[Jekaterina & Joleen] Frontière et désolation

Kislev, pays de sombres forêts de conifères, d'étendues neigeuses et de steppes balayées par les vents, se trouve l'est de l'Empire. Pendant des siècles, il a été un rempart face aux incursions dévastatrices du Chaos venues du nord. Kislev est un allié fidèle et puissant de l'Empire, toujours prêt à envoyer ses troupes à son secours

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Jekaterina Andreska
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Re: [Jekaterina & Ulfrik] Frontière et désolation

Message par Jekaterina Andreska »

Je fronçais presque imperceptiblement les sourcils au beuglement de Sasha. Mais enfin, on ne pouvait pas attendre d'un homme tel que lui qu'il fasse preuve d'une digne retenue après cette épreuve, supposais-je... Après tout, il avait accompli son devoir, et Kislev ne demandait jamais à ses enfants qu'à ce qu'ils se montrent assez fort pour lui survivre. Tous, ils avaient fait de leur mieux.
Sous mes pieds, Youri remua, me corrigeant à son insu. Presque tous, soupirai-je en mon for intérieur...


- "Mesdames et messieurs, je suis le sergent Dimitri Baranov, de la garnison de Leblya. Vous êtes maintenant hors de danger. Mes hommes et moi même allons vous escorter jusqu'au village."

Du coin de l'oeil, d'où j'étais, je devinais la courbe acerbe de ces traits et la raideur de sa posture. Cet homme était semblable à l'armée de métier de Kislev ; une sorte de cimeterre de chair, violent et discret, forgé par le devoir. Je me fis cette réflexion empreinte de fierté et d'irritation, selon laquelle nous autres Kislévites étions les plus proches des terres souillées du Nord, les plus proches du murmure susurrant du Chaos, et pourtant, étions ceux qui résistaient le mieux à ses rets impies. Et puis, il fallait bien avouer que...

Je manquais de sursauter lorsqu'un bruit sourd se fit entendre contre le toit. Je levais les yeux vers l'origine de l'impact présumé, avant de remarquer qu'Ulfrik avait les mains vides, caracolant sur son hideux poney si peu semblable aux coursiers bien découplés de Kislev. D'une voix détachée, je formais ces mots dans mon esprit : strictement... aucune... manière.
Un sourire de dérision affleura sur mes lèvres.


- Youri, asseyez-vous, je vous prie.

J'accompagnais mon invitation distraite aux relents d'injonction d'une petite poussée de la pointe de ma botte. A rester ainsi, il allait finir par me faire honte.

- Tout va bien ici ?


C'était le mercenaire qui, passant la tête devant la fenêtre, venait constater l'état des lieux. Je jetais un oeil pensif au marchand d'Erengrad.


- Il semblerait, oui. Comment vont Yvan et Sasha ?


Tout en posant la question, je posais ma main sur le rebord de la lucarne en prenant garde à ne pas me couper, non sans une moue désapprobatrice devant les dégâts. Je me penchais par l'ouverture, cherchant à apercevoir les deux autres membres du coche pour vérifier leur état.
Les Dolgans avaient donc fui devant ces cavaliers... J'éprouvais une pointe de regret. Dommage que les pillards ne soient pas plus sombrement idiots, ça aiderait à leur éradication.


- Sergent ! appelai-je pour attirer l'attention du soldat. Y a-t-il un Chekist*, actuellement, à Leblya ? Ma voix s'était faite onctueuse, mais dans cette douceur, il y avait celle du fil tranchant d'une épée. Dans une région aussi dangereuse que celle-ci, que diriez-vous du crime qu'est-celui d'être désarmé ?

Je bloquais la vue à l'intérieur du coche, aussi le sergent ne pouvait-il pas voir Youri dans la cabine. Ce qui, bien évidemment, n'empêchait pas ce-dernier d'entendre mes paroles. La lance que j'avais arrachée au Dolgan reposait contre la banquette, et j'avais posé le genou dessus.
Je ne souhaitais pas du mal à Yorloff... pas vraiment. Néanmoins, j'étais assez formée à l'art compliqué de l'intimidation et de la manipulation pour savoir tirer parti d'une faiblesse telle que celle du commerçant, et j'allais la lui faire payer pour notre bien à tous deux.
A terme, il serait peut-être plus prudent ; quant à moi, je voyais déjà les avantages qui allaient avec le fait de faire pression de cette manière sur un membre de la guilde des marchands d'Erengrad.

Les chekists sont des juges dépêchés par la tzarine Katarina, qui dans la pratique ne semblent pas tellement avoir besoin d'un coupable pour... avoir un coupable, justement. :mrgreen: Peut-être qu'un parallèle pas trop maladroit pourrait être fait avec les Inquisiteurs, même si les chekists ont un rôle purement judiciaire. D'ordinaire, ce sont les Atamans qui rendent la justice, mais là c'est surtout pour faire peur à notre pauvre Youri.
Pour plus d'informations Duduc, j'ai lu ça à la section "Gaspodar law", page 34 du supplément '.'
Modifié en dernier par [MJ] Le Grand Duc le 08 janv. 2012, 15:47, modifié 1 fois.
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    • "Elle ne répondra pas, occupée à regarder vers les désolations et à ruminer sa haine du Chaos. Laissez-moi vous parler de cette fille du Nord, de cette noble qui a soulevé l’écu terni de sa famille pour le peindre de neuf, à grandes giclées de gloire et de courage."
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Re: [Jekaterina & Ulfrik] Frontière et désolation

Message par [MJ] Le Grand Duc »

Dimitri sembla saisir la nature de son interlocuteur ; il se raidit plus encore et répondit d'une voix plus ferme, tâchant d'effacer toute lassitude dans ses propos.

- "Sasha va bien, Ma Dame." dit-il, toujours penché vers la lucarne du coche. "Ivan, quant à lui, a été touché à l'épaule. Le chirurgien de la garnison fera son possible pour le soigner quand nous serons arrivé à Leblya. Je suis également au regret de vous apprendre que l'Ataman ne bénéficie de l'aide d'aucun chekist pour régler les affaires juridiques de la stanisvas. La politique de notre bonne Tsarine ne s'enfonce que rarement si loin dans l'Oblast du Nord. Quant au manquement au port d'arme, c'est une faute punie de mort dans les Marches sous la juridiction de mon seigneur." finit-il en baissant progressivement la voix, comme s'il semblait assez sceptique sur de telles mesures, sans pour autant le montrer. "Nous allons maintenant reprendre la route, Ma Dame, afin d'arriver à Leblya avant la tombée de la nuit."finit-il en inclinant la tête et en se redressant sur sa selle.

