Bourg de Grosstall, Talabecland
OUVERTURE DU JEU
L'homme marchait sur un chemin forestier, il était loin du Maitre et des autres instruments, mais contrairement à eux, être seul ne lui faisait pas peur, il était le favori ou au moins l'un des préférés, il avait un rôle capital à remplir et pour cela on lui avait donné des pouvoirs. Ils lui tenaient chaud, ils apaisaient les souffrances de sa maladie et le rendait précieux, lorsqu'il les développa, le magister le sorti des rangs de la compagnie, le couvrit d'éloge et lui confia le poste qu'il occupait désormais.
Arrivait sur une colline il aperçut la bourgade. Une grosse communauté d'homme entourait d'un mur de pierre. Il compta les champs aux alentours, la région n'était pas sur une route commerciale, le village était donc auto-suffisant. Avec un peu d'expérience on pouvait deviner le nombre d'habitant aux espaces cultivés. Au moins mille individus devaient vivre ici, pensa-t-il, un don royal pour le Maitre, de quoi le nourrir et le rendre fort, pendant au moins... Il ne savait pas trop, mais au moins pendant longtemps.
-- -----------------------------------------------------------------------------------------
Torsten porta la chope à sa bouche et soupira d'aise. Après une dure journée de travail une gorgée de jeune bière le comblait, inutile d'en boire plus, la seconde était déjà moins bonne et il aimait rester sur cette impression parfaite. Autour de lui ses compagnons n'avaient pas sa retenu, ces jeunes gens vidaient leurs verres que pour en réclamaient un autre. Le vieux soldat, regarda les soudards de la salle, ils n'étaient pas tous de grands combattants ni des gens honnêtes mais c'étaient ses frères, ou du moins une partie. Le capitaine avait dispersé la compagnie à la fin de la dernière campagne, toute la troupe était rentrée chez elle. Torsten, lui n'avait pas d'attache, personne ne l'attendait, il avait donc suivi un groupe qui lui avait assuré qu'il y avait de l'ouvrage chez eux. Travailler la terre ne dérangeait pas le vétéran, c'était moins bien payé que de se battre, mais au moins on n'y risquait pas sa vie et le comté était en paix. De plus c'était l'occasion de garder un œil sur les autres et de s'assurer qu'ils n'oubliaient pas ce qu'il avait eu tant de mal à leur apprendre durant leurs services. Le bourg était prospère, le climat avait été clément cette année et tous les bras étaient les bienvenus pour rentrer les moissons.
jeu de puissance (empire vs Chaos)
- Hans Ottweiler
- PJ
- Messages : 17
- Profil : FOR 8/ END 8/ HAB 9/ CHAR 8/ INT 11/ INI 9/ ATT 8/ PAR 9/ TIR 8/ NA 1/ PV70 (bonus inclus)
- Lien fiche wiki : http://warforum-jdr.com/wiki-v2/doku.ph ... _ottweiler
- Autres comptes : [MJ] XVI
jeu de puissance (empire vs Chaos)
Modifié en dernier par Hans Ottweiler le 07 nov. 2014, 08:06, modifié 2 fois.
Profil:
FOR 8/ END 8/ HAB 9/ CHAR 8/ INT 11/ INI 9/ ATT 8/ PAR 9/ TIR 8/ NA 1/ PV70 (bonus inclus)
Lien fiche wiki:
http://warforum-jdr.com/wiki-v2/doku.ph ... _ottweiler
FOR 8/ END 8/ HAB 9/ CHAR 8/ INT 11/ INI 9/ ATT 8/ PAR 9/ TIR 8/ NA 1/ PV70 (bonus inclus)
Lien fiche wiki:
http://warforum-jdr.com/wiki-v2/doku.ph ... _ottweiler
- Hans Ottweiler
- PJ
- Messages : 17
- Profil : FOR 8/ END 8/ HAB 9/ CHAR 8/ INT 11/ INI 9/ ATT 8/ PAR 9/ TIR 8/ NA 1/ PV70 (bonus inclus)
- Lien fiche wiki : http://warforum-jdr.com/wiki-v2/doku.ph ... _ottweiler
- Autres comptes : [MJ] XVI
Re: jeu de puissance (empire vs Chaos)
L'homme arrivait aux portes du bourg, Il s'assura que ses protections soient bien en place, rien ne dépassait, les habitants qu'il croisait ne remarquaient rien. Ainsi entouré, il devrait rester sans cesse vigilant. Il passa sous les voutes de pierre, personne ne l'arrêta. La ville semblait riche, les gens bien nourris, cela n'allait pas être facile, la bonne santé détourne les humains de la peur des dieux.
Il se dirigea vers une auberge, paya toutes les places d'une chambre avec les pièces du magister et s'y réfugia en prétextant une grande fatigue. Une fois enfermé, il se détendit un peu, ici à l'abri des regards il pouvait relâcher certaine de ses dissimulations, celles pour berner la vue et l'odorat. Il fut pris d'une quinte de toux, ses jambes convulsaient. Une crise. Il fallait s'y attendre, se relâcher avait toujours un coût. La puissance aussi.
Il se réveilla. Il faisait nuit. Personne n'avait défoncé la porte, il en conclut donc qu'il avait encore réussi à rester silencieux. Le Maitre veillait sur lui, il le sentait au fond de lui. Il se leva, réactiva ses sorts comme on se drape d'un manteau et sorti dans le village endormi. Il avait un rôle, une mission, il était celui qui prépare les lieux de festin. Il vérifia que son long poignard coulisse bien dans son fourreau, au sein des communautés pieuses se développait souvent un être doté d'une vue perçante, un veilleur. Il était là pour lui. Il retira son chapeau et ouvrit son troisième œil.
-- --------------------------------------------------------------------------------------------------- --
La vieille Carole, se dressa dans son lit, tous les sens en alerte, quelque chose n'allait pas. Une bouffée d'odeur pestilentielle était apparue, le sommeil embrouillé ses perceptions. Un sentiment de danger lui glaçait l'échine.
A tâtons elle chercha son paquet de carte, mais ses mains tremblaient et il lui échappa rependant son contenu dans le noir. Elle jura et complètement affolé, s'efforça d'allumer une bougie. Une faible lueur finie par apparaitre, elle brandie le bougeoir et hurla d'effroi. Dispersé sur le lit la plupart les arcanes étaient tombés à l'envers, mais les autres bien visibles ne prédisaient que des catastrophes, trônant au-dessus de la pile la carte numéro treize : la mort.
La porte de la chaumière s'ouvrit violemment, une silhouette rentra, armé d'un couteau, trois yeux rapprochés brillaient à la lueur de la flamme.
-----------------------------------------------------------------------------------------------------
L'explosion réveilla toute l'agglomération. Les derniers débris n'était pas encore retombés que déjà des volets s'ouvraient de partout, bientôt les rues furent remplie de monde.
Aux abords des ruines qu'avaient été la maison de Carole, l'officier du guet farfouillait dans les gravats pour tenter de retrouver tous les restes humains de la vieille folle, le bourgmestre lui avait pourtant interdit de faire ses trucs alchimistes dans l'enceinte du village. Son alambique avait dû exploser, le milicien ne savait pas ce qui avait dedans, mais la détonation avait littéralement soufflé la toiture, envoyant des projectiles partout. On allait mettre des jours à réparer tous les toits abimés.
Un objet attira son regard c'était un morceau de carte à jouer dans un coin on pouvait y lire « II la Papesse » s'il y avait des blessés il faudrait désormais se passer de la guérisseuse conclut il en récupérant un morceau de viande, au moins l'incendie ne s'était pas propagé.
Il se dirigea vers une auberge, paya toutes les places d'une chambre avec les pièces du magister et s'y réfugia en prétextant une grande fatigue. Une fois enfermé, il se détendit un peu, ici à l'abri des regards il pouvait relâcher certaine de ses dissimulations, celles pour berner la vue et l'odorat. Il fut pris d'une quinte de toux, ses jambes convulsaient. Une crise. Il fallait s'y attendre, se relâcher avait toujours un coût. La puissance aussi.
Il se réveilla. Il faisait nuit. Personne n'avait défoncé la porte, il en conclut donc qu'il avait encore réussi à rester silencieux. Le Maitre veillait sur lui, il le sentait au fond de lui. Il se leva, réactiva ses sorts comme on se drape d'un manteau et sorti dans le village endormi. Il avait un rôle, une mission, il était celui qui prépare les lieux de festin. Il vérifia que son long poignard coulisse bien dans son fourreau, au sein des communautés pieuses se développait souvent un être doté d'une vue perçante, un veilleur. Il était là pour lui. Il retira son chapeau et ouvrit son troisième œil.
-- --------------------------------------------------------------------------------------------------- --
La vieille Carole, se dressa dans son lit, tous les sens en alerte, quelque chose n'allait pas. Une bouffée d'odeur pestilentielle était apparue, le sommeil embrouillé ses perceptions. Un sentiment de danger lui glaçait l'échine.
A tâtons elle chercha son paquet de carte, mais ses mains tremblaient et il lui échappa rependant son contenu dans le noir. Elle jura et complètement affolé, s'efforça d'allumer une bougie. Une faible lueur finie par apparaitre, elle brandie le bougeoir et hurla d'effroi. Dispersé sur le lit la plupart les arcanes étaient tombés à l'envers, mais les autres bien visibles ne prédisaient que des catastrophes, trônant au-dessus de la pile la carte numéro treize : la mort.
La porte de la chaumière s'ouvrit violemment, une silhouette rentra, armé d'un couteau, trois yeux rapprochés brillaient à la lueur de la flamme.
-----------------------------------------------------------------------------------------------------
L'explosion réveilla toute l'agglomération. Les derniers débris n'était pas encore retombés que déjà des volets s'ouvraient de partout, bientôt les rues furent remplie de monde.
Aux abords des ruines qu'avaient été la maison de Carole, l'officier du guet farfouillait dans les gravats pour tenter de retrouver tous les restes humains de la vieille folle, le bourgmestre lui avait pourtant interdit de faire ses trucs alchimistes dans l'enceinte du village. Son alambique avait dû exploser, le milicien ne savait pas ce qui avait dedans, mais la détonation avait littéralement soufflé la toiture, envoyant des projectiles partout. On allait mettre des jours à réparer tous les toits abimés.
Un objet attira son regard c'était un morceau de carte à jouer dans un coin on pouvait y lire « II la Papesse » s'il y avait des blessés il faudrait désormais se passer de la guérisseuse conclut il en récupérant un morceau de viande, au moins l'incendie ne s'était pas propagé.
Modifié en dernier par Hans Ottweiler le 07 nov. 2014, 07:39, modifié 1 fois.
Profil:
FOR 8/ END 8/ HAB 9/ CHAR 8/ INT 11/ INI 9/ ATT 8/ PAR 9/ TIR 8/ NA 1/ PV70 (bonus inclus)
Lien fiche wiki:
http://warforum-jdr.com/wiki-v2/doku.ph ... _ottweiler
FOR 8/ END 8/ HAB 9/ CHAR 8/ INT 11/ INI 9/ ATT 8/ PAR 9/ TIR 8/ NA 1/ PV70 (bonus inclus)
Lien fiche wiki:
http://warforum-jdr.com/wiki-v2/doku.ph ... _ottweiler
- Hans Ottweiler
- PJ
- Messages : 17
- Profil : FOR 8/ END 8/ HAB 9/ CHAR 8/ INT 11/ INI 9/ ATT 8/ PAR 9/ TIR 8/ NA 1/ PV70 (bonus inclus)
- Lien fiche wiki : http://warforum-jdr.com/wiki-v2/doku.ph ... _ottweiler
- Autres comptes : [MJ] XVI
Re: jeu de puissance (empire vs Chaos)
Toute la communauté du village était réunie sur la place. Le père Rudolph récitait les prières pour le repos de l'âme de la vieille Carole. Le savoir de la doyenne rendait une grande aide aux habitants et tous étaient venus lui faire leurs adieux. Il pleuvait, une grosse pluie d'automne, qui faisait pourrir les plantations, mais tous les propriétaires terriens avaient donné leur journée à leurs manœuvres pour pouvoir venir aux obsèques de leur pieuse grand-mère.
-C'est bien comme chez nous dit Barbu, le respect des anciens, je les aime bien ses villageois, ils ont du cœur.
Torsten regarda son compagnon d'arme nain qui comme lui était venu hiverner dans le bourg. Malgré les travaux agricoles qui l'occupaient, le solide gaillard, n'avait toujours pas retiré son plastron clouté et portait toujours son arbalète. Qu'il arrive à accomplir son travail avec des objets aussi encombrant rendait l'humain admiratif.
-C'était une sorte de célébrité ici, regarde comme les gens sont abattus, hier tout le monde riaient et aujourd'hui personne n'a plus de cœur à l'ouvrage.
