[Vilmikch] Le plus dur, ce n'est pas la chute...

Nuln est la seconde ville de l’Empire et du Reikland. Nuln centralise tout le commerce du sud, c’est là que convergent les voyageurs du Wissenland, du Stirland, d’Averland et des régions plus à l’est. Nuln est le siège de l’Ecole Impériale d’Artillerie, où les canons sont fondus et où les artilleurs apprennent la balistique. Ils y étudient les nombreux problèmes pratiques liés au déplacement et à la mise en œuvre des pièces d’artillerie. Grâce à leurs efforts, l’Empire bénéficie d’un vaste et efficace corps d’artillerie, de loin supérieur à tous ceux des pays frontaliers.

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[MJ] Bugman
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[Vilmikch] Le plus dur, ce n'est pas la chute...

Message par [MJ] Bugman »

[MJ] Bugman a écrit :
24 sept. 2024, 20:35
C’était l’histoire d’un jeune humain des royaumes du sud et de deux fourmilières dans une jarre de verre appartenant à son père explorateur, une histoire banale de cruauté enfantine. L’enfant secouait la jarre et se riait sans cesse des conflits meurtriers que les trémors provoquaient entre les deux colonies. Chaque jour il se gaussait et les fourmis s’affrontaient, redoublant de violence. Chaque jour il agitait la jarre un peu plus fort et chaque jour il regardait fasciné et supérieur ce qu’il voyait comme l’idiotie des insectes. Jusqu’au jour où il secoua la jarre une fois de trop. Un simple hasard du destin ou un excès de force nourri par une soif de sang inhérente, l’histoire ne le dit pas, toujours est-il que la jarre bascula et se brisa au sol. L’histoire s’arrêta là car les insectes jusqu’ici malmenés venaient de la lointaine Lustrie et leur violence une fois de plus aiguisée trouva une autre proie sur laquelle se rassasier.

À peine quelques jours s’étaient écoulés depuis son expédition malheureuse dans le terrier de son maître. Vilmikch était un grand skaven, pas un de ces pitoyables esclaves ou, pire encore, un chose-homme mais il devait bien l’admettre. Le plan de Rerkat n’était finalement pas très différent de son porteur: impressionnant mais aussi faible et plein de trous. L’apprenti n’avait aucune nouvelle de si ce dernier avait survécu et à vrai dire, il lui souhaitait bien de brûler sous le regard du Rat Cornu (que son nom soit treize fois loué). Le jeune rat n’était d’ailleurs quasiment pas sorti de sa tanière pour panser ses plaies au mieux mais le peu qu’il avait glané ça et là, la colonie était particulièrement active.


Kishrit n’avait pas reparu non plus et il se murmurait dans les ombres qu’il serait mort empoisonné, maudissant les traîtres à la solde de Merkit mais aucun cadavre n’a été pour l’instant remarqué et plusieurs skavens influents ont mystérieusement disparu. Dans le même temps, Merkit avait lui aussi amorcé ses manœuvres et plusieurs repaires sont tombés sous sa coupe, certains relativement pacifiquement tandis que pour d’autres, les esclaves avaient rarement aussi bien mangé. Même ceux de Skryre s’étaient joints à la fête, vendant ça et là des armes aux différents belligérants. Et si il n’y avait pas de vainqueur clair dans ce marasme de violence, le perdant, lui, était tout désigné. Eshin n’avait jamais été le clan avec le plus de membres pour commencer et beaucoup de leur influence reposait sur leur réputation, du moins celle de leurs éléments visibles. Entre une disparition soudaine de leur chef et un assaut presque simultané, la plupart des apprentis assassins s’étaient réfugiés dans la clandestinité, pour échapper aux représailles comme aux opportunistes.

À défaut d’avoir pu s’élever dans la hiérarchie de son clan, Vilmikch avait manifestement réussi à détruire quelques barreaux de l’échelle et même si ces petites guerres civiles étaient monnaie courante dans l’empire souterrain, rares étaient ceux qui les lançaient dès le début contre leur propre pouvoir…
Petit post et petit saut dans le temps pour te permettre de te reposer et te laisser voir comment la situation que tes actes ont en partie provoquée va décanter.
Tu regagnes 31pvs mais tu es dans une position plus précaire qu'avant ^^

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Vilmikch La Lame Blanche
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La nuit enveloppait le poste de guet d'un voile de silence, troublé seulement par le bruit occasionnel d'une patrouille bâillant de fatigue. Le jeune assassin Skaven avait décidé de quitter les souterrains pour partir à la chasse au trésor. Mais pour cela, il devait d’abord comprendre la carte qu’il avait volée. Il s'avançait dans l'ombre, sa carte enroulée dans sa ceinture crasseuse. Il observait les alentours, ses yeux rouges luisant faiblement dans l'obscurité. Les patrouilles semblaient peu alertées, et il calcula rapidement son approche.

Grimpant sur le toit branlant, il se maudit en silence de la fragilité des tuiles. Lorsqu'une paire se décrocha pour s'écraser au sol, il s'aplatit comme un rat pris au piège. Des œillets étouffés montèrent de l'intérieur, mais rien d'alarmant. Vilmikch remercia le Rat Cornu avant de placer une de ses dagues entre ses dents avant de se faufiler dans la cheminée.

