Enkidu prit le temps de faire semblant de réfléchir, puis répondit à la silhouette monstrueuse derrière le rideau :
« Je vois votre raisonnement, et je le comprends. Cet arrangement nous convient, sire Lalbinos. »
Au pire, les deux Acolytes pouvaient ne pas revenir du tout si elles changeaient d’avis. Là, ce que voulait Enkidu, c’était de la lumière et être loin de ces créatures maudites pour pouvoir réfléchir clairement.
Un des monstres les raccompagna en dehors du bourg de Mutants, et comme à l’allée ils n’étaient accompagnés que de bruits visqueux de poisson et d’indifférence polie. Les gens… enfin, les abominations ne semblaient pas choquées de les voir partir en vie. Ne semblaient même pas regretter d’être incapable de les manger ou de les violer. L’ordre public du lieu (enfin, son existence) était surprenant.
Le garde à l’entrée leur expliqua la route jusqu’à la station-service. Certains noms de rue étaient encore visibles. Ensuite, elles furent libres. Elles s’éloignèrent en silence d’un pas déterminé, le temps d’être hors de portée d’oreille. Cela laissa le temps à la Psyker de réfléchir à ce qu’elle allait dire. Sans regarder sa collègue en face, elle fit remarquer d’un ton hésitant :
« Si j’étais prête à tout, que je reniais certains commandements de ma foi… je pourrais me dire que c’est drôlement commode, un groupe d’alliés déconnecté du reste de la Cité-Ruche et complètement sacrifiable. Je peux voir pourquoi, au nom d’un bien plus grand, on ait l’idée de parler avec des Mutants. Mais risquer de tuer des humains pour eux… je… je sais pas si j’ai bien fait de parler au grand monstre. On m’a dit… on m’a dit que tu saurais me guider, que je devais te faire confiance. Je… j’ai bien fait ? J’ai fait comme il fallait ? Pourquoi t’as rien dit ? »
[Warhammer 40k] L'effet de Coriolis
- Reinhard Faul
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Re: [Warhammer 40k] L'effet de Coriolis
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Re: [Warhammer 40k] L'effet de Coriolis
Les deux filles enfin dehors, la pression retombait à peine — elles avaient troqué la claustrophobie d’être entourées de mutants armés en plein dans leur repaire pour retourner dans les ruelles abandonnées d’une cité en ruine, parcourue par des chiens, et apparemment, des brigands charognards à la botte d’autres factions… Elles retournaient dans les ruelles avec une direction approximative, quand Enkidu commença à demander des explications sur le silence de Livia tout le long où elles étaient en présence de l’Albinos.
Livia se retourna, posa ses mains sur le masque d’Enkidu, presque pour lui caresser le visage — elle mit en fait ses mains sur son filtre. Elle le retira, et un instant, la pauvre psyker dut demeurer entièrement asphyxiée, sous peine d’absorber l’air vicié de la sous-ruche. Elle lui changea en fait son filtre pour en mettre un nouveau, afin de continuer de la protéger, tandis qu’elle répondit d’une petite voix :
« Je n’ai rien dit car tu t’en sortais très bien toute seule. Tu es bien plus intelligente que tu l’imagines… Et puis, si jamais l’Albinos avait tenté quoi que ce soit, lui ou un de ses ignobles homme-poiscaille, sache que j’avais en permanence une dizaine de façons dans ma tête pour tuer ses sbires et le prendre en otage… On aurait simplement réglé la situation plus violemment. »
Elle eut un petit gloussement, presque celui d’une petite fille. Puis, elle verrouilla bien le filtre, et continua de tracer sa route.
