[Roqdul l'Grognard] Tout ça pour du papier ?
Posté : 13 déc. 2013, 15:33
Ce qu'oublient souvent de préciser les chroniqueurs dans leurs écrits, c'est qu'avant d'être connus comme des tueurs de dragons ou des conquérants insatiables, les héros ont avant tout été des individus ordinaires, voire de simples brutes.
Difficile de dire si Roqdul était destiné à devenir un héros, mais en attendant il paraissait très bien se satisfaire de son sort de brute, bien que pour l'heure il ne soit surtout qu'un pauvre orc perdu cherchant un porc géant en fuite.
Faisant preuve d'une persévérance remarquable et malgré le fait qu'il n'arriva plus à se repérer dans les collines qui caractérisaient cette région des Principautés Frontalières, l'orc était parvenu à suivre les traces de sa monture pendant près d'une demie-journée sans parvenir ne fut-ce qu'à l'approcher. Au mieux entendait-il quelques couinements par-delà la proéminence suivante.
Toujours est-il qu'au moment où le soleil allait se coucher, il perçut des clameurs provenant du creux d'un vallon, et en pointant la tête par-dessus le mamelon terreux se retrouva nez à nez avec un campement. Un campement composé d'un "paquet" de tentes de cuir tanné (un individu sachant compter en aurait dénombré au bas mot une cinquantaine), ornées de symboles qui auraient dû lui paraître familiers. Heureusement pour lui, les sentinelles qui montaient nonchallement la garde à l'ombre d'un arbre tout en mâchonnant un morceau de squig avaient la mémoire plus longue que la sienne.
L'une d'elle, un solide gaillard qui le dépassait bien d'un front et dont la peau était si sombre qu'elle tirait sur le brun s'approcha de lui en riant largement, appuyé sur une lance qui aurait pu servir à faire cuire un bœuf.
- HAHAHAR, non mais r'gardez ki voilà ! On dirait ke ta viande sur patte était plus fut' que toi, elle a r'trouvé l'chemin avant toi ! Sa fait koi d'être plus kon k'un bestiau, hein ?
T'sais k'le boss est pas kontent ke t'ait failli paumé un de ses jambons ? T'as intérêt a t'faire tout p'tit ! Remarke, tu d'vrais po : vu k'tes d'jas nabot, on risk' de t'confondre avec un gobo et de t'fout' dans la marmite de c'soir !
L'hilarité du garde entraîna celle de ses camarades, dont l'une d'elles éclaboussa sa cuirasse de bave épaisse. Oui, sans le savoir Roqdul avait fait une grande boucle et était revenu à son point de départ, négligeant le fait (à moins qu'il l'ignorait) qu'un sanglier était un animal qui se déplaçait généralement en hardes, et que comme celui-ci avait été plus ou moins dressés, son instinct l'avait poussé à retrouver ses frères de portée.
L'orc pourrait s'estimer heureux si il ne devenait que la risée des Grankonkéran pour la lune à venir, à moins qu'il ne trouve un moyen de faire oublier cet affront.
Difficile de dire si Roqdul était destiné à devenir un héros, mais en attendant il paraissait très bien se satisfaire de son sort de brute, bien que pour l'heure il ne soit surtout qu'un pauvre orc perdu cherchant un porc géant en fuite.
Faisant preuve d'une persévérance remarquable et malgré le fait qu'il n'arriva plus à se repérer dans les collines qui caractérisaient cette région des Principautés Frontalières, l'orc était parvenu à suivre les traces de sa monture pendant près d'une demie-journée sans parvenir ne fut-ce qu'à l'approcher. Au mieux entendait-il quelques couinements par-delà la proéminence suivante.
Toujours est-il qu'au moment où le soleil allait se coucher, il perçut des clameurs provenant du creux d'un vallon, et en pointant la tête par-dessus le mamelon terreux se retrouva nez à nez avec un campement. Un campement composé d'un "paquet" de tentes de cuir tanné (un individu sachant compter en aurait dénombré au bas mot une cinquantaine), ornées de symboles qui auraient dû lui paraître familiers. Heureusement pour lui, les sentinelles qui montaient nonchallement la garde à l'ombre d'un arbre tout en mâchonnant un morceau de squig avaient la mémoire plus longue que la sienne.
L'une d'elle, un solide gaillard qui le dépassait bien d'un front et dont la peau était si sombre qu'elle tirait sur le brun s'approcha de lui en riant largement, appuyé sur une lance qui aurait pu servir à faire cuire un bœuf.
- HAHAHAR, non mais r'gardez ki voilà ! On dirait ke ta viande sur patte était plus fut' que toi, elle a r'trouvé l'chemin avant toi ! Sa fait koi d'être plus kon k'un bestiau, hein ?
T'sais k'le boss est pas kontent ke t'ait failli paumé un de ses jambons ? T'as intérêt a t'faire tout p'tit ! Remarke, tu d'vrais po : vu k'tes d'jas nabot, on risk' de t'confondre avec un gobo et de t'fout' dans la marmite de c'soir !
L'hilarité du garde entraîna celle de ses camarades, dont l'une d'elles éclaboussa sa cuirasse de bave épaisse. Oui, sans le savoir Roqdul avait fait une grande boucle et était revenu à son point de départ, négligeant le fait (à moins qu'il l'ignorait) qu'un sanglier était un animal qui se déplaçait généralement en hardes, et que comme celui-ci avait été plus ou moins dressés, son instinct l'avait poussé à retrouver ses frères de portée.
L'orc pourrait s'estimer heureux si il ne devenait que la risée des Grankonkéran pour la lune à venir, à moins qu'il ne trouve un moyen de faire oublier cet affront.