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Les cadeaux du Nain de Nowel [Fin le 03/01/2023] [Terminé]

Posté : 18 déc. 2022, 21:20
par Le Voyageur
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Les vents soufflent sur les terres portant les neiges du nord, la nuit tombe de plus en plus tôt, quand elle se lève encore dans les cercles les plus froids. La guerre est condamnée au silence et le fracas des armes laisse place à celui du froid et de la maladie.

Et pourtant les familles se réunissent, partagent des victuailles et des mets. On s'empiffre, on se goinfre et on jure solenellement de ne pas recommencer l'année suivante, avant de se reservir une bonne part de dessert parce qu'après tout on l'a mérité et puis le gras ça réchauffe.

C'est la trêve pour tous, sauf le chapon qui n'a su tirer ses marrons du feu, et même le vieil oncle ulricain est écouté poliment par le reste de la tablée lorsqu'il explique que de son temps, ça bougeait quand même plus et que même les hommes-bêtes eh bien ils étaient plus gros et puis que Franz il a volé l'élection pour le titre d'Empereur.

Tous sont heureux, des stonbas de Nowel orcs à la sieste annuelle d'Ursun, et même les ogres et les halflings arrivent à finir rassasiés, exploit si il en est un.

Et pourtant...

Et pourtant il rôde, il rôde dans la nuit. Les enfants sages sont récompensés et ceux qui ont été vilains tremblent dans leur lit.


La fin est proche, ils entendent des pas, des pas dans la cheminée...

Il arrive.
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Abominables pour certains. Fabuleux pour d'autres: les avis fusent sur la nature des cadeaux du Vieux Nain de Nowel ! La seule chose qui intéresse vraiment les badauds, ce sont les fabuleux trésors pouvant être obtenus, mais à quel prix ? Il arrive en effet que les "cadeaux" soient tout sauf sympathiques, voire.. mortels !

Image Vous ! Oui, vous là ! Oserez-vous tenter l'expérience ? Oserez-vous tendre la main vers la fortune ou vers le trépas ? Allez, venez .. Et ouvrez donc un des cadeaux du Vieux Nain de Nowel !
Déroulement de l'activité
Il est très simple ! Il vous suffit de venir poster un petit RP si vous l'osez. Je tirerai alors 1d100 qui aboutira à un résultat entre 1 et 100. Il existe différents lots/effets néfastes, octroyés via un chiffre ou via des plages de chiffres (toujours entre 1 et 100. Bien évidemment, la table de résultats reste inconnue .. Suspense et chance sont au rendez-vous ! A moins que ce ne soit la mort dans d'atroces souffrances ?
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1 résultat positif = 2 XP + le cadeau tiré !
1 résultat néfaste = 1 XP + un cadeau de consolation

NB1: il y a plus de "chance" de tomber sur un effet néfaste que sur un cadeau !
NB2: les "perdants" à savoir, ceux qui reçoivent un effet néfaste, auront un lot de consolation: un Sap-biscuit restaurateurs de PV !

Re: Les cadeaux du Nain de Nowel, [Fin le 03/01/2023]

Posté : 19 déc. 2022, 00:24
par Rovk Alister
Le petit Rovk chante à nouveau son air préféré pour fêter la venue de l’hiver. Le froid dans les cheveux, la glace qui lui pend au nez (un peu trop). Il chante pour que les esprits oublient ses bêtises de l’année, et que leur bénédiction apporte chance et tranquillité au petit Norse. Heureusement, il a un petit tambour de guerre avec lui pour l’aider dans son art.



Sur la route,
Pa-ram-pam-pam-pam
Petit Drengr s'en va.
Pa-ram-pam-pam-pam


Il sent son coeur qui bat
Pa-ram-pam-pam-pam
Au rythme de ses pas
Pa-ram-pam-pam-pam-ram-pam-pam-pam ram-pam-pam-pam
Ô petit Drengr,
Pa-ram-pam-pam-pam
Où vas-tu ?

Hier plusieurs ancêtres
Pa-ram-pam-pam-pam
Ont suivi le tambour
Pa-ram-pam-pam-pam
Le tambour des guerriers
Pa-ram-pam-pam-pam
Ils sont aux cieux
Pa-ram-pam-pam-pam-ram-pam-pam-pam ram-pam-pam-pam
Y aura-t-il un retour ?

Un coeur vif au dieux
Pa-ram-pam-pam-pam
De l’or pour ma mère
Pa-ram-pam-pam-pam
Ô mes aïeux
Pa-ram-pam-pam-pam
Où vais-je ?

Tu

Vas

Au Suuuuud


Fatigué par ses percussions, il s’assied près du feu de la grotte. Soudain, il sent quelque chose lui gratter le bas du dos. Effrayé, croyant à un rat, voire pire encore, un rat esprit, il sursaute et court se cacher derrière un mur. Osant jeter un regard, il voit qu’il s’agit d’une boite, comme l’année dernière, et celle d’avant aussi. Mais qui peut bien donc lui envoyer ces colis chaque année.

En général, quand un vieux offre un truc à un gosse qu’il ne connaît pas, ça finit mal.

Mais Rovk adore son bonnet, et il adore son nouveau sac. Il se rue sur la boîte et va la cacher sous sa couette. Après une soirée arrosée, il s’endort. Le lendemain, avant que les sacs à vin se lèvent, il ouvre la boîte mystère…

Re: Les cadeaux du Nain de Nowel, [Fin le 03/01/2023]

Posté : 19 déc. 2022, 08:33
par Martin
Lavé d'un bon savon à la graisse de gibier, le chasseur terminait ses ablutions matinales dans l'eau cristaline du lac bretonnien. Le soleil se levait, chassant les ténèbres de la nuit pour dévoiler l'aube montante, illuminant de sa splendeur les collines et vallées.
Frisquet, le nordlander dans son plus simple appareil termina sas ablations et fit quelques brasses dans l'eau avant d'y plonger tête la première. Il espérait repérer quelques poissons ou un caillou intéressant dans le lot, qui puisse servir de quelque souvenir à ses proches, ou de présent à la longues oreilles avec qui il flirtait.