La descente le mena à une cuisine ou un réfectoire désert. Une marmite de soupe fumait encore doucement au centre de la pièce, accompagnée de quelques morceaux de pain et d'une tranche de saindoux suspendue à un crochet. L'odeur fit gargouiller son estomac. Il attrapa une louche qu'il plongea directement dans la marmite, souffla dessus brièvement, puis avala une gorgée brûlante. Il s'étrangla, lâchant un petit couinement tout en se frappant le torse, mais il finit par l'apprécier. Il s'arma ensuite d'un morceau de pain qu'il déchira de ses griffes, et plaça une généreuse tranche de lard, et croqua dedans avec voracité. Des morceaux de pain et de viande volèrent dans tous les sens tandis qu'il grognait d'aise. Une fois repu, il brisa le cadenas de la porte à l'aide de ses dagues et descendit discrètement au rez-de-chaussée. Là, il trouva des geôles où des prisonniers dormaient, tandis qu'un garde ronflait paisiblement. Dans un coin, deux ivrognes couvaient dans une position grotesque. Vilmikch ignora tout cela et monta à l'étage. À mi-chemin de l'escalier, il entendit des voix basses échangées. Arrivé à la porte, il attendit patiemment. Les murmures s'éteignirent, et, finalement, un des hommes sortit pour se rendre aux latrines.
Vilmikch ouvrit subitement la porte avec sa queue et bondit sur l'homme encore dans la pièce. Celui-ci n'eut que le temps de tourner la tête, émettant un « Qu'est-ce… », avant que la dague du Skaven ne lui ouvre la gorge. Le sang jaillit en un arc large, maculant le mur et le sol. Le rat assassin s'essuya le visage, laissant une traînée rouge sur sa fourrure grise, puis se dirigea vers l'autre homme. Avec une patience malsaine, il toqua à la porte des latrines. Une voix ensommeillée répondit alors.

« C’est qui ? C’est toi Hans ?»

Vilmikch attendit qu'elle s'ouvre à moitié pour plonger ses dagues dans la poitrine de l'homme, qui tomba à genoux. Alors qu'il agonisait, le Skaven plissa le musée et recula en couinant. L'odeur nauséabonde du relâchement des sphincters assaille ses narines. La petite salle où les deux hommes se trouvaient était un dortoir comportant une porte verrouillée. Sur une table, Vilmikch trouva quelques piécettes, un pendentif religieux ainsi qu’un dessin maladroit d'une petite chose-homme sûrement… Ce dernier renifla avec mépris.

« Maintenant tout est à moi-moi ! Sauf le gribouillis-dessin sentimental ! »

Il fourra tout dans sa besace, y compris un peu de tabac à chiquer, et retourna au rez-de-chaussée pour trouver les clés.
Alors que le rat s'apprêtait à tuer sa victime dans son sommeil, le garde se réveilla brusquement en entendant un cri provenant des geôles. Face au Skaven, il essaya de protéger son visage avec son bras droit, mais Vilmikch saisit sauvagement sa gorge avec ses dents acérées. Le garde hurla de douleur alors que l'assassin lui arrachait des morceaux de muscle avant de lui enfoncer ses dagues dans le crâne. Les prisonniers éveillés reculèrent, tremblants de peur.

Avec les clés, Vilmikch put enfin ouvrir la fameuse porte menant à un bureau en désordre. Sur le bureau, des papiers étaient éparpillés, un tableau rempli de fils rouges et une carte marquée trônait au centre. L'assassin a reconnu des similitudes avec la sienne.

« Hmm... Taudis-taudis près des rives... Oui-oui, prochaine destination ! » murmura-t-il, un filet de sang dégoulinant de sa gueule.

Avant de quitter les lieux, Vilmikch balaya la pièce du regard. Un rictus malveillant s'étira sur son museau.

« Pourquoi partir discrètement quand on peut faire un joli chaos, oui-oui ? » pensa-t-il.

Il attrape une lanterne vacillante posée sur une commode et l'inspecta rapidement. Il rassembla quelques bûches de bois empilées près du bureau, les plaça contre un mur et les imbiba de quelques gouttes d'huile. Avec un petit rire aigrelet, il renversa le reste de la lanterne sur les papiers éparpillés du bureau, formant un tas inflammable. Mais il n'attendit pas de voir si son œuvre réussirait à embraser tout le bâtiment. Le Skaven n'était pas stupide : rester pour admirer les flammes, c'était s'exposer à des complications inutiles. Il bondit hors de la pièce, se faufilant comme une ombre jusqu'à la sortie qu'il avait soigneusement débloquée auparavant. Dans l'obscurité de la nuit, il s'éloigna rapidement du poste de guet, sa silhouette se fondant dans les ténèbres. Derrière lui, un faible crépitement s'éleva, mais il ne se retourna pas. Tout ce qui comptait maintenant, c'était la carte qu'il serrait fermement dans sa patte griffue.
"Eshin voit-Eshin écoute...Gloire au Grand Rat Cornu ! Gloire au Maître du Meurtre ! "

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[MJ] Bugman
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Une infiltration pendant la nuit, à la recherche d'informations pour quelque plan maléfique. Vilmikch se faufilait où il le pouvait pour enfin pénétrer dans le poste du guet, se permettant au passage de malencontreusement faire chuter quelques tuiles au sol, manquant d'alerter les occupants. Mais toujours les bruits de la ville endormie, rien de nouveau qui pourrait indiquer qu'il se soit fait repérer, alors il continue, se glissant par la cheminée, se gavant dans le garde-manger et tuant dès qu'il en avait l'opportunité, répandant partout l'infecte odeur des corps fraîchement tués. Même l'un des prisonniers ne put échapper au massacre. Enfermé pour pouvoir dégriser, c'est auprès du vieux Morr qu'il pourra décuver. L'homme rat ne s'arrêta pas là dans ses méfaits, pillant les dépouilles, puis l'antre d'une chose-homme manifestement plus puissante que les autres dans ce bâtiment. En guise d'adieu, un dernier cadeau, celui d'une purge par le feu.
Le lendemain dans la bonne ville de Nuln, les nouvelles couraient déjà. Un des bâtiments du guet, sauvagement incendié, près d'une douzaine de morts en comptant les guetteurs et les détenus. Ces derniers étaient morts étouffés par les fumées de l'incendie mais les membres du clergé de Shallya étaient formels. Ceux-là, ce n'étaient pas les flammes qui les avaient emportés. Des hérauts firent dresser une proclamation quant à l'incident et tous se réjouissaient que l'incendie ne se soit pas propagé. Déjà que les Taudis avaient été ravagés il y a peu, la possibilité d'une autre catastrophe de cette ampleur inquiétait nombre des passants. Nombre mais pas tous.

