[Période des Trois Empereurs][Vladimir Kergan] Le Prince de la Nuit
Posté : 13 nov. 2015, 16:44
Mordheim, jadis le plus précieux joyaux de l'Empire Sigmarite, Cité resplandissante ou tout n'était que faste et richesse, maintenant rebaptisée la Cité des Damnés ou mort et désespoir règnent en maîtres absolus dans les ruines encore suintantes du péché des hommes de jadis. Un endroit que l'on dit touché par le doigt même des Sombres Puissances et qui est à présent le repère d'hommes en quête de savoir interdit et de créatures inquiétantes qui rôdent la nuit à la lueur des deux lunes. Pauvre Sigmar, lui qui souhaitait purifier ces terres de toute la corruption qui les pourrissaient, il n'était parvenu qu'à créer un endroit encore plus immonde qu'auparavant, théâtre d'une lutte de pouvoir sordide entre les hommes qui voulaient avoir la chance de lui succéder sur le Trône de son Empire. Trois d'entre eux se démarquaient et se présentaient comme les plus dignes de s'emparer de la Couronne Impériale... Mais dans l'ombre, un Autre guettait.
Des terres de Sylvanie oubliées des Dieux, un Mal Ancien s'éveille, son regard et son attention se porte sur l'Empire affaiblit, sur les faibles mortels qui le composent et qui s'entre-déchirent les uns les autres dans une lutte illusoire leur donnant le sentiment d'être importants, d'être les maîtres de leur propre destinée... Pauvres fous. Assis sur son Trône d'Obsidienne dans la plus somptueuse des pièces du Chateau Drakenhof, le Comte est au fait de ce qu'il se trame dans l'Ostermark, de cette fameuse pierre qui dit-on est capable des plus grands prodiges. Les agents de Sylvanie, déjà sillonnent la Cité Maudite à la recherche de ce minerais magique qui Lui permettrait de jeter le gant à la face de l'Empire Sigmarite, remettre les hommes à leur juste place dans l'ordre des choses et prendre ce qui lui revenait de droit. Les lourdes portes de la salle du trône s'ouvrirent et une silhouette drapée de noire au visage encapuchonné s'avança lentement vers le Seigneur de Sylvanie qui toisait l'homme de son regard brillant, ses longs cheveux noirs encadrant un visage à la beauté sauvage, bestiale.
Vous m'avez demandé, Sire ? Demanda le nouveau venu en mettant un genoux à terre en signe de respect et dévotion pour celui qu'il considérait comme son mentor, père et dieu. La voix glacée de Vlad von Carstein, qui s'était légèrement penché en avant, résonna dans la pénombre de la salle du trône dont le plafond était si haut qu'il était impossible de l'appercevoir dans les ténèbres ambiantes.
Nos émissaires semblent rencontrer certaines.... difficultés à s'acquitter de leur tâche à Mordheim. Les faibles prétendants au trône impérial ont envoyés leurs agents pour s'emparer eux aussi de cette fameuse pierre. Je ne puis permettre de laisser ces mortels insignifiants me gêner dans ce qui aboutira au premier acte de la Guerre qui opposera la Sylvanie au monde des hommes. C'est pour cela que je souhaite que vous vous rendiez sur place, assurez-vous du bon déroulement de l'expédition et ramenez moi la pierre aux reflets verts. Ordonna le Père des von Carstein en reposant son dos sur le dossier noir. Bien, Maître. Je ne vous décevrai pas. La silhouette encapuchonnée se releva lentement et disparut dans les ténèbres, laissant le Comte à ses rêves de grandeur et de domination.
