Le lendemain matin , des petits coups de la pointe d'une botte le réveillèrent , c'était le lieutenant Röchter :
"Lève-toi heilibringer , rassemble tes affaires"
Dans la fraicheur de cette matinée de fin d'été , le petit jour se levait à peine . Les hommes s'affairaient et le campement de tentes eu vite fait de disparaitre . Très vite , la compagnie se mit en branle pour rejoindre le petit village de kaldach à quelques kilomètres d'ici et elle chemina le long de champs ou les paysans matinaux , voutés sur leur travail harassant , se relevaient à son passage pour la regarder passer . Leurs visages exprimaient autant de l'estime que de la crainte : Ces hommes en armes allaient se battre pour l'Empire mais néanmoins , les mercenaires du vieux monde étaient considérés comme des voyous , voire des brigands sans foi ni loi .
Durant ce court voyage , Luther pouvait enfin avoir le loisir de se rendre compte des forces qui composaient la compagnie des corbeaux :
A l'avant , marchait le porte-étendard , suivi de suite par le chef mercenaire Rico de Clemente et son second , Ligo Matteome , tout deux montés sur de puissant destrier . Le capitaine-mercenaire menait deux régiments , l'un d'une trentaine d'arbalétriers , l'autre d'une trentaine de piquiers , l'arme de prédilection de l'infanterie Tiléenne .
Derrière eux , quatre longs chariots attelés de quatre bœufs , contenant des armes , des provisions , le coffre du trésorier-payeur , un petit homme rondouillard et l'arabéen . Deux autres bœufs tiraient un canon à petit calibre comparable à ceux de l'empire .
Ensuite , venait la vingtaine de Norscans .
Enfin , fermant la marche , le lieutenant Ingar Röchter , lui aussi monté sur un destrier revêtis de la reconnaissable peau de panthère des chevaliers panthères de Middenheim , dirigeait le reste des mercenaires provenant de diverses horizons du vieux monde : Bretonnie , l'Empire , les principautés frontalières...soit un contingent militaire d'une cinquantaine d'hommes . Luther faisait parti de ceux-là.

La grosse femme rougeaude faisait de grands gestes...Rico de Clemente avait certainement du mal à convaincre la batelière d'accepter de transporter une compagnie de mercenaires jusqu'à Talabheim...les choses ne semblaient pas se dérouler comme prévues .
Rico de Clemente avait pensé effectuer le voyage jusqu'à Talabheim par voie fluviale afin d'épargner à ses troupes le long et pénible voyage à travers les sombres forêts du Talabecland infestées de bandes éparpillées d'hommes bêtes du chaos qui s'étaient repliées là en vue d'une potentielle nouvelle offensive contre l'Empire .
Enfin , au bout d'une demi-heure d'une âpre négociation l'affaire fut entendue , à la condition que les chevaux et les bœufs de la compagnie furent tous harnachés avec les animaux de trait de la péniche , car la remonte se faisait à contre-courant le long d'un chemin de halage . Les mercenaires commencèrent à monter sur le pont de la péniche.