"Mon enquête est formelle, le départ de feu n'est pas accidentel. L'endroit a été sciemment incendié pour tenter de dissimuler le meurtre de mes hommes. Ils portaient tous des plaies provoquées par une ou plusieurs armes tranchantes. Ce malade est entré je ne sais comment et s'est mis à les tuer un par un, par surprise. Il n'y a pas eu le moindre signe de lutte, Jorge s'est probablement fait assassiner sur les latrines. Par contre nous avons pu obtenir quelques éléments de plus quant à notre assassin, notamment que ce malade n'hésite pas à se servir de ses dents pour tuer, un putain de sauvage, pardonnez le langage monsieur. Nous savons aussi qu'il a probablement des cheveux assez clairs si on en croit ce qu'a pu lui arracher Ulrich, le seul qui a eu une chance de se défendre brièvement. Toutes les notes concernant la série d'assassinats dans la ville et les potentiels liens qui étaient établis ont été détruits lors de l'incendie. Du moins les informations qui étaient stockées ici. Les copies dans les autres bureaux sont pour l'instant à l'abri mais il y a toujours la possibilité d'une autre frappe.

En conclusion monsieur et en raison de tous ces éléments, je souhaiterais demander l'autorisation de doubler les patrouilles et de former une unité spéciale indépendante. S' il ne se cache pas dans les quartiers de la ville et que nous contrôlons les accès à la ville, cela ne nous laisse plus que deux options pour traquer ce malade: les Taudis ou le réseau des égouts de Nuln. J'aimerai d'abord ratisser ce premier secteur, pour le second nous aurions besoin des ratiers voire des plans qui sont tenus par les nains."


"Vous me demandez beaucoup et votre traque à propos de ce soi-disant tueur en série n'a pour l'instant fourni que peu de résultats. Si la situation empire ou que la panique se répand, comprenez bien que ce ne sera pas que votre tête qui roulera." Un soupir "Métaphoriquement bien sûr... Mais je m'assurerai que le Comtesse ou son conseil sache voir la pertinence de votre demande."

"Oyez, oyez! Sous prétexte rendre les rues plus sûres, la Comtesse a pris la décision d'accroître les pouvoirs du guet. Pour mieux vous contrôler, voilà ce pourquoi elle l'a fait! Il y a un tueur dans les rues? Un type qui crame les limiers de la Comtesse, j'appelle ça un héros! Eh mais qu'est-ce que..." Avant de pouvoir finir sa diatribe, l'agitateur se fit rapidement emmener par deux hommes en habits de maçon. Partout dans la ville ce genre de scène se reproduisait. Si la peur s'installait, ce n'était pas seulement contre cet assassin fantôme mais aussi face à la main de fer d'une dirigeante habile. Si éliminer ce tueur fou lui permettait de nettoyer quelque peu les rues, qui pourrait le lui reprocher après tout.
Dans sa tanière, à peine plus qu'un trou à rats à vrai dire, le skaven se penchait et usait ses petits yeux vicieux sur les morceaux de parchemin, tâchant de les comparer pour enfin pouvoir localiser la cache au trésor qu'il espérait depuis si longtemps. Le fait que cette quête le tienne aussi éloigné de la ville souterraine pendant quelque temps n'était d'ailleurs pas plus mal pour lui. La situation y restait toujours précaire et la sienne d'autant plus. Mais pour un skaven destiné à la grandeur tel que lui, il ne s'agissait que d'un contretemps, un qui lui permettrait de s'enrichir quelque peu avant de pouvoir enfin accéder à la gloire qui l'attendait depuis tout souriceau. Après tout, si il n'était pas l'élu du Rat-Cornu, pourquoi sa fourrure serait-elle aussi blanche...

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Vilmikch La Lame Blanche
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Les taudis de Nuln, même en temps normal, étaient un cloaque misérable où la crasse et le désespoir s'amoncelaient comme des déchets dans les caniveaux. Mais depuis l'incendie, le paysage avait pris une tout autre dimension : celle d'un cimetière à ciel ouvert, où les habitations carbonisées se dressaient comme des squelettes tordus sous la pâle lueur de Mannslieb.

L'odeur y était insoutenable, un mélange de cendres, de chair brûlée et de moisissures imprégnées dans le bois humide des ruines. L'air même semblait plus épais, chargé de suie et de misère, étouffant les rares brises nocturnes. Entre les déclins, des silhouettes erraient en silence, mendiants et mutants se disputant les restes calcinés d'une vie déjà misérable. Certains fouillaient le sol noirci de leurs mains osseuses, espérant y trouver quelque chose de comestible ou revendable, tandis que d'autres se tapissaient dans l'ombre, méfiants, guettant les rares passants avec des yeux injectés de fièvre et de méfiance. Les bâtiments encore debout étaient branlants, dévorés par le temps et l'incendie, menaçant de s'effondrer au moindre souffle de vent. Entre ces carcasses fumantes, des chemins étroits et labyrinthiques formaient un dédale dangereux. Un endroit aussi parfait que risqué pour une créature aussi vile que Vilmikch.

Le Skaven se hissa sans un bruit sur l'un des toits des masures, son corps maigre et nerveux se faufilant avec l'agilité d'un rongeur habitué aux hauteurs. De là-haut, il avait une petite vue d'ensemble sur les ruelles enchevêtrées et les bâtiments éventrés par l'incendie. L'obscurité de la nuit n'était troublée que par quelques lueurs vacillantes : des lanternes, des feux de mendicité, ou des braises encore ardentes parmi les cendres.
Avec un sifflement impatient, il déroula sa carte, la maintenant d'une griffe tandis que l'autre caressait son museau en quête de réflexion. Il était proche, il en était certain. Chaque symbole, chaque ligne tracée griffonnés sur le parchemin devait correspondre à un repère visible autour de lui… mais les ruines et la destruction rendaient toute comparaison incertaine. Un mur effondré ici, une bâtisse manquante là… Le paysage actuel était une version déformée de ce qu'il devait être. De plus, notre jeune Skaven ne savait pas lire…