Gilberthe Noirot, dîtes Gilberthe "aux Six Doigts" s'avançait péniblement dans les ruelles de Mordheim, c'était une vieille aigrie vêtue de guenilles et qui s'appuyait sur un bâton pour aider à déplacer ses jambes tremblantes. Les gueux la connaissaient bien la Gilberthe, elle errait ça et là dans la Cité des Damnés, ses mains toujours gantées pour éviter que l'on apperçoive l'horrible difformité qu'elle tentait de cacher du mieux qu'elle pouvait. On l'aimait bien la Gilberthe, toujours un mot gentil pour tout le monde, ce qui était rare dans cette ville où tout n'était plus que crasse, horreur et maladie. Le jour, la ville était le théâtre d'affrontements entre des bandes rivales qui se disputait les richesses qu'il était encore possible de dérober à la ville perdue. Mais la nuit, lorsque Morrslieb approchait son visage hideux, il était possible d'appercevoir sur les murs de Mordheim les visages grimaçants des victimes de la colère de Sigmar, des âmes damnées pour l'Eternité.
C'est par une nuit semblable à toutes les autres que la vieille comère poussa la porte d'un ancien hangar transformée en taverne de fortune. C'est là qu'elle venait toujours boire sa goutte et dépenser le peu d'argent qu'elle parvenait à récolte, avant d'aller se mettre au lit, quelque part dans une ruelle sombre qu'elle jugeait suffisamment sûre pour ne pas être dérangée, de toute façon qui viendrait perturber une petite vieille sans défense, c'était pas comme si elle avait quelque chose de précieux sur elle... Même un Zombie ne ferait pas un bon repas. Otto le videur l'observa avec un regard narquois, la ptite vieille était pas comme tous les autres clodos qui venaient frapper à la porte de la taverne, elle au moins elle savait payer, comment elle faisait il n'en savait rien, mais généralement elle prenait plusieurs verres et allongait la monnaie.... Ca avait de la ressource ces vieilles gates.
Alors Gilberthe, comme d'hab je suppose ? Dit le serveur à la moustache bien fournie qui avait déjà préparé un verre de liquide ambré, l'alcool était tout simplement infecte mais qu'est-ce qu'un homme ne donnerait pas pour oublier un tant soi peu sa vie misérable ? Ici après quelques verres de ce nectar, ils pouvaient se sentir comme Sigmar en personne. Merci Rufus, met m'en directement un triple s'tu veux bien, c'est qu'la nuit est fraîche et j'ai personne pour partager ma couche Dit la petite vieille en adressant un clin d'oeil coquin au barman qui s'empressa de détourner le regard. Gilberthe fouilla ses poches pour en sortir plusieurs pièces de monnaie, suffisamment pour se payer une dizaine de verre. Certains clients lorgnèrent sur le petit pactole mais le regard dissuasif d'Otto eut tôt fait de les ramener à leurs boissons.
Oh non, qu'est-ce qu'il vient faire là celui là... Soupira Rufus en essuyant un verre avec un torchon à la couleur douteuse. Gilberthe se retourna et apperçut Niklaus, un vieux sénile qui prêchait des inepties à longueur de temps et que personne ne supportait. Le vieillard fit quelques pas vers le comptoir mais fut intercepté par le videur qui le projetta à terre d'un coup de son ventre bedonnant. L'augure professa alors une étrange prophétie, des mots qui provoquèrent un silence, seulement rompu par le bruit de grosse déglutition que faisait la vieille comère à chaque gorgée avalée. Mais bientôt ce fut un torrent de rires qui secoua l'établissement alors qu'on jettait Niklaus comme un vulgaire sac à l'extérieur de la taverne, même Gilberthe laissa échapper un sourire édenté devant ce spectacle si misérable.
J'en ai assez vu pour c'soir Rufus, l'est temps pour moi d'aller me coucher. Dit la vieille femme en levant de la caisse de boix faisant office de chaise sur laquelle elle s'était assise précédemment. Eh ben voilà Gil, tu l'as trouvé ton coup de ce soir ! Renchérit Rufus avec un rire goguenard. Grand fou, il a sûrement oublié comment utiliser ce qu'il a dans ces pantalons, aller à demain soir, si mes vieux os survivent jusque là. De sa démarche claudiquante, Gilberthe aux Six Doigts quitta le hangar, laissant derrière elle les hommes qui continuaient de rire avec dédain. Le visage de la vieille femme se transforma, son regard hagard se fit soudain plus dur, plus sûr, plus froid aussi.
