mérite pas la mort, mais je sais que c'est la personne que j'aurais le moins de regrets à laisser brûler, et puis l'auberge est éloignée des autres bâtiments, le feu mettra plus de temps à se propager..."
C'est ainsi que la jeune fille indiqua à sa compagne le bois de l'auberge, qui par chance était juste devant l'agence de mercenariat. Se mettant dans l'angle qui les cacherait aux observateurs possibles.
-"Ca devrait brûler, une fois que ça a prit on va se cacher derrière les bâtiments* et à l'instant où les mercenaires s'occupent de l'incendie on prend les chevaux, j'espère que tu sais comment t'y prendre..."
Le corps de la jeune fille tremblait autant que brindilles au vent. Elle ne cessait de murmurer des prières de repentance et de prier pour que le feu ne se répande pas aux bâtiments alentours...
*Ceux à droite en blanc sur ta carte.
Modifié en dernier par [MJ] Kriegsherr le 01 mars 2013, 14:03, modifié 1 fois.
Raison :+4 xps
Ainsi, après seulement quelques heures passées dans la peau d’une hors-la-loi, et quelques jours après son départ, Sarah Lénor commençait déjà à se déniaiser, et même à se radicaliser dans sa foi en Sigmar. D’autres à sa place, dans sa situation, auraient pu tomber dans le mal, l’abandon de son dieu tutélaire, mais l’effet qu’avait eu son parcours avait été inverse sur la nonne. Elle n’en était que plus déterminée, et, telle une répurgatrice avertie, n’hésitait plus à mettre en jeu des dizaines de vies « innocentes » pour atteindre son but de purification. Ce n’était pas tout, car, dans sa radicalisation, elle semblait maintenant considérer certains habitants pourtant « assez honnêtes » comme des pécheurs qui mériteraient leur sort. Plus fou, elle utilisait pour se convaincre elle-même de mettre le feu à l’auberge, l’argument de la purification de masse et celui de l’intérêt supérieur, qui pouvaient en réalité être utilisés pour justifier les pires atrocités, comme la torture et les massacres. Après tout, on pouvait tous les tuer, Sigmar reconnaîtrait les siens, d’après quelques uns des inquisiteurs les plus importants du clergé sigmarite, une vision extrême qui était partagée par nombre de répurgateurs, de flagellants et de membres parmi les plus fanatiques des divers ordres sigmarites, même si l’empereur et la majorité des haut-responsables essayaient de véhiculer un message plus calme, plus propice à conserver l’ordre public et à donner une meilleur image de l’eglise de Sigmar.
Elle n’en avait sûrement pas encore pleinement conscience, mais c’était bien un acte d’une cruauté abominable qu’elle s’apprêtait à commettre, qu’elle allait commettre ! Un homme attaché, sans aucune possibilité de fuite ni d’appeler au secours, allait brûler vif dans sa maison, verrouillée qui plus était, ce qui empêcherait même les éventuels secours d’arriver jusqu’à lui à temps. Juridiquement, ce qu’elle allait faire s’appelait un assassinat, un meurtre pur et simple de sang froid, prémédité, avec qui plus était de graves circonstances aggravantes, plus un incendie volontaire. Pire encore, si le feu se propageait au-delà de la taverne de « l’intrépide aventurier » aux autres bâtiments du quartier pauvre qui l’environnaient, ce serait un drame. Il y aurait alors tout à parier que son acte coûterait la vie à des hommes, des femmes, des enfants endormis, qui risquaient sans le savoir de voir leurs vies fauchées de la pire des manières. Et elle, Sarah Lénor, serait encore plus que l’entière responsable de ce qu’elle allait faire : elle en serait coupable ! Par rapport à cela, les petits délits que Ingrid l’avait poussé à faire paraissaient bien dérisoires, et cette fois, c’était elle, la sainte religieuse, qui avait entraîné sa compagnonne dans quelque chose d’aussi énorme.
Pourtant, peut-être seulement à moitié conscientes de ce qu’impliquait l’acte qu’elles commettaient, Sarah et Ingrid mirent le feu à la réserve de bois de la bâtisse, s’assurant que personne ne les voyait.
Test de chance : 12.