Vilmikch claqua des dents, frustré. Il pencha la tête, ses petits yeux rouges plissés, essayant d'aligner les ruelles brisées avec les tracés de son plan. Peut-être que les sous-sols contenaient encore des indices ? Peut-être que ce qu'il cherchait était déjà enseveli sous les déclins ?
Ainsi commencèrent ses incessants allers-retours. La nuit, il arpentait les toits et les ruelles, scrutant, comparant, flairant. Le jour, il descendait dans les souterrains, se reposait dans sa tanière humide et retournait à sa quête dès que la lumière du soleil faiblissait. Recherche. Repos. Recherche. Repos. Un cycle monotone mais nécessaire. Chaque excursion lui apportait de nouveaux indices… du moins il en était convaincu. Mais toujours rien de concret. Le trésor restait hors d'atteinte, caché sous une énigme que seul un esprit patient pouvait espérer percer. Et Vilmikch commençait à sentir l'impatience ronger ses nerfs…

Mais même ici, dans ce purgatoire de misère, quelque chose clochait. Il l'avait remarqué depuis plusieurs nuits : des ombres qui avaient une forme à la fois robuste et courbée. Elles apparaissaient toujours à la même heure, rodant autour des mêmes ruines, disparaissant aussi vite qu'elles étaient venues… Son instinct lui criait que ces ombres cachaient sûrement quelque chose. Peut-être un lien avec son trésor ? Peut-être une menace qu'il ne voyait pas encore ? Les a-t-il remarqués car le Grand Rat Cornu voulait qu’il les voie ? Il devait en savoir plus… les pister et découvrir leur secret.
Il s'aventura alors à la surface en plein jour, un risque qu'il n'aimait pas prendre, mais la curiosité et la frustration l'y poussaient. Il erra parmi les ruelles sinueuses et les bâtisses marquées par l'odeur du feu et de la putréfaction. Il guettait le moindre indice, un signe, un mouvement suspect, mais rien. Les ombres avaient disparu, comme si elles n'existaient que dans l'obscurité. Pourtant, alors qu'il avançait prudemment, il perçut des regards furtifs. Des mendiants. Il entendit leurs murmures. Ils ne le fixaient pas avec effroi, mais plutôt avec cette distance prudente qu'on accordait aux mutants et aux êtres difformes. Cette pensée le fit grimer des dents. Il détestait être observé, encore plus être confondu avec ces choses-hommes. Il n'insista pas. Si les ombres qu'il traquait ne sortaient que la nuit, alors il ferait de même. Il regagna les souterrains et attendit que la lune reprenne son règne sur la ville.
Lorsque l'obscurité fut enfin complète, il se glissa hors des entrailles de Nuln et retourna dans le labyrinthe des taudis. Cette fois, il ne cherchait pas à les repérer en pleine errance. Il les attendait. Caché dans une ruelle étroite, blotti contre un mur noirci par la suite, il se fit patient. Les ombres passaient souvent par ici. Il le savait. Le silence de la nuit fut troublé par un bruit léger : des pas, discrets mais présents, à peine perceptibles sur la crasse du sol. Il ouvrit ses narines, flairant l'air chargé d'odeurs de moisissure, de suie et de chair humaine mal lavée. Ils étaient là. Quatre silhouettes émergèrent de l'obscurité, avançant avec précaution. Ils se déplaçaient discrètement, longeant les murs, surveillant leurs arrières. Vilmikch se tassa contre le mur, impliquant sa présence au maximum. Il les observa, guettant chaque détail, prêt à se fondre dans l'ombre s'il le fallait. Mais quelque chose clochait. L'un d'eux s'arrête net. Puis un deuxième. Un troisième redressa la tête, scrutant la ruelle sombre. Ils l'avaient vu.
Le jeune Skaven se figea dans l'obscurité, ses sens en alerte, tandis qu'une voix rauque et gargouillante perçait le silence de la nuit.

« Sors de là et dis-nous qui tu es ! »

Le ton était tendu, menaçant. Les mutants n'étaient pas dupes et se méfiaient. Le Skaven savait qu'il devait réagir vite. Il tira un peu plus sa cape sur son visage, courbant légèrement son dos pour accentuer sa petite taille, et prit une voix tremblante, un couinement fragile qui permettait de passer pour celui d'un enfant ou d'un adolescent mal-nourri.

« Je… je suis-m ‘appelle Karl… je vis-survis seul, car tout le monde m'a abandonné-laissé… Les autres disent-pensent que je suis différent… mes parents aussi m'ont rejeté. Depuis, je cherche un abri-foyer pour survivre. Vous êtes aussi différents-bizarres comme moi ? »

Il jouait sur les hésitations, mélangeant volontairement des répétitions, comme si sa voix trahissait l'anxiété d'un être désespéré. Sa petite taille pouvait appuyer son mensonge, mais il sentait que les mutants n'étaient pas convaincus. Ils s'échangeaient des regards, toujours méfiants, leurs silhouettes encapuchonnées se raidissant légèrement.
Vilmikch insista, changeant légèrement de ton, cherchant cette fois à détourner leur méfiance par la curiosité.