Il jeta un regard désabusé, presque méprisant, à Ulfrik puis se tourna vers ses propres hommes qui attendaient à une centaine de mètre et leva le bras en faisant tourner sa main de façon visible aux yeux des cavaliers. Ces derniers se scindèrent de suite en deux groupe et tandis que l'un d'eux se contenta de faire pivoter face au Nord, l'autre se lança au galop et longea le coche dans un vacarme de sabots et de poussière avant de se positionner à l'arrière. Dimitri piqua des deux et gagna la tête de l'avant-garde avant que toute la colonne, la diligence y comprit, ne se mette en route à sa suite. Sasha claqua les rennes de son attelage et les chevaux de traits partirent au trot en tirant sur leurs lourds colliers. La diligence reprit sa course à une allure plus calme, escorté de part et d'autre de la piste par les cavaliers de la garnison de Leblya. Le soleil se couchait lentement à l'Ouest, donnant une couleur orangée aux herbes qui ondulaient sous la brise glacée des plaines vallonnées dans lesquelles ils progressaient.

Dans la cabine, Youri poussa un grogement et se frotta le visage, toujours couché sur le plancher du coche. Il jeta un petit regard engourdis autour de lui et vit le paysage défiler calmement par les lucarnes brisées tandis que la noble le toisait de son siège, une lance à ses côté. Le gros marchand s'appuya sur les banquettes et se releva au prix d'un effort considérable avant de se laisser retomber comme un sac à sa place initiale, le visage encore livide.

- "Par les dieux ... j'ai bien cru qu'on allait y passer ..." dit-il en se frottant le front d'où perlaient quelques gouttes de sueurs malgré le froid mordant qui s'introduisait dans la cabine par les lucarnes crevées. "Heureusement que les cavaliers de la garnison sont intervenu ... sans ça nous étions bon à être sacrifiés aux puissances du Chaos !" couina-t-il sans retenue, oubliant la sobriété et la discrétion que les kislévites avaient généralement par rapport aux Dieux Sombres.

Sur le toit, Ivan se faisait discret comme le ferai tout homme trop fier pour avouer une quelconque douleur ou faiblesse. Le visage grimaçant, il reposa sa lourde arbalète sur les bâches recouvrant les bagages et porta la main à la flèche fichée dans son épaule. Il prit une longue inspiration en fermant les yeux et arracha le trait d'un coup sec en étouffant un grognement de douleur. Le sang sombre recommença à couler sur son manteau en fourrure mais le guetteur attrapa un chiffon tâché et le roula avant de le presser sur la plaie sans un mot, s’asseyant à nouveau à son poste, posant son regard bleu acier sur le contingent de cavaliers qui les suivait au bruit cadencé des sabots foulant le sol rocailleux.
Je suis le Grand Duc, seigneur de ces bois. Je vis avec mes gens, loin de la folie des hommes. La nuit je vole dans les sombres profondeurs de la forêt. Mon regard d'acier partout se pose, et sans bruit, comme le vent, je file entre les branches des arbres séculiers. Je suis le Grand Duc, seigneur de ces bois.

Jekaterina Andreska
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Re: [Jekaterina & Ulfrik] Frontière et désolation

Message par Jekaterina Andreska »

J'accueillis les paroles du jeune sergent avec un masque inflexible et ponctuais sa conclusion d'un hochement de tête approbateur. C'est un peu rassérénée que je retournais m'asseoir sur la banquette, en face du marchand d'Erengrad qui reprenait quelques-unes de ses couleurs. Là, je fronçais les sourcils suite à sa remarque. Décidément, cet homme ne savait pas quand il était bon pour lui de se taire, ou du moins, il ne saisissait pas vraiment quels sujets il avait plutôt intérêt à aborder. Celui qu'il venait d'évoquer, manifestement, ne faisait pas partie de la liste restreinte des choses qu'il aurait pu soulever. Malgré tout, quelque part, je ne pouvais pas lui en vouloir d'être si faible, simplement le lui reprocher.
En revanche, je pouvais le détester parce qu'il ne luttait pas contre cette même faiblesse. Et il aurait mieux valu pour lui que Youri m'eût caché cette part peu reluisante de sa personnalité.


- Vous vendez bien vite la peau de l'ours, grinçai-je.De la part de quelqu'un arborant aussi ostensiblement que moi un énorme croc de plantigrade au cou, cette expression pouvait dissimuler bien des couteaux. Je retiens notamment que vous n'avez pas daigné protéger votre vie, Youri, mais plutôt l'abandonner aux pillards. Vous avez entendu le sergent Baranov ; ici, votre lâcheté est punie de mort.

Il est amusant, froidement amusant, de constater à quel point on peut se surprendre à prendre du plaisir à ce genre de choses. Après tout, le commerçant devait se plier aux lois qui étaient celles de Kislev, ou bien quitter mon fier pays et aller échanger avec les impériaux du Sud. Je ne comptais pas tolérer sa couardise à l'intérieur des frontières de ma patrie.
Ou alors... il se rendrait utile, à sa mesure, en en payant le prix. Il ne souhaitait pas être un homme d'armes, ainsi que l'exigeait la loi ? Je le soumettrai alors à l'amende de l'utilité, à justifier sa futilité par les moyens dont il disposait. Kislev ne pouvait pas endurer le fardeau des impotents...


- Et je doute fortement que votre parole pèse beaucoup face à la mienne, devant l'Ataman de Leblya.


Mes yeux s'étaient durcis au point de prendre la dureté gelée des landes désertiques des Oblasts du Nord, et c'était un hiver silencieux que je posais sur Youri en le dévisageant. Il n'y avait pas vraiment d'animosité au sein de ces sombres agates... juste une sorte de noirceur implacable, qui voulait dire "Tu m'obéiras, parce que jamais, au grand jamais, je ne t'ai laissé le choix de me désobéir".

- Vous allez donc me rendre service à la hauteur de vos... capacités, à moins que vous ne souhaitiez voir la Guilde d'Erengrad se séparer des talents qui sont les vôtres. Je crains que vous n'ayez bientôt à mettre la main à la poche pour contribuer à la sécurité de Kislev, à défaut de prendre vous-même une lame, souris-je avec un rictus narquois. Pensez-y.