Les Maîtres seront fiers de Gilberthe, oui oui. Dit-elle en laissant échapper un rire de vieille mégère. Elle s'enfonça dans la nuit, marchant aussi vite que le permettait ses trois jambes, serrant ses guenilles autour d'elle. Ses pas la menèrent jusqu'à un vieux manoir délabré dans une zone déserte de la ville, un frisson lui parcouru l'échine, cela faisait plusieurs semaines qu'elle venait dans cet endroit mais même après tout ce temps, une crainte sans nom lui rongeait les entrailles... Le Mal vivait en ces lieux. La Paria frappa trois coup à la porte de la maison qui s'ouvrit en grinçant. L'intérieur était poussiéreux, vêtustes et si elle ne savait pas les Choses qui se terraient à l'intérieur, elle aurait pu croire que c'était les araignées qui s'étaient appropriées la maison, derrière elle la porte se ferma dans un claquement sec.
Gilberthe... As-tu des nouvelles intéressantes ce soir ? Elle sentit plus qu'elle ne vit une ombre passer non loin d'elle, comme un courant d'air glacé. Elle tâcha de parler de sa voix la plus assurée, mais le tremblement qui secouait sa voix trahissait une terreur à peine contenue, ses Maîtres avaient toujours été bons pour elle, mais jamais elle ne parviendrait à surmonter cette peur viscérale... Pourtant elle avait besoin d'eux, tellement besoin d'eux.
Ou...Oui, une rumeur se répand comme une trainée de poudre monseigneur, il semblerait que la couronne du vieux comte de l'ostermark serait sur le point d'être découverte, maître. J'ai pensé que cela vous intéresserait, maître. La Paria se balançait d'avant en arrière, comme une aliénée alors que deux silhouettes blafardes apparurent à la lueur d'une bougie. Leurs teints étaient blafards mais ils étaient de port altier, le visage d'apparence noble mais l'on pouvait lire dans le fond de leurs yeux l'instinct d'un prédateur sauvage, prêt à bondir.
Nous n'avons que faire de la Couronne du Comte Electeur, Gilberthe. Nous souhaitons acquérir plus de minerais magique pour notre Seigneur. Est-ce pour cette raison que tu nous a dérangé, vieille mégère ? Gronda Ladislas von Carstein avec une voix sifflante, vite approuvé par son congénère. La vieille comère ecarquilla les yeux, l'air effaré devant une erreur qui pouvait lui coûter la vie, voir pire.
Je, je, veuillez m'excuser, je ne savais pas, je croyais... Tous les hommes vont se lancer à sa recherche, maîtres. Les deux Vampires n'avaient que faire des excuses, il y avait là dehors tout un tas de mendiants qui seraient prêts à tout pour avoir la protection des nobles de Sylvanie, eux qui étaient les seuls à les tolérer et à leur accorder un tant soi peu de considération. Gilberthe aux Six Doigts ferma les yeux, prête à rendre son dernier souffle, implorant à tout hasard la miséricorde d'un Dieu qui s'était sûrement détourné d'elle depuis longtemps.
Attendez. Fit alors une voix puissante, la vieille mégère rouvrit les yeux, à temps pour voir les Vampires s'éloigner d'elle avec crainte. La bougie fut soufflée et bientôt l' obscurité s'empara du salon poussiéreux du manoir dans lequel elle se trouvait.
Sei, Seigneur Kergan, nous devons nous acquitter de notre tâche pour le Seigneur de Sylvanie, c'est pour celà que nous avons été envoyés ici, pas pour aller à la chasse au trésor. Dit timidement Ladislas von Carstein qui reçu pour toute réponse un sifflement strident qui le conduit à se recroqueviler sur lui-même. Lorsque les yeux de la vieille femme furent suffisamment habitués à la pénombre, elle apperçu enfin le nouvel arrivant, il était grand, bien plus grand que les autres maîtres et, elle le sentait, bien plus dangereux.
