[Dark Heresy] Le tranchant des ténèbres - Partie II
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Re: [Dark Heresy] Le tranchant des ténèbres - Partie II
Une orgie de tirs et de meurtres plus tard, des dizaines d’âmes étaient avalées par le warp. Tout avait été aussi bref que violent — explosions, déchaînements de lasers, fumigènes, ordres aboyés, lames qui volent dans tous les sens… Blessures, sang, têtes arrachées, grenades, alarmes de voitures, insultes, aboiements de chien, et surtout, une terrible explosion qui fit s’écraser à terre l’un des leurs…
Quand l’équipe avait enfin l’adrénaline qui commençait à se dissiper, ils avaient un homme sur le carreau. Devant la carcasse incendiée d’une voiture de police, Sand, ensanglantée, à bout de souffle, se retourna pour observer ses hommes, avant de s’approcher du techno-prêtre de Mora. Il eut un hoquet de surprise, en annonçant :
« Bordel, il est encore en vie ! »
Le clarificateur-medicae employa son art. Il courut vers sa voiture accidentée pour en ouvrir le coffre, et déploya ainsi un servo-crâne médical — ensemble, ils commencèrent à stabiliser Mora par injection de drogues, surtout de calmants, pour le forcer à retourner dans sa torpeur. Le sang qui coulait par son membre mutilé fut épongé et le flux stoppé par des sutures faites à vif. Il était de loin celui qui avait le plus dégusté, mais le reste de la troupe n’était pas en reste — Séphone et Wullis étaient criblés d’impacts de balles, et devaient maintenant se couvrir de bandages et de pansements homéostatiques, les stimulants de combat les forçant à rester debout.
Tout le monde fit ceci silencieusement, comme par habitude ; les cours de premier secours de l’Inquisition enseignaient, froidement, que la survie de l’acolyte lui appartenait tout d’abord à lui-seul, un devoir mitigé uniquement par le sacrifice et le martyr. Un acolyte utile devait survivre, un excellent acolyte savait ne pas encombrer le système de triage en se plaignant et en réclamant de l’aide à autrui.
Quand enfin le tumulte cessait, que ne restaient que les rythmes cardiaques trop rapides, les dents serrées de douleur, et les oreilles bourdonnant d’acouphènes, Sand décida de siffler et d’inciter l’équipe à se rassembler autour de lui.
« Je… Crois qu’un peu d’explications est en ordre. »
Tout le monde gardait ses armes en main et surveillait les rues, en attendant l’arrivée de renfort. Sand, les deux pistolets aux mains, fit un signe de tête à l’intention de l’élégant homme chromé qui avait perdu de sa superbe, avec sa chemise trouée de balles et enflammée de cordite :
« Vous êtes qui, vous ?
– Céline Strasser, directeur des ressources humaines de l’Hégémonie Skaelen-Har, secteur Neustralien… J’étais sur place pour enquêter sur les disparitions, probablement pas pour les mêmes raisons que vous… Enfin, si je connaissais les raisons. Vos sbires ont décidé de m’intégrer à leur équipe, mais rien de plus. »
Sand hocha de la tête. Puis, il se tourna vers ses trois nouveaux camarades.
« Statut. »
Le Skitarius fit un salut militaire, et avec une voix pourtant impeccablement humaine, il s’exprima dans un discours laconique et automatisé :
« Skitarius-Ranger. Matricule. P.S. Tiret. Dièse. Quatre. Quatre. Un. Trois. J. W. Désignation. John. Doe.
Dégâts légers. Services médicaux auto-administrés. »
Il avait un accent. C’était très bizarre — le bonhomme avait la tête la plus commune possible et le son dans la voix qui le faisait sonner comme un pur paysan de quelconque-planète-land ; mais il semblait bien être passé par le même endoctrinement que le reste du Mechanicus…
La jeune femme à moitié nue, portant une magnifique épée courbée, passa tout le long de son ventre un spray qui força la peau déchirée à se souder ; ça avait l’air atrocement douloureux, vu comment elle sifflait et grognait, mais pourtant, elle semblait sourire.
« Livia van Strafe. Séide-illuminée du culte du Serpent Surréel Doré. »
Séphone grogna. Malgré ses propres blessures terrifiantes, la Sororita posa son doigt sur la détente de son lasfusil, comme prête à se battre.
« Le nom de votre culte me dit quelque chose… J’ai déjà combattu un culte similaire. Hérétique.
– Ceci est Magdalena Séphone, une sœur de bataille… Tranquillisez-vous, Séphone. Livia fait partie d’un culte-fils des hérétiques auxquels vous pensez, et la faction qu’elle a rejointe a été disculpée par l’Ecclésiarchie.
– Sans vouloir vexer… Personne… Je suis, apparemment… Une aussi bonne servante de l’Empereur… Que vous. »
Livia était à bout de souffle. Mais elle ne peut s’empêcher de sourire à pleines dents après sa provocation.
Enfin, restait au sol, la psyker. Elle était un genou à terre, en train de respirer à toute vitesse. Sand s’approcha, mais ne la toucha pas — il se contenta de lui demander oralement :
« Tu es cassée ?
– Non ! Je… Je me remets… Je suis…
Je suis vraiment passée à deux doigts… À ça… »
Elle parlait avec un joli accent, difficile à placer… C’était chantant, et nasal. Finalement, elle prit une grande inspiration, se remit sur ses deux pattes, et lia ses deux mains dans une posture noble et élégante — qui tranchait pas mal avec son apparence actuelle ; sa jolie robe de grande dame était couverte de poussière, de sang et de poudre à balles, déchirée en plusieurs endroits à cause de l’accident. Mais elle cherchait à tranquilliser l’assaut du warp derrière une posture de sang-froid absolument impeccable.
« Je suis Nebael. Nebael fulla Diznin. Psyker assermentée, et devineresse.
Je me tiens prête à servir. »
Sand hocha de la tête.
« Bien, maintenant que nous sommes tous réunis… Est-ce que l’un d’entre vous peut me résumer grossièrement qu’est-ce qui vient de se passer et qui sont les policiers que nous venons d’abattre ? »
Séphone, étonnamment, regarda Enkidu. Elle fit un hochement de tête, l’encourageant à expliquer.
Alors que le pauvre psyker était laissé à faire le briefing, John Doe (Ce n’était pas un nom qu’on lui avait attribué…), parcourait les cadavres des flics. Il en retournait un. Il est vrai qu’il était peut-être une bonne idée de fouiller les poches des morts pour chercher des infos, ou au moins des munitions… Mais c’est plutôt autre chose qu’il foullait.
Au bout d’un moment, il décida de sortir un couteau. Et le voilà qui l’enfonçait dans l’oreille d’un des morts. Il déchiqueta proprement quelque chose, des morceaux de cartilage…
…Jusqu’à trouver une oreillette implantée. Il cherchait à pirater les communications de leurs ennemis.
Quand l’équipe avait enfin l’adrénaline qui commençait à se dissiper, ils avaient un homme sur le carreau. Devant la carcasse incendiée d’une voiture de police, Sand, ensanglantée, à bout de souffle, se retourna pour observer ses hommes, avant de s’approcher du techno-prêtre de Mora. Il eut un hoquet de surprise, en annonçant :
« Bordel, il est encore en vie ! »
Le clarificateur-medicae employa son art. Il courut vers sa voiture accidentée pour en ouvrir le coffre, et déploya ainsi un servo-crâne médical — ensemble, ils commencèrent à stabiliser Mora par injection de drogues, surtout de calmants, pour le forcer à retourner dans sa torpeur. Le sang qui coulait par son membre mutilé fut épongé et le flux stoppé par des sutures faites à vif. Il était de loin celui qui avait le plus dégusté, mais le reste de la troupe n’était pas en reste — Séphone et Wullis étaient criblés d’impacts de balles, et devaient maintenant se couvrir de bandages et de pansements homéostatiques, les stimulants de combat les forçant à rester debout.
Tout le monde fit ceci silencieusement, comme par habitude ; les cours de premier secours de l’Inquisition enseignaient, froidement, que la survie de l’acolyte lui appartenait tout d’abord à lui-seul, un devoir mitigé uniquement par le sacrifice et le martyr. Un acolyte utile devait survivre, un excellent acolyte savait ne pas encombrer le système de triage en se plaignant et en réclamant de l’aide à autrui.
Quand enfin le tumulte cessait, que ne restaient que les rythmes cardiaques trop rapides, les dents serrées de douleur, et les oreilles bourdonnant d’acouphènes, Sand décida de siffler et d’inciter l’équipe à se rassembler autour de lui.
« Je… Crois qu’un peu d’explications est en ordre. »
Tout le monde gardait ses armes en main et surveillait les rues, en attendant l’arrivée de renfort. Sand, les deux pistolets aux mains, fit un signe de tête à l’intention de l’élégant homme chromé qui avait perdu de sa superbe, avec sa chemise trouée de balles et enflammée de cordite :
« Vous êtes qui, vous ?
– Céline Strasser, directeur des ressources humaines de l’Hégémonie Skaelen-Har, secteur Neustralien… J’étais sur place pour enquêter sur les disparitions, probablement pas pour les mêmes raisons que vous… Enfin, si je connaissais les raisons. Vos sbires ont décidé de m’intégrer à leur équipe, mais rien de plus. »
Sand hocha de la tête. Puis, il se tourna vers ses trois nouveaux camarades.
« Statut. »
Le Skitarius fit un salut militaire, et avec une voix pourtant impeccablement humaine, il s’exprima dans un discours laconique et automatisé :
« Skitarius-Ranger. Matricule. P.S. Tiret. Dièse. Quatre. Quatre. Un. Trois. J. W. Désignation. John. Doe.
Dégâts légers. Services médicaux auto-administrés. »
Il avait un accent. C’était très bizarre — le bonhomme avait la tête la plus commune possible et le son dans la voix qui le faisait sonner comme un pur paysan de quelconque-planète-land ; mais il semblait bien être passé par le même endoctrinement que le reste du Mechanicus…
La jeune femme à moitié nue, portant une magnifique épée courbée, passa tout le long de son ventre un spray qui força la peau déchirée à se souder ; ça avait l’air atrocement douloureux, vu comment elle sifflait et grognait, mais pourtant, elle semblait sourire.
« Livia van Strafe. Séide-illuminée du culte du Serpent Surréel Doré. »
Séphone grogna. Malgré ses propres blessures terrifiantes, la Sororita posa son doigt sur la détente de son lasfusil, comme prête à se battre.
« Le nom de votre culte me dit quelque chose… J’ai déjà combattu un culte similaire. Hérétique.
– Ceci est Magdalena Séphone, une sœur de bataille… Tranquillisez-vous, Séphone. Livia fait partie d’un culte-fils des hérétiques auxquels vous pensez, et la faction qu’elle a rejointe a été disculpée par l’Ecclésiarchie.
– Sans vouloir vexer… Personne… Je suis, apparemment… Une aussi bonne servante de l’Empereur… Que vous. »
Livia était à bout de souffle. Mais elle ne peut s’empêcher de sourire à pleines dents après sa provocation.
Enfin, restait au sol, la psyker. Elle était un genou à terre, en train de respirer à toute vitesse. Sand s’approcha, mais ne la toucha pas — il se contenta de lui demander oralement :
« Tu es cassée ?
– Non ! Je… Je me remets… Je suis…
Je suis vraiment passée à deux doigts… À ça… »
Elle parlait avec un joli accent, difficile à placer… C’était chantant, et nasal. Finalement, elle prit une grande inspiration, se remit sur ses deux pattes, et lia ses deux mains dans une posture noble et élégante — qui tranchait pas mal avec son apparence actuelle ; sa jolie robe de grande dame était couverte de poussière, de sang et de poudre à balles, déchirée en plusieurs endroits à cause de l’accident. Mais elle cherchait à tranquilliser l’assaut du warp derrière une posture de sang-froid absolument impeccable.
« Je suis Nebael. Nebael fulla Diznin. Psyker assermentée, et devineresse.
Je me tiens prête à servir. »
Sand hocha de la tête.
« Bien, maintenant que nous sommes tous réunis… Est-ce que l’un d’entre vous peut me résumer grossièrement qu’est-ce qui vient de se passer et qui sont les policiers que nous venons d’abattre ? »
Séphone, étonnamment, regarda Enkidu. Elle fit un hochement de tête, l’encourageant à expliquer.
Alors que le pauvre psyker était laissé à faire le briefing, John Doe (Ce n’était pas un nom qu’on lui avait attribué…), parcourait les cadavres des flics. Il en retournait un. Il est vrai qu’il était peut-être une bonne idée de fouiller les poches des morts pour chercher des infos, ou au moins des munitions… Mais c’est plutôt autre chose qu’il foullait.
Au bout d’un moment, il décida de sortir un couteau. Et le voilà qui l’enfonçait dans l’oreille d’un des morts. Il déchiqueta proprement quelque chose, des morceaux de cartilage…
…Jusqu’à trouver une oreillette implantée. Il cherchait à pirater les communications de leurs ennemis.
- Reinhard Faul
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Re: [Dark Heresy] Le tranchant des ténèbres - Partie II
Ça n’aurait pas dû être si dur, les ennemis étaient encerclés et des grenades avaient été lancées, mais c’était sans compter l’équipement surprenant de leurs adversaires. Un policier possédait le même implant que Strasser ! Il sauta vers la dame pas très habillée, qui l’esquiva avec la vivacité d’un démon. Enkidu eu du mal à suivre ce qu’il se passa ensuite, parce qu’il rata un tir et qu’immédiatement après, un flash de lumière lui cacha les personnages principaux qui venaient d’arriver. Il vit seulement Sand se démarquer de la fumée tel le héros antique d’une peinture et tirer partout comme malade… en faisant mouche. Il vit un ennemi s’écrouler. Les autres reculèrent dans le tunnel. La stratégie la plus intelligente serait de rejoindre les gens importants...
C’est là qu’il entendit sa collègue Psyker hurler « LANCE-GRENADE ! ».
Des alliées lancèrent des fumigènes, et les plus excités du groupe s’élancèrent au corps à corps. Enkidu savait ce qu’il avait à faire : avancer lui aussi à travers la fumée, mais plus lentement, en prenant le temps de préserver ses sens afin de tirer juste à la sortie... Ou alors se faire massacrer sans rien voir venir. Ça ne dépendait pas de lui. Il se félicita d’être allé aux toilettes récemment.
En sortant, il entendit une horrible explosion et se prit quelque chose de lourd sur le coin de la tête, mais ne se déconcentra pas. C’était ce genre de détail qu’on lui avait appris à gérer lors de son entraînement : continuer à tenir son fusil par le bon bout et chercher à tuer, même quand il se passait n’importe quoi. Surtout quand il se passait n’importe quoi. Il tira sur un flic qui cherchait à finir Séphone, utilisant le Warp une brève seconde pour transformer son corps en une machine ultra précise dotée d’une vue supérieure. Quelque chose de reptilien, de meurtrier. Le fusil était utilisé avec la vivacité d’un serpent. L’assaut fut aussi rapide qu’exact. L’ennemi s’écroula, touché à la nuque par un laser.
Ensuite, tout se termina assez vite. Celui qui semblait être le chef mourut, tendrement enlacé par la dame pas très habillée. Enkidu baissa les yeux vers ce qui lui avait cogné la tête. C’était un morceau de pied humain, il compta trois orteils, le talon, et un long, long morceau de peau très pâle qui avait dû remonter jusqu’au genou de son ancien propriétaire. Les déchirures ressemblaient à la pâte feuilletée du croissant qu’il avait mangé à la gare hier matin. Elles s’étaient sans foute formées de la même façon.
Le jeune Psyker se mit à vomir à jet dès que l’image lui vint en tête. Il pensait que ça ne lui arriverait plus après son premier combat à bord du Ravel, qu’il était comme qui dirait blindé, mais il restait un bleu en engagement réel. L’adrénaline le vida de son petit déjeuner en quelques secondes, avec une efficacité que la nausée n’obtiendrait jamais. Une voiture d’ennemis décida d’arriver à ce moment-là, mais les personnages principaux, plus efficaces, plus expérimentés, tuèrent tous les occupants avant qu’Enkidu n’ait seulement eu le temps de se tourner et de s’essuyer les yeux d’un revers de la manche. Et puis c’était fini.
Pour l’instant.
Vu qu’il n’était pas blessé, le jeune homme s’empressa de s’assurer que les hérétiques étaient bien morts et incapables de lui nuire en leur mettant une balle dans la tête à chacun. Il s’osait pas trop observer leurs cadavres, si jamais leurs maléfices étaient contagieux d’une façon ou d’une autre. C’était sans doute interdit de les fouiller. Et si il découvrait une chose interdite ? Pour l’instant, ils ressemblaient à toutes les morts violentes du monde : couverts de sang et dans des positions bizarres. L’Empereur soit loué, désormais Enkidu avait un Chef avec lui. Le Chef saurait, le Chef prendrait des décisions. Pour l’instant tout le monde s’agitait auprès des blessés.
Le jeune homme pu enfin se demander à qui appartenait le pied qui lui était tombé dessus. Dans l’urgence et la panique, il se fit bêtement la réflexion que ses ongles d’orteils étaient beaucoup trop propres pour appartenir à des hérétiques. Il chercha des yeux leur propriétaire légitime.