« Vous ne me croyez pas non-non ? Alors, je suis un homme-mutant qui cherche à vivre-survivre dans ce maudit trou-taudis. Et vous ? Qui êtes-vous ? Il est bien tard pour marcher-se promener… »

L'un des mutants s'avança d'un pas, dévoilant sous la lueur vacillante d'une lanterne un bras anormalement long et tordu. Il grogna d'une voix gutturale :
« Se promener ? Tu te fous de notre gueule, l'inconnu ? Dégage de là, c'est notre abri ! Si tu veux pioncer, va ailleurs, compris ? »

Les autres ne parlaient pas, mais leur posture était claire : ils étaient prêts à le chasser par la force s'il insistait. L'un d'eux, plus grand que les autres, croisa les bras, imposant silencieusement son autorité.
Vilmikch savait qu'il ne servait à rien d'insister davantage. Il courba l'échine et opéra un demi-tour, s'éloignant rapidement dans l'ombre, jouant le rôle du paria effrayé cherchant à éviter les ennuis. Mais à peine hors de vue, il ralentit son allure, puis s'arrête net, se collant contre une paroi crasseuse. Son cœur battait vite, mais non pas de peur. D'excitation. Il attendit. Longtemps. Assez pour être certain qu'ils reprendraient leur route sans se préoccuper de lui. Et lorsqu'ils se remirent enfin en mouvement, Vilmikch esquissa un rictus dans l'ombre. Ce dernier les suivit. Ils avaient quelque chose, et il comptait bien découvrir quoi. Les mutants avançaient dans la nuit, se faufilant entre les ruines calcinées et les amas de détritus, jetant occasionnellement des regards nerveux par-dessus leur épaule. Ils savaient qu'ils pouvaient être suivis. Mais Vilmikch était patient. Il connaissait la valeur d'une traque silencieuse. Il restait en retrait, toujours hors de leur champ de vision, se fondant dans l'ombre des taudis délabrés.

Le Skaven ne tarda pas à comprendre où ils allaient et pourquoi. Un feu. Ils avaient trouvé un endroit où ils pouvaient allumer un brasier à l'abri des regards indiscrets, un luxe dans ce bidonville misérable. Mais Vilmikch n'était pas dupe. Il y avait sûrement autre chose. Un plan germera rapidement dans son esprit. S'il voulait les faire fuir, il lui fallait semer la confusion sans chercher à les tuer. Il a commencé par des moyens rudimentaires, lançant çà et là des petits cailloux ou des morceaux de débris, espérant les alerter. Mais les mutants n'étaient pas si faciles à tromper. L'un d'eux s'arrêta brièvement, balayant l'obscurité du regard, puis haussa les épaules avant de se tourner vers le feu.
Vilmikch serra les dents. Cela ne suffirait pas. Puis il se souvint. Dans sa besace, il avait cette fameuse « chose blanche. Lorsqu'elle entrait en contact avec une surface solide, elle déclenchait une violente détonation lumineuse, un flash si puissant qu'il aveuglait instantanément toute personne regardant dans sa direction.
Un sourire étira son museau. Toujours perché sur un toit branlant, il sortit le bâtonnet et visa le centre des flammes avant de le lancer.
L'effet fut immédiat. Un éclair blanc foudroya la nuit.
Des hurlements de douleur s'élèvent dans l'air.

« PUTAIN MAIS C'ÉTAIT QUOI ÇA ?! »
« MES YEUX ! MES YEUX ! »
« DÉGAGEONS D'ICI !»

Ils se dispersèrent en un instant, trébuchant, tombant, se bousculant les uns les autres dans une panique totale. Vilmikch, lui, avait eu le bon réflexe cette fois-ci. Il s'était caché derrière une cheminée en ruine au moment de l'explosion lumineuse, préservant sa vision. Il attendit un peu, écoutant le bruit des pas précipités qui s'éloignaient dans toutes les directions. Puis, lorsqu'il fut certain qu'ils étaient partis… il descendit. Le campement fut rapidement abandonné, les braises du feu encore rougeoyantes.

Le Skaven fouilla méthodiquement, retournant les haillons, reniflant l'air à la recherche d'une odeur suspecte… Rien d'utile. Rien qui justifie une telle prudence de la part des mutants. Un grognement agacé lui échappa. Puis, alors qu'il s'appuyait contre un mur délabré, un son étrange résonna sous sa patte. Il se figea. Là, sous ses griffes, une pierre légèrement descellée avait bougé, émettant un léger grincement. Vilmikch inclina la tête, les yeux plissés. Enfin ! Son instinct ne l'avait pas trompé. Sans perdre une seconde, le rongeur agrippa la caisse et s'éclipsa dans l'obscurité des taudis, son cœur battant à tout rompre. Il zigzagua entre les ruelles, soigneusement de laisser des traces derrière lui. Lorsqu'il atteignit l'entrée d'un tunnel souterrain, il s'y engouffra sans hésiter, disparaissant sous la ville.

Le chemin jusqu'à sa tanière fut rapide. L'excitation l'empêchait de ressentir la fatigue. Une fois en sécurité, il posa sa trouvaille devant lui et s'accroupit, les griffes effleurant la surface rugueuse de la pierre. À première vue, il s'agissait d'une simple brique, certes un peu plus massif que la normale, mais ce ne fut que lorsqu'il la retourna qu'il remarqua une fine fente courante le long de sa surface. Un détail subtil, presque invisible, mais qui indiquait que l'objet était plus qu'il ne semblait être. Ses oreilles frémirent d'excitation.

Le Skaven sortit sa dague et glissa délicatement la pointe dans la fente. Il exerce une légère pression, mais la pierre résistait. Il insista alors, forçant un peu plus, tordant la lame d'un côté, puis de l'autre. Un craquement sec retentit. Le couvercle sauta sous l'effort, révélant l'intérieur creux de la brique. Vilmikch observa son contenu avec un mélange de satisfaction et d'intrigue. Plusieurs fioles soigneusement rangées scintillaient sous la faible lueur de sa lanterne. Chacune contenait un liquide d'une teinte différente. Mais ce n'était pas tout. Au fond du compartiment secret, une petite bourse de cuir utilisée reposait discrètement. Lorsqu'il l'ouvrit, une fine poudre s'échappa légèrement, lui chatouillant le museau.