Nous avons suffisamment de minerais pour le Comte à présent, Ladislas. La Couronne Perdue reviendra au Prince de la Nuit... Va Gilberthe, poursuis tes investigations, tend l'oreille et préviens nous de la moindre rumeur que tu jugeras intéressante. Les deux Vampires inclinèrent la tête en signe de soumission avant de se retirer ailleurs et la vieille mégère prit ses jambes à son cou, retournant dans les ruelles. Vladimir Kergan allait à son tour se lancer dans la quête de la Couronne Perdue, qui allait à présent pouvoir se mettre sur son chemin ?
Des terres de Sylvanie oubliées des Dieux, un Mal Ancien s'éveille, son regard et son attention se porte sur l'Empire affaiblit, sur les faibles mortels qui le composent et qui s'entre-déchirent les uns les autres dans une lutte illusoire leur donnant le sentiment d'être importants, d'être les maîtres de leur propre destinée... Pauvres fous. Assis sur son Trône d'Obsidienne dans la plus somptueuse des pièces du Chateau Drakenhof, le Comte est au fait de ce qu'il se trame dans l'Ostermark, de cette fameuse pierre qui dit-on est capable des plus grands prodiges. Les agents de Sylvanie, déjà sillonnent la Cité Maudite à la recherche de ce minerais magique qui Lui permettrait de jeter le gant à la face de l'Empire Sigmarite, remettre les hommes à leur juste place dans l'ordre des choses et prendre ce qui lui revenait de droit. Les lourdes portes de la salle du trône s'ouvrirent et une silhouette drapée de noire au visage encapuchonné s'avança lentement vers le Seigneur de Sylvanie qui toisait l'homme de son regard brillant, ses longs cheveux noirs encadrant un visage à la beauté sauvage, bestiale.
Vous m'avez demandé, Sire ? Demanda le nouveau venu en mettant un genoux à terre en signe de respect et dévotion pour celui qu'il considérait comme son mentor, père et dieu. La voix glacée de Vlad von Carstein, qui s'était légèrement penché en avant, résonna dans la pénombre de la salle du trône dont le plafond était si haut qu'il était impossible de l'appercevoir dans les ténèbres ambiantes.
Nos émissaires semblent rencontrer certaines.... difficultés à s'acquitter de leur tâche à Mordheim. Les faibles prétendants au trône impérial ont envoyés leurs agents pour s'emparer eux aussi de cette fameuse pierre. Je ne puis permettre de laisser ces mortels insignifiants me gêner dans ce qui aboutira au premier acte de la Guerre qui opposera la Sylvanie au monde des hommes. C'est pour cela que je souhaite que vous vous rendiez sur place, assurez-vous du bon déroulement de l'expédition et ramenez moi la pierre aux reflets verts. Ordonna le Père des von Carstein en reposant son dos sur le dossier noir. Bien, Maître. Je ne vous décevrai pas. La silhouette encapuchonnée se releva lentement et disparut dans les ténèbres, laissant le Comte à ses rêves de grandeur et de domination.
Gilberthe Noirot, dîtes Gilberthe "aux Six Doigts" s'avançait péniblement dans les ruelles de Mordheim, c'était une vieille aigrie vêtue de guenilles et qui s'appuyait sur un bâton pour aider à déplacer ses jambes tremblantes. Les gueux la connaissaient bien la Gilberthe, elle errait ça et là dans la Cité des Damnés, ses mains toujours gantées pour éviter que l'on apperçoive l'horrible difformité qu'elle tentait de cacher du mieux qu'elle pouvait. On l'aimait bien la Gilberthe, toujours un mot gentil pour tout le monde, ce qui était rare dans cette ville où tout n'était plus que crasse, horreur et maladie. Le jour, la ville était le théâtre d'affrontements entre des bandes rivales qui se disputait les richesses qu'il était encore possible de dérober à la ville perdue. Mais la nuit, lorsque Morrslieb approchait son visage hideux, il était possible d'appercevoir sur les murs de Mordheim les visages grimaçants des victimes de la colère de Sigmar, des âmes damnées pour l'Eternité.