Après quelques minutes pendant lesquelles les flammes grandirent à une vitesse folle, et léchèrent les murs de l’auberge, l’alarme fut enfin donnée. Il était sûrement déjà trop tard pour penser à pénétrer dans le bâtiment en flammes et à sauver le malheureux aubergiste, mais, si les gardes réagissaient bien, et avec un peu de chance, le feu ne se propagerait pas. Encore que, tout dépendait en grande partie du vent, car les moyens de lutter contre les incendies, à savoir une malheureuse chaîne de seaux d’eau au mieux, étaient très dérisoires. Et rien ne garantissait que les gardes réagiraient au mieux. Quoi qu’il en soit, pour les deux jeunes femmes, l’heure n’était pas au bilan ou à la réflexion, mais bien à l’action. Vu l’occupation des gardes qui tentaient de s’organiser, il leur serait facile de voler les chevaux, ne serais-ce qu’en faisant croire -dans l’hypothèse improbable où quelqu’un leur demanderait ce qu’elles faisaient avec ces bêtes-, qu’elles les sortaient pour ne pas qu’ils soient brûlés en cas de propagation du feu...
Test d’HAB : 1. Réussite critique : tu parviens à te saisir des chevaux et à partir
Et en effet, personne ne les embêta ni ne les empêcha de sortir de la ville. Les deux gardes de la porte étaient d’ailleurs partis aider leurs collègues. Une fois en dehors des murs, avec leurs sept chevaux volés qu’elles tenaient par la bride, Ingrid se tourna vers Sarah, l’air hagard : elle voulut probablement dire ou faire quelque chose, mais elle était tellement désorientée qu’elle ne savait pas quoi faire. A l’intérieur de la ville, on entendait des cris, et on voyait des ombres se détacher sur une lueur rougeâtre, qui rappelait l’enfer… Il était temps de partir, mais Sarah allait-elle être capable d’abandonner ce village, et de faire bouger sa compagnonne tétanisée ?
L'emplacement était parfait, hors de portée des regards indiscrets, avec une bonne quantité de bois et la possibilité de se cacher à toute vitesse derrière des maisons plus loin. Autant dire que les deux femmes n'en menaient pas large, aucune ne voulant vraiment tuer quelqu'un, Sarah se confondait donc en prière quand le premier feu grandit, allant se répandre sur les poutres. En quelques minutes à peine les flammes dévoraient déjà la charpente et les murs, c'était triste pour le pauvre homme à l'intérieur, aussi la nonne offrit une prière recommandant son âme aux dieux.
A peine avaient-elles commencé à fuir que l'exorciste hurla à plein poumons qu'il y avait un feu. C'était davantage pour que les gens sauvent leur vie que pour faire diversion, laquelle était d'ailleurs bien réussie. Avec un peu de chance les avertissements permettraient aux gens de sortir de chez eux et de ne pas finir en gigot de cochons. Bientôt la population entourait l'endroit, tentant de lutter contre son dégoût d'elle-même, la jeune fille entraîna son amie près de l'écurie, la suite fût des plus désordonnée, il fallait juste retenir qu'elles étaient parvenues à sortir sans la moindre résistance.
Quand Sarah recouvra pour de bon ses esprits, elle était devant la ville, à quelques mètres se trouvait le mur d'enceinte, si haut qu'elle ne pouvait rien voir de ce qu'il y avait à l'intérieur, juste une épaisse fumée noire. Une envie de vomir prit l'initiée qui ne pu se retenir que par miracle. Rapidement elle décida de s'éloigner, tout aussi vite elle constata qu'Ingrid ne la suivait pas et qu'elle tenait sept chevaux en bride. La pauvre était tétanisée, à peine plus effrayée que sa pyromane de compagne en réalité.
S'entend que si elle n'agissait pas, rien n'avancerait, Sarah se dirigea près de l'aventurière pour lui prendre trois chevaux. Pourquoi trois et pas deux? Parce que les habitants en auraient sans doute besoin pour les jours à venir et qu'on ne les soupçonnerait pas directement si trois bêtes disparaissaient, on penserait à un groupe de trois, pas de deux et qu'est qui prouvait qu'elles n'étaient pas mortes dans l'incendie? Dans la panique personne n'avait dû les voir voler.
Toutes ces pensées étaient infâmes, aussi la nonne se promit-elle une fois de plus de faire pénitence. Replaçant son gros sac sur ses épaules, elle secoua gentiment la prostituée pour la faire bouger.
-"Emilie, il faut y partir maintenant, par où voulais-tu aller déjà?"