Avec une prudence extrême, Vilmikch pinça une infime quantité de poudre entre ses griffes. Il approcha le résidu de son museau et, après un instant d'hésitation, inspira légèrement. Tout changea instantanément. Le monde autour de lui semblait ralentir. Les ombres vacillantes projetées par sa lanterne paraissaient suspendues dans le temps, comme figées en plein mouvement. Il sentait chaque battement de son cœur résonner distinctement dans sa poitrine, chaque vibration du sol sous lui. Son esprit fonctionnait à une vitesse ahurissante. Tout était plus clair, plus net, plus précis. Ses pensées fusaient comme un éclair, connectant des idées en une fraction de seconde. Son regard balayait les environs avec une acuité qu'il n'avait jamais connue auparavant. Mais cette euphorie ne dure que quelques dizaines de secondes. La sensation de clarté disparut brutalement, remplacée par un frisson désagréable. Un tremblement violent s'empara de son corps, serrant ses muscles malgré lui. Il sentit ses griffes tapoter frénétiquement contre le sol, son souffle s'accélérant alors que son cœur battait maintenant trop vite. Il s'adossa à la paroi de son terrier, tentant de calmer les spasmes qui l'agitaient. Les minutes passèrent, interminables, avant que son corps ne se stabilise enfin. Essoufflé, Vilmikch se redressa lentement, le regard rivé sur la poudre. Il avait déjà entendu parler de substances étranges, d'élixirs capables de modifier la perception ou d'accélérer les réflexes, mais jamais il n'avait ressenti les effets lui-même. C'était une arme… ou une malédiction. Il la fixa un instant, avant de murmurer un nom, un nom qui capturait l'essence même de cette substance… La poudre Éclair-fou.

Puis Vilmikch agita doucement la première fiole sous son museau, reniflant prudemment le liquide qu'elle contenait. Une odeur âcre et corrosive lui saisit immédiatement les narines. Il recula en grognant, frappé par une violente quinte de toux. Même en infime quantité, cette substance semblait agressive… mais il devait en savoir plus. Attrapant un rat errant qui rôdait non loin, il resserra ses griffes autour du petit corps frémissant et la plaque contre le sol de son terrier. La bête couina de terreur, se débattant faiblement, mais Vilmikch n'y prêta aucune attention.
D'une patte habile, il fit couler une goutte du liquide sur son pelage crasseux. La réaction fut immédiate : les poils se collèrent de sa peau, laissant apparaitre une tache rougeâtre, légèrement irritée mais sans effet dramatique.
Il renversa alors une minuscule goutte sur la gueule de l'animal. Le rat lapa la substance… et instantanément, il fut pris de convulsions brutales. Ses pattes se crispèrent, ses griffes raclèrent désespérément le sol en un spasme incontrôlable. Un filet de sang jaillit de sa gueule, éclaboussant la truffe de Vilmikch. Ce dernier recula légèrement, observant avec fascination les contorsions grotesques de la pauvre créature. Ils craquèrent. La petite colonne vertébrale du rat se brisa sous l'intensité des spasmes. Sa cage thoracique semble se contracter sur elle-même, et pourtant, il ne mourut pas immédiatement. Il suffoquait, agonisant dans une douleur indescriptible. Ses yeux devinrent vitreux, mais son corps continuait d'être secoué par des convulsions involontaires.
Dix minutes. Dix longues minutes de souffrance atroce avant que son corps ne s'immobilise enfin. Vilmikch fixa la fiole avec un mélange de crainte et d'excitation. Il venait de découvrir une arme terrible. Une goutte suffisait à déclencher un chaos total dans un organisme vivant. Il tapota la fiole d'un doigt griffu, puis plissa les yeux.

« Tu seras... Brise-Moelle, oui-oui. Parfait, parfait. »

L’assassin prit la seconde fiole et l'agita légèrement, observant le liquide à l'intérieur. Translucide, mais teinté d'un voile léger blanchâtre. Moins agressif en apparence que Brise-Moelle, mais cela ne voulait rien dire. Comme à son habitude, il s'empara d'un nouveau rat de laboratoire vivant, le maintenant fermement entre ses griffes. D'une patte habile, il fit couler une goutte sur son pelage. Contrairement au premier liquide, celui-ci ne provoqua aucune réaction visible. La peau sous le poil ne rougit même pas.
Il ouvrit la gueule du rat de force et lui versa une infime quantité du liquide blanchâtre. La créature cligna des yeux plusieurs fois, puis se mit à agiter la tête de façon désorientée. Elle grogna faiblement, puis tenta de mordre la patte du Skaven, mais son attaque était molle, presque hésitante. Aucune violence, aucun spasme, aucune transformation soudaine. Juste… une légère confusion.

« Pas-très impressionnant, non-non… »

Pour en avoir le cœur net, il porta la fiole à ses lèvres et avala quelques gouttes. Le goût était… fade, légèrement crayeux, mais pas particulièrement désagréable. Il patienta une minute, guettant la moindre réaction de son propre corps. Puis, il ressent une étrange sensation de relaxation. Ses muscles, d'ordinaire toujours tendus et prêts à bondir, se détendirent légèrement. Il ne se sentait ni plus fort, ni plus vif… Il secoua la fiole, pensif.

« Voile-pâle, oui-oui. Peut-être utile pour endormir, calmer… à voir. »

Vilmikch observait les fioles restantes, son regard brillant d'une curiosité presque maladive. Avec un sourire en coin, il saisit la troisième fiole et reprit ses expériences. Le liquide bleuâtre ondulait doucement sous la lumière tremblante. Vilmikch le fit tournoyer dans sa fiole, observant les reflets étranges qu'il projetait. Comme à son habitude, il commença par tester une goutte sur le pelage d'un rat. Rien. Puis il force la créature à en avaler. Pendant quelques secondes, elle demeura figée, les moustaches frémissantes, puis reprit son souffle comme si rien ne s'était passé. Le Skaven haussa un sourcil, perplexe.
Sceptique, il porta la fiole à ses lèvres et en avala une infime quantité. Une sensation de calme l'envahit presque immédiatement. Ses muscles se dénouèrent, son esprit s'allégea, comme si une brume apaisante avait soufflé sur ses pensées. L'effet était similaire à celui de Voile-Pâle, mais plus profond, plus insidieux. L’appelant Douce-Nuit, il la rangea précautionneusement et se tourna vers la suivante.