Je me rencognais sur mon siège, laissant le marchand aux méditations que mes propos avaient dû susciter en lui. Mon regard dériva distraitement par la lucarne énucléée, rencontrant la silhouette du jeune mercenaire qui chevauchait son poney hirsute. Je me souvenais de la fougue avec laquelle il s'était jeté du toit pour acquérir cette monture, cherchant à abattre nos adversaires à l'aide de l'arquebuse de Sasha.
Que pouvait bien faire le cocher avec ce genre d'engin, grondai-je en mon for intérieur, désapprobatrice. Ici, avec un climat aussi inhospitalier, les armes à feu de cet acabit pouvaient amener leur utilisateur à la mort ; seul un fou l'ignorait. Nous n'étions pas faits à l'image des pleutres de l'Empire.

Je me rapprochais de l'ouverture qui laissait s'épancher dans la cabine un filet de froidure.


- Ulfrik, veuillez approcher, appelai-je.

J'attendis qu'il intime à sa monture de venir longer le flanc du véhicule, prenant garde à ne pas me couper aux éclats de verre grossiers tout en profitant de l'air gelé, qui amenait une vigueur nouvelle dans mes poumons. Alors même qu'il se mettait à mon niveau, j'eus tout le loisir de le comparer à l'officier qui l'avait toisé de haut. Si différents. Si semblables. Tous deux enfants de Kislev, car bien que peut-être Ulfrik ne fût pas tout à fait natif de ce sol glacé, il en était à tout le moins adopté comme lui en avait adopté les rudes principes ; tous deux jeunes mais aussi durs que les vétérans de l'Empire. Tous deux nés avec une lame entre les mains et tous deux voués à mourir avec la même épée.
Pourtant... Pourtant, il y en avait un qui servait vraiment Kislev. L'autre ne servait que lui-même.

J'allais faire en sorte qu'il en soit autrement !


- Ulfrik Reinholt, mh ? avançai-je comme il maintenait sa monture à ma hauteur. Vous vous hasardez sur les routes, vendant votre lame sans aucun but autre que celui de vivoter... On ne peut pas survivre à ce pays de cette façon, vous le savez. Peut-être, du fait que vous êtes jeune, que vous parviendrez encore à poursuivre votre errance quelques années - mais guère plus. Alors écoutez ce que je vais vous dire.

Le timbre de ma voix perdit un peu de son mordant glacé, et j'adoucis mon regard pour en atténuer le caractère acéré. Pour autant, je n'en présentais toujours pas moins une expression inébranlable et froide.

- Votre... impulsivité... pourrait être mise au service de l'héritière des Andreska - moi-même. Plutôt, repris-je après une légère pause, qu'à celui du hasard.

Je me tus, l'observant et guettant sa réaction. Il n'était pas obligé de se décider tout de suite...

- Vous pourrez me donner votre réponse ce soir, à Leblya.
Modifié en dernier par [MJ] Le Grand Duc le 16 janv. 2012, 11:08, modifié 1 fois.
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Ulfrik Reinholt
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Re: [Jekaterina & Ulfrik] Frontière et désolation

Message par Ulfrik Reinholt »

  • Le soleil se couchait lentement à l’Ouest, tandis que le chariot et son escorte reprenait la route. Toujours juché sur sa fougueuse monture, Ulfrik chevauchait à côté du coche de Sasha. La sangle de son bouclier, accroché dans son dos, lui faisaient un peu mal à l’épaule alors il le plaça un peu plus confortablement. Il avait un instant envisagé de le mettre sur toit du coche, mais y avait renoncé. Il ne voulait pas se séparer de son bouclier au cas où il perdait le reste de la bande. Ces années à courir la campagne lui avaient appris une ou deux leçons qu’il n’était pas près d’oublier.

    Mais il réalisa subitement qu’il n’était ni plus ni moins en train d’essayer de penser à autre chose qu’à Ulrika. Car le souvenir ne son ancienne compagne commençait à ressortir de sa carapace depuis quelques minutes. Cette femme qui l’avait en quelque sorte poussée à quitter la bande à son père. Il semblait tout bonnement y avoir une sorte d’incompatibilité d’humeur et le moindre geste de l’un semblait agacer l’autre au plus haut point. Ulfrik se rappelait… Ce qui pour tout autre humain n’aurait été qu’une mauvaise manie insignifiante devenait pour elle un impardonnable défaut. Une simple parole que tout le monde aurait prise à la rigolade se transformait en un affront et l’affaire prenait immanquablement une ampleur démesurée. Il y avait aussi le fait que Krakov avait commencé à tourner autour d’elle. Et ça, ça l’avait fait bouillonner de jalousie. D’un côté, il se rendait compte que cette susceptibilité venait du fait qu’il était amoureux, mais d’un autre côté, cela n’avait pas suffit à le calmer. Un était d’esprit que les poètes n’avaient jamais abordé dans leurs vers.

    Ou peut-être les hommes de lettres aimaient-ils simplifier les choses pour rendre leurs écrits plus directs ou plus passionnants. Mais peut-être aussi ne cherchaient-ils pas à dissimuler quoi que ce soit. La mémoire vous jouait des tours, parfois. Il se rappelait Ilsa. Ses souvenirs avaient effacé les moments les plus durs et comme idéalisé leur relation. Oui, il admettait qu’Ilsa et lui avaient eu des hauts et des bas, y compris des disputes plus ou moins sérieuses, et s’étaient fait la tête plusieurs fois. C’était dans la nature humaine. Et il s’était inquiété pour elle malgré ces mauvais moments. Etait-il plus facile, et plus plaisant, de vivre avec les souvenirs d’un amour perdu que de s’investir dans une relation présente ? En un sens, il pouvait presque réécrire sa mémoire pour ne garder que les meilleurs passages et les retravailler sans cesse jusqu’à les idéaliser. La réalité avait bien trop de défauts.

    Cela dit, Ulrika n’avait pas été très raisonnable, ça, il en était persuadé. Question de fierté, mais également question de principe, Ulfrik Reinholt avait quitté la bande de son père pour oublier son ancienne compagne et tracer son propre chemin. Il espérait bien que le temps allait effacer Ulrika de sa mémoire.