Il trouva Mora. Par là. Là-bas aussi, et dix mètres plus loin également. Le pauvre bonhomme s’était visiblement pris un tir de grenade… bah, comment dire ? Partout à la fois. C’est ce que font les lance-grenades.
Enkidu se demanderait longtemps, pendant des années même, qu’est-ce qu’il l’avait poussé à cet instant à ramasser le pied du technographe et le poser respectueusement près de son corps inconscient et mutilé. Ça lui avait semblé logique sur le coup. Il s’était vu se pencher sur le pied, le prendre délicatement entre ses mains (c’était encore chaud à cause de l’explosion) marcher tranquillement les quelques mètres qui le séparaient du Clarificateur et de Mora et poser le morceau de viande à côté des restes de sa cuisse en mode « tiens, c’est à toi ». Puis il se rendit compte à quel point le geste était stupide. Personne ne pouvait recoller ça, sauf le Warp, et personne ne lui demanda de l’utiliser.
Mais on ne sait comment, Mora survécu. Et là encore, l’équipe de personnages principaux réagit de façon bien plus alerte qu’Enkidu et ses collègues. Sand leur ordonna de parler, et ils s’exécutèrent. Néanmoins, le jeune Psyker n’était pas non plus dénué de tout bon sens et s’appliqua à garder les rues en joue avec son lasgun. Ils n’étaient pas en sécurité. Ce n’était même qu’une introduction aux combats à venir.
Il y avait le Skitarii, John Doe, que Enkidu aurait pu croiser dans les rues de son village sans sourciller. Il était d’ailleurs si oubliable que l’attention du Psyker fut immédiatement capté par le personnage suivant alors qu’il n’avait pas fini de parler. Il faut dire que la cultiste de la Mort avait des arguments pour elle.
La dame peu habillée s’appelait Livia van Strafe. Elle faisait partie du Serpent Surréel Doré. Enkidu en avait entendu parler, brièvement. Ce qu’il en savait importait peu par ailleurs puisque l’Inquisition l’avait jugée elle comme fidèle servante de l’Empereur, dissipant en une fraction de secondes tous les doutes de l’esprit du jeune homme. Il avait appris depuis très jeune qu’on ne s’attardait pas à questionner un régime fasciste sur qui fait partie des biens ou des pas biens, à moins de vouloir s’attirer des problèmes.
Non, ce qui était embêtant avec Strafe du point de vue d’Enkidu, c’était son… sa… ses… enfin, son allure quoi. Le regard du jeune homme était sans cesse poussé à se repentir. Il avait eu quelques pensées envieuses à l’égard du Logicien qui était mort dans une étreinte lascive contre la dame. Elle avait de longs cheveux blonds et brillants, la peau douce et une tenue qui ne se contentait pas de révéler, mais allait carrément jusqu’à mettre en avant ce qu’Enkidu n’avait jusque-là qu’entraperçu dans des contextes qui exigeaient beaucoup moins de chichi. Il y avait l’espèce de minuscule sous vêtement et le tatouage bien sûr, mais aussi la texture moelleuse du sein qui était soulignée par le soutien-gorge push up modelé dans le métal de son armure.
Le jeune Psyker vivant dans un régime fasciste, ce n’était pas la première fois qu’il voyait la sexualité mise en scène de façon étrange, mais c’était la première fois que l’imagerie de la Walkyrie pénétrait sa psyché avec tant de pertinence. Il était là, au milieu de l’odeur de sang et de poudre, son lasgun encore chaud, du vomi dans le nez, et découvrait l’existence des strings.
Enkidu fut presque surpris quand sa collègue Psyker pris la parole. De façon totalement inattendue et surprenante, son attention avait été attirée par quelque chose de plus intéressant qu’une fille au casque bizarre et à la robe couvrante. Il s’insulta intérieurement. Le cliché du garçon qui ne regarde pas les filles moches ! Lui ! Le jeune homme était discret sur son passé antérieur au Vaisseau Noir – et c’était d’autant plus aisé quand personne n’était curieux -, mais sa vie ne l’avait pas préparé du tout à certains types d’événements.
Il récupéra néanmoins assez de capacité cognitive pour comprendre de quoi on parlait. Diznin – c’était le nom de sa collègue – était une lectrice d’augures. Une devineresse. Dommage ! Il aurait préféré un biomancien comme lui, et pas un con de médium. Il remarqua avec horreur qu’elle semblait proche de son âge. L’Empereur soit loué, elle ne risquait pas de reconnaître Enkidu – il avait beaucoup changé depuis Sainte-Terra – car celui-ci avait l’habitude de casser la gueule des devins. Comme tout le monde. Souvent faibles, rêveurs, les yeux larmoyants et le nez qui coule, ils étaient des victimes faciles pour piquer de la nourriture ou des cigarettes. Ses professeurs lui avaient appris les prières, la spiritualité de combat et la vie des Saints, mais c’était les devins qui avaient donné à Enkidu des leçons précieuses sur l’art de frapper quelqu’un jusqu’à ce qu’il abandonne ou comment tendre une embuscade dans un endroit très surveillé. Dans ses bons jours, il pouvait ratisser deux dortoirs de l’école de Divination de la moindre de ses cachettes avant que l’un d’eux ait eu le temps d’appeler une Soeur du Silence.
Celle-ci avait le profil d’une victime facile. Son casque était un implant, cela se voyait, et Enkidu savait qu’il aidait la jeune femme à maîtriser ces pouvoirs, voire à simplement continuer de vivre sans se faire exploser toute seule. Pour quelle autre raison une Psyker aurait-elle un implant aussi coûteux ? Le jeune homme était très fier de ne pas avoir besoin d’un tel artifice … et secrètement soulagé aussi (ce qui était mal). Il se souvenait des corps sanguinolents de ceux qui se remettaient de la chirurgie, des hurlements de douleur, des plaintes, des supplications. Il avait redouté pendant des jours qu’on le prenne, lui aussi, mais mis à part les implants minimaux et quelques puces, on ne lui avait rien fait.
Et la pauvre Diznin avait subit l’assaut de démon ! Il les avait sentis près de lui. Pas étonnant qu’elle soit par terre. Enkidu découvrit à cet instant que les circonstances étaient bien différentes de Sainte-Terra et qu’il avait envie d’aider cette collègue, mais c’était son tour de parler.
Il dut – comme durant tout le reste de l’enquête – se dépatouiller pour remettre les éléments en place :
« Enkidu, Psyker sanctionnite biomancien. Ce ne sont pas des policiers monsieur, ce sont des hérétiques. Ils ont tué presque tous les prévôts pour prendre leur place. »
Le jeune homme grimaça involontairement en disant le mot « hérétique ». Son instinct lui hurlait de ne pas avoir l’air d’en savoir trop, un sport à très haut risque au sein de l’Imperium. Il faisait de gros efforts pour rester maître de lui-même, mais sa terreur à laisser une mauvaise impression au Chef était visible. Il n’hésita pas une seconde sur l’angle de son récit, il allait laisser entendre que ses collègues avaient participé à parts égales à l’affaire tant qu’on ne lui demanderait pas de préciser. Il ne voulait pas se rendre trop intéressant.
« Celle qui dirige les ennemis, qui a pour pseudonyme la Chirurgienne, se cache à l’Aumonerie Tantalus. C’est là que… que la victime a été vue vivante pour la dernière fois. Et euh… oh ! »
Enkidu – avec les précautions réglementaires - laissa son lasgun pendre sur sa sangle afin de mettre son sac à dos devant lui. Il fouilla deux poches avec les mains tremblantes avant de mettre la main sur ce qu’il cherchait. Une plaque en plastique de nature visiblement technologique. Il la tendit au Clarificateur :
« C’est une clef bricolée pour une entrée à l’arrière. Les… les ennemis avaient un accord avec des criminels locaux, mais c’est tout ce que nous avons obtenu d’eux avant de les neutraliser. Nous savons qu’ils sont lourdement armés à l’intérieur. Différemment. Il y a ces… choses... »
Enkidu était coincé. Il avait jusque-là évité brillamment les sujets qui fâchent, mais là il serait difficile de continuer à faire une description sans mentionner les Logiciens. Des hérétiques. Strasser avait donné l’impression d’en connaître plus que lui sur le sujet, mais il détesterait l’idée de faire une bourde. Révéler les secrets de l’Inquisition. Les secrets de quoi que ce soit. Sand commença à s’agacer de voir un Enkidu paralysé par la timidité et le poussa à s’expliquer.
« Ce sont des héréteks, une vingtaine ! Ils ont des alliés haut placés sur la planète, et d’après ce que je sais – pas tant que ça, monsieur – leur objectif est actuellement de cacher les preuves et de s’enfuir, d’où une certaine… hâte. Ils fabriquent des Servitors maléfiques qui parlent et qui crient à l’aide. Ils sont très résistants. Le Seigneur DRH nous a dit qu’ils sont encore sensibles aux grenades flash, comme ils sont humains… »
Le jeune homme, malgré sa terreur actuelle, n’avait pas oublié son désir de contrecarrer Hégémonie Skaelen-Har. Il laissait entendre que la technologie était maléfique et hérétique… mais, à sa propre horreur, il était trop cynique pour croire que ça serait si simple. Il gardait dans un coin discret de son cœur la volonté de tirer « accidentellement » dans la machine qui contiendrait le secret pour faire des Servitors qui peuvent souffrir.
C’est là qu’il entendit sa collègue Psyker hurler « LANCE-GRENADE ! ».
Des alliées lancèrent des fumigènes, et les plus excités du groupe s’élancèrent au corps à corps. Enkidu savait ce qu’il avait à faire : avancer lui aussi à travers la fumée, mais plus lentement, en prenant le temps de préserver ses sens afin de tirer juste à la sortie... Ou alors se faire massacrer sans rien voir venir. Ça ne dépendait pas de lui. Il se félicita d’être allé aux toilettes récemment.
En sortant, il entendit une horrible explosion et se prit quelque chose de lourd sur le coin de la tête, mais ne se déconcentra pas. C’était ce genre de détail qu’on lui avait appris à gérer lors de son entraînement : continuer à tenir son fusil par le bon bout et chercher à tuer, même quand il se passait n’importe quoi. Surtout quand il se passait n’importe quoi. Il tira sur un flic qui cherchait à finir Séphone, utilisant le Warp une brève seconde pour transformer son corps en une machine ultra précise dotée d’une vue supérieure. Quelque chose de reptilien, de meurtrier. Le fusil était utilisé avec la vivacité d’un serpent. L’assaut fut aussi rapide qu’exact. L’ennemi s’écroula, touché à la nuque par un laser.
Ensuite, tout se termina assez vite. Celui qui semblait être le chef mourut, tendrement enlacé par la dame pas très habillée. Enkidu baissa les yeux vers ce qui lui avait cogné la tête. C’était un morceau de pied humain, il compta trois orteils, le talon, et un long, long morceau de peau très pâle qui avait dû remonter jusqu’au genou de son ancien propriétaire. Les déchirures ressemblaient à la pâte feuilletée du croissant qu’il avait mangé à la gare hier matin. Elles s’étaient sans foute formées de la même façon.
Le jeune Psyker se mit à vomir à jet dès que l’image lui vint en tête. Il pensait que ça ne lui arriverait plus après son premier combat à bord du Ravel, qu’il était comme qui dirait blindé, mais il restait un bleu en engagement réel. L’adrénaline le vida de son petit déjeuner en quelques secondes, avec une efficacité que la nausée n’obtiendrait jamais. Une voiture d’ennemis décida d’arriver à ce moment-là, mais les personnages principaux, plus efficaces, plus expérimentés, tuèrent tous les occupants avant qu’Enkidu n’ait seulement eu le temps de se tourner et de s’essuyer les yeux d’un revers de la manche. Et puis c’était fini.
Pour l’instant.
Vu qu’il n’était pas blessé, le jeune homme s’empressa de s’assurer que les hérétiques étaient bien morts et incapables de lui nuire en leur mettant une balle dans la tête à chacun. Il s’osait pas trop observer leurs cadavres, si jamais leurs maléfices étaient contagieux d’une façon ou d’une autre. C’était sans doute interdit de les fouiller. Et si il découvrait une chose interdite ? Pour l’instant, ils ressemblaient à toutes les morts violentes du monde : couverts de sang et dans des positions bizarres. L’Empereur soit loué, désormais Enkidu avait un Chef avec lui. Le Chef saurait, le Chef prendrait des décisions. Pour l’instant tout le monde s’agitait auprès des blessés.
Le jeune homme pu enfin se demander à qui appartenait le pied qui lui était tombé dessus. Dans l’urgence et la panique, il se fit bêtement la réflexion que ses ongles d’orteils étaient beaucoup trop propres pour appartenir à des hérétiques. Il chercha des yeux leur propriétaire légitime.
Il trouva Mora. Par là. Là-bas aussi, et dix mètres plus loin également. Le pauvre bonhomme s’était visiblement pris un tir de grenade… bah, comment dire ? Partout à la fois. C’est ce que font les lance-grenades.
Enkidu se demanderait longtemps, pendant des années même, qu’est-ce qu’il l’avait poussé à cet instant à ramasser le pied du technographe et le poser respectueusement près de son corps inconscient et mutilé. Ça lui avait semblé logique sur le coup. Il s’était vu se pencher sur le pied, le prendre délicatement entre ses mains (c’était encore chaud à cause de l’explosion) marcher tranquillement les quelques mètres qui le séparaient du Clarificateur et de Mora et poser le morceau de viande à côté des restes de sa cuisse en mode « tiens, c’est à toi ». Puis il se rendit compte à quel point le geste était stupide. Personne ne pouvait recoller ça, sauf le Warp, et personne ne lui demanda de l’utiliser.
Mais on ne sait comment, Mora survécu. Et là encore, l’équipe de personnages principaux réagit de façon bien plus alerte qu’Enkidu et ses collègues. Sand leur ordonna de parler, et ils s’exécutèrent. Néanmoins, le jeune Psyker n’était pas non plus dénué de tout bon sens et s’appliqua à garder les rues en joue avec son lasgun. Ils n’étaient pas en sécurité. Ce n’était même qu’une introduction aux combats à venir.
Il y avait le Skitarii, John Doe, que Enkidu aurait pu croiser dans les rues de son village sans sourciller. Il était d’ailleurs si oubliable que l’attention du Psyker fut immédiatement capté par le personnage suivant alors qu’il n’avait pas fini de parler. Il faut dire que la cultiste de la Mort avait des arguments pour elle.
La dame peu habillée s’appelait Livia van Strafe. Elle faisait partie du Serpent Surréel Doré. Enkidu en avait entendu parler, brièvement. Ce qu’il en savait importait peu par ailleurs puisque l’Inquisition l’avait jugée elle comme fidèle servante de l’Empereur, dissipant en une fraction de secondes tous les doutes de l’esprit du jeune homme. Il avait appris depuis très jeune qu’on ne s’attardait pas à questionner un régime fasciste sur qui fait partie des biens ou des pas biens, à moins de vouloir s’attirer des problèmes.
Non, ce qui était embêtant avec Strafe du point de vue d’Enkidu, c’était son… sa… ses… enfin, son allure quoi. Le regard du jeune homme était sans cesse poussé à se repentir. Il avait eu quelques pensées envieuses à l’égard du Logicien qui était mort dans une étreinte lascive contre la dame. Elle avait de longs cheveux blonds et brillants, la peau douce et une tenue qui ne se contentait pas de révéler, mais allait carrément jusqu’à mettre en avant ce qu’Enkidu n’avait jusque-là qu’entraperçu dans des contextes qui exigeaient beaucoup moins de chichi. Il y avait l’espèce de minuscule sous vêtement et le tatouage bien sûr, mais aussi la texture moelleuse du sein qui était soulignée par le soutien-gorge push up modelé dans le métal de son armure.
Le jeune Psyker vivant dans un régime fasciste, ce n’était pas la première fois qu’il voyait la sexualité mise en scène de façon étrange, mais c’était la première fois que l’imagerie de la Walkyrie pénétrait sa psyché avec tant de pertinence. Il était là, au milieu de l’odeur de sang et de poudre, son lasgun encore chaud, du vomi dans le nez, et découvrait l’existence des strings.
Enkidu fut presque surpris quand sa collègue Psyker pris la parole. De façon totalement inattendue et surprenante, son attention avait été attirée par quelque chose de plus intéressant qu’une fille au casque bizarre et à la robe couvrante. Il s’insulta intérieurement. Le cliché du garçon qui ne regarde pas les filles moches ! Lui ! Le jeune homme était discret sur son passé antérieur au Vaisseau Noir – et c’était d’autant plus aisé quand personne n’était curieux -, mais sa vie ne l’avait pas préparé du tout à certains types d’événements.
