Le post du tiléen !
Posté : 07 mai 2018, 22:30
Ici je posterais des chansons , des textes , et des photos de mon tatou de compagnie ! En tout premier , un texte fort agréable.
Une Terre dénuée de principes
Le soleil était haut dans le ciel , harassant sans traitement de faveur tous ceux qui pointaient leur nez dehors. La chaleur avait desséché la végétation arbustive de la région , et rendait l'herbe jaune et cassante sous le pas d'un voyageur et de sa bête. Il avait des cheveux grisonnants et une barbe dure et inesthétique de la même coloration. Ses vêtements de voyage étaient élimés et trahissaient son statut modeste. Il tirait la longe d'un âne presque aussi rabougri que lui , mais ce dernier avait un pas sûr idéal pour ces chemins au cœur de la garrigue des Principautés frontalières. Quatre jours de voyage depuis Secbourg et précédemment quatre pour y aller. Si les dangers du voyage étaient nombreux et la mort quasiment assurée le risque en valait la chandelle. En effet à travailler jour après jour la terre , il sentait poindre l'hiver de sa vie et ce brave baudet allait lui permettre de soulager une partie de son labeur. Il pria les dieux que son voyage se poursuive sans encombre maintenant que sa ferme était toute proche , seulement certains devaient avoir un étrange sens de l'humour.
Alors qu'il descendait de son sentier de chèvre pour rejoindre une route de plus grande envergure il vit une escarmouche , événement si courant dans ce pays désolé que l'on se souvient plus des jours sans que des jours où il s'en déroule. Deux loufiats du cru agitaient leurs lames face à un étrange hurluberlu à chapeau qui braillait à attirer la moitié sud du vieux monde :
« Bastardo ! Fellone ! S'en prendre à votre client ! » Se chagrina-t-il en parant un coup de schlass avec son sabre.
L'autre malandrin essaya de l'avoir à revers mais le chapeauté dégaina un pistolet en sa direction et un plomb lui explosa au visage. Il se tint le fouillis de cartilage et de chair sanguinolent et criblé d'éclats en poussant un cri rauque chargé de douleur.
« Jette ton arme ladrón et toi et ton compañero pourrez fuir dans l'antre fétida d'où vous êtes sorti ! »
Le bandit balança son coutelas et attrapa le blessé par les épaules pour disparaître dans les broussailles sous le regard du pistolero. Jugeant qu'il pouvait s'approcher sans risque d'un coup perdu , le voyageur récupéra son âne par la longe et se retrouva face à l'aventurier. Il avait des habits de myrmidien , colorés et exubérants , de grosses plumes d'oiseaux tropicaux ornaient son chapeau qui abritait du soleil sa gueule mat sertie d'une moustache lustrée.
« Holà hombre au bourricot , j'espère qué vous n'êtes pas vénou me détrousser , j'ai mon quota de combat pour la giorno !
-Non m'sire...Je che'che just'à rentrer ch'moi. Balbutia le voyageur , assez méfiant.
-Et quel est ton nom ? Demanda-t-il en rechargeant son pistolet.
-Ecbert , m'sire.
-Alors tout d'abord saches que tou as affaire au mirobolant Piero Orsone da Trantio ! Scanda-t-il avec une posture de comédien de scène à une foire avant de reprendre : Les affreux que tou as vou je les avais engagé comme guide. Mais il semblerait qué cé n'était pas des uomini d'honneur , ils voulaient me détrousser !
-V's êtes dans les principautés m'sire , v's auriez dû être plus vigilant.
-Enfin lé problème est réglé...Le nouveau par contre...S'interrogea-t-il en se tenant le menton dans entre le pouce et l'index avant qu'une idée saugrenue ne traverse son esprit.
-M'sire ?
-Ecberto , connais-tou le seigneur Denté ?
-Oui m'sire pour...
-Perfetto ! Perfetto ! Tou pourras me conduire à lui !
Il se précipita sur le vieux et lui serra les mains frénétiquement.
-Mais...
-Et moué qui craignait de devoir errer dans cette terra maudite comme oune idiota ! Pour la peine tu auras oune...non deux pièces !
-Enfin...
-En route ! Il vaut mieux arriver avant la notte ! » S'exclama le tiléen en s'avançant sur le chemin en plantant son guide.
Résigné , Ecbert décida d'accompagner le méridional , se disant que de toute façon il serait plus en sécurité avec un gaillard à ses côtés que seul. Il avait le pas vif de l'homme confiant , inattentif à ce qui pourrait surgir d'entre les chênes verts et les noisetiers.
Ils longèrent des fours à cade qui prenaient la poussière le long des routes , délaissés après une quelconque guerre locale. Le natif de la région craignait les représailles des bandits , surtout si ils appartenaient à une bande , voire pire , si ils étaient à la solde d'un seigneur du coin. Combien de bougre avait fini pendu pour avoir tenu tête aux mauvais ruffians ? On ne tenait guère d'archive dans les confins des royaumes des hommes.