    Le jeune kislévite dévissa le bouchon de sa flasque et but une lampé de son contenu pour oublier ces souvenirs douloureux. Il préféra se concentrer sur la proposition que venait de lui faire Jekaterina Andreska :


    - Votre... impulsivité... pourrait être mise au service de l'héritière des Andreska - moi-même. Plutôt, qu'à celui du hasard. […] Vous pourrez me donner votre réponse ce soir, à Leblya.

    Oui, il comptait bien lui donner sa réponse ce soir, à Leblya. Cette femme intriguait Ulfrik… elle semblait tourmentée, comme une fleur s’étant entourée d’une sombre beauté mais attendant impatiemment les rayons du soleil pour pouvoir s’épanouir. Le jeune mercenaire n’avait pas était extrêmement bavard devant l’héritière des Andreska, déboussolé par cette aura qui l’entourait, et se contentant de hocher la tête pour lui faire comprendre qu’il avait compris. Mais cette offre semblait l’intéresser. Il lui restait encore la fin du voyage pour y réfléchir…
Modifié en dernier par [MJ] Le Grand Duc le 16 janv. 2012, 11:09, modifié 1 fois.
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Ulfrik Reinholt, Duelliste
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[MJ] Le Grand Duc
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Re: [Jekaterina & Ulfrik] Frontière et désolation

Message par [MJ] Le Grand Duc »

Je suis navré pour le lien youtube, mais celui qu'a fait Déistra ne marche pas ... Je vous conseille d'avoir la patience de laisser charger la vidéo, ça vaut vraiment le coup ... ! *a des goûts étranges*

http://www.youtube.com/watch?v=jsQweZQC-DA
Une nuage de poussière âcre s'élevait dans le ciel orangé alors que la diligence et son escorte progressaient sur le sentier terreux qui filait entre les vallons de la plaine herbeuse. Voilà plusieurs heures maintenant que Dimitri et ses hommes avaient sauvé l'équipage des griffes des maraudeurs Dolgans et que le jeune sergent les guidait vers Leblya, s'enfonçant dans l'Oblast du Nord, fouetté par les vents glacés qui couchaient l'herbe des steppes. Quelques hardes d'antilopes agiles s'enfuyaient en bondissant alors que des lagopèdes colorés s'envolaient à l'approche des cavaliers dont les montures martelaient le sol de leurs sabots ferrés. Alors que le soleil disparaissait lentement à l'Ouest dans une opulence de teintes rouges et mordorées, la piste s'élargissait et c'est au détour d'une colline boisée que le village frontalier leur apparu.

Nichée contre les contreforts, Leblya donnait sur la plaine qui s'étendait à l'infini jusqu'au lointaines montagnes glacées du Nord, à l'horizon. Une haute palissade de rondins entourait des habitations sombre percées de cheminées en pierre d'où s'élevaient des filets de fumée. Au centre, un fort singulier se dressait sur une motte. Ses remparts en pierre blanche étaient surmontées de tours en bois à l'architecture singulière. Des bannières criardes n'ayant rien en commun avec les étendards des Gaposdars claquaient au vent, comme pour rappeler à tous qu'ici vivaient les Ungols, fier peuple des steppes. Comme en témoignait la coupe des bâtiments et des dépendances de la garnison, l'influence des nomades sédentarisés était ici plus forte que dans le reste de Kislev. Face au portail massif qui perçait les murs du village, une quarantaines de tentes laiteuses étaient plantées de part et d'autre de la piste. Loin de rappeler les campement d'une quelconque armée du Vieux Monde, ces yourtes rondes et blanches étaient bardées de perches et de rubans colorées et toutes, sans exception, s'ouvraient uniquement en direction du Nord. Un enclos se trouvait non loin de ces habitations, où des rennes gris broutaient docilement entre les clôtures de branchages. De petits chevaux hirsutes paissaient également dans un enclos similaire, leurs crinières emmêlées soulevées par le vent. Une atmosphère étrange mêlant hostilité et quiétude se dégageait de Leblya, dernier bastion de l'Humanité avant les Désolations gelées du Chaos.

La colonne de cavalier descendit le sentier au trot, suivit par le coche bringuebalant et le reste de l'unité. A la vue du fort, Sasha poussa un soupir entre ses moustaches en crosse de pistolet et reposa son fouet sur la banquette. Ivan se contenta de se retourner pour contempler le village, son regard gris se perdant dans la plaine au delà. Dans la cabine, Youri - qui n'avait pas prononcé un mot depuis l'attaque, réduit au silence par les paroles de Jekaterina - passa sa tête ronde par l'une des lucarnes brisées et poussa une exclamation.


- "Par tous les Dieux, nous y sommes enfin !" dit-il en se frottant les mains d'avance. "Je suis heureux que les affaires reprennent ..." dit-il avec un petit sourire avant de croiser à nouveau le regard d'acier de la jeune noble. Le gros marchand toussota et baissa les yeux avant de se réinstaller sur son séant avec le plus de dignité possible. Pendant ce temps, Ulfrik chevauchait à côté de la diligence sur sa nouvelle monture qui ne cessait de renâcler en tirant sur les rennes, impatiente et excitée par la proximité de tous ces chevaux inconnus à l'avant et à l'arrière.

Les cavaliers et la diligence atteignirent finalement la plaine dont Leblya gardait l'entrée et avancèrent sur la piste qui traversait le village de yourtes ungoles. Sur leur passage, les portes de peaux se soulevaient pour laisser voir de petits visages sales et curieux qui suivaient le coche du regard. A part ces épieurs discrets, le campement semblait vide. Lorsque l'imposante diligence arriva aux portes ouvertes, les voyageurs ne purent s'empêcher de tourner leur regard vers une potence d'où s'échappait une odeur fétide. Trois corps étaient pendus là, se balançant dans le vide, le visage boursouflé. C'était sans hésitation possible trois nomades dont une femme qui se faisaient manger les yeux par les corbeaux noirs. Sasha n'arrêta pas la diligence pour autant et l'équipage passa sous l'arche en bois pour pénétrer dans le village à proprement dit. Ce "village" n'était en réalité constitué que d'une rue qui longeait la motte du fort et le long de laquelle s'élevaient des bâtisses en pierre et en bois sombre. La rue était boueuse et jonchée de détritus et un air vicié régnait dans ces lieux. La plupart des volets bas étaient fermés et la rue étaient déserte. Par la lucarne, Jekaterina vit Dimitri faire un signe et tourner bride pour monter le long d'un pont de poutres et de planches qui grimpait le long de la motte jusqu'au fort. Ses cavaliers le suivirent et la noble ne pu s'empêcher de les suivre du regard, jusqu'à ce qu'ils s'engouffrent dans le corps de garde. Là, les pensées de la jeune kislévites se perdirent sur les bannières et les gargouilles sculptées du fort ungol.