- Des gens faisaient plusieurs jours de route pour venir la voir, c'était une sainte, moi vous dit. Rajouta Klaus, un autre ancien mercenaire à peine sortie de l'enfance. Regardez même le Bourgmestre à sorti ces plus beaux habits. Avec le brocard et tout.
-Il a surtout sorti sa fille, remarqua le nain, elle a beau faire dix-huit pouces de trop, elle est franchement pas vilaine.
-C'est Hannia, elle a mon âge. Quand on était jeune on jouait ensemble. Ajouta le jeune soldat en rougissant.
-A mon avis, notre petit Klaus, il voudrait bien jouer encore un peu avec la demoiselle, s'esclaffa Barbu.
-Suffit compagnon, laisse le gamin tranquille. Coupa Torsten. Dit moi plutôt ce que ces gens portent sur leur chapeau.
-On dirait des cartes.
-C'est le tarot de l'empereur de la vieille Carole. Expliqua L'adolescent. L'explosion a projeté les lames partout, des gens les ont ramassés et les portent en signe de deuil.
-C'est une bien triste journée. Conclut le vieux vétéran.
----------------------------------------------------------------------------------------------------------
L'homme déboula dans le campement, personne ne le vit venir, Gros et Grand qui était de garde, ne l'avait même pas remarqué, normal, son pouvoir était bien supérieur aux leurs et il était bien plus proche du Maitre qu'eux, même si Gros n'était pas d'accord. La troupe c'était arrêté pour la journée bien à l'abri des bois. Ça sentait la charogne, c'était bon de revenir chez soi.
Le magister sorti d'une roulotte, lui n'avait pas été berné. Naturellement. L'éclaireur se prosterna. Les instruments se regroupèrent autour d'eux, les Colères, les Faces, les Bourdonnants et même un des avatars du Maitre s'extirpa du carrosse sacré pour écouter. La clairière était saturée d'insectes.
-Relève-toi, fils. Demanda tendrement le sorcier. Tu es le bienvenu dans ta famille. Nous sommes tous ravi de ton retour. Qu'as-tu à nous apprend ?
L'homme le savait, le chef du convoi était comme ça, paternel devant tous mais cruel et implacable lorsque le Maitre n'était pas là, comme s'il ne craignait pas sa vision, comme s'il était le véritable seigneur et non pas un guide.
-Je suis allé dans le bourg, magister, comme vous l'avez demandé, s'empressa d'ajouter l'assassin, il y a au moins mille âmes, là-bas. J'y ai tué une servante des dieux humains. Il n'y a que quelques nains. La voix est libre pour vous. Mon Maitre. Ajouta-t-il en regardant le chariot sacré.
-Parfait, ajouta le guide un peu irrité. Nous sommes très fiers de toi. Compagnon, en route ! Notre moisson nous attend.
Toute l'assemblée, hulula de joie, le festin était proche et tous auraient leur part. Puis comme une mécanique bien huilé les adorateurs s'activèrent à plier bagage. L'homme s'en allait lorsque de la main du Chef du convoi se posa sur son épaule.
-Qu'a tu dans ta poche ?
A contrecœur l'éclaireur sorti une carte, numérotée dix sept : L'Etoile. L'autre s'en empara et la scruta plus profondément qu'il n'aurait pu le faire avec ses yeux.
-C'est une carte. Minimisa l'assassin. Je l'ai trouvé chez la vieille, je l'ai prise. Elle est à moi.
- A toi ? L'interrogea amusé le sorcier. Ils avaient un sacré veilleur, il n'a pu prévenir personne ?
-Non, Magister, elle était seule et je l'ai tué.
-Et pourtant si. Il semblerait que quelqu'un l'ai entendu. Il nous lance un défi.
- Un danger ? Changeons de cible. Nous ne pouvons faire courir un risque au Maitre.
-Non. Le Maitre a faim. Nous devons favoriser sa croissance. Je vais relever le défi. Trancha l'orgueilleux dominant.
Il hésita, mais rendit la lame à son subordonné.
-Tu a bien travaillé, va dans mon carrosse te reposer. Tu l'as mérité.
-- --------------------------------------------------------------------------------- --
La semaine était morose, à la pluie s'ajoutait l'abattement de la population. Torsten était assis sous le porche d'une maison réservée aux saisonniers qu'il partageait avec ces anciens camarades de compagnie. Il fumait sa pipe, brulant ses dernières feuilles de tabac du Moot en regardant les gouttes. Un groupe de jeunes adultes rentra dans la demeure, le vieil homme attrapa la manche de l'un d'eux sans se lever de son banc.
-Klaus, reste ici j'ai quelque chose pour toi. J'ai réussi à réparer ton arme. Annonça-t-il en lui tendant une arbalète. L'arbrier était faussé, la noix et le mécanisme interne étaient rouillés. En claire elle a pris l'eau et... Tu ne l'as pas entretenu.
Le vétéran ne semblait pas vouloir le lâcher, le jeune homme dut s'asseoir.
- Maitre Torsten, le combat c'est fini pour moi je ne repartirais pas. Je vais rester chez moi trouver un métier respectable.
-Dans aucun métier, on n'accepte qu'on ne prenne pas soin de son matériel. Soldat c'est un métier respectable.
-Pas pour le bourgmestre.
-Et donc pas pour sa fille, conclut le vieil homme. Ecoute gamin, pour ce faire une respectabilité avec un métier normal il te faudra des années d'ici là ta belle sera déjà mariée. Ta seule chance est de repartir en campagne, les risques sont importants, mais les gains potentiels sont très importants, un bon pillage, un beau trophée et ta fortune est faite.
A sa tête le jeune semblait en douter, mais il manquait d'argument contre le vieux briscard. Il hochât les épaules voulut se dégager avec une banalité, mais sorti finalement un arcane de ses maheutres et la tendit à son mentor.
-Merci chef, pour l'arbalète et pour le reste, je comptais l'offrir à Hannia mais quelqu'un d'autre lui en a offert une autre. Mieux. C'est la vingt-deux, le Mat. Qu'elle vous porte chance. Vous pourriez en avoir besoin par les temps qui courent.
-------------------------------------------------------------------------------------------------
MILIEU DE PARTIE
Les saltimbanques étaient arrivés sans être annoncé. Une longue file de roulotte s'était présenté aux portes, escorté par une troupe bigarrée et virevoltante. Un homme avec une voix d'une puissance incroyable clamait qu'ils allaient présenter une pièce unique intitulée « Orfeo et Burbonnette ». Après la déprime des derniers jours, un divertissement était le bienvenu, les acteurs c'étaient donc installés sur la place dans un capharnaüm de loges et de scène mobile.
Les habitants s'étaient vite rassemblés devant les planches, les amuseurs avait commencé un spectacle décalé mais désopilant une fois qu'on était rentré dans l'ambiance. Et en ambiance ces professionnels s'y connaissaient : artifice, musique entraînante, masques grotesques, le tous dans une sarabande endiablée et potache. L'histoire racontait vaguement l'aventure d'un halfling poursuivi par des démons. Les comédiens qui incarnaient ces derniers étaient horriblement grimés et passaient dans la foule lançant des brassées de plume. Des acrobates masqués se livraient à d'époustouflantes cabrioles tapotant de leurs baguettes le front des spectateurs du premier rang. Tout le monde était en transe.
Le père Rudolph assistait médusé à la pièce, bien sûr certaines suggestions étaient à la limite de l'hérésie, mais c'était vraiment drôle et impressionnant. Deux colosses effectuaient des démonstrations de force prodigieuses et un bouffon en chaperon macabre les combattaient armé d'une vessie de porc gonflé. Un gamin contrefait passa sur la scène avec un panneau à la peinture défraîchie annonçant la scène finale.
Le prêtre senti sa poitrine brûler, mais ne put détachait son regard de l'animation, tant il était sous le charme. Le monde ne se résumait plus qu'aux publiques et aux saltimbanques. Le comédien qui jouait l'halfling glissa une nouvelle fois tout le monde rit de bon coeur, un démon d'un réalisme saisissant l'attrapa et d'un geste théâtral l'ouvrit en deux avec un hachoir. Rudolph tiqua, la Créature s'attrapa les dents à pleine main et s'ouvrit la bouche tellement grande qu'elle se brisa les mâchoires, se déchira les joues et se dilata monstrueusement la gorge, puis elle engouffra dans le trou béant les morceaux de sa victime encore secoués de soubresaut.
Le sort était rompu, le liquide que les adorateurs avaient rependu partout commença à bouillonner, la scène était jonchée de membres humains en décomposition, les masques n'en étaient pas.
Le Sigmariste vomi bien plus que n'aurait pu contenir son estomac, malgré la nausée il appela à l'aide, mais autour les gens étaient morts, emporté par des maladies foudroyantes, leurs corps rendu méconnaissables par les bubons et les plais purulentes. Pris de panique, il regarda sa poitrine irradié par la douleur. La lame de tarot qu'il portait depuis l'enterrement pulsait. L'encre de ses motifs brillait.
Une abomination se tenait sur les planches, son crane horriblement déformé était percé de trois orbites grotesque. A l'intérieur, tournaient en tous sens des yeux de couleurs différentes.
-Magister ! Les cartes ont résisté !
-J’ai vu. Instruments ! Je promets une bénédiction à tous ceux qui me les ramèneront !
Le maitre de cérémonie exultait, le pouvoir de ces objets était plein de promesse
----------------------------------------------------------------------------------------------------
Le bourgmestre était figé, immobilisé dans sa chaise par une terreur insurmontable. Un groupe d'hommes s'approchait lentement, leur meneur était affublé de riches vêtements bariolés couvert d'immondice, Il s'inclina avec dérision devant le notable et lui planta une longue dague courbe couverte d'oxydation dans le ventre. Il s'approcha du visage du supplicié et lui chuchota à l'oreille :
-Excusez-moi monsieur, mais il semble que vous ayez quelque chose qui me revienne.
D'une saccade il jeta sa victime au sol et arracha la carte qu'elle portait sur la poitrine. L'arcane se mit à luire faiblement, le personnage qu'elle figurait changea légèrement, à la place de l'image de l'empereur, le maitre de cérémonie contempla son portait. Gorgé d'une puissance nouvelle il explosa d'un rire cruel. Il fit une profonde révérence à la personne qui partageait le fauteuil du chef de la ville, la femme blême se recroquevilla contre le dossier. Le magister lui saisit la main gauche et lui sectionna l'annulaire, puis ajouta presque tendrement :
-Tu es Ma femme désormais.
Il gobait avec délectation le doigt et l’anneau qu’il portait, lorsqu’il vit une ravissante jeune fille. Son visage était rendu grisâtre par la nausée, sur son béret impeccable brillait le troisième arcane. La tête du chaotique effectua une circonvolution de ravissement.
-Mon Impératrice, ce teint vous va à ravir.
Il s’approcha d’elle d’une démarche théâtrale enjambant des cadavres pestiférés en fredonna un air nuptial. Son entourage hurla, Grand, le garde du corps du magister se jeta en avant et reçu un carreau dans le crane. Il tressauta un moment tentant même d’arracher le projectile, mais la blessure était trop importante et elle vient à bout de la vigueur surnaturel du colosse.
Posté sur un balcon donnant sur la place, le poil couvert de vomi, Barbe hurla
-Salopri de sorcier d’merde !
--------------------------------------------------------------------------------------------
Torsten attrapa le bras de Klaus
-Viens avec moi on va chercher les armes chez nous, on reste groupé, on s'en sortira.
Le Jeune homme se dégagea et partit dans le sens opposé
-Hannia est là-bas, je vais la chercher
Le vieux soldat maudit sa stupidité, le bourgmestre et sa famille s'étaient fait offrir une place sur la scène, aucune chance qu'il est résisté, alors que des gens au pourtour de la place étaient morts. Lui-même et Klaus s'en était sorti on ne sait trop comment. Impossible de rattraper cette tête de mule, il repartit donc en direction de son logement.
Tous à sa course il espérait que son ami nain s'en soit tiré, il les avait quittés prétextant qu'il ne voyait rien. Après le drame il ne l'avait pas revu. Sa vigueur devrait l'avoir protégé, du moins le vétéran l'espérait.
Quelqu'un courrait derrière lui. Trop léger pour être Klaus. Le soldat pivota et aperçu un des acrobates les traits figés dans une position improbable, il dégaina son poignard, la seule arme qu'il avait sur lui. Son adversaire brandissait une sorte de gourdin clouté affublé de rubans et de grelot, fit une cabriole et porta un coup rageur. Torsten décala une jambe esquivant l'attaque maladroite et plongea son arme dans la poitrine de son opposant.
Ce ne sont pas des combattants conclut-il. Ils ne sont pas nombreux, on a nos chances. Porté par un nouvel espoir il reprit sa course.