« Tou sais Ecberto , depuis que ié suis arrivé dans les principati , j'ai croisé plein de gens : Des scélérats , des fous , des taiseux , des types bêtes comme des orques et des orques malins comme des types...Par contre tou sais qui ié n'ai pas rencontré ?
-Des hommes d'honneur ?
-Parfaitement ! Où est passé l'honneur ? Les gens souffrent comme des bestie , et encore , ton bourricot a pas l'air de mal vivre...Mais pas oune once d'honneur ou de bien ici...
-L'honneur m'sire , ça nourrit pas son homme.
-Certamente , certamente...Mais la gente serait mieux traité , peut être ouné semblant de cohésion...
-La Bretonnie vit sur l'honneur...Ca n’empêche pas les gens de mal y vivre.
-Sacré Ecberto , tou connais la Bretonnie ? Demanda Piero en riant.
-Mon père était paysan d'Gasconnie , il s'est rendu hors-la-loi et a traversé l'montagnes pour vivre ici , n'y a certes pas d'honneur mais on est libre .
Le tiléen resta silencieux pendant cinq bonnes minutes , visiblement songeur.
-C'est ouné point de vue qui se défend...Vivre durement et être libre , ou bien...Bah ! Ié né souis pas fait pour la philosophie ! La seule pensée qué ié défends , c'est qu'il faut profiter de la vita avant la fin , car elle arrive toujours plous vite qu'on ne le pense.
-Une mentalité d'tiléen , sauf ton respect.
-Baaah , ié souis du sang de Tilée et d'Estalie , pense qué quand oune ladrón m'a traité de Hijo de puta ié lui ai répondu : Ié né souis pas blessé par la vérità !
Ecbert éclata de rire , du rire franc de ceux qui ne miment pas les émotions pour le plaisir de leur entourage.
-C'était sa tête qui était lé plous comique , sacré truand , il a fini avec oune rapière dans lé ventre...
-Où c'est arrivé ?
-A Sartosa , l’île des forbans ! C'est peut être lé seul endroit plous anarchique qu'ici. »
Le paysage avait changé , de collines couvertes de broussailles ils avaient remonté dans un vallon plus boisé , au loin se dressait la forteresse du Seigneur Denté. De facture ancienne avec de grosses tours carrés et basses , des remparts épais qui avaient souffert l'assaut de nombreux ennemis qu'ils soient verdâtres , velus ou humains. Alors que les deux voyageurs et leur âne étaient encore à une lieue du château , ils virent les premières sentinelles dans les hauteurs , prêtes à cribler de flèches un arrivant indésirable. En toute honnêteté , ils avaient l'air d'une bande de brigands , et la réputation que traînait Denté n'aidait pas.
« Pas commode la guardia...
-Non , mais ils sont doués , ç'leur suffit. »
Alors qu'ils levaient la tête vers l'un des gardes , une flèche fusa pour percer le flanc de ce dernier qui se mit à hurler.
« EMBUSCADE ! S'égosilla une des sentinelles avant de souffler dans un cor. Des coupes-jarret se déversèrent comme une masse informe sur les troupes de Denté , dans une boucherie de coutelas , d'épées rouillées et de morgenstern. Piero attrapa son pistolet et tira sur un maraudeur qui descendait vers eux. Les combattants s’écharpaient comme des animaux sauvages se ruant sur une charogne , le tiléen donnait du sabre de tout les cotés , accompagné des soudards de Denté. Des cadavres s’amoncelèrent sur le sol caillouteux et les bandits commencèrent à perdre la partie.
Piero enfonça son sabre dans le gras du ventre d'un adversaire et poussa un rugissement qui s'étrangla en voyant s'effondrer Ecbert , les deux mains s'accrochant à la flèche fichée dans son thorax.
Le Tiléen accouru vers son guide et lui soutint la tête tandis que la vie s'échappait du corps du Frontalier.
« Non, non , non , Ecbert ! Bordello ! Amigo... »
Les dernières crapules étaient mises en déroute par les soudards , tandis que râlaient les mourants des deux camps. Le Trantien chercha le baudet qui avait détalé à cause de la bataille , et après l'avoir ramené en tirant sur la longe au point de l'avoir agrandie de quatre bons pouces il hissa le corps d'Ecbert sur le dos de l'animal.Les hommes d'armes s'affairaient à s'occuper des leurs tombés au champs d'honneur.Un d'entre eux s'approcha de Piero et de sa macabre cargaison :
« C'quoi son blase ?
-Hm ?
-Pour l'enterrer , idiot.