Las, rien de bien intéressant ne se révéla à ses yeux sinon que l'algue et le sable sous-marin.
Déçu mais pas au-delà de toute mesure, il abandonna ses investigations pour remonter vers la rive où crépitait le feu de camp qu'il avait lancé avant de se mettre à l'eau. À côté de celui ci ses armes et vêtements en plus d'un torchon.
S'avançant sur la rive dans le plus simple appareil, l'homme commença par s'essuyer le corps du plat de sa main de haut en bas, selon la methode nordique.
Une fois fait, il se débarrassa des dernières gouttes d'eau perlées venant habiller sa peau à l'aide du torchon, toujours dans le même ordre.
Puis il pu se tenir sur la pointe des pieds devant le feu, accroupi, pour enfin se réchauffer. Là, après une minute ou deux, il commença à se vêtir, le jour s'étant progressivement révélé à la faveur de l'aurore.
Pestant contre le sable sur ses pieds qu'il aurait à enlever en frottant ceux ci à l'herbe mouillée par rosée.

Tout à ses attentions, son instinct lui souffla que quelqu'un etait derrière lui. Pestant en souriant contre cette foutue elfe qui pensait lui refaire le coup de "si c'eût été un ennemi tu serais déjà mort", il continua de faire mine de rien tout en se rapprochant le plus naturellement du monde vers son attirail. Dague, hache naine, arc d'épines.... Il avit le choix des armes. Mais il se opta pour ce qui était le plus facile à armer et user, surtout en connaissant la grâce et l'agilité traitresse de cette tigresse.
S'en emparant, il se retourna alors à toute vitesse et, n'ayant rien de familier dans son champ de vision, lança l'arme en direction du gobelin vert qu'il repéra.
Son arme vint se planter juste au-dessus de sa tête, empalant son étrange bonnet avant que celui ci ne décampe à toute vitesse.

Qu'est ce que c'était que ça ?
Lui demanda une voix sur le côté.
Haussant les épaules, le chasseur ne pu qu'admettre son ignorance.

Comment était la vue ?

Average, lui répondit elle avec le sourire. Dommage qu'il ne parla pas encore le bretonni. Néanmoins sourire carnassier semblait suffire pour traduire sa pensée.

Le duo s'approchant de l'arbre pu était fichée la dague, plantée dans le bonnet, ils découvrirent aux pieds de la flore locale une petite boite rouge....

Et un grave Oh ! Oh ! Oh ! Résonna dans le lointain....

Re: Les cadeaux du Nain de Nowel, [Fin le 03/01/2023]

Posté : 22 déc. 2022, 15:49
par Nola Al'Nysa
« Alors ?! T’vois quelque chose ? »

Essoufflée, les mains sur les genoux, je scrutais l’horizon en essayant de percer l’épaisse couche de brouillard et de flocon de neige qui m’entourait. L’air frais que j'aspirais me brûlait les poumons tandis que mon souffle provoquait de légers nuages de fumée dans la fin d’après-midi glaciale de cette journée d’hiver.

« Non, c’est une putain de purée de pois, impossible de voir à plus de dix mètres ! » criais-je en direction de Henry qui attendait ma réponse en bas de la petite colline que je venais de gravir. Il eut un geste d’humeur avant de commencer à monter dans ma direction, accompagné des autres membres de l’expédition.

Nous étions sept à nous être lancé dans cette curieuse idée de partir chasser du gibier pour le repas de Mondstille, cinq chasseurs aguerris du tout petit village dans lequel nous avions décidé d'amarrer notre navire durant la période de froid et de tempête et trois membres de l’Aslevial, dont moi. Fatigués de rester inactifs sur le vaisseau à faire des tâches courantes d’entretien, nous nous étions porté volontaire pour assister les pisteurs dans leur dernière chasse de l’année, afin d’apporter notre pierre à la préparation du banquet de Nowel auquel les villageois nous avaient généreusement conviés.

Cela faisait maintenant trois jours que nous étions partis, nous enfonçant dans la steppe boisée de ce pays gelé et, après avoir réalisé quelques belles prises, nous étions sur le retour lorsqu’une tempête de neige plus violente que les autres s’était levée et nous avait engloutie. Depuis maintenant plusieurs heures, nous marchions de front face au givre et au vent, le dos voûté pour offrir moins de prise à l’air glacial qui nous fouettait et nous ralentissait dans notre progression. La faible lumière de ces courtes journées d’hiver s'amenuisait déjà considérablement et nos guides nous pressaient en avant, craignant de se retrouver bloqué en pleine nuit par ce mauvais temps.

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En attendant que mes compagnons me rejoignent, je réajustais la capuche de mon lourd manteau en poil de yak et peau de phoque, puis, je replaçais le bandeau de tissu que j’avais noué autour de mon front pour le protéger du froid. D’un revers de manche, j’essuyais mon nez qui coulait en étouffant un juron contre ce maudit climat et le froid qui me traversait le corps. Depuis les quelques années que je parcourais le vieux monde, c’était bien ce climat polaire que je supportais le moins. Dans ma jungle natale, il faisait toujours chaud et humide, que ce soit la saison sèche ou la saison des pluies, mais ici, plusieurs mois dans l’année, la neige, la nuit et le froid prenaient possession de ces terres isolées, perdues dans le grand Nord, les transformant en un lieu où l’on survivait plus que l’on ne vivait.

Une fois que mes camarades m’eurent rejoint, je proposais à Henry de le relayer pour tirer le petit traîneau de bois sur lequel nous avions chargé nos affaires pour l’expédition ainsi que nos prises de chasse. Nous avions trois équipements de ce genre dont l’un avait été attribué uniquement aux marins de l’Aslevial. Il me tendit la lourde corde que je nouais autour de ma taille avec un nœud grossier, puis j’emboîtais le pas de Karl, l’un des locaux qui lui semblait s’accoutumer parfaitement au froid ambiant. J’essayais de placer mes pas dans les siens, afin de profiter de la neige déjà tassée pour simplifier ma progression, mais je n’étais pas aussi à l’aise que lui avec les drôles d’équipement qu’ils m’avaient accroché aux pieds. Fait de morceaux de bois et de peau de phoque, ces chaussures permettaient d’avancer de manière plus aisée dans la poudreuse, car elles nous évitaient de nous enfoncer trop profondément. Pourtant, si cela s'avérait très pratique et fonctionnel, il n’en restait pas moins qu’il fallait modifier sa façon de se mouvoir pour en profiter pleinement, et j’avais déclenché bons nombres de rire depuis le début de la journée et trébuchant et en finissant la tête la première dans la neige.