-------------------------------------------------------------------------------
Le père Rudolph entra dans le premier bâtiment qu'il trouva, la forge de maitre Torrik. Il claqua le battant de la porte au nez de ses poursuivants et verrouilla frénétiquement le panneau avant de jeter un coup d'yeux inquiet à la silhouette qui se traînait par terre. Le propriétaire des lieux avait réussi à ramper jusqu'ici, le prêtre souffla en le reconnaissant, il retourna le nain, la peau de son visage était couverte de marques de vérole, mais le forgeron avait toujours été très laid. On frappait contre la porte, les planches de chêne étaient neuves et bronchaient à peine. Le sigmariste faisait confiance à un paranoïaque comme l'artisan pour avoir toutes ses fenêtres barrées, il avait donc un peu de temps. Il farfouilla le malade et trouva sa gourde, il l'avait toujours sur lui, même aux offices. Il en versa une généreuse rasade dans la bouche entrouverte du nain. L'effet fut immédiat, les couleurs réapparurent sur la face du forgeron, qui toussa et réussi à se relever sur son séants.
-Maitre Torrik. Le supplia l'humain. Avait vous des armes ici ?
-Je fais des fers à cheval, moi et les meilleurs cerclages de roue du pays, pas de temps à perdre avec des armes. Mais rassurez vous, j'ai de quoi accueillir cette racaille.
Le forgeron se leva péniblement et attrapa une paire de solide marteau. On racontait dans le village que dans sa jeunesse Torrik avait combattu des peaux-vertes avec le haut roi des montagnes. A le voir dans cette pose martial, Rudolph en était convaincu et rassuré.
Les coups contre la porte s'était arrêté. Le prêtre attrapa aussi un outil, Sigmar n'était il pas un dieu guerrier ? Il était temps pour son serviteur de suivre son exemple.
Un cri épouvanté troubla le calme relatif de la forge, la petite Hannia Muller tambourinait aux battants. Le sigmariste couru lui ouvrir, mais la puissante main de l'artisan l'en empêcha.
-Trop tôt, trop dangereux, mon père.
-Vous n'y pensez pas, cette fille a besoin de nous. C'est de notre devoir de l'aider.
Les supplications de la jeune femme s'étaient tu. Ils entendirent ses pas s'éloigner, d'autres plus lourd approcher.
-Les voilà les vrais problèmes, maintenant reculez mon père.
Le panneau de bois craqua sous le premier impact monstrueux, mais tient bon.
-Seulement deux personnes, magister, une carte et un nain, prêt au combat.
-Bien, je vous ouvre et vous m’en débarrassez.
Les deux retranchés se regardèrent appréhendant la suite, suite qui arriva sous la forme d'une odeur nauséabonde si forte qu'elle piquait les yeux, les battants de la porte se couvrirent de trace de moisissure, le bois devint spongieux, des asticots grouillèrent bientôt à sa surface, les charnières ne corrodaient à vue d'yeux et les planches vermoulus s'effondrèrent d'elle-même. Trois individus au contour rendu flous par un nuage de mouche en franchir les débris et la mêlée débuta. L'un se jeta sur le prêtre qui motivé lui assigna un coup enthousiaste, trop court, il reçut une vilaine taillade en retour, le sang inondât sa robe il recula précipitamment mettant une grosse enclume entre lui et son agresseur. Plus loin le nain reçu un coup de lame sur le torse, mais la frappe se perdit contre son solide tablier de cuir la riposte pulvérisa la jambe de l'adorateur qui s'effondra au sol, le deuxième marteau lui brisa le crane mettant fin à son horrible maladie.
Rudolph n'était qu'un prêtre de campagne, qui bien que puissamment bâtie, n'avait pas de formation militaire, il devient rapidement évidant pour lui que le disciple des dieux sombres allait finir par le tuer, il était plus rapide, plus expérimenté, les insectes étaient tellement nombreux qu'ils devenaient une véritable gêne. Son impuissance à aider son compagnon aux prises avec un nouvel ennemi, rendit le prêtre furieux, son village s'était fait massacré, les gens dont il avait la garde avaient été livrés au Chaos et il était incapable d'en châtier les responsables, sa fureur et sa foi activèrent une nouvelle fois l'arcane qu'il serrait toujours dans sa main.
Un flash de lumière chassa les mouches et fit hésiter le bouffon. Son immobilité permit au forgeron de l'ajuster, d'une main sûre il projeta son marteau. Le lourd outil brisa l'épaule de la cible qui s'affala contre un mur, l'instant d'après Rudolph était sur lui et son courroux lui clôtura l'existence.
Une créature pénétra à son tour dans la forge. Vouté, cyclopéenne, flasque, son aura de menace frappa les deux survivants les faisant reculer. Le démon dégaina de ces haillons criards un bloc de rouille corrompu ayant vaguement la forme d'une épée. La chose riait, les cadavres de ses trois compagnons ne semblaient pas l'émouvoir. Elle avançait d'une démarche lourde et claudicante vers les survivants. Sortie de la carte par vague successive, une chaude énergie emplissait le corps du prêtre, anesthésiant sa douleur et dissipant l'aura de l'abomination, Torrik sentit aussi la faille et tenta sa chance. Le démon était bien plus rapide que sa masse le laissait supposer il fit décrire à sa lame un grand arc de cercle, le forgeron plongea, le coup ne fit que lui effleurer le cuir chevelu, modifiant brutalement la trajectoire de sa frappe le Porte-peste abattis son épée sur le nain mais l'atelier était très encombré et l'extrémité de l'arme se prit dans une chaine pendent du plafond l'arrêtant une petite seconde. C'était plus que nécessaire pour le forgeron qui enfonça sa masse d'acier dans la créature. Le choc disloqua la cage thoracique du monstre faisant éclater sa poitrine comme un fruit pourri. Le démon s'affaissa sur lui-même avant de se regonfler d'une manière grotesque. Une arme ordinaire peut difficilement venir a bout d'un fils du Chaos il faut pour cela que la volonté de son porteur soit bien trempée, celle du forgeron était trop affaibli par ses blessures. Le bras gauche de l'être abjecte jailli et attrapa la nuque de l'artisan. Le sabre démoniaque traversa sans effort apparent Torrik, couvrant en un instant son corps des stigmates d'horribles maladies. L'aberration projeta le corps nécrosé et se tourna vers la vraie menace.
Le père Rudolph était maintenant méconnaissable, lui d'ordinaire doux et compréhensif, aurait effrayé par son seul aspect le plus endurci des vétérans, un savoir qui n'était pas le sien le guidait, il n'était plus seul à regarder par ses yeux, il invoqua le très saint nom de son maitre et son marteau prit feu. Les créatures issue des royaumes démoniaques ne connaissent pas la peur celle-ci eu au plus une ondulation d'hésitation, elle plongea son bras dans le foyer de la forge, l'odeur pestilentielle qui se dégagea de la combustion de sa chaire aurait pu tuer, mais l'état d'exaltation du sigmariste le préservait des tours du démon. Les armes des combattants surnaturels s'entrechoquèrent dans une gerbe de scories, ce n'était plus une escrime, mais le choc de deux énergies contraire. A la troisième parade l'épée du Porte-peste vaincu se disloqua. L'enveloppe de l'habitant des limbes s'ouvrit sous le choc, son essence magique ne pouvant plus se maintenir sur ce plan d'existence il se dissipa dans un sifflement remplissant la pièce d'un épais brouillard qui disparu à son tour subitement laissant l'homme hébété.
--------------------------------------------------------------------------------
Ayant réarmé son arme, Barbe disposa un carreau dans la gorge. Le rituel des maudits, l'avait profondément frappé, Seul sa vigueur de nain l'avait sauvé d'une mort rapide, mais il sentait que le sortilège l'emporterait tôt ou tard, son vomi était sanglant, une dysenterie souillait ses chausses et une douleur persistante avait élu domicile à l'intérieur de son crane. Il se savait malade et savait cette maladie, mortelle. Aussi le soldat se résolut à emporter le maximum d'ennemi avec lui. Il avait manqué le sorcier, mais certaines femmes avaient survécu, ses tirs avaient empêché les adorateurs de les capturer trop facilement et il avait couché un des géants. Ses esclaves du Chaos, ne pourraient pas s'essuyer les pieds sur sa barbe en riant ils allaient regretter de s'en être pris à lui.
Il jeta un coup d'yeux derrière le volet qui lui servait de couvert repéra une cible, épaula et tira. Le vireton bondi et mordit la cuisse d'un saltimbanque ricanant. Voilà un acrobate ridicule qui se trémousserait plus comme un elfe pensa l'arbalétrier. Un affreux bossu grimé sorti de derrière un tonneau et déchargea sur lui une paire de pistolet. Les tirs manquaient de précision à cette portée et les balles s'ajoutèrent à la liste des projectiles inutiles qu'on avait lancés pour déloger le nain. Barde s’accroupit et actionna son pied de biche pour recharger son arc.
L'homme escaladait l'arrière de l'hôtel de ville, malgré d'épaisseur des murs il voyait clairement le nabot qui avait troublé la rafle des épouses, il avait presque réussi à toucher le magister mais Grand était vigilant, il se demandait si le sorcier allait plus reprocher de ne pas l'avoir prévenu plus tôt de la présence d'un tireur encore en état. La mort du maitre de cérémonie ne l'aurait pas attristé, il se sentait prêt à prendre sa place. Maintenant qu'il était plus fort que jamais, sa vision n'avait jamais été aussi nette, il pouvait regarder avec ses trois yeux à la fois. Il allait tuer le trouble-fête avant qu'il est la mauvaise idée de tirer sur la caravane du Maitre. Quelle folie ! L'exposer ainsi, il avait supplié le magister de choisir un autre bourg, la présence de ces mystérieuses cartes était un avertissement que le dominant n'avait pas pris en compte. Jamais, il y avait eu autant de survivant après leur spectacle, les autres instruments n'étaient pas apte à combattre des gens en pleine possession de leurs moyens, les cadavres de plusieurs d'entre eux seraient autant de preuves des choix dangereux du guide et autant de raisons qui faisaient de lui un successeur plus capable de prendre soin du Maitre.
Un volet s'ouvrit derrière lui, Barde pivota l'arme brandi. Personne n'entra. Celui là semblait prudent. Le nain ramassa ses flèches et se déplaça, il était probable que le nouveau venu sache où il était. Il n'allait pas lui faciliter la tâche. Le bâtiment était vaste et on pouvait le chercher longtemps. Le nain monta d'un étage, l'effort que cela lui demanda le renseigna à quel point il était affaibli, arrivé sur le palier il vomit de nouveau, la tête lui tournait. Il crut discerner un mouvement en bas des marches et tira
L'homme recula derrière le coin, un carreau traversa l'espace qu'il occupait un instant auparavant. L'arme étant déchargée il fit l'ascension des marches à son tour. Il vit son adversaire et lu dans son crane l'hésitation, s'était un solide soldat en temps normal le vaincre aurait été inenvisageable, mais les dons du Maitre était à l'œuvre. Il sortit son poignard sa vision l'informerait d’éventuelles attaques du nain avant qu'elles ne partent.
Merde ! Trop tôt, trop de précipitation. Barbe se maudit bien conscient qu'il venait de briller son meilleur atout. Le mutant montait tranquillement vers lui avec l'assurance de celui qui a un coup d'avance. Il lui fallait du temps pour calmer la nausée. Il attrapa un meuble et le précipita dans l'escalier puis couru en titubant vers la fenêtre la plus proche. A cet étage les ouvertures donnaient sur le toit, Barbe y pris pied et ferma le volet avant de le coincer comme il pouvait avec une flèche. Il s'assit laissant le malaise passer et son esprit redevenir claire. Ses mains s'activaient, guidées par son long entrainement elles rechargèrent son arbalète sans qu'il est besoin d'y penser.
L'homme se dégagea de la petite armoire et traversa le couloir. Sa future victime s'était réfugiée sur la toiture, un simple contretemps. Il ouvrit silencieusement une lucarne sur l'autre versant et tout en surveillant le nain il grimpa jusqu'à la crête. Un nouveau vireton reposé dans la gorge de l'arme de son opposant, il lui en restait deux autres dans son carquois. Le toit était très endommagé depuis l'explosion on avait tenté d'en couvrir les trous par de la toile, si bien d'un nombre important d'objet traînaient partout, le chaotique s'empara de débris de tuile et tout en restant à couvert derrière le fait, il les projeta sur l'arbalétrier. Les projectiles n'étaient pas très efficaces, mais ils étaient abondants et le soldat ne pouvait pas riposter.
Une volée de gravât tomba sur Barbe. Il se déplaça, mais son adversaire semblait toujours savoir où il se trouvait, un morceau de maçonnerie lui frappa le genou le faisant trébucher, les tuiles étaient encore glissantes des pluies de la semaine, il perdit momentanément pied se raccrocha à une cheminée, mais dut lâcher son arme. Il tenta de la récupérer, mais l'autre était déjà sur lui profitant de la pente pour l'atteindre en un instant. Le nain reçu un brutal coup de pied, mais sa main tenait solidement, l'adorateur se releva. Barbe dégaina son coutelas une lame massive qui tenait plus de l'outil que de l'arme. Plus de force constata t-il, ce salaud va m'avoir, mais il va venir avec moi.
