
Martin [MJ Assistant]
Le spectre, après la petite prestation de la non morte, prononça d'étranges paroles à la créature, dans cette langue inconnue de Lucy.
Peu importe ce qu'il avait communiqué au gros machin moche et bien équipé au niveau de la mâchoire, celui sembla s'esclaffer, autant qu'une chose aussi grosse et grande que lui pouvait s'esclaffer avec pareille dentition lui gênant la langue. Chose certaines, en revanche, était la taille imposante de ses poumons, le cris qui sortait de la gorge profonde de la créature, issu de ses imposants poumons, était assez fort pour ébranler la stature des mannequins autour de Lucy. Une chance que la vampire se soit prosternée, celle ci échappant à la force de la voix de la bête qui avait emplie la salle du son tant de sa voix que de son haleine fétide, mélange poétique d’œuf pourri et d'eau stagnante.
Cette esclave connaît sa place. Mon maître à tout, tu ne peux rien lui offrir sinon que ta loyauté absolue et immortelle, jusqu'à la mort et au-delà !, débuta l'esprit errant sur un ton heureux.
Beuglant à nouveau, la grosse bestiole meugla quelques paroles à son héraut, avant de pointer de son doigt noir et crochu la non morte, pour ensuite lui faire signe de venir.
Mon illustre seigneur et maître te comble d'honneur, esclave de sa volonté. Honore sa bonté, héros du peuple élu, car il t'accorde l'insigne privilège de pouvoir admirer sa grandeur de plus près, grâce dont même les princes d'Ulthuan ne purent jusque là bénéficier.
On pouvait clairement sentir une forme de respect dans le ton employé par l'ectoplasme, même si une sorte de rire caché pouvait être deviné dans sa voix.
S'éxécutant, la fille de la nuit, certainement heureuse de se voir accorder cet auguste honneur, elle eu la délicate surprise, une fois à portée de main griffe de la chose, de voir celle ci délicatement lui caresser le cou, une brise effleurant la peau glabre et immaculée de la non morte.... Avant de presser de toute force jusqu'à lui écraser la trachée de ses solides et impitoyables griffes, pour ensuite lui ouvrir l'artère principale, faisant jaillir une gerbe de sang noir, suintant, dont la bête se nourrit, passant ses crocs sans aucune pitié pour la marionnette qu'il avait en main, faisant fit de ses vaines tentatives de lui écorcher les yeux ou de lui arracher la peau par quelques moyens, se contentant de boire quelques gorgées du liquide autrefois écarlate qui se trouvait dans les vaisseaux sanguins de Lucy.
Ce truc avait soif ? Peut être. En tout cas, il faisait peu cas de sa nourriture, puisqu'à peine commencé, il jetait la courtisane au bout de son trône, libérant enfin celle ci de la douce et délicieuse odeur de charogne mêlée de viande pourrie qui émanait de la gorge de son gracieux hôte.
Vashanesh....Souffla-t-il, d'une manière étrangement distincte, pour pareille créature.
Et il resta là, assis sur son trône, semblant fixer quelque chose dans le vide, n'accordant nulle attention à Lucy, alors toujours à bas de son trône, les créatures autour d'elle immobiles, attendant, patientant, dans l'espoir que leur maître leur donne l'ordre de se livrer à la curée.... Ou pas.
Ce qui sembla être une minute passa, avant que le héraut de l'Impérissable ne daigne s'adresser à son maître, lui chuchotant à un endroit ou devrait se trouver une oreille, sa silhouette à moitié courbée, comme s'il se baissait pour quelques confidences.
Un grognement pour toute réponse, suffit amplement au maître des cérémonies local pour poursuivre l'audience.
Le maître, enfant de Vashanesh, t'ordonne de lui livrer le nom de ton géniteur, et de son géniteur avant lui.
Obéissant à nouveau aux ordres donnés par la grosse bestiole, Lucy livra à celle ci les noms de son père et de son arrière grand père. Pas vraiment les mêmes à qui le souverain sur son trône faisait référence.... Mais qu'est ce que celui ci pouvait en savoir ?
Nouvel éclat de voix de la part de la grosse bestiole, rapidement traduit par son héraut.