-Marquez Ecbert , Homme Libre. »
La route allait être longue jusqu'au château , et l'aventure était loin d'être terminée.
Une Terre dénuée de principes
Le soleil était haut dans le ciel , harassant sans traitement de faveur tous ceux qui pointaient leur nez dehors. La chaleur avait desséché la végétation arbustive de la région , et rendait l'herbe jaune et cassante sous le pas d'un voyageur et de sa bête. Il avait des cheveux grisonnants et une barbe dure et inesthétique de la même coloration. Ses vêtements de voyage étaient élimés et trahissaient son statut modeste. Il tirait la longe d'un âne presque aussi rabougri que lui , mais ce dernier avait un pas sûr idéal pour ces chemins au cœur de la garrigue des Principautés frontalières. Quatre jours de voyage depuis Secbourg et précédemment quatre pour y aller. Si les dangers du voyage étaient nombreux et la mort quasiment assurée le risque en valait la chandelle. En effet à travailler jour après jour la terre , il sentait poindre l'hiver de sa vie et ce brave baudet allait lui permettre de soulager une partie de son labeur. Il pria les dieux que son voyage se poursuive sans encombre maintenant que sa ferme était toute proche , seulement certains devaient avoir un étrange sens de l'humour.
Alors qu'il descendait de son sentier de chèvre pour rejoindre une route de plus grande envergure il vit une escarmouche , événement si courant dans ce pays désolé que l'on se souvient plus des jours sans que des jours où il s'en déroule. Deux loufiats du cru agitaient leurs lames face à un étrange hurluberlu à chapeau qui braillait à attirer la moitié sud du vieux monde :
« Bastardo ! Fellone ! S'en prendre à votre client ! » Se chagrina-t-il en parant un coup de schlass avec son sabre.
L'autre malandrin essaya de l'avoir à revers mais le chapeauté dégaina un pistolet en sa direction et un plomb lui explosa au visage. Il se tint le fouillis de cartilage et de chair sanguinolent et criblé d'éclats en poussant un cri rauque chargé de douleur.
« Jette ton arme ladrón et toi et ton compañero pourrez fuir dans l'antre fétida d'où vous êtes sorti ! »
Le bandit balança son coutelas et attrapa le blessé par les épaules pour disparaître dans les broussailles sous le regard du pistolero. Jugeant qu'il pouvait s'approcher sans risque d'un coup perdu , le voyageur récupéra son âne par la longe et se retrouva face à l'aventurier. Il avait des habits de myrmidien , colorés et exubérants , de grosses plumes d'oiseaux tropicaux ornaient son chapeau qui abritait du soleil sa gueule mat sertie d'une moustache lustrée.
« Holà hombre au bourricot , j'espère qué vous n'êtes pas vénou me détrousser , j'ai mon quota de combat pour la giorno !
-Non m'sire...Je che'che just'à rentrer ch'moi. Balbutia le voyageur , assez méfiant.
-Et quel est ton nom ? Demanda-t-il en rechargeant son pistolet.
-Ecbert , m'sire.
-Alors tout d'abord saches que tou as affaire au mirobolant Piero Orsone da Trantio ! Scanda-t-il avec une posture de comédien de scène à une foire avant de reprendre : Les affreux que tou as vou je les avais engagé comme guide. Mais il semblerait qué cé n'était pas des uomini d'honneur , ils voulaient me détrousser !
-V's êtes dans les principautés m'sire , v's auriez dû être plus vigilant.
-Enfin lé problème est réglé...Le nouveau par contre...S'interrogea-t-il en se tenant le menton dans entre le pouce et l'index avant qu'une idée saugrenue ne traverse son esprit.
-M'sire ?
-Ecberto , connais-tou le seigneur Denté ?
-Oui m'sire pour...
-Perfetto ! Perfetto ! Tou pourras me conduire à lui !
Il se précipita sur le vieux et lui serra les mains frénétiquement.
-Mais...
-Et moué qui craignait de devoir errer dans cette terra maudite comme oune idiota ! Pour la peine tu auras oune...non deux pièces !
-Enfin...
-En route ! Il vaut mieux arriver avant la notte ! » S'exclama le tiléen en s'avançant sur le chemin en plantant son guide.
Résigné , Ecbert décida d'accompagner le méridional , se disant que de toute façon il serait plus en sécurité avec un gaillard à ses côtés que seul. Il avait le pas vif de l'homme confiant , inattentif à ce qui pourrait surgir d'entre les chênes verts et les noisetiers.
Ils longèrent des fours à cade qui prenaient la poussière le long des routes , délaissés après une quelconque guerre locale. Le natif de la région craignait les représailles des bandits , surtout si ils appartenaient à une bande , voire pire , si ils étaient à la solde d'un seigneur du coin. Combien de bougre avait fini pendu pour avoir tenu tête aux mauvais ruffians ? On ne tenait guère d'archive dans les confins des royaumes des hommes.