L'homme frappa, la cuirasse du nain l'empêchait de viser les épaules ou le ventre il toucha donc la base du cou, son adversaire ne fit pas de mouvement pour se défendre, mais lui porta un estoc vicieux alors que l'acier le transperçait déjà. Difficilement parable. Mais on peut difficilement surprendre un voyant. L'assassin embrassa sa carte, décidément la posséder le rendait invincible.
--------------------------------------------------------------------------------------------
Torsten finit de sangler en toute hâte son plastron, coiffa sa salade, ajusta son harmois sur son bras gauche, dégaina son épée et se précipita dehors. Il était seul, personne n'était venu chercher ses armes, il ne devait donc pas compter sur d'autres anciens mercenaires pour organiser la riposte. Maintenant il devenait urgent de rejoindre d'autres survivants pour faire front. Il partit au hasard dans les rues. Au carrefour suivant il croisa une fillette poursuivie par un obèse affublé d'un masque de glouton, quand la gamine vit le soldat elle obliqua immédiatement vers lui, l'adorateur lui laissa du champ voyant aussi la nouvelle menace, il portait un long bâton ferré couvert de grelots et avança en se dandinant au milieu de la rue. D'une voix joviale il cria :
-Je vais te raconter une plaisanterie !
Torsten s'assura que l'enfant était en sécurité et faucha son opposant hilare.
-Va t'enfermer chez toi et n'ouvre qu'aux gens que tu connais. Ordonna le vétéran.
C'était parfait ! Si toutes ces ordures grotesques étaient dispersées dans les rues sans coordination on pouvait leur faire très mal. Un coup de feu sortit le mercenaire de ses pensées, cela venait du quartier des ateliers. Il reprit sa traque, tourna à droite, s'engagea à vive allure dans la rue suivante, des lignes fantomatiques se superposèrent à sa vision et il eu la certitude qu'un chemin passait par l'épaisseur d'un mur, il le prit et arriva en un instant à destination.
Le bâtiment de la milice municipale était trapu avec des parois épaisses, mais ce n'était pas une forteresse. Réfugié dans une petite tourelle d'angle un tireur tenait en respect les assaillants, devant la porte principale enfoncée se trouvait un être filiforme couvert de cuir pourrie et d'une fraise à la dimension extravagante. Tosten reconnu le jongleur de sabre manchot, derrière lui un autre de ses saltimbanques encordait un arc.
Il franchit l'espace qui le séparait des monstres et porta une frappe au premier, celui-ci pirouetta en esquivant rentrant dans le bâtiment, poussant son avantage, le vétéran empala l'archer ne lui tirant même pas une expression de sa face figée. Le jongleur dégaina un sabre d'un geste gracieux. Les deux adversaires se jaugèrent en se tournant autour, aucun n'étant pressé de rentrer dans la portée de l'autre. Il y eu du fracas à l'étage, le soldat releva le regard une seconde et le sabreur attaqua, Torsten bloqua la frappe, mais un membre sortit du côté amputé de son opposant, le vieux soldat interposa son bras, l'extrémité de la queue de scorpion passa à quelques pouces de son visage, avant de se rétracter. Le mercenaire recula en changeant de garde maintenant son adversaire à distance. La parodie porta une botte croisée, le soldat la repoussa avec son membre blindé, estoquant dans le même mouvement, mais l'acrobate s'effaça devant la frappe. Il était très rapide, mais ne portait pas d'armure, le vétéran savait qu'il avait l'avantage.
Au sommet des marches émergea un colosse il emporta le chambranle de la porte qui vola en éclat. Gros était énorme, une vigueur démoniaque habitait ses muscles malades, il était seulement vêtu d'un pantalon immonde et d'une cagoule bariolée entre celle du bourreau et du bouffon, les clochettes qui en pendaient ponctuèrent sa marche pesante lorsqu'il ravagea les marches sous son poids, passé dans sa ceinture une carte ensanglantée, le numéro onze : la Force. La taille du maillet qu'il se trimballait convainquit Torsten de la nécessité absolu de se débarrasser de son adversaire avant l'arrivée du nouveau. Mais celui-ci était peu disposé à mourir avant la venu des renforts et la tentative précipitée du guerrier ne se soldat que par le crissement du dard sur sa dossière.
L'Abomination se jeta en avant avec une joie puérile, le vétéran l'interposa entre lui et le jongleur et frappa rapidement le visage du colosse qui interposa son arme, mais trop lentement, l'extrémité de la lame ouvrit la coiffe et ripa sur l'os. Comme piqué par un insecte le possédé arracha son chaperon pour découvrir un visage en ruine ravagé par les lésions de la peste.
De la galerie supérieure vient le salut, l'officier du guet retranché voyant ses adversaires refluaient s'était lancé à leur poursuite, il posa son arquebuse sur la balustrade, souffla pour attiser sa mèche et pressa la gâchette. La puissante détonation assourdit tous les belligérants, le jongleur reçu la balle dans le flan et fut projeté au sol. Le titan lui se précipita vers les escaliers. Torsten s'approcha du blessé et lui perça la poitrine avant de partir à la poursuite de Gros. A l'étage, l'arquebusier avait apprêté une deuxième bouche à feu aillant à sa disposition tout le râtelier du guet, il se tenait calmement au milieu de la galerie, son arme calait sur sa hanche, la carte huit de la justice épinglée sur son pourpoint. Le colosse arriva en hurlant dans son champ de vision, il connaissait parfaitement son arme et savait le temps de retard de l'allumage, il anticipa le moment le plus approprié et tira. Un trou rond apparu sur le côté gauche de la poitrine du blasphémateur, qui chancela un instant avant d'abattre son maillet. La masse de bois frappa le milicien à l'endroit exact où il portait son arcane la déchirant sous l'impact. Le corps broyé vola au travers du couloir.
-J’ai eu deux cartes et bientôt trois, exulta l’adorateur d’une voix infantile.
-Viens la chercher. Le mit au défi le militaire qui arrivait à son tour sur le palier.
Tosten avança autant que possible, il allait lui falloir de la place derrière lui contre un adversaire de ce type. En intérieur le chaotique ne pouvait pas utiliser à sa guise sa monstrueuse allonge. Gros frappa, pulvérisant tout ce qui se trouvait sur la trajectoire de son arme, le vétéran rompit laissa passer le maillet et attaqua dans son ombre, le confinement l'empêchait d'avoir toute l'amplitude souhaitée, mais la lame sectionna tous de même une bonne partie du poignet du colosse qui bien que ne sentant apparemment pas la douleur fut bien contraint de lâcher son marteau. Des toutes les plaies du titan s'écoulait un sang noir et visqueux chargé de pus, tous ses mouvements en projetaient partout maculant le couloir en ruine. La chose crevait, mais représentait encore une sacrée menace, elle tenta de saisir la pointe de l'épée de Torsten et se jeta en avant. Le vieux soldat s'attendait à une manœuvre de ce genre, la seul sensé dans ces conditions, il escamota sa lame et Gros s'empala dessus, l'estoc pénétra sous le menton et lui traversa le crane, les deux corps se percutèrent et basculèrent de la galerie.
Le choc contre le sol du rez-de-chaussée fut rude, mais l'armure du soldat fit son office. Il se releva péniblement, dégagea son épée du cadavre et sortit en titubant du bâtiment nauséabond.
----------------------------------------------------------------------------------- --
FIN DU JEU
Hannia déboula dans le salon de sa riche demeure, le décor familier aurait pu être apaisant si le cadavre pestiféré de son domestique ne souillait pas le tapis. Le trajet qui l'avait conduite jusqu'ici n'était qu'un souvenir flou peuplé de monstres de cauchemar, le visage de maitre Dor l'herboriste nain du bourg, lui revient plus sa mort et encore la fuite. Elle secoua la tête pour chasser tout ça de ses pensées. Elle tremblait, quelque chose comprimait sa poitrine, son cœur battait à un rythme trop soutenu depuis trop longtemps. Elle devait se calmer, s'efforcer de réfléchir calmement. Sur la cheminée reposaient les carabines de chasse de père. La porte d'entrée résista juste le temps qu'elle en charge une. Deux bouffons bossu le visage agitait de tiques incessants entrèrent suivi du magister toujours souriant. Voyant l'arme braquée, les saltimbanques hésitèrent, le maitre de cérémonie se plaça derrière l'un de ses subordonnées en psalmodiant, ses mains se couvrirent de bubons qui finir par exploser couvrant ses doigts de substance graisseuse. Dans une parodie de geste sensuel le sorcier se caressa le corps couvrant son épiderme du liquide qui en séchant le protégea d'une carapace verruqueuse. S'en était trop pour la jeune fille qui tira, emportant la tête du bouclier humain.
-Empares toi d’elle ! Ordonna le magister au survivant
Le pitre rangea son arme et avança vers la demoiselle. La fuite n’était plus possible.
-Stop, je vous en supplie, ne me touchez pas. Protesta-t-elle faiblement
Son père était mort, ses amis tués, son monde détruit, elle et sa mère condamnaient à un sort bien pire. Alors que le désespoir allait l’emporter, elle se cabra, refusant cette vérité. Vérité que sa carte lui donnait le pouvoir de contraindre.
-STOP, J’AI DIT !
L’instrument s’arrêta net, incapable de bouger. La lame de tarot que Hannia portait sur son béret flamboyait. Le guide de la caravane siffla d’admiration et d’envie. Il attrapa son arcane personnel. Son souffle corrompu en activèrent les motifs. Il tendit le bras et chuchota :
-ATTRAPE LA !
Le bouffon reprit sa marche.
-STOP ! DEMI-TOUR !
Aussi raide qu’un pantin, l’exécuteur pivota.
- TUE-LA ! reprit le sorcier qui commençait à jubiler, enivré par la puissance.
L’automate s’immobilisa
-MEURE !
La volonté rendue malléable par la corruption, le pitre avala sa langue et mourut. Son corps ruant contre le manque d’oxygène.
-On peut faire ça !? S'étonna ébahie le magister. Il sortit sa lame courbe et s'entailla le poignet un sang étrangement fluide coula sur le sol. Le plancher pourrit instantanément le cercle de corruption s'élargie par vague faisant moisir tout ce qui rentraient dans l'aire d'effet. Hannia recula. Au travers de la fenêtre ouverte on pouvait la voir, grande, les vêtements abimés mais fière, ses magnifiques cheveux s'échappant de sa coiffe, sa mine d'impératrice à peine voilée par la peur. Cette vision enflamma l'homme qui la vit et il bondit par l'ouverture. Exploit impossible, mais cette macabre journée était hors du commun.
Klaus déboula dans la pièce emportant avec lui les barreaux qui bloquaient le passage. Dans une cascade de bois et de verre il se réceptionna entre les combattants. Méconnaissable, couvert de blessure, le jeune homme ne tenait debout que par le pouvoir de son arcane. Dans un grand geste normalement rendu malaisé par les deux flèches qui lui transperçaient le dos, il projeta sur le sorcier une lourde lame. L'arme n'était pas du tout étudié pour le lancer, mais le destin voulu que la pointe frappa la cible. Le corps du dominant fut projeté sous l'impact et s'écrasa contre un pilier.
-Je suis là, ma chère Hannia. Triompha l’ancien mercenaire.
La demoiselle resta interdite devant cette brutale apparition. Comment tenait-il encore debout ?
-TUE-LA !
Les étincelles dans les yeux de l’adolescent s’éteignirent, laissant place à un air bovin. Il dégaina un couteau et s’approcha de la dame, le magister se relevait péniblement, son épiderme magique ayant résisté au projectile. La fureur avait remplacé son amusement.
-STOP KLAUS !
-Fini ce jeu, MEURE !NON !
Les puissances des deux cartes se heurtèrent dans un fracas astral. Le soupirant était parfaitement immobile. La jeune fille s'épuisait, le sorcier perdait patience. Sa lame de tarot n'était pas son seul atout et tout en maintenant sa pression mentale il recommença à psalmodier. Son ventre enfla démesurément jusqu'à faire disparaitre ses jambes sous les bourrelés, sa gorge se dilata et il vomit un flot colossal d'asticots, de viscères et de pus. Cette distraction permit à Hannia de prendre le dessus et de libérer le jeune homme. Devant le danger de l'attaque le sixième arcane se déploya stoppant l'avalanche d'immondices. Klaus prit le sort de plein fouet sa chaire et ses os se consumèrent, mais l'objet de son désir fut sauvé.
Toute la pièce était remplie de fluide corrosif, au centre la carte de l'Amoureux finissait de fondre. Le magister chancela, souffrant du contrecoup de son sortilège. L'impératrice c'était enfuit. Où ? Seul ce bellâtre devait le savoir. Il sortit.