Modifié en dernier par [MJ] Kriegsherr le 01 mars 2013, 14:04, modifié 1 fois.
Raison :+4 xps
Déjà, en effet, les premiers prémices de l’insensibilité apparente totale des répurgateurs envers les souffrances des autres (causées par eux ou par d’autres) semblaient faire leur apparition pernicieuse dans l’esprit de Sarah Lénor, la jeune exorciste. En effet, elle était beaucoup moins choquée que Ingrid, et éprouvait sans doute beaucoup moins de remords pour son acte, en tout cas à chaud. Cela ne voulait pas dire qu’intérieurement, elle ne compatissait avec les malheureux, mais juste qu’elle n’en laissait pas paraître grand-chose par rapport à la moyenne. D’un autre côté, cette attitude d’acceptation pragmatique et stoïque des maux de ce monde était plutôt un atout en ce qui concernait le domaine de la survie. Au lieu de se lamenter sur des commisérations inutiles et contre-productives, elle focalisait sa réflexion sur des choses utiles, et pouvait donc continuer à avancer là où d’autres -comme Ingrid Breinacht, par exemple-, restaient tétanisés par l’horreur de la situation…
Test de CHA : 3. Test de chance : 6.
La méthode douce qu’avait utilisée la sigmarite sur sa compagnonne prostituée marcha, -au sens propre du terme-, puisque les deux femmes commencèrent la route. Malgré son était de choc, Ingrid parvint à dire doucement à Sarah de prendre au moins deux chevaux par personne, et que tout prendre serait le mieux à faire, maintenant, afin de bénéficier d’une monnaie d’échange utile, et de montures supplémentaires pour relayer les leurs, au cas où les bêtes fatigueraient. Mais, avant de reprendre la route à dos de cheval, il fallait encore réussir à surmonter -encore une fois, le terme était bien choisi- une épreuve, et pas des moindres. Ni l’une, ni l’autre n’avait jamais fait d’équitation. Et pour cause, ce genre de sport était réservé aux plus aisés. Par chance, deux des chevaux avaient sur le dos un harnachement complet. Elles pourraient donc tenter leur chance…
Je te laisse choisir le nombre de chevaux, puis donner ta direction de départ. Pour résumer la situation : si tu vas au Nord, il y a Klepsdorf et le fleuve Reik (qui n’a que quelques points de passage). Au Sud, à travers le Reikland, il y a le défilé de la Hache, qui te permet de passer en Bretonnie par le chemin le plus direct. A l’Ouest, en longeant le Reik, il y a Marienburg et un point de passage vers la Bretonnie, beaucoup plus lointain, par les marches de Couronne. A l’Est, il y a Altdorf, le Wissenland et peut-être un passage très risqué et incertain pour la Bretonnie via les Principautés frontalières.
Quand sa compagne releva la tête pour commencer à marcher, Sarah eût un soupir de soulagement, ça lui aurait fait mal de devoir l'abandonner là, à sa consternation. Elle n'en aurait même pas été capable pour dire vrai, et voilà qu'Ingrid lui proposait de prendre un cheval de plus, n'y voyant pas d'inconvénient particulier la jeune fille s'exécuta. Arrivé quelques dizaines de mètres plus loin dans le début des bois, juste à côté de la route de manière à ne pas être facilement vues, les filles durent faire face au choix de leur destination. Reprenant la carte mal faite, l'exorciste proposa d'aller au défilé de la hache, vers la Bretonnie, comme convenu, ce serait plus rapide et moins dangereux que n'importe quel autre chemin.
Soucieuse de ne pas être suivie, la nonne décida de marcher quelques secondes sur la route puis dans les bois, cherchant à savoir quel milieu laisserait le moins de traces, au cas où un chasseur de primes éventuel aurait idée de les suivre. Quand elle fut satisfaite elle regarda son canasson, une selle, des étriers, de quoi le manier correctement, il ne restait plus qu'à le grimper, si les nobles le faisaient ça ne devait pas être trop trop difficile...
-"Emilie, je ne suis jamais montée, tu pourrais m'aider pour que je puisse mettre un pied dans un étrier? J'essaierai de t'aider toi ensuite. Ou on fait l'inverse?"
Modifié en dernier par [MJ] Kriegsherr le 01 mars 2013, 14:04, modifié 1 fois.