Heureusement, je commençais à mieux maîtriser ces drôles d’équipement et c’est d’un pas résolu, motivée par la promesse d’un lieu chaud et d’un bon repas à l’abri des éléments que je repris ma progression. Mes jambes puissantes et musclées tractaient sans difficultés mon lourd chargement et, le souffle court, mais la respiration régulière, je ne tardais pas à prendre le même rythme de Karl.
- « T’es faites pour vivre ici Nola, avec un peu d’temps, tu pourrais dompter cette nature ! »
- « Merci, mais je crois que je préfère la chaleur à ce froid constant »

Nous continuâmes notre progression en silence, suivant les deux ouvreurs qui, armaient de grands bâtons, sondaient le terrain devant eux à la recherche de trous ou de crevasses dissimulés sous la neige. Avec l’effort, une chaleur douce se propageait dans mon corps, rendant l’épreuve moins dure, mais c’était aux mains et surtout au pied que je sentais le gel me dévorer. Je ne sentais plus mes orteils depuis un bon moment, et mon front me faisait mal comme si quelqu’un s’était amusé à y casser des blocs de glace. Pourtant, par fierté, il m’était impossible d’envisager de me plaindre, et puis, à quoi cela aurait-il bien pu servir ? En outre, si Henry faisait grise mine, mais continuait lui aussi à s’accrocher, le troisième pirate, Hector, commençait lui à montrer de vrais signes de fatigue qui d’ailleurs inquiétaient réellement nos hôtes.

Il n’y avait plus aucun bruit que celui du vent sifflant dans le lointain, celui de nos respirations rauques et le crissement des traîneaux sur la neige. La nuit était presque totale quand enfin, au loin, tel le phare de Sartosa, un point lumineux apparu dans la brume, puis un second, et enfin il y en eut une dizaine.
« Ahoy ! Nous y voilà les gars » dis-je à Henry et à Hector qui sourit pour la première fois depuis la veille. Une grosse demi-heure plus tard, nous étions enfin dans le village côtier que nous avions quitté quelques jours plus tôt. À peine avions nous dépassé le couvert des premières maisons que la morsure du vent s'atténua et que des villageois et des marins accouraient pour nous féliciter et nous débarrasser de nos trophées de chasse.

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Trop contente de les laisser s’occuper de la suite des opérations, je me précipitais vers l’auberge du village où j'avais abandonné mes affaires en partant. Quelques dizaines de minutes plus tard, je plongeais avec un soupir de bonheur dans un baquet d’eau fumante qui me donna l’impression de ressentir enfin l'entièreté de mon corps. Je me massais les pieds pour faire à nouveau circuler le sang à l’intérieur et me frictionnais le corps avec un gros savon pour me débarrasser de toute la crasse accumulée en trois journées de chasse. Enfin, je sortais de ma bassine et m’habillais chaudement de vêtements propres, puis m'apprêtais quelques instants afin de me présenter sous mon meilleur jour pour les réjouissances de fin d’année.
Lorsque je descendis dans la salle commune, je fus assaillie d’un mélange d’odeurs de bruits qui me donna presque un vertige. On riait et on chantait déjà partout dans l’établissement. Pendant ce temps, des commis faisaient rôtir dans la cheminée un énorme morceau de viande tandis que leur patron beuglait des ordres depuis son comptoir. Sa femme elle aussi donnait de la voix pour diriger ses serveuses qui, étourdis par l’esprit festif ne cessaient de faire des bêtises. Une forte odeur de viande grillée et de potirons remplissait l’air, me mettant l’eau à la bouche. Je rejoignais le capitaine Syrasse occupé à parler avec l’un des anciens du village. Il me sourit et me tendit un verre de vin chaud à l’agréable odeur de cannelle. Je tenais un moment le récipient entre mes mains, profitant de sa chaleur.

Des guirlandes de guis et de houx avaient été installées partout, donnant un côté verdoyant à la petite bâtisse de pierre. Des petits lampions brûlaient paisiblement à divers endroits stratégiques, là où personne ne risquait de les renverser et des musiciens reprenaient des chants classiques de Nowel depuis le fond de la salle. Je me dirigeais vers eux, saisissant au passage sur un plateau un biscuit au miel et aux graines que je trempais dans mon verre de vin pour le ramollir. Il régnait une ambiance joyeuse de partage et d’échange, les villageois, peu importe leur rang et leur profession se mêlaient tous ensemble, accueillant sans difficultés les membres de l’équipage parmi eux. En ce moment de l’année où le froid prenait possession des champs, des villages et des forêts, la chaleur, elle, prenait place dans le cœur des hommes et cela donnait des moments aussi magnifiques que celui-ci.

Ce n’est que de longues heures plus tard que je rejoignais ma chambre, le cœur léger d’avoir trop fêté, l’esprit enfiévré par trop de boissons alcoolisées, mais un large sourire sur les traits. Alors que je poussais la porte de ma chambre, il me sembla apercevoir un mouvement derrière les volets de bois de ma fenêtre. Je me précipitais et les ouvrais d’un geste brusque : dehors tout était calme et silencieux, la neige continuait de tomber dans la nuit. Pourtant, durant une seconde, il me sembla voir une sorte de petit bonhomme habillé de rouge et de vert. Riant de ma bêtise, je refermais les volets et maudissais mon goût pour les vins locaux. Pourtant, alors que je m'apprêtais à me glisser sous mes couvertures, je me rendis compte qu’un paquet avec était déposé sur mon lit, curieuse, je m’avançais et pendant que je dénouais le gros ruban qui l’entourait, j’entendis venant de dehors :
« Ôh, Ôh, Ôh ! Joyeux Nowel ! »

Re: Les cadeaux du Nain de Nowel, [Fin le 03/01/2023]

Posté : 23 déc. 2022, 21:49
par Théophraste Hell
Attention : Ce texte est potentiellement très chiant. Vous voici prévenus.
Ho ho ho

En cette douce nuit, l’hiver avait couché sa silhouette blanchâtre sur Altdorf, recouvrant les toits et les allées d’une nappe de neige immaculée. Douce soirée d’hiver où les familles se réunissaient pour trinquer et joyeusement banqueter des réserves de viande accumulées pendant toute l’année pour cette belle occasion.

Les pauvres et les sans abris, eux, crevaient la bouche ouverte dans les rues, mais c’est autre chose, et notre histoire ne parle pas de ça.

