Après les terribles tortures endurées, se faire gifler, puis réprimander comme une gamine idiote par son tortionnaire porta un rude coup au moral de la pauvre victime impuissante. Sa fierté elle-même était bafouée par cet inconnu, qui menaçait de tout lui prendre et de tout lui ôter en la soumettant à la torture: non seulement sa vie, mais aussi son âme. Devant une telle perspective, qui était tout bonnement horrible, elle frissonna, redoubla de pleurs et cria, alors qu'il s'affairait une nouvelle fois derrière elle pour la torturer:Nouveau test, avec +4 de bonus supplémentaire: 5. Réussite, enfin. Ce n'est pas trop tôt, dis donc!
"Je vous en supplie, non! Je n'ai rien fait! N'avez-vous aucun coeur? Ce n'est pas possible d'infliger ça à un être vivant, c'est monstrueux, démoniaque! Vous ne pouvez pas! Pitié, pitié, je vous en prie, je vous en supplie, non! Renoncez, il est encore temps... Pitié, pitié, pitié, PITIE! N'AVEZ-VOUS AUCUN COEUR?!!..."
En voyant que son bourreau aspergeait ses cheveux d'alcool, elle se mit à hurler comme une démente et à se débattre de toutes ses forces contre ses liens, à s'en écorcher la peau. En vain. Les tables de tortures du temple avaient connu des épreuves biens pire, avec de solides et forts humains nordiques, plus forts que n'importe quel elfe sur la terre, par exemple, et avaient parfaitement résistées, et la pauvre elfette, qui était considérée comme faible même dans sa frêle race, n'avait aucune chance d'en réchapper ainsi. Ce ne pouvait pas être un kidnappeur sain d'esprit, pensa-t-elle, c'était sûrement un fou, un fou échappé d'on ne sait où qui avait reçu la bénédiction du Temple de Khaine, qui devait aussi être une organisation monstrueuse ou dirigée par des malades mentaux pour autoriser des gens comme son tortionnaire à faire à des innocents comme elle des choses si révoltantes. Encore une fois, ces suppliques, ses cris, ses tentatives de se débattre, d'échapper au sort que lui avait promis le terrible elfe noir, par n'importe quel moyen, à n'importe quel prix, de sauver sa vie, son âme, son intégrité physique et morale, tout cela fut ignoré comme si cela n'avait aucune espèce d'importance aux yeux de celui qu'elle considérait comme un fou à lier sanguinaire et dangereux, un homme qui avait perdu la raison. Lorsqu'elle sentit les flammes embraser rapidement ses longs cheveux, la brûlant au passage, sans qu'elle ne puisse rien faire d'autre qu'exprimer par tout les moyens possibles sa douleur extrême et sa peur non moins extrême, son esprit, totalement paniqué, embrumé par la douleur et incapable de penser à autre chose, la lâcha une nouvelle fois, et elle retomba dans les pommes, d'où elle fut tirée brusquement par l'eau glacée qu'on lui versa sur la tête, qui était comme écorchée à vif, un peu comme si elle avait été scalpée vive. La douleur, tant dans ses pieds que sur son crâne, était insoutenable, et aussi ne put-elle se retenir de vomir, puis de hurler pendant de longues minutes encore. Enfin, terrassée par la douleur, la peur et, dans une moindre mesure l'humiliation extrême de sa situation - elle était nue, ses jambes couvertes de son urine, ses cheveux brûlés jusqu'à la racine, son vomi sur son visage, insultée, giflée, remontrancée comme une enfant, torturée et dans l'incapacité de faire quoi que ce soit pour essayer de se redonner ne serais-ce qu'un peu de fierté, même vis à vis d'elle-même - elle répondit d'une voix cassée, faible et emplie d'une douleur extrême à la demande de son tortionnaire:
"Vous avez gagné. Mon maître va inviter beaucoup de nobles et de personnages influents de toutes les branches du pouvoir, militaires, noblesse de cour, richissimes commerçants, etc., à sa réception, pour accroître son influence. Il y a aura des musiciens renommés, un grand buffet garni de mets raffinés, plusieurs salles de bal. Il y a pas mal de rumeurs qui courent au sujet de la réception parmi les serviteurs, mais ce ne sont que des rumeurs, elle ne vous interressent pas, non? Que voulez vous savoir plus précisément? Je vous dirai tout ce que je sais, mais par tous les dieux, s'il vous plaît, arrêtez de me faire souffrir."
Et elle se remit à geindre et à éclater en sanglots incontrôlés. La pauvre elfe ne pouvait se regarder dans un miroir, mais elle imaginait assez bien ce que l'assassin avait fait d'elle, et elle se demandait quand tout cela prendrait fin, en se lamentant sur son triste sort. Elle était vraiment éprouvée, et elle n'était pas très endurante et résistante à la douleur, même pour une elfe, quand bien même elle avait fait preuve d'une grande force morale en résistant à la première vague de tortures. Elle aurait besoin d'un long repos et de soins pour se rétablir. Mais, même si elle était relâchée et si on s'occupait d'elle dans les meilleures conditions possible, elle ne serait plus jamais la même, ni physiquement, ni moralement...