Raison :+2 xps
La situation était assez étrange, pour le moins. Les deux jeunes femmes avaient volé des chevaux pour fuir les représailles concernant un crime qu’elles n’avaient pas commis, en commettant par là-même des crimes passibles de mort aussi, et, cerise sur le gâteau, aucune d’entre elles n’avait jamais monté à cheval. Après que Sarah eut déterminé la direction de leur fuite, la même qu’initialement prévue, à savoir plein Sud, vers le défilé de la Hache et la Bretonnie par la route la plus directe. Une route déjà dangereuse, même pour des honnêtes voyageurs, en perspective.
Mais avant de continuer leur chemin le plus vite possible, le premier défi pour Ingrid Breinacht et Sarah Lénor serait de parvenir à monter et à maîtriser leurs bêtes. Il était très peu probable qu’elles parviennent à aller au galop ou au trot dès leur premier jour, mais, même si elles n’avançaient qu’au pas, elles seraient déjà plus rapides qu’à pied, et moins fourbues pour le même trajet. Ainsi, elles pourraient se déplacer plus vite et plus longtemps chaque jour.
Test d’HAB pour Sarah : 7 Réussite. Test d’HAB pou Ingrid : 7. Réussite.
La chance voulut que l’une et l’autre parviennent, avec quelques petites difficultés, à se mettre en selle. Chacun avait monté un étalon. Le cheval supplémentaire de Ingrid était également un mâle, et celui de Sarah, une jument. Toute heureuses de leur exploit, les deux compagnonnes se congratulèrent mutuellement. Depuis son état de choc ayant suivi leur incendie intentionnel, cette dernière semblait plus encline à parler avec Sarah, et ne lui avait plus fait de remarque désobligeante depuis lors. Toutefois, Ingrid précisa, quand même un peu anxieuse d’être assise à califourchons sur cette bête puissante et assez inquiétante tout de même :
-Oulà ! Je ne me sens pas très en sécurité sur le dos de ce canasson, je pense qu’on ferrait mieux de ne pas tenter d’aller trop vite, si on tombait, on risquerait de se faire mal.
Puis, elle jeta un regard à Sarah et éclata de rire ! Un rire à demi-nerveux, inarrêtable et incontrôlable où elle évacuait également toute la tension et la détresse qu’elle avait ressenti ses derniers jours, cachée profondément sous un masque d’insensibilité. Un rien avait finalement suffi pour relâcher brusquement tous ses sentiments puissants et contradictoires enfermés depuis des jours. Elle fit signe de la main à Sarah d’avancer, qu’elle la suivrait. Pendant bien une demi-heure, elle continua à rire et à pleurer en même temps, avant de se calmer pour de bon. Elle expliqua alors à sa compagnonne la raison première de son hilarité :
-Excuse-moi, mais c’est que si tu te voyais, en robe sur un cheval… Tu ressembles à… à… En fait, on ressemble exactement à ce qu’on est !
Effectivement, Ingrid était elle aussi en vêtements féminins, et l’on voyait ses jambes, ce qui faisait très mauvais genre. Seules les hors-la-loi et les prostituées se seraient déplacés comme cela. Et, coïncidence, comme l’avait fait remarquer Ingrid : « c’était exactement ce qu’elles étaient »…
Après deux bonnes heures de chemin, les deux jeunes femmes tombèrent sur un homme seul qui se tenait en plein milieu de la route, vêtu avec des vêtements riches et extravagants, rouge et bleu. Il portait un chapeau de cuir sur lequel trônait une plume à la mode, peinturlurée de rouge et bleu elle aussi. Une rapière ouvragée était à sa ceinture, ainsi qu’un pistolet, une poire à poudre, et deux bourses. Il avait des cheveux longs, et portait une petite barbe et une petite moustache. Il avait un air volontairement détendu.
Gustavo Che Ernesta :
L’homme, très sûr de lui, barrait manifestement la route aux deux compagnonnes. Il leur adressa la parole d’une voix avec un accent très chantant :
-Buènjourno, senioritas. Permettez-moi dé mè présenter. Jé souis Gustavo Che Ernesta, citoyen libre dé la République dé Remas, en Tilée. Jé souis vénou ici pour apporter à votre pays la révoloutionne, qui apporte la liberta et l’égalita. Ma jé besouin d’or pour souténir ma cause, et comme y’ai pour principe dé né jamais prendre aux pauvres, alors, jé m’en prend aux riches. C’est dôle, dans cé pays, les riches ont droit de voler les pauvres, ma les pauvres, quand ils prennent leur part, on dit qu’ils sont hors-la-loi et on les traque ! Et qué font doué magnifico jeunes signoritas comme vous seules sur cette route ? En tout cas, vous né semblez pas dans la besouin… Et vos chevaux aideraient bien la révoloutionne.