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Sasha tira sur les rennes de l'attelage et le coche s'immobilisa face à un bâtiment morne à trois étages, sûrement le plus grand après le fort, dont les fenêtres salles laissaient filtrer une lumière tamisée. Au dessus de la porte en chêne se balançait piteusement une insigne en fer forgé sur laquelle était gravée la face hideuse et caricaturée d'un troll. Le conducteur se releva de son siège et se cambra les mains sur les hanches en faisant craquer son vieux corps endurcit. Il sauta à terre et s'approcha de la porte de la diligence dans un bruit de succion, ses bottes en cuir s'enfonçant dans la boue. Il poussa la poignée et ouvrit aux passagers.

- "Nous voilà arrivés, mesdames et messieurs ! Bienvenue à l'auberge du Troll qui Rote, le seul et meilleur établissement à plusieurs centaines de lieux à la ronde. Prenez vos aises, les gars et moi on va décharger vos bagages et les foutre dans le hall." dit-il sur son ton jovial habituel, quoi que teinté de fatigue. Ivan resta sur le toit et fit un signe à Ulfrik.

- "Descend de ton cheval et attache le au coche, Sasha l’emmènera à l'écurie avec ses bêtes. Aide moi plutôt à faire descendre tout ça." dit-il en empoignant une lourde malle frappée aux armes de la guilde des marchands d'Erengrad. Alors qu'il la soulevait, il poussa un juron et grimaça, l'épaule raide. Il ne la lâcha pas pour autant et la fit passer à Ulfrik avant d'en empoigner une autre et de continuer sa besogne, la mâchoire serrées. Youri, dans la cabine, eut du mal à cacher son soulagement d'être enfin arrivé et se releva d'un bon avant de descendre précipitamment, comme pour s'éloigner le plus vite possible de cette terrible femme. Une fois les pieds dans la boue - ce qui ne semblait pas le gêner - il fit craquer ses doigts potelets et ne pu s'empêcher de surveiller le déchargement de ces effets personnels qui représentaient à eux seuls la moitié des malles et des caisses qui jonchaient le toit du coche.
Et voilà un nouveau - et magnifique, osez dire le contraire :evil: - plan, celui de Leblya !
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Les deux espèces de serpents maronasses c'est les bâtiments qui sont construit le part et d'autre de l'unique rue. Le carré au centre c'est le fort avec les dépendances en noir. Dehors, les ronds bleu clair ce sont des yourtes et les enclos c'est le rectangle vert pomme. Ce qui est vert foncé, c'est un petit bois sec ! Voilà !

Ulfrik, j'ajoute donc un [Poney des Steppes] à ton inventaire, et pour toi Jeka, une [Lance de Chasse]. Vous pouvez aussi faire vos dépenses d'xp, envoyez moi donc un MP et tout sera crédité sur vos fiches wiki !
Je suis le Grand Duc, seigneur de ces bois. Je vis avec mes gens, loin de la folie des hommes. La nuit je vole dans les sombres profondeurs de la forêt. Mon regard d'acier partout se pose, et sans bruit, comme le vent, je file entre les branches des arbres séculiers. Je suis le Grand Duc, seigneur de ces bois.

Jekaterina Andreska
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Re: [Jekaterina & Ulfrik] Frontière et désolation

Message par Jekaterina Andreska »

Une pointe de fierté teintée de méfiance se ficha dans mon coeur comme je passais la tête par la fenêtre pour contempler Leblya. Oui, on pouvait dire que je la contemplais ; ce n'était pourtant pas une ville imposante ou massive. Mais il fallait voir au-delà des remparts et des murs de pierre ce que dissimulait l'austère fortin. Ici se tenait, sombre et sévère, la suprême résistance de l'homme face au Mal. Au-delà s'étendait l'influence pernicieuse du Chaos, que nulle contrée ne subissait avec tant de force si ce n'était le pôle Nordique ; ici, on n'osait pas aller plus loin sans perdre son humanité. Ici, on se tenait à l'extrême bout du monde, à l'extrême limite de la civilisation. Ces hommes et ces femmes étaient pris entre deux océans, et devaient faire avec. Malgré mon dédain du peuple Ungol, je ne pouvais pas leur retirer le respect qu'ils méritaient pour tenir cette place et y vivre sans broncher.

Les yourtes dégageaient leur odeur de cuir mal tanné, étaient plantées à même la boue. Tels étaient ceux que mes ancêtres Gaspodars avaient vaincu et dominé ; des clans sauvages, à peine intégrés à la société que les miens avaient établis et rechignant même à participer d'elle... Et pourtant, ils n'abandonnaient pas ce fardeau, celui de lutter contre le Chaos, que mes pairs étaient venus leur arracher il y avait si longtemps. C'était une belle image que celle de l'Ungol et du Gaspodar, se crachant au visage mais saisissant de leurs mains entremêlées la lame unique qui repoussait la main du Chaos descendant sur le Vieux Monde... ferraillant de concert face à l'ombre, et aux ténèbres.
Quelque part, le ciment de Kislev n'était rien d'autre qu'une fierté farouche affûtée par la haine. Mais cette haine-là était juste et salvatrice, pour nous comme pour l'Empire.

La remarque de Youri se réjouissant de pouvoir reprendre en main son domaine d'activités me fit sourire intérieurement, tant l'attitude changeante du personnage était amusante et correspondait à l'idée qu'on pouvait se faire d'un marchand tel que lui. Nul doute que Yorloff était un squale de la finance, habitué à louvoyer au fond des marchés avec une habileté meurtrière. Pour autant, je ne lui retournais qu'un regard orageux qui l'envoya au fond de sa banquette avec une moue dépitée.
Le sergent Baranov ne tarda pas à nous quitter une fois son devoir accompli, emmenant ses hommes en garnison. Je me laissais aller à suivre des yeux la colonne de ces rudes cavaliers.