Il récupéra néanmoins assez de capacité cognitive pour comprendre de quoi on parlait. Diznin – c’était le nom de sa collègue – était une lectrice d’augures. Une devineresse. Dommage ! Il aurait préféré un biomancien comme lui, et pas un con de médium. Il remarqua avec horreur qu’elle semblait proche de son âge. L’Empereur soit loué, elle ne risquait pas de reconnaître Enkidu – il avait beaucoup changé depuis Sainte-Terra – car celui-ci avait l’habitude de casser la gueule des devins. Comme tout le monde. Souvent faibles, rêveurs, les yeux larmoyants et le nez qui coule, ils étaient des victimes faciles pour piquer de la nourriture ou des cigarettes. Ses professeurs lui avaient appris les prières, la spiritualité de combat et la vie des Saints, mais c’était les devins qui avaient donné à Enkidu des leçons précieuses sur l’art de frapper quelqu’un jusqu’à ce qu’il abandonne ou comment tendre une embuscade dans un endroit très surveillé. Dans ses bons jours, il pouvait ratisser deux dortoirs de l’école de Divination de la moindre de ses cachettes avant que l’un d’eux ait eu le temps d’appeler une Soeur du Silence.
Celle-ci avait le profil d’une victime facile. Son casque était un implant, cela se voyait, et Enkidu savait qu’il aidait la jeune femme à maîtriser ces pouvoirs, voire à simplement continuer de vivre sans se faire exploser toute seule. Pour quelle autre raison une Psyker aurait-elle un implant aussi coûteux ? Le jeune homme était très fier de ne pas avoir besoin d’un tel artifice … et secrètement soulagé aussi (ce qui était mal). Il se souvenait des corps sanguinolents de ceux qui se remettaient de la chirurgie, des hurlements de douleur, des plaintes, des supplications. Il avait redouté pendant des jours qu’on le prenne, lui aussi, mais mis à part les implants minimaux et quelques puces, on ne lui avait rien fait.
Et la pauvre Diznin avait subit l’assaut de démon ! Il les avait sentis près de lui. Pas étonnant qu’elle soit par terre. Enkidu découvrit à cet instant que les circonstances étaient bien différentes de Sainte-Terra et qu’il avait envie d’aider cette collègue, mais c’était son tour de parler.
Il dut – comme durant tout le reste de l’enquête – se dépatouiller pour remettre les éléments en place :
« Enkidu, Psyker sanctionnite biomancien. Ce ne sont pas des policiers monsieur, ce sont des hérétiques. Ils ont tué presque tous les prévôts pour prendre leur place. »
Le jeune homme grimaça involontairement en disant le mot « hérétique ». Son instinct lui hurlait de ne pas avoir l’air d’en savoir trop, un sport à très haut risque au sein de l’Imperium. Il faisait de gros efforts pour rester maître de lui-même, mais sa terreur à laisser une mauvaise impression au Chef était visible. Il n’hésita pas une seconde sur l’angle de son récit, il allait laisser entendre que ses collègues avaient participé à parts égales à l’affaire tant qu’on ne lui demanderait pas de préciser. Il ne voulait pas se rendre trop intéressant.
« Celle qui dirige les ennemis, qui a pour pseudonyme la Chirurgienne, se cache à l’Aumonerie Tantalus. C’est là que… que la victime a été vue vivante pour la dernière fois. Et euh… oh ! »
Enkidu – avec les précautions réglementaires - laissa son lasgun pendre sur sa sangle afin de mettre son sac à dos devant lui. Il fouilla deux poches avec les mains tremblantes avant de mettre la main sur ce qu’il cherchait. Une plaque en plastique de nature visiblement technologique. Il la tendit au Clarificateur :
« C’est une clef bricolée pour une entrée à l’arrière. Les… les ennemis avaient un accord avec des criminels locaux, mais c’est tout ce que nous avons obtenu d’eux avant de les neutraliser. Nous savons qu’ils sont lourdement armés à l’intérieur. Différemment. Il y a ces… choses... »
Enkidu était coincé. Il avait jusque-là évité brillamment les sujets qui fâchent, mais là il serait difficile de continuer à faire une description sans mentionner les Logiciens. Des hérétiques. Strasser avait donné l’impression d’en connaître plus que lui sur le sujet, mais il détesterait l’idée de faire une bourde. Révéler les secrets de l’Inquisition. Les secrets de quoi que ce soit. Sand commença à s’agacer de voir un Enkidu paralysé par la timidité et le poussa à s’expliquer.
« Ce sont des héréteks, une vingtaine ! Ils ont des alliés haut placés sur la planète, et d’après ce que je sais – pas tant que ça, monsieur – leur objectif est actuellement de cacher les preuves et de s’enfuir, d’où une certaine… hâte. Ils fabriquent des Servitors maléfiques qui parlent et qui crient à l’aide. Ils sont très résistants. Le Seigneur DRH nous a dit qu’ils sont encore sensibles aux grenades flash, comme ils sont humains… »
Le jeune homme, malgré sa terreur actuelle, n’avait pas oublié son désir de contrecarrer Hégémonie Skaelen-Har. Il laissait entendre que la technologie était maléfique et hérétique… mais, à sa propre horreur, il était trop cynique pour croire que ça serait si simple. Il gardait dans un coin discret de son cœur la volonté de tirer « accidentellement » dans la machine qui contiendrait le secret pour faire des Servitors qui peuvent souffrir.
Natus est cacare et abstergere coactus est.
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Stats :
Voie du sorcier de Nurgle (Profil avec empreintes occultes et mutations)
For 9 | End 14 | Hab 10 | Cha 6 | Int 15 | Ini 10 | Att 10 | Par 9 | Tir 9 | Foi 8 | Mag 18 | NA 3 | PV 140/140
Mutations/marques :
Grimoire :
Compétences :
Équipement de combat :
Équipement divers :
Divers divers :
Stats :
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- [MJ] La Fée Enchanteresse
- Warfo Award 2021 du meilleur MJ - Élaboration

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Re: [Dark Heresy] Le tranchant des ténèbres - Partie II
Hormis pour des grimaces et des grognements, Omardha Sand écouta le rapport d’Enkidu attentivement — du moins, aussi attentivement qu’un homme sortant d’une fusillade et d’un accident de voiture le pouvait. Il semblait avoir la tête qui tourne, puisqu’à un moment il se frotta la tempe avec le canon d’un de ses pistolets (Ce qui n’était vraiment pas très malin et respectueux des saintes-règles du contrôle des armes à feu…). Il soupira visiblement de douleur, et résuma grossièrement les paroles de son subalterne.
« Héréteks… Servitors maléfiques… Ma foi. De sacrés mots utilisés, à se demander le risque de les employer avec une telle libéralité. »
Séphone devint toute rouge. Elle fit un pas en avant pour pointer du doigt le Clarificateur :
« Le sorcier n’a pas d’autres mots à employer que ceux-ci. Tout ce qu’il vient de dire est la vérité, je m’en porte témoin.
Vous vouliez un rapport précis ou qu’il soit convenable à rédiger ? »
Sand eu un sourire canaille. Il hocha de la tête.
« Je plaisantais, sœur Séphone.
Le travail au sein de l’Inquisition nous force à découvrir les secrets que camoufle l’Imperium. Nous sommes tous entre personnes ayant eut la Révélation ici. Nous pouvons employer ces termes.
Je vous remercie de votre rapport, Enkidu. Je n’aurais pas fait plus clair. Et on dirait que pour une première mission, vous avez été occupés.
Dommage que ce ne soit pas encore terminé, si j’en crois vos propres paroles. »
John Doe était en train de trifouiller avec le morceau d’implant couvert d’une oreille interne arrachée. Soigneusement, les genoux par terre, il trifouillait avec des câbles pour les attaquer à un porte-vox. Ce faisant, le sire-DRH, Strasser, s’avança et se fit entendre.
« S’ils sont lourdement armés, nous pouvons immédiatement battre en retraite dans le tunnel et me demander d’appeler mes forces — l’Hégémonie Skaelen-Har a des troupes d’assaut qui pourraient régler la situation à l’Aumônerie en un éclair.
– Oh ? Excellente idée. Allez donc nous chercher du renfort, sire Strasser ; Nous allons attaquer l’Aumônerie en attendant. »
Si le but du message d’Enkidu était, méfiez-vous de l’Hégémonie, c’était bel et bien passé, et Sand n’avait pas eu besoin d’être télépathe. Avec un impeccable sourire, Strasser insista :
« Comme l’a signifié votre… Employé, l’ennemi que nous affrontons est puissamment armé et retranché. J’ignore si vous avez des forces plus importantes, mais nous possédons un équipement approprié.
– Et l’Organisation-que-l’on-ne-doit-pas-nommer vous remercie de votre loyauté et votre proposition.
– …L’idée selon laquelle des héréteks se trouvent derrière tout ça ne repose que sur un simple témoignage d’un gangster, vous savez.
– Bien sûr. J’ai identifié un implant qui a été laissé derrière une des victimes de Lutèce — c’est un artefact du Moyen-Âge Technologique. Je ne suis pas docte comme un technoprêtre mais j’ai ma petite culture personnelle.
Si vous êtes en mission pour nettoyer ce quartier, j’accepterai votre aide mercenaire. Mais ce sera à ma maîtresse, Astrid Skane, de juger toutes les personnes à l’intérieur de l’Aumônerie. Et surtout, tout ce qu’elles possèdent. Vous n’aurez aucun droit dessus. »
Strasser eut un sourire goguenard. Mais la menace des sbires à Sand l’incita à ne pas continuer.
Alors, le micro de John Doe attaché à un morceau d’oreille s’illumina. Et on entendait des conversations hachées, robotiques, grésillantes, qui ressemblaient à la langue étrange des servitors trouvés dans la décharge…
…Doe mit quelque chose dans sa bouche : une sorte d’épingle. Il utilisa alors un petit boîtier à molette pour faire… Quelque chose. Des centaines de chiffres commencèrent à s’afficher à toute vitesse sur un minuscule écran, des nombres d’un vert scintillant apparaissant et se modifiant à toute vitesse. Et au bout de longues minutes de tuning, il posa l’épingle sur sa bouche pour faire on-ne-sait-quoi au milieu des fils de l’oreille interne soigneusement dépiautée… Un mélange d’horreur gore et de capharnaüm de câblages, qui faisait apparaître le Skitarius pour un chamane électrique.
Et là, les conversations robotiques se mirent à être traduites :
« ZzzzzZZZZttttt… Les chi--- WWWWOOOOOO- -sont là. Mobilisez équipes d’assaut Tarentule et Desdak pour évacuer… Déploiement, go, go, go ! »
Et une voix de femme, métallique, se fit entendre :
« Mes échantillons ont encore besoin d’être préparés au transport. Je nécessite encore vingt à trente minutes avant d’évacuer. »
John Doe se leva, s’inclina dans une courbette respectueuse, et tendit la radio. Sand s’approcha, en agitant toujours la multiclé cryptée d’Enkidu, et ramassa le porte-vox. Alors, il appuya sur la radio, et énonça clairement, à l’intention des mécréants :
« Votre fenêtre de fuite est déjà fermée, Chirurgienne. Je crains que l’équipe que vous ayez envoyé pour vous défendre a subi un… Retrait prématuré.
Au nom du Trône d’Or et de la Loi, je vous informe que si vous vous rendez immédiatement et cessez vos agressions, une telle action sera retenue lors de l’énoncé de votre Sentence. »
Silence. Grésillement de métal. Les héréteks sont abasourdis.
Mais la Chirurgienne, puisque visiblement c’est elle, se fait à nouveau entendre avec sa voix féminine et vocodée…
« Les honneurs seront rendus à mes hommes décédés. Mais je crains que quoi que vous ameniez contre moi, j’ai encore suffisamment de ressources pour fuir.
– Êtes-vous prête à le parier ? Nous n’avons pas seulement votre nom — nous avons votre localisation, votre nombre, vos plans, l’identité de votre secte… La Purge vient de commencer. Vous savez qui nous sommes. Personne ne nous échappe jamais. L’Histoire de l’Imperium est riche de personnes s’étant opposé à la volonté divine, simplement pour être bannis dans la souffrance éternelle.
– Dites-le à voix haute, alors.
– Je suis le clarificateur Omardha Sand, serviteur de l’Inquisition, Ordo Hereticus. Chirurgienne, vous êtes inculpée pour meurtre, enlèvement, techno-hérésie, sédition, et divers autres crimes qui relèvent de notre for. Nous sommes arrivés en formant une équipe d’assaut pour prononcer votre jugement, à vous et vos complices.
Ceci était votre seul avertissement.
– …Att… Juste un instant, mon petit monsieur… Juste un instant…
J’ai un échantillon portant le nom de… « Astrid Skane », ici présent… Cela vous dit quelque chose ? Je pense qu’elle serait très intéressée par ça…
On peut toujours faire un deal, monsieur Sand. Vous me laissez m’enfuir, je vous laisse ce qui peut être très intéressant pour votre maîtresse. Ce serait bête que ses chiens de garde la mettent en danger. »
Sand ferma ses yeux. Il frotta ses paupières. Et il énonça, simplement :
« Gardez-le pour nous, mademoiselle, nous venons le chercher.
– Soit. Je vous attends alors, allons-y. »
Sand arracha les fils de l’oreille interne du porte-vox, et jeta le tout par terre pour le piétiner avec sa godasse. Il fit tomber au sol les magasins de ses deux pistolets afin de recharger son armement. Et, regarda un à un les visages de l’équipe, il s’arrêta sur celui d’Enkidu.
« J’ignore si vous avez pu évaluer plus précisément ses forces, mais vous m’en avez déjà beaucoup dit et avez beaucoup servi…
Néanmoins, le service n’est pas encore achevé. Nous devons attaquer l’Aumônerie de force.
Ce plan est-il convenable, ou pensez-vous qu’il est préférable de… Prendre une autre voie ? »
Le chef demandait à son subalterne quoi faire. On marchait sur la tête.
« Héréteks… Servitors maléfiques… Ma foi. De sacrés mots utilisés, à se demander le risque de les employer avec une telle libéralité. »
Séphone devint toute rouge. Elle fit un pas en avant pour pointer du doigt le Clarificateur :
« Le sorcier n’a pas d’autres mots à employer que ceux-ci. Tout ce qu’il vient de dire est la vérité, je m’en porte témoin.
Vous vouliez un rapport précis ou qu’il soit convenable à rédiger ? »
Sand eu un sourire canaille. Il hocha de la tête.
« Je plaisantais, sœur Séphone.
Le travail au sein de l’Inquisition nous force à découvrir les secrets que camoufle l’Imperium. Nous sommes tous entre personnes ayant eut la Révélation ici. Nous pouvons employer ces termes.
Je vous remercie de votre rapport, Enkidu. Je n’aurais pas fait plus clair. Et on dirait que pour une première mission, vous avez été occupés.
Dommage que ce ne soit pas encore terminé, si j’en crois vos propres paroles. »
John Doe était en train de trifouiller avec le morceau d’implant couvert d’une oreille interne arrachée. Soigneusement, les genoux par terre, il trifouillait avec des câbles pour les attaquer à un porte-vox. Ce faisant, le sire-DRH, Strasser, s’avança et se fit entendre.
« S’ils sont lourdement armés, nous pouvons immédiatement battre en retraite dans le tunnel et me demander d’appeler mes forces — l’Hégémonie Skaelen-Har a des troupes d’assaut qui pourraient régler la situation à l’Aumônerie en un éclair.
– Oh ? Excellente idée. Allez donc nous chercher du renfort, sire Strasser ; Nous allons attaquer l’Aumônerie en attendant. »
Si le but du message d’Enkidu était, méfiez-vous de l’Hégémonie, c’était bel et bien passé, et Sand n’avait pas eu besoin d’être télépathe. Avec un impeccable sourire, Strasser insista :
« Comme l’a signifié votre… Employé, l’ennemi que nous affrontons est puissamment armé et retranché. J’ignore si vous avez des forces plus importantes, mais nous possédons un équipement approprié.
– Et l’Organisation-que-l’on-ne-doit-pas-nommer vous remercie de votre loyauté et votre proposition.
– …L’idée selon laquelle des héréteks se trouvent derrière tout ça ne repose que sur un simple témoignage d’un gangster, vous savez.
– Bien sûr. J’ai identifié un implant qui a été laissé derrière une des victimes de Lutèce — c’est un artefact du Moyen-Âge Technologique. Je ne suis pas docte comme un technoprêtre mais j’ai ma petite culture personnelle.
Si vous êtes en mission pour nettoyer ce quartier, j’accepterai votre aide mercenaire. Mais ce sera à ma maîtresse, Astrid Skane, de juger toutes les personnes à l’intérieur de l’Aumônerie. Et surtout, tout ce qu’elles possèdent. Vous n’aurez aucun droit dessus. »
Strasser eut un sourire goguenard. Mais la menace des sbires à Sand l’incita à ne pas continuer.
Alors, le micro de John Doe attaché à un morceau d’oreille s’illumina. Et on entendait des conversations hachées, robotiques, grésillantes, qui ressemblaient à la langue étrange des servitors trouvés dans la décharge…
…Doe mit quelque chose dans sa bouche : une sorte d’épingle. Il utilisa alors un petit boîtier à molette pour faire… Quelque chose. Des centaines de chiffres commencèrent à s’afficher à toute vitesse sur un minuscule écran, des nombres d’un vert scintillant apparaissant et se modifiant à toute vitesse. Et au bout de longues minutes de tuning, il posa l’épingle sur sa bouche pour faire on-ne-sait-quoi au milieu des fils de l’oreille interne soigneusement dépiautée… Un mélange d’horreur gore et de capharnaüm de câblages, qui faisait apparaître le Skitarius pour un chamane électrique.