Ainsi, par cette fraiche soirée festive, alors que tous les enfants s’endormaient, blottis sous des édredons, se laissant aller à un doux sommeil emprunt de joie ; il y avait quelque part dans Altdorf une jeune personne qui ne goûtait pas à la saveur des fêtes. Là où tous les enfants attendaient impatiemment leurs cadeaux de Nowel, celui-ci, loin de dormir, s’abimait les yeux à lire éperdument dans la clarté blafarde d’une bougie.

Il était assis dans la gargantuesque noirceur d’une bibliothèque immense où sa petite silhouette blanchâtre brisait à grand peine l’obscurité. Une tâche de lumière le révélait à peine, plongé avec effervescence dans l’analyse d’un ouvrage, le nez si fermement plongé dedans qu’il n’en apercevait pas les ténèbres peu rassurantes qui l’écrasaient de toute part, lui et sa faible source de lumière. Les bras repliées, son livre collé presque au niveau du visage, seuls quelques frissons de froid faisaient remuer ses petits muscles alors que ses yeux allaient et venaient de gauche à droite. Une fois ils étaient écarquillés de surprise, une autre plissés par la concentration, et enfin agités par un mélange détonnant de perplexité et d’excitation.

Ses seuls gestes dignes de ce nom étaient les brefs regards qu’il jetait vivement de temps à autre vers sa bougie pour surveiller l’écoulement lent de la cire, et quelques flexions extensions de ses jambes qui cherchaient désespérément une position qui empêcherait l’air froid de les caresser. La concentration de Théophraste était totale, et pourtant il n’en était pas satisfait. Son regard courait sur la page, encore et encore, repassait le même paragraphe, les mêmes lignes et les mêmes phrases plusieurs fois de suite, mais il n’y trouvait pas son compte.

Un bruit se fit entendre derrière lui, comme un léger craquement, suivi du son d’un objet lourd se posant avec relativement peu de douceur sur le sol. Les oreilles de Théophraste l’alertèrent, mais il fit, consciemment ou inconsciemment, le choix de ne pas en tenir compte et de ne pas se déconcentrer une seule seconde. Quelques craquements de plancher résonnèrent ensuite, finement espacés les uns des autres, comme par un pas qui se voulait discret mais dont le poids ne pouvait que faire crisser ces planches sensibles.

Théophraste eut un frisson, mais rejeta la faute sur le froid. L’espace d’un instant sa pensée fut déconnectée de ce qu’il lisait, et un soupçon subtil de frustration monta en lui. Il se fustigea mentalement et reprit. Il n’était pas assez concentré, c’était forcément ça le problème. Sauf qu’un nouveau son, moins subtil que les précédents vint turlupiner ses oreilles. Cette fois-ci, un choc peu discret, un grincement lourd, et en guise de final, en rafale, le bruit d’une dizaine d’objets tombant et s’étalant sur le sol, un meuble qui choit, se cale en tombant sur quelque chose de mou, un grommellement de barbe et un juron à peine étouffé pour ne pas dire à très grand peine.

Cette fois-ci, Théophraste releva un petit peu les yeux, tournant la tête ça et là, n’apercevant au premier abord que les environs impénétrables de la bibliothèque plongés de tous côtés dans des ténèbres opaques où ne se devinaient que quelques silhouettes massives et menaçantes. Pendant un instant, un soupçon de peur lui remonta des entrailles jusque dans l’œsophage, un sentiment de froid, une crainte naïve et quelque peu irrationnelle, jusqu’à-ce qu’il repère dans un coin, s’avançant d’une démarche boiteuse dans la lumière orangée de sa bougie, la cause vivante de tout ce bruit.

Théophraste n’afficha pas clairement sa surprise. Il cligna des yeux, puis les ouvrit grand, tout en serrant les lèvres. Devant lui, un petit être trapu, la bedaine large et avancée qui lui donnait un aspect à mi chemin du cube et de la boule, une barbe à la blancheur éclatante qui ne faisait que rendre sa silhouette moins précise tant elle se mêlait avec son ventre, et par dessus tout une tenue pour le moins peu discrète avec son rouge vibrant, ses bordures blanches, et ce bonnet à pompon qui se balançait à chacun de ses pas.

La créature, à prendre sans offense puisqu’elle n’était pas humaine, alluma une torche dans un grésillement chaleureux, élargissant assez conséquemment le périmètre de lumière. Théophraste remarqua que l’individu trainait derrière lui un sac de taille impressionnante, d’autant plus compte tenu de la taille de celui qui le portait. Après une preste réflexion, Théophraste parvint à la conclusion qu’il avait affaire à un nain. Timidement, il entrouvrit ses lèvres et adressa ces mots d’une voix hésitante :

« Hem… bonjour ? Vous cherchez quelque chose ? Êtes vous égaré ?

- Pff, c’plutôt à moi de te poser la question mon gaillard.

- Gaillard ? Qu’est-ce à di…

- Enfin pardon, mais sans vouloir condamner tes hobbys, umgi, la plupart des mioches humains ils passent la nuit à dormir. Si ce n’est dans une chambre, dans le salon. Tu t’es pas rendu facile à trouver pardi !

- Oh, pardon. Mais vous êtes ?

- Par les orbes de Valaya, tu devines point ? »

Théophraste plissa les yeux en affectant de réfléchir, mais en vérité il était surtout en train de se demander s’il pourrait reprendre bientôt son étude de l’ouvrage qu’il n’avait pas lâché.

« Hem… pardonnez moi si je m’y prend mal, monseigneur. Je subodore que vous êtes un noble nain, mais je n’ai pas l’honneur de connaitre votre nom.

- Ton cas est grave gaillard ! Je suis le nain de Nowel. Et ouais, lui même.

- Ah vraiment ? Merveilleux. Et c’est à dire ?

- C’est à dire que je suis chargé, en ce jour, d’apporter un cadeau aux enfants sages. Enfin, généralement plutôt à ceux qui ont un peu de flouze quand même.

- Un peu de ?

- Oublie. Mais donc, j’étions venu ici pour t’offrir un cadeau, sauf que tu as eu la bonne idée de t’enterrer dans cette bibliothèque, et que je me suis fait foutrement mal au pied en arrivant dans le noir, et que ma discrétion légendaire est fichue en l’air, et que je me demande maintenant si tu méritions vraiment ton cadeau, gaillard. »

Théophraste faillit poser une autre question sur l’emploi du terme « gaillard », mais se ravisa. Son front se plissa légèrement, de manière très discrète. Puis avec un soupir un peu perplexe il lâcha en un souffle.