Le révolutionnaire tiléen semblait attendre une réponse de la part des deux jeunes femmes... Qu’allait dire Sarah ?
Arrivé devant sa monture, Sarah eut un instant de doute: c'était bien haut, et puis si elle tombait ne risquait-elle pas de se faire mal si elle tombait? Ravalant ses angoisses, elle posa son sac au sol et posa un pied sur un étrier, ce qui était assez élevé pour une fille de sa taille. Par chance, quand elle sentit Ingrid la pousser, l'exorciste eut le réflexe de faire passer sa jambe droite du bon côté et se retrouva donc dans la bonne position. Pour la prostituée se fût plus compliqué, en effet sur sa selle l'initiée ne pouvait pas beaucoup l'aider, elle parvint à se placer.
Après quelques secondes de cris de joie et de rires après l'épreuve, le duo féminin se mit en marche au pas de marche, plusieurs fois Sarah manqua se tomber et ne dût son équilibre qu'au poids du sac qu'elle avait remis sur son dos.
-"Tu sais Ingrid à propos de l'incendie je..."
Et voilà que l'aventurière était partie dans un rire de folle, du même genre que ses hurlements quand elle était encore possédée. Pendant un instant Sarah pensa que le démon était revenu, mais il ne lui fallut pas beaucoup plus de temps pour comprendre qu'elle ne faisait qu'extérioriser son stress et ses peurs. La nonne posa une main sur sa poitrine, quand pourrait-elle pleurer sur ses crimes et déverser sa frustration et sa rage? Ce soir autour d'un feu de camp, sans doute.
Se sentant soudain très fatiguée, la jeune femme fit un geste qu'elle n'avait plus accompli depuis un moment, ouvrant son sac elle en tira un livre à la reliure de cuivre et aux feuilles de parchemins, sur la page avant on y voyait, incrusté en argenté une comète à deux queues et un marteau. Avec un soupir de soulagement elle constata qu'il n'était presque pas abîmé, aussi l'ouvrit elle et commença à réciter une prière qu'elle y lisait, celle dédié aux criminels, ce qu'elle était maintenant.
-"Sigmar, vos humbles serviteurs ont enfreints vos avertissements. En ce jour deux personnes se sont montrées indignes de la confiance que vous leur avez donné. Deux âmes sont désormais sans maître et elle cherchent votre réconfort. C'est humble mais forte que je vous implore de nous pardonner. Vos lois seront appliquées, nos crimes seront expiés dans le sang, que soit le notre ou celui de vos ennemis, votre pardon sera obtenu. C'est à genoux que vos sujets vous implorent Sigmar, pardonnez nos crimes..."
Et derrière Ingrid continuait de rire comme une dératée. Heureusement elle ne tarda pas à se calmer et en fût quitte pour une petite explication... Qui fit pas sourire Sarah, laquelle s'empressa de baisser un peu le bas de sa robe pour couvrir au maximum ses jambes. Ce fût juste après ça qu'un énergumène se pointa sur le chemin, arrachant à l'exorciste un:
-"Par Shallya nous n'aurons jamais la paix..."
Il était habillé de manière assez excentrique et avait un accent très difficile à comprendre, tout ce que Sarah retint c'était qu'il était Tiléen, qu'il les trouvait jolies, qu'il voulait faire une sorte de révolution -l'exorciste ne savait pas de quoi il parlait- et qu'il voulait les détrousser. Cette dernière affirmation fit rire Sarah, si l'homme devant eux était un tel gentilhomme alors il serait forcé d'accéder à sa demande...
-"Nous ne sommes que deux pèlerines de Shallya en route vers le défilé de la hache pour passer en Bretonnie. Ces beaux chevaux que vous voyez nous ont été offerts par un temple qui en avait un surplus. Il est vrai aussi que les routes sont peu sûres de nos jours et que l'aide d'un groupe aussi organisé que votre...révolution, nous serait d'une grande aide. Messire, puis-je vous proposer un marché? Escortez nous jusqu'au défilé et vous aurez nos chevaux les plus frais..."