Et là, les conversations robotiques se mirent à être traduites :
« ZzzzzZZZZttttt… Les chi--- WWWWOOOOOO- -sont là. Mobilisez équipes d’assaut Tarentule et Desdak pour évacuer… Déploiement, go, go, go ! »
Et une voix de femme, métallique, se fit entendre :
« Mes échantillons ont encore besoin d’être préparés au transport. Je nécessite encore vingt à trente minutes avant d’évacuer. »
John Doe se leva, s’inclina dans une courbette respectueuse, et tendit la radio. Sand s’approcha, en agitant toujours la multiclé cryptée d’Enkidu, et ramassa le porte-vox. Alors, il appuya sur la radio, et énonça clairement, à l’intention des mécréants :
« Votre fenêtre de fuite est déjà fermée, Chirurgienne. Je crains que l’équipe que vous ayez envoyé pour vous défendre a subi un… Retrait prématuré.
Au nom du Trône d’Or et de la Loi, je vous informe que si vous vous rendez immédiatement et cessez vos agressions, une telle action sera retenue lors de l’énoncé de votre Sentence. »
Silence. Grésillement de métal. Les héréteks sont abasourdis.
Mais la Chirurgienne, puisque visiblement c’est elle, se fait à nouveau entendre avec sa voix féminine et vocodée…
« Les honneurs seront rendus à mes hommes décédés. Mais je crains que quoi que vous ameniez contre moi, j’ai encore suffisamment de ressources pour fuir.
– Êtes-vous prête à le parier ? Nous n’avons pas seulement votre nom — nous avons votre localisation, votre nombre, vos plans, l’identité de votre secte… La Purge vient de commencer. Vous savez qui nous sommes. Personne ne nous échappe jamais. L’Histoire de l’Imperium est riche de personnes s’étant opposé à la volonté divine, simplement pour être bannis dans la souffrance éternelle.
– Dites-le à voix haute, alors.
– Je suis le clarificateur Omardha Sand, serviteur de l’Inquisition, Ordo Hereticus. Chirurgienne, vous êtes inculpée pour meurtre, enlèvement, techno-hérésie, sédition, et divers autres crimes qui relèvent de notre for. Nous sommes arrivés en formant une équipe d’assaut pour prononcer votre jugement, à vous et vos complices.
Ceci était votre seul avertissement.
– …Att… Juste un instant, mon petit monsieur… Juste un instant…
J’ai un échantillon portant le nom de… « Astrid Skane », ici présent… Cela vous dit quelque chose ? Je pense qu’elle serait très intéressée par ça…
On peut toujours faire un deal, monsieur Sand. Vous me laissez m’enfuir, je vous laisse ce qui peut être très intéressant pour votre maîtresse. Ce serait bête que ses chiens de garde la mettent en danger. »
Sand ferma ses yeux. Il frotta ses paupières. Et il énonça, simplement :
« Gardez-le pour nous, mademoiselle, nous venons le chercher.
– Soit. Je vous attends alors, allons-y. »
Sand arracha les fils de l’oreille interne du porte-vox, et jeta le tout par terre pour le piétiner avec sa godasse. Il fit tomber au sol les magasins de ses deux pistolets afin de recharger son armement. Et, regarda un à un les visages de l’équipe, il s’arrêta sur celui d’Enkidu.
« J’ignore si vous avez pu évaluer plus précisément ses forces, mais vous m’en avez déjà beaucoup dit et avez beaucoup servi…
Néanmoins, le service n’est pas encore achevé. Nous devons attaquer l’Aumônerie de force.
Ce plan est-il convenable, ou pensez-vous qu’il est préférable de… Prendre une autre voie ? »
Le chef demandait à son subalterne quoi faire. On marchait sur la tête.
- Reinhard Faul
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Re: [Dark Heresy] Le tranchant des ténèbres - Partie II
Enkidu avait failli tourner de l’œil lorsque Sand fit une plaisanterie impliquant qu’il aurait parlé trop libéralement de l’hérésie. Les combats, l’explosion de Mora, la fatigue, avaient déjà fragilisé ses nerfs, et maintenant des mouches apparaissaient devant ses yeux tandis que sa posture devenait un brin plus chancelante. Il n’était pas con, il avait rapidement saisi qu’il s’agissait de l’humour tordu d’un supérieur (qui n’avait par conséquent aucun besoin d’être drôle), mais les implications étaient trop terrifiantes pour y réfléchir au calme.
Surprenamment, Séphone prit sa défense. Sand répondit en expliquant l’évidence : au sein de l’Inquisition, on était bien obligé de parler de temps à autre. Le strict minimum, au moins. Enkidu se remit à respirer. On ne le mettrait pas à mort. Ou pas tout de suite. Enfin pas plus que d’habitude, quoi. Tant qu’il serait utile.
C’était Strasser qui devait avoir du souci à se faire, niveau utilité. Enkidu jeta un regard méfiant au bonhomme pendant qu’il discutait avec Sand. Il portait une fortune en implant, l’Hégémonie devait beaucoup attendre de lui… et on était en train de le mettre dos au mur. Il était évident qu’il convoitait la technologie des hérétiques, le Clarificateur lui lançait cette accusation à peine voilée et le gars ne se fatiguait pas à nier. Est-ce qu’un Seigneur DRH éprouvait la peur face à l’Inquisition ? Le psyker décida de garder le bonhomme à l’œil.
John Doe pendant ce temps se mit à… à faire quelque chose. Honnêtement c’était aussi bien d’avoir l’oeil sur Strasser, parce que cette scène-là semblait… intime. Sacrée, sans doute. Enkidu fit un discret signe religieux quand le Skitarii s’enfonça une épingle dans la bouche pour brancher quelque chose (il faut comprendre l’effroi spirituel qu’on peut ressentir en voyant un type lécher des restes de cadavre cyborg). Après avoir bidouillé de la bidouille, il tendit une radio à Sand.
Et là, le psyker n’en crut pas ses oreilles : les hérétiques parlaient ! Comme des gens ! Et le Clarificateur leur répondait ! Enkidu, en moins de quelques minutes, entendit plus de choses interdites et offensantes qu’au cours de toute sa vie. Il s’en sentait souillé. La femme défiait l’Inquisition ! Elle menaçait l’Inquisitrice ! Elle balayait d’un revers de la main le mot Purge écrit avec un P majuscule ! Sand écrasa la radio au sol avec dégoût.
Puis il demanda son opinion sur l’assaut à venir… à Enkidu lui-même. Le jeune homme arrêta de tenir les rues environnantes en joue, totalement éberlué. Il serrait maintenant son lasgun sur sa poitrine avec des doigts crispés, comme un enfant terrifié tiendrait un doudou. Combattre des criminels, enquêter, c’était une chose, mais des hérétiques ? Néanmoins Enkidu n’aurait jamais l’insolence de désobéir, il entreprit donc de donner son avis :
« Nous n’avons que vingt minutes pour agir… il reste un policier qui ne soit pas hérétique, mais je ne sais pas où il se trouve. Un dénommé Sikes avait de l’équipement, dont une tourelle, mais je pense qu’il est décédé – peut-être en emportant quelques servitors avec lui. Je l’ai fait exploser sans faire exprès. »
Enkidu baissa le nez. Il était difficile d’avoir l’air penaud en étant un soldat en armure avec un fusil, mais il y parvenait très bien. Avoir perdu le contrôle du Warp lui pesait sur la conscience, et même si Sand ne savait pas ce que ça voulait dire ou ce que ça impliquait, le Psyker se sentait obligé de confesser son crime.
« Nous pourrions difficilement nous faire passer pour des criminels cherchant de l’Obscura ou des locaux ayant tout perdu dans l’incendie il y a deux ans, donc j’imagine que s’infiltrer est exclu. Je ne vois que nos propres forces si nous voulons intervenir rapidement monsieur. Pour l’Inquisitrice. »
Le jeune homme n’envisageait pas une seconde de laisser fuir la Chirurgienne bien sûr. Elle menaçait l’Inquisitrice. Enkidu n’avait vu cette dernière que deux fois de loin, la servait depuis trois semaines, mais il voulait très fort la sauver, quitte à mourir dans un assaut impossible. C’est l’information la plus importante qu’il avait retenu de la conversation radio : l’hérétique avait fait quelque chose à Astrid Skane, ou allait faire quelque chose. C’était elle qui était derrière la prise d’otage à bord du Ravel, c’était évident, mais Sand le savait-il ?
Surprenamment, Séphone prit sa défense. Sand répondit en expliquant l’évidence : au sein de l’Inquisition, on était bien obligé de parler de temps à autre. Le strict minimum, au moins. Enkidu se remit à respirer. On ne le mettrait pas à mort. Ou pas tout de suite. Enfin pas plus que d’habitude, quoi. Tant qu’il serait utile.
C’était Strasser qui devait avoir du souci à se faire, niveau utilité. Enkidu jeta un regard méfiant au bonhomme pendant qu’il discutait avec Sand. Il portait une fortune en implant, l’Hégémonie devait beaucoup attendre de lui… et on était en train de le mettre dos au mur. Il était évident qu’il convoitait la technologie des hérétiques, le Clarificateur lui lançait cette accusation à peine voilée et le gars ne se fatiguait pas à nier. Est-ce qu’un Seigneur DRH éprouvait la peur face à l’Inquisition ? Le psyker décida de garder le bonhomme à l’œil.
John Doe pendant ce temps se mit à… à faire quelque chose. Honnêtement c’était aussi bien d’avoir l’oeil sur Strasser, parce que cette scène-là semblait… intime. Sacrée, sans doute. Enkidu fit un discret signe religieux quand le Skitarii s’enfonça une épingle dans la bouche pour brancher quelque chose (il faut comprendre l’effroi spirituel qu’on peut ressentir en voyant un type lécher des restes de cadavre cyborg). Après avoir bidouillé de la bidouille, il tendit une radio à Sand.
Et là, le psyker n’en crut pas ses oreilles : les hérétiques parlaient ! Comme des gens ! Et le Clarificateur leur répondait ! Enkidu, en moins de quelques minutes, entendit plus de choses interdites et offensantes qu’au cours de toute sa vie. Il s’en sentait souillé. La femme défiait l’Inquisition ! Elle menaçait l’Inquisitrice ! Elle balayait d’un revers de la main le mot Purge écrit avec un P majuscule ! Sand écrasa la radio au sol avec dégoût.
Puis il demanda son opinion sur l’assaut à venir… à Enkidu lui-même. Le jeune homme arrêta de tenir les rues environnantes en joue, totalement éberlué. Il serrait maintenant son lasgun sur sa poitrine avec des doigts crispés, comme un enfant terrifié tiendrait un doudou. Combattre des criminels, enquêter, c’était une chose, mais des hérétiques ? Néanmoins Enkidu n’aurait jamais l’insolence de désobéir, il entreprit donc de donner son avis :
« Nous n’avons que vingt minutes pour agir… il reste un policier qui ne soit pas hérétique, mais je ne sais pas où il se trouve. Un dénommé Sikes avait de l’équipement, dont une tourelle, mais je pense qu’il est décédé – peut-être en emportant quelques servitors avec lui. Je l’ai fait exploser sans faire exprès. »
Enkidu baissa le nez. Il était difficile d’avoir l’air penaud en étant un soldat en armure avec un fusil, mais il y parvenait très bien. Avoir perdu le contrôle du Warp lui pesait sur la conscience, et même si Sand ne savait pas ce que ça voulait dire ou ce que ça impliquait, le Psyker se sentait obligé de confesser son crime.
« Nous pourrions difficilement nous faire passer pour des criminels cherchant de l’Obscura ou des locaux ayant tout perdu dans l’incendie il y a deux ans, donc j’imagine que s’infiltrer est exclu. Je ne vois que nos propres forces si nous voulons intervenir rapidement monsieur. Pour l’Inquisitrice. »
Le jeune homme n’envisageait pas une seconde de laisser fuir la Chirurgienne bien sûr. Elle menaçait l’Inquisitrice. Enkidu n’avait vu cette dernière que deux fois de loin, la servait depuis trois semaines, mais il voulait très fort la sauver, quitte à mourir dans un assaut impossible. C’est l’information la plus importante qu’il avait retenu de la conversation radio : l’hérétique avait fait quelque chose à Astrid Skane, ou allait faire quelque chose. C’était elle qui était derrière la prise d’otage à bord du Ravel, c’était évident, mais Sand le savait-il ?
Natus est cacare et abstergere coactus est.
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For 9 | End 14 | Hab 10 | Cha 6 | Int 15 | Ini 10 | Att 10 | Par 9 | Tir 9 | Foi 8 | Mag 18 | NA 3 | PV 140/140
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Re: [Dark Heresy] Le tranchant des ténèbres - Partie II
Sand eut un sourire figé et grimace à la réponse d’Enkidu.
« Au moins ça a le mérite d’être clair. »
Il tira sur la culasse de son pistolet, pour vérifier qu’une balle fut bien enclenchée. Puis, avec une voix soudain ferme, avec un air « militaire », il lança :
« John Doe, Séphone, ouvrez la colonne. Nous allons purger. »
Il était bon que les corps constituants de l’Impérium aient tous d’horribles formations paramilitaires. Presque organiquement après qu’on eut prononcé le mot « Purge », chacun des hommes et femmes de la bande à Sand se mirent en rang, séparés de trois pas, pour former une formidable colonne d’assaut hétéroclites, avec leurs haillons, leurs vêtements étranges, leurs implants et leurs armes disparates… Mais tous unis comme un seul solide poing uniforme. Sand fit un geste de la main à Enkidu de s’approcher :
« Quel chemin vers notre objectif ? »
Suivant les indications du ferrailleur à la mâchoire arrachée, ils purent alors aller vers le sud. Le skitarius pianota sur une plaque de donnée minituarisée attachée à son poignet, et alors, son servo-crâne dans le ciel vola au-dessus des bâtiments, certainement pour les guider et s’assurer qu’il n’y avait pas une bande armée attendant en embuscade sur le chemin…
Prières silencieuses aux lèvres, œil derrière la mire de leurs armements, les acolytes marchaient avec ce pas étrange de soldats en intervention, moins rapide qu’un trot, par des petits pas vifs, en portant le regard loin dans un angle particulier, en comptant sur le fait que les copains couvraient ce qu’ils ne pouvaient pas voir. Sur leur chemin, des sans-abris fuyaient, des habitants de Lutèce se terraient dans leurs maisons. Séphone, lasfusil à l’épaule, avertissait maintenant sans retenue dès qu’elle en voyait un : « Inquisition ! Écartez-vous ! » — le mot suffisait à terroriser les passants, et s’assurait probablement qu’aucun charognard ne s’en prenne au pauvre Mora semi-conscient et endormi par la morphine, abandonné avec ses implants sur la chaussée…
C’est après une longue marche rapide que, petit à petit, l’avenue s’ouvrait, et qu’on découvrait au loin le grand bâtiment de l’Aumônerie. Impossible de se tromper : plusieurs voitures de polices étaient garées devant, dont une absolument criblée de balles et d’impacts de laser. Les hommes du tunnel avaient fui ici. La colonne d’assaut s’arrêta à l’angle d’un résibloc, sous les regards médusés des badauds qui s’enfuyaient en courant. Se penchant de côté, le Skitarius sortit des jumelles qui se déployèrent automatiquement, et observa.
Séphone regarda aussi au-dessus de lui. La Sœur de bataille grimaça, et se retourna :
« Hors de question de passer devant.
– Pourquoi ? Opposition ? Demanda Sand.
– Non. Civils. L’aumônerie est toujours en service, probablement pour nourrir les pauvres et les clochards… Et je soupçonne qu’ils doivent être maintenant pris en otage… »
Strasser, qui n’avait pas quitté le groupe, même s’il faisait maintenant sacrément la grimace, railla :
« Si on a pas de temps à perdre, je ne vois pas en quoi c’est un problème… L’Empereur reconnaîtra les Siens, non ?
– On peut tester, et voir s’il vous reconnaîtra vous, grogna la Sororita en mettant le doigt sur la détente de son fusil.
– On va rien faire de tout ça, coupa le clarificateur. Enkidu a dit qu’il y a une entrée par l’arrière. C’est là où on va.
John Doe. »
Le Skitarius décolla de son pan de mur. Il observa sur l’écran à son poignet ce que regardaient les yeux de son servo-crâne qui vrombissait haut dans le ciel, avec l’ombre d’un obscur oiseau. Avec quelques signes de main, le serviteur de Mars fit signe au groupe de déguerpir dans l’autre sens.