« Ces mutants ont besoin de nous et peuvent nous rapporter quelque chose. Mieux vaut eux que le chaos. L’Inquisition saura les purger le jour où ils n’auront plus une utilité économique ou politique quelconque. Et même si ce sont, au fond d’eux, de bonnes gens demeurées loyales à l’Empereur, alors, c’est que le Fakir saura reconnaître les siens lorsqu’on les purgera. N’est-ce pas merveilleux ? Quoi qu’on fasse, l’ordre avance. Même si pour cela, il faut se salir les mains… »
Quelque chose comme un quart d’heures plus tard, elles se retrouvaient un peu à l’écart de la ville. Une station-service était bien aux abords de la cité. Mauvaise nouvelle : l’endroit était entouré d’un grand grillage un peu pourri et ruiné. Ce devait être un entrepôt pour des bus et des VTC, le service de transport local d’avant la destruction du quartier. Livia et Enkidu choisirent d’observer autour d’elles ; elles trouvèrent un ancien grand panneau publicitaire vantant les mérites d’une guilde de limonadiers et leurs boissons excellentes pour la santé, et un reste d’échelle permettait de se hisser et d’observer un peu l’endroit dont elles s’approcheraient, à l’aide de jumelles posées devant les écoutilles de leurs masques…
Les fenêtres de la station service avaient été recouvertes de bâches. Sur le toit de la station, deux sentinelles, recouverts de la tête aux pieds avec des équipements de protection NBC, montaient la garde avec des fusils à verrou. Autour du secteur, devant les restes de bus, Livia pointa du doigt et nota quelque chose :
« Je vois deux servo-crânes qui font des rondes, probablement pour analyser l’environnement… Ils n’ont pas l’air d’avoir installé de pièges… Je pense qu’ils s’attendent à se faire attaquer par des mutants, donc ils ont des munitions pour… mmh… Attaquer de front est réalisable, mais nous ne sommes que deux et ils n’ont pas l’air d’avoir d’échappatoire. »
Accolé à la station service et à ses bâches, on voyait un générateur, et une sorte de grosse boîte ventilée. Ils avaient de l’électricité, en tout cas, puisque des lumières étaient allumées un peu partout. Ils étaient bien équipés, mais c’était sans doute leur grande faiblesse.
Livia se retourna, posa ses mains sur le masque d’Enkidu, presque pour lui caresser le visage — elle mit en fait ses mains sur son filtre. Elle le retira, et un instant, la pauvre psyker dut demeurer entièrement asphyxiée, sous peine d’absorber l’air vicié de la sous-ruche. Elle lui changea en fait son filtre pour en mettre un nouveau, afin de continuer de la protéger, tandis qu’elle répondit d’une petite voix :
« Je n’ai rien dit car tu t’en sortais très bien toute seule. Tu es bien plus intelligente que tu l’imagines… Et puis, si jamais l’Albinos avait tenté quoi que ce soit, lui ou un de ses ignobles homme-poiscaille, sache que j’avais en permanence une dizaine de façons dans ma tête pour tuer ses sbires et le prendre en otage… On aurait simplement réglé la situation plus violemment. »
Elle eut un petit gloussement, presque celui d’une petite fille. Puis, elle verrouilla bien le filtre, et continua de tracer sa route.
« Ces mutants ont besoin de nous et peuvent nous rapporter quelque chose. Mieux vaut eux que le chaos. L’Inquisition saura les purger le jour où ils n’auront plus une utilité économique ou politique quelconque. Et même si ce sont, au fond d’eux, de bonnes gens demeurées loyales à l’Empereur, alors, c’est que le Fakir saura reconnaître les siens lorsqu’on les purgera. N’est-ce pas merveilleux ? Quoi qu’on fasse, l’ordre avance. Même si pour cela, il faut se salir les mains… »
Quelque chose comme un quart d’heures plus tard, elles se retrouvaient un peu à l’écart de la ville. Une station-service était bien aux abords de la cité. Mauvaise nouvelle : l’endroit était entouré d’un grand grillage un peu pourri et ruiné. Ce devait être un entrepôt pour des bus et des VTC, le service de transport local d’avant la destruction du quartier. Livia et Enkidu choisirent d’observer autour d’elles ; elles trouvèrent un ancien grand panneau publicitaire vantant les mérites d’une guilde de limonadiers et leurs boissons excellentes pour la santé, et un reste d’échelle permettait de se hisser et d’observer un peu l’endroit dont elles s’approcheraient, à l’aide de jumelles posées devant les écoutilles de leurs masques…
Les fenêtres de la station service avaient été recouvertes de bâches. Sur le toit de la station, deux sentinelles, recouverts de la tête aux pieds avec des équipements de protection NBC, montaient la garde avec des fusils à verrou. Autour du secteur, devant les restes de bus, Livia pointa du doigt et nota quelque chose :
« Je vois deux servo-crânes qui font des rondes, probablement pour analyser l’environnement… Ils n’ont pas l’air d’avoir installé de pièges… Je pense qu’ils s’attendent à se faire attaquer par des mutants, donc ils ont des munitions pour… mmh… Attaquer de front est réalisable, mais nous ne sommes que deux et ils n’ont pas l’air d’avoir d’échappatoire. »
Accolé à la station service et à ses bâches, on voyait un générateur, et une sorte de grosse boîte ventilée. Ils avaient de l’électricité, en tout cas, puisque des lumières étaient allumées un peu partout. Ils étaient bien équipés, mais c’était sans doute leur grande faiblesse.