C'est par une nuit semblable à toutes les autres que la vieille comère poussa la porte d'un ancien hangar transformée en taverne de fortune. C'est là qu'elle venait toujours boire sa goutte et dépenser le peu d'argent qu'elle parvenait à récolte, avant d'aller se mettre au lit, quelque part dans une ruelle sombre qu'elle jugeait suffisamment sûre pour ne pas être dérangée, de toute façon qui viendrait perturber une petite vieille sans défense, c'était pas comme si elle avait quelque chose de précieux sur elle... Même un Zombie ne ferait pas un bon repas. Otto le videur l'observa avec un regard narquois, la ptite vieille était pas comme tous les autres clodos qui venaient frapper à la porte de la taverne, elle au moins elle savait payer, comment elle faisait il n'en savait rien, mais généralement elle prenait plusieurs verres et allongait la monnaie.... Ca avait de la ressource ces vieilles gates.
Alors Gilberthe, comme d'hab je suppose ? Dit le serveur à la moustache bien fournie qui avait déjà préparé un verre de liquide ambré, l'alcool était tout simplement infecte mais qu'est-ce qu'un homme ne donnerait pas pour oublier un tant soi peu sa vie misérable ? Ici après quelques verres de ce nectar, ils pouvaient se sentir comme Sigmar en personne. Merci Rufus, met m'en directement un triple s'tu veux bien, c'est qu'la nuit est fraîche et j'ai personne pour partager ma couche Dit la petite vieille en adressant un clin d'oeil coquin au barman qui s'empressa de détourner le regard. Gilberthe fouilla ses poches pour en sortir plusieurs pièces de monnaie, suffisamment pour se payer une dizaine de verre. Certains clients lorgnèrent sur le petit pactole mais le regard dissuasif d'Otto eut tôt fait de les ramener à leurs boissons.
Oh non, qu'est-ce qu'il vient faire là celui là... Soupira Rufus en essuyant un verre avec un torchon à la couleur douteuse. Gilberthe se retourna et apperçut Niklaus, un vieux sénile qui prêchait des inepties à longueur de temps et que personne ne supportait. Le vieillard fit quelques pas vers le comptoir mais fut intercepté par le videur qui le projetta à terre d'un coup de son ventre bedonnant. L'augure professa alors une étrange prophétie, des mots qui provoquèrent un silence, seulement rompu par le bruit de grosse déglutition que faisait la vieille comère à chaque gorgée avalée. Mais bientôt ce fut un torrent de rires qui secoua l'établissement alors qu'on jettait Niklaus comme un vulgaire sac à l'extérieur de la taverne, même Gilberthe laissa échapper un sourire édenté devant ce spectacle si misérable.
J'en ai assez vu pour c'soir Rufus, l'est temps pour moi d'aller me coucher. Dit la vieille femme en levant de la caisse de boix faisant office de chaise sur laquelle elle s'était assise précédemment. Eh ben voilà Gil, tu l'as trouvé ton coup de ce soir ! Renchérit Rufus avec un rire goguenard. Grand fou, il a sûrement oublié comment utiliser ce qu'il a dans ces pantalons, aller à demain soir, si mes vieux os survivent jusque là. De sa démarche claudiquante, Gilberthe aux Six Doigts quitta le hangar, laissant derrière elle les hommes qui continuaient de rire avec dédain. Le visage de la vieille femme se transforma, son regard hagard se fit soudain plus dur, plus sûr, plus froid aussi.
Les Maîtres seront fiers de Gilberthe, oui oui. Dit-elle en laissant échapper un rire de vieille mégère. Elle s'enfonça dans la nuit, marchant aussi vite que le permettait ses trois jambes, serrant ses guenilles autour d'elle. Ses pas la menèrent jusqu'à un vieux manoir délabré dans une zone déserte de la ville, un frisson lui parcouru l'échine, cela faisait plusieurs semaines qu'elle venait dans cet endroit mais même après tout ce temps, une crainte sans nom lui rongeait les entrailles... Le Mal vivait en ces lieux. La Paria frappa trois coup à la porte de la maison qui s'ouvrit en grinçant. L'intérieur était poussiéreux, vêtustes et si elle ne savait pas les Choses qui se terraient à l'intérieur, elle aurait pu croire que c'était les araignées qui s'étaient appropriées la maison, derrière elle la porte se ferma dans un claquement sec.