La colonne ignora le résibloc, passa net à travers un jardin communal, où il y avait une balançoire sans enfants et un potager qui était encore utilisé. Une clôture fut escaladée deux à deux ; la sœur de bataille tapa fort sur l’épaule d’Enkidu :
« Je vais t’aider avec ta patte, mutant. On voudrait pas que tu galères… »
Alors que le magicien eut le temps, peut-être, d’être surpris par une telle gentillesse de la part de la Sororita, le psyker comprit trop tard que ce n’était peut-être pas que par amitié naissante…
…Elle le saisit par le col, et, l’air de rien, l’attira contre elle. Afin de lui chuchoter quelque chose à voix basse discrètement :
« Je sais ce que tu as dis à Mora.
Je n’ai aucune confiance dans Strasser.
Je n’ai pas de connaissances technologiques, mais je pense que une grenade ou deux sont dangereuses contre l’Esprit de la Machine. Si c’est toujours ton plan… »
Se collant contre le mur, elle se semi-agenouilla et aida Enkidu à l’utiliser comme marche-pied pour passer au-dessus de la clôture. Se retournant, le psyker offrit son aide — elle n’en eut pas besoin. Séphone prit juste de l’élan, et, toute seule, bondit en l’air pour se hisser derrière. Livia, le Skitarius, et Wullis n’eurent pas plus de résistance. C’était plus difficile pour la deuxième sorcière, qui, tout timidement, regardait tout le monde passer. C’est envers Enkidu qu’elle trouva le plus de confiance, puisqu’elle s’approcha d’elle en tendant sa main gantée :
« Mon semblable, porteriez-vous assistance à ma personne ? »
Elle avait une jolie voix de femme noble. Probablement qu’elle avait le genre d’éducation qui faisait que donner sa main à quelqu’un n’était pas anodin…
En tout cas, le groupe se retrouvait vers l’entrée de service de l’aumônerie. Il y avait là un grand grillage qui entourait une cour, avec des petites portes et une grande double-porte qui devait, dans un autre temps, servir à l’arrivée de cargaisons. Un gros SUV était garé devant. Le Skitarius s’approcha du grillage, et sortit d’une de ses poches une étrange bombe d’aérosol. Il l’agita dans un bruit métallique, et appuya sur la gâchette : alors, une sorte de liquide glacé s’éparpilla. Avec, il dessina un grand cercle dans la clôture, qui gela net. Rangeant l’aérosol, il posa ses mains sur le grillage, et tira à toute vitesse, jusqu’à l’arracher net… Le groupe avait un moyen de passer.
Livia et Wullis s’approchèrent naturellement du SUV. Sortant tous les deux un couteau, ils crevèrent les pneus du véhicule. Puis, tout le monde se rassembla devant les deux grandes doubles-portes. Il y avait un picto-enregistreur au-dessus : Sand sortit de sa poche un suppresseur de bruit qu’il attacha au canon d’un de ses deux pistolets. Une balle suffit à casser la machine.
« Ils savent qu’on est là, maintenant. »
Tout le groupe se colla en position devant les doubles-portes. Sand approcha la clé numérique de son verrou électronique.
Et maintenant, ils s’apprêtaient à affronter l’inconnu.
« Au moins ça a le mérite d’être clair. »
Il tira sur la culasse de son pistolet, pour vérifier qu’une balle fut bien enclenchée. Puis, avec une voix soudain ferme, avec un air « militaire », il lança :
« John Doe, Séphone, ouvrez la colonne. Nous allons purger. »
Il était bon que les corps constituants de l’Impérium aient tous d’horribles formations paramilitaires. Presque organiquement après qu’on eut prononcé le mot « Purge », chacun des hommes et femmes de la bande à Sand se mirent en rang, séparés de trois pas, pour former une formidable colonne d’assaut hétéroclites, avec leurs haillons, leurs vêtements étranges, leurs implants et leurs armes disparates… Mais tous unis comme un seul solide poing uniforme. Sand fit un geste de la main à Enkidu de s’approcher :
« Quel chemin vers notre objectif ? »
Suivant les indications du ferrailleur à la mâchoire arrachée, ils purent alors aller vers le sud. Le skitarius pianota sur une plaque de donnée minituarisée attachée à son poignet, et alors, son servo-crâne dans le ciel vola au-dessus des bâtiments, certainement pour les guider et s’assurer qu’il n’y avait pas une bande armée attendant en embuscade sur le chemin…
Prières silencieuses aux lèvres, œil derrière la mire de leurs armements, les acolytes marchaient avec ce pas étrange de soldats en intervention, moins rapide qu’un trot, par des petits pas vifs, en portant le regard loin dans un angle particulier, en comptant sur le fait que les copains couvraient ce qu’ils ne pouvaient pas voir. Sur leur chemin, des sans-abris fuyaient, des habitants de Lutèce se terraient dans leurs maisons. Séphone, lasfusil à l’épaule, avertissait maintenant sans retenue dès qu’elle en voyait un : « Inquisition ! Écartez-vous ! » — le mot suffisait à terroriser les passants, et s’assurait probablement qu’aucun charognard ne s’en prenne au pauvre Mora semi-conscient et endormi par la morphine, abandonné avec ses implants sur la chaussée…
C’est après une longue marche rapide que, petit à petit, l’avenue s’ouvrait, et qu’on découvrait au loin le grand bâtiment de l’Aumônerie. Impossible de se tromper : plusieurs voitures de polices étaient garées devant, dont une absolument criblée de balles et d’impacts de laser. Les hommes du tunnel avaient fui ici. La colonne d’assaut s’arrêta à l’angle d’un résibloc, sous les regards médusés des badauds qui s’enfuyaient en courant. Se penchant de côté, le Skitarius sortit des jumelles qui se déployèrent automatiquement, et observa.
Séphone regarda aussi au-dessus de lui. La Sœur de bataille grimaça, et se retourna :
« Hors de question de passer devant.
– Pourquoi ? Opposition ? Demanda Sand.
– Non. Civils. L’aumônerie est toujours en service, probablement pour nourrir les pauvres et les clochards… Et je soupçonne qu’ils doivent être maintenant pris en otage… »
Strasser, qui n’avait pas quitté le groupe, même s’il faisait maintenant sacrément la grimace, railla :
« Si on a pas de temps à perdre, je ne vois pas en quoi c’est un problème… L’Empereur reconnaîtra les Siens, non ?
– On peut tester, et voir s’il vous reconnaîtra vous, grogna la Sororita en mettant le doigt sur la détente de son fusil.
– On va rien faire de tout ça, coupa le clarificateur. Enkidu a dit qu’il y a une entrée par l’arrière. C’est là où on va.
John Doe. »
Le Skitarius décolla de son pan de mur. Il observa sur l’écran à son poignet ce que regardaient les yeux de son servo-crâne qui vrombissait haut dans le ciel, avec l’ombre d’un obscur oiseau. Avec quelques signes de main, le serviteur de Mars fit signe au groupe de déguerpir dans l’autre sens.
La colonne ignora le résibloc, passa net à travers un jardin communal, où il y avait une balançoire sans enfants et un potager qui était encore utilisé. Une clôture fut escaladée deux à deux ; la sœur de bataille tapa fort sur l’épaule d’Enkidu :
« Je vais t’aider avec ta patte, mutant. On voudrait pas que tu galères… »
Alors que le magicien eut le temps, peut-être, d’être surpris par une telle gentillesse de la part de la Sororita, le psyker comprit trop tard que ce n’était peut-être pas que par amitié naissante…
…Elle le saisit par le col, et, l’air de rien, l’attira contre elle. Afin de lui chuchoter quelque chose à voix basse discrètement :
« Je sais ce que tu as dis à Mora.
Je n’ai aucune confiance dans Strasser.
Je n’ai pas de connaissances technologiques, mais je pense que une grenade ou deux sont dangereuses contre l’Esprit de la Machine. Si c’est toujours ton plan… »
Se collant contre le mur, elle se semi-agenouilla et aida Enkidu à l’utiliser comme marche-pied pour passer au-dessus de la clôture. Se retournant, le psyker offrit son aide — elle n’en eut pas besoin. Séphone prit juste de l’élan, et, toute seule, bondit en l’air pour se hisser derrière. Livia, le Skitarius, et Wullis n’eurent pas plus de résistance. C’était plus difficile pour la deuxième sorcière, qui, tout timidement, regardait tout le monde passer. C’est envers Enkidu qu’elle trouva le plus de confiance, puisqu’elle s’approcha d’elle en tendant sa main gantée :
« Mon semblable, porteriez-vous assistance à ma personne ? »
Elle avait une jolie voix de femme noble. Probablement qu’elle avait le genre d’éducation qui faisait que donner sa main à quelqu’un n’était pas anodin…
En tout cas, le groupe se retrouvait vers l’entrée de service de l’aumônerie. Il y avait là un grand grillage qui entourait une cour, avec des petites portes et une grande double-porte qui devait, dans un autre temps, servir à l’arrivée de cargaisons. Un gros SUV était garé devant. Le Skitarius s’approcha du grillage, et sortit d’une de ses poches une étrange bombe d’aérosol. Il l’agita dans un bruit métallique, et appuya sur la gâchette : alors, une sorte de liquide glacé s’éparpilla. Avec, il dessina un grand cercle dans la clôture, qui gela net. Rangeant l’aérosol, il posa ses mains sur le grillage, et tira à toute vitesse, jusqu’à l’arracher net… Le groupe avait un moyen de passer.
Livia et Wullis s’approchèrent naturellement du SUV. Sortant tous les deux un couteau, ils crevèrent les pneus du véhicule. Puis, tout le monde se rassembla devant les deux grandes doubles-portes. Il y avait un picto-enregistreur au-dessus : Sand sortit de sa poche un suppresseur de bruit qu’il attacha au canon d’un de ses deux pistolets. Une balle suffit à casser la machine.
« Ils savent qu’on est là, maintenant. »
Tout le groupe se colla en position devant les doubles-portes. Sand approcha la clé numérique de son verrou électronique.
Et maintenant, ils s’apprêtaient à affronter l’inconnu.
- Reinhard Faul
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Re: [Dark Heresy] Le tranchant des ténèbres - Partie II
Enkidu trottait au milieu du groupe à travers les rues de Lutèce. Il était fatigué et il avait mal, mais pas assez pour cesser de fonctionner. On l’avait entraîné à être endurant. Il refoula la douleur de sa cheville qui résonnait dans toute sa jambe à chaque fois qu’il posait le pied au sol, comme un bruit de fond mental qui rythmait sa course : aïe. Aïe. Aïe. Ses gestes étaient automatiques. Il savait que si il se trouvait à cet endroit-là d’une colonne il devait surveiller ces angles-ci. Maintenant il ne s’agissait plus de s’infiltrer et d’enquêter, mais de Suivre le Chef afin de Purger l’Ennemi, Enkidu avait par conséquent adopté une façon de penser totalement différente. Il adopta la manœuvre standard lorsque le Clarificateur décida de passer par-dessus un mur, surveillant la rue d’où il venait pendant que les autres s’occupaient de l’autre côté. Avec une gentillesse surprenante, la Sororitas proposa son aide au Psyker pour passer la clôture. Enkidu répondit :
« Oh oui merci c’est gen... »
Le jeune homme se retrouva brutalement tout près de Séphone. Le plastron de son armure cogna contre les pièces métalliques de son équipement, faisan un bruit désagréable. Elle l’avait déplacé comme si le Psyker ne pesait rien – elle-même semblait surprise, il pouvait le voir dans ses yeux. Son visage état trop près du sien - sans vouloir faire son délicat, elle puait de la gueule. Il était bien placé pour savoir que ses prothèses dentaires étaient peu hygiéniques, vu que c’était lui qui les avait posées. Ce qu’elle avait mangé le mois dernier devait encore mariner là-dessous. Elle avait voulu du pas cher, à l’époque. Le regrettait-elle ? Enkidu ne savait pas pourquoi il repensait à ce détail débile. La femme voulait détruire les Servitors maléfiques, elle l’avait entendu discuter avec Mora. Il réfléchit vite. Il n’y avait pas de plan à détailler, parce qu’il n’en avait pas. Il se contenta de répondre :
« Toujours, oui. »
Elle hocha la tête et l’aida à franchir le mur. Une fois arrivé en haut, Enkidu se retourna pour l’aider à son tour, mais elle l’ignora, bondit et souleva son propre poids sans effort avant de se réceptionner au sol sans que la visée de son fusil ne subisse d’à-coup. Le Psyker, lui, se préparait déjà à l’embarras de se réceptionner sur une jambe blessée. Il avait trop mal pour se conformer à l’idéal viril de l’Imperium, et risquait de gémir. Tout à son malheur, la petite voix féminine qui lui demandait de l’aide le fit sursauter. Se faire surprendre par une collègue sur le champ de bataille ! Il est beau le soldat !
Enkidu tourna son attention vers sa Dzinin la devineresse. Le casque. Évidemment. Il avait des putain d’énormes ailettes sur les côtés, et il semblait impossible d’escalader un mur avec ce machin sur la tête. Le jeune homme se demanda comment elle ne devenait pas folle au jour le jour avec un pareil bidule littéralement vissé sur sa boîte crânienne. Elle tendait une main fine et gantée de soie vers lui. Il répondit à sa demande :
« Bien sûr ma sœur. Laisse-moi t’aider. »
En dépit de la robe au tissu volumineux et du casque, elle ne pesait pas très lourd. Enkidu n’eut pas à vivre l’humiliation de devoir l’agripper à la taille comme un sac de patates pour la faire passer de l’autre côté de cette foutue clôture. Une fois en haut, elle rassembla ses jupons comme le ferait toute Lady qui devrait franchir du grillage sans accrocher du tissu dessus et se réceptionna avec souplesse. En la regardant, difficile de croire qu’elle avait rejeté des démons de sa propre tête quelques minutes avant.
Son collègue Psyker ressentit alors quelques émotions qui n’avaient rien à voir avec la guerre et le meurtre. Il avait peur de ne pas avoir assez de cafard en lui pour survivre à ce qui allait venir, il avait passé un sale week end et tout le monde avait été méchant avec lui. Ses collègues de Malfi lui manquaient. Ça avait été les premiers amis de sa vie. Il n’en avait jamais eu avant donc il n’avait pas réalisé ce qu’il perdait en rejoignant l’Inquisition, mais maintenant son esprit était encombré de pensées confuses à propos de sa propre mortalité et de la solitude. Il ne savait pas comment gérer ce qu’il ressentait. Dans les feuilletons qu’il regardait à la télé, quand un personnage abordait la Bataille Dont Tout Dépendait (et si c’était un officier) il faisait un joli monologue sur la joie de souffrir et mourir en servant l’Empereur. Même si Enkidu approuvait pleinement cette attitude, il se sentait à court de lyrisme guerrier alors que Livia et Wullis crevaient déjà les pneus des hérétiques pour les empêcher de s’enfuir et qu’il trottinait pour rattraper tout le monde.
Le jeune homme s’approcha à hauteur de sa collègue. Il voulait lui dire quelque chose, avoir un moment de partage, mais il ne la connaissait pas. Il aurait bien aimé lui poser plein de questions sur elle. Il ne savait plus comment parler aux gens d’autre chose que de rapport de mission. Comment ça s’était passé sur Malfi à l’époque ? C’était différent. Enkidu sortait de Sainte-Terra, il était terrifié et ne connaissait RIEN, ses collègues l’avaient accueilli comme un frère. Et encore avant ? Il avait eu une personnalité avant, et il essaya maladroitement de l’exprimer en s’adressant à sa collègue Dzinin la devineresse :
« J’aime bien ta robe. ‘l’est jolie. »
Petite pause où Enkidu étudia l'effet de ses paroles sur la jeune femme.
« Enfin pas dans ce sens là ! Je voulais dire, niveau fashion... désolé, c'est la première fois que je suis sur le terrain, 'suis stressé. »
Il s’empressa ensuite de rattraper tout le monde et de se disposer près de la porte afin de procéder à l’assaut, secrètement soulagé d’avoir eu des dernières paroles avant de mourir.
« Oh oui merci c’est gen... »
Le jeune homme se retrouva brutalement tout près de Séphone. Le plastron de son armure cogna contre les pièces métalliques de son équipement, faisan un bruit désagréable. Elle l’avait déplacé comme si le Psyker ne pesait rien – elle-même semblait surprise, il pouvait le voir dans ses yeux. Son visage état trop près du sien - sans vouloir faire son délicat, elle puait de la gueule. Il était bien placé pour savoir que ses prothèses dentaires étaient peu hygiéniques, vu que c’était lui qui les avait posées. Ce qu’elle avait mangé le mois dernier devait encore mariner là-dessous. Elle avait voulu du pas cher, à l’époque. Le regrettait-elle ? Enkidu ne savait pas pourquoi il repensait à ce détail débile. La femme voulait détruire les Servitors maléfiques, elle l’avait entendu discuter avec Mora. Il réfléchit vite. Il n’y avait pas de plan à détailler, parce qu’il n’en avait pas. Il se contenta de répondre :
« Toujours, oui. »
Elle hocha la tête et l’aida à franchir le mur. Une fois arrivé en haut, Enkidu se retourna pour l’aider à son tour, mais elle l’ignora, bondit et souleva son propre poids sans effort avant de se réceptionner au sol sans que la visée de son fusil ne subisse d’à-coup. Le Psyker, lui, se préparait déjà à l’embarras de se réceptionner sur une jambe blessée. Il avait trop mal pour se conformer à l’idéal viril de l’Imperium, et risquait de gémir. Tout à son malheur, la petite voix féminine qui lui demandait de l’aide le fit sursauter. Se faire surprendre par une collègue sur le champ de bataille ! Il est beau le soldat !