Voyez jusqu'à quel point sa lignée a sombré. Voyez, ces sans noms, porteurs de son sang, ces faibles créatures humiliant sa puissance... Ô Vashanesh, que ne nous ais tu assisté, et échappé à cette farce des sables du temps..... Et toi, créature ingénue, à peine digne de son sang, tu veux nous servir.... Cruelle ironie de ces gloires passées. Œuvre de tant de jours, en un jour effacée.... Blanchi par ses travaux glorieux, que pour voir, jour après jour flétrir ses laurier. Son bras, admiré par tout Strygos. Tant de fois porté aux louanges... Et ce nouveau sang, indigne de son rang. Ce précipice élevé, d'où tombe son honneur. Est il mort de honte ? Ou rongé par les remords ? De princes, les siens ne sont plus que comtes, gouverneurs, hommes sans honneurs.... Et jaloux ! Leur orgueil blessé par cet affront insigne qu'est leur existence ! Indignes, malgré le choix du roi. De ses exploits, glorieux instruments, devenus d'inutiles ornements. Puissance, jadis tant à craindre, qui dans cette offense se révèlent être vils précieuses. Va ! Quitte désormais ces lâches souillant son souvenir, passe, pour le venger en de meilleures mains....
Petite pause.
Mon illustre seigneur t'offre l'hospitalité, ingénue de Vashanesh. Réjouis toi, car tu gouteras désormais aux délices de sa cour, aux gloires incommensurables de sa puissance, et aux trésors infinis de son illustre royaume. Vois déjà se présenter à toi, les mets les plus raffinés à que tu puisses déguster sur ces terres ensauvagées, peuplées de barbares résistant à leur inéluctable soumission.
Sur ces mots, des parodies de serviteurs émergèrent de derrière les colonnes, trainant derrière eux un cerf mal en point, déjà mort. D'un bras, le nouveau maître de Lucy souleva celui ci pour planter à pleines dents ses crocs dans le cous du cadavre, pompant quelques gorgées de sang de la bête, avant de jeter celle ci à la non morte.
Que celle ci y touche ou non, les prochaines à toucher au corps furent es autres serviteurs de la bête, ces parodies d'humains, voutés, sales, dotés de haillons, longues griffes et d'un regard à moitié fou qui n'inspirait guère confiance. Sans compter les pustules et autres boutons dégueulasses portés à fleur de peau par ces choses qui ne faisaient que pousser des grognements à mesure qu'elles se jetaient sur les restes de viande, taillant ceux ci en pièce jusqu'à ce qu'il n'en reste que des os, ceux là même étant le fruit de disputes par la vingtaine de "serviteurs", qui rognaient l'ivoire, avant de le briser et sucer l'intérieur.
Le reste de l'heure fut consacré à des jeux et spectacles, numéros maladroits de jongleries et clowneries entamées par les "serviteurs" de la bête, celle ci se contentant de regarder dans le vide, tandis que ses suivants faisaient de leur possible pour attirer son attention par leurs piètres pitreries. De biens pauvres artistes, à peine assez adroits pour parodier les spectacles que pouvaient donner des saltimbanques bourrés et unijambistes.
Jusqu'à ce que Lucy entre en piste, et ne déchire le voile de miséreuse médiocrité qui habillait le hall.
Certes, Lucy était sale, ses atours par endroits largement détruits, mais elle n'en était pas moins resplendissante en comparaison des """artistes""" précédents, se livrant à des prouesses d'agilité et de charme dans ses performances acrobatiques et rythmiques à nul autre sans pareil..... En même temps c'était pas bien dur vu le niveau local.
Mais toujours assez pour que le gros machin qui fixait alors le plafond accorde un minimum d'attention à la courtisane, fixant celle ci d'un œil qu'elle devinait quelque peu.... triste. Et coléreux ?
Le moment passa, et les intentions du monstre furent à nouveau inconnues de Lucy, celle ci ne parvenant à la fois à danser et sonder l'esprit du maître des lieux.
Les ballets continuèrent à se dérouler, certains esprits, vers la fin, se lançant également dans des comtes et histoires qui, lorsqu'elles étaient racontées en reikspeil, n'avaient ni queue ni tête. Même un enfant eu fait mieux au niveau de la narration pour pouvoir rendre les choses à la fois intéressantes mais également compréhensibles.
Mais voilà que la fête, après quelque temps, peut être bien deux heures, cessa, le fantôme qui semblait jouer le rôle de héraut de la cour, ou maître des cérémonies, accorda à chaque participant, à tour de rôle, quelques mots. Enfin, lorsque ce fut le tour de Lucy, bonne dernière, le traducteur se fit bien plus loquasse qu'avec les autres.
Une rose peut s'épanouir, même dans un tas de fumier. Le maître a remarqué votre éloquence Vous avez la curiosité du maître. Reste à avoir son attention. Il vous a choisit pour le représenter. Depuis trop longtemps les rebelles à son autorité ont été impunis. Réprimer ces barbares au cours de la prochaine campagne nécessite des informations. Soyez diligente et il vous récompensera à la hauteur de vos exploits....