Gilberthe... As-tu des nouvelles intéressantes ce soir ? Elle sentit plus qu'elle ne vit une ombre passer non loin d'elle, comme un courant d'air glacé. Elle tâcha de parler de sa voix la plus assurée, mais le tremblement qui secouait sa voix trahissait une terreur à peine contenue, ses Maîtres avaient toujours été bons pour elle, mais jamais elle ne parviendrait à surmonter cette peur viscérale... Pourtant elle avait besoin d'eux, tellement besoin d'eux.
Ou...Oui, une rumeur se répand comme une trainée de poudre monseigneur, il semblerait que la couronne du vieux comte de l'ostermark serait sur le point d'être découverte, maître. J'ai pensé que cela vous intéresserait, maître. La Paria se balançait d'avant en arrière, comme une aliénée alors que deux silhouettes blafardes apparurent à la lueur d'une bougie. Leurs teints étaient blafards mais ils étaient de port altier, le visage d'apparence noble mais l'on pouvait lire dans le fond de leurs yeux l'instinct d'un prédateur sauvage, prêt à bondir.
Nous n'avons que faire de la Couronne du Comte Electeur, Gilberthe. Nous souhaitons acquérir plus de minerais magique pour notre Seigneur. Est-ce pour cette raison que tu nous a dérangé, vieille mégère ? Gronda Ladislas von Carstein avec une voix sifflante, vite approuvé par son congénère. La vieille comère ecarquilla les yeux, l'air effaré devant une erreur qui pouvait lui coûter la vie, voir pire.
Je, je, veuillez m'excuser, je ne savais pas, je croyais... Tous les hommes vont se lancer à sa recherche, maîtres. Les deux Vampires n'avaient que faire des excuses, il y avait là dehors tout un tas de mendiants qui seraient prêts à tout pour avoir la protection des nobles de Sylvanie, eux qui étaient les seuls à les tolérer et à leur accorder un tant soi peu de considération. Gilberthe aux Six Doigts ferma les yeux, prête à rendre son dernier souffle, implorant à tout hasard la miséricorde d'un Dieu qui s'était sûrement détourné d'elle depuis longtemps.
Attendez. Fit alors une voix puissante, la vieille mégère rouvrit les yeux, à temps pour voir les Vampires s'éloigner d'elle avec crainte. La bougie fut soufflée et bientôt l' obscurité s'empara du salon poussiéreux du manoir dans lequel elle se trouvait.
Sei, Seigneur Kergan, nous devons nous acquitter de notre tâche pour le Seigneur de Sylvanie, c'est pour celà que nous avons été envoyés ici, pas pour aller à la chasse au trésor. Dit timidement Ladislas von Carstein qui reçu pour toute réponse un sifflement strident qui le conduit à se recroqueviler sur lui-même. Lorsque les yeux de la vieille femme furent suffisamment habitués à la pénombre, elle apperçu enfin le nouvel arrivant, il était grand, bien plus grand que les autres maîtres et, elle le sentait, bien plus dangereux.
Nous avons suffisamment de minerais pour le Comte à présent, Ladislas. La Couronne Perdue reviendra au Prince de la Nuit... Va Gilberthe, poursuis tes investigations, tend l'oreille et préviens nous de la moindre rumeur que tu jugeras intéressante. Les deux Vampires inclinèrent la tête en signe de soumission avant de se retirer ailleurs et la vieille mégère prit ses jambes à son cou, retournant dans les ruelles. Vladimir Kergan allait à son tour se lancer dans la quête de la Couronne Perdue, qui allait à présent pouvoir se mettre sur son chemin ?