« Vous savez, monseigneur, ce que j’attends ce soir et qui est la raison de ma présence en ces lieux, ce n’est pas un cadeau. Ou plutôt, si, il y a quelque chose où vous pourriez m’aider. J’ai souvent ouï dire sur les nains qu’ils étaient gens de très grande sagesse. Surement on dit vrai ?

- Hum, je dois admettre que pour une rumeur à notre sujet, celle là me parait bien vraie. Mais où veux tu en venir mon gaillard ? »

Théophraste empoigna son livre et l’ouvrit largement à la page qu’il était en train de compulser depuis maintenant un long moment.

« Voilà, je lisais cet ouvrage et me suis buté sur un passage qui échappe encore et encore à ma compréhension. J’étais pris dans la lecture, profondément plongé dedans, jusqu’à ce que ce passage me fasse réagir en me plongeant dans la perplexité. Pour dire les choses simplement, je ne parviens pas à comprendre ce que l’auteur a voulu dire sur cette page.

- Tiens donc. Fais voir ça ! »


Théophraste tendit les deux bras, le livre tourné vers son interlocuteur, pour lui montrer en pleine vue la page coupable. Le nain plongea son nez dedans, plissa les paupières, haussa un sourcil, écarquilla les yeux, haussa l’autre sourcil, cligna des yeux, puis saisit le livre des mains de Théophraste et relut une fois encore.

À cette page coupable il était écrit mot pour mot :


" […] Je me souviens que, réfléchissant sur cette aventure, je raisonnai une fois ainsi. « La faim, sans doute, ne saurait pas m’atteindre, parce que, cette douleur n'étant qu'un instinct de nature, avec lequel elle oblige les animaux à réparer par l'aliment ce qui se perd de leur substance, aujourd'hui qu'elle sent que le soleil, par sa pure, continuelle et voisine irradiation, me fait plus réparer de chaleur radicale que je n'en perds, elle ne me donne plus cette envie qui me serait inutile. » J'objectais pourtant à ces raisons que, puisque le tempérament, qui fait la vie, consistait non seulement en chaleur naturelle, mais en humide radical où ce feu se doit attacher comme la flamme à l'huile d'une lampe, les rayons seuls de ce brasier vital ne pouvaient faire l'âme, à moins que de rencontrer quelque matière onctueuse qui les fixât. Mais, tout aussitôt, je vainquis cette difficulté, après avoir pris garde que, dans nos corps, l'humide radical et la chaleur naturelle ne sont rien qu'une même chose ; car ce que l'on appelle humide, soit chez les animaux, soit dans le Soleil, cette grande âme du monde, n'est qu'une fluxion d'étincelles plus continues, à cause de leur mobilité ; et ce que l'on nomme chaleur est une bruine d'atomes de feu, qui paraissent moins déliés, à cause de leur interruption. Mais, quand l'humide et la chaleur radicale seraient deux choses distinctes, il est constant que l'humide ne serait pas nécessaire pour vivre si proche du Soleil ; car, puisque cet humide ne sert dans les vivants que pour arrêter la chaleur qui s'exhalerait trop vite, et ne serait pas réparée assez tôt, je n'avais garde d'en manquer dans une région où, de ces petits corps de flamme qui sont la vie, il s'en réunissait davantage à mon être qu'il ne s'en détachait. " *



Le nain fit une grimace.

« Je crois avoir besoin d’un peu plus de contexte, si tu veux bien.

- Même armé du contexte, je n’y ai pas compris grand chose, puisque c’est bien la première fois que je lis le concept « d’humide radicale ». Mais pour remettre les choses où elles sont, ce livre est un essai métaphysique d’un auteur bretonnien, Dyrcona de Berge-raque , et s’intitule : « Essai sur la physique des constituantes phlogistiques de la nature par analyse théorique et philosophique d’une tentative imagée de déplacement spirituel dans un voyage interstellaire vers l’astre solaire en une addition mécanique, physique et alchimique des propriétés de cestuy-ci ».

- Qu’est-ce t’y donc que ces carabistouilles ?

- En somme l’auteur s’imagine les conséquences physiques, physiologiques et philosophiques de l’acte d’un déplacement interstellaire en direction du soleil.

- Donc c’est un essai philosophique qui parle de ce qui se passerait si quelqu’un avait l’idée d’aller voyager dans le soleil ?

- C’est cela.

- Des gens ont-y donc tant de temps à perdre ?

- Disons que c’est une façon ludique d’exposer ses théories sur la métaphysique et les propriétés des corps et de leurs constituants.

- Mais quelle propriété des corps a à voir avec le fait d’être liquide et de trouver contentement de son existence dans la chaleur du soleil ?

- Je ne sais. L’auteur parle d’humide radicale comme si je devais savoir de quoi il s’agit, et comprendre par son exposition que cette humide radicale est de nature semblable aux atomes qui composent la chaleur du soleil.

- La chaleur faite d’atome ? Quelle ânerie. La chaleur est un fluide calorique ! Je pensais que tout le monde le savait.

- Un quoi ?

- Non, oublie.

- Heu… bon. Pour être honnête, ceci avec le passage précédent du livre où le protagoniste et narrateur devient translucide dû à l’exposition radicale aux rayons du soleil…

- Plait-il ?

- Disons qu’il prend des propriétés que, sur terre, n’ont que les verres et autre cristal.

- Mais que dit la suite immédiate de ton livre ?

- Il évoque la forme et la rondeur des atomes qui expliquent leur faculté à le brûler ou non, différenciant ainsi le feu que l’on connait des radiations échauffantes du soleil.

- Tourillon de Grungni ! »

Le nain se recula légèrement, une de ses mains posée consciencieusement sur sa barbe, le regard affuté plongé dans le vide. Désormais le problème le taraudait aussi violemment qu’il taraudait Théophraste quelques instants auparavant. Ce dernier haussa ses épaules avec humilité avant d’émettre d’une voix fluette de timidité :

« Ainsi, je supposai que peut-être, la réponse se trouvait non pas dans l’humide, mais dans le liquide. Peut-être une approximation de langage, ou une bavure de traduction du bretonnien au Reikspiel, mais sans doute le propos de l’auteur était de suggérer qu’humains et animaux sont composés de « liquide radical » ou en quelque sorte on pourrait considérer que matière et liquide sont synonymes.

- Pardon ? Développe gaillard, je ne suis pas certain de voir pourquoi ou comment ?