Arrivé dans la rue il s'effondra comme foudroyé, le lien qui le reliait à son Maitre avait été brisé. Le chariot de la perte avait été détruit. Il tenta d'aspirer de l'air mais, aussi vrai que les poissons ne peuvent respirer hors de l'eau, les impurs de la puissance du guide ne peuvent vivre sans lien direct avec le chaos. La parcelle démoniaque de son âme retrouva les royaumes infernaux le reste se dissipa ici, son corps archi-malade se décomposa à une vitesse surnaturel ne laissant dans la boue de la rue que trois grandes flaques disposées en triangle.
-----------------------------------------------------------------------------
L'odeur dégagée par la combustion de la roulotte était insoutenable, Rudolph bâtit en retraite. Mais aussi loin qu'il reculait les miasmes finissaient toujours par le rattraper l'obligeant à reculer encore. Il dut sortir de la ville chassé par la puanteur, accompagnait par ses compagnons. Le vieux Torsten semblait avoir surgi d'un mur, pour se ranger à ses côtés, ou plutôt l'inverse, le militaire semblait avoir un plan contrairement à lui.
Le prêtre ne comptait plus les phénomènes extraordinaires dont il avait été témoin, ce soldat qui lui faisait prendre des raccourcis impossibles, la nouvelle rage qu'il l'avait pris en voyant le carrosse, leur combat contre le gardien. Ce véhicule semblait être le cœur du pouvoir de ces abominations, sa destruction avait provoquée l'effondrement du groupe. La petite Muller s'en était sorti aussi ainsi que quelques femmes et enfants, qu'était devenu celles qui avaient été capturé il ne savait pas, mais une vie de prière ne suffirait pas à les aider, il en était certain.
La pression du combat étant retombée il souffrait de mille douleurs, de mille regrets, l'horreur menaçait de le submerger. Le Bourg était perdu, l'incendie du camp des monstruosités s'était propagé partout.
C'était mieux ainsi, l'âme du village était morte et ces rues corrompues, même le bétail était mort. Tout devait être purifié, l'ordre des repurgateurs mit au courant. Des spécialistes devaient s'occuper de ça.
----------------------------------------------------------------------------------------------------
ÉPILOGUE
Un convoi arriva en haut de la colline, à sa tête, Konrad le sévère, licence numéros vingt de l'ordre des templiers de Sigmar. En contrebas la ville se consumait encore. Entouré de ses compagnons il s'approcha d'un groupe à l'écart de la route. Une jeune fille, un Prêtre et un Soldat.
-Sigmar vous bénisse, les salua l'homme d'église, vous voir nous emplie de joie, bien que nous sommes étonné que vous soyez déjà là.
-Il y a un mois que nous parcourons la région. Répondit un moine de la suite le front marqué de la comète à deux queues.
-Nous enquêtions sur des disparitions alarmantes, lorsque j'ai ressenti une lutte. Compléta un homme rachitique avec les yeux bandés.
-Où sont les autres habitants ? Questionna un chevalier balafré
- La poignée de survivantes se trouve dans une ferme à deux lieux d'ici, sinon il n'y a que nous. Le renseignât Torsten.
-Une sorte de kermesse du chaos c'est arrêté ici, poursuivit Rudolph. Grâce à Sigmar elle n'est pas repartie.
Les répuragateurs se regardèrent digérant l'information.
-Des membres ont peut-être pu s'échapper, se reprit un homme entièrement vêtu de rouge. Il échangea un regard avec le templier. Et retourna vers le convoi en sifflant suivit de la plupart des membres de la suite.
Konrad prit la parole pour la première fois.
-L'empire vous êtes extrêmement reconnaissant, pour votre combat. Il n'est pas en mon pouvoir de réparer vos sacrifices, mais je vous propose une place parmi nous. Tous ici savent ce que vous avez enduré et sont à même de vous aider.
-Qu'allez-vous faire des autres femmes ? Demanda Hannia
-Elles iront dans un couvent, les prières tiendront à distance la corruption. Enonça une religieuse ridée.
Le prêtre et le mercenaire regardèrent la jeune fille attendant sa décision. En guise de réponse elle tendit l'arcane numéro vingt au templier de Sigmar. L'homme glissa la carte du Jugement dans son chapeau.
-----------------------------------------------------------------------------------------------------
L'homme enrageait, quel gaspillage ! Quel outrage au Maitre ! Le convoi n'était pas un groupe de combattant, mais de corrupteur. Le magister, maudit soit-il, avait vu trop gros. Il n'avait pas écouté la prudence et le Maitre en avait souffert.
Il avait les larmes aux yeux, il pleurait de rage et d'impuissance. Il n'avait pas put protéger le Maitre, le vieux soldat avait surgit au hasard, invisible à sa vision et l'avait isolé du Maitre, l'empêchant de lui porter assistance alors que le serviteur des dieux maudits fracassait son cocon douillet. Ses nouveaux pouvoirs lui avaient révélé la vrai nature du Maitre, il était dans l'ensemble de ses instruments, tous à des degrés divers jouissaient d'une fraction de son pouvoir, si le Maitre prenait des forces, tout le monde en profitaient, si des membres mourraient la puissance prêtée disparaissait avec eux. La destruction de la totalité de la troupe le tuerait, mais il était encore là lui, il l'avait retrouvé guidé par sa vision et l'avait mis dans un petit chariot, le Maitre aimait beaucoup les chariots. Celui là était un jouet pour enfant, mais il l'avait recouvert d'un voile pour qu'il soit bien. Il allait bien s'occuper de lui, mieux que le magister, ensemble ils échapperaient à leurs poursuivants, ensemble il remonterait une troupe, ensemble il redeviendrait fort.
Un petit homme vouté poussant un landau disparu dans la forêt en chantant une berceuse.
HRP: toutes remarques sont les bienvenus.
-C'est bien comme chez nous dit Barbu, le respect des anciens, je les aime bien ses villageois, ils ont du cœur.
Torsten regarda son compagnon d'arme nain qui comme lui était venu hiverner dans le bourg. Malgré les travaux agricoles qui l'occupaient, le solide gaillard, n'avait toujours pas retiré son plastron clouté et portait toujours son arbalète. Qu'il arrive à accomplir son travail avec des objets aussi encombrant rendait l'humain admiratif.
-C'était une sorte de célébrité ici, regarde comme les gens sont abattus, hier tout le monde riaient et aujourd'hui personne n'a plus de cœur à l'ouvrage.
- Des gens faisaient plusieurs jours de route pour venir la voir, c'était une sainte, moi vous dit. Rajouta Klaus, un autre ancien mercenaire à peine sortie de l'enfance. Regardez même le Bourgmestre à sorti ces plus beaux habits. Avec le brocard et tout.
-Il a surtout sorti sa fille, remarqua le nain, elle a beau faire dix-huit pouces de trop, elle est franchement pas vilaine.
-C'est Hannia, elle a mon âge. Quand on était jeune on jouait ensemble. Ajouta le jeune soldat en rougissant.
-A mon avis, notre petit Klaus, il voudrait bien jouer encore un peu avec la demoiselle, s'esclaffa Barbu.
-Suffit compagnon, laisse le gamin tranquille. Coupa Torsten. Dit moi plutôt ce que ces gens portent sur leur chapeau.
-On dirait des cartes.
-C'est le tarot de l'empereur de la vieille Carole. Expliqua L'adolescent. L'explosion a projeté les lames partout, des gens les ont ramassés et les portent en signe de deuil.
-C'est une bien triste journée. Conclut le vieux vétéran.
----------------------------------------------------------------------------------------------------------
L'homme déboula dans le campement, personne ne le vit venir, Gros et Grand qui était de garde, ne l'avait même pas remarqué, normal, son pouvoir était bien supérieur aux leurs et il était bien plus proche du Maitre qu'eux, même si Gros n'était pas d'accord. La troupe c'était arrêté pour la journée bien à l'abri des bois. Ça sentait la charogne, c'était bon de revenir chez soi.
Le magister sorti d'une roulotte, lui n'avait pas été berné. Naturellement. L'éclaireur se prosterna. Les instruments se regroupèrent autour d'eux, les Colères, les Faces, les Bourdonnants et même un des avatars du Maitre s'extirpa du carrosse sacré pour écouter. La clairière était saturée d'insectes.
-Relève-toi, fils. Demanda tendrement le sorcier. Tu es le bienvenu dans ta famille. Nous sommes tous ravi de ton retour. Qu'as-tu à nous apprend ?
L'homme le savait, le chef du convoi était comme ça, paternel devant tous mais cruel et implacable lorsque le Maitre n'était pas là, comme s'il ne craignait pas sa vision, comme s'il était le véritable seigneur et non pas un guide.
-Je suis allé dans le bourg, magister, comme vous l'avez demandé, s'empressa d'ajouter l'assassin, il y a au moins mille âmes, là-bas. J'y ai tué une servante des dieux humains. Il n'y a que quelques nains. La voix est libre pour vous. Mon Maitre. Ajouta-t-il en regardant le chariot sacré.
-Parfait, ajouta le guide un peu irrité. Nous sommes très fiers de toi. Compagnon, en route ! Notre moisson nous attend.
Toute l'assemblée, hulula de joie, le festin était proche et tous auraient leur part. Puis comme une mécanique bien huilé les adorateurs s'activèrent à plier bagage. L'homme s'en allait lorsque de la main du Chef du convoi se posa sur son épaule.
-Qu'a tu dans ta poche ?
A contrecœur l'éclaireur sorti une carte, numérotée dix sept : L'Etoile. L'autre s'en empara et la scruta plus profondément qu'il n'aurait pu le faire avec ses yeux.
-C'est une carte. Minimisa l'assassin. Je l'ai trouvé chez la vieille, je l'ai prise. Elle est à moi.
- A toi ? L'interrogea amusé le sorcier. Ils avaient un sacré veilleur, il n'a pu prévenir personne ?
-Non, Magister, elle était seule et je l'ai tué.
-Et pourtant si. Il semblerait que quelqu'un l'ai entendu. Il nous lance un défi.
- Un danger ? Changeons de cible. Nous ne pouvons faire courir un risque au Maitre.
-Non. Le Maitre a faim. Nous devons favoriser sa croissance. Je vais relever le défi. Trancha l'orgueilleux dominant.
Il hésita, mais rendit la lame à son subordonné.
-Tu a bien travaillé, va dans mon carrosse te reposer. Tu l'as mérité.
-- --------------------------------------------------------------------------------- --
La semaine était morose, à la pluie s'ajoutait l'abattement de la population. Torsten était assis sous le porche d'une maison réservée aux saisonniers qu'il partageait avec ces anciens camarades de compagnie. Il fumait sa pipe, brulant ses dernières feuilles de tabac du Moot en regardant les gouttes. Un groupe de jeunes adultes rentra dans la demeure, le vieil homme attrapa la manche de l'un d'eux sans se lever de son banc.
-Klaus, reste ici j'ai quelque chose pour toi. J'ai réussi à réparer ton arme. Annonça-t-il en lui tendant une arbalète. L'arbrier était faussé, la noix et le mécanisme interne étaient rouillés. En claire elle a pris l'eau et... Tu ne l'as pas entretenu.
Le vétéran ne semblait pas vouloir le lâcher, le jeune homme dut s'asseoir.
- Maitre Torsten, le combat c'est fini pour moi je ne repartirais pas. Je vais rester chez moi trouver un métier respectable.
-Dans aucun métier, on n'accepte qu'on ne prenne pas soin de son matériel. Soldat c'est un métier respectable.
-Pas pour le bourgmestre.
-Et donc pas pour sa fille, conclut le vieil homme. Ecoute gamin, pour ce faire une respectabilité avec un métier normal il te faudra des années d'ici là ta belle sera déjà mariée. Ta seule chance est de repartir en campagne, les risques sont importants, mais les gains potentiels sont très importants, un bon pillage, un beau trophée et ta fortune est faite.
A sa tête le jeune semblait en douter, mais il manquait d'argument contre le vieux briscard. Il hochât les épaules voulut se dégager avec une banalité, mais sorti finalement un arcane de ses maheutres et la tendit à son mentor.
-Merci chef, pour l'arbalète et pour le reste, je comptais l'offrir à Hannia mais quelqu'un d'autre lui en a offert une autre. Mieux. C'est la vingt-deux, le Mat. Qu'elle vous porte chance. Vous pourriez en avoir besoin par les temps qui courent.
-------------------------------------------------------------------------------------------------
MILIEU DE PARTIE
Les saltimbanques étaient arrivés sans être annoncé. Une longue file de roulotte s'était présenté aux portes, escorté par une troupe bigarrée et virevoltante. Un homme avec une voix d'une puissance incroyable clamait qu'ils allaient présenter une pièce unique intitulée « Orfeo et Burbonnette ». Après la déprime des derniers jours, un divertissement était le bienvenu, les acteurs c'étaient donc installés sur la place dans un capharnaüm de loges et de scène mobile.