Je sautais au sol à la suite du membre de la Guilde, ignorant la gadoue qui maculait mes bottes. J'observais le déchargement d'un oeil distrait, gagnée un instant par la curiosité de voir ce que l'entrepreneur acheminait jusqu'ici pour en tirer profit ; à sa manière, Leblya manquait de tout et de rien. Dans une région aussi inhospitalière, aussi lugubre et sans attentes pour l'avenir sinon un éternel hiver avec la menace du Chaos à l'horizon, on ne pouvait guère souhaiter quelque chose de précis. Tout pouvait faire l'affaire et devenir un trésor entre les mains d'une personne qui ne vivait que par l'acier, jour après jour.
Mais ce même acier n'était que la véritable richesse que l'on réclamait. A moins que Youri ne transportât des armes, il n'avait rien que l'on ne puisse refuser, ici...


- Ivan ! appelai-je, ma voix claquant dans l'air gelé en formant une bouffée de condensation.

L'homme se détourna, l'oeil interrogateur. Je ne répondis pas à sa question muette, attendant qu'il descende de son perchoir. Je me demandais même si ce n'était pas un grommèlement sourd et bref que j'avais entendu... Quoi qu'il en soit, laisser le guetteur taciturne décharger les pesantes malles à bout de bras n'était pas envisageable. Ce faisant, il lançait sa blessure au froid et exposait la plaie à de graves gerçures. Ce n'était pas tellement par bonté d'âme que la chose me répugnait, mais surtout parce qu'il constituait un bon élément et que le faire amputer à l'épaule pour rien était une bêtise criminelle. A Kislev, le gâchis de talent pouvait relever du blasphème. Surtout aussi loin vers les Désolations...
D'un autre côté, Ivan n'aurait pas mérité le repos que je comptais lui ordonner s'il n'avait pas d'abord essayé de s'y soustraire. Tel était le paradoxe que chaque citoyen de mon pays se devait d'incarner, à chaque heure, en chaque lieu.


- Prenez ça et allez les mettre à l'intérieur, avant que le métal ne s'abîme, fis-je goguenarde en lui tendant ma hache et mon bouclier, puis le surchargeant avec l'arme que j'avais arrachée des mains du Dolgan. Je l'examinais un instant, sardonique. Et je vous déconseille de laisser mes affaires sans surveillance, mais l'idée ne vous serait pas venue à l'esprit, n'est-ce pas ?

Je l'encourageais d'une tape dans les reins et entrepris de grimper moi-même en haut du véhicule, grognant en tirant les coffrets et fourrures pour les jeter sans avertissement dans les bras d'Ulfrik, qui n'était pas resté oisif. Je me savais tentée par le malin plaisir de laisser dégringoler, ici ou là, l'une des caisses semblant appartenir à Youri ; c'était toutefois une pensée mesquine et inutile que je bannis de mon esprit sans plus m'en préoccuper, préférant me concentrer sur la difficile tâche qu'était celle d'ignorer le froid engourdissant mes doigts.
Tandis que je m'acharnais, une douce exultation se faisait à jour au fond de mon être et en réchauffait efficacement les fibres. Mon voyage était terminé pour le moment, bien qu'en réalité le périple pour la gloire de ma famille, lui, ne faisait que commencer. Leblya était ma dernière destination et à présent que j'y étais, j'allais pouvoir m'appliquer à redorer le blason des Andreska. Une fois que ce nom serait connu dans le Nord, une fois qu'il y retentirait avec la saveur épicée de la gloire et du respect, je pourrai rentrer à Kislev, laver bien haut l'honneur des miens et réclamer ma place à la cour.

J'avais été soigneusement éduquée et apprêtée pour ce rêve. Il ne tenait qu'à moi de suer sang et eau pour en faire la réalité des années à venir.
Un sourire empreint d'une joie sauvage était né sur mes lèvres sans que je ne m'en rende compte.

Si quelque chose concernant Ivan ne colle pas, dis-le moi Duduc et j'édite.
Ulf, je m'excuse de ne pas faire avancer l'action, mais j'ai en fait tellement d'idées que je préfère d'abord voir comment ton personnage envisage les choses pour agir après !
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    • "Elle ne répondra pas, occupée à regarder vers les désolations et à ruminer sa haine du Chaos. Laissez-moi vous parler de cette fille du Nord, de cette noble qui a soulevé l’écu terni de sa famille pour le peindre de neuf, à grandes giclées de gloire et de courage."
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Re: [Jekaterina & Ulfrik] Frontière et désolation

Message par Ulfrik Reinholt »

  • Le voyage se poursuivit alors à une vitesse bien plus grande. Protégée par les hommes de Dimitri, la diligence n’avait plus aucun souci à se faire et la mission d’Ulfrik allait devenir beaucoup plus paisible.

    Le jeune mercenaire appréciait la nouvelle monture qu’il possédait. La neige avait fondu sur la route et le sol était sec et tassé, parfait pour le galop. Depuis combien de temps ne s’était-il pas retrouvé à foncer ainsi à bride abattue ? Cela remontait-il à cette fois avec la compagnie de son père où ils avaient poursuivis les bandits de Brukestrasse ? Aussi longtemps ? Cela lui semblait merveilleux. Il laissa sa monture galoper en toute liberté, il arriva en haut d’une basse colline et partit de plus belle dans la descente. Cette terre, avec ses champs blancs et ses bosquets d’arbres effeuillés… cette austère sauvagerie des terres du nord avec leurs points de vue infinies et leur ciel dégagé…

    Après de longues minutes, lorsque son poney des steppes commença à se fatiguer un peu, il reprit les rênes et regarda derrière lui. La compagnie suivait à une centaine de pas en arrière. Il se laissa rattraper et le Sergent Dimitri lui lança un regard froid, glacial.

    Le voyage jusqu’à Leblya prit une heure. Les défenses de la ville apparaissaient peu à peu ; une haute palissade de rondins entourait la ville ainsi que les petites yourtes. Au centre, un fort singulier se dressait. C’était là que se tenaient les guetteurs, à se réchauffer autour d’un braisier en échangeant des potins sur les filles de la ville.

    Et c’est ainsi que le coche et les hommes de Dimitri entrèrent dans Leblya. Leur arrivée fut pareille que la chute d’une pierre dans de l’huile épaisse… on eut pu croire qu’elle avait disparu sans laisser de traces, puis ses vagues commencèrent à s’étendre jusqu’aux tentes et s’élargirent alors que la nouvelle se répandait. Les enfants sortaient leurs têtes de leur hutte pour observer les nouveaux arrivants.