« Tou sais Ecberto , depuis que ié suis arrivé dans les principati , j'ai croisé plein de gens : Des scélérats , des fous , des taiseux , des types bêtes comme des orques et des orques malins comme des types...Par contre tou sais qui ié n'ai pas rencontré ?
-Des hommes d'honneur ?
-Parfaitement ! Où est passé l'honneur ? Les gens souffrent comme des bestie , et encore , ton bourricot a pas l'air de mal vivre...Mais pas oune once d'honneur ou de bien ici...
-L'honneur m'sire , ça nourrit pas son homme.
-Certamente , certamente...Mais la gente serait mieux traité , peut être ouné semblant de cohésion...
-La Bretonnie vit sur l'honneur...Ca n’empêche pas les gens de mal y vivre.
-Sacré Ecberto , tou connais la Bretonnie ? Demanda Piero en riant.
-Mon père était paysan d'Gasconnie , il s'est rendu hors-la-loi et a traversé l'montagnes pour vivre ici , n'y a certes pas d'honneur mais on est libre .
Le tiléen resta silencieux pendant cinq bonnes minutes , visiblement songeur.
-C'est ouné point de vue qui se défend...Vivre durement et être libre , ou bien...Bah ! Ié né souis pas fait pour la philosophie ! La seule pensée qué ié défends , c'est qu'il faut profiter de la vita avant la fin , car elle arrive toujours plous vite qu'on ne le pense.
-Une mentalité d'tiléen , sauf ton respect.
-Baaah , ié souis du sang de Tilée et d'Estalie , pense qué quand oune ladrón m'a traité de Hijo de puta ié lui ai répondu : Ié né souis pas blessé par la vérità !
Ecbert éclata de rire , du rire franc de ceux qui ne miment pas les émotions pour le plaisir de leur entourage.
-C'était sa tête qui était lé plous comique , sacré truand , il a fini avec oune rapière dans lé ventre...
-Où c'est arrivé ?
-A Sartosa , l’île des forbans ! C'est peut être lé seul endroit plous anarchique qu'ici. »
Le paysage avait changé , de collines couvertes de broussailles ils avaient remonté dans un vallon plus boisé , au loin se dressait la forteresse du Seigneur Denté. De facture ancienne avec de grosses tours carrés et basses , des remparts épais qui avaient souffert l'assaut de nombreux ennemis qu'ils soient verdâtres , velus ou humains. Alors que les deux voyageurs et leur âne étaient encore à une lieue du château , ils virent les premières sentinelles dans les hauteurs , prêtes à cribler de flèches un arrivant indésirable. En toute honnêteté , ils avaient l'air d'une bande de brigands , et la réputation que traînait Denté n'aidait pas.
« Pas commode la guardia...
-Non , mais ils sont doués , ç'leur suffit. »
Alors qu'ils levaient la tête vers l'un des gardes , une flèche fusa pour percer le flanc de ce dernier qui se mit à hurler.
« EMBUSCADE ! S'égosilla une des sentinelles avant de souffler dans un cor. Des coupes-jarret se déversèrent comme une masse informe sur les troupes de Denté , dans une boucherie de coutelas , d'épées rouillées et de morgenstern. Piero attrapa son pistolet et tira sur un maraudeur qui descendait vers eux. Les combattants s’écharpaient comme des animaux sauvages se ruant sur une charogne , le tiléen donnait du sabre de tout les cotés , accompagné des soudards de Denté. Des cadavres s’amoncelèrent sur le sol caillouteux et les bandits commencèrent à perdre la partie.
Piero enfonça son sabre dans le gras du ventre d'un adversaire et poussa un rugissement qui s'étrangla en voyant s'effondrer Ecbert , les deux mains s'accrochant à la flèche fichée dans son thorax.
Le Tiléen accouru vers son guide et lui soutint la tête tandis que la vie s'échappait du corps du Frontalier.
« Non, non , non , Ecbert ! Bordello ! Amigo... »
Les dernières crapules étaient mises en déroute par les soudards , tandis que râlaient les mourants des deux camps. Le Trantien chercha le baudet qui avait détalé à cause de la bataille , et après l'avoir ramené en tirant sur la longe au point de l'avoir agrandie de quatre bons pouces il hissa le corps d'Ecbert sur le dos de l'animal.Les hommes d'armes s'affairaient à s'occuper des leurs tombés au champs d'honneur.Un d'entre eux s'approcha de Piero et de sa macabre cargaison :
« C'quoi son blase ?
-Hm ?
-Pour l'enterrer , idiot.
-Marquez Ecbert , Homme Libre. »
La route allait être longue jusqu'au château , et l'aventure était loin d'être terminée.