Reinhard... et bien... Bon.
C'était très sympathique : un ton très léger, beaucoup d'humour, et un méchant assez incroyable. Mais... malheureusement, pour les awards, j'ai dépiauté une bonne grosse partie du rp de Reinhard. Et pas moyen, cette Demoiselle, je ne peux pas la voir autrement que comme Reinhard avec un filtre instagram. Le style est trop identique, la façon dont elle pense, la manière dont l'humour est distillé. Les thématiques sont différentes, oui, mais c'est tellement similaire dans la forme que à aucune seconde je n'ai cru à cette demoiselle du Graal bientôt retraitée. C'était Reinhardette.
Le souci, c'est que l'héroïne est déjà pas mal décalée, très "comique" et éloignée du standard qu'on s'imagine pour son rôle. Du coup, en la jetant dans une situation elle aussi décalée avec un vampire nul à chier, c'était vraiment too much pour moi : je pense sincèrement qu'il aurait été bien plus drôle d'opposer un personnage sérieux à un autre très bizarre, pour renforcer le décalage.
Lucrétia... à la première lecture j'ai presque cru à un troll : c'est très court, et en plus la thématique triche sur l'idée standard qu'on a du mot "évasion". Pourtant... ça fonctionne très bien en l'état. La petite taille est idéale pour ce que ça raconte, c'est léger et sans prétention, c'est un petit fragment de quelque chose qui donnerait envie d'en avoir plus. C'est assez dur à évaluer en définitive... j'ai aimé, en tout cas, mais il y a un petit gout de "j'aurais voulu plus" sur mes lèvres une fois les quatre paragraphes dévorés.
Snorri, j'ai rien compris.
Surement que j'ai raté un truc, j'en sais rien, mais ouah. J'ai pas du tout du tout accroché, larguée que j'étais tout du long.
Prestenent, c'était bien cool, mais je suis pas sure de pouvoir dire pourquoi. Je crois que ça se résume au fait que le récit était simple, sans prétention, mais efficace. On ne s'y ennuie pas, le personnage est intéressant à lire, ses péripéties sont sympathiques - même si pour une thématique d'évasion, c'est finalement assez vite expédié cette affaire

A l'instar de Lucrétia, ça me donne envie de revoir le personnage pour qu'il soit davantage développé, pour connaitre la suite. Pourtant, deux trois fois j'ai été perplexe, par exemple sur cette histoire de découpe d'oreille qui était très soudaine - ça m'a un peu sortie du récit en mode "attends, quoi ?".
Karil, euh... beh... c'est tout ?

Tu présentes des personnages qui... ne s'évadent pas. Ne font rien en fait. Non parce que ta petite conclusion ne m'a pas trompée : s'évader dans sa tête je suis pas d'accord

Bref, j'ai l'impression d'avoir lu une situation initiale qui n'a jamais eu le droit à son événement modificateur. J'ai pas aimé du tout ^^°
Johannes... comme d'habitude, c'est long ! Pas incroyablement long, mais 12000 mots ça pèse déjà pas mal, et je pense qu'en réalité tu aurais pu facilement pu épurer la partie centrale d'un bon morceau sans perdre grand chose : à partir de la sortie de la cellule, il y a beaucoup de péripéties et toutes n'étaient pas nécessaires.
Le démarrage fonctionne très bien, avec le petit groupe hétéroclite qui est bien présenté et doit travailler en équipe. Le mage m'a cependant vite agacée par son rôle de deus ex machina, heureusement tu as eu l'intelligence de le séparer de Johannes au bout d'un moment. Je regrette par contre le manque d'astuce dans la résolution des diverses crises : tout se résout de manière assez bourrine d'un bout à l'autre : quitte à faire plein de péripéties, quelques-unes se résolvant par la ruse auraient été les bienvenues plutôt que de toujours finir en combats et fuites.
La conclusion est maladroitement menée, mais son intention m'a bien plu : ça a humanisé le personnage qui pendant sa fuite semblait dépourvu d'émotions. C'était une bonne idée de conclure ainsi sur une victoire amère.
Anton, le style est propre, comme toujours, même s'il se permet parfois des écarts très bizarres - adresses au lecteur, anachronismes, ce genre de choses. Par ailleurs, tout ce jeu d'horloge minuté m'a paru bien superficiel - il n'a servi qu'au début à donner des indices sur l'âge du personnage qui effectuait lentement ses actions. La présence d'horloges un peu partout force la chose, et à aucun moment est rappelé qu'elle doit être à tel endroit à tel moment précis pour mettre un peu de pression, rendant ce rappel constant de l'heure un peu inutile.
Aussi, le bruit de la canne sur le carrelage, c'est pas un peu curieux pour quelqu'un qui veut se faire discrète et annonce pouvoir marcher sans son aide ?