- Hé bien, sans doute vous connaissez cette matière qu’est la poix. Liquide ou solide ? Il est difficile voire impossible de trancher, mais je pense que l’on peut, au moins hypothétiquement, penser que tout est comme la poix c’est à dire un liquide qui a les propriétés du solide, non pas à cause d’un changement définitif mais de par l’acquisition de propriétés relatives qui le rendent si visqueux qu’il en est solide. Cette propriété qui permet à la matière de se maintenir lui serait offerte par les atomes de feu du soleil.

- Tu veux dire, que toute chose, la poix mais aussi le verre, la roche ou les gens seraient en fait des liquides s’abreuvant de chaleur radicale pour maintenir leur forme et donc leur vie ? »

Théophraste eut un pincement léger au niveau du visage. Levant les mains d’un air empreint de doute :

« C’est une possibilité. Ça ne parait pas instinctif, mais ça parait… intéressant ?

- Mais mon gaillard, il suffit de voir la glace. Quand elle s’expose au soleil radiant, ne se change-t-elle pas en eau ? Ne passe-t-elle pas d’une forme solide à une forme plus liquide ?

- Assurément, c’est ce qu’on observe. Mais c’est là un abus de chaleur peut-être qui cause ladite déformation, comme chaque chose en abus tend à causer l’inverse de ce à quoi elle est destinée. Dyrcona de Berge-raque décrit bien qu’une différence se fait entre la chaleur du soleil pure telle qu’il la reçoit, environné seulement d’éther, rapport à ce qu’elle devient en retombant sur la terre depuis des distances faramineuses.

- Mais…

- Et surtout, avez vous jamais vu neige ou glace se former ailleurs qu’en des espaces où le soleil touche ? La neige nous tombe depuis des hauteurs que le soleil voit toujours. Les étendues les plus glacées du nord resplendissent de l’éclat de ses rayons.

- Impossible !

- Et je touche et je pointe un endroit plus décisif encore. Sous terre, dans les ténèbres que le soleil n’atteint pas, pas même indirectement ! Je ne vous parle pas d’une cave, de l’intérieur sombre d’une maison ou d’un manoir, où même des parois d’une grotte ; car ce sont tous des endroits qu’un chemin indirect relie au ciel et jusqu’à preuve du contraire les atomes de feu venus du soleil ne sont pas ou difficilement freinés dans leur cheminement par de telles circonvolutions.

- Par la barbe de Grimnir !... »

Le nain paraissait perdre contenance, ses yeux transpirant presque une froide panique, là où Théophraste perdait de vue son interlocuteur et s'adressait à lui en ignorant ses interjections.

« Non ! Je vous parle de sources d’eau souterraines, celles qui ne voient pas la lumière. Celles qu’on ne trouve qu’en creusant, qui ne voient l’air qu’après qu’un puit profond ait été creusé, ces ruisseaux souterrains qui courent dans des tunnels n’appartenant qu’à eux seuls... Ces sources hypogées, ne sont-elles pas, vous le savez, je le sais, nous le savons tous, toujours et en tout temps sous forme liquide !

- Non !

- Si ! Ces eaux qui ne connaissent pas la chaleur ne connaissent pas non plus l’ardeur solidificatrice des radiations solaires ! Les atomes de feu ne leur donnent pas la consistance, la pression et la résistance nécessaire à ce que ces humides radicales prennent solidité et force. Ainsi elles ne peuvent être solides qu’à cause de l’absence de soleil, et non à cause d’une quelconque chaleur qui ferait « fondre » la glace, puisque de source de chaleur, sous terre, il n’y en a point.

- Mon gaillard, tu mets tant de puissance et de verbeuse ardeur à défendre d’arguments simples une assertion qui même à toi parait absurde que tu pourrais presque convaincre de la sorte le sage nain que je suis de la pertinence d’une telle hypothèse. Mais ce n’est pas le cas, je le sais. Car sous terre, il est des sources de chaleur et des eaux hypogées dont la température te brulerait, et sur terre il est des coins frigorifiés qui ne touchent pas au soleil et qui pourtant sont solides, constants et parfois vivants. Qui a déjà vu un lombric, ou bien même un escargot sait que vie ne rime pas avec radiation solaire. Sans parler des formes et des choses qui culminent sous la mer. Moi qui ait voyagé de par le monde sur mon traineau, je te dis qu’on peut voir des montagnes dépasser des flots qui reposent non sur du liquide mais bien sur des monts et un sol sous les flots les plus opaques. Et enfin et surtout, j’achève en disant tout bonnement que si ta thèse tenait, la glace put être chaude au toucher plus que de l’eau, or la température est un fait mesurable et tu sais comme moi que la glace n’est jamais chaude quand l’eau peut-être aussi bien glaciale que brulante. »

Le nain s’arrêta, reprit son souffle, et écarquillant les yeux rajouta :

« Je vais avoir besoin d’une bière pour me remettre de ça moi. »

Théophraste, dépité, baissa deux yeux opalins où brillait, comme un cristal, une larme de dépit.

« Il est vrai… il est vrai… vous avez raison maitre nain, je vois toutes les failles… j’étais si excité de théoriser sur la chose. J’ai peur d’avoir trop étendu ma réflexion bizarre sans assez prendre appui sur les faits et même être allé jusqu’à m’écarter du texte de l’auteur.

- Reprenons l’affaire calmement mon gaillard. Ton esprit s’échauffe trop pour une si fraiche soirée d’hiver. Prends plus garde à l’essence du propos. Je ne pense pas que ton Dyrcona parle de consistance de la matière ou de ce genre de trucs. Il cause d’énergie sans le dire. C’est le mot qu’il manque dans ton texte : l’énergie.

- Vraiment ? Mais qu’est-ce que l’énergie ? Comme la définissez vous ?

- Fonction de cet extrait ? Euh… va falloir se pencher sur la question.

- Ne serait-ce pas quelque chose qui anime la matière en ne fusionnant que partiellement avec elle ? C’est ce que la métaphore de lampe à huile m’évoque.

- Écoute, je pense que tu es trop focalisé. Tu dois élargir ton champs de recherche si tu veux pouvoir comprendre ce passage et ses implications. Mais je veux bien t’aider… D'abord, je crois qu'il faut associer plus directement l'énergie et la matière. Ce que l'auteur dit en somme, c'est que la chaleur du soleil lui fournit une énergie qui remplace la pitance, donc la graisse en somme. La chaleur et la matière, ici la graisse, sont de natures proches si elles ne sont pas similaires.