Les habitants s'étaient vite rassemblés devant les planches, les amuseurs avait commencé un spectacle décalé mais désopilant une fois qu'on était rentré dans l'ambiance. Et en ambiance ces professionnels s'y connaissaient : artifice, musique entraînante, masques grotesques, le tous dans une sarabande endiablée et potache. L'histoire racontait vaguement l'aventure d'un halfling poursuivi par des démons. Les comédiens qui incarnaient ces derniers étaient horriblement grimés et passaient dans la foule lançant des brassées de plume. Des acrobates masqués se livraient à d'époustouflantes cabrioles tapotant de leurs baguettes le front des spectateurs du premier rang. Tout le monde était en transe.
Le père Rudolph assistait médusé à la pièce, bien sûr certaines suggestions étaient à la limite de l'hérésie, mais c'était vraiment drôle et impressionnant. Deux colosses effectuaient des démonstrations de force prodigieuses et un bouffon en chaperon macabre les combattaient armé d'une vessie de porc gonflé. Un gamin contrefait passa sur la scène avec un panneau à la peinture défraîchie annonçant la scène finale.
Le prêtre senti sa poitrine brûler, mais ne put détachait son regard de l'animation, tant il était sous le charme. Le monde ne se résumait plus qu'aux publiques et aux saltimbanques. Le comédien qui jouait l'halfling glissa une nouvelle fois tout le monde rit de bon coeur, un démon d'un réalisme saisissant l'attrapa et d'un geste théâtral l'ouvrit en deux avec un hachoir. Rudolph tiqua, la Créature s'attrapa les dents à pleine main et s'ouvrit la bouche tellement grande qu'elle se brisa les mâchoires, se déchira les joues et se dilata monstrueusement la gorge, puis elle engouffra dans le trou béant les morceaux de sa victime encore secoués de soubresaut.
Le sort était rompu, le liquide que les adorateurs avaient rependu partout commença à bouillonner, la scène était jonchée de membres humains en décomposition, les masques n'en étaient pas.
Le Sigmariste vomi bien plus que n'aurait pu contenir son estomac, malgré la nausée il appela à l'aide, mais autour les gens étaient morts, emporté par des maladies foudroyantes, leurs corps rendu méconnaissables par les bubons et les plais purulentes. Pris de panique, il regarda sa poitrine irradié par la douleur. La lame de tarot qu'il portait depuis l'enterrement pulsait. L'encre de ses motifs brillait.
Une abomination se tenait sur les planches, son crane horriblement déformé était percé de trois orbites grotesque. A l'intérieur, tournaient en tous sens des yeux de couleurs différentes.
-Magister ! Les cartes ont résisté !
-J’ai vu. Instruments ! Je promets une bénédiction à tous ceux qui me les ramèneront !
Le maitre de cérémonie exultait, le pouvoir de ces objets était plein de promesse
----------------------------------------------------------------------------------------------------
Le bourgmestre était figé, immobilisé dans sa chaise par une terreur insurmontable. Un groupe d'hommes s'approchait lentement, leur meneur était affublé de riches vêtements bariolés couvert d'immondice, Il s'inclina avec dérision devant le notable et lui planta une longue dague courbe couverte d'oxydation dans le ventre. Il s'approcha du visage du supplicié et lui chuchota à l'oreille :
-Excusez-moi monsieur, mais il semble que vous ayez quelque chose qui me revienne.
D'une saccade il jeta sa victime au sol et arracha la carte qu'elle portait sur la poitrine. L'arcane se mit à luire faiblement, le personnage qu'elle figurait changea légèrement, à la place de l'image de l'empereur, le maitre de cérémonie contempla son portait. Gorgé d'une puissance nouvelle il explosa d'un rire cruel. Il fit une profonde révérence à la personne qui partageait le fauteuil du chef de la ville, la femme blême se recroquevilla contre le dossier. Le magister lui saisit la main gauche et lui sectionna l'annulaire, puis ajouta presque tendrement :
-Tu es Ma femme désormais.
Il gobait avec délectation le doigt et l’anneau qu’il portait, lorsqu’il vit une ravissante jeune fille. Son visage était rendu grisâtre par la nausée, sur son béret impeccable brillait le troisième arcane. La tête du chaotique effectua une circonvolution de ravissement.
-Mon Impératrice, ce teint vous va à ravir.
Il s’approcha d’elle d’une démarche théâtrale enjambant des cadavres pestiférés en fredonna un air nuptial. Son entourage hurla, Grand, le garde du corps du magister se jeta en avant et reçu un carreau dans le crane. Il tressauta un moment tentant même d’arracher le projectile, mais la blessure était trop importante et elle vient à bout de la vigueur surnaturel du colosse.
Posté sur un balcon donnant sur la place, le poil couvert de vomi, Barbe hurla
-Salopri de sorcier d’merde !
--------------------------------------------------------------------------------------------
Torsten attrapa le bras de Klaus
-Viens avec moi on va chercher les armes chez nous, on reste groupé, on s'en sortira.
Le Jeune homme se dégagea et partit dans le sens opposé
-Hannia est là-bas, je vais la chercher
Le vieux soldat maudit sa stupidité, le bourgmestre et sa famille s'étaient fait offrir une place sur la scène, aucune chance qu'il est résisté, alors que des gens au pourtour de la place étaient morts. Lui-même et Klaus s'en était sorti on ne sait trop comment. Impossible de rattraper cette tête de mule, il repartit donc en direction de son logement.
Tous à sa course il espérait que son ami nain s'en soit tiré, il les avait quittés prétextant qu'il ne voyait rien. Après le drame il ne l'avait pas revu. Sa vigueur devrait l'avoir protégé, du moins le vétéran l'espérait.
Quelqu'un courrait derrière lui. Trop léger pour être Klaus. Le soldat pivota et aperçu un des acrobates les traits figés dans une position improbable, il dégaina son poignard, la seule arme qu'il avait sur lui. Son adversaire brandissait une sorte de gourdin clouté affublé de rubans et de grelot, fit une cabriole et porta un coup rageur. Torsten décala une jambe esquivant l'attaque maladroite et plongea son arme dans la poitrine de son opposant.
Ce ne sont pas des combattants conclut-il. Ils ne sont pas nombreux, on a nos chances. Porté par un nouvel espoir il reprit sa course.
-------------------------------------------------------------------------------
Le père Rudolph entra dans le premier bâtiment qu'il trouva, la forge de maitre Torrik. Il claqua le battant de la porte au nez de ses poursuivants et verrouilla frénétiquement le panneau avant de jeter un coup d'yeux inquiet à la silhouette qui se traînait par terre. Le propriétaire des lieux avait réussi à ramper jusqu'ici, le prêtre souffla en le reconnaissant, il retourna le nain, la peau de son visage était couverte de marques de vérole, mais le forgeron avait toujours été très laid. On frappait contre la porte, les planches de chêne étaient neuves et bronchaient à peine. Le sigmariste faisait confiance à un paranoïaque comme l'artisan pour avoir toutes ses fenêtres barrées, il avait donc un peu de temps. Il farfouilla le malade et trouva sa gourde, il l'avait toujours sur lui, même aux offices. Il en versa une généreuse rasade dans la bouche entrouverte du nain. L'effet fut immédiat, les couleurs réapparurent sur la face du forgeron, qui toussa et réussi à se relever sur son séants.
-Maitre Torrik. Le supplia l'humain. Avait vous des armes ici ?
-Je fais des fers à cheval, moi et les meilleurs cerclages de roue du pays, pas de temps à perdre avec des armes. Mais rassurez vous, j'ai de quoi accueillir cette racaille.
Le forgeron se leva péniblement et attrapa une paire de solide marteau. On racontait dans le village que dans sa jeunesse Torrik avait combattu des peaux-vertes avec le haut roi des montagnes. A le voir dans cette pose martial, Rudolph en était convaincu et rassuré.
Les coups contre la porte s'était arrêté. Le prêtre attrapa aussi un outil, Sigmar n'était il pas un dieu guerrier ? Il était temps pour son serviteur de suivre son exemple.
Un cri épouvanté troubla le calme relatif de la forge, la petite Hannia Muller tambourinait aux battants. Le sigmariste couru lui ouvrir, mais la puissante main de l'artisan l'en empêcha.
-Trop tôt, trop dangereux, mon père.
-Vous n'y pensez pas, cette fille a besoin de nous. C'est de notre devoir de l'aider.
Les supplications de la jeune femme s'étaient tu. Ils entendirent ses pas s'éloigner, d'autres plus lourd approcher.
-Les voilà les vrais problèmes, maintenant reculez mon père.
Le panneau de bois craqua sous le premier impact monstrueux, mais tient bon.
-Seulement deux personnes, magister, une carte et un nain, prêt au combat.
-Bien, je vous ouvre et vous m’en débarrassez.
Les deux retranchés se regardèrent appréhendant la suite, suite qui arriva sous la forme d'une odeur nauséabonde si forte qu'elle piquait les yeux, les battants de la porte se couvrirent de trace de moisissure, le bois devint spongieux, des asticots grouillèrent bientôt à sa surface, les charnières ne corrodaient à vue d'yeux et les planches vermoulus s'effondrèrent d'elle-même. Trois individus au contour rendu flous par un nuage de mouche en franchir les débris et la mêlée débuta. L'un se jeta sur le prêtre qui motivé lui assigna un coup enthousiaste, trop court, il reçut une vilaine taillade en retour, le sang inondât sa robe il recula précipitamment mettant une grosse enclume entre lui et son agresseur. Plus loin le nain reçu un coup de lame sur le torse, mais la frappe se perdit contre son solide tablier de cuir la riposte pulvérisa la jambe de l'adorateur qui s'effondra au sol, le deuxième marteau lui brisa le crane mettant fin à son horrible maladie.
Rudolph n'était qu'un prêtre de campagne, qui bien que puissamment bâtie, n'avait pas de formation militaire, il devient rapidement évidant pour lui que le disciple des dieux sombres allait finir par le tuer, il était plus rapide, plus expérimenté, les insectes étaient tellement nombreux qu'ils devenaient une véritable gêne. Son impuissance à aider son compagnon aux prises avec un nouvel ennemi, rendit le prêtre furieux, son village s'était fait massacré, les gens dont il avait la garde avaient été livrés au Chaos et il était incapable d'en châtier les responsables, sa fureur et sa foi activèrent une nouvelle fois l'arcane qu'il serrait toujours dans sa main.
Un flash de lumière chassa les mouches et fit hésiter le bouffon. Son immobilité permit au forgeron de l'ajuster, d'une main sûre il projeta son marteau. Le lourd outil brisa l'épaule de la cible qui s'affala contre un mur, l'instant d'après Rudolph était sur lui et son courroux lui clôtura l'existence.
Une créature pénétra à son tour dans la forge. Vouté, cyclopéenne, flasque, son aura de menace frappa les deux survivants les faisant reculer. Le démon dégaina de ces haillons criards un bloc de rouille corrompu ayant vaguement la forme d'une épée. La chose riait, les cadavres de ses trois compagnons ne semblaient pas l'émouvoir. Elle avançait d'une démarche lourde et claudicante vers les survivants. Sortie de la carte par vague successive, une chaude énergie emplissait le corps du prêtre, anesthésiant sa douleur et dissipant l'aura de l'abomination, Torrik sentit aussi la faille et tenta sa chance. Le démon était bien plus rapide que sa masse le laissait supposer il fit décrire à sa lame un grand arc de cercle, le forgeron plongea, le coup ne fit que lui effleurer le cuir chevelu, modifiant brutalement la trajectoire de sa frappe le Porte-peste abattis son épée sur le nain mais l'atelier était très encombré et l'extrémité de l'arme se prit dans une chaine pendent du plafond l'arrêtant une petite seconde. C'était plus que nécessaire pour le forgeron qui enfonça sa masse d'acier dans la créature. Le choc disloqua la cage thoracique du monstre faisant éclater sa poitrine comme un fruit pourri. Le démon s'affaissa sur lui-même avant de se regonfler d'une manière grotesque. Une arme ordinaire peut difficilement venir a bout d'un fils du Chaos il faut pour cela que la volonté de son porteur soit bien trempée, celle du forgeron était trop affaibli par ses blessures. Le bras gauche de l'être abjecte jailli et attrapa la nuque de l'artisan. Le sabre démoniaque traversa sans effort apparent Torrik, couvrant en un instant son corps des stigmates d'horribles maladies. L'aberration projeta le corps nécrosé et se tourna vers la vraie menace.