    - Maman, c’est qui ces gens ?

    - Qui ?

    - Eux !

    - Ne fais pas attention à ces personnes et rentre ta tête dans la yourte avant que quelqu’un ne te la vole !


    Dimitri et ses hommes partirent en direction du fort et Sasha ordonna à ses chevaux de continuer droit devant, en direction d’un édifice de trois étages. Une fois devant l’auberge, Sasha tira sur ses rênes pour arrêter la diligence en calmant ses chevaux. Les bêtes piaffèrent et s’immobilisèrent, extenuées par cette course folle qu’elles venaient de faire pour semer les Dolgans. Le cocher se releva de son dossier en grognant avant de s'étirer, les jambes engourdies par le voyage passé assit sur le banc avant. Il sauta à terre avant d’ouvrir la porte de la diligence à Jekaterina ainsi qu’au marchand.

    - "Descend de ton cheval et attache le au coche, Sasha l’emmènera à l'écurie avec ses bêtes. Aide-moi plutôt à faire descendre tout ça."

    Ulfrik Reinholt mit pieds à terre et attacha sa monture au coche grâce aux rennes. Puis, il commença à décharger les affaires personnelles que transportait le coche. La moitié des malles étant affublée de l’insigne de la Guilde des Marchands d’Erengrad. Ces malles étaient extrêmement lourdes !

    Le jeune mercenaire ne cessait de faire des va-et-vient entre l’auberge et le coche. Mais après avoir posé une malle dans l’auberge, Ulfrik remarqua que ce n’était plus Ivan qui lui tendait les bagages mais Jekaterina… Cela ne changeait pas grand-chose pour le jeune homme, tant qu’il déchargeait le chariot et qu’il pourrait aller boire une bonne bière dans l’auberge pour se réchauffer.

    Attrapant une malle que venait de lui lancer la femme, Ulfrik décida de tenter de briser cette glace qui l’entourait :

    ImageUlfrik Reinholt :Que peut bien faire une femme telle que vous aussi loin au Nord de Kislev ?
Modifié en dernier par [MJ] Le Grand Duc le 18 janv. 2012, 14:19, modifié 1 fois.
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Ulfrik Reinholt, Duelliste
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Re: [Jekaterina & Ulfrik] Frontière et désolation

Message par [MJ] Le Grand Duc »

Ivan redressa la tête lorsque la jeune noble l'appela et la regarda quelques secondes avant de descendre du coche et de saisir les armes qu'elle lui tendait avec une petite grimace.

- "Oui, Madame." se contenta-t-il de répondre avant de pousser la porte en chêne du Troll qui Rote et de disparaître dans le hall d'entrée d'où émanait une lumière tamisée ainsi que la mélodie d'un instrument à cordes.

Youri le suivit dans l'auberge sans un mot tandis que Sasha détachait les chevaux d'attelage en chantonnant à voix basse et leur retira leurs lourds colliers de trait avant de les amener un à un vers l'étable qui jouxtait l'établissement. Il revint quelques minutes après pour défaire les rennes du cheval de Ulfrik et l'amener lui aussi dans une des stalles quand soudain le sauvage animal hennit et se cabra. Le kislévite en fit tomber sa toque à plume et jura entre ses dents.

- "Il va falloir le mater celui là ou tu risques d'avoir souvent le cul par terre, petit !" dit-il en tirant sur les rennes du cheval déchaîné qui ruait en tous sens, le tirant plus vers les écuries qu'il ne le faisait suivre. Il réussi finalement à le maîtriser et garda les deux mains sur le filet de l'animal avant de l'enfermer dans une stalle innocupée. Aussitôt, l'animal s'énerva à nouveau et rua contre la porte en bois qui vibra mainte fois, mais les joints en fer tinrent bon et le poney des steppes finit par se fatiguer et mit fin à son caprice indiscipliné, du moins pour un instant. Le cocher rajusta son couvre-chef et se lissa les moustaches en revenant près de la diligence immobilisée dans la rue. Il haussa les sourcils en voyant Jekaterina décharger les malles et les caisses à la place de Ivan mais ne s'y attarda pas et fit signe à la noble.

- " 'pensez pas qu'ce s'ra rémunéré ! C'est du bé-né-vo-lat." dit-il en rigolant. "Moi j'm'en vais à l'intérieur ... Mon frère Sergeï m'y attends, ainsi que quelques rasades de vodka !" lança-t-il enfin en disparaissant à la suite de Ivan et de Youri.
Voilà un post un peu court pour vous laisser discuter.
Je suis le Grand Duc, seigneur de ces bois. Je vis avec mes gens, loin de la folie des hommes. La nuit je vole dans les sombres profondeurs de la forêt. Mon regard d'acier partout se pose, et sans bruit, comme le vent, je file entre les branches des arbres séculiers. Je suis le Grand Duc, seigneur de ces bois.

Jekaterina Andreska
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Re: [Jekaterina & Ulfrik] Frontière et désolation

Message par Jekaterina Andreska »

Une part de moi fut tentée de sourire - intérieurement, évidemment ; n'allez pas croire que j'aurai manifesté mon amusement face à l'homme - suite à la remarque d'un Sasha jovial qui trouvait le moyen de rire d'à peu près tout, sans guère s'inquiéter des torts que cela pouvait lui causer. Rares étaient les citoyens qui se seraient permis cette réflexion, sinon dans mon dos ou avec bien plus d'hésitation. C'était une qualité précieuse, au fond, que cette confiance qu'il avait ; d'une certaine façon, il complétait assez bien Ivan, bien plus morose mais probablement non dépourvu d'un certain humour sombre. Je me contentais de secouer légèrement la tête, ne levant même pas les yeux de ma tâche.

Lorsque la dernière malle fut déchargée, je me redressais avec une grimace que j'avais espérée plus discrète, avant de sauter lourdement au sol. Mes bottes s'enfoncèrent profondément dans la boue, suscitant une expression profondément exaspérée sur mon visage. Je refermais la porte du coche avec plus de sècheresse qu'il n'était nécessaire, avant de croiser les bras et dévisager Ulfrik. Il portait toujours cette fourrure décrépie que Sasha lui avait cédée.


- N'oubliez pas que vous me devez une réponse, déclarai-je doucement. N'allez pas gâcher votre lame quelque part dans les étendues désolées, alors que Kislev a besoin chaque jour de nouveaux hommes de poigne pour la défendre.