- Mais comment l'animal, et sa matière, pourraient puiser des graisses dans une chaleur solaire. Je veux dire, le feu est plus chaud pour nous que les rayons du soleil, et si il prémunit de la mort par le froid, il ne remplace pas la nourriture et la graisse.

- Rerenons les choses dans leur globalité. D'abord faut essayer de lire plus loin ce bouquin..."


Et dans cette joyeuse nuit de Nowel, deux esprits devisèrent un moment dans la lumière mourante d’une torche et d’une bougie. Finalement, le matin vint en même temps qu’une lumière nouvelle qui irradiait par les vitraux de la bibliothèque. Son petit corps blotti dans un coin sur une chaise, Théophraste se réveilla avec un tremblement, l’esprit troublé. Il ne se souvenait même plus s’être endormi, ayant passé toute la nuit à chercher la réponse à ses questions. En fouillant autour de lui, il retrouva gisant par terre son volume d’« Essai sur la physique des constituantes phlogistiques de la nature par analyse théorique et philosophique d’une tentative imagée de déplacement spirituel dans un voyage interstellaire vers l’astre solaire en une addition mécanique, physique et alchimique des propriétés de cestuy-ci » et instinctivement tourna la tête de toute part. Il n’y avait plus aucune trace du passage de son visiteur nocturne. La bibliothèque renversée et les livres éparpillés étaient tous revenus parfaitement à leur place comme si aucun nain balourd ne les avait renversé, pas plus qu’il n’y avait de traces de la torche qu’il avait allumée au milieu de la nuit.

Théophraste commençait à se demander s’il n’avait pas entièrement rêvé cette rencontre. C’était le plus plausible, il devait s’être endormi assez tôt en lisant son livre, et avait si tant fermement imprimé ce passage et sa problématique dans son esprit qu’il en avait rêvé une fois les yeux clos. Décidément, lire de la philosophie passé minuit, alors que son esprit et ses yeux étaient fatigués était définitivement une mauvaise idée. La moindre phrase devnait un mystère et la fatigue le faisait de perdre entre les lignes sur n'importe quel prétexte.

Il s’étira rapidement, puis se pencha pour ramasser l’ouvrage, mais à sa grande surprise, en soulevant le livre, il vit une toute petite boite en dessous. Se frottant les yeux, décontenancé, l’apprenti essaya de s’extirper des dernières vapeurs du sommeil qui l’abrutissaient, et s’accroupit pour observer plus précisément ce petit objet rouge et rose brillant. Un papier ? Un tel qu’il n’en avait jamais vu en tout cas, qui emballait une petite boite carrée. Dessus, une petite carte indiquait son nom avec précisé en petites lettres griffonnées à la va vite :

« Désolé de ne pas avoir résolu ton problème, gaillard. L’an prochain si je retrouve l’auteur de ton bouquin, je lui poserai directement la question. En attendant, voici ton cadeau. Joyeux Nowel. »

Théophraste cligna des yeux, interloqué, pesa lentement le pour et le contre, mais finalement, céda à la magie de Nowel et ouvrit la boite avec un sourire enfantin qu’il ne maitrisait pas.


*Citation authentique des « états et empires du soleil » par Cyrano de Bergerac. Lisez le, et lisez aussi les « états et empires de la lune»

Re: Les cadeaux du Nain de Nowel, [Fin le 03/01/2023]

Posté : 03 janv. 2023, 21:05
par Piero Orsone
C'est la douce nuit du premier Aubentag de l'année, les gens sont heureux d'avoir survécu aux esprits, aux sorcières et aux atrocités du nouvel an qui s'ajoutent à celles qui viennent habituellement troubler leurs petites vies. Tous ? Non. Car un homme. Un seul...

Bah, il est plié dans la paille depuis trois jours à cause d'une gueule de bois à pouvoir flotter sur l'eau. "Putain d'Kislevites et leur Koumiss de sauvage, ça retourne le foie."

Et oui. Puisque la magie de la nouvelle année ne frappe pas toujours au bon endroit. Parfois, elle rappelle à certains que l'alcool n'est pas une solution. Surtout quand on essaye de crâner devant des demoiselles gospodars.
Oh oh oh et tâchez de survivre à l'année qui vient.
Bises.

Re: Les cadeaux du Nain de Nowel, [Fin le 03/01/2023]

Posté : 03 janv. 2023, 21:37
par Snorri Sturillson
Oh pétard ... J'ai mal au crâne ... Qu'est-ce qu'il s'est passé encore ? J'ai l'impression qu'un chariot m'a roulé dessus ...

Ah non, ça c'était la Dernière Gorgée avec Vareksson. J'en mélange mes souvenirs, c'est dire de mon ... De mon état. Ouah, j'ai tellement de plis sur le front, j'en ai les cheveux qui dressent ...

...

Attends, quoi ?

J'ai ... J'ai des cheveux ? Mais qu'est-ce que ?!

- "Rodrigo, non, Roberto !

- ...

- Hé, machin ! C'est à toi le bouclier poli ?

- Euh... Ouais ...

- Donne-le moi une seconde."

Bon sang, je ... J'ai vraiment des cheveux ! Des cheveux blonds en plus ! Tonnerre, y'en a un qui va m'entendre ! Où est-ce que j'ai foutu cette satanée lampe que l'autre Nain m'a filé... Ah, là ! La voilà ! Allez, un peu d'huile de coude ...


- " ... Ooooohm, par Ozz'iris et par Happish, qui oooooose m'invoquer ?

- J'aimerais faire réclamation.

- ... Réclamation ?

- C'est à dire qu'il y a un problème sur la marchandise. C'est quoi ça, sur ma tête ?!

- Eh bah, des cheveux.

- J'avais demandé DES CHEVAUX ! DES CHE-VAUX !

- Oh-hé-oh, fallait mieux prononcer, môssieur l'hystériqu-sme-sme.

- On dit hystérique, s'pèce d'illetré.

- Mais la tête de ... Et puis t'en aurais fait quoi des chevaux, tu sais même pas monter !

- Est-ce que tu SAIS le prix que ça coûte un cheval ?

- Est-ce que tu sais le prix que ça coûte une greffe de cheveux à Barak Varr, gros-môssieur vénal ?!

- Hein ?

- Hm ?

- Une quoi ?

- Quoi << une quoi >> ?

- Vous avez dit un truc là, avant Barak Varr.

- Ah ?

- Oui, vous, vous avez dit un truc là...

- Non, non-non, j'ai rien dit.