Du reste, il faut bien admettre que cette petite vieille est très, très fun à lire. S'imaginer mamie qui fait de la résistance, c'est très amusant, surtout que tu joues pas mal sur l'âge de ses acolytes également en ne le dévoilant que tardivement - même si on se doute vite de la chose.
Quoi qu'il en soit, tout ça s’enchaîne très proprement et se lit de manière très agréable - je regrette néanmoins à l'instar de Johannes que chaque imprévu se règle systématiquement dans la violence et non un peu de ruse ^^° La conclusion quant à elle est très fun et finit de souligner l'incroyable personnalité de Emeline, avec un Anton terrifié à l'idée qu'elle soit quelque part dans la nature et des dégâts qu'elle va pouvoir faire dans son sillage.
Petite mention à cette phrase que j'ai adoré : "Cette merveille avait été forgée jadis en un temps où une fusillade était moins affaire de précision que d'enthousiasme."
Galf, le style reste problématique de concours en concours : trop de répétitions, de petites fautes, d'étourderies... c'est jamais "propre" et ça dessert beaucoup la lecture pour moi. Genre l'ogre qui change de nom, de Grogmir à Grogmar. Ajoute à ça des adresses au lecteur un peu lourdes, une narration trop décousue, et trop de références directes à Pathfinder qui me sortent totalement du lore, et ça donne un résultat qui a peiné à m'accrocher.
J'attends de toi une participation plus sérieuse à un concours : quelque chose de plus travaillé, moins fouillis.
Alicia, le lore que tu met en place dès le début est... compliqué. A la première lecture je n'ai rien compris ^^° A l'instar d'Anton, l'idée d'attendre une trahison pour trahir m'est parue quand même sacrément compliqué aussi. Pour des formats courts, des nouvelles de concours, tu nous avais sorti la dernière fois du 22000 mots : ici il n'y en a que 8000 mais on sent que tu veux toujours mettre trop de choses à la fois dans ce que tu écris.
Dans ce genre de récit, parfois mieux vaut ne pas étaler tout le menu dès le départ, pour démarrer directement sur l'action : ça devient intéressant une fois sur l'ile, avec l'autre prisonnier, la découverte des lieux. Tu es le seul à avoir laissé ton personnage en détention avant de parler d'évasion, et c'est agréable de connaitre ce qu'il veut fuir, de décrire ses journées, sa solitude, les routines pour ne pas perdre les pédales. J'ai bien aimé cette phase. De même pour ses longs préparatifs avant de sortir, ça change de l'action décérébrée, l'idée du cuisinier qui sympathise est bonne - par contre j'aurais préféré avoir une vraie scène montrant comment il prenait l'autorité sur le gouverneur, plutôt que ce soit simplement affirmé de manière impersonnelle en "il y arrive peu à peu parce que il est fort".
En fait, la faiblesse de ce texte, c'est le contexte politique dont je me fous totalement. Le cœur du truc, la vie dans la prison, le travail au fil des ans pour en sortir, ça c'est fun. Les idées de revanche du perso principal, c'est ennuyeux à mourir dans le cadre d'une nouvelle qui n'aura jamais de développement supplémentaire
==> Entre Prestenent et Anton mon coeur balance. Mais pour la nature-même de son évadée et la présence plus forte de la thématique de l'évasion, je dois admettre avoir eu une petite affection supplémentaire pour le récit du second - point pour
Anton, donc.