Cette fois, l'élixir était d'une teinte ambrée, lui rappelant le miel volé dans les caves humaines. Son odeur douceâtre éveilla immédiatement sa méfiance. Vilmikch approcha la fiole de son museau et huma avec précaution. L'arôme sucré était envoûtant, presque irrésistible. Il en laissa tomber une goutte sur la langue d'un rat, qui se contenta d'agiter les oreilles et de lécher le sol d'un air indifférent. Encouragé, le Skaven en goûta à son tour.
La douceur du liquide glissa sur sa langue et un frisson de plaisir parcourut son échine. Mais au même moment, quelque chose changea. Les ombres autour de lui se mirent à bouger… d'abord imperceptiblement, puis avec une fluidité inquiétante. Elles se tordaient, s'allongeaient, prenaient des formes indistinctes qui semblaient l'observateur en retour. Vilmikch frappant la tête, tentant de chasser cette illusion. Rien à faire. L'effet était là, subtil mais bien réel. Une lueur d'excitation brille dans ses yeux jaunes. Il nomma alors cette substance Brise-Esprit.

Il se frotta les tempes et attendit que l'effet s'estompe avant de passer à la dernière fiole. Celle-ci semblait plus épaisse, sa couleur marron peu engageante. Méfiant, il déboucha lentement le flacon et sent une odeur piquante, presque irritante.
L'instinct du jeune assassin lui soufflait que ce liquide était dangereux. Il versa une infime goutte sur un autre rat et observa la réaction. Aussitôt, la créature couina de douleur et se tordit, léchant frénétiquement l'endroit touché. Ses mouvements saccadés trahissaient une brûlure intense.
Vilmikch claqua des dents d'excitation. Il avait vu assez d'humains mourir pour reconnaître un poison caustique lorsqu'il en trouvait un. Cette fois, il ne prend pas la peine d'en goûter. Il n'était pas assez stupide pour tester une chose qui pouvait le ronger de l'intérieur. Ainsi ce fut avec originalité qu’il nomma sa dernière trouvaille, Souffle-Vermine.

Il rangea soigneusement les fioles aux côtés des autres trouvailles. Ces liquides avaient tous un potentiel énorme, mais encore fallait-il apprendre à les utiliser correctement. Il se permit même de rajouter un petit morceau de Malepierre dans son Souffle-vermine. En testant son mélange sur une pauvre souris, il put constater que les effets étaient un près les mêmes sauf que cette fois-ci, des veinules noires se diffusaient lentement dans son corps depuis le point d’impact.

Un mauvais sourire se dessina sur son museau. Il était temps d'en tirer profit.
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[Vilmikch] Le plus dur, ce n'est pas la chute...

Message par [MJ] Bugman »

Tout ça pour ça. Une proie assassinée par hasard, pour sa fragilité et son cadavre pillé. De ses possessions, inutiles pour la plupart, Vilmikch n’avait tiré qu’un vague morceau, une sorte de carte mal dessinée .Tout ce temps à faire décoder la carte par Masrat, à tenter de lui rendre service pour paiement puis son élimination lorsqu’il a outrepassé sa place. Puis cette sale affaire à la surface pour tenter de se repérer mais qui s’intéresserait à la mort de quelques choses-hommes de toute façon ?


Non le problème c’était toute cette dépense en temps et en énergie, à rôder jour et nuit pour trouver la cache, à chasser hors de ses inspections les badauds ignares et autres mutants errant dans les Taudis. Sans compter l’odeur de cendre froide qui s’attachait à sa fourrure et s’attardait dans son museau. Oh à n’en pas douter cette cache de poisons, et de liquides pour l’instant inutiles, était probablement une récompense suffisante.
Pour un skaven inférieur en tout cas.

Retranché dans sa tanière depuis quelques jours, Vilmikch rongeait son frein pendant que son esprit travaillait à plein régime. Cela avait commencé par un doute tout d’abord, une pensée s'immisçant dans son esprit à propos de la cache. Après tout, le bourgeois n’avait pas le profil d’un tueur capable d’utiliser de tels poisons puisqu’il n’était, eh bien, qu’un bourgeois. Pris de remords, ou au moins voulant mettre au repos ces tiraillements, l’apprenti assassin avait décidé de retourner sur les lieux, pour y trouver un tas de pavés descellés, à quelques pas à peine de la cache contenant la caisse à poisons.

Le skaven ne pouvait même pas enrager en paix. Les remous dans la cité souterraine avaient semblé se calmer pendant un temps puis quelque chose s’était produit. Une explosion, un assassinat ou une révolte d’esclaves, les rumeurs n’arrivaient pas à se décider. Toujours est-il que tous étaient sur la patte de guerre et que les boyaux se couvraient désormais de sang aussi régulièrement que d’ordures. Non il n’en fallait pas douter, pour un skaven potentiellement recherché mais certainement seul au monde ce n’était certainement pas le moment de se faire remarquer. Trop d’ennemis, trop de risques et perdre Vilmikch serait, de son propre avis, une perte terrible pour sa race et en grand seigneur, il souhaitait magnanimement l’épargner au monde.

Alors la Lame Blanche, contre tout instinct, s’était retenue puis avait pondéré, pesé et affûté ses arguments. La situation était critique, tous les ponts déjà brûlés et étrangement, l’idée de se mettre au service d’un de ceux qui luttaient pour le pouvoir ne lui plaisait guère, surtout si ce maître temporaire venait à perdre. Non le plus simple était encore de partir, de refaire sa vie ailleurs, loin de la médiocrité de Nuln.
Et il avait entendu les rumeurs venant du nord, celles de vents chargés de malepierre, d’osts noirs de choses-hommes employant la race suprême et de puissants clans skaven manipulant la vie elle-même…

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Re: [Vilmikch] Le plus dur, ce n'est pas la chute...

