Le suaire et le corbeau
Posté : 25 avr. 2010, 17:50
Les Principautés Frontalières. Une terre aride et sauvage, où des brigands sans foi ni loi qui n’avaient de princier que les titres qu’ils se donnaient guerroyaient pour maintenir un tant soit peu leurs royaumes précaires et misérables, qui ne valaient moins que le fief du plus humble des chevaliers. En ces contrées dévastées, le seul droit qui existait réellement était celui du plus fort, et les rares idéalistes qui tentaient d’y apporter une civilisation digne de ce nom finissaient tués par des peaux-vertes en vadrouille ou bien par ceux qui étaient précisément supposés assurer l’ordre et la justice.
Cela faisait quelques deux semaines maintenant que Kiar’sh et von Landa traversaient ces lieux charmants. Après leur départ de Nuln, ils avaient remonté le Reik supérieur en quelques jours, profitant du système routier de l’Empire, et avaient ainsi atteint la chaîne des Voutes, qui s’était révélé par partie la plus laborieuse de leur périple : deux bonnes semaines leur avaient été nécessaires pour traverser ces montagnes. Ce voyage avait été l’occasion pour le Dragon de Sang d’en apprendre un peu plus sur son compagnon.
Il avait tout d’abord pu constater que l’aristocrate pédant était également un guerrier accompli, voir émérite, à l’occasion des quelques combats que les vampires avaient eus à livrer contre les bandes de gobelins ou les groupes de bandits qui n’avaient vu en eux qu’une paire de voyageurs isolés. Le Dragon de Sang en était même venu à envisager l’hypothèse que von Landa soit réellement un meilleur bretteur que lui ; en tout cas, l’aristocrate était capable de tenir tête à l’héritier d’Aborash dans le domaine martial.
Von Landa avait également fait montre de sa bizarrerie, au cours de ce voyage, par exemple en remplissant son outre de sang frais, pour pouvoir y puiser en cours de route. Kiar’sh avait été dégouté par cette manière de se nourrir, et tandis que son compagnon buvait à sa gourde, lui préférait aller chasser quelque proie dans un hameau voisin. L’aristocrate n’avait pas manqué de signaler à plusieurs reprises au Dragon de Sang que la méthode de l’outre présentait moins de risques, notamment après que les deux vampires aient eu à combattre une bande de rangers nains venus débusquer la bête mystérieuse qui terrorisait les villages aux alentours.
En définitive, après un bon moi de périple en compagnie de von Landa, Kiar’sh était plutôt soulagé de voir ce voyage toucher à sa fin, et il prévoyait de se séparer de l’aristocrate à l’issue de leur quête commune, le trouvant quelque peu lassant, voir agaçant. Heureusement, il n’aurait plus à le supporter très longtemps : les deux vampires étaient en vue du village fortifié de Rabestadt, capitale du misérable état du même nom. D’après les documents de von Landa, c’était dans cette Principauté que se trouvait le tombeau de Claudio il Radicale.
Tandis que les deux compagnons parvenaient aux portes du modeste oppidum, von Landa se protégeant du soleil de midi par son immense chapeau, ils furent arrêter par deux miliciens dont les uniformes semblaient être faits de diverses pièces de tenue militaire de différentes provinces impériales. Les deux soldats leurs lancèrent dans un reikspiel infâme en comparaison duquel le dialecte du Stirland faisait figure de modèle d’élégance :
-Halte là, étrangers ! Not’ bonissime Prince y exige qu’vous y payez 1 clinquante par jambon pour entrer en sa capitale ! Alors circulez la monnaie si vous n’y voulez pas des ennuyades !
Visiblement profondément choqué par les assonances obtuses de ce patois, le pédant aristocrate qu’était von Landa souleva légèrement le rebord de son chapeau, pour lancer un regard interrogateur à son compagnon ; un regard que Kiar’sh avait appris à connaitre, et qui signifiait plus ou prou : « On paye ou on décapite ? »
Cela faisait quelques deux semaines maintenant que Kiar’sh et von Landa traversaient ces lieux charmants. Après leur départ de Nuln, ils avaient remonté le Reik supérieur en quelques jours, profitant du système routier de l’Empire, et avaient ainsi atteint la chaîne des Voutes, qui s’était révélé par partie la plus laborieuse de leur périple : deux bonnes semaines leur avaient été nécessaires pour traverser ces montagnes. Ce voyage avait été l’occasion pour le Dragon de Sang d’en apprendre un peu plus sur son compagnon.
Il avait tout d’abord pu constater que l’aristocrate pédant était également un guerrier accompli, voir émérite, à l’occasion des quelques combats que les vampires avaient eus à livrer contre les bandes de gobelins ou les groupes de bandits qui n’avaient vu en eux qu’une paire de voyageurs isolés. Le Dragon de Sang en était même venu à envisager l’hypothèse que von Landa soit réellement un meilleur bretteur que lui ; en tout cas, l’aristocrate était capable de tenir tête à l’héritier d’Aborash dans le domaine martial.
Von Landa avait également fait montre de sa bizarrerie, au cours de ce voyage, par exemple en remplissant son outre de sang frais, pour pouvoir y puiser en cours de route. Kiar’sh avait été dégouté par cette manière de se nourrir, et tandis que son compagnon buvait à sa gourde, lui préférait aller chasser quelque proie dans un hameau voisin. L’aristocrate n’avait pas manqué de signaler à plusieurs reprises au Dragon de Sang que la méthode de l’outre présentait moins de risques, notamment après que les deux vampires aient eu à combattre une bande de rangers nains venus débusquer la bête mystérieuse qui terrorisait les villages aux alentours.
En définitive, après un bon moi de périple en compagnie de von Landa, Kiar’sh était plutôt soulagé de voir ce voyage toucher à sa fin, et il prévoyait de se séparer de l’aristocrate à l’issue de leur quête commune, le trouvant quelque peu lassant, voir agaçant. Heureusement, il n’aurait plus à le supporter très longtemps : les deux vampires étaient en vue du village fortifié de Rabestadt, capitale du misérable état du même nom. D’après les documents de von Landa, c’était dans cette Principauté que se trouvait le tombeau de Claudio il Radicale.
Tandis que les deux compagnons parvenaient aux portes du modeste oppidum, von Landa se protégeant du soleil de midi par son immense chapeau, ils furent arrêter par deux miliciens dont les uniformes semblaient être faits de diverses pièces de tenue militaire de différentes provinces impériales. Les deux soldats leurs lancèrent dans un reikspiel infâme en comparaison duquel le dialecte du Stirland faisait figure de modèle d’élégance :
-Halte là, étrangers ! Not’ bonissime Prince y exige qu’vous y payez 1 clinquante par jambon pour entrer en sa capitale ! Alors circulez la monnaie si vous n’y voulez pas des ennuyades !
Visiblement profondément choqué par les assonances obtuses de ce patois, le pédant aristocrate qu’était von Landa souleva légèrement le rebord de son chapeau, pour lancer un regard interrogateur à son compagnon ; un regard que Kiar’sh avait appris à connaitre, et qui signifiait plus ou prou : « On paye ou on décapite ? »