Enkidu tourna son attention vers sa Dzinin la devineresse. Le casque. Évidemment. Il avait des putain d’énormes ailettes sur les côtés, et il semblait impossible d’escalader un mur avec ce machin sur la tête. Le jeune homme se demanda comment elle ne devenait pas folle au jour le jour avec un pareil bidule littéralement vissé sur sa boîte crânienne. Elle tendait une main fine et gantée de soie vers lui. Il répondit à sa demande :
« Bien sûr ma sœur. Laisse-moi t’aider. »
En dépit de la robe au tissu volumineux et du casque, elle ne pesait pas très lourd. Enkidu n’eut pas à vivre l’humiliation de devoir l’agripper à la taille comme un sac de patates pour la faire passer de l’autre côté de cette foutue clôture. Une fois en haut, elle rassembla ses jupons comme le ferait toute Lady qui devrait franchir du grillage sans accrocher du tissu dessus et se réceptionna avec souplesse. En la regardant, difficile de croire qu’elle avait rejeté des démons de sa propre tête quelques minutes avant.
Son collègue Psyker ressentit alors quelques émotions qui n’avaient rien à voir avec la guerre et le meurtre. Il avait peur de ne pas avoir assez de cafard en lui pour survivre à ce qui allait venir, il avait passé un sale week end et tout le monde avait été méchant avec lui. Ses collègues de Malfi lui manquaient. Ça avait été les premiers amis de sa vie. Il n’en avait jamais eu avant donc il n’avait pas réalisé ce qu’il perdait en rejoignant l’Inquisition, mais maintenant son esprit était encombré de pensées confuses à propos de sa propre mortalité et de la solitude. Il ne savait pas comment gérer ce qu’il ressentait. Dans les feuilletons qu’il regardait à la télé, quand un personnage abordait la Bataille Dont Tout Dépendait (et si c’était un officier) il faisait un joli monologue sur la joie de souffrir et mourir en servant l’Empereur. Même si Enkidu approuvait pleinement cette attitude, il se sentait à court de lyrisme guerrier alors que Livia et Wullis crevaient déjà les pneus des hérétiques pour les empêcher de s’enfuir et qu’il trottinait pour rattraper tout le monde.
Le jeune homme s’approcha à hauteur de sa collègue. Il voulait lui dire quelque chose, avoir un moment de partage, mais il ne la connaissait pas. Il aurait bien aimé lui poser plein de questions sur elle. Il ne savait plus comment parler aux gens d’autre chose que de rapport de mission. Comment ça s’était passé sur Malfi à l’époque ? C’était différent. Enkidu sortait de Sainte-Terra, il était terrifié et ne connaissait RIEN, ses collègues l’avaient accueilli comme un frère. Et encore avant ? Il avait eu une personnalité avant, et il essaya maladroitement de l’exprimer en s’adressant à sa collègue Dzinin la devineresse :
« J’aime bien ta robe. ‘l’est jolie. »
Petite pause où Enkidu étudia l'effet de ses paroles sur la jeune femme.
« Enfin pas dans ce sens là ! Je voulais dire, niveau fashion... désolé, c'est la première fois que je suis sur le terrain, 'suis stressé. »
Il s’empressa ensuite de rattraper tout le monde et de se disposer près de la porte afin de procéder à l’assaut, secrètement soulagé d’avoir eu des dernières paroles avant de mourir.
Modifié en dernier par Reinhard Faul le 15 déc. 2024, 17:05, modifié 1 fois.
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Re: [Dark Heresy] Le tranchant des ténèbres - Partie II
Tout était souffrance. Vivre était souffrir. J’étais criblé de balles. Mon armure était en morceaux, pareille qu’une toile de tente déchiquetée par des loups affamés au milieu de l’hiver. Heureusement, la magie médicale de mes pairs permettait des miracles comme pas permis sur Phyrr. Bandages, gaze, morphine et autres trucs dont la création m’échappait complètement.
Enkidu, notre porte parole officieux apparemment, expliquait à notre contact local qu’est ce qui se passait. Personnellement, je n’écoutais tout ça que d’une oreille, trop occupé à sauver ce que je pouvais de mon armure et ne pas me vider de mon sang sur le pavé.
C’est la tête un petit peu lourde que je fini par rejoindre notre équipée épique pour une dernière charge héroïque et vouée à une mort violente. Ou du moins fut-ce ainsi que je le compris.
Un dernier hourra pour le Dieu-Empereur. J’espère que je pourrais emmener dans la tombe ma part de sang de l’ennemi.
Mais pas avant que je n'ai pris quelques cheveux des saligauds que j'avais abattu dans notre lutte. Leurs âmes désormais prisonnières me protégeront des maléfices des créatures fuyant Sa lumière. Les Anciens Dieux de la Forêt me protégeront même dans la mort, même sur ce monde lointain de Phyrr.
M'enfin je prenais pas que des cheveux des morts. S'il y avait des goodies comme des grenades ou des équipements de protection en meilleur état que les miens, pas de raison que je ne me fasse pas aussi plaisir.
Puis vint le temps de marcher vers l'aumonerie pour notre mort glorieuse ou victoire miraculeuse. Le combat se déroulera selon Sa volonté. Et l'art oratoire de nos armes.
Enkidu, notre porte parole officieux apparemment, expliquait à notre contact local qu’est ce qui se passait. Personnellement, je n’écoutais tout ça que d’une oreille, trop occupé à sauver ce que je pouvais de mon armure et ne pas me vider de mon sang sur le pavé.
C’est la tête un petit peu lourde que je fini par rejoindre notre équipée épique pour une dernière charge héroïque et vouée à une mort violente. Ou du moins fut-ce ainsi que je le compris.
Un dernier hourra pour le Dieu-Empereur. J’espère que je pourrais emmener dans la tombe ma part de sang de l’ennemi.
Mais pas avant que je n'ai pris quelques cheveux des saligauds que j'avais abattu dans notre lutte. Leurs âmes désormais prisonnières me protégeront des maléfices des créatures fuyant Sa lumière. Les Anciens Dieux de la Forêt me protégeront même dans la mort, même sur ce monde lointain de Phyrr.
M'enfin je prenais pas que des cheveux des morts. S'il y avait des goodies comme des grenades ou des équipements de protection en meilleur état que les miens, pas de raison que je ne me fasse pas aussi plaisir.
Puis vint le temps de marcher vers l'aumonerie pour notre mort glorieuse ou victoire miraculeuse. Le combat se déroulera selon Sa volonté. Et l'art oratoire de nos armes.
Seule une personne bienveillante est capable de juger une autre personne avec justice et de tenir compte de ses faiblesses.
Un œil bienveillant, tout en reconnaissant les défauts, voit au-delà d'eux
Le savoir c'est le pouvoir. Et savoir quand le garder, le cacher, le partager, cela est la véritable épreuve de ceux le détenant.
Diederick Maria Reichenbach Bruno "Ruichen" von Bildhofen, Voie de l'étude de la connaissance
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« Alors que tu défiais le couvre-feu, tu découvres une vertu trop zélée. »
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Re: [Dark Heresy] Le tranchant des ténèbres - Partie II
De la fenêtre de l’ADAV Valkyrie, on voyait apparaître la cité de Salbris. Ses immenses tours d’habitations, perçant le ciel avec la hauteur de ses flèches escarpées, rivalisant en taille avec les collines et les montagnes terraformées que l’Humanité avait pu modifier et maîtriser sous ses millénaires de domination. Une masse grouillante de fourmis possédaient une ruche chaotique et s’étalant dans tous les sens comme un ballet infernal. La ville était toujours au bord de l’explosion socio-politique — et on voyait cela aux flammes, petits points rouges qui parcouraient certaines des avenues et des grand-places qui marquaient les points de circulation, les lignes de veines le long de la charogne de la ville. Des ornithoptères circulaient dans les cieux à la manière de mouches, des fourgons alignés de police, de minuscules blocs vu d’en haut, allaient en file indienne dans la direction des incendies. Une immense bataille allait avoir lieu. Des centaines de morts. L’ordre serait rétabli. L’Imperium triompherait. Comme toujours.
« Pigeon-Leader à tous éléments dans les airs, on approche de la ZA, touche le sol dans dix minutes, parlez.
– Bien reçu Pigeon, ZA sécurisée, tous les ADAV se déplacent en schéma de protection, collationnez.
– Affirmatif Chenil, ZA sécurisée déploiement en périmètre aérien de protection. VIP est prêt.
Le quartier plus particulier de Lutèce commençait à apparaître dans l’ombre de ces immenses résiblocs et de ces tours infinies. Au sein d’un gros rectangle de la planification urbaine, on découvrait des toits en tôle, des réservoirs cylindriques tout blancs, des pipelines — des usines pétrochimiques, et les bâtiments des ouvriers. Il y avait des dizaines de véhicules avec gyrophares, qui grossissaient au fur et à mesure que l’ADAV entamait sa descente, escorté par une demi-douzaine d’aéronefs blindés similaires. Les forces de l’ordre étaient descendues en force dans ce quartier. Mais pas la police locale, pas les prévôts planétaires — l’Adeptus Arbites avait pris d’assaut Lutèce. L’arrondissement abandonné de l’Imperium depuis des mois, sinon des années, avait repris un gain d’intérêt soudain pour Terra et le Trône d’Or. Des policiers-militaires surarmés, aux brassards estampillés de l’Aquila, courraient dans tous les sens, armes à la main, pour attaquer les résiblocs, défoncer les portes, fouiller les égouts… Ils pourchassaient les criminels. Et derrière eux, arrivaient les équipes scientifiques et techniques — des Arbitres en blouses blanches de laborantins ou avec des impers bleus au-dessus de costumes-cravates, et ils commençaient à découvrir, partout en ville, les secrets qui hantaient de cauchemar Lutèce. Un charnier rempli de cadavres aux organes et aux membres manquants. Quelques badauds trucidés dans une venelle abandonnée par quelques voles-cadavres. Une fosse commune où on découvrait les corps d’une dizaine d’hommes ayant tous un trou de balle derrière la nuque — l’équipe de policiers locale qui avait été capturée et liquidée froidement.
« Pigeon-3 à éléments Pigeon, éléments de l’Arbites au sol, on fait le tour du toit, rien sur l’auspex, à vous.
– Pigeon-Leader à éléments Pigeon, j’entame descente, gardez les yeux sur l’auspex et armement paré, terminé.
Maintenant, par la fenêtre de l’ADAV, on pouvait découvrir un grand bâtiment crénelé de balles et fumant un peu — l’Aumônerie Tantalus avait fait l’objet d’un combat pur et dur. Autour de son bâtiment fumant, on voyait des hommes courir un peu dans tous les sens — des policiers-militaires, des techniciens, mais aussi des infirmiers, des ambulanciers, et puis, de sordides silhouettes aux robes rouges et aux visages de métal : les forces locales de l’Adeptus Mechanicus étaient également arrivées.
Dans l’ADAV Valkyrie, le pilote se retourna pour crier à son équipage :
« On descend dans cinq minutes ! »
Il n’osait pas regarder dans les yeux ceux qu’il transportait. Une foule de gens étranges se pressaient derrière — des hommes et des femmes à l’apparence d’aristocrates, mais d’aristocrates armés pour une guerre face à des forces insurmontables… Il y avait deux prêtres avec des reliquaires, et tout le monde portait des amulettes, des talismans et des bijoux de protection. Il y avait des épées énergétiques, des crosses de haches des Lathès, des rosaires à tête de mort, et des étuis à bolters ou pistolets-plasmas. Aucun ne parlait entre eux, tous attendaient tranquillement sur les sièges inconfortables de l’aéronef, à regarder la zone d’atterrissage d’un œil attentif.
Astrid Skane était au milieu d’eux. Celle qui portait la rosette ostensiblement autour de son cou avait mit sur ses oreilles son casque de communications, afin d’entendre les conversations entre les Valkyries et les Arbitres en dessous. Dans ses mains, une plaque de données, qui lui affichait des informations décousues qui lui arrivaient à toute vitesse — des photos, des écrits, des rapports audio qu’un cogitator était en train d’évaluer pour écrire des sous-titres. Le travail d’enquêteurs débutait à peine, et déjà, une source immense d’informations exploitables s’offrait à l’Inquisitrice — informations qui allaient en fait vite se révéler corrompues et parcellaires dès qu’on commencerait à réellement les traiter. Comme d’habitude.
Le pilote se concentra sur la descente. Rien de bien compliqué — la ZA était un peu trop fine à son goût, c’était un parking pour voitures qui n’avait pas été fait pour qu’un aéronef de guerre s’y pose, mais quand on était un vétéran de dizaines de guerres coloniales, à débarquer des troupes d’une Libre-Marchande sous le feu de Xénos, on était habitué à ce genre de déconvenues. Il passa le Valkyrie en vol vertical, fit trembler la machine en descendant un peu franchement, ralenti pour simplement chuter en douceur, puis, enfin, il avait touché le sol.
« On est posés ! »
La rampe arrière du Valkyrie s’ouvrit. Quelques cosmomarins en tenue militaire sortirent dehors pour faire un périmètre de sécurité. L’un d’eux portait une sorte de grosse caméra liée à un auspex : il balaya les bâtiments autour, probablement à la recherche d’un tireur d’élite, avant de crier pour se faire entendre au-dessus du bruit des moteurs :
« RAS ! »
Alors, la loupiote rouge à côté de la rampe de l’ADAV passa au vert. Les hommes et les femmes de l’Inquisition se levèrent en file indienne. L’un d’eux, toqua sur le siège du pilote pour ordonner :
« On a du personnel à évacuer en Medevac discret, restez en standby ! »
Le pilote grimaça. Il n’avait pas l’habitude de travailler avec l’Inquisition (Et c’était une bonne chose), mais il se doutait que c’était là une des vicissitudes d’approcher d’eux — le fait que tout était tout le temps secret, en sous-main, en fantôme. Depuis quand on donnait des plans de vol au fur et à mesure, qu’on savait où on allait redécoller juste après s’être posé ? Mais il se contenta de lever le pouce d’approbation, avant de lancer dans le micro :
« VIP est au sol, VIP est au sol, on reste vigilants. »
Astrid Skane traversa le parking devant l’aumônerie. Là, un capitaine de l’Arbites accompagné de quelques uns de ses hommes firent un salut militaire. Skane et ses hommes à elle s’arrêtèrent devant lui. Par respect envers un ex-collègue, Skane alla lui serrer la main, et elle entendit les quelques informations à offrir — pas grand-chose, en fait, puisqu’ils n’avaient pas eu le temps d’entrer bien loin dans l’Aumônerie… En montant à l’étage, son équipe avait bien croisé une équipe de personnes armées fort étrange, mais alors qu’ils beuglaient leurs sommations garanties par leurs fusils à pompe, un ordre venu d’on-ne-sait-où dans leurs oreillettes les invitèrent à dégager et laisser ces personnes-là tranquilles. Ils avaient obéi à la lettre.
Néanmoins, ils continuaient de passer au peigne fin Lutèce. Ils avaient retrouvé des corps, d’étranges servitors qu’ils marquaient pour que le Mechanicus puisse venir le récupérer. Ils avaient commencé à évacuer la population, les gens encore en vie de Lutèce qui étaient regroupés ensemble pour pouvoir les traiter correctement. Skane approuva cette démarche et invita le capitaine à continuer, avant de monter les marches qui menaient à l’aumônerie.
Deux techniciens attendaient là. Des technographes du Logos Biologis, portant de grosses tenues Hazmat, avaient transformé les portes d’entrées en sas de décontamination, avec des bâches plastiques, et des pommeaux de douche qui aspergeaient une eau savonnée sur tous ceux qui pouvaient sortir du bâtiment. Skane et ses sbires furent invités à mettre des masques sur leurs visages, des gants aux mains, et à mettre au-dessus de leurs vêtements des blouses jetables en papier. Enfin, ils purent accéder au bâtiment.
Le rez-de-chaussée n’avait rien d’intéressant. Quelques enquêteurs et technoprêtres Biologis allaient et venaient dans les escaliers — en voyant l’Inquisitrice, tous se mirent au garde-à-vous, en regardant bien le plafond pour ne pas croiser son regard. Une dizaine de sombres personnes grimpèrent ainsi les escaliers pour aller à l’étage suivant, puis, ils passèrent dans des couloirs où on trouvait des douilles de munitions, on sentait l’odeur de cordite, on enjambait les cadavres d’un homme portant un uniforme de police… et ils continuèrent, alors que des techniciens déployaient des grosses lumières alimentées par batterie, afin de pallier au manque bien franc de luminosité dans cet enfer.