Modifié en dernier par [MJ] Kriegsherr le 01 mars 2013, 14:04, modifié 1 fois.
Raison :+6 xps
Le révolutionnaire tiléen sembla écouter la proposition de Sarah, puis il lui répondit :
-Ma qué peu m’importe qué vos chevaux vous ait été donnés par oune temple dé Shallya, ou par lé grand théogonisto en personne. Né comprenez vous pas qué ces réligiones sont des moyens dé contrôler la sociéta ? Ma jé né souis pas un bandit, pas comme ces voleurs dé séniors ou dé importants réligieux. J’accepte dé vous accompagner et dé vous protéger pendant le voyage, senioritas, ma y’é plusieurs conditionnes que vous ne pourrez pas réfouser. Ma hommes vont d’abord vous fouiller pour vérifier qué vous dites vrai. C’est qué ces riches, ils n’ont aucun scrupoule à mentir pour sauver leurs richesses…
Il siffla et une bonne vingtaine d’hommes vêtus comme des brigands et armés de couteaux, de gourdins et d’arcs sortirent des fourrés. L’un d’entre eux, un gros homme tonsuré, portait une robe de bure brune. Peut-être était-il moine. En tous les cas, quand elles furent fouillées, et qu’on découvrit les armes, armures et l’or, Gustavo Che Ernesta reprit la parole :
-Ha, ma qué cé qué c’est que ça ? Ca m’attriste beaucoup ! Vous n’avez pas été honnêtes avec moi, senioritas. Pouis-je savoir pourquoi ? Et plous d’histoires, jé veux la vérité, ou alors, vous finirez la route à pied et à poil pour vous apprendre qu’on n’entourloupe pas la révoloutionne comme ça.
Encore une fois, c’était à Sarah de répondre, car Ingrid ne voyait vraiment pas comment faire, et préférait ne pas prendre d’initiative.
Lorsqu'elle entendit ce Gustavo blasphémer sur la place de la religion dans la société, le coeur de Sarah ne fit qu'un bon. Alors il était vrai que quelque part la croyance permettait de garder la population en place en lui inculquant des valeurs fondamentales, mais elle était surtout là pour aider les petites gens dans leur labeur quotidien, pour leur apporter un réconfort, celui de savoir que les dieux veillaient sur eux! Et puis pour que la religion soit vraiment un outil de contrôle il aurait fallu que Sigmar et les démons n'existent pas, hors l'initiée avait eu la preuve que ce n'était pas le cas...
La partie concernant la fouille fût en revanche plus gênante, non pas que les hommes qui avaient surgis s'amusaient particulièrement à la peloter, mais parce que voir ses affaires misent à terre avait le don de l'exaspérer! Mais pas plus que la réaction presque insultante de leur chef. Il demandait la vérité vraie maintenant, Ingrid ne savait -une fois de plus- pas quoi dire. Fatiguée, Sarah se résigna, il voulait la vérité, il l'entendrait. De toute façon ce ne pouvait être pire que de finir au bûcher.
-"Puisque vous y tenez. Je me nomme Sarah Lénor initiée exorciste du culte de Sigmar et ma compagne a pour nom Ingrid Breinacht, vous avez peut-être entendu parler de nous, nous sommes recherchées comme meurtrières... Pour commencer sachez que lorsque les exorcistes -ou les prêtres-guerriers- sont lâchés dans le vaste monde pour la fin de leur formation on leur fournit toujours un marteau de guerre et une armure afin qu'ils puissent se défendre, je suis une femme mais je n'ai pas fait exception. Pour le reste des armes mon amie en avait quelques unes en réserve. Pour la suite de notre histoire, asseyez-vous ça va prendre un peu de temps..."
Quelques secondes passèrent pendant lesquelles Sarah tenta d'organiser ses souvenirs afin de ne pas oublier un évènement essentiel, l'heure de sa propre confession était enfin arrivé, même si elle aurait préféré un prêtre plutôt qu'un chef bandit.