- Ah, si, si-si, je-!

- Ouais désolé, mon scooter est en double-file, allez, ciao-bye !

- Attends que - hé ! "

Il est parti en un éclair. Quel malotru. Ca m'apprendra à écouter un nain tout enguirlandé avec une barbe blanche et un costume rouge. Tssss ...

Re: Les cadeaux du Nain de Nowel, [Fin le 03/01/2023]

Posté : 03 janv. 2023, 23:33
par Adémar
"Mais puisque je vous dis que c’est un traîneau homologué ! Je dois partir, j’ai des livraisons à faire cette nuit."

"Mais oui, c’est ça, des livraisons à faire en pleine nuit… Montrez-moi les parchemins du véhicule, je vous prie monsieur. Ainsi que l’assurance traîneau à jour et la marque grise du constructeur. On nous a parlé d’un trafic de bonnet-de-fou illégale dans la région. Les bandits font usage de véhicules rapides pour nous semer…"

"Mais puisque je vous dis que je suis attendu !"


"C’est ça et moi, je suis en train d’attendre ce que je vous ai demandé monsieur. Tiens puisque qu’il semble qu’on ait toute la soirée devant nous. Vous leur donnez quoi à manger à vos rennes pour que leurs nez soient rouges et clignotent ? Ça ne m'a pas l’air en règle tout ça."


Le nain déglutit bruyamment et fouille un temps dans son traineau pour finalement en sortir une petite boite avec un ruban dessus

"Allons jeune homme, je suis sûr que nous pouvons nous arranger, si je vous laisse ceci, vous pourriez faire un geste hein ? " Dit-il en écartant son col de fourrure pour s’aérer, il semblait suer beaucoup.

"Mhhh… Tentative de corruption sur un agent de la paix impériale, ça va, vous coûtez cher."
Fit Adémar en notant cela sur le parchemin du PV (Procès Vérénnien ) qu’il allait remettre à ce nain en rouge.

L’air paniqué, le Nain en rouge sortit précipitamment une bouteille d’un tiroir dissimulé sous le siège du conducteur.

"C’est un cru de ma réserve personnelle, je pense que vous serez capable de l’apprécier à juste valeur. N’est-ce pas ?"

Le grattement monocorde sur le parchemin cessa immédiatement et un regard avec une lueur d’envie dans les yeux.

"Bon, vous laissez le tout-là, j’ai quelque chose à aller vérifier, veuillez patienter quelque temps monsieur."

En se retournant Adémar peut entendre le traîneau s’éloigner rapidement et d’un coup s’envoler dans les airs.

Devant ce spectacle, l’impériale hausse les épaules, ramasse le colis et la bouteille et dit juste :

" J’étais sûr que quelque chose n’aillait pas avec ses rennes. "

Re: Les cadeaux du Nain de Nowel, [Fin le 03/01/2023]

Posté : 03 janv. 2023, 23:47
par Yan Xishan
Travaillant le bois à la lumière de quelques lampes à huile, l'artisan soignait avec attention les finitions apportées à son œuvre, présent pour le puissant seigneur de la Principauté de Néo-Bordeleau. Les courbes du corps, les dimensions au visage, tout se devait d'être respecté à ce que le client avait suggéré et imaginé. Et quel client, que celui réclamant une représentation de lui même en esprit de l'hiver !
Le bonnet étrange, les lourds habits de velours, le sac, la cape et les dessins sur les atours d'animaux à cornes du nord, tirant derrière eux un traineau magique au propriétés peu crédibles... Mais qui était il pour juger ? Tout ce qui comptait était de satisfaire la commande.
Et l'artisan en avait intérêt, car le prix était bien haut. La protection du haut sire pouvait dépendre de ce présent. Lui et on peuple seraient protégés selon la hauteur de ses capacités à tailler et sculpter ce grand bonhomme souriant chargé de présents.

Restait à inscrire au pied de la statue le nom de la divinité locale....

"Qu'était ce déjà ? Un gros bonhomme rouge, souriant, assis sur un trône tandis que ses minions exercent sa volonté... Un "Satan" Je crois ?"

Alors qu'il terminait de tailler au ciseau la dernière lettre, un brusque coup de vent fit s'ouvrir de force la porte de son atelier, laissant quelques flocons de neige entrer dans les lieux et qu'un sonore "Oh Oh Oh" se mis à rugir de manière sinistre dans le lointain....

Re: Les cadeaux du Nain de Nowel, [Fin le 03/01/2023]

Posté : 03 janv. 2023, 23:52
par Arthur Dismas
Arthur se promenait… Enfin, non, il courrait comme un halfelin affamé devant une tourte. Visiblement, ses poursuivants étaient les halfelins et vu les jappements de leurs chiens, il devait jouer le rôle de la tourte.

Il bondit au-dessus d’un mur pour semer les chiens et soudain dans la rue, il avise un traîneau laissé là dans la rue, sans bâche et plein de sacs. Ni une ni deux Arthur bondit dedans et se dissimule dedans.

Il patiente quelques secondes et un individu de petite taille s’approche, tout de rouge vêtu, il semble presser et ne prend même pas le temps de vérifier l’intérieur de son véhicule.

Arthur reste parfaitement silencieux en attendant de pouvoir braquer de son pistolet l’infortuné cocher.
Puis il sent le vent souffler bien plus fort que prévu et en levant la tête il voit qu’il est train de survoler la ville dans l’obscurité de la nuit.
Il est sur le point de pousser un grand cri quand le cocher se retourne et lui plaque la main sur la bouche pour le réduire au silence.

« Chhht l’umgi, va pas me réveiller tout ce monde, j’ai du travail. Visiblement vu que tu n’avais rien de mieux à faire que de grimper dans mon traîneau, tu vas au moins te rendre utile en me passant les colis. Mais dans ce cas enfile ça et fait pas d’histoire ! »

Arthur veut répliquer, mais il ne parvient à contrôler son corps et se retrouve affublé d’un bonnet à clochette et d’une tenue rouge et vert forcé de passer des colis au nain alors que ce dernier survole la ville endormie.

Il se réveilla le lendemain dans son lit dans le dortoir de l’auberge ou il prend ses chopes de bières habituellement. Son crâne lui fait mal et il se dit.
« J’ai vraiment fait un rêve horrible cette nuit, je vais arrêter de boire… Disons pendant au moins deux jours histoire de marquer le coup… Aller, on va partir sur ça hein ? »