Ils arrivèrent au dernier étage. Jusqu’à la grande salle d’hôpital, où le plus gros des explosions et des affronts avait pu avoir lieu. Là, assis sur le sol, les Acolytes attendaient tous. Tous étaient couverts de bandages ensanglantés, tous avaient les yeux vides, et patientaient en ne disant rien, ne comprenant pas trop s’ils étaient en sécurité ou s’ils étaient prisonniers, car quelques cosmomarines armés les entouraient. C’était toujours le problème des débriefings inquisitoriaux… Des frissons pouvaient bien parcourir leur échine, en voyant arriver Astrid Skane et sa garde rapprochée. D’un simple geste dédaigneux de la main, elle les invita à rester assis, les ignora ensuite, et s’approcha plutôt d’un lit à roulettes à côté, sur lequel on avait posé Livia. Percée de seringues liées à des poches, elle était en train d’être stabilisée par un servitor médical fort inquiétant, et un technoprêtre qui lisait ses relevés médicaux s’affichant en temps réel sur une plaque de données.
Skane l’observa. Les yeux de la cultiste étaient délirants, remplis d’effroi et de folie. Skane hocha de la tête, et donna un ordre :
« Anesthésiez-la et évacuez-la. Assurez-vous qu’elle demeure stable mais qu’elle ne se réveille pas avant d’être… Sécurisée.
– Compris, seigneuresse. »
La voix robotique du technoprêtre retenti alors qu’il fit une révérence. Il appuya sur un simple bouton lié à une poche déjà préparée. Il y eut un bip d’alarme, et Livia se mit à hurler, des hurlements étouffés par le masque d’oxygène attaché à son visage, tandis que le servitor médical fit rouler le lit d’ambulance pour retourner aux escaliers.
Skane observa les acolytes. Elle les compta. Et nota quelque chose :
« Il en manque un. »
Ndiame Masteel était déjà sur place. Comme s’il était normal que Skane dise simplement quelque chose en l’air et que son homoncule pouvait lui répondre, l’étrange lexiconographe approcha tel un bossu, avant de parler d’un air mielleux :
« Le mécamancien Kryptaestrex Mora a été trouvé en état d’urgence absolue par les Arbitrators… J’ai pris la liberté de le faire transférer immédiatement au temple mécanique de Lutèce pour traitement… Si j’ai mal agi, j’accepte votre punition.
– Non, c’est parfait.
Hormis pour ces deux-là, pas de pertes, donc. Et au vu de ce qu’ils ont affronté, c’est peu dire… »
Les acolytes regardaient le sol. Sauf Sand. Omardha Sand observait tout droit l’Inquisitrice, encore assis. Skane ne souriait pas. Elle regardait sa plaque de données, observant les derniers rapports, ceux des techniciens dans la pièce d’à-côté — dans le théâtre anatomique.
« Pour évacuer la Chirurgienne, ça va être plus compliqué… »
Elle regarda tout le monde. Puis ordonna :
« Ne reste ici que Sand et les psykers. Ramenez tous les autres à la base pour soins puis détention en vue de débriefing. »
Les Cosmomarines pointèrent agressivement leurs fusils radiants sur le groupe, et les invitèrent à se lever. Ils obéirent. Le DRH de l’Hégémonie, en revanche, le fit de bien mauvaise volonté : il se permit de faire deux pas en avant, les mains en l’air, pour se faire remarquer :
« Seigneuresse-inquisitrice — n’étant pas un de vos hommes, je pense que c’est le moment où je me présente et où nous discutons, nous-
– Nous discuterons, sire Strasser, mais pas ici. J’ai un grand respect pour l’organisation que vous représentez, mais il ne faut pas oublier qui incarne l’autorité en cet instant.
Il est chromé ?
– Oui, maîtresse, répondit un des cosmomarines.
– Anesthésiez-le, je vous prie. »
Strasser grinça des dents, mais savait qu’il était inutile de débattre. Il tendit son cou alors qu’un autre servitor médical alla lui enfoncer une aiguille dans une artère — visiblement, endormir des gens était une manière commune d’agir pour la Sainte-Inquisition. Il quitterait lui le bâtiment sur un lit d’hôpital.
Parmi les acolytes, ne restaient alors plus qu’Enkidu, Diznin, et Sand. Mais l’ambiance ne se détendait pas vraiment. Au grand déplaisir des deux psykers, ils devinaient que dans la suite de Skane, il y avait un… Blanc. Un Pariah, un Sans-Âme. C’était une silhouette un peu éloignée, qui restait devant les double-portes, une sorte de grande personne qui avait une cagoule sur le visage et une tenue moulante comme équipement sur son corps. Avec leur 6e sens, les deux ne pouvaient apercevoir qu’un immense trou dans la réalité, comme un gouffre profond, béant, vertigineux, qu’il ne faut surtout pas regarder. Si les psykers avaient une idée de devenir agressifs, il suffirait au-dit Blanc de s’avancer en courant pour chercher à les tuer tous les deux…
Skane regarda autour d’elle. Puis, elle finit par enfin reconnaître l’existence de son ancien mentor :
« Sacrée efficacité, Sand. On reconnaît là ta patte. Une intervention musclée…
– Nous ne pouvions pas appeler de renforts et les terroristes allaient bouger. Nous avons donc décidé d’intervenir le plus rapidement possible.
– Ziegler est avec la… Chirurgienne. Quel étrange surnom. Il est bon que vous ayez pris la responsable de toutes ces horreurs en vie. Nous avons quantité d’informations à extraire d’elle avant liquidation. »
De l’autre pièce, quelques silhouettes approchèrent.
« En parlant du loup… »
Tellen Ziegler, le Magos Biologis, était ici. Sa robe couverte de sang, ses mécadendrites ruisselante de rouge dans le dos, il retournait dans la salle d’hôpital, tandis que derrière, des agents du Mechanicus évacuaient sur un brancard la-dite Chirurgienne, en pagaille, pleine de métal scintillant d’électricité, les implants en morceau, la faute aux balles, aux lasers et aux coups de lames que lui avait infligée l’équipe. Ziegler salua Skane :
« Nous avons quelque chose d’urgent à voir, vous et moi, maîtresse… Mais je vous rassure, tout va s’arranger, j’ai trouvé les… Onguents nécessaires.
– Je sais, conclut l'Inquisitrice d'un air soulagé. »
Enkidu savait de quoi elle parlait. Il le savait au fond de ses tripes.
On avait empoisonné Skane sur l’Indomptable Ravel. L’antidote devait être ici. La Chirurgienne l’avait proposé comme moyen de négociation. Ils n’avaient pas seulement sauvé Lutèce, ils avaient surtout sauvé l’Inquisitrice. Le regard de Skane se fit bizarrement plus doux quelques instants, avant de redevenir celui de fer d’une agent de l’Empereur.
« J’ai lu votre rapport avec grande attention, sorcier Enkidu. »
Elle s’adressait enfin directement à l’acolyte. Celui-ci pouvait bien être terrifié de la situation, alors que maintenant, une vingtaine de paires d’yeux durs et froids se posèrent sur lui, en cessant de regarder à travers lui.
« En croisant les témoignages extraits du reste de votre équipe, et les premiers éléments matériels de l’honorable Ziegler et des arbitres de l’Arbites, nous commençons à avoir un portrait plus-ou-moins précis de la situation.
Il semblerait que nous affrontons bel et bien une loge locale des Logiciens, les mêmes ennemis qui nous ont attaqué à travers le warp dans l’Indomptable Ravel. La Chirurgienne a eu le temps de détruire ses communications avec le reste de ses chiens technohérétiques, mais nous savons qu’ils sont sur cette planète, et avec elle en vie, nous allons peut-être pouvoir espérer les retrouver. Une mission de longue haleine, on va confier tout ceci à quelqu’un…
…Visiblement, les Logiciens utilisent cette planète, Neustralia, comme laboratoire géant pour quelques expériences biologiques et mécaniques. Ils sont parvenus, il faut au moins leur reconnaître ce génie, à utiliser un instrument parasitaire du Moyen-Âge Technologique pour prendre possession du corps d’autrui — chercher à créer des servitors qui gardent leurs souvenirs et leurs compétences d’avant leur lobotomie. L’esclave parfait. Mais avec de biens mauvais résultats. La Chirurgienne a gardé des rapports détaillés de tous ceux qu’elle a torturé sur ses tables d’opération — apparemment, tous finissaient par se suicider ou s’auto-détruire, d’abord au bout de quelques jours, puis plusieurs semaines… »
Elle regarda Enkidu droit dans les yeux. Silencieusement. De longues secondes. Puis, une sorte de minuscule sourire se dessinait sur son visage.
« Il va sans dire que telle technologie est absolument hérétique, ignoble, et contrevient à toutes les règles de l’Imperium et du Mechanicus. Toute radicale que je suis, je suis certaine que l’Humanité doit se passer d’une telle horreur, et j’en prends toute la responsabilité.
Nous allons progressivement détruire tous les éléments permettant de rétro-concevoir ces parasites. Je sais que quelques radicaux du Mechanicus ne vont pas m’apprécier pour ça, mais j’ai le pouvoir d’ordonner et non de débattre. »
Elle pianota sur sa tablette de données.
« Il n’y a plus aucune trace ni de la Moelle, le chef du gang local, ni de monsieur… Sikes. Apparemment, les criminels que vous avez laissé partir ont pu s’enfuir en toute sécurité.
À charge de revanche pour vous, n’est-ce pas, sorcier ? »
Elle était en train de le menacer, mais elle le faisait d’un air bizarrement taquin. Amusé. Presque sensuel. Toujours sous les regards durs d’une vingtaine de criminels tortionnaires couverts d’épées et de pistolets bolters.
« Incroyable que toute cette histoire ait commencé à cause d’un seul homme… Saul Arbest. »
Là-dessus, Tellen Ziegler s’avança, et intervint :
« Sujet Alpha-4. C’est comme ça que les notes de la Chirurgienne le décrivaient. Visiblement, au milieu de toutes ses expériences inhumaines, il y avait 6 sujets qui étaient devenus stables. Leurs souvenirs arrivaient en temps réel, des puces dans leurs cerveaux permettant de découvrir leurs rêves.
Visiblement, les six sujets ont été mis dans un train sur les rails de la gare. Ils étaient en train d’être évacués vers un site noir et inconnu, le « Site X », pour évacuation et utilisation. Mais Saul a reçu une foule d’ordres corrompus dans son cerveau, qui lui donnaient l’adresse d’un résibloc…
– Saul Arbest n’a pas été jeté par les Logiciens pour être abandonné en plein air. Il s’est enfui en tentant de rentrer chez lui, résolu l'Inquisitrice. »
Skane parut bizarrement triste, une seconde. Elle tordit ses lèvres, puis pianota sur sa tablette de données.
« Il reste encore beaucoup trop de questions sans réponses. Quel était le plan global des Logiciens ? Y a-t-il d’autres expériences qui étaient menées par eux ? Le Cartel Tantalus est-il en partie responsable de ces événements ? Y a-t-il donc encore des agents des Logiciens parmi les factions de Neustralia ? Le Mitan, la mafia de Neustralia, est-elle impliquée ou est-ce que la Moelle n’était qu’une exception ?
Surtout, où sont passés les cinq sujets encore stables, que les Logiciens ont capturé ?
Voilà de bonnes matières à travailler pour une future enquête. »
Elle passa la plaque de données à Rorich Peyrillac. Le militaire attendait patiemment derrière, parmi la suite. Skane s’approcha d’Enkidu, se planta devant lui tout droit.
« Vous et les autres acolytes pouvez être fiers de vous. Votre travail a été… Adéquat, et efficace. Je suis ravie de ne pas avoir pris une mauvaise décision en vous recrutant.
Maintenant, commence une partie légèrement plus désagréable, à laquelle je pense que vous vous attendez. Il faut surveiller que vous n’avez pas été contaminés par quoi que ce soit, ni physiquement, ni psychiquement. Il faut traiter les informations qui voyagent dans votre cerveau, et les réarranger, les inscrire à l’encre sur du parchemin, afin que vous puissiez commencer à mieux les compartimenter.
Enkidu, l’Inquisition vous remercie. Mais il est temps de vous débriefer. »
Ziegler s’approcha avec une aiguille, et il était temps de l’anesthésier lui aussi.
« Pigeon-Leader à tous éléments dans les airs, on approche de la ZA, touche le sol dans dix minutes, parlez.
– Bien reçu Pigeon, ZA sécurisée, tous les ADAV se déplacent en schéma de protection, collationnez.
– Affirmatif Chenil, ZA sécurisée déploiement en périmètre aérien de protection. VIP est prêt.
Le quartier plus particulier de Lutèce commençait à apparaître dans l’ombre de ces immenses résiblocs et de ces tours infinies. Au sein d’un gros rectangle de la planification urbaine, on découvrait des toits en tôle, des réservoirs cylindriques tout blancs, des pipelines — des usines pétrochimiques, et les bâtiments des ouvriers. Il y avait des dizaines de véhicules avec gyrophares, qui grossissaient au fur et à mesure que l’ADAV entamait sa descente, escorté par une demi-douzaine d’aéronefs blindés similaires. Les forces de l’ordre étaient descendues en force dans ce quartier. Mais pas la police locale, pas les prévôts planétaires — l’Adeptus Arbites avait pris d’assaut Lutèce. L’arrondissement abandonné de l’Imperium depuis des mois, sinon des années, avait repris un gain d’intérêt soudain pour Terra et le Trône d’Or. Des policiers-militaires surarmés, aux brassards estampillés de l’Aquila, courraient dans tous les sens, armes à la main, pour attaquer les résiblocs, défoncer les portes, fouiller les égouts… Ils pourchassaient les criminels. Et derrière eux, arrivaient les équipes scientifiques et techniques — des Arbitres en blouses blanches de laborantins ou avec des impers bleus au-dessus de costumes-cravates, et ils commençaient à découvrir, partout en ville, les secrets qui hantaient de cauchemar Lutèce. Un charnier rempli de cadavres aux organes et aux membres manquants. Quelques badauds trucidés dans une venelle abandonnée par quelques voles-cadavres. Une fosse commune où on découvrait les corps d’une dizaine d’hommes ayant tous un trou de balle derrière la nuque — l’équipe de policiers locale qui avait été capturée et liquidée froidement.
« Pigeon-3 à éléments Pigeon, éléments de l’Arbites au sol, on fait le tour du toit, rien sur l’auspex, à vous.
– Pigeon-Leader à éléments Pigeon, j’entame descente, gardez les yeux sur l’auspex et armement paré, terminé.
Maintenant, par la fenêtre de l’ADAV, on pouvait découvrir un grand bâtiment crénelé de balles et fumant un peu — l’Aumônerie Tantalus avait fait l’objet d’un combat pur et dur. Autour de son bâtiment fumant, on voyait des hommes courir un peu dans tous les sens — des policiers-militaires, des techniciens, mais aussi des infirmiers, des ambulanciers, et puis, de sordides silhouettes aux robes rouges et aux visages de métal : les forces locales de l’Adeptus Mechanicus étaient également arrivées.
Dans l’ADAV Valkyrie, le pilote se retourna pour crier à son équipage :
« On descend dans cinq minutes ! »
Il n’osait pas regarder dans les yeux ceux qu’il transportait. Une foule de gens étranges se pressaient derrière — des hommes et des femmes à l’apparence d’aristocrates, mais d’aristocrates armés pour une guerre face à des forces insurmontables… Il y avait deux prêtres avec des reliquaires, et tout le monde portait des amulettes, des talismans et des bijoux de protection. Il y avait des épées énergétiques, des crosses de haches des Lathès, des rosaires à tête de mort, et des étuis à bolters ou pistolets-plasmas. Aucun ne parlait entre eux, tous attendaient tranquillement sur les sièges inconfortables de l’aéronef, à regarder la zone d’atterrissage d’un œil attentif.
Astrid Skane était au milieu d’eux. Celle qui portait la rosette ostensiblement autour de son cou avait mit sur ses oreilles son casque de communications, afin d’entendre les conversations entre les Valkyries et les Arbitres en dessous. Dans ses mains, une plaque de données, qui lui affichait des informations décousues qui lui arrivaient à toute vitesse — des photos, des écrits, des rapports audio qu’un cogitator était en train d’évaluer pour écrire des sous-titres. Le travail d’enquêteurs débutait à peine, et déjà, une source immense d’informations exploitables s’offrait à l’Inquisitrice — informations qui allaient en fait vite se révéler corrompues et parcellaires dès qu’on commencerait à réellement les traiter. Comme d’habitude.
Le pilote se concentra sur la descente. Rien de bien compliqué — la ZA était un peu trop fine à son goût, c’était un parking pour voitures qui n’avait pas été fait pour qu’un aéronef de guerre s’y pose, mais quand on était un vétéran de dizaines de guerres coloniales, à débarquer des troupes d’une Libre-Marchande sous le feu de Xénos, on était habitué à ce genre de déconvenues. Il passa le Valkyrie en vol vertical, fit trembler la machine en descendant un peu franchement, ralenti pour simplement chuter en douceur, puis, enfin, il avait touché le sol.