Le père Rudolph était maintenant méconnaissable, lui d'ordinaire doux et compréhensif, aurait effrayé par son seul aspect le plus endurci des vétérans, un savoir qui n'était pas le sien le guidait, il n'était plus seul à regarder par ses yeux, il invoqua le très saint nom de son maitre et son marteau prit feu. Les créatures issue des royaumes démoniaques ne connaissent pas la peur celle-ci eu au plus une ondulation d'hésitation, elle plongea son bras dans le foyer de la forge, l'odeur pestilentielle qui se dégagea de la combustion de sa chaire aurait pu tuer, mais l'état d'exaltation du sigmariste le préservait des tours du démon. Les armes des combattants surnaturels s'entrechoquèrent dans une gerbe de scories, ce n'était plus une escrime, mais le choc de deux énergies contraire. A la troisième parade l'épée du Porte-peste vaincu se disloqua. L'enveloppe de l'habitant des limbes s'ouvrit sous le choc, son essence magique ne pouvant plus se maintenir sur ce plan d'existence il se dissipa dans un sifflement remplissant la pièce d'un épais brouillard qui disparu à son tour subitement laissant l'homme hébété.
--------------------------------------------------------------------------------
Ayant réarmé son arme, Barbe disposa un carreau dans la gorge. Le rituel des maudits, l'avait profondément frappé, Seul sa vigueur de nain l'avait sauvé d'une mort rapide, mais il sentait que le sortilège l'emporterait tôt ou tard, son vomi était sanglant, une dysenterie souillait ses chausses et une douleur persistante avait élu domicile à l'intérieur de son crane. Il se savait malade et savait cette maladie, mortelle. Aussi le soldat se résolut à emporter le maximum d'ennemi avec lui. Il avait manqué le sorcier, mais certaines femmes avaient survécu, ses tirs avaient empêché les adorateurs de les capturer trop facilement et il avait couché un des géants. Ses esclaves du Chaos, ne pourraient pas s'essuyer les pieds sur sa barbe en riant ils allaient regretter de s'en être pris à lui.
Il jeta un coup d'yeux derrière le volet qui lui servait de couvert repéra une cible, épaula et tira. Le vireton bondi et mordit la cuisse d'un saltimbanque ricanant. Voilà un acrobate ridicule qui se trémousserait plus comme un elfe pensa l'arbalétrier. Un affreux bossu grimé sorti de derrière un tonneau et déchargea sur lui une paire de pistolet. Les tirs manquaient de précision à cette portée et les balles s'ajoutèrent à la liste des projectiles inutiles qu'on avait lancés pour déloger le nain. Barde s’accroupit et actionna son pied de biche pour recharger son arc.
L'homme escaladait l'arrière de l'hôtel de ville, malgré d'épaisseur des murs il voyait clairement le nabot qui avait troublé la rafle des épouses, il avait presque réussi à toucher le magister mais Grand était vigilant, il se demandait si le sorcier allait plus reprocher de ne pas l'avoir prévenu plus tôt de la présence d'un tireur encore en état. La mort du maitre de cérémonie ne l'aurait pas attristé, il se sentait prêt à prendre sa place. Maintenant qu'il était plus fort que jamais, sa vision n'avait jamais été aussi nette, il pouvait regarder avec ses trois yeux à la fois. Il allait tuer le trouble-fête avant qu'il est la mauvaise idée de tirer sur la caravane du Maitre. Quelle folie ! L'exposer ainsi, il avait supplié le magister de choisir un autre bourg, la présence de ces mystérieuses cartes était un avertissement que le dominant n'avait pas pris en compte. Jamais, il y avait eu autant de survivant après leur spectacle, les autres instruments n'étaient pas apte à combattre des gens en pleine possession de leurs moyens, les cadavres de plusieurs d'entre eux seraient autant de preuves des choix dangereux du guide et autant de raisons qui faisaient de lui un successeur plus capable de prendre soin du Maitre.
Un volet s'ouvrit derrière lui, Barde pivota l'arme brandi. Personne n'entra. Celui là semblait prudent. Le nain ramassa ses flèches et se déplaça, il était probable que le nouveau venu sache où il était. Il n'allait pas lui faciliter la tâche. Le bâtiment était vaste et on pouvait le chercher longtemps. Le nain monta d'un étage, l'effort que cela lui demanda le renseigna à quel point il était affaibli, arrivé sur le palier il vomit de nouveau, la tête lui tournait. Il crut discerner un mouvement en bas des marches et tira
L'homme recula derrière le coin, un carreau traversa l'espace qu'il occupait un instant auparavant. L'arme étant déchargée il fit l'ascension des marches à son tour. Il vit son adversaire et lu dans son crane l'hésitation, s'était un solide soldat en temps normal le vaincre aurait été inenvisageable, mais les dons du Maitre était à l'œuvre. Il sortit son poignard sa vision l'informerait d’éventuelles attaques du nain avant qu'elles ne partent.
Merde ! Trop tôt, trop de précipitation. Barbe se maudit bien conscient qu'il venait de briller son meilleur atout. Le mutant montait tranquillement vers lui avec l'assurance de celui qui a un coup d'avance. Il lui fallait du temps pour calmer la nausée. Il attrapa un meuble et le précipita dans l'escalier puis couru en titubant vers la fenêtre la plus proche. A cet étage les ouvertures donnaient sur le toit, Barbe y pris pied et ferma le volet avant de le coincer comme il pouvait avec une flèche. Il s'assit laissant le malaise passer et son esprit redevenir claire. Ses mains s'activaient, guidées par son long entrainement elles rechargèrent son arbalète sans qu'il est besoin d'y penser.
L'homme se dégagea de la petite armoire et traversa le couloir. Sa future victime s'était réfugiée sur la toiture, un simple contretemps. Il ouvrit silencieusement une lucarne sur l'autre versant et tout en surveillant le nain il grimpa jusqu'à la crête. Un nouveau vireton reposé dans la gorge de l'arme de son opposant, il lui en restait deux autres dans son carquois. Le toit était très endommagé depuis l'explosion on avait tenté d'en couvrir les trous par de la toile, si bien d'un nombre important d'objet traînaient partout, le chaotique s'empara de débris de tuile et tout en restant à couvert derrière le fait, il les projeta sur l'arbalétrier. Les projectiles n'étaient pas très efficaces, mais ils étaient abondants et le soldat ne pouvait pas riposter.
Une volée de gravât tomba sur Barbe. Il se déplaça, mais son adversaire semblait toujours savoir où il se trouvait, un morceau de maçonnerie lui frappa le genou le faisant trébucher, les tuiles étaient encore glissantes des pluies de la semaine, il perdit momentanément pied se raccrocha à une cheminée, mais dut lâcher son arme. Il tenta de la récupérer, mais l'autre était déjà sur lui profitant de la pente pour l'atteindre en un instant. Le nain reçu un brutal coup de pied, mais sa main tenait solidement, l'adorateur se releva. Barbe dégaina son coutelas une lame massive qui tenait plus de l'outil que de l'arme. Plus de force constata t-il, ce salaud va m'avoir, mais il va venir avec moi.
L'homme frappa, la cuirasse du nain l'empêchait de viser les épaules ou le ventre il toucha donc la base du cou, son adversaire ne fit pas de mouvement pour se défendre, mais lui porta un estoc vicieux alors que l'acier le transperçait déjà. Difficilement parable. Mais on peut difficilement surprendre un voyant. L'assassin embrassa sa carte, décidément la posséder le rendait invincible.
--------------------------------------------------------------------------------------------
Torsten finit de sangler en toute hâte son plastron, coiffa sa salade, ajusta son harmois sur son bras gauche, dégaina son épée et se précipita dehors. Il était seul, personne n'était venu chercher ses armes, il ne devait donc pas compter sur d'autres anciens mercenaires pour organiser la riposte. Maintenant il devenait urgent de rejoindre d'autres survivants pour faire front. Il partit au hasard dans les rues. Au carrefour suivant il croisa une fillette poursuivie par un obèse affublé d'un masque de glouton, quand la gamine vit le soldat elle obliqua immédiatement vers lui, l'adorateur lui laissa du champ voyant aussi la nouvelle menace, il portait un long bâton ferré couvert de grelots et avança en se dandinant au milieu de la rue. D'une voix joviale il cria :
-Je vais te raconter une plaisanterie !
Torsten s'assura que l'enfant était en sécurité et faucha son opposant hilare.
-Va t'enfermer chez toi et n'ouvre qu'aux gens que tu connais. Ordonna le vétéran.
C'était parfait ! Si toutes ces ordures grotesques étaient dispersées dans les rues sans coordination on pouvait leur faire très mal. Un coup de feu sortit le mercenaire de ses pensées, cela venait du quartier des ateliers. Il reprit sa traque, tourna à droite, s'engagea à vive allure dans la rue suivante, des lignes fantomatiques se superposèrent à sa vision et il eu la certitude qu'un chemin passait par l'épaisseur d'un mur, il le prit et arriva en un instant à destination.
Le bâtiment de la milice municipale était trapu avec des parois épaisses, mais ce n'était pas une forteresse. Réfugié dans une petite tourelle d'angle un tireur tenait en respect les assaillants, devant la porte principale enfoncée se trouvait un être filiforme couvert de cuir pourrie et d'une fraise à la dimension extravagante. Tosten reconnu le jongleur de sabre manchot, derrière lui un autre de ses saltimbanques encordait un arc.
Il franchit l'espace qui le séparait des monstres et porta une frappe au premier, celui-ci pirouetta en esquivant rentrant dans le bâtiment, poussant son avantage, le vétéran empala l'archer ne lui tirant même pas une expression de sa face figée. Le jongleur dégaina un sabre d'un geste gracieux. Les deux adversaires se jaugèrent en se tournant autour, aucun n'étant pressé de rentrer dans la portée de l'autre. Il y eu du fracas à l'étage, le soldat releva le regard une seconde et le sabreur attaqua, Torsten bloqua la frappe, mais un membre sortit du côté amputé de son opposant, le vieux soldat interposa son bras, l'extrémité de la queue de scorpion passa à quelques pouces de son visage, avant de se rétracter. Le mercenaire recula en changeant de garde maintenant son adversaire à distance. La parodie porta une botte croisée, le soldat la repoussa avec son membre blindé, estoquant dans le même mouvement, mais l'acrobate s'effaça devant la frappe. Il était très rapide, mais ne portait pas d'armure, le vétéran savait qu'il avait l'avantage.
Au sommet des marches émergea un colosse il emporta le chambranle de la porte qui vola en éclat. Gros était énorme, une vigueur démoniaque habitait ses muscles malades, il était seulement vêtu d'un pantalon immonde et d'une cagoule bariolée entre celle du bourreau et du bouffon, les clochettes qui en pendaient ponctuèrent sa marche pesante lorsqu'il ravagea les marches sous son poids, passé dans sa ceinture une carte ensanglantée, le numéro onze : la Force. La taille du maillet qu'il se trimballait convainquit Torsten de la nécessité absolu de se débarrasser de son adversaire avant l'arrivée du nouveau. Mais celui-ci était peu disposé à mourir avant la venu des renforts et la tentative précipitée du guerrier ne se soldat que par le crissement du dard sur sa dossière.
L'Abomination se jeta en avant avec une joie puérile, le vétéran l'interposa entre lui et le jongleur et frappa rapidement le visage du colosse qui interposa son arme, mais trop lentement, l'extrémité de la lame ouvrit la coiffe et ripa sur l'os. Comme piqué par un insecte le possédé arracha son chaperon pour découvrir un visage en ruine ravagé par les lésions de la peste.
De la galerie supérieure vient le salut, l'officier du guet retranché voyant ses adversaires refluaient s'était lancé à leur poursuite, il posa son arquebuse sur la balustrade, souffla pour attiser sa mèche et pressa la gâchette. La puissante détonation assourdit tous les belligérants, le jongleur reçu la balle dans le flan et fut projeté au sol. Le titan lui se précipita vers les escaliers. Torsten s'approcha du blessé et lui perça la poitrine avant de partir à la poursuite de Gros. A l'étage, l'arquebusier avait apprêté une deuxième bouche à feu aillant à sa disposition tout le râtelier du guet, il se tenait calmement au milieu de la galerie, son arme calait sur sa hanche, la carte huit de la justice épinglée sur son pourpoint. Le colosse arriva en hurlant dans son champ de vision, il connaissait parfaitement son arme et savait le temps de retard de l'allumage, il anticipa le moment le plus approprié et tira. Un trou rond apparu sur le côté gauche de la poitrine du blasphémateur, qui chancela un instant avant d'abattre son maillet. La masse de bois frappa le milicien à l'endroit exact où il portait son arcane la déchirant sous l'impact. Le corps broyé vola au travers du couloir.
-J’ai eu deux cartes et bientôt trois, exulta l’adorateur d’une voix infantile.
-Viens la chercher. Le mit au défi le militaire qui arrivait à son tour sur le palier.
