Le Vampire pouvait sentir les Vents de Magie se fondrent en lui, la confiance qu'il avait en ses paroles s'intensifia encore tandis qu'il se sentait soutenu et pousser par la magie qui coulait à présent en lui, Kergan resplendissait d'une aura charismatique impressionnante même si elle n'était pas visible par le garde et cette dernière influençait l'esprit de son interlocuteur sans que ce dernier ne se rende compte de rien. Manipuler les Vents était une entreprise difficile, surtout lorsque l'on ne pouvait se concentrer suffisamment, mais le Von Carstein devenait familier avec la maîtrise des arcanes, il n'était pas encore capable de prodiges, certes, mais il était suffisamment doué pour lancer quelques sorts mineurs sans trop de difficultés.
Le Sylvanien observait le regard de son interlocuteur, les yeux étaient dit-on une fenêtre sur l'âme de l'individu et il savait qu'intérieurement, le mutant se livrait un furieux combat à lui-même pour résister à l'envie de céder à la colère et à la haine qui brûlait son cœur, ce qui le mènerait sous la coupe du Fils de la Nuit et entraînerait son âme sur le chemin de la Damnation. Le capitaine s'adressa finalement au Vampire et malgré son ton qui se voulait calme, le Von Carstein pouvait sentir la rancoeur qui se glissait dans ses paroles, la haine de ces humains qui l'avaient condamné lui et ses semblables à une éternité de souffrance dans la froideur glacée des montagnes. Une légère brise de vent souffla, faisant virevolter les longs cheveux noirs de Vladimir Kergan qui se détourna de son interlocuteur pour scruter une nouvelle fois l'horizon.
Vous n'avez rien fait de mal en effet, vous n'avez jamais souhaité être affublés de ces marques et pourtant ils n'ont pas plus de considération pour vous qu'ils n'en ont pour les fidèles des Dieux Noirs au Nord ou les Hommes Bêtes sévissant dans les forêts. Combien de temps pensez-vous résister dans ces conditions mon ami ? Le fort dans lequel vous vous trouvez est en ruine et aurait beaucoup de mal à résister à un assaut des atrocités qui parcourent les bois et les environs. Les Kislévites n'ont aucun droit de vous contraindre à pareilles conditions, ni vous et encore moins les enfants qui vivent ici...
Le ton de Vladimir était emplie d'une fausse compassion tandis qu'il pouvait entendre autour de lui le mouvement de sentinelles qui s'étaient arrêtées pour écouter la conversation entre leur capitaine et le nouveau venu. Kergan avait légèrement haussé le ton dans la dernière partie de son discours pour bien montrer sa désapprobation. Le Sombre Nobliau alternait la douceur et la fermeté pour semer le doute dans l'esprit du capitaine, tel un serpent se rapproche petit à petit de sa cible avant de frapper pour de bon. Aux dernières paroles du capitaine, Vladimir lui adressa un mince sourire et haussa les épaules avant de parler à nouveau.
Je le sais mon ami, mon destin est à présent lié au vôtre et à cette communauté, je n'ai pas l'intention de m'enfuir ou de supplier l'Ovate de me laisser partir. La même folie qui me pousse à vous apprécier peut-être ? Je ne sais pas, le goût de l'aventure sans doute. Je n'essayerai pas de vous convaincre qu'il n'y a aucun risque à me libérer, vous ne me croiriez pas... Mais peut-être un jour m'accompagnerez-vous à Leblya et qu'ils connaîtront alors la Colère venue de la montagne ? Je vais à présent vous laisser, bonne nuit capitaine.
Vladimir avait dit cela avec un petit rire amusé mais le capitaine comprendrait qu'il y avait du sérieux derrière le rire du Vampire, lorsqu'il eut terminé sa phrase, Kergan tourna les talons et dans un tourbillon de cape repartit en direction du campement, ses longs cheveux ondulants au fil de ses pas tandis qu'il jetait un regard appuyé aux sentinelles qui l'avaient écoutés. Peut-être ces derniers avaient-ils compris qu'une nouvelle vie était possible sous le joug du Fils de la Nuit.
Les pas de Vladimir le conduisirent jusqu'à un arbre un peu à l'écart du campement, là il s'assit contre le tronc et sortit le Traité Impie de son long manteau noir, l'obscurité ne le gênait pas pour lire et il doutait fortement que d'autres gardes viennent lui tenir conversation, il avait donc une bonne partie de la nuit pour s'adonner à une lecture intensive du traité nécromantique. La réanimation de cadavres était toujours son objectif principal, mais il n'avait rien vu qui aurait pu ressembler à un cimetière dans les environs du camps, sans doute les mutants brûlaient-ils leurs morts, ce qui expliquerait l'absence totale de sépultures. Le traité possédait également des sortilèges plus complexes, en effet les Zombies et Squelettes n'étaient pas les seules créatures qu'un nécromancien accompli était en mesure d'appeler à lui... Des Spectres et autres apparitions étaient également susceptibles de se joindre aux armées du vampire, agrippant les vivants de leurs mains glaciales et les terrifiants par leurs hurlements d'âmes en peines. Le Revenant était de loin le plus redoutable des Morts Vivants qu'un Vampire puisse contrôler, car il s'agit là d'un héros du passé ou d'un roi païen, dont la maîtrise du combat dépassait de très loin celles des autres cadavres, parfait pour mener ces derniers à la guerre.
Il ne pourrait annoncer ses talents de nécromanciens à ses troupes que lorsqu'il serait certains que ses hommes lui soient entièrement dévoués et voient en ses pouvoirs une occasion de prendre leur revanche sur les vivants qui les avaient si longtemps persécutés. Les lèvres de Kergan s'étirèrent en un sourire mauvais alors que ses pensées se dirigeaient vers la jeune Jekaterina, cette dernière devait sans doute être arrivée à Leblya si le voyage s'était déroulé sans accroche... Peut-être cette dernière se joindrait-elle à lui... Vladimir offrirait au village le même choix que le puissant Vlad von Carstein offrait à ses ennemis : Se rendre pour le servir dans la vie ou périr pour être ses esclaves dans la mort.
Compétence Charisme niveau 3