« On est posés ! »
La rampe arrière du Valkyrie s’ouvrit. Quelques cosmomarins en tenue militaire sortirent dehors pour faire un périmètre de sécurité. L’un d’eux portait une sorte de grosse caméra liée à un auspex : il balaya les bâtiments autour, probablement à la recherche d’un tireur d’élite, avant de crier pour se faire entendre au-dessus du bruit des moteurs :
« RAS ! »
Alors, la loupiote rouge à côté de la rampe de l’ADAV passa au vert. Les hommes et les femmes de l’Inquisition se levèrent en file indienne. L’un d’eux, toqua sur le siège du pilote pour ordonner :
« On a du personnel à évacuer en Medevac discret, restez en standby ! »
Le pilote grimaça. Il n’avait pas l’habitude de travailler avec l’Inquisition (Et c’était une bonne chose), mais il se doutait que c’était là une des vicissitudes d’approcher d’eux — le fait que tout était tout le temps secret, en sous-main, en fantôme. Depuis quand on donnait des plans de vol au fur et à mesure, qu’on savait où on allait redécoller juste après s’être posé ? Mais il se contenta de lever le pouce d’approbation, avant de lancer dans le micro :
« VIP est au sol, VIP est au sol, on reste vigilants. »
Astrid Skane traversa le parking devant l’aumônerie. Là, un capitaine de l’Arbites accompagné de quelques uns de ses hommes firent un salut militaire. Skane et ses hommes à elle s’arrêtèrent devant lui. Par respect envers un ex-collègue, Skane alla lui serrer la main, et elle entendit les quelques informations à offrir — pas grand-chose, en fait, puisqu’ils n’avaient pas eu le temps d’entrer bien loin dans l’Aumônerie… En montant à l’étage, son équipe avait bien croisé une équipe de personnes armées fort étrange, mais alors qu’ils beuglaient leurs sommations garanties par leurs fusils à pompe, un ordre venu d’on-ne-sait-où dans leurs oreillettes les invitèrent à dégager et laisser ces personnes-là tranquilles. Ils avaient obéi à la lettre.
Néanmoins, ils continuaient de passer au peigne fin Lutèce. Ils avaient retrouvé des corps, d’étranges servitors qu’ils marquaient pour que le Mechanicus puisse venir le récupérer. Ils avaient commencé à évacuer la population, les gens encore en vie de Lutèce qui étaient regroupés ensemble pour pouvoir les traiter correctement. Skane approuva cette démarche et invita le capitaine à continuer, avant de monter les marches qui menaient à l’aumônerie.
Deux techniciens attendaient là. Des technographes du Logos Biologis, portant de grosses tenues Hazmat, avaient transformé les portes d’entrées en sas de décontamination, avec des bâches plastiques, et des pommeaux de douche qui aspergeaient une eau savonnée sur tous ceux qui pouvaient sortir du bâtiment. Skane et ses sbires furent invités à mettre des masques sur leurs visages, des gants aux mains, et à mettre au-dessus de leurs vêtements des blouses jetables en papier. Enfin, ils purent accéder au bâtiment.
Le rez-de-chaussée n’avait rien d’intéressant. Quelques enquêteurs et technoprêtres Biologis allaient et venaient dans les escaliers — en voyant l’Inquisitrice, tous se mirent au garde-à-vous, en regardant bien le plafond pour ne pas croiser son regard. Une dizaine de sombres personnes grimpèrent ainsi les escaliers pour aller à l’étage suivant, puis, ils passèrent dans des couloirs où on trouvait des douilles de munitions, on sentait l’odeur de cordite, on enjambait les cadavres d’un homme portant un uniforme de police… et ils continuèrent, alors que des techniciens déployaient des grosses lumières alimentées par batterie, afin de pallier au manque bien franc de luminosité dans cet enfer.
Ils arrivèrent au dernier étage. Jusqu’à la grande salle d’hôpital, où le plus gros des explosions et des affronts avait pu avoir lieu. Là, assis sur le sol, les Acolytes attendaient tous. Tous étaient couverts de bandages ensanglantés, tous avaient les yeux vides, et patientaient en ne disant rien, ne comprenant pas trop s’ils étaient en sécurité ou s’ils étaient prisonniers, car quelques cosmomarines armés les entouraient. C’était toujours le problème des débriefings inquisitoriaux… Des frissons pouvaient bien parcourir leur échine, en voyant arriver Astrid Skane et sa garde rapprochée. D’un simple geste dédaigneux de la main, elle les invita à rester assis, les ignora ensuite, et s’approcha plutôt d’un lit à roulettes à côté, sur lequel on avait posé Livia. Percée de seringues liées à des poches, elle était en train d’être stabilisée par un servitor médical fort inquiétant, et un technoprêtre qui lisait ses relevés médicaux s’affichant en temps réel sur une plaque de données.
Skane l’observa. Les yeux de la cultiste étaient délirants, remplis d’effroi et de folie. Skane hocha de la tête, et donna un ordre :
« Anesthésiez-la et évacuez-la. Assurez-vous qu’elle demeure stable mais qu’elle ne se réveille pas avant d’être… Sécurisée.
– Compris, seigneuresse. »
La voix robotique du technoprêtre retenti alors qu’il fit une révérence. Il appuya sur un simple bouton lié à une poche déjà préparée. Il y eut un bip d’alarme, et Livia se mit à hurler, des hurlements étouffés par le masque d’oxygène attaché à son visage, tandis que le servitor médical fit rouler le lit d’ambulance pour retourner aux escaliers.
Skane observa les acolytes. Elle les compta. Et nota quelque chose :
« Il en manque un. »
Ndiame Masteel était déjà sur place. Comme s’il était normal que Skane dise simplement quelque chose en l’air et que son homoncule pouvait lui répondre, l’étrange lexiconographe approcha tel un bossu, avant de parler d’un air mielleux :
« Le mécamancien Kryptaestrex Mora a été trouvé en état d’urgence absolue par les Arbitrators… J’ai pris la liberté de le faire transférer immédiatement au temple mécanique de Lutèce pour traitement… Si j’ai mal agi, j’accepte votre punition.
– Non, c’est parfait.
Hormis pour ces deux-là, pas de pertes, donc. Et au vu de ce qu’ils ont affronté, c’est peu dire… »
Les acolytes regardaient le sol. Sauf Sand. Omardha Sand observait tout droit l’Inquisitrice, encore assis. Skane ne souriait pas. Elle regardait sa plaque de données, observant les derniers rapports, ceux des techniciens dans la pièce d’à-côté — dans le théâtre anatomique.
« Pour évacuer la Chirurgienne, ça va être plus compliqué… »
Elle regarda tout le monde. Puis ordonna :
« Ne reste ici que Sand et les psykers. Ramenez tous les autres à la base pour soins puis détention en vue de débriefing. »
Les Cosmomarines pointèrent agressivement leurs fusils radiants sur le groupe, et les invitèrent à se lever. Ils obéirent. Le DRH de l’Hégémonie, en revanche, le fit de bien mauvaise volonté : il se permit de faire deux pas en avant, les mains en l’air, pour se faire remarquer :
« Seigneuresse-inquisitrice — n’étant pas un de vos hommes, je pense que c’est le moment où je me présente et où nous discutons, nous-
– Nous discuterons, sire Strasser, mais pas ici. J’ai un grand respect pour l’organisation que vous représentez, mais il ne faut pas oublier qui incarne l’autorité en cet instant.
Il est chromé ?
– Oui, maîtresse, répondit un des cosmomarines.
– Anesthésiez-le, je vous prie. »
Strasser grinça des dents, mais savait qu’il était inutile de débattre. Il tendit son cou alors qu’un autre servitor médical alla lui enfoncer une aiguille dans une artère — visiblement, endormir des gens était une manière commune d’agir pour la Sainte-Inquisition. Il quitterait lui le bâtiment sur un lit d’hôpital.
Parmi les acolytes, ne restaient alors plus qu’Enkidu, Diznin, et Sand. Mais l’ambiance ne se détendait pas vraiment. Au grand déplaisir des deux psykers, ils devinaient que dans la suite de Skane, il y avait un… Blanc. Un Pariah, un Sans-Âme. C’était une silhouette un peu éloignée, qui restait devant les double-portes, une sorte de grande personne qui avait une cagoule sur le visage et une tenue moulante comme équipement sur son corps. Avec leur 6e sens, les deux ne pouvaient apercevoir qu’un immense trou dans la réalité, comme un gouffre profond, béant, vertigineux, qu’il ne faut surtout pas regarder. Si les psykers avaient une idée de devenir agressifs, il suffirait au-dit Blanc de s’avancer en courant pour chercher à les tuer tous les deux…
Skane regarda autour d’elle. Puis, elle finit par enfin reconnaître l’existence de son ancien mentor :
« Sacrée efficacité, Sand. On reconnaît là ta patte. Une intervention musclée…
– Nous ne pouvions pas appeler de renforts et les terroristes allaient bouger. Nous avons donc décidé d’intervenir le plus rapidement possible.
– Ziegler est avec la… Chirurgienne. Quel étrange surnom. Il est bon que vous ayez pris la responsable de toutes ces horreurs en vie. Nous avons quantité d’informations à extraire d’elle avant liquidation. »
De l’autre pièce, quelques silhouettes approchèrent.
« En parlant du loup… »
Tellen Ziegler, le Magos Biologis, était ici. Sa robe couverte de sang, ses mécadendrites ruisselante de rouge dans le dos, il retournait dans la salle d’hôpital, tandis que derrière, des agents du Mechanicus évacuaient sur un brancard la-dite Chirurgienne, en pagaille, pleine de métal scintillant d’électricité, les implants en morceau, la faute aux balles, aux lasers et aux coups de lames que lui avait infligée l’équipe. Ziegler salua Skane :
« Nous avons quelque chose d’urgent à voir, vous et moi, maîtresse… Mais je vous rassure, tout va s’arranger, j’ai trouvé les… Onguents nécessaires.
– Je sais, conclut l'Inquisitrice d'un air soulagé. »
Enkidu savait de quoi elle parlait. Il le savait au fond de ses tripes.
On avait empoisonné Skane sur l’Indomptable Ravel. L’antidote devait être ici. La Chirurgienne l’avait proposé comme moyen de négociation. Ils n’avaient pas seulement sauvé Lutèce, ils avaient surtout sauvé l’Inquisitrice. Le regard de Skane se fit bizarrement plus doux quelques instants, avant de redevenir celui de fer d’une agent de l’Empereur.
« J’ai lu votre rapport avec grande attention, sorcier Enkidu. »
Elle s’adressait enfin directement à l’acolyte. Celui-ci pouvait bien être terrifié de la situation, alors que maintenant, une vingtaine de paires d’yeux durs et froids se posèrent sur lui, en cessant de regarder à travers lui.
« En croisant les témoignages extraits du reste de votre équipe, et les premiers éléments matériels de l’honorable Ziegler et des arbitres de l’Arbites, nous commençons à avoir un portrait plus-ou-moins précis de la situation.
Il semblerait que nous affrontons bel et bien une loge locale des Logiciens, les mêmes ennemis qui nous ont attaqué à travers le warp dans l’Indomptable Ravel. La Chirurgienne a eu le temps de détruire ses communications avec le reste de ses chiens technohérétiques, mais nous savons qu’ils sont sur cette planète, et avec elle en vie, nous allons peut-être pouvoir espérer les retrouver. Une mission de longue haleine, on va confier tout ceci à quelqu’un…
…Visiblement, les Logiciens utilisent cette planète, Neustralia, comme laboratoire géant pour quelques expériences biologiques et mécaniques. Ils sont parvenus, il faut au moins leur reconnaître ce génie, à utiliser un instrument parasitaire du Moyen-Âge Technologique pour prendre possession du corps d’autrui — chercher à créer des servitors qui gardent leurs souvenirs et leurs compétences d’avant leur lobotomie. L’esclave parfait. Mais avec de biens mauvais résultats. La Chirurgienne a gardé des rapports détaillés de tous ceux qu’elle a torturé sur ses tables d’opération — apparemment, tous finissaient par se suicider ou s’auto-détruire, d’abord au bout de quelques jours, puis plusieurs semaines… »
Elle regarda Enkidu droit dans les yeux. Silencieusement. De longues secondes. Puis, une sorte de minuscule sourire se dessinait sur son visage.
« Il va sans dire que telle technologie est absolument hérétique, ignoble, et contrevient à toutes les règles de l’Imperium et du Mechanicus. Toute radicale que je suis, je suis certaine que l’Humanité doit se passer d’une telle horreur, et j’en prends toute la responsabilité.
Nous allons progressivement détruire tous les éléments permettant de rétro-concevoir ces parasites. Je sais que quelques radicaux du Mechanicus ne vont pas m’apprécier pour ça, mais j’ai le pouvoir d’ordonner et non de débattre. »
Elle pianota sur sa tablette de données.
« Il n’y a plus aucune trace ni de la Moelle, le chef du gang local, ni de monsieur… Sikes. Apparemment, les criminels que vous avez laissé partir ont pu s’enfuir en toute sécurité.
À charge de revanche pour vous, n’est-ce pas, sorcier ? »
Elle était en train de le menacer, mais elle le faisait d’un air bizarrement taquin. Amusé. Presque sensuel. Toujours sous les regards durs d’une vingtaine de criminels tortionnaires couverts d’épées et de pistolets bolters.
« Incroyable que toute cette histoire ait commencé à cause d’un seul homme… Saul Arbest. »
Là-dessus, Tellen Ziegler s’avança, et intervint :
« Sujet Alpha-4. C’est comme ça que les notes de la Chirurgienne le décrivaient. Visiblement, au milieu de toutes ses expériences inhumaines, il y avait 6 sujets qui étaient devenus stables. Leurs souvenirs arrivaient en temps réel, des puces dans leurs cerveaux permettant de découvrir leurs rêves.
Visiblement, les six sujets ont été mis dans un train sur les rails de la gare. Ils étaient en train d’être évacués vers un site noir et inconnu, le « Site X », pour évacuation et utilisation. Mais Saul a reçu une foule d’ordres corrompus dans son cerveau, qui lui donnaient l’adresse d’un résibloc…
– Saul Arbest n’a pas été jeté par les Logiciens pour être abandonné en plein air. Il s’est enfui en tentant de rentrer chez lui, résolu l'Inquisitrice. »
Skane parut bizarrement triste, une seconde. Elle tordit ses lèvres, puis pianota sur sa tablette de données.
« Il reste encore beaucoup trop de questions sans réponses. Quel était le plan global des Logiciens ? Y a-t-il d’autres expériences qui étaient menées par eux ? Le Cartel Tantalus est-il en partie responsable de ces événements ? Y a-t-il donc encore des agents des Logiciens parmi les factions de Neustralia ? Le Mitan, la mafia de Neustralia, est-elle impliquée ou est-ce que la Moelle n’était qu’une exception ?
Surtout, où sont passés les cinq sujets encore stables, que les Logiciens ont capturé ?
Voilà de bonnes matières à travailler pour une future enquête. »
Elle passa la plaque de données à Rorich Peyrillac. Le militaire attendait patiemment derrière, parmi la suite. Skane s’approcha d’Enkidu, se planta devant lui tout droit.
« Vous et les autres acolytes pouvez être fiers de vous. Votre travail a été… Adéquat, et efficace. Je suis ravie de ne pas avoir pris une mauvaise décision en vous recrutant.
Maintenant, commence une partie légèrement plus désagréable, à laquelle je pense que vous vous attendez. Il faut surveiller que vous n’avez pas été contaminés par quoi que ce soit, ni physiquement, ni psychiquement. Il faut traiter les informations qui voyagent dans votre cerveau, et les réarranger, les inscrire à l’encre sur du parchemin, afin que vous puissiez commencer à mieux les compartimenter.
Enkidu, l’Inquisition vous remercie. Mais il est temps de vous débriefer. »
Ziegler s’approcha avec une aiguille, et il était temps de l’anesthésier lui aussi.
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==+==BENI SOIT L’OMNIMESSIE BENI SOIT L’OMNIMESSIE BENI SOIT L’OMNIMESSIE BENI SOIT L’OMNIMESSIE==+==
esipjres^pjrez/:erzLezr?e!!»azre??+87es)’^=&
==+==CAN-COGITATOR OPIBUS HUMANIS-99 βλ-9 ==+==
==+==CONNEXION SECURISEE==+==
Classificatio : Secreto Extremis
Designatio : Inquisitour Skane Retenere — Indomitus Ravel
…
…
CONNEXION…
==+==PENSEE DU JOUR : N’appelle aucun homme heureux avant qu’il ne soit mort==+==
VOUS ETES CONNECTE, BENI SOIT L’ESPRIT DE LA MACHINE.
>>>>>>Consultare missaticus
>>>Buxida receptio
==+==
Data : 815.M41
Expeditor : Lexiconographicus Ndiame Masteel
Destinatum : Inquisitour Astrid Skane
Objectum : Mise à jour fiches acolytes
À votre Auguste Seigneurie,
Suite à l’accomplissement de la mission [[CONFIDENTIEL]] désignation Tetra-4, nous procédons en ce moment même au débriefing des acolytes.
Les quatre ont performé de manière adéquate et n’ont pas de trace de corruption empêchant le retour sur mission. Aucun des quatre ne sera donc liquidé et tous seront réintégrés dans le service.
Je vous fais parvenir en pièce jointe leurs rapports médicaux, et laisse à votre impérieuse appréciation la manière de les redispatcher.
Très cordialement,
Masteel