Je soupirais en mon for intérieur. Le devoir... Ce mot, je pouvais l'énoncer avec fierté ; mais un peu trop souvent à mon goût, il pouvait se teinter de cette note désabusée et un peu dégoûtée, de qui en est l'esclave et non le champion. Lorsque le devoir devenait une chaîne et non une armure protectrice face aux tentations et à la lâcheté, de nombreuses questions pouvaient se poser. C'est pourquoi il était si vital parfois de se ménager, pour ne pas devenir aussi amer que les Désolations.
Malheureusement, j'appartenais à ceux qui ne pouvaient pas se permettre un tel repos, fût-il bref et concis.

Je plantais là le mercenaire sans attendre de réponse de sa part - elle pourrait venir un peu plus tard. A la place, je me dirigeais vers les stalles où ils avaient emmené le poney d'Ulfrik. A peine m'étais-je éloignée que, m'apercevant qu'il ne me suivait pas, je lui adressais un signe impatient de la main pour qu'il me rejoigne. Je maugréais en attendant qu'il obtempère, pestant contre l'indiscipline et le caractère obtus des hommes que nulle bannière ne guidait.
Je le laissais me guider jusqu'à l'endroit exact où reposait sa monture. J'eus l'impression que le cheval me jeta un regard vicieux quand je vins poser les mains sur le panneau de bois qui bloquait sa sortie. Il semblait nerveux, certainement totalement désemparé devant cet enfermement qu'aucun Dolgan ne pratiquait. C'était la première fois que cette bête se retrouvait dans une écurie...


- Encore sauvage et tout sauf sédentaire, hein ?
soufflai-je pour moi-même.

Avec un regard en coin pour son nouveau maître, je me dis que cette remarque allait tout aussi bien à ce dernier. Ne restait qu'à espérer, ironisai-je en silence, que chacun ne déteigne pas sur l'autre...


- Je pourrai peut-être vous apprendre à conserver votre assiette, si jamais nous lui trouvons une selle correcte.


Je ne me serai personnellement jamais abaissée à monter sur un poney de nomade, digne d'un Ungol mais certainement pas d'une Druzhina de ma trempe. Mais après tout, ça ne regardait qu'Ulfrik...
Je tournais les talons sans autre forme de procès pour sortir de l'édifice odorant malgré tous les courants d'air qui le transperçaient de part en part. En sortant de nouveau, je m'aperçus que la neige commençait à tomber en minuscules flocons. Impression trompeuse, car ces cristaux glacés pouvaient se muer en une tourmente en bonne et due forme au bout d'une demie-heure à peine.

Lorsque je pénétrais dans l'établissement, suivie de près par le mercenaire, je fus frappée aussitôt par le chauffage que l'on prenait toujours soin d'entretenir en ces lieux. Bien plus que la boisson ou la nourriture, c'était les bienfaisantes lumière et chaleur qui attiraient ici ceux que le temps éprouvait.
Des yeux, je commençais à chercher Youri...

Ulf, j'ai bien conscience d'anticiper sur les réactions de ton personnage ; aussi si un truc te gêne, hop, j'édite.
Et je note également que dans mes actions je ne te donne que très peu de temps de réponse. Aussi, à l'entrée dans l'auberge, tu peux te permettre d'arrêter Jeka pour lui faire part de tes réflexions/remarques/décisions...
Modifié en dernier par [MJ] Le Grand Duc le 21 janv. 2012, 11:29, modifié 1 fois.
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    • "Elle ne répondra pas, occupée à regarder vers les désolations et à ruminer sa haine du Chaos. Laissez-moi vous parler de cette fille du Nord, de cette noble qui a soulevé l’écu terni de sa famille pour le peindre de neuf, à grandes giclées de gloire et de courage."
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Ulfrik Reinholt
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Re: [Jekaterina & Ulfrik] Frontière et désolation

Message par Ulfrik Reinholt »

  • Ulfrik Reinholt suivit Jekaterina Andreska en direction de l’enclos où se trouvait sa nouvelle monture, le vent glacial fouettant son visage juvénile. Ils avaient finalement réussis en sortir de cette embuscade sans trop de problèmes… Surtout grâce à l’intervention de Dimitri et ses hommes ! A présent, il ne lui restait plus qu'à trouver un employeur qui voudrait bien de lui. La jeune femme qui se trouvait devant lui avait parlé de le recruter, mais il n’avait encore aucune précision sur la nature de la mission. Plus tard dans la soirée, peut-être elle lui expliquerait tous en détails…

    Alors qu'ils avançaient en direction du corral, l'on ne manquait pas de les regarder. Enfant intrigué, femme apeurée, mari protecteur... Ulfrik et Jekaterina étaient le centre de l'attention dans ce village. Les regards que l'on jetait au petit groupe mettaient le jeune homme mal à l'aise... Non dans le sens où il n'aimait pas qu'on le dévisage : après tout, il se savait disposer d'un physique plutôt attirant. Non, il n'aimait pas ce regard que lui portaient habitants de Leblya : c'était comme s'il était considéré comme un danger, comme si son existence même mettait en péril celles des Ungols.

    La monture d’Ulfrik était enfermée dans une stalle, et celle-ci jeta un regard noir à la jeune femme qui s’approchait d’elle. Le mercenaire sourit et donna une tape sur la bedaine de sa monture…

    ImageUlfrik Reinholt : Aaah Tartine… Je ferais de toi une excellente monture !
    Sa future employeuse lui expliqua qu’elle pourrait lui apprendre à chevaucher plus facilement Tartine, mais ce qu’elle ne savait pas, c’était qu’Ulfrik était un très bon cavalier. Pas le meilleur, certes, mais il se débrouillait plutôt bien en selle. Le jeune homme lui répondit seulement par un sourire, et la noble tourna les talons avant de partir en direction de l’auberge du Troll qui Rote.

    Ulfrik Reinholt ouvrit la porte et laissa passer Jekaterina en première. L’auberge était enfumée et l’ambiance semblait y être plutôt bonne. Le guerrier kislevite partit se payer une choppe de bière au comptoir avant de se trouver une place près de la cheminée pour se reposer…
Modifié en dernier par [MJ] Le Grand Duc le 21 janv. 2012, 11:29, modifié 1 fois.
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Ulfrik Reinholt, Duelliste
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