Tosten avança autant que possible, il allait lui falloir de la place derrière lui contre un adversaire de ce type. En intérieur le chaotique ne pouvait pas utiliser à sa guise sa monstrueuse allonge. Gros frappa, pulvérisant tout ce qui se trouvait sur la trajectoire de son arme, le vétéran rompit laissa passer le maillet et attaqua dans son ombre, le confinement l'empêchait d'avoir toute l'amplitude souhaitée, mais la lame sectionna tous de même une bonne partie du poignet du colosse qui bien que ne sentant apparemment pas la douleur fut bien contraint de lâcher son marteau. Des toutes les plaies du titan s'écoulait un sang noir et visqueux chargé de pus, tous ses mouvements en projetaient partout maculant le couloir en ruine. La chose crevait, mais représentait encore une sacrée menace, elle tenta de saisir la pointe de l'épée de Torsten et se jeta en avant. Le vieux soldat s'attendait à une manœuvre de ce genre, la seul sensé dans ces conditions, il escamota sa lame et Gros s'empala dessus, l'estoc pénétra sous le menton et lui traversa le crane, les deux corps se percutèrent et basculèrent de la galerie.
Le choc contre le sol du rez-de-chaussée fut rude, mais l'armure du soldat fit son office. Il se releva péniblement, dégagea son épée du cadavre et sortit en titubant du bâtiment nauséabond.
----------------------------------------------------------------------------------- --
FIN DU JEU
Hannia déboula dans le salon de sa riche demeure, le décor familier aurait pu être apaisant si le cadavre pestiféré de son domestique ne souillait pas le tapis. Le trajet qui l'avait conduite jusqu'ici n'était qu'un souvenir flou peuplé de monstres de cauchemar, le visage de maitre Dor l'herboriste nain du bourg, lui revient plus sa mort et encore la fuite. Elle secoua la tête pour chasser tout ça de ses pensées. Elle tremblait, quelque chose comprimait sa poitrine, son cœur battait à un rythme trop soutenu depuis trop longtemps. Elle devait se calmer, s'efforcer de réfléchir calmement. Sur la cheminée reposaient les carabines de chasse de père. La porte d'entrée résista juste le temps qu'elle en charge une. Deux bouffons bossu le visage agitait de tiques incessants entrèrent suivi du magister toujours souriant. Voyant l'arme braquée, les saltimbanques hésitèrent, le maitre de cérémonie se plaça derrière l'un de ses subordonnées en psalmodiant, ses mains se couvrirent de bubons qui finir par exploser couvrant ses doigts de substance graisseuse. Dans une parodie de geste sensuel le sorcier se caressa le corps couvrant son épiderme du liquide qui en séchant le protégea d'une carapace verruqueuse. S'en était trop pour la jeune fille qui tira, emportant la tête du bouclier humain.
-Empares toi d’elle ! Ordonna le magister au survivant
Le pitre rangea son arme et avança vers la demoiselle. La fuite n’était plus possible.
-Stop, je vous en supplie, ne me touchez pas. Protesta-t-elle faiblement
Son père était mort, ses amis tués, son monde détruit, elle et sa mère condamnaient à un sort bien pire. Alors que le désespoir allait l’emporter, elle se cabra, refusant cette vérité. Vérité que sa carte lui donnait le pouvoir de contraindre.
-STOP, J’AI DIT !
L’instrument s’arrêta net, incapable de bouger. La lame de tarot que Hannia portait sur son béret flamboyait. Le guide de la caravane siffla d’admiration et d’envie. Il attrapa son arcane personnel. Son souffle corrompu en activèrent les motifs. Il tendit le bras et chuchota :
-ATTRAPE LA !
Le bouffon reprit sa marche.
-STOP ! DEMI-TOUR !
Aussi raide qu’un pantin, l’exécuteur pivota.
- TUE-LA ! reprit le sorcier qui commençait à jubiler, enivré par la puissance.
L’automate s’immobilisa
-MEURE !
La volonté rendue malléable par la corruption, le pitre avala sa langue et mourut. Son corps ruant contre le manque d’oxygène.
-On peut faire ça !? S'étonna ébahie le magister. Il sortit sa lame courbe et s'entailla le poignet un sang étrangement fluide coula sur le sol. Le plancher pourrit instantanément le cercle de corruption s'élargie par vague faisant moisir tout ce qui rentraient dans l'aire d'effet. Hannia recula. Au travers de la fenêtre ouverte on pouvait la voir, grande, les vêtements abimés mais fière, ses magnifiques cheveux s'échappant de sa coiffe, sa mine d'impératrice à peine voilée par la peur. Cette vision enflamma l'homme qui la vit et il bondit par l'ouverture. Exploit impossible, mais cette macabre journée était hors du commun.
Klaus déboula dans la pièce emportant avec lui les barreaux qui bloquaient le passage. Dans une cascade de bois et de verre il se réceptionna entre les combattants. Méconnaissable, couvert de blessure, le jeune homme ne tenait debout que par le pouvoir de son arcane. Dans un grand geste normalement rendu malaisé par les deux flèches qui lui transperçaient le dos, il projeta sur le sorcier une lourde lame. L'arme n'était pas du tout étudié pour le lancer, mais le destin voulu que la pointe frappa la cible. Le corps du dominant fut projeté sous l'impact et s'écrasa contre un pilier.
-Je suis là, ma chère Hannia. Triompha l’ancien mercenaire.
La demoiselle resta interdite devant cette brutale apparition. Comment tenait-il encore debout ?
-TUE-LA !
Les étincelles dans les yeux de l’adolescent s’éteignirent, laissant place à un air bovin. Il dégaina un couteau et s’approcha de la dame, le magister se relevait péniblement, son épiderme magique ayant résisté au projectile. La fureur avait remplacé son amusement.
-STOP KLAUS !
-Fini ce jeu, MEURE !NON !
Les puissances des deux cartes se heurtèrent dans un fracas astral. Le soupirant était parfaitement immobile. La jeune fille s'épuisait, le sorcier perdait patience. Sa lame de tarot n'était pas son seul atout et tout en maintenant sa pression mentale il recommença à psalmodier. Son ventre enfla démesurément jusqu'à faire disparaitre ses jambes sous les bourrelés, sa gorge se dilata et il vomit un flot colossal d'asticots, de viscères et de pus. Cette distraction permit à Hannia de prendre le dessus et de libérer le jeune homme. Devant le danger de l'attaque le sixième arcane se déploya stoppant l'avalanche d'immondices. Klaus prit le sort de plein fouet sa chaire et ses os se consumèrent, mais l'objet de son désir fut sauvé.
Toute la pièce était remplie de fluide corrosif, au centre la carte de l'Amoureux finissait de fondre. Le magister chancela, souffrant du contrecoup de son sortilège. L'impératrice c'était enfuit. Où ? Seul ce bellâtre devait le savoir. Il sortit.
Arrivé dans la rue il s'effondra comme foudroyé, le lien qui le reliait à son Maitre avait été brisé. Le chariot de la perte avait été détruit. Il tenta d'aspirer de l'air mais, aussi vrai que les poissons ne peuvent respirer hors de l'eau, les impurs de la puissance du guide ne peuvent vivre sans lien direct avec le chaos. La parcelle démoniaque de son âme retrouva les royaumes infernaux le reste se dissipa ici, son corps archi-malade se décomposa à une vitesse surnaturel ne laissant dans la boue de la rue que trois grandes flaques disposées en triangle.
-----------------------------------------------------------------------------
L'odeur dégagée par la combustion de la roulotte était insoutenable, Rudolph bâtit en retraite. Mais aussi loin qu'il reculait les miasmes finissaient toujours par le rattraper l'obligeant à reculer encore. Il dut sortir de la ville chassé par la puanteur, accompagnait par ses compagnons. Le vieux Torsten semblait avoir surgi d'un mur, pour se ranger à ses côtés, ou plutôt l'inverse, le militaire semblait avoir un plan contrairement à lui.
Le prêtre ne comptait plus les phénomènes extraordinaires dont il avait été témoin, ce soldat qui lui faisait prendre des raccourcis impossibles, la nouvelle rage qu'il l'avait pris en voyant le carrosse, leur combat contre le gardien. Ce véhicule semblait être le cœur du pouvoir de ces abominations, sa destruction avait provoquée l'effondrement du groupe. La petite Muller s'en était sorti aussi ainsi que quelques femmes et enfants, qu'était devenu celles qui avaient été capturé il ne savait pas, mais une vie de prière ne suffirait pas à les aider, il en était certain.
La pression du combat étant retombée il souffrait de mille douleurs, de mille regrets, l'horreur menaçait de le submerger. Le Bourg était perdu, l'incendie du camp des monstruosités s'était propagé partout.
C'était mieux ainsi, l'âme du village était morte et ces rues corrompues, même le bétail était mort. Tout devait être purifié, l'ordre des repurgateurs mit au courant. Des spécialistes devaient s'occuper de ça.
----------------------------------------------------------------------------------------------------
ÉPILOGUE
Un convoi arriva en haut de la colline, à sa tête, Konrad le sévère, licence numéros vingt de l'ordre des templiers de Sigmar. En contrebas la ville se consumait encore. Entouré de ses compagnons il s'approcha d'un groupe à l'écart de la route. Une jeune fille, un Prêtre et un Soldat.
-Sigmar vous bénisse, les salua l'homme d'église, vous voir nous emplie de joie, bien que nous sommes étonné que vous soyez déjà là.
-Il y a un mois que nous parcourons la région. Répondit un moine de la suite le front marqué de la comète à deux queues.
-Nous enquêtions sur des disparitions alarmantes, lorsque j'ai ressenti une lutte. Compléta un homme rachitique avec les yeux bandés.
-Où sont les autres habitants ? Questionna un chevalier balafré
- La poignée de survivantes se trouve dans une ferme à deux lieux d'ici, sinon il n'y a que nous. Le renseignât Torsten.
-Une sorte de kermesse du chaos c'est arrêté ici, poursuivit Rudolph. Grâce à Sigmar elle n'est pas repartie.
Les répuragateurs se regardèrent digérant l'information.
-Des membres ont peut-être pu s'échapper, se reprit un homme entièrement vêtu de rouge. Il échangea un regard avec le templier. Et retourna vers le convoi en sifflant suivit de la plupart des membres de la suite.
Konrad prit la parole pour la première fois.
-L'empire vous êtes extrêmement reconnaissant, pour votre combat. Il n'est pas en mon pouvoir de réparer vos sacrifices, mais je vous propose une place parmi nous. Tous ici savent ce que vous avez enduré et sont à même de vous aider.
-Qu'allez-vous faire des autres femmes ? Demanda Hannia
-Elles iront dans un couvent, les prières tiendront à distance la corruption. Enonça une religieuse ridée.
Le prêtre et le mercenaire regardèrent la jeune fille attendant sa décision. En guise de réponse elle tendit l'arcane numéro vingt au templier de Sigmar. L'homme glissa la carte du Jugement dans son chapeau.
-----------------------------------------------------------------------------------------------------
L'homme enrageait, quel gaspillage ! Quel outrage au Maitre ! Le convoi n'était pas un groupe de combattant, mais de corrupteur. Le magister, maudit soit-il, avait vu trop gros. Il n'avait pas écouté la prudence et le Maitre en avait souffert.
Il avait les larmes aux yeux, il pleurait de rage et d'impuissance. Il n'avait pas put protéger le Maitre, le vieux soldat avait surgit au hasard, invisible à sa vision et l'avait isolé du Maitre, l'empêchant de lui porter assistance alors que le serviteur des dieux maudits fracassait son cocon douillet. Ses nouveaux pouvoirs lui avaient révélé la vrai nature du Maitre, il était dans l'ensemble de ses instruments, tous à des degrés divers jouissaient d'une fraction de son pouvoir, si le Maitre prenait des forces, tout le monde en profitaient, si des membres mourraient la puissance prêtée disparaissait avec eux. La destruction de la totalité de la troupe le tuerait, mais il était encore là lui, il l'avait retrouvé guidé par sa vision et l'avait mis dans un petit chariot, le Maitre aimait beaucoup les chariots. Celui là était un jouet pour enfant, mais il l'avait recouvert d'un voile pour qu'il soit bien. Il allait bien s'occuper de lui, mieux que le magister, ensemble ils échapperaient à leurs poursuivants, ensemble il remonterait une troupe, ensemble il redeviendrait fort.
Un petit homme vouté poussant un landau disparu dans la forêt en chantant une berceuse.
HRP: toutes remarques sont les bienvenus.
Profil:
FOR 8/ END 8/ HAB 9/ CHAR 8/ INT 11/ INI 9/ ATT 8/ PAR 9/ TIR 8/ NA 1/ PV70 (bonus inclus)
Lien fiche wiki:
http://warforum-jdr.com/wiki-v2/doku.ph ... _ottweiler
FOR 8/ END 8/ HAB 9/ CHAR 8/ INT 11/ INI 9/ ATT 8/ PAR 9/ TIR 8/ NA 1/ PV70 (bonus inclus)
Lien fiche wiki:
http://warforum-jdr.com/wiki-v2/doku.ph ... _ottweiler