-"J'ai terminé ma formation d'exorciste il y a quelques jours, comme chaque initié je devais donc accompagner un exorciste plus chevronné pendant quelques mois pour que je puisse voir la réalité du terrain et qu'il puisse me juger, le père Wolfenberg fût choisi pour cela. Pendant une journée nous avons parcourus les routes avant de nous arrêter dans une auberge que j'ai béni contre une remise sur la chambre, le prêtre qui m'accompagnait s'est évanoui à ce moment, ça aurait dû me mettre la puce à l'oreille... Toujours est-il que le soir, dans la salle commune, une fillette est venue me chercher, une enfant très inquiète qui me demandait d'aller aider sa mère. J'ai accepté, nous avons patienté jusqu'à l'aube du lendemain pour partir vers un petit village où se massait une foule, les paysans se préparaient à lyncher "un démon", en fait, une possédée, que vous avez devant vous..."
De son air las l'exorciste désigna Ingrid, ne sachant pas trop comment cette dernière allait réagir. Et finalement quelle importance dans la situation présente?
-"J'ai réussi grâce à un miracle à soustraire Ingrid -toujours possédée- de la foule sans qu'on le remarque, et à l'amener chez elle, guidée par sa fille. Il faut préciser que le père Wolfenberg était à ce moment avec les paysans, sur la place principale. En puisant dans mes années d'entraînement et avec l'aide de Sigmar je suis parvenue à exorciser ma compagne, ça m'a pris un peu de temps et le prêtre m'avait retrouvée. Il avait capturé la fille d'Ingrid et nous a menacé de la tuer si nous ne lui obéissions pas, vous l'aurez deviné, il s'agissait d'un cultiste hérétique, un adorateur des dieux sombres! J'ai refusé d'obéir, je l'ai attaqué, ainsi ce monstre a égorgé l'enfant, l'a lancé dehors et ma balancé avec... A l'extérieur il avait rassemblé la foule et il a convaincu les paysans que c'était moi la meurtrière! Bien sûr, ils ont voulus nous purifier ,Ingrid et moi, par les flammes. Ils nous ont enfermés dans sa maison avec nos affaires avant d'y mettre le feu, nous devons notre survie à un passage souterrain que mon amie avait aménagée depuis longtemps."
Tout ces souvenirs qui ne dataient pourtant de pas si longtemps lui remontaient en tête, elle sentit quelques larmes lui couler sur le visage. Elle ne savait pas si ça impressionnerait son interlocuteur ou pas, a vrai dire elle s'en fichait, ce qui lui importait était de tout dire...
-"Elle m'a menée jusqu'à une cachette où elle avait mis des provisions et un peu d'affaires, pour elle et sa fille. Nous avons voyagé pendant une journée jusqu'à un village nommé Klersdorf, pas trop loin d'ici. J'aurais voulu aller au temple de Sigmar plaider mon innocence, mais qui m'aurait cru? Le lendemain nos portraits seraient arrivés, une vingtaine de personnes pouvant jurer que j'étais une tueuse, on m'aurait fait brûler sans même m'écouter! C'est ainsi qu'Ingrid et moi avons décidées de partir en Bretonnie pour nous cacher le temps de trouver un moyen de prouver notre innocence... Nous n'avions pas le choix, nous avons fait les serveuses chez un tavernier peu scrupuleux qui a voulu... Nous utiliser pour augmenter ses revenus! Comme nous savions que le lendemain nous serions attrapées, le soir même nous l'avons assommé, nous avons volés deux chevaux de la garde locale et nous sommes parties. Nous avions allumées un petit feu près de l'auberge pour attirer l'attention de la populace, mais le feu s'est répandu au bâtiment et..."
Sa voix s'arrêta à ce moment. Elle allait craquer car elle venait de se rendre vraiment compte de ce qu'elle avait fait. Tant qu'elle n'en parlait pas ça ne lui venait pas à l'esprit, mais là la jeune fille se retrouvait face à ses propres fautes. Sa voix n'était plus qu'un murmure à peine audible.
-"Nous... Nous l'avons condamné à la mort..."
Ses poings s'étaient crispés, ses larmes tombaient plus vite, Sarah se mordit la lèvre pour ne pas fondre en pleurs et pouvoir finir son récit.
-"Nous avons avancé sur les chevaux jusqu'ici, après on vous a rencontré..."
Et la voilà qui se faisait honte, Sarah se sentait vraiment mal, comment avait-elle pu trouver la force de tout raconter...
-"Que Sigmar nous protège, qu'il pardonne nos vrais crimes..."
Et l'exorciste restait comme ça, vaincue par les pièges de son ennemi et par ses propres fautes...
Modifié en dernier par [MJ] Kriegsherr le 01 mars 2013, 14:04, modifié 1 fois.
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