Message par Vilmikch La Lame Blanche »

Dans les profondeurs obscures et tortueuses des tunnels skavens, Vilmikch décida de tourner le dos à son clan et à sa tanière. Il était déterminé à abandonner ce qui avait été son monde jusqu'à maintenant, mais avant cela, il devait se débarrasser de certains objets devenus inutiles, ou du moins tenter de les échanger. Il se rendit dans la cité souterraine du Clan Skryre,, espérant troquer une carte au trésor qu'il possédait. Mais les technomages, avec leur arrogance habituelle, ne montrèrent aucun intérêt pour son offre. Vilmikch, bien que frustré, ne trouva ni les mots pour les convaincre ni l'opportunité de les punir pour cet affront. Il parvint tout de même à échanger quelques babioles contre une poignée de biscuits rassis avec un skaven marchand. Une maigre pitance, mais qui lui permettrait de tenir un peu plus de trois jours.

Après s'être préparé avec soin, empaquetant armes, poisons et nourriture, il s'engagea dans l'un des nombreux tunnels sombres qui sillonnent le royaume souterrain des skavens. Le temps, dans ces profondeurs, est une notion floue, mais son estomac lui servirait de guide. Il opta pour les tunnels les plus larges, évitant les passages étroits et isolés. La première journée se passa sans incident. Il se glissait parmi les convois d'esclaves, se fondant dans la masse sans grand risque. Mais bientôt, il sentit une perturbation dans l'air, une tension qu'il ne pouvait expliquer. Un groupe d'esclaves, à peine armés de pics et de pioches branlantes, apparut, gardé par quelques guerriers. Ils semblaient épuisés, mais déterminés à creuser.

Vilmikch arriva alors sur le site d'un éboulement récent. Des cadavres de skavens écrasés jonchaient le sol, commençant à pourrir. L'éboulement semblait naturel, bien qu'il n'y connût rien en matière de mines. Les esclaves se mirent au travail, provoquant de petits glissements de terrain supplémentaires. Après plusieurs heures de labeur et des dizaines de morts plus tard, ils parvinrent à dégager un passage précaire. Le skaven blanc, observant la scène avec un mépris arrogant, se dit que ce passage ne tiendrait pas longtemps. Mais ce n'était pas son problème.

Au bout de quelque jours, ce dernier remarqua que ses provisions commençaient à manquer et dut se résoudre à manger des rats et des racines peu nourrissantes. Il pria le Rat Cornu, implorant de pouvoir atteindre la surface avant que la faim ne l'emporte. Il avançait, déterminé à survivre et à atteindre ce nouveau monde, où qu'il soit.
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Re: [Vilmikch] Le plus dur, ce n'est pas la chute...

Message par [MJ] Bugman »

Remonter vers la surface pour trouver de quoi se sustenter. Seul puisque les esclaves et autres skavens ont eu la lâcheté de vouloir continuer dans les profondeurs pour espérer atteindre des relais, ou des groupes plus faibles à détrousser et dévorer. Dans cette société dégénérée, l’union contre l’autre, en tout cas l’alliance temporaire, faisait la force. Vilmikch, lui, partait seul pour explorer. Après tout, un grand skaven explore la voie, il trace la voie mais jamais au grand jamais il ne suit la voie (que d’autres ont très certainement piégé de toute façon). En plus c’était soit cela, soit mourir de faim, et le Rat Cornu savait que ce genre de désagrément avait tendance à arriver vite pour ses fidèles de basse extraction, sans compter leur capacités médiocres, leurs intellects inférieurs et…

Plic. De l’eau qui commence à ruisseler, la température qui commence à fluctuer, cette odeur d’humus et de pourriture qui embaume l’air. Oui, le doute n’était plus permis, l’assassin se rapprochait de la surface, ou d’une poche d’eau souterraine prête à l’engloutir mais il savait qu’il pouvait avoir confiance en son destin, protégé qu’il était par le Roi Rat Cornu. Dans le doute toutefois, une grande inspiration et retenir son souffle avant de continuer. L’avance reprit, méthodique, froide et pendant environ vingt-cinq battements de cœur avant que Vilmikch ne doive s’arrêter pour pouvoir respirer. Manifestement, l’assassin ne maîtrisait pas l’art légendaire de ne pas respirer sans mourir mais au moins cela lui permit d’obtenir de nouvelles informations, comme cette odeur de pourriture, de charogne et d’excréments qui grandissait à mesure qu’il s’approchait de l’entrée.

Le tunnel menait sur un petit réseau de grotte, où l’odeur était encore plus prégnante, manifestement sa source en était quelque part à proximité. Son instinct ne le trompait pas, jamais même, il y avait quelque chose à manger dans cet endroit. Il prit alors une dague dans chaque main tout en poussant son nez dans ses derniers retranchements. Puis vint un énorme bruit et son intellect supérieur le guida à nouveau: si un animal est capable de rugir aussi puissamment, c’est qu’il est plus haut qu’un skaven sur la chaîne alimentaire. Et effectivement, à peine était-il en train de courir au mieux de sa vitesse qu’un ours commença à foncer droit sur lui. Heureusement que Vilmikch avait pour lui la vitesse, sans quoi il aurait fini comme ce qui ressemblait à des carcasses humanoïdes dans le coin d’une des alvéoles. Des carcasses au museau fort proche du sien. Heureusement, l’adage skaven du courage fuyons lui sauva à nouveau la vie et c’est en premier et entier qu’il franchit le rideau de lierre marquant la sortie, arrivant à semer l’ursidé dans la forêt.

Une fois le souffle repris, Vilmikch fit face à une petite rivière et mis à part quelques racines, rien de bien notable pour se sustenter tandis qu’il descendait vers l’aval, du moins rien jusqu’à ce que la nuit commence à tomber. Peut-être était-ce l’ombre projetée dans le crépuscule ou bien la fumée s’élevant contre le soleil mais l’assassin tomba sur ce qui semblait fort être un hameau fortifié dans la forêt. Bien qu’il soit gardé, le skaven réussit à s'agripper à la palissade et commençait même à escalader quand un des veilleurs se mit à hurler, non pas contre lui mais contre la forêt un peu plus à l’Est.


-”LES HOMMES-BÊTES ARRIVENT! ILS ARRIVENT!”

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